Sommaire des motifs de décision portant sur INOmax ®
Décisions d'examen
Le sommaire des motifs de décision explique les raisons pour lesquelles un produit a reçu une autorisation de vente au Canada. Le document comprend les considérations portant sur la réglementation, l’innocuité, l’efficacité et la qualité (sur le plan de la chimie et de la fabrication).
Type de produit:
- Ce document est une traduction française du document anglais approuvé.
INOmaxMD
Oxyde nitrique, 100 ppm, 800 ppm, Gaz, Inhalation
INO Therapeutics
No de contrôle de la présentation : 085333
Émis le : 2006-01-26
Direction générale des produits de santé et des alimentaires
Notre Mission est d'aider les Canadiens et les Canadiennes à maintenir et à améliorer leur état de santé.
Santé Canada
Le mandat de la DGPSA est d'adopter une approche intégrée à la gestion des risque et des avantages pour la santé liés aux produits de santé et aux aliments:
- en réduisant les facteurs de risque pour la santé des Canadiens et des Canadiennes tout en maximisant la protection offerte par le système réglementaire des produits de la santé et des aliments;
- et en favorisant des conditions qui permettent aux Canadiens et aux Canadiennes de faire des choix sains ainsi qu'en leur donnant des renseignements afin qu'ils ou qu'elles puissent prendre des décisions éclairées en ce qui a trait à leur santé.
Direction générale des produits de santé et des aliments
Also available in English under the following title : Summary Basis of Decision (SBD) INOMAX® (nitric oxide) for inhalation, 100 ppm, 800 ppm, gas, INO Therapeutics, Submission Control No. 085333
Avant-propos
Le Sommaire des motifs de décision (SMD) de Santé Canada expose les motifs d'ordre scientifique et réglementaire sur lesquels reposent les décisions de Santé Canada concernant la réglementation des médicaments et des instruments médicaux. Les SMD sont rédigés en langage technique à l'intention des personnes et groupes intéressés aux décisions de Santé Canada portant sur un produit donné et sont le reflet des observations consignées dans les rapports d'évaluation. À ce titre, les SMD servent à compléter et non à répéter l'information contenue dans la monographie de produit.
Nous invitons les lecteurs à consulter le « Guide du lecteur sur le Sommaire des motifs de décision - Médicaments au sujet de l'interprétation des termes et des acronymes utilisés ici. Ils trouveront également dans ce guide un aperçu du processus d'examen des présentations de drogue dans le feuillet intitulé « Comment les médicaments sont examinés au Canada », qui décrit les facteurs pris en considération par Santé Canada au cours du processus d'examen et d'autorisation d'une présentation de drogue. Les lecteurs devraient aussi consulter le document intitulé « Initiative du sommaire des motifs de décision - Foire aux questions ».
Le SMD correspond à l'information dont disposent les autorités de réglementation de Santé Canada au moment de prendre une décision. Les présentations subséquentes examinées à d'autres fins ne sont pas incluses dans la Phase I de la stratégie de mise en oeuvre des SMD. Pour obtenir de l'information à jour sur un produit en particulier, les lecteurs sont priés de consulter la monographie la plus récente de ce produit. Santé Canada fournit également l'information au sujet mises en garde diffusées après la commercialisation ou d'avis émis à la suite d'effets indésirables (EI).
Pour de plus amples renseignements sur un produit en particulier, les lecteurs peuvent également se rendre sur les sites Web des organismes de réglementation d'autres pays. L'information reçue à l'appui d'une présentation de drogue au Canada peut cependant ne pas être identique à celle reçue par d'autres gouvernements.
Autres politiques et lignes directrices
Les lecteurs sont invités à consulter le site Web de Santé Canada, où ils trouveront d'autres politiques et lignes directrices au sujet des médicaments, notamment le document intitulé «Gestion des présentations de drogues ».
1 Information sur le produit et la présentation
Marque nominative :
Fabricant/promoteur :
Ingrédient médicinal :
Dénomination commune internationale :
Concentration :
Forme posologique :
Voie d'administration :
Identification numérique de drogue (DIN) :
- 02270838
- 02270846
Classe pharmaco-thérapeutique (classe ATC) :
Ingrédients non médicinaux :
Type et numéro de présentation :
Date de la présentation :
Date de l'autorisation :
INOmaxMD est une marque de fabrique déposée d'INO Therapeutics.
2 Avis de décision
Le 23 septembre 2005, Santé Canada a émis à l'intention d'INO Therapeutics un avis de conformité du médicament INOmax. INOmax contient l'ingrédient médicinal appelé oxyde nitrique, un vasodilatateur. Associé à une assistance respiratoire et à d'autres agents appropriés, INOmax est indiqué pour le traitement des nouveau nés à terme et proches du terme (> 34 semaines) présentant une insuffisance respiratoire hypoxique associée à des signes cliniques ou échocardiographiques d'hypertension artérielle pulmonaire, chez qui il améliore l'oxygénation et réduit le besoin d'oxygénation par membrane extracorporelle (ECMO).
L'oxyde nitrique inhalé semble accroître la pression partielle en oxygène dans le sang artériel en dilatant les vaisseaux pulmonaires dans les zones les mieux ventilées du poumon, ce qui permet de redistribuer le débit sanguin pulmonaire des régions du poumon présentant un rapport ventilation perfusion faible vers les régions présentant un rapport normal.
La présentation a fait l'objet d'un traitement prioritaire, car le médicament s'est montré nettement plus efficace que les traitements existants, pour une maladie qui n'est pas adéquatement traitée par un médicament commercialisé au Canada.
L'autorisation de commercialisation s'appuie sur des données fournie au sujet de la qualité du médicament et des études précliniques et cliniques effectuées. L'efficacité d'INOmax a été étudiée chez 421 nouveau nés à terme et proches du terme présentant une hypertension artérielle pulmonaire et une insuffisance respiratoire hypoxique (index d'oxygénation mesurant > 25 cm H2O/mm Hg). Les avantages cliniques généraux d'INOmax ont été démontrés sur le plan de la réduction du taux de mortalité et/ou du besoin d'ECMO dans la Neonatal Inhaled Nitric Oxide Study (NINOS) et sur le plan de la réduction du besoin d'ECMO dans l'ensemble de la population à l'étude, dans la Clinical Inhaled Nitric Oxide Research Group Investigation (CINRGI) study.
Dans les analyses a posteriori, les avantages cliniques étaient plus importants dans les sous groupes de patients qui ne satisfaisaient pas aux critères d'indication de l'ECMO à l'admission (étude NINOS) ou dont l'index d'oxygénation initial était inférieur à 40 cm H2O/mm Hg (étude CINRGI). On n'a pas encore établi l'efficacité et l'innocuité d'INOmax sur plus de 96 heures ni ses effets à long terme au delà de 18 à 24 mois. Une étude de pharmacovigilance adéquate, d'une durée d'au moins 5 ans, sera effectuée par INO Therapeutics dans le but de surveiller et de cerner les effets à long terme associés à l'administration d'INOmax à des nouveau nés.
INOmax est vendu sous forme de gaz comprimé à haute pression dans des bouteilles en aluminium offert en deux concentrations d'oxyde nitrique : 100 ppm et 800 ppm. La dose initiale d'INOmax devrait être aussi faible que possible et en aucun cas, elle ne doit dépasser 20 ppm durant plus de 4 heures. Les recommandations concernant la posologie sont décrites dans la monographie de produit.
INOmax est contre indiqué pour les patients chez qui l'oxygénation systémique est entièrement dépendante d'un shunt extrapulmonaire droite-gauche, une anomalie cardiovasculaire rare. L'utilisation d'INOmax peut diminuer le débit sanguin droite gauche, ce qui, en l'occurrence, pourrait être fatal. Les conditions détaillées relatives à l'usage d'INOmax sont décrites dans la monographie de produit. Les données soumises démontrent qu'INOmax peut être administré de façon sécuritaire selon les conditions décrites dans la monographie de produit.
Conformément à son examen des données portant sur la qualité, l'innocuité et l'efficacité du produit, Santé Canada juge que le rapport entre les avantages et les risques d'INOmax (oxyde nitrique) pour inhalation, lorsque le produit est associé à une assistance respiratoire et à d'autres agents appropriés, est favorable au traitement des nouveau nés à terme et proches du terme (≥34 semaines) présentant une insuffisance respiratoire hypoxique associée à des signes cliniques ou échocardiographiques d'hypertension artérielle pulmonaire, chez qui il améliore l'oxygénation et réduit le besoin d'oxygénation par membrane extracorporelle.
3 Motifs d'ordre scientifique et réglementaire
3.1 Motifs d'ordre qualitatif
3.1.1 Substance médicamenteuse (ingrédient médicinal)
Procédés de fabrication et contrôles de processus
La substance médicamenteuse est un dérivé synthétique et le procédé de fabrication a été contrôlé adéquatement dans les limites du raisonnable. Les matériels utilisés ont été jugées convenables correspondaient aux normes relatives à l'utilisation prévue.
Characterisation
Les impuretés et produits de dégradation résultant de la fabrication et/ou de l'entreposage ont été signalés et caractérisés. Ces produits respectaient les normes applicables.
Contrôle de la substance médicamenteuse
Les rapports de validation de tous les procédés analytiques qui ont servi à l'analyse de la substance médicamenteuse demi finie et finie ont été présentés et jugés acceptables. Les spécifications de la substance médicamenteuse sont considérées comme acceptables.
Les données obtenues à partir d'analyses de lots ont été examinées et jugées acceptables conformément aux spécifications de la substance médicamenteuse.
Stabilité
En vertu des données de l'étude de stabilité présentées en temps réel et en temps accéléré sur la stabilité, la durée de conservation ainsi que les conditions d'entreposage et de livraison de la substance médicamenteuse sont jugées satisfaisantes et ont été acceptées.
3.1.2 Produit pharmaceutique
Description et composition
INOmax (oxyde nitrique) pour inhalation est un mélange gazeux d'oxyde nitrique et d'azote (0,08 % et 99,92 %, respectivement pour la concentration de 800 ppm; 0,01 % et 99,99 %, respectivement, pour la concentration de 100 ppm).
INOmax est fourni sous forme de gaz comprimé à haute pression dans des bouteilles en aluminium (pression manométrique de 2 000 livres par pouce carré) et est offert dans les quantités suivantes :
- Bouteille d'aluminium portative de taille D contenant 353 litres d'oxyde nitrique gazeux à une concentration de 800 ppm dans l'azote.
- Des bouteilles d'aluminium portative de taille D contenant 353 litres d'oxyde nitrique gazeux à une concentration de 100 ppm dans l'azote.
- Des bouteilles d'aluminium de taille 88 contenant 1 963 litres d'oxyde nitrique gazeux à une concentration de 800 ppm dans l'azote.
- Des bouteilles d'aluminium de taille 88 contenant 1 963 litres d'oxyde nitrique gazeux à une concentration de 100 ppm dans l'azote.
Le contenant/système de fermeture est une bouteille de gaz comprimé en alliage d'aluminium, fermée par une valve en acier inoxydable à filetage cylindrique et scellée au moyen d'un joint torique en téflon. La bouteille respecte tous les règlements et lignes directrices applicables de Transports Canada pour les bouteilles de gaz médicaux à haute pression. Les matériaux et la construction sont jugés acceptables pour ce type de produit.
Élaboration du produit pharmaceutique
Les changements apportés à la formulation et au procédé de fabrication tout au long de l'élaboration du produit sont jugés acceptables au terme d'un examen.
Procédés de fabrication et contrôles en cours de fabrication
Les résultats de la validation des procédés ont été examinés et sont jugés acceptables pour le procédé de fabrication. Les contrôles en cours de fabrication décrits en détail dans les documents de fabrication sont considérés comme étant suffisants pour bien contrôler le procédé.
Contrôle du produit pharmaceutique
Les rapports de validation de tous les procédés analytiques qui ont servi à la mise à l'essai de la substance médicamenteuse demi finie et finie ainsi qu'à la spécification de la substance médicamenteuse, ont été déposés et jugés acceptables. Le dioxyde d'azote est contrôlé à une concentration de 5 ppm dans les spécifications.
Les données issues des analyses finales de lots ont été examinées et jugées acceptables compte tenu des spécifications de la substance médicamenteuse.
Stabilité
La durée de conservation prévue de 36 mois est jugée acceptable lorsque le produit (conditionné dans des bouteilles en alliage d'aluminium munies de valves en acier inoxydable et de joints en téflon) est entreposé à 25 oC (77 oF), des excursions de 15 à 30 oC (59 à 86 oF) étant permises.
3.1.3 Installations et équipement
L'aménagement, le fonctionnement et les mécanismes de contrôle des locaux et de l'équipement servant à la production sont jugés acceptables pour les produits fabriqués sur place.
3.1.4 Évaluation de l'innocuité des agents adventifs
S.O.
3.1.5 Résumé et conclusion
Cette présentation de drogue nouvelle satisfait aux exigences de la Division C.08.002 du Règlement sur les aliments et drogues en ce qui concerne l'information sur la qualité (chimie et fabrication). L'information sur la chimie et la fabrication présentée pour INOmax montre que la substance médicamenteuse et le produit pharmaceutique peuvent être fabriqués de façon à répondre systématiquement aux spécifications convenues. Des études appropriées sur le développement et la validation ont été menées et des contrôles adéquats sont en place pour la commercialisation.
3.2 Motifs non cliniques de la décision
3.2.1 Pharmacodynamique
Aucune étude pharmacodynamique effectuée par le fabricant/promoteur n'a été soumise.
D'après les données publiées, l'oxyde nitrique relâche les muscles lisses vasculaires en se liant à la portion hémique de la guanylate cyclase cytosolique, activant la guanylate cyclase et augmentant les concentrations intracellulaires du guanosine 3',5'-monophosphate cyclique, ce qui entraîne une vasodilatation. Lorsqu'il est inhalé, l'oxyde nitrique produit une vasodilatation pulmonaire.
3.2.2 Pharmacocinétique
Aucune autre étude pharmacocinétique que l'étude de modélisation pharmacocinétique chez des chiens effectuée par le fabricant/promoteur n'a été soumise.
D'après les données publiées, l'oxyde nitrique est inactivé très rapidement par suite de sa liaison à l'hémoglobine pour former la méthémoglobine.
L'étude de modélisation pharmacocinétique (soumise par le promoteur) sur la concentration de la méthémoglobine en fonction du temps a été effectuée chez des chiens normaux qui ont inhalé 80, 160, 320 ou 640 ppm d'oxyde nitrique. La demi vie d'élimination étant de 3 heures, il faudrait de 12 à 15 heures pour atteindre l'état stationnaire de la concentration en pourcentage de méthémoglobine chez des chiens anesthésiés.
3.2.3 Toxicologie
Études pharmacologiques sur l'innocuité
Les études pharmacologiques sur l'innocuité ont évalué les effets de l'oxyde nitrique (NO) sur les appareils cardiovasculaire et respiratoire. Elles ne comportaient pas d'évaluation des effets du NO sur le système nerveux central (SNC). Les études animales visant à déterminer les effets toxiques sur le SNC ont été reportées après examen des données cliniques soumises concernant le développement neurologique à l'âge de 18 et de 24 mois.
Le promoteur s'est engagé à effectuer une étude de pharmacovigilance pour évaluer les effets à long terme du NO, notamment sur le développement neurologique.
Des chiens beagles mâles anesthésiés (de 13,2 à 14,7 kg) exposés à 0, 80, 160, 320 et 640 ppm d'oxyde nitrique pendant 6 heures ont présenté des augmentations de la méthémoglobinémie proportionnelles à la dose, les résultats obtenus aux concentrations de 320 et de 640 ppm étant statistiquement significatifs 1, 2, 3, 4, 5 et 6 heures après l'administration. Les concentrations moyennes de méthémoglobine après 6 heures dans les groupes exposés à 80, 160, 320 et 640 ppm étaient, respectivement, de 3,0 %, 6,6 %, 24,1 % et 78,1 %. Ces changements ont provoqué la mort d'un sujet dans le groupe ayant reçu une concentration de 640 ppm. Tous les groupes exposés au NO ont présenté des changements électrocardiographiques (dépolarisations ventriculaires prématurées, tachycardie sinusale et rythme jonctionnel).
Ces changements ont également été associés à une augmentation de la fréquence cardiaque dans tous les groupes de traitement, y compris les groupes exposés à 80 ppm. Une diminution de la pression artérielle en oxygène et une augmentation du débit cardiaque ont également été observées.
Contrairement aux résultats ci dessus, une étude sur des chiens beagles mâles et femelles non anesthésiés (de 6,19 à 13,94 kg) exposés pendant 4 heures à des concentrations de 40, 80, 160 ou 320 ppm de NO n'a révélé aucun signe électrocardiographique (ECG) d'anomalies de la conduction, de la fréquence ou du rythme cardiaques. Les concentrations moyennes de méthémoglobine aux doses de 40, 80, 160 et 320 ppm de NO administrées pendant 4 heures étaient respectivement de 2,3 %, 4,5 %, 10,37 % et 23,5 %.
Études de toxicité à doses répétées
La présentation incluait seulement deux études chez des rats où on a évalué la toxicité de doses répétées : une étude de dosage sur la toxicité par inhalation sur une période de 7 jours et une étude sur la toxicité par inhalation portant sur une période de 28 jours. Les études d'inhalation de doses répétées pendant un mois ont été effectuées chez des rongeurs mais pas chez des non rongeurs. La présentation ne contenait pas d'études de toxicité chez des jeunes animaux, c'est donc dire que la toxicité induite par l'oxyde nitrique selon l'âge n'a pas été établie. Des études de la toxicité chez de jeunes animaux ont été reportées vu qu'on disposait de données importantes sur les nouveau nés humains.
L'étude de dosage sur 7 jours a mis en évidence une forte mortalité à la concentration de 300 ppm de NO, qu'on jugeait due à l'anoxie induite par la méthémoglobinémie. La méthémoglobinémie a été mesurée à 80 ppm de NO et elle augmentait en fonction de la dose. L'examen pathologique macroscopique a révélé une décoloration brunâtre des poumons chez les animaux morts prématurément, qu'on a attribuée à la méthémoglobinémie. L'examen au microscope optique du poumon n'a mis en évidence aucun signe de toxicité induite par le médicament. L'examen au microscope électronique des tissus pulmonaires de rats exposés à 200 ppm de NO a révélé des lésions oxydatives de l'épithélium respiratoire. Malheureusement, des études similaires au microscope électronique n'ont pas été effectuées pour les animaux qui avaient reçu la dose plus faible de 80 ppm.
Les résultats de l'étude de toxicité sur 28 jours étaient similaires à ceux de l'étude d'une durée de 7 jours. Aucune mort n'a été signalée pour les concentrations de 40, 80 et 160 ppm. Aux doses plus élevées de 200 et 250 ppm, on a noté une augmentation de la mortalité liée à la dose. La méthémoglobinémie semblait être le principal effet toxique significatif du NO dans cette étude et cet effet a été observé à la dose la plus faible de 40 ppm. L'examen au microscope électronique de l'épithélium des voies respiratoires supérieures chez les rats ayant reçu 200 ppm pendant 28 jours a révélé des changements aussi fréquents et aussi graves que chez les témoins.
Études de génotoxicité
L'oxyde nitrique a produit des effets génotoxiques dans certaines souches de bactéries utilisées dans le test d'Ames, le test du lymphome chez la souris, le test dans les cellules d'ovaires de hamsters chinois, ainsi qu'après une exposition in vivo chez les rats et dans des lymphocytes humains. Comme on n'a pas effectué d'études sur la cancérogénicité chez les animaux, on ignore les répercussions à long terme des résultats des études de génotoxicité. Il convient donc d'utiliser INOmax uniquement après avoir soupesé les avantages et les risques pour chaque patient.
Études de cancérogénicité
La présentation de drogue ne contenait pas de données sur les effets toxiques cancérigènes. Cette absence de données est jugée acceptable d'après les lignes directrices ICH M3(M), vu que la durée recommandée de traitement ne doit pas dépasser 96 heures. Le promoteur a informé Santé Canada qu'une étude de cancérogénicité d'une durée de deux ans chez le rat est en cours et que le rapport devrait être disponible durant le deuxième trimestre de 2006.
Études des effets toxiques sur la reproduction
La présentation de drogue ne contenait pas de données sur les effets toxiques sur la reproduction. Cette absence de données est jugée acceptable d'après les lignes directrices ICH M3(M).
3.2.4 Résumé et conclusion
D'après les données animales limitées qui ont été présentées, il semblerait que la concentration de 40 ppm de NO peut être une dose sécuritaire chez le rat et le chien, sauf en ce qui concerne la méthémoglobinémie. On ignore si les jeunes animaux sont plus susceptibles aux effets toxiques du NO, y compris la méthémoglobinémie. Les études pharmacologiques sur l'innocuité ne comportaient pas d'évaluation des effets toxiques sur le SNC. Les résultats positifs des études de génotoxicité sont préoccupants. De même, on ne dispose pas d'études de la toxicité de doses multiples chez d'autres espèces que les rongeurs qui permettraient de déterminer si la différence apparente dans la toxicité chez les rats et les chiens pourrait être considérée comme liée à l'espèce.
Les données précliniques soumises par le promoteur ne permettent pas d'évaluer pleinement l'innocuité d'INOmax pour l'indication et l'usage clinique proposés. Cela ressort des affirmations suivantes dans la monographie de produit dans la section intitulée « Toxicologie » :
Des études d'inhalation de doses répétées pendant un mois ont été effectuées chez des rongeurs mais pas chez des non-rongeurs. La toxicité induite par l'oxyde nitrique selon l'âge n'a pas été déterminée, car des études de toxicité chez les jeunes animaux n'ont pas été réalisées. Il n'existe pas d'études animales ou humaines sur l'appareil reproducteur qui évaluent les effets de l'oxyde nitrique sur la fertilité ou le foetus en développement. L'oxyde nitrique s'est avéré génotoxique dans certaines souches de bactéries utilisées dans le test sur Salmonella (tests d'Ames), le test du lymphome chez la souris, le test dans les cellules d'ovaires de hamsters chinois, ainsi que dans une expérience d'exposition in vivo chez le rat et dans des lymphocytes humains. Comme aucune étude sur les effets cancérigènes chez les animaux n'a été effectuée, on ignore les répercussions à long terme des observations relatives à la génotoxicité. On ne devrait utiliser INOmax qu'après avoir soupesé les avantages et les risques pour chaque patient.
INOmax est considéré comme un médicament salvateur lorsqu'il est utilisé tel qu'indiqué pour le traitement de nouveau-nés à terme ou proches du terme
(≥34 semaines) souffrant d'insuffisance respiratoire hypoxique. Des données montrent par ailleurs que ce médicament offre un avantage important par rapport au traitement existant qui nécessite une ECMO.
Selon les lignes directrices ICH M3(M), « Peut-être faudrait-il aussi aborder de la même façon l'évaluation toxicologique et de l'élaboration clinique des produits pharmaceutiques actuellement mis au point pour traiter des maladies qui mettent la vie en danger ou des maladies graves pour lesquelles il n'existe aucun traitement efficace, afin d'optimiser et d'accélérer leur mise au point. Dans ces cas, certaines études particulières pourraient être abrégées, différés ou omises. » Conformément à ces lignes directrices, au moment où l'avis de conformité a été délivré, les exigences relatives à l'évaluation des effets sur le SNC dans une étude pharmacologique portant sur l'innocuité chez les animaux, les études de toxicité chez les jeunes animaux, l'étude de toxicité à long terme chez des non-rongeurs et l'étude de cancérogénicité ont été reportées.
Les études animales pour déterminer les effets toxiques sur le SNC ont été reportées après examen des données cliniques soumises qui évaluaient le développement neurologique à l'âge de 18 et de 24 mois. De plus, le promoteur s'est engagé à effectuer une étude de pharmacovigilance pour évaluer les effets à long terme du NO, notamment les effets sur le développement neurologique.
On a reporté les études d'inhalation de doses répétées sur un mois chez des non-rongeurs parce que les chiens mâles et femelles non anesthésiés exposés pendant 4 heures à des concentrations de 40, 80, 160 et 320 ppm de NO n'ont pas présenté de signe ECG d'anomalies de la conduction, de la fréquence ou du rythme cardiaques. Une élévation des taux de méthémoglobine a été observée uniquement aux doses de 160 ppm et plus.
Les études de toxicité chez les jeunes animaux ont été reportées parce qu'on disposait de données importantes sur des nouveau-nés humains. Des études animales sur les effets toxiques sur la reproduction ne sont pas requises pour ce groupe d'âge de patients. Une étude de cancérogénicité de deux ans chez le rat est en cours et le rapport devrait être disponible durant le deuxième trimestre de 2006.
3.3 Motifs cliniques de la décision
3.3.1 Pharmacodynamique
Parmi toutes les études de pharmacologie clinique et de pharmacocinétique clinique soumises, seulement une (rapport CTN-NO-93-003, qui est une étude de dosage de l'oxyde nitrique inhalé chez des patients nouveau-nés souffrant d'hypertension pulmonaire persistante et des enfants souffrant d'hypertension pulmonaire) concerne l'indication proposée pour l'oxyde nitrique (NO). Il s'agissait d'une étude exploratoire visant à déterminer une dose appropriée de NO pour une étude plus définitive. L'information importante qu'on peut tirer de cette étude est la suivante : chez les nouveau-nés et les enfants présentant un index d'oxygénation de 15 à 40, l'exposition continue à une dose de 10 à 30 ppm de NO pendant 10 minutes contribuait à améliorer l'oxygénation. À ces doses, l'effet sur l'amélioration de l'oxygénation atteignait un plateau. Seuls 2 des 54 patients présentaient une concentration de méthémoglobine > 2,5 % et cette concentration ne dépassait 5 % chez aucun patient.
D'après les données publiées, la principale réponse pharmacodynamique à l'inhalation d'oxyde nitrique (iNO) est le relâchement des muscles lisses vasculaires du poumon, qui cause une dilatation des vaisseaux sanguins et, partant, une augmentation du flux sanguin dans la région où le composé se trouve. L'oxyde nitrique relâche les muscles lisses vasculaires en liant la portion hémique de la guanylate cyclase cytosolique, activant la guanylate cyclase et augmentant les concentrations intracellulaires du guanosine 3',5'-monophosphate cyclique, ce qui provoque une vasodilatation.
D'après les données publiées, la réponse pharmacodynamique est généralement observée dans les quelques minutes qui suivent le début du traitement. Une étude de dosage chez des nouveau-nés a mis en évidence une amélioration rapide (dans les 10 minutes) de l'oxygénation artérielle à des doses ≤10 ppm chez une majorité des patients. Le NO inhalé semble accroître la pression partielle en oxygène artériel (PaO2) en dilatant les vaisseaux pulmonaires dans les zones mieux ventilées du poumon, redistribuant ainsi le flux sanguin pulmonaire à l'extérieur des régions pulmonaires où les rapports ventilation/perfusion sont faibles vers les régions où les rapports sont normaux.
3.3.2 Pharmacocinétique
Parmi toutes les études pharmacologiques cliniques et pharmacocinétiques cliniques soumises, une seule a trait à l'indication proposée pour l'oxyde nitrique (NO). Voir section 3.3.1 Pharmacodynamique.
D'après les données publiées, l'absorption du NO inhalé (iNO) est générale et les principaux produits finals du NO qui entrent dans la circulation générale sont le nitrate et la méthémoglobine.
D'après les données publiées, la conversion du NO en nitrate est considérée comme étant la principale voie métabolique. Des données ont montré que l'inactivation du NO se faisait dans les érythrocytes et semblent indiquer que l'oxyhémoglobine donnait de l'oxygène à la molécule de NO lors de sa conversion en nitrate. Plus de 70 % de l'iNO était excrété sous forme de nitrate dans l'urine. Les résultats ont également révélé que jusqu'à environ 14 % du NO absorbé peut être transformé directement en oxydes d'azote, qui ont un volume de distribution équivalant à environ le tiers du poids corporel et une clairance similaire au débit de filtration glomérulaire.
3.3.3 Efficacité clinique
Deux études clés ont été soumises afin d'étayer l'indication proposée d'INOmax, la Neonatal Inhaled Nitric Oxide Study (NINOS) et la Clinical Inhaled Nitric Oxide Research Group Investigation (CINRGI).
L'étude NINOS était un essai multicentrique (19 centres) multinational (É. U. et Canada) randomisé, à double insu, contrôlé contre placebo qui a porté sur 235 nouveau-nés : 114 dans le groupe recevant l'iNO et 121 dans le groupe placebo. Le principal objectif clinique de cette étude était d'évaluer l'effet de l'oxyde nitrique inhalé (iNO) sur le taux de mortalité et/ou l'administration d'un traitement d'oxygénation extracorporelle (ECMO) avant le congé de l'hôpital ou 120 jours, le délai le plus court étant retenu. L'étude visait également, comme objectifs secondaires, à évaluer les effets de l'iNO sur la pression partielle en oxygène (PaO2), l'index d'oxygénation (IO) et le gradient alvéolo-artériel de pression d'oxygène (A-aDO2) 30 minutes après le traitement gazeux initial, de même que la durée de séjour à l'hôpital, la durée de la ventilation assistée, l'incidence des fuites d'air et de la maladie pulmonaire chronique, la proportion de nouveau-nés respectant les critères pour l'ECMO et les effets sur le développement neurologique après un suivi de 18 à 24 mois. Cette étude a été effectuée chez des nouveau-nés dont l'âge gestationnel était ≥34 semaines, qui étaient âgés de ≤14 jours et qui avaient besoin d'une ventilation assistée pour traiter leur insuffisance respiratoire hypoxique, leur index d'oxygénation (IO) étant ≥25 cm H2O/mmHg. Les nouveau-nés souffrant d'une cardiopathie congénitale structurale importante ou d'une hernie du diaphragme ont été exclus. L'insuffisance respiratoire hypoxique était causée par un syndrome d'aspiration du méconium (SAM; 49 %), une pneumonie/septicémie (21 %), une hypertension pulmonaire primitive idiopathique du nouveau-né (HPPN; 17 %), ou un syndrome de détresse respiratoire (SDR; 11 %). Les patients dans le groupe iNO ont reçu une dose initiale de 20 ppm d'iNO et les patients dans le groupe placebo ont inhalé de l'oxygène pur à un débit équivalant à celui de l'iNO. Chez les nouveau-nés qui n'ont pas répondu ou ont répondu partiellement à la dose de 20 ppm d'iNO (non-réponse ou réponse partielle définie comme étant une augmentation de <20 mmHg de la PaO2 après 30 minutes), on a porté la dose à 80 ppm d'iNO ou à un débit égal du gaz de référence. Le traitement à l'iNO a duré jusqu'à 336 heures (ou 14 jours).
L'étude CINRGI était un essai multicentrique (18 centres américains), randomisé, à double insu, contrôlé contre placebo. Le principal objectif était d'examiner l'impact de l'ajout d'INOmax au traitement classique sur la proportion de sujets qui ont reçu une ECMO dans chaque groupe de traitement. Les objectifs secondaires de cette étude étaient les suivants : déterminer l'impact du traitement par INOmax sur l'amélioration rapide de l'oxygénation artérielle mesurée par le rapport oxygène alvéolaire/artériel (a/A), le gradient d'oxygène alvéolo-artériel (A-aDO2), la pression partielle artérielle en oxygène (PaO2) et l'index d'oxygénation (IO). En outre, l'impact d'INOmax sur les taux de méthémoglobine, la pression sanguine, la durée de l'hospitalisation, l'incidence de maladies pulmonaires chroniques et les anomalies neurologiques a été évalué. En tout, 212 nouveau-nés hypoxémiques à terme et proches du terme (≥34 semaines d'âge gestationnel et ≤96 heures après la naissance) présentant des signes échocardiographiques ou cliniques d'hypertension pulmonaire et un index d'oxygénation (IO) ≥25 cm H2O/mmHg ont été répartis au début de l'étude en fonction de leur maladie sous-jacente et choisis au hasard pour recevoir en plus du traitement classique soit de l'azote gazeux (placebo) ou du NO inhalé (97 dans le groupe iNO et 89 dans le groupe placebo) à une dose de 20 ppm, et leur dose a été abaissée (si PaO2 > 60 ppm et pH < 7,55) à 5 ppm après 4 à 24 heures. Toutefois, les nouveau-nés qui avaient un besoin urgent d'ECMO, qui présentaient une anomalie congénitale mortelle, une importante diathèse hémorragique, des convulsions actives malgré l'administration d'anticonvulsivants ou des antécédents d'asphyxie prolongée, de cardiopathie congénitale cyanogène ou des caractéristiques qui pourraient les empêcher de recevoir une ECMO ont été exclus de l'étude. Le traitement a duré jusqu'à 96 heures (4 jours). Les nouveau-nés souffrant d'une hernie congénitale du diaphragme (n=26) ont fait l'objet d'une analyse distincte.
Les principaux objectifs (c. à d. l'association décès et ECMO dans l'étude NINOS et l'administration d'une ECMO dans l'étude CINRGI) sont considérés comme des points d'intérêt clinique. Toutefois, on s'inquiète de la sensibilité et de la spécificité des principaux paramètres de l'efficacité utilisés dans l'étude NINOS parce que d'autres facteurs qui ne sont pas directement associés à l'efficacité du traitement à l'iNO ont également joué un rôle dans la décision d'administrer au nourrisson une ECMO.
Dans l'étude NINOS, le traitement à l'iNO a considérablement réduit le taux de « mortalité et/ou d'ECMO », mais la réduction du taux n'était pas significative en ce qui concerne la mortalité mais l'était uniquement pour l'ECMO, et la réduction du taux d'ECMO n'était pas statistiquement significative dans l'analyse faite selon le gaz reçu. Des analyses a posteriori par sous-groupe de l'étude NINOS ont montré en outre que l'iNO réduisait le taux de respect des critères de l'étude pour l'ECMO chez les patients qui ne respectaient pas les critères pour l'ECMO au début de l'étude. Les résultats des analyses a posteriori n'ont pas révélé d'effet bénéfique statistiquement significatif de l'iNO chez les patients qui respectaient déjà les critères pour l'ECMO au début de l'étude.
Les résultats de l'étude CINRGI ont montré que le taux d'ECMO était statistiquement plus faible dans le groupe INOmax que dans le groupe placebo et la réduction de taux demeurait statistiquement significative dans l'analyse faite selon le gaz reçu et après ajustement pour tenir compte des différences de base dans l'oxygénation. Dans l'étude CINRGI, lorsque les patients ont été examinés en fonction de leur niveau d'IO de base (IO <40 cm H2O/mmHg et IO ≥ 40 cm H2O/mmHg) dans une analyse a posteriori, la réduction statistiquement significative du taux d'ECMO était observée uniquement chez les patients dont l'IO de base était <40 cm H2O/mmHg.
En résumé, le bienfait clinique global de l'iNO a été démontré dans l'étude NINOS (réduction du taux de mortalité ou de l'ECMO) comme dans l'étude CINRGI (réduction du taux d'ECMO) pour l'ensemble de la population étudiée. De plus, l'avantage était plus marqué chez les patients qui ne respectaient pas les critères de l'étude pour l'ECMO au début de l'étude (NINOS) et chez les patients dont l'IO de base était < 40 cm H2O/mmHg (CINRGI). Comme ces analyses par sous-groupe ont été faites a posteriori et n'avaient pas la puissance nécessaire pour examiner les différences statistiques entre les sous-groupes, l'efficacité d'INOmax était fondée sur les résultats obtenus pour l'ensemble de la population étudiée dans les deux études clés. L'information concernant les résultats des analyses par sous-groupe a cependant été intégrée dans la monographie de produit.
Dans les deux études clés, l'iNO a rapidement amélioré l'oxygénation artérielle mesurée par le gradient d'oxygène alvéolo-artériel (A-aDO2), la pression partielle artérielle en oxygène (PaO2) et l'index d'oxygénation (IO). Toutefois, l'amélioration de l'oxygénation et la réduction du taux d'ECMO associées à l'utilisation d'INOmax ne se sont pas traduites en réductions médicalement significatives de la mortalité, de la durée d'hospitalisation, du taux de réadmission à l'hôpital et d'autres complications ou réactions indésirables graves.
Dans l'étude NINOS, environ 15 % (17/117) des membres du groupe placebo et 51 % (57/112) des patients recevant de l'iNO ont pleinement répondu au traitement après les 30 premières minutes, la réponse étant définie par une augmentation de la PaO2 de > 20 mmHg. La différence entre les groupes de traitement pour ce qui est du taux de réponse complète était statistiquement significative (p < 0,001). Les données ont également montré que seulement 5,5 % des nouveau-nés qui n'ont pas répondu ou ont répondu partiellement au traitement initial à l'iNO à une dose de 20 ppm ont fini par répondre complètement à la dose de 80 ppm. En outre, le taux d'ECMO entre les groupes de traitement différait également selon la réponse initiale à la dose de 20 ppm, ce qui indique que les patients qui au départ n'ont pas répondu complètement au traitement à l'iNO dans les 30 premières minutes n'ont pas retiré de bienfait important du traitement. L'étude CINRGI a également évalué le taux d'échec thérapeutique, défini comme étant l'interruption du traitement gazeux parce que « les patients répondaient aux critères pour l'ECMO » , « présentaient des effets toxiques » , « ne répondaient pas » ou « leur état empirait » . Les résultats ont montré qu'un plus fort pourcentage de patients dans le groupe placebo (64,0 %) que dans le groupe iNO (38,1 %) (p=0,0001) ont arrêté leur traitement gazeux à cause d'un échec thérapeutique.
Les résultats de l'analyse a posteriori par sous-groupe selon la maladie sous-jacente dans l'étude NINOS étaient similaires à ceux de l'étude CINRGI, sauf en ce qui concerne le SDR. Bien que les résultats de l'étude NINOS aient révélé que l'iNO entraînait une légère augmentation du taux d'ECMO chez les patients souffrant d'un SDR, les résultats de l'étude CINRGI ont montré que la plus forte réduction du taux d'ECMO était observée chez les patients atteints d'un SDR qui avaient reçu INOmax. Le nombre de patients atteints d'un SDR dans l'étude NINOS (n=25) comme dans l'étude CINRGI (n=16) était très faible. Les deux études clés semblaient toutes les deux démontrer qu'iNO était efficace chez les patients souffrant de pneumonie/septicémie. Les données de l'étude CINRGI ont indiqué que chez les nouveau-nés souffrant d'une hernie congénitale du diaphragme, INOmax n'aidait pas à réduire le besoin d'ECMO pour le traitement de l'insuffisance respiratoire hypoxique.
3.3.4 Innocuité clinique
Deux études clés ont été soumises à l'appui de l'indication proposée d'INOmax, la Neonatal Inhaled Nitric Oxide Study (NINOS) et la Clinical Inhaled Nitric Oxide Research Group Investigation (CINRGI). Dans l'étude NINOS, plusieurs événements indésirables présentant un intérêt particulier ont été consignés, notamment des événements neurologiques, de l'hémorragie pulmonaire, du suintement sanguin prolongé et de l'hémorragie GI. Dans l'étude CINRGI, tous les événements indésirables survenus durant l'essai clinique, les paramètres hématologiques et la chimie clinique ont systématiquement été enregistrés. D'autres renseignements comme l'électrocardiographie de la tête avant la sortie, la tomodensitométrie, les examens neurologiques et les tests audiologiques ont été pris en compte dans l'étude CINRGI. Pour obtenir une description des études, prière de se reporter à la section 3.3.3 Efficacité clinique.
Les résultats des analyses a posteriori de l'étude NINOS ont indiqué que les patients qui avaient reçu de l'iNO mais pas d'ECMO semblaient présenter des hausses (non statistiquement significatives) du nombre de plusieurs réactions indésirables, notamment les fuites d'air, les infarctus cérébraux/intracrâniens, la leucomalacie périventriculaire et de nouvelles hémorragies intraventriculaires, comparativement aux patients du groupe placebo qui n'avaient pas reçu d'ECMO. Plus particulièrement, la présence d'une fuite d'air semblait être associée à la dose maximale de 80 ppm d'iNO. Il importe de noter que les patients n'ont pas été choisis de façon aléatoire pour recevoir une dose de gaz de 80 ppm dans l'étude NINOS. Les patients qui n'ont pas pleinement répondu à la dose de 20 ppm ont reçu ensuite une dose plus forte de 80 ppm; les nouveau-nés qui ont reçu une dose de 80 ppm peuvent donc avoir été atteints d'une affection plus grave. Un suivi prolongé est nécessaire pour déterminer les risques potentiels à long terme associés à l'utilisation d'INOmax chez les nouveau-nés.
Dans l'étude CINRGI, le profil d'innocuité chez les patients dans le groupe placebo et dans le groupe INOmax était similaire. Les patients dans le groupe INOmax n'affichaient pas un nombre accru d'événements comme une anomalie électroencéphalographique, une hémorragie cérébrale, un infarctus cérébral, une hémorragie intracrânienne, un oedème pulmonaire, une hémorragie pulmonaire et un pneumothorax. Toutefois, l'accroissement du nombre de certains événements indésirables a été observé dans une analyse a posteriori chez les patients traités par INOmax qui n'avaient pas reçu d'ECMO. De plus, on a examiné plus en détail dans une analyse a posteriori l'état neurologique au moment du congé selon que les patients avaient reçu une ECMO ou non. Les résultats chez les patients traités par INOmax qui n'avaient pas reçu d'ECMO (et qui avaient subi un examen TDM) révélaient des hausses numériques (basées sur de petits nombres de patients) du pourcentage de patients présentant une anomalie à l'examen TDM [60 % (6/10) dans le groupe INOmax contre 25 % (1/4) dans le groupe placebo] et une anomalie à l'examen neurologique [18 % (7/37) dans le groupe INOmax contre 5 % (1/19) dans le groupe placebo]. Il n'y avait aucun renseignement additionnel sur le type, la gravité et l'intérêt clinique de ces anomalies neurologiques observées au moment du congé; compte tenu du petit nombre de patients examinés, il est difficile d'interpréter ces résultats. Une étude de suivi sur une longue période visant à évaluer les effets sur le développement neurologique pour l'indication proposée s'impose.
Le suivi de l'étude CINRGI portant sur une période d'un an a révélé que 19 % (14/74) des patients du groupe INOmax contre 14 % (10/71) des patients du groupe placebo présentaient des anomalies à l'examen neurologique. Le nombre de rapports de déficience auditive et de paralysie cérébrale était également légèrement plus élevé dans le groupe INOmax. Bien qu'elles ne soient pas statistiquement significatives, ces augmentations du nombre d'événements indésirables dans le groupe INOmax après 12 mois semblent encore une fois indiquer qu'il est nécessaire d'effectuer une étude de suivi de longue durée portant sur les effets neurologiques potentiels d'INOmax.
Les données de suivi sur 18 à 24 mois de l'étude NINOS ont montré que les patients dans le groupe placebo et dans le groupe iNO présentaient des résultats similaires en ce qui concerne la majorité des mesures, notamment les paramètres de la croissance, l'évaluation neurologique, l'évaluation visuelle, l'évaluation auditive, l'évaluation audiologique et l'indice moyen de développement mental de Bayley (IDM). L'indice moyen de développement psychomoteur de Bayley (IDP) était cependant numériquement plus élevé dans le groupe placebo (93,6 +/- 17,5) que dans le groupe iNO (85,9 +/- 21,1), mais cette différence n'était pas statistiquement significative.
Une étude de suivi rétrospectif sur cinq ans a été effectuée chez les patients qui avaient participé aux études NINOS et CINRGI, le taux global de suivi étant de 25 %. Les résultats de l'étude ont montré que les patients ayant reçu de l'iNO affichaient une incidence beaucoup plus élevée de trouble de la démarche après une période de suivi de 5 ans [16 % (9/55) dans le groupe iNO contre 2 % (1/43) dans le groupe placebo, p=0,04]. Une autre analyse a posteriori des événements indésirables chez les patients ayant reçu ou non une ECMO qui a été effectuée à partir des données de suivi sur 5 ans a révélé que parmi les patients qui n'avaient pas reçu d'ECMO, 14,6 % (6/41) des membres du groupe iNO et 6,7 % (2/30) des membres du groupe placebo ont présenté un trouble de la démarche. Toutefois, le taux de suivi dans l'étude de suivi de 5 ans des études combinées NINOS et CINRGI était très faible : 32/206 (15,5 %) et 66/186 (35,5 %), respectivement. On ne disposait pas des données pertinentes pour estimer l'impact potentiel du biais lié au nombre de sujets perdus de vue, les résultats de cette étude de suivi sur cinq ans n'étaient donc pas concluants et il faut se montrer prudent lorsqu'on les interprète. Les effets à long terme d'INOmax, notamment en ce qui concerne les effets pulmonaires et neurodéveloppementaux, n'ont pas cependant été établis au-delà de l'âge de 18 à 24 mois. Il est nécessaire d'effectuer une étude de pharmacovigilance post-commercialisation afin d'évaluer les effets potentiels à long terme de l'utilisation d'INOmax.
Les cliniciens devraient être sensibilisés aux événements indésirables potentiels à court terme et à long terme et au risque potentiel d'effets génotoxiques associés à INOmax. La monographie de produit traite de ces problèmes d'innocuité et renseigne les cliniciens/néonatologistes sur l'efficacité et l'innocuité d'INOmax. On retrouve également dans la monographie un engagement de la part du promoteur d'effectuer une étude de pharmacovigilance, comportant des données sur une période de suivi d'au moins 5 ans, en vue de déterminer les risques potentiels à long terme associés à l'utilisation d'INOmax chez les nouveau-nés, notamment les effets pulmonaires et neurodéveloppementaux connexes.
3.4 Évaluation des avantages / risques et recommandation
3.4.1 Évaluation des avantages / risques
Il a été montré qu'INOmax (oxyde nitrique) pour inhalation améliore rapidement l'oxygénation artérielle et réduit la nécessité d'avoir recours à l'oxygénation extracorporelle (ECMO). Bien que l'ECMO se soit révélée un traitement salvateur, les nouveau-nés qui subissent une telle intervention chirurgicale font face à plusieurs risques.
Un médicament qui peut éviter le recours à l'ECMO tout en n'ayant aucun effet nocif présente un net avantage. On a effectué un examen prioritaire de cette présentation de drogue car INOmax démontrait une augmentation significative de l'efficacité du traitement comparativement aux traitements existants, dans le cas d'une affection qui n'est pas adéquatement maîtrisée par un médicament commercialisé au Canada.
Les avantages cliniques généraux d'INOmax ont été démontrés dans l'étude NINOS (pour la réduction du taux de mortalité ou d'administration de l'ECMO) et l'étude CINRGI (pour la réduction du taux d'ECMO) dans l'ensemble de la population étudiée. Dans des analyses a posteriori, les avantages cliniques étaient supérieurs dans les sous-groupes de patients qui ne répondaient pas aux critères pour l'EMCO au début de l'étude (étude NINOS) ou dont l'index d'oxygène au départ était inférieur à 40 cm H2O/mm Hg (étude CINRGI). Les résultats ont également révélé que chez les nouveau-nés atteints d'une hernie congénitale du diaphragme qui avaient reçu INOmax, le taux d'ECMO pour traiter l'insuffisance respiratoire hypoxique n'avait pas diminué.
Le fait de respecter les critères pour l'ECMO est un marqueur de la gravité de l'insuffisance respiratoire hypoxique. L'étude NINOS a montré que l'oxyde nitrique inhalé empêchait les nouveau-nés qui ne répondaient pas aux critères pour l'ECMO au début de l'étude d'atteindre ce seuil critique de gravité. Des études cliniques antérieures ont fait ressortir que l'ECMO réduisait le taux de mortalité d'environ 50 % chez les nouveau-nés à terme et proches du terme souffrant d'une insuffisance respiratoire hypoxique. Une réduction du taux d'ECMO pourrait donc se traduire par une réduction du taux de mortalité chez les nouveau-nés atteints d'une insuffisance respiratoire hypoxique qui n'ont pas facilement accès à l'ECMO. De plus, l'oxyde nitrique inhalé offre certains avantages cliniques aux nouveau-nés à terme et proches du terme présentant une insuffisance respiratoire hypoxique qui ne répondent pas au traitement type. D'après des analyses a posteriori, les avantages cliniques semblent être plus importants dans les sous-groupes qui ne répondaient pas aux critères pour l'ECMO au départ ou dont l'IO de base était inférieur à 40 cm H2O/mmHg.
On sait que l'activité méthémoglobine réductase est plus faible chez les nouveau-nés que chez les adultes; les nouveau-nés pourraient donc courir un plus grand risque de développer une méthémoglobinémie. Les concentrations de méthémoglobine dans le sang devraient être contrôlées, car l'oxyde nitrique (NO) pour inhalation est absorbé dans l'organisme entier et les principaux produits finals du NO qui entrent dans la circulation générale sont la méthémoglobine et le nitrate. La méthémoglobinémie augmente en fonction de la dose d'oxyde nitrique. Si les concentrations de méthémoglobine sont > 2,5 %, la dose d'INOmax devrait être réduite et on peut envisager d'administrer un agent réducteur comme le bleu de méthylène.
Le dioxyde d'azote (NO2) forme rapidement des mélanges gazeux contenant du NO et de l'O2, et le NO peut causer indirectement de cette façon une inflammation et une atteinte des voies aériennes. Il existe une relation évidente entre la formation de NO2 et le traitement au NO; sans contrôles adéquats lors de l'administration et de la surveillance, la formation de NO2 pose un risque. La dose de NO devrait être réduite si la concentration de NO2 dépasse 0,5 ppm, et l'on devrait surveiller le NO2 tout comme le NO.
L'administration d'INOmax ne devrait pas être interrompue car cela pourrait entraîner une augmentation de la pression artérielle pulmonaire (PAP) et/ou une aggravation de l'oxygénation sanguine (PaO2). La détérioration de l'oxygénation et de l'élévation de la PAP peut également survenir chez les nouveau-nés qui ne présentent pas de réponse apparente à INOmax.
Les deux études clés n'étaient pas de taille suffisante pour permettre la détection de différences statistiquement significatives entre les groupes de traitement pour ce qui est des événements indésirables. Des différences numériques non statistiquement significatives dans les événements indésirables associés à l'utilisation d'INOmax, tels que le syndrome de fuite d'air, l'infarctus cérébral/intracrânien, une nouvelle hémorragie intraventriculaire, la leucomalacie périventriculaire, les troubles de la démarche et l'indice de développement psychomoteur, ont été observées dans des analyses a posteriori, en particulier chez les patients qui n'avaient pas reçu d'ECMO. Une étude de suivi de longue durée s'impose pour surveiller et déterminer les effets potentiels à long terme associés à l'utilisation d'INOmax.
Un certain nombre de points ont été soulevés durant l'examen de la présentation de drogue, de même que des questions concernant les renseignements additionnels fournis par le promoteur en réponse aux questions posées par Santé Canada. Afin de faciliter le processus d'examen, un comité consultatif scientifique spécial a été mis sur pied et a reçu le mandat d'assister avec l'évaluation des données concernant l'innocuité et l'efficacité du médicament. Des trousses d'information ainsi que des déclarations et des questions sur les problèmes soulevés ont été envoyées au Comité et au promoteur. Ce dernier a eu l'occasion de répondre au Comité avant la téléconférence, prévue le 10 juin 2005.
Les points suivants ont été discutés :
- l'utilité clinique des paramètres d'efficacité utilisés aussi bien dans l'étude NINOS que dans l'étude CINRGI et les sous groupes de patients (c. à d. les sous groupes satisfaisant déjà aux critères d'indication de l'ECMO [NINOS] ou dont l'index d'oxygénation initial était supérieur à 40 [CINRGI]) considérés comme ne pouvant pas bénéficier de façon marquée du traitement par l'oxyde nitrique en inhalation;
- la toxicité intrinsèque potentielle d'INOmax, et en particulier la possibilité d'événements indésirables de nature pulmonaire ou neurologique;
- les effets à long terme d'INOmax, et en particulier la possibilité de génotoxicité et d'événements indésirables de nature neurologique;
- les stratégies de prise en charge spécifiques à l'utilisation d'INOmax pour l'indication proposée.
Le Comité a formulé des recommandations à l'égard de chacun des points ci dessus. Par suite de l'examen effectué par Santé Canada et à la lumière des commentaires émis par le Comité, des changements importants ont été apportés à la monographie de produit et l'on y a ajouté des stratégies de prise en charge spécifiques à l'utilisation d'INOmax pour l'indication proposée.
Compte tenu des problèmes potentiels d'innocuité soulevés, Santé Canada a concentré son attention sur les stratégies de gestion du risque suivantes : 1) surveillance post-commercialisation des effets à long terme, en particulier des effets neurodéveloppementaux et pulmonaires pour une période de suivi d'au moins cinq ans, assortie d'une analyse effectuée après deux et cinq ans, 2) monographie de produit qui doit inclure, à la section « Indications et usage clinique », un engagement de la part du promoteur d'effectuer une étude de surveillance post-commercialisation et 3) élaboration de la notice qui devrait contenir de l'information sur INOmax destinée aux parents et aux tuteurs de nouveau-nés.
Après avoir bien examiné la présentation et son évaluation, Santé Canada est d'avis que pour l'indication proposée, l'avantage d'INOmax l'emporte sur le risque associé à son utilisation. Santé Canada a demandé au promoteur d'élaborer une spécification pour l'innocuité et un plan de pharmacovigilance pour résoudre les problèmes potentiels d'innocuité liés à INOmax. De même, Santé Canada a demandé au promoteur de s'engager à effectuer une étude de pharmacovigilance, comportant des données de suivi sur au moins 5 ans, afin de cerner les risques potentiels associés à l'utilisation d'INOmax chez les nouveau-nés, notamment les risques liés aux effets pulmonaires et neurodéveloppementaux.
3.4.2 Recommandation
Après avoir examiné les données sur la qualité, l'innocuité et l'efficacité de ce produit, Santé Canada estime qu'INOmax (oxyde nitrique) pour inhalation jumelé à une assistance ventilatoire et d'autres agents appropriés a un profil avantages / risques favorable pour le traitement des nouveau-nés à terme et proches du terme (> 34 semaines) souffrant d'une insuffisance respiratoire hypoxique associée à des signes cliniques ou échocardiographiques d'hypertension pulmonaire, INOmax améliorant dans ces cas l'oxygénation et réduisant la nécessité d'une oxygénation extracorporelle (ECMO).
La présentation de drogue nouvelle répond aux exigences des articles C.08.002 et C.08.005.1 et, par conséquent, Santé Canada a accordé l'avis de conformité prévu par l'article C.08.004 du Règlement sur les aliments et drogues.
4 Étapes importantes de la présentation
Étapes importantes de la présentation: INOmaxMD
| Étape importante de la présentation | Date |
|---|---|
| Réunion préalable à la présentation | 2003-02-10 |
| Demande de traitement prioritaire | |
| Déposée | 2003-05-23 |
| Approuvée | 2003-06-24 |
| Dépôt de la présentation | 2003-07-02 |
| Examen préliminaire 1 | |
| Lettre d'acceptation à l'issue de l'examen préliminaire | 2003-08-07 |
| Examen 1 | |
| Évaluation de la qualité terminée | 2004-01-24 |
| Évaluation clinique terminée | 2004-07-22 |
| ANC émis par le directeur général (indiquant les lacunes au niveau de l'innocuité et de l'efficacité) | 2004-08-10 |
| Réunion préalable à la réponse de l'ANC | 2004-10-27 |
| Réponse déposée | 2004-11-30 |
| Examen préliminaire 2 | |
| Lettre d'acceptation à l'issue de l'examen préliminaire | 2004-12-09 |
| Examen 2 | |
| Téléconférence du GCS | 2005-06-10 |
| Évaluation clinique terminée | 2005-08-25 |
| Examen de l'étiquetage terminé | 2005-08-25 |
| Délivrance de l'AC par le directeur général | 2005-09-23 |
Produits pharmaceutiques connexes
| Nom du produit | DIN | Entreprise | Ingrédient(s) actif(s) & concentration |
|---|---|---|---|
| INOMAX | 02270846 | INO THERAPEUTICS | Monoxyde d'azote 800 PPM / Cylindre |