Sommaire des motifs de décision portant sur BioThrax

Décisions d'examen

Le sommaire des motifs de décision explique les raisons pour lesquelles un produit a reçu une autorisation de vente au Canada. Le document comprend les considérations portant sur la réglementation, l’innocuité, l’efficacité et la qualité (sur le plan de la chimie et de la fabrication).


Type de produit:

Médicament
  • Ce document est une traduction française du document anglais approuvé.

Les sommaires des motifs de décision (SMD) présentent des renseignements sur l'autorisation initiale d'un produit. Le SMD portant sur BioThrax est accessible ci-dessous.

Activité récente relative à BioThrax

Les SMD relatifs aux médicaments autorisés après le 1er septembre 2012 seront mis à jour afin d'inclure des renseignements sous forme de tableau des activités postautorisation (TAPA). Le TAPA comprendra de brefs résumés d'activités telles que la présentation de demandes de nouvelles utilisations, ainsi que les décisions de Santé Canada (positives ou négatives). Les TAPA seront mis à jour régulièrement en ce qui a trait aux activités postautorisation tout au long du cycle de vie du produit.

Tableau des activités postautorisation (TAPA) portant sur BioThrax

Mise à jour :

2022-12-14

Le tableau suivant décrit les activités postautorisation menées à l’égard de BioThrax, un produit dont l’ingrédient médicinal est filtrat d'antigène de l'anthrax. Pour en savoir plus sur le type de renseignements présentés dans les TAPA, veuillez consulter la Foire aux questions : Phase II du projet de sommaires des motifs de décision (SMD) et à la liste des abréviations qui se trouvent dans les TAPA.

Pour de plus amples renseignements sur le processus de présentation de drogues, consultez le document intitulé Gestion des présentations et des demandes de drogues.

Identification numérique de drogue (DIN) :

DIN 02483386 – 50 mcg/0,5 ml filtrat d'antigène de l'anthrax, suspension, administration intramusculaire ou sous-cutanée

Tableau des activités postautorisation (TAPA)

Type et numéro d'activité ou de présentationDate de présentationDécision et dateSommaire des activités
PM Nº 2518482021-04-14Délivrance d'une LNO
2021-08-06

Présentation déposée en tant que Niveau II (90 jours) - Préavis de modification (changements modérés à la qualité) afin de modifier des spécifications utilisées pour la libération du produit médicamenteux. La présentation a été examinée et est considérée acceptable. Une LNO a été délivrée.

SPDN pour usage exceptionnel Nº 2342572019-12-11Délivrance d'un AC
2020-11-19

Présentation déposée en tant que Niveau I – Supplément pour une nouvelle indication. L'indication autorisée était : prophylaxie post-exposition, lorsqu'il est administré conjointement avec les médicaments antibactériens recommandés. La présentation a été examinée et est considérée acceptable. Un AC a été délivré. Un Sommaire de décision réglementaire a été publié.

PM Nº 2357152020-01-31Délivrance d'une LNO
2020-04-23

Présentation déposée en tant que Niveau II (90 jours) - Préavis de modification (changements modérés à la qualité) afin de mettre à jour une procédure de contrôle utilisée dans le procédé de fabrication. La présentation a été examinée et est considérée acceptable. Une LNO a été délivrée.

PM Nº 2293352019-07-09Délivrance d'une LNO
2019-10-11

Présentation déposée en tant que Niveau II (90 jours) - Préavis de modification (changements modérés à la qualité) afin de qualifier un nouveau lot de norme de référence par rapport à la norme de référence approuvée. La présentation a été examinée et est considérée acceptable. Une LNO a été délivrée.

Avis de mise en marché d'un produit pharmaceutique (DIN 02483386) (restriction de la vente)Sans objetDate de la première vente :
2019-03-20

Le fabricant a informé Santé Canada de la date de la première vente conformément à la disposition C.01.014.3 du Règlement sur les aliments et drogues.

PDN pour usage exceptionnel Nº 2123872017-12-29Délivrance d'un AC
2018-12-13

Délivrance d’un AC relatif à une Présentation de drogue nouvelle pour usage exceptionnel.

Sommaire des motifs de décision (SMD) portant sur BioThrax

SMD émis le : 2019-06-18

L'information suivante concerne la présentation de drogue nouvelle pour BioThrax.

Filtrat d'antigène de l'anthrax

Identification(s) numérique(s) de drogue(s):

  • DIN 02483386 - 50 mcg/0.5 mL suspension, voie intramusculaire ou sous-cutanée

Emergent BioDefense Operations Lansing LLC

Présentation de drogue nouvelle, numéro de contrôle : 212387

Le 13 décembre, 2018, Santé Canada a émis à l'intention d'Emergent BioDefense Operations Lansing LLC un avis de conformité pour le vaccin BioThrax.

Santé Canada reconnaît que dans certaines circonstances extraordinaires, les promoteurs ne sont pas raisonnablement en mesure de fournir des données probantes convaincantes sur l'efficacité et l'innocuité d'un produit thérapeutique chez l'être humain en raison de problèmes logistiques ou éthiques entourant la réalisation des essais cliniques humains appropriés. Par conséquent, la voie réglementaire relative aux drogues nouvelles pour usage exceptionnel (DNUE) a été utilisée pour autoriser le produit BioThrax en fonction de données qualitatives, de données non cliniques et de données cliniques limitées (voir la Ligne directrice : Exigences en matière de présentation et de renseignements relatifs aux drogues nouvelles pour usage exceptionnel [DNUE]).

Après avoir examiné les données reçues, Santé Canada estime que BioThrax a un profil avantages/risques favorable pour l'immunisation active dans la prévention de la maladie causée par Bacillus anthracis, chez les personnes de 18 à 65 ans, dont la profession ou les autres activités comportent un risque d'exposition, quelle que soit la voie d'exposition.

1 Sur quoi l'autorisation porte-t-elle?

BioThrax, un vaccin contre l'anthrax, a été autorisé pour l'immunisation active dans la prévention de la maladie causée par Bacillus anthracis, chez les personnes de 18 à 65 ans, dont la profession ou les autres activités comportent un risque d'exposition, quelle que soit la voie d'exposition.

BioThrax est contre-indiqué chez les patients ayant des antécédents de réaction anaphylactique ou anaphylactoïde à une précédente dose de BioThrax ou à l'un des composants du vaccin.

Il n'y a aucune donnée disponible sur l'utilisation de BioThrax chez les patients âgés (> 65 ans). Il n'y a pas plus de données disponibles sur l'utilisation de BioThrax chez les enfants (≤ 18 ans). Par conséquent, l'indication d'utilisation dans la population gériatrique ou pédiatrique n'est pas autorisée par Santé Canada.

BioThrax a été autorisé selon les conditions d'utilisation décrites dans sa monographie de produit, en tenant compte des risques potentiels associés à l'administration du médicament.

BioThrax (50 µg/0,5 mL, filtrat d'antigène protecteur de l'anthrax) se présente sous forme de suspension pour injection intramusculaire ou sous-cutanée (seulement s'il est indiqué sur le plan médical). Le vaccin est fourni en fioles multidoses de 5 mL, chaque boîte contenant une fiole de 5 mL. La fiole multidose contient une quantité de produit suffisante pour administrer 10 doses de 0,5 mL chacune. Une dose individuelle (0,5 mL) est formulée pour contenir 50 mcg de filtrat d'antigène protecteur de l'anthrax adsorbé sur 0,6 mg hydroxyde d'aluminium. Les ingrédients non médicinaux comprennent du chlorure de benzéthonium, du formaldéhyde, du chlorure de sodium et de l'eau pour injection.

Pour de plus amples renseignements, veuillez consulter les sections Motifs d'ordre clinique, non clinique et qualitatif (caractéristiques chimiques et fabrication).

Pour obtenir des renseignements supplémentaires, consulter également la monographie de produit de BioThrax approuvée par Santé Canada et accessible par l'intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.

2 Pourquoi BioThrax a-t-il été autorisé?

Santé Canada estime que BioThrax a un profil avantages-risques favorable pour l'immunisation active dans la prévention de la maladie causée par Bacillus anthracis, chez les personnes de 18 à 65 ans, dont la profession ou les autres activités comportent un risque d'exposition, quelle que soit la voie d'exposition.

La maladie du charbon est une maladie potentiellement mortelle causée par Bacillus anthracis. La maladie touche le plus souvent les animaux sauvages et domestiques, tels que les bovins, les moutons, les chèvres et autres herbivores. La maladie est le plus couramment observée dans des régions agricoles dotées de programmes inadéquats de contrôle de bétail exposé à l'anthrax. Les spores de Bacillus anthracis représentent la principale phase de la bactérie dans l'environnement, et c'est en grande partie lors du contact avec les spores que la maladie du charbon est contractée.

Les spores de Bacillus anthracis entrent dans le corps principalement par la peau, par inhalation ou par ingestion. Une fois que les spores se trouvent dans le corps, ils se transforment en bactéries végétatives qui se multiplient et sécrètent des toxines qui inhibent le système immunitaire, provoquent de l'enflure et entraînent ainsi la mort cellulaire. L'inhalation de spores de Bacillus anthracis en aérosol cause la forme la plus grave de la maladie et a été associée à des taux de mortalité atteignant jusqu'à 90 %.

Il n'existe actuellement aucun vaccin approuvé au Canada pour l'immunisation active dans la prévention de la maladie causée par Bacillus anthracis. Les patients présentant des symptômes de la maladie du charbon sont principalement traités par un antibiotique et une antitoxine.

La virulence de Bacillus anthracis dépend de trois protéines, connues sous le nom d'antigène protecteur (AP), de facteur létal (FL) et de facteur œdémateux (FE). Si la protéine de l'AP interagit avec le FL ou le FE à la surface de cellules humaines ou animales, les toxines en résultant pourraient être létales pour toute personne qui a été infectée par la bactérie. BioThrax stimule le système immunitaire pour qu'il produise des anticorps protecteurs contre l'AP. Lorsque l'AP est bloqué, le FL et le FE ne peuvent plus interagir avec lui et les toxines sont par le fait même neutralisées.

BioThrax (vaccin adsorbé contre l'anthrax [maladie du charbon]) a été mis au point dans les années 1950 et a été approuvé aux États-Unis d'Amérique dans les années 1970. Au moment de l'autorisation, près de quatorze millions de doses ont été administrées à plus de trois millions de personnes. Les premières études qui ont évalué l'efficacité du vaccin (études des CDC et de Brachman, voir ci-dessous) et servi à appuyer l'autorisation de ce vaccin dans les années 1970 ne pourraient plus être menées, car l'exposition professionnelle importante et prévisible aux spores de Bacillus anthracis n'a plus lieu. De plus, il serait tout à fait contraire à l'éthique de mener des études sur l'efficacité protectrice du vaccin en exposant délibérément les sujets à cet agent.

Étant donné ces enjeux logistiques et éthiques, Santé Canada a autorisé la vente de BioThrax en tant que drogue nouvelle pour usage exceptionnel (DNUE) par l'intermédiaire du mécanisme de réglementation des DNUE Santé Canada. Ce mécanisme a été mis en place pour autoriser des produits en fonction de données non cliniques et de données cliniques limitées (voir la Ligne directrice : Exigences en matière de présentation et de renseignements relatifs aux drogues nouvelles pour usage exceptionnel [DNUE].Par conséquent, l'efficacité de BioThrax (vaccin adsorbé contre l'anthrax [VAA]) a été établie principalement en fonction d'un examen des études animales démontrant un avantage sur le plan de la survie (voir la section Motifs non cliniques de la décision).

En outre, une étude contrôlée sur le terrain (étude de Brachman menée dans les années 1950) et l'étude observationnelle des Centers for Disease Control and Prevention (CDC) (étude BB-IND 10031) menée de 1962 à 1974 ont démontré l'efficacité clinique de BioThrax ou du vaccin précurseur contre l'anthrax avec au moins 3 doses sous-cutanées d'un schéma de vaccination de 6 doses (semaines 0, 2 et 4 et mois 6, 12 et 18).

Après de nombreuses années d'utilisation de BioThrax et du vaccin précurseur, des études ont été menées pour explorer les différents schémas posologiques et les diverses voies d'administration. L'étude BB-IND 10031 a évalué l'immunogénicité de BioThrax relativement à l'immunoglobuline G dirigée contre l'antigène protecteur (IgG anti-AP) selon différentes voies d'administration et divers schémas posologiques. En outre, une étude sur les primates non humains a montré que l'efficacité de la première série de 3 doses intramusculaires a duré jusqu'à quatre (4) ans chez les macaques rhésus.

En ce qui concerne l'innocuité, l'administration de BioThrax par voie sous-cutanée ou intramusculaire a été généralement bien tolérée. Les effets indésirables les plus fréquemment rapportés comprenaient les suivants : céphalées, arthralgie, érythème, érythème au point d'injection, pyrexie, myalgie et douleur au point d'injection.

On a rapporté des réactions indésirables au point d'injection chez environ 60 % des 1 564 sujets d'essai clinique ayant reçu BioThrax par l'une ou l'autre des voies d'administration, c'est-à-dire intramusculaire ou sous-cutanée, et des effets indésirables systémiques chez environ 20 % des personnes vaccinées, qui ont été jugés « légers » dans la grande majorité des cas. La proportion des participants présentant des réactions au point d'injection graves ou des effets indésirables systémiques graves a été très faible pour chacune des deux catégories après chaque dose (généralement < 1 %).

Emergent BioDefense Operations Lansing LLC à soumis un plan de gestion des risques relatif à BioThrax à Santé Canada. Après examen, le plan a été jugé acceptable. Le plan de gestion des risques sert à décrire les risques connus et potentiels pour la sécurité, à présenter le programme de surveillance et, le cas échéant, à définir les mesures qui seront mises en place afin de minimiser les risques associés au produit.

Conformément à la Ligne directrice : Exigences en matière de présentation et de renseignements relatifs aux drogues nouvelles pour usage exceptionnel [DNUE] une présentation de drogue nouvelle pour usage exceptionnel doit comprendre une proposition de plan d'étude post-commercialisation pour la collecte d'information sur l'innocuité et l'efficacité de la drogue nouvelle pour usage exceptionnel. Selon le plan d'étude post-commercialisation soumis pour BioThrax, le promoteur doit fournir une analyse des déclarations de réactions cutanées graves et d'anomalies congénitales dans les rapports périodiques d'évaluation des avantages et des risques (RPEAR) lorsque ceux-ci sont soumis à Santé Canada.

Une évaluation des noms de produits à présentation et à consonance semblables a été réalisée, et le nom proposé « BioThrax » a été accepté.

Dans l'ensemble, les avantages thérapeutiques du traitement par BioThrax déduits d'un examen exhaustif des données d'études menées auprès d'animaux et de sujets humains l'emportent sur les risques connus et prévus du produit. L'information figurant sur l'étiquette du produit et une surveillance adéquate permettent de gérer les problèmes d'innocuité cernés. Les mises en garde et précautions figurent dans la monographie de BioThrax pour faire état des problèmes d'innocuité qui ont été cernés.

Cette présentation de drogue nouvelle pour usage exceptionnel répond aux exigences des articles C.08.002 et C.08.005.1; par conséquent, Santé Canada a émis l'avis de conformité prévu à l'article C.08.004 du Règlement sur les aliments et drogues La vente de BioThrax, en tant que drogue nouvelle autorisée pour usage exceptionnel, est limitée aux entités autorisées telles que les gouvernements fédéraux, provinciaux et territoriaux et les administrations municipales.

3 Quelles sont les étapes qui ont mené à l'autorisation de BioThrax?

Étapes importantes de la présentation: BioThrax

Étape importante de la présentationDate
Réunion préalable à la présentation :2017-07-24
Dépôt de la présentation :2017-12-29
Examen préliminaire
Lettre d'acceptation à l'issue de l'examen préliminaire :2018-02-16
Examen
Évaluation sur place :2018-07-09 - 2018-07-13
Évaluation de la qualité terminée :2018-11-09
Évaluation clinique/médicale terminée :2018-11-14
Examen de l'étiquetage terminé, comprenant l'évaluation des marques nominatives à présentation et à consonance semblables :2018-12-10
Délivrance de l'Avis de conformité par le directeur général/la directrice générale, Direction des produits biologiques et des thérapies génétiques :2018-12-13

La décision réglementaire canadienne portant sur l'examen des données cliniques, non cliniques de BioThrax est fondée sur une évaluation critique de l'ensemble des données soumises à Santé Canada. Les rapports d'examen de la Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis et les discussions en cours avec le Paul-Ehrlich-Institute (PEI) ont été utilisés à titre de références supplémentaires.

Pour de plus amples renseignements sur le processus de présentation de drogue, consulter la Ligne directrice de l'industrie : gestion des présentations de drogues.

4 Quelles mesures de suivi le promoteur prendra-t-il?

Les exigences en matière d'activités post-commercialisation sont décrites dans la Loi sur les aliments et drogues et le Règlement connexe.

6 Quels sont les autres renseignements disponibles à propos des médicaments?

Pour obtenir des renseignements à jour sur les produits pharmaceutiques, veuillez suivre les liens suivants :

7 Quelle est la justification scientifique sur laquelle s'est fondé Santé Canada?
7.1 Motifs cliniques de la décision

Pharmacologie clinique

BioThrax est un vaccin indiqué pour l'immunisation active dans la prévention de la maladie causée par Bacillus anthracis (anthrax). BioThrax est destiné à la prophylactique pré-exposition chez des personnes présentant un risque élevé d'exposition à la maladie. BioThrax est fabriqué à partir d'un filtrat acellulaire de cultures microaérophiles d'une souche non encapsulée de Bacillus anthracis. BioThrax agit en stimulant le système immunitaire pour qu'il produise des anticorps protecteurs contre l'antigène protecteur. Lorsque l'antigène protecteur est bloqué, le facteur létal et le facteur œdémateux ne peuvent plus interagir avec lui et les toxines sont par le fait même neutralisées.

Dans le cadre de l'évaluation de nouvelles options de prévention de la maladie du charbon, tout essai contrôlé par placebo mené auprès de sujets humains serait contraire à l'éthique. C'est pourquoi l'efficacité de BioThrax pour l'immunisation active dans la prévention de la maladie causée par Bacillus anthracis est basée principalement sur des études menées chez des animaux, qui montrent un avantage sur le plan de la survie.

Le critère d'évaluation des principales études de pharmacodynamique menées avec BioThrax a été défini comme la protection contre l'inoculation d'épreuve de souches virulentes de Bacillus anthracis. De plus, la plupart des études ont aussi quantifié la réponse immunitaire à l'administration de BioThrax en mesurant les titres d'anticorps anti-AP. L'immunogénicité attendue a été évaluée d'après la formation d'anticorps, la classe et la sous-classe des anticorps formés, et la durée de la réponse immunitaire.

Au cours d'une étude sur des primates non humains, des macaques rhésus ont reçu BioThrax (0,5 mL) par injection intramusculaire selon un schéma en 3 doses (0, 1 et 6 mois), en utilisant BioThrax à la pleine dose humaine (non dilué) ou dilué dans une solution saline (1:5, 1:10, 1:20 ou 1:40). Les animaux témoins ont reçu des injections de solution saline ou n'ont pas été traités.

Les macaques rhésus vaccinés ont été exposés à une dose cible de 200 ou 400 fois l'équivalent de la dose létale médiane (DL50) de la souche Ames de l'espèce Bacillus anthracis sous forme de spores en aérosol 12, 30 ou 52 mois après la primovaccination. Après une première série de 3 doses intramusculaires, les macaques rhésus étaient presque complètement protégés lorsqu'ils étaient soumis à une inoculation d'épreuve par inhalation de spores au mois 52 (taux de survie de 80 % [8/10] et de 100 % [9/9] dans les groupes recevant BioThrax non dilué et recevant BioThrax dilué dans une proportion de 1:5, respectivement). Les résultats ont montré que l'efficacité de la première série de 3 doses intramusculaires a duré jusqu'à 4 ans chez les macaques rhésus.

Pour obtenir des renseignements supplémentaires, consulter la monographie de produit de BioThrax approuvée par Santé Canada et accessible par l'intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques

Efficacité clinique

Santé Canada reconnaît qu'il existe des circonstances dans le cadre desquelles les promoteurs ne sont pas en mesure de fournir des preuves substantielles de l'innocuité et de l'efficacité d'un produit thérapeutique chez l'être humain en raison de questions de logistique et d'éthique qui empêchent la réalisation d'essais cliniques appropriés sur des sujets humains. La présentation de drogue nouvelle pour usage exceptionnel (DNUE) a été mise en place pour autoriser des produits en fonction de données non cliniques et de données cliniques limitées (voir Ligne directrice : Exigences en matière de présentation et de renseignements relatifs aux drogues nouvelles pour usage exceptionnel [DNUE]). Par conséquent, l'efficacité de BioThrax (vaccin adsorbé contre l'anthrax) a été établie principalement en fonction d'études d'efficacité démontrant un avantage sur le plan de la survie chez des animaux de laboratoire (voir la section Motifs non cliniques de la décision).

Le premier vaccin américain contre l'anthrax a été mis au point en 1954. Le Bureau of Biologics des National Institutes of Health (NIH) a approuvé un vaccin adsorbé contre l'anthrax (VAA) en 1970 en fonction des résultats d'un essai clinique mené chez des sujets humains (étude sur le terrain de Brachman) auprès d'employés d'une lainerie. Dans le cadre d'une étude observationnelle menée par les Centers for Disease Control and Prevention de 1962 à 1974 auprès de personnes dont la profession comportait un risque d'exposition à l'anthrax, d'autres données sur l'efficacité ainsi obtenues ont permis de montrer l'efficacité clinique de BioThrax ou du vaccin précurseur contre l'anthrax avec au moins 3 doses sous-cutanées d'un schéma de vaccination de 6 doses (semaines 0, 2 et 4, et mois 6, 12 et 18).

Après l'autorisation et de nombreuses années d'utilisation de BioThrax et du vaccin précurseur dans les États-Unis d'Amérique, des études ont été menées pour explorer les différents schémas posologiques et les diverses voies d'administration (sous-cutanée et intramusculaire).

Étude BB-IND 10031

L'évaluation de l'immunogénicité de BioThrax chez les humains était principalement fondée sur l'étude menée par les CDC.

BB-IND 10031 était une étude multicentrique menée à répartition aléatoire et à double insu, contrôlée par placebo et visant à évaluer l'immunogénicité de BioThrax relativement à l'IgG anti-AP en utilisant différentes voies d'administration (sous-cutanée et intramusculaire) ainsi que divers schémas posologiques. Au total, 1 564 sujets ont été inscrits à l'étude BB-IND 10031. L'objectif de cette étude était d'évaluer l'effet du changement de la voie d'administration et de la réduction du nombre de doses sur l'innocuité et l'immunogénicité de BioThrax.

Tel qu'approuvé à l'origine aux États-Unis d'Amérique, BioThrax et le vaccin prédécesseur ont été administrés en une série primaire de 6 doses sous-cutanées (SC) sur 18 mois (semaines 0, 2 et 4 et mois 6, 12 et 18), suivies de doses de rappel annuelles. La voie et le schéma d'administration initialement approuvé ont été comparés au même schéma avec administration intramusculaire (IM) et avec d'autres schémas, de la manière décrite ci-dessous :

  • 8SC - BioThrax administré par voie SC, selon le schéma posologique classique (le même que celui utilisé dans l'essai de Brachman sur l'efficacité) avec administration aux semaines 0, 2 et 4, et aux mois 6, 12, 18, 30 et 42 (n = 259);
  • 8IM - BioThrax administré par voie IM, selon le schéma posologique classique (n = 262) avec administration aux semaines 0, 2 et 4, et aux mois 6, 12, 18, 30 et 42 (bisannuel);
  • 7IM - BioThrax administré par voie IM, selon le schéma posologique classique, mais sans la dose de la semaine 2 (n = 256) avec administration aux semaines 0 et 4, et aux mois 6, 12, 18, 30 et 42;
  • 5IM - BioThrax administré par voie IM (n = 258) avec administration aux semaines 0 et 4, et aux mois 6, 18 et 42;
  • 4IM - BioThrax administré par voie IM (n = 268) avec administration aux semaines 0 et 4, et aux mois 6 et 42;
  • Placebo (solution saline) administré par voie SC ou IM, selon le schéma classique (n = 260);
  • Pour le groupe 754IM (groupes 7IM, 5IM et 4IM combinés) - BioThrax administré par voie IM (n = 782) avec administration aux semaines 0 et 4, et au mois 6.

On a mesuré, grâce à la méthode ELISA (Enzyme-Linked Immunosorbent Assay, ou dosage d'immunoabsorption par enzyme liée), les anticorps de type immunoglobuline G (IGg) dirigés contre l'antigène protecteur (AP) de l'anthrax (maladie du charbon) à la semaine 8 et aux mois 7, 13, 19, 31 et 43. Les trois critères d'évaluation de l'immunogénicité principaux étaient : (1) la moyenne géométrique des concentrations (MGC) (µg/mL), (2) la moyenne géométrique des titres (MGT) et (3) le pourcentage de sujets présentant un quadruplement du titre d'anticorps anti-AP par rapport au départ.

Les critères de non-infériorité des comparaisons d'après les rapports des MGC et des MGT et les différences des taux de quadruplement du titre d'anticorps ont été définis ainsi :

  • Rapport des moyennes des concentrations d'anticorps : non-infériorité démontrée si la limite supérieure de l'intervalle de confiance à 95 % était < 1,5.
  • Rapport des moyennes des titres d'anticorps : non-infériorité démontrée si la limite supérieure de l'intervalle de confiance à 95 % était < 1,5.
  • Quadruplement des titres d'anticorps : non-infériorité démontrée si la limite supérieure de l'intervalle de confiance à 95 % était < 0,10.

Les résultats ont montré que les réponses relatives aux IgG anti-PA induites par la voie d'administration intramusculaire n'étaient pas inférieures à celles de la voie d'administration sous-cutanée. À partir du mois 7, les réponses immunitaires obtenues avec une voie d'administration différente (8IM) et un schéma de vaccination réduit (7IM, 5IM et 4IM) étaient, pour la MGC et la MGT des IgG anti-AP, non inférieures à la voie et au schéma d'administration initialement approuvés (8SC) quatre semaines après l'administration du vaccin. Toutefois, les réponses immunitaires pour le groupe 4IM évaluées aux mois 13, 19 et 31 ont diminué considérablement par rapport aux autres groupes.

Il est à noter qu'au chapitre de la protection à la semaine 8, le schéma d'administration aux semaines 0, 2 et 4 était bien meilleur que celui aux semaines 0 et 4 sur le plan des concentrations d'IGg anti-AP. Par conséquent, pour la situation non urgente, on peut omettre la dose de la semaine 2; on considère que les doses des semaines 0 et 4 sont suffisantes. Toutefois, si une protection robuste et rapide est requise, la dose de la 2e semaine devrait être administrée. Pour justifier le fait que les sujets seront protégés contre la maladie du charbon pendant la période entre la série primaire de 3 doses (mois 0, 1 et 6) et le rappel après 3 ans (mois 42), le promoteur a soumis une étude sur les primates non humains (voir la section Motifs non cliniques de la décision

Étude de Brachman

Dans le cadre d'une étude contrôlée sur le terrain menée dans les années 1950 à l'aide d'une version antérieure de BioThrax, le vaccin a été administré à des travailleurs de lainerie dont le métier comportait un risque d'exposition aux spores d'anthrax. Au moment de l'étude de Brachman, la moyenne annuelle des cas humains d'anthrax (maladie du charbon) contractés par inoculation cutanée et par inhalation dans ces usines de textile était d'environ 1,2 cas par 100 employés.

L'étude incluait 1 249 travailleurs (379 ont reçu le vaccin contre l'anthrax, 414 ont reçu un placebo, 116 ont reçu un schéma vaccinal incomplet [par le vaccin ou le placebo] et 340 étaient dans le groupe observationnel [aucun traitement]) dans quatre usines du nord-est des États-Unis où étaient traités des cuirs animaux importés. Dix travailleurs ont fait l'objet d'un suivi sur une période de 2 ans. Pendant l'essai, 26 cas d'anthrax ont été rapportés.

L'évaluation de l'efficacité du vaccin comprenait tous les cas d'anthrax (maladie du charbon) contractés par inoculation cutanée et des cas contractés par inhalation qui sont survenus chez des personnes ayant reçu au moins trois doses de vaccin ou de placebo et ayant reçu les doses subséquentes à temps. L'efficacité calculée du vaccin pour prévenir tous les types d'anthrax (maladie du charbon) a été de 92,5 % (limite inférieure de l'IC à 95 % = de 65 à 100 %). Compte tenu de cette observation, l'étude a été interrompue pour des raisons éthiques, et tous les employés ont été vaccinés. Cela a entraîné une diminution spectaculaire des cas d'anthrax chez les travailleurs de lainerie, et ce, malgré une exposition professionnelle continue aux spores d'anthrax.

Sommaire d'efficacité

Les études non cliniques et cliniques ont démontré l'efficacité de BioThrax (vaccin adsorbé contre l'anthrax) pour prévenir l'anthrax (maladie du charbon). Les avantages thérapeutiques généraux du traitement par BioThrax déduits d'un examen exhaustif des données d'études menées auprès d'animaux et de sujets humains l'emportent sur les risques connus et prévus du produit. Par conséquent, Santé Canada a autorisé la vente de BioThrax comme drogue nouvelle pour usage exceptionnel (DNUE) conformément à la Ligne directrice : Exigences en matière de présentation et de renseignements relatifs aux drogues nouvelles pour usage exceptionnel [DNUE].

Pour de plus amples renseignements, consulter la monographie de produit de BioThrax approuvée par Santé Canada et accessible par l'intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.

Innocuité clinique

Le profil d'innocuité de BioThrax repose essentiellement sur les résultats de l'étude BB-IND 10031 décrite précédemment dans la section Efficacité clinique Cette étude incluait 1 564 volontaires en bonne santé. Dans le cadre de l'évaluation de l'innocuité, on a inclus des données supplémentaires sur l'utilisation du produit après sa mise en marché depuis son autorisation initiale aux États-Unis dans les années 1970, soit sur plus de 14 millions de doses en tout chez plus de 3 millions de personnes (en date de décembre 2016).

Les effets indésirables les plus fréquemment rapportés avec l'utilisation de BioThrax ont été les suivants : céphalées, arthralgie, érythème, érythème au point d'injection, pyrexie, myalgie et douleur au point d'injection.

On a rapporté des réactions indésirables au point d'injection chez environ 60 % des 1 564 sujets d'essai clinique ayant reçu BioThrax par l'une ou l'autre des voies d'administration, c'est-à-dire intramusculaire ou sous-cutanée, et des effets indésirables systémiques chez environ 20 % des personnes vaccinées, qui ont été jugés « légers » dans la grande majorité des cas. La proportion des participants présentant des réactions au point d'injection graves ou des effets indésirables systémiques graves a été très faible pour chacune des deux catégories après chaque dose (généralement < 1 %). Pour obtenir de plus amples renseignements sur les effets indésirables signalés et leur fréquence, consultez la monographie de BioThrax.

Les effets indésirables graves déterminés comme étant possiblement associés à l'administration de BioThrax, quels que soient la voie ou le calendrier d'administration, chez 1 564 sujets d'étude comprenaient les suivants : réaction allergique généralisée, syndrome d'hypertension intracrânienne bénigne accompagné d'un œdème papillaire bilatéral, sténose de l'aqueduc du mésencéphale (aqueduc de Sylvius) accompagnée d'épilepsie généralisée, arthralgie des articulations métacarpophalangiennes, carcinome canalaire du sein, déchirure du tendon sus-épineux.

Aucune interaction indésirable sur le plan de l'innocuité n'a été rapportée dans une étude où une antibiothérapie était administrée en concomitance.

Effets indésirables déterminés à la suite de la surveillance après commercialisation

Les événements indésirables suivants ont été signalés de manière spontanée. Puisque le signalement volontaire de ces événements provient d'une population d'une taille inconnue, il n'est pas toujours possible d'en estimer la fréquence de façon fiable ou d'établir une relation causale avec l'exposition au médicament.

Les signalements décrits ci-dessous ont été retenus en raison d'un ou de plusieurs de ces facteurs : gravité de l'événement, nombre de signalements ou force de la relation causale avec le médicament.

  • Affections hématologiques et du système lymphatique : lymphadénopathie
  • Affections gastro-intestinales : nausées
  • Affections du système immunitaire : réactions allergiques (y compris anaphylaxie, angio-œdème, éruption cutanée, urticaire, prurit, érythème polymorphe, réaction anaphylactoïde et syndrome de Stevens-Johnson)
  • Affections du système nerveux : paresthésie, syncope, étourdissements, tremblements, neuropathie du nerf ulnaire (nerf cubital)
  • Affections musculosquelettiques, du tissu conjonctif et des os : arthralgie, arthropathie, myalgie, rhabdomyolyse, alopécie
  • Troubles généraux et anomalies au site d'administration : malaise, douleur, cellulite, symptômes pseudo-grippaux
  • Affections psychiatriques : insomnie
  • Affections de la peau et du tissu sous-cutané : prurit, éruption cutanée, urticaire
  • Affections vasculaires : bouffées vasomotrices

On a également reçu des signalements peu fréquents d'affections multisystémiques définies par des symptômes chroniques d'au moins deux des trois catégories suivantes : fatigue, humeur-cognition et système musculosquelettique.

Pour de plus amples renseignements, consulter la monographie de produit de BioThrax approuvée par Santé Canada et accessible par l'intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.

7.2 Motifs non cliniques de la décision

Au total, 11 études de pharmacologie ont été soumises. Toutes les études ont été menées auprès de lapins Néo-Zélandais blancs. Les résultats ont montré qu'après la vaccination aux jours 0 et 28, les lapins étaient complètement protégés contre une inoculation d'épreuve par inhalation avec une dose de 200 fois l'équivalent de la DL50 de Bacillus anthracis au jour 70. De plus, une corrélation a été établie entre le taux d'anticorps neutralisants de la toxine et le taux de survie après une inoculation d'épreuve.

Une étude toxicologique sur dose unique chez des rats a montré que BioThrax administré seul a causé une inflammation au point d'injection et pourrait avoir causé l'hyperplasie lymphoïde de la rate observée.

L'étude sur la toxicité de doses répétées administrées à des lapins a montré que les 4 doses de BioThrax (0,5 mL à 2 semaines d'intervalle) ont causé une inflammation minime ou légère au point d'injection seulement.

L'étude sur la toxicité pour la reproduction chez des lapins a montré que 2 doses de BioThrax administrées pendant la période précédant l'accouplement (0,5 mL à intervalle de 4 semaines) et 1 dose de BioThrax administrée pendant la gestation (0,5 mL au jour 7 ou 17 de la gestation) n'ont entraîné aucun signe de toxicité polysystémique manifeste. Aucun effet indésirable sur l'accouplement ou la fertilité, les paramètres liés aux césariennes ou à la portée ou la mise bas n'a été noté. Aucun effet indésirable n'a été observé au chapitre de quelque paramètre que ce soit ayant été évalué au 29e jour de gestation ou au 29e jour de lactation.

La tolérance locale à BioThrax a été évaluée dans le cadre d'une étude pharmacodynamique principale chez le lapin et une étude toxicologique sur dose unique chez le rat. Les résultats ont montré que l'administration intramusculaire (IM) n'a été associée à aucun signe d'érythème ou d'œdème au point d'injection.

En outre, le promoteur a également fourni une étude sur les primates non humains. Des macaques rhésus ont reçu BioThrax (0,5 mL) par injection IM selon un schéma en 3 doses (0, 1 et 6 mois), en utilisant BioThrax à la pleine dose humaine (non dilué) ou dilué dans une solution saline (1:5, 1:10, 1:20 ou 1:40). Les animaux témoins ont reçu des injections de solution saline ou n'ont pas été traités. Ensuite, les macaques rhésus vaccinés ont été exposés à une dose cible de 200 ou 400 fois l'équivalent de la dose létale médiane (DL50) de la souche Ames de l'espèce Bacillus anthracis sous forme de spores en aérosol 12, 30 ou 52 mois après la primovaccination. Après une première série de 3 doses IM, les macaques rhésus étaient presque complètement protégés lorsqu'ils étaient soumis à une inoculation d'épreuve par inhalation de spores au mois 52 (taux de survie de 80 % [8/10] et de 100 % [9/9] dans les groupes recevant BioThrax non dilué et recevant BioThrax dilué dans une proportion de 1:5, respectivement). Les résultats ont montré que l'efficacité de la première série de 3 doses IM a duré jusqu'à 4 ans chez les macaques rhésus.

Pour de plus amples renseignements, consulter la monographie de produit de BioThrax approuvée par Santé Canada et accessible par l'intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.

7.3 Motifs d'ordre qualitatif

La bactérie (Bacillus anthracis) produit trois protéines connues sous le nom d'antigène protecteur, de facteur létal et de facteur œdémateux. Si la protéine de l'antigène protecteur interagit avec le facteur létal ou le facteur œdémateux à la surface de cellules humaines ou animales, les toxines en résultant pourraient être létales pour toute personne qui a été infectée par la bactérie.

BioThrax est un vaccin qui stimule le système immunitaire à produire des anticorps neutralisants dirigés contre Bacillus anthracis. BioThrax agit en stimulant le système immunitaire pour qu'il produise des anticorps protecteurs qui se lient à l'antigène protecteur. Lorsque l'antigène protecteur est bloqué, le facteur létal et le facteur œdémateux sont plus capables d'interagir avec lui et les toxines sont par le fait même neutralisées. On estime que l'antigène protecteur est le principal antigène protecteur présent dans ces filtrats acellulaires. Toutefois, ce vaccin contient également d'autres protéines, y compris le facteur létal (FL), l'antigène extractible 1 (EA1) et l'énolase, mais leur rôle dans l'immunité protectrice demeure obscur.

Caractérisation de la substance médicamenteuse

Des études détaillées de caractérisation ont été réalisées afin de s'assurer que BioThrax, le vaccin adsorbé contre l'anthrax, présente la structure et l'activité biologique caractéristiques souhaitées.

Les données disponibles provenant d'études de validation montrent que les étapes de traitement permettent de contrôler adéquatement les niveaux d'impuretés liées au produit et au procédé. Les niveaux d'impuretés rapportés et caractérisés se trouvaient à l'intérieur des limites établies.

Procédé de fabrication et contrôles en cours de la substance médicamenteuse et du produit final

Le vaccin adsorbé contre l'anthrax (la substance médicamenteuse en vrac de BioThrax) est une suspension stérile d'un blanc laiteux (lorsque mélangée) fabriquée à partir d'un filtrat acellulaire de cultures microaérophiles d'une souche non virulente et non encapsulée de Bacillus anthracis.

Le procédé de fabrication de la substance médicamenteuse consiste en une série d'étapes, dont la préparation de la suspension de spores, la fermentation (pureté de la culture), la récolte et la filtration, le procédé en aval et la formulation en vrac. Au cours du procédé de fabrication de la substance médicamenteuse, les ingrédients non médicinaux suivants sont ajoutés : chlorure de benzéthonium, formaldéhyde, chlorure de sodium et eau pour injection. La substance finie en vrac est ensuite conservée dans un réservoir avant d'être transférée dans un réservoir de transport. La substance médicamenteuse en vrac est transportée à une installation de remplissage, où le produit sera versé dans des fioles stériles au moyen de procédés de fabrication aseptiques. Une fois remplies, les fioles sont inspectées et étiquetées.

La méthode de fabrication et les contrôles utilisés pendant le processus de fabrication tant de la substance pharmaceutique que du médicament sont validés et considérés comme dûment contrôlés à l'intérieur des limites justifiées.

L'utilisation de tous les ingrédients non médicinaux (excipients) contenus dans le médicament est jugée acceptable pour BioThrax.

Contrôle de la substance médicamenteuse et du produit final

La substance pharmaceutique et le médicament font l'objet de tests en regard des normes de référence appropriées, afin de vérifier qu'ils répondent aux spécifications approuvées et de valider les méthodes d'analyse.

En vertu du programme d'autorisation de mise en circulation des lots de Santé Canada, des lots du produit fini fabriqués de manière consécutive ont été évalués. On a jugé qu'ils étaient conformes aux spécifications du médicament et qu'ils avaient été fabriqués selon un procédé de fabrication uniforme.

Stabilité de la substance médicamenteuse et du produit final

À la lumière des données sur la stabilité présentées, la durée de vie et les conditions d'entreposage proposées pour la substance pharmaceutique et le médicament étaient bien étayées et sont considérées comme satisfaisantes. La durée de vie de 48 mois proposée pour BioThrax est considérée comme acceptable si le produit est conservé au réfrigérateur entre 2 et 8 ºC.

L'emballage et les composants proposés du produit sont aussi considérés comme acceptables.

Installations et équipement

La méthodologie, le fonctionnement et les mécanismes de contrôle des installations et de l'équipement servant à la production sont considérés comme convenables pour les activités et les produits fabriqués.

L'évaluation sur place (ESP) des installations responsables de la fabrication et les tests sur la substance pharmaceutique et le médicament effectués par la Direction des produits biologiques et des thérapies génétiques de Santé Canada ont été couronnés de succès. En outre, les renseignements d'appui concernant les installations fournissent une assurance suffisante selon laquelle le procédé et les conditions de fabrication sont appropriés et conformes aux bonnes pratiques de fabrication.

Évaluation de l'innocuité des agents adventifs

Le profil d'innocuité d'agents fortuits a été considéré comme acceptable pour BioThrax.

Aucun excipient d'origine humaine ou animale n'est utilisé dans la préparation du médicament BioThrax (vaccin adsorbé contre l'anthrax).