Sommaire des motifs de décision portant sur Ubrelvy
Décisions d'examen
Le sommaire des motifs de décision explique les raisons pour lesquelles un produit a reçu une autorisation de vente au Canada. Le document comprend les considérations portant sur la réglementation, l’innocuité, l’efficacité et la qualité (sur le plan de la chimie et de la fabrication).
Type de produit:
- Ce document est une traduction française du document anglais approuvé.
Les sommaires des motifs de décision (SMD) présentent des renseignements sur l'autorisation initiale d'un produit. Le SMD portant sur Ubrelvy est accessible ci-dessous.
Activité récente relative à Ubrelvy
Les SMD relatifs aux éligibles (tels que décrits dans la Foire aux questions : Phase II du projet de sommaires des motifs de décision [SMD]) autorisés après le 1er septembre 2012 seront mis à jour afin d'inclure des renseignements sous forme de tableau des activités postautorisation (TAPA). Le TAPA comprendra de brefs résumés d'activités telles que les présentations de demandes de nouvelles utilisations, ainsi que les décisions de Santé Canada (positives ou négatives). Les TAPA seront mis à jour régulièrement en ce qui a trait aux activités postautorisation tout au long du cycle de vie du produit.
Le tableau suivant décrit les activités postautorisation menées à l’égard de Ubrelvy, un produit dont l’ingrédient médicinal est ubrogépant. Pour en savoir plus sur le type de renseignements présentés dans les TAPA, veuillez consulter la Foire aux questions : Phase II du projet de sommaires des motifs de décision (SMD) et à la Liste des abréviations qui se trouvent dans les Tableaux des activités postautorisation (TAPA).
Pour de plus amples renseignements sur le processus de présentation de drogues, consultez la Ligne Directrice : Gestion des présentations et des demandes de drogues.
Mise à jour : 2026-01-06
Identification numérique de drogue (DIN) :
- DIN 02532530 – 50 mg ubrogépant, comprimé, administration orale
- DIN 02532581 – 100 mg ubrogépant, comprimé, administration orale
Tableau des activités postautorisation (TAPA)
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Type et numéro d’activité ou de présentation |
Date de présentation |
Décision et date |
Sommaire des activités |
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Nouvel examen de l’innocuité et l’efficacité |
Sans objet |
Débuté entre 2025-10-01 et 2025-10-31 |
Santé Canada a débuté un nouvel examen de l’innocuité et de l’efficacité pour les inhibiteurs du récepteur du peptide lié au gène de la calcitonine (Aimovig, Ajovy, Emgality, Nurtec ODT, Qulipta, Ubrelvy, Vyepti) lié au phénomène de Raynaud (sensation d’engourdissement et de froid dans certaines parties du corps en raison d’une circulation sanguine limitée dans les zones touchées). |
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SPDN Nº 293167 |
2024-12-06 |
Lettre d’annulation reçue 2025-10-09 |
Présentation déposée en tant que Niveau I – Supplément pour mettre à jour la MP. Le promoteur a annulé la présentation. |
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SPDN Nº 291488 |
2024-10-18 |
Délivrance d’un AC 2025-08-26 |
Présentation déposée en tant que Niveau I – Supplément pour mettre à jour la MP en ajoutant de nouveaux renseignements sur l'innocuité et pour faire passer la MP au format 2020. La présentation a été examinée et est considérée acceptable. À cause du SPDN, des modifications ont été effectuées aux sections suivantes de la MP : Mises en gardes et précautions, Interactions médicamenteuses et Pharmacologie clinique. Des modifications correspondantes ont été effectuées à la partie III intitulée Renseignements pour les patients sur les médicaments et aux encarts d’accompagnement. Un AC a été délivré. |
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Avis de mise en marché d’un produit médicamenteux (DINs 02532530) |
Sans objet |
Date de la première vente 2023-05-11 |
Le fabricant a informé Santé Canada de la date de la première vente conformément à la disposition C.01.014.3 du Règlement sur les aliments et drogues. |
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Avis de mise en marché d’un produit médicamenteux (DIN 02532581) |
Sans objet |
Date de la première vente 2023-04-04 |
Le fabricant a informé Santé Canada de la date de la première vente conformément à la disposition C.01.014.3 du Règlement sur les aliments et drogues. |
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PDN Nº 256191 |
2021-08-27 |
Délivrance d’un AC 2022-11-10 |
Délivrance d’un AC relatif à une Présentation de drogue nouvelle. Un Sommaire des motifs de décision et un Sommaire de décision réglementaire ont été publiés. |
Sommaire des motifs de décision (SMD) portant sur Ubrelvy
SMD émis le : 2023-03-30
L'information suivante concerne la Présentation de drogue nouvelle pour Ubrelvy.
Ubrogépant
Identification(s) numérique(s) de drogue(s):
- DIN 02532530 - 50 mg ubrogépant, comprimé, administration orale
- DIN 02532581 - 100 mg ubrogépant, comprimé, administration orale
AbbVie Corporation
Présentation de drogue nouvelle, numéro de contrôle : 256191
Le 10 novembre 2022, Santé Canada a émis à l’intention d’AbbVie Corporation un Avis de conformité pour le produit médicamenteux Ubrelvy.
L’autorisation de mise en marché s’appuie sur l’information portant sur la qualité (chimie et fabrication), ainsi que les études non cliniques (pharmacologie et toxicologie) et cliniques (pharmacologie, innocuité et efficacité) présentées. D’après l’évaluation des données reçues effectuée par Santé Canada, le profil avantages–effets nocifs–incertitudes d’Ubrelvy est considéré comme étant favorable pour le traitement des crises de migraine avec ou sans aura chez les adultes.
1 Sur quoi l'autorisation porte-t-elle?
Ubrelvy est un antagoniste du récepteur du peptide lié au gène de la calcitonine (CGRP). Il a été autorisé pour le traitement des crises de migraine avec ou sans aura chez les adultes.
L’utilisation d’Ubrelvy n’est pas autorisée chez les patients de moins de 18 ans, car son innocuité et son efficacité n’ont pas été établies dans la population pédiatrique.
Les études cliniques sur Ubrelvy ne comprenaient pas un nombre suffisant de patients âgés de 65 ans et plus pour déterminer s’ils réagissent de manière différente par rapport aux patients âgés de moins de 65 ans. En général, étant donné la fréquence plus élevée de dysfonctionnements hépatiques et rénaux dans la population gériatrique, il est recommandé d’être prudent au moment du choix d’une dose d’Ubrelvy pour un patient âgé.
Ubrelvy (50 mg et 100 mg ubrogépant) se présente sous forme d’un comprimé. En plus de l’ingrédient médicinal, le comprimé contient le dioxyde de silicium colloïdal, la croscarmellose sodique, le mannitol, la cellulose microcristalline, le copolymère d’acétate de vinyle et de polyvinylpyrrolidone, le chlorure de sodium, le stéarylfumarate de sodium et le succinate de polyéthylèneglycol de vitamine E.
L’utilisation d’Ubrelvy est contre-indiquée chez les patients qui présentent une hypersensibilité à l’ubrogépant, à l’un des ingrédients de la préparation, y compris les ingrédients non médicinaux, ou à l’un des composants du contenant. De plus, Ubrelvy est conte–indiqué en concomitance avec un inhibiteur puissant de l’isoenzyme 3A4 du cytochrome P450 (CYP3A4), comme le kétoconazole, l’itraconazole ou la clarithromycine.
Le produit médicamenteux a été autorisé selon les conditions d’utilisation décrites dans sa monographie de produit, en tenant compte des risques potentiels associés à son administration. La monographie de produit d’Ubrelvy est accessible par l’intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.
Pour de plus amples renseignements sur la justification de la décision de Santé Canada, veuillez consulter les sections Motifs d’ordre clinique, non clinique et qualitatif (caractéristiques chimiques et de fabrication).
2 Pourquoi Ubrelvy a-t-il été autorisé?
Santé Canada estime que Ubrelvy a un profil avantages–effets nocifs–incertitudes favorable pour le traitement des crises de migraine avec ou sans aura chez les adultes.
La migraine est un trouble neurologique complexe caractérisé par des épisodes récurrents de céphalées modérées ou graves qui sont le plus souvent unilatérales, aggravées par l’activité physique, et associées à la sensibilité à la lumière (photophobie), au son (phonophobie), aux odeurs (osmophobie), aux nausées et aux vomissements. La céphalée dure habituellement de quatre à 72 heures. Chez environ 25 % des patients, une aura peut précéder ou accompagner la phase des céphalées ou peut se produire de manière isolée. L’aura migraineuse est un ensemble de symptômes neurologiques qui peuvent être visuels, sensoriels ou moteurs; ils durent de quelques minutes à une heure. La fréquence et la gravité des attaques de migraines varient considérablement. Les attaques graves peuvent être invalidantes, perturber la vie familiale et professionnelle. Dans le monde entier, la migraine est la troisième maladie la plus répandue et a été reconnue comme la deuxième cause d’invalidité, la première chez les femmes âgées de moins de 50 ans.
Les médicaments anti–migraines les plus couramment prescrits sont les triptans (agonistes des récepteurs de 1B/1D de la 5–hydroxytryptamine [5–HT]). Cependant, les triptans ne conviennent pas à tous les migraineux. En raison de leurs propriétés vasoconstrictrices puissantes, les triptans sont contre–indiqués pour l’utilisation chez les patients atteints de maladies cardiovasculaires sous–jacentes, comme l’hypertension non contrôlée, la coronapathie, les maladies vasculaires périphériques et ceux qui ont des antécédents d’accident vasculaire cérébral (AVC) ou d’attaque ischémique transitoire. De plus, chez environ 30 % à 40 % des patients atteints de migraine, l’utilisation de triptans pour le traitement aigu de la migraine est associée à une efficacité ou une tolérabilité insuffisantes.
L’ubrogépant, l’ingrédient médicinal dans Ubrelvy, appartient à une nouvelle classe de médicaments anti–migraine, appelée antagonistes du récepteur du peptide lié au gène de la calcitonine (CGRP) à petites molécules, ou gépants. Le peptide lié au gène de la calcitonine est un puissant neurotransmetteur vasodilatateur qui est considéré comme jouant un rôle clé dans la pathophysiologie de la migraine.
On a démontré que Ubrelvy était efficace pour le traitement aigu de la migraine avec ou sans aura chez les adultes. L’autorisation de commercialisation d’Ubrelvy était principalement fondée sur des données d’efficacité et d’innocuité provenant de deux études pivots de phase III randomisées, à double insu et contrôlées par placebo portant sur une crise de migraine unique avec des conceptions identiques (Étude 1 [ACHIEVE I] et Étude 2 [ACHIEVE II]). On a également fourni des données sur l’innocuité à partir d’une étude de prolongation à long terme ouverte nécessitant un schéma posologique répété d’Ubrelvy pendant une période maximale d’un an et d’une étude d’innocuité hépatique spécialisée.
Dans les deux études pivots, les paramètres d’efficacité co–primaires étaient l’absence de douleur deux heures après l’administration de la dose initiale, définie comme une réduction de la gravité des céphalées présentant une douleur modérée ou grave avant la dose initiale à aucune douleur deux heures après l’administration de la dose; et absence des symptômes associés à la migraine les plus dérangeants (photophobie, phonophobie ou nausées) deux heures après l’administration de la dose initiale. Les études ont évalué l’effet d’Ubrelvy (doses de 50 mg ou de 100 mg dans l’Étude 1 et de 25 mg ou de 50 mg dans l’Étude 2) sur une seule attaque de migraine.
Des proportions nettement plus élevées de patients traités au moyen de doses de 50 mg ou de 100 mg d’Ubrelvy ont atteint les paramètres co–primaires, comparativement à ceux traités à l’aide d’un placebo. Les taux de réponse étaient semblables pour les doses de 50 mg et celles de 100 mg d’Ubrelvy. Dans l’Étude 1, 19,2 % des patients qui ont reçu une dose de 50 mg d’Ubrelvy et 21,2 % des patients qui ont reçu une dose de 100 mg d’Ubrelvy ont éprouvé une absence de douleur deux heures après l’administration de la dose initiale, comparativement à 11,8 % des patients traités à l’aide d’un placebo. L’absence des symptômes les plus dérangeants associés à la migraine a été signalée par 38,6 % des patients traités au moyen d’une dose de 50 mg d’Ubrelvy et 37,7 % des patients traités au moyen d’une dose de 100 mg d’Ubrelvy, comparativement à 27,8 % des patients qui ont reçu un placebo. De même, dans l’Étude 2, 21,8 % des patients qui ont reçu une dose de 50 mg d’Ubrelvy ont éprouvé une absence de douleur deux heures après l’administration de la dose initiale (par rapport à 14,3 % des patients qui ont reçu un placebo) et 38,9 % des patients ne présentaient pas les symptômes les plus dérangeants associés à la migraine deux heures après l’administration de la dose (par rapport à 27,4 % des patients qui ont reçu un placebo). La dose de 25 mg d’Ubrelvy a été beaucoup plus efficace que le placebo pour atteindre le paramètre co–primaire de l’absence de douleur deux heures après l’administration de la dose initiale, mais elle n’a pas atteint une importance statistique pour le paramètre co–primaire de l’absence des symptômes les plus dérangeants associés à la migraine deux heures après l’administration de la dose initiale.
Dans l’ensemble, l’efficacité d’Ubrelvy était modeste, puisque les différences de traitement entre Ubrelvy et le placebo variaient de 7 % à 9 % pour l’absence de douleur deux heures après l’administration de la dose et de 10 % à 12 % pour l’absence des symptômes les plus dérangeants associés à la migraine deux heures après l’administration de la dose. On a observé des différences de traitement maximal pour Ubrelvy par rapport au placebo entre trois et huit heures après l’administration de la dose initiale. Même si les données appuient l’efficacité d’une deuxième dose facultative, des problèmes liés à la conception de l'étude laissent planer une certaine incertitude quant au bénéfice supplémentaire de la deuxième dose facultative. Les études n’ont montré aucune différence dans les taux de réponse entre les groupes stratifiés en fonction de la réponse précédente aux triptans (c’est–à–dire, les répondants aux triptans, les répondants aux triptans insuffisants et les répondants n’ayant jamais été traités à l’aide de triptans), ce qui suggère que le taux de réponse modeste de 19 % à 21 % pour l’absence de douleur deux heures après l’administration de la dose s’applique également aux personnes qui ont eu une réponse insuffisante aux triptans.
Au cours des études cliniques, Ubrelvy était habituellement sûr et bien toléré. Les événements indésirables les plus fréquemment signalés étaient la nausée, la somnolence et la sécheresse buccale. La plupart des événements indésirables étaient d’intensité légère ou modérée et ne se sont produits que quelques fois. Aucune des études cliniques, y compris l’étude sur l’innocuité hépatique spécialisée, n’a pas révélé d’indication d’hépatotoxicité, ce qui était une préoccupation en matière d’innocuité relevée dans les premières études d’autres antagonistes des récepteurs du CGRP à petites molécules de première génération. Contrairement aux triptans, l’ubrogépant n’est pas un vasoconstricteur puissant et les études d’innocuité n’ont trouvé aucune donnée probante d’augmentation des risques cardiovasculaires liés à cette substance médicamenteuse. Une étude consacrée à l’intervalle QT chez des volontaires en bonne santé n’a révélé aucune prolongation importante de l’intervalle QT liée à l’ubrogépant. Dans les deux études pivots, une analyse des sous-groupes de patients stratifiés selon le risque (faible, modéré et élevé) de développer des maladies cardiovasculaires dans les 10 années qui suivent n’a montré aucune incidence accrue d’événements indésirables cardiovasculaires apparus en cours de traitement avec Ubrelvy par rapport au placebo et aucune différence cliniquement pertinente dans le profil d’événements indésirables au niveau des catégories de risque. Cependant, selon les critères d’inscription, les études pivots excluaient les patients atteints de maladies cardiovasculaires et cérébrovasculaires importantes sur le plan clinique, et la plupart des patients inscrits faisaient partie de la catégorie de faible risque de développer des maladies cardiovasculaires dans les 10 années qui suivent. Pour cette raison, il est impossible de tirer des conclusions fermes sur l’innocuité d’Ubrelvy chez les patients atteints de maladies cardiovasculaires préexistantes et les activités de pharmacovigilance pertinentes ont été recommandées. De plus, il reste des incertitudes quant à l’innocuité d’Ubrelvy chez les patients gériatriques, les femmes enceintes ou allaitantes, les patients atteints d’insuffisance rénale grave ou d’insuffisance rénale terminale et les patients obèses. L’innocuité de l’utilisation concomitante d’Ubrelvy avec d’autres produits gépants demeure également incertaine.
Au cours de l’expérience post–commercialisation (le médicament a été approuvé en 2019 par la Food and Drug Administration des États–Unis), on a cerné l’hypersensibilité (manifestée par l’éruption cutanée, l’urticaire, l’œdème facial, la dyspnée) comme étant un risque potentiel, quoique rare, associé à l’utilisation d’Ubrelvy.
AbbVie Corporation a présenté à Santé Canada un plan de gestion des risques (PGR) relativement à Ubrelvy. Le PGR est conçu de manière à décrire les problèmes d’innocuité connus et potentiels, à présenter le plan de surveillance prévu et, au besoin, à décrire les mesures qui seront mises en place pour réduire les risques associés au produit. Après examen, le PGR a été jugé acceptable.
Les étiquettes interne et externe, la notice d’accompagnement et la section des renseignements pour les patients sur les médicaments de la monographie de produit d’Ubrelvy qui ont été présentées répondent aux exigences réglementaires relatives à l’étiquetage, à l’utilisation d’un langage clair et aux éléments de conception.
Le promoteur a soumis une évaluation de la marque nominative qui comprenait des évaluations des attributs nominatifs à présentation et à consonance semblables. Après examen, le nom proposé d’Ubrelvy a été accepté.
Dans l’ensemble, les données fournies par le promoteur appuient l’efficacité et l’innocuité d’Ubrelvy, lorsqu’il est administré aux doses recommandées. Même si les taux de réponse sont modestes, Ubrelvy a un profil d’innocuité favorable et peut représenter une option pour les patients qui ont une réponse inadéquate, une incapacité à tolérer les traitements actuellement disponibles ou des contre–indications à ceux–ci (p. ex., les triptans). Les questions d’innocuité sont traitées en profondeur par les renseignements fournis dans la monographie de produit d’Ubrelvy et les activités de pharmacovigilance pertinentes. Il convient de noter qu’un registre des grossesses est présentement mis en place pour recueillir des renseignements sur l’effet de l’exposition à Ubrelvy pendant la grossesse et que le promoteur s’est engagé à fournir une mise à jour de la monographie de produit d’Ubrelvy dès que les renseignements du registre seront disponibles.
Cette Présentation de drogue nouvelle répond aux exigences des articles C.08.002 et C.08.005.1; par conséquent, Santé Canada a émis l’Avis de conformité prévu à l’article C.08.004 du Règlement sur les aliments et drogues. Pour de plus amples renseignements, veuillez consulter les sections Motifs de décision d’ordre clinique, non clinique et qualitatif (caractéristiques chimiques et de fabrication).
3 Quelles sont les étapes qui ont mené à l'autorisation de Ubrelvy?
L’examen de la Présentation de drogue nouvelle (PDN) pour Ubrelvy était fondé sur une évaluation critique du dossier de données présenté à Santé Canada. En outre, dans le cadre de l’examen des composantes non cliniques et qualitatives de la PDN, Santé Canada a utilisé l’examen effectué par la Food and Drug Administration des États–Unis comme référence additionnelle, conformément à la méthode 3 décrite dans l’ébauche de la ligne directrice : L’utilisation d’examens étrangers par Santé Canada. La décision réglementaire canadienne sur la PDN d’Ubrelvy a été prise de manière indépendante sur la base de l’examen canadien.
Pour de plus amples renseignements sur le processus de présentation de drogue, consulter la Ligne directrice : gestion des présentations et des demandes de drogues.
Étapes importantes de la présentation: Ubrelvy
| Étape importante de la présentation | Date |
|---|---|
| Réunion préalable à la présentation | 2019-06-19 |
| Dépôt de la Présentation de drogue nouvelle | 2021-08-27 |
| Examen préliminaire | |
| Lettre d'acceptation à l'issue de l'examen préliminaire émise | 2021-10-18 |
| Examen | |
| Demande accordée pour interrompre l'examen pour 90 jours (extension à la réponse d'une demande de clarification) | 2022-05-04 |
| Évaluation biopharmaceutique terminée | 2022-06-10 |
| Évaluation du plan de gestion des risques terminée | 2022-08-02 |
| Évaluation non clinique terminée | 2022-09-02 |
| Examen de l'étiquetage terminé | 2022-11-01 |
| Évaluation de la qualité terminée | 2022-11-09 |
| Évaluation clinique/médicale terminée | 2022-11-09 |
| Délivrance de l'Avis de conformité par la directrice générale, Direction des produits pharmaceutiques | 2022-11-10 |
4 Quelles mesures de suivi le promoteur prendra-t-il?
Les exigences en matière d'activités post-commercialisation sont décrites dans la Loi sur les aliments et drogues et le Règlement connexe.
6 Quels sont les autres renseignements disponibles à propos des médicaments?
Pour obtenir des renseignements à jour sur les produits médicamenteux, veuillez suivre les liens suivants :
- Consulter MedEffet Canada pour connaître les derniers avis, mises en garde et retraits concernant les produits commercialisés.
- Voir la Base de données des Avis de conformité (AC) pour accéder à la liste des dates d'autorisation de tous les médicaments ayant reçu un AC depuis 1994.
- Consulter la Base de données sur les produits pharmaceutiques (BDPP) pour obtenir la dernière monographie de produit. La BDPP contient des renseignements précis sur les médicaments dont l'utilisation a été approuvée au Canada.
- Voir l'Avis de conformité avec conditions (AC-C) et les documents connexes pour les produits ayant reçu un AC en vertu de la Ligne directrice sur les Avis de conformité avec conditions (AC-C), le cas échéant. En cliquant sur les liens correspondant au nom du produit (selon le cas), vous pouvez accéder à la fiche de renseignements, partie III - Renseignements pour les patients sur les médicaments, à l'avis d'admissibilité, et/ou à la « Lettre aux professionnels de santé ».
- Consulter le Registre des brevets pour obtenir la liste des brevets déposés relativement à des ingrédients médicinaux, le cas échéant.
- Consulter le Registre des drogues innovantes pour obtenir la liste des drogues admissibles à la protection des données en vertu de l'article C.08.004.1 du Règlement sur les aliments et drogues, le cas échéant.
7 Quelle est la justification scientifique sur laquelle s'est fondé Santé Canada?
7.1 Motifs cliniques de la décision
Pharmacologie clinique
L’ubrogépant, l’ingrédient médicinal d’Ubrelvy, est un antagoniste des récepteurs du peptide lié au gène de la calcitonine (CGRP) à petites molécules. Le peptide lié au gène de la calcitonine est un puissant neuropeptide vasodilatateur qui est considéré comme jouant un rôle clé dans la pathophysiologie de la migraine.
On a déterminé le profil pharmacocinétique de l’ubrogépant à la suite de l’administration orale au cours de plusieurs études cliniques de phase I. L’ubrogépant présente des propriétés pharmacocinétiques proportionnelles à la dose dans l’intervalle de doses allant de 1 à 400 mg. Il est rapidement absorbé et les concentrations plasmatiques maximales sont atteintes environ 1,5 heure après l’administration de la dose.
L’apport alimentaire affecte l’absorption de l’ubrogépant. Lorsqu’on administrait l’ubrogépant avec un repas riche en matières grasses, la concentration plasmatique maximale était retardée de deux heures et la concentration plasmatique maximale était réduite de 20 %, sans changement dans la surface sous la courbe (SSC) de concentration en fonction du temps. On ne sait pas si l’exposition retardée associée à la consommation d’un repas riche en graisses affecte l’efficacité d’Ubrelvy. Au cours des études pivots de phase III (décrites dans la section Efficacité clinique), l’ubrogépant a été administré sans égard aux aliments.
Dans une étude d’évaluation par électrocardiogramme (ECG), croisée, à répartition aléatoire, à double insu, comparative avec placebo et traitement actif, à quatre périodes, effectuée chez 72 participants en bonne santé, aucun effet pharmacodynamique sur l’intervalle QT corrigé par la formule Fridericia (QTcF) n’a été observé après l’administration d’une dose unique d’ubrogépant à 100 mg (dose thérapeutique) et à 400 mg (dose suprathérapeutique). L’ubrogépant a été associé à une faible réduction de la fréquence cardiaque dépendante de la dose. On n’a observé aucune valeur de fréquence cardiaque inférieure à 40 battements par minute chez les participants à l’étude.
L’ubrogépant est éliminé majoritairement par métabolisme hépatique, impliquant principalement l’enzyme du cytochrome P450 (CYP), le CYP3A4. Les deux métabolites les plus répandus, le M15 et le M20, ne sont pas actifs du point de vue pharmacologique. L’ubrogépant a une demi–vie d’élimination de cinq à sept heures, sans accumulation appréciable après une dose quotidienne répétée.
Une étude spécialisée sur l’insuffisance hépatique a montré que l’insuffisance hépatique légère, modérée et grave augmentait l’exposition à l’ubrogépant de 7 %, de 50 % et de 115 %, respectivement. Étant donné que la voie d’élimination rénale représente moins de 10 % de la clairance de l’ubrogépant, aucune étude clinique spécialisée n’a été effectuée pour évaluer l’effet de l’insuffisance rénale sur le profil pharmacocinétique de la substance médicamenteuse. Une évaluation pharmacocinétique de la population a conclu que la fonction rénale n’avait pas une incidence importante sur la pharmacocinétique de l’ubrogépant. Cependant, l’étude pharmacocinétique de la population n’incluait pas les participants atteints d’insuffisance rénale grave ou d’insuffisance rénale terminale. Compte tenu de ce qui précède, la monographie de produit d’Ubrelvy comprend des recommandations pour l’ajustement de la dose chez les patients atteints d’insuffisance hépatique grave et chez ceux atteints d’insuffisance rénale grave. Ubrelvy n’est pas recommandé pour les patients atteints d’une insuffisance rénale terminale. De plus, des ajustements de dose sont recommandés pour les patients gériatriques, compte tenu des données limitées concernant les propriétés pharmacocinétiques de l’ubrogépant dans cette population.
Dans les études sur l’interaction entre les médicaments, les inhibiteurs modérés et puissants du CYP3A4 ont augmenté l’exposition à l’ubrogépant de 3,5 et de 9,7 fois, respectivement. Il n’y avait pas de données concernant les inhibiteurs légers du CYP3A4. On a constaté que de puissants inducteurs du CYP3A4 réduisaient considérablement l’exposition systémique à l’ubrogépant (réduction de 80 %). Même si l’ubrogépant est un substrat pour la protéine résistante au cancer du sein (BCRP) et la glycoprotéine P (P–gp), il n’y a pas eu d’études sur l’interaction médicamenteuse spécialisées impliquant l’utilisation concomitante de l’ubrogépant avec les inhibiteurs de ces transporteurs. De plus, le promoteur n’a pas fourni d’études cliniques sur l’interaction entre les médicaments impliquant l’administration concomitante de l’ubrogépant avec d’autres antagonistes des récepteurs du CGRP à petites molécules, comme l’atogépant, qui peuvent avoir des effets pharmacodynamiques supplémentaires qui n’ont pas encore été examinés. On n’a observé aucune interaction pharmacocinétique cliniquement importante lorsque l’ubrogépant était coadministré avec de l’acétaminophène, du naproxène, du sumatriptan, des inhibiteurs de la pompe à protons ou des anticorps monoclonaux, d’érénumab (dirigé contre le récepteur du CGRP) ou du galcanézumab (dirigé contre le CGRP). Les contraceptifs oraux n’ont pas d’incidence sur la pharmacocinétique de l’ubrogépant. Toutefois, l’ubrogépant a réduit de 26 % les niveaux de pointe de l’estradiol. Les interactions médicamenteuses établies ou potentielles, ainsi que les mesures de précaution appropriées, sont énumérées dans la monographie de produit approuvée d’Ubrelvy. Fait important, l’utilisation concomitante d’Ubrelvy et de puissants inhibiteurs du CYP3A4 (p. ex., le cétoconazole, l’itraconazole, la clarithromycine) est contre–indiquée.
Une analyse de la modélisation exposition–réponse de deux études de phase IIb sur l’ubrogépant prédisait qu’une dose de 25 mg ou plus serait susceptible d’atteindre une bien meilleure efficacité que le placebo et représentait le fondement pour la sélection de la dose dans les études pivots de phase III (décrites à la section Efficacité clinique).
Pour obtenir des renseignements supplémentaires, consulter la monographie de produit d’Ubrelvy approuvée par Santé Canada et accessible par l’intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.
Efficacité clinique
L’efficacité d’Ubrelvy pour le traitement aigu de la migraine avec ou sans aura a été appuyée par des données provenant de deux études pivots de phase III randomisées, à double insu et contrôlées par placebo portant sur une crise de migraine unique et ayant des conceptions identiques (Étude 1 [ACHIEVE I] et Étude 2 [ACHIEVE II]). Les études étaient composées d’adultes âgés de 18 à 75 ans qui avaient des antécédents de migraine avec ou sans aura pendant au moins un an (conformément à un diagnostic selon la Classification internationale des céphalées, 3e édition [version bêta]) et qui avaient eu de deux à huit attaques de migraine consistant en des céphalées modérées à graves au cours des trois mois précédant le dépistage. Les patients qui souffraient d’une maladie hématologique, endocrinienne, cardiovasculaire, cérébrovasculaire, pulmonaire, rénale, hépatique, gastro–intestinale ou neurologique importante sur le plan clinique ont été exclus de l’étude.
Dans l’Étude 1, les patients ont été répartis aléatoirement pour recevoir soit 50 mg d’Ubrelvy, soit 100 mg d’Ubrelvy, soit un placebo, tandis que dans l’Étude 2, les patients ont été répartis aléatoirement pour recevoir soit 25 mg d’Ubrelvy, soit 50 mg d’Ubrelvy, soit un placebo. On a demandé aux patients de traiter une migraine consistant en des céphalées d’une intensité modérée à grave au cours des quatre premières heures de l’apparition de la douleur. Une deuxième dose optionnelle de médicament à l’étude (Ubrelvy ou placebo) ou le traitement aigu habituel du patient pour la migraine a été autorisé de deux à 48 heures après l’administration de la dose initiale si le patient avait une migraine récurrente ou qui n’a pas répondu au traitement. Les deux études ont évalué l’effet d’Ubrelvy sur une seule attaque de migraine.
Dans les deux études, les paramètres co–primaires étaient l’absence de douleur deux heures après l’administration de la dose initiale, définie comme une réduction de la gravité des céphalées allant d’une douleur modérée ou grave avant la dose initiale à aucune douleur deux heures après l’administration de la dose; et absence des symptômes associés à la migraine les plus dérangeants (photophobie, phonophobie ou nausées) deux heures après l’administration de la dose initiale.
Dans l’Étude 1, les groupes traités au moyen d’Ubrelvy (dose de 50 mg ou de 100 mg) avaient des proportions plus élevées de patients ayant atteint les paramètres co–primaires comparativement au groupe traité à l’aide d’un placebo, dans une mesure statistiquement significative. Il y a eu 19,2 % des patients traités au moyen d’Ubrelvy qui ont reçu 50 mg et 21,2 % des patients traités au moyen d’une dose de 100 mg d’Ubrelvy qui ont éprouvé une absence de douleur deux heures après l’administration de la dose initiale, comparativement à 11,8 % des patients traités à l’aide d’un placebo. L’absence des symptômes les plus dérangeants associés à la migraine a été signalée par 38,6 % des patients traités au moyen d’une dose de 50 mg d’Ubrelvy et 37,7 % des patients traités au moyen d’une dose de 100 mg d’Ubrelvy, comparativement à 27,8 % des patients qui ont reçu un placebo.
De même, dans l’Étude 2, dans le groupe traité au moyen de la dose de 50 mg d’Ubrelvy, il y avait plus de patients qui ont connu une absence de douleur deux heures après l’administration de la dose initiale (21,8 %) comparativement au groupe traité à l’aide d’un placebo (14,3 %) dans une mesure statistiquement significative, et plus de patients qui ont connu une absence des symptômes les plus dérangeants associés à la migraine deux heures après l’administration de la dose (38,9 %) comparativement au groupe traité à l’aide d’un placebo (27,4 %). La dose de 25 mg d’Ubrelvy a démontré une supériorité par rapport au placebo pour le paramètre co–primaire de l’absence de douleur deux heures après l’administration de la dose initiale, mais elle n’a pas réussi à atteindre une signification statistique pour l’autre paramètre co–primaire.
Les taux de réponse étaient semblables pour les doses de 50 mg et celles de 100 mg d’Ubrelvy. Même si les données appuient l’efficacité d’une deuxième dose facultative, des problèmes liés à la conception de l'étude laissent planer une certaine incertitude quant au bénéfice supplémentaire de la deuxième dose facultative.
Dans l’ensemble, l’efficacité d’Ubrelvy était modeste, puisque de 19 % à 21 % des patients ont obtenu une absence de douleur deux heures après l’administration de la dose initiale et que les différences de traitement entre Ubrelvy et le placebo variaient de 7 % à 9 % pour l’absence de douleur deux heures après l’administration de la dose et de 10 % à 12 % pour l’absence des symptômes les plus dérangeants associés à la migraine deux heures après l’administration de la dose. On a observé des différences de traitement maximal pour Ubrelvy par rapport au placebo entre trois et huit heures après l’administration de la dose initiale. Il n’y avait aucune différence dans les taux de réponse entre les groupes stratifiés en fonction de la réponse précédente aux triptans (c’est–à–dire, les répondants aux triptans, les répondants aux triptans insuffisants et les répondants n’ayant jamais été traités à l’aide de triptans), ce qui suggère que le taux de réponse modeste de 19 % à 21 % pour l’absence de douleur deux heures après l’administration de la dose s’applique également aux personnes qui ont eu une réponse insuffisante aux triptans.
Indication
La Présentation de drogue nouvelle relative à Ubrelvy a été initialement déposée par le promoteur pour l’indication suivante, que Santé Canada a ensuite approuvée :
Ubrelvy (ubrogépant) est indiqué pour le traitement des crises de migraine avec ou sans aura chez les adultes.
Pour de plus amples renseignements, consulter la monographie de produit d’Ubrelvy approuvée par Santé Canada et accessible par l’intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.
Innocuité clinique
On a évalué le profil d’innocuité d’Ubrelvy chez 3 664 patients qui ont reçu au moins une dose d’Ubrelvy au cours des études cliniques de phase I, II et III.
Au cours des deux études cliniques pivots de phase III (décrites dans la section Efficacité clinique), il y avait 1 439 patients qui ont reçu au moins une dose de 50 mg (954 patients) ou de 100 mg d’Ubrelvy (485 patients). Les événements indésirables apparus en cours de traitement (EIT) étaient habituellement légers ou modérés et leur fréquence était faible. Les réactions indésirables les plus courantes (à une fréquence d’au moins 2 % et plus que le placebo) dans les groupes traités au moyen d’une dose de 50 mg ou de 100 mg d’Ubrelvy et dans le groupe traité à l’aide d’un placebo étaient les nausées (2 %, 4 % et 2 % des patients, respectivement), la somnolence (1 %, 2 % et 1 %) et la sécheresse buccale (moins de 1 %, 2 % et 1 %). Au cours du traitement à l’étude, on ne signale aucun événement indésirable grave ou décès.
Dans une étude de prolongation ouverte à long terme, qui comprend un traitement d’un maximum de huit migraines par mois pendant une période maximale d’un an, le profil d’innocuité d’Ubrelvy était conforme à celui observé dans les études pivots.
Au cours des études pivots et de l’étude de prolongation ouverte, très peu de patients ont interrompu leur traitement en raison d’un événement indésirable. L’événement indésirable le plus fréquemment signalé qui a effectué à l’interruption du traitement était la nausée.
Étant donné que les premières études sur les antagonistes des récepteurs du CGRP à petites molécules de première génération ont été interrompues en raison de rapports d’hépatotoxicité, toutes les études cliniques sur Ubrelvy comprenaient des évaluations approfondies de la fonction hépatique. Dans les études pivots de phase III, il n’y avait aucune indication de lésions hépatiques. De même, on n’a trouvé aucune donnée probante d’hépatotoxicité au cours d’une étude qui évaluait l’innocuité d’Ubrelvy administrée quotidiennement à des volontaires en bonne santé à une dose suprathérapeutique (150 mg) pendant 28 jours consécutifs et au cours d’une étude d’innocuité hépatique spécialisée sur Ubrelvy administré par intermittence à des volontaires en bonne santé à une fréquence élevée (deux jours d’administration, deux jours de repos) pendant huit semaines.
L’innocuité cardiovasculaire était également d’un intérêt particulier, étant donné le rôle du CGRP comme puissant vasodilatateur et les effets indésirables potentiels découlant des traitements anti–CGRP. Dans les études cliniques contrôlées, il n’y a pas eu de changement cliniquement important par rapport à la fréquence cardiaque moyenne, à l’intervalle PR, au complexe QRS ou à l’intervalle QT corrigé pour la fréquence cardiaque (QTc), comparativement au placebo. Les études pivots de phase III comprenaient une analyse des sous-groupes de patients stratifiés selon le risque (faible, modéré et élevé) de développer des maladies cardiovasculaires dans les 10 années qui suivent. On n’a observé aucune donnée probante de l’incidence accrue d’événements indésirables cardiovasculaires apparus en cours de traitement avec Ubrelvy par rapport au placebo et aucune différence cliniquement pertinente dans le profil d’événements indésirables au niveau des catégories de risque. Cependant, les études comprenaient de faibles pourcentages de patients à risque élevé (3 %) et de patients à risque modéré (8 %) de développer des maladies cardiovasculaires sur une période de 10 ans. De plus, selon les critères d’inscription, les patients atteints de maladies cardiovasculaires et cérébrovasculaires cliniquement importantes ont été exclus des études. Par conséquent, il est impossible de tirer des conclusions fermes sur l’innocuité d’Ubrelvy chez les patients atteints de maladies cardiovasculaires préexistantes et on a recommandé d’effectuer les activités de pharmacovigilance pertinentes.
De plus, il reste des incertitudes quant à l’innocuité d’Ubrelvy chez les patients gériatriques, les femmes enceintes ou allaitantes, les patients atteints d’insuffisance rénale grave ou d’insuffisance rénale terminale et les patients obèses. L’innocuité de l’utilisation concomitante d’Ubrelvy avec d’autres produits demeure également incertaine.
En plus des réactions indésirables observées pendant les études cliniques, on a signalé des réactions d’hypersensibilité (p. ex., éruption cutanée, urticaire, œdème facial et dyspnée) pendant l’utilisation post–commercialisation d’Ubrelvy.
Les questions d’innocuité sont traitées en profondeur par les renseignements fournis dans la monographie de produit d’Ubrelvy et les activités de pharmacovigilance pertinentes. Un registre des grossesses est présentement mis en place pour recueillir des renseignements sur l’effet de l’exposition à Ubrelvy pendant la grossesse et le promoteur s’est engagé à fournir une mise à jour de la monographie de produit d’Ubrelvy dès que les renseignements du registre seront disponibles.
Pour de plus amples renseignements, consulter la monographie de produit d’Ubrelvy approuvée par Santé Canada et accessible par l’intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.
7.2 Motifs non cliniques de la décision
L’ubrogépant, l’ingrédient médicinal présent dans Ubrelvy, est un antagoniste puissant et sélectif du récepteur du peptide lié au gène de la calcitonine humaine (CGRP).
Il a été démontré que l’ubrogépant présentait une puissance fonctionnelle au moins 100 fois plus puissante pour les récepteurs du CGRP humains comparativement à la puissance fonctionnelle qu’il a montré pour d’autres membres de la famille des récepteurs de la calcitonine : les récepteurs de l’adrénomédulline humaine 1 et 2, les récepteurs de la calcitonine, et les récepteurs de l’amyline 1 et 3.
Chez les rats, les lapins et les singes, l’ubrogépant a produit une inhibition dépendante de la concentration de la vasodilatation cutanée induite par la capsaïcine (qui est une réponse médiée par le CGRP). Il a également inhibé la vasodilatation des artères crâniennes humaines induite par le CGRP en fonction de la dose.
Dans un essai de liaison hors cible, on a découvert que l’ubrogépant liait le transporteur de dopamine. On ne sait pas si cette liaison hors cible contribue à des événements indésirables ou a des conséquences sur l’efficacité.
Dans les études pharmacologiques sur l’innocuité, on n’a observé aucun changement important dans les fonctions cardiovasculaires, respiratoires ou du système nerveux central. Chez les singes rhésus, l’ubrogépant a démontré une pénétration cérébrale minimale et une faible occupation des récepteurs CGRP centraux. Il n’y avait aucune donnée probante de risque d’abus en raison de l’exposition à l’ubrogépant provenant d’études évaluant l’autoadministration, la discrimination fondée sur la consommation de drogues et la dépendance physique.
Dans les préparations in vitro de foie humain, l’ubrogépant a été métabolisé principalement par le cytochrome P450 (CYP) 3A4. L’ubrogépant a montré une faible inhibition du CYP2C8, du CYP2C9, du CYP2D6, du CYP2C19, de la monoamine oxydase A (MAO–A), des polypeptides transporteurs d’anions organiques (OATP) 1B1, de l’OATP1B3, du transporteur de cations organiques (OCT) 2 et de l’uridine diphosphate–glucuronosyltransférase 1A1 (UGT1A1). De plus, on a déterminé que l’ubrogépant est un substrat pour la glycoprotéine P (gp–P), la protéine résistant au cancer du sein (BCRP), l’OATP1B1, l’OATP1B3 et le transporteur d’anions organiques (OAT) 1.
Dans les études de toxicité à doses répétées effectuées sur des rats, les principales constatations à fortes doses d’ubrogépant étaient des diminutions des gains de poids corporel, la vacuolisation des cellules épithéliales de l’intestin grêle et la vacuolisation des cellules épithéliales de la glande parathyroïde. On n’a associé la vacuolisation de l’épithélium intestinal à aucune donnée probante de nécrose, d’érosion de l’épithélium ou de réponses prolifératives. De même, la vacuolisation des cellules épithéliales de la glande parathyroïde n’était pas associée à des changements dégénératifs, à une nécrose ou à des réponses prolifératives. Par conséquent, on considère que les résultats histopathologiques de l’intestin grêle et de la glande parathyroïde chez les rats ont une signification toxicologique minimale. Les doses sans effet nocif observé (DSENO) chez les rats correspondaient à des marges d’innocuité allant de six à 64 fois la valeur de l’exposition humaine à la dose humaine maximale recommandée (DHMR) de 200 mg/jour. Dans les études de toxicité à doses répétées chez les singes, il n’y a pas eu de résultats indésirables et les DSENO correspondaient à des marges d’innocuité allant de 56 à 160 fois l’exposition à la DHMR.
Au cours des analyses in vitro et in vivo, l’ubrogépant n’a pas présenté de génotoxicité. Au cours des études de cancérogénicité sur l’ubrogépant effectuées chez les souris et les rats, on n’a découvert aucunes données probantes de changements néoplasiques.
Dans le cadre d’une étude sur le développement prénatal et postnatal, les rats ont reçu l’ubrogépant par voie orale à des doses de 25, 60 et 160 mg/kg/jour tout au long de la gestation et de la lactation. Dans les groupes recevant une dose moyenne et une dose élevée, il y a eu des réductions importantes du poids corporel maternel, du gain de poids corporel et de la consommation alimentaire, ainsi que des réductions importantes du poids corporel des petits. Ces réductions ont été jugées comme étant défavorables. Il n’y a pas eu d’effets développementaux sur la maturation sexuelle, la mémoire et l’apprentissage ou la fertilité. L’ubrogépant a été excrété dans le lait des animaux en lactation à des concentrations semblables aux concentrations plasmatiques maximales. Dans cette étude, l’exposition du plasma maternel à la DSENO d’ubrogépant (25 mg/kg/jour) était environ 15 fois plus élevée que chez les humains à la DHMR.
Au cours d’une étude effectuée sur des rates pigmentées, l’ubrogépant ne s’est pas révélé être phototoxique.
La monographie de produit d’Ubrelvy présente les résultats des études non cliniques ainsi que les risques potentiels pour l’être humain. À la lumière de l’utilisation prévue d’Ubrelvy, la présentation n’indique aucun problème pharmacologique ou toxicologique qui empêcherait l’autorisation du produit.
Pour de plus amples renseignements, consulter la monographie de produit d’Ubrelvy approuvée par Santé Canada et accessible par l’intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.
7.3 Motifs d'ordre qualitatif
L’information soumise sur les caractéristiques chimiques et la fabrication d’Ubrelvy montre que la substance médicamenteuse et le produit médicamenteux peuvent être fabriqués de façon à répondre systématiquement aux spécifications approuvées. Des études appropriées au développement et à la validation ont été menées, et des contrôles adéquats sont en place pour les procédés commerciaux. Les modifications apportées au procédé de fabrication et à la formulation effectuées tout au long du développement du produit médicamenteux ont été examinées et jugées acceptables. D’après les données sur la stabilité soumises, la durée de conservation proposée de 24 mois est jugée acceptable lorsque le produit est entreposé à la température ambiante (entre 15 ºC et 30 ºC).
On estime que les limites proposées concernant les impuretés liées au médicament ont été raisonnablement qualifiées, c’est–à–dire qu’elles se situent dans les limites établies par l’International Council for Harmonisation of Technical Requirements for Pharmaceuticals for Human Use (l’ICH) et/ou qu’elles sont qualifiées à partir d’études toxicologiques.
Toutes les installations participant à la production sont conformes aux bonnes pratiques de fabrication.
Aucun des ingrédients non médicinaux (excipients, décrits précédemment) présents dans le produit médicamenteux n’est interdit par le Règlement sur les aliments et drogues. Les excipients ne sont pas d’origine humaine ou animale.
Produits pharmaceutiques connexes
| Nom du produit | DIN | Entreprise | Ingrédient(s) actif(s) & concentration |
|---|---|---|---|
| UBRELVY | 02532581 | ABBVIE CORPORATION | Ubrogépant 100 MG |
| UBRELVY | 02532530 | ABBVIE CORPORATION | Ubrogépant 50 MG |