Sommaire des motifs de décision portant sur Iqirvo
Décisions d'examen
Le sommaire des motifs de décision explique les raisons pour lesquelles un produit a reçu une autorisation de vente au Canada. Le document comprend les considérations portant sur la réglementation, l’innocuité, l’efficacité et la qualité (sur le plan de la chimie et de la fabrication).
Type de produit:
- Ce document est une traduction française du document anglais approuvé.
Sommaire des motifs de décision (SMD)
Les sommaires des motifs de décision (SMD) présentent des renseignements sur l’autorisation initiale d’un produit. Le SMD portant sur Iqirvo est accessible ci-dessous.
Activité récente relative à Iqirvo
Les SMD relatifs aux médicaments éligibles (tels que décrits dans la Foire aux questions : Phase II du projet de sommaires des motifs de décision [SMD]) autorisés après le 1er septembre 2012 seront mis à jour afin d’inclure des renseignements sous forme de tableau des activités postautorisation (TAPA). Le TAPA comprendra de brefs résumés d’activités telles que les présentations de demandes de nouvelles utilisations, ainsi que les décisions de Santé Canada (positives ou négatives). Les TAPA seront mis à jour régulièrement en ce qui a trait aux activités postautorisation tout au long du cycle de vie du produit. À l’heure actuelle, aucun TAPA n’est disponible pour Iqirvo. Lorsqu’un TAPA sera disponible pour Iqirvo, il sera incorporé dans ce SMD.
Sommaire des motifs de décision (SMD) portant sur Iqirvo
SMD émis le : 2025-07-07
L’information suivante concerne la Présentation de drogue nouvelle pour Iqirvo.
Élafibranor
Identification numérique de drogue (DIN) : DIN 02557010 – 80 mg élafibranor, comprimé, administration orale
Ipsen Biopharmaceuticals Canada Inc.
Présentation de drogue nouvelle, numéro de contrôle : 287772
Type de présentation : Présentation de drogue nouvelle (Nouvelle substance active) - Avis de conformité avec conditions
Domaine thérapeutique (Classification anatomique, thérapeutique, chimique [Anatomical Therapeutic Chemical], deuxième niveau) : A05 Traitement de la bile et du foie
Date de présentation : 2024-06-19
Date d’autorisation : 2025-04-25
Le 25 avril 2025, Santé Canada a émis à l’intention d’ Ipsen Biopharmaceuticals Canada Inc. un Avis de conformité dans le cadre de la Ligne directrice : Avis de conformité avec conditions (AC-C) pour le produit médicamenteux Iqirvo. Le produit a été autorisé en vertu de la Ligne directrice sur les AC-C en raison de données cliniques prometteuses et de la nécessité d’effectuer un suivi pour en confirmer les avantages cliniques. Les patients devraient être avisés du fait que l’autorisation de mise en marché a été émise sous certaines conditions.
L’autorisation de mise en marché d’Iqirvo s’appuie sur l’information portant sur la qualité (chimie et fabrication), ainsi que les études non cliniques (pharmacologie et toxicologie) et cliniques (pharmacologie, innocuité et efficacité) présentées. D’après l’évaluation des données reçues effectuée par Santé Canada, le profil avantages-effets nocifs-incertitudes d’Iqirvo est considéré comme étant favorable pour le traitement de la cholangite biliaire primitive (CBP) en association avec l’acide ursodésoxycholique (AUDC) chez les adultes qui ne répondent pas adéquatement à l’AUDC ou en monothérapie chez les adultes qui ne tolèrent pas l’AUDC.
L’autorisation de mise en marché avec conditions pour cette indication repose sur une étude de phase III contrôlée par placebo et à répartition aléatoire qui visait à évaluer les taux de phosphatase alcaline et de bilirubine comme critère d’évaluation biochimique de substitution combiné.
1 Sur quoi l’autorisation porte-t-elle?
Iqirvo, un agoniste double des récepteurs alpha (α) et delta (𝛿) activés par les proliférateurs de peroxysomes (peroxisome proliferator-activated receptor; PPAR), a été autorisé pour le traitement de la cholangite biliaire primitive (CBP) en association avec l’acide ursodésoxycholique (AUDC) chez les adultes qui ne répondent pas adéquatement à l’AUDC ou en monothérapie chez les adultes qui ne tolèrent pas l’AUDC.
L’autorisation de mise en marché avec conditions pour cette indication repose sur une étude de phase III contrôlée par placebo et à répartition aléatoire qui visait à évaluer les taux de phosphatase alcaline et de bilirubine comme critère d’évaluation biochimique de substitution combiné.
Santé Canada ne dispose d’aucune donnée concernant l’efficacité et l’innocuité chez les patients pédiatriques (17 ans et moins). Par conséquent, l’indication d’utilisation dans la population pédiatrique n’est pas autorisée par Santé Canada.
Les données tirées des études et de l’expérience cliniques laissent entendre que l’utilisation du produit au sein de la population de patients âgés de 65 à 75 ans n’entraîne pas de différences en matière d’innocuité ou d’efficacité par rapport aux patients plus jeunes. L’expérience clinique chez les patients âgés de plus de 75 ans est limitée.
Iqirvo (80 mg élafibranor) se présente sous forme d’un comprimé. En plus de l’ingrédient médicinal, le comprimé contient la silice colloïdale anhydre, le croscarmellose sodique, l’oxyde de fer rouge, l’oxyde de fer jaune, le macrogol, le stéarate de magnésium, le cellulose microcristalline, l’alcool polyvinylique partiellement hydrolysé, le povidone, le talc, et le dioxyde de titane.
L’utilisation d’Iqirvo est contre-indiquée chez :
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les personnes enceintes ou aptes à procréer qui n’utilisent pas de méthodes contraceptives efficaces;
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les patients qui présentent une hypersensibilité à ce médicament, à un ingrédient de sa présentation, y compris à un ingrédient non médicinal, ou à un composant du contenant;
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les patients qui présentent une cirrhose décompensée.
Le produit médicamenteux a été autorisé selon les conditions d’utilisation décrites dans sa monographie de produit, en tenant compte des risques potentiels associés à son administration. La monographie de produit d’Iqirvo est accessible par l’intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.
Pour de plus amples renseignements sur la justification de la décision de Santé Canada, veuillez consulter les sections Motifs d’ordre clinique, non clinique et qualitatif (caractéristiques chimiques et de fabrication).
2 Pourquoi Iqirvo a-t-il été autorisé?
Santé Canada estime qu’Iqirvo a un profil avantages-effets nocifs-incertitudes favorable pour le traitement de la cholangite biliaire primitive (CBP) en association avec l’acide ursodésoxycholique (AUDC) chez les adultes qui ne répondent pas adéquatement à l’AUDC ou en monothérapie chez les adultes qui ne tolèrent pas l’AUDC.
L’autorisation de mise en marché avec conditions pour cette indication repose sur une étude de phase III contrôlée par placebo et à répartition aléatoire qui visait à évaluer les taux de phosphatase alcaline et de bilirubine comme critère d’évaluation biochimique de substitution combiné.
Iqirvo a été autorisé en vertu de la Ligne directrice : Avis de conformité avec conditions (AC-C) en raison du caractère prometteur des données cliniques et de la nécessité de poursuivre le suivi afin d’attester les avantages cliniques du produit.
La cholangite biliaire primitive (CBP) est une maladie auto‑immune cholestatique chronique et progressive des petits canaux biliaires hépatiques qui survient chez environ une personne sur 10 000. Bien que souvent asymptomatiques à la présentation (typiquement des femmes âgées de 40 à 60 ans), la plupart des patients développent des symptômes au cours des 10 années suivantes, notamment des démangeaisons, de la fatigue, de la sécheresse, de l’inconfort abdominal, de l’insomnie et des dysfonctionnements cognitifs. En plus de la ductopénie et de la fibrose hépatique progressives, les patients atteints de CBP peuvent progresser vers la jaunisse, la cirrhose, l’hypertension portale et l’insuffisance hépatique en plus de présenter un risque accru de carcinome hépatocellulaire. Si la CBP n’est pas traitée, ces complications raccourcissent la survie moyenne.
Au Canada, l’AUDC est approuvé comme traitement de première ligne pour les patients atteints de CBP afin de retarder la progression pathologique de cette maladie et d’améliorer la survie sans greffe du foie. Un tiers des patients atteints de CBP ont des réponses inadéquates à l’AUDC, ce qui est associé à une progression plus rapide de la CBP et à une diminution de la survie. De plus, environ un patient sur 25 ne tolère pas l’AUDC.
En 2016, Santé Canada a approuvé de manière conditionnelle l’acide obéticholique pour traiter les patients atteints de CBP ayant des réponses inadéquates à l’AUDC ou pour l’administrer en monothérapie aux patients ayant une intolérance à l’AUDC. En 2022, Santé Canada a contre‑indiqué l’acide obéticholique chez les patients atteints d’une maladie hépatique avancée.
Iqirvo (élafibranor) est un agoniste des récepteurs α et 𝛿 activés par les proliférateurs de peroxysomes (PPAR). L’activation des PPAR α et 𝛿 réduit la toxicité des acides biliaires dans les cas de cholangite biliaire primitive (CBP) et ralentit ainsi la progression de la maladie.
L’étude 319 est une étude de phase III randomisée, à double insu et contrôlée par placebo conçue pour évaluer l’efficacité clinique d’Iqirvo en tant que traitement de deuxième ligne de la CBP et elle a été réalisée auprès de 161 patients adultes. Quatre‑vingt‑quinze pour cent (95 %) des patients ont eu une réponse inadéquate à l’AUDC, tandis que 5 % des patients étaient intolérants à ce médicament. Les patients ont été répartis aléatoirement selon un rapport de 2:1 pour recevoir soit 80 mg d’élafibranor (108 patients), soit un placebo (53 patients) une fois par jour pendant au moins 52 semaines. Les patients qui toléraient l’AUDC ont poursuivi avec la dose de ce médicament qu’ils prenaient avant cette l’étude. Quatre‑vingt‑seize pour cent (96 %) des patients étaient des femmes et 91 % étaient blancs. L’âge moyen des patients était de 57 ans et cela faisait en moyenne huit ans qu’ils avaient reçu leur diagnostic de CBP.
Le paramètre principal était la proportion de patients ayant une réponse biochimique de la cholestase à la 52e semaine. Cette réponse a été définie comme étant un taux de bilirubine totale inférieur ou égal à la limite supérieure de la normale (LSN), un taux de phosphatase alcaline inférieur à 1,67 fois la LSN et une diminution de la phosphatase alcaline de 15 % ou plus. À la 52e semaine, 50,9 % des patients traités au moyen d’Iqirvo et 3,8 % des patients traités à l’aide d’un placebo ont présenté une réponse de la cholestase (différence de risque de 47,2 %, intervalle de confiance [IC] à 95 % : de 32,0 % à 56,9 %).
On a principalement évalué l’innocuité clinique d’Iqirvo chez les 161 patients de l’étude 319. La population complète d’innocuité exposée à l’élafibranor comprenait 138 patients atteints de CBP, 1 615 patients atteints de stéatohépatite associée à un dysfonctionnement métabolique (MASH) et 835 autres patients (participants en santé, participants âgés, participants présentant une insuffisance rénale, une insuffisance hépatique, de l’obésité et une tolérance anormale au glucose, du diabète sucré et une dyslipidémie).
L’incidence des événements indésirables apparus en cours de traitements (EIT) était similaire entre les patients traités au moyen d’Iqirvo et ceux traités à l’aide d’un placebo, en ce qui a trait à l’incidence totale des EIT (96 % par rapport à 91 %), des EIT liés au médicament à l’étude (39 % par rapport à 40 %), des EIT légers (37 % par rapport à 32 %), des EIT modérés (49 % par rapport à 47 %), des EIT graves (10 % par rapport à 11 %), des EIT sérieux (10 % par rapport à 13 %), des EIT graves liés au médicament à l’étude (2,8 % par rapport à 1,9 %) et des EIT entraînant l’arrêt du traitement (10 % par rapport à 9 %). Des EIT mortels se sont produits chez deux patients traités au moyen d’Iqirvo, mais les deux décès ont été jugés sans rapport avec le médicament à l’étude. Aucun EIT mortel n’est survenu chez les patients traités à l’aide d’un placebo.
Les EIT gastro‑intestinaux étaient très fréquents et comprenaient des vomissements (11 % par rapport à 2 %), des nausées (11 % par rapport à 6 %), des douleurs abdominales (11 % par rapport à 6 %) et de la diarrhée (11 % par rapport à 9 %). Les réactions indésirables moins fréquentes, mais plus importantes comprenaient les fractures (6 % par rapport à 0 %), une cholélithiase (3 % par rapport à 0 %) et une rhabdomyolyse (1 % par rapport à 0 %) dans le contexte d’une hausse plus fréquente des taux de créatine phosphokinase (3 % par rapport à 0 %).
Au cours de l’étude 319, on a signalé deux événements cardiaques indésirables majeurs (ECIM) chez des patients traités au moyen d’Iqirvo, qui ont été associés à des décès, mais ils ont été jugés sans lien avec le médicament à l’étude. On n’a signalé aucun ECIM chez les patients traités à l’aide d’un placebo au cours de l’étude 319. On a également observé des événements cardiaques indésirables majeurs au cours d’une étude de phase III réalisée chez des patients atteints de MASH (l’étude 315), au cours de laquelle 1 437 patients ont été traités au moyen d’Iqirvo, 720 patients ont été traités à l’aide d’un placebo, 61 % des patients étaient des hommes et les patients atteints de CBP ont été exclus. La dose administrée était 1,5 fois plus élevée (120 mg dans l’étude 315 chez les patients atteints de MASH par rapport à 80 mg dans l’étude 319 chez les patients atteints de CBP). Cependant, elle était comparable lorsqu’elle était mesurée en mg/kg. Le rapport des risques pour les ECIM dans l’étude 315 était de 2,45 (IC à 95 % : 1,02, 5,91), avec des taux d’ECIM de 2,0 % chez les patients traités au moyen d’Iqirvo et de 0,8 % chez les patients traités à l’aide d’un placebo.
Les données examinées indiquent qu’Iqirvo a le potentiel d’offrir une amélioration statistiquement importante et cliniquement pertinente du profil avantages‑risques par rapport aux traitements existants sur le marché canadien pour traiter la CBP, une maladie grave et potentiellement mortelle. Compte tenu du profil avantages‑effets nocifs‑incertitudes du produit, on recommande d’autoriser Iqirvo avec conditions.
L’achèvement de deux études est requis pour l’homologation complète d’Iqirvo : une prolongation à long terme (PLT) de l’étude 319 (en cours; rapport final prévu d’ici novembre 2028) et l’étude 454 (rapport final prévu d’ici mai 2030). La PLT en cours de l’étude 319 devrait fournir des données complémentaires sur l’innocuité et l’efficacité provenant d’un suivi allant jusqu’à cinq ans avec une dose quotidienne de 80 mg d’Iqirvo, après la période à double insu de l’étude 319. L’étude 454 évaluera l’efficacité d’une dose orale quotidienne de 80 mg d’Iqirvo pour prolonger la survie sans événements hépatiques chez les patients atteints de CBP cirrhotique.
Ipsen Biopharmaceuticals Canada Inc. a présenté à Santé Canada un plan de gestion des risques (PGR) relativement à Iqirvo. Le PGR est conçu de manière à décrire les problèmes d’innocuité connus et potentiels, à présenter le plan de surveillance prévu et, au besoin, à décrire les mesures qui seront mises en place pour réduire les risques associés au produit. Après examen, le PGR a été jugé acceptable.
Les étiquettes interne et externe, la notice d’accompagnement et la section des renseignements pour les patients sur les médicaments de la monographie de produit d’Iqirvo qui ont été présentées ont répondu aux exigences réglementaires relatives à l’étiquetage, à l’utilisation d’un langage clair et aux éléments de conception.
Le promoteur a soumis une évaluation de la marque nominative qui comprenait des évaluations des attributs nominatifs à présentation et à consonance semblables. Après examen, le nom proposé d’Iqirvo a été accepté.
D’après les données non cliniques et les études cliniques, Iqirvo présente un profil d’innocuité acceptable. Les problèmes d’innocuité relevés peuvent être gérés à l’aide de l’étiquetage et la surveillance. La monographie de produit d’Iqirvo comporte des mises en garde et des précautions appropriées pour répondre aux préoccupations d’innocuité identifiées. Tel qu’il est indiqué dans le cadre de la Ligne directrice sur les AC-C, l’innocuité de l’utilisation d’Iqirvo sera surveillée de façon continue. Une évaluation supplémentaire aura lieu une fois que les études demandées auront été présentées.
Cette Présentation de drogue nouvelle répond aux exigences des articles C.08.002 et C.08.005.1; par conséquent, Santé Canada a émis l’Avis de conformité prévu à l’article C.08.004 du Règlement sur les aliments et drogues. Pour de plus amples renseignements, veuillez consulter les sections Motifs de décision d’ordre clinique, non clinique et qualitatif (caractéristiques chimiques et fabrication).
3 Quelles sont les étapes qui ont mené à l’autorisation d’Iqirvo?
Le promoteur a déposé une demande de prise en considération préalable en vertu de la Ligne directrice : Avis de conformité avec conditions (AC-C) concernant le Présentation de drogue nouvelle (PDN) relative à Iqirvo. Le promoteur a présenté des preuves prometteuses de l’efficacité clinique pour démontrer qu’Iqirvo a le pouvoir d’offrir un traitement efficace d’une maladie grave, mettant la vie en danger ou sévèrement débilitante qui n’est pas traitée adéquatement par un médicament mis sur le marché au Canada.
Un examen ultérieur est à l’origine de la décision d’accorder l’autorisation de mise en marché du promoteur en vertu de la Ligne directrice sur les AC-C, en reconnaissance du caractère prometteur, mais non confirmé des preuves de l’efficacité clinique fournies dans la présentation. Conformément aux dispositions définies dans la Ligne directrice sur les AC-C, le promoteur a accepté de fournir des renseignements supplémentaires afin de confirmer les avantages cliniques du produit (décrites dans la section Quelles mesures de suivi le promoteur prendra-t-il?).
L’examen de la Présentation de drogue nouvelle (PDN) pour Iqirvo était fondé sur une évaluation critique du dossier de données présenté à Santé Canada. Les examens effectués par l’Agence européenne des médicaments (EMA) et la Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis ont été utilisés comme références ajoutées pour l’examen des éléments de la qualité (FDA seulement) et clinique (FDA et EMA) de la PDN, conformément à la méthode 3 décrite dans l’ébauche de la ligne directrice : L’utilisation d’examens étrangers par Santé Canada. L’examen de l’élément non clinique de la PDN a utilisé un mélange de méthodes décrites dans la ligne directrice. La décision réglementaire canadienne sur la PDN d’Iqirvo a été prise de manière indépendante sur la base de l’examen canadien.
Pour de plus amples renseignements sur le processus de présentation de drogue, consulter la Ligne directrice : gestion des présentations et des demandes de drogues.
Étapes importantes de la présentation : Iqirvo
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Étape importante de la présentation |
Date |
|---|---|
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Réunion préalable à la présentation |
2024-02-14 |
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Demande de prise en considération préalable en vertu de la Ligne directrice sur les Avis de conformité avec conditions acceptée |
2024-04-17 |
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Dépôt de la Présentation de drogue nouvelle |
2024-06-19 |
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Examen préliminaire |
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Avis d’insuffisance émis lors de l’examen préliminaire |
2024-07-22 |
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Réponse d’Avis d’insuffisance émis lors de l’examen préliminaire déposée |
2024-08-09 |
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Lettre d’acceptation à l’issue de l’examen préliminaire émise |
2024-09-03 |
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Examen |
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Évaluation de la qualité terminée |
2025-02-25 |
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Évaluation biopharmaceutique terminée |
2025-03-05 |
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Évaluation du plan de gestion des risques terminée |
2025-03-06 |
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Évaluation clinique/médicale terminée |
2025-03-12 |
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Évaluation non clinique terminée |
2025-03-13 |
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Examen de l’étiquetage terminé |
2025-03-13 |
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Délivrance de l’Avis d’admissibilité à un Avis de conformité avec conditions |
2025-03-20 |
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Examen de la réponse de l’Avis d’admissibilité à un Avis de conformité avec conditions |
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Réponse déposée (Lettre d’engagement) |
2025-03-26 |
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Évaluation clinique/médicale terminée |
2025-04-24 |
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Délivrance de l’Avis de conformité par la directrice générale, Direction des produits pharmaceutiques dans le cadre de la Ligne directrice sur les Avis de conformité avec conditions |
2025-04-25 |
4 Quelles mesures de suivi le promoteur prendra-t-il?
Les exigences en matière d’activités post-commercialisation sont décrites dans la Loi sur les aliments et drogues et le Règlement sur les aliments et drogues et dans la Ligne directrice : Avis de conformité avec conditions (AC-C). Notamment, le promoteur a accepté de fournir les éléments suivants :
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une prolongation à long terme de l’étude de phase III 319 (rapport final prévu d’ici novembre 2028);
-
l’étude 454 qui est une étude d’efficacité et d’innocuité (rapport final prévu d’ici mai 2030).
En plus de maintenir l’analyse principale du délai jusqu’à la « survie sans événements hépatiques », le promoteur a accepté d’ajouter à l’étude 454 deux analyses secondaires :
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Le délai jusqu’à
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l’atteinte du paramètre principal;
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l’apparition d’événements cardiaques indésirables majeurs (ECIM), d’une rhabdomyolyse avec lésions rénales aiguës, des anomalies congénitales fœtales ou néonatales importantes ou d’un avortement spontané ou d’une fausse couche, d’une maladie de Crohn nouvellement diagnostiquée, de l’apparition nouvelle de parkinsonisme ou de tremblements/ataxie/fasciculations de forte intensité;
-
l’apparition d’une fracture de la hanche ou du fémur.
-
-
Le délai jusqu’à l’atteinte du paramètre principal, l’apparition d’ECIM ou l’apparition de réactions indésirables à un médicament étiqueté parmi les événements indésirables énumérés au point « i ».
-
En plus des analyses de sous‑groupes prévues de l’étude 454, le promoteur a accepté de réaliser une analyse du sous‑groupe des patients avec et sans hypertension portale.
Le promoteur est censé présenter annuellement les rapports d’étape sur l’avancement des essais de confirmation en cours.
5 Quelles activités postautorisation ont été menées à l’égard d’Iqirvo?
Les Sommaires des motifs de décision (SMD) relatifs aux médicaments éligibles (tels que décrits dans la Foire aux questions : Phase II du projet de sommaires des motifs de décision [SMD]) autorisés après le 1er septembre 2012 incluront des renseignements sur les activités postautorisation sous forme de tableau. Le tableau des activités postautorisation (TAPA) comprendra de brefs résumés d’activités telles que les présentations de demandes de nouvelles utilisations, ainsi que les décisions de Santé Canada (positives ou négatives). Le TAPA continuera d’être actualisé durant tout le cycle de vie du produit.
À l’heure actuelle, aucun TAPA n’est disponible pour Iqirvo. Lorsque le TAPA sera disponible, il sera incorporé dans ce SMD.
Pour consulter les derniers avis, mises en garde et retraits concernant des produits commercialisés, consultez MedEffet Canada.
6 Quels sont les autres renseignements disponibles à propos des médicaments?
Pour obtenir des renseignements à jour sur les produits médicamenteux, veuillez suivre les liens suivants :
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Consulter MedEffet Canada pour connaître les derniers avis, mises en garde et retraits concernant les produits commercialisés.
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Voir la Base de données des Avis de conformité (AC) pour accéder à la liste des dates d’autorisation de tous les médicaments ayant reçu un AC depuis 1994.
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Consulter la Base de données sur les produits pharmaceutiques (BDPP) pour obtenir la dernière monographie de produit. La BDPP contient des renseignements précis sur les médicaments dont l’utilisation a été approuvée au Canada.
-
Voir les documents relatifs à l’Avis de conformité avec conditions (AC-C) pour les produits ayant reçu un AC en vertu de la Ligne directrice : Avis de conformité avec conditions (AC-C), le cas échéant. En cliquant sur les liens correspondant au nom du produit (selon le cas), vous pouvez accéder à la fiche de renseignements, partie III - Renseignements pour les patients sur les médicaments, à l’avis d’admissibilité, et/ou à la « Lettre aux professionnels de santé ».
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Consulter le Registre des brevets pour obtenir la liste des brevets déposés relativement à des ingrédients médicinaux, le cas échéant.
-
Consulter le Registre des drogues innovantes pour obtenir la liste des drogues admissibles à la protection des données en vertu de l’article C.08.004.1 du Règlement sur les aliments et drogues, le cas échéant.
7 Quelle est la justification scientifique sur laquelle s’est fondé Santé Canada?
Consultez la section Quelles sont les étapes qui ont mené à l’autorisation d’Iqirvo? pour plus de renseignements sur le processus d’examen de cette présentation.
7.1 Motifs cliniques de la décision
Pharmacologie clinique
L’élafibranor, (l’ingrédient médicinal dans Iqirvo) et son métabolite actif principal, le GFT1007, sont les premiers agonistes doubles des récepteurs alpha et delta activés par les proliférateurs de peroxysomes (PPAR α/𝛿). L’activation du PPARα et du PPAR𝛿 module des voies complémentaires qui contribuent à la pathogenèse de la cholangite biliaire primitive (CBP).
L’activation du PPARα réduit la synthèse de l’acide biliaire, augmente la détoxification de l’acide biliaire et module la sécrétion de l’acide biliaire, ce qui diminue la toxicité de la bile et atténue les lésions aux cholangiocytes et aux hépatocytes. L’activation du PPAR𝛿 régule également les transporteurs qui absorbent et sécrètent les composantes de la bile, d’où une baisse de la toxicité de la bile et une atténuation de la cholestase.
L’activation par l’élafibranor du PPARα et du PPAR𝛿 spécifique du foie a également des effets anti‑inflammatoires en agissant sur différentes voies de l’inflammation, respectivement les voies de signalisation du facteur nucléaire kappa B (NF‑κB) et du lymphome à cellules B 6 (BCL6).
On a étudié la pharmacocinétique de l’élafibranor et son potentiel d’interactions médicamenteuses dans des populations de patients et chez des participants en santé. On a également effectué des études pour caractériser la pharmacologie du GFT1007 et des métabolites inactifs GFT3351 et GFT4775.
Les expositions moyennes d’élafibranor et du GFT1007, mesurées par la surface sous la courbe (SSC) de concentration plasmatique de 0 à 24 heures (SSC0‑ 24 h), ont augmenté de façon linéaire avec la prise d’une dose quotidienne d’élafibranor allant de 40 mg à 300 mg (de 0,5 à 3,75 fois la dose recommandée). Après l’administration d’une dose uniquotidienne, l’état d’équilibre de l’élafibranor a été atteint au 14e jour et celui du GFT1007, au septième jour. La pharmacocinétique de l’élafibranor et du GFT1007 est indépendante du temps selon les résultats d’une administration par voie orale de doses répétées pendant 16 jours.
On a caractérisé adéquatement les principaux aspects de l’absorption, de la distribution, du métabolisme et de l’élimination. L’élafibranor est rapidement absorbé, avec des taux plasmatiques maximaux médians d’élafibranor et de GFT1007 atteints en 1,25 heure chez les patients atteints de CBP recevant une dose quotidienne de 80 mg. L’élafibranor peut être pris avec ou sans nourriture, car les différences pharmacocinétiques entre les patients nourris et les patients à jeun ont été jugées comme ayant une incidence clinique limitée. L’élafibranor radiomarqué au 14C administré par voie orale a été rapidement hydrolysé en GFT1007, son métabolite actif. En plus du GFT1007, on a également détecté des conjugués de glucuronide (métabolites inactifs) dans le plasma. Après l’administration d’une dose unique de 80 mg à des patients à jeun, la demi‑vie d’élimination est de 68,2 heures pour l’élafibranor et de 15,4 heures pour le GFT1007. Chez des participants en bonne santé, on a récupéré dans les selles environ 77,1 % d’une dose unique de 120 mg d’élafibranor administrée par voie orale et radiomarqué au 14C. Le médicament a été récupéré principalement sous forme d’élafibranor et de GFT1007 (56,7 % et 6,08 % de la dose administrée, respectivement). Environ 19,3 % a été récupéré dans l’urine, principalement sous forme de conjugué de glucuronide GFT3351 (11,8 % de la dose administrée).
Aucun ajustement de dose n’est requis pour les patients qui ont une insuffisance hépatique légère ou modérée (classe A ou B de Child Pugh). Cependant, Iqirvo n’est pas recommandé chez les patients présentant une insuffisance hépatique grave (classe C de Child Pugh).
Aucun ajustement de dose n’est requis pour les patients qui ont une insuffisance rénale.
Il n’y avait aucune donnée probante que l’âge (de 18 à 80 ans), le genre, la race, l’indice de masse corporelle (IMC) ou la fonction rénale avaient une incidence cliniquement significative sur la pharmacocinétique de l’élafibranor et du GFT1007.
Chez des volontaires en santé, des doses quotidiennes d’élafibranor allant jusqu’à 300 mg n’ont pas causé de prolongation cliniquement importante de l’intervalle QT corrigé (QTc).
Pour obtenir des renseignements supplémentaires, consulter la monographie de produit d’Iqirvo approuvée par Santé Canada et accessible par l’intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.
Efficacité clinique
On a principalement évalué l’efficacité clinique d’Iqirvo en tant que traitement de deuxième ligne pour la cholangite biliaire primitive (CBP) au cours de l’étude 319, une étude de phase III randomisée, à double insu et contrôlée par placebo effectuée chez 161 patients adultes atteints de CBP. Quatre‑vingt‑quinze pour cent (95 %) des patients ont eu une réponse inadéquate à l’acide ursodésoxycholique (AUDC), tandis que 5 % des patients étaient intolérants à l’AUDC. Les patients ont été répartis aléatoirement selon un rapport de 2:1 pour recevoir soit 80 mg d’élafibranor (108 patients), soit un placebo (53 patients) une fois par jour pendant au moins 52 semaines. Les patients qui toléraient l’AUDC ont poursuivi avec la dose de ce médicament qu’ils prenaient avant cette l’étude.
Les patients ont été inclus dans l’étude si leur taux de phosphatase alcaline était supérieur ou égal à 1,67 fois la limite supérieure de la normale (LSN) et si leur taux de bilirubine totale était inférieur ou égal à deux fois la LSN. Les patients ont été exclus de l’étude en raison d’une cirrhose décompensée, d’autres problèmes médicaux importants ou de la possibilité de tomber enceinte sans moyen de contraception hautement efficace. Quatre‑vingt‑seize pour cent (96 %) des patients étaient des femmes et 91 % étaient blancs. L’âge moyen des patients était de 57 ans et cela faisait en moyenne huit ans qu’ils avaient reçu leur diagnostic de CBP.
Le paramètre principal était la proportion de patients ayant une réponse biochimique de la cholestase à la 52e semaine. Cette réponse a été définie comme étant un niveau de bilirubine totale inférieur ou égal à la LSN, un niveau de phosphatase alcaline inférieur à 1,67 fois la LSN et une diminution de la phosphatase alcaline de 15 % ou plus. Le paramètre est conforme aux directives internationales spécialisées, au précédent réglementaire concernant l’acide obéticholique (un autre traitement pour la CBP) et à la documentation publiée sur les pronostiques.
Les principaux paramètres secondaires étaient la proportion de patients ayant normalisé leur taux de phosphatase alcaline après 52 semaines et le changement dans les scores à l’échelle d’évaluation numérique des pires démangeaisons pour la CBP du niveau de référence à la 52e semaine parmi les 66 patients présentant un prurit modéré à grave (score ≥ 4 à l’échelle d’évaluation numérique des pires démangeaisons pour la CBP).
À la 52e semaine, 50,9 % des patients traités au moyen d’Iqirvo et 3,8 % des patients traités à l’aide d’un placebo ont présenté une réponse de la cholestase (différence de risque de 47,2 %, intervalle de confiance [IC] à 95 % : de 32,0 % à 56,9 %). On a observé une normalisation du taux de phosphatase alcaline chez 14,8 % des patients traités au moyen d’Iqirvo et chez 0 % des patients traités à l’aide d’un placebo (p = 0,0019). Chez les patients présentant un prurit, la moyenne des changements de prurit par rapport au niveau de référence a tendance à être inférieure de 0,784 point chez les patients traités au moyen d’Iqirvo par rapport à ceux traités à l’aide d’un placebo (IC à 95 % : -1,986, 0,418). De plus, après 52 semaines, le changement absolu par rapport au niveau de référence dans le taux de survie sans greffe modélisé sur 15 ans a tendance à être plus élevé avec Iqirvo qu’avec le placebo, selon le score United Kingdom PBC (+1,95 %, p non ajusté = 0,0026) et le score GLOBE (+4,26 %, p non ajusté < 0,0001).
Indication
La Présentation de drogue nouvelle relative à Iqirvo a été initialement déposée par le promoteur pour l’indication proposée suivante, que Santé Canada a ensuite approuvée :
Iqirvo (élafibranor) est indiqué pour le traitement de la cholangite biliaire primitive (CBP) en association avec l’acide ursodésoxycholique (AUDC) chez les adultes qui ne répondent pas adéquatement à l’AUDC ou en monothérapie chez les adultes qui ne tolèrent pas l’AUDC.
Pour de plus amples renseignements, consulter la monographie de produit d’Iqirvo approuvée par Santé Canada et accessible par l’intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.
Innocuité clinique
On a principalement évalué l’innocuité clinique d’Iqirvo chez les 161 patients de l’étude 319, décrite ci‑dessus dans la section « Efficacité clinique ». La population complète d’innocuité exposée à l’élafibranor comprenait 138 patients atteints de cholangite biliaire primitive (CBP), 1 615 patients atteints de stéatohépatite associée à un dysfonctionnement métabolique (MASH) et 835 autres patients (participants en santé, participants âgés, participants présentant une insuffisance rénale, une insuffisance hépatique, de l’obésité et une tolérance anormale au glucose, du diabète sucré et une dyslipidémie).
L’incidence des événements indésirables apparus en cours de traitements (EIT) était similaire entre les patients traités au moyen d’Iqirvo et ceux traités à l’aide d’un placebo, en ce qui a trait à l’incidence totale des EIT (96 % par rapport à 91 %), des EIT liés au médicament à l’étude (39 % par rapport à 40 %), des EIT légers (37 % par rapport à 32 %), des EIT modérés (49 % par rapport à 47 %), des EIT graves (10 % par rapport à 11 %), des EIT sérieux (10 % par rapport à 13 %), des EIT graves liés au médicament à l’étude (2,8 % par rapport à 1,9 %) et des EIT entraînant l’arrêt du traitement (10 % par rapport à 9 %). Des EIT mortels se sont produits chez deux patients traités au moyen d’Iqirvo, mais les deux décès ont été jugés sans rapport avec le médicament à l’étude. Aucun EIT mortel n’est survenu chez les patients traités à l’aide d’un placebo.
Les EIT gastro‑intestinaux étaient très fréquents et comprenaient des vomissements (11 % par rapport à 2 %), des nausées (11 % par rapport à 6 %), des douleurs abdominales (11 % par rapport à 6 %) et de la diarrhée (11 % par rapport à 9 %). Les réactions indésirables moins fréquentes, mais plus importantes comprenaient les fractures (6 % par rapport à 0 %), une cholélithiase (3 % par rapport à 0 %) et une rhabdomyolyse (1 % par rapport à 0 %) dans le contexte d’une hausse plus fréquente des taux de créatine phosphokinase (3 % par rapport à 0 %).
Au cours de l’étude 319, on a signalé deux événements cardiaques indésirables majeurs (ECIM) chez des patients traités au moyen d’Iqirvo, qui ont été associés à des décès, mais ils ont été jugés sans lien avec le médicament à l’étude. On n’a signalé aucun ECIM chez les patients traités à l’aide d’un placebo. On a également observé des événements cardiaques indésirables majeurs au cours d’une étude de phase III réalisée chez des patients atteints de MASH (l’étude 315), au cours de laquelle 1 437 patients ont été traités au moyen d’Iqirvo, 720 patients ont été traités à l’aide d’un placebo, 61 % des patients étaient des hommes et les patients atteints de CBP ont été exclus. La dose administrée était 1,5 fois plus élevée (120 mg dans l’étude 315 chez les patients atteints de MASH par rapport à 80 mg dans l’étude 319 chez les patients atteints de CBP). Cependant, elle était comparable lorsqu’elle était mesurée en mg/kg. Le rapport des risques pour les ECIM dans l’étude 315 était de 2,45 (IC à 95 % : 1,02, 5,91), avec des taux d’ECIM de 2,0 % chez les patients traités au moyen d’Iqirvo et de 0,8 % chez les patients traités à l’aide d’un placebo. La fréquence plus élevée d’ECIM observée chez les patients atteints de MASH est incluse dans la monographie de produit d’Iqirvo.
Les données présentées ont utilisé des paramètres d’efficacité de remplacement pour démontrer une amélioration clinique probable. Les données examinées indiquent qu’Iqirvo a le potentiel d’offrir une amélioration statistiquement importante et cliniquement pertinente du profil avantages‑risques par rapport aux traitements existants sur le marché canadien pour traiter la CBP, une maladie grave et potentiellement mortelle. De plus, Iqirvo présente un profil d’innocuité acceptable et gérable dans la population de patients visée. Compte tenu du profil avantages‑effets nocifs‑incertitudes du produit, on recommande d’autoriser Iqirvo avec conditions.
L’achèvement de deux études est requis pour l’homologation complète d’Iqirvo : une prolongation à long terme (PLT) de l’étude 319 (en cours; rapport final prévu d’ici novembre 2028) et l’étude 454 (rapport final prévu d’ici mai 2030). La PLT en cours de l’étude 319 devrait fournir des données complémentaires sur l’innocuité et l’efficacité provenant d’un suivi allant jusqu’à cinq ans avec une dose quotidienne de 80 mg d’Iqirvo, après la période à double insu de l’étude 319.
L’étude 454 évaluera l’efficacité d’une dose orale quotidienne de 80 mg d’Iqirvo pour prolonger la survie sans événements hépatiques chez les patients atteints de CBP cirrhotique. Le temps de survie sans événement hépatique est défini comme étant le temps jusqu’à la décompensation de la cirrhose (par exemple, saignement variqueux), une augmentation du score Modèle pour la maladie du foie en phase terminale (Model for End‑Stage Liver Disease; MELD) version 3.0 de ≤ 12 à ≥ 15, une greffe de foie, ou un décès. Le recrutement se poursuit au moment de l’autorisation. Le promoteur est censé fournir des analyses secondaires du délai jusqu’à un paramètre composite du paramètre principal ou d’autres événements indésirables importants, comme les ECIM. Si les données supplémentaires de la PLT de l’étude 319 et de l’étude 454 confirment un bénéfice clinique net global, les conditions associées à cette autorisation pourraient être supprimées.
Pour de plus amples renseignements, consulter la monographie de produit d’Iqirvo approuvée par Santé Canada et accessible par l’intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.
7.2 Motifs non cliniques de la décision
On a évalué la toxicologie générale de l’élafibranor après l’administration de doses orales uniques et répétées pendant une période pouvant aller jusqu’à six mois chez les rats et 12 mois chez les singes. On a également effectué des études sur des souris.
Au cours d’études de toxicité aiguë, l’élafibranor a présenté un profil d’innocuité favorable lorsqu’il a été administré à des rats et à des souris sous forme de doses orales uniques. Dans une étude à doses répétées de six mois effectuée chez des rats, on a observé des poids hépatiques plus élevés, une hypertrophie hépatocellulaire et une nécrose hépatique chez des rats exposés à des doses de 3 mg/kg/jour ou plus. La pertinence des résultats hépatiques de cette étude pour les humains est incertaine, car ils peuvent être attribués à la toxicité hépatique liée au récepteur α activé par les proliférateurs de peroxisomes (PPAR) propres aux rongeurs. À l’exception des effets hépatiques, on a déterminé que la dose sans effet nocif observé (DSENO) est de 100 mg/kg/jour (15,4 fois la dose humaine recommandée [DHR]).
On n’a observé aucun événement indésirable au cours de l’étude à doses répétées de 12 mois effectuée chez des singes jusqu’à la dose maximale testée de 50 mg/kg/jour (15,7 fois la DHR). De plus, l’élafibranor n’a démontré aucun effet pertinent sur les organes et systèmes précédemment décrits comme étant une préoccupation en matière d’innocuité avec les agonistes PPARγ (prise de poids, hémodilution, rétention de fluide entraînant une insuffisance cardiaque congestive, cancer de la vessie), et ce, jusqu’aux doses les plus élevées testées.
On n’a cerné aucun problème d’innocuité au cours de l’évaluation des effets potentiels de l’élafibranor sur les systèmes cardiovasculaire, respiratoire et nerveux central.
On a évalué la carcinogénicité au cours de deux études chez des souris et des rats, avec de l’élafibranor administré par gavage oral à des doses de 1, 3, 10 ou 30 mg/kg/jour pendant une période pouvant aller jusqu’à deux ans. On a détecté des tumeurs dans le foie de souris et de rats à partir des niveaux de dose les plus bas testés et ces tumeurs peuvent être attribuées à la toxicité hépatique prévue liée au PPARα propre aux rongeurs. Par conséquent, la pertinence de ces résultats pour les humains est incertaine.
L’élafibranor, son principal métabolite actif GFT1007 et le métabolite acyl‑glucuronide racémique GFT3351 sont peu susceptibles de présenter un risque génotoxique important pour les humains.
Dans une étude sur la fertilité et le développement embryonnaire précoce chez des rats mâles et femelles, on a observé un plus faible indice de fertilité, un plus faible pourcentage moyen de conceptions viables et un taux de perte post‑implantation plus élevé à une dose de 100 mg/kg/jour. La DSENO pour la fertilité chez les rats était de 30 mg/kg/jour (5,3 fois la DHR). On a observé des données probantes de toxicité développementale chez des rats et des lapins auxquels on a administré de l’élafibranor.
Chez les rates gestantes, on n’a observé aucun effet sur le développement embryofœtal suite à l’administration d’élafibranor à des doses allant jusqu’à 300 mg/kg/jour (environ 100 fois la DHR) pendant la période d’organogenèse (du sixième au 17e jour de gestation). À la dose de 1 000 mg/kg/jour (environ 167 fois la DHR), les observations comprenaient une augmentation des pertes après l’implantation et de résorptions totales, une diminution du nombre de fœtus en vie, du nombre de fœtus par rate et du poids corporel des fœtus, ainsi que des modifications viscérales et squelettiques (tronc artériel brachiocéphalique court et ossification incomplète). Cependant, on n’a observé aucune malformation fœtale à cette dose.
Chez les lapines gravides, l’administration d’élafibranor pendant la période d’organogenèse à la dose élevée de 300 mg/kg/jour (trois fois la DHR) a été associée à une toxicité maternelle marquée, à une létalité embryonnaire accrue, à une réduction du poids du fœtus et à des malformations fœtales. À la dose intermédiaire de 100 mg/kg/jour (0,5 fois la DHR), malgré la toxicité maternelle, il n’y a eu aucun effet sur la survie embryofœtale et le poids du fœtus ni aucune malformation fœtale. La seule observation concernait des modifications de l’ossification fœtale, dans les os distaux des membres. On n’a observé aucun effet indésirable sur le développement embryofœtal à la faible dose de 30 mg/kg/jour (c’est‑à‑dire environ 0,1 fois la DHR).
Au cours d’une étude pré- et postnatale chez le rat, l’exposition maternelle à l’élafibranor (au moins deux fois la DHR) a été associée à une diminution de la survie des ratons, à une coloration bleue ou noire de la partie caudale de certains ratons, à une diminution du poids des ratons et à des retards du développement, à toutes les doses. On a détecté de faibles concentrations de GFT1007 plasmatique (le métabolite actif de l’élafibranor) chez deux ratons dont les mères avaient été exposées à la dose la plus élevée. Par conséquent, il existe une possibilité que l’élafibranor passe dans le lait maternel.
La monographie de produit d’Iqirvo présente les résultats des études non cliniques ainsi que les risques potentiels pour l’être humain. À la lumière de l’utilisation prévue d’Iqirvo, la présentation n’indique aucun problème pharmacologique ou toxicologique qui empêcherait l’autorisation du produit.
Pour de plus amples renseignements, consulter la monographie de produit d’Iqirvo approuvée par Santé Canada et accessible par l’intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.
7.3 Motifs d’ordre qualitatif
L’information soumise sur la qualité (les caractéristiques chimiques et la fabrication) d’Iqirvo montre que la substance médicamenteuse et le produit médicamenteux peuvent être fabriqués de façon à répondre systématiquement aux spécifications approuvées. Des études de développement pharmaceutique et d’appui appropriées ont été menées et une stratégie de contrôle adéquate est en place pour les procédés commerciaux. Les modifications apportées au procédé de fabrication et à la formulation (le cas échéant) effectuées tout au long du développement du produit médicamenteux ont été examinées et jugées acceptables. D’après les données sur la stabilité soumises, la durée de conservation proposée de 36 mois est jugée acceptable lorsque le produit est entreposé à la température ambiante (entre 15 ºC et 30 ºC).
Les limites d’impuretés proposées liées aux médicaments ont été suffisamment qualifiées (p. ex., elles se situent dans les limites établies par l’International Council for Harmonisation of Technical Requirements for Pharmaceuticals for Human Use (l’ICH) et/ou qu’elles sont qualifiées à partir d’études toxicologiques, selon le cas.
Une évaluation des risques liés à la présence potentielle d’impuretés nitrosamines a été effectuée conformément aux exigences énoncées dans la Ligne directrice sur les impuretés de nitrosamine dans les médicaments de Santé Canada. Les risques liés à la présence potentielle d’impuretés de nitrosamine dans la substance médicamenteuse ou le produit médicamenteux sont considérés comme négligeables ou ont été traités adéquatement (p. ex., avec des limites admissibles et une stratégie de contrôle appropriée).
Toutes les installations participant à la production sont conformes aux bonnes pratiques de fabrication.
Aucun des ingrédients non médicinaux (excipients) dans le produit médicamenteux n’est interdit d’utilisation dans les produits médicamenteux par le Règlement sur les aliments et drogues.
Aucun excipient d’origine humaine ou animale n’est utilisé pour la fabrication du produit médicamenteux.
Produits pharmaceutiques connexes
| Nom du produit | DIN | Entreprise | Ingrédient(s) actif(s) & concentration |
|---|---|---|---|
| IQIRVO | 02557010 | IPSEN BIOPHARMACEUTICALS CANADA INC | Élafibranor 80 MG |