Sommaire de décision réglementaire portant sur Favipiravir (*Reeqonus)

Décisions d'examen

Le sommaire de décision réglementaire explique la décision de Santé Canada face au produit pour lequel une autorisation de mise en marché est demandée. Le sommaire de décision réglementaire comporte le but de la présentation et le motif de la décision.


Type de produit:

Médicament

Sommaire de l'annulation : favipiravir (*Reeqonus)

Ingrédient(s) médicinal(aux):

favipiravir

Classe thérapeutique :

Antiviraux

Type de présentation :

Présentation de drogue nouvelle [COVID]

Numéro de contrôle :

256417
Enjeu

Décision rendue

Aucune décision n’a été rendue par Santé Canada. L’entreprise a annulé sa demande avant qu’une décision finale ne soit rendue.

Date de lannulation

Le 24 février 2022

Quel était lobjet de la présentation?

Reeqonus (comprimés de favipiravir) a été initialement présenté par Dr Reddy’s Laboratories en vertu de l’Arrêté d’urgence concernant l’importation, la vente et la publicité des médicaments destinés à être utilisés à l’égard de la COVID-19 (numéro de contrôle : 247556) le 18 décembre 2020; cette présentation a ensuite été déposée à nouveau le 13 septembre 2021 en tant que présentation de drogue nouvelle contre la COVID (PDN-CV), numéro de contrôle 256417, en raison de l’expiration de l’Arrêté d’urgence. Cette PDN-CV avait pour objet d’obtenir une autorisation de mise en marché pour l’indication « traitement d’urgence de la COVID-19 de forme légère à modérée chez des patients hospitalisés ».

Quels documents lentreprise a-t-elle fournis pour appuyer sa présentation?

L’indication proposée pour Reeqonus dans le traitement d’urgence de la COVID-19 de forme légère à modérée s’appuyait essentiellement sur les données de l’efficacité et de l’innocuité tirées de l’étude pivot multicentrique adaptative JP324 de phase III, randomisée, à l’insu du patient et comparative avec le traitement de référence standard. Cette étude a été menée auprès de 156 patients japonais hospitalisés atteints d’une forme modérée de la COVID-19 et qui présentaient une pneumonie non sévère; 107 patients faisaient partie du groupe favipiravir et 49 patients faisaient partie du groupe recevant le traitement de référence standard (groupe témoin). Le favipiravir a été administré par voie orale pendant une période maximale de 14 jours, à raison de 1 800 mg deux fois au jour 1 (dose d’attaque), suivi de 800 mg deux fois par jour; aucune étude clinique de validation de principe n’a été menée pour appuyer le schéma posologique utilisé dans le cadre de l’étude JP324. Des données supplémentaires sur l’efficacité et l’innocuité du favipiravir provenaient de six études cliniques de soutien.

Où en était le traitement de la présentation lorsquelle a été annulée? Quels étaient les résultats de lévaluation de Santé Canada lorsque la présentation a été annulée?

Le paramètre principal de l’étude JP324 était le temps médian de rétablissement au jour 28 défini comme un résultat négatif au SRAS-CoV-2 par RT-PCR après l’atténuation des paramètres suivants: la température corporelle, la saturation pulsée en oxygène (SpO2) et les résultats de l’imagerie thoracique. Au jour 28, le temps médian de rétablissement dans le groupe favipiravir était d’environ 3 jours plus court que dans le groupe témoin, soit 11,9 jours contre 14,7 jours (p = 0,0136). Bien que statistiquement significative, la différence entre le temps médian de rétablissement pour le groupe favipiravir et le groupe témoin était relativement modeste. De plus, il a été noté que les résultats pour le temps médian de rétablissement auraient pu être affectés par des incohérences dans la mesure qualitative du niveau de SRAS-CoV-2 par RT-PCR, car ces mesures ont été effectuées de façon décentralisée au moyen de divers tests commerciaux dont les seuils de détection étaient différents. De plus, les résultats de l’efficacité n’ont démontré aucun avantage évident du favipiravir par rapport au groupe témoin en ce qui concerne les analyses de sensibilité du paramètre principal ainsi que des paramètres secondaires, y compris les résultats pour les composants individuels du paramètre principal composite. Plus particulièrement, l’état d’environ 10 % des patients du groupe favipiravir a évolué vers une forme plus grave de la maladie, nécessitant un apport supplémentaire en oxygène ou une ventilation mécanique invasive au jour 28, alors que pendant cette même période, aucun des patients du groupe témoin n’a évolué vers une forme plus grave de la maladie.

L’administration du favipiravir dans le cadre de l’étude JP324 a été associée à une incidence accrue d’effets indésirables dont l’hyperuricémie, un taux excessif d’acide urique dans le sang et une hausse des taux d’enzymes hépatiques; la gravité de la plupart de ces effets était légère ou modérée. Il y a eu une incidence accrue d’interruption de traitement en raison d’effets indésirables dans le groupe favipiravir comparativement au groupe témoin (12 % contre 0 %).

Le fabricant a transmis d’autres données probantes liées à l’efficacité et à l’innocuité du favipiravir pour le traitement de la COVID-19 provenant de six études cliniques de soutien. Aucune conclusion ferme concernant l’efficacité du favipiravir pour le traitement de la COVID-19 n’a pu être tirée de ces données en raison de limitations dans la conception de ces études (c.-à-d., études à protocole ouvert ou observationnelles), de la petite taille des échantillons, d’information manquante, de schémas posologiques différents, de différentes populations de patients examinés et/ou de résultats négatifs. Aucun nouveau problème d’innocuité par rapport à l’étude JP324 n’a été identifié suite à l’analyse des données provenant de ces six études.

Les données disponibles semblent indiquer que le favipiravir pourrait avoir des effets indésirables sur le cœur, le fœtus et le système reproductif masculin. En effet, selon les données cliniques disponibles, on ne peut pas exclure la possibilité que le favipiravir cause un allongement de l’intervalle QTc. De plus, les études non cliniques portant sur le favipiravir ont révélé un risque de tératogénicité et de toxicité testiculaire; à ce stade-ci, il n’y a peu ou pas de données probantes concernant ces risques provenant des études cliniques effectuées avec le favipiravir.

En conclusion, à la lumière de l’examen des données probantes soumises, Santé Canada n’était pas en mesure d’établir un bilan avantages-effets nocifs favorable au favipiravir pour le traitement de la COVID-19 de forme légère à modérée. Le fabricant a eu l’occasion de transmettre des données probantes supplémentaires à l’appui des essais cliniques. Toutefois, le 24 février 2022, le fabricant a décidé de retirer la présentation de l’examen. Le retrait volontaire d’une présentation n’empêche pas un fabricant de présenter à nouveau la demande à une date ultérieure en fonction de nouvelles données probantes.

Quelles sont les conséquences de cette annulation pour les patients qui utilisent ce médicament dans le cadre du Programme daccès spécial (PAS) ou dessais cliniques?

Il n’y a pas de conséquences prévues pour les patients qui utilisent le PAS ou qui participent à des essais cliniques.

Renseignements supplémentaires

*Marque nominative proposée:

Reeqonus