Sommaire de décision réglementaire portant sur Miebo
Décisions d'examen
Le sommaire de décision réglementaire explique la décision de Santé Canada face au produit pour lequel une autorisation de mise en marché est demandée. Le sommaire de décision réglementaire comporte le but de la présentation et le motif de la décision.
Type de produit:
Ingrédient(s) médicinal(aux) :
Perfluorohexyloctane
Numéro de contrôle :
272066
Classe thérapeutique :
Agent ophtalmique
Type de présentation :
Présentation de drogue nouvelle (nouvelle substance active)
Décision rendue :
Autorisé; un avis de conformité a été délivré conformément au Règlement sur les aliments et drogues.
Quel était l’objet de la présentation?
La Présentation de drogue nouvelle (PDN) pour une nouvelle substance active (NSA) a été déposée pour obtenir l’autorisation de commercialisation de Miebo (solution ophtalmique de perfluorohexyloctane à 100 % p/p) pour le traitement des signes et symptômes de la sécheresse oculaire associée à un dysfonctionnement des glandes de Meibomius (DGM). Après examen, Santé Canada a autorisé Miebo pour le traitement des signes et symptômes de la sécheresse oculaire.
Pourquoi la décision a‑t‑elle été rendue?
La proposition d’indication a été soutenue par les résultats de deux études pivots de phase 3 multicentriques, randomisées, à double insu et contrôlées par placebo, les études GOBI (NVU‑003) et MOJAVE (BL‑904), au cours desquelles un total de 1 217 participants adultes atteints de sécheresse oculaire associée au DGM dans 68 sites aux États‑Unis ont été répartis aléatoirement pour recevoir soit Miebo (N = 614) soit une solution saline (N = 603) administré une goutte par œil quatre fois par jour (QID) pendant huit semaines.
Les principaux paramètres d’efficacité des deux études étaient le changement par rapport au niveau de référence du score total à la coloration cornéenne totale à fluorescéine (tCFS) selon l’échelle du National Eye Institute (NEI) (servant à évaluer les signes de sécheresse oculaire) et le score de sécheresse oculaire selon l’échelle visuelle analogique (servant à évaluer les symptômes de sécheresse oculaire) au 57e jour. Pour le score tCFS (NEI), cinq zones de la cornée (zones inférieure, supérieure, centrale, nasale et temporale) ont été évaluées sur une échelle de 0 à 3 (0 = aucune coloration, 3 = intense coloration) par le chercheur à chaque visite, avec un score maximal total de 15 pour chaque œil. Pour le score de sécheresse selon l’échelle visuelle analogique, la gravité de la sécheresse a été évaluée sur une échelle de 0 à 100 (0 = aucune gêne, 100 = gêne maximale) par les participants à chaque visite. Les résultats des deux essais ont démontré une réduction statistiquement importante du score tCFS (étude GOBI : -0,95, p < 0,0001; étude MOJAVE : -1,28, p < 0,0001) et du score de sécheresse oculaire selon l’échelle visuelle analogique (étude GOBI : -7,59, p = 0,0004; étude MOJAVE : -10,22, p < 0,0001) au 57e jour en faveur de Miebo. Les principaux paramètres d’efficacité secondaires ont confirmé les principaux résultats en termes d’efficacité, notamment le changement par rapport au niveau de référence du score tCFS (échelle NEI) et du score de sécheresse oculaire selon l’échelle visuelle analogique au 15e jour, ainsi que le changement par rapport au niveau de référence du score de coloration de la zone centrale cornéenne à fluorescéine (échelle NEI) et du score de brûlure et de picotement selon l’échelle visuelle analogique au 57e jour. De plus, les analyses de répondants ont également confirmé l’efficacité de Miebo.
On a évalué l’innocuité clinique de Miebo au cours des deux études pivots de phase 3 et d’une étude de détermination de la dose de phase 2, l’étude SEECASE (NVU‑002). Un total de 1 553 participants répartis dans les trois études de huit semaines ont reçu au moins une dose de Miebo (N = 839) ou de solution saline (N = 714). Les événements indésirables oculaires les plus courants apparus en cours de traitement (EIT) qui sont survenus chez ≥ 1 % des participants traités au moyen de Miebo QID et qui étaient plus fréquents que dans le groupe témoin traité à l’aide d’une solution saline étaient la vision floue (2,2 %) et l’hyperémie oculaire (1,1 %); tous étaient de gravité légère, de nature transitoire et se résolvaient généralement dans les cinq à 10 minutes suivant l’instillation. On a étudié l’innocuité à long terme de Miebo QID pendant 52 semaines chez 208 participants dans le cadre d’une étude de prolongation ouverte multicentrique et à un seul groupe, l’étude KALAHARI (NVU‑004). Les patients qui ont participé à l’étude KALAHARI ont précédemment participé à l’étude GOBI. Quatre-vingt-dix-sept des 208 participants ont poursuivi le traitement au moyen de Miebo QID pendant l’étude GOBI jusqu’à leur passage à l’étude KALAHARI, pour un total de 60 semaines. Les 111 participants restants sont passés de la solution saline au cours de l’étude GOBI à Miebo au cours de l’étude KALAHARI. Dans cette étude, les EIT oculaires les plus courants (≥ 1 %) étaient le décollement vitréen (1,9 %), la conjonctivite allergique (1,4 %), l’augmentation de la production lacrymale (1,4 %) et la vision floue (1,4 %). Les EIT non oculaires les plus courants étaient la COVID‑19 (2,9 %), l’hypertension (1,9 %) et l’hypercholestérolémie (1,4 %). La plupart des EIT oculaires étaient d’intensité légère, à l’exception d’un participant ayant signalé un EIT oculaire grave d’irritation des paupières. Aucun décès lié au traitement n’a été signalé. On n’a observé aucune différence d’efficacité ou d’innocuité parmi les sous‑populations en fonction de l’âge (≥ 18 à < 65 ans et ≥ 65 ans), de la race (personne blanche et non blanche), du sexe (femme et homme) et du score de sécheresse selon l’échelle visuelle analogique au niveau de référence (< 70 et ≥ 70), selon les résultats des analyses des sous‑groupes dans les études groupées.
Bien que le traitement au moyen de Miebo ait démontré une réduction des lésions cornéennes (c’est‑à‑dire le score tCSF) causées par la sécheresse oculaire, on n’a pas entièrement étudié les effets d’une exposition prolongée à Miebo sur la santé des cellules endothéliales cornéennes. Cette incertitude est atténuée par une étude clinique en cours de 12 mois, randomisée et à groupes témoins simultanés visant à comparer la numération des cellules endothéliales cornéennes chez les participants traités ou non au moyen de Miebo. De plus, le perfluorohexyloctane appartient à la classe des alcanes semi‑fluorés, qui sont classés comme étant des substances per- et polyfluoroalkyles (SPFA). Nonobstant l’exposition systémique faible au cours de l’administration ophtalmique, aucune information n’est disponible concernant le potentiel d’accumulation du perfluorohexyloctane après une administration chronique à long terme. De plus, aucune étude n’a été réalisée pour enquêter sur la présence du perfluorohexyloctane dans le lait maternel après une administration oculaire. Par conséquent, l’utilisation du perfluorohexyloctane pendant la grossesse et l’allaitement est inconnue. Ces incertitudes et d’autres préoccupations sont gérées par un étiquetage approprié dans la monographie de produit et le statut de vente sur ordonnance.
En plus de la monographie de produit, les mesures d’atténuation des risques sont décrites dans le plan de gestion des risques (PGR) pour Miebo, ce qui inclut l’innocuité de l’utilisation à long terme, y compris la santé de l’endothélium cornéen et les activités de pharmacovigilance de routine pour surveiller et signaler de nouvelles préoccupations en matière d’innocuité.
L’indication proposée pour le traitement des signes et symptômes de la sécheresse oculaire associée au DGM a été élargie au traitement des signes et symptômes de la sécheresse oculaire. On l’a fait en tenant compte du fait que le mode d’action proposé pour Miebo est indépendant du fonctionnement des glandes de Meibomius (c’est‑à‑dire interagir avec la partie lipophile du film lacrymal et former une monocouche à l’interface air‑liquide qui prévient une évaporation excessive du film lacrymal aqueux), la population ciblée atteinte de sécheresse oculaire associée au DGM n’a pas été clairement distinguée de la population générale atteinte de sécheresse oculaire selon les critères d’inclusion des deux études pivots et il est cliniquement difficile de faire la différence entre la sécheresse oculaire causée par le DGM de la sécheresse oculaire qui n’est pas causée par ce dysfonctionnement.
Les renseignements sur les caractéristiques chimiques et la fabrication présentés pour Miebo ont démontré que la substance médicamenteuse et le produit médicamenteux peuvent être fabriqués de façon uniforme pour répondre aux spécifications approuvées.
L’étiquetage final et la monographie de produit ont été jugés acceptables.
Dans l’ensemble, le profil avantages‑effets nocifs‑incertitudes de Miebo administré QID a été jugé favorable pour l’indication approuvée lorsqu’il est utilisé dans les conditions d’utilisation recommandées dans la monographie de produit approuvée. Un avis de conformité (AC) a donc été recommandé.
Pour plus de détails sur Miebo, veuillez consulter la monographie de produit, approuvée par Santé Canada et disponible dans la Base de données sur les produits pharmaceutiques.
Date de décision :
2024‑09‑04
Fabricant / Promoteur :
Identification(s) numérique(s) de drogue(s) émis(es) :
02551403
Statut de vente sur ordonnance :
Disponible sur ordonnance seulement
Date de présentation :
2023‑03‑23
Produits pharmaceutiques connexes
| Nom du produit | DIN | Entreprise | Ingrédient(s) actif(s) & concentration |
|---|---|---|---|
| MIEBO | 02551403 | BAUSCH & LOMB INC | Perfluorohexyloctane 100 % / p/p |