Sommaire de décision réglementaire portant sur Kisqali
Décisions d'examen
Le sommaire de décision réglementaire explique la décision de Santé Canada face au produit pour lequel une autorisation de mise en marché est demandée. Le sommaire de décision réglementaire comporte le but de la présentation et le motif de la décision.
Type de produit:
Ingrédient(s) médicinal(aux) :
Ribociclib
Numéro de contrôle :
262779
Classe thérapeutique :
Agents antinéoplasiques
Type de présentation :
Supplément à une présentation de drogue nouvelle
Décision rendue :
Autorisé; un avis de conformité a été délivré conformément au Règlement sur les aliments et drogues.
Quel était l’objet de la présentation?
Ce supplément à une présentation de drogue nouvelle (SPDN) a été déposé pour obtenir l’autorisation de commercialisation des indications élargies suivantes chez les hommes de Kisqali (ribociclib) pour le traitement de patients adultes, en association avec :
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Un inhibiteur de l’aromatase pour le traitement des patientes en période de préménopause et de périménopause atteintes d’un cancer du sein avancé ou métastatique à récepteur hormonal (HR) positif, à récepteur 2 du facteur de croissance épidermique humain (HER2) négatif, en tant qu’endocrinothérapie initiale.
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Le fulvestrant pour le traitement des femmes ménopausées ou des hommes atteints d’un cancer du sein avancé ou métastatique à récepteur hormonal (HR) positif, à récepteur 2 du facteur de croissance épidermique humain (HER2) négatif en tant qu’endocrinothérapie initiale ou à la suite de la progression de la maladie lors de l’endocrinothérapie.
Après examen, l’indication de Kisqali en association avec un inhibiteur de l’aromatase chez les hommes a été approuvée principalement sur la base des données probantes provenant de la sous-population de patients masculins et tirées de l’essai clinique pivot (Étude A2404). Il n’y avait aucun essai clinique ou autre donnée probante pertinente pour soutenir l’indication de Kisqali en association avec le fulvestrant chez les hommes et cette indication n’a pas été approuvée.
Ce SPDN a également été déposé pour mettre à jour la section des essais cliniques de la monographie de produit (MP) de Kisqali à des fins d’harmonisation avec le modèle principal pour les lignes directrices sur les monographies de produit de septembre 2020.
Pourquoi la décision a-t-elle été rendue?
L’une des indications élargies proposées est l’utilisation de Kisqali en association avec un inhibiteur de l’aromatase (IA) chez les hommes atteints d’un cancer du sein avancé ou métastatique à récepteur hormonal (HR) positif, à récepteur 2 du facteur de croissance épidermique humain (HER2) négatif en tant qu’endocrinothérapie, soutenue principalement par l’étude (A2404) pivot de phase III b ouverte et monobras (Compleement-1). L’objectif de cette étude était de valider l’innocuité et la tolérabilité ainsi que l’efficacité clinique de Kisqali en association avec le létrozole chez une grande cohorte de patients atteints d’un cancer du sein avancé à récepteur hormonal (HR) positif, à récepteur 2 du facteur de croissance épidermique humain (HER2) négatif, qui n’avaient pas reçu de traitement hormonal préalable pour les stades avancés de la maladie. Le paramètre principal était l’innocuité et la tolérabilité, les objectifs secondaires comprenaient les mesures d’efficacité évaluées par le chercheur du taux de réponse objective (TRO) et du taux de bénéfice clinique (TBC) basés sur l’évaluation du chercheur selon les critères RECIST 1.1, la durée de la réponse (DR) et le temps jusqu’à progression (TTP). Les résultats déclarés par les patientes ont été recueillis uniquement chez les femmes, étant donné que le questionnaire FACT-B a été validé chez cette population.
L’étude a recruté 3 246 patients hommes et femmes atteints d’un cancer du sein avancé ou métastatique à récepteur hormonal (HR) positif, à récepteur 2 du facteur de croissance épidermique humain (HER2) négatif, qui n’avaient pas reçu de traitement préalable. Un sous-groupe de 39 hommes a été évalué. Les patients ont reçu 600 mg de Kisqali par jour par voie orale en association avec du létrozole (un inhibiteur de l’aromatase). Les hommes et les femmes en période de préménopause ont également reçu un agoniste de l’hormone de libération des gonadotrophines (GnRH), tel que la goséréline. L’âge médian des patients masculins était de 62,0 ans. La majorité des patients étaient caucasiens (71,8 %). Tous avaient un cancer du sein à récepteur hormonal (HR) positif et étaient également à récepteur 2 du facteur de croissance épidermique humain (HER2) négatif. Presque tous les patients (97,4 %) avaient un indice de performance ECOG de 0 ou de 1. Du nombre total d’hommes inscrits, 38,5 % étaient des patients atteints d’un cancer du sein métastatique de novo. Environ la moitié (soit 43,6 %) avaient ≥ 3 sites métastatiques. La majorité avait des métastases osseuses ou viscérales (soit 69,2 % chacune).
Dans le sous-groupe de patients de sexe masculin, le taux de réponse objective (TRO) était de 46,9 %, basé sur 15 hommes ayant une réponse complète confirmée (RC) ou une réponse partielle (RP) parmi les 32 hommes présentant une maladie mesurable au début de l’étude clinique. Le taux de bénéfice clinique (TBC) était de 71,9 % basé sur 23 hommes présentant une RC confirmée ou une RP ou une maladie stable prolongée parmi un total de 32 hommes atteints d’une maladie mesurable au début de l’étude clinique. Les résultats d’efficacité provenant du sous-groupe de patients de sexe masculin sont comparables au degré d’efficacité dans l’ensemble de la population de 3 246 patients de l’étude A2404 et à celle du sous-groupe féminin dans la même étude.
Dans la population masculine, la durée médiane de la réponse (DR) n’a pas été atteinte et 80,0 % (soit 12 sur 15 patients) avaient une DR ≥ à 12 mois.
Pour évaluer davantage les bénéfices de Kisqali en association avec un inhibiteur de l’aromatase chez les hommes, l’efficacité du traitement (TRO et TBC) dans la population masculine de l’étude A2404 a également été comparée à celle de la population féminine des études Monaleesa de phase 3 (A2301, E2301 et F2301) dans différents contextes de cancer du sein. L’étude A2301 est une étude de phase III multicentrique, randomisée, en double aveugle et contrôlée par placebo, portant sur le ribociclib en association avec le létrozole pour le traitement du cancer du sein avancé chez les femmes ménopausées, à récepteur hormonal (HR) positif, à récepteur 2 du facteur de croissance épidermique humain (HER2) négatif, qui n’ont pas reçu de traitement préalable pour les stades avancés de la maladie. L’étude E2301 est une étude de phase III multicentrique, randomisée, en double aveugle, contrôlée par placebo, portant sur le ribociclib ou le placebo en association avec un inhibiteur de l’aromatase non stéroïdien et la goséréline ou le tamoxifène et la goséréline chez des femmes en période de préménopause et de périménopause atteintes d’un cancer du sein avancé à récepteur hormonal (HR) positif, à récepteur 2 du facteur de croissance épidermique humain (HER2) négatif, qui n’avaient pas reçu de traitement hormonal préalable pour les stades avancés de la maladie. L’étude F2301 est une étude de phase III multicentrique, randomisée, en double aveugle, contrôlée par placebo, évaluant le ribociclib ou un placebo en association avec le fulvestrant chez des femmes ménopausées atteintes d’un cancer du sein avancé à récepteur hormonal (HR) positif, à récepteur 2 du facteur de croissance épidermique humain (HER2) négatif, ayant reçu jusqu’à une ligne de l’endocrinothérapie pour les stades avancés de la maladie.
Bien qu’une comparaison rétrospective directe des données de l’étude ouverte A2404 avec les données des essais en double aveugle contrôlés par placebo de phase III devrait être interprétée avec prudence, pris dans leur ensemble, les résultats d’efficacité ci-dessus suggèrent que le bénéfice de la thérapie de Kisqali combinée avec un inhibiteur de l’aromatase chez les patients hommes atteints de cancer du sein est cliniquement significatif, car les résultats sont alignés sur ceux rapportés dans des populations féminines traitées de manière similaire.
Alors que l’étude A2404 appuie l’indication élargie proposée pour le Kisqali plus un inhibiteur de l’aromatase (IA) pour les hommes, il y a certains aspects importants à prendre en compte. L’étude A2404 était à bras unique et n’était pas conçue comme une étude comparative. Le bénéfice chez les hommes est soutenu par un petit échantillon de 39 hommes, ce qui est acceptable compte tenu des défis liés à la conduite d’essais cliniques contrôlés dans cette population très rare. Alors que la survie sans progression et la survie globale sont les critères d’évaluation standard utilisés pour soutenir les bénéfices de Kisqali en association avec un inhibiteur de l’aromatase ou avec du fulvestrant chez les patientes atteintes d’un cancer du sein (dans les études de Monaleesa), le TRO et le TBC chez les patients, qui sont alignés sur ceux des patientes, ainsi qu’une réponse durable, fournissent une estimation utile des bénéfices cliniques de Kisqali chez les patients de sexe masculin.
Le profil d’innocuité de Kisqali dans l’étude A2404 était basé sur des patients dont les critères d’enrôlement étaient moins restrictifs que dans d’autres études. Généralement, les événements indésirables signalés dans cette population étaient cohérents avec le profil d’innocuité connu de Kisqali et ont été correctement gérés grâce à une modification de la dose.
Une annexe canadienne de la version 6.0 du Plan de gestion des risques (PGR) de l’Union européenne a été examinée. Le promoteur sera invité à fournir des données post-commercialisation distinctes pour les hommes et les femmes lors de l’évaluation de nouvelles informations concernant les problèmes d’innocuité.
Compte tenu des données présentées ci-dessus, le profil avantages-effets nocifs-incertitudes de l’utilisation de Kisqali en association avec un inhibiteur de l’aromatase chez cette population masculine atteinte d’un cancer du sein avancé à récepteur hormonal (HR) positif, à récepteur 2 du facteur de croissance épidermique humain (HER2) négatif, qui n’avait pas reçu de traitement hormonal préalable pour la maladie avancée est considéré favorable. Cette indication offre une option de traitement précieuse pour une population de patients rare avec des modalités de traitement limitées.
Étant donné que le dossier ne comprenait pas de données d’essais cliniques ni d’informations pertinentes sur l’utilisation de Kisqali avec le fulvestrant chez les patients de sexe masculin atteints d’un cancer du sein avancé ou métastatique à récepteur hormonal (HR) positif, à récepteur 2 du facteur de croissance épidermique humain (HER2) négatif, en tant qu’endocrinothérapie initiale ou après une progression de la maladie sous lors de l’endocrinothérapie, cette indication ne pouvait pas être soutenue.
Pour plus de détails sur Kisqali, veuillez consulter la monographie de produit, approuvée par Santé Canada et disponible dans la Base de données sur les produits pharmaceutiques.
Date de décision :
2023-02-10
Fabricant/Promoteur :
Identification(s) numérique(s) de drogue(s) émis(es) :
S.O.
Statut de vente sur ordonnance :
Drogue visée à l’annexe C
Date de présentation :
2022-03-24
Produits pharmaceutiques connexes
| Nom du produit | DIN | Entreprise | Ingrédient(s) actif(s) & concentration |
|---|---|---|---|
| KISQALI | 02473569 | NOVARTIS PHARMACEUTICALS CANADA INC | Ribociclib (Succinate de ribociclib) 200 MG |