Sommaire des motifs de décision portant sur Actemra ™
Décisions d'examen
Le sommaire des motifs de décision explique les raisons pour lesquelles un produit a reçu une autorisation de vente au Canada. Le document comprend les considérations portant sur la réglementation, l’innocuité, l’efficacité et la qualité (sur le plan de la chimie et de la fabrication).
Type de produit:
- Ce document est une traduction française du document anglais approuvé.
ActemraMC
Tocilizumab, 20 mg/mL, Solution, Intraveineuse
Hoffmann-La Roche Ltd.
No de contrôle de la présentation : 121089
Émis le : 2010-10-04
Avant-propos
Le Sommaire des motifs de décision (SMD) de Santé Canada expose les motifs d'ordre scientifique et réglementaire sur lesquels reposent les décisions de Santé Canada concernant la réglementation des médicaments et des instruments médicaux. Les SMD sont rédigés en langage technique à l'intention des personnes et groupes intéressés aux décisions de Santé Canada portant sur un produit donné et sont le reflet des observations consignées dans les rapports d'évaluation. À ce titre, les SMD servent à compléter et non à répéter l'information contenue dans la monographie de produit.
Nous invitons les lecteurs à consulter le « Guide du lecteur sur le Sommaire des motifs de décision - Médicaments au sujet de l'interprétation des termes et des acronymes utilisés ici. Ils trouveront également dans ce guide un aperçu du processus d'examen des présentations de drogue dans le feuillet intitulé « Comment les médicaments sont examinés au Canada », qui décrit les facteurs pris en considération par Santé Canada au cours du processus d'examen et d'autorisation d'une présentation de drogue. Les lecteurs devraient aussi consulter le document intitulé « Initiative du sommaire des motifs de décision - Foire aux questions ».
Le SMD correspond à l'information dont disposent les autorités de réglementation de Santé Canada au moment de prendre une décision. Les présentations subséquentes examinées à d'autres fins ne sont pas incluses dans la Phase I de la stratégie de mise en oeuvre des SMD. Pour obtenir de l'information à jour sur un produit en particulier, les lecteurs sont priés de consulter la monographie la plus récente de ce produit. Santé Canada fournit également l'information au sujet mises en garde diffusées après la commercialisation ou d'avis émis à la suite d'effets indésirables (EI).
Pour de plus amples renseignements sur un produit en particulier, les lecteurs peuvent également se rendre sur les sites Web des organismes de réglementation d'autres pays. L'information reçue à l'appui d'une présentation de drogue au Canada peut cependant ne pas être identique à celle reçue par d'autres gouvernements.
Autres politiques et lignes directrices
Les lecteurs sont invités à consulter le site Web de Santé Canada, où ils trouveront d'autres politiques et lignes directrices au sujet des médicaments, notamment le document intitulé «Gestion des présentations de drogues ».
1 Information sur le produit et la présentation
Marque nominative :
Fabricant/promoteur :
Ingrédient médicinal :
Dénomination commune internationale :
Concentration :
Forme posologique :
Voie d'administration :
Identification numérique de drogue (DIN) :
- 02350092 - 80 mg/4,0 mL
- 02350106 - 200 mg/10,0 mL
- 02350014 - 400 mg/20,0 mL
Classe pharmaco-thérapeutique (classe ATC) :
Ingrédients non médicinaux :
Type et numéro de présentation :
Date de la présentation :
Date de l'autorisation :
2 Avis de décision
Le 30 avril 2010, Santé Canada a émis à l'intention d'Hoffman-La Roche Limitée un avis de conformité du produit pharmaceutique Actemra.
Actemra contient l'ingrédient médicinal tocilizumab, un inhibiteur de récepteurs d'interleukine.
Actemra est indiqué pour réduire les signes et symptômes des formes modérées ou graves de la polyarthrite rhumatoïde (PR) active chez les adultes qui ne répondent pas adéquatement à un ou à plusieurs médicaments antirhumatoïdes modifiant la maladie (DMARD) et/ou antagonistes du facteur de nécrose tumorale (TNF).
L'utilisation généralisée d'Actemra chez les patients ne répondant pas aux DMARD n'est pas recommandée. Les médecins peuvent envisager l'administration d'Actemra chez ces patients au cas par cas en fonction des caractéristiques du patient et de l'affection, de l'utilisation passée du médicament ainsi que des avantages et des risques d'Actemra comparativement aux autres options thérapeutiques offertes.
La PR est une maladie auto-immune dont l'étiologie est inconnue; toutefois, des données portent à croire que la production excessive d'interleukine-6 (IL-6) pourrait jouer un rôle dans à la pathogenèse de cette maladie. L'interleukine-6 est une cytokine qui influence la régulation de la réponse immunitaire, l'inflammation et l'hématopoïèse. Actemra, un anticorps monoclonal recombinant humanisé de type immunoglobuline G1 (IgG1), inhibe la liaison de l'IL-6 avec ses récepteurs, produisant ainsi un effet immunosuppresseur. Actemra est le premier agent de la classe des inhibiteurs de l'IL-6 pour le traitement de la PR.
L'autorisation de commercialisation s'appuie sur des données issues d'études de contrôle de la qualité et d'études non cliniques et cliniques. On a évalué l'efficacité et l'innocuité d'Actemra dans cinq études pivotales multicentriques de phase III, randomisées, à double insu et contrôlées, menées chez des patients de > 18 ans atteints de PR active diagnostiquée selon les critères de l'American College of Rheumatology (ACR). Au total, 4211 patients ont participé aux cinq études, qui reposaient toutes sur le même paramètre primaire (une réponse ACR 20 à la semaine 24 du traitement), mais qui examinaient des populations cibles et des stratégies d'administration du médicament différentes. La réponse ACR 20 correspond à une réduction de 20 % du nombre d'articulations enflées et douloureuses et à une réduction de 20 % de trois paramètres parmi les cinq suivants : évaluation globale de la maladie par un médecin, évaluation globale de la maladie par le patient, évaluation de la douleur par le patient, taux de sédimentation de la protéine C réactive ou des érythrocytes et degré d'incapacité fonctionnelle selon le score du Health Assessment Questionnaire (HAQ). Le paramètre primaire a été atteint dans les cinq études pivotales.
Actemra (20,0 mg/mL, tocilizumab) est offert sous forme de solution pour perfusion intraveineuse. Actemra devrait être administré en association avec le méthotrexate (MTX) ou un autre DMARD. Actemra peut aussi être utilisé en monothérapie chez les patients intolérants au MTX ou dans les cas où le traitement par MTX n'est pas approprié. La posologie recommandée chez les patients adultes atteints de PR est une dose de départ d'Actemra de 4 mg/kg sur 1 heure administrée par perfusion intraveineuse aux 4 semaines, suivie d'une augmentation à 8 mg/kg en fonction de la réponse clinique. Les recommandations concernant la posologie sont énoncées dans la monographie de produit.
Actemra est contre-indiqué chez les patients qui présentent une hypersensibilité connue au tocilizumab ou à l'un de ses composants. Le traitement par Actemra en association avec un autre agent biologique n'est pas recommandé. Pendant la transition d'un autre traitement biologique vers Actemra, on doit surveiller les signes d'infection chez les patients. Dans les études cliniques, on observe une incidence accrue d'infections chez les patients qui avaient auparavant été exposés à un inhibiteur du TNF. Actemra devrait être administré selon les conditions décrites dans la monographie de produit, en tenant compte des risques potentiels associés à l'administration de ce produit pharmaceutique. Les conditions détaillées relatives à l'usage d'Actemra sont décrites dans la monographie de produit.
Une mise en garde figurant dans la monographie de produit souligne les problèmes d'innocuité associés à Actemra, notamment le risque d'infections graves telles que la septicémie, la tuberculose, les infections fongiques invasives et d'autres infections opportunistes. Avant d'instaurer le traitement par Actemra, on devrait soumettre tous les patients à un dépistage de la tuberculose active et passive. Le traitement par Actemra ne devrait pas être amorcé chez les patients atteints d'infections actives, y compris les infections chroniques ou localisées. En cas d'infection grave, le traitement par Actemra devrait être interrompu jusqu'à ce que l'infection soit enrayée. On devrait surveiller étroitement l'apparition de signes et symptômes d'infection pendant et après le traitement par Actemra, en tenant compte entre autres du risque de tuberculose chez les patients ayant obtenu un résultat négatif au test décelant la tuberculose latente avant le début du traitement.
Conformément à son examen des données portant sur la qualité, l'innocuité et l'efficacité du produit, Santé Canada juge que le rapport entre les avantages et les risques d'Actemra est favorable aux indications ci-dessus.
3 Motifs d'ordre scientifique et réglementaire
Le 1er avril 2008, Hoffmann-La Roche Limitée a soumis une présentation de drogue nouvelle (PDN) portant sur Actemra. Un avis d'insuffisance (ADI) a été émis le 3 avril 2009 à l'endroit de la présentation de drogue nouvelle en raison de lacunes observées dans le cadre de l'évaluation clinique.
Hoffmann-La Roche Limitée a demandé un prolongement du délai requis pour fournir sa réponse à l'ADI. En raison de la nature des commentaires de l'ADI, Santé Canada a accordé ce prolongement. La réponse à l'ADI a été reçue le 29 juillet 2009. La présentation a alors subi un processus d'examen et a reçu un avis de conformité (AC) le 30 avril 2010. Ces événements et les dates correspondantes figurent dans la section 4 « Étapes importantes de la présentation ».
3.1 Motifs d'ordre qualitatif
3.1.1 Substance médicamenteuse (ingrédient médicinal)
Renseignements généraux
L'interleukine-6 est produite par les synoviocytes et les cellules endothéliales présentes dans les articulations qui sont le siège d'un processus inflammatoire, comme la polyarthrite rhumatoïde (PR).
Le tocilizumab, l'ingrédient médicinal d'Actemra, est un anticorps monoclonal recombinant humanisé dirigé contre le récepteur de l'interleukine-6 (IL-6), qui se lie spécifiquement à la fois aux récepteurs de l'IL-6 soluble et membranaire. Ainsi, les voies de signalisation induites par l'activation de ces récepteurs sont inhibées, ce qui réduit les signes et symptômes de la PR.
Procédé de fabrication et contrôles en cours de fabrication
La substance médicamenteuse a été générée à partir d'une technologie de recombinaison.
Le tocilizumab est fabriqué à l'aide d'un procédé de culture de cellules de mammifères ayant lieu dans un bioréacteur d'une capacité de 10000 L fonctionnant en semi-continu. Le procédé de purification suit une série d'étapes faisant appel à la chromatographie et à l'élimination/inactivation virale. Les données fournies sur la validation des procédés indiquent que le procédé de fabrication est uniforme et donne un produit de qualité acceptable.
Le procédé de fabrication de la substance médicamenteuse a été mis à l'échelle et optimisé pendant son élaboration. Les modifications introduites après chaque production ont été décrites correctement et évaluées par comparaison. L'information sur la mise en circulation des lots, la stabilité, et sur la caractérisation a aussi servi à étayer l'évaluation par comparaison.
Les contrôles en cours de fabrication ont été examinés et jugés acceptables. Les spécifications des matières brutes utilisées pour la fabrication de la substance médicamenteuse ont également été jugées satisfaisantes.
Caractérisation
Des études de caractérisation détaillées ont été effectuées pour garantir que tocilizumab présente systématiquement la structure caractéristique et l'activité biologique désirées.
Une comparabilité des lots de tocilizumab par les processus différents a été effectuée : tous les lots étaient semblables sur le plan de l'immunoréactivité et des caractéristiques physico-chimiques.
Contrôle de la substance médicamenteuse
Les spécifications de la substance médicamenteuse ainsi que les méthodes d'analyse utilisées pour le contrôle de qualité ont été jugées acceptables de tocilizumab.
Les concentrations d'impuretés liées au produit et au procédé ont été adéquatement surveillées tout au long de la fabrication. Les résultats des rapports de validation des procédés et des contrôles en cours de fabrication démontrent que les impuretés de la substance médicamenteuse sont adéquatement contrôlées. Les concentrations d'impuretés observées dans la substance médicamenteuse ont été jugées conformes aux limites établies.
Après examen, on a déterminé que les résultats des analyses de lots sont tous conformes aux spécifications et témoignent d'une qualité constante des lots produits.
L'emballage de la substance médicamenteuse est jugé acceptable.
Stabilité
À la lumière des données sur la photostabilité présentées, fondées sur des essais de longue durée, accélérés et sous contrainte, la durée de conservation ainsi que les conditions d'entreposage proposées pour la substance médicamenteuse étaient bien étayées et sont jugées satisfaisantes.
3.1.2 Produit pharmaceutique
Description et composition
Actemra se présente sous la forme d'une solution stérile, incolore ou jaune pâle, sans agent de conservation, d'une concentration de 20 mg/mL, destinée à la perfusion intraveineuse et contenue dans des flacons de verre de type I à usage unique de 10 mL (80 mg) ou de 20 mL (200 mg et 400 mg). Les flacons sont fermés par un bouchon de caoutchouc laminé en butyl fluororésine. Actemra est offert à trois concentrations : 80 mg, 200 mg et 400 mg. La composition qualitative et quantitative des concentrations du produit pharmaceutique est identique; les concentrations ne diffèrent que sur le plan du volume de remplissage.
Outre l'ingrédient médicinal tocilizumab, chaque flacon d'Actemra contient les ingrédients non médicinaux suivants : phosphate disodique dodécahydraté, polysorbate 80, dihydrate de phosphate de sodium dihydrogéné, saccharose et eau pour injection.
Tous les ingrédients non médicinaux (excipients) présents dans le produit pharmaceutique sont autorisés par le Règlement sur les aliments et drogues. Les données sur la stabilité présentées à l'appui de la formulation commerciale proposée attestent la compatibilité de tocilizumab avec les excipients.
Élaboration du produit pharmaceutique
Les données sur l'élaboration du produit pharmaceutique, y compris sur l'élaboration du système récipient-fermeture, sont jugées acceptables. Les données présentées dans cette section décrivent la composition d'Actemra, la justification du choix de la formulation, le procédé de fabrication du produit, y compris l'emballage, les lots ayant fait l'objet d'une caractérisation in vitro et les effets des modifications de la formulation sur l'innocuité et/ou l'efficacité d'Actemra. On a examiné les études sur lesquelles reposait le choix des excipients et de leur concentration, et elles sont jugées acceptables.
Les modifications apportées au procédé de fabrication et à la formulation toute au long de l'élaboration du produit pharmaceutique ont été examinées et sont jugées acceptables. Ces modifications n'ont aucun effet sur les paramètres associés au comportement du produit pharmaceutique.
Des données portant sur les caractéristiques physicochimiques et l'activité biologique ont démontré la biocomparabilité entre les lots de développement et les lots commerciaux.
Procédé de fabrication et contrôles en cours de fabrication
Le procédé de fabrication du produit pharmaceutique Actemra comporte essentiellement les étapes suivantes : décongélation de la substance médicamenteuse, formulation, filtration aseptique et remplissage des flacons de manière aseptique. Le procédé de fabrication a été adéquatement validé.
Tout l'équipement, tous les contrôles en cours de fabrication et les paramètres de fonctionnement détaillés ont été dûment décrits dans la documentation fournie dans la présentation et sont jugés acceptables. Le procédé de fabrication est considéré comme dûment contrôlé B l'intérieur de limites justifiées.
Contrôle du produit pharmaceutique
Actemra a été soumis à des tests visant à en vérifier l'identité, l'activité, le pH, les matières particulaires, la stérilité, la teneur en protéines, l'osmolalité, la couleur, la clarté et les concentrations des produits de dégradation, des impuretés liées au médicament, des particules étrangères, des endotoxines bactériennes et des impuretés microbiologiques; les résultats étaient conformes aux critères d'acceptation. Les spécifications des tests et les méthodes d'analyse sont jugées acceptables; la durée de conservation ainsi que les limites de libération des produits de dégradation, pris séparément ou globalement, se situent à l'intérieur de limites acceptables.
Le processus de validation est jugé complet. Des rapports de validation concernant les essais sur le produit demi-fini et fini ont été présentés, et aucune anomalie n'a été constatée. Les résultats d'analyse de tous les lots étaient conformes aux limites des spécifications proposées.
Conformément au programme de contrôle et d'évaluation de Santé Canada avant l'autorisation de mise en circulation d'un lot, la constance des lots de produit final fabriqués consécutivement a été évaluée et jugée conforme aux spécifications du produit pharmaceutique.
Stabilité
À la lumière des données sur la stabilité présentées, fondées sur des essais de longue durée et accélérés et sous contrainte, la durée de conservation proposée pour Actemra de 24 mois à une température de 2 à 8 °C et à l'abri de la lumière est considérée comme acceptable.
La compatibilité du produit pharmaceutique avec le système récipient-fermeture a été établie au moyen de tests officinaux et d'études de stabilité. Le système récipient-fermeture satisfait à tous les critères d'acceptation des tests de validation.
3.1.3 Installations et équipement
L'installation associée à la fabrication de la substance médicamenteuse ou du produit pharmaceutique ont été inspectées par une équipe qualifiée d'inspecteurs de la Direction des produits biologiques et des thérapies génétiques de Santé Canada. L'évaluation sur place et les réponses aux observations de l'Avis de fin d'inspection ont été jugées satisfaisantes.
L'aménagement, le fonctionnement et les mécanismes de contrôle des installations et de l'équipement servant à la production d'Actemra sont jugés acceptables pour les activités et les produits fabriqués.
3.1.4 Évaluation de l'innocuité des agents adventices
Les matières brutes d'origine animale ou recombinante ayant servi à la fabrication ont subi des tests permettant de garantir qu'elles sont exemptes d'agents adventices. Les excipients utilisés dans la formulation du produit pharmaceutique ne sont pas d'origine animale ni humaine.
3.1.5 Conclusion
L'information soumise sur les caractéristiques chimiques et la fabrication d'Actemra montre que la substance médicamenteuse et le produit pharmaceutique peuvent être fabriqués de façon à répondre systématiquement aux spécifications approuvées. Des études appropriées sur l'élaboration et la validation ont été menées, et des contrôles adéquats sont en place pour la commercialisation.
3.2 Motifs non cliniques de la décision
3.2.1 Pharmacodynamique
Les études pharmacodynamiques in vitro indiquent que le tocilizumab se lie spécifiquement aux récepteurs de l'interleukine-6 (IL-6R) situés à la surface des cellules, et que son affinité de liaison envers le récepteur soluble de l'IL-6 (sIL-6R) et le récepteur membranaire de l'IL-6 (mIL-6R) est presque égale. Par conséquent, le tocilizumab est capable de bloquer la liaison de l'IL-6 aux cellules, ce qui inhibe les effets agonistes de l'IL-6.
Le tocilizumab peut aussi neutraliser les complexes IL-6/sIL-6R actifs en trans-signalisation à des concentrations pharmacologiquement atteignables. Cette neutralisation survient après l'inhibition de la formation des complexes IL-6/IL-6R et/ou la dissociation des complexes IL-6/sIL-6R existants en délogeant l'IL-6. Le tocilizumab n'a aucun effet sur la transmission du signal des membres de la famille des cytokines humaines gp130 autres que l'IL-6R, ce qui démontre sa spécificité et sa sélectivité vis-à-vis de l'IL-6R. La substance ne transmet pas de signal stimulant la prolifération des cellules BAF-h130, même à une concentration d'IL-6 1000 fois celle requise pour induire une prolifération cellulaire. Cela indique que le complexe tocilizumab/sIL-6R est incapable de transmettre un signal de transduction. En outre, il a été établi que le tocilizumab n'a aucun effet sur la transduction du signal du facteur de nécrose tumorale alpha (TNF-α), de l'IL-1, de l'IL-15 ou de l'IL-2. Cependant, il a été observé que cette absence d'effet direct n'exclut pas la possibilité que l'inhibition de l'activité de l'IL-6 in vivo ait un effet indirect en aval sur la concentration de ces cytokines.
Pour obtenir une inhibition efficace de la signalisation amorcée à partir du récepteur, il est nécessaire que le tocilizumab soit présent de façon constante, puisque les réactions cellulaires continues consécutives à la signalisation induite par l'IL-6 demandent une stimulation constante.
Le tocilizumab semble aussi exercer des activités cytostatiques et cytotoxiques, comme l'arrêt de la phase G1 du cycle cellulaire et l'apoptose, respectivement, et un effet antitumoral par l'entremise d'une combinaison de ces activités.
Les études in vitro menées sur la liaison au tissu humain, de rat et de singe montrent que le tocilizumab ne se lie pas aux tissus connus pour exprimer le mIL-6R, et, à l'instar d'autres IgG, peut s'associer de manière non spécifique aux tissus.
Chez le macaque de Buffon, les études in vivo révèlent que le tocilizumab était bien toléré et a procuré un effet thérapeutique se manifestant par une réduction des signes cliniques de l'arthrite induite par le collagène (AIC), de même qu'une diminution de la concentration de la protéine C réactive (CRP), un marqueur de l'inflammation systémique. On n'a observé aucun événement indésirable (EI), notamment aucune variation de la fonction hépatique ou de la concentration sérique des lipides. De plus, d'autres marqueurs substituts de la maladie, c'est-à-dire (c.-à-d). la vitesse de sédimentation des érythrocytes (VSE) et la présence d'articulations enflammées, étaient considérablement inhibés et sont retournés à la normale.
Les études in vivo ont aussi révélé que le tocilizumab n'a pas d'incidence sur la réponse primaire (production d'anticorps) induite par un antigène T-dépendant, ni sur la réponse secondaire. Les résultats laissent également penser que le tocilizumab n'a pas d'effets sur la production des lymphocytes T mémoire et sur l'activité des lymphocytes T auxiliaires.
Innocuité pharmacologique
Plusieurs études pharmacologiques sur l'innocuité ont été menées. Les études réalisées sur des iléons de cobaye indiquent que le tocilizumab n'a pas altéré le tonus des muscles lisses. Les études effectuées chez des souris mâles ont révélé que le tocilizumab n'a pas modifié l'activité ou le comportement en général, l'activité motrice spontanée, la température corporelle, la propulsion gastro-intestinale ou la durée du sommeil provoqué par l'hexobarbital, et qu'il n'a pas eu d'effets relatifs à l'induction de convulsions ou à la sensation de douleur. On n'a observé aucun effet lié au traitement sur le métabolisme hydrique (exposition aiguë) chez le rat, ni sur la fréquence respiratoire et les paramètres cardiovasculaires chez le chien et le macaque de Buffon. La propulsion gastro-intestinale chez le macaque de Buffon est demeurée inchangée.
3.2.2 Pharmacocinétique
Des études pharmacocinétiques ont été réalisées chez des rats et des macaques de Buffon. Chez les deux espèces, les propriétés pharmacocinétiques concordaient avec celles d'autres IgG et étaient caractérisées par une faible clairance plasmatique et un faible volume de distribution. Les différences observées dans les profils pharmacocinétiques entre les différentes espèces pourraient s'expliquer par une interaction entre le tocilizumab et le récepteur de l'IL-6 chez le macaque de Buffon, interaction qui n'a pas lieu chez le rat. Le profil pharmacocinétique du tocilizumab chez le macaque de Buffon était semblable à celui observé chez l'humain, ce qui appuie l'utilisation du singe en tant que modèle. On a décelé un passage transplacentaire du tocilizumab chez le macaque de Buffon.
3.2.3 Toxicologie
Toxicité à dose unique
Il a été déterminé que la dose aiguë non létale de tocilizumab administré par injection intraveineuse (IV) à des rats Sprague-Dawley et à des macaques de Buffon était supérieure à 150 mg/kg de poids corporel et supérieure à 100 mg/kg de poids corporel, respectivement (doses les plus élevées testées). Tous les animaux sont restés vivants durant l'étude, et on n'a observé aucun signe de toxicité chez l'une ou l'autre des espèces. La marge d'innocuité est de 150 fois la dose clinique proposée chez le rat et de 10 à 100 fois cette dernière chez le singe.
Toxicité à doses multiples
Comme le tocilizumab est destiné à être perfusé à des patients atteints de polyarthrite rhumatoïde (PR), on a mené des études de toxicité conformes aux bonnes pratiques de laboratoire (BPL) en évaluant la toxicité après une administration IV de tocilizumab aux espèces étudiées.
On a réalisé des études de toxicité subchronique chez des rats Sprague-Dawley pendant 2 et 4 semaines aux doses suivantes : 0, 2, 10 et 50 mg/kg de poids corporel/jour. Les doses étaient bien tolérées, et aucun effet indésirable lié au traitement n'a été observé aux doses testées. Chez le macaque de Buffon, les études de toxicité subchronique ont été menées pendant 2 semaines (0,4, 2, 10 et 50 mg/kg de poids corporel/jour), 1 mois (2, 10 et 50 mg/kg de poids corporel/jour) et 6 mois (1, 10 et 100 mg/kg de poids corporel/semaine). On a inclus des électrocardiogrammes (ECG) et une mesure de la température corporelle dans l'étude de 6 mois. Les doses étaient bien tolérées, et les observations étaient sensiblement les mêmes après 2 semaines ainsi qu'après 1 et 6 mois de traitement. On n'a observé aucun EI lié au traitement jusqu'à 6 mois après le traitement en ce qui concerne les paramètres mesurés, peu importe la dose.
Génotoxicité
Les tests de génotoxicité comprenaient une épreuve in vitro de mutation inverse et une épreuve in vitro mesurant les aberrations chromosomiques. Ces tests ont donné tous deux des résultats négatifs. On n'a pas effectué d'études de génotoxicité in vivo, car les lignes directrices S6 de l'International Conference on Harmonisation, « Preclinical Safety Evaluation of Biotechnology-Derived Pharmaceuticals », indiquent que « [Traduction] la portée et le type d'études de génotoxicité normalement menées avec des produits pharmaceutiques ne s'appliquent pas aux produits issus de la biotechnologie; ces études ne sont donc pas exigées. »
Cancérogénicité
Le tocilizumab n'a pas fait l'objet d'études de cancérogénicité. Comme le tocilizumab ne se lie pas à l'IL-6R chez les rongeurs, les études classiques de longue durée sur l'apparition d'un cancer chez le rat ou la souris n'étaient pas indiquées pour en évaluer la cancérogénicité liée à la fonction et ne sont pas requises selon les lignes directrices internationales.
Cependant, les études non cliniques menées avec le tocilizumab ou le MR16-1 ont révélé des effets antiprolifératifs. Le tocilizumab a inhibé in vitro et in vivo la prolifération de lignées cellulaires dépendantes de l'IL-6 comme la lignée cellulaire humaine de myélome. En outre, on n'a pas noté de lésions prolifératives au cours d'une étude de toxicité chronique de 6 mois chez le singe, ni chez les souris knock-out ayant subi une déplétion en IL-6 pendant une longue durée.
Toxicité pour l'appareil reproducteur et le développement
Les études de toxicité du tocilizumab sur le développement embryofoetal et la fertilité ont été réalisées avec des rats Sprague-Dawley à des doses de 5, de 16 et de 50 mg/kg de poids corporel. Au cours de ces études, aucun EI n'a été relevé en ce qui concerne la fonction reproductrice ou la fertilité, la toxicité chez la mère, la toxicité chez l'embryon ou le foetus et la toxicité sur le développement.
Les études de toxicité sur le développement embryofoetal ont été menées chez le lapin blanc du Japon à des doses de 0,5, de 5, et de 50 mg/kg de poids corporel. Les seules observations relevées concernaient le groupe ayant reçu 5 mg/kg de poids corporel : diminution de l'appétit des mères, baisse du poids foetal et hausse de la mortalité foetale. On a estimé que les effets chez le foetus n'étaient pas principalement liés au traitement, mais plutôt consécutifs à une diminution de l'apport alimentaire chez la mère. Cette hypothèse était étayée par le fait que l'on n'a observé aucun résultat lié au traitement dans le groupe ayant reçu 50 mg/kg de poids corporel.
Des études sur le développement embryofoetal ont été réalisées chez le macaque de Buffon à des doses de 2, de 10 et de 50 mg/kg de poids corporel. La seule observation signalée dans cette étude était une augmentation liée à la dose de la fréquence des avortements/décès d'embryon ou de foetus, effets considérés comme étant liés au traitement à la dose de 10 ou de 50 mg/kg de poids corporel (10 %, 10 %, 20 % et 30 %, respectivement, dans les groupes ayant reçu 0, 2, 10 et 50 mg/kg de poids corporel/jour).
Des études justificatives sur la reproduction et le développement ont été effectuées chez la souris à des doses de 15 et de 50 mg/kg de poids corporel. On n'a constaté aucun effet lié au traitement sur la fertilité des mâles et des femelles, sur le développement embryofoetal, sur le développement prénatal ou sur le développement postnatal (y compris le développement du système immunitaire foetal), ou encore sur l'état fonctionnel maternel. Lors de ces études, on a principalement observé une hausse de la mortalité à la plus faible dose, soit 15 mg/kg de poids corporel, effet considéré comme étant associé à une réaction immunitaire contre les séquences peptidiques de rat de l'anticorps MR16-1, un anticorps monoclonal de rat dirigé contre l'IL-6R murin utilisé dans cette étude. Comme cette réaction immunitaire n'a pas été observée à la dose plus élevée de 50 mg/kg de poids corporel, on estime qu'elle n'a pas d'incidence sur les objectifs de l'étude. L'anticorps MR16-1 était transféré en grande quantité de la mère au foetus par l'entremise du placenta. Par ailleurs, l'anticorps MR16-1 était excrété dans le lait des souris en lactation, et sa concentration correspondait à environ 25 % de celle mesurée dans le plasma de la mère.
Tolérance locale
La tolérance locale du tocilizumab a été établie après l'injection de doses uniques de la substance, soit 100 mg, par voie IV/périveineuse, sous-cutanée ou intramusculaire.
Dans les études pharmacodynamiques, on a déterminé que l'administration de tocilizumab à la dose de 133,4 mg/kg de poids corporel n'a pas eu de conséquences sur l'appareil respiratoire, le système cardiovasculaire ou le transit gastro-intestinal chez le macaque de Buffon.
3.2.4 Résumé et conclusion
En conclusion, les études mentionnées ci-dessus ont permis de caractériser les propriétés pharmacologiques du tocilizumab et montrent que son activité est liée à l'inhibition de la signalisation induite par l'IL-6R. Les études pharmacologiques sur l'innocuité indiquent que le tocilizumab était bien toléré dans les conditions utilisées dans les études.
Sur le plan toxicologique, le tocilizumab était généralement bien toléré dans les études de toxicité à doses multiples et dans celles sur la tolérance locale à des doses pouvant atteindre 100 mg/kg de poids corporel (marge d'innocuité pouvant atteindre un facteur 117). De même, on n'a constaté aucun signe de toxicité ou de tératogénicité maternelle lié au traitement à des doses pouvant atteindre 50 mg/kg de poids corporel. Toutefois, on a observé une augmentation de la fréquence des avortements chez le macaque de Buffon à des doses de 10 mg/kg de poids corporel et plus, phénomène qu'il est impossible d'exclure comme étant non lié au traitement. Par ailleurs, les études menées chez la souris ont révélé que le tocilizumab était transféré de la mère au foetus par l'entremise du placenta et était excrété dans le lait des mères en lactation.
En conclusion, l'ensemble des données sur la toxicologie non clinique a été jugé adéquat pour évaluer le profil d'innocuité du tocilizumab et pour étayer son utilisation dans le traitement de la PR chez l'humain, à condition que l'on prenne les précautions qui s'imposent, telles qu'elles sont décrites dans la section 3.3.4 « Innocuité clinique ».
3.3 Motifs cliniques de la décision
3.3.1 Pharmacodynamique
La synthèse de la protéine C réactive (CRP) par les hépatocytes est un effet direct d'une stimulation par l'IL-6. Des concentrations élevées de CRP constituent une indication de la gravité de l'inflammation présente chez les patients atteints de PR; la mesure de cette concentration fait partie de l'évaluation de la réponse du patient au traitement à l'aide des critères de l'American College of Rheumatology (ACR).
Une baisse dose-dépendante de la CRP a été observée chez les patients atteints de PR qui ont reçu le tocilizumab à la dose de 4 mg/kg ou de 8 mg/kg. Chez les patients ayant reçu 8 mg/kg toutes les 4 semaines, la concentration de CRP avait considérablement diminué dès la 2e semaine et s'est maintenue près de la fourchette des valeurs normales durant l'intervalle posologique, ce qui indique une inhibition persistante et stable de l'inflammation responsable de la dégradation des articulations associée à une synovite causée par la PR. On a noté de légères fluctuations de la concentration de CRP uniquement chez quelques patients après l'administration de cette dose. Chez les patients ayant reçu 4 mg/kg de tocilizumab toutes les 4 semaines, on a noté des fluctuations en dents de scie de la concentration chez la plupart d'entre eux, les plus faibles concentrations se manifestant 2 semaines après l'administration de la dose et ces concentrations retournant aux valeurs de départ avant l'administration de la dose suivante, 4 semaines plus tard. On a donc obtenu une baisse soutenue de la concentration de CRP tout au long de la durée du traitement uniquement chez les patients ayant reçu 8 mg/kg toutes les 4 semaines.
Après l'administration du tocilizumab, la concentration d'IL-6 s'élève temporairement. Cette augmentation peut être causée par le délogement de l'IL-6 liée au récepteur ou par une modification temporaire de la production d'IL-6 ou de son élimination. Chez les patients ayant reçu 8 mg/kg de tocilizumab, la concentration maximale d'IL-6 avait tendance à diminuer sur une période de 24 semaines, ce qui laisse croire à une adaptation de la régulation de l'IL-6 à mesure que la maladie se résorbe ou que l'état inflammatoire diminue. L'observation d'une augmentation soutenue de la concentration du sIL-6R à la dose de 8 mg/kg semble indiquer une liaison continue du tocilizumab au sIL-6R. À la dose de 4 mg/kg, le profil en dents de scie de la concentration du sIL-6R laisse penser que la liaison du tocilizumab au sIL-6R est intermittente.
L'anémie, en particulier l'anémie inflammatoire, se manifeste très fréquemment en cas de PR. L'inflammation entraîne une production d'IL-6 par les macrophages, et l'IL-6 stimule les hépatocytes à induire une production d'hepcidine. L'hepcidine inhibe la libération du fer par les macrophages et l'absorption intestinale du fer, ce qui entraîne une hyposidérémie qui, par la suite, limite l'érythropoïèse. Après l'administration du tocilizumab, on a observé une augmentation de l'élimination de l'hepcidine par voie urinaire, laquelle était immédiatement suivie par une diminution de celle-ci. Par la suite, la concentration moyenne d'hepcidine urinaire est demeurée légèrement inférieure aux valeurs de départ pendant plusieurs semaines. La variabilité du taux d'élimination de l'hepcidine urinaire entre les patients était extrêmement élevée dans cette étude; par conséquent, ces résultats doivent être interprétés avec réserve.
Les concentrations sériques de ferritine et de fer ont rapidement augmenté après l'administration du tocilizumab. Dans le cas de la ferritine, la concentration sérique est revenue à la valeur mesurée avant l'administration de la dose dans un intervalle de 2 semaines; dans le cas du fer, ce retour à la valeur de départ s'est produit plus lentement (environ 8 semaines). Ces données semblent concorder avec le fait que le tocilizumab inhibe la signalisation induite par l'IL-6. Cette inhibition entraîne une diminution de la production d'hepcidine et, donc, de l'inhibition de l'absorption intestinale et de la libération de fer par les macrophages, ce qui élève la concentration de fer sérique. Ce mécanisme pourrait expliquer en partie la hausse de la concentration en hémoglobine observée chez les patients arthritiques traités par le tocilizumab dans les études de phase III.
Ces paramètres laissent croire que le tocilizumab inhibe rapidement, mais temporairement, la signalisation induite par l'IL-6.
3.3.2 Pharmacocinétique
La meilleure façon de décrire la pharmacocinétique du tocilizumab est un modèle d'élimination à deux compartiments suivant une cinétique de premier ordre (clairance linéaire ou indépendante de la concentration) et une cinétique de Michaelis-Menten (clairance non linéaire ou dépendante de la concentration) parallèles. Par conséquent, la clairance totale du tocilizumab est représentée par la somme des clairances non linéaire et linéaire.
Les caractéristiques pharmacocinétiques et la clairance du tocilizumab dépendent de la concentration et de la dose lorsque l'exposition est faible. À des faibles concentrations de tocilizumab, la clairance est principalement non linéaire; une fois, la voie de la clairance non linéaire saturée, aux concentrations plus élevées de tocilizumab, la clairance est principalement linéaire.
Le volume de distribution du compartiment central du tocilizumab était de 3,5 L, ce qui correspond environ au volume sérique et se situe dans la fourchette de ce qui a été précédemment décrit pour les IgG et autres anticorps monoclonaux. Le volume de distribution à l'état d'équilibre (Vss) (6,4 L) laisse envisager une distribution limitée dans l'organisme; toutefois, on sait que pour la plupart des anticorps, la distribution dans les tissus fait souvent partie du processus d'élimination et non du processus de distribution, et donc, contribue aux faibles volumes de distribution apparents. Ainsi, un faible Vss ne doit pas nécessairement être interprété comme une faible pénétration tissulaire, et des concentrations adéquates peuvent être atteintes dans un unique organe cible en raison du recaptage par les récepteurs.
Les paramètres pharmacocinétiques du tocilizumab sont restés les mêmes dans le temps. Les rapports d'accumulation en ce qui a trait à l'aire sous la courbe (ASC) de la concentration en fonction du temps et la concentration maximale (Cmax) étaient faibles, tandis que des rapports plus élevés ont été observés pour la concentration minimale (Cmin) : 1,96 et 2,35 pour le tocilizumab à la dose de 4 et de 8 mg/kg, respectivement. Cette observation est prévisible étant donné la contribution de la clairance non linéaire aux faibles concentrations de tocilizumab. À la suite de la première administration des doses de 4 mg/kg et de 8 mg/kg, l'état d'équilibre a été atteint pour la Cmax, l'ASC et la Cmin après 4 à 8 semaines et après 16 à 20 semaines, respectivement. La variabilité entre les sujets était modérée (44 %, 47 % et 107 % pour l'ASC, la Cmax et la Cmin, respectivement) à l'état d'équilibre pour le tocilizumab à 8 mg/kg administré toutes les 4 semaines.
Populations particulières
L'âge, le sexe, la race et l'origine ethnique n'ont pas eu d'effets sur la pharmacocinétique du tocilizumab. La taille corporelle (surface corporelle, poids, indice de masse corporelle) a eu une incidence sur la clairance, mais on en a tenu compte avec une posologie ajustée en fonction du poids, même si cet ajustement entraîne une exposition légèrement plus élevée au tocilizumab lorsque le poids corporel est élevé.
L'insuffisance rénale légère n'a pas modifié la pharmacocinétique du tocilizumab.
Interactions médicamenteuses
La dose unique de 10 mg/kg de tocilizumab en association avec le méthotrexate (MTX), administrée une fois par semaine, avec ou sans doses uniques de simvastatine, était bien tolérée et n'était pas associée à des observations imprévisibles touchant l'innocuité. Chez les patients atteints de PR, l'administration de tocilizumab a considérablement abaissé l'exposition à la simvastatine à des concentrations avoisinant celles observées chez les patients non atteints de PR. L'effet a persisté durant les 5 semaines suivant l'administration de tocilizumab. Par ailleurs, le tocilizumab n'a pas eu d'effet pertinent sur l'exposition au MTX.
Étant une protéine, le tocilizumab n'est pas métabolisé par les voies faisant intervenir le cytochrome P450 (CYP450) ou la glycoprotéine P (Pgp). Comme on ne s'attend pas à ce que le tocilizumab interagisse directement avec d'autres produits médicinaux qui sont des substrats, des inhibiteurs ou des inducteurs du CYP450 et/ou de la Pgp, aucune étude en bonne et due forme n'a été menée en ce sens. L'analyse pharmacocinétique de la population à l'étude a révélé que l'utilisation concomitante de produits médicinaux pour traiter la PR n'a pas d'incidence sur la pharmacocinétique du tocilizumab.
L'un des effets connus de l'inflammation est la diminution de la concentration des enzymes du CYP450. Le traitement par le tocilizumab, qui réduit l'inflammation, peut ramener la concentration des enzymes du CYP450 à la normale. Une étude mécanistique in vitro réalisée avec des hépatocytes humains a montré que des concentrations élevées d'IL-6 régulent à la baisse l'expression de l'ARN messager (ARNm) de diverses enzymes du CYP450. Une co-incubation avec du tocilizumab a inhibé la diminution médiée par l'IL-6 de l'expression de l'ARNm des enzymes du CYP450.
Des données provenant d'une étude clinique justificative menée auprès de patients atteints de PR indiquent que l'exposition systémique à des substrats d'enzymes du CYP450 administrés de façon concomitante peut diminuer avec l'inhibition de la signalisation médiée par l'IL-6 et entraîner une exposition équivalente à celle observée chez les patients sans maladie inflammatoire. Cette observation pourrait être pertinente sur le plan clinique pour ce qui est des substrats du CYP450 (par exemple, la warfarine) lorsque l'indice thérapeutique est étroit, où la dose est ajustée de façon individuelle en fonction d'une surveillance thérapeutique.
3.3.3 Efficacité clinique
L'efficacité d'Actemra utilisé pour l'indication proposée a été évaluée dans le cadre de cinq études multicentriques pivotales de phase III, randomisées, contrôlées et menées à double insu. Les 4211 patients recrutés dans ces études étaient âgés de plus de 18 ans et présentaient une forme modérée ou grave de PR active diagnostiquée selon les critères de l'American College of Rheumatology (ACR). Les patients avaient au moins huit articulations douloureuses et six articulations enflées au début de l'étude.
Chacune des cinq études pivotales évaluait le même paramètre primaire (la proportion de patients ayant obtenu une réponse ACR 20 à la 24e semaine après le traitement), mais différaient par les populations de patients ciblées et les régimes posologiques. Actemra a été administré en monothérapie (étude I), en association avec le MTX (études II et III) ou en association avec d'autres antirhumatismaux modificateurs de la maladie (ARMM) (étude IV) chez des patients n'ayant pas répondu adéquatement à ces médicaments. Actemra a aussi été administré par voie intraveineuse toutes les 4 semaines en association avec le MTX chez des patients n'ayant pas bien répondu à un traitement par des antagonistes du TNF (étude V).
La majorité des patients recrutés dans les études pivotales étaient des femmes de race blanche dont l'âge moyen était de 52 ans. La plupart des patients (~ 80 % de toutes les études) sont restés jusqu'à la fin de l'étude, soit durant une période de 24 semaines. Les abandons causés par un manque d'efficacité étaient plus fréquents dans le groupe témoin que dans le groupe Actemra.
Actemra en monothérapie
L'étude I (AMBITION) portait sur 673 patients présentant une PR active qui n'avaient pas été traités par le MTX dans les 6 mois précédant la randomisation et qui n'avaient pas interrompu un traitement antérieur par le MTX en raison d'effets toxiques importants sur le plan clinique ou en raison d'une absence de réponse. La durée moyenne de la maladie était la plus courte (3 ans) chez les patients de cette étude, et plus de 40 % des patients recrutés étaient atteints de PR depuis moins de 2 ans. Dans cette étude, on a comparé les effets d'Actemra administré en monothérapie à la dose de 8 mg/kg et ceux du MTX (chez des patients n'ayant jamais reçu de MTX) et du placebo. Les patients traités par Actemra (taille de l'échantillon [n] = 286) ont reçu 8 mg/kg d'Actemra par voie intraveineuse toutes les 4 semaines en monothérapie. Le groupe de comparaison (n = 284) a reçu du MTX à une dose variant de 7,5 mg à 20 mg (dose ajustée) toutes les semaines pendant une période de 8 semaines.
Actemra en association avec le méthotrexate ou d'autres antirhumatismaux modificateurs de la maladie (ARMM) chez des patients n'ayant pas répondu adéquatement à un ARMM
Dans l'étude II (LITHE), l'étude III (OPTION) et l'étude IV (TOWARD), on a recruté 3039 patients atteints de PR active qui n'avaient pas bien répondu à des ARMM non biologiques. Les patients des études II et III ont reçu 4 mg/kg ou 8 mg/kg d'Actemra par voie intraveineuse toutes les 4 semaines en association avec le MTX, ou le placebo en association avec le MTX. Dans l'étude IV, les patients ont reçu 8 mg/kg d'Actemra en association avec un ARMM ou le placebo en association avec un ARMM.
Actemra en association avec le méthotrexate chez des patients n'ayant pas répondu adéquatement à des antagonistes du TNF
Dans l'étude V (RADIATE), on a évalué l'efficacité et l'innocuité d'Actemra administré à la dose de 4 mg/kg ou de 8 mg/kg en association avec le MTX (10 à 25 mg une fois par semaine) par rapport à celles du placebo administré en association avec le MTX (10 à 25 mg une fois par semaine). En tout, 499 patients atteints d'une forme modérée ou grave de PR active et ayant des antécédents de réponse inadéquate ou d'intolérance à un antagoniste du TNF ont été recrutés dans l'étude. Le traitement par antagonistes du TNF a été abandonné avant la randomisation.
Résultats sur l'efficacité
Dans les cinq études cliniques, les résultats sur l'efficacité indiquent que le traitement par Actemra à l'une ou l'autre des doses (4 mg/kg ou 8 mg/kg) est bénéfique en ce qui concerne la réponse ACR par rapport au témoin (placebo + MTX/ARMM ou MTX en monothérapie).
La réponse ACR 20 correspond à une réduction de 20 % du nombre d'articulations enflées et douloureuses et à une réduction de 20 % de trois paramètres parmi les cinq suivants : évaluation globale de la maladie par un médecin, évaluation globale de la maladie par le patient, évaluation de la douleur par le patient, vitesse de sédimentation de la protéine C réactive ou des érythrocytes et degré d'incapacité fonctionnelle selon le score du Health Assessment Questionnaire (HAQ). Le pourcentage de patients ayant obtenu une réponse ACR 20, ACR 50 et ACR 70 dans les études I à V figure dans le tableau suivant :
| Étude | L'American College of Rheumatology (ACR) 20 | ACR 50 | ACR 70 | ||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Témoin * | 4 mg/kg | 8 mg/kg | Témoin * | 4 mg/kg | 8 mg/kg | Témoin * | 4 mg/kg | 8 mg/kg | |
| *Le groupe témoin varie selon l'étude comme suit : Étude I : MTX; études II, III et IV : placebo + MTX ou ARMM; étude V : placebo + MTX | |||||||||
| I | 53 % | - | 70 % | 34 % | - | 44 % | 15 % | - | 28 % |
| II | 27 % | 51 % | 56 % | 10 % | 25 % | 32 % | 2 % | 11 % | 13 % |
| III | 27 % | 48 % | 59 % | 11 % | 32 % | 44 % | 2 % | 12 % | 22 % |
| IV | 25 % | - | 61 % | 9 % | - | 38 % | 3 % | - | 21 % |
| V | 10 % | 30 % | 50 % | 4 % | 17 % | 29 % | 1 % | 5 % | 12 % |
Dans toutes les études, les patients traités par Actemra à 8 mg/kg présentaient, à la 24e semaine, un taux de réponse ACR 20, ACR 50 et ACR 70 statistiquement supérieur à celui des patients ayant reçu du MTX ou le placebo (p < 0,01).
Chez les patients traités par Actemra après avoir répondu inadéquatement à un ARMM ou à un antagoniste du TNF, le groupe traité par Actemra à 4 mg/kg affichait un taux de réponse inférieur au groupe ayant reçu 8 mg/kg.
Bien que l'ensemble des données sur l'efficacité indique une meilleure réponse ACR dans le groupe traité par Actemra à 8 mg/kg, la dose de départ recommandée devrait être de 4 mg/kg en raison des problèmes d'innocuité liés à la dose (se reporter à la section 3.3.4 « Innocuité clinique » pour de plus amples renseignements).
Même si Actemra administré en monothérapie a été étudié chez des patients atteints de PR précoce dont la majorité n'avait jamais été traitée par le MTX, Actemra ne devrait pas faire l'objet d'un traitement de première intention chez les patients atteints de PR, car des risques considérables sont associés au traitement.
Les patients n'ayant pas répondu adéquatement à un ARMM ou à un traitement par des antagonistes du TNF ont été exclus de l'étude I (AMBITION), qui portait sur Actemra administré en monothérapie.
Par conséquent, Actemra en monothérapie est réservé aux patients atteints de PR qui sont intolérants au MTX ou pour qui le MTX ne convient pas.
3.3.4 Innocuité clinique
L'innocuité d'Actemra a été évaluée à l'aide des données tirées des études pivolates contrôlées décrites dans la section 3.3.3 « Efficacité clinique » et des données provenant d'un rapport de pharmacovigilance portant sur la population toutes expositions confondues. La principale population présentée dans le rapport de pharmacovigilance sur l'innocuité comprenait en tout 4009 patients (8580 années-patients d'exposition) suivis jusqu'à la date butoir du 6 février 2009. La population toutes expositions confondues était composée de tous les patients ayant reçu au moins une dose d'Actemra recrutés dans les études suivantes : étude I (y compris la phase de transition), étude II, étude III (y compris la phase de prolongation), étude IV, étude V, étude WP18663 (étude en cours sur les interactions médicamenteuses) et les études de prolongation de longue durée ouvertes WA18695 et WA18696. Il est important de noter que les patients ayant participé aux études de longue durée ouvertes ont tous reçu Actemra à la dose de 8 mg/kg. En tout, 3577 patients de la population toutes expositions confondues ont été traités par Actemra pendant au moins 6 mois et 3296 patients, pendant au moins un an. La plupart des patients se sont fait administrer Actemra à la dose de 8 mg/kg (n = 3863, 7760 années-patients), et 1397 patients ont reçu Actemra à dose de 4 mg/kg (817 années-patients).
La population tous témoins confondus était constituée de 774 patients randomisés pour recevoir Actemra à 4 mg/kg + un ARMM, de 1870 patients randomisés pour recevoir Actemra à 8 mg/kg + un ARMM, et de 1555 patients randomisés pour recevoir le témoin (placebo + MTX ou placebo + un ou des ARMM). La durée de l'exposition pour la population tous témoins confondus, pour le groupe Actemra à 4 mg/kg et pour le groupe Actemra à 8 mg/kg était de 824,6, 564,6 et 1194,1 années-patients, respectivement.
Les EI le plus fréquemment signalés dans les études contrôlées de 6 mois (apparus chez au moins 5 % des patients traités par Actemra seul ou en association avec des ARMM classiques) étaient les suivants : infection des voies respiratoires supérieures, nasopharyngite, céphalées, hypertension et élévation de la concentration d'alanine aminotransférase (ALT).
Dans la population toutes expositions confondues, le taux d'EI était de 332,2 pour 100 années-patients chez les patients ayant reçu au moins une dose d'Actemra. Ce taux était inférieur au taux signalé dans les études contrôlées de 6 mois (468,44 pour 100 années-patients). Dans les données de pharmacovigilance obtenues à long terme, il n'était pas clair que la fréquence ou la gravité de la plupart des EI les plus fréquents augmentait avec la durée de l'exposition à Actemra.
Dans la population tous témoins confondus, une augmentation dose-dépendante du taux global des EI a été observée dans le groupe ayant reçu Actemra à 8 mg/kg (381,6 pour 100 années-patients) contrairement au groupe traité par Actemra à 4 mg/kg (358,0 pour 100 années-patients). Les EI le plus fréquemment signalés étaient des cas d'infection.
La plupart des EI le plus fréquemment signalés chez les patients faisant partie de la population toutes expositions confondues étaient des infections et des infestations (74,4 pour 100 années-patients; principalement des infections des voies respiratoires supérieures et des infections du tractus urinaire; des infections opportunistes, notamment l'herpès/zona, ont aussi été relevées), des troubles gastro-intestinaux (GI) (36,4 pour 100 années-patients; le plus souvent de la diarrhée et des nausées) et une atteinte des tissus musculosquelettiques (28,9 pour 100 années-patients; principalement des douleurs lombaires et des poussées de PR). Parmi les autres EI fréquents figurent des troubles du système nerveux (principalement des céphalées et des étourdissements) et des troubles dermatologiques (surtout des cas d'érythème, de prurit et d'alopécie).
Dans l'ensemble, le risque associé au traitement par Actemra à 8 mg/kg était plus élevé que celui associé au traitement par Actemra à 4 mg/kg, ce risque se manifestant par un taux accru (ajusté en fonction de l'exposition) d'EI, d'anomalies observées en laboratoire, d'événements indésirables graves et de mortalité. C'est la raison pour laquelle on recommande que la dose de départ d'Actemra soit de 4 mg/kg.
Problèmes d'innocuité graves
Infections graves
Dans la population tous témoins confondus, le taux d'infection grave signalé était de 3,4 pour 100 années-patients dans le groupe témoin, de 3,5 pour 100 années-patients dans le groupe Actemra à 4 mg/kg et de 4,9 pour 100 années-patients dans le groupe Actemra 8 mg/kg, le risque d'infection grave étant plus important à la dose élevée d'Actemra. Parmi les infections graves, dont certaines se sont révélées mortelles, citons les suivantes : pneumonie, cellulite, infection du tractus urinaire, zona, gastroentérite, diverticulite, septicémie et arthrite bactérienne. Des infections opportunistes ont aussi été déclarées.
Dans la population toutes expositions confondues, le taux d'infection grave était de 4,66 pour 100 années-patients. Le taux d'infection grave dans la population toutes expositions confondues était de 2,8 pour 100 années-patients chez les patients de moins de 50 ans, de 4,9 pour 100 années-patients chez les patients de 50 à 64 ans, et de 7,7 pour 100 années-patients chez les patients de 65 ans et plus, ce qui indique que le traitement par Actemra est associé à un risque d'infection grave lié à l'âge. Les autres facteurs comprenaient l'utilisation de corticostéroïdes, un traitement anti-TNF antérieur, une maladie pulmonaire chronique et le diabète.
Dans la monographie de produit, un encadré de mise en garde décrit les problèmes d'innocuité associés à l'utilisation d'Actemra, y compris les risques d'infection grave comme la septicémie, la tuberculose (TB), les infections fongiques invasives et d'autres infections opportunistes. Avant d'entamer un traitement par Actemra, il faudrait soumettre tous les patients à des tests visant à dépister la TB active et la TB latente. Le traitement par Actemra ne devrait pas être amorcé chez les patients présentant des infections actives, y compris les infections chroniques ou localisées. Si une infection grave apparaît, le traitement par Actemra devrait être interrompu jusqu'à ce que l'infection soit enrayée. On devrait étroitement surveiller l'apparition de signes ou de symptômes d'une infection chez les patients durant et après le traitement, y compris l'apparition possible d'une TB chez les patients ayant obtenu un résultat négatif pour la TB latente avant le début du traitement.
Perforation gastro-intestinale
Dans l'essai clinique mené avec Actemra, 26 cas de perforation GI ont été signalés dans la population toutes expositions confondues par rapport à cinq dans la population tous témoins confondus. La fréquence ajustée en fonction de l'exposition est de 0,28/100 années-patients, une fréquence supérieure à celle signalée pour les inhibiteurs du TNF (0,12/100 années-patients).
Réactions à la perfusion
Dans les études cliniques contrôlées de 6 mois, des EI associés à la perfusion (apparus pendant la perfusion ou dans les 24 heures suivant celle-ci) ont été déclarés par 8 % et 7 % des patients du groupe ACTEMRA plus ARMM ayant reçu 4 mg/kg et 8 mg/kg, respectivement, comparativement à 5 % des patients du groupe placebo plus ARMM. L'EI le plus souvent signalé pendant la perfusion des patients recevant 4 mg/kg ou 8 mg/kg était l'hypertension (1 % pour les deux doses), alors que les EI le plus fréquemment déclarés dans les 24 heures suivant la perfusion étaient les céphalées (1 % pour les deux doses) et les réactions cutanées (1 % pour les deux doses), notamment des cas d'érythème, de prurit et d'urticaire.
Immunogénicité
Dans les études cliniques contrôlées de 6 mois, en tout, 2876 patients ont subi un test visant à déceler la présence d'anticorps anti-tocilizumab. Quarante-six patients (1,6 %) ont produit des anticorps anti-tocilizumab, dont cinq ont abandonné l'étude en raison d'une réaction d'hypersensibilité importante. Trente patients (1,1 %) ont fabriqué des anticorps neutralisants. La signification clinique de la production de ces anticorps n'est pas connue.
Affections malignes
Dans la population tous témoins confondus, on a signalé des affections malignes chez 17 patients du groupe ayant reçu Actemra et chez six patients du groupe témoin. Les cancers solides déclarés dans la population tous témoins confondus étaient les suivants : deux cas de cancer du côlon et un cas de cancer de la prostate dans le groupe témoin, deux cas de cancer de la prostate, un cas de cancer du col de l'utérus (stade III) et un cas de cancer du poumon (stade III) dans le groupe Actemra à 4 mg/kg, et un cas de dermatofibrosarcome, un cas de cancer de l'endomètre, un cas de cancer gastrique et un cas de cancer rectal dans le groupe Actemra à 8 mg/kg.
Dans la population toutes expositions confondues, le taux global de tumeurs malignes était de 1,19 et de 0,4 pour 100 années-patients pour les affections malignes et d'autres néoplasmes, respectivement. La fréquence des affections malignes ne dépassait pas le taux attendu calculé à l'aide du programme Surveillance Epidemiology End Results (SEER) pour la population générale. Bien que les données sur l'exposition de longue durée (42 mois) révèlent que le taux d'affections malignes est resté stable, la possibilité d'un risque accru d'affections malignes attribuable à une exposition à long terme ne peut être exclue.
Anomalies relatives aux analyses en laboratoire
Cholestérol transporté par les lipoprotéines à faible densité (LDL)
Le traitement par Actemra est associé à une augmentation de tous les paramètres lipidiques, y compris le cholestérol total, les lipoprotéines de faible densité (LDL), les lipoprotéines de forte densité (HDL) et les triglycérides. On a noté chez 37 % des patients de la population toutes expositions confondues (954/2546) que la concentration de départ de LDL, inférieure à 130 mg/dL (< 3,4 mmol/L), avait atteint une valeur égale ou supérieure à 130 mg/dL (≥ 3,4 mmol/L) au moment de la dernière observation après un traitement continu par Actemra pendant une période pouvant atteindre 176 semaines. Les taux d'infarctus du myocarde et d'accidents vasculaires cérébraux sont demeurés à l'intérieur de la fourchette connue chez les patients atteints de PR; par conséquent, selon les données les plus récentes, on n'a relevé aucun signal important en ce qui concerne la hausse de la concentration des lipides entraînant des EI cardiovasculaires.
Hématologie
À la fois dans le groupe traité par Actemra en monothérapie et le groupe ayant reçu des traitements concomitants, on a observé une diminution du nombre moyen de leucocytes (surtout du nombre moyen de neutrophiles) et de plaquettes. Ces diminutions n'ont pas été observées dans les groupes témoins correspondants. Parmi les patients traités par Actemra, 20 % et 14 % ont manifesté une neutropénie (grade 1 ou 2) ou une thrombocytopénie (grade 1 ou 2), respectivement; quelques cas étaient graves (grade 4).
Les baisses du nombre absolu de neutrophiles étaient liées à la dose :
< 1 × 109/L survenues chez 1,8 % et 3,4 % des patients du groupe Actemra à 4 mg/kg ou à 8 mg/kg + ARMM, respectivement, comparativement à 0,1 % des patients du groupe placebo + ARMM. Environ la moitié de ces baisses sont apparues dans les 8 premières semaines du traitement. Ces anomalies hématologiques étaient réversibles à la fin du traitement par Actemra.
Des recommandations concernant le traitement des neutropénies et des thrombocytopénies liées à la dose figurent dans la monographie de produit.
Élévation de la concentration des enzymes hépatiques
Le traitement par Actemra était associé à une élévation réversible des paramètres hépatobiliaires, ce qui concorde avec le mécanisme d'action du médicament (c.-à-d. une inhibition du récepteur de l'IL-6). Dans environ 50 % de la population toutes expositions confondues traitée par Actemra, on a noté des hausses de la concentration de l'aspartate aminotransférase (AST) ou de l'ALT pouvant atteindre trois fois la limite supérieure de la valeur normale (≤ 3 × LSN). Parmi tous les patients des essais sur la PR ayant reçu Actemra (n = 4009), 56 patients ont signalé 57 événements d'hépatotoxicité, dont 42 cas de stéatose.
Des augmentations de la concentration d'ALT/AST supérieures à cinq fois la LSN ont été observées chez 0,7 % des patients traités par Actemra seul et chez 1,4 % des patients recevant Actemra + un ARMM classique; ces patients ont pour la plupart dû abandonner le traitement par Actemra. Aucune hépatite ou insuffisance hépatique n'a été déclarée; les patients ayant obtenu un résultat positif pour l'hépatite ont été exclus des études.
Les recommandations pour la prise en charge de la hausse de la concentration des enzymes hépatiques liées à la dose sont énoncées dans la monographie de produit.
Événements cardiovasculaires
Le taux de troubles cardiaques survenus dans la population tous témoins confondus était de 3,5, de 2,7 et de 4,0 pour 100 années-patients dans le groupe témoin, le groupe Actemra à 4 mg/kg et le groupe Actemra à 8 mg/kg, respectivement. Les événements le plus fréquemment signalés étaient les suivants : arythmies, événements ischémiques, dysfonctionnement ventriculaire et troubles de la conduction.
Le taux d'infarctus du myocarde chez les patients ayant pris Actemra pendant les études de phase III était de 0,35 pour 100 années-patients. Cette valeur se situe dans la fourchette des taux figurant dans les bases de données sur l'innocuité portant sur la PR (0,35 à 1,8 pour 100 années-patients). Au total, huit accidents vasculaires cérébraux sont survenus durant les études de phase III chez les patients traités par Actemra, ce qui correspond à un taux de 0,26 pour 100 années-patients. Cette valeur se situe également dans la fourchette des taux figurant dans les bases de données sur la PR (0,11 à 0,52 pour 100 années-patients).
Dans la population tous témoins confondus, l'hypertension a été un EI déclaré plus souvent chez les patients traités par Actemra (4,4 %) que chez ceux ayant reçu des ARMM seuls (2,7 %). La plupart des événements étaient isolés et d'intensité légère ou modérée. Quatre patients traités par Actemra (0,3 %) et deux patients ayant reçu des ARMM (0,2 %) ont manifesté de fortes hausses de la pression artérielle. Aucun patient n'a été exclu en raison de l'hypertension.
Événements démyélinisants
Neuf patients présentant possiblement une maladie démyélinisante ont été identifiés dans le rapport de pharmacovigilance. La valeur de référence estimative de l'incidence des troubles démyélinisants chez les patients atteints de PR n'a pas été présentée. En revanche, on a déclaré les cas rares de maladie démyélinisante pour d'autres immunosuppresseurs biologiques, par exemple les inhibiteurs de TNF. Sur la base des données existantes, il est impossible d'établir une association claire entre le traitement par Actemra et l'apparition de troubles démyélinisants. On a fait état de ce problème potentiel dans la monographie de produit. Une surveillance étroite devrait donc être exercée avec l'utilisation clinique d'Actemra.
Décès
Au total, 50 décès (1,2 % du total) ont été signalés chez les patients ayant reçu au moins une dose d'Actemra dans la population toutes expositions confondues. Les principales causes de mortalité étaient les événements cardiaques, les infections graves et les affections malignes. Le taux de mortalité ajusté en fonction de l'exposition est de 0,53 pour 100 années-patients d'exposition, ce qui est considérablement inférieur au taux de mortalité de référence chez les populations atteintes de PR (estimé entre 2,4 et 2,5 pour 100 années-patients).
3.3.5 Questions additionnelles
Dans le cadre de l'autorisation de commercialisation d'Actemra, Santé Canada a exigé que le promoteur prenne certains engagements pour la période postcommercialisation. Ces engagements sont les suivants (liste non exhaustive) :
- Présenter un plan de gestion du risque au Canada (RMP).
- Recruter des patients canadiens qui recevront Actemra dans le cadre d'un programme international ou canadien de registres de patients.
- Soumettre à Santé Canada toute déclaration ou correspondance concernant les programmes de registres, de même que les essais cliniques en cours ou d'autres sources, afin qu'il soit possible d'évaluer le risque à long terme associé aux événements cardiovasculaires, à l'hépatotoxicité, à la perforation du tractus GI et aux troubles démyélinisants, ainsi que le risque à long terme associé aux infections graves et aux tumeurs malignes connues pour être associées à un traitement immunosuppresseur.
- Aviser Santé Canada, conformément à la réglementation canadienne, de tous les événements indésirables graves, y compris les affections malignes, les maladies auto-immunes, les infections graves et autres EI graves survenus au cours d'essais cliniques menés avec Actemra.
Populations particulières
Enfants
L'innocuité et l'efficacité d'Actemra chez les enfants n'ont pas été établies.
Personnes âgées
Comme pour tous les agents biologiques, l'incidence des infections est généralement plus élevée dans la population des personnes âgées; par conséquent, il convient d'être prudent lorsqu'on traite cette population.
Insuffisance rénale
Actemra n'a pas fait l'objet d'études chez des patients présentant une insuffisance rénale modérée à grave.
Insuffisance hépatique
L'innocuité et l'efficacité d'Actemra n'ont pas été étudiées chez les patients aux prises avec une insuffisance hépatique.
Grossesse et allaitement
Actemra ne devrait pas être utilisé au cours d'une grossesse. Un registre de patientes a été créé afin qu'il soit possible de faire un suivi des femmes enceintes exposées à Actemra.
Il faut déconseiller aux femmes traitées par Actemra d'allaiter.
3.4 Évaluation des avantages / risques et recommandation
3.4.1 Évaluation des avantages/risques
Le promoteur a fourni suffisamment de données pour répondre aux réserves mentionnées dans l'avis d'insuffisance. Il existe des preuves substantielles indiquant qu'Actemra présente un profil avantages/risques favorable à son utilisation clinique, seul ou en association avec le MTX ou d'autres ARMM, pour le traitement de la forme modérée ou grave de la PR active. En dépit d'un profil avantages/risques favorable, en tenant compte des risques sous-jacents d'infection grave et d'affection maligne (connues pour être associées aux agents immunosuppresseurs), Actemra est associé à des problèmes précis liés à l'innocuité : élévation des taux d'enzymes hépatiques (signe d'une hépatotoxicité possible), anomalies touchant les lipides (qui peuvent entraîner une toxicité cardiovasculaire), perforation GI, hypertension artérielle et neurotoxicité éventuelle. Ces problèmes d'innocuité sont importants et semblent être liés à la dose. Comme on dispose actuellement d'autres traitements, Actemra devrait être administré uniquement aux patients atteints de PR pour lesquels les autres traitements ont échoué (c.-à-d. un ou plusieurs ARMM et/ou antagonistes du TNF). En raison des risques associés aux doses élevées, le traitement par Actemra devrait être amorcé à la dose de 4 mg/kg.
3.4.2 Recommandation
Après avoir examiné les données sur la qualité, l'innocuité et l'efficacité de ce produit, Santé Canada estime qu'Actemra a un profil avantages/risques favorable à la réduction des signes et des symptômes chez les patients adultes présentant une forme modérée ou grave de la PR active qui n'ont pas répondu adéquatement à un ou à plusieurs ARMM et/ou à des antagonistes du TNF. La Présentation de drogue nouvelle (PDN) répond aux exigences des articles C.08.002 et C.08.005.1 et, par conséquent, Santé Canada a émis l'Avis de conformité prévu par l'article C.08.004 du Règlement sur les aliments et drogues.
4 Étapes importantes de la présentation
Étapes importantes de la présentation: ActemraMC
| Étape importante de la présentation | Date |
|---|---|
| Réunion préalable à la présentation | 2007-12-11 |
| Dépôt de la présentation | 2008-04-09 |
| Examen préliminaire 1 | |
| Lettre d'acceptation à l'issue de l'examen préliminaire | 2008-05-20 |
| Examen 1 | |
| Évaluation sur place | 2008-11-10 - 2008-11-14 |
| Évaluation biostatistique terminée | 2009-04-03 |
| Avis d'insuffisance émis par le directeur général (lacunes sur le plan de l'innocuité, de l'efficacité et de la qualité) | 2009-04-03 |
| Réponse déposée | 2009-07-27 |
| Examen préliminaire 2 | |
| Lettre d'acceptation à l'issue de l'examen préliminaire | 2009-08-09 |
| Examen 2 | |
| Évaluation de la qualité terminée | 2010-04-30 |
| Évaluation clinique terminée | 2010-04-30 |
| Évaluation biostatistique terminée | 2010-04-30 |
| Examen de l'étiquetage terminé | 2010-04-29 |
| Délivrance de l'Avis de conformité par le directeur général | 2010-04-30 |
Produits pharmaceutiques connexes
| Nom du produit | DIN | Entreprise | Ingrédient(s) actif(s) & concentration |
|---|---|---|---|
| ACTEMRA | 02350106 | HOFFMANN-LA ROCHE LIMITED | Tocilizumab 200 MG / 10 ML |
| ACTEMRA | 02350092 | HOFFMANN-LA ROCHE LIMITED | Tocilizumab 80 MG / 4 ML |