Sommaire des motifs de décision portant sur Azilect ®
Décisions d'examen
Le sommaire des motifs de décision explique les raisons pour lesquelles un produit a reçu une autorisation de vente au Canada. Le document comprend les considérations portant sur la réglementation, l’innocuité, l’efficacité et la qualité (sur le plan de la chimie et de la fabrication).
Type de produit:
- Ce document est une traduction française du document anglais approuvé.
AzilectMD
Mésylate de rasagiline, 0.5 mg, 1 mg, Comprimé, Orale
Teva Pharmaceutical Industries Ltd.
No de contrôle de la présentation : 101846
Émis le : 2008-06-22
Ce document est une traduction française du document anglais approuvé.
Direction générale des produits de santé et des aliments
Notre mission est d'aider les Canadiennes et les
Canadiens à maintenir et à améliorer leur état de santé.
Santé Canada
Le mandat de la DGPSA est d'adopter une approche intégrée à la gestion des risques et des avantages pour la santé liés aux produits de santé et aux aliments:
- en réduisant les facteurs de risque pour la santé des Canadiens et Canadiennes tout en maximisant la protection offerte par le système réglementaire des produits de la santé et des aliments; et
- en favorisant des conditions qui permettent aux Canadiens et Canadiennes de faire des choix sains ainsi qu'en leur donnant des renseignements afin qu'ils ou qu'elles puissent prendre des décisions éclairées en ce qui a trait à leur santé.
Direction générale des produits de santé et des aliments
Also available in English under the following title : Summary Basis of Decision (SBD) PrAZILECT®, Rasagiline mesylate, 0.5 mg and 1 mg, tablets, Teva Pharmaceutical Industries Ltd., Submission Control No. 101846
Avant-propos
Le Sommaire des motifs de décision (SMD) de Santé Canada expose les motifs d'ordre scientifique et réglementaire sur lesquels reposent les décisions de Santé Canada concernant la réglementation des médicaments et des instruments médicaux. Les SMD sont rédigés en langage technique à l'intention des personnes et groupes intéressés aux décisions de Santé Canada portant sur un produit donné et sont le reflet des observations consignées dans les rapports d'évaluation. À ce titre, les SMD servent à compléter et non à répéter l'information contenue dans la monographie de produit.
Nous invitons les lecteurs à consulter le « Guide du lecteur sur le Sommaire des motifs de décision - Médicaments au sujet de l'interprétation des termes et des acronymes utilisés ici. Ils trouveront également dans ce guide un aperçu du processus d'examen des présentations de drogue dans le feuillet intitulé « Comment les médicaments sont examinés au Canada », qui décrit les facteurs pris en considération par Santé Canada au cours du processus d'examen et d'autorisation d'une présentation de drogue. Les lecteurs devraient aussi consulter le document intitulé « Initiative du sommaire des motifs de décision - Foire aux questions ».
Le SMD correspond à l'information dont disposent les autorités de réglementation de Santé Canada au moment de prendre une décision. Les présentations subséquentes examinées à d'autres fins ne sont pas incluses dans la Phase I de la stratégie de mise en oeuvre des SMD. Pour obtenir de l'information à jour sur un produit en particulier, les lecteurs sont priés de consulter la monographie la plus récente de ce produit. Santé Canada fournit également l'information au sujet mises en garde diffusées après la commercialisation ou d'avis émis à la suite d'effets indésirables (EI).
Pour de plus amples renseignements sur un produit en particulier, les lecteurs peuvent également se rendre sur les sites Web des organismes de réglementation d'autres pays. L'information reçue à l'appui d'une présentation de drogue au Canada peut cependant ne pas être identique à celle reçue par d'autres gouvernements.
Autres politiques et lignes directrices
Les lecteurs sont invités à consulter le site Web de Santé Canada, où ils trouveront d'autres politiques et lignes directrices au sujet des médicaments, notamment le document intitulé «Gestion des présentations de drogues ».
1 Information sur le produit et la présentation
Marque nominative :
Fabricant/promoteur :
Ingrédient médicinal :
Dénomination commune internationale :
Concentration :
Forme posologique :
Voie d'administration :
Identification numérique de drogue (DIN) :
- 02284642
- 02284650
Classe pharmaco-thérapeutique (classe ATC) :
Ingrédients non médicinaux :
Type et numéro de présentation :
Date de la présentation :
Date de l'autorisation :
2 Avis de décision
Le 17 août 2006, Santé Canada a émis à l'intention de Teva Pharmaceutical Industries Ltd. un avis de conformité du produit pharmaceutique Azilect.
Azilect contient l'ingrédient médicinal mésylate de rasagiline, un agent antiparkinsonien.
Azilect est indiqué dans le traitement des signes et des symptômes de la maladie de Parkinson idiopathique, en monothérapie initiale ou comme traitement d'appoint à la lévodopa. Azilect est un puissant inhibiteur sélectif et irréversible de la monoamine oxydase B (MAO-B). La dose à laquelle la rasagiline n'inhibe sélectivement que la MAO-B (et non la MAO-A) chez l'humain ainsi que la sensibilité à la tyramine pendant le traitement par la rasagiline à des doses supérieures à 1 mg n'ont pas été suffisamment caractérisées. Les mécanismes d'action exacts de la rasagiline demeurent inconnus.
L'autorisation de commercialisation s'appuie sur des données issues d'études sur la qualité (chimie et fabrication) et d'études noncliniques et cliniques. L'innocuité et l'efficacité d'Azilect dans le traitement de la maladie de Parkinson ont été établies dans trois études randomisées, contrôlées contre placebo, de 18 à 26 semaines. Azilect s'est révélé efficace en monothérapie dans le traitement des premiers stades de la maladie de Parkinson chez des patients qui ne recevaient aucun traitement dopaminergique concomitant, et comme traitement d'appoint, dans le traitement de la maladie de Parkinson chez des patients qui recevaient un traitement par la lévodopa.
Azilect (mésylate de rasagiline, 0,5 mg et 1,0 mg) est offert en comprimés. La dose recommandée et maximale en monothérapie et comme traitement d'appoint est de 1,0 mg une fois par jour. La rasagiline ne doit pas être administrée à des doses quotidiennes supérieures à la dose maximale recommandée (1,0 mg/jour) en raison des risques associés à une inhibition non sélective de la MAO. Des études adéquates sur des doses plus élevées n'ont pas été menées. En l'absence de restrictions visant l'alimentation et la prise concomitante d'autres médicaments, il est essentiel de ne pas dépasser la dose maximale. Il se peut que l'on doive réduire la dose de lévodopa lorsqu'Azilect est utilisé en association avec cette substance, selon la réaction des patients. Les patients qui commencent un traitement d'appoint, qui présentent une légère insuffisance hépatique ou qui reçoivent un traitement concomitant par la ciprofloxacine ou d'autres inhibiteurs du CYP1A2 ne doivent recevoir que 0,5 mg d'Azilect par jour. Les recommandations concernant la posologie sont décrites dans la monographie de produit.
L'utilisation d'Azilect est contre-indiquée en association avec les substances suivantes : cyclobenzaprine; dextrométhorphane; mépéridine; millepertuis commun; amines sympathomimétiques, y compris les amphétamines ainsi que les produits contre le rhume et les produits amaigrissants contenant des vasoconstricteurs; les agents analgésiques tramadol, méthadone ou propoxyphène; antidépresseurs; autres inhibiteurs sélectifs de la MAO-B ou inhibiteurs non sélectifs de la MAO. Les patients qui reçoivent un traitement par Azilect ne doivent pas subir d'intervention chirurgicale non urgente nécessitant une anesthésie générale et ne doivent pas recevoir d'anesthésiques locaux contenant de la cocaïne ou des vasoconstricteurs sympathomimétiques. Azilect est également contre-indiqué chez les patients présentant un phéochromocytome.
Azilect devrait être administré selon les conditions décrites dans la monographie de produit, en tenant compte des risques potentiels associés à l'administration de ce produit pharmaceutique. Les conditions détaillées relatives à l'usage d'Azilect sont décrites dans la monographie de produit.
Conformément à son examen des données portant sur la qualité, l'innocuité et l'efficacité du produit, Santé Canada juge que le rapport entre les avantages et les risques d'Azilect est favorable au traitement des signes et des symptômes de la maladie de Parkinson idiopathique, en monothérapie ou comme traitement d'appoint à la lévodopa.
3 Motifs d'ordre scientifique et réglementaire
La présentation initiale concernant Azilect (no de contrôle 087283) a été déposée à des fins d'examen le 8 octobre 2003 et ne comprenait que la dose de 1 mg. La présentation a subi un premier examen, puis a reçu un avis de non-conformité (ANC) en raison d'un problème d'innocuité exceptionnel, à savoir le risque qu'Azilect induise des mélanomes. Une réponse a été déposée en avril 2005; en septembre 2005, le promoteur a été avisé qu'il fallait inclure une concentration additionnelle (comprimé de 0,5 mg) servant de dose de départ, dose ayant été omise dans l'ANC initial. En conséquence, il a été suggéré que le promoteur retire sa présentation et qu'il en dépose une autre en incluant la nouvelle concentration. Cette nouvelle présentation concernant Azilect (no de contrôle 101846) a été déposée pour examen le 17 octobre 2005.
3.1 Motifs d'ordre qualitatif
3.1.1 Substance médicamenteuse (ingrédient médicinal)
Procédé de fabrication et contrôles en cours de fabrication
Le mésylate de rasagiline est fabriqué par synthèse sélective achirale en trois étapes. Chaque étape du procédé de fabrication est considérée comme contrôlée à l'intérieur de limites acceptables :
- Le promoteur a fourni des données sur la qualité et les contrôles pour toutes les matières entrant dans la fabrication de la substance médicamenteuse.
- Les spécifications de la substance médicamenteuse ont été jugées satisfaisantes. Les valeurs limites quant aux impuretés sont conformes aux exigences de la Conférence internationale sur l'harmonisation (ICH).
- Les étapes de traitement ont été évaluées, et des intervalles appropriés ont été établis relativement aux paramètres du procédé.
Caractérisation
Le mésylate de rasagiline est une poudre cristalline très soluble de couleur blanche à blanc cassé. La structure du mésylate de rasagiline a été adéquatement élucidée, et les spectres représentatifs ont été fournis. Les propriétés physiques et chimiques ont été décrites et sont jugées satisfaisantes.
Le promoteur a présenté un sommaire de toutes les impuretés liées au médicament. Les impuretés découlant de la fabrication ont été signalées et caractérisées. Ces produits se situaient dans les limites établies par l'ICH, et elles sont par conséquent acceptables.
Contrôle de la substance médicamenteuse
Les rapports de validation de toutes les méthodes qui ont servi à l'analyse de la substance médicamenteuse demi-finie et finie et à la justification des spécifications de la substance médicamenteuse ont été jugés satisfaisants.
Les résultats des analyses de lot ont été examinés et sont jugés acceptables conformément aux spécifications de la substance médicamenteuse.
Les matériaux d'emballage prévus sont aussi considérés comme acceptables.
Stabilité
Les données sur la stabilité fondées sur des essais accélérés, des essais de longue durée et des essais sous contrainte ont révélé que le mésylate de rasagiline est un composé stable lorsqu'il est conditionné de la façon prévue pendant la période d'entreposage proposée. Il a été établi que le mésylate de rasagiline est photostable.
3.1.2 Produit pharmaceutique
Description et Composition
Azilect (comprimés de mésylate de rasagiline) est offert en deux concentrations : 0,5 mg et 1 mg (correspond à la quantité de rasagiline). Les comprimés d'Azilect sont de couleur blanche à blanc cassé, de forme ronde et plate avec des bords biseautés, et portent l'inscription « GIL » 1 ou « GIL » 0.5 d'un côté et aucune inscription de l'autre. Les comprimés sont conditionnés dans des flacons de 30 mL en polyéthylène haute densité (PEHD) munis d'un col fileté. Chaque flacon contient 30 comprimés. Deux systèmes récipient-fermeture sont approuvés :
Two different closures are approved:
- bouchon vissé rond et blanc en polypropylène à l'épreuve des enfants, muni d'un manchon d'inviolabilité et contenant un produit déshydratant à base de silice;
- bouchon vissé rond et blanc en polypropylène (non à l'épreuve des enfants), muni d'un manchon d'inviolabilité et contenant un produit déshydratant à base de silice.
Azilect est également offert dans des plaquettes alvéolées en aluminium-argent/aluminium souple de 7 à 10 comprimés destinées aux médecins à des fins promotionnelles uniquement.
Chaque comprimé d'Azilect contient les ingrédients non médicinaux suivants : mannitol, dioxyde de silicium colloïdal, amidon, amidon prégélatinisé, acide stéarique et talc. En raison du risque d'encéphalopathie spongiforme bovine/encéphalopathie spongiforme transmissible, l'acide stéarique a été remplacé par de l'acide stéarique d'origine végétale lors de l'élaboration du produit.
Tous les excipients présents dans le produit pharmaceutique sont autorisés par le Règlement sur les aliments et drogues du Canada. Les données sur la stabilité présentées à l'appui de la formulation commerciale proposée attestent la compatibilité du mésylate de rasagiline avec les excipients.
Élaboration du produit pharmaceutique
Les données sur l'élaboration du produit pharmaceutique, y compris le système récipient-fermeture et les caractéristiques microbiologiques, ont été jugées acceptables. On a passé en revue les études sur lesquelles reposait le choix des excipients entrant dans la composition du produit pharmaceutique et de leur concentration, et elles ont été jugées acceptables.
Procédé de fabrication et contrôles en cours de fabrication
Le procédé de fabrication d'Azilect consiste en les étapes suivantes : mélange à sec, granulation par voie humide, séchage, broyage, mélange, compression et conditionnement. Tout l'équipement, les paramètres de fonctionnement, les essais en cours de fabrication et les instructions détaillées sont dûment décrits dans la documentation. Le procédé de fabrication est jugé acceptable et dûment contrôlé à l'intérieur de limites justifiées.
Contrôle du produit pharmaceutique
Les lots d'Azilect ont été soumis à des tests visant à vérifier l'apparence, l'identité, l'uniformité du contenu, la dissolution, la concentration, le poids, l'épaisseur, la dureté, la désintégration, la friabilité et la présence d'impuretés et de produits de dégradation. Les spécifications des tests et les méthodes d'analyse sont jugées acceptables; la durée de conservation ainsi que les limites de libération des produits de dégradation, pris séparément ou globalement, se situent dans des limites acceptables.
Les rapports de validation de toutes les méthodes qui ont servi à l'analyse du produit demi-fini et fini et à la justification des spécifications du produit pharmaceutique ont été jugés satisfaisants.
On a passé en revue les résultats des analyses finales de lots, et ils ont été jugés conformes aux spécifications du produit pharmaceutique.
Stabilité
Les données sur la stabilité ont montré que les flacons en PEHD munis de bouchons en polypropylène à l'épreuve des enfants ou non à l'épreuve des enfants ainsi que les plaquettes alvéolées en aluminium-argent/aluminium souple destinées aux médecins (échantillons) sont des contenants/systèmes récipient-fermeture acceptables pour le produit pharmaceutique. Les comprimés d'Azilect sont photostables.
À la lumière des données sur la stabilité fondées sur des essais accélérés et en temps réel, les durées de conservation proposées pour le produit commercial et les échantillons destinés aux médecins, soit 36 et 24 mois à 25 ºC, respectivement, sont jugées acceptables.
3.1.3 Installations et équipement
L'aménagement, le fonctionnement et les mécanismes de contrôle des installations et de l'équipement servant à la production sont jugés acceptables pour les activités et les produits fabriqués. Toutes les installations de fabrication proposées sont conformes aux exigences du titre 2 du Règlement sur les aliments et drogues.
3.1.4 Conclusion
Cette présentation de drogue nouvelle a été jugée conforme aux exigences énoncées à l'article C.08.004 du Règlement sur les aliments et drogues en ce qui concerne les données sur la qualité (chimie et fabrication). L'information soumise sur les caractéristiques chimiques et la fabrication d'Azilect montre que la substance médicamenteuse et le produit pharmaceutique peuvent être fabriqués de façon à répondre systématiquement aux spécifications approuvées. Des études appropriées sur l'élaboration et la validation ont été menées, et des contrôles adéquats sont en place pour la commercialisation.
3.2 Motifs non cliniques de la décision
3.2.1 Pharmacodynamique
La principale activité pharmacologique de la rasagiline a été étudiée dans divers systèmes in vitro et in vivo. Il a été établi que la rasagiline est un puissant inhibiteur sélectif et irréversible de la monoamine oxydase de type B (MAO-B). L'inhibition de la MAO-B entraîne une élévation des concentrations extracellulaires de dopamine dans le striatum, ce qui augmente l'activité dopaminergique. Il s'agit vraisemblablement du principal mécanisme par lequel la rasagiline provoque une amélioration de l'état dans les modèles de dysfonctionnement moteur dopaminergique. La rasagiline n'inhibe pas d'autres enzymes de régulation et ne se lie pas à d'autres récepteurs.
La capacité de la rasagiline à rétablir les activités motrices normales a été étudiée dans un modèle rat de dysfonctionnement dopaminergique induit par médication et par hypoxie. Les effets sur l'apprentissage et la mémoire ont été examinés à l'aide de modèles d'évitement passif, d'évitement actif et de la piscine de Morris. Il a été démontré que le traitement par la rasagiline améliorait le comportement d'évitement passif, l'apprentissage et la mémoire à la fois chez les rats adultes et nouveau-nés.
En outre, les résultats d'études non cliniques ont indiqué que la rasagiline améliorait la cognition dans les modèles animaux et avait un effet neuroprotecteur dans les modèles in vitro et in vivo. L'effet neuroprotecteur de la rasagiline ne dépend pas de son activité inhibitrice de la MAO, et il est possible que cet effet soit médié par d'autres mécanismes. L'aminoindane, l'un des principaux métabolites de la rasagiline, pourrait jouer un rôle dans l'un de ces mécanismes. L'aminoindane n'est pas un inhibiteur de la MAO, mais dans plusieurs modèles animaux présentant des fonctions motrices et cognitives réduites, il a été démontré que cette substance améliore l'état des animaux présentant un dysfonctionnement moteur dopaminergique ou un déficit cognitif induit par une hypoxie. Il est donc possible qu'elle contribue aux effets bénéfiques de la rasagiline.
À l'aide de modèles in vivo et in vitro, on a comparé les effets neuroprotecteurs de la rasagiline aux effets de la sélégiline, un autre inhibiteur de la MAO-B. Avec la rasagiline, on a obtenu des effets neuroprotecteurs et neurotrophiques plus puissants qu'avec la sélégiline sur des neurones dopaminergiques provenant de cultures primaires de cellules du mésencéphale. La rasagiline a aussi eu un certain effet protecteur contre le MPTP, une neurotoxine capable d'induire la maladie de Parkinson chez l'humain et les primates non humains. La capacité d'un médicament à prévenir la neurotoxicité induite par le MPTP est indicatrice de sa capacité à inhiber la MAO-B. Dans les cellules en culture, les effets du médicament ont été interprétés comme étant une inhibition de l'apoptose non due à une inhibition de la MAO par ces composés. In vivo, l'effet neuroprotecteur de la rasagiline était très évident, et on a constaté une augmentation du taux de survie des animaux. Une amélioration de la survie des neurones a été confirmée par IRM et par des analyses histologiques et immunocytochimiques. Cependant, on considère que ces résultats sont préliminaires et qu'il faudra mener d'autres études avant de pouvoir formuler des conclusions définitives et établir la pertinence clinique.
On a examiné les effets de la rasagiline sur le système cardiovasculaire et le système nerveux central dans des modèles animaux, mais les études d'innocuité pharmacologique ont été jugées incomplètes. Selon les lignes directrices de l'ICH, les principaux tests devraient inclure une analyse de l'appareil respiratoire, et en cas de doute, une analyse d'autres systèmes/appareils physiologiques comme les reins et l'appareil digestif.
Aucun changement manifeste de la pression artérielle ou de la fréquence cardiaque n'a été observé chez les quatre animaux testés. Il n'y a pas eu non plus de changement important ou durable associé à l'intervalle ou à la morphologie des ondes à l'ECG. La rasagiline administrée en dose unique pouvant aller jusqu'à 2 mg/kg n'a pas eu d'effet sur l'activité motrice, le comportement ou la réaction aux stimuli. Aux doses au moins 10 fois supérieures à la dose thérapeutique proposée chez l'humain, on n'a fait état d'aucun effet indésirable touchant le système cardiovasculaire ou le système nerveux central.
L'enregistrement par télémétrie de l'ECG de chiens se déplaçant librement et ayant reçu une dose unique (3 mg/kg) a donné des résultats négatifs en ce qui concerne un allongement de l'intervalle QT. On a noté une certaine augmentation de l'intervalle QT dans des études de toxicité menées chez des chiens traités par la lévodopa/carbidopa avec ou sans rasagiline; cependant, on n'a pas relevé d'allongement de l'intervalle dans le groupe traité uniquement par la rasagiline. Les résultats d'une étude portant sur l'interaction possible de la rasagiline avec les canaux potassiques (test hERG) n'ont indiqué aucun allongement de l'intervalle QT.
3.2.2 Pharmacocinétique
Les études pharmacocinétiques ont montré que l'absorption de la rasagiline était rapide et substantielle chez toutes les espèces animales étudiées. En dépit de ces résultats, la biodisponibilité orale était relativement faible, surtout en raison d'un métabolisme de premier passage dans les intestins et le foie. L'exposition systémique à la rasagiline a été évaluée lors d'études toxicocinétiques menées dans le cadre des études de toxicité réalisées chez trois espèces animales. Dans ces études, l'exposition à la rasagiline augmentait de façon linéaire en fonction de la dose aux faibles doses (jusqu'à 5 mg/kg/jour) et de façon non linéaire aux fortes doses (supérieures à 5 mg/kg). La liaison aux protéines plasmatiques était relativement élevée chez toutes les espèces étudiées, mais on estime qu'elle n'a pas d'incidence sur l'activité pharmacologique. Le volume de distribution était également élevé, ce qui indique que le médicament est distribué dans tous les tissus.
Le métabolisme de la rasagiline chez la souris, le rat et le chien a été examiné après l'administration orale et intraveineuse d'une dose unique. La rasagiline est principalement biotransformée en divers métabolites par les enzymes du CYP450. On a trouvé des métabolites similaires chez toutes les espèces étudiées.
Chez toutes les espèces testées, la rasagiline était excrétée dans les urines, surtout sous la forme de métabolites polaires. L'élimination était rapide, et on a retrouvé uniquement de petits résidus 24 heures après l'administration de la dose. Ce résultat peut être lié à la liaison irréversible de la rasagiline aux sites de la MAO.
Il est important de noter que la rasagiline ne s'est pas accumulée dans les tissus chez les rats, mais que le médicament a été capté dans les cellules pigmentées et y était fortement concentré, principalement au niveau des yeux et de la peau, plutôt que dans les cellules non pigmentées. Il est possible que l'accumulation substantielle de rasagiline dans les mélanocytes soit à l'origine d'une certaine interaction avec des composés endogènes et/ou exogènes qui provoquent des effets indésirables, comme l'induction de la prolifération cellulaire, des effets génotoxiques ou l'inhibition de l'apoptose.
3.2.3 Toxicologie
Toutes les études de toxicité ont été menées à l'aide de protocoles normalisés appropriés et conçus selon les lignes directrices de l'ICH. La plupart des études ont été réalisées conformément aux bonnes pratiques de laboratoire.
Toxicité à court terme
Les études de toxicité générale n'ont pas révélé une toxicité notable ou inattendue chez les espèces animales étudiées. Il a été établi que la rasagiline est associée à une faible toxicité aiguë; on ne prévoit pas observer une toxicité aiguë à la dose thérapeutique ou même à des doses beaucoup plus fortes chez l'humain. L'absence de toxicité constatée lors de nombreuses études subchroniques laisse penser que les doses utilisées étaient trop faibles, même si les données toxicocinétiques indiquaient une exposition appropriée. Il se peut que la diminution du poids corporel des animaux traités notée pour toutes les espèces étudiées, les observations cliniques et les résultats cliniques pathologiques et histopathologiques soient associés à l'activité dopaminergique de la rasagiline.
On a noté des signes d'immunotoxicité lors des études réalisées chez le rat et le chien, principalement une atrophie des tissus lymphoïdes aux doses les plus élevées. Ces études n'ont pas été suivies d'un examen des fonctions. Le promoteur estime que les altérations touchant les tissus lymphoïdes étaient liées à une prise pondérale réduite.
Génotoxicité
Le potentiel génotoxique de la rasagiline a été évalué lors d'un certain nombre de tests in vitro et in vivo au cours desquels on a examiné les mutations génétiques apparaissant chez les bactéries et dans les cellules de mammifères, les aberrations chromosomiques dans des cellules de mammifères en culture et l'induction de micronoyaux dans la moelle osseuse chez la souris.
La rasagiline a donné des résultats négatifs lors des essais de mutation sur bactéries et du test du micronoyau chez la souris. Cependant, le test d'aberration chromosomique sur lymphocytes et le test sur cellules de lymphome de souris (mutation génétique) se sont avérés positifs, ce qui laisse croire que la rasagiline est potentiellement génotoxique.
Les résultats provenant d'expériences où l'on a modifié le milieu de culture étaient difficiles à interpréter.
Cancérogénicité
On a réalisé des bioessais de cancérogénicité où l'on a administré à des rats des doses orales (gavage) de 0,3, 1 et 3 mg/kg (mâles) et de 0,5, 2, 5 et 17 mg/kg (femelles), et à des souris, des doses orales (gavage) de 1, 15 et 45 mg/kg. Chez le rat, il n'y a pas eu d'augmentation des tumeurs aux doses étudiées. Le promoteur en conclut que, globalement, la rasagiline présente une activité cancérogène ambiguë, non liée aux effets du médicament, malgré les résultats positifs obtenus lors d'études chez la souris (le ratio d'exposition entre les souris recevant 15 mg/kg/jour et les humains recevant 1 mg/jour est de plus de 100).
Le promoteur a affirmé que les tumeurs trouvées dans deux sièges chez la souris (poumon et glande de Harder) étaient des tumeurs fréquentes et que, par conséquent, le test de tendance pour le taux d'apparition des tumeurs doit être considéré comme statistiquement significatif uniquement pour des valeurs p égales ou inférieures à 0,005. Cette affirmation se fonde sur un critère décisionnel élaboré par la FDA pour évaluer l'incidence des tumeurs courantes (Draft Guidance for Industry Statistical Aspects of the Design, Analysis, and Interpretation of Chronic Rodent Carcinogenicity Studies of Pharmaceutical, FDA, 2001). Sur la base du critère de la FDA servant à déterminer si un taux d'incidence est statistiquement significatif, le promoteur a avancé que seuls les adénomes/carcinomes alvéolaires/bronchiaux du poumon chez les souris mâles (p = 0,002) doivent être considérés comme une tendance positive statistiquement significative, alors que les tests de tendance associés à tous les autres sièges, y compris l'incidence des tumeurs pulmonaires chez les souris femelles (p = 0,0113) et les tumeurs de la glande de Harder chez les souris mâles (p = 0,0194), devraient tous être considérés comme statistiquement non significatifs.
Il est à remarquer que la version préliminaire du document de la FDA portant sur l'analyse statistique des données relatives aux tumeurs existe depuis plus de trois ans, mais qu'il n'y a toujours pas de version finale. Par ailleurs, dans d'autres études de cancérogénicité, notamment les études menées dans le cadre du National Toxicology Program (NTP), on a recours à d'autres valeurs p que celles proposées par la version préliminaire du document de la FDA pour considérer qu'un résultat de test de tendance est statistiquement significatif (p. ex. une valeur p de 0,05 et de 0,01 pour l'incidence des tumeurs rares et des tumeurs fréquentes, respectivement).
Une autre méthode importante à envisager lorsqu'on tente de déterminer la signification statistique d'un taux de tumeurs, outre le test de tendance, est la comparaison par paires de l'incidence des tumeurs entre les témoins et le groupe traité. Cette méthode, généralement admise pour déterminer la signification statistique, est aussi recommandée dans le document de la FDA. Lors d'une comparaison par paires, les taux de tumeurs sont considérés comme statistiquement significatifs lorsque la valeur p est de 0,01 et de 0,05 pour les tumeurs fréquentes et les tumeurs rares, respectivement. En comparant les groupes traités à forte dose et les témoins dans l'étude menée chez la souris, on a pu établir qu'il y avait une augmentation statistiquement significative des taux d'adénomes/carcinomes du poumon chez les mâles (p = 0,0046 pour une dose de 45 mg/kg/jour et p = 0,036 pour une dose de 15 mg/kg/jour).
Puisque les deux analyses statistiques (test de tendance et comparaison par paires) ont révélé une incidence positive statistiquement significative des tumeurs pulmonaires chez les souris mâles, on en conclut qu'il existe un risque clair d'activité cancérogène en ce qui concerne la rasagiline à des doses de plusieurs fois supérieures à la dose clinique.
L'incidence accrue des adénomes/carcinomes de la glande de Harder associée à une valeur p de 0,0131 observée lors de la comparaison entre les groupes traités à forte dose et les témoins donne également à penser que la rasagiline est cancérogène chez les souris mâles.
Chez les souris femelles, la comparaison par paires des groupes traités à forte dose et des témoins a révélé une augmentation statistiquement significative de l'incidence des adénomes/carcinomes pulmonaires (p = 0,0237). Ce résultat, conjugué à un test de tendance positif pour ce type de tumeur, semble indiquer que la rasagiline est aussi cancérogène chez les souris femelles.
Pour obtenir de l'information sur les risques de cancérogénicité chez l'humain, se reporter à la section 3.3.5 Évaluation des risques de mélanome.
Toxicité pour l'appareil reproducteur et le développement
L'administration de rasagiline à des rats et à des lapins des deux sexes n'a pas entraîné d'effets indésirables touchant la fertilité. La dose sans effet nocif observé (DSENO) était de 3 mg/kg/jour et de 7 mg/kg/jour chez le rat et le lapin, respectivement. Ces doses correspondent à plus de 50 fois la dose thérapeutique chez l'humain, selon les ratios de l'ASC.
En association avec la lévodopa (LD) et la carbidopa (CD), la rasagiline a induit une toxicité maternelle chez des lapines à des doses supérieures à 0,1 mg/kg/jour. L'exposition résultant de l'administration de 0,1/80/20 mg/kg/jour de LD/CD/rasagiline, respectivement, était similaire à l'exposition des humains ayant reçu une dose clinique de 1 mg/jour. Aucun effet tératogène n'a été observé chez le lapin. Cependant, chez le rat, l'exposition résultant de l'administration de 1/80/20 mg/kg/jour de LD/CD/rasagiline a considérablement augmenté la fréquence des malformations du squelette (côtes ondulées). Le promoteur a affirmé que, même si l'apparition de côtes ondulées semblait être liée au traitement, il s'agit d'un effet réversible uniquement observé chez les rongeurs. On estime toutefois que de telles côtes représentent une malformation mineure du squelette. À partir de ces études, il est difficile de déterminer si la rasagiline seule peut induire cette malformation, ou si la formation de telles côtes est attribuable à la présence de LD ou de CD.
À la lumière de ces résultats, il est recommandé que la rasagiline ne soit pas administrée aux femmes durant la grossesse. Une mise en garde à cet effet a été incluse dans la monographie de produit.
3.2.4 Résumé et conclusion
Dans les études évaluant l'activité pharmacologique de la rasagiline, les données montrent de façon convaincante que cette substance est un inhibiteur efficace de la MAO-B et qu'elle inhibe relativement peu la MAO-A aux doses thérapeutiques. Comme l'interprétation des données relatives aux effets neuroprotecteurs de la rasagiline est trop hasardeuse, il faut réaliser d'autres études avant de pouvoir tirer des conclusions définitives. Plus important encore, d'autres études doivent être menées afin d'établir la pertinence clinique.
Le résultat le plus crucial de l'évaluation non clinique est l'activité cancérogène de la rasagiline chez la souris. Compte tenu des résultats positifs obtenus dans certains tests de génotoxicité, y compris le test des aberrations chromosomiques et celui des mutations génétiques sur cellules de mammifères en culture, on croit que l'activité cancérogène de la rasagiline s'exerce probablement par un mécanisme génotoxique. Les résultats positifs de l'étude sur la cancérogénicité chez la souris ainsi que les données non cliniques donnent à penser que la rasagiline pourrait présenter un risque de cancérogénicité chez l'humain. D'autres analyses du potentiel cancérogène de la rasagiline sont présentées à la section 3.3.5 Évaluation des risques de mélanome.
3.3 Motifs cliniques de la décision
3.3.1 Pharmacodynamique
Le risque de crise d'hypertension associé à la prise d'inhibiteurs non sélectifs de la MAO (ou inhibiteurs irréversibles de la MAO-A) suivie de la prise d'amines sympathomimétiques à action indirecte comme la tyramine est bien connu et peut être amplifié chez les sujets recevant de la lévodopa (LD) en concomitance. On ne s'attend pas à ce que les inhibiteurs réversibles de la MAO ou les inhibiteurs irréversibles de la MAO-B (comme la rasagiline) interagissent avec la tyramine. Cependant, la sélégiline, un inhibiteur irréversible de la MAO-B, administrée à des doses thérapeutiques, a été associée à une baisse de la pression artérielle en station debout chez des patients atteints de la maladie de Parkinson (MP) et a diminué les réponses autonomes cardiovasculaires. La sélégiline administrée en association avec la LD à un stade avancé de la maladie peut davantage exacerber l'hypotension orthostatique, particulièrement si la dose de LD n'a pas été réduite. La rasagiline est un inhibiteur puissant, irréversible et très sélectif de la MAO-B. On a mené quatre essais afin d'examiner les effets de la rasagiline administrée en association avec la tyramine prise par voie orale. L'exposition à la tyramine découlant d'une administration de la substance sous forme de capsules après un jeûne peut être supérieure à 4 fois celle obtenue à partir d'une quantité comparable de tyramine d'origine alimentaire. Dans les quatre essais réalisés avec la rasagiline, on a administré une dose de tyramine modérée à forte sous forme de capsules pendant un jeûne ou pendant un repas léger. Ces conditions ne sont pas équivalentes aux conditions attendues d'un repas riche en lipides/tyramine. Par conséquent, on ne prévoit pas que la quantité de tyramine provenant de ce type de repas cause une augmentation considérable de la pression artérielle chez les patients traités par la rasagiline à la dose prévue.
À la lumière des données tirées de ces quatre essais, de même que des données sur l'innocuité cardiovasculaire obtenues à l'aide du programme clinique et d'une recension de publications scientifiques, aucune restriction alimentaire visant la tyramine n'est suggérée dans l'information posologique en ce qui a trait à l'utilisation de la rasagiline chez les patients parkinsoniens. La monographie de produit comporte une mise en garde indiquant de ne pas dépasser la dose quotidienne de rasagiline recommandée. Cette mise en garde est particulièrement importante lorsque la substance est utilisée en association avec la LD.
3.3.2 Pharmacocinétique
La rasagiline était largement distribuée, et son volume de distribution (Vd) apparent moyen était d'environ 243 L après l'administration intraveineuse (IV) d'une dose unique de 2 mg. Ce grand Vd est attribuable à la liaison irréversible de la rasagiline à la MAO dans l'organisme et concorde avec les résultats obtenus dans les études pharmacocinétiques en population. On ne dispose pas de données cliniques sur la distribution tissulaire de la rasagiline chez l'humain. Toutefois, les résultats des études de liaison in vitro indiquent que la rasagiline se lie à des protéines dans une proportion de plus de 90 %, la liaison étant légèrement plus élevée chez les hommes (92,4 %) que chez les femmes (91,1 %). Lors d'une étude ex vivo réalisée avec des concentrations thérapeutiques de rasagiline, environ 70 % de la radioactivité (rasagiline plus métabolites) était liée à des protéines 1 heure après l'administration de la dose et déclinait jusqu'à environ 63 % au cours des 3 à 12 heures suivant l'administration de la dose. Les données ex vivo ainsi que les données sur la liaison in vitro à l'albumine humaine (entre 61,4 % et 66,2 %) et à l'alpha 1-glycoprotéine acide humaine (entre 33,8 % et 64,1 %) indiquent une liaison modérée de la rasagiline aux protéines. Pour cette raison, il est peu probable que la rasagiline aura un effet sur le profil de liaison aux protéines d'autres médicaments, et les interactions médicamenteuses attribuables à un déplacement protéique ne devraient pas avoir de conséquences sur son élimination. Le ratio cellules sanguines/plasma des substances radioactives dérivées de la rasagiline se situait entre 0,1 et 1,2, le ratio moyen dans le temps étant entre 0,2 et 0,7, ce qui indique que la liaison de la rasagiline et/ou de ses métabolites aux cellules sanguines ou leur distribution dans ces cellules n'est pas grande.
3.3.3 Efficacité clinique
Trois essais pivots ont été présentés à l'appui de cette demande. Deux d'entre eux étaient des essais nord-américains (TEMPO et PRESTO), et le troisième, un essai européen, argentin et israélien (LARGO). TEMPO était un essai évaluant l'utilisation de la rasagiline en monothérapie, et PRESTO et LARGO, des essais évaluant la rasagiline en association avec la lévodopa à titre de traitement d'appoint. En outre, dans l'essai LARGO, on a eu recours à l'entacapone comme témoin positif. Toutes ces essais étaient des essais de phase III multicentriques, menés à double insu, contrôlés avec placebo et avec groupes parallèles. Les participants ont reçu quotidiennement 0,5, 1,0 ou 2,0 mg de rasagiline, d'entacapone ou de placebo. Pour évaluer l'efficacité, on s'est fondé sur l'échelle d'évaluation unifiée pour la maladie de Parkinson (EEUMP) et sur le temps passé en état de blocage enregistré par le patient dans un journal.
Aucune étude officielle de dose-réponse n'a été menée pour mesurer l'efficacité d'Azilect, et aucune étude visant à évaluer l'effet de doses inférieures à 0,5 mg/jour, que ce soit en monothérapie ou en traitement d'appoint, n'a été réalisée. Toutes les doses auxquelles on a eu recours dans les essais pivots étaient associées à une efficacité statistiquement significative; par conséquent, aucune dose minimale efficace à utiliser en monothérapie ou en traitement d'appoint n'a été déterminée.
Le traitement par la rasagiline à raison de 1,0 et 2,0 mg par jour pendant 6 mois s'est soldé par des baisses importantes de la variation moyenne ajustée par rapport à la valeur de départ du score total de l'EEUMP chez les patients parkinsoniens à un stade précoce. Ces résultats provenaient principalement de la sous-échelle des activités de la vie quotidienne (AVQ) et de la fonction motrice. Le traitement était aussi associé à un avantage clinique au regard d'autres paramètres pertinents à la MP (liés aux symptômes ou au traitement) et du maintien du niveau basal de la qualité de vie (QV). Cet avantage s'oppose à la détérioration du niveau de qualité de vie observée dans le groupe placebo.
L'administration du traitement pendant plus d'un an a donné lieu à une amélioration prolongée des symptômes de la maladie de Parkinson. Les avantages cliniques étaient généralement meilleurs chez les patients ayant reçu 1,0 mg du produit par jour pendant un an que chez ceux qui en avaient reçu 2,0 mg par jour pendant 6 mois.
Il a été établi que l'administration quotidienne de 0,5 mg et de 1,0 mg de rasagiline diminuait efficacement le temps total passé en état de blocage dans une journée chez les sujets traités par LD présentant des fluctuations motrices. Le temps passé en état de blocage représente le temps pendant lequel les patients parkinsoniens sont partiellement ou totalement immobiles. La dose de 1,0 mg était associée à un avantage plus grand et plus régulier que celle de 0,5 mg et à des effets indésirables faciles à gérer. La diminution des fluctuations motrices est apparue dès la 6e semaine. Le score total de l'EEUMP et le score de la fonction motrice s'étaient aussi améliorés chez les patients dont le traitement par la LD avait été précédemment optimisé. Ces données semblent indiquer que la rasagiline pourrait prolonger les avantages du traitement par la LD et aussi améliorer ses effets antiparkinsoniens les plus importants.
3.3.4 Innocuité clinique
Azilect a semblé généralement sûr et bien toléré à des doses de 0,5 à 2,0 mg/jour. On estime que la grande majorité des événements indésirables (EI) étaient peu ou modérément graves, et que seuls quelques EI étaient liés au traitement. On a observé une faible fréquence d'EI dopaminergiques, notamment des étourdissements, une confusion, des hallucinations, une hypotension orthostatique/posturale et une dyskinésie. On a également relevé les EI suivants : ataxie, blessures accidentelles, arthralgie et vomissements. À la fois dans les essais évaluant la monothérapie et le traitement d'appoint, plusieurs EI, y compris ceux que l'on considère comme dopaminergiques, semblaient être associés à une relation dose-effets. Même à la dose la plus faible, plusieurs EI survenaient avec une plus grande fréquence dans les groupes traités par la rasagiline que dans les groupes placebo/recevant le comparateur actif. Il n'y a pas eu d'écarts importants entre les groupes en ce qui a trait au pourcentage d'abandon prématuré, au pourcentage d'abandon attribuable aux EI ou à la durée avant l'abandon.
Lorsque la rasagiline à une dose de 1 mg/jour est administrée conjointement avec la lévodopa, les données indiquent une plus grande fréquence d'EI cardiovasculaires (CV) chez les patients recevant la rasagiline par rapport à ceux recevant le placebo ou le comparateur actif, y compris un bloc auriculo-ventriculaire (AV) du premier degré. Pour ce qui concerne la rasagiline administrée en monothérapie, il y avait une plus grande fréquence d'EI cardiovasculaires chez les patients du groupe placebo recevant de la lévodopa.
Aucun signe n'indiquait une interaction de la rasagiline avec la tyramine.
On considère que les problèmes d'innocuité décrits précédemment sont légers. Une analyse séparée du risque de mélanome découlant d'un traitement par la rasagiline est présentée ci-dessous.
3.3.5 Évaluation des risques de mélanome
Au total, 20 cas de mélanome malin trouvés chez 19 patients (8 invasifs et 12 in situ) ont été diagnostiqués et signalés pendant le programme clinique portant sur la rasagiline. Quinze de ces patients ont été traités par la rasagiline, un a reçu le placebo et trois autres ont été diagnostiqués avant de recevoir le traitement. La majorité des cas (14) ont été diagnostiqués après la mise en place d'un examen cutané minutieux dans tous les essais cliniques sur la rasagiline du monde entier. Onze des 15 patients participaient à des essais sans groupe placebo. Après la détection du 4e cas, le promoteur a amorcé une enquête sur la fréquence des cas de mélanome dans le programme de développement de la rasagiline. On a envoyé une lettre adressée aux chercheurs participant aux essais cliniques sur la rasagiline de l'Amérique du Nord. Après la découverte du 6e cas, le promoteur a décidé d'agir plus activement. La première intervention a consisté à instaurer un examen cutané périodique de tous les patients participant aux essais cliniques et à mentionner le mélanome dans la brochure destinée aux chercheurs et le formulaire de consentement éclairé. On s'attendait donc à ce que cette étape proactive augmente le nombre de cas diagnostiqués en raison de la plus grande sensibilisation engendrée. Il est bien admis qu'il n'existe pas de base de données fiable pour effectuer une comparaison avec la population en général, et que le degré de sous-déclaration est probablement important. On a lancé plusieurs activités afin de mieux comprendre la survenue des cas de mélanomes dans les essais sur la rasagiline.
Il a été avancé, toutefois, que les patients parkinsoniens pouvaient courir un risque accru de mélanome. Pour étudier cette hypothèse de façon plus approfondie, on a mis en uvre deux études de cohorte portant sur des patients parkinsoniens non traités par la rasagiline. Chacune des études, l'une menée en Amérique du Nord et l'autre, en Israël, visait à recruter jusqu'à 2 000 patients. Les résultats préliminaires des deux études indiquent que la fourchette de la prévalence des mélanomes chez les patients parkinsoniens (entre 1 pour 76 et 1 pour 143) est plus élevée que celle de la population en général (entre 1 pour 160 et 1 pour 700). Selon une autre étude de cohorte, portant sur la population danoise, les patients parkinsoniens ont vu leur risque relatif de mélanome augmenter au double du risque de la population générale. Dans une autre étude, on examinait l'inverse, soit le taux de maladie de Parkinson chez les patient présentant un mélanome malin. Dans ce cas-ci également, le taux de maladie de Parkinson parmi les patients présentant un mélanome dépassait le taux de maladie de Parkinson dans la population générale. Ces études ont fourni des données substantielles et un fondement plus solide indiquant une association implicite entre la maladie de Parkinson et le mélanome. On pourrait envisager d'examiner les aspects moléculaires, génétiques ou pathophysiologiques de cette association, car les deux maladies pourraient partager des voies communes.
La classe sociale est le troisième facteur proposé comme ayant une association possible avec la maladie de Parkinson et le mélanome. Certains avancent l'hypothèse que le mélanome est plus fréquent chez les personnes appartenant aux classes favorisées. Cette hypothèse tient également pour les patients parkinsoniens (par l'association inverse entre le tabagisme et la MP). On a tenté de recueillir des données sur les facteurs de risque du mélanome chez les patients participant aux essais cliniques sur la rasagiline. De fait, on peut clairement observer que le profil des facteurs de risque des patients nord-américains est très différent de celui des Européens participant aux essais cliniques sur la rasagiline. Indépendamment du stade de la maladie (précoce ou avancé), une plus grande proportion de patients nord-américains présentaient des facteurs de risque, et le nombre moyen de ces facteurs par patient était plus élevé. Les résultats obtenus des examens et des biopsies de la peau réalisés lors des essais sur la rasagiline ont indiqué que d'autres cancers et lésions de la peau sont aussi plus fréquents chez les patients nord-américains. Le même résultat s'applique au pourcentage de patients ayant des antécédents de cancer de la peau.
En dépit du fait qu'une autre étude européenne menée en Italie ait révélé que les patients parkinsoniens présentent un plus faible risque de mélanome, et que la rasagiline puisse favoriser l'apparition des mélanomes chez les personnes à risque, notamment par son activité anti-apoptose, des données substantielles laissent penser que le risque de mélanome est plus élevé chez les patients parkinsoniens que dans la population générale. Par conséquent, il est difficile de conclure si l'incidence accrue de mélanomes observée chez les patients traités par la rasagiline est liée au traitement.
Un énoncé général relatif à la classe et portant sur le risque accru de mélanome chez les patients parkinsoniens a été ajouté dans la section des mises en garde de la monographie de produit de tous les médicaments traitant la maladie de Parkinson.
3.4 Évaluation des avantages / risques et recommandation
3.4.1 Évaluation des avantages/risques
Comme la fréquence des cas de mélanome observée lors du programme de développement clinique d'Azilect était préoccupante, Santé Canada a recommandé qu'un groupe consultatif composé de scientifiques soit mis sur pied afin d'examiner cette question de façon plus approfondie. Cependant, en raison de problèmes de logistique et d'emploi du temps, la formation de ce comité a été retardée. Entre-temps, étant donné les requêtes d'examen approfondi de la FDA concernant les données tirées de l'essai clinique ainsi que l'envoi récent du deuxième Rapport périodique de pharmacovigilance (du 3 juillet 2005 au 2 janvier 2006), Santé Canada a jugé que les données étaient suffisantes pour permettre une évaluation des avantages et des risques.
Compte tenu des données additionnelles provenant d'essais cliniques et des données épidémiologiques indiquant un risque accru de mélanome chez les patients parkinsoniens, Azilect n'a pas semblé poser un risque accru considérable en ce qui a trait à l'apparition de mélanome chez les patients traités par ce médicament par rapport aux patients parkinsoniens le ne prenant pas.
À la suite des données fournies dans la PDN concernant Azilect, on a rédigé et inclus dans la monographie de produit la déclaration relative à la classe suivante, laquelle s'applique à tous les médicaments traitant la maladie de Parkinson. La déclaration indique qu'il existe un risque accru de mélanome, et qu'il est conseillé de se faire suivre de près par un dermatologue.
Selon des études épidémiologiques, les patients atteints de la maladie de Parkinson courent un plus grand risque (environ 2 à 6 fois plus élevé) de mélanome que la population générale. Il est toutefois difficile de déterminer si ce risque accru est attribuable à la maladie de Parkinson ou à d'autres facteurs, tels que les médicaments employés dans le traitement de la maladie. Pour ces raisons, on conseille aux patients et aux fournisseurs de soins de santé de surveiller fréquemment et régulièrement l'apparition de mélanomes lorsque Azilect est utilisé, peu importe l'indication. Idéalement, la peau des patients devrait être examinée périodiquement par une personne qualifiée (par exemple un dermatologue).
Cette déclaration ayant été ajoutée à la monographie de produit, Santé Canada juge que l'évaluation des avantages et des risques d'Azilect est favorable.
3.4.2 Recommandation
Après avoir examiné les données sur la qualité, l'innocuité et l'efficacité de ce produit, Santé Canada estime qu'Azilect a un profil avantages/risques favorable au traitement des signes et des symptômes de la maladie de Parkinson idiopathique, en monothérapie ou comme traitement d'appoint à la lévodopa. La présentation de drogue nouvelle répond aux exigences des articles C.08.002 et C.08.005.1 et, par conséquent, Santé Canada a émis l'Avis de conformité prévu par l'article C.08.004 du Règlement sur les aliments et drogues.
4 Étapes importantes de la présentation
Étapes importantes de la présentation: AzilectMD
| Étape importante de la présentation | Date |
|---|---|
| Présentation initiale nº 087283 | |
| Dépôt de la présentation | 2003-10-08 |
| Examen préliminaire 1 | |
| Avis d'insuffisance émis lors de l'examen préliminaire | 2003-11-03 |
| Réponse déposée | 2003-11-20 |
| Lettre d'acceptation à l'issue de l'examen préliminaire | 2003-11-26 |
| Appel de niveau 1 | |
| Déposé | 2004-01-05 |
| Rejeté | 2004-02-09 |
| Examen 1 | |
| Évaluation de la qualité terminée | 2004-09-23 |
| Évaluation clinique terminée | 2004-12-22 |
| Délivrance de l'ANC par le directeur général | 2004-12-24 |
| Réponse déposée | 2005-04-15 |
| Examen préliminaire 2 | |
| Lettre d'acceptation à l'issue de l'examen préliminaire | 2005-05-16 |
| Examen 2 | |
| Évaluation clinique terminée | 2005-06-24 |
| Retrait/suppression par le promoteur | 2005-10-11 |
| Appel de niveau 2 | |
| Déposé | 2006-02-10 |
| Rejeté | 2007-01-05 |
| Nouvelle présentation no 101846 | |
| Dépôt de la présentation | 2005-10-17 |
| Examen préliminaire | |
| Lettre d'acceptation à l'issue de l'examen préliminaire | 2005-12-01 |
| Examen | |
| Évaluation biostatistique terminée | 2006-06-28 |
| Évaluation de la qualité terminée | 2006-05-18 |
| Évaluation clinique terminée | 2006-08-09 |
| Examen de l'étiquetage terminé | 2006-08-08 |
| Délivrance de l'AC par le directeur général | 2006-08-17 |
Produits pharmaceutiques connexes
| Nom du produit | DIN | Entreprise | Ingrédient(s) actif(s) & concentration |
|---|---|---|---|
| AZILECT | 02284650 | TEVA CANADA LIMITED | Rasagiline (Mésylate de rasagiline) 1 MG |
| AZILECT | 02284642 | TEVA CANADA LIMITED | Rasagiline (Mésylate de rasagiline) 0.5 MG |