Sommaire des motifs de décision portant sur Eraxis

Décisions d'examen

Le sommaire des motifs de décision explique les raisons pour lesquelles un produit a reçu une autorisation de vente au Canada. Le document comprend les considérations portant sur la réglementation, l’innocuité, l’efficacité et la qualité (sur le plan de la chimie et de la fabrication).


Type de produit:

Médicament
  • Ce document est une traduction française du document anglais approuvé.
Eraxis

Anidulafungine, 100 mg/flacon, poudre pour solution, Intraveineuse

Pfizer Canada Inc.

No de contrôle de la présentation : 110202

Émis le : 2008-04-16

Direction générale des produits de santé et des aliments

Notre mission est d'aider les Canadiennes et les
Canadiens à maintenir et à améliorer leur état de santé.
Santé Canada

Le mandat de la DGPSA est d'adopter une approche intégrée à la gestion des risques et des avantages pour la santé liés aux produits de santé et aux aliments:

  • en réduisant les facteurs de risque pour la santé des Canadiens et Canadiennes tout en maximisant la protection offerte par le systPme réglementaire des produits de la santé et des aliments ; et
  • en favorisant des conditions qui permettent aux Canadiens et Canadiennes de faire des choix sains ainsi qu'en leur donnant des renseignements afin qu'ils ou qu'elles puissent prendre des décisions éclairées en ce qui a trait à leur santé.

Direction générale des produits de santé et des aliments

Also available in English under the following title: Summary Basis of Decision (SBD)
PrERAXIS*, Anidulafungin, 100 mg/vial, powder for solution, Pfizer Canada Inc.,
Submission Control No. 110202

Avant-propos

Le Sommaire des motifs de décision (SMD) de Santé Canada expose les motifs d'ordre scientifique et réglementaire sur lesquels reposent les décisions de Santé Canada concernant la réglementation des médicaments et des instruments médicaux. Les SMD sont rédigés en langage technique à l'intention des personnes et groupes intéressés aux décisions de Santé Canada portant sur un produit donné et sont le reflet des observations consignées dans les rapports d'évaluation. À ce titre, les SMD servent à compléter et non à répéter l'information contenue dans la monographie de produit.

Nous invitons les lecteurs à consulter le « Guide du lecteur sur le Sommaire des motifs de décision - Médicaments au sujet de l'interprétation des termes et des acronymes utilisés ici. Ils trouveront également dans ce guide un aperçu du processus d'examen des présentations de drogue dans le feuillet intitulé « Comment les médicaments sont examinés au Canada », qui décrit les facteurs pris en considération par Santé Canada au cours du processus d'examen et d'autorisation d'une présentation de drogue. Les lecteurs devraient aussi consulter le document intitulé « Initiative du sommaire des motifs de décision - Foire aux questions ».

Le SMD correspond à l'information dont disposent les autorités de réglementation de Santé Canada au moment de prendre une décision. Les présentations subséquentes examinées à d'autres fins ne sont pas incluses dans la Phase I de la stratégie de mise en oeuvre des SMD. Pour obtenir de l'information à jour sur un produit en particulier, les lecteurs sont priés de consulter la monographie la plus récente de ce produit. Santé Canada fournit également l'information au sujet mises en garde diffusées après la commercialisation ou d'avis émis à la suite d'effets indésirables (EI).

Pour de plus amples renseignements sur un produit en particulier, les lecteurs peuvent également se rendre sur les sites Web des organismes de réglementation d'autres pays. L'information reçue à l'appui d'une présentation de drogue au Canada peut cependant ne pas être identique à celle reçue par d'autres gouvernements.

Autres politiques et lignes directrices

Les lecteurs sont invités à consulter le site Web de Santé Canada, où ils trouveront d'autres politiques et lignes directrices au sujet des médicaments, notamment le document intitulé «Gestion des présentations de drogues ».

1 Information sur le produit et la présentation

Marque nominative :

Eraxis

Fabricant/promoteur :

Pfizer Canada Inc.

Ingrédient médicinal :

Anidulafungine

Dénomination commune internationale :

Anidulafungine

Concentration :

100 mg/flacon

Forme posologique :

Poudre pour solution

Voie d'administration :

Intraveineuse

Identification numérique de drogue (DIN) :

  • 02302160

Classe pharmaco-thérapeutique (classe ATC) :

Agent antifongique

Ingrédients non médicinaux :

Poudre : fructose, mannitol, polysorbate 80, acide tartrique et hydroxyde de sodium et/ou acide chlorhydrique pour l'ajustement du pH

Diluant : alcool déshydraté et eau pour injection

Type et numéro de présentation :

Présentation de drogue nouvelle, nº de contrôle 110202

Date de la présentation :

2006-11-30

Date de l'autorisation :

2007-11-14

MC Marque de commerce de Vicuron Pharmaceuticals Inc.
Utilisée sous licence par Pfizer Canada Inc.

2 Avis de décision

Le 14 novembre 2007, Santé Canada a émis à l'intention de Pfizer Canada Inc. un avis de conformité du produit pharmaceutique Eraxis.

Eraxis contient l'ingrédient médicinal anidulafungine, un antifongique.

Eraxis est indiqué dans le traitement de la candidémie et d'autres formes de candidose invasive chez les patients adultes non neutropéniques. L'anidulafungine inhibe sélectivement la 1,3-β-D-glucane synthase, une enzyme présente chez les mycètes, mais pas dans les cellules de mammifères. Il en résulte une inhibition de la formation du 1,3-b-D-glucane, un constituant essentiel de la paroi cellulaire des mycètes.

L'autorisation de commercialisation s'appuie sur des données issues d'études portant sur la qualité, et d'études non cliniques et cliniques. Au cours d'une seule étude contre témoin actif de phase III, Eraxis s'est révélé nettement meilleur que la substance de référence, soit le fluconazole, dans le traitement de patients atteints d'une candidémie ou d'autres candidoses invaisves. On n'a pas évalué l'efficacité d'Eraxis dans le traitement de l'endocardite, de l'ostéomyélite et de la méningite attribuable à Candida. Les infections causées par C. krusei n'ont pas fait l'objet d'études. On ne disposait pas d'un nombre suffisant de patients neutropéniques pour déterminer l'efficacité du médicament dans ce groupe. Le profil d'innocuité global était comparable à celui du fluconazole.

Eraxis (anidulafungine, 100 mg/flacon) est offert sous forme de poudre pour solution, laquelle est destinée à la perfusion intraveineuse. Une dose d'attaque unique de 200 mg doit être administrée au jour 1, suivie d'une dose quotidienne de 100 mg par la suite. On devrait se fonder sur la réponse clinique du patient pour déterminer la durée du traitement. En général, la thérapie antifongique devrait se poursuivre au moins 14 jours après la dernière culture positive. Les lignes directrices concernant la posologie sont fournies dans la monographie de produit.

Eraxis est contre-indiqué chez les patients qui présentent une hypersensibilité connue à l'anidulafungine, à l'un des composants d'Eraxis ou à d'autres échinocandines. Eraxis doit être administré selon les conditions décrites dans la monographie de produit, en tenant compte des risques potentiels associés à l'administration de ce produit pharmaceutique. Les conditions détaillées relatives à l'usage d'Eraxis sont décrites dans la monographie de produit.

Conformément à son examen des données sur la qualité, l'innocuité et l'efficacité du produit, Santé Canada juge que le rapport entre les avantages et les risques d'Eraxis est favorable au traitement de la candidémie et d'autres formes de candidose invasive chez les patients adultes non neutropéniques.

3 Motifs d'ordre scientifique et réglementaire

3.1 Motifs d'ordre qualitatif

3.1.1 Substance médicamenteuse (Ingrédient médicinal)

Renseignements généraux

L'anidulafungine, ingrédient médicinal d'Eraxis, est un agent antifongique. L'anidulafungine inhibe sélectivement la 1,3-β-D-glucane synthase, une enzyme présente chez les mycètes, mais pas dans les cellules de mammifères. Il en résulte une inhibition de la formation du 1,3-β-D-glucane, un constituant essentiel de la paroi cellulaire des mycètes.

Procédé de fabrication et contrôles en cours de fabrication

La substance médicamenteuse est fabriquée par un procédé de fermentation et un procédé synthétique. Le procédé de fabrication est considéré comme faisant l'objet d'un contrôle approprié à l'intérieur de limites justifiées.

Caractérisation

La structure établie de l'anidulafungine concorde avec la méthode de synthèse et avec l'ensemble des données analytiques et spectroscopiques obtenues.

Les impuretés et les produits de dégradation découlant de la fabrication ou de l'entreposage ont été signalés et caractérisés. Ces produits ne dépassaient pas les limites établies par la Conférence internationale sur l'harmonisation (ICH) ou étaient validés par des analyses de lots ou des études toxicologiques; ils sont par conséquent jugés acceptables.

Contrôle de la substance médicamenteuse

Les méthodes d'analyse et, lorsque nécessaire, les rapports de validation de toutes les méthodes qui ont servi à l'analyse de la substance médicamenteuse finie (l'anidulafungine) ainsi qu'aux essais de stabilité ont été jugés acceptables.

Les spécifications sont jugées acceptables pour la substance médicamenteuse. Les résultats des analyses finales de lots ont été examinés, et ils se situaient à l'intérieur des critères d'acceptation prévus.

Le conditionnement de la substance médicamenteuse est jugé acceptable.

Stabilité

À la lumière des données sur la stabilité soumises, la période de contre-essai prévue et les conditions d'entreposage de la substance médicamenteuse sont bien étayées et sont jugées satisfaisantes.

3.1.2 Produit pharmaceutique

Description et composition

Eraxis (anidulafungine) est une poudre lyophilisée stérile offerte dans un flacon de verre de type 1, d'une capacité de 30 mL, muni d'un bouchon en élastomère, d'une bague d'aluminium et d'un capuchon à ouverture par soulèvement. Chaque flacon contient 100 mg de substance lyophilisée. Les ingrédients non médicinaux (excipients) sont les suivants : fructose, mannitol, polysorbate 80, acide tartrique et hydroxyde de sodium et/ou acide chlorhydrique pour l'ajustement du pH.

Eraxis est reconstitué à l'aide de 30 mL de diluant composé à 20 % (p/p) d'alcool déshydraté dans de l'eau pour injection. Ce diluant est fourni avec le produit pharmaceutique et se présente dans un flacon de verre de type 1 muni d'un bouchon en élastomère, d'une bague d'aluminium et d'un capuchon à ouverture par soulèvement.

Tous les excipients présents dans le produit pharmaceutique sont autorisés par le Règlement sur les aliments et drogues. Les données sur la stabilité soumises à l'appui de la formulation commerciale proposée attestent la compatibilité de l'anidulafungine avec les excipients.

Élaboration du produit pharmaceutique

Les modifications apportées au procédé de fabrication et à la formulation tout au long de l'élaboration du produit pharmaceutique sont jugées acceptables.

Procédé de fabrication et contrôles en cours de fabrication

Eraxis est fabriqué au moyen d'un procédé aseptique standard. Le matériel utilisé pour fabriquer Eraxis est du matériel aseptique standard. La méthode de fabrication est jugée acceptable, et le procédé est considéré comme dûment contrôlé à l'intérieur de limites justifiées.

Le procédé validé permet de fabriquer le produit de façon à répondre systématiquement aux spécifications de libération du produit fini.

Contrôle du produit pharmaceutique

Eraxis a été soumis à des tests visant à en vérifier l'identité, l'apparence, l'uniformité du contenu et le temps de reconstitution. Les concentrations de produits de dégradation et d'impuretés microbiologiques, la teneur en eau et le pH se situaient à l'intérieur des critères d'acceptation. Les spécifications des tests et les méthodes d'analyse sont jugées acceptables. La durée de conservation ainsi que les limites de libération des produits de dégradation, pris séparément ou globalement, se situent à l'intérieur de limites acceptables. Le processus de validation est jugé complet. Les résultats des analyses de lots indiquent que tous les paramètres d'essai étaient conformes aux spécifications.

Les spécifications proposées pour les flacons de verre, les bouchons et les bagues comportent des tests permettant de vérifier l'identité et les dimensions de chaque élément du conditionnement. Le système de conditionnement a été jugé acceptable.

Stabilité

À la lumière des données sur la stabilité soumises, la durée de conservation proposée de 36 mois à une température de 15 à 30 °C pour Eraxis est jugée acceptable.

3.1.3 Installations et équipement

L'aménagement, le fonctionnement et les mécanismes de contrôle des installations et de l'équipement servant à la production sont jugés acceptables pour les activités et les produits fabriqués.

3.1.4 Évaluation de l'innocuité des agents adventices

Sans objet. Les excipients utilisés dans la formulation du produit pharmaceutique ne sont pas d'origine animale ni humaine.

3.1.5 Conclusion

L'information soumise sur les caractéristiques chimiques et la fabrication d'Eraxis montre que la substance médicamenteuse et le produit pharmaceutique peuvent être fabriqués de façon à répondre systématiquement aux spécifications approuvées. Des études appropriées sur l'élaboration et la validation ont été menées, et des contrôles adéquats sont en place pour la commercialisation.

3.2 Motifs non cliniques de la décision

3.2.1 Pharmacodynamique

L'efficacité d'Eraxis (anidulafungine) contre une variété d'isolats de Candida, y compris des isolats qui se sont avérés résistants aux autres antifongiques, a été démontrée par les études pharmacodynamiques primaires. L'anidulafungine a réduit la charge de C. albicans des organes dans un modèle d'infection disséminée chez des lapins atteints d'une neutropénie persistante et chez des lapins immunodéprimés.

Les études pharmacologiques d'innocuité ont fait ressortir un effet antidiurétique accompagné d'une diminution du volume des urines et de l'excrétion urinaire de sodium aux doses d'anidulafungine de 20 mg/kg (4,9 fois plus élevées que la dose thérapeutique chez l'humain). Les rats ayant reçu 20 mg/kg ont aussi présenté une diminution de la tension artérielle, qui s'est résolue immédiatement après l'administration de la dose. Deux études pharmacologiques d'innocuité ont révélé des modifications hémodynamiques associées à l'administration d'anidulafungine à des rats.

3.2.2 Pharmacocinétique

Des études pharmacocinétiques ont été menées sur des rats et des singes auxquels on avait administré une ou plusieurs doses d'anidulafungine par voie intraveineuse. En général, les doses cliniques pertinentes ont entraîné des concentrations d'anidulafungine et des expositions au médicament proportionnelles à la dose. L'état d'équilibre a été atteint en moins d'une semaine lorsque la posologie ne comprenait pas une dose de mise en charge le jour 1. Dans les cas où une dose de mise en charge (c.-à-d. deux fois la dose quotidienne normale) était utilisée, l'état d'équilibre était atteint après la deuxième dose. L'anidulafungine avait une phase de distribution rapide suivie d'une phase d'élimination prolongée lorsqu'elle était administrée par voie intraveineuse. L'anidulafungine était largement distribuée chez toutes les espèces, et son volume de distribution était à peu près égal au volume total de liquides organiques. Chez le rat, les valeurs de concentration et d'exposition maximales dans le foie, la rate, le rein et le poumon étaient plus élevées que les valeurs de concentration dans le plasma; l'exposition au médicament dans ces tissus était environ 10 fois plus élevée que dans le plasma. L'anidulafungine était principalement éliminée par dégradation chimique lente; moins de 10 % du médicament a été éliminé dans les selles sous forme inchangée. On n'a noté pratiquement aucune élimination de l'anidulafungine ni de ses produits de dégradation radiomarqués dans l'urine. La demi-vie de l'anidulafungine administrée une fois par jour était d'environ 1 à 2 jours. Les doses répétées n'ont pas influé sur la distribution ni sur la clairance. Le volume de distribution, la clairance plasmatique et la demi-vie étaient indépendants de la dose chez les espèces animales à l'étude.

3.2.3 Toxicologie

Toxicité à dose unique

La dose létale (DL50) médiane a été de 71 mg/kg chez le rat et > 100 mg/kg chez la souris. Chez le rat, la dose non létale maximale a été de 50 mg/kg et la dose létale minimale, de 100 mg/kg. Chez la souris, la dose non létale maximale n'a pu être établie, étant donné qu'aucun animal n'est mort à la plus forte dose évaluée (100 mg/kg).

Chez le rat, des signes cliniques de réactions à médiation histaminique liées à la perfusion sont survenus peu après l'administration du médicament dans les groupes traités par la dose faible (20 mg/kg) et la dose moyenne (50 mg/kg).

Toxicité à doses répétées

Les doses répétées d'anidulafungine ont produit des effets hépatotoxiques chez le rat et le singe. Les effets histologiques chez ces deux espèces comprenaient de légères modifications morphologiques dans le foie, notamment la nécrose d'hépatocytes isolés, l'hypertrophie hépatocellulaire et l'augmentation du poids du foie, accompagnées de l'élévation des enzymes hépatiques et du cholestérol. L'hypertrophie hépatocellulaire était encore présente un mois après une période de trois mois d'administration du médicament chez les deux espèces.

Des réactions liées à la perfusion ont été signalées chez les rats ayant reçu des doses répétées d'anidulafungine par perfusion intraveineuse. Les réactions liées à la perfusion se sont produites durant les 10 à 20 premières minutes de la perfusion ou 1 heure après l'administration de la dose. Ces réactions s'estompaient généralement 1 à 5 jours plus tard. On a observé les signes cliniques suivants : rougeur des oreilles, inflammation du museau, hypoactivité et décubitus sternal. Les singes n'ont pas manifesté de réactions semblables.

Des cas d'anémie et de changements dans le système réticuloendothélial ont été signalés aux doses plus élevées d'anidulafungine (30 mg/kg/jour).

Génotoxicité

L'anidulafungine ne s'est pas révélée génotoxique dans les épreuves de mutation inverse bactérienne in vitro ni dans l'essai d'aberration chromosomique sur des cellules ovariennes de hamster chinois. L'anidulafungine n'était pas non plus génotoxique dans le test du micronoyau in vivo chez la souris.

Mutagénicité

Les tests de mutagénicité, à savoir l'essai d'aberration chromosomique sur des cellules ovariennes de hamster chinois et le test de mutation sur des cellules de lymphome de souris, n'ont fait ressortir aucun potentiel mutagène.

Cancérogénicité

Aucune étude de cancérogénicité à long terme n'a été effectuée.

Toxicité pour l'appareil reproducteur et le développement

Bien qu'on ait noté une excrétion de l'anidulafungine dans le lait des femelles allaitantes, les données sur l'animal (rat et lapin) n'ont montré aucune toxicité pour le développement. Les études sur la fertilité et sur le développement embryonnaire n'ont fait ressortir aucune incidence sur la fertilité ni sur la capacité reproductrice.

3.2.4  Conclusion

Les études non cliniques figurant dans la présentation n'ont fait ressortir aucun problème pharmacologique ni toxicologique qui empêcherait l'autorisation du produit pour l'indication proposée.

3.3 Motifs cliniques de la décision

3.3.1 Pharmacodynamique

L'anidulafungine inhibe sélectivement la 1,3-β-D-glucane synthase, enzyme responsable de la formation de la paroi cellulaire des champignons, ce qui entraîne la lyse et la mort des cellules. L'anidulafungine présente une activité fongicide contre différentes espèces de Candida ainsi qu'une activité dans des régions de croissance cellulaire active des hyphes d'Aspergillus fumigatus.

3.3.2 Pharmacocinétique

L'exposition systémique à l'anidulafungine est proportionnelle à la dose; le médicament, qui est largement distribué dans tous les tissus, se lie fortement aux protéines. La cinétique d'exposition de l'anidulafungine chez des sujets bien portants est comparable aux estimations pharmacocinétiques effectuées en population auprès de patients atteints d'une infection fongique, de patients infectés par le VIH et de patients séropositifs pour le VIH atteints d'une infection fongique. L'exposition plasmatique maximale à l'anidulafungine a été atteinte avec le schéma posologique proposé. Le principal mécanisme d'excrétion a été la dégradation chimique non enzymatique dans les selles. La demi-vie de l'anidulafungine, qui est d'environ un jour, étaye l'administration d'une dose par jour par voie intraveineuse.

Les études sur les interactions médicamenteuses avec les produits susceptibles d'être administrés en concomitance avec l'anidulafungine (p. ex., cyclosporine, voriconazole, tacrolimus) n'ont fait ressortir aucune interaction notable; aucun effet n'a été signalé non plus dans l'analyse pharmacocinétique d'une population traitée par de l'amphotéricine B et par de la rifampicine (puissant inducteur du cytochrome P450). L'ensemble des analyses pharmacocinétiques de population n'ont montré aucune interaction entre l'anidulafungine et les médicaments administrés en concomitance reconnus comme des substrats métaboliques, des inhibiteurs ou des inducteurs des isoenzymes du cytochrome P450. Des modélisations pharmacocinétiques ont aussi été effectuées pour prédire d'autres interactions médicament-médicament possibles. Le modèle ne prédisait pas d'interactions avec des substrats, des inhibiteurs ou des inducteurs des isoenzymes hépatiques du cytochrome P450.

Il n'est pas nécessaire d'ajuster la posologie pour les patients atteints d'insuffisance hépatique ou rénale.

Une étude de phase I, randomisée, contrôlée avec placebo, comportant un groupe témoin positif a été effectuée pour évaluer l'effet de l'anidulafungine sur l'allongement de l'intervalle QT, mais sans qu'on en tire des données probantes; la majorité des études cliniques, menées auprès de patients atteints d'une candidémie, n'ont fait ressortir aucun effet de l'anidulafungine sur l'intervalle QTc.

3.3.3 Efficacité clinique

On a mené une étude pivot de phase III, randomisée, à double insu et multicentrique pour évaluer l'efficacité et l'innocuité d'Eraxis par rapport au fluconazole (médicament standard actuel) chez des patients atteints d'une candidémie ou d'une autre forme de candidose invasive. D'autres données sur l'innocuité et l'efficacité ont été tirées de deux études justificatives non essentielles, en l'occurrence une étude ouverte et une étude d'évaluation de l'intervalle de doses. Les données figurant dans les études cliniques justificatives ont confirmé les observations et les conclusions de l'étude pivot.

Dans l'étude pivot, les sujets (n = 256) ont été répartis aléatoirement dans deux groupes, l'un traité par une dose quotidienne d'Eraxis par voie intraveineuse (dose de mise en charge de 200 mg suivie de doses d'entretien de 100 mg) et l'autre, par des doses de fluconazole (dose de mise en charge de 800 mg suivie de doses d'entretien de 400 mg). Tous les sujets ont suivi le traitement pendant au moins 14 jours, mais jamais plus de 42 jours. On a offert aux sujets des deux groupes la possibilité de passer à un traitement au fluconazole par voie orale après au moins 10 jours de traitement intraveineux, à condition qu'ils soient en mesure de tolérer le médicament par voie orale, qu'ils n'aient pas fait de fièvre au cours des 24 dernières heures et qu'on n'ait pas détecté d'espèces de Candida dans leur dernière hémoculture.

Les deux groupes de traitement étaient bien équilibrés sur le plan de la population de patients. Les patients présentaient une infection fongique confirmée par une hémoculture positive au départ ou par une culture positive d'un échantillon provenant d'un site normalement stérile (population en intention de traiter microbiologique [Micro-ITT]). La plupart des patients (~ 90 % dans chaque groupe de traitement) étaient atteints d'une candidémie, et la population était gravement malade : les sujets du groupe traité par Eraxis avaient un score APACHE II moyen de 15 et ceux du groupe traité par le fluconazole, un score de 14,4. La principale espèce isolée au départ était C. albicans, suivie de C. glabrata, C. parapsilosis et C. tropicalis. Les patients souffrant d'une endocardite, d'une ostéomyélite ou d'une méningite à Candida, de même que ceux infectés par C. krusei, ont été exclus de l'étude.

Le paramètre primaire d'efficacité était la réussite globale (réponse clinique et réponse microbiologique combinées) dans la population Micro-ITT à la fin du traitement intraveineux. Dans le groupe traité par Eraxis, on a compté 96 cas de réussite globale (75,6 %), comparativement à 71 (60,2 %) dans le groupe traité par le fluconazole. Les données figurant dans le rapport de l'étude pivot ont confirmé les résultats de l'étude d'évaluation de l'intervalle de doses d'Eraxis, où 70,7 % de la population Micro-ITT a présenté une réussite globale à la fin du traitement.

Dans l'étude pivot, l'écart entre les groupes sur le plan de la réussite globale (Eraxis moins fluconazole) a été de 15,42 % (IC à 95 %; 3,85, 26,99). La limite inférieure de l'intervalle de confiance de l'écart entre les traitements par Eraxis et par le fluconazole était supérieure à zéro; toutefois, étant donné la nature de l'étude, Eraxis est considéré comme non inférieur au fluconazole. La seule étude pivot présentée était une petite étude clinique, dont les résultats indiquent une faible supériorité d'Eraxis par rapport au fluconazole et dont l'intervalle de confiance à 95 % a une limite inférieure à peine supérieure à zéro.

Dans toutes les analyses des paramètres secondaires d'efficacité, Eraxis s'est avéré supérieur, ou au moins non inférieur, au fluconazole, ce qui appuyait les résultats de l'analyse du paramètre primaire d'efficacité. Les patients traités par Eraxis ont présenté des taux plus élevés de réussite globale, clinique et microbiologique à tous les points dans le temps pendant le traitement ainsi qu'à la fin du traitement. On a aussi noté que les patients du groupe traité par Eraxis étaient plus nombreux que ceux du groupe traité par le fluconazole à présenter une réussite globale à la fin du traitement intraveineux contre une infection liée à un cathéter lorsque le cathéter n'était pas retiré, même si le nombre de patients était faible.

L'écart important dans les taux de réussite globale contre le pathogène C. albicans (81,1 % vs 62,3 %) est peut-être dû à la différence entre l'activité fongicide d'Eraxis et l'effet fongistatique du fluconazole. Les patients traités par Eraxis ont été plus nombreux que ceux traités par le fluconazole à présenter une réussite globale à l'égard de tous les pathogènes sauf C. parapsilosis, dont le nombre absolu d'isolats était faible. Deux des quatre patients traités par Eraxis et un des deux patients traités par le fluconazole présentaient une infection persistante à C. parapsilosis à la fin du traitement intraveineux. Seuls deux des sept patients du groupe traité par Eraxis présentaient une infection persistante à C. glabrata documentée à la fin de leur traitement intraveineux, comparativement à six des onze patients du groupe traité par le fluconazole. Au total, à la fin du traitement intraveineux, seulement 6,3 % des patients traités par Eraxis présentaient une infection persistante à Candida documentée, comparativement à 14,4 % des patients traités par le fluconazole. À tous les points dans le temps, la proportion de patients chez qui les infections par les différences espèces de Candida avaient été éradiquées était plus élevée dans le groupe traité par Eraxis que dans le groupe traité par le fluconazole.

3.3.4 Innocuité clinique

Dans l'étude pivot (décrite à la section 3.3.3 Efficacité clinique), tant Eraxis que le fluconazole ont été bien tolérés par les patients atteints d'une candidémie ou d'une autre forme de candidose invasive. L'exposition médiane au médicament à l'étude administré par voie intraveineuse a été de 14 jours pour Eraxis et de 11 jours pour le fluconazole (population ITT). Des effets indésirables ont été signalés chez 130 (99,2 %) patients du groupe traité par Eraxis et 122 (97,6 %) patients du groupe traité par le fluconazole. Les effets indésirables, généralement légers ou modérés, ont rarement mené à l'abandon du traitement.

La plupart des patients n'ont pas manifesté d'effets indésirables dus au médicament à l'étude. Les deux effets indésirables les plus fréquents d'Eraxis étaient l'hypokaliémie (3,1 %) et la diarrhée (3,1 %). Dans le cas du fluconazole, les deux principaux effets indésirables étaient l'élévation des taux d'enzymes hépatiques (7,2 %) et des taux sanguins de phosphatase alcaline (4,0 %).

La proportion de patients ayant présenté des effets indésirables liés au médicament était semblable dans les deux groupes de traitement (environ 25 %). Les patients traités par Eraxis ont été moins nombreux (15, soit 11,5 %) que ceux traités par le fluconazole (27, soit 21,6 %) à avoir subi un effet indésirable ayant forcé l'abandon du traitement. Des effets indésirables graves ont été signalés chez 49,6 % des patients traités par Eraxis et 56,8 % des patients traités par le fluconazole; cependant, ces effets ont été attribués au médicament chez seulement deux patients de chaque groupe de traitement. La proportion de patients décédés durant ou peu de temps après l'étude a été plus faible dans le groupe traité par Eraxis (30, soit 22,9 %) que dans le groupe traité par le fluconazole (39, soit 31,2 %).

On a observé des effets indésirables liés à l'administration d'Eraxis par perfusion, à savoir : éruption cutanée, urticaire, rougeur du visage, démangeaison, dyspnée et hypotension. Ces effets peuvent être réduits si la perfusion d'anidulafungine est administrée à un débit ne dépassant pas 1,1 mg/minute.

Aucun cas d'insuffisance hépatique, d'anaphylaxie ni d'allongement de l'intervalle QT n'est survenu dans l'un ou l'autre des groupes de traitement. Les résultats de laboratoire clinique n'ont fait ressortir aucune tendance cliniquement significative ni aucun signe de toxicité. Les données sur l'innocuité ont montré qu'Eraxis administré par voie intraveineuse à raison de 100 mg une fois par jour a un profil d'innocuité semblable et, à certains égards, supérieur à celui du fluconazole administré par voie intraveineuse à raison de 400 mg une fois par jour.

Bien qu'Eraxis ait été bien toléré, il reste des populations pour lesquelles les données sont limitées ainsi que des facteurs de risque à prendre en considération, notamment les risques avérés de réaction liée à la perfusion et d'atteinte hépatobiliaire, de même que le risque théorique de convulsions. Le promoteur a présenté un plan de gestion des risques destiné à surveiller les réactions liées à la perfusion, les effets hépatobiliaires, les convulsions et l'allongement de l'intervalle QT et à fournir de l'information sur les effets indésirables dans les populations pour lesquelles les données sont limitées (p. ex., enfants et adolescents, patients neutropéniques, femmes enceintes, personnes âgées).

3.4 Évaluation des avantages / risques et recommandation

3.4.1 Évaluation des avantages / risques

L'autorisation de mise en marché d'Eraxis et son indication comme traitement de première intention contre les infections fongiques donneraient aux médecins traitants un choix additionnel de traitement face aux candidémies et aux autres candidoses invasives chez les patients adultes non neutropéniques. Les analyses du paramètre primaire réalisées dans le cadre de l'étude pivot comparative ont montré que les taux de réussite globale étaient plus élevés avec Eraxis qu'avec le médicament de référence, soit le fluconazole. Ces résultats favorables sont appuyés par les analyses des paramètres secondaires, qui ont validé les données en faveur d'Eraxis.

Le profil d'innocuité général d'Eraxis ne s'est pas révélé inférieur à celui du fluconazole. Le profil d'innocuité général d'Eraxis est semblable à celui d'autres échinocandines (caspofungine et micafungine).

L'absence d'interactions médicament-médicament dans les études cliniques présentées et les résultats pharmacocinétiques et pharmacodynamiques dans les études en population penchent en faveur de l'utilisation d'Eraxis. Les études n'ont fait ressortir aucun effet découlant d'une interaction médicament-médicament avec le voriconazole, la rifampicine, le tacrolimus, la cyclosporine et l'amphotéricine B. Cet avantage est important, car les effets potentiels des interactions médicamenteuses nécessitent généralement un procédé complexe d'ajustement posologique. L'absence d'interactions médicamenteuses peut être considérée comme un avantage lorsqu'on a recours à des traitements d'association. L'absence d'interactions médicamenteuses avec des substrats, des inhibiteurs ou des inducteurs des isoenzymes hépatiques du cytochrome P450 indique qu'Eraxis peut être administré sans danger avec un certain nombre de médicaments, notamment dans le cadre de traitements contre le VIH.

Il n'est pas nécessaire d'ajuster la posologie pour les patients atteints d'insuffisance hépatique ou rénale. D'autres médicaments, tels que la caspofungine, nécessitent des modifications de la posologie lorsqu'ils sont administrés à des patients atteints d'insuffisance hépatique modérée.

Les risques associés à l'utilisation de l'anidulafungine comprennent les réactions liées à la perfusion, les troubles hépatiques ainsi que les convulsions qui ont été signalées mais qui, pour le moment, ne sont pas considérées comme liées au médicament. Cependant, le promoteur surveillera ces réactions durant le processus suivant l'autorisation. Ces préoccupations sont clairement énoncées dans le plan de gestion des risques soumis.

En conclusion, les avantages d'Eraxis comme agent antifongique semblent l'emporter sur les risques. Les données cliniques et non cliniques fournies dans la présentation démontrent l'innocuité, la qualité et l'efficacité d'Eraxis dans le traitement de la candidémie et d'autres formes de candidose invasive chez les patients adultes non neutropéniques.

3.4.2 Recommandation

Après avoir examiné les données sur la qualité, l'innocuité et l'efficacité de ce produit, Santé Canada estime qu'Eraxis a un profil avantages/risques favorable au traitement de la candidémie et d'autres formes de candidose invasive chez les patients adultes non neutropéniques. La présentation de drogue nouvelle répond aux exigences des articles C.08.002 et C.08.005.1 et, par conséquent, Santé Canada a accordé l'Avis de conformité prévu par l'article C.08.004 du Règlement sur les aliments et drogues.

4 Étapes importantes de la présentation

Étapes importantes de la présentation: Eraxis

Étape importante de la présentationDate
Dépôt de la présentation2006-11-30
Examen préliminaire 1
Lettre d'acceptation à l'issue de l'examen préliminaire2007-01-18
Examen 1
Évaluation de la qualité terminée2007-11-13
Évaluation clinique terminée2007-10-23
Évaluation de l'étiquetage terminée2007-11-14
Délivrance de l'AC par le directeur général2007-11-14