Sommaire des motifs de décision portant sur Firmagon ®

Décisions d'examen

Le sommaire des motifs de décision explique les raisons pour lesquelles un produit a reçu une autorisation de vente au Canada. Le document comprend les considérations portant sur la réglementation, l’innocuité, l’efficacité et la qualité (sur le plan de la chimie et de la fabrication).


Type de produit:

Médicament
  • Ce document est une traduction française du document anglais approuvé.
FirmagonMD

Dégarélix, 80 mg/flacon, 120 mg/flacon (sous forme d'acétate de dégarélix), Poudre pour solution, Injection sous-cutanée

Ferring Pharmaceuticals, Inc.

No de contrôle de la présentation : 120421

Émis le : 2010-12-16

Avant-propos

Le Sommaire des motifs de décision (SMD) de Santé Canada expose les motifs d'ordre scientifique et réglementaire sur lesquels reposent les décisions de Santé Canada concernant la réglementation des médicaments et des instruments médicaux. Les SMD sont rédigés en langage technique à l'intention des personnes et groupes intéressés aux décisions de Santé Canada portant sur un produit donné et sont le reflet des observations consignées dans les rapports d'évaluation. À ce titre, les SMD servent à compléter et non à répéter l'information contenue dans la monographie de produit.

Nous invitons les lecteurs à consulter le « Guide du lecteur sur le Sommaire des motifs de décision - Médicaments au sujet de l'interprétation des termes et des acronymes utilisés ici. Ils trouveront également dans ce guide un aperçu du processus d'examen des présentations de drogue dans le feuillet intitulé « Comment les médicaments sont examinés au Canada », qui décrit les facteurs pris en considération par Santé Canada au cours du processus d'examen et d'autorisation d'une présentation de drogue. Les lecteurs devraient aussi consulter le document intitulé « Initiative du sommaire des motifs de décision - Foire aux questions ».

Le SMD correspond à l'information dont disposent les autorités de réglementation de Santé Canada au moment de prendre une décision. Les présentations subséquentes examinées à d'autres fins ne sont pas incluses dans la Phase I de la stratégie de mise en oeuvre des SMD. Pour obtenir de l'information à jour sur un produit en particulier, les lecteurs sont priés de consulter la monographie la plus récente de ce produit. Santé Canada fournit également l'information au sujet mises en garde diffusées après la commercialisation ou d'avis émis à la suite d'effets indésirables (EI).

Pour de plus amples renseignements sur un produit en particulier, les lecteurs peuvent également se rendre sur les sites Web des organismes de réglementation d'autres pays. L'information reçue à l'appui d'une présentation de drogue au Canada peut cependant ne pas être identique à celle reçue par d'autres gouvernements.

Autres politiques et lignes directrices

Les lecteurs sont invités à consulter le site Web de Santé Canada, où ils trouveront d'autres politiques et lignes directrices au sujet des médicaments, notamment le document intitulé «Gestion des présentations de drogues ».

1 Information sur le produit et la présentation

Marque nominative :

FirmagonMD

Fabricant/promoteur :

Ferring Pharmaceuticals, Inc.

Ingrédient médicinal :

Acétate de dégarélix

Dénomination commune internationale :

Acétate de dégarélix

Concentration :

80 mg dégarélix/flacon, 120 mg dégarélix/flacon (sous forme d'acétate de dégarélix)

Forme posologique :

Poudre pour solution

Voie d'administration :

Injection sous-cutanée

Identification numérique de drogue (DIN) :

  • 02337029 - 80 mg/flacon
  • 02337037 - 120 mg/flacon

Classe pharmaco-thérapeutique (classe ATC) :

Antagoniste des récepteurs de l'hormone entraînant la libération des gonadotrophines (GnRH)

Ingrédients non médicinaux :

Mannitol

Type et numéro de présentation :

Présentation de drogue nouvelle, numéro de contrôle : 120421

Date de la présentation :

2008-06-02

Date de l'autorisation :

2009-11-16
2 Avis de décision

Le 16 novembre 2009, Santé Canada a émis à l'intention de Ferring Pharmaceuticals un avis de conformité du produit pharmaceutique Firmagon.

Firmagon contient l'ingrédient médicinal dégarélix, un antagoniste des récepteurs de l'hormone entraînant la libération des gonadotrophines (GnRH).

Firmagon est indiqué pour l'inhibition de la sécrétion de testostérone chez les patients atteints de cancer de la prostate hormono-dépendant à un stade avancé si la privation androgénique est justifiée. Firmagon est un antagoniste sélectif des récepteurs de la GnRH. Il se fixe de manière compétitive et réversible sur les récepteurs de la GnRH de l'hypophyse, entraînant ainsi une réduction rapide de la libération des gonadotrophines (hormone lutéinisante [LH] et hormone folliculo-stimulante [FSH]) et, par conséquent, de la sécrétion de testostérone (T) par les testicules. L'autorisation de Firmagon pour le traitement du cancer de la prostate est fondée sur l'inhibition de la sécrétion de testostérone entraînant une castration médicale. L'effet palliatif ou le prolongement de la survie chez les patients atteints de cancer de la prostate traités par Firmagon n'ont pas été démontrés.

L'autorisation de commercialisation s'appuie sur des données issues d'études de contrôle de la qualité et d'études non cliniques et cliniques. L'étude pivotale sur l'innocuité et l'efficacité soumise à l'appui de l'indication proposée était une étude de phase III ouverte, multicentrique, randomisée et menée avec comparateur actif dans des groupes parallèles. Au total, 620 patients atteints de cancer de la prostate requérant un traitement par privation androgénique ont été répartis aléatoirement en trois groupes : dose initiale de 240 mg (40 mg/mL) suivie de l'injection sous-cutanée d'une dose mensuelle soit de 160 mg (40 mg/mL) ou de 80 mg (20 mg/mL), comparativement à l'injection intramusculaire mensuelle de 7,5 mg de leuprolide. L'autorisation de Firmagon pour le traitement du cancer de la prostate est fondée sur l'inhibition de la sécrétion de testostérone à une concentration causant une castration médicale. Les données montrent que Firmagon permet d'obtenir et de maintenir une castration médicale, c'est-à-dire (c.-à-d.) une concentration de testostérone ≤ 1,735 nmol/L (≤ 0,5 ng/mL). En outre, cet effet a duré pendant toute l'étude (12 mois) dans les deux groupes traités par Firmagon. Chez les patients recevant 160 mg et 80 mg de Firmagon, la probabilité cumulée que la castration médicale persiste était, du jour 28 au jour 364, de 98 % et de 97 %, respectivement. De plus, aucun des patients traités par Firmagon n'a présenté de pic de testostérone, c'est-à-dire une concentration de testostérone supérieure de 15 % ou plus au niveau de référence pendant les 2 premières semaines. Les événements indésirables graves sur le plan clinique qui pourraient survenir comprennent l'allongement de l'intervalle QT et l'ostéoporose associés au traitement par privation androgénique.

Firmagon (80 mg et 120 mg, dégarélix sous forme d'acétate) est offert en poudre pour solution. La dose initiale recommandée de Firmagon est de 240 mg administrée en deux injections sous-cutanées de 120 mg à une concentration de 40 mg/mL. La dose d'entretien consiste en l'administration mensuelle d'une injection sous-cutanée de 80 mg à une concentration de 20 mg/mL. Le traitement d'entretien commence généralement un mois après la dose initiale. L'effet thérapeutique de Firmagon doit être évalué en fonction de certains paramètres cliniques et de la concentration sérique d'antigène prostatique spécifique (APS). Les recommandations concernant la posologie sont énoncées dans la monographie de produit.

Firmagon est contre-indiqué chez les patients présentant une hypersensibilité connue au médicament ou à un autre composant du produit. Firmagon n'est pas indiqué chez les femmes et est contre-indiqué chez les femmes enceintes ou qui pourraient le devenir. Firmagon n'a pas fait l'objet d'études chez des patients atteints d'insuffisance hépatique ou rénale grave.

Firmagon devrait être administré selon les conditions décrites dans la monographie de produit, en tenant compte des risques potentiels associés à l'administration de ce produit pharmaceutique. Les conditions détaillées relatives à l'usage de Firmagon sont décrites dans la monographie de produit.

Conformément à son examen des données portant sur la qualité, l'innocuité et l'efficacité du produit, Santé Canada juge que le rapport entre les avantages et les risques de Firmagon est favorable à l'inhibition de la sécrétion de testostérone chez les patients atteints de cancer de la prostate hormono-dépendant à un stade avancé si la privation androgénique est justifiée.

3 Motifs d'ordre scientifique et réglementaire

Le 2 juin 2008, une présentation de drogue nouvelle portant sur Firmagon a été soumise à Santé Canada. En raison de plusieurs lacunes sur le plan de l'innocuité et de l'efficacité ainsi que des problèmes mineurs liés à la qualité, un avis de non-conformité (ANC) a été émis le 14 mai 2009. Dans sa réponse à l'ANC, le promoteur a résolu de façon satisfaisante tous les problèmes d'innocuité et d'efficacité et les problèmes mineurs relatifs à la qualité. Un avis de conformité a donc été délivré le 16 novembre 2009. Ces événements et les dates correspondantes figurent dans la section 4 « Étapes importantes de la présentation ».

3.1 Motifs d'ordre qualitatif

3.1.1 Substance médicamenteuse (ingrédient médicinal)
Renseignements généraux

L'acétate de dégarélix, l'ingrédient médicinal de Firmagon, est un antagoniste des récepteurs de l'hormone entraînant la libération des gonadotrophines ou gonadolibérine (GnRH). Firmagon est indiqué pour l'inhibition de la sécrétion de testostérone chez les patients atteints de cancer de la prostate hormono-dépendant à un stade avancé si la privation androgénique est justifiée. Firmagon est un antagoniste sélectif des récepteurs de la GnRH. Il se fixe de manière compétitive et réversible sur les récepteurs de la GnRH de l'hypophyse, entraînant ainsi une réduction rapide de la libération des gonadotrophines (hormone lutéinisante [LH] et hormone folliculo-stimulante [FSH]) et, par conséquent, de la sécrétion de testostérone par les testicules.

Procédé de fabrication et contrôles en cours de fabrication

L'acétate de dégarélix, la substance médicamenteuse, est un dérivé synthétique. Les matières utilisées dans la fabrication de la substance médicamenteuse sont jugées appropriées et/ou conformes aux normes s'appliquant à l'usage prévu. Le procédé de fabrication est une synthèse en plusieurs étapes. Les contrôles en cours de fabrication ont été examinés et jugés acceptables.

Caractérisation

La structure de l'acétate de dégarélix a été adéquatement élucidée, et les spectres représentatifs ont été fournis. Les propriétés physiques et chimiques ont été décrites et sont jugées satisfaisantes.

Les impuretés et produits de dégradation découlant de la fabrication et/ou de l'entreposage ont été signalés et caractérisés. Ces produits étaient conformes aux limites établies par l'International Conference on Harmonisation (ICH) et/ou ont été qualifiés au moyen d'analyses de lots et d'études toxicologiques; ils sont donc considérés comme acceptables.

Contrôle de la substance médicamenteuse

Les méthodes d'analyse et les rapports de validation de toutes les méthodes qui ont servi à l'analyse de la substance médicamenteuse finie ainsi qu'aux essais de stabilité ont été jugés satisfaisants. Les spécifications concernant la qualité de substance médicamenteuse sont jugées acceptables.

Les résultats des analyses finales de lots ont été examinés et sont jugés conformes aux spécifications de la substance médicamenteuse.

L'emballage de la substance médicamenteuse est jugé acceptable.

Stabilité

À la lumière des données sur la stabilité présentées, fondées sur des essais accélérés et de longue durée, la période de contre-essai, la durée de conservation et les conditions d'entreposage proposées pour la substance médicamenteuse étaient bien étayées et sont jugées satisfaisantes.

3.1.2 Produit pharmaceutique
Description et composition

Firmagon se présente sous la forme d'une poudre lyophilisée blanche ou blanchâtre, que l'on reconstitue avec de l'eau stérile en vue d'une injection sous-cutanée. Firmagon est vendu à deux concentrations, soit 80 mg et 120 mg. Le médicament est offert dans une trousse contenant deux flacons de 120 mg de Firmagon accompagnés de deux flacons d'eau stérile pour injection, de deux aiguilles destinées à la reconstitution et de deux seringues pour injection munies de leurs aiguilles, ou contenant un flacon de 80 mg de Firmagon accompagné d'un flacon d'eau stérile pour injection, d'une aiguille destinée à la reconstitution et d'une seringue pour injection munie de son aiguille.

Le mannitol, l'un des ingrédients non médicinaux du produit pharmaceutique, utilisé comme excipient et adjuvant d'isotonie, est autorisé par le Règlement sur les aliments et drogues. Les données sur la stabilité présentées à l'appui de la formulation commerciale proposée attestent la compatibilité du dégarélix avec les ingrédients non médicinaux.

Élaboration du produit pharmaceutique

Les modifications apportées au procédé de fabrication et à la formulation tout au long de l'élaboration du produit pharmaceutique ont été examinées et sont jugées acceptables.

Procédé de fabrication et contrôles en cours de fabrication

Une description détaillée du procédé de fabrication a été fournie. Le procédé de fabrication du produit pharmaceutique comprend les étapes suivantes : stérilisation par filtration de la solution en vrac, remplissage dans des flacons stériles sans substances pyrogènes en conditions d'asepsie et lyophilisation en conditions d'asepsie. La méthode de fabrication est jugée acceptable, et le procédé est considéré comme dûment contrôlé à l'intérieur de limites justifiées.

Contrôle du produit pharmaceutique

Firmagon a été soumis à des tests fondés sur des normes reconnues dont les spécifications sont conformes aux exigences de l'ICH. Les rapports de validation des méthodes d'analyse utilisées pour la fabrication de Firmagon ont été considérés comme acceptables pour l'usage prévu. Les résultats des analyses finales de lots ont été examinés et sont conformes aux spécifications proposées pour le médicament. Les impuretés résultant de la fabrication et/ou de l'entreposage ont été signalées et caractérisées; elles sont jugées acceptables.

Stabilité

À la lumière des données sur la stabilité présentées, fondées sur des essais en temps réel, accélérés et de longue durée, la durée de conservation proposée pour le produit de 36 mois à une température de 25 °C est considérée comme acceptable.

3.1.3 Installations et équipement

L'aménagement, le fonctionnement et les mécanismes de contrôle des installations et de l'équipement servant à la production de Firmagon sont jugés acceptables pour les activités et les produits fabriqués. Toutes les installations de fabrication proposées sont conformes aux exigences du titre 2 du Règlement sur les aliments et drogues. En outre, toutes les installations sont conformes aux bonnes pratiques de fabrication (BPF).

3.1.4 Évaluation de l'innocuité des agents adventices

Sans objet. Aucune des matières utilisées dans la synthèse du produit pharmaceutique n'est d'origine humaine ou animale.

3.1.5 Conclusion

Au cours de l'examen de l'information soumise sur les caractéristiques chimiques et la fabrication, quelques problèmes mineurs ont été relevés dans la section pharmacologie de la monographie de produit, l'étiquette de la boîte et le document certifié d'information sur le produit (DCIP). En réponse à l'ANC, le promoteur a réglé de façon satisfaisante tous les problèmes constatés.

L'information soumise sur les caractéristiques chimiques et la fabrication de Firmagon montre que la substance médicamenteuse et le produit pharmaceutique peuvent être fabriqués de façon à répondre systématiquement aux spécifications approuvées. Des études appropriées sur l'élaboration et la validation ont été menées, et des contrôles adéquats sont en place pour la commercialisation.

3.2 Motifs non cliniques de la décision

3.2.1 Pharmacodynamique

Les études pharmacologiques, autant in vitro qu'in vivo, ont montré de façon satisfaisante que Firmagon cause une inhibition rapide et prolongée de la testostérone à une concentration causant une castration médicale et qu'il présente une efficacité anti-tumorale équivalant à une castration chirurgicale vis-à-vis des tumeurs androgénodépendantes. Après avoir été injecté de manière sous-cutanée à des doses variant de 0,3 à 10 μg/kg, Firmagon a inhibé la concentration de testostérone plasmatique de manière dose-dépendante chez le rat. La dose efficace minimale était de 1 μg/kg et entraînait une inhibition de la testostérone plasmatique de l'ordre de 71 %.

Des études pharmacologiques ont été menées pour évaluer les effets éventuels de Firmagon sur la durée de l'intervalle QT (QTc) dans un électrocardiogramme (ECG). Les tests in vitro et in vivo réalisés ont révélé que le degré d'allongement de l'intervalle QT associé à Firmagon est faible, voire nul. Les tests in vitro (test hERG et activité des fibres de Purkinje) n'indiquent aucun risque d'apparition de ces effets lorsque l'exposition est supérieure à 200 fois celle chez l'humain, selon une comparaison des valeurs de la Cmax. De même, dans les tests in vivo réalisés chez le singe, aucun effet statistiquement significatif n'a été observé à plus de 20 fois la concentration plasmatique chez l'humain, selon une comparaison des valeurs de la Cmax.

3.2.2 Pharmacocinétique
Absorption

Les études pharmacocinétiques ont montré qu'après une administration cutanée, le dégarélix forme un dépôt local au point d'injection et agit ainsi comme un médicament à libération prolongée. L'absorption du dégarélix déposé dépend de sa concentration dans la solution administrée et du volume de la dose. Le dégarélix présente une demi-vie terminale médiane d'environ 43 jours en ce qui concerne la dose initiale et 28 jours pour ce qui est de la dose d'entretien, selon les estimations tirées de la modélisation pharmacocinétique effectuée avec la population à l'étude.

Distribution

Le dégarélix est largement distribué dans tout l'organisme; il n'existe aucun signe de son accumulation. Chez le rat, le chien et le singe, quelques heures après l'administration de dégarélix radiomarqué (3H-dégarélix), on a mesuré les plus importantes concentrations de radioactivité dans des tissus jouant un rôle dans l'excrétion hépatique et rénale. Des concentrations inférieures, mais toujours plus élevées que les concentrations plasmatiques, ont été observées dans certains organes du système endocrinien et de l'appareil reproducteur, qui, pour la plupart, présentent des récepteurs du facteur de libération de l'hormone lutéinisante (LHRH).

In vitro, le dégarélix se liait fortement aux protéines plasmatiques chez le rat, la souris, le chien et le singe. On n'a observé aucun signe d'une liaison dépendante de la concentration chez les espèces étudiées.

Métabolisme

Les études in vitro réalisées avec des microsomes hépatiques chez le rat, le cobaye, le lapin et le chien révèlent une dégradation négligeable ou légère du dégarélix. La métabolisation du dégarélix ne semble pas emprunter des voies oxydatives, mais procède par un clivage hydrolytique attribuable à des peptidases, qui donne des peptides tronqués. On s'attend à ce qu'aucun de ces peptides n'ait une activité biologique.

Excrétion

Les études menées avec le 3H-dégarélix chez le rat et le chien indiquent que la substance est principalement excrétée dans l'urine sous une forme inchangée. Chez le singe, le dégarélix est surtout éliminé dans les excréments plutôt que dans l'urine.

3.2.3 Toxicologie
Toxicité à dose unique

Administration sous-cutanée
Les études toxicologiques effectuées chez des rats et des souris auxquels on a administré le dégarélix par voie sous-cutanée ont révélé que le médicament était bien toléré. Aucun signe grave de toxicité générale ne s'est manifesté. En tenant compte de ces données et pour établir les doses maximales tolérées chez le rat et la souris, on a évalué les réactions locales survenues au point d'injection. L'effet local était considéré comme une réponse inflammatoire entraînant une infiltration de macrophages et une formation de granulomes. La concentration sans effet nocif observé (CSENO), c'est-à-dire sans effets systémiques directs chez la souris et le rat, a été établie à environ 100 mg/kg. Chez le singe, on a déterminé que la CSENO était de 50 mg/kg.

Administration intraveineuse
L'administration intraveineuse de dégarélix à des rats et à des singes a entraîné une toxicité systémique directe principalement causée par une accumulation du médicament dans les cellules du système réticulo-endothélial du foie, des reins et des poumons. Les principales manifestations de la toxicité liées à une accumulation du médicament dans les reins et le foie étaient des altérations microscopiques observées dans ces organes. Chez le rat, la dose létale la plus faible observée après une seule injection intraveineuse était de 12,5 mg/kg.

Il est à noter que la voie intraveineuse est une voie d'administration utilisée à des fins expérimentales et ne constitue pas la voie recommandée chez l'humain. Par ailleurs, les changements histopathologiques observés dans le foie et les poumons n'ont pas été constatés lorsque le médicament était administré par voie sous-cutanée chez le singe.

Toxicité à doses multiples
Dans les études sur la toxicité à doses multiples, on a administré le médicament par voie sous-cutanée pendant 6 et 12 mois à des rats et à des singes. En outre, on a aussi mené une étude de 13 semaines sur la toxicité au cours de laquelle on a administré du dégarélix par voie sous-cutanée à des souris. Les résultats de ces études indiquent que les effets pharmacologiques du dégarélix étaient visibles à la plus faible dose étudiée, soit 1,0 mg/kg/2 semaines chez la souris, 0,5 mg/kg/2 semaines chez le rat et 0,5 mg/kg/4 semaines chez le singe.

À des doses plus élevées (100 mg/kg/2 semaines chez la souris, 50 et 100 mg/kg/2 semaines chez le rat et 50 mg/kg/4 semaines chez le singe), les injections sous-cutanées ont provoqué une aggravation des réactions au point d'injection et, à l'occasion, ont conduit à l'euthanasie précoce des animaux ou ont entraîné l'apparition de signes de toxicité systémique (diminution du gain pondéral).

Chez les macaques de Buffon traités pendant 12 mois avec le médicament administré par voie sous-cutanée, la CSEO a été estimée à 50 mg/kg/4 semaines, ce qui représente 13 fois l'exposition chez l'humain, selon l'aire sous la courbe (ASC) de la concentration en fonction du temps. Aucune altération fonctionnelle n'est apparue, et aucun changement histopathologique n'était visible dans le foie, mais on a mesuré des concentrations élevées de gamma-glutamyl transpeptidase (GGT) (1,7 fois la valeur du témoin). Une augmentation de cette enzyme hépatique dans le sérum était considérée comme l'indication d'une lésion biliaire. De fait, on a observé quelques lésions hépatiques. En outre, bien que les signes d'une toxicité hépatique soient peu nombreux dans les études animales, une évaluation complète de la fonction hépatique devrait être réalisée chez l'humain.

Génotoxicité
Selon les résultats des tests de génotoxicité, rien n'indique que le dégarélix peut induire des mutations génétiques ou est clastogène.

Cancérogénicité
Le dégarélix a été administré par voie sous-cutanée à des souris toutes les 2 semaines pendant 2 ans à des doses de 2, de 10 et de 50 mg/kg/2 semaines (environ 3, 15 et 75 fois la dose d'entretien recommandée chez l'humain en mg/kg ou environ 1, 4,6 et 17 fois l'exposition prévue chez l'humain à la dose recommandée). Une incidence accrue des sarcomes a été observée dans les groupes traités comparativement aux témoins, mais cette fréquence n'était pas statistiquement significative. La fréquence des sarcomes, surtout au point d'injection, peut être attribuable à un mécanisme lié à une cancérogenèse induite par une substance étrangère, phénomène qui survient généralement chez les rongeurs mais pas chez d'autres espèces, notamment l'humain.

Le dégarélix a aussi été administré par voie sous-cutanée à des rats toutes les 2 semaines pendant 2 ans à raison de 2, de 10 ou de 25 mg/kg/2 semaines (environ 3, 15 et 38 fois la dose d'entretien recommandée chez l'humain en mg/kg ou environ 1,8, 6,2 et 12,4 fois l'exposition prévue chez l'humain à la dose recommandée). Chez les rates, on a noté une augmentation statistiquement significative de la fréquence combinée des hémangiomes et des hémangiosarcomes dans le groupe ayant reçu la dose la plus élevée (25 mg/kg/2 semaines). À cette dose, le rapport entre l'exposition chez le rat et l'exposition humaine était estimé à au moins 12 fois l'exposition associée à la dose recommandée chez l'humain. En général, on considère que le risque cancérogène du dégarélix est négligeable, même si on a relevé une fréquence accrue de l'ensemble des hémangiomes et des hémangiosarcomes chez les rates. Cette conclusion est fondée sur l'absence d'activité cancérogène (y compris l'absence d'une augmentation de l'incidence des hémangiosarcomes) chez les rats mâles et chez les souris des deux sexes, et sur le caractère non génotoxique de la substance.

Toxicité pour l'appareil reproducteur et le développement
Le dégarélix entraîne une infertilité réversible chez le rat, autant chez le mâle que chez la femelle. Une seule dose sous-cutanée supérieure ou égale à 1 mg/kg chez les mâles et supérieure ou égale à 0,1 mg/kg chez les femelles suffit à provoquer une infertilité réversible.

3.2.4 Résumé et conclusion

En général, les données non cliniques se sont révélées suffisamment probantes pour étayer l'utilisation du dégarélix chez l'humain pour le traitement du cancer de la prostate hormono-dépendant à un stade avancé lorsque la privation androgénique est justifiée. On n'a constaté aucun problème d'innocuité grave, et seuls quelques effets indésirables mineurs découlant d'une intolérance locale au dépôt accumulé au point d'injection sont prévus chez l'humain. Par conséquent, l'utilisation du dégarélix est recommandée chez l'humain.

3.3 Motifs cliniques de la décision

3.3.1 Pharmacodynamique

Dans les études cliniques, il a été établi qu'une seule dose de Firmagon de 240 mg suivie d'une dose d'entretien mensuelle de 80 mg entraîne rapidement une baisse de la concentration de l'hormone lutéinisante (LH), de l'hormone folliculo-stimulante (FSH) et, par la suite, de la testostérone. La concentration plasmatique de la dihydrotestostérone (DHT) diminuait de la même manière que celle de la testostérone. Les doses d'entretien mensuelles de 80 mg de Firmagon ont entraîné une inhibition prolongée de la sécrétion de testostérone chez 97 % des patients pendant au moins un an. En outre, la concentration d'antigène prostatique spécifique (APS) avait diminué de 64 % 2 semaines après l'administration de Firmagon, de 85 % après 1 mois et de 95 % après 3 mois, et elle est demeurée basse au cours de l'année suivant le traitement. Les résultats associés à l'APS doivent être interprétés avec prudence étant donné l'hétérogénéité de la population de patients étudiée. Par ailleurs, rien n'indique que la rapidité de la baisse de la concentration de l'APS est liée à un avantage clinique.

3.3.2 Pharmacocinétique
Absorption

Après une administration sous-cutanée, Firmagon forme un dépôt apparenté à un gel au point d'injection. Le médicament est libéré du dépôt et passe dans la circulation sanguine en suivant deux phases : une phase de libération rapide ayant lieu immédiatement après l'administration de la dose, responsable du pic initial de la concentration plasmatique observé, suivie d'une phase de libération très lente à l'origine de la concentration plasmatique. Le comportement pharmacocinétique du médicament est fortement influencé par sa concentration dans la solution à injecter. La concentration sérique maximale observée et la biodisponibilité ont tendance à diminuer à mesure que la concentration de la dose s'accroît, alors que la demi-vie terminale augmente. C'est pourquoi il ne faut administrer que les doses recommandées.

Dans l'étude pivotale de phase III (voir section 3.3.4 « Efficacité clinique » pour de plus amples renseignements sur l'étude), après l'administration sous-cutanée de 240 mg de Firmagon à partir d'une solution de 40 mg/mL, l'ASC du jour 0 au jour 28 était de 635 ng/mL (intervalle de 602 à 668 ng/mL), et la concentration maximale du médicament (Cmax) était de 66,0 ng/mL (intervalle de 61,0 à 71,0 ng/mL) et a été atteinte 40 heures après l'administration (intervalle de 37 à 42 heures). Les valeurs minimales moyennes étaient approximativement de 11 à 12 ng/mL après l'administration de la dose d'amorce et de 11 à 16 ng/mL après l'administration de la dose d'entretien de 80 mg à partir d'une solution de 20 mg/mL. La baisse de la concentration de Firmagon se produit en deux phases, sa demi-vie terminale médiane étant estimée à environ 43 jours pour ce qui est de la dose d'amorce ou à environ 28 jours pour ce qui est de la dose d'entretien, selon la modélisation pharmacocinétique réalisée avec la population à l'étude. La longue demi-vie de Firmagon après son administration sous-cutanée est une conséquence de sa libération très lente à partir du dépôt formé au point d'injection.

Distribution

Le volume de distribution de Firmagon après une administration intraveineuse est d'environ 1 L/kg chez les hommes âgés en bonne santé. Cette valeur indique que Firmagon est distribué dans tous les liquides corporels. In vitro, la liaison de Firmagon aux protéines plasmatiques est estimée à approximativement 90 %.

Métabolisme

Firmagon subit une dégradation peptidique au cours de son passage dans le système hépato-biliaire et est principalement excrété sous forme de peptides dans les excréments. Aucun métabolite n'a été décelé en grande quantité dans les échantillons de plasma après l'administration sous-cutanée. Les études in vitro sur le métabolisme montrent que Firmagon n'est pas un substrat du cytochrome P450 ou de la glycoprotéine P, un transporteur. Par conséquent, il est peu probable que des interactions médicamenteuses ayant une importance clinique aient lieu.

Excrétion

Firmagon est surtout éliminé dans les excréments; une petite quantité est excrétée dans l'urine.

Interactions médicamenteuses

Puisque la privation androgénique peut allonger l'intervalle QT, il convient de soigneusement évaluer la pertinence d'une utilisation concomitante de Firmagon avec des produits médicinaux connus pour allonger celui-ci ou des produits médicinaux induisant des torsades de pointes.

Tolérance locale

Les réactions au point d'injection signalées étaient les suivantes : douleur, irritation et oedème. Environ le tiers des patients ayant reçu Firmagon ont eu ces réactions.

Apparition d'anticorps

Dans l'ANC, un problème d'innocuité concernant l'apparition d'anticorps dirigés contre Firmagon avait été signalé. Approximativement 10 % des patients ayant reçu Firmagon ont produit des anticorps contre le médicament au cours de la période de suivi de 12 mois. Toutefois, rien ne laisse croire que l'efficacité ou l'innocuité du traitement par Firmagon est compromise par la production d'anticorps après un an de traitement. Rien n'indique que l'apparition des anticorps anti-Firmagon constitue un facteur prédictif de la manifestation d'événements indésirables d'origine immunitaire. Au cours de la surveillance régulière de l'innocuité de Firmagon, on n'a relevé aucun cas d'hypersensibilité immédiate grave ni aucun nouveau problème d'innocuité.

Populations particulières et états pathologiques

Insuffisance rénale
Aucune étude pharmacocinétique n'a été menée chez des patients présentant une insuffisance rénale. Seulement 20 % à 30 % de la dose administrée de Firmagon est excrétée sous forme inchangée par les reins. L'analyse pharmacocinétique des données de l'étude de confirmation de phase III réalisée en population a révélé que la clairance de Firmagon chez des patients ayant une insuffisance rénale modérée a diminué de 23 %; l'ajustement de la dose chez les patients présentant une insuffisance rénale légère ou modérée n'est donc pas recommandée. Les données concernant les patients ayant une insuffisance rénale grave sont rares; par conséquent, il faut être prudent lorsqu'on prescrit le médicament à cette population. Une note à cet effet a été ajoutée dans un encadré sur les mises en garde et les précautions dans la monographie de produit.

Insuffisance hépatique
Les effets de Firmagon ont été examinés à l'aide d'une étude pharmacocinétique menée chez des patients présentant une insuffisance hépatique légère ou modérée. Aucun signe d'exposition accrue au médicament n'a été observé chez les patients ayant une insuffisance hépatique par rapport aux sujets en bonne santé. Un ajustement de la dose n'est donc pas nécessaire chez les patients ayant une insuffisance hépatique légère ou modérée. L'exposition à Firmagon a diminué de 10 % et de 18 % chez les patients présentant une insuffisance hépatique légère et modérée, respectivement. C'est la raison pour laquelle on recommande de surveiller la concentration de testostérone chez ces patients. Les patients ayant une insuffisance hépatique sévère n'ont pas fait l'objet d'études. La prudence est de mise lorsqu'on prescrit le médicament à cette population. Une note à cet effet a été ajoutée dans un encadré sur les mises en garde et les précautions dans la monographie de produit. Il est conseillé de surveiller la fonction hépatique chez les patients ayant une affection hépatique connue ou présumée pendant le traitement.

Âge, poids et origine ethnique
L'analyse pharmacocinétique de la population à l'étude indique que la clairance de Firmagon ne subit qu'une petite variation attribuable à l'âge et au poids. Par conséquent, l'ajustement de la dose n'est pas justifié.

Personnes âgées
La population de patients du programme clinique est typiquement la population cible prévue, soit des patients atteints d'un cancer de la prostate. L'âge moyen est de 74 ans (fourchette d'âge entre 47 et 98 ans).

3.3.3 Efficacité clinique

L'efficacité de Firmagon a été évaluée au cours d'une seule étude de phase III, ouverte, multicentrique, randomisée et menée avec comparateur actif dans des groupes parallèles comptant au total 620 patients atteints de cancer de la prostate et requérant une privation androgénique. Sur les 620 patients recrutés, 610 ont été répartis au hasard selon un ratio 1:1:1 dans l'un des trois groupes de traitement : dose d'amorce de 240 mg (40 mg/mL) de Firmagon suivie de l'injection sous-cutanée d'une dose mensuelle de Firmagon de 80 mg (20 mg/mL) ou de 160 mg (40 mg/mL) comparativement à l'injection intramusculaire mensuelle de 7,5 mg de leuprolide.

Le plan d'étude était le suivant : les patients des groupes traités par Firmagon recevaient une dose d'amorce de 240 mg au jour 0, suivie d'une dose d'entretien de 160 mg (40 mg/ml) ou de 80 mg (20 mg/ml) tous les 28 jours. Les patients du groupe traité par le comparateur recevaient 7,5 mg de leuprolide au jour 0 et continuaient à recevoir par la suite 7,5 mg de ce médicament tous les 28 jours. Le principal objectif de l'étude était de montrer que Firmagon permet d'obtenir et de maintenir une concentration de testostérone causant une castration médicale, en déterminant la proportion de patients dont la testostérone a été inhibée à une concentration inférieure ou égale à 1,735 nmol/L (≤ 0,5 ng/ml) au cours des 12 mois du traitement.

Les patients de cette étude présentaient tous les stades possibles d'un adénocarcinome de la prostate, confirmé par histologie. Sur les 610 patients randomisés, 191 (31 %) avaient un cancer localisé, 178 (29 %) avaient un cancer localisé avancé, 125 (20 %) avaient un cancer métastatique, 13 % avaient subi auparavant une radiothérapie ou une intervention chirurgicale à visée curative et présentaient une concentration d'APS croissante, et 7 % avaient un état métastatique inconnu au moment du recrutement.

Les résultats de l'étude révèlent que Firmagon était efficace pour ce qui est d'obtenir et de maintenir une concentration de testostérone causant une castration médicale, inférieure ou égale à 0,5 ng/ml. En outre, cet effet a été maintenu dans les deux groupes traités par Firmagon pendant les 12 mois de l'étude. La probabilité cumulée que la castration médicale induite par l'inhibition de la testostérone persiste était, du jour 28 au jour 364, de 98,3 % pour le groupe ayant reçu 240/160 mg de Firmagon, de 97,2 % pour le groupe ayant reçu 240/80 mg de Firmagon et de 96,4 % pour le groupe ayant reçu 7,5 mg de leuprolide. Il a donc été établi que le traitement par Firmagon était non inférieur au traitement avec 7,5 mg de leuprolide pour ce qui est de la probabilité d'obtenir et de maintenir une concentration de testostérone égale ou inférieure à 0,5 ng/ml. En outre, il n'est apparu aucune montée brusque de la concentration de testostérone définie par une concentration de testostérone dépassant la valeur de départ de 15 % ou plus au cours des 2 premières semaines chez les patients traités par Firmagon comparativement aux 161 patients (80,1 %) du groupe ayant reçu le leuprolide (p < 0,0001). La probabilité cumulée que la concentration de testostérone se maintienne à une concentration causant une castration du jour 28 au jour 364 était semblable dans tous les sous-groupes, définis par le stade du cancer de la prostate. 

La concentration d'APS a diminué rapidement après une administration de Firmagon. Au jour 14, la variation médiane de la concentration d'APS en pourcentage s'est abaissée de 64,3 % par rapport à la valeur de départ dans l'ensemble des groupes ayant reçu le Firmagon. Puis, une baisse ultérieure de cette concentration a été observée au jour 28, la baisse médiane en pourcentage par rapport à la valeur de départ étant de 83,6 %. À l'opposé, la diminution de la concentration d'APS chez les patients ayant reçu le leuprolide était beaucoup plus lente, la baisse médiane en pourcentage par rapport à la valeur de départ étant de 17,9 % et de 66,7 % le jour 14 et le jour 28, respectivement. Dans le groupe traité par le leuprolide, on a constaté une plus grande variation médiane en pourcentage de la concentration d'APS par rapport à la valeur de départ chez les patients ayant reçu un traitement aux anti-androgènes comparativement à ceux n'ayant pas reçu ce traitement. Chez les patients ayant amorcé un traitement aux anti-androgènes au plus tard au jour 7, la variation médiane en pourcentage de la concentration d'APS par rapport à la valeur de départ était semblable à celle des patients traités par Firmagon.

Comme on s'y attendait, les profils de concentration sérique de LH au fil du temps étaient semblables à ceux de la testostérone. Après une administration de Firmagon, la concentration médiane de LH a diminué rapidement et était inférieure à 0,7 UI/L le jour 1, soit une diminution d'environ 88 % par rapport à la valeur de départ. Cette concentration est demeurée basse jusqu'à la fin de l'étude, au jour 364. En revanche, on a constaté une augmentation subite de la concentration médiane de LH chez les patients du groupe ayant reçu le leuprolide. La concentration maximale, observée le jour 1, était de 31,0 UI/L, puis la concentration a baissé de manière exponentielle pour atteindre 0,035 UI/L au jour 56 et est demeurée à cette valeur jusqu'au jour 364. La concentration de FSH s'est rapidement abaissée après une administration de Firmagon, la baisse médiane par rapport à la valeur de base étant de 41 % au jour 1 et de 96 % au jour 28. À la fin de l'étude, soit au jour 364, la concentration de FSH avait diminué d'environ 87 % par rapport à la valeur de départ. À l'opposé, on a observé initialement une élévation brusque de la concentration de FSH après une administration de leuprolide, l'augmentation médiane étant de 146 % par rapport à la valeur de départ au jour 1. Par la suite, la concentration de FSH a diminué dans une moindre mesure que celle du Firmagon, la baisse médiane par rapport aux valeurs de départ étant de 75 % et de 53 % le jour 28 et le jour 364 (fin de l'étude), respectivement.

On a réalisé une évaluation de la qualité de vie à l'aide de deux questionnaires validés afin de mesurer la qualité de vie générique et la qualité de vie associée au cancer. Toutefois, on s'est heurté à des problèmes techniques au cours du transfert des données ainsi qu'à des problèmes d'observance chez les patients. Les données sur la qualité de vie étant limitées, il a été impossible de montrer qu'il existait une différence statistiquement significative entre les traitements médicamenteux à l'étude.

Il est à noter que les paramètres d'efficacité de l'étude mentionnée ci-dessus se limitaient aux mesures de la concentration de testostérone sérique, de LH, de FSH et d'APS. Les variations de la concentration d'APS sont difficiles à interpréter parce qu'on a recruté des patients présentant différents stades de cancer de la prostate dans l'étude pivotale et parce qu'on ignore la pertinence clinique d'une baisse rapide de la concentration d'APS. Aucune évaluation directe des sièges de la maladie n'a été réalisée avant et après le traitement. En raison de la courte durée de l'étude, aucune donnée sur la survie permettant une comparaison entre les groupes de traitement n'était disponible. L'inhibition de la sécrétion de testostérone constituait le paramètre primaire d'efficacité et le paramètre permettant d'obtenir une autorisation de commercialisation.

La population de l'étude a été un sujet de préoccupation abordé dans l'ANC. Bien que la population à l'étude à la phase III ait été représentative de la population concernée par la vaste indication proposée par le promoteur, Santé Canada était préoccupé par le fait que cette population n'était pas représentative de la population pour laquelle le comparateur actif avait été autorisé (cancer de prostate avancé [stade D2]). L'inhibition de la sécrétion de testostérone à une concentration inférieure à 0,5 ng/mL était considérée comme un marqueur de substitution valable permettant d'obtenir un avantage clinique dans le traitement du cancer de la prostate métastatique. Toutefois, on a exprimé des réticences, car l'efficacité de l'inhibition de la testostérone par Firmagon n'a pas été montrée chez les patients atteints d'un cancer de la prostate au stade D2. En effet, l'étude de confirmation a été effectuée chez des patients atteints d'un cancer de la prostate à tous les stades, une proportion relativement faible présentant véritablement un cancer de la prostate métastatique (20 %).

Après l'examen de la réponse à l'ANC, on a reconnu que l'indication du comparateur actif (leuprolide) utilisé dans l'étude pivotale était le traitement palliatif du carcinome de la prostate sensible aux androgènes à un stade avancé (stade D2). Or, l'étude pivotale utilisée pour évaluer Firmagon avait été conçue dans le but de faire appel à la démarche classique qui est celle de recruter des patients ayant un cancer de la prostate avancé ou à un stade plus précoce (pour lesquels l'avantage d'une privation androgénique n'a pas été démontré). Bien que l'obtention et le maintien d'une concentration de testostérone causant une castration médicale du jour 28 au jour 364 aient été démontrés pour tous les stades de la maladie, Santé Canada autorise Firmagon pour inhiber la sécrétion de testostérone chez les patients atteints d'un cancer de la prostate hormono-dépendant à un stade avancé dont la privation androgénique est justifiée. Comme l'inhibition de la sécrétion de testostérone ne constitue pas un marqueur de substitution valable pour le cancer de la prostate à un stade avancé, un énoncé qualificatif précisant que l'effet palliatif et le prolongement de la survie n'ont pas été démontrés a été ajouté dans la section portant sur les indications dans la monographie de produit.

3.3.4 Innocuité clinique

L'innocuité clinique de Firmagon a été principalement évaluée dans le cadre d'une étude pivotale de phase III menée auprès de 610 patients traités pour le cancer de la prostate pendant un an. Une description de l'étude est fournie à la section 3.3.3 « Efficacité clinique ». En outre, on a eu recours à d'autres données provenant d'analyses de résultats mis en commun tirés de la base de données sur l'innocuité de Firmagon, données issues d'un suivi dont la durée médiane était de 1,2 an (1,7 an en moyenne).

Dans l'étude pivotale de phase III, les événements indésirables (EI) étaient considérés comme étant associés au traitement s'ils survenaient dans la période située entre la première dose et la fin de l'étude. Chez les patients ne s'étant pas présentés à la consultation de suivi clôturant l'étude, les événements indésirables étaient jugés associés au traitement s'ils se produisaient dans les 45 jours suivant la dernière consultation du patient. Le pourcentage de patients ayant eu des EI était comparable dans les 3 groupes de traitement. Dans l'ensemble, 167 (83 %) patients du groupe ayant reçu 240/160 mg de Firmagon ont déclaré des EI comparativement à 163 (79 %) patients du groupe ayant été traité avec 240/80 mg de Firmagon et à 156 (78 %) patients ayant reçu 7,5 mg de leuprolide. L'EI le plus fréquemment signalé par les patients traités par Firmagon ou le leuprolide pendant l'étude était les bouffées de chaleur. Celles-ci étaient déclarées par 52 (26 %) patients ayant reçu 240/160 mg de Firmagon comparativement à 53 (26 %) patients traités avec 240/80 mg de Firmagon et à 43 (21 %) patients ayant reçu le leuprolide.

L'administration de Firmagon a entraîné le plus souvent des réactions au point d'injection. Chez les patients traités par Firmagon, ces réactions étaient les suivantes : douleur (28 %), érythème (17 %), oedème (6 %) et induration (4 %) et nodules (3 %). En comparaison, moins de 1 % des patients ayant reçu le leuprolide ont déclaré ce type de réactions. Moins de patients du groupe ayant reçu 240/80 mg de Firmagon que du groupe ayant reçu 240/160 mg de Firmagon ont signalé ce type de réactions (35 % des patients versus 44 % des patients, respectivement), ce qui laisse penser qu'une dose d'entretien plus faible peut entraîner moins de réactions au point d'injection. Aucune des réactions au point d'injection n'était considérée comme un événement indésirable grave (EIG), et aucune réaction d'hypersensibilité immédiate n'est apparue après l'administration d'une dose. Cinq (1,2 %) patients traités par Firmagon ont signalé des réactions au point d'injection ayant donné lieu à un abandon de l'étude.

En tout, 19 patients sont décédés au cours de l'étude en raison de 21 EIG associés au traitement, la fréquence étant relativement égale dans les groupes de traitement, à savoir 10 (2 %) patients ayant reçu Firmagon et 9 (4 %) patients traités par le leuprolide. Aucun de ces décès n'était lié au médicament à l'étude.

Aucun patient ayant reçu Firmagon n'a déclaré avoir subi un EIG considéré comme lié au médicament. Un seul patient du groupe ayant reçu le leuprolide présentait une prostate anormale lors d'un examen, observation que l'on a considérée comme étant un EIG lié au médicament.

Les paramètres cliniques chimiques et hématologiques ont été surveillés pendant l'étude. Comme prévu, une baisse de la sécrétion de testostérone induite par le médicament à l'étude a entraîné une diminution de la concentration d'hémoglobine et de l'hématocrite (élevée ou normale à faible) chez environ 40 % des patients traités (patients traités par Firmagon et ceux ayant reçu le leuprolide). Une analyse de la fonction rénale a aussi indiqué que 68 % des patients des deux groupes ayant reçu Firmagon et 69 % des patients du groupe traité par le leuprolide ont vu s'élever leur concentration d'azote uréique, qui était normale ou faible. Les variations marquées de la concentration d'azote uréique n'étaient généralement pas accompagnées d'une variation concomitante de la concentration de créatinine sérique. Il a été établi qu'une privation androgénique peut causer une élévation des concentrations d'azote uréique.

Dans l'étude pivotale de phase III, la variation des résultats de laboratoire associés aux paramètres hépatiques était semblable chez les patients traités par Firmagon et chez les patients ayant reçu le leuprolide. On a observé des valeurs de transaminases hépatiques (alanine transaminase, aspartate aminotransférase et gamma-glutamyltransférase) nettement anormales, définies comme étant supérieures à trois fois la limite supérieure de la normale (LSN), chez 2 % à 6 % des patients présentant des valeurs normales avant le début du traitement. Ces pics de transaminases sont apparus au début du traitement et étaient généralement réversibles en dépit d'une exposition continue au médicament. Chez quelques personnes uniquement, il s'est révélé impossible de déterminer s'il y avait eu réversibilité, car les mesures n'étaient plus effectuées après la fin de l'étude ou après l'abandon de cette dernière. Chez deux patients des groupes traités par Firmagon, on a constaté une hausse de la concentration d'ALT supérieure à 10 fois la LSN (intervalle : 10 à 15 fois la LSN), qui est revenue à la normale malgré l'exposition continue. Les hausses de la concentration d'ALT constituent une bonne indication d'une toxicité hépatique, mais elles ne sont pas très spécifiques. Par conséquent, outre les lésions hépatocellulaires, il est important d'évaluer les cas possibles d'une dysfonction hépatique induite par le médicament. Des concentrations anormales de bilirubine totale ont été décelées chez 33 (8 %) patients dans l'ensemble des patients ayant reçu Firmagon et 23 (11 %) patients traités par le leuprolide. Pour la majorité de ces patients, les valeurs anormales de bilirubine totale étaient inférieures à 1,5 fois la LSN. Aucun patient n'a manifesté de hausse concomitante de la concentration d'ALT supérieure à trois fois la LSN et de bilirubine supérieure à 1,5 fois la LSN. Dans les données sur l'innocuité mises en commun (1848 patients avec une fonction hépatique évaluable), 8 (moins de 1 %) patients présentaient une concentration de l'ALT supérieure à 10 fois la LSN; trois de ces patients avaient une concentration de l'ALT supérieure à 25 fois la LSN et pouvant atteindre 31 fois la LSN. Chez les cinq patients présentant une hausse concomitante des concentrations d'ALT et de bilirubine, on a aussi noté une augmentation de la concentration de la phosphatase alcaline supérieure à deux fois la LSN, ce qui semble indiquer une cholestase. Bien qu'aucun cas de lésion hépatique grave induite par le médicament ne se soit manifesté avec une administration de Firmagon, le promoteur a l'intention de continuer à surveiller les paramètres hépatiques (valeurs de laboratoire et événements indésirables) dans le cadre du programme clinique. Des mises en garde et des précautions relatives à la fonction hépatique ont été incluses dans la monographie de produit.

Des problèmes d'innocuité concernant les effets du médicament sur l'intervalle QT et la densité osseuse ainsi que les effets de la production d'anticorps contre Firmagon sur l'innocuité et l'efficacité ont été abordés dans l'ANC.

En raison de son action pharmacologique (privation androgénique), Firmagon peut allonger l'intervalle QT dans un électrocardiogramme (ECG). À ce titre, on a réalisé des ECG pour étudier tout effet possible de Firmagon sur la repolarisation cardiaque. Dans les essais cliniques, un allongement de l'intervalle QT supérieur à 500 ms durant le traitement est généralement préoccupant. Dans cette étude, on a eu recours aux résultats d'intervalle QTc corrigés selon la méthode Fridericia (QTcF). Les résultats indiquent qu'il n'existe pas de différence statistiquement significative entre les groupes de traitement pour ce qui est de la variation moyenne du QTcF entre la valeur de départ et la valeur du jour 3 à la fin de l'étude. La variation moyenne de l'intervalle QTcF était de 10,3 ms pour la dose d'entretien de Firmagon (160 mg), de 11,7 ms pour la dose d'entretien de Firmagon (80 mg) et de 13,0 ms pour le groupe traité par le leuprolide. Au total, 84 (21 %) patients ayant reçu Firmagon et 41 (20 %) patients traités par le leuprolide avaient un intervalle QTcF mesuré égal ou supérieur à 450 ms. Vingt patients avaient un intervalle QTcF égal ou supérieur à 480 ms : 13 (3 %) patients des groupes ayant reçu Firmagon et 7 (3 %) patients du groupe traité par le leuprolide. En tout, 7 patients, 3 (< 1 %) des groupes ayant reçu Firmagon et 4 (2 %) patients traités par le leuprolide présentaient un intervalle QTcF, égal ou supérieur à 500 ms, ce qui est nettement anormal. L'allongement de l'intervalle QTcF pourrait être lié à l'inhibition prolongée de la sécrétion de testostérone. Les effets pharmacologiques directs de Firmagon sur l'intervalle QT seront pris en compte dans une étude exhaustive planifiée sur l'intervalle QT/QTc (FE200486 CS22) prévue en 2010. Entre-temps, étant donné que l'allongement de l'intervalle QT est considéré comme un événement indésirable d'importance clinique, on a formulé des mises en garde et des précautions dans la monographie de produit.

Dans les publications médicales, on a signalé une plus faible densité osseuse et un risque accru de fracture chez les hommes ayant subi une orchidectomie ou ayant été traités avec un agoniste de la GnRH. Il est à prévoir qu'une longue période de castration médicale chez l'homme a une incidence sur la densité osseuse. Chez les patients atteints de cancer de la prostate, les fractures osseuses peuvent réduire la survie globale. Il faut donc user de prudence lorsqu'on fait appel à une privation androgénique dans un contexte où le bienfait n'est pas évident. Au cours des 12 mois du traitement utilisé dans l'étude pivotale de phase III, 0,7 % des patients ayant reçu Firmagon et 2,5 % des patients traités par le leuprolide ont déclaré avoir subi des fractures et/ou présenter une ostéoporose ou une ostéopénie. Le groupe ayant reçu le leuprolide présentait une plus grande proportion de patients (23 %) atteints d'un cancer métastatique par rapport aux groupes traités par Firmagon (18 % à 20 %); chez les patients atteints d'un cancer de la prostate, 7 % à 16 % des fractures étaient attribuables à des métastases osseuses. Dans la base de données mises en commun sur l'innocuité de Firmagon, associées à un suivi d'une durée médiane de 1,2 an (moyenne de 1,7 an), 3,3 % des patients atteints de cancer de la prostate ont signalé des événements indésirables liés à la densité minérale osseuse ou à l'ostéoporose. La base de données mises en commun sur l'innocuité de Firmagon comprend des études de prolongation pendant lesquelles les patients ont pris de l'âge. Or, il est bien connu que la densité osseuse et l'incidence de l'ostéoporose augmentent avec l'âge. Ces fréquences ne sont donc pas considérées comme étant supérieures aux valeurs prévues, compte tenu de l'âge de la population et du stade de la maladie. Le promoteur prévoit examiner les effets de Firmagon sur la densité osseuse et l'ostéoporose dans le cadre d'une étude portant uni

quement sur le sujet qui débutera en 2010. En outre, une étude d'observation post-approbation de 3 ans est également planifiée en 2010 pour examiner l'innocuité à long terme de Firmagon (taux d'incidence des fractures osseuses, des événements cardiovasculaires et des nouveaux cas de diabète sucré) comparativement à un agoniste de la GnRH vendu sur le marché. Entre-temps, comme l'ostéoporose fait partie de la liste des événements indésirables cliniquement pertinents, on a ajouté des mises en garde et des précautions dans la monographie de produit.

Les autres problèmes d'innocuité ont été réglés de façon satisfaisante dans la réponse à l'ANC. La monographie de produit révisée, à la section de l'indication, tient compte du fait qu'il a été démontré que l'inhibition de la testostérone se limite à la période du traitement, soit un an, et informe les professionnels de la santé et les patients des événements indésirables d'importance clinique généralement associés à une privation androgénique (p. ex. allongement de l'intervalle QT dans l'ECG, diminution de la densité minérale osseuse, effets cardiovasculaires, variation de la tolérance au glucose, anémie), de même que des EI particuliers associés au traitement par Firmagon.

3.4 Évaluation des avantages / risques et recommandation

3.4.1 Évaluation des avantages/risques

Firmagon est un antagoniste (bloqueur) des récepteurs de l'hormone entraînant la libération des gonadotrophines (GnRH). Son action entraîne une inhibition de la libération des gonadotrophines par l'hypophyse et une diminution de la production de testostérone par les testicules. Les programmes non cliniques et cliniques ont montré que Firmagon a abaissé la concentration circulante d'hormone lutéinisante (LH), d'hormone folliculo-stimulante (FSH) et de testostérone. La phase III de l'étude de confirmation a révélé que Firmagon était efficace pour diminuer la testostérone plasmatique à une concentration inférieure à 0,5 ng/mL (c.-à-d., à une concentration causant une castration) à l'intérieur de trois jours et pour maintenir cette diminution pendant au moins un an. Il a aussi été établi que Firmagon était non inférieur au leuprolide (le comparateur actif utilisé dans cette étude) pour ce qui est de la probabilité d'obtenir et de maintenir une inhibition de la sécrétion de testostérone du jour 28 au jour 364. Les événements indésirables étaient généralement comparables entre Firmagon et le leuprolide, à l'exception des réactions au point d'injection, survenues plus fréquemment avec l'administration de Firmagon. Les effets indésirables d'importance clinique associés à une privation androgénique étaient généralement les suivants : allongement de l'intervalle QT à l'ECG, effets cardiovasculaires, diminution de la densité minérale osseuse, fractures et/ou ostéoporose ou ostéopénie. Les effets indésirables associés au traitement par Firmagon et observés dans les études cliniques étaient l'allongement de l'intervalle QT à l'ECG, les effets cardiovasculaires et les fractures et/ou l'ostéoporose ou l'ostéopénie. Les données sur l'innocuité fournies étaient issues d'un suivi dont la durée médiane était de 1,2 an. On a observé l'apparition d'anticorps dirigés contre le dégarélix chez 10 % des patients traités par Firmagon dans l'étude de phase III; toutefois, rien n'indiquait que cette production d'anticorps pouvait avoir des effets sur l'efficacité ou l'innocuité du traitement par Firmagon. Bien que Firmagon soit une nouvelle substance active, aucune étude exhaustive n'a été menée sur un effet intrinsèque possible que Firmagon entraînant un allongement de l'intervalle QT.

L'inhibition de la sécrétion de testostérone à une concentration inférieure à 0,5 ng/mL était considérée comme un marqueur de substitution valable permettant d'obtenir un avantage clinique dans le traitement du cancer de la prostate métastatique; cependant, l'étude de confirmation a été réalisée chez des patients atteints d'un cancer de la prostate à tous les stades, dont une proportion relativement petite (20 %) présentait véritablement des métastases. Le leuprolide (par rapport auquel Firmagon s'est révélé non inférieur) est indiqué pour le traitement palliatif du carcinome de la prostate sensible aux androgènes à un stade avancé (stade D2). Toutefois, comme le traitement du cancer de la prostate a évolué depuis l'arrivée des agonistes de la GnRH sur le marché à la fin des années 1980, les patients atteints d'un cancer de la prostate à un stade D2 n'ayant jamais reçu de traitement hormonal sont rares de nos jours. L'étude pivotale a fait appel à la démarche classique qui est celle de recruter des patients de façon à obtenir un échantillon de tous les stades de cancer de la prostate.

Les effets pharmacologiques directs du Firmagon sur l'intervalle QT seront examinés au cours d'une étude exhaustive sur l'intervalle QT/QTc prévue pour le début de 2011. Des avertissements concernant l'allongement de l'intervalle QT ont été ajoutés à la monographie de produit.

Les effets indésirables associés à Firmagon étaient généralement comparables à ceux associés au leuprolide et à la privation androgénique, mais on n'a pas établi le profil d'innocuité de Firmagon à long terme, en particulier en ce qui concerne la diminution de la densité minérale osseuse et les effets cardiovasculaires. Par ailleurs, dans l'étude de phase III, même si rien n'indique que l'efficacité ou l'innocuité du traitement par Firmagon est touchée par la production d'anticorps, on ne dispose pas de données pour une période de plus d'un an.
 
Comparativement aux agonistes de la LHRH, l'un des avantages de Firmagon est sa capacité à rapidement inhiber (en moins de 48 heures) la sécrétion de gonadotrophines par l'hypophyse, ce qui entraîne une baisse de la production de testostérone. Les agonistes de la LHRH peuvent en premier lieu provoquer une production accrue de gonadotrophines et de testostérone et ainsi aggraver la symptomatologie du cancer de la prostate. Cependant, on n'a pas encore démontré l'avantage clinique de Firmagon par rapport au leuprolide administré en concomitance avec des anti-androgènes pour ce qui est d'inhiber la montée brusque de testostérone durant la phase initiale du traitement. L'avantage clinique d'une inhibition de cette augmentation rapide au début du traitement n'est pertinent que chez une minorité de patients atteints d'un cancer métastatique.

Santé Canada considère que le profil avantages/risques de Firmagon est suffisamment favorable pour autoriser l'utilisation de Firmagon pour l'indication suivante : inhiber la sécrétion de testostérone chez les patients atteints d'un cancer de la prostate hormono-dépendant à un stade avancé et chez qui la privation androgénique est justifiée. Comme l'inhibition de la sécrétion de testostérone ne constitue pas un marqueur de substitution valable pour le cancer de la prostate à un stade avancé, un énoncé qualificatif précisant que l'effet palliatif et le prolongement de la survie n'ont pas été démontrés a été ajouté dans la section portant sur les indications dans la monographie de produit.

3.4.2 Recommandation

Après avoir examiné les données sur la qualité, l'innocuité et l'efficacité de ce produit, Santé Canada estime que Firmagon a un profil avantages/risques favorable à une inhibition de la sécrétion de testostérone chez les patients atteints d'un cancer de la prostate hormono-dépendant à un stade avancé si la privation androgénique est justifiée. La présentation de drogue nouvelle (PDN) répond aux exigences des articles C.08.002 et C.08.005.1 et, par conséquent, Santé Canada a émis l'AC prévu par l'article C.08.004 du Règlement sur les aliments et drogues.

4 Étapes importantes de la présentation

Étapes importantes de la présentation: FirmagonMD

Étape importante de la présentationDate
Réunion préalable à la présentation :2008-05-15
Dépôt de la présentation :2008-06-02
Examen préliminaire 1
Lettre d'acceptation à l'issue de l'examen préliminaire :2008-07-18
Examen 1
Évaluation de la qualité terminée :2009-05-14
Évaluation clinique terminée :2009-05-14
Avis de non-conformité émis par le directeur général (lacunes sur le plan de l'innocuité, de l'efficacité et de la qualité) :2009-05-14
Réponse déposée :2009-07-13
Examen préliminaire 2
Lettre d'acceptation à l'issue de l'examen préliminaire :2009-08-05
Examen 2
Évaluation de la qualité terminée :2009-10-02
Évaluation clinique terminée :2009-11-05
Examen de l'étiquetage terminé :2009-10-29
Délivrance de l'avis de conformité (AC) par le directeur général :2009-11-16