Sommaire des motifs de décision portant sur Gardasil ™

Décisions d'examen

Le sommaire des motifs de décision explique les raisons pour lesquelles un produit a reçu une autorisation de vente au Canada. Le document comprend les considérations portant sur la réglementation, l’innocuité, l’efficacité et la qualité (sur le plan de la chimie et de la fabrication).


Type de produit:

Médicament
  • Ce document est une traduction française du document anglais approuvé.
GardasilMD

Vaccin recombinant quadrivalent contre le virus du papillome humain (types 6, 11, 16 et 18)

Merck Frosst Canada Ltée.

No de contrôle de la présentation : 102682

Émis le : 2007-03-16

Direction générale des produits de santé et des aliments

Notre mission est d'aider les Canadiennes et les
Canadiens B maintenir et B améliorer leur état de santé.
Santé Canada

Le mandat de la DGPSA est d'adopter une approche intégrée à la gestion des risques et des avantages pour la santé liés aux produits de santé et aux aliments:

  • en réduisant les facteurs de risque pour la santé des Canadiens et Canadiennes tout en maximisant la protection offerte par le système réglementaire des produits de la santé et des aliments ; et
  • en favorisant des conditions qui permettent aux Canadiens et Canadiennes de faire des choix sains ainsi qu'en leur donnant des renseignements afin qu'ils ou qu'elles puissent prendre des décisions éclairées en ce qui a trait à leur santé.

Direction générale des produits de santé et des aliments

Also available in English under the following title: Summary Basis of Decision (SBD)

GardasilTM, Quadrivalent Human Papillomavirus (Types 6, 11, 16, 18) Recombinant Vaccine, Merck Frosst Canada Ltd., Submission Control No. 102682

Avant-propos

Le Sommaire des motifs de décision (SMD) de Santé Canada expose les motifs d'ordre scientifique et réglementaire sur lesquels reposent les décisions de Santé Canada concernant la réglementation des médicaments et des instruments médicaux. Les SMD sont rédigés en langage technique à l'intention des personnes et groupes intéressés aux décisions de Santé Canada portant sur un produit donné et sont le reflet des observations consignées dans les rapports d'évaluation. À ce titre, les SMD servent à compléter et non à répéter l'information contenue dans la monographie de produit.

Nous invitons les lecteurs à consulter le « Guide du lecteur sur le Sommaire des motifs de décision - Médicaments au sujet de l'interprétation des termes et des acronymes utilisés ici. Ils trouveront également dans ce guide un aperçu du processus d'examen des présentations de drogue dans le feuillet intitulé « Comment les médicaments sont examinés au Canada », qui décrit les facteurs pris en considération par Santé Canada au cours du processus d'examen et d'autorisation d'une présentation de drogue. Les lecteurs devraient aussi consulter le document intitulé « Initiative du sommaire des motifs de décision - Foire aux questions ».

Le SMD correspond à l'information dont disposent les autorités de réglementation de Santé Canada au moment de prendre une décision. Les présentations subséquentes examinées à d'autres fins ne sont pas incluses dans la Phase I de la stratégie de mise en oeuvre des SMD. Pour obtenir de l'information à jour sur un produit en particulier, les lecteurs sont priés de consulter la monographie la plus récente de ce produit. Santé Canada fournit également l'information au sujet mises en garde diffusées après la commercialisation ou d'avis émis à la suite d'effets indésirables (EI).

Pour de plus amples renseignements sur un produit en particulier, les lecteurs peuvent également se rendre sur les sites Web des organismes de réglementation d'autres pays. L'information reçue à l'appui d'une présentation de drogue au Canada peut cependant ne pas être identique à celle reçue par d'autres gouvernements.

Autres politiques et lignes directrices

Les lecteurs sont invités à consulter le site Web de Santé Canada, où ils trouveront d'autres politiques et lignes directrices au sujet des médicaments, notamment le document intitulé «Gestion des présentations de drogues ».

1 Information sur le produit et la présentation

Marque nominative :

GardasilMD

Fabricant/promoteur :

Merck Frosst Canada Ltée.

Ingrédient médicinal :

Protéine L1 recombinée du papillomavirus humain des types 6, 11, 16 et 18

Dénomination commune internationale :

Vaccin contre le virus du papillome humain (types 6, 11, 16 et 18) (recombinant, adsorbé)

Concentration :

Une dose contient :
20 µg de la protéine L1 du VPH 6,
40 µg de la protéine L1 du VPH 11,
40 µg de la protéine L1 du VPH 16,
et 20 µg de la protéine L1 du VPH 18

Forme posologique :

Suspension

Voie d'administration :

Intramusculaire

Identification numérique de drogue (DIN) :

  • 02283190

Classe pharmaco-thérapeutique (classe ATC) :

Agent d'immunisation active

Ingrédients non médicinaux :

Sulfate d'hydroxyphosphate d'aluminium amorphe comme adjuvant, chlorure de sodium, L histidine, polysorbate 80 (PS 80), borate de sodium et eau pour injection

Type et numéro de présentation :

Présentation de drogue nouvelle, no de contrôle de la présentation 102682

Date de la présentation :

2005-12-12

Date de l'autorisation :

2006-07-10

GARDASILMD est une marque de commerce de Merck & Co. Inc. utilisée sous licence.

2 Avis de décision

Le 10 juillet 2006, Santé Canada a émis à l'intention de Merck Frosst Canada Ltée un avis de conformité pour le vaccin GardasilMD.

GardasilMD est un vaccin recombinant quadrivalent contre le virus du papillome humain (VPH) (types 6, 11, 16, 18) et un agent immunisant actif. Il contient comme ingrédients actifs, des pseudoparticules virales (PPV) hautement purifiées de la principale protéine (L1) recombinante de la capside des VPH des types 6, 11, 16 et 18. Comme les PPV ne contiennent pas d'ADN viral, elles ne peuvent infecter les cellules ni se reproduire. Les données provenant d'études précliniques semblent indiquer que l'efficacité des vaccins à base de PPV de L1 est médiée par des réponses immunitaires de type humoral.

GardasilMD est indiqué chez les filles et les femmes de 9 à 26 ans pour la prévention de l'infection par le VPH des types 6, 11, 16 et 18 et des maladies suivantes causées par ces types de VPH : cancer du col de l'utérus, cancer de la vulve et cancer du vagin, verrues génitales (condylomes acuminés), adénocarcinome in situ (AIS) du col de l'utérus, néoplasies intraépithéliales cervicales (CIN) de grades 1, 2 et 3, néoplasies intraépithéliales vulvaires (VIN) de grades 2 et 3, et néoplasies intraépithéliales vaginales (VaIN) de grades 2 et 3.

GardasilMD a été évalué dans le cadre de la Politique sur le traitement prioritaire car il offre une nouvelle méthode de prévention des conditions susmentionnées qui devrait à tout le moins compléter et améliorer la prévention du cancer du col de l'utérus, dans le cadre du programme existant de dépistage au Canada.

L'autorisation de commercialisation s'appuie sur des données sur la qualité et des données tirées de 10 études précliniques et de 12 études cliniques. L'efficacité de GardasilMD a été évaluée dans 4 études cliniques de phases II et III randomisées à double insu contrôlées contre placebo. Le vaccin s'est avéré efficace contre la maladie causée par chacun des 4 types de VPH contenus dans le vaccin. L'efficacité de GardasilMD comme moyen de réduire l'incidence des CIN (de n'importe quel grade, y compris les CIN 2/3), des AIS, des verrues génitales, des VIN (de n'importe quel grade) et des VaIN (de n'importe quel grade) a été démontrée dans une population constituée de sujets qui ont reçu les trois doses du vaccin dans l'année qui a suivi leur recrutement, n'ont pas trop dérogé au protocole d'étude et n'avaient pas été exposés (sujets naïfs, échantillons cervicovaginaux et sérologiques négatifs) aux types de VPH pertinents (6, 11, 16, et 18) avant la première dose et un mois après la troisième dose.

GardasilMD (vaccin recombinant quadrivalent contre le virus du papillome humain [types 6, 11, 16, 18]) est présenté sous forme de suspension liquide injectable. Il devrait être administré par voie intramusculaire en trois doses séparées de 0,5 mL selon le calendrier décrit dans les recommandations posologiques contenues dans la monographie de produit.

GardasilMD est contre-indiqué chez les patientes qui présentent une hypersensibilité aux ingrédients actifs ou à l'un des excipients du vaccin. Pour obtenir une liste complète, veuillez consulter la section Formes posologiques, composition et conditionnement de la monographie de produit. Les personnes qui manifestent des symptômes évocateurs d'une hypersensibilité après avoir reçu une dose de GardasilMD ne devraient pas recevoir d'autres doses du vaccin. GardasilMD devrait être administré selon les conditions décrites dans la monographie de produit, en tenant compte des risques potentiels associés à l'administration de ce produit pharmaceutique. Les conditions détaillées relatives à l'usage de GardasilMD sont décrites dans la monographie de produit.

Conformément à son examen des données portant sur la qualité, l'innocuité et l'efficacité du produit, Santé Canada juge que le rapport entre les avantages et les risques de GardasilMD est favorable pour la prévention de l'infection causée par le VPH des types 6, 11, 16 et 18 et des maladies suivantes associées à ces types de VPH : cancer du col de l'utérus, cancer de la vulve et du vagin, verrues génitales (condylomes acuminés), adénome in situ (AIS) du col de l'utérus, néoplasies intraépithéliales cervicales (CIN) de grades 1, 2 et 3, néoplasies intraépithéliales vulvaires (VIN) de grades 2 et 3 et néoplasies intraépithéliales vaginales (VaIN) de grades 2 et 3 chez les filles et les femmes de 9 à 26 ans.

3 Motifs d'ordre scientifique et réglementaire

3.1 Motifs d'ordre qualitatif

3.1.1 Substance médicamenteuse (Ingrédient médicinal)

Procédé de fabrication et contrôles en cours de fabrication

Le procédé de fabrication du produit monovalent adsorbé en vrac (PMAV) contre le virus du papillome humain (VPH) comprend deux étapes. Au cours de la première étape, les protéines L1 sont produites séparément par fermentation en culture recombinante de Saccharomyces cerevisiae, puis auto-assemblées en pseudoparticules virales (PPV). Pendant la seconde étape, les PPV de chaque type sont purifiées pour obtenir le produit aqueux final (PAF). Le PAF de chaque type de VPH est ensuite adsorbé sur un adjuvant contenant de l'aluminium pour produire le PMAV.

Le PMAV subit des essais préalables à la mise en circulation afin d'en vérifier la stérilité, la présence d'endotoxines, l'activité relative in vitro, la teneur en aluminium et le pH. Les essais critiques et les spécifications ont été fournis pour toutes les matières premières. Les essais et les critères d'acceptation pour la mise en circulation de nouveaux lots de semences de travail ont aussi été fournis. Tous les contrôles en cours de fabrication critiques font l'objet d'une surveillance pendant la validation du procédé.

Les matières utilisées dans la fabrication de la substance médicamenteuse sont jugées appropriées à l'usage prévu. Le procédé de fabrication est considéré comme faisant l'objet d'un contrôle approprié à l'intérieur de limites justifiées.

Caractérisation

On a fourni un résumé des méthodes d'analyse utilisées pour caractériser la structure et les épitopes critiques des PPV des VPH. Des essais ont été effectués sur le PAF, le PMAV et, dans certains cas, sur un intermédiaire réactionnel. Les résultats confirment la structure de la principale protéine, permettent de caractériser les structures supérieures et établissent la relation entre la structure des PPV et l'activité biologique.

Tous les lots de validation sont conformes aux exigences relatives à la mise en circulation, aussi bien en ce qui concerne les impuretés des cellules hôtes (ADN, ARN, lipides et glucides) que les résidus du procédé.

Contrôle de la substance médicamenteuse

Tous les lots de validation étaient conformes à tous les critères d'acceptation, sauf un lot. Cet écart n'a altéré ni la qualité ni la constance du procédé de production par fermentation. À la suite d'une enquête, on a apporté des modifications mineures pour corriger le problème.
           
Le produit en vrac est analysé pour vérifier la présence de produits de dégradation, et les limites de mise en circulation des produits de dégradation, individuellement et dans leur ensemble, sont à l'intérieur des limites acceptables. Les rapports de validation de toutes les méthodes qui ont servi à l'analyse de la substance médicamenteuse demi-finie et finie et à la justification des spécifications de la substance médicamenteuse ont été jugés satisfaisants. Les composantes proposées pour l'emballage sont jugées acceptables.

Stabilité

Les études sur la stabilité portant sur la boue cellulaire et le PMAV dans des conditions d'entreposage prolongé et sur le PMAV dans des conditions accélérées confirment la durée de conservation et les conditions d'entreposage proposées.

À la lumière des données présentées, la durée de conservation, les conditions d'entreposage et d'expédition de la substance médicamenteuse sont bien étayées et sont jugées satisfaisantes.

3.1.2 Produit pharmaceutique

Description et composition

GardasilMD [vaccin recombinant quadrivalent contre le virus du papillome humain (types 6, 11, 16 et 18)] est un agent d'immunisation active contre le cancer, les lésions précancéreuses ou dysplasiques, les verrues génitales et l'infection causés par les types de VPH ciblés par le vaccin. GardasilMD est présenté sous forme de suspension liquide stérile pour injection intramusculaire (IM) préparée à partir de PPV hautement purifiées de la principale protéine (L1) recombinante de la capside des VPH des types 6, 11, 16 et 18. Le vaccin quadrivalent à PPV contre le VPH est constitué de la combinaison des PPV adsorbées des VPH de chaque type, de la préparation adjuvante à base d'aluminium et d'un tampon.

GardasilMD contient des protéines L1 provenant des VPH 6, 11, 16 et 18, en plus des excipients suivants : sulfate d'hydroxyphosphate d'aluminium comme adjuvant, chlorure de sodium, L-histidine, polysorbate 80 (PS-80), borate de sodium et eau pour injection. Le produit ne contient ni agent de conservation ni antibiotique. GardasilMD n'est pas un vaccin à virus vivant. Il ne contient pas d'ADN viral et ne peut provoquer d'infection. Tous les excipients contenus dans le produit pharmaceutique sont autorisés par le Règlement sur les aliments et drogues.

Le procédé de fabrication pour le produit quadrivalent du contenant final (PQCF) en flacons ou seringues comprend deux principales étapes : formulation et remplissage. Une description détaillée du conditionnement principal a été soumise. Les flacons en verre et les seringues en verre sont conformes au exigences du sous-chapitre 3.2.1 de la Pharmacopée européenne (Ph. eur.) et de la section <661> de la pharmacopée des États-Unis (USP). Les bouchons satisfont aux exigences en matière d'essais chimiques visant les bouchons de type 1, aux termes du sous-chapitre 3.2.9 de la Ph. eur. Ils satisfont également aux exigences en matière d'essais physicochimiques énoncées à la section <381> de l'USP. Le corps des seringues peut être muni d'un instrument de protection passif.

Élaboration du produit pharmaceutique

Plusieurs études justifiant la nature et la concentration proposée de l'agent d'excipient à utiliser dans le produit pharmaceutique ont été examinées, et elles confirment l'absence vraisemblable d'effets toxicologiques ou immunologiques. Les spécifications de tous les ingrédients sont approuvées conformément aux normes de l'USP/NF ou aux normes de la Ph. eur.

Des modifications ont été apportées au procédé de fabrication pendant l'élaboration de GardasilMD. Parmi celles-ci, les modifications les plus importantes apportées au procédé étaient l'introduction de la formulation quadrivalente et le changement du procédé de remplissage (qui est passé de manuel à automatisé).
 
GardasilMD est préparé à partir de constituants stériles, et le traitement ainsi que le remplissage s'effectuent de façon aseptique. La compatibilité du produit pharmaceutique avec le système récipient-fermeture a été établie au moyen de tests officinaux et d'études de stabilité. Le système récipient-fermeture satisfait à tous les critères d'acceptation des tests de validation.

Procédés de fabrication et contrôles en cours de fabrication

Le PQAV est préparé puis soumis à un conditionnement aseptique dans des flacons ou des seringues. Une fois rempli(e), chaque flacon ou seringue fait l'objet d'une inspection visant à déceler d'éventuelles défaillances. Des échantillons de contrôle de la qualité sont prélevés durant le remplissage. Les seringues remplies sont munies d'une tige de piston et étiquetées.

Elles peuvent être introduites dans un instrument de sécurité. La seringue ou la seringue/l'instrument de sécurité assemblés peuvent être emballés seuls ou accompagnés d'une ou de deux aiguilles stériles et insérés dans des boîtes contenant une ou plusieurs seringues et renfermant une notice de conditionnement.

La formulation, le conditionnement dans des flacons et le conditionnement dans des seringues ont été validés de façon satisfaisante. Tout l'équipement, tous les paramètres de fonctionnement, les essais en cours de fabrication et les instructions détaillées ont été décrits de façon adéquate dans la documentation. Le procédé de fabrication est considéré comme faisant l'objet d'un contrôle approprié à l'intérieur de limites justifiées.

Contrôle du produit pharmaceutique

La spécification du produit pharmaceutique a été établie en tenant compte des lignes directrices réglementaires, de la capacité du procédé, de l'expérience clinique et de l'expérience de la fabrication à grande échelle avec les vaccins homologués de Merck. On a fourni une liste des tests d'analyse effectués et des critères d'acceptation pour confirmer la qualité du produit pharmaceutique.

GardasilMD a été soumis à des essais visant à vérifier son identité, son activité relative in vitro, sa stérilité, son pH et la présence d'impuretés microbiologiques. Les spécifications des tests et les méthodes d'analyse sont jugées acceptables. De plus, la durée de conservation ainsi que les limites de mise en circulation des produits de dégradation, individuellement et dans leur ensemble, sont à l'intérieur des limites acceptables.

Conformément au programme de contrôle et d'évaluation de Santé Canada avant l'autorisation de mise en circulation d'un lot, 3 lots de produit final fabriqués consécutivement ont été contrôlés, évalués et jugés conformes aux spécifications du produit pharmaceutique et démontrent l'homogénéité de la fabrication.

Le document d'autorisation de mise en circulation d'un lot a été jugé acceptable.

Stabilité

À la lumière des données sur la stabilité présentées, fondées sur des essais accélérés et en temps réel, la durée de conservation proposée de 36 mois pour GardasilMD est jugée acceptable, tant pour la présentation sous forme de flacon que sous forme de seringue, lorsque le produit est conservé à la température de 2 à 8 °C. Il est cependant recommandé que le fabricant s'engage à communiquer des données à jour sur la stabilité, en particulier pour la présentation sous forme de seringue, à mesure que ces données seront disponibles.

3.1.3  Installations et équipement

Toutes les opérations de fabrication ont lieu dans une installation multi-produit qui est approuvée pour la fabrication de produits biologiques pour la santé humaine. L'aménagement, le fonctionnement et les mécanismes de contrôle des installations et de l'équipement servant à la production sont jugés acceptables pour les activités et les produits fabriqués.

Toutes les installations associées à la fabrication de la substance médicamenteuse ou du produit pharmaceutique ont été inspectées par une équipe qualifiée d'inspecteurs de la Direction des produits biologiques et des thérapies génétiques de Santé Canada. L'évaluation sur place et les réponses aux observations de l'Avis de fin d'inspection ont été jugées satisfaisantes.

3.1.4 Évaluation de l'innocuité des agents adventices

Des renseignements sur l'évitement et le contrôle des agents fortuits non viraux (agents responsables de l'encéphalopathie spongiforme transmissible, bactéries, mycoplasmes et champignons) ont été fournis. Les divers essais sont énumérés pour la semence de travail, le produit de fermentation, le PMAV, le PQAV et le PQCF.

Aucune lignée cellulaire d'origine humaine ou animale et aucun virus vivant n'entre dans la fabrication de GardasilMD.

3.1.5 Résumé et conclusion

L'information soumise sur la qualité a été approuvée, et une demande pour deux engagements après l'autorisation a été faite. On a demandé que le fabricant fournisse les données sur la stabilité, à mesure qu'elles seront disponibles, afin de confirmer la durée de conservation de 36 mois pour la présentation sous forme de seringue. Les données à jour sur la stabilité devraient également être fournies pour toutes les études sur la stabilité en cours relativement à la présentation sous forme de flacon.

L'information soumise sur les caractéristiques chimiques et la fabrication de GardasilMD montre que la substance médicamenteuse et le produit pharmaceutique peuvent être fabriqués de façon à répondre systématiquement aux spécifications convenues. Des études appropriées sur l'élaboration et la validation ont été menées, et des contrôles adéquats sont en place pour la commercialisation.

3.2 Motifs non cliniques de la décision

3.2.1 Pharmacodynamique

L'évaluation pharmacologique de GardasilMD était axée sur la pharmacodynamique primaire chez trois espèces de primates non humains, notamment : les macaques rhésus, les chimpanzés et les grivets d'Afrique. Les objectifs de ces études étaient les suivants : déterminer si une réponse immunitaire spécifique aux PPV des VPH était induite par le vaccin; examiner la durée de la réponse; déterminer si l'adjuvant à base d'aluminium de Merck (AAM) était nécessaire à l'obtention d'une immunogénicité optimale. Les études visaient également à déterminer si l'antigénicité des quatre PPV présentes dans GardasilMD était semblable et si la réponse immunitaire à chacun après mélange dans une préparation quadrivalente était semblable à celle obtenue par la vaccination avec la préparation monovalente de PPV. On a surveillé la réponse immunitaire à l'aide d'un radioimmunoessai compétitif (cRIA) ou d'un ELISA compétitif (cEIA).

Chez chacune des trois espèces de primates non humains soumis aux essais, l'administration intramusculaire de GardasilMD ou de ses constituants monovalents a été bien tolérée et a induit une solide réponse immunitaire entraînant la production d'anticorps contre les PPV des VPH de chaque type présents dans le vaccin. Les études ont également montré que l'AAM est nécessaire pour induire une réponse immunitaire accrue contre les antigènes vaccinaux.

Les grivets d'Afrique ont développé une réponse anticorps spécifique d'une ampleur comparable contre chaque type de VPH (6, 11, 16 et 18). Les titres d'anticorps obtenus au moyen du vaccin quadrivalent étaient cependant légèrement plus faibles que ceux obtenus avec la préparation monovalente. Le promoteur a expliqué qu'un tel résultat n'est pas rare, étant donné qu'on a utilisé différents dosages pour évaluer les divers types de VPH et que l'importance de la réponse immunitaire induite par un type de VPH ne peut être directement comparée au titre attribuable à un autre type de VPH. De plus, tous les dosages utilisés étaient de type compétitif et, par conséquent, l'affinité de l'anticorps monoclonal utilisé a influé sur la fourchette des titres observés pour un type donné.

On a constaté que les taux d'anticorps sériques contre les quatre types de VPH permettaient de neutraliser l'infection pseudovirale de la lignée C33A (cancer du col de l'utérus), ce qui confirme la capacité du vaccin à PPV contre le VPH de protéger contre l'infection à VPH.

3.2.2  Pharmacocinétique

Les études de pharmacocinétique non cliniques ne s'appliquent pas directement aux vaccins.

3.2.3 Toxicologie

Toxicité aiguë

GardasilMD a été administré à des souris et à des rats dans une étude de toxicité à dose unique et a été bien toléré. Chez les souris, les doses administrées correspondaient à environ 1 200 fois la dose prévue chez l'humain; chez les rats, elles correspondaient à environ 300 fois la dose prévue chez l'humain. Aucun effet lié au traitement n'a été observé sur les plans de la mortalité, des signes physiques ou du poids corporel au cours d'une période d'observation de 14 jours.

Toxicité à doses multiples

Dans une étude de toxicité à doses multiples, l'administration de GardasilMD à des souris à une dose environ 1 450 fois plus élevée que celle prévue chez l'humain n'a entraîné aucun effet indésirable, si ce n'est une légère inflammation au point d'injection et une hyperplasie des ganglions lymphatiques de drainage. Il n'y a eu aucune observation liée au traitement avant le décès et aucun signe de toxicité systémique induite par l'aluminium.

Toxicité pour l'appareil reproducteur et le développement

On a évalué la toxicité pour l'appareil reproducteur et le développement chez des rats femelles avant l'accouplement ainsi que pendant la gestation et la lactation. GardasilMD a été administré à une dose environ 300 fois plus élevée que celle prévue chez l'humain. On n'a observé aucun signe de toxicité pour le développement, selon l'évaluation de la survie des embryons et des foetus, du poids corporel foetal et des paramètres morphologiques externes, viscéraux, coronariens et squelettiques des foetus. On n'a pas observé non plus d'effets liés au traitement sur le développement, le comportement, la capacité reproductrice ni la fertilité de la progéniture. De plus, les anticorps dirigés contre les VPH des quatre types ont été transmis à la progéniture pendant la gestation et peut-être aussi  pendant la lactation.

Cancérogénicité et mutagénicité

Aucune étude de cancérogénicité et de mutagénicité n'est habituellement requise pour les vaccins.

Tolérance locale

Dans le but d'évaluer la tolérance locale, on a administré GardasilMD par voie IM à des lapins. Une dose égale à la dose thérapeutique chez l'humain a été administrée, ce qui correspondait à une dose jusqu'à 40 fois plus élevée compte tenu du poids corporel. Le vaccin a été généralement bien toléré, et l'on n'a observé aucun effet lié au traitement sur la mortalité, les signes physiques ou le poids corporel au cours de la période d'observation de 14 jours. Une légère irritation a été observée au point d'injection. La réaction histopathologique locale était cependant peu sévère et ressemblait fort à celle causée par le placebo contenant l'adjuvant à base d'aluminium.

3.2.4 Résumé et conclusion

Les études menées dans le cadre du programme non clinique ont permis d'obtenir des données sur l'innocuité et l'immunogénicité de GardasilMD et sont favorables à l'utilisation du vaccin dans les études cliniques. En conclusion, GardasilMD a été généralement bien toléré, et aucun effet indésirable grave n'est survenu.

3.3 Motifs cliniques de la décision

3.3.1 Pharmacologie humaine

Le programme clinique comprenait des études sur les vaccins monovalents à PPV L1 contre les VHP des types 11, 16 et 18, ainsi que des études visant à évaluer les préparations de vaccin quadrivalent contre le VPH (types 6, 11, 16 et 18). Aucune étude sur le vaccin monovalent contre le VPH-6 n'a été réalisée, car on s'attendait à ce que le profil d'innocuité de ce composant vaccinal soit semblable à celui du vaccin à PPV L1 contre le VPH-11, vu que ces protéines sont très semblables. La pharmacodynamique de GardasilMD a été évaluée dans le cadre de l'analyse de l'immunogénicité et elle est décrite à la section 3.3.2. Il n'est généralement pas nécessaire d'effectuer des études de pharmacocinétique pour les vaccins injectables.

3.3.2 Efficacité clinique

En tout, 12 études cliniques (4 études pivotales et 8 études non essentielles) ont été soumises à l'appui de la demande d'autorisation de GardasilMD. Les quatre études pivotales (P005, P007, P013 et P015) étaient des études cliniques randomisées à double insu contrôlées contre placebo de phase II et de phase III. Les études P005 et P007 étaient toutes deux des études de phase II. L'étude P005 visait à évaluer le composant VPH-16 de GardasilMD, tandis que l'étude P007 a porté sur tous les composants de GardasilMD. Les études de phase III P013 et P015 étaient intitulées FUTURE (pour Females United to Unilaterally Reduce Endo/Ectocervical Disease) I et FUTURE II, respectivement. En tout, ces quatre études ont porté sur 20 541 femmes, qui étaient âgées de 16 à 26 ans au moment de leur admission. La durée médiane du suivi était de 4,0, 3,0, 2,4 et 2,0 ans, pour les études P005, P007, FUTURE I et FUTURE II, respectivement. Les sujets ont reçu le vaccin ou un placebo au moment de l'admission à l'étude ainsi que 2 et 6 mois plus tard. Une analyse de l'efficacité a été effectuée pour chaque étude prise individuellement et pour toutes les études regroupées.

Tableau 1 - Données démographiques sur les sujets et protocole des études cliniques pivotales visant à évaluer l'efficacité
No de l'étude Protocole Posologie, voie d'administration et durée Sujets (n = nombre) Sexe, âge moyen (intervalle)

005

Étude randomisée, à double insu, multicentrique, contrôlée contre placebo

(1) Vaccin à PPV L1 du VPH-16 (40 mcg/0,5 mL)

(2) Placebo
Injection intramusculaire
3 doses de 0,5 mL

(1) Vaccin
n=1 193

(2) Placebo
n=1 198

Femmes,
21,5 ans
(16 à 23 ans)

007

Partie A:
Étude randomisée, à double insu, multicentrique, contrôlée contre placebo, à doses croissantes














Partie B:
Étude d'évaluation du dosage, randomisée, à double insu, multicentrique, contrôlée contre placebo

Partie A:

(1)Placebo (225mcg/0,5 mL)

(2) Placebo (450 mcg/0,5 mL)

(3) GardasilMD (20/40/40/20 mcg/0,5 mL)

(4) Vaccin quadrivalent à PPV
L1 contre les VPH des types 6, 11, 16 et 18) (40/40/40/40 mcg/0,5 mL

(5) Vaccin quadrivalent à PPV
L1 contre les VPH des types 6, 11, 16 et 18)
(80/80/40/80 mcg/0,5 mL)

Intramuscular injection
3 doses of 0.5 mL

Partie B:
Identique à Partie A.



(1) Placebo (225mcg/dose)
Partie A - n = 11
Partie B - n = 135

(2) Placebo (450 mcg/dose)
Partie A - n = 6
Partie B - n = 140

(3) Vaccin
(20/40/40/20mcg/dose)
Part A - n=13
Part B - n=276

(4)Vaccin
(40/40/40/40 mcg/dose)
Partie A - n = 10
Partie B - n = 272

(5) Vaccin
(80/80/40/80 mcg/dose)
Partie A - n = 12
Partie B - n = 280

Partie A:
Femmes,
20,5 ans,
(18 à 23 ans)
















Partie B:
Femmes,
20,0 ans
(13 à 24 ans)

013

Étude multinationale randomisée, à double insu, multicentrique, contrôlée contre placebo

(1) GardasilMD
(20/40/40/20 mcg/0,5 mL)

(2) Placebo

Injection intramusculaire
3 doses de 0,5 mL

(1) Vaccin
n=2 717

(2) Placebo
n=2 725

Femmes,
20,3 ans
(16 à 24 ans)

015

Étude multinationale randomisée, à double insu, multicentrique, contrôlée contre placebo

(1) Gardasil MD
(20/40/40/20mcg/0.5mL)

(2) Placebo

Injection intramusculaire
3 doses de 0,5 mL

(1) Vaccin
n=6 082

(2) Placebo
n=6 075

Femmes,
19,9 ans
(15 à 26 ans)

Les paramètres du programme d'élaboration clinique de GardasilMD ont été classés selon qu'ils étaient liés au col de l'utérus ou à d'autres organes génitaux. Ce classement s'explique par le fait que le cancer du col de l'utérus et les lésions dysplasiques qui le précèdent sont les lésions les plus courantes et les plus importantes sur le plan pronostique causées par l'infection génitale à VPH. De plus, l'anatomie du col de l'utérus diffère de celle des autres organes génitaux.
           
L'autorisation d'un nouveau vaccin devrait se fonder sur une démonstration solide de l'efficacité de ce dernier à l'égard de la plus importante maladie clinique causée par le pathogène ciblé par le vaccin. Dans le cas des types de VPH oncogènes à haut risque tels que le VPH-16 et le VPH-18, cette maladie est le cancer du col de l'utérus. Il est cependant impossible de réaliser un essai clinique de phase III pour établir l'efficacité d'un vaccin prophylactique contre les VPH des types 16/18 en utilisant le cancer du col de l'utérus comme paramètre, pour les raisons suivantes : 1) le délai médian entre le moment où la personne contracte l'infection et l'apparition du cancer du col de l'utérus est de plus de 20 ans; et 2) la norme de soins à l'échelle mondiale consiste à effectuer un examen de dépistage des néoplasies intraépithéliales cervicales et à procéder à l'exérèse de ces lésions avant l'apparition du cancer. Dans le cadre d'un essai clinique, les femmes doivent recevoir des soins de la plus haute qualité. Par conséquent, il ne serait pas conforme à l'éthique de priver des femmes d'examens de dépistage et de traitements à seule fin d'évaluer l'efficacité à l'égard du cancer.

Les néoplasies intraépithéliales cervicales des grades 2/3 (CIN 2/3) et l'adénocarcinome in situ (AIS) du col de l'utérus sont des lésions précurseurs immédiates et nécessaires du carcinome spinocellulaire invasif et de l'adénocarcinome invasif du col de l'utérus, respectivement. Il a été démontré que le dépistage et l'exérèse de ces lésions pouvaient prévenir un cancer invasif (prévention secondaire); par conséquent, ces lésions sont utilisées comme paramètres de substitution pour la prévention du cancer du col de l'utérus. Les néoplasies intraépithéliales vulvaires des grades 2/3 (VIN 2/3) et les néoplasies intraépithéliales vaginales des grades 2/3 (VaIN 2/3) sont les lésions précurseurs immédiates des cancers de la vulve et du vagin reliés au VPH, respectivement.

Résumé des résultas des études pivotales

Protocole 005 : Étude du lot pilote de fabrication du vaccin à PPV contre le VPH-16 dans la prévention de l'infection à VPH-16

En tout, 2 391 femmes en bonne santé âgées de 16 à 23 ans ont été réparties de façon aléatoire dans cette étude multicentrique. Cette dernière avait principalement pour objectifs d'établir l'innocuité et la tolérabilité de trois doses du vaccin à PPV L1 contre leVPH-16 et de montrer la capacité de ce vaccin de prévenir l'infection persistante à VPH-16 comparativement à un placebo.

Les participantes à cette étude n'avaient jamais été infectées par le VPH-16 (sujets naïfs) au moment de leur recrutement et sont demeurées négatives pour l'ADN du VPH-16 jusqu'à la fin de l'administration de la série vaccinale. Les résultats de cette étude donnent à penser que l'administration du vaccin à PPV L1 contre le VPH-16 selon le calendrier de vaccination comportant trois doses (40 mcg) a permis de :

  • réduire de façon importante le risque de contracter une infection persistante à VPH 16
  • prévenir l'apparition de CIN liées au VPH 16 (y compris les CIN 2/3 liées au VPH 16) Abstration faite du statut à l'égard du VPH 16 ou des résultats du test Pap au moment du recrutement, le schéma de vaccination a réduit le risque global de présenter des CIN ainsi que le risque d'apparition de CIN 2/3, mais n'a pas conféré de protection contre les infections par les VPH des types 6, 11 ou 18 ni accru le risque de contracter ces infections.

Sur le plan de l'immunogénicité, l'administration de trois doses de 40 mcg du vaccin à VPP L1 contre le VPH-16 à des sujets selon le calendrier recommandé, soit aux mois 0, 2 et 6, a provoqué une forte réponse immunitaire anti-VPH-16 quatre semaines après l'administration de la série vaccinale complète. Cette réponse immunitaire a persisté pendant les 3,5 années suivantes; il faudra toutefois mener des études de plus grande envergure pour confirmer ces observations préliminaires.

Protocole 007 : Étude d'évaluation de l'intervalle du dosage pour le vaccin quadrivalent à PPV contre le VPH

Cette étude multicentrique a été divisée en deux parties. La partie A était une évaluation à doses séquentielles croissantes, tandis que la partie B était une étude d'évaluation du dosage. En tout, 1 155 femmes en bonne santé âgées de 13 à 24 ans des États-Unis, de l'Amérique latine et de l'Europe ont été réparties de façon aléatoire dans l'étude.

La partie A de l'étude avait principalement pour objectif d'évaluer la tolérabilité générale du vaccin quadrivalent à PPV L1 contre le VPH (types 6, 11, 16 et 18). La partie B avait le même objectif principal que la partie A, mais elle avait aussi un second objectif : déterminer les formulations associant des PPV contre les VPH des types 6, 11, 16 et 18 qui, lorsqu'elles sont administrées par voie IM selon un calendrier comportant trois doses, entraînent des réponses anti-VPH acceptables, spécifiques du type.

Les constats de cette étude indiquent que le risque de contracter une infection ou une maladie génitale persistante liée aux VPH des types 6, 11, 16 ou 18 est considérablement réduit par ce schéma de vaccination. De plus, l'apparition du paramètre mixte de CIN ou de lésions génitales externes (LGE) liées au VPH des types 6, 11, 16 ou 18 est réduite de façon marquée à la suite de l'administration de trois doses du vaccin quadrivalent contre le VPH.

S'agissant de l'immunogénicité, une forte réponse immunitaire contre les VPH des types 6, 11, 16 et 18 a été observée quatre semaines après l'administration de la série vaccinale complète. Des réactions durables contre les VPH des types 6, 11, 16 et 18 ont été obtenues et ont persisté jusqu'à 2,5 ans après la vaccination.

Protocole 013 :  Étude visant à évaluer l'efficacité du vaccin quadrivalent à PPV L1 contre le VPH (types 6, 11, 16 et 18) dans la réduction de l'incidence des CIN, de l'AIS et du cancer du col de l'utérus reliés au VPH, ainsi que des verrues génitales externes, des VIN, des VaIN, du cancer de la vulve et du cancer du vagin reliés au VPH - Étude FUTURE I

En tout, 5 442 sujets ont été répartis de façon aléatoire dans cette étude multinationale de l'efficacité qui a été réalisée en Amérique du Nord, en Amérique latine, en Europe et en Asie-Pacifique.

L'étude avait principalement pour objectifs d'établir que l'administration de trois doses du vaccin quadrivalent à PPV L1 contre le VPH (types 6, 11, 16 et 18) était généralement bien tolérée et que, comparativement au placebo, l'administration IM de cette série vaccinale réduisait l'incidence du paramètre mixte de dysplasie cervicale (CIN de tout grade), d'AIS ou de cancer du col de l'utérus reliés auVPH (types 6, 11, 16 et 18) chez des femmes qui n'avaient jamais été infectées par un VPH d'un type contenu dans le vaccin au départ (sujets naïfs). Les autres objectifs primaires de l'étude étaient la démonstration que, comparativement au placebo, l'administration IM réduit l'incidence du paramètre mixte de verrues génitales externes, de VIN ou de VaIN, de cancer de la vulve ou de cancer du vagin reliés au VPH (types 6, 11, 16 et 18) chez des femmes qui n'avaient jamais été infectées par un VPH d'un type contenu dans le vaccin au départ.
           
L'administration prophylactique de GardasilMD s'avère extrêmement efficace pour prévenir l'apparition des :

  • CIN (de tout grade) reliées aux VPH des types 6, 11, 16 et 18; CIN 2/3 ou AIS reliés aux VPH des types 16 et 18, et prévenir du même coup l'apparition du cancer du col de l'utérus relié aux VPH des types 16 et 18.
  • verrues génitales externes reliées aux VPH des types 6, 11, 16 et 18; VIN 2/3 et VaIN 2/3 reliées aux VPH des types 6, 11, 16 et 18, et prévenir du même coup l'apparition du cancer de la vulve et du cancer du vagin reliés aux VPH des types 16 et 18.

On observe l'apparition de signes de protection pendant la période au cours de laquelle la série vaccinale comportant trois doses est administrée. L'administration de GardasilMD à des jeunes filles et des femmes n'ayant jamais eu de relations sexuelles réduit le risque d'apparition de LGE liées au VPH.

Sur le plan de l'immunogénicité, l'administration de GardasilMD entraîne une réponse immunitaire forte et durable contre les VPH des types 6, 11, 16 et 18, réponse qui persiste jusqu'à environ 1,5 an après l'administration de la série vaccinale complète.

Protocole 015 : Étude visant à évaluer l'innocuité, l'immunogénicité et l'efficacité du vaccin à PPV L1 contre le VPH (types 6, 11, 16 et 18) en regard de l'incidence des CIN 2/3 (ou de grade plus élevé) reliées aux VPH des types 16/18 - Étude FUTURE II

Cette étude multinationale multicentrique a été réalisée en Amérique du Nord, en Amérique latine, en Europe et en Asie-Pacifique; elle portait sur 12 157 femmes âgées de 15 à 26 ans qui ont été réparties de façon aléatoire.

Cette étude comportait deux parties. La première avait comme objectif primaire de démontrer que le procédé de fabrication final (PFF) permettait d'obtenir un vaccin quadrivalent à PPV L1 contre le VPH (types 6, 11, 16 et 18), lequel, lorsqu'il était administré selon un calendrier comportant trois doses, induisait une réponse immunitaire sérique constante anti-VPH-6, anti-VPH-11, anti-VPH-16 et anti-VPH-18 un mois après l'administration de la troisième dose.

Les objectifs primaires de la deuxième partie de l'étude étaient les suivants :

  • démontrer que l'administration de trois doses du vaccin quadrivalent à PPV L1 contre le VPH (types 6, 11, 16 et 18) était généralement bien tolérée
  • démontrer que l'administration IM de trois doses du vaccin quadrivalent à PPV L1 contre le VPH (types 6, 11, 16 et 18) permettait de réduire l'incidence du paramètre mixte d'anomalies cervicales de haut grade (CIN 2/3) ou de carcinome invasif du col de l'utérus reliés aux VPH des types 16 et 18 chez des sujets dont les résultats du dépistage étaient négatifs à la méthode PCR et au test sérologique au départ et négatifs à la méthode PCR jusqu'au mois 7 pour les VPH du type pertinent.

L'étude a conclu que l'administration prophylactique de GardasilMD est extrêmement efficace pour prévenir l'apparition : des CIN 2, des CIN 3 ou de l'AIS reliés aux VPH des types 16 et 18 et prévenir du même coup le cancer invasif du col de l'utérus relié aux VPH des types 16 et 18; des VIN 2/3 et des VaIN 2/3 reliées aux VPH des types 6, 11, 16 et 18 et prévenir du même coup le cancer de la vulve et le cancer du vagin reliés aux VPH des types 6, 11, 16 et 18; des CIN reliées aux VPH des types 6, 11, 16 et 18; et des LGE reliées aux VPH des types 6, 11, 16, et 18. On observe l'apparition de signes de protection pendant la période au cours de laquelle la série vaccinale comportant trois doses est administrée.

L'administration de GardasilMD à des femmes qui étaient «  naïves  » à l'égard des VPH des types pertinents au départ et qui sont demeurées négatives par PCR jusqu'à la fin de l'administration de la série vaccinale a induit une réponse immunitaire anti-VPH solide et durable qui a persisté jusqu'à environ 1,5 an après l'administration de la série vaccinale complète.

Pour toutes les composantes du vaccin, l'administration de trois doses (à 0, 2 et 6 mois) du vaccin quadrivalent à PPV L1 contre le VPH (types 6, 11, 16 et 18) provenant de trois lots de qualification distincts du procédé final de fabrication à des femmes âgées de 16 à 26 ans induit une réponse immunitaire constante anti-VPH spécifique du type, au mois 7, au dosage immunologique par compétition (cLIA) (y compris des titres géométriques moyens [TGM] et des taux de séroconversion).

Analyse globale des résultats des études pivotales

Les analyses principales de l'efficacité ont été effectuées auprès d'une population évaluable selon le protocole pour le paramètre «  efficacité  » cette population regroupait les sujets qui avaient reçu les 3 doses du calendrier de vaccination dans l'année ayant suivi leur recrutement, qui n'avaient pas trop dérogé au protocole d'étude et qui n'avaient pas été exposés (sujets naïfs, résultats négatifs à la méthode PCR pour les échantillons

cervicovaginaux et au test sérologique) aux VPH des types concernés (types 6, 11, 16 et 18) avant la première dose et jusqu'à un mois après la troisième dose (mois 7). L'efficacité a été mesurée après la visite du mois 7.

Les protocoles 005, 007, 013 et 015 ont fourni des données sur l'efficacité de GardasilMD dans la réduction de l'incidence des paramètres cliniques suivants chez des sujets naïfs au départ (résultats négatifs à la méthode PCR et au test sérologique) :

  • CIN (tous les grades et par grade) reliées aux VPH 6/11/16/18
  • verrues génitales, VIN et VaIN (tous les grades et par grade) reliées aux VPH 6/11/16/18.

Afin de garantir la validité des paramètres, on a utilisé un diagnostic consensuel pour la détermination des paramètres dans les essais cliniques.

GardasilMD est un vaccin prophylactique et il s'est révélé efficace contre les maladies causées par chacun des quatre types de VPH contenus dans le vaccin. En ce qui concerne les sujets présentant une infection en cours ou ayant des antécédents d'infection par le VPH, on ne dispose pas de preuves nettes indiquant que le vaccin peut protéger contre les maladies causées par les VPH des types pour lesquels le sujet avait, au départ, des résultats positifs à la méthode PCR et/ou au test sérologique. GardasilMD ne prévient pas l'infection par d'autres types de VPH que ceux contenus dans le vaccin et ne permet pas non plus de traiter les maladies existantes causées par les types de VPH contenus dans le vaccin. Des cas de maladies causées par des types non présents dans le vaccin ont été observés chez des sujets ayant reçu GardasilMD et le placebo au cours des études d'efficacité de phase II et de phase III.

Immunogénicité

La durée de l'immunité conférée par l'administration de la série vaccinale complète de GardasilMD n'a pas été établie.
                       
L'immunogénicité de GardasilMD a été évaluée chez 8 915 femmes (âgées de 18 à 26 ans) et chez 3 400 adolescents, filles et garçons (âgés de 9 à 17 ans). 

Quatre semaines après la troisième dose, on a observé des taux de séroconversion à l'égard de tous les types de VPH contenus dans le vaccin chez plus de 99,5 % des sujets qui ont reçu GardasilMD, ainsi que des TGM anti-VPH élevés (beaucoup plus élevés que ceux mesurés chez des femmes ayant probablement eu une réponse immunitaire qui a permis de vaincre l'infection). Il importe de noter que les TGM anti-VPH minimaux qui confèrent une protection contre la maladie clinique liée au VPH n'ont pas été déterminés et aucun corrélat immunitaire de la protection contre l'infection à VPH n'a été établi. On ignore si les sujets qui ont eu une réponse immunitaire suite à l'administration de GardasilMD et qui ne présentent plus, ultérieurement, des TGM anti-VPH détectables continuent d'être protégés contre l'infection ou la maladie. On n'a cependant observé des cas d'infection ou de maladie post-vaccination au cours de la phase portant sur la persistance des études de l'efficacité de phase III.

L'efficacité globale de GardasilMD dépendra de la prévalence au départ de l'infection à VPH liée aux types contenus dans le vaccin dans la population vaccinée et de l'incidence de l'infection à VPH due aux types non inclus dans le vaccin.

3.3.3  Innocuité clinique

Les douze études cliniques ayant servi à évaluer l'efficacité ont également servi à évaluer l'innocuité de GardasilMD. Deux des quatre études pivotales (P007 et P013 - décrites ci-dessus) sont en cours.

Tout au long des essais cliniques, l'ensemble des événements indésirables (EI) déclarés par les sujets ont montré que l'administration de GardasilMD est généralement bien tolérée. L'utilisation de GardasilMD a été associée à une augmentation des EI (la plupart de faible intensité) au point d'injection et par une hausse modeste de l'incidence de la fébricule transitoire, comparativement au placebo. La proportion de sujets qui ont signalé des EI graves était comparable entre les deux groupes de vaccination.

Les EI au point d'injection les plus souvent signalés étaient la douleur, l'enflure et l'érythème. La proportion de sujets ayant signalé un EI au point d'injection dans les 15 jours suivant la vaccination était plus élevée chez les sujets ayant reçu GardasilMD que chez ceux ayant reçu le placebo contenant de l'aluminium ou le placebo ne contenant pas d'aluminium. Fait notable, parmi les sujets qui ont signalé un EI au point d'injection, il existait une différence importante entre ceux ayant reçu GardasilMD et le groupe ayant reçu le placebo ne contenant pas d'aluminium, comparativement à la différence observée entre les sujets ayant reçu GardasilMD et ceux ayant reçu le placebo contenant de l'aluminium. Il
convient toutefois de signaler que tous les sujets qui ont reçu le placebo ne contenant pas d'aluminium étaient âgés de 9 à 15 ans au moment du recrutement, groupe d'âge qui signalait généralement moins d'EI à la suite de l'administration de n'importe quel vaccin (comparativement aux populations plus âgées). Néanmoins, l'ampleur de la différence indique que, parmi les deux composants actifs du vaccin (adjuvant à base d'aluminium et PPV L1 du VPH), l'adjuvant est le plus réactogène. 

La proportion de sujets ayant déclaré des EI systémiques et la proportion de sujets ayant signalé un EI clinique systémique lié au vaccin étaient comparables entre les deux groupes de vaccination.

Les études initiales de phase III n'ont pas porté sur les sujets de sexe masculin qui étaient âgés de plus de 15 ans au moment du recrutement. Vu que l'innocuité de GardasilMD  chez les garçons de 9 à 15 ans était généralement comparable à l'innocuité de de ce produit chez les filles de 9 à 15 ans et chez les adolescentes et les jeunes femmes adultes de 16 à 23 ans, on peut supposer que l'innocuité du vaccin chez les adolescents et les jeunes hommes adultes de 16 à 23 ans serait comparable. D'autres essais cliniques sur GardasilMD sont en cours chez les garçons et les hommes de 16 à 26 ans.

L'innocuité et l'efficacité de GardasilMD n'ont pas été évaluées chez les enfants de moins de 9 ans ni chez les adultes de plus de 26 ans. GardasilMD est contre-indiqué chez les patients qui présentent une hypersensibilité à l'un ou l'autre des excipients du vaccin. Les personnes qui présentent des symptômes évoquant une hypersensibilité après avoir reçu une dose de GardasilMD ne devraient pas recevoir d'autres doses de ce vaccin.

Populations spéciales

Femmes enceintes

On ignore si l'administration de GardasilMD à une femme enceinte peut être nocive pour l'enfant à naître. L'administration de ce vaccin pendant la grossesse n'est pas recommandée. Les femmes qui deviennent enceintes avant d'avoir reçu la série vaccinale comportant trois doses devraient recevoir les vaccins manquants après l'accouchement.

Un expert indépendant a examiné chacun des vingt-cinq cas d'anomalies congénitales qui sont survenus pendant les études cliniques (13 dans le groupe recevant GardasilMD et 12 dans le groupe recevant le placebo) afin de rechercher des signes de pathogenèse et de lien éventuel avec la vaccination. Il a été établi que l'existence d'un lien de causalité entre l'un ou l'autre des cas d'anomalie congénitale et la vaccination était peu probable. Des études de suivi à long terme seront menées pour obtenir d'autres données sur le profil d'innocuité. Le promoteur a joint à sa présentation un plan de pharmacovigilance.

Un résumé des issues de la grossesse pour divers protocoles a été inclus dans cette présentation. Dans l'ensemble, on a dénombré 2 074 grossesses chez 1 901 sujets. L'issue de 1 619 grossesses (78,1 %) était connue. Le résumé indique que la proportion de grossesses ayant donné lieu à une naissance vivante était plus élevée chez les sujets ayant reçu GardasilMD que chez ceux ayant reçu le placebo. Parmi les naissances vivantes, la proportion de nourrissons chez qui un problème de santé a été détecté était légèrement supérieure chez les sujets ayant reçu GardasilMD  que chez ceux ayant reçu le placebo. La proportion des grossesses dont l'issue était connue qui ont abouti à la naissance d'un nourrisson normal était comparable entre les groupes de vaccination. La perte foetale est survenue plus fréquemment chez les sujets du groupe placebo comparativement aux sujets du groupe ayant reçu GardasilMD. La proportion d'avortements spontanés parmi les naissances vivantes et de fausses couches non volontaires (c.-à-d. les avortements spontanés et les morts foetales tardives) était plus faible dans le groupe ayant reçu GardasilMD (20,9 %) comparativement au groupe placebo (28,3 %). Le taux de fausses couches non volontaires (c.-à-d. avortements spontanés et morts foetales tardives) était plus faible dans le groupe ayant reçu GardasilMD (21 sur 91 ou 23,1 %) comparativement au groupe placebo (26 sur 92 ou 28,3 %). La proportion de sujets qui ont fait une fausse couche ou dont le foetus était atteint d'une affection était plus élevée dans le groupe placebo que dans le groupe ayant reçu GardasilMD.

Femmes qui allaitent

GardasilMD peut être administré aux femmes qui allaitent, mais on ignore si les antigènes vaccinaux ou les anticorps induits par le vaccin sont excrétés dans le lait humain. Dans une étude, 995 femmes allaitantes ont reçu GardasilMD. Les taux d'EI chez la mère et le nourrisson allaité étaient comparables entre les groupes de vaccination. De plus, pendant l'administration du vaccin, l'immunogénicité du vaccin était comparable chez les mères qui allaitaient et les femmes qui n'allaitaient pas.

Dans les études cliniques, un nombre plus élevé de nourrissons allaités (n = 6) dont la mère avait reçu GardasilMD ont souffert de maladies respiratoires aiguës dans les 30 jours suivant la vaccination de la mère, comparativement aux nourrissons (n = 2) dont la mère avait reçu un placebo. Dans ces études, les taux d'autres EI chez la mère et le nourrisson allaité étaient comparables entre les groupes de vaccination.

Sujets infectés par le VIH

L'innocuité, l'immunogénicité et l'efficacité de GardasilMD n'ont pas été évaluées chez des sujets infectés par le VIH.

3.4 Évaluation des avantages / risques et recommandation

3.4.1 Évaluation des avantages / risques

L'objectif général du programme de vaccination contre le VPH du promoteur est de mettre au point un vaccin quadrivalent qui réduit l'incidence de l'infection par les types courants de VPH ainsi que la pathologie clinique associée à ces infections.

Lorsqu'on examine l'impact de l'administration de vaccins visant les types courants de VPH sur les taux globaux de CIN et de cancer du col de l'utérus, il convient de se demander si l'élimination de ces types de VPH par ces vaccins entraînera une hausse de l'incidence de l'infection par des types de VPH non contenus dans le vaccin (c.-à-d. remplacement des types de VPH vaccinaux par des types de VPH non vaccinaux). Des preuves indirectes tirées d'études de l'histoire naturelle ont montré que l'infection par un type de VPH n'écarte pas la possibilité d'une infection par d'autres types de VPH. Les études soumises ne visaient pas à répondre à cette question et n'avaient pas non plus la puissance nécessaire pour ce faire.

Le vaccin mis à l'essai dans ces études présente plusieurs limites :

  1. Il n'offre aucune protection contre d'autres types de VPH, qui peuvent également causer le cancer du col de l'utérus.

  2. On ne sait pas si la protection conférée par le vaccin contre les VPH oncogènes des types 16 et 18 est de longue durée.

  3. Le vaccin n'empêche pas les infections par les VPH des types 16 et 18 qui étaient déjà présentes au moment de la vaccination d'évoluer vers un cancer.

  4. Les données sur l'efficacité obtenues chez des sujets de sexe féminin âgés de 16 à 23 ans ont été appliquées aux sujets de 9 à 15 ans en établissant la non infériorité des données sur l'immunogénicité obtenues dans le groupe plus jeune par rapport au groupe plus âgé.

  5. Le vaccin n'a pas été évalué chez les femmes enceintes dans le cadre d'essais randomisés contrôlés contre placebo. Les répercussions de GardasilMD sur l'issue de la grossesse ont cependant été évaluées dans les études de phase III.

Une certaine proportion de femmes infectées par le VPH réussira à se débarrasser de l'infection à VPH sans aucune intervention avant de présenter un cancer du col de l'utérus ou d'autres lésions analogues. Dans la séquence temporelle de l'évolution de la maladie, l'infection à VPH se situe à distance du cancer du col de l'utérus, et elle est elle-même asymptomatique et ne nécessite pas de traitement. Toutefois, dans la séquence temporelle de l'évolution de la maladie, la CIN 2 se situe à proximité du cancer invasif du col de l'utérus. Le promoteur a donc jugé raisonnable de présumer qu'un vaccin dont la capacité de prévenir l'apparition de CIN 2/3 ou d'AIS est établie entraînera probablement une réduction de l'incidence du cancer du col de l'utérus.

Tant que les essais en cours et d'autres essais futurs n'auront pas été réalisés, on ne disposera pas de données définitives de confirmation sur l'efficacité et l'innocuité. La présentation renferme des données tirées d'essais cliniques bien contrôlés établissant que le vaccin influe sur un paramètre de substitution qui est fondé sur des données épidémiologiques, thérapeutiques et physiopathologiques.

L'efficacité de 100 % alléguée a été établie dans la population évaluable selon le protocole pour le paramètre «  efficacité  ».  Il s'agit d'une population rigoureusement définie, obtenue par l'application d'un certain nombre de critères d'exclusion. De plus, les objectifs primaires des études cliniques ont été évalués uniquement auprès d'une population naïve.

Un suivi de longue durée est nécessaire pour confirmer la signification des résultats provenant des essais cliniques et pour évaluer la durée de l'efficacité de chaque composant du vaccin quadrivalent contre le VPH. Dans le cadre du protocole 015, les sujets scandinaves seront suivis pendant 10 ans pour évaluer la durée de l'efficacité. On ne sait pas si une dose de rappel est nécessaire. Il est donc nécessaire d'obtenir des renseignements sur l'immunogénicité et/ou sur l'efficacité à long terme afin de déterminer si la population jeune de 9 à 15 ans sera bien protégée à long terme ou si une dose de rappel devrait être envisagée.

L'administration prophylactique de trois doses de GardasilMD à des femmes âgées de 16 à 26 ans est efficace dans la prévention de l'infection causée par les VPH des types 6, 11, 16 et 18 et des maladies suivantes associées à ces types de VPH : cancer du col de l'utérus, cancer de la vulve, cancer du vagin, verrues génitales (condylomes acuminés), adénocarcinome in situ (AIS), néoplasies intraépithéliales cervicales (CIN) des grades 1, 2 et 3, néoplasies intraépithéliales vulvaires (VIN) des grades 2 et 3 et néoplasies intraépithéliales vaginales (VaIN) des grades 2 et 3.

GardasilMD a été évalué dans le cadre de la Politique sur le traitement prioritaire car il satisfait aux conditions de cette politique puisqu'il prévient efficacement une maladie ou affection pour laquelle aucun médicament n'est actuellement commercialisé au Canada. GardasilMD offre une nouvelle méthode de prévention des conditions susmentionnées, qui devrait à tout le moins compléter et améliorer la prévention du cancer du col de l'utérus, dans le cadre du programme existant de dépistage au Canada.

Engagements et recommandations
           
Le promoteur a pris les engagements suivants dans le cadre de l'autorisation de GardasilMD :

  • Soumettre les résultats de l'étude américaine d'innocuité à court terme qui se terminera le 21 décembre 2008, dès que ces résultats seront disponibles et faire connaître tout signal d'un éventuel problème d'innocuité qui aurait pu être détecté pendant la réalisation de cette étude.

  • Remettre des rapports d'étape réguliers de la Nordic Cancer Registry Study, ainsi que le rapport final de l'étude, dans le cadre d'un plan visant à combler le manque d'information concernant l'efficacité à long terme de GardasilMD et la persistance de la protection offerte contre les infections attribuables aux types de VPH contenus dans ce vaccin.

  • Soumettre à la Direction des produits biologiques et des thérapies génétiques de Santé Canada des rapports d'étude finals relativement aux protocoles 007, 013, 015 et 018, dès que ces derniers seront disponibles.

  • Mettre en place un registre pour les femmes canadiennes qui deviennent enceintes pendant ou peu après la vaccination par GardasilMD. Les plans relatifs au registre doivent comprendre des instructions claires s'adressant aux femmes vaccinées et les enjoignant de signaler une éventuelle grossesse, l'issue de celle ci et tout EI connexe. De plus, l'analyse des données provenant des registres canadiens et d'autres registres des grossesses (américains ou européens) devrait être soumise régulièrement. Cette analyse devrait comprendre les EI pertinents ainsi que les problèmes d'innocuité pour la mère et le fotus, de même que l'issue des grossesses.

  • Les données sur la stabilité seront fournies (lorsqu'elles seront disponibles) afin d'appuyer la durée de conservation de 36 mois pour la présentation sous forme de seringue. Pour l'instant, ces données sont disponibles uniquement pour la durée de 24 mois.

  • Les données à jour de toutes les études en cours sur la stabilité pour la présentation sous forme de flacon seront fournies à mesure qu'elles seront disponibles.

3.4.2 Recommandation

Après avoir examiné les données sur la qualité, l'innocuité et l'efficacité de ce produit, Santé Canada estime que GardasilMD a un profil avantages/risques favorable, chez les filles et les femmes de 9 à 26 ans, à la prévention de l'infection causée par les virus du papillome humain (VPH) des types 6, 11, 16 et 18 et des maladies suivantes associées à ces types de VPH : cancer du col de l'utérus, cancer de la vulve, cancer du vagin, verrues génitales (condylomes acuminés), adénocarcinome in situ (AIS) du col de l'utérus, néoplasies intraépithéliales cervicales (CIN) des grades 2 et 3, néoplasies intraépithéliales vulvaires (VIN) des grades 2 et 3 et néoplasies intraépithéliales vaginales (VaIN) des grades 2 et 3. La présentation de drogue nouvelle répond aux exigences des articles C.08.002 et C.08.005.1, et par conséquent, Santé Canada a accordé l'Avis de conformité prévu par l'article C.08.004 du Règlement sur les aliments et drogues.

4 Étapes importantes de la présentation

Étapes importantes de la présentation: GardasilMD

Étape importante de la présentationDate
Réunion préalable à la présentation2005-10-28
Demande de traitement prioritaire
Déposée2005-11-14
Approuvée par2005-12-15
Dépôt de la presentation2005-12-12
Examen préliminaire
Lettre d'acceptation à l'issue de l'examen préliminaire2006-01-12
Examen
Évaluation sur place2006-06-12 - 2006-06-16
Évaluation de la qualité terminée2006-07-07
Évaluation clinique terminée2006-07-10
Examen de l'étiquetage terminé2006-07-05
Délivrance de l'AC par le directeur général2006-07-10