Sommaire des motifs de décision portant sur Kuvan ™
Décisions d'examen
Le sommaire des motifs de décision explique les raisons pour lesquelles un produit a reçu une autorisation de vente au Canada. Le document comprend les considérations portant sur la réglementation, l’innocuité, l’efficacité et la qualité (sur le plan de la chimie et de la fabrication).
Type de produit:
- Ce document est une traduction française du document anglais approuvé.
KuvanMC
Dichlorhydrate de saproptérine, 100 mg, Comprimés, Orale
BioMarin Pharmaceutical Inc.
No de contrôle de la présentation : 128151
Émis le : 2010-08-12
Avant-propos
Le Sommaire des motifs de décision (SMD) de Santé Canada expose les motifs d'ordre scientifique et réglementaire sur lesquels reposent les décisions de Santé Canada concernant la réglementation des médicaments et des instruments médicaux. Les SMD sont rédigés en langage technique à l'intention des personnes et groupes intéressés aux décisions de Santé Canada portant sur un produit donné et sont le reflet des observations consignées dans les rapports d'évaluation. À ce titre, les SMD servent à compléter et non à répéter l'information contenue dans la monographie de produit.
Nous invitons les lecteurs à consulter le « Guide du lecteur sur le Sommaire des motifs de décision - Médicaments au sujet de l'interprétation des termes et des acronymes utilisés ici. Ils trouveront également dans ce guide un aperçu du processus d'examen des présentations de drogue dans le feuillet intitulé « Comment les médicaments sont examinés au Canada », qui décrit les facteurs pris en considération par Santé Canada au cours du processus d'examen et d'autorisation d'une présentation de drogue. Les lecteurs devraient aussi consulter le document intitulé « Initiative du sommaire des motifs de décision - Foire aux questions ».
Le SMD correspond à l'information dont disposent les autorités de réglementation de Santé Canada au moment de prendre une décision. Les présentations subséquentes examinées à d'autres fins ne sont pas incluses dans la Phase I de la stratégie de mise en oeuvre des SMD. Pour obtenir de l'information à jour sur un produit en particulier, les lecteurs sont priés de consulter la monographie la plus récente de ce produit. Santé Canada fournit également l'information au sujet mises en garde diffusées après la commercialisation ou d'avis émis à la suite d'effets indésirables (EI).
Pour de plus amples renseignements sur un produit en particulier, les lecteurs peuvent également se rendre sur les sites Web des organismes de réglementation d'autres pays. L'information reçue à l'appui d'une présentation de drogue au Canada peut cependant ne pas être identique à celle reçue par d'autres gouvernements.
Autres politiques et lignes directrices
Les lecteurs sont invités à consulter le site Web de Santé Canada, où ils trouveront d'autres politiques et lignes directrices au sujet des médicaments, notamment le document intitulé «Gestion des présentations de drogues ».
1 Information sur le produit et la présentation
Marque nominative :
Fabricant/promoteur :
Ingrédient médicinal :
Dénomination commune internationale :
Concentration :
Forme posologique :
Voie d'administration :
Identification numérique de drogue (DIN) :
- 02350580
Classe pharmaco-thérapeutique (classe ATC) :
Ingrédients non médicinaux :
Type et numéro de présentation :
Date de la présentation :
Date de l'autorisation :
2 Avis de décision
Le 30 avril 2010, Santé Canada a émis à l'intention de BioMarin Pharmaceutical Inc. un avis de conformité du produit pharmaceutique Kuvan.
Kuvan contient l'ingrédient médicinal dichlorhydrate de saproptérine, un activateur enzymatique.
Kuvan est indiqué en association avec un régime à teneur réduite en phénylalanine (PHE) pour réduire la concentration sanguine de PHE chez les patients atteints d'hyperphénylalaninémie (HPA) causée par une phénylcétonurie (PCU) sensible à la tétrahydrobioptérine (BH4).
Kuvan est une formulation synthétique de BH4, un cofacteur de l'enzyme phénylalanine hydroxylase (PAH). La PAH hydroxyle la PHE par une réaction d'oxydation, ce qui produit de la tyrosine. Chez les patients atteints de PCU, l'activité de la PAH est nulle ou insuffisante. Le traitement par BH4 peut augmenter l'activité résiduelle de la PAH, améliorant ainsi le métabolisme oxydatif de la PHE et diminuant la concentration de PHE chez certains patients.
L'autorisation de commercialisation s'appuie sur des données issues d'études de contrôle de la qualité et d'études non cliniques et cliniques. Les études cliniques présentées montrent l'efficacité et l'innocuité cliniques de Kuvan chez les patients atteints de PCU. On a noté une diminution significative de la concentration sanguine de PHE chez les patients recevant Kuvan. De plus, d'après les données sur l'innocuité, le médicament était généralement bien toléré.
Kuvan (100 mg, dichlorhydrate de saproptérine) est offert en comprimés. La dose de départ recommandée de Kuvan est de 10 mg/kg/jour. On évalue la réponse au traitement se basant sur le changement de la concentration sanguine de PHE après l'administration de 10 mg/kg/jour de Kuvan pendant une période pouvant aller jusqu'à 1 mois. La concentration sanguine de PHE devrait être vérifiée après une semaine de traitement par Kuvan et de manière périodique pendant une période pouvant atteindre 1 mois. Si la concentration sanguine de PHE ne descend pas sous la valeur initiale après l'administration de 10 mg/kg/jour, on peut augmenter la dose chaque semaine jusqu'à un maximum de 20 mg/kg/jour, en surveillant de près la concentration sanguine de PHE pendant 1 mois. On considère que les patients dont la concentration sanguine de PHE ne diminue pas après un traitement de 1 mois à 20 mg/kg/jour ne répondent pas au traitement; l'administration de Kuvan devrait être interrompue chez ces patients. Une fois qu'on a établi que le patient répond à Kuvan, la posologie peut être ajustée dans une fourchette de 5 à 20 mg/kg/jour en fonction de la réponse au traitement. Dans les études cliniques, on n'a pas évalué de doses de Kuvan supérieures à 20 mg/kg/jour. Les recommandations concernant la posologie sont énoncées dans la monographie de produit.
Kuvan est contre-indiqué chez les patients présentant une hypersensibilité au produit, à un ingrédient de la formulation ou à un composant du contenant. Kuvan devrait être administré selon les conditions décrites dans la monographie de produit, en tenant compte des risques potentiels associés à l'administration de ce produit pharmaceutique. Les conditions détaillées relatives à l'usage de Kuvan sont décrites dans la monographie de produit.
Kuvan a été évalué dans le cadre de la Politique sur le traitement prioritaire, car il semblait offrir un traitement efficace d'une maladie ou d'une affection grave, potentiellement fatale ou sévèrement débilitante, pour laquelle aucun médicament n'est actuellement commercialisé au Canada.
Conformément à son examen des données portant sur la qualité, l'innocuité et l'efficacité du produit, Santé Canada juge que le rapport entre les avantages et les risques de Kuvan est favorable pour l'indication ci-dessus.
3 Motifs d'ordre scientifique et réglementaire
3.1 Motifs d'ordre qualitatif
3.1.1 Substance médicamenteuse (ingrédient médicinal)
Renseignements généraux
Le dichlorhydrate de saproptérine, l'ingrédient médicinal de Kuvan, est un activateur enzymatique. Chez les patients atteints de phénylcétonurie (PCU), l'activité de l'enzyme phénylalanine hydroxylase (PAH) est nulle ou insuffisante, ce qui entraîne une augmentation de la concentration sanguine de phénylalanine (PHE). Il est établi que le dichlorhydrate de saproptérine stimule l'activité de la PAH endogène et le rétablissement partiel du métabolisme oxydatif de la PHE, d'où une diminution de la concentration sanguine de PHE chez les patients atteints de PCU.
Procédé de fabrication et contrôles en cours de fabrication
Le dichlorhydrate de saproptérine est fabriqué par une synthèse en plusieurs étapes. Chaque étape du procédé de fabrication est considérée comme contrôlée à l'intérieur de limites acceptables :
- Le promoteur a fourni de l'information sur la qualité et les contrôles pour toutes les matières qui entrent dans la fabrication de la substance médicamenteuse.
- Les spécifications de la substance médicamenteuse sont jugées satisfaisantes. Les valeurs limites quant aux impuretés sont conformes aux exigences de l'International Conference on Harmonisation (ICH).
- Les étapes de traitement ont été évaluées et des intervalles appropriés ont été établis relativement aux paramètres des procédés.
Caractérisation
La structure du dichlorhydrate de saproptérine a été adéquatement élucidée, et les spectres représentatifs ont été fournis. Les propriétés physiques et chimiques ont été décrites et sont jugées satisfaisantes.
Les impuretés et produits de dégradation découlant de la fabrication et/ou de l'entreposage ont été signalés et caractérisés. Ces produits étaient conformes aux limites établies par l'ICH et/ou ont été qualifiés au moyen d'analyses de lots; ils sont donc considérés comme acceptables.
Contrôle de la substance médicamenteuse
Les spécifications de la substance médicamenteuse ainsi que les méthodes d'analyse utilisées pour le contrôle de la qualité du dichlorhydrate de saproptérine ont été jugées acceptables.
Après examen, on a déterminé que les résultats des analyses de lots sont tous conformes aux spécifications et témoignent d'une qualité constante des lots produits.
L'emballage de la substance médicamenteuse est jugé acceptable.
Stabilité
Les résultats d'études de stabilité fondées sur des essais accélérés, de longue durée et sous contrainte montrent que le dichlorhydrate de saproptérine est un composé stable lorsqu'il est conditionné de la façon prévue pendant la période d'entreposage proposée. Le médicament en vrac est également stable dans les conditions d'entreposage prévues.
3.1.2 Produit pharmaceutique
Description et composition
Les comprimés de Kuvan (dichlorhydrate de saproptérine) sont ronds, tachetés et de couleur blanc cassé à jaune pâle; ils portent l'inscription « 177 ». Chaque comprimé contient 100 mg de dichlorhydrate de saproptérine ainsi que les ingrédients non médicinaux suivants : acide ascorbique, crospovidone, phosphate de calcium dibasique, D-mannitol, riboflavine et stéarylfumarate de sodium.
Kuvan est offert dans des flacons de polyéthylène haute densité scellés avec une pellicule d'aluminium et dotés d'un capuchon à l'épreuve des enfants. Chaque flacon contient 120 comprimés, une cartouche déshydratante de gel de silice et une spirale en polyester de qualité pharmaceutique.
Tous les ingrédients non médicinaux (excipients) présents dans le produit pharmaceutique sont autorisés par le Règlement sur les aliments et drogues. Les données sur la stabilité présentées à l'appui de la formulation commerciale proposée attestent la compatibilité du dichlorhydrate de saproptérine avec les excipients.
Élaboration du produit pharmaceutique
Les modifications apportées au procédé de fabrication et à la formulation tout au long de l'élaboration du produit pharmaceutique ont été examinées et sont jugées acceptables.
Procédé de fabrication et contrôles en cours de fabrication
La méthode de fabrication est jugée acceptable, et le procédé est considéré comme dûment contrôlé à l'intérieur de limites justifiées
Contrôle du produit pharmaceutique
Kuvan a été soumis à des tests visant à en vérifier l'identité, l'apparence, l'uniformité de contenu, l'activité, la dissolution, la désintégration, la friabilité, la perte à la dessiccation, la teneur en acide ascorbique et les concentrations des produits de dégradation, des impuretés liées aux médicaments et des impuretés microbiologiques; les résultats étaient conformes aux critères d'acceptation. Les spécifications des tests et les méthodes d'analyse sont jugées acceptables.
Les rapports de validation des méthodes d'analyse utilisées pour l'évaluation des concentrations de dichlorhydrate de saproptérine et d'impuretés liées au médicament sont jugés acceptables.
Les résultats des analyses finales de lots ont été examinés et sont jugés conformes aux spécifications du produit pharmaceutique.
Stabilité
À la lumière des données sur la stabilité présentées, fondées sur des essais en temps réel, de longue durée et accélérés, la durée de conservation proposée de 36 mois est considérée comme acceptable, pourvu que les comprimés soient conservés dans leur emballage commercial approuvé et à une température ambiante contrôlée de 15 à 30 ºC.
3.1.3 Installations et équipement
L'aménagement, le fonctionnement et les mécanismes de contrôle des installations et de l'équipement servant à la production de Kuvan sont jugés acceptables pour les activités et les produits fabriqués.
Toutes les installations sont conformes aux bonnes pratiques de fabrication (BPF).
3.1.4 Évaluation de l'innocuité des agents adventices
Sans objet. Les excipients utilisés dans la formulation du produit pharmaceutique ne sont pas d'origine animale ni humaine.
3.1.5 Conclusion
L'information soumise sur les caractéristiques chimiques et la fabrication de Kuvan montre que la substance médicamenteuse et le produit pharmaceutique peuvent être fabriqués de façon à répondre systématiquement aux spécifications approuvées. Des études appropriées sur l'élaboration et la validation ont été menées, et des contrôles adéquats sont en place pour la commercialisation.
3.2 Motifs non cliniques de la décision
3.2.1 Pharmacodynamique
Le dichlorhydrate de saproptérine est le sel de chlorhydrate de la R-tétrahydrobioptérine (6R-BH4), une coenzyme de la PAH, de la tyrosine hydroxylase et de la tryptophane hydroxylase. Il contribue à la biosynthèse des neurotransmetteurs monoamine (par exemple [p. ex.], dopamine, norépinéphrine, sérotonine [5-HT]). La 6R-BH4 est une ptéridine d'origine naturelle qui n'est biochimiquement active que dans sa forme énantiomérique R.
Comme il n'existe aucun modèle animal satisfaisant de PCU avec activité résiduelle de la PAH, les évaluations pharmacodynamiques primaires ont porté sur le rôle de la saproptérine dans les systèmes d'enzymes dopaminergiques chez des animaux normaux ainsi que dans différents modèles animaux de déplétion monoaminergique induite chimiquement. Les observations qui ont été faites portent à croire que l'action de la saproptérine pourrait être attribuable à la libération de dopamine. Les résultats des études in vitro indiquent que la saproptérine synthétisée chimiquement a une bioactivité équivalente à celle du cofacteur endogène 6R-BH4.
Les études pharmacologiques d'innocuité chez l'animal ont démontré de façon satisfaisante que la saproptérine et ses métabolites n'entraînaient aucun effet notable dans les systèmes nerveux central et autonome ni dans les appareils respiratoire, cardiovasculaire et digestif. Des doses élevées de saproptérine ont causé des vomissements chez le chien. Cet effet est considéré comme peu susceptible de survenir chez l'humain.
3.2.2 Pharmacocinétique
Le dichlorhydrate de saproptérine est une formulation synthétique de la 6R-BH4 qui ne se distingue nullement de la 6R-BH4 endogène in vivo. Si la 6R-BH4 est utilisée in vivo comme un cofacteur, elle est convertie en dihydrobioptérine quinonique (R-q-DHBP) et métabolisée en dihydrobioptérine (DHBP) et en bioptérine (BP). La R-q-DHBP et la DHBP sont réduites par la ptéridine réductase et la folate réductase en 6R-BH4, qui est recyclée. Par conséquent, pour comprendre les propriétés pharmacocinétiques de la saproptérine, il est important d'examiner non seulement la 6R-BH4 non modifiée, mais aussi les variations de ces quatre bioptérines.
Absorption
La saproptérine est principalement absorbée par l'intestin grêle, y compris le duodénum. Le délai pour atteindre la concentration plasmatique maximale (Tmax) était de 1 à 3 heures après l'administration orale chez la souris, le rat et le singe. La demi-vie était de 1,2, 1,1 et 1,4 heure chez la souris, le rat et le singe, respectivement. La biodisponibilité était de 7 % à 12 % chez le rat et d'environ 9 % chez le singe.
La saproptérine ne s'est pas accumulée chez le rat après l'administration de doses multiples de 100 mg/kg/jour pendant 14 jours. La cinétique de l'absorption et de l'élimination est demeurée relativement inchangée après l'administration de doses orales multiples.
Distribution
Des études ont révélé que la saproptérine était principalement diffusée dans les reins et le foie. On n'a noté aucune élévation significative de la saproptérine dans le placenta des rates gravides et le f tus, par rapport aux concentrations endogènes observées chez cette espèce. Bien que les concentrations de saproptérine aient augmenté dans les glandes mammaires des rates mères, aucune hausse n'a été observée dans le lait maternel à la dose de 10 mg/kg.
Les études sur la liaison aux protéines plasmatiques chez le rat (in vivo) et l'humain (in vitro) n'ont fait ressortir aucune liaison notable de la bioptérine totale aux protéines plasmatiques.
Métabolisme
Des études sur les microsomes hépatiques de rat ont montré que la saproptérine n'activait pas la voie métabolique du cytochrome P450. Ce sont plutôt les enzymes dihydrofolate réductase et dihydroptéridine réductase qui sont responsables du métabolisme et du recyclage de la saproptérine.
Selon la littérature scientifique, les voies cataboliques du rat et de l'humain sont semblables. La tétrahydrobioptérine (6R-BH4 [médicament présumé inchangé]), la dihydrobioptérine, la bioptérine, la ptérine et la 6-hydroxylumazine ont été les principaux métabolites urinaires détectés chez le rat après l'administration intraveineuse de 10 mg/kg de saproptérine.
Excrétion
Après l'administration orale de saproptérine radiomarquée à des rats, environ 7 % de la dose radioactive administrée a été éliminée dans l'urine et environ 75 % a été éliminée dans les selles en 72 heures.
3.2.3 Toxicologie
Toxicité à dose unique
Des études de toxicité aigüe à dose unique ont été effectuées chez la souris, le rat et le marmouset. Les examens cliniques et les autopsies n'ont fait ressortir aucune observation particulière. D'après les valeurs de la dose létale médiane (DL50), la saproptérine administrée par voie orale avait une toxicité aiguë relativement faible chez les espèces à l'étude. Les données indiquent que la dose clinique proposée de 20 mg/kg/jour présente une grande marge d'innocuité.
Toxicité à doses multiples
Bien que les études de toxicité générale à doses multiples aient été réalisées conformément aux bonnes pratiques de laboratoire et qu'elles aient donné des résultats négatifs, leur signification est en grande partie limitée par le choix arbitraire des doses et par le fait que la dose la plus élevée était inférieure à la dose maximale tolérée. La dose la plus élevée, en l'occurrence 400 mg/kg/jour chez le rat, était aussi la dose sans effet nocif observé (DSENO) dans les études de toxicité subchronique.
Dans les études de toxicité, on s'attend généralement à ce que les doses choisies entraînent une certaine toxicité chez les animaux à l'étude, car cela permet de prédire les effets du médicament chez l'humain. Bien que le promoteur ait déclaré que la dose la plus élevée correspondait à environ 20 % de la DL50 aigüe, en se fondant sur la surface corporelle (une méthode reconnue d'expression de l'exposition), on constatait que la dose la plus élevée représentait environ 3 fois la dose maximale recommandée chez l'humain de 20 mg/kg.
Le seul effet toxique observé est survenu dans l'étude de toxicité orale à doses multiples de 52 semaines menée chez le rat. Il s'agissait d'altérations histopathologiques, à savoir une augmentation des changements survenus dans les basophiles des tubules collecteurs rénaux chez certains rats mâles et femelles traités à la dose de 400 mg/kg/jour. Les altérations rénales étaient mineures, et elles n'ont eu aucun effet sur les paramètres urinaires et biochimiques sanguins; par conséquent, la signification toxicologique de cette observation est considérée comme faible. La DSENO a été établie à 40 mg/kg/jour dans cette étude.
On a noté une lacune semblable dans le choix des doses de traitement pour les études de toxicité chez le marmouset. La dose la plus élevée (320 mg/kg/jour), qui n'a induit aucun effet toxique chez cette espèce, est estimée à 4 fois la dose recommandée chez l'humain de 20 mg/kg, selon la surface corporelle.
Génotoxicité et mutagénicité
Les essais de génotoxicité, de mutation génique bactérienne et d'aberration chromosomique menés in vitro sur des cellules de mammifères indiquent que la saproptérine est mutagène. L'activité mutagène a été jugée faible au test d'Ames, car seule la dose la plus élevée (5 mg/plaque) a donné des résultats positifs.
Les essais d'aberration chromosomique sur des cellules pulmonaires et des cellules ovariennes de hamster chinois étaient considérés comme positifs, car on a observé des augmentations significatives de l'incidence des aberrations chromosomiques après des expositions de 24 et de 48 heures à différentes concentrations de saproptérine. Cependant, dans un troisième essai d'aberration chromosomique, effectué sur des lymphocytes périphériques humains, la saproptérine n'a produit aucune réponse positive.
À la lumière des résultats des essais in vitro ci-dessus, on a conclu que la saproptérine présentait une activité mutagène in vitro.
Toutefois, les deux essais in vivo chez la souris (l'un à dose unique, l'autre à doses multiples) visant à évaluer la capacité de la saproptérine d'induire la formation de micronoyaux dans la moelle osseuse ont donné des résultats négatifs. L'induction de micronoyaux dans les érythrocytes de moelle osseuse est considérée comme un essai d'aberration chromosomique in vivo. On accorde une plus grande importance aux résultats des essais in vivo qu'à ceux des essais in vitro, car ils permettent de mieux évaluer le risque de génotoxicité chez l'humain.
Par conséquent, à la lumière des résultats positifs peu concluants des essais in vitro et des résultats négatifs des essais in vivo, la saproptérine est considérée comme présentant un faible potentiel génotoxique chez les patients auxquels elle est administrée aux doses recommandées.
Cancérogénicité
Malgré l'absence de signes de cancérogénicité chez des souris traitées tous les jours par des doses orales de saproptérine allant jusqu'à 250 mg/kg/jour pendant 78 semaines, la durée de l'étude (78 semaines) a été jugée insuffisante pour évaluer le potentiel cancérogène dans une étude de cancérogénicité on juge qu'une période de traitement de 104 semaines est nécessaire.
Dans une étude de cancérogénicité de deux ans chez le rat, les rats mâles traités par 250 mg/kg/jour ont été plus nombreux à présenter des phéochromocytomes bénins de la médullosurrénale que les rats du groupe témoin traité par le véhicule. Il s'agissait d'une observation fréquente chez la souche de rats utilisée aux fins de l'étude (rats Fischer 344).
En résumé, compte tenu de la faible augmentation de l'incidence des tumeurs bénignes chez les rats mâles (phéochromocytomes de la médullosurrénale) et de l'absence de preuves d'augmentation du nombre de tumeurs chez les rats femelles, on a conclu que la saproptérine avait un potentiel cancérigène faible ou négligeable chez l'humain.
Toxicité pour l'appareil reproducteur et le développement
Dans les études de toxicité pour l'appareil reproducteur, qui visaient notamment le développement embryof tal durant la période d'organogenèse et les effets prénatals et périnatals sur les mères et la première génération filiale (F1), la saproptérine n'a eu aucun effet sur la fertilité ni sur l'implantation chez les rats ni aucun effet notable sur les tissus externes, mous et squelettiques de f tus de rats et de lapins. Cependant, les lapins traités par la dose la plus élevée (600 mg/kg/jour) ont présenté des augmentations, quoique non significatives, de certaines malformations externes et de certaines anomalies et modifications du squelette comparativement aux lapins du groupe témoin traité par le véhicule.
À la lumière des études portant sur l'appareil reproducteur, on a conclu que la saproptérine n'affectait pas la fertilité des rats mâles ni femelles et qu'elle ne présentait aucun potentiel tératogène chez le rat ni le lapin.
3.2.4 Conclusion
L'activité pharmacologique de la saproptérine comme activateur enzymatique a été établie dans les études non cliniques. Les résultats indiquent que la saproptérine a une bioactivité équivalente à celle du cofacteur endogène 6R-BH4.
Selon les études toxicologiques non cliniques effectuées chez la souris, le rat, le lapin et le marmouset, la saproptérine est peu susceptible de causer des effets indésirables chez l'humain. Ces études appuient l'utilisation sur une longue durée de la saproptérine au sein de la population clinique visée.
Dans l'ensemble, l'examen non clinique appuie l'utilisation clinique de la saproptérine pour l'indication proposée.
3.3 Motifs cliniques de la décision
3.3.1 Pharmacodynamique
Les données du programme de développement clinique de Kuvan (dichlorhydrate de saproptérine) montrent que l'utilisation de Kuvan dans l'intervalle posologique de 5 à 20 mg/kg/jour a réduit de façon significative les concentrations sanguines de PHE chez les patients atteints de PCU.
Deux études secondaires ont évalué la capacité de doses quotidiennes uniques de Kuvan de réduire les concentrations de PHE pendant 24 heures. Les résultats ont confirmé qu'une dose de 10 mg/kg/jour tous les matins entraînait une réduction stable des concentrations sanguines de PHE pendant 24 heures.
3.3.2 Pharmacocinétique
Absorption
Administré par voie orale à raison de 5, 10 et 20 mg/kg/jour, le dichlorhydrate de saproptérine était rapidement absorbé après un court temps de latence. Une fois le pic de concentration plasmatique atteint, les concentrations mesurables de saproptérine diminuaient de façon biexponentielle. Les propriétés pharmacocinétiques du dichlorhydrate de saproptérine peuvent être décrites par un modèle du premier ordre à deux compartiments avec élimination du premier ordre.
En appliquant le modèle pharmacocinétique final, on a obtenu des valeurs de demi-vie alpha allant d'environ 0,578 à 2,94 heures. Durant la phase d'élimination terminale, la demi-vie moyenne était d'environ 6,69 heures (intervalle : 3,91 à 16,6 heures). Comme il faut environ quatre demi-vies pour obtenir la clairance, on peut estimer la persistance d'une activité médicamenteuse à 26,8 heures en moyenne après l'administration de la dose, ce qui appuie l'utilisation d'une dose uniquotidienne.
L'absorption et la biodisponibilité de la saproptérine étaient nettement supérieures si le médicament était pris après un repas. Dans deux études de biodisponibilité, l'administration de saproptérine après un repas entraînait une hausse de la biodisponibilité de 30 % à 80 % chez les sujets bien portants.
Distribution
Les résultats ont montré que l'accumulation était faible après l'administration quotidienne répétée de doses orales de 5, 10 et 20 mg/kg/jour, même aux doses les plus élevées.
La liaison aux protéines dans le plasma humain était relativement faible. Les données portent à croire que la saproptérine est peu susceptible d'altérer le fonctionnement des protéines plasmatiques ou d'empêcher la liaison d'autres agents aux protéines plasmatiques.
Métabolisme et excrétion
La biotransformation et l'excrétion de la saproptérine ont été caractérisées dans les études non cliniques. Selon la littérature scientifique, il est établi que les voies cataboliques du rat et de l'humain sont semblables.
3.3.3 Efficacité clinique
L'efficacité et l'innocuité cliniques de Kuvan ont été principalement évaluées dans quatre études cliniques : deux études pivotales contrôlées (PKU-003 et PKU-006) et deux études ouvertes (PKU-001 et PKU-004). Les patients qui ont présenté une réponse à Kuvan dans l'étude PKU-001 ont pris part à l'étude PKU-003. On a offert aux patients qui ont participé à l'étude PKU-003 jusqu'à la fin la possibilité de s'inscrire à l'étude PKU-004.
Dans l'étude PKU-001, 489 patients (de 8 à 48 ans) atteints de PCU ayant une concentration sanguine de PHE ≥ 450 µmol/L à l'examen de sélection et ne suivant pas un régime strict à teneur réduite en PHE ont reçu une dose orale de 10 mg/kg/jour de Kuvan pendant 8 jours. Le critère de réponse au traitement par Kuvan était une réduction de ≥ 30 % de la concentration sanguine de PHE par rapport au départ. Au jour 8, 96 (20 %) des patients pour lesquels on disposait de résultats aux jours 1 et 8 présentaient une réponse à Kuvan, c'est-à-dire que leur concentration sanguine de PHE avait diminué de ≥ 30 %. Les patients ayant une concentration sanguine de PHE < 600 µmol/L au départ ont été plus nombreux à présenter une réponse (54 %) que ceux ayant une concentration sanguine de PHE ≥ 600 µmol/L au départ (15 %). Il importe néanmoins de noter qu'un certain nombre de patients qui avaient une concentration sanguine de PHE élevée au départ ont aussi satisfait au critère de réponse au traitement par Kuvan.
Dans l'étude pivotale sur l'efficacité PKU-003, 88 patients ayant satisfait au critère de réponse au traitement défini dans l'étude PKU-001 ont été traités pendant 6 semaines soit par un placebo (nombre [n] = 47), soit par Kuvan 10 mg/kg/jour (n = 41). Le traitement par Kuvan a entraîné une diminution moyenne ( ± erreur-type [Er-T)]) de la concentration sanguine de PHE de -245 ± 52,5 µ mol/L comparativement au traitement par placebo; cette différence était statistiquement très significative (p < 0,001). La diminution de la concentration sanguine de PHE était évidente dès la première mesure (semaine 1) et elle s'est maintenue tout au long du traitement. Cependant, les patients ne suivaient pas un régime à teneur réduite en PHE dans cette étude, et à la fin de celle-ci (semaine 6), la concentration sanguine moyenne de PHE dans le groupe traité par Kuvan était de 607 ± 377 µmol/L, soit un peu plus que la limite maximale recommandée (600 µmol/L) pour ce groupe d'âge (8 à 49 ans). Les patients ayant participé à l'étude PKU-003 jusqu'à la fin avaient la possibilité de s'inscrire à l'étude PKU-004.
Dans la première partie de l'étude PKU-004, 80 patients ayant participé à l'étude PKU-003 et ne suivant pas un régime strict à teneur réduite en PHE ont reçu trois traitements consécutifs d'une durée de deux semaines chacun, soit 5 mg/kg/jour, puis 20 mg/kg/jour et finalement 10 mg/kg/jour de Kuvan. Les concentrations sanguines de PHE ont été mesurées après les deux semaines de traitement à chaque dose. Les concentrations sanguines moyennes de PHE (± écart-type [ET]) à la fin de la première partie étaien t de 744 (± 384) µmol/L, 640 (± 382) µ mol/L et 581 (± 399) µmol/L chez les patients ayant reçu 5, 20 et 10 mg/kg/jour, respectivement. On a observé une corrélation directe entre la dose de Kuvan et la concentration sanguine moyenne de PHE, la variation de la concentration sanguine de PHE et la proportion de patients dont la concentration sanguine de PHE avait diminué de ≥ 30 % par rapport à la semaine 0.
Dans la deuxième partie de l'étude PKU-004, les patients ont reçu pendant 12 semaines une dose fixe de Kuvan, déterminée selon leur réponse aux trois schémas posologiques de la première partie. Parmi les 80 patients inscrits à la deuxième partie, 6 (8 %) ont reçu 5 mg/kg/jour, 37 (46 %) ont reçu 10 mg/kg/jour et 37 (46 %) ont reçu 20 mg/kg/jour. Les concentrations sanguines moyennes de PHE (± ET) à la semaine 22 avec les doses de 5, 10 et 20 mg/kg/jour étaient de 438 (± 106) µmol/L, 450 (± 32) µ mol/L et 896 (± 68) µmol/L, respectivement. La variation moyenne (± ET) des concentrations sanguines de PHE entre le début de l'étude et la semaine 22 avec les doses de 5, 10 et 20 mg/kg/jour était de -172 (± 391) µmol/L, - 176 (± 259) m mol/L et - 209 (± 437) µmol/L, respectivement. Durant la deuxième partie, la majorité des patients ont présenté une concentration sanguine moyenne de PHE semblable à celle qu'ils avaient atteinte à la même dose durant la première partie; cette concentration s'est maintenue jusqu'à la semaine 22. Tout comme dans l'étude PKU-003, la concentration sanguine moyenne de PHE dans le groupe traité par Kuvan à la fin de l'étude (652,2 ± 382,5 µmol/L à la semaine 22) dépassait encore la limite maximale recommandée pour ce groupe d'âge (600 µmol/L). Cette observation met en évidence le fait que Kuvan devrait être utilisé comme traitement d'appoint à un régime à teneur réduite en PHE pour abaisser la concentration sanguine de PHE sous la limite maximale recommandée pour les patients atteints de PCU sensible à la BH4.
La seconde étude pivotale sur l'efficacité était l'étude PKU-006. Cette étude de tolérance alimentaire de la PHE a été menée auprès de 90 enfants (de 4 à 12 ans) atteints de PCU qui suivaient un régime à teneur réduite en PHE et qui présentaient une concentration sanguine de PHE ≤ 480 µmol/L à l'examen de sélection. Dans la première partie de l'étude, qui était ouverte, tous les patients ont été traités par Kuvan à raison de 20 mg/kg/jour pendant 8 jours. La réponse à Kuvan a été définie comme une diminution de ≥ 30 % de la concentration sanguine de PHE entre le début de l'étude et le jour 8 et une concentration sanguine de PHE de ≤ 300 µmol/L. Le jour 8, 50 patients (56 %) étaient considérés comme ayant présenté une réponse à Kuvan. Dans la deuxième partie de l'étude, 45 des patients ayant présenté une réponse à Kuvan ont été répartis aléatoirement selon un ratio 3:1 dans un groupe traité par 20 mg/kg/jour de Kuvan (n = 33) ou dans un groupe traité par un placebo (n = 12) pendant dix semaines. En mesurant les concentrations sanguines de PHE à la semaine 0 et à la semaine 3, on a constaté qu'après 3 semaines de traitement, les concentrations sanguines de PHE avaient diminué de façon significative, soit de 148 ± 134,2 µmol/L (p < 0,001), dans le groupe Kuvan.
Les résultats concernant le paramètre primaire d'efficacité dans la deuxième partie de l'étude PKU-006 (étude de tolérance alimentaire d'un supplément de PHE dans deux groupes, l'un traité par Kuvan et l'autre par un placebo, pendant 10 semaines) ont montré que le supplément moyen de PHE toléré par les patients traités par Kuvan à la semaine 10 était de 20,9 ± 15,4 mg/kg/jour, soit nettement plus (p < 0,001) que la valeur 0 d'avant le traitement, alors qu'aucun supplément de PHE n'était prescrit. La comparaison du groupe Kuvan et du groupe placebo a révélé que la différence entre les deux groupes de traitement sur le plan de la moyenne ajustée du supplément de PHE toléré (17,7 ± 4,5 mg/kg/jour) était statistiquement significative (p < 0,001). Bien que cette étude ait permis d'établir que l'administration quotidienne de 20 mg/kg de Kuvan mène à des améliorations statistiquement significatives de la tolérance du PHE tout en régulant les concentrations sanguines de PHE, la deuxième partie de l'étude est considérée comme trop courte pour qu'on puisse en tirer des conclusions significatives concernant la tolérance accrue du PHE chez les enfants (de 4 à 12 ans) astreints à un régime à teneur réduite en PHE. Toutefois, compte tenu de l'importance d'évaluer la réponse à Kuvan chez ces enfants et du fait que les concentrations sanguines réduites de PHE (dans l'intervalle recommandé pour ce groupe d'âge) se sont maintenues dans les première et deuxième parties de l'étude PKU-006, de même que dans l'étude d'innocuité PKU-008 actuellement en cours, l'utilisation de Kuvan est jugée acceptable chez ces enfants en association avec un régime à teneur réduite en PHE pour abaisser la concentration sanguine de PHE.
L'effet réducteur de Kuvan a permis de maintenir les concentrations sanguines de PHE dans l'intervalle recommandé pour les patients atteints de PCU pendant une période allant jusqu'à 18 mois dans une étude d'innocuité (PKU-008) où les concentrations sanguines de PHE n'étaient pas un paramètre d'efficacité, mais plutôt un paramètre de l'évaluation de l'innocuité du traitement prolongé par Kuvan. Chez les 111 patients à l'étude (71 de l'étude PKU-004 et 40 de la deuxième partie de l'étude PKU-006, sans information sur l'apport alimentaire en PHE), la concentration sanguine moyenne de PHE (± ET) a baissé pour passer de 614,2 ± 333,3 µmol/L au départ à 504,6 ± 316,3 µmol/L au 3e mois. Ces valeurs sont restées entre 485,3 ± 308,8 µmol/L et 529,5 ± 332,1 µmol/L aux consultations ultérieures, soit jusqu'au 18e mois.
L'ensemble des données sur l'efficacité soumises dans la présentation appuient l'utilisation de Kuvan en association avec un régime à teneur réduite en PHE pour faire diminuer la concentration sanguine de PHE chez les patients atteints d'hyperphénylalaninémie (HPA) causée par une PCU sensible à la BH4. Malgré ces observations, les données sur l'efficacité soumises ne sont pas suffisantes sur le plan clinique pour appuyer l'utilisation de Kuvan dans le but d'augmenter la tolérance de la PHE chez les patients atteints d'HPA causée par une PCU ou de réduire la concentration sanguine de PHE chez les patients atteints d'HPA causée par une carence en BH4.
3.3.4 Innocuité clinique
Les principales données sur l'innocuité soumises à l'appui de la présentation de drogue sont issues des études PKU-001, PKU-003, PKU-004 et PKU-006. Des données sur l'innocuité à long terme sont aussi tirées de l'étude d'innocuité PKU-008 actuellement en cours, à laquelle sont inscrits 111 patients ayant participé à l'étude PKU-004 ou à la deuxième partie de l'étude PKU-006.
Dans ces études cliniques (aussi bien contrôlées que non contrôlées), on a administré à 579 patients atteints de PCU des doses de Kuvan allant de 5 à 20 mg/kg/jour pendant 1 à 30 semaines. Les patients étaient âgés de 4 à 49 ans. Les deux sexes étaient représentés à peu près également dans la population de patients, et environ 95 % des sujets étaient blancs.
Kuvan a généralement été bien toléré chez les patients atteints d'HPA causée par une PCU. Au total, 310 (54 %) des patients traités par Kuvan ont déclaré au moins un événement indésirable (EI). Les EI les plus fréquents (signalés chez ≥ 4 % des patients traités par Kuvan) étaient les suivants : céphalées (13 %), diarrhée (6 %), douleurs abdominales (6 %), infection des voies respiratoires supérieures (5 %), douleurs pharyngolaryngiennes (5 %), vomissements (4 %) et nausées (4 %).
Cinq patients (1 %) ont déclaré les événements indésirables graves (EIG) suivants : appendicite, infection des voies urinaires, reflux gastro- sophagien, lésion de la moelle épinière, fracture du tibia, infection à streptocoque et carcinome testiculaire. Une neutropénie allant de légère à modérée a été notée pendant l'administration de Kuvan chez 24 (4 %) des 579 patients. Quatre patients ont déclaré des EIG dans l'étude
PKU-008 (3 cas de reflux gastro- sophagien non liés à Kuvan et 1 potentiellement lié). Deux patients ont abandonné l'étude en raison d'un EI (difficulté à se concentrer et diarrhée intermittente).
Dans les deux essais à double insu contrôlés avec placebo (PKU-003 et PKU-006), 74 patients ont été traités par 10 à 20 mg/kg/jour de Kuvan, tandis que 59 patients ont reçu le placebo, pendant 6 à 10 semaines. L'incidence globale des EI chez les patients traités par Kuvan (64 %) était semblable à celle observée chez les patients ayant reçu le placebo (71 %).
Dans les études cliniques à double insu contrôlées avec placebo, les EI survenus le plus fréquemment en cours de traitement, qui ont touché plus d'un patient (≥ 2 %) traité par Kuvan et qui sont présentés en comparaison avec le groupe témoin, étaient les suivants : céphalées (14,9 % versus [vs] 13,6 %), infection des voies respiratoires (12,2 % vs 23,7 %), rhinorrhée (10,8 % vs 0,0 %), douleurs pharyngolaryngiennes (9,5 % vs 1,7 %), diarrhée (8,1 % vs 5,1 %), vomissements (8,1 % vs 6,8 %), pyrexie (6,8 % vs 6,8 %), toux (6,8 % vs 5,1 %), douleurs abdominales (5,4 % vs 8,5 %), contusion (5,4 % vs 1,7 %), éruption cutanée (5,4 % vs 6,8 %), congestion nasale (4,1 % vs 0 %), fatigue, infection à streptocoque et dorsalgie (2,7 % vs 5,1 %) et douleurs dentaires et infection des voies urinaires (2,7 % vs 0 %).
Dans les essais cliniques ouverts non contrôlés (PKU-001 et PKU-004), où les patients ont reçu des doses de Kuvan allant de 5 à 20 mg/kg/jour, la nature et la fréquence des EI étaient semblables à celles observées dans les essais cliniques à double insu contrôlés avec placebo.
Dans toutes les études terminées chez des patients atteints de PCU, les cas où l'on a relevé des résultats d'analyses chimiques importants sur le plan clinique et des variations par rapport à l'examen de sélection ayant également une importance clinique étaient rares. Le traitement par Kuvan a été associé à des élévations cliniquement significatives transitoires de l'alanine aminotransférase (ALT). Les résultats cliniquement pertinents et les variations cliniquement pertinentes par rapport à l'examen de sélection qui ont été relevés pour d'autres paramètres de la fonction hépatique (aspartate aminotransférase [AST], phosphatase alcaline [PAL], gamma glutamyl transpeptidase [GGT], bilirubine totale) étaient aussi transitoires, et ils étaient moins fréquents. Aucune variation moyenne cliniquement pertinente ni anormale des résultats d'analyses chimiques n'a été signalée durant les études (sur 18 mois dans le cas de l'étude PKU-008).
Au Japon, une autre formulation contenant le même ingrédient actif (saproptérine) a été évaluée dans le cadre d'un programme de surveillance post-approbation de l'innocuité qui a duré 10 ans : l'échantillon visé était constitué de 30 patients, dont 27 étaient atteints d'affections autres que la PCU et présentaient une affection neurologique sous-jacente. Les EI les plus fréquents étaient les convulsions et l'exacerbation des convulsions chez trois des patients non atteints de PCU, et l'élévation de la GGT chez deux des patients non atteints de PCU.
Les EI suivants, signalés spontanément après l'approbation de Kuvan, pourraient être liés au traitement par Kuvan : dème des paupières, soulèvements de l'estomac, dème périphérique, hypersensibilité, toux, dyspnée, trouble sophagien, douleurs oropharyngiennes, sensation de constriction du pharynx, urticaire et pâleur.
Dans l'ensemble, les données sur l'innocuité tirées des études cliniques menées auprès de patients atteints de PCU ont montré que Kuvan était bien toléré chez les patients âgés de 4 à 49 ans.
3.4 Évaluation des avantages / risques et recommandation
3.4.1 Évaluation des avantages/risques
Kuvan a fait l'objet d'un examen prioritaire, car il semblait offrir un traitement efficace contre une affection grave, potentiellement fatale ou sévèrement débilitante, pour laquelle aucun médicament n'est actuellement commercialisé au Canada. Il n'existe aucun traitement médical approuvé pour les patients atteints de PCU. Le seul recours existant est un régime strict à teneur réduite en PHE, instauré dès la petite enfance. Utilisé comme traitement d'appoint à un régime à teneur réduite en PHE, Kuvan pourrait offrir un avantage clinique important dans le traitement de la PCU en allégeant les restrictions alimentaires tout en permettant de maintenir la concentration sanguine de PHE à un niveau acceptable.
Les patients atteints de PCU ne répondent pas tous au traitement par Kuvan. Dans les études cliniques, environ 20 % à 56 % des patients souffrant de PCU ont répondu au traitement par Kuvan. La réponse au traitement ne peut pas être prédite par des analyses de laboratoire (par exemple, par des tests génétiques); elle ne devrait être évaluée que par un essai thérapeutique de Kuvan. Les patients atteints de PCU traités par Kuvan devraient aussi suivre un régime à teneur réduite en PHE. La mise en route du traitement par Kuvan ne réduit pas la nécessité d'un suivi approprié par des professionnels compétents, qui doivent s'assurer que la concentration sanguine de PHE est régulée par une prise en charge alimentaire continue.
Les données sur l'innocuité tirées des études cliniques menées auprès de patients atteints de PCU montrent que l'administration de doses de Kuvan allant de 5 à 20 mg/kg/jour était bien tolérée chez les patients âgés de 4 à 49 ans. On n'a noté aucun signe important mettant en cause l'innocuité du produit. Aucun patient n'est décédé et les EIG étaient rares. Dans les essais contrôlés avec placebo, l'incidence globale des EI signalés était semblable entre les groupes traités par Kuvan et les groupes traités par un placebo. Le prolongement de l'exposition (18 mois) à Kuvan chez les patients atteints de PCU n'a eu aucune influence sur le profil d'innocuité, et la nature et la fréquence des EI étaient semblables à celles observées dans les essais cliniques à double insu contrôlés avec placebo.
Dans l'ensemble, le rapport risques/avantages est favorable à l'utilisation de Kuvan (dichlorhydrate de saproptérine) sous forme de comprimés oraux de 100 mg à des doses allant de 5 à 20 mg/kg/jour (la dose initiale recommandée de Kuvan est de 10 mg/kg/jour tous les jours) en association avec un régime à teneur réduite en PHE pour réduire la concentration sanguine de PHE chez les patients atteints d'HPA causée par une PCU sensible à la BH4. Des restrictions relatives aux risques sur le plan de l'innocuité ont été intégrées dans la monographie de produit de Kuvan.
3.4.2 Recommandation
Après avoir examiné les données sur la qualité, l'innocuité et l'efficacité de ce produit, Santé Canada estime que Kuvan a un profil avantages/risques favorable à son utilisation en association avec un régime à teneur réduite en PHE dans le but de réduire la concentration sanguine de PHE chez les patients atteints d'HPA causée par une PCU sensible à la BH4. La présentation de drogue nouvelle répond aux exigences des articles C.08.002 et C.08.005.1 et, par conséquent, Santé Canada a émis l'AC prévu par l'article C.08.004 du Règlement sur les aliments et drogues.
4 Étapes importantes de la présentation
Étapes importantes de la présentation: KuvanMC
| Étape importante de la présentation | Date |
|---|---|
| Réunion préalable à la présentation : | 2009-08-04 |
| Demande de traitement prioritaire | |
| Déposée : | 2009-05-06 |
| Approuvée par le directeur, Bureau du métabolisme, de l'oncologie et des sciences de la reproduction : | 2009-06-30 |
| Dépôt de la présentation : | 2009-07-30 |
| Examen préliminaire | |
| Avis d'insuffisance émis lors de l'examen préliminaire : | 2009-08-28 |
| Réponse déposée : | 2009-10-08 |
Produits pharmaceutiques connexes
| Nom du produit | DIN | Entreprise | Ingrédient(s) actif(s) & concentration |
|---|---|---|---|
| KUVAN | 02350580 | BIOMARIN INTERNATIONAL LIMITED | Dichlorhydrate de saproptérine 100 MG |