Sommaire des motifs de décision portant sur Mircera ™
Décisions d'examen
Le sommaire des motifs de décision explique les raisons pour lesquelles un produit a reçu une autorisation de vente au Canada. Le document comprend les considérations portant sur la réglementation, l’innocuité, l’efficacité et la qualité (sur le plan de la chimie et de la fabrication).
Type de produit:
- Ce document est une traduction française du document anglais approuvé.
MirceraMC
Méthoxy polyéthylène glycol-époétine bêta, solution
Hoffmann-La Roche Ltée.
No de contrôle de la présentation : 106461
Émis le : 2009-01-19
Avant-propos
Le Sommaire des motifs de décision (SMD) de Santé Canada expose les motifs d'ordre scientifique et réglementaire sur lesquels reposent les décisions de Santé Canada concernant la réglementation des médicaments et des instruments médicaux. Les SMD sont rédigés en langage technique à l'intention des personnes et groupes intéressés aux décisions de Santé Canada portant sur un produit donné et sont le reflet des observations consignées dans les rapports d'évaluation. À ce titre, les SMD servent à compléter et non à répéter l'information contenue dans la monographie de produit.
Nous invitons les lecteurs à consulter le « Guide du lecteur sur le Sommaire des motifs de décision - Médicaments au sujet de l'interprétation des termes et des acronymes utilisés ici. Ils trouveront également dans ce guide un aperçu du processus d'examen des présentations de drogue dans le feuillet intitulé « Comment les médicaments sont examinés au Canada », qui décrit les facteurs pris en considération par Santé Canada au cours du processus d'examen et d'autorisation d'une présentation de drogue. Les lecteurs devraient aussi consulter le document intitulé « Initiative du sommaire des motifs de décision - Foire aux questions ».
Le SMD correspond à l'information dont disposent les autorités de réglementation de Santé Canada au moment de prendre une décision. Les présentations subséquentes examinées à d'autres fins ne sont pas incluses dans la Phase I de la stratégie de mise en oeuvre des SMD. Pour obtenir de l'information à jour sur un produit en particulier, les lecteurs sont priés de consulter la monographie la plus récente de ce produit. Santé Canada fournit également l'information au sujet mises en garde diffusées après la commercialisation ou d'avis émis à la suite d'effets indésirables (EI).
Pour de plus amples renseignements sur un produit en particulier, les lecteurs peuvent également se rendre sur les sites Web des organismes de réglementation d'autres pays. L'information reçue à l'appui d'une présentation de drogue au Canada peut cependant ne pas être identique à celle reçue par d'autres gouvernements.
Autres politiques et lignes directrices
Les lecteurs sont invités à consulter le site Web de Santé Canada, où ils trouveront d'autres politiques et lignes directrices au sujet des médicaments, notamment le document intitulé «Gestion des présentations de drogues ».
1 Information sur le produit et la présentation
Marque nominative :
Fabricant/promoteur :
Ingrédient médicinal :
Dénomination commune internationale :
Concentration :
50 µg/mL, 100 µ:g/mL, 200 µ:g/mL, 300 µ:g/mL, 400 µ:g/mL, 600 µ:g/mL, 1 000 µ:g/mL
Seringues pré-remplies à dose unique :
50 µg/0,3 mL, 75 µ:g/0,3 mL, 100 µ:g/0,3 mL, 150 µ:g/0,3 mL, 200 µ:g/0,3 mL, 250 µ:g/0,3 mL, 400 µ:g/0,6 mL, 600 µ:g/0,6 mL
Forme posologique :
Voie d'administration :
Identification numérique de drogue (DIN) :
- 50 µ:g/mL - 02307995
- 100 µ:g/mL - 02308002
- 200 µ:g/mL - 02308010
- 300 µ:g/mL - 02308029
- 400 µ:g/mL - 02308037
- 600 µ:g/mL - 02308045
- 1000 µ:g/mL - 02308053
- 50 µ:g/0.3 mL - 02308061
- 75µ:g/0.3 mL - 02308088
- 100 µ:g/0.3 mL - 02308096
- 150 µ:g/0.3 mL - 02308118
- 200 µ:g/0.3 mL - 02308126
- 250 µ:g/0.3 mL - 02308134
- 400 µ:g/0.6 mL - 02308142
- 600 µ:g/0.6 mL - 02308150
Classe pharmaco-thérapeutique (classe ATC) :
Ingrédients non médicinaux :
Type et numéro de présentation :
Date de la présentation :
Date de l'autorisation :
MCMarque de commerce de F. Hoffmann-LaRoche AG, utilisée sous licence.
2 Avis de décision
Le 31 mars 2008, Santé Canada a émis à l'intention d'Hoffman-LaRoche Ltd. un avis de conformité du produit pharmaceutique Mircera.
Mircera contient l'ingrédient médicinal méthoxy polyéthylèneglycol-époétine bêta, qui est le premier activateur permanent du récepteur de l'érythropoïétine à longue demi-vie, faisant partie de la classe thérapeutique des agents stimulant l'érythropoïèse (ASE).
Mircera est indiqué pour le traitement de l'anémie associée à l'insuffisance rénale chronique (IRC). Cette indication se fonde sur des données concernant la correction de l'anémie et le maintien de taux stables d'hémoglobine chez des patients souffrant d'IRC non précédemment traités par des ASE, dialysés et non dialysés, ainsi que le maintien de taux stables d'hémoglobine chez des patients dialysés précédemment traités par d'autres ASE. Tout comme les autres ASE, Mircera interagit avec le récepteur de l'érythropoïétine situé sur les cellules progénitrices de la moelle osseuse, ce qui stimule l'érythropoïèse. L'hormone naturelle érythropoïétine, un facteur de croissance primaire du développement érythroïde, est produite dans le rein et libérée dans la circulation en réaction à l'hypoxie. En présence d'hypoxie, l'érythropoïétine interagit avec les cellules progénitrices érythroïdes pour accroître la production d'érythrocytes (globules rouges).
L'autorisation de commercialisation s'appuie sur des données issues d'études de contrôle de la qualité et d'études non cliniques et cliniques. L'efficacité et l'innocuité de Mircera ont été évaluées dans le cadre de six études cliniques de phase III, randomisées et multicentriques, portant sur le traitement de l'anémie chez des adultes souffrant d'IRC, dialysés et non dialysés. Deux études visaient à évaluer l'efficacité de Mircera chez des patients atteints d'IRC ne recevant pas de façon concomitante un ASE, et quatre études portaient sur la capacité de Mircera de maintenir l'hémoglobine à des taux stables chez des patients souffrant d'IRC qui avaient reçu précédemment un autre ASE. On a pu démontrer que Mircera, administré une fois par mois, donnait des résultats non inférieurs à ceux du médicament de comparaison pour ce qui est de maintenir les taux d'hémoglobine dans la plage de valeurs cibles de l'étude. Mircera était généralement bien toléré, et présentait un profil d'innocuité caractéristique de la population de patients. L'hypertension étant un effet indésirable courant, les patients dont l'hypertension n'est pas maîtrisée ne devraient pas être traités par Mircera.
Mircera est offert sous forme de solution, en différentes concentrations : flacons à dose unique de 50 µg/mL, 100 µg/mL, 200 µg/mL, 300 µg/mL, 400 µg/mL, 600 µg/mL et 1 000 µg/mL, et seringues pré-remplies à dose unique de 50 µg/0,3 mL, 75µg/0,3mL, 100 µg/0,3 mL, 150 µg/0,3 mL, 200 µg/0,3 mL, 250 µg/0,3 mL, 400 µg/0,6 mL et 600 µg/0,6 mL. La dose de départ recommandée pour atteindre une plage d'hémoglobine de 100 à 120 g/L chez des patients qui ne sont pas traités de façon concomitante par un ASE est de 0,4 mg/kg de poids corporel une fois toutes les 2 semaines sous forme d'injection IV dans le cas des patients dialysés, ou de 0,6 mg/kg de poids corporel une fois toutes les 2 semaines sous forme d'injection SC dans le cas des patients non dialysés. Si la plage de valeurs visée pour l'hémoglobine est atteinte chez un patient donné, on peut commencer à lui administrer une fois par mois une dose de Mircera équivalant au double de celle qu'il recevait une fois toutes les deux semaines. Comme en témoigne le programme d'essais cliniques, les patients dialysés et traités par un autre ASE peuvent passer à une dose de Mircera administrée une fois par mois en injection unique intraveineuse ou sous-cutanée. Les recommandations concernant la posologie sont décrites dans la monographie de produit. Pour réduire les risques d'événements cardiovasculaires et thromboemboliques, il faut ajuster la posologie de Mircera de manière à ce que le taux d'hémoglobine atteigne graduellement la plus petite concentration permettant d'éviter la transfusion sanguine. La concentration d'hémoglobine ne devrait pas dépasser 120 g/L; la hausse du taux d'hémoglobine ne devrait pas se faire à un rythme de plus de 10 g/L par période de 2 semaines.
Mircera est contre-indiqué chez les patients dont l'hypertension n'est pas maîtrisée, qui présentent une hypersensibilité connue à l'ingrédient actif ou à l'un des excipients ou chez qui on observe une érythroblastopénie chronique acquise consécutive à un traitement par un ASE. Mircera n'est pas indiqué pour le traitement de l'anémie due à une chimiothérapie anticancéreuse. Mircera devrait être administré selon les conditions décrites dans la monographie de produit, en tenant compte des risques potentiels associés à l'administration de ce produit pharmaceutique. Les conditions détaillées relatives à l'usage de Mircera sont décrites dans la monographie de produit.
Conformément à son examen des données sur la qualité, l'innocuité et l'efficacité du produit, Santé Canada juge que le rapport entre les avantages et les risques de Mircera est favorable au traitement de l'anémie associée à l'IRC, compte tenu des limites susmentionnées.
3 Motifs d'ordre scientifique et réglementaire
Une présentation de drogue nouvelle (PDN) portant sur Mircera (méthoxy polyéthylène glycol-époétine bêta) a été déposée auprès de Santé Canada le 12 juin 2006. Les études cliniques comportaient des lacunes qui ont empêché d'effectuer un examen complet du produit et d'en établir les avantages et les risques. Par conséquent, la présentation a reçu un avis d'insuffisance (ADI). En réponse à l'ADI, le promoteur a soumis des données supplémentaires et répondu aux préoccupations soulevées par l'ADI. L'indication, l'usage clinique et les schémas posologiques ont été modifiés dans la monographie de produit à la lumière de l'information pertinente fournie en réponse à l'ADI. Un avis de conformité (AC) a par la suite été délivré pour Mircera, le 31 mars 2008.
Mircera est indiqué pour le traitement de l'anémie associée à l'insuffisance rénale chronique (IRC). Cette indication se fonde sur des études portant sur la correction de l'anémie et sur le maintien de taux stables d'hémoglobine chez des patients souffrant d'IRC non précédemment traités par des ASE, dialysés et non dialysés, ainsi que le maintien de taux stables d'hémoglobine chez des patients dialysés précédemment traités par d'autres ASE.
3.1 Motifs d'ordre qualitatif
3.1.1 Substance médicamenteuse
Renseignements généraux
L'hormone naturelle érythropoïétine, un facteur de croissance primaire du développement érythroïde, est produite dans le rein et libérée dans la circulation en réaction à l'hypoxie. L'érythropoïétine interagit avec les cellules progénitrices érythroïdes pour accroître la production d'érythrocytes (globules rouges).
Le méthoxy polyéthylène glycol-époétine bêta, qui est l'ingrédient médicinal de Mircera, est un agent stimulant l'érythropoïèse (ASE). Tout comme les autres ASE, Mircera interagit avec le récepteur de l'érythropoïétine situé sur les cellules progénitrices de la moelle osseuse, ce qui stimule l'érythropoïèse.
Procédé de fabrication et contrôles en cours de fabrication
Le procédé de fabrication est considéré comme dûment contrôlé dans des limites justifiées.
Les contrôles en cours de fabrication ont été examinés et jugés acceptables. Les spécifications des matières brutes utilisées pour la fabrication de la substance médicamenteuse ont également été jugées satisfaisantes.
Caractérisation
La structure du méthoxy polyéthylène glycol-époétine bêta est considérée comme adéquatement caractérisée, et les spectres représentatifs ont été fournis. Les propriétés physiques et chimiques ont été décrites et jugées satisfaisantes.
Contrôle de la substance médicamenteuse
Les spécifications de la substance médicamenteuse ainsi que les méthodes d'analyse utilisées pour le contrôle de qualité du méthoxy polyéthylène glycol-époétine ont été jugées acceptables.
Stabilité
Les données sur la stabilité fondées sur des essais accélérés et des essais de longue durée ont révélé que le méthoxy polyéthylène glycol-époétine bêta est un composé stable lorsqu'il est conditionné de la façon prévue pendant la période d'entreposage proposée. Le médicament en vrac est également stable dans les conditions d'entreposage prévues.
3.1.2 Produit pharmaceutique
Description et composition
Mircera est conditionné dans une solution aqueuse claire, incolore ou légèrement jaunâtre.
Tous les ingrédients non médicinaux (excipients) présents dans le produit pharmaceutique sont autorisés par le Règlement sur les aliments et drogues. Les données sur la stabilité présentées à l'appui de la formulation commerciale proposée attestent la compatibilité du méthoxy polyéthylène glycol-époétine bêta avec les excipients.
Élaboration du produit pharmaceutique
Des données portant sur les caractéristiques physicochimiques et l'activité biologique ont démontré la biocomparabilité entre les lots de développement et les lots commerciaux.
Procédé de fabrication et contrôles en cours de fabrication
La méthode de fabrication est jugée acceptable, et le procédé est considéré comme dûment contrôlé à l'intérieur de limites justifiées.
Tout l'équipement, les étapes de fabrication et les paramètres de fonctionnement détaillés ont été dûment décrits dans la documentation fournie et ont été jugés acceptables. Le procédé de fabrication est considéré comme dûment contrôlé dans des limites justifiées.
Contrôle du produit pharmaceutique
Les spécifications des tests sont considérées comme acceptables pour le contrôle du produit pharmaceutique, et les limites des impuretés ont été établies conformément aux recommandations de l'ICH.
La documentation relative à la mise en circulation des lots (p. ex., mode de présentation du protocole d'essai pour la mise en circulation, certificat d'analyse et/ou attestations d'innocuité) a été jugée acceptable.
Stabilité
À la lumière des données sur la stabilité fondées sur des essais de longue durée, la durée de conservation proposée de 24 mois à une température de 2 à 8 °C est jugée acceptable pour Mircera.
La compatibilité du produit pharmaceutique avec le système récipient-fermeture a été validée par un test officinal et des études de stabilité. Le système récipient-fermeture respectait tous les critères d'acceptation des tests de validation.
3.1.3 Installations et équipement
La Direction des produits biologiques et des thérapies génétiques de Santé Canada a effectué une évaluation sur les lieux des installations de fabrication et d'analyses de Mircera.
Toutes les installations de fabrication proposées sont conformes aux exigences du titre 2 du Règlement sur les aliments et drogues.
3.1.4 Évaluation de l'innocuité des agents adventices
Sans objet. Les excipients utilisés dans la formulation du produit pharmaceutique ne sont pas d'origine animale ni humaine.
3.1.5 Conclusion
L'information fournie sur les caractéristiques chimiques et la fabrication de Mircera indique que la substance médicamenteuse et le produit pharmaceutique peuvent être fabriqués de façon à répondre systématiquement aux spécifications approuvées. Des études appropriées sur l'élaboration et la validation ont été menées, et des contrôles adéquats sont en place pour la commercialisation.
3.2 Motifs non cliniques de la décision
3.2.1 Pharmacodynamique
Des études pharmacodynamiques ont été menées pour comparer les propriétés pharmacodynamiques de Mircera à celles de l'époétine bêta. Les études in vitro ont révélé que l'affinité globale du récepteur soluble de l'érythropoïétine recombinante (srEPOR) pour Mircera était très faible comparativement à celle pour l'époétine bêta (environ 45 fois plus faible). On a attribué cette observation aux constantes de vitesse d'association; l'époétine bêta se liait beaucoup plus rapidement que Mircera au srEPOR. Les vitesses de dissociation des deux composés se situaient dans le même intervalle, Mircera se dissociant du srEPOR environ 1,5 fois plus rapidement que l'époétine bêta. Une affinité de liaison inférieure se traduit par la réduction de l'élimination médiée par le récepteur, ce qui prolongera la demi-vie de Mircera. À la lumière de ces données, on a conclu que l'activité in vivo serait élevée et qu'il en résulterait une activation continue du récepteur de l'érythropoïétine. Des études in vivo chez l'animal ont été menées pour vérifier cette conclusion.
Chez des souris normocytémiques, l'injection d'une dose unique de Mircera a entraîné une élévation considérable des réticulocytes et une élévation subséquente des érythrocytes deux fois plus importante que ce qui avait été obtenu avec l'époétine bêta. De plus, la durée de la réponse était plus longue et liée à la dose. Les réponses aux administrations sous-cutanées et intraveineuses étaient comparables, et les effets étaient spécifiques aux érythrocytes. Les injections répétées (c.-à-d. toutes les semaines, toutes les deux semaines ou toutes les trois semaines) ont entraîné des élévations cycliques des réticulocytes liées à la dose. Ces élévations étaient semblables à celles observées à la suite de l'administration de l'époétine bêta trois fois par semaine. Cependant, la réponse suscitée par Mircera était plus importante. La réponse réticulocytaire a atteint un sommet 4 à 5 jours après l'injection. Mircera a entraîné une augmentation des taux d'érythrocytes plus marquée que l'époétine bêta. Toutefois, la réponse n'était pas cyclique; les taux d'érythrocytes sont demeurés élevés tout au long de la période de traitement (vraisemblablement en raison de la durée de vie de 45 jours des érythrocytes chez la souris adulte). On a noté une diminution graduelle ions maximales après les injections hebdomadaires de Mircera et d'époétine bêta. Cette diminution, attribuée à l'épuisement des cellules précurseurs de la moelle épinière ou encore à la formation d'anticorps neutralisants, était moins prononcée si Mircera était injecté toutes les deux ou trois semaines, ce qui porte à croire que des doses plus espacées permettent l'expansion du pool de cellules progénitrices entre les injections. On a également observé une immunogénicité réduite en comparaison avec le traitement par l'époétine bêta.
Chez des rats normocytémiques, l'injection hebdomadaire de Mircera par voie sous-cutanée ou intraveineuse a entraîné une élévation semblable des réticulocytes (réponse maximale le jour 6), elle aussi liée à la dose, qui s'est maintenue pendant la durée entière du traitement. De plus, le nombre d'érythrocytes a augmenté de façon continue en fonction de la dose. Les observations étaient comparables à celles concernant l'époétine bêta administrée trois fois par semaine, ce qui signifie que Mircera avait une activité supérieure. Des résultats semblables ont été obtenus chez des rats néphrectomisés. On a observé une élévation des réticulocytes liée à la dose et une élévation des érythrocytes liée à la dose et au temps. Mircera s'est avéré un agent érythropoïétique plus puissant que l'époétine bêta lorsque l'intervalle entre les doses était prolongé à une semaine entière.
Les observations chez le chien indiquent que la stimulation de l'érythropoïèse est de plus longue durée avec Mircera qu'avec l'époétine bêta. Cependant, les doses intraveineuses ont entraîné des élévations réticulocytaires plus importantes que les doses sous-cutanées. De plus, une étude pharmacologique d'innocuité menée sur des beagles a montré que l'administration aigüe de Mircera n'entraînait aucun effet indésirable lié au traitement au niveau des appareils cardiovasculaire et respiratoire.
Les études de transition portant sur des souris ont montré l'équivalence thérapeutique de la formulation préliminaire et de la formulation finale.
En conclusion, selon les résultats des études pharmacodynamiques, Mircera est un agent érythropoïétique plus puissant que l'époétine bêta, comme en témoignent l'ampleur et la durée accrues de la réponse érythropoïétique.
3.2.2 Pharmacocinétique
Des épreuves ELISA ont été mises au point pour mesurer les concentrations sériques de Mircera chez le rat, le lapin et le chien. Les épreuves, qui se sont avérées acceptables sur le plan de la sensibilité, de la spécificité, de la reproductibilité et de la précision pour l'évaluation des propriétés pharmacocinétiques, pouvaient aussi être utilisées pour étayer les études toxicologiques de Mircera chez les espèces pertinentes.
Une épreuve ELISA a également été mise au point pour mesurer les anticorps anti Mircera dans le sérum de rat. Cette épreuve, préalablement validée dans le sérum humain, a été partiellement validée chez le rat en vue d'une étude de comparaison de formulations d'une durée de 4 semaines.
On a effectué des études pharmacocinétiques chez le rat et le chien. Chez le rat, Mircera a été administré à des mâles seulement, par injection intraveineuse ou sous cutanée, à raison de 0,25, 2,5 ou 25 µg/kg p.c. Les injections intraveineuses ont entraîné des augmentations de l'aire sous la courbe (ASC) quasi proportionnelles à la dose, aux doses de 2,5 et 25 µg/kg p.c. (différence d'un facteur d'environ 27 entre les doses de 0,25 et 2,5 µg/kg p.c.). La demi vie (t1/2) apparente de Mircera était environ 2 fois plus longue que celle de l'époétine bêta (18 27 vs 11 17 heures). Le volume de distribution apparent représentait seulement 7 à 10 % du volume total d'eau corporelle et 1/5 de la valeur de l'époétine bêta, ce qui veut dire que la distribution de Mircera était limitée. La clairance systémique de Mircera était 10 fois moins élevée que celle de l'époétine bêta. Les injections sous cutanées ont entraîné des augmentations de l'ASC un peu plus que proportionnelles à la dose, aux doses de 2,5 et 25 µg/kg p.c. (différence d'un facteur d'environ 64 entre les doses de 0,25 et 2,5 µg/kg p.c.). Comparativement à ce qui s'est produit avec l'époétine bêta, la valeur Tmax (24 heures) a été retardée d'environ 12 heures, ce qui indique une absorption plus lente. La clairance systémique de Mircera était considérablement inférieure à celle de l'époétine bêta (de l'ordre de 10 fois). La biodisponibilité de Mircera était inférieure à celle de l'époétine bêta (c. à d. 31 45 % vs 77 %).
Chez le chien, Mircera a été administré à des mâles et à des femmes sous forme d'injection unique par voie intraveineuse ou sous cutanée à raison de 3,0, 7,5 (voie intraveineuse seulement) ou 10 µg/kg p.c. La clairance systémique chez les animaux ayant reçu une injection de 3 ou de 10 µg/kg p.c. a été réduite de l'ordre de 7 et de 20 fois, respectivement; cet effet a considérablement prolongé la demi vie, qui est passée de 6 heures (époétine bêta) à 41 70 heures (Mircera). Le volume de distribution de Mircera était environ 60 % de celui de l'époétine beta, d'où l'on peut conclure que Mircera se fixe peu aux tissus. L'exposition chez les animaux ayant reçu 3 ou 7,5 µg/kg p.c. semblait proportionnelle à la dose, évoquant une cinétique linéaire. Cependant, une cinétique non linéaire a été observée aux doses de 7,5 et 10 µg/kg p.c. Les injections sous cutanées ont entraîné des augmentations proportionnelles à la dose de l'ASC et de la Cmax. La biodisponibilité de Mircera à la dose de 10 µg/kg p.c. était plus faible qu'à la dose de 3 µg/kg p.c. (46 % vs 80 %). La concentration sérique a augmenté lentement, atteignant son maximum à 48 heures, tandis que la Tmax a été atteinte après 24 heures dans le cas de l'époétine bêta non modifiée, ce qui porte à croire que la pégylation a nettement réduit le taux d'absorption. La biodisponibilité absolue était plus élevée chez les mâles que chez les femelles, se situant à 98 % (mâles) contre 68 % (femelles) à la dose de 3 µg/kg p.c. et à 66 % (mâles) contre 36 % (femelles) à la dose de 10 µg/kg p.c.
Mircera (60 kDa) est demeuré inchangé dans le sérum lors d'une étude visant à en évaluer la stabilité in vivo. Mircera a atteint la moelle osseuse sous forme de molécule de 60 kDa et a été excrété dans l'urine sous forme inchangée ou sous forme de molécule PEG de 30 kDa. L'époétine bêta humaine non conjuguée n'a pas été détectée dans le sérum, dans l'urine ni dans la moelle osseuse.
Dans une étude de biodistribution tissulaire effectuée sur des rats mâles à une dose de 0,674 mg/animal, les plus fortes concentrations de radioactivité ont été observées dans les ganglions lymphatiques, dans les testicules, dans le sang, dans les surrénales et dans la rate. De légères concentrations ont aussi été notées dans le cerveau, ce qui veut dire que la radioactivité a traversé la barrière hémato-encéphalique, mais dans une faible mesure. L'urine était la principale voie d'excrétion. À 336 heures, l'urine, les selles et la carcasse résiduelle représentaient 57,6 %, 8,59 % et 33,3 % de la dose administrée, respectivement.
Des études de distribution tissulaire ont aussi été menées sur des rates gravides à la dose de 0,8 mg/animal. Les résultats montrent que la radioactivité était largement diffusée dans la plupart des tissus maternels. Cependant, la quantité de radioactivité détectée dans le cerveau et dans le foetus était limitée, ce qui signifie que la radioactivité ne traversait la barrière hémato-encéphalique et la barrière hémato-placentaire que dans une faible mesure. Durant la période de collecte de 336 heures, la radioactivité dans le foetus entier a représenté moins de 0,3 % de la dose administrée et elle n'a dépassé 0,01 % de la dose administrée dans aucun des tissus foetaux. Chez les rates allaitantes, la radioactivité a été détectée dans le lait 4 heures après la dose et dans le sérum, 2 heures après la dose. Les concentrations dans le lait et dans le sérum ont augmenté jusqu'à 48 heures après la dose, les valeurs moyennes de la Cmax s'établissant à 1,18 et 12,3 μg équivalents 14C-Mircera/g, respectivement. Les concentrations ont ensuite diminué au fil du temps, mais la radioactivité était encore détectable 168 heures après l'administration de la dose.
3.2.3 Toxicologie
La dose aigüe non létale de Mircera a été établie à > 750 μg/kg p.c. lorsque le composé était injecté par voie intraveineuse à des souris ou à des rats (la plus forte dose mise à l'essai, environ 300 fois plus élevée que la dose unique prévue chez l'humain). Aucun animal n'est mort durant l'étude, et les changements liés au traitement (c.-à-d. élévation des réticulocytes, des érythrocytes, de l'hémoglobine et de l'hématocrite, augmentation du volume de la rate, hématopoïèse extramédullaire) chez l'une ou l'autre des espèces étaient considérées comme consécutives aux effets pharmacologiques du produit à l'essai.
On a mené des études subchroniques chez le rat (13 et 26 semaines) et le chien (13 semaines). Les études subchroniques chez le rat et le chien portaient sur des doses de 1, 3 ou 10 μg/kg p.c./semaine administrées par voie intraveineuse ou sous-cutanée pendant 13 semaines. Les périodes de traitement étaient suivies d'une période de récupération de 8 semaines. Des animaux ont été sacrifiés en cours d'étude (4 semaines); un certain nombre d'entre eux faisaient partie du groupe traité par la dose la plus élevée à l'étude, soit 30 μg/kg p.c./semaine.
Chez le rat, sept animaux sont morts ou ont été sacrifiés à l'état moribond dans le groupe ayant reçu 10 μg/kg p.c./semaine par voie intraveineuse. En ce qui concerne l'administration par voie sous-cutanée, un animal est mort dans le groupe traité par la dose de 1 μg/kg p.c./semaine et un animal a été sacrifié à l'état moribond dans le groupe ayant reçu 10 μg/kg p.c./semaine. Toutes les morts sont survenues après le jour 36 de l'étude et étaient associées à une polycytémie extrême ou à une anémie due à la formation d'anticorps anti-érythropoïétine neutralisants, de sorte qu'elles ont été attribuées à l'activité pharmacologique excessive du médicament. Chez le chien, un animal a été sacrifié dans le groupe ayant reçu 10 μg/kg p.c./semaine par voie sous-cutanée (jour 83); il était atteint de polycytémie extrême. Aucun autre animal n'est mort.
Toutes les doses à l'étude ont entraîné une augmentation de l'érythropoïèse, qui s'est traduite par l'élévation des érythrocytes, des réticulocytes, de l'hémoglobine et de l'hématocrite, par la diminution du volume cellulaire moyen, de l'hémoglobine cellulaire moyenne et de la concentration cellulaire moyenne en hémoglobine ainsi que par une carence fonctionnelle en fer. Les autres observations primaires comprenaient l'augmentation du volume de la rate, l'augmentation du poids de la rate et l'hématopoïèse extramédullaire au niveau de la rate et de la moelle osseuse (toutes les doses). Les chiens ont aussi présenté une augmentation de l'érythropoïèse myéloïde et/ou mégacaryocytaire de la moelle osseuse et de la rate. On a aussi observé une hypoplasie de la lignée érythroblastique dans la moelle osseuse de quelques animaux à toutes les doses. D'autres effets, considérés comme consécutifs à l'augmentation de l'érythropoïèse (et à la polycytémie extrême qui en découlait), ont été observés à toutes les doses, à savoir : congestion vasculaire oculaire, congestion de différents tissus, hémorragie et/ou érosion de la muqueuse glandulaire de l'estomac, inflammation valvulaire et/ou thrombose cardiaque, ossification de la moelle osseuse et fibroplasie et hyperostose des os (rats seulement). À la fin de la période de récupération de 8 semaines, la plupart des changements liés au traitement étaient partiellement ou entièrement disparus. Cependant, chez le chien seulement, on a observé après la période de récupération une hyalinose segmentaire et une fibrose interstitielle au niveau des reins, et ce à toutes les doses. Ces observations ont été attribuées à la hausse de la basophilie tubulaire et des thrombus glomérulaires survenue à la fin de la période de traitement.
Une étude subchronique a aussi porté sur des rats auxquels on avait administré, par voie sous-cutanée, des doses de 0, 0,3, 1 ou 3 μg/kg p.c. pendant 26 semaines. Ce traitement était suivi d'une période de récupération de 12 semaines. Les changements liés au traitement étaient les mêmes que celles de l'étude de 13 semaines, et ils ont été observés aux doses les plus faibles. À la fin de la période de récupération, ils étaient partiellement ou entièrement disparus.
Aucune étude de mutagénicité standard n'a porté sur Mircera. Les études de génotoxicité généralement menées sur les produits pharmaceutiques classiques ne s'appliquent pas aux produits de la biotechnologie, notamment aux protéines humaines recombinantes de haut poids moléculaire, car on ne prévoit pas d'interactions directes du produit avec l'ADN ou d'autre matériel chromosomique.
Aucune étude de cancérogénicité standard n'a été effectuée, car ce type d'étude ne convient pas aux produits de la biotechnologie en raison de la formation d'anticorps dirigés contre les protéines humaines chez les animaux à l'étude.
L'administration chronique de Mircera à des rats pendant une période allant jusqu'à 26 semaines n'a pas causé de modifications prénéoplasiques ni d'hyperplasie dans quelque tissu que ce soit, mis à part dans les organes hématopoïétiques ciblés. Au lieu d'études de cancérogénicité comme telles, on a mené une étude de liaison aux tissus humains normaux et une étude de la prolifération cellulaire in vitro portant sur des lignées cellulaires tumorales humaines dans le but d'évaluer le potentiel de stimulation de la croissance de cellules non ciblées manifesté par Mircera. Les résultats de ces études indiquent que Mircera est peu susceptible de stimuler de façon non spécifique la croissance de différentes cellules humaines non ciblées.
Des études sur l'appareil reproducteur, sur le développement et sur la période périnatale et postnatale ont été menées chez le rat et le lapin à des doses de 0, 5, 20 et 50 μg/kg p.c. Ces études indiquent que Mircera n'a aucun effet sur les cycles oestraux, sur la fertilité, sur les paramètres spermatiques ni sur les paramètres de la reproduction.
Cependant, les études sur le développement chez le rat et le lapin ont fait ressortir une embryotoxicité/foetotoxicité en l'absence de toxicité maternelle (diminution du poids corporel foetal) à toutes les doses à l'étude. Chez le rat, on a aussi noté une fréquence accrue des retards de développement réversibles à toutes les doses de même qu'une hausse des altérations foetales à la dose de 50 μg/kg p.c. D'autres observations ont été faites chez le lapin, à savoir l'augmentation du nombre total de réabsorptions, du pourcentage de produits de conception réabsorbés par portée (à toutes les doses), des attitudes vicieuses de l'os hyoïde et des ossifications incomplètes des centres sternaux (à toutes les doses) ainsi que des malformations des côtes plates (à la dose de 50 μg/kg p.c.). Dans l'étude périnatale et postnatale, les petits de la génération F1 avaient pris moins de poids durant l'allaitement et 3 à 4 semaines après le sevrage, peu importe la dose administrée. Par conséquent, à la lumière des données sur la reproduction, il est recommandé de prêter une attention particulière aux femmes qui souhaitent devenir enceintes pendant qu'elles sont traitées par Mircera. Il faut faire preuve de circonspection si Mircera est prescrit à une femme enceinte. Mircera ne devrait être administré que si les avantages potentiels l'emportent sur les risques pour le foetus. De plus, l'allaitement devrait être déconseillé aux femmes qui sont traitées par Mircera.
En résumé, les études de toxicité non cliniques montrent que Mircera est généralement bien toléré par le rat, le lapin et le chien. Les changements liés au traitement étaient dus à une polycytémie chez les animaux normocytémiques ayant reçu Mircera de façon continue sans que la dose ne soit ajustée. Cependant, en milieu clinique, le schéma posologique peut facilement être ajusté et les taux d'hématocrite et d'hémoglobine seront suivis de près et maintenus dans un intervalle qui ne pose aucun danger. En conséquence, les effets observés par suite du traitement ne devraient poser aucun risque pour les patients.
En conclusion, on a jugé que la base de données toxicologiques non cliniques permet d'évaluer adéquatement le profil d'innocuité de Mircera et appuie son utilisation chez l'humain, pourvu que les précautions ci-dessus soient prises.
3.2.4 Résumé et conclusion
Des études toxicologiques non cliniques satisfaisantes ont été menées et ont été jugées adéquates. Les résultats des études toxicologiques étaient compatibles avec les effets pharmacologiques de Mircera. Les études de toxicologie et de pharmacologie non cliniques appuient l'utilisation de Mircera pour l'indication proposée.
3.3 Motifs cliniques de la décision
3.3.1 Pharmacodynamique
Mircera est un activateur permanent du récepteur de l'érythropoïétine qui possède des propriétés structurelles et physicochimiques différentes de celles des agents érythropoïétiques actuellement vendus sur le marché. La molécule se lie aux récepteurs des cellules progénitrices érythroïdes de la moelle osseuse et les active. Les cellules progénitrices érythroïdes se transforment ensuite en érythrocytes matures, ce qui entraîne l'élévation des réticulocytes, de l'hémoglobine et de l'hématocrite d'une manière proportionnelle à la dose.
L'activité de Mircera diffère de celle de l'érythropoïétine au niveau des récepteurs; elle se caractérise par une association plus lente aux récepteurs et une dissociation plus rapide de ceux-ci, par une réduction de l'activité spécifique in vitro accompagnée d'une augmentation de l'activité in vivo, ainsi que par une prolongation de la demi-vie dans la circulation. Ces propriétés pharmacologiques particulières sont importantes pour établir un schéma posologique où Mircera est administré une fois par mois aux patients.
3.3.2 Pharmacocinétique
Absorption
Lorsque le médicament était administré par voie sous-cutanée à des patients atteints d'insuffisance rénale chronique (IRC), les concentrations sériques culminaient 72 heures après la dose. La biodisponibilité absolue de Mircera administré par voie sous-cutanée était de 62 % chez les patients dialysés et de 54 % chez les patients non dialysés.
Distribution
La clairance et le volume de distribution de Mircera n'étaient pas liés à la dose chez les patients atteints d'IRC. Une étude portant sur 400 patients atteints d'IRC a montré que le volume de distribution de Mircera était d'environ 5,0 L.
Excrétion
La demi-vie de Mircera administré par voie intraveineuse à des patients atteints d'IRC était de 134 heures et sa clairance systémique totale était de 0,494 mL/h/kg. Si Mircera était administré par voie sous-cutanée à des patients atteints d'IRC, sa demi-vie finale était de 139 heures.
Les données pharmacocinétiques des études de phase III ont servi à mesurer la linéarité de la pharmacocinétique. Les résultats montrent que la pharmacocinétique de Mircera était linéaire aux doses thérapeutiques.
Le point d'injection (abdomen, bras ou cuisse) n'a eu aucun effet clinique notable sur la pharmacocinétique ni sur la pharmacodynamique de Mircera chez des volontaires bien portants ayant reçu le médicament par voie sous-cutanée (dose de 3,0 mcg/kg).
Interactions médicamenteuses
Aucune étude n'a porté sur les interactions médicamenteuses; cependant, les effets d'autres médicaments sur la pharmacocinétique et sur la pharmacodynamique de Mircera ont été évalués à l'aide d'une approche fondée sur la population. Rien ne démontre que les médicaments utilisés en concomitance influent sur la pharmacocinétique et sur la pharmacodynamique de Mircera.
Populations particulières
Aucune étude n'a été menée auprès de patients atteints d'une hémoglobinopathie, d'une affection hépatique grave ou d'épilepsie ni de patients dont le nombre de plaquettes était supérieur à 500 x 109/L. Mircera est déconseillé chez les enfants et les adolescents de moins de 18 ans.
3.3.3 Efficacité clinique
Six études cliniques de phase III randomisées, multicentriques, ont été soumises en vue de l'évaluation de l'efficacité et de l'innocuité de Mircera dans le traitement de l'anémie chez des patients adultes souffrant d'IRC, dialysés et non dialysés. Deux des études visaient à évaluer l'efficacité et l'innocuité de Mircera dans la correction de l'anémie chez les patients atteints d'IRC ne recevant pas de façon concomitante un ASE (BA16738 [non dialysés], BA16736 [dialysés]). Les quatre autres études portaient sur la capacité de Mircera de maintenir l'hémoglobine à des taux stables chez des patients souffrant d'IRC (tous dialysés) qui avaient reçu précédemment un ASE autre que Mircera durant la phase de correction (BA16739, BA16740, BA17284, BA17283). Les données issues des périodes de prolongation des deux essais de correction de phase III (BA16736, BA16738) ont aussi été fournies.
Études de correction de l'anémie : patients non précédemment traités par un ASE
L'étude BA16738 comparait l'efficacité de Mircera et d'un produit de comparaison, à savoir la darbépoétine alpha, chez des patients atteints d'IRC non dialysés. On a traité 162 patients avec Mircera et 162 patients avec le produit de comparaison. Le paramètre primaire d'efficacité était la proportion de patients qui présentaient une réponse hémoglobinique représentant une augmentation ≥ 10 g/L par rapport à leur taux d'hémoglobine de départ ainsi qu'un taux d'hémoglobine d'au moins 110,0 g/L sans transfusion d'érythrocytes. La dose de départ de Mircera était de 0,6 µg/kg par voie sous-cutanée toutes les deux semaines, contre 0,45 µg/kg pour le produit de comparaison. La réponse hémoglobinique visée a été atteinte chez 97,5 % des 162 patients traités par Mircera et 96,3 % des 162 patients du groupe de comparaison. La variation moyenne par rapport au taux d'hémoglobine de départ était de 21,5 g/L chez les patients traités par Mircera et de 19,9 g/L chez les patients du groupe de comparaison. Les résultats montrent que Mircera n'était pas cliniquement inférieur au produit de comparaison. Le taux de transfusions érythrocytaires durant la période de traitement de base était de 2,5 % chez les patients traités par Mircera et de 6,8 % dans le groupe de comparaison. La proportion de patients ayant présenté un taux d'hémoglobine > 130 g/L était de 11,4 % chez les patients traités par Mircera et de 34,0 % dans le groupe de comparaison.
L'étude BA16736 comparait l'efficacité de Mircera et d'un produit de comparaison, à savoir l'époétine alpha ou l'époétine bêta, chez des patients atteints d'IRC dialysés. Le paramètre primaire d'efficacité était la proportion de patients qui avaient présenté une réponse hémoglobinique, définie comme une augmentation ≥ 10 g/L par rapport à leur taux d'hémoglobine de départ ainsi qu'un taux d'hémoglobine d'au moins 110 g/L sans transfusion d'érythrocytes. La dose de départ de Mircera était de 0,4 µg/kg par voie intraveineuse toutes les deux semaines, contre 50 unités/kg par voie intraveineuse trois fois par semaine pour le produit de comparaison. La réponse hémoglobinique visée a été atteinte chez 93 % des 135 patients traités par Mircera et chez 91 % des 46 patients du groupe de comparaison. Le taux de transfusions érythrocytaires durant la période de traitement de base était de 5,2 % chez les patients traités par Mircera et de 4,3 % dans le groupe de comparaison. La proportion de patients ayant présenté un taux d'hémoglobine > 130 g/L était de 7,5 % chez les patients traités par Mircera et de 17,8 % dans le groupe de comparaison.
Études de maintien de l'hémoglobine à des taux stables :
Études de maintien de l'hémoglobine à des taux stables chez des patients dont l'anémie avait été corrigée par un ASE autre que Mircera
Quatre études de phase III randomisées et contrôlées (BA16739, BA16740, BA17284, BA17283) ont montré que Mircera était aussi efficace que les autres ASE pour maintenir l'hémoglobine à l'intérieur d'une plage de valeurs cibles. Les patients atteints d'IRC traités par un autre ASE et dont l'hémoglobine était demeurée stable ont été répartis aléatoirement dans l'un des groupes suivants : administration de Mircera toutes les deux semaines; administration de Mircera toutes les 4 semaines; maintien du schéma posologique faisant appel à l'ASE de comparaison chez les patients dialysés.
L'étude BA16739 comparait Mircera administré par voie intraveineuse toutes les deux semaines (n = 223) ou toutes les quatre semaines (n = 224) aux époétines (alpha [n = 181] et bêta [n = 45]) sur le plan du maintien de l'hémoglobine à des taux stables. L'étude BA16740 comparait Mircera administré par voie sous-cutanée toutes les deux semaines (n = 190) ou toutes les quatre semaines (n = 191) aux époétines (alpha [n = 23] et bêta [n = 168]) sur le plan du maintien de l'hémoglobine à des taux stables. L'étude BA17283 comparait Mircera administré par voie intraveineuse toutes les deux semaines (n = 157) à la darbépoétine alpha (n = 156) sur le plan du maintien de l'hémoglobine à des taux stables. Enfin, l'étude BA17284 comparait Mircera administré toutes les deux semaines par voie intraveineuse (n = 112) ou par voie sous-cutanée (n = 56) à partir d'une seringue préremplie, aux époétines (alpha [n = 104] et bêta [n = 64]).
Les résultats ont établi la non-infériorité de Mircera par rapport à l'époétine alpha, à l'époétine bêta et à la darbépoétine alpha, indépendamment du schéma posologique (toutes les deux semaines ou toutes les quatre semaines), de la voie d'administration (intraveineuse ou sous-cutanée) et du mode de présentation (flacon ou seringue préremplie).
Dans les études de maintien de phase III, les patients traités par Mircera toutes les deux semaines ont davantage eu besoin d'une réduction de la dose (12,7 %-20,0 %) que les patients traités par un produit de comparaison (7,6 %-14,1 %), tandis que les patients traités par Mircera toutes les quatre semaines étaient plus nombreux à avoir besoin d'une hausse de la dose (15,5 %-23,2 %) que les patients traités par un produit de comparaison (11,6 %-15,7 %). Cela veut dire que les schémas posologiques proposés peuvent encore être améliorés.
Études de maintien de l'hémoglobine à des taux stables chez des patients dont l'anémie avait été corrigée par Mircera
Les données issues des périodes de prolongation des deux essais de correction de phase III (BA16736, BA16738) ont aussi été fournies. Mircera a été mis à l'essai pour maintenir l'hémoglobine à des taux stables chez des patients atteints d'IRC dont l'anémie avait été corrigée par Mircera. Les résultats montrent que, comparativement aux autres ASE, Mircera s'est avéré sûr et efficace dans le maintien de taux d'hémoglobine adéquats chez les patients atteints d'IRC dont l'anémie avait été corrigée par Mircera.
3.3.4 Innocuité clinique
Au départ, les études d'innocuité clinique regroupaient les résultats des études de correction et de maintien de phase III (BA16736, BA16738, BA16739, BA16740, BA17283, BA17284) et des études de phase II (BA16260, BA16528, BA16285, BA16286). Les périodes de prolongation de longue durée des études de phase II ont été exclues de la principale analyse de la mortalité. L'exclusion de ces patients a empêché d'établir une comparaison complète des taux de mortalité entre les groupes traités par Mircera et dans les groupes de comparaison.
Les taux de mortalité généraux étaient semblables dans les groupes de patients traités par Mircera et dans les groupes de comparaison (7 % vs 6,1 %, respectivement), mais la fréquence des cas de décès soudain (0,4 % vs 0 %, respectivement) et de choc septique (0,3 % vs 0,0 %) était quelque peu plus élevée avec Mircera. Les groupes traités par Mircera étaient plus nombreux à afficher une élévation des taux d'hémoglobine (≥130 g/L) ainsi que des taux de décès (par suite de ces taux d'hémoglobine plus élevés) que les groupes de comparaison. Les causes de décès étaient les suivantes : effets cardiaques, infections, effets sur le SNC, effets rénaux et décès soudain. Durant les périodes de prolongation de longue durée des études de phase II, où le traitement a été prolongé jusqu'à 127 semaines (sans groupe de comparaison), le taux de décès a été de 14 %.
Les principaux effets indésirables étaient les suivants : hypertension, diarrhée et rhinopharyngite. Les effets indésirables plus fréquemment associés à Mircera qu'aux médicaments de comparaison étaient les suivants : hypotension, hémorragie gastro intestinale et tachycardie. Les effets indésirables liés au traitement ne variaient pas de façon marquée d'un groupe à l'autre, et le pourcentage d'abandons dus à des effets indésirables était de 2,5 % dans les groupes traités par Mircera et de 1,8 % dans les groupes de comparaison.
Les effets indésirables graves plus souvent associés à Mircera qu'aux médicaments de comparaison étaient les suivants : fibrillation auriculaire, infarctus aigu du myocarde, angine instable, hémorragie gastro intestinale et hypotension.
Les patients dialysés étaient légèrement plus nombreux à présenter des effets indésirables que les patients non dialysés, mais aucun différence claire n'est ressortie en fonction du type de dialyse (hémodialyse ou dialyse péritonéale), de la voie d'administration (intraveineuse ou sous cutanée) ni du mode de présentation (flacon ou seringue préremplie). Aucun anticorps anti érythropoïétine ni anti Mircera n'a été détecté. Les patients traités par Mircera ont présenté une plus forte diminution du nombre de plaquettes que ceux traités par un médicament de comparaison, mais les moyennes et les médianes se situaient à l'intérieur de la plage normale de valeurs. Cependant, 5 % des patients traités par Mircera ont présenté une thrombocytopénie marquée, comparativement à seulement 2 % de ceux traités par un médicament de comparaison. Les intervalles QTcR des sujets des groupes traités par Mircera étaient semblables à ceux des groupes de comparaison.
En raison du plan de l'étude, les événements indésirables survenus plus d'une fois chez une même personne ont été comptés seulement une fois. Par conséquent, la fréquence des événements indésirables graves pourrait avoir été réduite, particulièrement en ce qui concerne les affections cardiovasculaires, dont les formes les plus graves sont généralement de courte durée. Les effets de cette classe de médicaments ont été étudiés de près, et ils ont fait l'objet d'une grande attention récemment dans les publications cliniques et dans les décisions réglementaires à l'échelle internationale.
Insuffisance rénale chronique (IRC)
Il est possible que les patients atteints d'IRC non dialysés aient besoin de plus faibles doses de maintien de Mircera que les patients dialysés. Comme ces patients pourraient répondre davantage aux effets de Mircera, il faudrait surveiller attentivement leur pression sanguine et leur taux d'hémoglobine (notamment pour prévenir les réponses hémoglobiniques excessives). La fonction rénale et l'équilibre liquidien et électrolytique devraient aussi être surveillés de près.
Les patients atteints d'IRC qui ont besoin d'une dialyse et qui sont traités par Mircera peuvent présenter une élévation des érythrocytes et une diminution du volume plasmatique, qui réduisent l'efficacité de la dialyse et rendent nécessaire la modification de la prescription dialytique.
Anomalies hématologiques
Durant le traitement par Mircera, on a observé une légère diminution du nombre de plaquettes par rapport à avant le traitement de même qu'une augmentation du nombre de cas de thrombocytopénie : 7,5 % des patients traités par Mircera présentaient des numérations plaquettaires inférieures à 100 x 109/L, comparativement à 4,4 % des patients ayant reçu d'autres ASE.
Immunogénicité
On a fait subir une épreuve de dosage immunoenzymatique sur support solide (ELISA) à 1 789 patients traités par Mircera dans le cadre d'une étude clinique avant le traitement et durant celui ci. Des anticorps ne sont apparus chez aucun des patients.
Cancer
Mircera n'est pas indiqué pour le traitement de l'anémie associée à la chimiothérapie contre le cancer. Un risque accru de décès a été observé dans une étude clinique où d'autres ASE ont été administrés pour élever à 120 g/L l'hémoglobine chez des patients atteints d'une affection maligne active qui ne faisaient pas l'objet d'une chimiothérapie ni d'une radiothérapie. Les ASE ont aussi réduit le taux de survie de patientes atteintes d'un cancer du sein métastatique traitées par chimiothérapie lorsqu'ils étaient administrés pour élever l'hémoglobine à plus de 120 g/L.
3.4 Évaluation des avantages / risques et recommandation
3.4.1 Évaluation des avantages/risques
Six études d'innocuité et d'efficacité de phase III ont porté sur les avantages et les risques du traitement de l'anémie par Mircera chez des patients souffrant d'IRC. Les avantages, chez les patients atteints d'IRC, de l'administration d'agents érythropoïétiques toutes les deux semaines pour corriger l'anémie et toutes les quatre semaines pour maintenir l'hémoglobine à des taux stables sont évidents par rapport à l'administration de doses toutes les semaines ou plusieurs fois par semaine : elle présente moins d'inconvénients pour les patients et réduit la charge de travail dans les établissements médicaux. Par conséquent, si les agents de plus longue durée d'action s'avèrent sûrs et efficaces, ils constitueront un nouveau traitement utile. Compte tenu du fait que les patients atteints d'IRC sont fragiles sur le plan médical, Mircera semble raisonnablement sûr et efficace si la valeur de l'hémoglobine est maintenue entre 100 et 120 g/L.
Des études approfondies et une surveillance postcommercialisation rigoureuse seront nécessaires pour déterminer si l'utilisation à long terme appuie les conclusions ci dessous. À la lumière de l'information figurant dans les études soumises, une autorisation de mise en marché portant sur Mircera est accordée pour la correction de l'anémie et le maintien de taux stables d'hémoglobine chez des patients adultes souffrant d'IRC (pourvu que le taux d'hémoglobine visé ne dépasse pas 120 g/L et que le traitement d'entretien soit administré toutes les quatre semaines).
En conclusion, il semble que les avantages associés au traitement de l'anémie par Mircera chez les patients souffrant d'IRC l'emportent sur les risques. Des restrictions visant à réduire les risques associés à ce médicament ont été intégrées dans l'indication, dans l'étiquetage et dans la monographie de produit.
3.4.2 Recommandation
Conformément à son examen des données sur la qualité, l'innocuité et l'efficacité du produit, Santé Canada juge que le rapport entre les avantages et les risques de Mircera est favorable au traitement de l'anémie associée à l'insuffisance rénale chronique (IRC). Cette indication se fonde sur des données concernant la correction de l'anémie et le maintien de taux stables d'hémoglobine chez des patients souffrant d'IRC non précédemment traités par des agents stimulant l'érythropoïèse (ASE), dialysés et non dialysés, ainsi que des données sur le maintien de taux stables d'hémoglobine (taux d'hémoglobine maximum de 120 g/L) chez des patients dialysés précédemment traités par d'autres ASE. La présentation de drogue nouvelle répond aux exigences des articles C.08.002 et C.08.005.1. Par conséquent, Santé Canada a émis l'Avis de conformité prévu par l'article C.08.004 du Règlement sur les aliments et drogues.
4 Étapes importantes de la présentation
Étapes importantes de la présentation: MirceraMC
| Étape importante de la présentation | Date |
|---|---|
| Réunion préalable à la présentation : | 2006-03-10 |
| Dépôt de la présentation : | 2006-06-08 |
| Examen préliminaire 1 : | |
| Lettre d'acceptation à l'issue de l'examen préliminaire | 2006-08-02 |
| Examen 1 : | |
| Évaluation de la qualité terminée | 2007-02-15 |
| Délivrance de l'ADI par le directeur général (problèmes d'innocuité et d'efficacité) | 2007-02-15 |
| Réponse déposée : | 2007-05-17 |
| Examen préliminaire 2 : | |
| Lettre d'acceptation à l'issue de l'examen préliminaire | 2007-06-29 |
| Examen 2 : | |
| Évaluation sur les lieux | 2007-09-17 |
| Évaluation de la qualité terminée | 2008-03-28 |
| Évaluation clinique terminée | 2008-03-25 |
| Évaluation de l'étiquetage terminée | 2008-03-06 |
| Délivrance de l'AC par le directeur général | 2008-03-31 |