Sommaire des motifs de décision portant sur Mozobil ™
Décisions d'examen
Le sommaire des motifs de décision explique les raisons pour lesquelles un produit a reçu une autorisation de vente au Canada. Le document comprend les considérations portant sur la réglementation, l’innocuité, l’efficacité et la qualité (sur le plan de la chimie et de la fabrication).
Type de produit:
- Ce document est une traduction française du document anglais approuvé.
MozobilMC
Plerixafor, 20 mg/mL, Solution, Sous-cutanée
Genzyme Canada Inc.
No de contrôle de la présentation : 142638
Émis le : 2012-04-26
Avant-propos
Le Sommaire des motifs de décision (SMD) de Santé Canada expose les motifs d'ordre scientifique et réglementaire sur lesquels reposent les décisions de Santé Canada concernant la réglementation des médicaments et des instruments médicaux. Les SMD sont rédigés en langage technique à l'intention des personnes et groupes intéressés aux décisions de Santé Canada portant sur un produit donné et sont le reflet des observations consignées dans les rapports d'évaluation. À ce titre, les SMD servent à compléter et non à répéter l'information contenue dans la monographie de produit.
Nous invitons les lecteurs à consulter le « Guide du lecteur sur le Sommaire des motifs de décision - Médicaments au sujet de l'interprétation des termes et des acronymes utilisés ici. Ils trouveront également dans ce guide un aperçu du processus d'examen des présentations de drogue dans le feuillet intitulé « Comment les médicaments sont examinés au Canada », qui décrit les facteurs pris en considération par Santé Canada au cours du processus d'examen et d'autorisation d'une présentation de drogue. Les lecteurs devraient aussi consulter le document intitulé « Initiative du sommaire des motifs de décision - Foire aux questions ».
Le SMD correspond à l'information dont disposent les autorités de réglementation de Santé Canada au moment de prendre une décision. Les présentations subséquentes examinées à d'autres fins ne sont pas incluses dans la Phase I de la stratégie de mise en oeuvre des SMD. Pour obtenir de l'information à jour sur un produit en particulier, les lecteurs sont priés de consulter la monographie la plus récente de ce produit. Santé Canada fournit également l'information au sujet mises en garde diffusées après la commercialisation ou d'avis émis à la suite d'effets indésirables (EI).
Pour de plus amples renseignements sur un produit en particulier, les lecteurs peuvent également se rendre sur les sites Web des organismes de réglementation d'autres pays. L'information reçue à l'appui d'une présentation de drogue au Canada peut cependant ne pas être identique à celle reçue par d'autres gouvernements.
Autres politiques et lignes directrices
Les lecteurs sont invités à consulter le site Web de Santé Canada, où ils trouveront d'autres politiques et lignes directrices au sujet des médicaments, notamment le document intitulé «Gestion des présentations de drogues ».
1 Information sur le produit et la présentation
Marque nominative :
Fabricant/promoteur :
Ingrédient médicinal :
Dénomination commune internationale :
Concentration :
Forme posologique :
Voie d'administration :
Identification numérique de drogue (DIN) :
- 02377225
Classe pharmaco-thérapeutique (classe ATC) :
Ingrédients non médicinaux :
Type et numéro de présentation :
Date de la présentation :
Date de l'autorisation :
2 Avis de décision
Le 8 décembre 2011, Santé Canada a émis à l'intention de Genzyme Canada Inc., un avis de conformité du produit pharmaceutique Mozobil.
Mozobil contient l'ingrédient médicinal plerixafor, qui est un agent hématopoïétique. Les cellules souches sanguines sont « ancrées » à une protéine présente dans le microenvironnement de la moelle osseuse par l'intermédiaire d'un récepteur présent à leur surface. Le plerixafor bloque ce récepteur qui intervient dans l'« ancrage » des cellules souches sanguines à l'intérieur de la moelle osseuse. Il augmente ainsi la libération de cellules souches dans la circulation sanguine, ce qui permet de les recueillir à l'aide d'un appareil d'aphérèse, puis de les congeler et de les conserver jusqu'au moment d'une transplantation.
Mozobil est indiqué en association avec le facteur de stimulation des colonies de granulocytes (G-CSF) afin de mobiliser les cellules souches hématopoïétiques dans le sang périphérique. Elles sont ensuite prélevées puis transplantées de façon autologue chez les patients atteints d'un lymphome non hodgkinien (LNH) et d'un myélome multiple. Certains patients atteints d'un LNH et d'un myélome multiple arrivent à respecter le critère minimal et le critère cible pour le prélèvement des cellules souches hématopoïétiques uniquement avec le G-CSF. Mozobil devrait seulement être administré sous la supervision d'un professionnel de la santé qualifié qui possède de l'expérience en oncologie ou en hématologie ainsi que dans la prise en charge de patients atteints de cancer qui font l'objet d'une mobilisation des cellules souches hématopoïétiques dans le sang périphérique.
L'autorisation de commercialisation s'appuie sur les données qualitatives, non cliniques et cliniques qui ont été présentées. L'efficacité et l'innocuité de Mozobil administré en association avec le G-CSF chez les patients atteints d'un LNH et d'un myélome multiple ont été évaluées dans le cadre de deux études multicentriques, à répartition aléatoire, à double insu, contrôlées par placebo et menées en parallèle (études 1 et 2). Dans l'étude 1, on a pu prélever chez 59 % des patients atteints d'un LNH qui ont fait l'objet d'un traitement de mobilisation à l'aide de Mozobil et du G-CSF ≥ 5 x 106 cellules CD34+/kg dans le sang périphérique à la suite de quatre ou cinq séances d'aphérèse, comparativement à un taux de 20 % pour les patients traités avec un placebo et le G-CSF. Dans l'étude 2, on a pu prélever chez 72 % des patients atteints d'un myélome multiple qui ont fait l'objet d'un traitement de mobilisation à l'aide de Mozobil et du G-CSF ≥ 6 x 106 cellules CD34+/kg dans le sang périphérique à la suite de deux séances d'aphérèse ou moins, comparativement à un taux de 34 % pour les patients traités avec un placebo et le G-CSF. Les autres résultats pour la mobilisation des cellules CD34+ étaient similaires dans les deux études.
Mozobil (plerixafor à 20 mg/mL) est offert sous forme de solution. Le traitement par Mozobil commence après que le patient a reçu le G-CSF une fois par jour pendant quatre jours. La dose recommandée de Mozobil est de 0,24 mg/kg de poids corporel par voie sous-cutanée. Les recommandations concernant la posologie sont énoncées dans la monographie de produit.
Mozobil est contre-indiqué chez les patients qui présentent une hypersensibilité au produit, à un ingrédient de la formulation ou à un composant du contenant. Mozobil devrait être administré selon les conditions décrites dans la monographie de produit, en tenant compte des risques potentiels associés à l'administration de ce produit pharmaceutique. Les conditions détaillées relatives à l'usage de Mozobil sont décrites dans la monographie de produit.
Conformément à son examen des données portant sur la qualité, l'innocuité et l'efficacité du produit, Santé Canada juge que le rapport entre les avantages et les risques de Mozobil est favorable pour les indications ci-dessus.
3 Motifs d'ordre scientifique et réglementaire
3.1 Motifs d'ordre qualitatif
3.1.1 Substance médicamenteuse (ingrédient médicinal)
Renseignements généraux
Le plerixafor, l'ingrédient médicinal contenu dans le Mozobil, est un agent hématopoïétique. Le plerixafor est un groupement de bicyclam qui se lie avec haute affinité au récepteur humain CXCR4 et qui interrompt les interactions avec son ligand apparenté SDF 1-alpha (CXCL12). L'interruption de l'interaction des CXCR4/SDF 1-alpha entraîne la mobilisation des cellules souches hématopoïétiques (CSH) CD34+ dans le sang périphérique, où elles peuvent être prélevées pour une greffe de CSH.
Procédé de fabrication et contrôles en cours de fabrication
Le plerixafor est fabriqué par une synthèse en plusieurs étapes. Chaque étape du procédé de fabrication est considérée comme contrôlée à l'intérieur de limites acceptables :
- Le promoteur a fourni de l'information sur la qualité et les contrôles pour toutes les matières qui entrent dans la fabrication de la substance médicamenteuse.
- Les spécifications de la substance médicamenteuse ont été jugées satisfaisantes. Les valeurs limites quant aux impuretés sont conformes aux exigences de l'International Conference on Harmonisation (l'ICH).
- Les étapes de traitement ont été évaluées, et des intervalles appropriés ont été établis relativement aux paramètres des procédés.
Caractérisation
La structure du plerixafor a été adéquatement élucidée, et les spectres représentatifs ont été fournis. Les propriétés physiques et chimiques ont été décrites et sont jugées satisfaisantes.
Les impuretés et les produits de dégradation découlant de la fabrication ou de l'entreposage ont été signalés et caractérisés. Ces produits étaient conformes aux limites établies par l'ICH ou ont été qualifiés au moyen d'études toxicologiques; ils sont donc considérés comme acceptables.
Contrôle de la substance médicamenteuse
Des copies des méthodes d'analyse et, le cas échéant, les rapports de validation ont été présentés et sont jugés satisfaisants pour toutes les méthodes qui ont servi à l'analyse du produit fini ainsi qu'aux essais de stabilité portant sur le plerixafor.
L'emballage de la substance médicamenteuse est jugé acceptable.
Stabilité
À la lumière des données sur la stabilité présentées, fondées sur des essais accélérés, de longue durée et en temps réel, la période de contre-essai proposée pour la substance médicamenteuse était bien étayée et est jugée satisfaisante.
3.1.2 Produit pharmaceutique
Description et composition
Le Mozobil (plerixafor) est présenté sous forme de solution isotonique stérile, sans agent de conservation, limpide, allant d'incolore à jaune pâle, à pH neutre, contenue dans une fiole de verre transparent (type I) de 2,0 mL à usage unique, scellée par un bouchon de caoutchouc et une capsule d'aluminium, et dotée d'un capuchon amovible en plastique.
Chaque fiole de 2,0 mL est remplie de façon à contenir 1,2 mL de solution à 20 mg/mL, ce qui représente 24,0 mg de plerixafor. Chaque 1,2 mL de solution contient 5,9 mg de chlorure de sodium dans une eau stérile pour injection, ajustée à un pH allant de 6,0 à 7,5, mélangée au besoin à de l'acide chlorhydrique et à de l'hydroxyde de sodium.
Tous les ingrédients non médicinaux (excipients) présents dans le produit pharmaceutique sont autorisés par le Règlement sur les aliments et drogues.
Élaboration du produit pharmaceutique
Les modifications apportées au procédé de fabrication et à la formulation tout au long de l'élaboration du produit pharmaceutique ont été examinées et sont jugées acceptables.
Procédé de fabrication et contrôles en cours de fabrication
La méthode de fabrication est jugée acceptable, et le procédé est considéré comme dûment contrôlé à l'intérieur des limites justifiées.
Contrôle du produit pharmaceutique
Le Mozobil a été soumis à des tests visant à en vérifier l'identité, l'apparence, l'activité, le pH, le volume de remplissage, les matières particulaires, la stérilité, l'osmolalité, les produits de dégradation, les impuretés liées aux médicaments et les endotoxines bactériennes; les résultats étaient conformes aux critères d'acceptation. Les spécifications des tests et les méthodes d'analyse sont jugées acceptables; la durée de conservation ainsi que les limites de libération des produits de dégradation, pris séparément ou globalement, se situent à l'intérieur des limites.
Les résultats des analyses finales de lots ont été examinés et sont jugés conformes aux spécifications du produit pharmaceutique.
Stabilité
À la lumière des données sur la stabilité présentées, fondées sur des essais en temps réel, de longue durée et accélérés, la durée de conservation proposée pour le Mozobil de 36 mois, entre 15 et 30 °C, est considérée comme acceptable lorsqu'il est emballé selon le système récipient-fermeture proposé.
3.1.3 Installations et équipement
L'aménagement, le fonctionnement et les mécanismes de contrôle des installations et de l'équipement servant à la production du Mozobil sont jugés acceptables pour les activités et les produits fabriqués.
3.1.4 Évaluation de l'innocuité des agents adventices
Sans objet. Les excipients utilisés dans la formulation du produit pharmaceutique ne sont pas d'origine animale ni humaine.
3.1.5 Conclusion
L'information soumise sur les caractéristiques chimiques et la fabrication du Mozobil montre que la substance médicamenteuse et le produit pharmaceutique peuvent être fabriqués de façon à répondre systématiquement aux spécifications approuvées. Des études appropriées sur l'élaboration et la validation ont été menées, et des contrôles adéquats sont en place pour la commercialisation.
3.2 Motifs non cliniques de la décision
3.2.1 Pharmacodynamique
Un certain nombre d'études ont été menées par le promoteur pour déterminer la spécificité du plerixafor en liaison avec les CXCR4 (fusin) et en concurrence avec son ligand, le facteur stromal dérivé 1-alpha (SDF 1-alpha ou CXCL12). Comme il existe de nombreux récepteurs de la chimiokine dont les fonctions se chevauchent et les partenaires se lient, il n'était donc pas possible d'exclure la liaison du plerixafor avec tous les récepteurs connexes. Des études de liaison concernant le I-ligand125 ont démontré que le plerixafor se lie au CXCR4, mais qu'il n'interagit pas avec les autres récepteurs de la chimiokine étudiés dans les tests. Des études fonctionnelles ont démontré que le plerixafor pouvait inhiber l'influx de calcium (médié par le SDF 1-alpha) uniquement en cellules d'expression du CXCR4, mais pas en cellules d'expression d'autres récepteurs de la chimiokine. Il est ressorti des observations initiales que le plerixafor possédait un degré élevé de spécificité pour le CXCR4 et qu'il était un puissant inhibiteur de la fonction du SDF 1-alpha.
La capacité du plerixafor à mobiliser les cellules souches CD34+ in vivo a été évaluée chez les chiens. Des augmentations de deux à quatre fois plus élevées des concentrations de CD34+ dans le sang périphérique ont été observées au cours des six à huit heures suivant une dose sous-cutanée unique de 4 mg/kg. Chez les chiens, les cellules CD34+ se sont mobilisées avec succès chez un modèle canin qui a subi une autogreffe de cellules souches. Une deuxième étude effectuée chez des chiens a démontré que les cellules souches mobilisées par le plerixafor pouvaient être utilisées lors d'allogreffes.
Il est possible que le plerixafor mobilise également les cellules cancéreuses présentes dans le sang périphérique, qui pourraient contaminer le produit de l'aphérèse. Aucune étude n'a été effectuée sur des animaux pour vérifier cette hypothèse, et les effets potentiels de cette possibilité sur l'efficacité à long terme du plerixafor n'ont pas été entièrement établis.
La synergie entre le facteur de stimulation des colonies de granulocytes (G-CSF) et le plerixafor dans la mobilisation des cellules progénitrices CD34+ à partir de la moelle osseuse jusqu'au sang a été déterminée chez des souris. Le plerixafor s'est avéré un mobilisateur des cellules progénitrices hématopoïétiques (CPH) chez les souris lorsqu'il est administré par voie sous-cutanée (SC). Chez les souris, le plerixafor a pu mobiliser les CPH, lesquelles ne sont pas bien mobilisées par le G-CSF. Le plerixafor s'est montré capable d'augmenter la mobilisation produite par le G-CSF chez les souris DBA/2, C57Bl6 et C3H/HEJ. L'augmentation de la mobilisation des cellules souches unipotentes, lignée granulocyto-monocytaire (CFU-GM), avec le G-CSF et le plerixafor par rapport au G-CSF seul était respectivement de 5,5, de 15,4 et de 6,4 fois plus élevée. Une prise de greffe à long terme dans la moelle osseuse par les cellules souches hématopoïétiques (CSH) mobilisées à l'aide du plerixafor et du G-CSF a été démontrée à la suite d'une greffe principale chez des souris congéniques. Une greffe secondaire a ensuite révélé les propriétés d'auto-renouvellement des CSH mobilisées.
Le programme d'innocuité pharmacologique comprenait des tests in vitro et in vivo. À une concentration de 5 μg/mL, le plerixafor présentait une affinité de liaison modérée à élevée avec un certain nombre de récepteurs différents situés principalement sur les terminaisons nerveuses présynaptiques du système nerveux central ou périphérique. Aucun effet du plerixafor ne s'est manifesté sur le canal potassique du gène humain apparenté au gène éther-à-go-go (hERG). Des effets sur le système cardiovasculaire ont été observés chez des rats anesthésiés et des chiens conscients, avec des doses plus élevées de plerixafor administrées par voie intraveineuse (IV). Ces effets comprenaient une chute importante de la pression artérielle moyenne, de la fréquence cardiaque et de la contractilité du myocarde, suivie par la mort, chez les rats, 2 à 5 minutes après la fin de l'infusion, et par une augmentation de la fréquence cardiaque chez les chiens. Aucun effet n'a été constaté dans les tracés des électrocardiogrammes (ECG) chez les chiens. Les effets de l'administration par voie SC de plerixafor sur le système cardiovasculaire des rats comprenaient une diminution de la pression artérielle moyenne, de la fréquence cardiaque et du débit cardiaque. De plus, une inspection visuelle du tracé de l'ECG a démontré que l'onde P est devenue soit plate, soit négative ou indétectable chez les rats.
Une batterie de tests d'observation fonctionnels a été effectuée chez les souris et les rats après une seule administration par voie SC. Les effets observés comprenaient des signes quasi dépressifs du système nerveux central (SNC) en l'absence de stimulation et des effets quasi stimulants du SNC en présence de stimulation. Ces effets ont été constatés peu après l'administration, mais après 24 heures, les animaux étaient généralement redevenus normaux à ces doses.
3.2.2 Pharmacocinétique
Absorption
À la suite d'une administration par voie SC de doses uniques de plerixafor radiomarqué chez les rats, les concentrations plasmatiques maximales de radioactivité ont été atteintes environ une heure après l'injection. Au début, les concentrations plasmatiques ont diminué rapidement, avec une demi-vie moyenne de distribution de 1,1 ± 0,1 heure. Elles ont ensuite diminué lentement, la demi-vie moyenne d'élimination terminale étant de 57 ± 9 heures. D'après des comparaisons avec de précédentes injections par voie IV, l'absorption du médicament a été estimée à environ 85 %. À la suite de l'administration par voie SC, les paramètres pharmacocinétiques (PC) étaient constants à la fois chez les souris, les rats et les chiens, alors que la demi-vie (première phase d'élimination) était respectivement de 0,75, de 0,6 à 1,16 et de 1,58 heure.
La concentration plasmatique maximale chez les rats a été atteinte 0,5 heure après l'administration des doses uniques et multiples par voie SC. L'étude des doses multiples a démontré que l'exposition systémique [surface sous la courbe (SSC)] au plerixafor a augmenté avec le temps, jusqu'au septième jours, et que les tissus ont absorbé une quantité importante du médicament jusqu'à 168 heures après l'administration de la dernière dose.
Distribution
Des études menées chez les rats avec du plerixafor radiomarqué ont révélé que les plus hauts niveaux de radioactivité ont été détectés dans les reins, au point d'injection, dans le foie, le cartilage et la rate (pulpe rouge). Des images d'une autoradiographie du corps entier ont dévoilé que le plerixafor avait la capacité de traverser la barrière hémato-encéphalique (distribution limitée), ce qui pourrait expliquer les effets reliés au SNC chez les animaux et les humains.
Métabolisme
Les enzymes du cytochrome P450 (CYP) ne métabolisent que très peu, voire pas, le plerixafor. Le médicament administré pendant l'étude n'a relativement pas changé à la suite de l'incubation avec des microsomes de souris, de rat, de chien ou d'humain. De plus, lorsqu'il était comparé aux inhibiteurs de contrôle positifs connus, le plerixafor n'a pas été en mesure d'inhiber le métabolisme de substrats des enzymes CYP3A4, CYP2D6, CYP2B6, CYP2C8, CYP2A6, CYP2E1, CYP2C9, CYP2C10 ou CYP1A2. Des expériences supplémentaires ont démontré que le plerixafor n'a pas non plus produit l'expression de l'acide ribonucléique messager (ARNm) des enzymes CYP2B6 et CYP1A2.
Élimination
Le plerixafor a été éliminé principalement par les reins. Environ les deux tiers d'une dose unique radioactive de plerixafor était éliminée dans l'urine entre 144 et 168 heures après l'administration. La majorité était éliminée au cours des 24 premières heures, tandis qu'une élimination plus graduelle a été observée dans les selles, qui représente moins de 10 % de la dose administrée.
3.2.3 Toxicologie
Le programme général des types d'études effectuées pour le plerixafor concernant la toxicologie générale aiguë et à dose répétée, la toxicologie génétique et reproductive ainsi que les propriétés irritantes a été jugé approprié pour étayer la voie thérapeutique proposée et la durée de l'administration chez les humains. Conforme aux directives réglementaires sur les médicaments destinés à être administrés cliniquement pendant un maximum de deux semaines, la durée des études sur la toxicité à dose répétée était de quatre semaines chez les rongeurs et les non-rongeurs. Si la durée de l'administration clinique devait augmenter, les exigences relatives à une administration prolongée qui appuient des études d'innocuité non cliniques devraient être revisitées.
Toxicité à dose unique
En général, la toxicité aiguë s'est révélée semblable chez les rats et les souris. Une dose unique de 5 ou de 8 mg/kg administrée par voie IV s'est avérée létale, et une dose de 2 mg/kg a entraîné une sédation transitoire. Après une administration par voie SC, des doses ≥ 40 mg/kg et ≥ 14 mg/kg se sont révélées létales, respectivement chez les rats et les souris. On a administré par voie SC des doses de 1, 2, 4, 6, 8 et 12 mg/kg à des cochons. Une dose de 12 mg/kg a entraîné une mort rapide (20 min.après la dose – cause non déterminée), tandis qu'avec une dose de 8 mg/kg, on a observé le cochon en position étendue sur le côté pendant une à trois heures, puis en position normale par la suite. Les doses ne dépassant pas 6 mg/kg étaient bien tolérées. À de telles doses, les signes cliniques qui se sont manifestés comprenaient l'adoption d'une position couchée sur le côté chez les souris, les rats et les cochons; une sédation, l'adoption d'une position couchée sur le ventre ou le côté, une dyspnée, des mouvements non coordonnés, des spasmes et une ondulation de la fourrure ont également été observés chez les souris et les rats.
Toxicité à dose répétée
À des doses non létales, l'administration quotidienne par voie SC de plerixafor a été associée à des signes cliniques gastrointestinaux (GI) chez les chiens (diarrhée, vomissements, augmentation des selles) et à des signes neurologiques chez les chiens et les rats (sédation, tremblements, spasmes, secousses musculaires, adoption d'une position couchée, ataxie et mydriase). Quelques diminutions mineures du gain de poids corporel et de la consommation alimentaire ont également été observées. Chez les rats et les chiens, une augmentation de la leucocytémie (principalement en raison des neutrophiles), une diminution du magnésium sérique ainsi qu'une augmentation du calcium ou du magnésium dans l'urine ont été observées. Une augmentation de l'hématopoïèse extramédullaire est également survenue dans le foie des rats et des chiens, et dans la rate des rats seulement. L'hématopoïèse extramédullaire a été considérée comme liée au mécanisme d'action. De plus, une atrophie lymphoïde dans le thymus des rats a été observée à des doses élevées. À de plus fortes doses, des réactions au point d'injection (inflammation et hémorragie sous-cutanée) ont également été constatées chez les rats.
Une seule étude a évalué les effets du plerixafor sur les os des rats. À des concentrations de 11,4 mg/kg et de 15,2 mg/kg, des réductions proportionnelles à la dose ont été observées dans la masse osseuse, le volume des os et la radio-opacité osseuse, mais aucun effet sur la croissance longitudinale n'a été constaté. Un examen histologique n'a révélé aucune anormalité dans le cartilage de conjugaison, l'os spongieux primaire ou secondaire, ou la corticale. Aucune étude n'a constaté des effets sur l'histopathologie des os, et il a été suggéré que, dans la présente étude, les effets sur la masse osseuse, le volume des os et la radio-opacité osseuse étaient liés à la réduction de la consommation alimentaire et à une faible diminution du gain de poids corporel. Toutefois, le plerixafor chélate le calcium et on ne peut écarter un effet de perte de calcium provoquée par le plerixafor dans ce processus.
En résumé, les doses sans effet nocif observé (DSENO) au cours des études clés de quatre semaines étaient de 0,6 à 1,2 mg/kg/jour chez les rats et de 0,25 à 0,30 mg/kg/jour chez les chiens. Ces DSENO sont du même ordre de grandeur que la dose clinique (0,24 mg/kg). Les expositions (SSC) à ces doses représentaient de 0,1 à 5 fois l'exposition clinique. Après de multiples doses cliniques, certains effets relatifs à une pharmacothérapie prolongée ont été observés (augmentation de la leucocytémie, augmentation de l'hématopoïèse extramédullaire dans le foie et la rate et augmentation du poids de la rate chez les rats), de même que des effets sur les électrolytes (diminution des concentrations sériques ou augmentation de l'élimination de calcium et de magnésium dans l'urine). La diarrhée et une hausse de la fréquence cardiaque ont été observées chez les chiens à une dose égale ou supérieure à 1 mg/kg. Il n'y a eu aucun effet sur les intervalles à l'ECG (ajusté en fonction de la fréquence cardiaque) ou la morphologie. La dose maximale tolérée (DMT) était de 7,6 à 24 mg/kg/jour chez les rats et de 4 à 8 mg/kg/jour chez les chiens. À la DMT, les expositions (SSC) représentaient de 7 à 18 fois l'exposition clinique. La nature de ces constatations et des marges à la DMT est suffisante pour appuyer les expositions des humains à la dose maximale recommandée et au schéma posologique.
Génotoxicité
Il a été déterminé que le plerixafor n'était pas mutagène lors du test bactériologique d'Ames ni clastogène lors du test d'aberration chromosomique, tests effectués sur des cellules V79 de hamster de Chine en présence ou en l'absence de mélange S9 de foie de rat. Une administration par voie sous-cutanée de plerixafor jusqu'à 25 mg/kg n'a pas produit de toxicité dans la moelle osseuse ni de formation de micronoyaux.
Cancérogénicité
Aucune étude concernant la cancérogénicité du plerixafor n'a été effectuée. Les études sur la cancérogénicité s'avèrent inutiles en raison de la durée de l'administration des doses et de l'indication.
Toxicité pour la reproduction et le développement
Chez les rats et les lapins, des toxicités embryofœtales et des toxicités maternelles ont été constatées. Le plerixafor a entraîné une embryotoxicité proportionnelle à la dose (augmentation de la résorption fœtale et des pertes post-implantatoires chez les rats et les lapins, diminution du poids des fœtus chez les rats et diminution de la taille des portées chez les lapins), ainsi qu'une toxicité fœtale (malformations ou variations externes, viscérales et de la tête chez les rats et malformations externes chez les lapins). Les effets reposent probablement sur un mécanisme, car le ligand de chimiokine 12 CXC [CXCL12; facteur stromal dérivé 1 (SDF-1)] émet des signaux par son récepteur apparenté CXCR4 et joue un rôle essentiel non seulement dans l'hématopoïèse mais aussi dans l'organogenèse. Chez la rate, les toxicités maternelles comprenaient des déficits dans la prise de poids ajustée durant la gestation et une diminution de la consommation d'aliments, et chez le lapin, elles comportaient une mortalité, une perte de poids corporel, une diminution de la consommation alimentaire et des signes cliniques.
Tolérance locale
Lors d'études concernant la tolérance locale, la formulation clinique s'est révélée légèrement irritante chez les lapins. Des études à dose répétée ont démontré que les changements histopathologiques chez les animaux au point d'injection SC à des DSENO (ou légèrement plus élevées que les doses cliniques) étaient semblables aux contrôles des excipients.
3.2.4 Résumé et conclusion
Les études non cliniques de pharmacologie et de toxicologie de la présentation de ce médicament sont considérées comme acceptables. Les données pharmacodynamiques non cliniques confirment le rôle important du plerixafor dans la mobilisation des cellules CD34+ en s'opposant aux interactions des CXCR4 et des SDF 1-alpha. Le programme et les résultats généraux des études effectuées pour le plerixafor concernant la toxicologie générale aiguë et à dose répétée, la toxicologie génétique et reproductive ainsi que les propriétés irritantes ont été jugés appropriés pour étayer la voie thérapeutique proposée et la durée de l'administration chez les humains.
3.3 Motifs cliniques de la décision
3.3.1 Pharmacodynamique
Les effets qu'a le plerixafor sur la mobilisation des CD34+ ont été observés chez des sujets en santé et des patients cancéreux.
Chez les sujets en santé, l'administration d'une dose unique de plerixafor (0,04 à 0,24 mg/kg) sans G-CSF a entraîné des augmentations proportionnelles à la dose du dénombrement de base des cellules CD34+ dans le sang périphérique, tandis que la réponse à la dose de 0,32 mg/kg était semblable à celle observée avec la dose de 0,16 mg/kg. Chez les sujets en santé, la réponse pharmacodynamique au plerixafor à raison de 0,24 mg/kg (sans G-CSF) est survenue entre 6 et 10 heures après l'administration de la dose. L'augmentation moyenne à son sommet était 15,8 fois plus élevée que le niveau de base.
Chez les sujets en santé, l'administration du plerixafor (0,24 mg/kg) avec le G-CSF a provoqué une élévation soutenue du dénombrement des cellules CD34+ dans le sang périphérique dans un délai de 4 à 18 heures, la réponse étant à son apogée entre 10 et 14 heures après l'administration. L'administration d'une dose plus faible de plerixafor (0.16 mg/kg) avec le G-CSF a entraîné un pic plus élevé du dénombrement des cellules CD34+ dans le sang périphérique, comparativement au traitement uniquement avec le plerixafor (0.16 mg/kg) ou uniquement avec le G-CSF. Au quatrième jour de traitement avec le G-CSF seul, les résultats de cette étude montrent une augmentation de 3,8 par rapport au niveau de base, comparativement à une augementation de 3,2 et de 1,2 respectivement.
En combinaison avec le G-CSF, les patients atteints de myélome multiple (MM) manifestaient généralement des réponses plus élevées que ceux souffrant d'un lymphome non hodgkinien (LNH) dans la mobilisation des cellules CD34+. Dans le groupe atteint de LNH, les patients affichant les concentrations de base les plus élevées du dénombrement des cellules CD34+ dans le sang périphérique répondaient mieux que ceux qui présentaient un dénombrement de base plus faible de cellules CD34+ dans le sang périphérique. Après la première injection, le plerixafor a fait augmenter le dénombrement des cellules CD34+ dans le sang périphérique de trois à six fois par rapport à la concentration précédant l'administration de plerixafor, ce qui était semblable à l'augmentation de trois à quatre fois observée chez les sujets en santé.
Cumulativement, les études pharmacodynamiques chez des sujets en santé ont révélé qu'une dose de 0,24 mg/kg de plerixafor suscitait une réponse à son apogée plus élevée et plus tard que la dose de 0,16 mg/kg. L'augmentation des cellules CD34+ dans le sang périphérique causée par le plerixafor après quatre jours de prétraitement au G-CSF était plus élevée qu'avec le plerixafor ou le G-CSF employés seuls. Chez des sujets en santé, lorsque des doses de 0,16 mg/kg et de 0,24 mg/kg de plerixafor étaient ajoutées au schéma posologique du G-CSF, l'importance de l'augmentation des cellules CD34+ dans le sang périphérique était semblable. Chez les patients atteints de MM et de LNH, la dose de 0,24 mg/kg avec le G-CSF a suscité une réponse plus importante (augmentation plus élevée dans les productions d'aphérèse) que la dose de 0,16 mg/kg avec le G-CSF. D'après les données ci-dessus et compte tenu de la différence des taux de réponse chez les patients atteints de MM et de LNH, la dose recommandée de Mozobil (injection de plerixafor) est de 0,24 mg/kg de poids corporel en injection SC.
3.3.2 Pharmacocinétique
Absorption
Le plerixafor a été rapidement absorbé à la suite de l'injection SC. Les concentrations plasmatiques maximales ont été atteintes après environ 30 à 60 minutes.
Distribution
Le volume apparent de la distribution du plerixafor chez les humains est de 0,3 L/kg, ce qui semble indiquer que le plerixafor est confiné principalement, mais non exclusivement, à la région du liquide extravasculaire.
Le plerixafor était modérément lié aux protéines plasmatiques de l'humain, jusqu'à 58 %.
Métabolisme
Le plerixafor n'a pas été métabolisé in vitro à l'aide de microsomes du foie humain ou d'hépatocytes primaires humains, et il n'a pas présenté d'activité inhibitrice in vitro à l'égard des principales enzymes CYP450 métabolisant le médicament (1A2, 2A6, 2B6, 2C8, 2C9, 2C19, 2D6, 2E1 et 3A4/5). Lors des études in vitro menées à l'aide d'hépatocytes humains, le plerixafor n'a pas produit d'enzymes CYP1A2, CYP2B6 et CYP3A4. Ces constatations donnent à penser que le plerixafor a un faible potentiel de participation aux interactions médicament-médicament liées au P450.
Élimination
L'excrétion rénale était la principale voie d'élimination. Après l'administration d'une dose de 0,24 mg/kg à des sujets en santé dont l'activité fonctionnelle rénale était normale, environ 70 % de cette dose était éliminée dans l'urine en tant que médicament mère au cours des 24 premières heures. La demi-vie terminale moyenne dans le plasma était de 4,6 heures.
Populations et conditions particulières
Insuffisance rénale
Une insuffisance rénale n'a pas eu d'effet sur les concentrations plasmatiques maximales de plerixafor (Cmax), mais elle a augmenté l'exposition, en raison de la clairance insuffisante chez les patients atteints de différents degrés d'insuffisance rénale.
Une analyse pharmacocinétique en population a simulé l'effet de la clairance de la créatinine (ClCr), telle qu'elle est déterminée dans la formule de Cockcroft-Gault, sur la clairance du plasma par le plerixafor. Ces résultats appuient une réduction de la dose à 0,16 mg/kg chez les patients ayant une ClCr de 20 à 50 mL/min afin de réduire l'exposition plus grande chez ces patients, en comparaison de ceux dont la ClCr est > 50 mL/min et qui reçoivent une dose de 0,24 mg/kg de Mozobil. Les données cliniques sont insuffisantes pour établir des recommandations de dosage pour les patients dont la clairance de créatinine est < 20 mL/min ou pour les patients dialysés. L'accumulation de plerixafor dans les tissus des patients présentant une insuffisance rénale n'a pas été étudiée.
Insuffisance hépatique
Aucune étude n'a été menée auprès de patients atteints d'insuffisance hépatique. Plerixafor n'est pas métabolisé par le foie, et il n'existe aucune recommandation pour un ajustement de la dose.
Pédiatrie
L'innocuité et l'efficacité du Mozobil n'ont pas été établies chez des patients en pédiatrie lors d'études cliniques contrôlées. Toutefois, environ 20 patients âgés de 8 à 18 ans ont été traités dans le cadre de programmes d'utilisation à titre humanitaire. Étant donné que certaines formes de lymphome non hodgkinien (LNH) surviennent chez les enfants, une étude pédiatrique est en cours.
Femmes enceintes
La prise de Mozobil n'est pas recommandée pendant une grossesse en raison du mécanisme d'action du médicament et des résultats obtenus lors d'études sur la toxicologie reproductive. Comme le CXCR4 joue un rôle essentiel dans le développement du fœtus et que le plerixafor est un antagoniste sélectif du CXCR4, l'admnistration du Mozobil pendant la grossesse pourrait causer des malformations congénitales. Les études chez les animaux ont montré des possibilités de tératogénicité. Aucune étude appropriée ni bien contrôlée n'a été effectuée sur la prise de Mozobil par des femmes enceintes. Les femmes en âge de procréer sont avisées de prendre un moyen de contraception efficace lors du traitement.
3.3.3 Efficacité clinique
Des données de patients cancéreux ont été utilisées pour démontrer l'efficacité du Mozobil. Elles provenaient de 345 adultes [165 LNH, 158 MM et 22 lymphomes d'Hodgkin (LH)] traités avec le G-CSF combiné au Mozobil lors de deux études de phase II et de deux études de phase III [Étude 1 (NHL) et étude 2 (MM)].
Les deux études clés de phase III étaient multicentriques, sur échantillon aléatoire, à double insu, avec groupes parallèles et contrôlées par placebo. Le soir du quatrième jour de traitement matinal quotidien au G-CSF 10 μg/kg, la première dose du traitement à l'étude a été administrée, soit 0,24 mg/kg de Mozobil, soit un placebo. Le cinquième jour, les patients ont reçu une dose matinale de 10 μg/kg de G-CSF et se sont prêtés à une aphérèse environ 10 à 11 heures après la première dose du traitement à l'étude (dans les 60 minutes suivant l'administration du G-CSF). Les patients ont continué de recevoir en soirée une dose du traitement à l'étude, suivie le lendemain d'une dose matinale de G-CSF et d'une aphérèse, jusqu'à un maximum de quatre aphérèses ou jusqu'à ce que la quantité cible de cellules souches hématopoïétiques (CSH) CD34+ ait été prélevée.
Lors des deux études, les patients chez qui il a été impossible de prélever ≥ 0,8 fois (x) 106 cellules CD34+/kg après deux jours d'aphérèse ou au moins 2 x 10 cellules CD34+/kg en quatre jours d'aphérèse ou moins ont eu le choix de prendre part à un traitement de sauvetage de l'essai ouvert. Après une période de repos d'au moins sept jours, les patients ont reçu une autre cure au G-CSF de quatre jours, suivie par un traitement au Mozobil (0,24 mg/kg) combiné au G-CSF pour une nouvelle mobilisation.
Au cours des 5 semaines suivant la dernière aphérèse, les patients ont bénéficié d'une période de repos, puis ils ont subi un traitement de chimiothérapie ablative avant greffe, suivi d'une autogreffe. La greffe a été effectuée conformément aux normes de soins dans chaque centre d'étude.
Dès le cinquième ou le sixième jour suivant la greffe, les patients ont reçu du G-CSF (5 μg/kg une fois par jour), et ce traitement a continué jusqu'à ce que le nombre absolu de neutrophiles (NAN) soit ≥ 0,5 x 109/L pour 3 jours ou ≥ 1,0 x 109/L pour une journée.
La prise de greffe de plaquettes (PLT) a été déterminée selon une numération plaquettaire ≥ 20 x 109/L, sans tranfusion sanguine au cours des sept jours précédents.
La durabilité de la greffe a été évaluée 100 jours, 6 mois et 12 mois après la transplantation.
L'objectif principal de l'étude 1 était de déterminer si les patients atteints d'un LNH qui ont fait l'objet d'un traitement de mobilisation à l'aide du G-CSF et de 0,24 mg/kg de Mozobil étaient plus susceptibles d'atteindre un nombre cible ≥ 5 x 106 cellules CD34+/kg en quatre jours d'aphérèse que les patients souffrant de LNH traités avec le G-CSF et un placebo. L'objectif principal de l'étude 2 était de déterminer si les patients atteints de MM qui ont fait l'objet d'un traitement de mobilisation à l'aide du G-CFS et de 0,24 mg/kg de Mozobil étaient plus susceptibles d'atteindre un nombre cible ≥ 6 x 106 cellules CD34+/kg en deux jours d'aphérèse ou moins que les patients souffrant de MM traités avec le G-CSF et un placebo.
Les deux études avaient en commun, comme objectifs secondaires d'efficacité, de comparer les deux groupes de traitement concernant les points suivants : nombre de patients ayant atteint un minimum de 2 x 106 cellules CD34+/kg (quantité minimale requise pour une greffe) en quatre jours d'aphérèse ou moins; nombre de jours d'aphérèse requis pour atteindre le nombre cible de cellules; temps de prise de la greffe de leucocytes polynucléaires (LPN) et de plaquettes; durabilité de la greffe à des moments prédéterminés après la transplantation. L'étude 2 avait comme objectif secondaire exclusif de comparer les deux groupes de traitement quant au nombre de patients souffrant de MM ayant atteint le nombre cible de cellules en quatre jours d'aphérèse ou moins.
Chez les patients atteints de LNH et de MM, le G-CSF combiné au Mozobil s'est avéré un schéma posologique au potentiel mobilisateur supérieur, comparé au G-CSF avec un placebo, comme le démontrent les deux études de phase III. Des quantités statistiquement significatives de CSH ont été prélevées (principal critère d'efficacité) : ≥ 5 x 106 cellules CD34+/kgen quatre jours d'aphérèse ou moins chez les patients atteints de LNH [59,3 % par rapport à 19,6 % : G-CSF combiné au Mozobil par rapport au G-CSF avec un placebo (p < 0,001)]; et ≥ 6 x 106 cellules CD34+/kg en deux jours d'aphérèse ou moins chez les patients atteints de MM [71,6 % par rapport à 34,4 % , G-CSF combiné au Mozobil par rapport au G-CSF avec un placebo (p < 0,001)]. Chez les patients atteints de MM, un critère d'efficacité secondaire supplémentaire a révélé qu'une quantité statistiquement significative de CSH avait été prélevée en quatre jours d'aphérèse ou moins [75,7 % par rapport à 51,3 % : G-CSF combiné au Mozobil par rapport au G-CSF avec un placebo (p < 0,001)].
Des avantages supplémentaires ont été observés dans les résultats des critères d'efficacité secondaires. Le nombre minimal de CSH requis pour l'autogreffe a été atteint de façon statistiquement significative (≥ 2 x 106 cellules CD34+/kg) en 4 jours d'aphérèse ou moins, tant chez les patients atteints de LNH [86,7 % par rapport à 47,3 %, G-CSF combiné au Mozobil par rapport au G-CSF avec un placebo (p < 0,001)] que chez les patients atteints de MM [95,3 % par rapport à 88,3 %, G-CSF combiné au Mozobil par rapport au G-CSF avec un placebo (p = 0,031)]. Les nombres cibles de CSH ont tous été atteints plus rapidement avec le G-CSF combiné au Mozobil qu'avec le G-CSF avec un placebo (dans l'étude 1, le nombre moyen de jours pour atteindre la quantité cible de CSH était de trois jours pour le groupe traité au plerixafor et n'a pu être évalué pour le groupe recevant un placebo; dans l'étude 2, il était d'un seul jour pour le groupe traité au plerixafor et de quatre jours pour le groupe recevant un placebo). Pour les greffés, la durée avant la prise de greffe de neutrophiles (10 à 11 jours) et celle de plaquettes (18 à 20 jours) était semblable au sein des groupes de traitement. À la lumière d'une analyse corrigée qui utilisait des mesures de laboratoire et des critères cliniques pour évaluer la durabilité des greffes, les résultats se sont révélés semblables parmi les groupes de traitement. Chez les greffés, la fréquence de rejets de greffes était peu élevée lors des études de phase III; trois rejets sont survenus chez les patients atteints de LNH traités au Mozobil et aucun chez les patients souffrant de MM. Aucun de ces rejets n'a été considéré par l'expert clinique comme lié au Mozobil.
Certains patients atteints de LNH et de MM ont rempli les critères cibles minimaux concernant le prélèvement de CSH grâce au G-CSF uniquement, ce qui leur a permis d'éviter d'être exposés à une toxicité supplémentaire qui pourrait être causée par l'ajout du Mozobil. Lors de l'étude 1 (LNH), 47,3 % des patients traités au G-CSF avec un placebo ont atteint le dénombrement minimal des cellules souches CD34+ en quatre jours d'aphérèse ou moins, et 19,6 % des patients traités au G-CSF avec un placebo ont atteint le dénombrement cible des cellules souches CD34+ en quatre jours d'aphérèse ou moins. Lors de l'étude 2 (MM), 88,3 % des patients traités au G-CSF avec un placebo ont atteint le dénombrement minimal des cellules souches CD34+ en quatre jours d'aphérèse ou moins, et 55,9 % des patients traités au G-CSF avec un placebo ont atteint le dénombrement cible des cellules souches CD34+ en quatre jours d'aphérèse ou moins.
Ni la survie globale (SG) ni d'autres critères d'évaluation des avantages cliniques n'ont été utilisés pour démontrer l'efficacité lors des études de phase III. Les renseignements requis pour les analyses de survie sans progression et sans récidive n'ont pas été recueillis. En tant que critère d'évaluation exploratoire, les données sur la SG ont été compilées et résumées pour les patients ayant subi une greffe. Les données sur la SG 12 mois après la greffe étaient semblables dans les deux groupes de traitement et les deux études clés.
Les patients atteints de LNH ont reçu d'importantes doses préalables de chimiothérapie cytotoxique, ce qui pourrait avoir eu une incidence négative sur la mobilisation et le prélèvement des CSH. Lors de l'étude 1, 52 patients atteints de LNH faisant partie du groupe traité au G-CSF avec un placebo ont pris part au traitement de sauvetage avec le Mozobil combiné au G-CSF. Parmi ces patients, 60 % (31 sur 52) ont mobilisé ≥ 2 x106 cellules CD34+/kg et ont eu une prise de greffe réussie. Dans l'étude 2, 7 patients atteints de MM faisant partie du groupe traité au G-CSF avec un placebo ont pris part au traitement de sauvetage. Tous ont mobilisé ≥ 2 x 106 cellules CD34+/kg et ont eu des prises de greffes réussies.
Les données étaient insuffisantes pour appuyer l'utilisation du G-CSF combiné au Mozobil avec le rituximab, chez les patients atteints de LNH, ou l'utilisation du G-CSF combiné au Mozobil chez les patients souffrant de MM, en cas de greffe en tandem.
Les patients atteints de LH ne faisaient pas partie de l'étude clé 1. Les résultats d'efficacité provenant d'une étude de soutien ouverte non contrôlée de phase II sont prometteurs mais limités, et ils n'appuyaient pas l'inclusion du LH dans la présente indication.
Le Mozobil n'a pas fait l'objet d'études cliniques contrôlées chez les patients atteints d'insuffisance rénale grave ou dialysés. Au total, 60 patients qui présentaient une clairance de créatinine (ClCr) évaluée entre 51 et 80 mL/min et 11 patients dont la ClCr était située entre 31 et 50 mL/min ont participé aux études clés; ils ont reçu au moins une dose de Mozobil (à raison de 0,24 mg/kg du poids corporel par voie sous-cutanée). Aucun patient dont la ClCr était ≤ 30 mL/min n'y a pris part.
Le traitement au Mozobil de patients qui pesaient plus de 175 % de leur poids corporel idéal n'a pas été mis à l'étude. Comme l'exposition augmente avec le poids corporel, la dose de Mozobil ne devrait pas dépasser 40 mg/jour chez les patients dont la ClCr est > 50 mL/min, et 27 mg/jour chez ceux dont la ClCr se situe entre 20 et 50 mL/min. Le promoteur a mis en place une étude avec une dose fixe (20 mg) plutôt qu'avec des doses basées sur le poids chez les patients atteints de LNH dont le poids est moins élevé afin d'examiner les effets du poids sur la pharmacocinétique et la pharmacodynamique. Cette étude a été restreinte aux patients pesant 70 kg ou moins.
3.3.4 Innocuité clinique
L'évaluation de l'innocuité clinique du Mozobil s'appuie sur les données concernant l'innocuité recueillies dans 25 études cliniques, notamment une étude approfondie du QT/QTc, de même que dans le Programme nord-américain d'utilisation à titre humanitaire. Le profil d'innocuité a été établi grâce aux données concernant plus de 1400 patients qui ont reçu au moins une dose de Mozobil lors du programme d'élaboration clinique. Les données sur l'innocuité concernant le G-CSF combiné au Mozobil ont été obtenues à partir de deux études de phase III (301 patients) et dix études non contrôlées (242 patients). Les patients ont été principalement traités au Mozobil à raison de doses quotidiennes de 0,24 mg/kg administrées par injection SC. Lors de ces études, l'exposition moyenne au Mozobil était de deux jours (elle varie entre un et sept jours).
Les effets indésirables observés étaient semblables chez les patients cancéreux qui ont reçu du Mozobil lors d'études contrôlées de phase III et d'études non contrôlées, y compris une étude de phase II avec du Mozobil en monothérapie pour la mobilisation des CSH. Aucune différence importante dans l'incidence des effets indésirables n'a été observée chez les patients cancéreux en ce qui concerne la maladie, l'âge ou le sexe.
Dans les deux études de phase III, la majorité des événements indésirables (EI) ont été observés pendant la mobilisation et l'aphérèse, et leur gravité variait de légère à modérée. Les EI observés pendant la mobilisation et l'aphérèse dans ≥ 5 % des résultats groupés de la phase III chez les patients ayant reçu du Mozobil, peu importe la causalité, et qui sont plus fréquents au cours du traitement au Mozobil que pendant celui avec un placebo étaient les suivants : diarrhée, nausées, vomissements, flatulences, réactions au point d'injection, fatigue, arthralgie, maux de tête, étourdissements et insomnie. Pendant la mobilisation des CSH et l'aphérèse, l'incidence de l'anxiété était de 5,3 % dans le traitement au Mozobil par rapport à 4,5 % dans celui avec un placebo. La manifestation de paresthésies a été considérée comme un EI lié au traitement à l'étude chez 7,0 % des patients du groupe traité au Mozobil et chez 5,1 % de ceux du groupe ayant reçu un placebo.
Dans les données groupées de la phase III, l'hypokaliémie et l'hypomagnésémie observées pendant la mobilisation et l'aphérèse ont été rapportées comme EI liés au traitement plus souvent dans un traitement au Mozobil qu'avec un placebo. L'administration du G-CSF combiné au Mozobil a causé une leucocytose. Une thrombocytopénie a également été notée chez des patients traités au Mozobil.
L'effet du Mozobil sur la taille de la rate des patients n'a pas fait l'objet d'une évaluation particulière lors d'études cliniques. La possibilité que le Mozobil combiné au G-CSF entraîne une splénomégalie ne peut être exclue.
Les EI observés en dehors de la mobilisation et de l'aphérèse ont été restreints par le protocole. La plupart des événements indésirables graves (EIG) sont survenus après la période de mobilisation et d'aphérèse, et ils ont été considérés comme non liés au traitement à l'étude. Les données groupées de la phase III ont indiqué que l'incidence de la bactériémie, des infections pulmonaires et de la neutropénie fébrile était plus élevée dans le groupe traité au Mozobil que dans celui ayant reçu un placebo. Toutefois, la majorité de ces événements ont été postérieurs à la chimiothérapie myéloablative, et la plupart ont été jugés par l'expert clinique comme non liés à l'administration du Mozobil. L'incidence, les causes, le moment des décès, ainsi que l'incidence des interruptions de l'étude ou des traitements en raison d'EI, étaient semblables dans les deux groupes de traitement (au Mozobil et avec un placebo). La majorité des décès sont survenus après la prise de greffe.
Dans les études de phase III, l'examen de tous les événements cliniques indésirables de type cardiovasculaire n'a déterminé aucun problème d'innocuité lié au rythme cardiaque attribuable au traitement au Mozobil chez les populations à l'étude. Cependant, une étude croisée sur un échantillon aléatoire de sujets en santé, contrôlée à double insu par placebo, a révélé que le Mozobil était associé à un raccourcissement asymptomatique de l'intervalle PR. Par conséquent, la prudence est recommandée avec les patients présentant un syndrome de préexcitation. D'autres événements cardiovasculaires, comme des diminutions de la tension artérielle, des réactions vaso-vagales et des infarctus du myocarde, ont également été inclus dans la section Mises en garde et précautions de la monographie de produit. Dans les études de phase III, une incidence accrue de l'hypotension a été observée pendant la mobilisation et l'aphérèse chez les patients du groupe traité au G-CSF combiné au Mozobil, par rapport à ceux du groupe traité au G-CSF avec un placebo. Les études cliniques oncologiques et non oncologiques sur le Mozobil ont révélé que 0,8 % des sujets étudiés ont expérimenté des réactions vaso-vagales (la plupart d'entre eux en moins d'une heure après l'admini
stration du Mozobil). Lors des études cliniques, 0,9 % des patients cancéreux du groupe traité avec le G-CSF combiné au Mozobil ont été victimes d'un infarctus du myocarde (IM) après la mobilisation, par rapport à 0,3 % des patients cancéreux du groupe traité au G-CSF avec un placebo au cours de la même période. Tous les IM sont survenus au moins 14 jours après la dernière administration de Mozobil et ont touché des patients présentant des facteurs de risque connus d'IM ou ayant été exposés précédemment à une chimiothérapie cardiotoxique.
Lors des études cliniques oncologiques sur le Mozobil, 5 patients sur 752 (0,7 %) ont souffert de réactions systémiques légères ou modérées moins de 30 minutes après l'administration de Mozobil. Les événements comprenaient un ou plusieurs des éléments suivants : urticaire (n = 2); œdème périorbitaire (n = 2); dyspnée (n = 1) et hypoxie (n = 1). En général, ces symptômes ont bien répondu aux traitements ou sont disparus spontanément.
Lors des études de phase III, l'incidence des troubles psychiatriques pendant la mobilisation et l'aphérèse était de 14,8 % chez les patients du groupe traité avec le G-CSF combiné au Mozobil, par rapport à 10,2 % chez ceux du groupe traité avec le G-CSF avec un placebo. Les troubles les plus fréquents étaient l'insomnie et l'anxiété.
La mobilisation à l'aide du facteur de stimulation des colonies de granulocytes (G-CSF) est reconnue pour avoir le potentiel de mobiliser les cellules cancéreuses de moelle; toutefois, l'effet de reperfusion de cellules cancéreuses avec le produit de l'aphérèse n'a pas été bien étudié et on ne dispose que de données limitées. On sait également que la chimiothérapie, avec ou sans facteurs de croissance, entraîne la mobilisation de cellules cancéreuses chez les patients atteints d'une hématopathie maligne entraînant une contamination des cellules cancéreuses de la greffe. Lorsque Mozobil et G-CSF ont été administrés à des patients atteints de leucémie myélogène aigüe et de leucémie à plasmocytes, certains patients ont enregistré une augmentation du nombre de cellules de la leucémie dans la circulation sanguine. Par conséquent, le Mozobil ne devrait pas être utilisé à des fins de mobilisation et de prélèvement des CSH chez les patients atteints de leucémie.
Il y a un potentiel de mobilisation des cellules cancéreuses chez les patients atteints de myélomes multiples (MM) ou de LNH traités au Mozobil à des fins de mobilisation des cellules souches. En outre, le Mozobil et le G-CSF mobilisent les CSH à l'aide de différents mécanismes; par conséquent, ils pourraient théoriquement renforcer le potentiel de mobilisation des cellules cancéreuses lorsqu'ils sont utilisés en combinaison.La mobilisation des cellules cancéreuses par le Mozobil n'a pas encore été étudiée à fond. On manque d'études non cliniques. À la lumière d'essais limités menés en laboratoire dans le cadre d'études cliniques portant sur des patients atteints de LNH et de MM, une augmentation de la mobilisation des cellules cancéreuses plus élevée que celle causée par la mobilisation du G-CSF uniquement n'a pas été observée avec le Mozobil, quoiqu'il est important de reconnaître les limites dans les analyses utilisées et le nombre de patients examinés.La gravité et la nature du risque potentiel de la mobilisation de cellulescancéreuses avec la mobilisation des cellules souches du Mozobil chez des patients atteints de LNH et de MM demeurent présentement incertaines.Toutefois, si l'on exclut les patients présentant des plasmocytes ou d'autres leucémies causés par la mobilisation des cellules souches du Mozobil, les préoccupations en matière de risques et d'innocuité devraient être acceptables.
3.4 Évaluation des avantages / risques et recommandation
3.4.1 Évaluation des avantages et des risques
D'après l'examen de la demande, l'évaluation globale des avantages et des risques s'est révélée positive et elle appuie une recommandation d'approbation de l'utilisation du Mozobil combiné au G-CSF pour la mobilisation des CSH dans le sang périphérique, en vue d'un prélèvement et d'une autogreffe subséquente chez les patients atteints de LNH et de MM.
Lors d'études cliniques clés appuyant l'utilisation du Mozobil chez des patients adultes, l'ajout du Mozobil à un schéma de mobilisation avec le G-CSF a considérablement amélioré la mobilisation des cellules CD34+; a diminué le nombre de jours d'aphérèse requis; a augmenté la proportion de patients atteignant un nombre cible de cellules pour une greffe par rappport au G-CSF seul et a entraîné une prise de greffe rapide et durable des cellules polymorphonucléaires et des plaquettes. Les résultats concernant la durabilité de la greffe étaient semblables dans les deux groupes de traitement. Chez les patients greffés, la fréquence de rejet de la greffe était basse, et aucun des rejets survenus n'a été considéré par l'expert clinique comme lié au Mozobil.
Ni la survie globale ni d'autres critères d'évaluation des avantages cliniques n'ont été utilisés pour démontrer l'efficacité lors des études de phase III. En tant que critère d'évaluation exploratoire, les données sur la survie globale, compilées et résumées pour les patients ayant subi une greffe, étaient semblables dans les deux groupes de traitement et les deux études clés, 12 mois après la greffe.
On estime qu'il est important de souligner que certains patients souffrant de LNH et de MM ont atteint les critères minimaux et cibles pour le prélèvement des CSH grâce au G-CSF seul. Les patients atteints de LNH ont reçu d'importantes doses de chimiothérapie cytotoxique, ce qui pourrait avoir eu une incidence négative sur la mobilisation et le prélèvement des CSH. Les prélèvements minimaux et cibles grâce au G-CSF seul ont été atteints plus souvent chez les patients souffrant de MM que chez ceux ayant un LNH. Lors de l'étude 1 (LNH), 47,3 % des patients traités au G-CSF avec un placebo ont atteint le dénombrement minimal des cellules souches CD34+ en quatre jours d'aphérèse ou moins, et 19,6 % des patients traités au G-CSF avec un placebo ont atteint le dénombrement cible des cellules souches CD34+ en quatre jours d'aphérèse ou moins. Lors de l'étude 2 (MM), 88,3 % des patients traités au G-CSF avec un placebo ont atteint le dénombrement minimal des cellules souches CD34+ en quatre jours d'aphérèse ou moins, et 55,9 % des patients traités au G-CSF avec un placebo ont atteint le dénombrement cible des cellules souches CD34+ en quatre jours d'aphérèse ou moins. Cependant, le traitement exclusif des patients qui n'ont pas atteint une mobilisation suffisante en réponse au G-CSF seul n'est pas considéré comme une approche optimale. Les indicateurs pronostiques (le dénombrement des cellules CD34+ dans le sang périphérique avant aphérèse, par exemple) ne sont pas suffisants pour cibler la plupart des patients dont la mobilisation finale était inexistante ou faible. Une approche « juste-à-temps » selon laquelle le dénombrement des cellules CD34+ dans le sang périphérique avant aphérèse est utilisé pour prendre des décisions en temps réel concernant le schéma de mobilisation est pratiquement irréalisable dans tous les centres canadiens. La fenêtre de la mobilisation maximale des cellules CD34+ grâce au G-CSF atteint son sommet vers le quatrième ou le cinquième jour du traitement. En retardant la thérapie optimale, la possibilité de prélever une quantité suffisante de cellules pourrait être manquée, et le patient pourrait avoir à subir une deuxième procédure de mobilisation ou d'autres procédures d'aphérèse, ce qui présenterait possiblement des risques importants.
Pour les besoins de la mobilisation des CSH, le Mozobil pourrait entraîner une mobilisation des cellules leucémiques ainsi qu'une contamination subséquente du produit de l'aphérèse. Par conséquent, le Mozobil ne devrait pas être utilisé à des fins de mobilisation et de prélèvement des CSH chez les patients atteints de leucémie.
Lorsque le Mozobil est combiné au G-CSF à des fins de mobilisation des CSH chez les patients atteints de LNH et de MM, les cellules cancéreuses peuvent être libérées de la moelle et ensuite prélevées dans le produit de la leucophérèse. Comme le Mozobil et le G-CSF mobilisent les CSH à l'aide de différents mécanismes, ils pourraient théoriquement renforcer le potentiel de mobilisation des cellules cancéreuses lorsqu'ils sont utilisés en combinaison. Les cellules souches CD34+ prélevées après la mobilisation au Mozobil sont génétiquement et phénotypiquement différentes de celles prélevées après l'administration du G-CSF. Actuellement, la signification de ces constatations n'est pas claire. À la lumière d'essais limités menés en laboratoire dans le cadre d'études cliniques portant sur des patients atteints de LNH et de MM, une augmentation de la mobilisation des cellules cancéreuses plus élevée que celle causée par la mobilisation du G-CSF uniquement n'a pas été observée avec le Mozobil, quoiqu'il est important de reconnaître les limites dans les analyses utilisées et le nombre de patients examinés.La pertinence clinique des cellules cancéreuses mobilisées au Mozobil demeure également incertaine en ce moment, car la communauté scientifique se demande si la présence des cellules cancéreuses dans le produit des cellules souches prélevées dans le sang périphérique est un indicateur d'un risque accru de récidive ou si les cellules cancéreuses détectées contribuent elles-mêmes à la récidive et à la diminution de la survie chez les patients qui les reçoivent. Le promoteur effectue un suivi auprès des patients de la phase III pendant un maximum de cinq ans afin de constater les décès et le statut de la maladie, en particulier les récidives. Douze mois après la greffe, la SG était semblable dans les deux groupes de traitement. De plus, les événements indésirables associés à la mobilisation des cellules cancéreuses seront examinés lors de la surveillance postcommercialisation habituelle et ils devront être signalés dans les meilleurs délais au besoin.
La prise de Mozobil n'est pas recommandée pendant une grossesse en raison du mécanisme d'action du médicament et des résultats obtenus lors d'études sur la toxicologie reproductive. Comme le CXCR4 joue un rôle essentiel dans le développement du fœtus et que le Mozobil est un antagoniste sélectif du CXCR4, l'administration du Mozobil pendant la grossesse pourrait causer des malformations congénitales. Les études chez les animaux ont montré des possibilités de tératogénicité. Aucune étude appropriée ni bien contrôlée n'a été effectuée sur la prise de Mozobil par des femmes enceintes. Les femmes en âge de procréer sont avisées de prendre un moyen de contraception efficace lors du traitement.
L'innocuité et l'efficacité du Mozobil n'ont pas été établies chez des patients en pédiatrie lors d'études cliniques contrôlées. Étant donné que certaines formes de LNH surviennent chez les enfants, une étude pédiatrique est en cours.
L'excrétion rénale constitue la principale voie d'élimination du Mozobil. En général, aucune différence dans l'efficacité n'a été observée entre les sujets âgés de 65 ans, ceux plus âgés et ceux plus jeunes dont la fonction rénale est normale ou qui présentent une insuffisance rénale légère à modérée. Néanmoins, de la prudence devrait normalement être employée dans la sélection des doses des patients âgés, car la fonction rénale tend à diminuer bien plus fréquemment avec l'âge. En outre, l'insuffisance rénale constitue une complication bien connue associée au myélome multiple.
Le Mozobil n'a pas fait l'objet d'études cliniques contrôlées chez les patients atteints d'insuffisance rénale grave ou dialysés. Malgré la petite taille de l'échantillon sélectionné pour les études de phase III, les résultats de mobilisation des patients présentant une insuffisance légère à modérée étaient compatibles avec ceux des patients dont la fonction rénale était normale. Le nombre d'événements indésirables survenus pendant la mobilisation et l'aphérèse semblaient constants pour les patients présentant une insuffisance modérée et ceux dont la fonction rénale est normale. Il est recommandé de réduire la dose donnée aux patients dont la ClCr est estimée entre 20 et 50 mL/min, même si les données cliniques concernant un tel ajustement de dose sont limitées. Les données cliniques sont insuffisantes pour formuler des recommandations de dosage pour les patients dont la ClCr est < 20 mL/min ou qui sont dialysés. Une diminution supplémentaire de la dose peut être justifiée chez ces sous-populations pour des raisons d'innocuité l'insuffisance rénale a été associée à une prolongation de la demi-vie du Mozobil et à une augmentation de l'exposition en raison d'une clairance déficiente, et l'accumulation de Mozobil dans les tissus des patients présentant une insuffisance rénale n'a pas été étudiée. Cependant, les possibles effets sur l'efficacité d'une réduction de la dose en dessous de 0,16 mg/kg/jour sont inconnus. Les effets de l'administration du Mozobil combiné à d'autres médicaments éliminés par les reins, ou reconnus pour affecter la fonction rénale, n'ont pas été évalués dans des études formelles sur les interactions médicamenteuses.
Le traitement au Mozobil de patients qui pesaient plus de 175 % de leur poids corporel idéal n'a pas été mis à l'étude. Comme l'exposition augmente avec le poids corporel, la dose de Mozobil ne devrait pas dépasser 40 mg/jour chez les patients dont la ClCr est > 50 mL/min, et 27 mg/jour chez ceux dont la ClCr se situe entre 20 et 50 mL/min. Le promoteur a mis en place une étude avec une dose fixe (20 mg) plutôt qu'avec des doses basées sur le poids chez les patients atteints de LNH dont le poids est moins élevé afin d'examiner les effets du poids sur la pharmacocinétique et la pharmacodynamique. Cette étude a été restreinte aux patients pesant 75 kg ou moins.
Il est recommandé de prendre des précautions appropriées avant de conduire un véhicule ou d'utiliser des machines, car des étourdissements, de la fatigue ou des réactions vaso-vagales risquent de se manifester au cours du traitement au Mozobil. Une étude croisée sur un échantillon aléatoire de sujets en santé, contrôlée à double insu par placebo, a révélé que le Mozobil était associé à un raccourcissement asymptomatique de l'intervalle PR. Par conséquent, la prudence est recommandée avec les patients présentant un syndrome de préexcitation. D'autres événements cardiovasculaires ont été inclus dans la section Mises en garde et précautions de la monographie de produit : hypotension artérielle pendant la mobilisation et l'aphérèse; réactions vaso-vagales, la plupart survenant moins d'une heure après l'administration de Mozobil par voie sous-cutanée; infarctus du myocarde, qui se produit au moins 14 jours après la dernière dose de Mozobil; et chez les patients présentant des facteurs de risque connus d'infarctus du myocarde ou ayant été exposés précédemment à une chimiothérapie cardiotoxique. Des précautions adéquates étaient recommandées en raison des réactions sytsémiques allergiques légères ou modérées qui pouvaient survenir moins de 30 minutes environ après l'administration de Mozobil. Il a également été communiqué que pendant la mobilisation et l'aphérèse, il existait des possibilités d'incidence accrue de troubles psychiatriques, le plus souvent de l'insomnie et de l'anxiété.
L'administration du Mozobil combiné au G-CSF augmente les leucocytes en circulation, ainsi que les populations de CSH. Une thrombocytopénie a été observée chez des patients traités au Mozobil. La possibilité que le Mozobil combiné au G-CSF entraîne une splénomégalie ne peut être exclue. Dans les études de phase III, l'hypokaliémie et l'hypomagnésémie observées pendant la mobilisation et l'aphérèse ont été rapportées comme EI liés au traitement plus souvent dans un traitement au Mozobil qu'avec un placebo. Une surveillance adéquate est recommandée.
Un plan de gestion des risques a été présenté et examiné.
3.4.2 Recommandation
Conformément à son examen des données portant sur la qualité, l'innocuité et l'efficacité du produit, Santé Canada juge que le rapport entre les avantages et les risques du Mozobil combiné au G-CSF est favorable pour mobiliser les CSH à des fins de prélèvement dans le sang périphérique et d'autogreffe subséquente chez les patients atteints de LNH et de MM, tout en reconnaissant que certains patients atteints de LNH et de MM sont en mesure d'atteindre les critères minimaux et cibles pour le prélèvement des CSH grâce au G-CSF seul. Cette présentation de drogue nouvelle répond aux exigences des articles C.08.002 et C.08.005.1; par conséquent, Santé Canada a émis l'avis de conformité prévu à l'article C.08.004 du Règlement sur les aliments et drogues.
4 Étapes importantes de la présentation
Étapes importantes de la présentation: MozobilMC
| Étape importante de la présentation | Date |
|---|---|
| Réunion préalable à la présentation : | 2010-09-30 |
| Dépôt de la présentation : | 2010-12-21 |
| Examen préliminaire | |
| Lettre d'acceptation à l'issue de l'examen préliminaire : | 2011-02-11 |
| Examen | |
| Évaluation de la qualité terminée : | 2011-12-05 |
| Évaluation clinique terminée : | 2011-12-08 |
| Examen de l'électrocardiogramme terminé : | 2011-08-24 |
| Examen de l'étiquetage terminé : | 2011-12-08 |
| Avis de conformité émis par le directeur général : | 2011-12-08 |
Produits pharmaceutiques connexes
| Nom du produit | DIN | Entreprise | Ingrédient(s) actif(s) & concentration |
|---|---|---|---|
| MOZOBIL | 02377225 | SANOFI-AVENTIS CANADA INC | Plérixafor 20 MG / ML |