Sommaire des motifs de décision portant sur Prexige
Décisions d'examen
Le sommaire des motifs de décision explique les raisons pour lesquelles un produit a reçu une autorisation de vente au Canada. Le document comprend les considérations portant sur la réglementation, l’innocuité, l’efficacité et la qualité (sur le plan de la chimie et de la fabrication).
Type de produit:
- Ce document est une traduction française du document anglais approuvé.
Prexige
Lumiracoxib, 100 mg, Comprimés, Orale
Novartis Pharmaceuticals Canada Inc.
No de contrôle de la présentation : 102465
Émis le : 2007-06-27
Direction générale des produits de santé et des aliments
Notre mission est d'aider les Canadiennes et les Canadiens à maintenir et à améliorer leur état de santé.
Santé Canada
Le mandat de la DGPSA est d'adopter une approche intégrée à la gestion des risques et des avantages pour la santé liés aux produits de santé et aux aliments:
- en réduisant les facteurs de risque pour la santé des Canadiens et Canadiennes tout en maximisant la protection offerte par le système réglementaire des produits de la santé et des aliments; et
- en favorisant des conditions qui permettent aux Canadiens et Canadiennes de faire des choix sains ainsi qu'en leur donnant des renseignements afin qu'ils ou qu'elles puissent prendre des décisions éclairées en ce qui a trait à leur santé.
Direction générale des produits de santé et des aliments
Also available in English under the following title: Summary Basis of Decision (SBD), PrPREXIGE*, lumiracoxib, 100 mg tablet, Novartis Pharmaceuticals Canada Inc., Submission Control No. 102465
Avant-propos
Le Sommaire des motifs de décision (SMD) de Santé Canada expose les motifs d'ordre scientifique et réglementaire sur lesquels reposent les décisions de Santé Canada concernant la réglementation des médicaments et des instruments médicaux. Les SMD sont rédigés en langage technique à l'intention des personnes et groupes intéressés aux décisions de Santé Canada portant sur un produit donné et sont le reflet des observations consignées dans les rapports d'évaluation. À ce titre, les SMD servent à compléter et non à répéter l'information contenue dans la monographie de produit.
Nous invitons les lecteurs à consulter le « Guide du lecteur sur le Sommaire des motifs de décision - Médicaments au sujet de l'interprétation des termes et des acronymes utilisés ici. Ils trouveront également dans ce guide un aperçu du processus d'examen des présentations de drogue dans le feuillet intitulé « Comment les médicaments sont examinés au Canada », qui décrit les facteurs pris en considération par Santé Canada au cours du processus d'examen et d'autorisation d'une présentation de drogue. Les lecteurs devraient aussi consulter le document intitulé « Initiative du sommaire des motifs de décision - Foire aux questions ».
Le SMD correspond à l'information dont disposent les autorités de réglementation de Santé Canada au moment de prendre une décision. Les présentations subséquentes examinées à d'autres fins ne sont pas incluses dans la Phase I de la stratégie de mise en oeuvre des SMD. Pour obtenir de l'information à jour sur un produit en particulier, les lecteurs sont priés de consulter la monographie la plus récente de ce produit. Santé Canada fournit également l'information au sujet mises en garde diffusées après la commercialisation ou d'avis émis à la suite d'effets indésirables (EI).
Pour de plus amples renseignements sur un produit en particulier, les lecteurs peuvent également se rendre sur les sites Web des organismes de réglementation d'autres pays. L'information reçue à l'appui d'une présentation de drogue au Canada peut cependant ne pas être identique à celle reçue par d'autres gouvernements.
Autres politiques et lignes directrices
Les lecteurs sont invités à consulter le site Web de Santé Canada, où ils trouveront d'autres politiques et lignes directrices au sujet des médicaments, notamment le document intitulé «Gestion des présentations de drogues ».
1 Information sur le produit et la présentation
Marque nominative :
Fabricant/promoteur :
Ingrédient médicinal :
Dénomination commune internationale :
Concentration :
Forme posologique :
Voie d'administration :
Identification numérique de drogue (DIN) :
- 02288036
Classe pharmaco-thérapeutique (classe ATC) :
Ingrédients non médicinaux :
Type et numéro de présentation :
Date de la présentation :
Date de l'autorisation :
PrPREXIGE* est une marque déposée.
2 Avis de décision
Le 2 novembre 2006, Santé Canada a émis à l'intention de Novartis Pharmaceuticals Canada Inc. un avis de conformité du produit pharmaceutique Prexige*.
Prexige* contient l'ingrédient médicinal lumiracoxib, qui est un anti-inflammatoire non stéroïdien (AINS) sélectif pour la cyclooxygénase-2 (COX-2).
Prexige* est indiqué pour le traitement de courte et de longue durée des signes et des symptômes de l'arthrose du genou chez l'adulte. L'arthrose est une affection chronique dégénérative irréversible non inflammatoire des articulations, caractérisée par une dégénérescence du cartilage articulaire, une hypertrophie de l'os sur les bords de l'articulation et des modifications de la membrane synoviale. Elle est accompagnée de douleur, d'enflure et d'une raideur des articulations. Prexige* a une activité anti-inflammatoire attribuable à l'inhibition de la synthèse des prostaglandines par le biais de l'inhibition de la COX-2.
L'autorisation de commercialisation s'appuie sur des données sur la qualité (chimie et fabrication) et des données tirées des études non cliniques et cliniques. L'efficacité de Prexige* a été évaluée auprès de 18 500 patients, dont 1 850 ont reçu Prexige* à la dose thérapeutique de 100 mg. Les résultats ont montré une atténuation de la douleur générale, de la douleur propre à l'arthrose et de la raideur ainsi qu'une amélioration des résultats de l'évaluation globale de la maladie par le médecin et par le patient et des mesures de la capacité fonctionnelle liées à l'arthrose. L'innocuité a été évaluée auprès de 18 325 patients participant à une vaste étude sur l'innocuité, ainsi qu'auprès de 9 395 patients traités par lumiracoxib dans le cadre du programme clinique portant sur l'arthrose. Comparativement aux résultats obtenus avec les AINS non sélectifs, on a observé une réduction importante de la fréquence des manifestations digestives et un moins grand nombre de manifestations hypertensives; il n'y a pas eu d'augmentation significative du risque cardiovasculaire, de l'oedème ou du risque hématologique, ni d'accroissement des réactions cutanées graves. On a cependant noté une hausse des anomalies du foie (des anomalies > 3 fois la limite supérieure de la normale ont été signalées chez environ 1 % des patients) et un risque accru de dysfonction rénale (aucune élévation significative de la créatinine n'a été constatée). Un examen externe de l'innocuité des AINS sélectifs de la COX-2 a été effectué par un Groupe consultatif d'experts (GCE) comprenant des représentants des patients et du milieu scientifique, ainsi que d'autres membres intéressés du public. Cette consultation s'est traduite par une série de recommandations (Rapport du GCE, juillet 2005), qui ont également été prises en compte lors de l'examen de la présentation.
Prexige* (lumiracoxib, 100 mg) est offert sous forme de comprimés oraux. La dose recommandée de Prexige* est de 100 mg une fois par jour. Il n'y a pas lieu d'augmenter la dose, car la prise d'une dose plus élevée n'apporte aucun bienfait supplémentaire. Prexige* ne devrait être utilisé qu'à la dose efficace la plus faible, pendant un traitement de la plus courte durée possible, de façon à réduire au minimum le risque de manifestations cardiovasculaires ou digestives. Les recommandations concernant la posologie sont décrites dans la monographie de produit.
Prexige* est contre-indiqué chez les patients souffrant de diverses affections indiquées dans la monographie de produit, avec d'autres mises en garde et précautions. Chez les patients présentant un risque accru de manifestations cardiovasculaires et/ou digestives, il convient d'envisager d'abord d'autres stratégies thérapeutiques ne prévoyant pas l'administration d'AINS. Prexige* devrait être administré selon les conditions décrites dans la monographie de produit, en tenant compte des risques potentiels associés à l'administration de ce produit pharmaceutique. Les conditions détaillées relatives à l'usage de Prexige* sont décrites dans la monographie de produit.
Conformément à son examen des données portant sur la qualité, l'innocuité et l'efficacité du produit, Santé Canada juge que le rapport entre les avantages et les risques de Prexige* est favorable au traitement de courte et de longue durée des signes et des symptômes de l'arthrose du genou chez l'adulte.
3 Motifs d'ordre scientifique et réglementaire
Le lumiracoxib à des doses de 200 et 400 mg o.d. a au départ, soit en 2003, fait l'objet d'une présentation soumise à Santé Canada pour plusieurs indications, notamment le traitement aussi bien de l'arthrose que de la polyarthrite rhumatoïde. Un avis de non-conformité (ANC) puis un Avis de non-conformité-Lettre de retrait ont été délivrés en 2004, en raison principalement d'inquiétudes soulevées à l'époque à l'égard de l'innocuité cardiovasculaire des inhibiteurs sélectifs de la COX-2 et du fait que les études soumises étaient de courte durée. L'examen ci-dessous porte sur la nouvelle présentation de drogue nouvelle qui a été soumise, dans laquelle le promoteur demande l'autorisation d'une dose inférieure de lumiracoxib (100 mg o.d.) pour une seule indication, soit le traitement de courte et de longue durée des signes et des symptômes de l'arthrose. Un examen externe de l'innocuité des AINS sélectifs de la COX-2 a été effectué par un Groupe consultatif d'experts (GCE) comprenant des représentants des patients et du milieu scientifique, ainsi que d'autres membres intéressés du public. Cette consultation s'est traduite par une série de recommandations (Rapport du GCE, juillet 2005), qui ont également été prises en compte lors de l'examen de la présentation.
3.1 Motifs d'ordre qualitatif
3.1.1 Substance médicamenteuse (Ingrédient médicinal)
Procédé de fabrication et contrôles en cours de fabrication
La fabrication du lumiracoxib comporte six étapes chimiques. Chaque étape du procédé de fabrication est considérée comme contrôlée dans des limites acceptables :
- Le promoteur a fourni de l'information sur la qualité et les contrôles pour toutes les matières qui entrent dans la fabrication de la substance médicamenteuse.
- Les spécifications de la substance médicamenteuse sont jugées satisfaisantes. Les valeurs limites des impuretés sont conformes aux exigences de l'ICH.
- Les étapes de traitement ont été évaluées, et des intervalles appropriés ont été établis relativement aux paramètres des procédés.
Caractérisation
Le lumiracoxib est une poudre blanc jaunâtre ou beige peu soluble. La structure du lumiracoxib a été bien expliquée et les spectres représentatifs ont été fournis. Les propriétés physiques et chimiques ont été décrites et jugées satisfaisantes.
Le promoteur a présenté un sommaire de toutes les impuretés liées au médicament. Les impuretés résultant de la fabrication ont été signalées et caractérisées. Ces produits sont conformes aux normes établies par l'ICH et sont par conséquent acceptables.
Contrôle de la substance médicamenteuse
Les rapports de validation de toutes les méthodes qui ont servi à l'analyse de la substance médicamenteuse demi-finie et finie et à la justification des spécifications de la substance médicamenteuse ont été jugés satisfaisants.
Les données issues des analyses de lots ont été examinées et jugées conformes aux spécifications de la substance médicamenteuse.
Les matériaux d'emballage prévus sont jugés acceptables.
Stabilité
À la lumière des données sur la stabilité présentées, fondées sur des essais accélérés et en temps réel, la durée de conservation et les conditions d'entreposage et d'expédition proposées pour la substance médicamenteuse étaient bien étayées et sont jugées satisfaisantes.
3.1.2 Produit pharmaceutique
Description et composition
Prexige* est offert sous forme de comprimés de 100 mg. Les comprimés sont ovales et recouverts d'une pellicule rouge. Ils portent en creux l'impression « NVR » d'un côté et « OB », de l'autre. Prexige* est conditionné soit dans des flacons ronds de couleur blanche en polyéthylène haute densité (PEHD), munis d'un bouchon blanc en PEHD et d'un manchon d'inviolabilité jaune (100 comprimés par flacon de 60 mL), soit dans des plaquettes alvéolaires thermoformées en polychlorure de vinyle (PVC) (10 comprimés par emballage) avec fond d'aluminium laqué thermoscellable.
Chaque comprimé de Prexige* contient 100 mg de lumiracoxib ainsi que les ingrédients inactifs suivants : cellulose microcristalline, croscarmellose sodique, povidone, stéarate de magnésium, hypromellose, polyéthylèneglycol, talc, oxyde de fer, lactose et dioxyde de titane.
Tous les excipients contenus dans le produit pharmaceutique sont autorisés par le Règlement sur les aliments et drogues du Canada. Les données sur la stabilité présentées à l'appui de la formulation commerciale proposée attestent la compatibilité du lumiracoxib avec les excipients.
Élaboration du produit pharmaceutique
Les données sur l'élaboration du produit pharmaceutique, y compris sur l'élaboration du système récipient-fermeture, ont été jugées acceptables. Des études justifiant la nature et la concentration proposée des excipients à l'utiliser dans le produit pharmaceutique ont été examinées et jugées acceptables.
Procédés de fabrication et contrôles en cours de fabrication
Le procédé de fabrication de Prexige* comprend les étapes suivantes : malaxage, granulation par voie humide, séchage, broyage, mélange, compression, pelliculage et conditionnement. Tout l'équipement, les paramètres de fonctionnement, les essais en cours de fabrication et les instructions détaillées sont dûment décrits dans la documentation fournie. Le procédé de fabrication a été jugé acceptable et contrôlé adéquatement dans des limites justifiées.
Contrôle du produit pharmaceutique
Les lots de Prexige* ont été soumis à des tests visant à en vérifier que l'apparence, l'uniformité du mélange, la dissolution, le poids, l'épaisseur, la dureté, la friabilité, le temps de désagrégation, et les concentrations de produits de dégradation et impuretés sont conformes aux critères d'acceptation. Les spécifications des tests et les méthodes d'analyse sont jugées acceptables. La durée de conservation ainsi que les limites de mise en circulation des produits de dégradation, individuellement et dans leur ensemble, se situent à l'intérieur des limites acceptables.
Les rapports de validation ont été présentés pour toutes les méthodes qui ont servi à l'analyse du produit pharmaceutique demi-fini et fini et à la justification des spécifications du produit pharmaceutique ont été jugés satisfaisants. Les données issues des analyses finales de lots ont été examinées et jugées acceptables selon les spécifications du produit pharmaceutique.
Stabilité
Les données sur la stabilité montrent que les flacons en PEHD munis d'un bouchon en PEHD et les plaquettes alvéolaires thermoformées en PVC avec fonds d'aluminium laqué constituent des systèmes récipient-fermeture acceptables pour le produit pharmaceutique. Les comprimés de Prexige* sont photostables.
À la lumière des données sur la stabilité présentées, fondées sur des essais accélérés et en temps réel, la durée de conservation proposée de 24 mois est considérée comme acceptable si le produit commercialisé est conservé à une température de 15 à 30ºC.
3.1.3 Installations et équipement
L'aménagement, le fonctionnement et les mécanismes de contrôle des installations et de l'équipement servant à la production sont jugés acceptables pour les activités et les produits fabriqués. Toutes les installations de fabrication proposées sont conformes aux exigences du titre 2 du Règlement sur les aliments et drogues.
3.1.4 Évaluation de l'innocuité des agents adventices
Le lactose est un ingrédient non médicinal d'origine animale, provenant en l'occurrence de bovins de Belgique, d'Allemagne, des Pays-Bas, d'Autriche, de la République tchèque, de Croatie, de Hongrie, d'Italie ou de Slovénie. Tous les fournisseurs ont présenté une déclaration signée assurant la conformité au document de l'Agence européenne des médicaments (EMEA) EMEA/CPMP/571/02, qui traite de la présure dérivée du veau servant à la fabrication de lactose. Cette information est considérée comme acceptable.
3.1.5 Résumé et conclusion
L'information soumise sur les caractéristiques chimiques et la fabrication de Prexige* montre que la substance médicamenteuse et le produit pharmaceutique peuvent être fabriqués de façon à répondre systématiquement aux spécifications convenues. Des études appropriées sur l'élaboration et la validation ont été menées, et des contrôles adéquats sont en place pour la commercialisation.
3.2 Motifs non cliniques de la décision
3.2.1 Pharmacodynamique
Le programme pharmacologique non clinique a démontré que le lumiracoxib est un inhibiteur sélectif de la COX-2 aussi bien in vitro qu'in vivo. À l'instar de la plupart des inhibiteurs sélectifs de la COX-2, le lumiracoxib a entraîné une inhibition proportionnelle à la dose de la COX-2, mais non de la COX-1.
L'inhibition puissante par le lumiracoxib de la prostaglandine E2 (PGE2) dérivée de la COX-2 a été démontrée dans le modèle inflammatoire murin de la poche d'air induite par les lipopolysaccharides (LPS) (DE50 0,2 mg/kg) 4 heures après l'administration d'une dose orale. La DE50 de cet essai (33,5 mg/kg) était supérieure aux doses nécessaires pour produire un effet dans les modèles d'inflammation et d'hyperalgésie. De plus, on a mis en lumière une inhibition de l'hyperalgésie inflammatoire chez le rat. Le lumiracoxib, le célécoxib et le diclofénac ont causé un renversement de l'hyperalgésie induite par l'adjuvant complet de Freund (ACF) une heure après avoir été administrée (D30 de 5,1, 5,5 et 6,8 mg/kg, respectivement).
Le lumiracoxib a également causé une légère inhibition (~ 50 %) de la PGE2 rénale. Cet effet a été observé à une dose orale de 30 mg/kg, largement supérieure à ce qui est nécessaire pour obtenir un effet anti-inflammatoire dans les études chez l'animal. Comme la COX-1 et la COX-2 sont toutes deux exprimées par le rein, ce résultat est prévisible.
À la lumière des résultats des études pharmacologiques sur l'innocuité cardiovasculaire et des évaluations ECG menées dans les études de toxicité à doses répétées chez le singe, on a conclu à l'absence de signe non clinique d'allongement de l'intervalle QT ayant une importance pour l'humain. Cette conclusion est confirmée par l'absence d'effets sur l'intervalle QT dans les études cliniques.
3.2.2 Pharmacocinétique
Les études pharmacocinétiques non cliniques étaient fondées sur des méthodes établies chez l'animal. Les conclusions ci-dessous sont tirées des données sur la pharmacocinétique chez l'humain.
Absorption
L'absorption de lumiracoxib a été rapide après l'administration du produit par voie orale. Dans l'intervalle de doses de lumiracoxib allant de 25 mg à 800 mg, le degré d'exposition au médicament (ASC) a augmenté proportionnellement à la dose, et les concentrations plasmatiques maximales (Cmax) ont été à peu près proportionnelles à la dose. La biodisponibilité absolue du lumiracoxib a été d'environ 74 % et la demi-vie terminale, d'environ 4 heures. Le lumiracoxib ne s'accumulait pas dans le plasma lorsqu'il était administré dans une dose quotidienne unique (o.d.). Le temps médian jusqu'à la concentration plasmatique maximale (Tmax) de lumiracoxib a été de 1,1 heure. L'état d'équilibre a été atteint dès le premier jour d'administration, sans augmentation de la Cmax ni de l'ASC après l'administration prolongée du produit.
Distribution
Le lumiracoxib se lie fortement aux protéines plasmatiques (≥ 98 %). Une quantité négligeable de lumiracoxib a été récupérée dans les érythrocytes. Une heure après l'administration orale de lumiracoxib marqué au 14C dans un modèle inflammatoire murin, le rapport entre la radioactivité mesurée au site de l'inflammation et celle mesurée dans le sang était de 2:1; ce rapport est passé à 8:1 quatre heures après la dose. Le lumiracoxib et/ou ses métabolites ont été retenus de façon préférentielle dans les tissus enflammés. Les concentrations de lumiracoxib dans le liquide synovial humain (chez les sujets atteints de polyarthrite rhumatoïde) ont été plus élevées que celles observées dans le plasma à partir d'environ la cinquième heure après la dose et elles sont demeurées considérablement supérieures durant tout le reste de l'intervalle posologique (l'ASC12-24 dans le liquide synovial était 2,6 fois plus élevée).
Métabolisme
Chez l'humain, le lumiracoxib subit une importante métabolisation hépatique principalement médiée par l'isoenzyme 2C9 du cytochrome P450. Le lumiracoxib inchangé constitue la principale substance liée au médicament qui se retrouve dans le plasma. Trois métabolites importants ont été observés dans le plasma : le 4'-hydroxy-lumiracoxib, le 5-carboxy-lumiracoxib et le 4'-hydroxy-5-carboxy-lumiracoxib. Plusieurs conjugués (p. ex., glucuronides) se forment avec ces métabolites. Le métabolite 4'-hydroxy semble avoir une activité et une sélectivité pour la COX-2 semblables à celles du lumiracoxib, mais comme il n'est présent qu'en faibles concentrations dans le plasma et le liquide synovial, il ne contribue vraisemblablement pas à l'efficacité du produit. Les autres métabolites sont inactifs comme inhibiteurs, que ce soit de la COX-1 ou de la COX-2.
Élimination
Le lumiracoxib est principalement éliminé par métabolisme hépatique. La clairance plasmatique est de 128 mL/min. La demi-vie plasmatique terminale moyenne du lumiracoxib est d'environ 4 heures.
3.2.3 Toxicologie
Des études ont été menées pour déterminer la toxicité potentielle du lumiracoxib. Les protocoles utilisés étaient semblables à ceux des études non cliniques portant sur d'autres anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) sélectifs pour la COX-2. Les animaux utilisés ont été des souris, des rats et des singes. L'espèce non-rongeur sélectionnée pour les études de toxicité du lumiracoxib a été le macaque de Buffon, étant donné que les études antérieures sur des AINS avaient montré que le macaque de Buffon est plus sensible que le chien aux effets des AINS sur l'appareil digestif.
Études de toxicité aigüe
La dose létale minimale chez les rongeurs se situait entre 500 et 1 200 mg/kg après l'administration d'une dose orale unique de lumiracoxib, et entre 750 et 1 000 mg/kg après l'administration d'une dose intrapéritonéale unique. On a souvent observé des perforations intestinales et/ou une péritonite dans l'examen macroscopique des animaux morts. La mortalité a généralement été tardive, survenant 4 à 6 jours après la dose.
Conformément au profil de toxicité non clinique connu des inhibiteurs de la COX-2, les deux principaux organes cibles de la toxicité dans les études à doses répétées sur des rongeurs ont été le tube digestif et le rein. La toxicité gastro-intestinale a pris les formes suivantes : érosion, ulcérations, perforations et péritonite. Ces lésions étaient présentes dans toutes les parties du tube digestif, mais surtout dans l'intestin grêle. Les manifestations secondaires à ces lésions ont été la fuite du contenu intestinal suivie de l'inflammation de différents organes dans la cavité abdominale et d'adhésions aux surfaces péritonéales de ceux-ci, ainsi que la mort due aux lésions digestives.
Les modifications hématologiques et chimiques cliniques, vraisemblablement causées par la toxicité gastro-intestinale, ont été les suivantes : augmentation du nombre de leucocytes; diminution du nombre d'érythrocytes, de l'hématocrite et de l'hémoglobine; réticulocytose; augmentation du nombre de plaquettes; hématopoïèse extramédullaire; granulopoïèse dans la moelle osseuse; hyperplasie lymphocytaire ou cellulaire plasmatique dans différents organes lymphoïdes, souvent enflammés (en réaction à la perte sanguine). On a aussi signalé des baisses de l'albumine et des protéines sériques totales.
Études de toxicité subchronique
Chez les rongeurs, la concentration sans effet nocif observé (CSENO) a été de 10 mg/kg, soit l'équivalent d'une exposition à environ 2,1 à 3,6 fois la dose humaine. La mort due aux lésions digestives est survenue à des doses de 30 mg/kg administrées à des rats dans leur diète pendant 13 semaines, et par gavage oral pendant 26 semaines. L'exposition systémique a été 11,6 et 12,3 fois plus élevée, respectivement, qu'avec la dose humaine. Après une période de récupération de 4 semaines, les lésions digestives et les manifestations connexes ne s'étaient pas résorbées.
Des néphropathies caractérisées par une dilatation tubulaire corticomédullaire ont été notées chez les souris et les rats ayant reçu du lumiracoxib dans leur diète et non par gavage oral. Chez la souris, les néphropathies sont survenues aux doses ≥ 150 mg/kg dans une étude de 2 semaines et aux doses ≥ 50 mg/kg après un traitement de 13 semaines. Chez le rat, les néphropathies sont survenues aux doses ≥ 50 mg/kg et 30 mg/kg dans les études de 2 et de 13 semaines, respectivement.
Le lumiracoxib a été mieux toléré par les singes que par les rongeurs. Le tube digestif et le rein ont constitué les organes cibles de la toxicité. Des morts dues à des ulcères intestinaux sont survenues dans l'étude de 4 semaines à la dose initiale de 500 mg/kg. Les pathologies cliniques secondaires (anémie et diminution des protéines sériques) et les manifestations microscopiques étaient semblables à celles des rongeurs atteints de lésions digestives. Des signes de toxicité gastro-intestinale ont été observés aux doses ≥ 300 mg/kg et 500/200 mg/kg dans les études de 2 et de 4 semaines, respectivement, mais non chez les singes traités par le lumiracoxib pendant 39 semaines à raison de 150 mg/kg.
La CSENO chez les singes traités sur une longue période a été de 40 mg/kg (environ 12 fois l'exposition systémique humaine).
Les signes de toxicité rénale chez le singe ont été des hausses minimes de l'azote uréique du sang dans toutes les études et, à l'échelle microscopique, la dilatation tubulaire dans la partie externe du cortex rénal observées dans l'étude de 4 semaines à la dose la plus élevée (500/200 mg/kg). L'augmentation de l'azote uréique du sang s'est produite à des doses aussi faibles que 40 mg/kg. Cette élévation n'a pas été associée à des variations du taux de créatinine sérique, mis à part chez un animal moribond (500 mg/kg) dans l'étude de 4 semaines. La réversibilité de l'effet sur l'azote uréique du sang a été notée après une période de récupération de 4 semaines.
Des études de toxicité intraveineuse de deux semaines ont été effectuées sur des rats et des macaques de Buffon à l'aide de la formulation servant aux essais cliniques. Ces études visaient à appuyer l'administration d'une dose intraveineuse (IV) unique de lumiracoxib chez l'humain. Des lésions cutanées aux points d'injection, ou près de ceux-ci, ont été observées aux doses ≥ 10 mg/kg chez le rat et à toutes les doses (4, 20 et 40 mg/kg) chez le singe. La gravité des lésions au point d'injection chez les singes ayant reçu la dose de 40 mg/kg a forcé l'interruption précoce de l'étude, empêchant d'établir une CSENO.
La CSENO du lumiracoxib administré par voie IV à des rats a été de 4 mg/kg.
Études de toxicité chronique
Dans les études de longue durée, le lumiracoxib a été administré par gavage oral à des rats et à des singes pendant jusqu'à 26 et 39 semaines, respectivement, et par ajout à la diète à des souris et à des rats pendant jusqu'à 104 semaines. Par voie orale, l'absorption a été rapide et presque entière (90-100 %) chez la souris, le rat, le lapin et le singe, et la biodisponibilité se situait entre 33 et 100 %. On n'a relevé aucune différence selon le sexe en ce qui concerne l'exposition au lumiracoxib. Les principales cibles de la toxicité dans les études non cliniques du lumiracoxib étaient le tube digestif, le rein et l'appareil reproducteur féminin. Les effets sur ces organes concordaient avec la toxicité associée aux autres AINS.
Le tube digestif a été le principal organe cible dans les études sur le lumiracoxib; la mortalité due aux ulcères perforants et à leurs séquelles a forcé la limitation des doses chez toutes les espèces à l'étude. La plupart des manifestations liées aux médicaments découlaient directement ou indirectement des effets digestifs. Les manifestations directes, qui comprenaient l'érosion, l'ulcération et la perforation du tube digestif, ont entraîné des effets secondaires tels que des péritonites, des pertes sanguines et l'anémie. Les péritonites ont souvent entraîné des polynucléoses neutrophiles et des monocytoses. L'érythropoïèse splénique, les modifications hématologiques (diminution du nombre d'érythrocytes, de l'hématocrite et de l'hémoglobine, augmentation des réticulocytes et des plaquettes) et les modifications chimiques cliniques (baisse des protéines sériques totales, de l'albumine et du rapport albumine-globuline) ont généralement été associées à des pertes sanguines et à l'anémie. Les modifications inflammatoires observées dans différents organes ont été attribuées à la péritonite généralisée. De nombreux animaux sont morts durant les études en raison d'atteintes intestinales.
Le rein a aussi constitué un organe cible. Les effets rénaux du lumiracoxib sont vraisemblablement liés à ses propriétés pharmacologiques, puisque la COX-1 et la COX-2 sont toutes deux présentes dans le rein. Dans une étude pharmacologique d'innocuité visant à évaluer les effets du lumiracoxib sur l'équilibre hydrique et électrolytique chez des rats surchargés en soluté physiologique, les doses de 10 et de 30 mg/kg ont été associées à une diminution du volume urinaire et de l'excrétion de sodium, et les doses de 1 mg/kg, à une baisse de l'élimination de chlorure. Ces effets pourraient découler de la réduction des concentrations de prostaglandines dans le rein. Le taux de la prostaglandine urinaire E2 a diminué à la suite de l'administration orale de lumiracoxib (30 mg/kg) chez des rats normaux.
L'administration de lumiracoxib à des rats et à des souris pendant deux ans n'a pas augmenté l'incidence de tumeurs bénignes ni malignes.
Toxicité pour l'appareil reproducteur et le développement
Les effets observés en rapport avec le lumiracoxib dans les études de toxicité pour l'appareil reproducteur et le développement n'étaient pas imprévus, compte tenu du rôle essentiel des prostaglandines dérivées de la cyclooxygénase dans la reproduction chez la femelle. Chez les rates, la réduction du nombre de corps jaunes et de sites d'implantation suivie de la hausse des pertes pré-implantation et de la réduction du nombre de foetus viables peut s'expliquer par le rôle de la COX-2 dans l'ovulation et l'implantation. Dans l'évaluation de la fertilité, on n'a signalé aucun effet lié au traitement sur les cycles oestraux, sur l'intervalle précoïtal, sur les indices d'accouplement ni sur les taux de gravidité. Bien qu'un faible nombre de femelles de chaque groupe posologique aient présenté des cycles oestraux irréguliers ou étaient acycliques, leur capacité de s'accoupler et de se reproduire est demeurée intacte. Dans ces études, la fertilité des mâles n'a pas été affectée par le traitement par le lumiracoxib pendant une période de 4 semaines avant et pendant l'accouplement. On n'a pas observé d'effet au niveau des organes reproducteurs mâles dans les études de toxicité à doses répétées de 4 et de 26 semaines.
On n'a noté aucun signe d'effet tératogène chez le rat et le lapin à des doses ayant entraîné des rapports d'exposition de 5,7 et 20,8 fois plus élevés, respectivement, que celui de la dose humaine prévue. Cependant, on a observé une toxicité embryofoetale tant chez le rat que chez le lapin. Le nombre moyen de corps jaunes était comparable entre tous les groupes posologiques chez le rat, mais à 100 mg/kg, le nombre de sites d'implantation a diminué en corrélation avec la hausse des pertes pré-implantation et la réduction du nombre de foetus viables. Chez le lapin, la réduction du nombre de foetus viables a été associée à des augmentations statistiquement significatives des résorptions à 60 mg/kg et plus. Le lumiracoxib a été mal absorbé par les foetus de lapin. Aucune concentration de lumiracoxib n'a pu être détectée dans les foetus de femelles traités par moins de 60 mg/kg. Chez les femelles gravides traitées par 200 mg/kg, les concentrations tissulaires foetales représentaient environ 5 % des concentrations plasmatiques maternelles.
En ce qui concerne les rats, on a observé une hausse du nombre de rejetons morts-nés et une diminution du taux de survie dans l'intervalle des jours 0 à 4 aux doses de 3 mg/kg et plus. À la lumière des observations cliniques et du moment de leur manifestation, il est possible que la toxicité maternelle soit associée à la mortalité foetale/néonatale, mais on ne peut pas exclure un effet direct du lumiracoxib sur les foetus/rejetons. Le lumiracoxib a été excrété dans le lait des rates en lactation.
Les événements médiés par la COX-2 à la fin de la gestation comprennent l'induction de la mise bas et la fermeture du canal artériel des foetus. On n'a pas examiné l'effet du lumiracoxib sur la fermeture du canal artériel, bien qu'il s'agisse d'un effet connu de cette classe de médicaments et qu'il puisse avoir contribué aux effets embryofoetaux observés chez les rats. La durée de la gestation a légèrement augmenté (0,4 - 0,5 jour) à toutes les doses. Comme la modification est faible et qu'elle se situe à l'intérieur de la limite de précision de la mesure, sa pertinence sur le plan biologique est discutable.
Dans une étude visant à déterminer l'intervalle posologique, les nouveau-nés et les jeunes rats ayant reçu du lumiracoxib du jour 7 au jour 27 du postpartum n'ont manifesté aucun signe de toxicité à des doses allant jusqu'à 30 mg/kg. Une étude définitive conforme aux BPL (bonnes pratiques de laboratoire) portant sur des doses de 3, 10 et 30 mg/kg est en cours.
Génotoxicité
Le potentiel génotoxique du lumiracoxib a été évalué par une série d'études in vitro et in vivo. Un essai de la comète dans le foie, un essai du micronoyau du foie et un essai du micronoyau de la moelle osseuse n'ont fait ressortir aucun signe de potentiel génotoxique in vivo chez le rat. Des épreuves de mutagénicité sur bactéries (test d'Ames) et une étude d'aberration chromosomique dans des lymphocytes humains ont également donné des résultats négatifs. Dans trois des quatre études, le lumiracoxib a entraîné une augmentation de l'incidence des aberrations chromosomiques dans les cellules V79 lorsqu'il était administré à des doses cytotoxiques. Les effets se sont manifestés aussi bien en présence qu'en l'absence d'une activation métabolique.
Deux produits de dégradation et un sous-produit du lumiracoxib dérivé du brome ont été qualifiés dans des études de génotoxicité in vitro chez le rat. Tous les rats ont obtenu des résultats négatifs au test d'Ames, qui sert à vérifier la présence d'effets mutagènes, et les impuretés n'avaient aucun effet sur la clastogénicité induite par la toxicité du lumiracoxib dans les cellules V79.
3.2.4 Résumé et conclusion
Le programme pharmacologique non clinique a démontré que le lumiracoxib est un inhibiteur sélectif de la COX-2 aussi bien in vitro qu'in vivo. Les études de toxicité du lumiracoxib n'ont fait ressortir aucun effet tératogène, immunotoxique ni cancérogène. La réponse clastogène in vitro observée aux concentrations les plus élevées n'est pas considérée comme un risque pour l'humain, étant donné les résultats négatifs des essais de génotoxicité in vivo et l'absence de tumorigénicité. Les signes de toxicité gastro-intestinale, rénale et embryofoetale observés en rapport avec le lumiracoxib n'étaient pas imprévus, compte tenu des effets pharmacologiques du produit sur les organes cibles.
3.3 Motifs cliniques de la décision
3.3.1 Pharmacodynamique
La sélectivité ex vivo pour la COX-2 a été évaluée chez des sujets en santé ayant reçu une dose orale unique de lumiracoxib (25 - 800 mg). Le pourcentage d'inhibition de la formation de PGE2 a été utilisé comme marqueur de l'inhibition de la COX-2, et le pourcentage d'inhibition de la formation de TxB2, comme marqueur de l'inhibition de la COX-1. À la suite du traitement par le lumiracoxib, on a observé une inhibition ex vivo liée à la dose de la formation de PGE2 . L'inhibition ex vivo du TxB2 était hautement variable, et les données n'ont fait ressortir aucune tendance liée à la dose. Le lumiracoxib reste hautement sélectif, même à des concentrations équivalentes, ou presque, à la Cmax, après l'administration d'une dose unique pouvant aller jusqu'à 800 mg. Comme aucune accumulation n'est prévue, la sélectivité devrait se maintenir si des doses orales multiples sont administrées.
Pour confirmer la sélectivité du lumiracoxib in vivo, on a mené des études additionnelles sur des doses multiples administrées pendant jusqu'à neuf jours. Ces études ont comparé le lumiracoxib au naproxène et à l'indométhacine, qui sont des inhibiteurs non sélectifs de la COX-2. Le naproxène (500 mg) a bloqué à la fois la PGE2 et le TxB2, alors que le lumiracoxib (800 mg) inhibait la formation de PGE2 dans la même mesure mais n'avait qu'un léger effet sur la formation de TxB2. L'indométhacine (50 mg) a entraîné une inhibition forte et soutenue du TxB2 (> 80 % par rapport au placebo), tandis que l'effet du lumiracoxib (200 et 400 mg) n'était pas différent de celui du placebo. Ces données confirment la sélectivité du lumiracoxib aux doses cliniques appropriées et à des doses plus élevées, allant jusqu'à 800 mg, de même qu'à des concentrations plasmatiques supérieures à 25 000 ng/mL.
L'effet de sept jours de traitement par le lumiracoxib (200 et 400 mg) sur la production de plusieurs eicosanoïdes a été étudié in vivo chez des sujets en santé, normotensifs, soumis à un régime hyposodé, ayant un volume sanguin normal. Le lumiracoxib n'a eu aucun effet notable sur l'excrétion de la thromboxane. La production systémique et rénale de prostacycline, mesurée par l'excrétion urinaire de 6-kéto-PGF1-á, a été considérablement réduite par le lumiracoxib, mais cet effet inhibiteur était temporaire. Comparativement au placebo, l'inhibition maximale (25 à 40 %) a été atteinte 2 à 4 heures après la dose. Après l'atteinte de ce nadir, l'effet du lumiracoxib a commencé à diminuer, de sorte que 12 et 24 heures après la dose, l'excrétion de 6-kéto-PGF1-á était semblable à celle observée dans le groupe témoin. Ces données correspondent à celles d'études publiées antérieurement, qui ont démontré que la production de prostacycline dépend en partie de l'activation de la COX-2. La production rénale de PGE2 a été considérablement réduite dans la même mesure, soit d'environ 45 à 50 %. Cet effet inhibiteur était temporaire.
Dans une étude avec groupes parallèles portant sur des sujets atteints de polyarthrite rhumatoïde (PAR), on a examiné l'effet du lumiracoxib (800 et 1 200 mg) et du naproxène (500 mg) sur l'agrégation plaquettaire. Ni le lumiracoxib ni le naproxène n'ont semblé avoir d'effet notable sur l'adénosine diphosphate (ADP) ni sur l'agrégation plaquettaire induite par le collagène.
L'effet d'un traitement à doses multiples par le lumiracoxib, par le naproxène et par un placebo sur la muqueuse digestive a été examiné par endoscopie chez des volontaires en santé dans le cadre d'une étude avec groupes parallèles et d'une étude croisée. Les deux études incluaient des mesures de l'inhibition du TxB2 dans le sang et l'étude croisée comportait des évaluations de la perméabilité de l'intestin grêle (perméabilité de l'intestin grêle et du gros intestin par absorption du 51Cr-EDTA) et des mesures de la PGE2 dans les biopsies gastriques. Aucune érosion n'a été détectée chez les sujets traités par le lumiracoxib (200 mg et 800 mg). À cet égard, le lumiracoxib s'est avéré différent de façon statistiquement significative du naproxène, mais non du placebo. Conformément à ces résultats, le lumiracoxib n'était pas différent du placebo en ce qui concerne la perméabilité gastrique. Le lumiracoxib a eu un léger effet sur l'inhibition de la PGE2 gastrique comparativement au placebo. Cette observation est normale pour un AINS sélectif pour la COX-2 comparativement au naproxène.
L'effet de sept jours de traitement par le lumiracoxib (200 et 400 mg), par le rofécoxib (25 mg), par l'indométhacine (50 mg) et par placebo sur la fonction rénale a été étudié chez des sujets en santé, normotensifs, soumis à un régime hyposodé et ayant un volume sanguin normal; ce modèle était sensible à l'inhibition des prostanoïdes. Le premier jour du traitement, le lumiracoxib a entraîné une réduction significative de 18 % de la filtration glomérulaire par rapport au placebo. En raison de l'adaptation du rein au traitement par le lumiracoxib, cet effet n'était plus détectable après sept jours de traitement. Comparativement au groupe témoin, les groupes ayant reçu du lumiracoxib et du rofécoxib ont présenté une réduction importante de l'excrétion urinaire de sodium, de chlorure, de potassium et d'eau pendant les six premières heures de l'intervalle entre les doses. Cet effet a diminué de la 6e à la 12e heure de l'intervalle, et il n'était plus détectable durant la dernière partie de l'intervalle (de la 12e à la 24e heure après la dose). La clairance du lithium endogène a été considérablement réduite par le lumiracoxib et le rofécoxib jusqu'à six heures après la dose. Les variables pharmacodynamiques mesurées dans le cadre de l'étude n'ont fait ressortir aucun effet dose-réponse constant entre les deux cohortes ayant reçu du lumiracoxib. Ces résultats indiquent que les deux catégories d'AINS constituent des facteurs de risque potentiels de rétention volumique accrue, d'oedème et d'hyperkaliémie. Cependant, au cours de l'étude, les modifications physiologiques rénales chez les sujets en santé n'étaient pas accompagnées de signes cliniques de rétention de sel ni d'eau. Comparativement au placebo, aucun des traitements n'a eu d'effet sur la pression artérielle diastolique et systolique ni sur le poids corporel. Aucun cas d'oedème n'a été signalé. Les sujets atteints d'affections (population cible) peuvent réagir différemment des sujets en santé.
3.3.2 Pharmacocinétique
Absorption
L'absorption du lumiracoxib a été rapide, le Tmax médian étant de 2,3 heures. La demi-vie plasmatique moyenne du lumiracoxib a été de 3,98 ± 1,37 heures après l'administration orale; la demi-vie plus courte (2,17 ± 0,34 h) observée après la dose intraveineuse a probablement été sous-estimée. La clairance plasmatique moyenne a été de 7,7 ± 1,5 L/h. En se fondant sur un rapport sang-plasma de ~ 0,5, on a estimé la clairance sanguine moyenne à ~15 L/h, soit environ 16 % du débit sanguin hépatique (environ 90 L/h). Le volume de distribution à l'état d'équilibre (Vss) a été de 9,0 ± 1,7 L.
La biodisponibilité relative du lumiracoxib a été évaluée chez 11 sujets en santé dans une étude croisée où le lumiracoxib (100 mg) a été administré en visant des points précis du tube digestif : estomac, intestin grêle proximal, intestin grêle distal et gros intestin. La biodisponibilité relative a été élevée dans toutes les régions comparativement au site de libération de référence de l'estomac. Les valeurs Tmax et Cmax ont été plus faibles dans l'estomac que dans l'intestin grêle, vraisemblablement en raison de la vidange gastrique et des effets de dissolution. La biodisponibilité absolue moyenne du lumiracoxib a été de 74,0 ± 8,6 %.
Trois études visaient à évaluer l'effet des aliments sur la biodisponibilité du lumiracoxib. Il s'agissait d'études randomisées croisées portant sur des sujets en santé traités par deux capsules de 100 mg de lumiracoxib, par un comprimé de 200 mg de lumiracoxib ou par un comprimé de 400 mg de lumiracoxib (charge médicamenteuse de 65 %) pris à jeun et après un déjeuner à forte teneur en matières grasses (recommandé par la FDA). Bien que de légères variations aient été observées dans les trois études en ce qui concerne l'ASC, la Cmax et le Tmax, les données indiquent que le lumiracoxib peut être pris sans égard à l'heure des repas.
Distribution
La pharmacocinétique à l'état d'équilibre du lumiracoxib a été caractérisée pendant neuf jours chez des sujets en santé, pendant 28 jours chez des sujets atteints d'arthrose et pendant 91 jours chez des sujets atteints de PAR. Après l'administration de doses orales répétées de lumiracoxib à des sujets en santé, la Cmax et l'ASCτ n'ont présenté aucune modification notable entre le jour 1 et le dernier jour du traitement. De plus, on n'a noté aucun signe d'augmentation des concentrations plasmatiques minimales dans les échantillons recueillis tout au long de la période d'administration des doses multiples. Les sujets atteints d'arthrose et de PAR n'ont pas présenté non plus de signes d'accumulation entre la première dose (jour 0) et les doses des jours 28 et 91. Les doses orales allant jusqu'à 1 200 mg n'ont entraîné aucune accumulation chez les sujets atteints de PAR. Ainsi, la pharmacocinétique du lumiracoxib est indépendante du temps, et aucune accumulation ni auto-induction n'a été observée.
La liaison du lumiracoxib aux protéines plasmatiques a été forte (≥ 98 %, presque exclusivement à l'albumine) et indépendante des concentrations dans l'intervalle des doses testées de 0,1 à 100 μg/mL. On a analysé la liaison du lumiracoxib aux protéines plasmatiques ex vivo chez des volontaires en santé et chez des sujets atteints d'insuffisance rénale terminale nécessitant une hémodialyse. La proportion moyenne du lumiracoxib lié a été de 98 % aussi bien chez les sujets atteints d'insuffisance rénale terminale que chez les sujets en santé.
La liaison du lumiracoxib aux protéines plasmatiques a aussi été étudiée ex vivo chez des sujets atteints d'insuffisance hépatique modérée. La proportion moyenne du lumiracoxib lié a été de 98 % aussi bien chez les sujets atteints d'insuffisance hépatique modérée que chez les sujets en santé. Rien ne démontre que la liaison dans le liquide synovial différait de la liaison aux protéines plasmatiques. La liaison du lumiracoxib et de ses principaux métabolites aux protéines plasmatiques humaines a été analysée à une concentration de 100 μg/mL. On a observé que le lumiracoxib et le 4'-hydroxy-lumiracoxib se liaient tous deux fortement aux protéines plasmatiques, présentant un pourcentage de liaison de 99,6 à 99,7 % et de 99,5 %, respectivement. Le degré de liaison protéique du 4'-hydroxy-5-carboxy-lumiracoxib et du 5-carboxy-lumiracoxib était légèrement inférieur (97,5 à 98,0 % et 96,5 à 97,0 %, respectivement).
Métabolisme
Après l'administration de lumiracoxib par voie orale à des sujets en santé, le lumiracoxib a subi un effet de premier passage modeste, puisque sa forme inchangée a représenté la majeure partie (80 - 90 %) du médicament pendant les 2,5 premières heures suivant la dose. Comme le métabolite 4'-hydroxy-lumiracoxib s'est avéré semblable au lumiracoxib sur les plans de l'activité et de la sélectivité dans les essais d'inhibition de la production de thromboxane B2 et de prostaglandine E2 dans le sang total, il pourrait présenter une activité inhibitrice anti-COX-2 semblable chez l'humain in vivo. Cependant, les concentrations relativement faibles de ce métabolite dans le plasma et le liquide synovial par rapport au lumiracoxib portent à croire qu'il est peu susceptible de contribuer de façon notable à l'efficacité du médicament.
Élimination
Après l'administration orale de 400 mg de [14C]-lumiracoxib à des sujets en santé, on a récupéré en moyenne 54 % de la dose radioactive dans l'urine et 43 %, dans les selles. Le lumiracoxib inchangé a été récupéré dans des proportions de 3,3 % et 2,0 % dans l'urine et les selles, respectivement. La clairance rénale, évaluée après l'administration de doses de 25 à 800 mg à des sujets en santé, se situait généralement entre 0,05 et 0,2 L/h. Cela veut dire que le lumiracoxib est principalement éliminé par métabolisme.
Pharmacocinétique en sous-population
Les données pharmacocinétiques concernant les sujets de 16 études différentes ont été utilisées dans une analyse de l'influence de facteurs démographiques (âge, sexe, origine ethnique et poids corporel) sur la pharmacocinétique du lumiracoxib. Aucun effet clinique important lié au traitement n'a été noté en rapport avec l'un ou l'autre de ces facteurs.
Dans une étude ouverte, huit sujets atteints d'insuffisance rénale terminale et huit témoins en santé appariés ont chacun reçu une dose orale de 200 mg de lumiracoxib. L'ASC du lumiracoxib chez les sujets atteints d'insuffisance rénale terminale était environ 27 % moins élevée que celle des sujets en santé, et ni l'ASC ni la Cmax n'ont semblé être influencées par la dialyse. Le traitement par le lumiracoxib n'est pas recommandé pour les personnes atteintes d'une maladie rénale avancée.
On a aussi examiné la pharmacocinétique du lumiracoxib chez des sujets atteints d'insuffisance hépatique modérée. Comme l'ASC a augmenté de seulement 1 %, il n'est pas nécessaire d'ajuster la dose pour les patients atteints d'insuffisance hépatique légère et modérée. L'influence de l'insuffisance hépatique grave n'a pas encore été évaluée.
Comme le lumiracoxib est principalement éliminé par un métabolisme catalysé par le cytochrome CYP2C9, il existe dans la population générale des mauvais métaboliseurs qui pourraient courir un risque d'exposition accrue et de perte de la sélectivité pour la COX-2. Cette possibilité a été étudiée in vitro et in vivo. Aucune corrélation entre le génotype CYP2C9 et l'exposition au lumiracoxib n'a été observée. Les données appuient l'utilisation du lumiracoxib dans l'ensemble de la population sans qu'il soit nécessaire de s'inquiéter de la perte de sélectivité pour la COX-2 chez les patients qui présentent le génotype CYP2C9 et qui courent un risque de clairance réduite des médicaments principalement métabolisés par le cytochrome CYP2C9.
Sur le plan des interactions médicament-médicament, le lumiracoxib semble avoir un faible potentiel d'interaction avec les composés éliminés par le cytochrome P450. On n'anticipe aucune interaction cliniquement pertinente découlant des effets du lumiracoxib sur d'autres médicaments (par sa liaison aux protéines plasmatiques) ni des effets des médicaments administrés en concomitance sur le lumiracoxib. L'administration concomitante de lumiracoxib et d'oméprazole ou d'antiacides n'a produit aucun effet notable sur la pharmacocinétique du médicament. Le lumiracoxib n'a pas non plus affecté les traitements faisant appel au méthotrexate et à des contraceptifs oraux.
Les volontaires en santé ont préalablement reçu des doses multiples de fluconazole, suivies de doses de lumiracoxib administrées en concomitance. L'effet modeste du fluconazole sur la pharmacocinétique du lumiracoxib pourrait indiquer qu'en cas d'inhibition du CYP2C9, il existerait une autre voie de clairance pour le lumiracoxib, vraisemblablement une autre voie métabolique. Comme le lumiracoxib peut directement former un acylglucuronide, cette voie métabolique est probable, mais on ne peut pas exclure d'autres mécanismes.
Dans une étude avec groupes parallèles, des sujets en santé ont reçu pendant cinq jours l'un des traitements suivants : warfarine, warfarine et lumiracoxib, ou warfarine et placebo administrés en concomitance. Selon cette étude, il est peu probable que la pharmacocinétique des substrats moins sensibles que la warfarine à l'inhibition du CYP2C9 soit affectée par l'administration concomitante de lumiracoxib. À la lumière de l'analyse pharmacodynamique menée dans le cadre de cette étude, l'activité anticoagulante doit faire l'objet d'une surveillance particulière chez les patients recevant de la warfarine, particulièrement dans les premiers jours qui suivent la mise en route ou la modification d'un traitement par le lumiracoxib. Cette mise en garde concernant les patients recevant des anticoagulants s'applique à tous les AINS sélectifs pour la COX-2. Des cas d'hémorragie (certains fatals) ont été signalés parmi ces patients dans des rapports postcommercialisation.
3.3.3 Efficacité clinique
L'efficacité du lumiracoxib à 100 mg o.d. dans le traitement des signes et des symptômes de l'arthrose du genou a été évaluée dans deux études de phase III, à double insu, contrôlées avec placebo et avec traitement actif (étude 2360, n = 1 551 et étude 2361, n = 1 684). Ces études visaient à comparer l'efficacité et l'innocuité du lumiracoxib à raison de 100 mg o.d. à un placebo et au célécoxib à raison de 200 mg o.d. pendant 13 semaines, puis pendant des phases de prolongation de 52 semaines. L'étude 2360 a été prolongée à 52 semaines en tant qu'essai d'efficacité et d'innocuité ouvert chez des sujets traités par le lumiracoxib à raison de 100 mg o.d., tandis que l'étude 2361 a été prolongée à 52 semaines en tant qu'essai d'efficacité et d'innocuité contrôlé activement, chez des sujets traités par le lumiracoxib à raison de 100 mg o.d. ou par le célécoxib à raison de 200 mg o.d.
Trois paramètres primaires d'efficacité ont été utilisés dans les deux études pivotales : l'intensité de la douleur liée à l'arthrose à 13 semaines dans l'articulation cible au cours des 24 heures précédentes; l'évaluation globale de l'activité de la maladie par le patient à 13 semaines; et le score total au questionnaire WOMAC (Western Ontario and McMaster Universities) à 13 semaines. On a aussi évalué des paramètres secondaires d'efficacité, en l'occurrence les critères OMERACT-OARSI et d'autres paramètres secondaires courants (critères PASS et MPCI).
Selon les données des deux principales études d'efficacité, le lumiracoxib à 100 mg o.d. est plus efficace qu'un placebo, et aussi efficace que le célécoxib à 200 mg o.d. pendant 13 semaines en ce qui concerne les trois paramètres primaires d'efficacité.
Le traitement par le lumiracoxib à raison de 100 mg o.d. a mené à une amélioration à tous les points dans le temps de la période de 52 semaines au chapitre de la douleur générale, des évaluations par les patients et par les médecins, de la douleur propre à l'arthrose (p. ex., marche, montée d'escaliers, repos, position debout), de la raideur (le matin et plus tard dans la journée) et des mesures de la fonction physique (quantifiées par le questionnaire WOMAC ou par l'indice de l'arthrose de la main AUSCAN).
3.3.4 Innocuité clinique
Les données pertinentes sur l'innocuité du lumiracoxib ont été présentées dans trois ensembles de données distincts. Dans chaque ensemble, des études cliniques avaient été regroupées selon leurs similitudes concernant la méthodologie, la population à l'étude et l'exposition. L'ensemble 1 était constitué de données regroupées sur l'innocuité issues de 13 études de courte durée sur l'arthrose durant jusqu'à 13 semaines. L'ensemble 2 était formé de données regroupées sur l'innocuité issues de trois études de longue durée sur l'arthrose durant jusqu'à 1 an. Enfin, l'ensemble 9 était constitué de données regroupées sur l'innocuité issues de 23 études de courte et de longue durées sur l'arthrose et la polyarthrite rhumatoïde durant jusqu'à 1 an. Les trois ensembles comprenaient des données concernant l'innocuité chez des patients ayant reçu du lumiracoxib à raison de 100 mg o.d. ainsi que des doses plus élevées. Dans les ensembles 1 et 9, l'innocuité du lumiracoxib a été comparée à celle de différents inhibiteurs sélectifs de la COX-2, d'AINS non sélectifs et de placebos. Dans l'ensemble 2, l'innocuité du lumiracoxib à 100, 200 et 400 mg o.d. a été comparée à celle du célécoxib à 200 mg o.d., sans contrôle avec placebo.
Les données concernant l'innocuité comprenaient également les résultats d'une vaste étude internationale de phase III à double insu sur les effets gastro-intestinaux visant à approfondir l'innocuité digestive du lumiracoxib (TARGET). Dans l'étude TARGET, 18 325 sujets atteints d'arthrose ont été répartis aléatoirement en trois groupes de traitement : lumiracoxib à raison de 400 mg o.d. (dose suprathérapeutique correspondant à 4 fois la dose quotidienne maximale recommandée dans le cadre d'un traitement prolongé), naproxène à raison de 500 mg b.i.d. ou ibuprofène à raison de 800 mg t.i.d. Les traitements duraient un an. L'étude TARGET a été conçue prospectivement pour inclure des sujets qui recevaient de l'aspirine à faible dose (75-100 mg par jour) à des fins de prévention primaire ou secondaire de cardiopathie ischémique.
Dans les essais cliniques standard, on a évalué l'innocuité du lumiracoxib chez environ 18 500 sujets au total, y compris environ 15 850 sujets atteints d'arthrose et 2 650 sujets atteints de polyarthrite rhumatoïde. Parmi ceux-ci, environ 1 850 sujets atteints d'arthrose ont été traités par le lumiracoxib à 100 mg o.d. pendant 3 mois et environ 750 sujets ont été traités par le lumiracoxib à 100 mg o.d. pendant 1 an.
Les comparaisons aux autres AINS utilisés dans le programme clinique pour étudier le lumiracoxib ont permis de dégager les conclusions suivantes :
1) Profil d'innocuité gastro-intestinale supérieur à celui des AINS non sélectifs
La toxicité gastro-intestinale menant à des ulcérations, à des perforations et à des hémorragies, qui constitue l'un des principaux risques pour la santé associés aux traitements par AINS, est une cause importante de mortalité et de morbidité. Tous les ensembles de données sur l'innocuité clinique ont clairement montré que le lumiracoxib avait un profil d'innocuité gastro-intestinale supérieur à celui des AINS non sélectifs. La fréquence des effets digestifs indésirables et des ulcères était beaucoup moins élevée chez les sujets traités par le lumiracoxib que chez ceux traités par des AINS non sélectifs. Dans les études de longue durée sur l'arthrose, les effets digestifs indésirables et les ulcères ont aussi été moins souvent signalés chez les sujets traités par le lumiracoxib à 100 mg o.d. (dose indiquée dans cette présentation) que chez ceux traités par le célécoxib à 200 mg o.d. (seul autre inhibiteur sélectif de la COX-2 actuellement autorisé au Canada).
L'étude TARGET a elle aussi révélé que le profil d'innocuité gastro-intestinale du lumiracoxib était supérieur à celui des AINS non sélectifs. Une réduction hautement significative de 79 % des ulcères compliqués (perforations, obstructions, hémorragies [POH]) dans le tube digestif supérieur a été observée chez les patients ne recevant pas d'AAS à faible dose après l'administration de la dose suprathérapeutique de 400 mg de lumiracoxib o.d. (4 fois plus élevée que la dose proposée) comparativement à ceux ayant reçu le naproxène et l'ibuprofène. Une réduction hautement significative de 66 % des POH en faveur du lumiracoxib comparativement aux AINS non sélectifs combinés a également été notée dans l'ensemble de la population à l'étude (y compris les sujets recevant de l'aspirine à faible dose). De plus, le risque de complications d'ulcères et/ou d'ulcères symptomatiques (perforations, ulcérations et hémorragies [PUH]) dans le tube digestif supérieur était nettement plus faible chez les patients traités par le lumiracoxib que chez ceux traités par des AINS non sélectifs, aussi bien dans le sous-groupe des sujets ne recevant pas d'AAS à faible dose que dans l'ensemble de la population à l'étude.
Dans l'étude TARGET, les avantages du lumiracoxib par rapport aux AINS non sélectifs sur le plan gastro-intestinal ont été réduits par l'ajout d'un traitement par AAS à faible dose. Par conséquent, la réduction des effets digestifs indésirables n'était pas statistiquement significative en faveur du lumiracoxib par rapport aux AINS non sélectifs chez les patients recevant à la fois du lumiracoxib et de l'AAS à faible dose. Cependant, en ce qui concerne les POH et les PUH, le lumiracoxib a été systématiquement supérieur aux AINS non sélectifs dans le sous-groupe des sujets recevant de l'AAS en même temps que le lumiracoxib.
2) Réduction des effets hypertensifs indésirables comparativement aux autres AINS
Dans l'étude TARGET, les taux d'élévation de la pression artérielle systolique ou diastolique ont été considérablement plus faibles chez les sujets traités par la dose suprathérapeutique de 400 mg de lumiracoxib o.d. que chez ceux traités par l'ibuprofène ou par le naproxène. De plus, les taux d'effets hypertensifs indésirables, tant nouveaux qu'aggravés, étaient considérablement plus faibles chez les sujets traités par le lumiracoxib que chez ceux traités par l'ibuprofène.
Dans les études de longue durée sur l'arthrose, les cas d'hypertension ont été moins nombreux parmi les sujets traités par le lumiracoxib à 100 mg o.d. que parmi ceux traités par le célécoxib à 200 mg o.d. Dans les études de courte et de longue durées combinées sur l'arthrose et la polyarthrite rhumatoïde, la fréquence des cas d'hypertension était sensiblement la même chez les sujets traités par le lumiracoxib à 100 mg o.d. et par le célécoxib à 200 mg o.d., mais elle était plus faible chez les sujets traités par le lumiracoxib à 100 mg o.d. que chez ceux traités par des AINS non sélectifs.
Dans les études de 1 an sur l'arthrose où le lumiracoxib a été administré à raison d'une dose quotidienne de 100 mg, une hypertension et un oedème sont apparus chez 3,3 % et 2,6 % des sujets, respectivement. Dans l'étude TARGET, les taux d'hypertension dans l'ensemble de la population à l'étude traitée par le lumiracoxib à 400 mg o.d. et par les doses thérapeutiques courantes de naproxène et d'ibuprofène ont été de 5,1 %, 5,6 % et 7,2 %, respectivement. Ces différences ne sont pas statistiquement significatives, mis à part celle observée entre le lumiracoxib et l'ibuprofène. Les taux correspondants d'oedème ont été de 3,6 %, 3,1 % et 4,3 %, respectivement.
3) Aucune augmentation statistiquement significative du risque cardiovasculaire par rapport aux autres AINS déjà autorisés
Le lumiracoxib n'a entraîné aucune augmentation des risques d'infarctus du myocarde, de décès d'origine cardiovasculaire et d'accident vasculaire cérébral (AVC) comparativement au placebo dans les études de courte durée (jusqu'à 13 semaines) sur l'arthrose. Le lumiracoxib à 100 mg o.d. a entraîné un plus grand nombre d'événements ischémiques cardiovasculaires que le célécoxib à 200 mg o.d. dans les études de courte et de longue durées (jusqu'à 1 an) sur l'arthrose.
Dans l'étude TARGET, les groupes expérimentaux n'ont présenté aucune différence notable en ce qui concerne le nombre total de cas confirmés ou probables d'effets indésirables cardiovasculaires et cérébrovasculaires graves. L'incidence du paramètre cardiovasculaire mixte de l'APTC (AntiPlatelet Trialists' Collaboration) (y compris l'incidence des infarctus du myocarde silencieux et cliniques, des AVC et des décès d'origine cardiovasculaire) associée à la dose suprathérapeutique 4 fois supérieure à celle prévue (400 mg de lumiracoxib o.d.) ne différait pas de façon statistiquement significative de celle associée aux AINS non sélectifs, en l'occurrence le naproxène et l'ibuprofène. Chez les sujets présentant un risque d'événement cardiovasculaire ou recevant de l'aspirine à faible dose avant le traitement, le risque d'événement cardiovasculaire associé au lumiracoxib n'a pas été plus élevé que celui associé au naproxène et à l'ibuprofène. L'incidence des infarctus du myocarde a été sensiblement la même chez les sujets traités par le lumiracoxib et l'ibuprofène, peu importe s'ils recevaient ou non de l'aspirine à faible dose. Une hausse de l'incidence des infarctus du myocarde a été associée au lumiracoxib lorsqu'il était comparé au naproxène chez les sujets ne recevant pas d'aspirine à faible dose. Cependant, cette hausse des infarctus du myocarde n'était pas statistiquement significative et elle n'a pas été observée chez les sujets recevant de l'aspirine à faible dose.
Les études de longue durée sur l'arthrose et l'étude TARGET ont toutes duré un an. Par conséquent, le risque d'événement cardiovasculaire associé à l'utilisation prolongée du lumiracoxib (c.-à-d. pendant plus de 1 an) n'a pas encore été déterminé.
4) Aucune augmentation du risque d'oedème ou d'événement hématologique comparativement aux autres AINS
Dans les études de courte durée sur l'arthrose, les cas d'oedème ont été moins nombreux parmi les sujets traités par le lumiracoxib à 100 mg o.d. que parmi ceux traités par des AINS non sélectifs. Dans les études de longue durée sur l'arthrose, l'incidence de l'oedème a été semblable pour les deux inhibiteurs sélectifs de la COX-2, à savoir le lumiracoxib (100 mg o.d.) et le célécoxib (200 mg o.d.). Dans les études de courte et de longue durées combinées sur l'arthrose et la polyarthrite rhumatoïde, l'oedème a été moins souvent signalé chez les sujets traités par le lumiracoxib à 100 mg o.d. et les autres inhibiteurs sélectifs de la COX-2 que chez ceux traités par des AINS non sélectifs. Dans l'étude TARGET, la fréquence de l'oedème a été sensiblement la même chez les sujets traités par le naproxène et par le lumiracoxib, mais un peu plus faible chez les sujets traités par le lumiracoxib à 400 mg o.d. que chez ceux traités par l'ibuprofène à 800 mg t.i.d.
Dans les études de courte durée sur l'arthrose, les baisse de l'hémoglobine, de l'hématocrite et du nombre de neutrophiles et de lymphocytes ont été moins fréquentes chez les sujets traités par le lumiracoxib que chez ceux traités par les AINS non sélectifs. Dans les études de longue durée sur l'arthrose, la proportion de sujets présentant des anomalies hématologiques a été légèrement plus faible parmi ceux traités par le lumiracoxib à 100 mg o.d. que chez ceux traités par le célécoxib à 200 mg o.d.
5) Aucune augmentation des réactions cutanées indésirables graves comparativement aux autres AINS, et aucun nouveau problème d'innocuité
Aucun cas de réaction cutanée indésirable grave n'a été noté dans les études cliniques pré-autorisation portant sur le lumiracoxib, mais quelques cas de réaction cutanée grave ont été signalés chez des personnes traitées par le lumiracoxib au cours de l'expérience postcommercialisation. Aucun risque additionnel ni nouveau type de problème d'innocuité n'a été observé, mis à part ceux déjà connus, qui sont considérés comme des effets liés à la classe thérapeutique des AINS ou des inhibiteurs de la COX-2.
6) Augmentation du risque d'anomalies hépatiques comparativement aux autres AINS
L'élévation des enzymes hépatiques est un effet lié à la classe thérapeutique des AINS qui peut mener à des troubles hépatiques graves. Comme en témoigne l'élévation des taux de transaminases hépatiques ALT et/ou AST, les cas d'hépatotoxicité ont été plus fréquents parmi les sujets traités par le lumiracoxib que parmi ceux traités par les autres AINS dans certains essais cliniques (études de longue durée sur le lumiracoxib administré à raison de 200 et de 400 mg o.d.). Dans les études de longue durée combinées sur l'arthrose, les élévations notables des taux d'ALT et de la phosphatase alcaline ont été légèrement plus fréquentes chez les sujets traités par le lumiracoxib à 100 mg o.d. que chez ceux traités par le célécoxib à 200 mg o.d. Les augmentations des enzymes hépatiques ont aussi été plus nombreuses chez les sujets traités par le lumiracoxib à raison de 200 et 400 mg o.d. que chez ceux traités par le lumiracoxib à raison de
100 mg o.d. et par le célécoxib à raison de 200 mg o.d.
Dans les études de courte et de longue durées combinées sur l'arthrose et la polyarthrite rhumatoïde, on a observé des élévations et des modifications importantes de l'ALT par rapport aux valeurs de base, allant de normales à élevées, plus souvent dans le cas du lumiracoxib, à toutes les doses (tendance positive en fonction de la dose), que dans le cas des AINS non sélectifs, des autres inhibiteurs de la COX-2 et des placebos.
Dans l'étude TARGET, la dose suprathérapeutique de 400 mg de lumiracoxib o.d., correspondant à 4 fois la dose prévue, a été plus hépatotoxique que les AINS de comparaison, en l'occurrence le naproxène et l'ibuprofène. Une élévation des taux d'ALT et d'AST a été notée chez 2,6 % des sujets traités par Prexige contre 0,6 % de ceux traités par d'autres AINS. Six patients traités par le lumiracoxib à 400 mg o.d. ont présenté des effets hépatiques indésirables jugés graves (élévation importante des paramètres de la fonction hépatique avec augmentation concomitante de la bilirubine). Aucun cas d'insuffisance hépatique n'est survenu. Tous les sujets se sont entièrement rétablis après l'arrêt du médicament à l'étude.
De façon générale, la dose suprathérapeutique de lumiracoxib (400 mg o.d., 4 fois plus que la dose prévue) a été associée plus souvent à des réactions hépatiques indésirables que la dose de 100 mg de lumiracoxib o.d. et que la dose de 200 mg de célécoxib o.d. À 12 mois, la proportion de sujets présentant un taux d'ALT supérieur à 3 fois la limite supérieure normale (LSN) a été de 0,9 % parmi ceux traités par le lumiracoxib à 100 mg o.d., de 0,4 % parmi ceux traités par le célécoxib à 200 mg o.d. et, enfin, de 2,6 % et 2,2 % parmi ceux traités par le lumiracoxib à 200 et à 400 mg o.d., respectivement (doses suprathérapeutiques). En ce qui concerne le taux d'AST, la proportion de sujets présentant des anomalies notables tendait à être légèrement plus élevée dans le groupe traité par le lumiracoxib à 200 mg o.d.
7) Risque accru de dysfonction rénale
La diminution de la fonction rénale est un effet lié à la classe thérapeutique des AINS. La toxicité rénale, mesurée par l'élévation du taux de créatinine sérique et la baisse de la clairance de la créatinine, a été observée plus souvent chez les sujets traités par le lumiracoxib que chez ceux traités par certains autres AINS dans les études cliniques. Dans les études de courte durée sur l'arthrose, l'augmentation du taux de créatinine a été sensiblement la même avec le lumiracoxib à 100 mg o.d. qu'avec les AINS non sélectifs, mais elle a été plus marquée avec le lumiracoxib à 100 mg o.d. qu'avec 200 mg de célécoxib o.d. Dans les études de courte et de longue durées combinées sur l'arthrose et la PAR, les élévations du taux de créatinine sérique > 35,36 μmol/L par rapport aux valeurs de base ont été plus fréquentes chez les sujets traités par le lumiracoxib à 100 mg o.d. que chez ceux traités par le célécoxib à 200 mg o.d.; ces études ont également fait ressortir des augmentations proportionnelles à la dose de lumiracoxib utilisée. On a noté des élévations du taux de créatinine sérique > 35,36 μmol/L par rapport aux valeurs de base et des baisses de la clairance de la créatinine < 81 mL/min plus fréquentes avec le lumiracoxib à 100 mg o.d. qu'avec le célécoxib à 200 mg o.d. dans les études de courte et de longue durées combinées sur l'arthrose et la PAR, et des diminutions semblables de la clairance de la créatinine < 30 mL/min (0,3 % pour le lumiracoxib à raison de 100 mg o.d. et 0,3 % pour le célécoxib à raison de 200 mg o.d.). Dans certaines études cliniques, on a observé un plus grand nombre de cas de diminution de clairance de la créatinine et d'hyperkaliémie chez les sujets traités par le lumiracoxib à 100 mg o.d., tandis que les cas d'augmentation du taux de créatinine, de l'azote uréique du sang et des concentrations de potassium étaient plus courants dans le groupe composé de tous les sujets traités par des AINS. Les augmentations moyennes des taux de créatinine par rapport aux valeurs de départ tendaient à être plus faibles dans les groupes traités par le lumiracoxib et plus élevées dans le groupe composé de tous les sujets traités par des AINS.
Dans l'étude TARGET, bien qu'on n'ait observé aucune différence statistiquement significative entre les différents groupes de traitement sur le plan des événements rénaux majeurs, les élévations du taux de créatinine sérique ≥100 % par rapport aux valeurs de base étaient moins fréquentes de façon statistiquement significative chez les sujets traités par le naproxène que chez ceux traités par le lumiracoxib, mais on n'a noté aucune différence significative entre le lumiracoxib et l'ibuprofène. Les élévations du taux de créatinine sérique ≥ 100 % et/ou de la de protéinurie > 3 g/L, considérées comme des événements rénaux majeurs dans l'étude, ont été plus fréquentes chez les sujets traités par le lumiracoxib à 400 mg o.d. (dose suprathérapeutique 4 fois plus élevée que la dose prévue) que chez ceux traités par le naproxène à 500 mg b.i.d. et l'ibuprofène à 800 mg t.i.d. Les augmentations du taux de créatinine sérique > 35,36 μmol/L par rapport aux valeurs de base ont aussi été plus fréquentes chez les sujets traités par le lumiracoxib que chez ceux traités par les deux AINS non sélectifs. La différence était statistiquement significative entre le lumiracoxib et le naproxène, mais non entre le lumiracoxib et l'ibuprofène.
3.4 Évaluation des avantages / risques et recommandation
3.4.1 Évaluation des avantages / risques
Les études cliniques soumises ont montré que le lumiracoxib administré à raison de 100 mg o.d. soulage les symptômes cliniques pertinents de l'arthrose du genou de façon comparable au célécoxib administré à raison de 200 mg o.d.
Comparativement aux résultats obtenus avec les AINS non sélectifs, les avantages du lumiracoxib comprennent une réduction importante de la fréquence des effets indésirables de nature gastro-intestinale avec complications (principale source de morbidité des AINS) et un moins grand nombre de manifestations hypertensives; il n'y a pas eu d'augmentation significative du risque cardiovasculaire, ni de hausse d'oedème ou du risque hématologique, ni d'accroissement des réactions cutanées graves. On a cependant noté une hausse des anomalies hépatiques en fonction de la dose (plus fréquente à 400 mg - dose suprathérapeutique quatre fois plus élevée que la dose prévue) et un risque accru de dysfonction rénale en fonction de la dose (plus fréquente à 400 mg - dose suprathérapeutique quatre fois plus élevée que la dose prévue).
De façon générale, l'évaluation des avantages et des risques du lumiracoxib est positive et montre que le lumiracoxib administré à raison de 100 mg o.d. est supérieur aux AINS non sélectifs, principalement en raison de la pertinence clinique de la tolérabilité gastro-intestinale grandement améliorée et de l'absence de hausse statistiquement significative du risque cardiovasculaire comparativement aux autres AINS.
Le promoteur a soumis un plan de pharmacovigilance (PPV) comportant un engagement ferme à l'endroit de la surveillance postcommercialisation de l'innocuité du lumiracoxib. Le plan prévoit une étude prospective observationnelle de phase IV qui comparera l'innocuité du lumiracoxib avec celle d'autres AINS sélectifs et non sélectifs dans la population canadienne pendant 24 mois. Le PPV et ses différents engagements ont été examinés et jugés acceptables par Santé Canada.
3.4.2 Recommandation
Après avoir examiné les données sur la qualité, l'innocuité et l'efficacité de ce produit, Santé Canada estime que Prexige* a un profil risques/avantages favorable au traitement de courte et de longue durée des signes et des symptômes de l'arthrose du genou chez l'adulte. La présentation de drogue nouvelle répond aux exigences des articles C.08.002 et C.08.005.1, et par conséquent, Santé Canada a émis l'Avis de conformité prévu par l'article C.08.004 du Règlement sur les aliments et drogues.
4 Étapes importantes de la présentation
Étapes importantes de la présentation: Prexige
| Étape importante de la présentation | Date |
|---|---|
| No de contrôle 082754 : Dépôt de la présentation: | 2003-02-19 |
| Examen préliminaire 1 | |
| Avis d'insuffisance émis lors de l'examen préliminaire | 2003-04-02 |
| Réponse déposée | 2003-04-29 |
| Lettre d'acceptation à l'issue de l'examen préliminaire | 2003-05-06 |
| Examen 1 | |
| Évaluation biopharmaceutique terminée | 2004-02-27 |
| Évaluation de la qualité terminée | 2003-11-17 |
| Évaluation clinique terminée | 2004-02-25 |
| ANC émis par le directeur général (les lacunes au niveau clinique et biopharmaceutique) | 2004-03-01 |
| Réponse déposée | 2004-06-01 |
| Examen préliminaire 2 | |
| Lettre d'acceptation à l'issue de l'examen préliminaire | 2004-07-14 |
| Examen 2 | |
| Évaluation biopharmaceutique terminée | 2004-07-23 |
| Évaluation de la qualité terminée | 2004-10-01 |
| Évaluation clinique terminée | 2004-12-08 |
| ANC retrait émis par le directeur général | 2004-12-10 |
| Réunion préalable B la présentation | 2005-09-25 |
| No de contrôle 102465: Nouveau dépôt de la présentation | 2005-11-15 |
| Examen préliminaire | |
| Lettre d'acceptation à l'issue de l'examen préliminaire | 2006-01-06 |
| Examen | |
| Évaluation de la qualité terminée | 2006-10-27 |
| Évaluation clinique terminée | 2006-11-02 |
| Évaluation biostatistique terminée | 2006-04-12 |
| Examen de l'étiquetage terminé | 2006-11-02 |
| Délivrance de l'AC par le directeur général | 2006-11-02 |