Sommaire des motifs de décision portant sur Rotarix ™
Décisions d'examen
Le sommaire des motifs de décision explique les raisons pour lesquelles un produit a reçu une autorisation de vente au Canada. Le document comprend les considérations portant sur la réglementation, l’innocuité, l’efficacité et la qualité (sur le plan de la chimie et de la fabrication).
Type de produit:
- Ce document est une traduction française du document anglais approuvé.
RotarixMD
Vaccin oral à rotavirus humain, vivant, atténué
106,0 CCID50/mL, Poudre pour suspension, Orale
GlaxoSmithKline Inc.
No de contrôle de la présentation : 109624
Émis le : 2008-07-23
Direction générale des produits de santé et des aliments
Notre mission est d'aider les Canadiennes et les Canadiens à maintenir et à améliorer leur état de santé.
Santé Canada
Le mandat de la DGPSA est d'adopter une approche intégrée à la gestion des risques et des avantages pour la santé liés aux produits de santé et aux aliments:
- en réduisant les facteurs de risque pour la santé des Canadiens et Canadiennes tout en maximisant la protection offerte par le systPme réglementaire des produits de la santé et des aliments ; et
- en favorisant des conditions qui permettent aux Canadiens et Canadiennes de faire des choix sains ainsi qu'en leur donnant des renseignements afin qu'ils ou qu'elles puissent prendre des décisions éclairées en ce qui a trait à leur santé.
Direction générale des produits de santé et des aliments
Also available in English under the following title: Summary Basis of Decision (SBD) ROTARIX™, Human rotavirus, live, attenuated, oral vaccine, 106.0 CCID50/mL, powder for suspension, GlaxoSmithKline Inc., Submission Control No. 109624
Avant-propos
Le Sommaire des motifs de décision (SMD) de Santé Canada expose les motifs d'ordre scientifique et réglementaire sur lesquels reposent les décisions de Santé Canada concernant la réglementation des médicaments et des instruments médicaux. Les SMD sont rédigés en langage technique à l'intention des personnes et groupes intéressés aux décisions de Santé Canada portant sur un produit donné et sont le reflet des observations consignées dans les rapports d'évaluation. À ce titre, les SMD servent à compléter et non à répéter l'information contenue dans la monographie de produit.
Nous invitons les lecteurs à consulter le « Guide du lecteur sur le Sommaire des motifs de décision - Médicaments au sujet de l'interprétation des termes et des acronymes utilisés ici. Ils trouveront également dans ce guide un aperçu du processus d'examen des présentations de drogue dans le feuillet intitulé « Comment les médicaments sont examinés au Canada », qui décrit les facteurs pris en considération par Santé Canada au cours du processus d'examen et d'autorisation d'une présentation de drogue. Les lecteurs devraient aussi consulter le document intitulé « Initiative du sommaire des motifs de décision - Foire aux questions ».
Le SMD correspond à l'information dont disposent les autorités de réglementation de Santé Canada au moment de prendre une décision. Les présentations subséquentes examinées à d'autres fins ne sont pas incluses dans la Phase I de la stratégie de mise en oeuvre des SMD. Pour obtenir de l'information à jour sur un produit en particulier, les lecteurs sont priés de consulter la monographie la plus récente de ce produit. Santé Canada fournit également l'information au sujet mises en garde diffusées après la commercialisation ou d'avis émis à la suite d'effets indésirables (EI).
Pour de plus amples renseignements sur un produit en particulier, les lecteurs peuvent également se rendre sur les sites Web des organismes de réglementation d'autres pays. L'information reçue à l'appui d'une présentation de drogue au Canada peut cependant ne pas être identique à celle reçue par d'autres gouvernements.
Autres politiques et lignes directrices
Les lecteurs sont invités à consulter le site Web de Santé Canada, où ils trouveront d'autres politiques et lignes directrices au sujet des médicaments, notamment le document intitulé «Gestion des présentations de drogues ».
1 Information sur le produit et la présentation
Marque nominative :
Fabricant/promoteur :
Ingrédient médicinal :
Dénomination commune internationale :
Concentration :
Forme posologique :
Voie d'administration :
Identification numérique de drogue (DIN) :
- 02300591
Classe pharmaco-thérapeutique (classe ATC) :
Ingrédients non médicinaux :
Solvant : carbonate de calcium, eau stérile, gomme xanthane
Type et numéro de présentation :
n° de contrôle 109624
Date de la présentation :
Date de l'autorisation :
ROTARIXMD est une marque de commerce utilisée sous licence par GlaxoSmithKline Inc.
2 Avis de décision
Le 9 octobre 2007, Santé Canada a émis à l'intention de GlaxoSmithKline Inc. un avis de conformité du vaccin RotarixMD.
RotarixMD contient un rotavirus humain, vivant, atténué (souche RIX4414). RotarixMD est un agent d'immunisation active.
RotarixMD est indiqué pour l'immunisation active des enfants de 6 semaines et plus contre la gastro entérite causée par les rotavirus de type G1P[8], G2P[4], G3P[8], G4P[8] et G9P[8]. Les infections à rotavirus constituent la principale cause de gastro entérite aiguë sévère chez les nourrissons et les jeunes enfants dans le monde. Le mécanisme immunologique par lequel RotarixMD confère une protection contre la gastro entérite à rotavirus n'est pas tout à fait clair. On n'a pas encore établi de relation entre la réponse des anticorps au vaccin à rotavirus et la protection contre la gastro entérite à rotavirus.
L'autorisation de commercialisation s'appuie sur des données issues d'études sur la qualité (chimie et fabrication) et d'études non cliniques et cliniques. Environ 80 000 doses de RotarixMD ont été administrées à plus de 40 000 enfants. Le programme de mise au point clinique de RotarixMD comprenait 14 études cliniques (ainsi que 4 études justificatives), à savoir : 2 études de phase I, 8 études de phase II et 4 études de phase III. Quatre des études cliniques visaient à évaluer l'efficacité protectrice de RotarixMD contre la gastro entérite sévère et contre toute forme de gastro entérite. Aucune conclusion n'a pu être tirée d'une cinquième étude (de phase II) en raison du faible nombre de cas de gastro entérite à rotavirus compris dans cette étude. RotarixMD est efficace pendant la première et la deuxième années de vie. Le profil d'innocuité de RotarixMD est acceptable.
RotarixMD (106,0 CCID50/mL, vaccin oral à rotavirus humain, vivant, atténué) est offert en poudre pour suspension. Le schéma de vaccination comporte deux doses. La première peut être administrée dès l'âge de 6 semaines. L'intervalle entre les doses devrait être d'au moins 4 semaines. Les deux doses devraient avoir été administrées au plus tard à l'âge de 24 mois. Les recommandations concernant la posologie sont décrites dans la monographie de produit.
RotarixMD est contre indiqué chez les enfants souffrant d'une hypersensibilité connue au médicament, à ses ingrédients ou à tout composant du contenant, chez les enfants ayant déjà présenté une hypersensibilité à d'autres vaccins à rotavirus et chez les enfants atteints d'une malformation congénitale non corrigée (par exemple, diverticule de Meckel) au niveau du tube digestif susceptible de causer une invagination. RotarixMD devrait être administré selon les conditions décrites dans la monographie de produit, en tenant compte des risques potentiels associés à l'administration de ce produit pharmaceutique. Les conditions détaillées relatives à l'usage de RotarixMD sont décrites dans la monographie de produit.
Conformément à son examen des données sur la qualité, l'innocuité et l'efficacité du produit, Santé Canada juge que le rapport entre les avantages et les risques de RotarixMD est favorable pour l'immunisation active des enfants de 6 semaines et plus contre la gastro entérite causée par les rotavirus de type G1P[8], G2P[4], G3P[8], G4P[8] et G9P[8].
3 Motifs d'ordre scientifique et réglementaire
3.1 Motifs d'ordre qualitatif
3.1.1 Substance médicamenteuse (Ingrédient médicinal)
Renseignements généraux
RotarixMD contient un rotavirus humain, vivant, atténué (souche RIX4414), utilisé en tant qu'agent d'immunisation active. RotarixMD est un vaccin monovalent (de sérotype G1 et de génotype [P8]), qui confère une protection croisée contre d'autres types de rotavirus (G2P[4], G3P[8], G4P[8] et G9P[8]). Les infections à rotavirus constituent la principale cause de gastro entérite aiguë sévère chez les nourrissons et les jeunes enfants dans le monde. Le mécanisme immunologique par lequel RotarixMD confère une protection contre la gastro entérite à rotavirus n'est pas tout à fait clair. On n'a pas encore établi de relation entre la réponse des anticorps au vaccin à rotavirus et la protection contre la gastro entérite à rotavirus. RotarixMD est indiqué pour l'immunisation active des enfants de 6 semaines et plus contre la gastro entérite causée par les rotavirus de type G1P[8], G2P[4], G3P[8], G4P[8] et G9P[8].
Procédé de fabrication et contrôles en cours de fabrication
Le rotavirus humain est produit à l'aide d'une lignée de cellules Vero. Pour fabriquer le rotavirus humain, on a recours à une banque de cellules mères et à une banque de cellules actives, qui sont au préalable dûment caractérisées et analysées de manière à détecter tout contaminant adventice et tout virus endogène, conformément aux lignes directrices de la Conférence internationale sur l'harmonisation (ICH). Les résultats de ces tests ont permis de confirmer l'identité de la lignée cellulaire et l'absence d'agents adventices ou de contaminants viraux. La caractérisation génétique a également mis en évidence la stabilité génétique de la banque de cellules mères de l'entreposage à la production, jusqu'à la limite de la durée de vie des cellules in vitro.
La fabrication du rotavirus humain comprend une série d'étapes dont la culture cellulaire, l'inoculation/propagation du virus, la récolte du virus, la clarification, l'extraction de l'ADN, l'ultrafiltration et la filtration stérilisante. La constance du procédé de fabrication est assurée par des méthodes de production bien définies, des tests de qualité critiques, l'application de limites en cours de fabrication et un certificat de spécifications d'analyse concernant le rotavirus humain. Un contrôle microbien, consistant en des analyses de biocontamination et une recherche d'endotoxines bactériennes, est appliqué tout au long de la fabrication. Les contrôles en cours de fabrication ont été examinés et jugés acceptables. Les spécifications des matières brutes utilisées pour la fabrication de la substance médicamenteuse ont également été jugées satisfaisantes.
Caractérisation
On a effectué des études de caractérisation détaillées pour garantir que le rotavirus humain présente systématiquement la structure et l'activité biologique désirées.
On a comparé des lots de rotavirus humain : tous les lots étaient semblables sur le plan de l'immunoréactivité et des caractéristiques physicochimiques.
Les impuretés et les produits de dégradation découlant de la fabrication et/ou de l'entreposage ont été signalés et caractérisés. Ces produits étaient conformes aux limites établies et/ou ont été qualifiés au moyen d'analyses de lots; ils sont donc considérés comme acceptables.
Contrôle de la substance médicamenteuse
Les spécifications de la substance médicamenteuse ainsi que les méthodes d'analyse utilisées pour le contrôle de qualité du rotavirus humain ont été jugées acceptables.
Les méthodes d'analyse et, lorsque nécessaire, les rapports de validation de toutes les méthodes qui ont servi à l'analyse du produit fini (rotavirus humain) ainsi qu'aux essais de stabilité sont jugés satisfaisants.
Après examen, on a déterminé que les résultats des analyses de lots sont tous conformes aux spécifications et témoignent d'une qualité constante des lots produits.
Le conditionnement de la substance médicamenteuse est jugé acceptable.
Stabilité
À la lumière des données sur la stabilité fondées sur des essais en temps réel, la durée de conservation ainsi que les conditions d'entreposage proposées pour la substance médicamenteuse ont été jugées bien étayées et satisfaisantes.
3.1.2 Produit pharmaceutique
Description et composition
Le produit pharmaceutique est offert en poudre lyophilisée et stérile, dans un flacon monodose en verre (verre de type I) de 3 mL muni d'un bouchon de caoutchouc et d'un opercule, devant être reconstituée dans un solvant liquide avant l'administration par voie orale. Chaque flacon contient au minimum 106,0 CCID50 de rotavirus humain de souche RIX4414, vivant et atténué, ainsi que les excipients suivants : saccharose, dextran, sorbitol, acides aminés, milieu Eagle modifié de Dulbecco (DMEM).
Le solvant se trouve dans une seringue de verre propre et stérile de 1,75 mL. Les seringues sont siliconées et prêtes à être remplies. Les bouchons utilisés sont faits de caoutchouc butyle gris. Le solvant liquide contient du carbonate de calcium, de la gomme xanthane et de l'eau pour préparation injectable.
Les flacons de vaccin et les seringues contenant le solvant sont conditionnés ensemble ou séparément, selon le type d'emballage final (mono emballage ou multi emballage).
Tous les ingrédients non médicinaux (excipients) présents dans le produit pharmaceutique sont autorisés par le Règlement sur les aliments et drogues. Les données sur la stabilité présentées à l'appui de la formulation commerciale proposée attestent la compatibilité du rotavirus humain avec les excipients.
Élaboration du produit pharmaceutique
Les modifications apportées au procédé de fabrication tout au long de l'élaboration du produit pharmaceutique ont été examinées et sont jugées acceptables.
Les données sur l'élaboration du produit pharmaceutique, y compris l'élaboration du système récipient fermeture, sont jugées acceptables. Les données présentées dans cette section décrivent la composition de RotarixMD, la justification du choix de la formulation, le procédé de fabrication du produit, y compris l'emballage, les lots ayant fait l'objet d'une caractérisation in vitro et les effets des modifications de la formulation sur l'innocuité et/ou l'efficacité de RotarixMD. On a passé en revue les études sur lesquelles reposait le choix des excipients et de leur concentration, et elles sont jugées acceptables.
Des données portant sur les caractéristiques physicochimiques et l'activité biologique ont démontré la biocomparabilité entre les lots de développement et les lots commerciaux.
Procédé de fabrication et contrôles en cours de fabrication
Le produit pharmaceutique est préparé, soumis à une filtration stérilisante, versé de façon aseptique dans des flacons, lyophilisé et étiqueté au moyen d'équipement et d'installations pharmaceutiques classiques.
Le procédé validé permet de fabriquer le produit de façon à répondre de façon systématique aux spécifications du produit fini.
Tout l'équipement, les étapes de fabrication et les paramètres de fonctionnement détaillés ont été dûment décrits dans la documentation fournie et ont été jugés acceptables. Le procédé de fabrication est considéré comme dûment contrôlé dans des limites justifiées.
Contrôle du produit pharmaceutique
RotarixMD a été soumis à des tests visant à en vérifier l'identité, la teneur en humidité, le pH et l'activité ainsi qu'à vérifier la concentration des impuretés; les résultats de ces tests sont tous conformes aux critères d'acceptation. Les spécifications des tests et les méthodes d'analyse sont jugées acceptables; la durée de conservation ainsi que les limites de libération des produits de dégradation, pris séparément ou globalement, se situent dans des limites acceptables.
Le processus de validation est jugé complet. Des rapports de validation concernant les essais sur le produit demi fini et sur le produit fini ont été présentés, et aucune anomalie n'a été constatée. Les résultats de l'analyse de tous les lots étaient conformes aux limites des spécifications proposées.
Conformément au programme de contrôle et d'évaluation de Santé Canada avant l'autorisation de mise en circulation d'un lot, la constance des lots de produit final fabriqués consécutivement a été évaluée et jugée conforme aux spécifications du produit pharmaceutique.
Stabilité
À la lumière des données sur la stabilité fondées sur des essais en temps réel et accélérés, la durée de conservation proposée de 36 mois, à une température de 2 à 8 °C, est jugée acceptable pour RotarixMD. Le vaccin reconstitué s'est révélé stable pendant 24 heures à des températures de 18 à 25 °C ou moins. Il devrait toutefois être conservé à des températures de 2 à 8 °C et être utilisé dans les 8 heures; après cette période, le vaccin devrait être éliminé. Le vaccin reconstitué ne doit pas être congelé.
La compatibilité du produit pharmaceutique avec le système récipient fermeture a été établie au moyen de tests officinaux et d'études de stabilité. Le système récipient fermeture satisfait à tous les critères d'acceptation des tests de validation.
3.1.3 Installations et équipement
La Direction des produits biologiques et des thérapies génétiques de Santé Canada a effectué une évaluation sur les lieux des installations de fabrication et d'analyse de RotarixMD.
L'aménagement, le fonctionnement et les mécanismes de contrôle des installations et de l'équipement servant à la production sont jugés acceptables pour les activités et les produits fabriqués.
Toutes les installations sont conformes aux Bonnes pratiques de fabrication (BPF).
3.1.4 Évaluation de l'innocuité des agents adventices
Le lactose, utilisé comme agent stabilisant et dans la production de la souche mère et de la souche de travail, provient du lait de bovins (ruminants) et est considéré comme étant conforme à la directive TSE Note for Guidance concernant les encéphalopathies spongiformes transmissibles.
La gélatine utilisée pour obtenir les acides aminés servant à la préparation des milieux provient d'os de porcins et de bovins. Le procédé de fabrication de la gélatine a été examiné par la Commission européenne, laquelle a conclu que le risque était faible.
Un certificat de conformité de la Direction Européenne de la Qualité du Médicament & Soins de Santé a été déposé relativement au sérum de veau utilisé pour la constitution de la banque de cellules mères.
Des analyses d'échantillons liquides de culture pré récolte effectuées sur chaque lot permettent de vérifier l'absence de microorganismes adventices (biocontamination, mycoplasmes et virus). Les différentes étapes du procédé de purification visant à éliminer et à inactiver les virus sont adéquatement validées.
3.1.5 Conclusion
L'information fournie sur les caractéristiques chimiques et la fabrication de RotarixMD indique que la substance médicamenteuse et le produit pharmaceutique peuvent être fabriqués de façon à répondre systématiquement aux spécifications approuvées. Des études appropriées sur l'élaboration et la validation ont été menées, et des contrôles adéquats sont en place pour la commercialisation.
3.2 Motifs non cliniques de la décision
3.2.1 Pharmacodynamique
Les études de pharmacodynamique (PD) primaire étaient fondées sur deux études non conformes aux BPL (bonnes pratiques de laboratoire) et sur une étude de toxicité à doses multiples conforme aux BPL. Dans les études non conformes aux BPL, les rats Fischer F344 de 21 jours semblaient plus sensibles à la souche RIX4414 du rotavirus humain que les rats de 5 jours. Il a été démontré que la « prise vaccinale », définie par une séroconversion et/ou l'excrétion du virus, était un bon indicateur de l'exposition des animaux au vaccin. Dans l'étude de toxicité à doses multiples, on a observé une séroconversion chez 20% des rats exposés à la souche RIX4414 (seule, sans excipients) et chez 10% des rats ayant reçu RotarixMD. L'administration du rotavirus a mené à une excrétion virale chez 20% des animaux exposés à la souche RIX4414 et chez 80% des animaux ayant reçu RotarixMD. Des études de pharmacodynamique secondaire n'ont pas été réalisées puisqu'elles ne s'appliquent pas aux vaccins.
On a également évalué l'innocuité pharmacologique, en se fondant sur l'étude de toxicité à doses multiples. Il n'y avait aucune lésion attribuable à RotarixMD dans les poumons et le cour de jeunes rats Fischer F344 après une administration par voie orale. Il n'y avait aucune tendance diarrhéique, aucun signe histopathologique d'une infection intestinale ni aucun signe d'effets sur le poids corporel, l'alimentation ou la température rectale. On n'a pas noté de perturbation intestinale normalement associée au rotavirus humain vivant après l'administration du candidat vaccin. Aucune étude sur les interactions médicamenteuses n'a été effectuée, ces études ne s'appliquant pas aux vaccins.
3.2.2 Pharmacocinétique
Les études de pharmacocinétique (PC) non cliniques ne s'appliquent pas aux vaccins.
3.2.3 Toxicologie
Toxicité aiguë
La toxicité aiguë a été évaluée dans le cadre de l'étude de toxicité à doses multiples.
Toxicité à doses multiples
Dans l'étude de toxicité à doses multiples, on a procédé à l'administration de quatre doses de façon à englober les deux administrations cliniques prévues chez les jeunes enfants et une éventuelle vaccination de rappel. Les rats ont reçu une dose supérieure à la dose recommandée chez l'humain et à celle utilisée dans l'essai de phase III. L'utilisation de cette dose offre une bonne marge de sûreté (un facteur 133 en ce qui concerne le poids corporel et un facteur de 10 à 20 en ce qui concerne l'infectivité). La dose sans effet n'a pas été déterminée. Une analyse virologique et sérologique combinée a révélé que la prise vaccinale était mesurable chez 80% des rats ayant reçu RotarixMD (contenant du CaCO3, un antiacide) et chez 40% des rats ayant reçu la souche vaccinale seule (sans l'antiacide), ce qui donne à penser que l'utilisation de carbonate de calcium (CaCO3) en tant qu'antiacide serait avantageux. Bien que l'on sache que la granulosité de l'antiacide a une incidence sur le taux de particules virales libres, l'estimation de ce taux en fonction du poids corporel était de 3 à 4 fois plus élevée dans cette étude de toxicité que dans les études cliniques de phase II/III et 6,8 fois plus élevée que la concentration recommandée pour le vaccin commercial.
RotarixMD semblait être immunogène et non toxique. Après l'administration du vaccin, on n'a observé aucun signe clinique, aucun symptôme de maladie clinique, aucun signe d'hyperthermie ni aucun signe d'inflammation dans le tractus gastro intestinal ou les ganglions lymphatiques adjacents. L'administration de RotarixMD n'était associée à aucune altération toxicologique ni à aucune lésion histopathologique (y compris dans les ganglions mésentériques drainant les intestins et les plaques de Peyer). Aucune différence n'a été observée entre RotarixMD et le témoin, et il n'y avait aucun signe d'invagination intestinale. Les autres substances biologiques peuvent être absorbées et métabolisées sans produire d'effets toxiques. Il est impossible d'effectuer une analyse statistique dans cette étude, la taille de l'échantillon étant trop faible.
Génotoxicité
On n'a effectué aucune étude de la génotoxicité, ce type d'étude n'étant pas nécessaire.
Cancérogénicité
On n'a effectué aucune étude de la cancérogénicité, ce type d'étude n'étant pas nécessaire.
Toxicité pour l'appareil reproducteur et le développement
La toxicité de RotarixMD pour l'appareil reproducteur n'a pas été étudiée, le vaccin étant destiné aux enfants et n'étant pas indiqué chez les femmes en âge de procréer.
Tolérance locale
On n'a effectué aucune étude de la tolérance locale, car une analyse microscopique de l'osophage, de l'estomac, de l'intestin grêle et du gros intestin a été effectuée dans l'étude de toxicité à doses multiples.
Autres études de toxicité
On n'a effectué aucune étude de l'immunogénicité spécifique, car l'analyse microscopique des principaux organes lymphoïdes (thymus, rate, ganglions lymphatiques, plaques de Peyer) effectuée dans l'étude de toxicité à doses multiples n'a révélé aucun signe d'effets liés au traitement. En outre, il n'y avait aucune différence de poids entre les organes lymphoïdes des animaux exposés et ceux des animaux témoins, peu importe le moment auquel les animaux avaient été euthanasiés.
On a étudié la neurovirulence chez le singe, et on n'a observé aucun signe clinique ou histopathologique inattendu révélant une quelconque atteinte du système nerveux central attribuable aux souches de travail inoculées.
3.2.4 Conclusion
Les études menées dans le cadre du programme non clinique ont fourni des données sur l'innocuité et l'immunogénicité de RotarixMD et appuient l'utilisation du vaccin dans des études cliniques. RotarixMD était bien toléré et n'était associé à aucun effet indésirable grave (EIG).
3.3 Motifs cliniques de la décision
3.3.1 Pharmacodynamique
Le promoteur a effectué une évaluation pharmacodynamique clinique des données sur les caractéristiques de la réponse immunitaire observées lors d'études cliniques auxquelles avaient participé des sujets en bonne santé. L'évaluation a notamment porté sur le titre des anticorps spécifiques, sur la durée associée à ces titres et sur le titre des anticorps neutralisants.
3.3.2 Pharmacocinétique
Aucune étude de pharmacocinétique non clinique n'a été effectuée pour RotarixMD, car de telles études ne sont généralement pas nécessaires dans le cas des vaccins.
3.3.3 Efficacité clinique
Une étude pivot de phase III et 13 études non essentielles ont été utilisées pour évaluer l'efficacité de RotarixMD. Aucune étude biopharmaceutique n'a été menée.
Étude pivot
L'essai pivot a permis d'analyser le paramètre primaire d'efficacité chez 17 867 sujets jusqu'à l'âge de un an. Le type G1P[8] était le plus répandu : 39 cas de gastro entérite sévère à rotavirus sur les 89 observés (44%) lors de la période de suivi y étaient attribuables. Le paramètre primaire d'efficacité, soit l'efficacité du vaccin contre la gastro entérite sévère à rotavirus causée par les souches sauvages de rotavirus en circulation pendant la période s'étendant de la deuxième semaine suivant l'administration de la seconde dose jusqu'à l'âge de un an, était de 84,7%. Le vaccin à rotavirus humain a conféré une protection efficace (à 91,8%) contre la gastro entérite sévère à rotavirus causée par le type G1. Le vaccin à rotavirus humain a également conféré une protection contre la gastro entérite sévère à rotavirus attribuable aux types G9 et G3, signe que le vaccin offre une protection croisée.
Les hospitalisations dues à une gastro entérite à rotavirus ont chuté de 85,0%. Le vaccin à rotavirus humain tendait à conférer une protection contre la gastro entérite sévère à rotavirus dès l'administration de la première dose, à raison d'une efficacité de 50,7%. L'efficacité du vaccin contre la gastro entérite sévère à rotavirus associée à un score >11 sur l'échelle de 20 points était de 84,8%. Cependant, dans certains pays, la taille des échantillons et le taux d'incidence de gastro entérite sévère à rotavirus étaient faibles, ce qui a réduit de façon importante la signification statistique. En ce qui concerne l'efficacité au cours de la deuxième année, les analyses ont porté sur 14 237 sujets. Le nombre de cas de gastro entérite sévère à rotavirus déclarés au cours de la deuxième année était considérable (taux d'incidence de 1,5%). Au cours du suivi de deux ans, l'efficacité du vaccin contre la gastro entérite sévère à rotavirus était de 80,5%.
Lors de la deuxième année, la saison d'infection à rotavirus était plus forte, et le sérotype prédominant est passé du type G1 (sauvage), qui prévalait pendant la première année, au type G9 (émergent). Le vaccin à rotavirus humain était efficace à la fois contre la gastro entérite sévère à rotavirus causée par le type G1 et celle causée par le type G9, les types prédominants, ainsi que contre les gastro entérites sévères causées par les types G3P[8] et G4P[8]. Une protection efficace contre la gastro entérite sévère attribuable au rotavirus de type G4 a été observée lors de la deuxième année, tandis qu'un petit nombre de cas au cours de la première année n'ont pu atteindre un degré de signification statistique suffisant. On a signalé moins de cas d'infection par le type G3 dans le groupe vacciné que dans le groupe placebo au cours des deux premières années; la différence entre les groupes n'était pas statistiquement significative au cours de la deuxième année. On a observé que le vaccin tendait à conférer une protection contre le type G2P[4], lequel ne partage aucun des antigènes de capside externe immunodominants du rotavirus humain.
L'efficacité du vaccin sur le plan des hospitalisations liées à une gastro entérite à rotavirus était de 81,5% pendant la deuxième année et de 83,0% dans le cadre du suivi réalisé de deux ans. L'efficacité du vaccin contre la gastro entérite sévère à rotavirus associée à un score >11 sur l'échelle de 20 points était de 81,5% au cours de la deuxième année et de 82,1% au cours de la période de suivi. Des résultats semblables ont été obtenus dans l'ensemble de la cohorte vaccinée, depuis la première dose jusqu'à la sixième visite : l'efficacité du vaccin contre la gastro entérite sévère à rotavirus causée par la souche sauvage en circulation était de 80,3%.
Sur le plan de l'immunogénicité, les résultats de l'étude ont révélé que le taux de séroconversion (anticorps IgA anti rotavirus) était de 76,8% un ou deux mois après l'administration de la seconde dose, dans un petit sous ensemble de sujets. Comme l'immunogénicité a été évaluée chez un si petit nombre de sujets, on ne pouvait établir de corrélation entre la séroconversion et la protection contre la gastro entérite sévère à rotavirus. La persistance de l'immunogénicité n'a pas été étudiée lors du suivi de deux ans. Au total, 254 sujets prématurés ont également été observés dans le cadre de cette étude (52 lors du suivi de longue durée pendant la première année); toutefois, en raison de la faible taille de l'échantillon et du nombre limité de résultats, aucune conclusion ne peut être tirée quant à l'immunogénicité ou à l'efficacité du vaccin. Les données concernant les prématurés étant insuffisantes, le promoteur mènera une étude de phase IIIb en Europe afin d'évaluer l'immunogénicité, la réactogénicité et l'innocuité chez ces sujets.
Les lots de qualification du vaccin présentaient une efficacité similaire, et les intervalles de confiance se recoupaient. Les données présentées pour étayer la constance de l'efficacité des lots sont considérées comme plus probantes que les données sur la réponse anticorps, la corrélation entre la réponse anticorps et la protection demeurant indéterminée.
En conclusion, l'étude pivot de phase III a démontré que Rotarix est efficace et immunogène, mais les données portant sur la persistance de l'immunogénicité et sur les prématurés sont actuellement insuffisantes.
Études non essentielles
Dans l'étude Rota 004 (Finlande), on a décelé une diminution statistiquement significative des cas de gastro entérite à rotavirus (sévère ou non) chez le groupe ayant reçu le vaccin à rotavirus humain. L'efficacité de la protection contre la gastro entérite sévère à rotavirus était de 90,0%, et celle conférée contre l'ensemble des gastro entérites à rotavirus, sévères ou non, était de 73,0%. Aucun enfant n'a été hospitalisé lors de cette étude. Dans l'étude Rota 006 (Amérique latine), on a décelé une diminution statistiquement significative des cas de gastro entérite à rotavirus (sévère ou non) et des sujets hospitalisés chez le groupe ayant reçu le vaccin à rotavirus humain. L'efficacité de la protection contre la gastro entérite sévère à rotavirus variait de 65,8% à 85,6%, selon la concentration du virus. L'efficacité contre l'ensemble des gastro entérites à rotavirus, sévères ou non, variait de 55,7% à 70,0%, et l'efficacité de la protection contre l'hospitalisation due à une entérite à rotavirus allait de 65,4% à 93,0%. Dans ces deux études, le vaccin à rotavirus humain offrait une meilleure protection contre la gastro entérite sévère à rotavirus que contre l'ensemble des gastro entérites à rotavirus. Aucune réduction de la mortalité n'a été observée en Amérique latine (où le taux de mortalité infantile est élevé) consécutivement à l'administration du vaccin à rotavirus humain. Dans l'étude Rota 006, l'efficacité de la protection conférée contre la maladie sévère causée par le sérotype G9P[8] variait de 54,4% à 77,4%, selon la concentration du virus. Comme le taux d'attaque associé aux sérotypes non G1 et non G9 était faible, il n'était pas possible d'estimer de façon précise le degré de protection croisée contre les sérotypes G2, G3 et G4.
On s'est également penché sur l'efficacité du vaccin pendant la deuxième année de vie. Dans l'étude Rota 004, la protection contre la gastro entérite sévère à rotavirus était de 83,4%, et celle contre l'ensemble des gastro entérites à rotavirus, sévères ou non, était de 72,8%. Dans l'étude Rota 006, l'efficacité contre la gastro entérite sévère à rotavirus était de 78,1% dans les groupes de sujets vaccinés; les conclusions portant sur une protection clinique statistiquement significative au cours de cette période étaient limitées. Dans les limites de la faible taille d'échantillon, l'administration de deux doses du vaccin à rotavirus humain (ensemble des groupes de sujets vaccinés) a réduit de manière importante l'incidence des gastro entérites sévères à rotavirus (74,7%) et l'incidence de l'ensemble des gastro entérites à rotavirus, sévères ou non (47,5%), pendant la période combinée de suivi relativement à l'efficacité. Dans l'étude Rota 007, les données sur l'efficacité n'étaient pas concluantes en raison du faible nombre de cas de gastro entérite à rotavirus déclarés. Les estimations de l'efficacité du vaccin étaient semblables chez les enfants allaités au sein et chez ceux non allaités au sein.
Onze essais non essentiels ont porté sur l'estimation de l'immunogénicité du vaccin à rotavirus humain à partir du taux de séroconversion (IgA), de l'excrétion d'antigènes viraux et de la prise vaccinale. Dans l'étude Rota 003, on a observé des taux de séroconversion élevés aux doses élevées, tant après la première dose qu'après la seconde. Dans l'étude Rota 006, aucune différence notable entre les doses n'a été observée sur le plan de la séroconversion, mais il y avait une tendance à la hausse en ce qui concerne la moyenne géométrique des concentrations chez les sujets qui avaient subi une séroconversion lorsque des concentrations élevées de virus leur avaient été administrées. Dans l'étude Rota 007, les taux de séroconversion étaient globalement élevés. Le taux de séroconversion et la moyenne géométrique des concentrations étaient plus faibles, mais aucune différence n'a été observée entre les groupes qui avaient reçu des concentrations élevées. Bien que l'on ait utilisé des concentrations virales élevées dans l'étude Rota 005, les taux de séroconversion et d'excrétion d'anticorps viraux étaient du même ordre que ceux observés dans les groupes exposés à de faibles concentrations de virus dans les études Rota 003 et Rota 004. La prise vaccinale tendait à être plus élevée dans le groupe exposé à une concentration élevée que dans le groupe exposé à une concentration moins élevée. Après l'administration de la première dose dans l'étude Rota 003, le taux de séroconversion était de 50,0% à 88,0%. Les taux de séroconversion après la seconde dose allaient de 72,2% à 95,7%. Dans tous les groupes, le taux de séroconversion et le taux de prise vaccinale ont augmenté entre la première et la seconde dose. Dans l'étude Rota 006, l'augmentation des taux de séroconversion entre la première et la seconde dose était ≥20%; quant à la prise vaccinale, elle avait augmenté de 11%. Il n'y avait aucune augmentation substantielle de la moyenne géométrique des concentrations entre les doses, ce qui donne à penser que seule la seconde dose a suscité une réponse chez les sujets n'ayant pas subi de séroconversion après la première dose. Des taux de séroconversion inférieurs ont été observés dans les études Rota 014 et Rota 013, lesquelles portaient sur l'effet de l'administration concomitante du vaccin antipoliomyélitique oral (VPO) et du vaccin à rotavirus humain après le calendrier de vaccination prévu par le Programme élargi de vaccination (PEV). Dans l'étude Rota 033, le pic d'excrétion d'antigènes viraux après la première dose a été atteint au jour 7 (50,0% des sujets); au jour 30, il n'y avait plus d'excrétion chez les sujets. Après l'administration de la seconde dose, le taux d'excrétion était de 17,4% au jour 3 et de 4,2% au jour 7; au jour 10, il n'y avait plus d'excrétion chez les sujets. Dans l'étude Rota 007 menée à Singapour auprès de sujets plus âgés, l'excrétion d'antigènes viraux était plus élevée. Peu de sujets excrétaient toujours des antigènes viraux 60 jours après l'administration de la première dose (1,1% dans l'étude Rota 006). Il n'y avait aucune différence entre les concentrations sur le plan du taux de prise vaccinale.
L'infectivité de la souche vaccinale transmise après une administration par voie orale en l'absence d'un tampon devrait être limitée en raison de l'effet de la barrière gastrique. Dans l'étude Rota 033, on a démontré la constance de la qualité de trois lots consécutifs du vaccin à rotavirus humain à partir des ratios de la moyenne géométrique des concentrations, des taux de séroconversion et des intervalles de confiance asymptotiques standard à 90% associés aux différences entre les taux de séroconversion deux mois après l'administration de la seconde dose.
Plusieurs facteurs pouvant avoir une incidence sur la réponse immunitaire ont été définis, notamment les suivants :
- l'administration concomitante du VPO et du vaccin à rotavirus humain peut réduire la réponse immunitaire au vaccin à rotavirus;
- la présence d'anticorps anti rotavirus dans le sang de la mère, y compris d'IgG et d'anticorps neutralisants, joue vraisemblablement un rôle dans la diminution de la réponse immunitaire au vaccin à rotavirus humain;
- l'allaitement naturel pourrait être associé à des taux de séroconversion moins élevés chez les enfants recevant le vaccin à rotavirus humain, comme semblent l'indiquer deux méta analyses. Dans le cadre des limites de la sous analyse de l'immunogénicité en fonction des critères d'alimentation, vu le faible nombre de sujets dans chaque sous groupe, on peut conclure que l'allaitement naturel a eu un effet limité sur l'immunogénicité du vaccin à rotavirus humain.
Dans trois études (Rota 004, Rota 005 et Rota 006), on a suivi la persistance des IgA sériques spécifiques en prélevant des échantillons sanguins lorsque les enfants avaient un an (et aussi lorsqu'ils avaient deux ans, dans l'étude Rota 004). À l'âge de un an, 70% des enfants vaccinés étaient toujours séropositifs; les taux sériques d'IgA anti rotavirus étaient toujours élevés, et plus élevés que dans les groupes placebo (dans l'étude Rota 004, ces taux étaient de 18% dans le groupe placebo et de 76% dans le groupe vacciné). La séroconversion (IgA) était maintenue chez 90% des enfants de un an qui avaient subi une séroconversion après la vaccination et était maintenue chez 85% des enfants de deux ans, ce qui indique que la réponse immunitaire persiste jusqu'à la deuxième année de vie.
L'administration du vaccin à rotavirus humain dans le cadre de la vaccination de routine des enfants (DTC acellulaire, DTC à germes entiers, VHB, VPI, N. meningitidis C, VPO et S. pneumoniae) a été examinée dans plusieurs études, de même que dans les études de phase III Rota 024 et Rota 036, toujours en cours. Les résultats révèlent que le vaccin à rotavirus humain est immunogène et qu'il ne nuit pas à l'immunogénicité des vaccins précédents administrés en concomitance aux enfants pendant plus d'une saison (suivi de 17 mois).
3.3.4 Innocuité clinique
Étude pivot
Le paramètre primaire d'innocuité, examiné chez 63 225 sujets, était le nombre de cas confirmés d'invagination intestinale dans les 31 jours suivant chaque vaccination. Il n'y avait, entre les groupes traités et les groupes placebo, aucune différence manifeste quant aux caractéristiques cliniques des cas d'invagination (sur le plan des symptômes et de la durée de l'hospitalisation) ni aucune différence quant au temps écoulé entre le moment de la vaccination et la formation de l'invagination. Tous les sujets se sont pleinement rétablis, sauf un qui a conservé des séquelles. Sur les 25 cas confirmés d'invagination intestinale, 13 (6 dans le groupe ayant reçu le vaccin à rotavirus humain) étaient dans la fenêtre de risque, et 8 de ces 13 cas étaient considérés comme liés au traitement. La différence de risque et le risque relatif observés semblent indiquer que le risque d'invagination intestinale n'est pas plus important dans le groupe vacciné que dans le groupe placebo. Il n'y avait aucune augmentation statistiquement significative du pourcentage de sujets présentant une invagination intestinale confirmée entre le moment de l'administration de la première dose et la troisième visite dans le groupe vacciné par rapport au groupe placebo. Des EIG considérés comme étant liés à la vaccination ont été observés chez 9 sujets sur 25 présentant une invagination intestinale confirmée. D'après les données portant sur 20 169 sujets suivis jusqu'à l'âge d'environ un an, la différence de risque et le risque relatif semblent indiquer que le risque d'invagination intestinale entre le moment de l'administration de la première dose et la quatrième visite n'est pas plus important dans le groupe vacciné que dans le groupe placebo.
Dans le sous groupe chez lequel on a mesuré l'efficacité au cours de la deuxième année (15 129 sujets chez lesquels on a évalué l'innocuité entre la quatrième et la sixième visite à l'âge de 24 mois), on n'a observé aucun cas d'invagination intestinale ni aucun risque accru d'invagination entre le moment de l'administration de la première dose et la sixième visite dans le groupe vacciné par rapport au groupe placebo.
Une autre étude (multicentrique, en milieu hospitalier) a été menée dans le but d'évaluer l'incidence d'invagination intestinale chez les enfants de moins de deux ans en Amérique latine. Le rapport présentait des estimations de l'incidence d'invagination intestinale chez les enfants de moins de un an (intervalle : 1,9 à 105,3 pour 100 000 sujets années) et de moins de deux ans (intervalle : 0,9 à 62,4 pour 100 000 sujets années). L'estimation des taux d'incidence présentait toutefois certaines limites. Dans l'étude Rota 023, on a signalé au moins un EIG (dont une invagination intestinale) chez 1 975 sujets au total entre le moment de l'administration de la première dose et la troisième visite; le profil global des EIG était caractérisé par un nombre considérablement moins élevé d'EIG dans le groupe vacciné (293,0 pour 10 000) par rapport au groupe placebo (331,8 pour 10 000). Les cas d'hospitalisation étaient beaucoup moins nombreux chez les sujets vaccinés. Les sujets vaccinés ayant présenté des EIG liés à une gastro entérite étaient beaucoup moins nombreux que les sujets ayant reçu le placebo.
Les cas d'EIG associés au système nerveux étaient répartis de façon égale entre le groupe vacciné et le groupe placebo (29 dans chaque groupe). On a noté une inégalité potentielle en faveur du placebo pour ce qui concerne les cas de convulsions, mais ces cas étaient tous considérés comme non liés à la vaccination et ne semblaient pas corroborer l'existence d'un lien causal avec le vaccin à rotavirus humain. Le profil d'innocuité du vaccin à rotavirus humain était en outre favorable entre la quatrième et la sixième visite (deuxième année, à l'âge de 24 mois), le nombre de cas d'EIG liés à une gastro entérite étant moins élevé dans le groupe vacciné. On a déterminé que ces EIG n'étaient pas liés à la vaccination.
Il n'y avait aucune différence statistiquement significative entre les groupes pour ce qui est de l'interruption du traitement en raison d'événements indésirables. À la troisième visite, le taux d'interruption pour cause d'EIG était de 19,3 pour 10 000 dans le groupe vacciné et de 15,2 pour 10 000 dans le groupe placebo. Toujours à la troisième visite, le taux d'interruption en raison d'effets indésirables qui n'étaient pas graves était de 18,0 pour 10 000 dans le groupe vacciné et de 17,7 pour 10 000 dans le groupe placebo. Entre les troisième et quatrième visites, le traitement de six sujets du groupe vacciné et de dix du groupe placebo a été interrompu en raison d'EIG; seul le traitement d'un sujet a été interrompu en raison d'un effet indésirable qui n'était pas grave. Entre les quatrième et sixième visites, le traitement de six sujets du groupe vacciné et de sept du groupe placebo a été interrompu en raison d'EIG; le traitement de trois sujets (un du groupe vacciné) a été interrompu en raison d'un effet indésirable qui n'était pas grave.
Deux rapports périodiques de pharmacovigilance résumant les données d'innocuité recueillies dans le cadre de la surveillance postcommercialisation et d'études cliniques (après la levée de l'insu) ont été présentés. Les données ont confirmé les résultats des essais cliniques.
En conclusion, le profil d'innocuité de RotarixMD semble acceptable, mais les données ne sont pas très nombreuses. Il faudrait mener d'autres études pour confirmer le profil d'innocuité de RotarixMD.
Études non essentielles
Les données d'innocuité de dix études non essentielles menées chez des enfants ont été présentées. L'évaluation était axée sur les cas de fièvre, de diarrhée et de vomissements signalés pendant la période de suivi (avec provocation). Pour évaluer la réactogénicité dans ces dix études, on a analysé 14 032 doses du vaccin à rotavirus humain et 4 963 doses du placebo. La fréquence des symptômes (avec ou sans provocation) était semblable dans le groupe vacciné et le groupe placebo. La majorité des symptômes provoqués étaient considérés comme liés à la vaccination, mais il n'y avait aucune différence statistiquement significative entre le groupe vacciné et le groupe placebo. Il n'y avait aucun signal d'alerte sur le plan de la réactogénicité, et le profil de réactogénicité observé dans le groupe vacciné était semblable au profil de réactogénicité observé dans le groupe placebo pour tous les symptômes dans les études menées sans l'administration concomitante d'autres vaccins. Lorsqu'il y avait administration concomitante de vaccins de type DTC acellulaire et DTC à germes entiers, des cas de fièvre étaient signalés le jour de la vaccination. Il n'y avait aucune aggravation des symptômes après l'administration de la deuxième et de la troisième dose (lorsque de telles doses étaient administrées, dans certains essais). Il n'y avait aucune différence quant à la prise de médicaments entre les groupes vaccinés et les groupes placebo de l'ensemble des études.
Dans l'étude Rota 028/029/030 en cours, on a adjoint aux résultats d'autopsie de deux sujets décédés des données sur la recherche, par RT PCR, d'ARN de rotavirus dans différents organes. Les résultats des deux sujets décédés étaient négatifs, et l'insu n'a pas été levé avant l'analyse de l'étude. On a effectué une analyse par RT PCR des échantillons sanguins prélevés dans l'étude Rota 003 en vue du dosage de l'AST/ALT afin de voir si le sang des sujets vaccinés présentait un certain profil de détection de rotavirus. Cinq cas (7%) étaient positifs 7 jours après l'administration de la première dose; l'ARN de la souche vaccinale a été détecté dans quatre de ces cas. La présence de l'ARN de la souche vaccinale dans le sérum était corrélée à l'excrétion de la souche vaccinale et à la séroconversion (IgA) après l'administration de la première dose. Aucun EIG n'a été observé chez les sujets.
Dans l'analyse groupée, le traitement de 24 sujets (0,33%) a été interrompu en raison d'EIG. Dix neuf cas (13 dans le groupe vacciné) étaient dus au décès du sujet; cependant, aucun des EIG n'était considéré comme associé au traitement. Le traitement de 25 sujets (20 dans le groupe vacciné [0,31%] et cinq dans le groupe placebo [0,27%]) a été interrompu en raison d'effets indésirables qui n'étaient pas graves; huit cas étaient considérés comme étant liés à l'administration du vaccin à rotavirus humain. Dans l'étude Rota 013, le traitement de cinq sujets (quatre ayant reçu le vaccin) a été interrompu en raison d'un EIG. Trois étaient dus au décès du sujet, mais un seul EIG (dans le groupe placebo) était considéré comme étant lié au traitement.
Dans l'étude Rota 036, le vaccin à rotavirus humain présentait un profil d'innocuité favorable, et il n'y a eu aucun décès. On a toutefois observé, sans pouvoir l'expliquer, une inégalité potentielle en faveur du placebo pour ce qui concerne les EIG de pneumonie (28 cas entre l'administration de la première dose et la septième visite, dont 24 dans le groupe vacciné).
3.4 Évaluation des avantages / risques et recommandation
3.4.1 Évaluation des avantages / risques
Chez les enfants, les gastro entérites sont souvent attribuables aux rotavirus; globalement, environ 20% des gastro entérites sont causées par un rotavirus chez cette population.
L'infection par un rotavirus est associée à une utilisation fréquente du système de santé : 35% des enfants qui présentent une gastro entérite à rotavirus sont vus par un médecin, 15% le sont dans un service d'urgences et 7% doivent être hospitalisés.
L'utilisation de RotarixMD est proposée pour l'immunisation active des enfants de 6 semaines et plus contre la gastro entérite causée par les rotavirus de type G1P[8], G2P[4], G3P[8], G4P[8] et G9P[8].
Bien que le programme non clinique ait présenté certaines lacunes, les données issues du programme clinique sont suffisantes pour que l'on puisse affirmer que RotarixMD est efficace relativement à l'indication prévue. RotarixMD semble efficace et immunogène, bien que les données aient été insuffisantes quant à la persistance de l'immunogénicité et quant aux enfants prématurés (en raison de la faible taille d'échantillon), ce qui sera corrigé dans une étude de phase IIIb.
Le programme clinique a révélé que le profil d'innocuité de RotarixMD est acceptable et que le vaccin est bien toléré. RotarixMD n'a pas accru le risque d'invagination intestinale par rapport au placebo dans les 31 jours suivant la vaccination. On a observé un nombre considérablement moins élevé d'EIG dans le groupe vacciné jusqu'à la fin de la période de suivi de deux ans. La proportion d'EIG liés à une gastro entérite était également moins élevée dans le groupe vacciné pendant la période de 2 à 4 mois suivant la vaccination.
Dans l'ensemble, l'efficacité clinique, en particulier contre la gastro entérite sévère à rotavirus et l'hospitalisation associée à un rotavirus, l'emporte sur la légère augmentation du risque de vomissements et de diarrhée légers liés à la vaccination. Le rapport avantages/risques de RotarixMD est donc considéré comme favorable.
3.4.2 Recommendation
Après avoir examiné les données sur la qualité, l'innocuité et l'efficacité de ce produit, Santé Canada estime que RotarixMD a un profil avantages/risques favorable à l'immunisation active des enfants de 6 semaines et plus contre la gastro entérite causée par les rotavirus de type G1P[8], G2P[4], G3P[8], G4P[8] et G9P[8]. La présentation de drogue nouvelle répond aux exigences des articles C.08.002 et C.08.005.1 et, par conséquent, Santé Canada a émis l'Avis de conformité prévu par l'article C.08.004 du Règlement sur les aliments et drogues.
4 Étapes importantes de la présentation
Étapes importantes de la présentation: RotarixMD
| Étape importante de la présentation | Date |
|---|---|
| Réunion préalable à la présentation | 2005-02-24 |
| Dépôt de la présentation | 2006-11-01 |
| Examen préliminaire | |
| Lettre d'acceptation à l'issue de l'examen préliminaire | 2006-12-13 |
| Examen | |
| Évaluation sur les lieux | 2007-06-04 - 2007-06-07 |
| Évaluation de la qualité terminée | 2007-10-02 |
| Évaluation clinique terminée | 2007-10-05 |
| Évaluation de l'étiquetage terminée | 2007-09-20 |
| Délivrance de l'AC par le directeur général | 2007-10-09 |
Produits pharmaceutiques connexes
| Nom du produit | DIN | Entreprise | Ingrédient(s) actif(s) & concentration |
|---|---|---|---|
| ROTARIX | 02300591 | GLAXOSMITHKLINE INC | Vaccin antirotavirus (souche rix4414), vivant, oral, atténué (humain) 1000000 DICT50 / 1.5 ML |