Sommaire des motifs de décision portant sur Vasovist ™

Décisions d'examen

Le sommaire des motifs de décision explique les raisons pour lesquelles un produit a reçu une autorisation de vente au Canada. Le document comprend les considérations portant sur la réglementation, l’innocuité, l’efficacité et la qualité (sur le plan de la chimie et de la fabrication).


Type de produit:

Médicament
  • Ce document est une traduction française du document anglais approuvé.
VasovistMD

Gadofosveset trisodique, 244 mg/mL (0,25 mmol/mL), Solution, Intraveineuse

Berlex Canada Inc.

No de contrôle de la présentation : 096420

Émis le : 2008-01-30

Direction générale des produits de santé et des aliments

Notre mission est d'aider les Canadiennes et les Canadiens à maintenir et à améliorer leur état de santé.
Santé Canada

Le mandat de la DGPSA est d'adopter une approche intégrée à la gestion des risques et des avantages pour la santé liés aux produits de santé et aux aliments:

  • en réduisant les facteurs de risque pour la santé des Canadiens et Canadiennes tout en maximisant la protection offerte par le système réglementaire des produits de la santé et des aliments  et
  • en favorisant des conditions qui permettent aux Canadiens et Canadiennes de faire des choix sains ainsi qu'en leur donnant des renseignements afin qu'ils ou qu'elles puissent prendre des décisions éclairées en ce qui a trait à leur santé.

Direction générale des produits de santé et des aliments

Also available in English under the following title: Summary Basis of Decision (SBD) VASOVIST™, Gadofosveset trisodium, 244 mg/mL, solution, Berlex Canada Inc., Submission Control No. 096420

Avant-propos

Le Sommaire des motifs de décision (SMD) de Santé Canada expose les motifs d'ordre scientifique et réglementaire sur lesquels reposent les décisions de Santé Canada concernant la réglementation des médicaments et des instruments médicaux. Les SMD sont rédigés en langage technique à l'intention des personnes et groupes intéressés aux décisions de Santé Canada portant sur un produit donné et sont le reflet des observations consignées dans les rapports d'évaluation. À ce titre, les SMD servent à compléter et non à répéter l'information contenue dans la monographie de produit.

Nous invitons les lecteurs à consulter le « Guide du lecteur sur le Sommaire des motifs de décision - Médicaments au sujet de l'interprétation des termes et des acronymes utilisés ici. Ils trouveront également dans ce guide un aperçu du processus d'examen des présentations de drogue dans le feuillet intitulé « Comment les médicaments sont examinés au Canada », qui décrit les facteurs pris en considération par Santé Canada au cours du processus d'examen et d'autorisation d'une présentation de drogue. Les lecteurs devraient aussi consulter le document intitulé « Initiative du sommaire des motifs de décision - Foire aux questions ».

Le SMD correspond à l'information dont disposent les autorités de réglementation de Santé Canada au moment de prendre une décision. Les présentations subséquentes examinées à d'autres fins ne sont pas incluses dans la Phase I de la stratégie de mise en oeuvre des SMD. Pour obtenir de l'information à jour sur un produit en particulier, les lecteurs sont priés de consulter la monographie la plus récente de ce produit. Santé Canada fournit également l'information au sujet mises en garde diffusées après la commercialisation ou d'avis émis à la suite d'effets indésirables (EI).

Pour de plus amples renseignements sur un produit en particulier, les lecteurs peuvent également se rendre sur les sites Web des organismes de réglementation d'autres pays. L'information reçue à l'appui d'une présentation de drogue au Canada peut cependant ne pas être identique à celle reçue par d'autres gouvernements.

Autres politiques et lignes directrices

Les lecteurs sont invités à consulter le site Web de Santé Canada, où ils trouveront d'autres politiques et lignes directrices au sujet des médicaments, notamment le document intitulé «Gestion des présentations de drogues ».

1 Information sur le produit et la présentation

Marque nominative :

VasovistMD

Fabricant/promoteur :

Berlex Canada Inc.

Ingrédient médicinal :

Gadofosveset trisodique

Dénomination commune internationale :

Gadofosveset trisodique

Concentration :

244 mg/mL (0,25 mmol/mL)

Forme posologique :

Solution

Voie d'administration :

Intraveineuse

Identification numérique de drogue (DIN) :

  • 02286319

Classe pharmaco-thérapeutique (classe ATC) :

Agent de renforcement de contraste pour l'imagerie par résonance magnétique

Ingrédients non médicinaux :

Fosveset, hydroxyde de sodium, acide chlorhydrique et eau pour injection

Type et numéro de présentation :

Présentation de drogue nouvelle, nº de contrôle 096420

Date de la présentation :

2005-01-26

Date de l'autorisation :

2006-10-31
2 Avis de décision

Le 31 octobre 2006, Santé Canada a émis à l'intention de Berlex Canada Inc. un avis de conformité du produit pharmaceutique Vasovist.

Vasovist contient l'ingrédient médicinal gadofosveset trisodique, un agent de renforcement de contraste pour l'imagerie par résonance magnétique (IRM), administré par voie intraveineuse.

Vasovist est indiqué pour l'angiographie par résonance magnétique (ARM) avec renforcement du contraste pour la visualisation des vaisseaux de l'abdomen et des membres chez les patients atteints, ou soupçonnées d'être atteints, d'une maladie vasculaire. Vasovist se lie de manière réversible aux protéines plasmatiques, ce qui accroît le temps de séjour du médicament dans l'espace vasculaire et prolonge, par conséquent, la période de contraste aux fins de l'imagerie.

L'autorisation de commercialisation s'appuie sur des données issues d'études sur la qualité (chimie et fabrication) et d'études précliniques et cliniques. Au total, 759 patients ont été évalués dans le cadre de quatre essais cliniques contrôlés de phase III portant sur Vasovist. Dans ces quatre essais, Vasovist s'est révélé nettement plus efficace pour la réalisation d'un diagnostic que l'ARM sans renforcement.

Vasovist (gadofosveset trisodique, 244 mg/mL) est offert en solution pour injection intraveineuse. La dose recommandée pour les adultes est de 0,12 mL/kg de poids corporel (soit l'équivalent de 0,03 mmol/kg). Il n'est pas recommandé d'administrer des doses de Vasovist supérieures à 0,3 mmol/kg. Vasovist devrait être administré par une injection intraveineuse en bolus, manuellement ou à l'aide d'un injecteur automatique, en 30 secondes au maximum, suivie d'un rinçage par 25 à 30 mL de soluté isotonique de chlorure de sodium. La vitesse d'injection ne devrait pas dépasser 1,5 mL/sec. Les recommandations concernant la posologie sont décrites dans la monographie de produit.

Vasovist est contre-indiqué chez les patients présentant une hypersensibilité au gadofosveset trisodique, à l'un des ingrédients de sa formulation ou à des composants du contenant. Vasovist devrait être administré selon les conditions décrites dans la monographie de produit, en tenant compte des risques potentiels associés à l'administration de ce produit pharmaceutique. Les conditions détaillées relatives à l'usage de Vasovist sont décrites dans la monographie de produit.

Conformément à son examen des données sur la qualité, l'innocuité et l'efficacité du produit, Santé Canada juge que le rapport entre les avantages et les risques de Vasovist est favorable pour l'angiographie par résonance magnétique (ARM) avec renforcement du contraste pour la visualisation des vaisseaux de l'abdomen et des membres chez les patients atteints, ou soupçonnées d'être atteints, d'une maladie vasculaire.

3 Motifs d'ordre scientifique et réglementaire

3.1 Motifs d'ordre qualitatif

3.1.1 Substance médicamenteuse (Ingrédient médicinal)

Renseignements généraux

Le gadofosveset trisodique, ingrédient médicinal de Vasovist, est un agent de renforcement de contraste pour l'imagerie par résonance magnétique (IRM). Le gadofosveset se lie de façon réversible à l'albumine, une protéine plasmatique. Cette liaison protéique accroît le temps de séjour du médicament dans l'espace vasculaire et prolonge, par conséquent, la période de contraste aux fins de l'imagerie.

Procédé de fabrication et contrôles en cours de fabrication

Le gadofosveset trisodique est fabriqué par un procédé de synthèse à plusieurs étapes. Chaque étape du procédé de fabrication est considérée comme contrôlée dans des limites acceptables :

  • Le promoteur a fourni de l'information sur la qualité et les contrôles pour toutes les matières qui entrent dans la fabrication de la substance médicamenteuse.
  • Les spécifications de la substance médicamenteuse sont jugées satisfaisantes. Les valeurs limites relatives aux impuretés sont conformes aux exigences de l'ICH.
  • Les étapes de traitement ont été évaluées, et des intervalles appropriés ont été établis relativement aux paramètres des procédés.
Caractérisation

On a effectué des études de caractérisation détaillées pour garantir que le gadofosveset trisodique présente systématiquement la structure désirée. Les résultats des études de validation du procédé indiquent également que les méthodes utilisées permettent de contrôler adéquatement les quantités d'impuretés liées au produit et au procédé. Les impuretés qui ont été signalées et caractérisées ne dépassaient pas les limites établies.

Contrôle de la substance médicamenteuse

Les méthodes d'analyse et, lorsque nécessaire, les rapports de validation de toutes les méthodes qui ont servi à l'analyse de la substance médicamenteuse (gadofosveset trisodique) finie ainsi qu'aux essais de stabilité ont été jugés acceptables.

Les spécifications sont jugées acceptables pour la substance médicamenteuse. Les résultats des analyses de lots ont été examinés et se situaient à l'intérieur des critères d'acceptation prévus.

L'emballage de la substance médicamenteuse est jugé acceptable.

Stabilité

À la lumière des données sur la stabilité fondées sur des essais accélérés et en temps réel, la période de contre essai ainsi que les conditions d'entreposage et d'expédition prévues pour le gadofosveset trisodique ont été jugées bien étayées et ont été acceptées.

3.1.2 Produit pharmaceutique

Description et Composition

Vasovist est offert sous forme de solution aqueuse incolore à jaune pâle, stérile, non pyrogène, contenant 244 mg/mL de gadofosveset trisodique, 268 µg/mL de fosveset et de l'eau pour injection. De l'hydroxyde de sodium et/ou de l'acide chlorhydrique sont ajoutés au produit pour l'ajustement du pH.

Vasovist est conditionné dans des flacons de verre transparent à usage unique de 10 mL contenant 10 mL de solution et dans des flacons à usage unique de 20 mL contenant 15 ou 20 mL de solution. Les flacons sont dotés d'un bouchon en caoutchouc et scellés par une capsule amovible en aluminium. Le produit pharmaceutique est offert en boîtes de 1, 5 et 10 flacons.

Tous les excipients (ingrédients non médicinaux) contenus dans Vasovist sont autorisés par le Règlement sur les aliments et drogues. Les données sur la stabilité présentées à l'appui de la formulation commerciale proposée attestent la compatibilité du gadofosveset trisodique avec les excipients.

Élaboration du produit pharmaceutique

Les modifications apportées au procédé de fabrication et à la formulation tout au long de l'élaboration du produit pharmaceutique sont jugées acceptables.

Procédé de fabrication et contrôles en cours de fabrication

Le procédé de fabrication du produit pharmaceutique fait appel aux techniques suivantes : préparation, mélange, filtration, versement dans les flacons, stérilisation, étiquetage et conditionnement. Les spécifications de tous les ingrédients ont été approuvées conformément aux normes de l'USP/NF ou de la Ph. eur.

Le procédé de fabrication de Vasovist, qui fait appel à une méthode de fabrication standardisée de solutions aqueuses, est conforme aux exigences de la Ph. eur. relatives à la stérilisation. Les contrôles en cours de fabrication et les spécifications sont considérés comme suffisants pour vérifier la qualité du produit.

Contrôle du produit pharmaceutique

Vasovist a été soumis à des tests visant à en vérifier l'identité, l'apparence, l'uniformité, le pH et la stérilité. Les concentrations de produits de dégradation et d'impuretés sont conformes aux critères d'acceptation. Les spécifications des tests et les méthodes d'analyse sont jugées acceptables. La durée de conservation ainsi que les limites de mise en circulation en ce qui concerne les produits de dégradation, pris séparément ou globalement, sont à l'intérieur des limites acceptables.

Les méthodes d'analyse et, lorsque nécessaire, les rapports de validation de toutes les méthodes qui ont servi à l'analyse du produit (Vasovist) fini ainsi qu'aux essais de stabilité ont été jugés acceptables.

Les résultats des analyses finales de lots ont été examinés et sont jugés conformes aux spécifications du produit pharmaceutique.

Bien que des impuretés et des produits de dégradation résultant de la fabrication et/ou de l'entreposage aient été signalés et caractérisés, ils se situaient à l'intérieur des limites établies par l'ICH et/ou ont été qualifiés à partir de l'analyse des lots; ils sont donc jugés acceptables.

Stabilité

À la lumière des données sur la stabilité présentées, la durée de conservation prévue de 36 mois pour le produit pharmaceutique est jugée acceptable lorsque le produit est conservé entre 15 et 30°C à l'abri de la lumière.

La compatibilité du produit pharmaceutique avec le système de fermeture du récipient a été établie au moyen de tests officinaux et d'études de stabilité. Le système de fermeture du récipient satisfait à tous les critères d'acceptation des tests de validation.

3.1.3 Installations et équipement

L'aménagement, le fonctionnement et les mécanismes de contrôle des installations et de l'équipement servant à la production sont jugés acceptables pour les activités et les produits fabriqués. Toutes les installations de fabrication proposées sont conformes aux exigences du titre 2 du Règlement sur les aliments et drogues.

3.1.4 Évaluation de l'innocuité des agents adventices

S.O.

3.1.5 Conclusion

L'information soumise sur les caractéristiques chimiques et la fabrication de Vasovist montre que la substance médicamenteuse et le produit pharmaceutique peuvent être fabriqués de façon à répondre systématiquement aux spécifications convenues. Des études appropriées sur l'élaboration et la validation ont été menées, et des contrôles adéquats sont en place pour la commercialisation.

3.2 Motifs non cliniques de la décision

3.2.1 Pharmacodynamique

Les études pharmacodynamiques non cliniques menées comprennent des études in vitro et in vivo visant à évaluer la liaison protéique du gadofosveset et ses effets sur l'imagerie de contraste. Les essais de liaison in vitro ont montré que le gadofosveset se lie exclusivement à l'albumine sérique humaine (HSA), et non aux autres protéines plasmatiques. La liaison protéique variait selon la concentration du médicament; plus la concentration était élevée, plus la liaison était faible. Aux concentrations utilisées en milieu clinique (0 à 2 mM), la fraction de gadofosveset liée à la HSA était élevée (75-96 %). La liaison du gadofosveset à l'albumine sérique de différentes espèces animales et de l'humain a entraîné une augmentation nette de la relaxivité de l'agent de contraste (5-10 fois plus élevée que celle du gadopentétate, agent de contraste standard ne se liant pas à l'albumine) lorsqu'on employait la méthode RIME (augmentation de la magnétisation induite par les récepteurs).

La capacité du gadofosveset d'améliorer l'imagerie des vaisseaux sténosés a été évaluée à l'aide d'un modèle de sténose des artères rénales chez le porc suivant l'administration de 0,05 mmol/kg de gadofosveset. Des angiographies par résonance magnétique tridimensionnelles (ARM 3D) dynamiques (pendant ou immédiatement après l'administration de l'agent de contraste) et à l'état d'équilibre ont été comparées aux clichés obtenus par les méthodes cliniques standard, en l'occurrence des angiographies de contraste par rayons X et des angiographies par résonance magnétique bidimensionnelles (ARM 2D) pré-contraste, chez des cas de sténose progressive. Les ARM 2D pré-contraste n'ont pas mis en évidence les vaisseaux sténosés de façon constante (6/21). Les ARM 3D dynamiques renforcées par le gadofosveset ont mis en évidence la sténose dans tous les cas (21/21) et les ARM 3D à l'état d'équilibre renforcées par le gadofosveset l'ont fait dans la plupart des cas (18/21). On n'a relevé aucune différence notable sur le plan des diamètres mesurés par les ARM 3D dynamiques et les angiographies par rayons X avec renforcement du contraste. Cependant, les ARM 3D à l'état d'équilibre renforcées par le gadofosveset ont mené à des surestimations importantes du diamètre du vaisseau sténosé comparativement aux angiographies de contraste par rayons X.

Les études pharmacodynamiques ont aussi porté sur les effets du gadofosveset sur le système nerveux central (SNC), sur l'appareil cardiovasculaire, sur la fonction rénale et sur le système de coagulation sanguine chez l'animal.

L'étude de la fonction du SNC chez la souris et le rat n'a révélé que des effets transitoires de courte durée aux doses ≥ 1 mmol/kg (c.-à-d. hyperexcitabilité du SNC chez la souris et légère dépression respiratoire chez le rat). La dose de 1 mmol/kg de gadofosveset a réduit la dose seuil chez les rats traités par du pentétrazole pendant 30 minutes, ce qui indique que le produit pharmaceutique présente une activité convulsivante transitoire à cette dose élevée.

Des effets cardiovasculaires ont été observés chez le beagle et le macaque de Buffon. L'administration intraveineuse à des beagles anesthésiés de doses de gadofosveset variant entre 0,1 et 1 mmol/kg a mené à des modifications hémodynamiques transitoires (p. ex., diminution de la tension artérielle moyenne, des résistances vasculaires périphériques totales et de la résistance vasculaire pulmonaire et augmentation du débit cardiaque, du débit systolique et de la tension veineuse centrale) considérables immédiatement après le traitement. Ces modifications significatives culminaient à la dose de 1 mmol/kg. Dans les études sur l'appareil cardiovasculaire de macaques de Buffon anesthésiés et conscients traités par des doses de 0,1 à 3 mmol/kg, on n'a observé aucune modification de la tension artérielle, de la fréquence cardiaque ni du rythme ECG. À la dose la plus forte (3 mmol/kg), les macaques conscients ont présenté des vomissements, mais aucune autre anomalie par la suite.

Le risque d'allongement de l'intervalle QT a été étudié dans un essai portant sur le canal potassique hERG, effectué sur des muscles papillaires isolés de cobayes, et dans une analyse des intervalles de l'ECG de chiens et de singes. L'essai n'a fait ressortir aucun risque notable d'allongement de l'intervalle QT.

Une série d'études in vitro et in vivo a permis d'évaluer l'incidence sur la fonction rénale. On a déterminé que le gadofosveset n'affecte pas la viabilité cellulaire des tubules rénaux proximaux chez l'humain aux concentrations allant jusqu'à 25 mM. Les rats ayant reçu 1 mmol/kg ont présenté certaines modifications de la fonction rénale, notamment : augmentation du volume d'urine après 1 heure, augmentation du sodium et du potassium urinaires après 2 heures et diminution de l'excrétion de chlorure pendant 4 à 6 heures après l'administration. L'excrétion totale de sodium a été accrue pendant 6 heures, mais le potassium et le chlorure n'ont pas été touchés. Dans une étude portant sur l'administration intraveineuse de doses uniques de 0,03 et 2 mmol/kg chez le singe, le gadofosveset n'a pas affecté la fonction rénale ni induit de vacuolisation rénale.

Dans les études portant sur l'effet du gadofosveset sur la coagulation sanguine chez le rat, la dose de 1 mmol/kg a temporairement allongé le temps de Quick et le temps de céphaline activée pendant 30 et 10 minutes, respectivement. Ces effets étaient vraisemblablement dus au séjour prolongé du gadofosveset trisodique dans le sang et à la forte dose administrée.

3.2.2 Pharmacocinétique

La pharmacocinétique du gadofosveset a été étudiée chez le rat, le lapin, le chien et le singe.

Absorption

Après l'administration intraveineuse du gadofosveset, les concentrations plasmatiques de gadolinium ont diminué de manière biexponentielle chez toutes les espèces, une phase de distribution rapide ayant été suivie d'une phase d'élimination plus lente. Cependant, dans une étude chez le lapin et une autre étude chez le chien, on a noté des diminutions triexponentielles. Les mêmes doses ont été associées à une demi-vie finale moyenne variant entre 23 minutes chez le rat et 3 heures chez le singe.

Distribution

Le gadofosveset se lie exclusivement à l'albumine sérique humaine (HSA). Les études de liaison in vitro menées chez plusieurs espèces ont fait ressortir un large éventail de liaisons d'une espèce à l'autre. Les variations du volume de distribution et de la clairance étaient liées aux différences sur le plan de la liaison aux protéines plasmatiques. À 0,1 mM de gadofosveset, la liaison a été plus forte dans le plasma de l'humain, du singe et du lapin (environ 95 %) et plus faible dans le plasma du chien, du rat et de la souris (de 77 à 67 %).

De faibles concentrations de gadofosveset radiomarqué ont été observées dans le lait maternel du rat 1 à 2 heures après l'injection. Cette présence était temporaire; à compter de 4 heures après l'injection, le gadofosveset radiomarqué n'était plus détectable dans le lait maternel du rat.

Métabolisme

Des études du métabolisme ont été effectuées sur les microsomes hépatiques du rat, du singe et de l'humain. Dans les limites de détection de la CLHP utilisée, on n'a noté aucun signe de métabolisme du gadofosveset chez le rat et le singe. Les préparations de microsomes humains n'ont pas non plus semblé présenter de signes de biotransformation du gadofosveset. Par conséquent, on n'a mené aucun étude sur l'induction ni sur l'inhibition des enzymes métabolisant les médicaments.

Élimination

Les reins se sont révélés la principale voie d'élimination chez le rat, le chien et le singe. Chez le singe, plus de 90 % du gadofosveset a été récupéré dans l'urine dans les 72 heures suivant l'injection. Chez le chien, environ 68 % du gadofosveset a été éliminé par les reins et 25 %, dans les selles. Chez le rat, environ 80 % du gadofosveset a été récupéré dans l'urine et environ 17 %, dans les selles dans les 24 heures suivant l'injection.

Le gadofosveset semble être dialysable, mais cela semble dépendre des types de filtre de dialyse et de dialyseur employés. Seuls des dialyseurs à haut débit devraient être utilisés pour retirer le gadofosveset des patients durant une hémodialyse.

Interactions médicamenteuses

Des études d'interaction de liaison ont mesuré les effets des principaux médicaments se liant aux protéines (warfarine, ibuprofène, digitoxine, diazépam, kétoprofène, naproxène, diclofénac et piroxicam) sur les vitesses de relaxation. Tous les médicaments à l'étude ont entraîné une certaine diminution de l'effet du gadofosveset sur la vitesse de relaxation du plasma (1/T1) aux plus fortes concentrations à l'essai (100x). Cependant, seuls l'ibuprofène et le naproxène ont réduit la valeur 1/T1 de 10 % ou plus aux concentrations utilisées en milieu clinique. Les autres études de liaison protéique ont porté sur l'effet du gadofosveset sur la liaison des autres médicaments ayant un potentiel d'interaction (digitoxine, propranolol, vérapamil et warfarine) dans le plasma humain. Au départ, la fraction libre de la warfarine a augmenté de façon statistiquement significative en présence de gadofosveset. Cette interaction était inattendue, car le gadofosveset se lie principalement au site II situé dans le sous-domaine IIIA de la HSA, tandis que la warfarine se lie au site I situé dans le sous-domaine IIA de la HSA. Cependant, une seconde étude de liaison protéique in vitro n'a pas corroboré cette observation. La cause de cette divergence n'est pas claire. Il est possible que la fraction non liée de la warfarine (0,53 %) en l'absence de gadofosveset ait été sous-estimée dans la première étude. Comme la warfarine et le gadofosveset devraient se fixer à des sites de liaison différents, cette explication semble raisonnable, mais il importe de préciser qu'il n'existe aucune donnée pouvant l'appuyer.

3.2.3 Toxicologie

Toxicité à dose unique

Le rein a constitué le principal organe cible du gadofosveset. Chez les rats ayant reçu des doses élevées du médicament à l'essai, on a observé des augmentations de l'azote uréique et de la créatinine ainsi que du poids absolu et relatif des reins. Les résultats ont aussi fait ressortir des vacuolisations faibles et modérées au niveau des reins, des nécroses de l'épithélium tubulaire et des lésions tubulaires.

La plus forte dose non létale à l'essai, en l'occurrence 3,0 mmol/kg de gadofosveset chez la souris et le singe, équivalait à environ 100 fois la dose diagnostique prévue chez l'humain, soit 0,03 mmol/kg par injection intraveineuse unique. Chez les espèces les plus sensibles (rat et lapin), les doses létales étaient 67 fois plus élevées que la dose humaine. À la lumière des résultats des études de toxicité aigüe, le risque d'intoxication aigüe due au gadofosveset est considéré très faible chez l'humain.

Toxicité à doses multiples

Des études sur le gadofosveset d'une durée de 2 à 4 semaines ont été effectuées chez le rat et le singe. Le principal signe toxicologique signalé a été la vacuolisation des tubules rénaux proximaux. Cette observation est considérée comme non pertinente et comme insuffisante pour justifier la non-utilisation du gadofosveset à des fins diagnostiques chez l'humain, car :

  • Après l'administration d'une dose unique de 0,03 mmol/kg chez le rat, aucun effet n'a été noté. De plus, chez les espèces plus pertinentes (singe), aucune vacuolisation n'a été observée en deçà de la dose unique de 3,0 mmol/kg équivalant à 100 fois (en termes de poids corporel) la dose diagnostique unique prévue chez l'humain. La plus faible dose à avoir provoqué une vacuolisation chez le rat (0,12 mmol/kg) est quatre fois plus élevée que la dose diagnostique prévue de gadofosveset.
  • À la dose diagnostique de 0,03 mmol/kg, des vacuolisations des tubules rénaux sont seulement survenues chez les rats ayant reçu des doses répétées pendant 4 semaines. Chez le singe, les doses répétées (pendant 2 ou 4 semaines) qui ont entraîné des vacuolisations au niveau des reins étaient ≥0,1 mmol/kg. Les valeurs d'exposition (ASC) étaient plus faibles chez le rat que chez le singe. Cette observation, qui indique une élimination plus rapide chez le rat, s'expliquerait par la présence d'une plus faible fraction liée du gadofosveset dans le plasma et par un taux de filtration glomérulaire (TFG) plus élevé. Elle donne du poids à l'hypothèse selon laquelle les vacuolisations notées au niveau des reins chez le singe seraient principalement dues à une exposition locale accrue des tubules à des doses comparablement plus faibles. Comme l'humain présente un taux de liaison plasmatique plus élevé et un TFG plus faible que ceux du singe, à dose égale, les concentrations tubulaires locales de gadofosveset trisodique chez l'humain seront encore plus faibles que celles observées chez le singe. Le promoteur a confirmé l'hypothèse ci dessus en présentant des résultats d'études où les valeurs de l'ASC étaient plus élevées chez l'humain que chez le singe. Par conséquent, l'administration de la dose unique prévue chez l'humain ne devrait pas entraîner de vacuolisation tubulaire.
  • Les résultats obtenus dans les phases de récupération indiquent fortement que l'effet est réversible.
  • Aucune altération de la fonction rénale n'est survenue aux doses où les vacuolisations n'ont pas entraîné de nécrose tubulaire.
  • L'examen des reins de rat porte à croire que les vacuolisations observées résultent d'une accumulation et qu'elles ne s'accompagnent pas de signes manifestes de cytotoxicité ni de nécrose.
  • L'étude in vitro n'a pas révélé de cytotoxicité pour les cellules rénales humaines aux doses/concentrations prévues après l'utilisation de 0,03 mmol/kg en milieu clinique.
  • La vacuolisation des tubules épithéliaux rénaux proximaux a été associée à plusieurs agents de contraste contenant de l'iode, y compris l'agent pour IRM apparenté contenant du gadolinium. On a démontré que ce phénomène est principalement dû à l'accumulation de l'agent de contraste et qu'il n'est associé à aucune altération fonctionnelle notable des tubules ni des processus cellulaires.

Le signe toxicologique qui s'est classé au deuxième rang pour la fréquence dans les études de toxicité à doses répétées a été la vacuolisation des macrophages dans différents tissus chez le rat et le singe. Cette observation est aussi considérée comme non pertinente et comme insuffisante pour justifier la non utilisation du gadofosveset à des fins diagnostiques chez l'humain, car :

  • Après l'administration d'une dose unique, les premiers cas de vacuolisation des macrophages sont survenus à la dose de 1,0 mmol/kg dans les poumons et les ganglions lymphatiques de rat. Proportionnellement au poids corporel, cette dose était 33 fois plus élevée que la dose clinique prévue chez l'humain. Chez le singe, aucune vacuolisation des macrophages n'a été observée à la dose de 0,2 mmol/kg, qui est 7 fois plus élevée que la dose clinique prévue.
  • Après l'administration de doses répétées pendant 4 semaines, aucune vacuolisation des macrophages n'a été recensée chez les rats ayant reçu des doses allant jusqu'à 0,21 mmol/kg ni chez les singes ayant reçu jusqu'à 0,1 mmol/kg. Les doses administrées aux singes et aux rats étaient 3 et 7 fois plus élevées, respectivement, que la dose clinique prévue.
  • La réversibilité des vacuolisations des macrophages et des cellules réticulo endothéliales (c. à d. diminution de l'incidence et de la gravité) a été plus rapide que celle des vacuolisations des tubules rénaux. Chez le rat, les effets avaient entièrement disparu au terme d'une période de récupération de 4 semaines. Dans l'étude de 4 semaines chez le singe, la vacuolisation des macrophages s'était entièrement résorbée dans les poumons et elle avait été réduite à une affection sans gravité dans les ganglions lymphatiques après une période de récupération de 12 semaines.
  • Mis à part les vacuolisations des macrophages et des cellules réticulo endothéliales, aucun signe évoquant une altération de la fonction immunitaire (p. ex., lésions histopathologiques des organes lymphoïdes, modification du poids des organes lymphoïdes, variation de la formule leucocytaire ou du myélogramme) n'a été signalé dans les études de toxicité à doses répétées. De plus, les évaluations de la fonction des macrophages chez le rat n'ont révélé aucune modification en rapport avec les doses répétées allant jusqu'à 0,5 mmol/kg, seuil 17 fois supérieur à la dose clinique. Ce n'est qu'après l'administration de doses répétées de 2,0 mmol/kg que de faibles signes d'altération fonctionnelle des macrophages ont été observés.

Les études de toxicité à doses répétées ont aussi fait ressortir une légère baisse des paramètres érythrocytaires (hémoglobine, hématocrite, numération érythrocytaire) chez les rats traités par des doses de 0,01 mmol/kg et chez les singes traités par des doses de 0,5 mmol/kg.

Les effets sur les érythrocytes des deux espèces ont été les suivants :

  • On a observé une légère baisse (ne dépassant jamais 16 %) des paramètres mesurés, même aux doses les plus élevées de 2,0 mmol/kg.
  • Cette baisse ne s'est pas accompagnée de signes d'anémie hémolytique (c. à d. aucune augmentation de la bilirubine). Le gadofosveset trisodique n'a pas non plus présenté de potentiel hémolytique in vitro.
  • Les effets ont entièrement disparu après une période de récupération.
  • Ces effets ne sont pas survenus chez les animaux traités par une dose unique, même si celle ci était de 3,0 mmol/kg.

Les études de tolérance systémique menées après l'administration intraveineuse quotidienne de doses n'ont produit aucun résultat contredisant l'utilisation du gadofosveset à des fins diagnostiques chez l'humain.

Génotoxicité

Les études de génotoxicité in vivo et in vitro n'ont mis en lumière aucun signe de potentiel génotoxique ni mutagène lié au gadofosveset.

Cancérogénicité

Le gadofosveset n'a fait l'objet d'aucune étude de cancérogénicité. Cependant, les résultats des études de génotoxicité et les données d'une étude de cancérogénicité portant sur un composé de structure apparentée n'ont fait ressortir aucun potentiel cancérogène lié à l'utilisation d'une dose unique de gadofosveset.

Toxicité pour l'appareil reproducteur et le développement

Les études de toxicité pour l'appareil reproducteur et le développement n'ont fait ressortir aucun risque d'effet indésirable sur les paramètres de la reproduction et du développement. Plus particulièrement, l'utilisation du gadofosveset à des fins diagnostiques ne semble poser aucun risque de tératogénicité.

Tolérance locale

On a observé une bonne tolérance locale au gadofosveset après l'administration intraveineuse. Une légère irritation cutanée peut se produire à la suite d'une injection paraveineuse accidentelle. Les injections intra artérielles accidentelles peuvent entraîner un important érythème passager et un érythème modéré autour du point d'injection. Les administrations intramusculaires accidentelles peuvent provoquer des effets réversibles tels que des hémorragies, des nécroses focales et des réactions inflammatoires au point d'injection.

Potentiel immunogène

Les études portant sur le potentiel sensibilisant ou immunogène chez les animaux de laboratoire n'ont révélé aucun potentiel antigénique ni aucun potentiel de sensibilisation au contact lié au gadofosveset. Aucun signe de risque pour la santé humaine n'est associé aux impuretés présentes à des concentrations se situant à l'intérieur des limites des spécifications.

3.2.4 Conclusion

Le gadofosveset a fait l'objet d'une série standard d'études pharmacodynamiques et pharmacocinétiques précliniques, qui n'ont fait ressortir aucun problème d'innocuité. De façon générale, les études de toxicité portant sur le gadofosveset n'ont révélé aucun risque pour la santé humaine associé à la dose diagnostique de 0,03 mmol/kg.

3.3 Motifs cliniques de la décision

3.3.1 Programme clinique

Les 18 études cliniques comprenaient sept études pharmacologiques cliniques (deux de phase I et cinq de phase II), six études sur l'innocuité et l'efficacité de Vasovist à l'égard des maladies vasculaires périphériques (deux de phase I et quatre de phase II) et cinq études exploratoires sur d'autres indications (une de phase I et quatre de phase II). Les quatre études de phase III portant sur la capacité de Vasovist de mettre en évidence les maladies vasculaires dans le cadre des angiographies par résonance magnétique (ARM) ont fait appel à la même méthodologie de base. Il s'agissait d'études multicentriques ouvertes visant à évaluer l'innocuité et l'efficacité de Vasovist à la dose de 0,03 mmol/kg (ainsi qu'à la dose de 0,05 mmol/kg, dans le cas de l'étude MS 325 15). Ces études contrôlées ont été menées auprès de 1 203 patients atteints de diverses maladies vasculaires (maladie occlusive aorto iliaque, artériopathie rénale et artériopathie pédieuse). Les quatre essais de phase III et un des essais de phase II étaient considérés comme des études essentielles. Au total, 1 438 sujets (1 321 patients et 117 volontaires bien portants) ont reçu des doses de Vasovist. Des études ont aussi été menées auprès de patients atteints d'une dysfonction rénale ou hépatique et de patients en dialyse rénale.

3.3.2 Pharmacodynamique

Les deux études de phase I ont montré que le gadofosveset se lie à l'albumine sérique humaine (HSA), ce qui entraîne une augmentation de la vitesse de relaxation du plasma (1/T1). La modification de la cinétique de la relaxation (Δ1/T1) était semblable à la cinétique des concentrations plasmatiques. L'augmentation de Δ1/T1 en fonction de la dose était plus marquée entre 0,01 et 0,025 mmol/kg qu'entre 0,025 et 0,05 mmol/kg. Cela a entraîné une relaxivité (R1) considérablement plus faible à la dose de 0,05 mmol/kg qu'aux doses inférieures. La diminution de la relaxivité a vraisemblablement été causée par la réduction de la fraction de gadofosveset liée à l'albumine.

Des modifications sporadiques de l'intervalle QTc ont été observées, ce qui veut dire qu'une évaluation approfondie est nécessaire. Aucune modification cliniquement pertinente de l'ECG n'a été signalée.

3.3.3 Pharmacocinétique

Absorption

Dans l'intervalle de doses de 0,01 à 0,15 mmol/kg de gadofosveset, l'augmentation des concentrations plasmatiques de gadofosveset a été moins que proportionnelle à la dose. Cette observation concorde avec les caractéristiques de liaison protéique connues du gadofosveset, dont la fraction liée va en diminuant lorsque sa concentration plasmatique est supérieure à 0,15 mM. Bien qu'une tendance non linéaire soit apparente aux doses plus élevées, les paramètres pharmacocinétiques sont presque proportionnels à la dose lorsque celle ci est de 0,03 mmol/kg. Les résultats de l'étude montrent que les concentrations plasmatiques suivant l'administration des doses de 0,03 mmol/kg et de 0,05 mmol/kg ont diminué de façon parallèle.

Distribution

Le volume de distribution à l'état d'équilibre (VSS) tendait à augmenter légèrement lorsque la dose était majorée à > 0,05 mmol/kg. Les valeurs du VSS indiquent que le gadofosveset est dirigé vers l'espace extracellulaire.

Métabolisme

Les analyses des échantillons d'urine et de plasma indiquent que le gadofosveset n'est pas métabolisé.

Élimination

Les reins constituent la principale voie d'élimination du gadofosveset. Chez les sujets bien portants, le pourcentage moyen de la dose éliminée par l'urine sur une période de prélèvement de 14 jours a été de 83,7 ± 4,2 %. On a aussi récupéré 4,7 % de la dose dans les selles, ce qui indique que l'excrétion biliaire joue un rôle mineur dans l'élimination du gadofosveset.

Interactions médicamenteuses

En théorie, il est possible que des interactions avec d'autres médicaments se liant aux protéines plasmatiques se produisent. Des doses importantes d'un médicament se liant fortement aux protéines (p. ex., warfarine, S-kétoprofène, piroxicam, digitoxine, diazépam, ibuprofène, R-kétoprofène, naproxène et diclofénac) seraient nécessaires pour rendre la diminution de la valeur 1/T1 cliniquement pertinente. Le traitement par la warfarine ne semble pas influer sur les propriétés pharmacocinétiques ni pharmacodynamiques du gadofosveset. L'effet du gadofosveset sur les propriétés pharmacocinétiques et pharmacodynamiques de la warfarine demeure incertain.

Populations spéciales

L'âge et le sexe n'ont eu aucun effet notable sur les paramètres pharmacocinétiques du gadofosveset.

Chez les patients atteints d'insuffisance rénale grave, on n'a noté aucune modification notable de la concentration plasmatique ni de la fraction liée en fonction du temps dans l'heure qui a suivi l'administration. Cependant, le taux d'élimination a été influencé par la gravité de l'insuffisance rénale : la quantité de médicament éliminée dans l'urine a diminué, tandis que la quantité de médicament éliminée dans les selles a augmenté.

Aucune différence pharmacocinétique notable n'a été observée chez les patients atteints d'insuffisance hépatique modérée. L'excrétion fécale moyenne a légèrement diminué chez les patients atteints d'insuffisance hépatique par rapport aux patients ayant une fonction hépatique normale.

3.3.4 Efficacité clinique

Quatre études de phase III ouvertes, multicentriques, ont évalué l'efficacité clinique de Vasovist comme agent de contraste dans la détection de maladies vasculaires par angiographie par résonance magnétique (ARM). Ces études contrôlées ont porté sur 759 patients, dont 672 ont reçu la dose de 0,03 mmol/kg par voie intraveineuse. Les études visaient à déterminer la sensibilité, la spécificité et la précision générale des ARM renforcées par Vasovist par rapport aux ARM pré-contraste faisant appel à un cathéter de radiologie, qui représentent la méthode standard actuelle pour dépister les maladies vasculaires.

Dans chaque étude de phase III, pour les besoins de l'analyse primaire, on a établi un diagnostic de présence ou d'absence de maladie dans les lits vasculaires. Pour chacun de ces lits vasculaires (aorto-iliaque, fémoral, rénal et pédieux), le critère de définition de la maladie cliniquement significative était la présence d'une sténose ≥50 %. On a aussi utilisé d'autres paramètres secondaires cliniquement pertinents afin d'obtenir davantage de données pour comparer les ARM post-contraste et les angiographies par cathéter (méthode clinique standard) sur le plan de la caractérisation anatomique des lésions. Ces analyses comprenaient : a) une comparaison directe du pourcentage de sténose mesuré par ARM et par angiographie par cathéter; b) une analyse de la fonction d'efficacité du récepteur (FER) fondée sur une classification de la sténose selon une échelle qualitative de 1 à 5; et c) une interprétation distincte par des chirurgiens vasculaires (lecteurs) de toutes les données issues des ARM et des angiographies par cathéter visant à déterminer comment utiliser les images dans le choix du traitement du patient.

Les analyses primaire et secondaire ont montré que de façon générale, l'utilisation de Vasovist comme agent de contraste améliorait la capacité de diagnostic. Les données concernant la détection de sténoses cliniquement significatives dans le cadre des ARM renforcées par 0,03 mmol/kg de Vasovist (post-contraste) figurent dans le tableau ci-dessous.

Vasovist-enhanced MRA (post-contrast) exams
Études de phase III Amélioration entre les ARM pré contraste et les ARM renforcées par Vasovist (post contraste), plage et pourcentage Nombre statistiquement significatif des trois lecteurs
MS-325-12    
Sensibilité 6-19% 2/3    p<0,001
Spécificité 8-20% 3/3    p<0,001
Précision 8-20% 3/3    p<0,001
MS-325-13    
Sensibilité 22-31% 3/3    p<0,001
Spécificité 9-12% 3/3    p<0,001
Précision 11-13% 3/3    p<0,001
MS-325-14    
Sensibilité 25-42% 3/3    p<0,01
Spécificité 23-29% 3/3    p<0,01
Précision 23-29% 3/3    p<0,001
MS-325-15    
Sensibilité * 1/3    p<0,001
Spécificité 21-35% 3/3    p<0,01
Précision 7-18% 2/3    p<0,005

* Le lecteur B a obtenu une baisse de la sensibilité de -9 % et le lecteur C, une augmentation de 0,5 %.

L'analyse justificative de l'efficacité a montré que les résultats combinés des trois lecteurs traduisaient une amélioration de la sensibilité (pourcentage d'amélioration de 15 % à 28 % des angiographies post-contraste par rapport aux angiographies pré-contraste, p < 0,001 %) dans les études de phase III MS-325-12, MS-325-13 et MS-325-14 ainsi que de la spécificité (pourcentage d'amélioration de 9 % à 25 % des angiographies post-contraste par rapport aux angiographies pré-contraste, p < 0,001 %) et de la précision (pourcentage d'amélioration de 12 % à 27 %, des angiographies post-contraste par rapport aux angiographies pré-contraste, p < 0,001 %) dans les quatre études de phase III. L'étude MS-325-15 a fait ressortir une amélioration non significative (1,3 %) de la sensibilité post-contraste.

Dans l'analyse secondaire de l'efficacité, les ARM renforcées par Vasovist ont entraîné une amélioration de l'évaluation de la maladie cliniquement significative. Tous les lecteurs ont manifesté une confiance accrue dans la capacité de diagnostic, et ces améliorations étaient statistiquement significatives, sauf dans le cas d'un lecteur dans l'étude  MS-325-15. Pour les ARM effectuées avant l'injection de l'agent de contraste et sans agent de contraste, la proportion moyenne d'images non interprétables a été de 10 % à 34 %, proportion qui est descendue à un taux de 1 % à 3 % pour les ARM post-contraste. La proportion moyenne d'images non interprétables était de 3 % à 8 % dans le cas des angiographies par cathéter. Les plans de traitement établis à la suite d'une ARM renforcée par Vasovist concordaient avec les décisions de traitement prises sur la base d'angiographie par cathéter. Cette correspondance était considérablement supérieure à celle observée avec les plans de traitement par ARM non renforcée. Dans les quatre études, Vasovist a entraîné une amélioration considérable de l'efficacité des diagnostics par rapport aux ARM non renforcées.

3.3.5 Innocuité clinique

Dans les études cliniques, 1 328 patients ont reçu des doses de Vasovist de 0,005 à 0,100 mmol/kg. Des 767 patients traités par la dose de 0,03 mmol/kg, 176 (22,9 %) ont déclaré au moins un effet indésirable attribué au traitement. À la dose de 0,03 mmol/kg dose, les principaux effets indésirables liés au traitement ont été les suivants : démangeaisons (4,4 %), céphalées (2,2 %), nausées (3,8 %), vasodilatation (2,9 %), paresthésie (2,6 %), dysgueusie (2,2 %) et sensation de brûlure (2,0 %). La plupart des effets indésirables étaient légers ou modérés. Les effets secondaires moins courants figurent dans la monographie de produit. Un grand nombre d'événements indésirables graves n'étaient pas liés à Vasovist. La seule réaction allergique observée, considérée comme légère, a disparu après un traitement.

Cependant, certaines données portent à croire que Vasovist pourrait jouer un rôle dans l'allongement de l'intervalle QTc, tant à la dose clinique qu'aux doses plus fortes. Un allongement statistiquement significatif de l'intervalle QTc a été observé à la 45e minute suivant l'administration de la dose de 0,03 mmol/kg et de la dose supérieure à 0,05 mmol/kg. La valeur absolue de la modification a été de 2,8 msec à la dose clinique proposée de 0,03 mmol/kg, mais tout de même inférieure à celle associée au placebo (3,2 msec). Cependant, aux doses > 0,05 mmol/kg (0,07 et 1,0 mmol/kg), l'allongement moyen de l'intervalle QTc a été de 8,8 msec. Après avoir appliqué la correction de Fridericia (CF) aux mêmes points dans le temps, la modification à la 45e minute a été de 3,6 msec dans le groupe traité par 0,03 mmol/kg et de 4,7 msec dans le groupe traité par placebo. La modification de l'intervalle QTc (CF) a été de 8,5 msec dans le groupe traité par > 0,05 mmol/kg.

Des modifications de 30 à 60 msec de l'intervalle QTc ont été observées à la 45e minute chez 2,6 % des patients du groupe placebo, 5,6 % des patients traités par 0,03 mmol/kg, 4,5 % des patients traités par 0,05 mmol/kg, 2,7 % des patients traités par 0,07 mmol/kg et 10 % des patients traités par 0,1 mmol/kg. Le taux le plus élevé a été noté dans le groupe traité par 0,1 mmol/kg. Ces modifications ne sont pas considérées comme liées à la dose, car le taux était également élevé à la dose recommandée (0,03 mmol/kg) ainsi qu'à la dose la plus forte.

Le taux d'allongements > 60 msec de l'intervalle QTc à la 45e minute a été de 0 % dans le groupe placebo, de 0,4 % dans le groupe traité par 0,03 mmol/kg, de 0 % dans le groupe traité par 0,05 mmol/kg, de 0 % dans le groupe traité par 0,07 mmol/kg et de 1,4 % dans le groupe traité par 0,1 mmol/kg. Ces modifications ne sont pas considérées comme liées à la dose, mais les résultats semblent indiquer que la dose la plus forte pourrait avoir contribué à cet effet.

Des valeurs absolues > 500 msec ont été notées pour l'intervalle QTc à la 45e minute dans les différents groupes. Six (1,3 %) des patients traités par la dose de 0,03 mmol/kg ont présenté ces valeurs, contre aucun des patients du groupe placebo.

Bien que les valeurs de l'intervalle QTc varient grandement dans cette population de patients, on ne peut exclure le rôle potentiel de Vasovist dans les modifications observées. En l'absence d'études visant spécifiquement les effets sur l'intervalle QTc, on ne peut exclure l'existence d'un lien entre Vasovist et l'allongement de l'intervalle QTc. La monographie de produit décrit ce problème et contient de l'information appropriée à ce sujet.

3.4 Évaluation des avantages / risques et recommandation

3.4.1 Évaluation des avantages / risques

Les affections des vaisseaux sanguins peuvent toucher de nombreuses parties de l'organisme. L'athérosclérose des vaisseaux entraîne un cortège de maux : décès dus à des incidents cardiaques, accidents vasculaires cérébraux, ischémie ou perte d'un membre et autres morbidités. Pour déterminer le meilleur traitement contre une maladie vasculaire, il faut établir de façon objective la gravité et l'emplacement de la lésion vasculaire en question. Toutes les méthodes d'angiographie ont pour but de situer et de caractériser la lésion afin de permettre la planification d'un traitement, qu'il soit médical ou chirurgical.

Les études cliniques de phase III ont montré que l'utilisation de Vasovist (injection de gadofosveset trisodique) comme agent de contraste dans des angiographies par résonance magnétique (ARM) augmente la capacité de diagnostic. L'administration de Vasovist a mené à une amélioration statistiquement significative de l'efficacité des examens par ARM. Mis à part la spécificité dans une étude, les taux de précision, de sensibilité et de spécificité se situaient en deçà de 10 % de la méthode de référence, en l'occurrence l'angiographie de contraste par rayons X.

La liaison du gadofosveset à l'albumine dans le sang confère à Vasovist trois propriétés qui renforcent l'imagerie vasculaire par résonance magnétique : a) augmentation de la concentration plasmatique de l'agent de contraste; b) prolongement du temps de séjour de l'agent de contraste dans l'espace vasculaire; et c) renforcement des signaux par mole d'agent de contraste. Mis ensemble, ces trois facteurs devraient aboutir à la production d'IRM des structures vasculaires avec renforcement du contraste pouvant durer pendant une période allant jusqu'à 60 minutes suivant l'administration de Vasovist. La durée prolongée de l'imagerie vasculaire permet d'obtenir des ARM de haute résolution fiables qui aident à caractériser les anomalies vasculaires telles que les sténoses et les anévrismes.

Les autres avantages de Vasovist comprennent la réduction de l'incidence des néphropathies induites par l'agent de contraste, l'élimination des complications dues aux ponctions artérielles, la réduction de l'intensité des réactions allergiques et l'obtention d'images tridimensionnelles. Du point de vue des patients subissant cette intervention, Vasovist réduit l'exposition à un rayonnement ionisant, le temps requis pour obtenir des images et la nécessité de recourir à une sédation consciente.

Les principaux effets secondaires de Vasovist ont été les suivants : démangeaisons, céphalées, nausées, vasodilatation, paresthésie, dysgueusie et sensation de brûlure. L'allongement de l'intervalle QTc pose aussi un problème. On a observé aux plus fortes doses à l'étude (3,3 fois la dose recommandée) des signes d'allongement de l'intervalle QTc. Ce problème est abordé à la section 3.3.5 Innocuité clinique. En l'absence d'études contrôlées avec placebo et traitements actifs portant expressément sur l'intervalle QTc, il n'est pas possible de conclure que Vasovist ne participe pas à l'allongement de l'intervalle QTc; par conséquent, on a ajouté à la monographie de produit une mention complète des considérations relatives à l'intervalle QTc.

3.4.2 Recommandation

Après avoir examiné les données sur la qualité, l'innocuité et l'efficacité de ce produit, Santé Canada estime que Vasovist a un profil avantages/risques favorable pour l'angiographie par résonance magnétique (ARM) avec renforcement du contraste pour la visualisation des vaisseaux de l'abdomen et des membres chez les patients atteints, ou soupçonnés d'être atteints, d'une maladie vasculaire. La présentation de drogue nouvelle répond aux exigences des articles C.08.002 et C.08.005.1 et, par conséquent, Santé Canada a accordé l'Avis de conformité prévu par l'article C.08.004 du Règlement sur les aliments et drogues.

4 Étapes importantes de la présentation

Étapes importantes de la présentation: VasovistMD

Étape importante de la présentationDate
Dépôt de la présentation auprès de la DPBTG par erreur2004-12-22
Réacheminement de la présentation vers la DPT2005-01-26
Dépôt de la présentation auprès de la DPT2005-01-26
Examen préliminaire 1
Lettre d'acceptation à l'issue de l'examen préliminaire2005-03-31
Examen 1
Évaluation de la qualité terminée2006-01-11
Évaluation clinique terminée2006-01-23
Évaluation biostatistique terminée2006-01-23
Délivrance d'un ANC par le directeur général (problèmes liés à l'étiquetage)2006-01-24
Réponse déposée2006-05-04
Examen préliminaire 2
Réponse déposée2006-05-04
Lettre d'acceptation à l'issue de l'examen préliminaire2006-06-15
Examen 2
Délivrance de l'AC2006-10-30
Délivrance de l'AC C par le directeur général2006-10-31