Sommaire des motifs de décision portant sur Zelboraf ™

Décisions d'examen

Le sommaire des motifs de décision explique les raisons pour lesquelles un produit a reçu une autorisation de vente au Canada. Le document comprend les considérations portant sur la réglementation, l’innocuité, l’efficacité et la qualité (sur le plan de la chimie et de la fabrication).


Type de produit:

Médicament
  • Ce document est une traduction française du document anglais approuvé.
ZelborafMC

Vémurafénib, 240 mg, Comprimés, Orale

Hoffmann-La Roche Ltd.

No de contrôle de la présentation : 148693

Émis le : 2012-05-30

Avant-propos

Le Sommaire des motifs de décision (SMD) de Santé Canada expose les motifs d'ordre scientifique et réglementaire sur lesquels reposent les décisions de Santé Canada concernant la réglementation des médicaments et des instruments médicaux. Les SMD sont rédigés en langage technique à l'intention des personnes et groupes intéressés aux décisions de Santé Canada portant sur un produit donné et sont le reflet des observations consignées dans les rapports d'évaluation. À ce titre, les SMD servent à compléter et non à répéter l'information contenue dans la monographie de produit.

Nous invitons les lecteurs à consulter le « Guide du lecteur sur le Sommaire des motifs de décision - Médicaments au sujet de l'interprétation des termes et des acronymes utilisés ici. Ils trouveront également dans ce guide un aperçu du processus d'examen des présentations de drogue dans le feuillet intitulé « Comment les médicaments sont examinés au Canada », qui décrit les facteurs pris en considération par Santé Canada au cours du processus d'examen et d'autorisation d'une présentation de drogue. Les lecteurs devraient aussi consulter le document intitulé « Initiative du sommaire des motifs de décision - Foire aux questions ».

Le SMD correspond à l'information dont disposent les autorités de réglementation de Santé Canada au moment de prendre une décision. Les présentations subséquentes examinées à d'autres fins ne sont pas incluses dans la Phase I de la stratégie de mise en oeuvre des SMD. Pour obtenir de l'information à jour sur un produit en particulier, les lecteurs sont priés de consulter la monographie la plus récente de ce produit. Santé Canada fournit également l'information au sujet mises en garde diffusées après la commercialisation ou d'avis émis à la suite d'effets indésirables (EI).

Pour de plus amples renseignements sur un produit en particulier, les lecteurs peuvent également se rendre sur les sites Web des organismes de réglementation d'autres pays. L'information reçue à l'appui d'une présentation de drogue au Canada peut cependant ne pas être identique à celle reçue par d'autres gouvernements.

Autres politiques et lignes directrices

Les lecteurs sont invités à consulter le site Web de Santé Canada, où ils trouveront d'autres politiques et lignes directrices au sujet des médicaments, notamment le document intitulé «Gestion des présentations de drogues ».

1 Information sur le produit et la présentation

Marque nominative :

ZelborafMC

Fabricant/promoteur :

Hoffmann-La Roche Ltd.

Ingrédient médicinal :

Vémurafénib

Dénomination commune internationale :

Vémurafénib

Concentration :

240 mg

Forme posologique :

Comprimés

Voie d'administration :

Orale

Identification numérique de drogue (DIN) :

  • 0238042

Classe pharmaco-thérapeutique (classe ATC) :

Inhibiteur de la protéine kinase

Ingrédients non médicinaux :

Silice colloïdale anhydre, croscarmellose sodique, hydroxypropylcellulose, succinate d'acétate d'hydroxypropylméthylcellulose, stéarate de magnésium, oxyde de fer rouge, magrogol 3350, alcool polyvinylique, talc et dioxyde de titane.

Type et numéro de présentation :

Présentation de drogue nouvelle, Numéro de contrôle : 148693

Date de la présentation :

2011-07-18

Date de l'autorisation :

2012-02-15

MCMarque déposée de F. Hoffmann-La Roche AG, utilisée sous licence

2 Avis de décision

Le 15 février 2012, Santé Canada a émis à l'intention de Hoffmann-La Roche Limited un avis de conformité du produit pharmaceutique, Zelboraf.

Zelboraf contient l'ingrédient médicinal vémurafénib, qui est un inhibiteur de kinase qui arrête la croissance des cellules de mélanome qui expriment les protéines mutées BRAF V600. Les protéines BRAF sont mutées chez près de la moitié des patients atteints de mélanome à un stade avancé.

Zelboraf est indiqué comme monothérapie pour le traitement du mélanome non résécable ou métastatique BRAF V600-positif. Une analyse validée est requise pour identifier le statut de mutation BRAF V600.

L'autorisation de commercialisation s'appuie sur les données qualitatives, non cliniques et cliniques qui ont été présentées. L'efficacité et l'innocuité de Zelboraf pour les patients atteints de mélanome ont été évaluées chez des patients n'ayant jamais reçu de traitement et d'autres patients n'ayant pas répondu à au moins un traitement systémique précédent.

  • Les mutations BRAF V600 ont été identifiées dans les études de phase III et de phase II réalisées par l'épreuve de mutation cobasMD 4800 BRAF V600, approuvée par Santé Canada.
  • Les données cliniques qui soutiennent l'effectivité de Zelboraf pour les patients présentant des mutations BRAF autres que V600E sont limitées.
  • L'effectivité de Zelboraf pour les patients qui ont reçu un traitement préalable, y compris les traitements à la dacarbazine et à l'interleukine-2 (IL-2), se fonde sur des taux de réponses objectives d'une évaluation comparative d'études à une seule branche de phase II.

Traitement des patients n'ayant jamais reçu de traitement : Dans une étude de phase III internationale, multicentrique, randomisée, menée en mode ouvert avec groupe témoin, 675 patients porteurs de mélanome non résécable ou métastatique BRAF V600-positif et n'ayant pas reçu précédemment de traitement ont été randomisés 1:1 et ont reçu un traitement à Zelboraf (960 mg deux fois par jour) ou à la dacarbazine (1000 mg/ toutes les trois semaines). Le traitement a continué jusqu'à la progression de la maladie, jusqu'à ce que la toxicité atteigne un degré inacceptable ou jusqu'au retrait du consentement. Des améliorations considérables sur les plans statistique et clinique ont été observées dans le taux de survie en général et le taux de survie sans progression. Le taux de survie général était plus long avec Zelboraf par rapport à la dacarbazine, avec un taux de risque de 0,37, ce qui représente une réduction de 63 % du risque de décès avec Zelboraf par rapport à la dacarbazine. Le taux de survie sans progression dans l'évaluation réalisée par les chercheurs était plus long pour Zelboraf par rapport à la dacarbazine, avec un taux de risque de progression ou de décès de 0,26 %, ce qui représente une réduction de 74 % du risque de progression ou de décès pour Zelboraf par rapport à la dacarbazine.

Patients n'ayant pas répondu à au moins un traitement systémique précédent : Une évaluation comparative d'études à une seule branche, multicentrique, multinationale, de phase II a été menée sur 132 patients atteints de mélanome métastatique BRAF V600-positif. Le critère d'évaluation primaire du meilleur taux de réponse général confirmé (BORR) par l'évaluation d'un comité indépendant était de 52 %. Les patients qui ont reçu précédemment un traitement à l'IL-2 ou à la dacarbazine ont présenté un BORR de 48 % et de 60 % respectivement. La médiane du temps de réponse a été de 1,4 mois, et 75 % des réponses se sont produites avant 1,6 mois du traitement. La médiane de la durée de la réponse a été de 6,5 mois.

Zelboraf (240 mg, vémurafénib) est présenté sous forme de comprimés. La dose recommandée de Zelboraf est de 960 mg (quatre comprimés de 240 mg), deux fois par jour. On recommande que le traitement à Zelboraf soit poursuivi jusqu'à la progression de la maladie ou jusqu'au développement d'une toxicité inacceptable. Les directives concernant la posologie se trouvent dans la monographie du produit. Zelboraf doit être prescrit et le traitement surveillé par un médecin qualifié et expérimenté dans l'utilisation des agents anticancéreux.

Zelboraf est contre-indiqué chez les patients hypersensibles à Zelboraf ou à l'un des ingrédients utilisés dans la préparation de ce médicament. Zelboraf doit être administré selon les conditions décrites dans la monographie du produit, en tenant compte des risques potentiels associés à l'administration de ce produit pharmaceutique. Les conditions détaillées relatives à l'usage de Zelboraf sont décrites dans la monographie du produit.

Les études cliniques ont révélé des problèmes d'innocuité importants, notamment un allongement de l'intervalle QTc et des tumeurs secondaires. De plus, Zelboraf n'a pas été étudié chez des patients qui présentent une insuffisance hépatique aiguë. Ces problèmes ont été pris en compte au moyen d'énoncés adéquats sur l'étiquette, présentés dans la monographie du produit.

Un statut d'évaluation prioritaire a été accordé à Zelboraf, étant donné que la présentation de cette nouvelle drogue contenait des preuves substantielles de l'efficacité clinique de Zelboraf et de son profil risques/avantages amélioré par rapport aux traitements offerts actuellement, les produits pharmaceutiques commercialisés au Canada n'offrant pas de traitement adéquat contre cette maladie grave constituant un danger de mort.

D'après l'évaluation des données concernant la qualité, l'innocuité et l'efficacité, Santé Canada considère que le profil risques/avantages de Zelboraf est favorable pour la monothérapie du mélanome non résécable ou métastatique BRAF V600-positif. Une analyse validée est requise pour déterminer le statut de mutation BRAF V600.

3 Motifs d'ordre scientifique et réglementaire

3.1 Motifs d'ordre qualitatif

3.1.1 Substance médicamenteuse (ingrédient médicinal)

Renseignements généraux

Le vémurafénib, l'ingrédient médicinal de Zelboraf, est un inhibiteur de la protéine kinase biodisponible par voie orale qui ralentit ou arrête la croissance des mélanomes avancés qui expriment des mutations BRAF V600 de protéines kinases sérine/thréonine. Des mutations oncogènes de la kinase BRAF, majoritairement V600E, ont été observées dans environ 50 % des mélanomes avancés.

Procédé de fabrication et contrôles en cours de fabrication

Le vémurafénib est fabriqué par une synthèse en plusieurs étapes. Chaque étape du procédé de fabrication est considérée comme contrôlée à l'intérieur de limites acceptables :

  • Le promoteur a fourni de l'information sur la qualité et les contrôles pour toutes les matières qui entrent dans la fabrication de la substance médicamenteuse.
  • Les spécifications de la substance médicamenteuse ont été jugées satisfaisantes. Les valeurs limites quant aux impuretés sont conformes aux exigences de l'International Conference on Harmonisation (l'ICH).
  • Les étapes de traitement ont été évaluées, et des intervalles appropriés ont été établis relativement aux paramètres des procédés.
Caractérisation

La structure du vémurafénib a été adéquatement expliquée, et les spectres représentatifs ont été fournis. Les propriétés physiques et chimiques ont été décrites et sont jugées satisfaisantes.

Le promoteur a présenté un sommaire de toutes les impuretés liées au médicament. Les limites proposées ont été jugées raisonnablement qualifiées (c.-à-d. qu'elles se situent à l'intérieur des limites recommandées par l'ICH et/ou qu'elles ont été qualifiées à partir d'études toxicologiques). Le contrôle des impuretés et des produits de dégradation est donc jugé acceptable.

Contrôle de la substance médicamenteuse

Des copies des méthodes d'analyse et, le cas échéant, des rapports de validation ont été présentés et sont jugés satisfaisants pour toutes les méthodes qui ont servi à l'analyse du produit fini ainsi qu'aux essais de stabilité portant sur le vémurafénib.

Les composants proposés pour l'emballage sont considérés comme acceptables.

Stabilité

À la lumière des données sur la stabilité présentées, fondées sur des essais accélérés, de longue durée et en temps réel, la période de contre-essai et les conditions d'entreposage de la substance médicamenteuse étaient bien étayées et sont jugées satisfaisantes.

3.1.2 Produit pharmaceutique

Description et composition

Les comprimés de 240 mg de Zelboraf sont ovales, biconvexes, rosâtre-blanc à orange-blanc, et portent l'inscription « VEM » sur un côté. Chaque comprimé enrobé de Zelboraf contient 240 mg de vémurafénib. Les ingrédients non médicinaux sont les suivants : silice colloïdale anhydre; croscarmellose sodique; hydroxypropylcellulose; succinate d'acétate d'hydroxypropylméthylcellulose; et stéarate de magnésium. Le mélange de l'enrobage comprend de l'oxyde de fer; du macrogol 3350; de l'alcool polyvinylique; du talc; et du dioxyde de titane.

Les comprimés de Zelboraf sont disponibles en plaquettes alvéolaires en aluminium contenant 56 comprimés enrobés (8 comprimés par plaquette et 7 plaquettes par boîte).

Tous les ingrédients non médicinaux (excipients) présents dans le produit pharmaceutique sont autorisés par le Règlement sur les aliments et drogues pour un usage dans les médicaments. Les données sur la stabilité présentées à l'appui de la formulation commerciale proposée démontrent la compatibilité du vémurafénib avec les excipients.

Élaboration du produit pharmaceutique

Les modifications apportées au procédé de fabrication et à la formulation tout au long de l'élaboration du produit pharmaceutique ont été examinées et sont jugées acceptables.

Procédé de fabrication et contrôles en cours de fabrication

Le procédé de fabrication fait appel à des techniques de fabrication classiques, à savoir la granulation par voie sèche, la compression et l'enrobage.

Le procédé validé permet de fabriquer le produit de façon à répondre systématiquement aux spécifications du produit fini.

La méthode de fabrication est jugée acceptable, et le procédé est considéré comme dûment contrôlé à l'intérieur des limites justifiées.

Contrôle du produit pharmaceutique

Zelboraf a été soumis à des tests visant à en vérifier l'identité, l'aspect, l'uniformité de contenu, l'activité, la forme physique, la dissolution, la teneur en humidité, ainsi que les concentrations des produits de dégradation, des impuretés liées aux médicaments et des impuretés microbiologiques; les résultats étaient conformes aux critères d'acceptation. Les spécifications des tests et les méthodes d'analyse sont jugées acceptables; la durée de conservation ainsi que les limites de libération des produits de dégradation, pris séparément ou globalement, se situent à l'intérieur des limites.

Le processus de validation est jugé complet. Les résultats des analyses finales de lots ont été examinés et sont jugés conformes aux spécifications du produit pharmaceutique.

Stabilité

D'après les données sur la stabilité présentées, fondées sur des essais accélérés, de longue durée et en temps réel, la durée de conservation de 24 mois est jugée acceptable, si Zelboraf est entreposé entre 15 et 30 °C dans son emballage original et protégé de l'humidité.

La compatibilité du produit pharmaceutique avec le système récipient-fermeture a été établie au moyen d'études de stabilité. Le système récipient-fermeture satisfait à tous les critères d'acceptation des tests de validation.

3.1.3 Installations et équipement

L'aménagement, le fonctionnement et les mécanismes de contrôle des installations et de l'équipement servant à la production de Zelboraf sont jugés acceptables pour les activités et les produits fabriqués.

3.1.4 Évaluation de l'innocuité des agents adventices

Sans objet. Les excipients utilisés dans la formulation du produit pharmaceutique ne sont pas d'origine animale ni humaine.

3.1.5 Conclusion

L'information soumise sur les caractéristiques chimiques et la fabrication de Zelboraf montre que la substance médicamenteuse et le produit pharmaceutique peuvent être fabriqués de façon à répondre systématiquement aux spécifications approuvées. Des études appropriées sur l'élaboration et la validation ont été menées, et des contrôles adéquats sont en place pour la commercialisation.

3.2 Motifs non cliniques de la décision

3.2.1 Pharmacodynamique

Des études pharmacologiques ont montré que le vémurafénib est un inhibiteur de la protéine kinase BRAF et d'autres membres de la famille de kinases RAF. In vitro, le vémurafénib inhibe la protéine kinase BRAF avec des mutations en position V600 à l'échelle nanomolaire faible et à des concentrations inhibitrices inférieures à celles pour les kinases de type sauvage. Les concentrations de vémurafénib requises pour inhiber 50 % de l'activité des enzymes (CI50) pour plusieurs kinases mutantes BRAF V600 étaient comprises entre 7 et 14 nM, tandis que la majorité des autres kinases non apparentées examinées étaient inhibées à des concentrations beaucoup plus fortes (valeurs de CI50 values > 2 μM).

Lors d'études de culture cellulaire, le vémurafénib inhibait la prolifération des cellules cancéreuses humaines à des concentrations de CI50 allant de 0,04 à 25 μM. La plupart des lignées cellulaires des mélanomes présentant des mutations BRAF V600 avaient une inhibition de croissance à des valeurs de CI50 inférieures à 1 μM. Par contre, les cellules de type sauvage pour les protéines kinases BRAF ou les cellules présentant des mutations BRAF à des endroits autres que V600 avaient des valeurs de CI50 comprises entre 4 et 25 μM.

Des expériences in vivo ont montré que le vémurafénib inhibait la croissance des cellules de mélanomes transplantées chez des souris athymiques. Toutes ces lignées cellulaires exprimaient des mutations BRAF V600E. À de fortes doses, les souris atteignaient une régression complète des tumeurs, mais à de plus faibles doses, les tumeurs réapparaissaient sans doute en raison d'une résistance acquise au vémurafénib. On a isolé les clones résistants afin de définir des réponses adaptatives aux tumeurs qui pourraient se produire chez les patients atteints d'un mélanome traités avec ce médicament. Au moins une concentration 100 fois supérieure de vémurafénib était requise pour inhiber la croissance des clones résistants par rapport aux cellules parentales. On a maintenant répertorié plusieurs mécanismes qui peuvent conférer une résistance des mélanomes au vémurafénib.

Lors d'études cliniques, il s'est avéré que le vémurafénib stimulait la formation de carcinomes squameux cutanés chez environ 24 % des patients traités pour un mélanome. Le mécanisme potentiel par lequel le vémurafénib contribue à la formation de carcinomes squameux cutanés a été évalué in vivo dans un modèle de xénogreffons murins de carcinomes squameux cutanés dans des lignées cellulaires de carcinomes épidermoïdes humains. À des doses de vémurafénib de 25 et 75 mg/kg par jour, il y avait une croissance reliée à la dose des xénogreffons tumoraux par rapport aux souris traitées par excipient. Les preuves préliminaires indiquent que le vémurafénib provoque une augmentation paradoxale de l'activité des protéines kinases activées par des agents mitogènes (MAPK) dans les tumeurs exprimant des BRAF de type sauvage. Une analyse génétique ultérieure de 35 échantillons de carcinomes squameux cutanés et de kératoacanthomes prélevés sur des patients traités par vémurafénib a révélé que 60 % (21 sur 35) des spécimens renfermaient des mutations de protéines isoformes RAS, la mutation prédominante étant HRAS Q61L. Cette information, jumelée au résultat selon lequel un carcinome squameux cutané se développe souvent dans un délai de sept à huit semaines, indique qu'il y a des lésions préexistantes dont la croissance est stimulée après l'administration de vémurafénib.

Des études pharmacologiques d'innocuité ont été menées en vue d'évaluer les effets potentiels du vémurafénib sur le système nerveux central, le système cardiovasculaire et le système respiratoire. Le vémurafénib inhibait le canal gène humain apparenté au gène éther-à-go-go (hERG) exprimé dans les cellules rénales embryonnaires humaines avec une CI50 de 1,24 μM, une valeur sensiblement inférieure à la concentration plasmatique maximale (Cmax) de 90 μM observée chez les patients. Cet essai indique que le vémurafénib peut potentiellement causer un allongement de l'intervalle QT.

Le vémurafénib n'avait pas d'effet sur la conduction lors de l'essai lié aux fibres de Purkinje. Cependant, ces résultats sont confondus par la solubilité limitée ou extrêmement variable du vémurafénib dans les conditions de cet essai.

Lors d'une étude par électrocardiogramme (ECG) menée sur des chiens conscients lors de laquelle l'exposition au vémurafénib équivalait à seulement la moitié de l'exposition clinique humaine à l'issue de l'administration d'une dose unique par voie orale, il n'y a eu aucun effet sur l'allongement de l'intervalle QT lorsqu'il était ajusté en fonction de la fréquence cardiaque. Les faibles seuils d'exposition atteints chez les chiens limitent l'interprétation de ces résultats liés à l'intervalle QT.

On n'a observé aucun effet nocif dans le système nerveux central et le système respiratoire lors des études pharmacologiques d'innocuité menées chez des rats.

3.2.2 Pharmacocinétique

Absorption

Les études pharmacocinétiques menées sur des rats et des chiens ont montré une absorption saturable à l'issue de l'administration de vémurafénib par voie orale. Dans l'une des études, deux doses administrées avec un écart de huit heures ont produit une augmentation de 1,8 fois des valeurs de surface sous la courbe (SSC) pour l'exposition systémique chez les chiens par rapport à une dose unique par voie orale de 450 mg/kg, même si les valeurs de Cmax étaient semblables.

Distribution

Le vémurafénib était fortement lié (plus de 99 %) aux protéines plasmatiques, comme déterminé lors des études in vitro avec le plasma obtenu chez des rats, des souris, des chiens, des singes et des humains.

Lors d'une étude quantitative fondée sur une autoradiographie du corps entier menée chez des rats en utilisant du vémurafénib radiomarqué, les concentrations radioactives dans les tissus étaient relativement semblables aux concentrations dans le sang à tous les points temporels, sauf pour les tissus du foie, des reins, de la corticosurrénale, des glandes lacrymales, des poumons, et du tube digestif, qui étaient généralement supérieures à celles relevées dans le sang. La radioactivité n'était pas détectable dans le cerveau et la compression médullaire des rats, ce qui indique que le vémurafénib ne traverse pas la barrière hématoencéphalique. L'accumulation et la rétention de vémurafénib dans les tissus oculaires (uvée) ou cutanés contenant de la mélanine n'étaient pas apparentes.

Métabolisme

L'isoenzyme CYP3A4 du cytochrome P450 (CYP) était l'enzyme prédominante responsable du métabolisme in vitro du vémurafénib. On a trouvé huit métabolites mineurs in vitro dans les microsomes/cellules hépatiques des humains, des chiens et des chats. Dans le plasma des rats, des chiens et des humains, le vémurafénib inchangé était le principal composé et on a détecté deux métabolites monohydroxylés mineurs.

Élimination

Dans les études sur des rats avec du vémurafénib radiomarqué, l'élimination de la radioactivité avait lieu essentiellement par les fèces et on en retrouvait à peine 0,19 % dans l'urine 96 heures après le traitement.

Chez les rats sur lesquels on avait posé une canule biliaire, la majeure partie de la radioactivité recueillie sur 24 heures a été récupérée dans la bile (71 %) et moins dans les fèces (13,4 %), ce qui prouve que la principale voie d'élimination de la radioactivité causée par le médicament était l'excrétion biliaire chez le rat.

3.2.3 Toxicologie

Toxicité à dose unique

Des études de toxicité à dose unique ont été menées sur des rats et des chiens avec une suspension de vémurafénib dans de l'huile de maïs, et l'exposition était trop faible pour provoquer une toxicité aiguë. En raison des expositions systémiques limitées avec la formulation d'huile de maïs, une nouvelle formule a été mise au point, que l'on appelle poudre en vrac micro-précipitée. Cette formulation a fourni une exposition sensiblement supérieure par rapport à la formulation précédente, et elle a été utilisée dans les études de toxicité à doses répétées de 13 et 26 semaines, dans l'étude de toxicité de 39 semaines achevée prématurément, dans l'analyse du micronoyau in vivo, ainsi que lors d'études de toxicité pour le développement d'un fœtus ou d'un embryon. Cette formulation a été utilisée par la suite pour reste des études non cliniques et toutes les études cliniques.

Toxicité à doses répétées

Les études toxicologiques à doses répétées ont déterminé que les organes cibles chez le chien étaient le foie et la moelle osseuse. On a observé une nécrose et une dégénérescence des cellules hépatiques dans le foie à des expositions inférieures à l'exposition clinique (d'après les comparaisons de la SSC) lors d'une étude de 13 semaines sur des chiens auxquels on a administré le médicament deux fois par jour. On a souligné une nécrose focale de la moelle osseuse chez un chien lors d'une étude de 39 semaines achevée prématurément avec deux doses par jour à des expositions dans la fourchette d'expositions cliniques. Lors de l'étude de 13 semaines menée chez des chiens, on a relevé des augmentations de l'intervalle QT chez les chiens mâles à la dose élevée après 24 jours de dosage, mais ces augmentations n'atteignaient pas une importance significative et on n'a observé aucune autre anomalie dans les autres mesures de l'électrocardiogramme.

Études de la phototoxicité

Le vémurafénib était phototoxique in vitro dans les fibroblastes murins cultivés après une irradiation ultraviolette A.

Génotoxicité

Le vémurafénib n'était pas mutagène lors des analyses in vitro (test d'Ames et essai d'aberration chromosomique dans des lymphocytes humains) ni dans le test du micronoyau in vivo dans la moelle osseuse de rats. Les concentrations de vémurafénib utilisées lors de ces essais étaient relativement faibles, en raison de sa faible hydrosolubilité.

Cancérogénicité

On n'a pas mené d'études de cancérogénicité, car elles n'étaient pas requises pour soutenir la commercialisation de la thérapeutique destinée à traiter les patients atteints d'un cancer avancé.

Toxicité pour la reproduction et le développement

On a mené des études de toxicité pour le développement d'un fœtus ou d'un embryon chez des rats et des lapins; chez des rats à des doses de 0, 10, 30 et 250 mg/kg/jour pendant les jours de gestation 6 à 17, et chez les lapins à des doses de 0, 30, 150 et 450 mg/kg/jour pendant les jours de gestation 7 à 20. Le vémurafénib n'a produit aucun effet sur le développement des fœtus ou des embryons chez les rats et les lapins. Cependant, les niveaux d'exposition des animaux gravides étaient relativement faibles par rapport aux seuils d'exposition humaine lors des études cliniques.

Le vémurafénib traversait le placenta chez les rats. Cette exposition peut provoquer des effets nocifs pour le fœtus en interférant avec la fonction BRAF, qui est essentielle pour le développement de l'embryon.

On n'a pas mené d'études de fertilité, car elles n'étaient pas requises pour soutenir la commercialisation de la thérapeutique destinée à traiter les patients atteints d'un cancer avancé.

3.2.4 Résumé et conclusion

Les études relatives à la pharmacologie non clinique, à la pharmacologie d'innocuité, à la pharmacocinétique et à la toxicologie ont suffisamment caractérisé le profil non clinique du vémurafénib pour soutenir l'utilisation prévue de Zelboraf pour l'indication clinique. D'après les études pharmacologiques, le vémurafénib a le potentiel d'inhiber de manière sélective les protéines mutantes BRAF V600 et de servir d'inhibiteur de la croissance des mélanomes tumoraux en exprimant des mutations de facteurs oncogènes BRAF V600. On n'a relevé aucune préoccupation en matière d'innocuité qui prévoirait des toxicités imprévues chez les patients traités avec du vémurafénib.

3.3 Motifs cliniques de la décision

3.3.1 Pharmacodynamique

Les études cliniques relatives au mécanisme d'action du vémurafénib n'ont pas été soumises à des fins d'examen (voir la section 3.2.1 Pharmacodynamique pour les études non cliniques). Des essais à doses progressives ont été réalisés auprès de patients afin d'établir une dose approprié de 960 mg deux fois par jour pour une dose quotidienne totale de 1920 mg (huit comprimés au total) pour les études de phase II et de phase III. On considère qu'il s'agit de la dose quotidienne tolérée maximale.

3.3.2 Pharmacocinétique

Une analyse pharmacocinétique de population utilisant les données regroupées obtenues auprès de 458 patients a estimé que les valeurs médianes à l'état d'équilibre de la Cmax, de la Cmin et de la SSC0-12 heures étaient de 62 μg/mL, 59 μg/mL et 734 μg*h/mL, respectivement. Un modèle ouvert à un compartiment avec une absorption de premier ordre et une élimination de premier ordre décrit adéquatement le profil du temps de concentration du vémurafénib dans l'analyse pharmacocinétique de population.

Absorption

À l'aide des comprimés de 240 mg prêts à être commercialisés, le vémurafénib a montré une pharmacocinétique linéaire entre 240 et la dose quotidienne recommandée de 960 mg deux fois par jour. Les niveaux de vémurafénib à l'état d'équilibre ont été atteints au jour 22 chez la plupart des patients (fourchette de 15 à 29 jours). La biodisponibilité du vémurafénib n'a pas été établie et l'effet de la nourriture sur l'absorption du vémurafénib n'est pas connu actuellement.

Le vémurafénib à 960 mg deux fois par jour (en utilisant les comprimés de 240 mg) a été absorbé avec une période moyenne pour atteindre une concentration plasmatique maximale d'environ quatre heures. Le vémurafénib montrait une accumulation marquée après un dosage répété à 960 mg deux fois par jour avec une forte variabilité entre les patients.

Distribution

Chez les patients atteints de mélanome métastatique, on a estimé que le volume apparent de la distribution pour le vémurafénib était de 91 L (avec une variabilité entre les patients de 64,8 %). Le vémurafénib était fortement lié aux protéines plasmatiques de l'humain in vitro (plus de 99 %).

Métabolisme

Lors d'une étude du bilan massique humain qui utilisait du vémurafénib radiomarqué, le vémurafénib a subi un métabolisme limité par le foie. Les métabolites représentaient en moyenne moins de 6 % de la radioactivité plasmatique. Dans les fèces, le composé parent et trois métabolites primaires représentaient 54,6 % et 13,5 % de la radioactivité totale de départ, respectivement, lorsqu'on les recueillait jusqu'à 96 heures.

Élimination

Les résultats de l'étude du bilan massique ont montré que la majorité de la radioactivité était sécrétée dans les fèces (94 %) et on en a trouvé très peu (moins de 1 %) dans l'urine.

Études sur les interactions médicamenteuses

Le vémurafénib peut augmenter l'exposition plasmatique des médicaments métabolisés principalement par les enzymes CYP1A2 et CYP2D6 et diminue l'exposition plasmatique des médicaments métabolisés principalement par l'enzyme CYP3A4. Les réductions de doses pour les médicaments métabolisés principalement par les enzymes CYP1A2 et CYP2D6 doivent être prises en considération sur la base de leurs intervalles thérapeutiques avant un traitement concomitant avec du vémurafénib. Lorsqu'une dose unique de warfarine était coadministrée après un dosage répété avec du vémurafénib pendant 15 jours, certains patients présentaient une exposition accrue à la warfarine (moyenne de 20 %). D'autres études ont démontré que le vémurafénib inhibait l'enzyme CYP2C9 in vitro. Par conséquent, il convient de faire preuve de prudence lorsqu'on administre du vémurafénib en même temps que la warfarine (un substrate de CYP2C9) chez les patients.

Les études in vitro ont indiqué que le vémurafénib n'était métabolisé que dans une faible mesure par les cellules hépatiques humaines, et que cela était dû principalement à l'oxydation induite par le CYP3A4. Les études chez l'homme afin de déterminer les effets d'un fort inhibiteur ou inducteur du CYP3A4 sur la pharmacocinétique du vémurafénib n'ont pas été menées.

Populations particulières

Les reins représentent moins de 1 % du vémurafénib excrété (étude du bilan massique) et l'insuffisance rénale ne devrait pas avoir de répercussions sur l'exposition au vémurafénib. Les études chez les rats indiquent que la principale voie d'élimination est l'excrétion biliaire, et l'insuffisance hépatique peut augmenter l'exposition systémique au médicament. D'après l'analyse pharmacocinétique de la population, aucun ajustement de la dose de départ n'est nécessaire pour les patients atteints d'une insuffisance hépatique légère et modérée préexistante. L'innocuité et l'efficacité de Zelboraf chez les patients atteints d'une grave insuffisance hépatique n'ont pas été établies. Un nombre limité de données pharmacocinétiques donnent à penser que les patients atteints d'insuffisance hépatique grave sont susceptibles de présenter des concentrations plus élevées de vémurafénib dans l'organisme et que cela donnerait lieu à leur exposition plus fréquente à des événements indésirables, y compris l'allongement de l'intervalle QTc. C'est pourquoi l'emploi de Zelboraf chez les patients atteints d'insuffisance hépatique grave commande la prudence, comme l'explique la monographie du produit.

L'exposition moyenne à l'état d'équilibre chez les femelles était environ 14 % supérieure à celle chez les mâles. Bien qu'il ne soit pas nécessaire d'ajuster la dose selon le sexe, on ne sait pas clairement si cette différence d'exposition est liée au sexe ou à un effet de la taille du corps.

3.3.3 Efficacité clinique

L'efficacité de Zelboraf (vémurafénib) sur les mélanomes a été évaluée lors d'une étude clinique comparative de phase III auprès de 675 patients et d'une évaluation comparative d'études cliniques à une seule branche auprès de 132 patients. Avant l'inscription à l'étude, des spécimens d'échantillons provenant de tous les patients ont fait l'objet d'essais pour déceler la présence de mutations BRAF V600 par l'épreuve de mutation cobasMC 4800 BRAF V600. Environ 50 % des patients atteints d'un mélanome dépisté pour les études cliniques avaient des tumeurs BRAF V600-positives. L'épreuve a été conçue pour détecter les kinases V600E, et elle a une spécificité élevée. Elle est moins sensible pour détecter les autres mutations V600, y compris la deuxième mutation la plus courante, V600K. Les données cliniques qui soutiennent l'utilisation de Zelboraf pour les patients présentant des mutations BRAF autres que V600E sont limitées. D'après des données non cliniques et un nombre limité de données cliniques, le vémurafénib ne serait pas efficace chez les patients dont les tumeurs ne sont pas positives pour les mutations BRAF V600. C'est pourquoi l'efficacité et l'innocuité de Zelboraf n'ont pas été évaluées chez cette population de patients.

Étude de phase III sur des patients n'ayant jamais reçu de traitement

Dans une étude de phase III internationale, multicentrique, randomisée, menée en mode ouvert avec groupe témoin, 337 patients atteints d'un mélanome non résécable ou métastatique BRAF V600-positif et n'ayant pas reçu précédemment de traitement ont été randomisés avec Zelboraf (960 mg deux fois par jour) et 338 ont reçu un traitement randomisé à la dacarbazine (1000 mg/ toutes les trois semaines). Quinze pour cent des patients (48) randomisés à la dacarbazine n'ont reçu aucun médicament administré pendant étude. Cet abandon sélectif a toutefois été jugé peu susceptible d'influencer les résultats des analyses en matière d'efficacité. Trente-deux des 48 patients ont fourni des données de suivi avec un taux de survie, et un traitement subséquent contre le cancer a été signalé chez 9 patients (18,8 %). Toutes les données de ces patients ont été incluses dans les analyses en intention de traiter, conformément au principe de ce type d'analyse, y compris les données recueillies après l'application subséquente d'un traitement contre le cancer. De plus, l'évaluation des patients ayant reçu au moins un des traitements médicamenteux à l'étude indique que les caractéristiques de base mesurées sont demeurées équilibrées entre les deux groupes d'étude.

Le traitement a continué jusqu'à la progression de la maladie, jusqu'à ce que la toxicité atteigne un degré inacceptable ou jusqu'au retrait du consentement. Les critères d'évaluation co-primaires de l'étude étaient le taux de survie en général et le taux de survie sans progression. Les principaux critères d'efficacité secondaires comprenaient le meilleur taux de réponse général confirmé (BORR) et la durée de la réponse.

On a constaté une amélioration significative du point de vue statistique et clinique dans le taux de survie en général pour les patients traités avec Zelboraf, avec un ratio de risque de 0,37 [intervalle de confiance (IC) de 95 % : 0,26; 0,55], ce qui représente une diminution de 63 % dans le danger de mort avec Zelboraf par rapport à la dacarbazine. Le taux de survie sans progression dans l'évaluation réalisée par les chercheurs était plus long pour Zelboraf par rapport à la dacarbazine, avec un ratio de risque pour le taux de survie sans progression de 0,26 (IC de 95 % : 0,20; 0,33), ce qui représente une réduction de 74 % du risque de progression ou de décès pour Zelboraf par rapport à la dacarbazine. L'avantage du taux de survie en général s'est maintenu lors de l'analyse actualisée de 90 jours relative à l'innocuité.

Le meilleur taux de réponse général confirmé, soit le deuxième critère secondaire (réponse complète plus réponse partielle), selon l'évaluation par le chercheur, a été significativement amélioré (probabilité inférieure à 0,0001) dans le bras Zelboraf (48,4 %) (IC de 95 % : 41,6 %, 55,2 %) par rapport au bras dacarbazine (5,5 %) (IC de 95 % : 2,8 %, 9,3 %). Parmi les 106 patients sous Zelboraf qui ont montré un taux de réponse confirmé, le délai de réponse moyen était de 1,4 mois (fourchette : 1,0 à 5,5). Parmi les 12 patients sous dacarbazine qui ont montré un taux de réponse confirmé, le délai de réponse moyen était de 2,7 mois (fourchette : 1,6 à 5,8).

La qualité de vie a été utilisée à l'aide de la version 4 du questionnaire FACT-M (Functional Assessment of Cancer Therapy-Melanoma). Les analyses du questionnaire FACT-M et de ses sous-échelles ont indiqué qu'il n'y avait aucune différence dans la qualité de vie mesurée au fil du temps relative au traitement administré pendant l'étude aux patients traités avec Zelboraf par rapport aux patients traités avec de la dacarbazine. La proportion de patients qui présentent une amélioration dans l'évaluation du médecin relative à l'état du rendement était plus élevée chez les patients traités par Zelboraf (63,4 %) (IC de 95 % : 57 %, 69 %) que chez les patients traités par dacarbazine (20,2 %) (IC de 95 % : 15 %, 26 %).

Au total, on a déclaré que 19 patients sur les 220 dont on avait analysé les tumeurs par séquençage rétrospectif avaient un mélanome BRAF V600K-positif lors de cette étude de phase III. Bien que les analyses en matière d'efficacité soient limitées par le petit nombre de patients par rapport aux patients présentant une mutation V600E, les analyses en matière d'efficacité ont indiqué un avantage de Zelboraf chez les patients présentant une mutation V600K. Quatre patients présentant une mutation V600K sur dix traités par Zelboraf ont répondu au traitement pas rapport à zéro patient sur neuf dans le bras dacarbazine. En outre, on a observé l'avantage thérapeutique du Zelboraf sur le taux de survie en général et le taux de survie sans progression dans la sous-population présentant une mutation V600K avec les ratios de risque de 0,27 (IC de 95 % : 0,05; 1,51) et de 0,09 (IC de 95 % : 0,02; 0,45), respectivement.

Étude de phase II chez des patients n'ayant pas répondu à au moins un traitement systémique précédent

Une évaluation comparative d'études à une seule branche, multicentrique, multinationale, de phase II a été menée auprès de 132 patients atteints d'un mélanome métastatique BRAF V600-positif. Lors de cette étude, la proportion de patients ayant reçu un traitement préalable avec de l'IL-2 (39 %) était supérieure à celle des patients traités par dacarbazine (23 %). La durée moyenne du suivi était de 6,9 mois (fourchette : 0,6 à 11,3).

Le critère du meilleur taux de réponse général confirmé (BORR) par l'évaluation d'un comité d'évaluation indépendant était de 52 % (IC de 95 % : 43 %, 61 %). Les patients qui ont reçu un traitement préalable à l'IL-2 ou à la dacarbazine présentaient un taux de réponse général confirmé (BORR) de 48 % (IC de 95 % : 34 %, 62 %) ou de 60 % (IC de 95 % : 41 %, 77 %), respectivement. La médiane du temps de réponse a été de 1,4 mois, et 75 % des réponses se sont produites avant 1,6 mois du traitement. La médiane de la durée de la réponse a été de 6,5 mois.

Neuf patients sur les 132 présentaient des mutations BRAF V600K confirmées par le séquençage de Sanger. Parmi ces patients, trois avaient une réponse partielle, trois avaient une maladie stable, deux avaient une maladie progressive et un n'était pas évaluable.

La monographie de produit énonce clairement que l'efficacité de Zelboraf pour les patients ayant reçu un traitement préalable, y compris les traitements à la dacarbazine et à l'interleukine-2 (IL-2), se fonde sur les données objectives relatives aux taux de réponse tirées d'une évaluation comparative d'études de phase II à une seule branche. À défaut d'autres thérapies efficaces et de taux de réponse sans précédent d'une durée significative chez ces patients, Santé Canada a accordé une autorisation de commercialisation pour les patients présentant des mutations BRAF V600 et n'ayant pas répondu aux traitements précédents d'après cette évaluation comparative d'études à une seule branche.

3.3.4 Innocuité clinique

Les réactions indésirables ont été relevées à partir des deux études cliniques décrites à la section 3.3.3 Efficacité clinique. La durée moyenne du traitement dans les études de phase III et de phase II était de 4,2 mois et 5,7 mois, respectivement.

Les événements indésirables les plus courants relevés avec l'utilisation de Zelboraf étaient l'arthralgie, les érythèmes, l'alopécie, la fatigue, la réaction de photosensibilité, la nausée, le prurit, et le papillome cutané. D'autres événements très courants (> 10 %) comprenaient les coups de soleil; la dépression; la diminution de l'appétit; les céphalées; l'arthrite; la dorsalgie; le syndrome d'enflure douloureuse des mains et des pieds; l'alopécie; ainsi que les œdèmes périphériques. Les événements courants (> 1 % et < 10 %) comprenaient la déshydratation; la perte de conscience/syncope; la paralysie faciale; le gonflement articulaire; la faiblesse musculaire; et les lésions cutanées. Des événements moins courants mais graves comprenaient l'allongement du QTc, des réactions ophtalmologiques (y compris l'uvéite, l'iritis et l'occlusion veineuse rétinienne), de graves réactions d'hypersensibilité (y compris le choc anaphylactique, le syndrome de Stevens-Johnson, l'épidermolyse bulleuse toxique et l'hypotension), ainsi que des anomalies des enzymes hépatiques de grade 3 et 4.

Les femelles subissaient environ deux fois plus d'événements significatifs du point de vue clinique (soit des événements > grade 3, soit des événements indésirables graves, à savoir l'arthralgie, des réactions de photosensibilité et des érythèmes) que les mâles dans cette étude. Lors des études cliniques, les patients âgés (> 65 ans) ont subi davantage d'événements indésirables tels que des carcinomes squameux cutanés, une diminution de l'appétit, et des problèmes cardiaques. On a aussi observé le syndrome de lyse tumorale dans les études cliniques et on l'a inclus à la section Mises en garde et précautions de la monographie de produit.

Les tumeurs secondaires sont très préoccupantes avec Zelboraf. Bien que Zelboraf soit efficace dans le traitement des mélanomes métastatiques dans la population présentant des mutations BRAF V600-positives, paradoxalement d'autres tumeurs augmentent, principalement les carcinomes squameux cutanés moins invasifs, mais aussi potentiellement des mélanomes plus agressifs et des carcinomes squameux non cutanés. Les études cliniques soumises ont fait état de carcinomes squameux cutanés (24 % dans l'ensemble de toutes les études) et de nouveaux mélanomes primaires (2 % dans l'étude de phase III), et les études en cours ont relevé récemment deux cas de carcinomes squameux non cutanés de la tête et du cou (tonsilles et langue).

Zelboraf à la dose thérapeutique de 960 mg deux fois par jour a été associé à l'allongement du QTc, à une diminution du rythme cardiaque, ainsi qu'à une hausse de la tension artérielle lors des études de phase II et III. On a observé un allongement du QTc selon la dose. L'ampleur de l'allongement du QTc allait d'une moyenne de 11-15 msec lors de l'étude de phase II et atteignait un effet maximal de 22,1 msec (IC de 90 % : 14,2; 30,0) d'ici le cycle 6 lors de l'étude de phase III. On a déclaré que des élévations de la tension artérielle étaient associées à Zelboraf. Lors de l'étude de phase III, le changement moyen par rapport à la valeur de référence allait de 4 à 10 mm Hg pour la tension artérielle systolique et de 0 à 8 mm Hg pour la tension artérielle diastolique au cours du traitement.

Malgré d'importantes préoccupations sur l'innocuité de Zelboraf et le nombre limité de données en la matière (chez une population de patients limitée sur une durée relativement courte), le profil d'innocuité général de Zelboraf est acceptable et gérable. L'étiquetage approuvé par Santé Canada permettra d'assurer la surveillance et l'atténuation adéquates de certains événements indésirables graves, dans la mesure du possible. Une case Mises en garde et précautions a été ajoutée à la monographie de produit : elle cite l'allongement du QTc et des tumeurs secondaires comme des événements indésirables significatifs. Une déclaration selon laquelle Zelboraf n'a pas fait l'objet d'études chez les patients atteints d'une grave insuffisance hépatique a aussi été incluse dans la case Mises en garde et précautions. À la section Mises en garde et précautions, il est énoncé qu'il ne faut pas utiliser Zelboraf chez les patients atteints de tumeurs BRAF de type sauvage ou chez les patients pour lesquels on ne connaît pas l'état des mutations BRAF, et que les données cliniques qui appuient l'utilisation de Zelboraf chez les patients atteints de mutations BRAF autres que V600E sont limitées.

3.4 Évaluation des avantages / risques et recommandation

3.4.1 Évaluation des avantages/risques

Un statut d'évaluation prioritaire a été accordé à Zelboraf. La présentation de cette nouvelle drogue contenait des preuves substantielles de l'efficacité clinique de Zelboraf par rapport aux traitements offerts actuellement, les produits pharmaceutiques commercialisés au Canada n'offrant pas de traitement adéquat contre cette maladie grave constituant un danger de mort.

Une étude randomisée de phase III montre que, par rapport à la norme de soins actuelle avec la dacarbazine, Zelboraf présente des avantages sur le plan du taux de survie en général et du taux de survie sans progression chez les patients atteints d'un mélanome non traité présentant des mutations BRAF V600. De plus, dans une étude de phase II à un seul groupe de traitement, Zelboraf a montré une activité biologique significative (taux de réponse supérieurs à 50 %) chez les patients atteints d'un mélanome BRAF V600-positif qui avaient déjà reçu un traitement, principalement du témazolomide, de la dacarbazine ou l'IL-2. Toutefois, les données cliniques qui soutiennent l'efficacité de Zelboraf pour les patients présentant des mutations BRAF autres que V600E sont limitées. En outre, des données non cliniques et un nombre limité de données cliniques donnent à penser que Zelboraf ne serait pas efficace chez les patients atteints d'un mélanome ne présentant pas de mutation BRAF V600. C'est pourquoi, avant d'entreprendre un traitement par Zelboraf, il importe de déterminer le statut de mutation de la tumeur à l'aide d'une analyse validée. Enfin, bien que Zelboraf présente un avantage clinique important pour le traitement des mélanomes métastatiques qui expriment des mutations BRAF V600, de nombreux patients développent une résistance au médicament dans la première année de traitement.

Les risques liés à l'utilisation de Zelboraf comprennent l'allongement de l'intervalle QT, la phototoxicité, les anomalies de la fonction hépatique, la croissance des carcinomes squameux cutanés, la naissance d'autres tumeurs primaires, les changements ophtalmologiques, les érythèmes, les douleurs articulaires et d'autres événements indésirables courants. Ces risques, y compris les tumeurs secondaires (en grande partie des carcinomes squameux cutanés), l'allongement de l'intervalle QT, la photosensibilité ainsi que l'hépatotoxicité, sont gérables.

Globalement, l'évaluation avantages-risques pour cette population de patients est acceptable, tout particulièrement pour les patients n'ayant pas reçu de traitement précédemment et atteints d'un mélanome BRAF V600-positif, car Zelboraf fournit un avantage important en matière de survie en général par rapport à la dacarbazine. L'étiquetage approuvé reflète de façon précise l'innocuité et l'efficacité de Zelboraf. Une surveillance adéquate des événements indésirables et les considérations relatives au dosage ensemble avec l'étiquette approuvée permettront de maintenir un profil avantages-risques pour ce médicament dans le cadre de la post-commercialisation.

3.4.2 Recommandation

D'après l'évaluation des données concernant la qualité, l'innocuité et l'efficacité, Santé Canada considère que le profil risques-avantages de Zelboraf est favorable pour la monothérapie des patients atteints d'un mélanome non résécable ou métastatique BRAF V600-positif. Une analyse validée est requise pour déterminer le statut de mutation BRAF V600. La présente PDN répond aux exigences des articles C.08.002 et C.08.005.1 et, par conséquent, Santé Canada a émis l'avis de conformité (AC) prévu par l'article C.08.004 du Règlement sur les aliments et drogues.

4 Étapes importantes de la présentation

Étapes importantes de la présentation: ZelborafMC

Étape importante de la présentationDate
Réunion préalable à la présentation :2011-05-19
Demande de traitement prioritaire
Dépôt :2011-06-14
Approbation émise par le directeur, Bureau du métabolisme, de l'oncologie et des sciences de la reproduction :2011-07-08
Dépôt de la présentation :2011-07-18
Examen préliminaire
Lettre d'acceptation à l'issue de l'examen préliminaire :2011-08-19
Examen
Évaluation de la qualité terminée :2011-02-13
Évaluation clinique terminée :2011-02-15
Examen de l'étiquetage terminé :2012-02-14
Avis de conformité émis par le directeur général :2011-02-15