Sommaire des motifs de décision portant sur Zevalin ®
Décisions d'examen
Le sommaire des motifs de décision explique les raisons pour lesquelles un produit a reçu une autorisation de vente au Canada. Le document comprend les considérations portant sur la réglementation, l’innocuité, l’efficacité et la qualité (sur le plan de la chimie et de la fabrication).
Type de produit:
- Ce document est une traduction française du document anglais approuvé.
ZevalinMD
Ibritumomab tiuxétan, 3,2 mg/2 mL, solution)
Trousse de préparation du conjugué ibritumomab tiuxétan-90Y
Berlex Canada Inc.
No de contrôle de la présentation : 076192
Émis le : 2006-06-23
Direction générale des produits de santé et des aliments
Notre mission est d'aider les Canadiennes et les Canadiens à maintenir et à améliorer leur état de santé.
Santé Canada
Le mandat de la DGPSA est d'adopter une approche intégrée à la gestion des risques et des avantages pour la santé liés aux produits de santé et aux aliments :
- en réduisant les facteurs de risque pour la santé des Canadiens et des Canadiennes tout en maximisant la protection offerte par le système réglementaire des produits de la santé et des aliments; et
- en favorisant des conditions qui permettent aux Canadiens et aux Canadiennes de faire des choix sains ainsi qu'en leur donnant des renseignements afin qu'ils ou qu'elles puissent prendre des décisions éclairées en ce qui a trait à leur santé.
Direction générale des produits de santé et des aliments
Also available in English under the following title: : Summary Basis of Decision (SBD) ZEVALIN®, Ibritumomab tiuxetan, 3.2 mg/2 mL, Solution, Berlex Canada Inc., Submission Control No. 076192
Avant-propos
Le Sommaire des motifs de décision (SMD) de Santé Canada expose les motifs d'ordre scientifique et réglementaire sur lesquels reposent les décisions de Santé Canada concernant la réglementation des médicaments et des instruments médicaux. Les SMD sont rédigés en langage technique à l'intention des personnes et groupes intéressés aux décisions de Santé Canada portant sur un produit donné et sont le reflet des observations consignées dans les rapports d'évaluation. À ce titre, les SMD servent à compléter et non à répéter l'information contenue dans la monographie de produit.
Nous invitons les lecteurs à consulter le « Guide du lecteur sur le Sommaire des motifs de décision - Médicaments au sujet de l'interprétation des termes et des acronymes utilisés ici. Ils trouveront également dans ce guide un aperçu du processus d'examen des présentations de drogue dans le feuillet intitulé « Comment les médicaments sont examinés au Canada », qui décrit les facteurs pris en considération par Santé Canada au cours du processus d'examen et d'autorisation d'une présentation de drogue. Les lecteurs devraient aussi consulter le document intitulé « Initiative du sommaire des motifs de décision - Foire aux questions ».
Le SMD correspond à l'information dont disposent les autorités de réglementation de Santé Canada au moment de prendre une décision. Les présentations subséquentes examinées à d'autres fins ne sont pas incluses dans la Phase I de la stratégie de mise en oeuvre des SMD. Pour obtenir de l'information à jour sur un produit en particulier, les lecteurs sont priés de consulter la monographie la plus récente de ce produit. Santé Canada fournit également l'information au sujet mises en garde diffusées après la commercialisation ou d'avis émis à la suite d'effets indésirables (EI).
Pour de plus amples renseignements sur un produit en particulier, les lecteurs peuvent également se rendre sur les sites Web des organismes de réglementation d'autres pays. L'information reçue à l'appui d'une présentation de drogue au Canada peut cependant ne pas être identique à celle reçue par d'autres gouvernements.
Autres politiques et lignes directrices
Les lecteurs sont invités à consulter le site Web de Santé Canada, où ils trouveront d'autres politiques et lignes directrices au sujet des médicaments, notamment le document intitulé «Gestion des présentations de drogues ».
1 Information sur le produit et la présentation
Marque nominative :
Fabricant/promoteur :
Ingrédient médicinal :
Chlorure d'yttrium-90
Dénomination commune internationale :
Concentration :
Forme posologique :
Voie d'administration :
Identification numérique de drogue (DIN) :
- S.O.
Classe pharmaco-thérapeutique (classe ATC) :
Ingrédients non médicinaux :
Type et numéro de présentation :
Date de la présentation :
Date de l'autorisation :
MD Marque déposée de Berlex Canada Inc.
2 Avis de décision
Le 10 mai 2005, Santé Canada a émis à l'intention de Berlex Canada Inc. un avis de conformité du produit thérapeutique Zevalin, produit radiopharmaceutique thérapeutique. Zevalin contient l'ingrédient médicinal ibritumomab tiuxétan, qui est radiomarqué à l'yttrium-90 (90Y).
Zevalin est indiqué pour le traitement des patients atteints d'un lymphome non hodgkinien à lymphocytes B CD20+, de bas grade ou folliculaire, récidivant ou réfractaire, y compris les patients atteints d'un lymphome non hodgkinien folliculaire réfractaire au traitement par le rituximab. Zevalin se compose de l'anticorps monoclonal murin ibritumomab combiné au chélateur tiuxétan, qui lie le radio-isotope- 90Y. L'ibritumomab est un anticorps monoclonal murin IgG1 dirigé contre l'antigène CD20 présent à la surface des lymphocytes B normaux et malins. Lorsqu'il est administré par voie intraveineuse, Zevalin cible de façon sélective les cellules tumorales, et la dose de rayonnement administrée entraîne une diminution marquée de la taille de la tumeur.
Le produit a été évalué dans le cadre de la Politique sur le traitement prioritaire, le besoin en traitements innovateurs des lymphomes non hodgkiniens n'étant pas encore comblé.
L'autorisation de commercialisation de Zevalin s'appuie sur un examen satisfaisant des données sur la qualité (chimie et fabrication) et des données tirées des études non cliniques et cliniques. L'innocuité et l'efficacité du schéma thérapeutique de Zevalin ont été évaluées dans le cadre de deux essais multicentriques regroupant 197 sujets. Chez les patients traités par Zevalin, l'efficacité a été jugée adéquate pour l'indication autorisée. Les données soumises démontrent que Zevalin peut être administré de façon sécuritaire selon les conditions décrites dans la monographie de produit.
Zevalin (3,2 mg/2 mL ibritumomab tiuxétan) est commercialisé sous forme de trousse contenant tous les composants non radioactifs nécessaires à la préparation d'une dose unique de Zevalin pour le marquage à l'yttrium-90 par voie intraveineuse. Le schéma thérapeutique de Zevalin comporte deux étapes. À la première étape, on administre par perfusion une dose unique de rituximab. À la deuxième étape, qui a lieu de sept à neuf jours plus tard, on administre par perfusion une deuxième dose de rituximab, suivie de Zevalin-90Y. Les recommandations de dosage sont décrites dans la monographie du produit.
Zevalin est contre-indiqué chez les patients présentant une hypersensibilité connue à l'ibritumomab tiuxétan, au chlorure d'yttrium-90, à d'autres protéines murines ou à tout composant de la trousse de Zevalin. Les conditions détaillées relatives à l'utilisation de Zevalin sont décrites dans la monographie de produit.
Conformément à son examen des données portant sur la qualité, l'innocuité et l'efficacité du produit, Santé Canada juge que le rapport entre les avantages et les risques de Zevalin est favorable au traitement des patients atteints d'un lymphome non hodgkinien à lymphocytes B CD20+, de bas grade ou folliculaire, récidivant ou réfractaire, y compris les patients atteints d'un lymphome non hodgkinien folliculaire réfractaire au traitement par le rituximab.
3 Motifs d'ordre scientifique et réglementaire
3.1 Motifs d'ordre qualitatif
3.1.1 Substance médicamenteuse (ingrédient médicinal)
Description
L'ingrédient actif de Zevalin, l'ibritumomab tiuxétan, est formé de l'anticorps monoclonal murin ibritumomab combiné au chélateur tiuxétan, qui lie le radio-isotope 90Y. L'ibritumomab est un anticorps monoclonal murin IgG1 dirigé contre l'antigène CD20 présent à la surface des lymphocytes B normaux et malins. Lorsqu'il est administré par voie intraveineuse, Zevalin (ibritumomab tiuxétan-90Y) cible de façon sélective les cellules tumorales, et la dose de rayonnement administrée entraîne une diminution marquée de la taille de la tumeur.
Procédé de fabrication et contrôles en cours de fabrication
L'anticorps monoclonal ibritumomab est produit par les cellules ovariennes de hamster chinois (CHO) génétiquement modifiées. Pour fabriquer l'ibritumomab, on a recours à une banque de cellules CHO maîtresses, qui est au préalable dûment caractérisée et analysée de manière à détecter tout contaminant adventice et tout virus endogène, conformément aux lignes directrices de l'ICH.
La fabrication de l'ibritumomab comprend une série d'étapes dont la fermentation, la récolte et la purification. La purification est effectuée par une série d'étapes chromatographiques et d'élimination/inactivation virale. La méthode de fabrication et les témoins utilisés lors de la fabrication sont validés à l'aide de trois lots de qualification. Chaque lot était conforme aux spécifications de la production de la substance médicamenteuse. L'anticorps ibritumomab est ensuite conjugué avec le tiuxétan pour former l'ibritumomab tiuxétan (anticorps conjugué). Les contrôles en cours de fabrication ont été examinés et jugés acceptables. Les spécifications des matières brutes utilisées pour la fabrication de la substance médicamenteuse ont également été jugées satisfaisantes.
Caractérisation
On a effectué des études de caractérisation détaillées pour garantir que l'ibritumomab tiuxétan présente systématiquement la structure désirée. Les tests contrôlent adéquatement les quantités d'impuretés liées au produit et au procédé. On a également démontré la stabilité de la banque de cellules maîtresses à l'aide d'analyses de caractérisation génétique (séquençage des nucléotides et transfert de Southern).
Les résultats des études de validation du procédé indiquent que les méthodes utilisées lors de la fabrication permettent de détecter adéquatement les impuretés liées au produit et au procédé et d'en déterminer la quantité. Les impuretés qui ont été signalées et caractérisées ne dépassaient pas les limites établies par l'ICH.
Contrôle de la substance médicamenteuse
Les rapports de validation de toutes les méthodes qui ont servi à l'analyse de l'anticorps et de l'anticorps conjugué ont été jugés satisfaisants. Les spécifications de la substance médicamenteuse ainsi que les méthodes d'analyse utilisées pour le contrôle de qualité de l'ibritumomab/ibritumomab tiuxétan ont été jugées acceptables.
Les données liées au lot ayant servi d'étalon de référence et aux trois lots de qualification ont été jugées acceptables au regard des spécifications sur l'identité, la composition, l'activité et la pureté de l'ibritumomab et de l'ibritumomab tiuxétan.
Stabilité
À la lumière des études de stabilité réalisées, conformément aux lignes directrices de l'ICH, la période d'entreposage ainsi que les conditions d'entreposage et d'expédition prévues pour la substance médicamenteuse sont jugées satisfaisantes.
3.1.2 Produit pharmaceutique
Description et composition
Zevalin (ibritumomab tiuxétan) est une solution limpide, incolore et stérile, expédiée dans une trousse et prête à être radiomarquée à l'yttrium-90 (90Y). En plus de l'ingrédient médicinal ibritumomab tiuxétan, la trousse Zevalin contient trois composants non radioactifs nécessaires à la préparation d'une dose unique d'ibritumomab tiuxétan-90Y en vue d'une administration thérapeutique (perfusion intraveineuse). Les quatre composants sont offerts dans des contenants identiques dotés du même dispositif de fermeture, à savoir des flacons de verre transparent de type I, scellés au moyen d'un bouchon de caoutchouc gris et munis d'un sceau en aluminium et d'un couvercle amovible de couleur différente .
La trousse de préparation de Zevalin-90Y contient :
- 1 flacon renfermant 3,2 mg d'ibritumomab tiuxétan en solution dans 2 mL de soluté physiologique. Solution limpide et incolore pouvant contenir des particules translucides.
- 1 flacon d'acétate de sodium à 50 mM, renfermant 13,6 mg d'acétate de sodium trihydraté en solution dans 2 mL d'eau, pour injection. Solution limpide et incolore.
- 1 flacon de solution tampon, renfermant 750 mg d'albumine sérique humaine, 76 mg de chlorure de sodium, 21 mg de phosphate de sodium dibasique dodécahydraté, 4 mg d'acide pentétique, 2 mg de phosphate de potassium monobasique et 2 mg de chlorure de potassium en solution dans 10 mL d'eau, pour injection. Solution de couleur jaune à ambrée.
- 1 flacon à réaction vide.
- 4 étiquettes d'identification.
Le radio-isotope (chlorure d'yttrium-90 [90Y]) n'est pas fourni dans la trousse; il est expédié directement par le fabricant lorsqu'une trousse est commandée.
Élaboration du produit pharmaceutique
Au cours de l'élaboration de Zevalin, on n'a apporté aucune modification à la composition du produit devant être commercialisé, sauf en ce qui concerne la solution tampon : on a dû effectuer deux légères modifications pour se conformer aux monographies des pharmacopées . Des données portant sur ces modifications ont confirmé que l'intégrité et la spécificité de l'anticorps demeuraient inchangées.
Des changements ont également été apportés au procédé de fabrication de l'ibritumomab pendant l'élaboration du produit devant être commercialisé. Des données portant sur les caractéristiques physicochimiques et l'activité biologique ont démontré la biocomparabilité entre les lots de développement et les lots commerciaux.
Procédé de fabrication et contrôles en cours de fabrication
Tout l'équipement, les étapes de fabrication et les paramètres de fonctionnement détaillés sont dûment décrits dans la documentation fournie et ont été jugés acceptables. L'ibritumomab tiuxétan est transféré dans des flacons au moyen des techniques aseptiques appropriées, avec un équipement pharmaceutique et dans des installations conventionnels.
La formulation choisie permet de maintenir l'activité et la pureté de l'ibritumomab tiuxétan ainsi que l'intégrité des protéines pendant la durée de conservation prévue. Les excipients utilisés dans la trousse Zevalin sont conformes soit à la US Pharmacopeia (USP), soit à la Pharmacopée européenne (Ph. Eur.).
Contrôle du produit pharmaceutique/de la trousse
Zevalin, le produit pharmaceutique et les composants de la trousse , ont été soumis à des tests visant à en vérifier la qualité par rapport à leurs spécifications respectives. Les tests portaient, entre autres, sur l'apparence , la teneur en protéines, l' identité, la pureté, la stérilité, l'activité, la stabilité, la présence d'endotoxines bactériennes et la présence de contaminants viraux pendant la fabrication . Les rapports de validation des méthodes qui ont servi à l'analyse du produit semi-fini et fini ont été jugés satisfaisants et conformes aux lignes directrices de l'ICH.
Des résultats des analyses de lots ont été évalués, et ils ont été jugés acceptables parce qu'ils étaient conformes aux spécifications du produit pharmaceutique et des autres composants de la trousse.
Stabilité
À la lumière des données sur la stabilité, l'ibritumomab tiuxétan aurait une durée de conservation de 36 mois lorsqu'il est entreposé à la température recommandée de 2 à 8 °C. La durée de conservation recommandée en ce qui concerne l'ibritumomab tiuxétan radiomarqué est de 8 heures. Il est cependant conseillé d'utiliser le produit immédiatement après le radiomarquage.
La durée de conservation de la trousse est déterminée en fonction du composant dont la durée de conservation est la plus courte.
3.1.3 Installations et équipement
L'aménagement, le fonctionnement et les mécanismes de contrôle des installations et de l'équipement servant à la production et au contrôle de la qualité sont jugés acceptables pour leurs fonctions respectives. Toutes les installations sont conformes aux bonnes pratiques de fabrication (BPF).
3.1.4 Évaluation de l'innocuité des agents adventices
Des analyses d'échantillons liquides de culture pré-récolte effectuées sur chaque lot permettent de vérifier l'absence de microorganismes adventices (bactéries, mycoplasmes et virus). Les différentes étapes du procédé de purification visant à éliminer et inactiver les virus sont adéquatement validées. Excepté l'albumine sérique humaine contenue dans la solution tampon, aucun excipient d'origine animale/humaine n'entre dans la fabrication de l'ibritumomab tiuxétan. La source et la qualité de l'albumine sérique humaine sont approuvées par Santé Canada.
Tous les excipients fournis dans la trousse Zevalin sont conformes à la Ph. Eur./USP.
3.1.5 Résumé et conclusion
La présentation de drogue nouvelle concernant Zevalin a subi un examen de qualité et a été jugée conforme aux exigences énoncées à l'article C.08.002 du Règlement sur les aliments et drogues.
L'information soumise sur les caractéristiques chimiques et la fabrication de Zevalin montre que la substance médicamenteuse et le produit pharmaceutique peuvent être fabriqués de façon à répondre systématiquement aux spécifications convenues. Des études appropriées sur l'élaboration et la validation ont été menées, et des contrôles adéquats sont en place pour la commercialisation.
3.2 Motifs non cliniques de la décision
3.2.1 Pharmacodynamqiue
Études in vitro
Plusieurs dosages et études d'immunohistochimie ont été effectués pour démontrer que les anticorps obtenus à partir de cellules CHO et ceux obtenus à partir d'hybridomes possédaient des propriétés de liaison équivalentes. Des tests on été également réalisés pour démontrer que le fait de coupler le tiuxétan à l'ibritumomab n'altérait pas les propriétés de liaison de la préparation d'anticorps. Les résultats des études in vitro qui ont été réalisées conduisent aux conclusions suivantes :
- Les analyses immunohistochimiques de la biodistribution de l'ibritumomab obtenu à partir de cellules CHO conjugué au tiuxétan et de l'ibritumomab tiuxétan marqué à l'yttrium-89 (non radioactif) ont révélé que la distribution était principalement limitée à un sous-ensemble de cellules lymphoïdes. Il n'y avait aucune réaction avec les cellules épithéliales de divers organes, les éléments mésenchymateux et les cellules neuroectodermiques.
- L'ibritumomab ne s'est pas lié de façon spécifique aux lymphocytes B de rat ou de souris, ce qui exclut la possibilité d'utiliser de tels modèles pour réaliser des études d'innocuité et de pharmacocinétique.
- L'anticorps monoclonal murin ibritumomab se lie de façon hautement spécifique à l'antigène CD20. Aucune diminution de spécificité n'a été observée lorsque l'anticorps était conjugué avec le tiuxétan. L'anticorps conjugué présentait des caractéristiques semblables à celles de l'anticorps B1 anti-CD20 de Coulter; ces deux anticorps ont réagi avec l'antigène selon un profil de distribution très restreint, limité à un sous-ensemble de cellules lymphoïdes.
Études in vivo
On a cherché à déterminer les effets antiprolifératifs de l' ibritumomab tiuxétan et le degré d'accumulation du conjugué dans les tissus tumoraux de souris athymiques présentant des lymphomes à cellules B humaines.
- Les études utilisant de l'ibritumomab tiuxétan marqué à l'yttrium sur des modèles de xénogreffe Ramos ont montré que l'ibritumomab tiuxétan marqué à l'yttrium-90 et l'anticorps chimérique rituximab avaient un effet tumoricide comparable. Aucun effet additif ou synergique n'est ressorti de l'administration des deux produits thérapeutiques.
- Dans deux études de biodistribution, des concentrations relativement élevées d'anticorps radiomarqués ont été mesurés dans les tissus tumoraux après une administration par voie intraveineuse. Cette augmentation de la radioactivité dans les tissus tumoraux, qui est fonction de la période écoulée, révèle que le conjugué est capté de façon sélective par les cellules tumorales CD20+. À l'opposé, les concentrations d'anticorps radiomarqués ont diminué dans le sang et la plupart des tissus tout au long de la période d'observation.
Les autres études sur l'ibritumomab et sa forme conjuguée chez les animaux se sont limitées aux macaques de Buffon, en raison de la réactivité connue de l'ibritumomab et de son analogue chimérique, le rituximab, avec les lymphocytes B des primates.
3.2.2 Pharmacocinétique
Des données tirées des études pharmacocinétiques effectuées chez l'animal ont démontrés le suivant :
- La biodistribution après l'administration intraveineuse d'anticorps radiomarqués et conjugués révèle que les doses de rayonnement chez l'humain étaient semblables dans toutes les études où l'on avait exposé des tissus humains sains à des doses acceptables de rayonnement, et des tissus osseux/la moelle osseuse à des doses limitées de rayonnement.
- La biodistribution des radiomarqueurs produits par deux fabricants différents était semblable, et les propriétés pharmacocinétiques de deux lots d'ibritumomab tiuxétan produits chez ces deux fabricants étaient identiques. Il apparaît donc que ces anticorps conjugués sont stables in vivo et que l'on peut utiliser ceux produits par l'un ou l'autre fabricant à des fins thérapeutiques.
- Après leur administration, l'ibritumomab tiuxétan-111In et l'ibritumomab tiuxétan-90Y ont été éliminés principalement par voie biliaire (37 et 48 % de la dose, respectivement). Les proportions étaient semblables dans les urines et les fèces.
- Dans les études pharmacocinétiques effectuées sur des souris, la demi-vie sérique (T1/2) de l'ibritumomab et de l'ibritumomab tiuxétan était d'environ 8,75 jours après l'administration intraveineuse d'une dose unique de 0,025 mg/souris. Chez les rats, l'administration d'un bol intraveineux de 3,2 mg/kg d'ibritumomab tiuxétan a produit une concentration sérique maximale moyenne (Cmax) de 60 à 67 μg/mL, une surface sous la courbe de concentration (SSC) moyenne de 395 à 415 μg*j/mL et une T1/2 de 11 jours. Chez les macaques de Buffon, la T1/2 de l'ibritumomab était de 4,5 jours après l'administration de 10 mg/kg en perfusion unique.
- Les études toxicocinétiques menées sur des macaques de Buffon ayant reçu de l'ibritumomab tiuxétan- 89Y seul ou en association avec du rituximab, les jours 1 et 8, ont révélé que les concentrations plasmatiques d'ibritumomab tiuxétan- 89Y étaient plus élevées lorsque les deux composés étaient administrés. De façon similaire, chez les animaux ayant reçu les deux composés, la demi-vie sérique de l'ibritumomab tiuxétan- 89Y était plus longue (74 heures contre 17) et la SSC et le temps de séjour moyen étaient considérablement plus élevés que chez les animaux n'ayant reçu que de l'ibritumomab tiuxétan- 89Y.
3.2.3 Toxicologie
Des études ont été menées chez l'animal pour déterminer la toxicité à dose unique et à doses répétées de Zevalin. Les évaluations toxicologiques de l 'ibritumomab et de son conjugué ont été limitées au macaque de Buffon en raison de la réactivité connue de l'ibritumomab et de son analogue chimérique, le rituximab, avec les lymphocytes B des primates. Les lymphocytes B du chien ne se lient pas à l'ibritumomab ou à son analogue chimérique, le rituximab. Des souris et les rats n'ont pas été utilisés parce que l'anticorps murin ne réagit pas avec les cellules CD20+ de souris ou de rats.
Toxicité à dose unique
Une dose unique d'ibritumomab (10 mg/kg, soit 160 fois la dose humaine) a été administrée par voie intraveineuse pour déterminer la demi-vie du médicament. On a effectué des observations cliniques, des examens physiques, des analyses d'urine, des tests hématologiques et chimiques, et on a évalué des paramètres tels que la température corporelle, la consommation d'aliments, le poids corporel et les marqueurs immunologiques des lymphocytes circulants. Le médicament a été bien toléré, sans aucun effet indésirable imprévu. On n'a observé qu'une diminution réversible du nombre de lymphocytes B circulants (la population de lymphocytes T n'a pas été touchée). Cette diminution du nombre de lymphocytes B circulants a peu d'importance en pratique, car l'administration préalable de rituximab élimine ces cellules.
Toxicité à doses répétées
L'administration de doses répétées (7 doses en 13 jours) d'ibritumomab et du conjugué ibritumomab tiuxétan marqué à l'yttrium-89 (160 fois la dose thérapeutique), seuls ou avec du rituximab (à la dose thérapeutique), n'a entraîné aucun effet indésirable. On n'a essentiellement observé qu'une déplétion réversible du nombre de lymphocytes B circulants et/ou présents dans les tissus, à laquelle on s'attendait vu l'administration préalable de rituximab. Il n'y a eu aucun effet sur les lymphocytes T ou les autres leucocytes.
Cancérogénicité
Aucune étude de cancérogénicité n'a été réalisée, car l'ibritumomab tiuxétan est destiné à une utilisation de courte durée et ne présente aucune similitude structurelle avec des cancérigènes. On sait toutefois que l'utilisation de composés radiomarqués a un certain effet cancérigène, car elle entraîne une exposition à des rayonnements ionisants. Compte tenu de la dose de rayonnement prévue pour les tissus humains sains et du fait que l'anticorps marqué à l'yttrium-90 n'est utilisé qu'une seule fois, on considère que le risque est acceptable.
Mutagénicité
Aucune étude de mutagénicité n'a été réalisée, car ce type d'études ne s'applique pas dans le cas d'un produit issu des biotechnologies. Il faut cependant envisager la possibilité d'un tel effet en raison de l'exposition à des rayonnements ionisants. Compte tenu des résultats des études de biodistribution réalisées chez la souris et de la dose de rayonnement prévue pour les tissus sains, on considère que le risque est acceptable.
Toxicité pour l'appareil reproducteur et le développement
Aucune étude sur la toxicité pour l'appareil reproducteur et le développement ni aucune étude sur le potentiel mutagène n'ont été effectuées, car elles ne sont pas nécessaires pour ce type de composé. On ne sait pas si l'ibritumomab peut traverser la barrière placentaire. Comme le foetus risque d'être exposé à des rayonnements ionisants ou à l'anticorps, il ne faut pas utiliser Zevalin pendant la grossesse. On recommande donc d'exclure les femmes enceintes. Les hommes et les femmes en âge de procréer doivent utiliser des moyens de contraception pendant le traitement et les 12 mois suivants. On ne sait pas si l'ibritumomab tiuxétan est excrété dans le lait maternel. Comme on retrouve des IgG dans le lait maternel et qu'il y a un risque d'immunodépression chez l'enfant, on recommande aux mères de cesser d'allaiter jusqu'à ce que les concentrations sériques du médicament ne soient plus détectables.
3.2.4 Résumé et conclusion
Les études précliniques chez l'animal étaient adéquates et ont fourni des données utiles sur la production, la spécificité et les mécanismes de cytotoxicité de l'anticorps. L'i britumomab a été obtenu à l'aide de techniques classiques de production par hybridomes. L'anticorps est spécifique des lymphocytes B CD20+ et ne réagit pas avec les macrophages, les monocytes, les lymphocytes T et les autres lymphocytes.
Les doses uniques et répétées d'ibritumomab et du conjugué ibritumomab tiuxétan marqué à l'yttrium-89 (160 fois la dose humaine) ont été tolérées sans effet indésirable imprévu. On n'a observé qu'une déplétion réversible du nombre de lymphocytes B circulants (la population de lymphocytes T n'a pas été touchée).
Aucune étude de cancérogénicité, de mutagénicité ou de toxicité pour l'appareil reproducteur n'a été réalisée, car ces études ne s'appliquent généralement pas au type de produit en cause . Il est admis que les composés radiomarqués peuvent présenter un risque d'exposition à des rayonnements ionisants. Compte tenu des résultats des études de biodistribution réalisées chez la souris et de la dose de rayonnement absorbée par les tissus sains, on considère que le risque est acceptable.
On ne sait pas si Zevalin traverse la barrière placentaire. Comme le foetus risque d'être exposé à des rayonnements ionisants ou à l'anticorps, il est recommandé d'exclure les femmes enceintes, et on conseille aux hommes et aux femmes en âge de procréer d'utiliser des moyens de contraception pendant le traitement et les 12 mois suivants. Comme on retrouve des IgG dans le lait maternel, on recommande aux mères de cesser d'allaiter jusqu'à ce que les concentrations sériques du médicament ne soient plus détectables.
3.3 Motifs cliniques de la décision
3.3.1 Études de pharmacologie clinique
Synthèse des études cliniques sur Zevalin-111In et Zevalin-90Y.
| Protocole | Plan expérimental et objectif | Participants | Traitement |
|---|---|---|---|
| 106-04 [A00007] Étude pivotale | Essai comparatif de phase III, multicentrique, randomisé, activement contrôlé, à étiquetage en clair et à dose fixe. Détermination de l'efficacité et de l'innocuité de l'ibritumomab en radio-immunothérapie par rapport à celle du rituximab en immunothérapie pour le traitement d'un lymphome non hodgkinien de bas grade ou folliculaire ou à lymphocytes B transformés, récidivant ou réfractaire. | 143 patients (73 traités par Zevalin-90Y, 70 traités par le rituximab) | Groupe 1 : Jour 1 : Perfusion de rituximab (250 mg/m2), puis injection IV de 5 mCi de Zevalin-111In en vue d'un examen d'imagerie. Jour 7, 8 ou 9 : Perfusion de rituximab (250 mg/m2), puis administration de la dose thérapeutique : injection IV de 0,4 mCi/kg de Zevalin-90Y (max. 32 mCi). Groupe 2 : Perfusion hebdomadaire de 375 mg/m2 de rituximab pendant quatre semaines. |
| 106-06 [A00006] Étude pivotale | Essai de phase III, multicentrique, non randomisé, à étiquetage en clair et à dose fixe, contrôlé contre les mêmes patients. Détermination de l'efficacité et de l'innocuité de l'ibritumomab en radio immunothérapie chez des patients atteints d'un lymphome non hodgkinien à lymphocytes B réfractaire au traitement par le rituximab. | 57 patients (54 présentant un lymphome non hodgkinien folliculaire) | Jour 1 : Perfusion de rituximab (250 mg/m2). (Vingt huit des 57 patients ont reçu une injection IV de 5 mCi de Zevalin-111In en vue d'un examen d'imagerie; cette exigence en matière de dosimétrie a été retirée du protocole pour les autres patients.) Sept jours plus tard : perfusion de rituximab (250 mg/m2) immédiatement suivie par l'administration de la dose thérapeutique : injection IV de 0,4 mCi/kg de Zevalin-90Y. |
| 106 01 [A00004] Étude non essentielle | Essai de phase I, à étiquetage en clair et à dose unique croissante. Évaluation du traitement d'un lymphome à lymphocytes B à l'aide d'un anticorps monoclonal pan B marqué à l'yttrium-90 et d'une greffe de cellules souches du sang périphérique ou d'une autogreffe de moelle osseuse. | 17 patients (14 ont reçu Zevalin-90Y, 1 a reçu uniquement Zevalin-111In et 2 ont reçu Zevalin-111In et l'ibritumomab) | Perfusion d'ibritumomab (0, 0,1 ou 2,5 mg/kg), puis injection IV de 5 mCi de Zevalin-111In en vue d'un examen d'imagerie. Deux à trois semaines plus tard, les patients ont reçu de l'ibritumomab (1 ou 2,5 mg/kg), puis des doses thérapeutiques croissantes de Zevalin-90Y (20, 30, 40 ou 50 mCi). |
| 106-03 [A00009, A00010] Étude non essentielle | Essai de phase I, à étiquetage en clair et à dose unique croissante. Essai non comparatif de phase II, à étiquetage en clair et à dose fixe. Détermination de l'innocuité et de l'activité clinique de l'ibritumomab administré à des patients atteints d'un lymphome à lymphocytes B. | 58 patients (50 ont reçu Zevalin-90Y, 6 ont reçu uniquement Zevalin-111In et 2 n'ont reçu aucun traitement) | Groupe 1 : Deux doses hebdomadaires de 100 ou de 250 mg/m2 de rituximab, puis deux doses de 5 mCi de Zevalin-111In en vue d'un examen d'imagerie. Les patients ont ensuite été soumis à un traitement consistant en quatre doses hebdomadaires de 375 mg/m2 de rituximab. Groupe 2 et 3 : Une dose de 250 mg/m2 de rituximab immédiatement suivie par une dose unique de Zevalin-111In en vue d'un examen d'imagerie. Une semaine plus tard, les patients ont reçu la même dose de rituximab et une dose thérapeutique unique de Zevalin-90Y ajustée en fonction de leur poids corporel (0,2, 0,3 ou 0,4 mCi/kg). La dose normale de 0,4 mCi/kg a été choisie pour les patients du groupe 3; toutefois, ceux qui présentaient une thrombocytopénie légère ont reçu une dose de 0,3 mCi/kg. |
| 106-05 [A00005] Étude non essentielle | Essai non comparatif de phase II, multicentrique, à étiquetage en clair et à dose fixe. Détermination de l'innocuité et de l'efficacité de l'ibritumomab en radio immunothérapie pour le traitement d'un lymphome non hodgkinien à lymphocytes B, de bas grade ou folliculaire, récidivant ou réfractaire, chez des patients présentant une thrombo-cytopénie légère. | 30 patients | Jour 1 : Perfusion de rituximab (250 mg/m2), puis injection IV de 5 mCi de Zevalin-111In en vue d'un examen d'imagerie. Jour 8 : Perfusion de rituximab (250 mg/m2), puis administration de la dose thérapeutique : injection IV de 0,3 mCi/kg de Zevalin-90Y. |
Les études cliniques consistaient en cinq essais dans le cadre desquels des patients atteints d'un lymphome non hodgkinien à lymphocytes B ont été traités par Zevalin-90Y. Les études 106-04 et 106-06 étaient des essais pivotals. Les études 106-01, 106-03 et 106-05 n'étaient pas des essais pivotals : il s'agit de deux études de dosimétrie de phase I/II et d'un essai de phase II chez des patients accusant une thrombocytopénie légère. Toutes les études ont été réalisées en conformité des Bonnes pratiques cliniques (BPC) .
Au total, 305 patients ont participé aux essais; de ce nombre, 226 ont été traités par Zevalin-90Y, 70 ont reçu du rituximab en guise de traitement de référence, et 10 ont reçu Zevalin-111In, avec ou sans rituximab ou ibritumomab tiuxétan non marqué, dans le cadre des premières études de dosimétrie. Des 226 sujets traités par Zevalin-90Y, 211 ont reçu du rituximab en perfusion avant de recevoir une dose unique de Zevalin-90Y ajustée en fonction de leur poids corporel.
3.3.2 Pharmacodynamique
En se fondant sur les cinq études cliniques, les résultats des analyses pharmacodynamiques conduisent aux conclusions suivantes :
- Il y a déplétion de la population de lymphocytes B dans les six mois suivant le traitement, puis un retour à la normale en neuf mois. Aucun effet n'a été noté sur les lymphocytes T, les monocytes ou les cellules NK.
- Les concentrations des IgG et des IgA sont demeurées normales; les concentrations des IgM sont passées légèrement au-dessous de la normale.
- Les réactions immunologiques causées par des anticorps humains anti-murins et des anticorps humains anti-chimère étaient très rares : elles ne sont survenues que dans 2,4 % et 1,4 % des cas, respectivement. Ces observations ne présentent toutefois aucun intérêt sur le plan clinique.
Il est cependant à noter que ces tests ont été effectués dans les 12 semaines ayant suivi le début du traitement. Comme les rapports de recherche indiquent qu'il pourrait y avoir formation d'anticorps de 6 à 12 mois après le début du traitement, il aurait été intéressant d'effectuer un dosage des anticorps pendant une plus longue période après le début du traitement.
3.3.3 Pharmacocinétique
Les résultats des analyses pharmacocinétiques conduisent aux conclusions suivantes :
- La perfusion de rituximab avant la réalisation des examens d'imagerie et l'administration des doses thérapeutiques de Zevalin a provoqué une diminution du nombre de sites de liaison CD20+ dans les lymphocytes circulants et les tissus sains. Bien que les deux doses de rituximab à l'essai (100 mg/m2 et 250 mg/m2) aient été équivalentes, on a choisi la dose de 250 mg en raison de son effet thérapeutique potentiellement supérieur.
- L'estimation de la dose de rayonnement absorbée a confirmé que la dose recommandée de rayonnement administrée à la moelle osseuse et aux organes sains ne présente aucun danger (sous les limites supérieures indiquées dans les protocoles). Les données ont révélé qu'il n'y a aucune corrélation entre la dose de rayonnement administrée à la moelle osseuse et un quelconque effet hématotoxique, et qu'il n'est pas nécessaire d'effectuer des évaluations dosimétriques pour chaque patient afin de s'assurer que l'administration de Zevalin radiomarqué sera efficace et sans danger.
- Il serait plus utile d'ajuster la dose en fonction du poids corporel et des données hématologiques de référence et d'exclure les patients qui présentent une atteinte considérable de la moelle osseuse et ont déjà subi une radiothérapie ainsi qu'une greffe de cellules souches.
3.3.4 Efficacité clinique
Cinq études ont été présentées à l'appui de l'utilisation de Zevalin pour traiter les patients atteints d'un lymphome non hodgkinien à lymphocytes B CD20+ folliculaire, récidivant ou réfractaire au traitement par le rituximab. On trouvera une description de ces études à la Section 3.3.1 Études de pharmacologie clinique. Les données sur l'efficacité et la tolérance qui ont été passées en revue proviennent de ces cinq études cliniques, soit deux études pivotales (106-04 et 106-06) et trois études dites non essentielles (106-01, 106-03 et 106-05).
L'étude pivotale 106-04 est un essai randomisé de phase III comparant l'utilisation de Zevalin avec l'utilisation du rituximab chez des patients atteints d'un lymphome non hodgkinien de bas grade ou folliculaire ou à lymphocytes B transformés, récidivant ou réfractaire. L'étude pivotale 106-06 est un essai non randomisé de phase III portant sur l'utilisation de Zevalin chez des patients atteints d'un lymphome non hodgkinien à lymphocytes B folliculaire, réfractaire au traitement par le rituximab. Il s'agit d'un essai de phase III, car on y compare le taux de réponse de chaque patient par rapport aux traitements de chimiothérapie et aux traitements par le rituximab qu'ils ont déjà subis.
Le principal paramètre d'efficacité dans ces deux études pivotales était le taux global de réponse. L'étude 106-04 (randomisée) avait la puissance nécessaire pour détecter une différence de l'ordre de 25 %. Dans l'étude 106-06 (non randomisée), le taux global de réponse cible était de 35 %, et la durée de la réponse était de cinq mois. Les paramètres d'efficacité secondaires étaient le délai jusqu'à la progression, la durée de la réponse, le délai jusqu'au traitement anticancéreux suivant et la qualité de vie. L'étude n'avait pas la puissance nécessaire pour permettre d'établir la signification statistique du délai jusqu'à la progression, mais plutôt pour déterminer s'il y avait équivalence clinique avec le groupe témoin, c'est-à-dire une différence maximale de 1,5 mois entre les deux groupes.
Dans l'étude 106-04, le principal paramètre d'efficacité, soit une amélioration statistiquement significative du taux global de réponse, et les paramètres d'efficacité secondaires, soit une équivalence sur le plan du délai jusqu'à la progression, ont été atteints. En ce qui a trait au taux global de réponse, il était statistiquement significatif dans l'ensemble du groupe et dans le sous-groupe de patients atteints d'un lymphome non hodgkinien folliculaire. Il n'a pas été possible de déterminer la signification statistique du taux global de réponse chez les patients atteints d'un lymphome non folliculaire et ceux atteints d'un lymphome transformé en raison du faible nombre de sujets dans ces groupes. Il n'est donc pas certain que le traitement soit efficace dans ces deux derniers groupes, alors qu'il serait particulièrement important de le savoir dans le cas des patients atteints d'un lymphome transformé, dont l'évolution clinique est plus agressive. Il faudra obtenir davantage de données sur l'efficacité du produit avant de pouvoir affirmer qu'il est indiqué pour le traitement d'un lymphome transformé .En ce qui a trait au délai jusqu'à la progression, l'étude n'avait pas la puissance nécessaire pour permettre d'établir la signification statistique de la différence, mais on a pu noter un certain effet bénéfique chez les patients atteints d'un lymphome folliculaire. De manière générale, dans les études cliniques sur le cancer, l'efficacité dépend des effets positifs sur le taux global de survie, le délai jusqu'à la progression, le taux global de réponse et la qualité de vie. Dans le cas des patients atteints d'un lymphome non hodgkinien réfractaire de bas grade, il est peu probable que les traitements actuels présentent un avantage considérable sur le plan de la survie. En plus d'un effet positif clair sur le taux global de réponse, une amélioration notable du délai jusqu'à la progression aurait donné du poids à l'efficacité clinique de Zevalin . Cependant, vu le cadre clinique associé aux patients présentant un lymphome réfractaire, lourdement atteints, les avantages observés sur le plan du taux global de réponse et de l'atténuation des symptômes sont très convaincants. Il serait néanmoins préférable, durant la phase post-commercialisation, d'obtenir davantage de données sur le délai jusqu'à la progression en traitant plus de patients, de manière à accroître la puissance des études afin de déterminer la signification statistique d'un éventuel effet bénéfique.
Dans l'étude 106-06, les paramètres d'efficacité ont été atteints et même dépassés dans le cas du taux de réponse et de la durée de la réponse.
La troisième étude non essentielle, soit la 106-05, également importante, portait sur l'utilisation d'une dose moins élevée de Zevalin chez des patients accusant au départ une thrombocytopénie légère. Dans cette étude, l'efficacité du traitement était semblable à celle d'autres études; la toxicité était légèrement plus importante, mais toujours tolérable. L'étude a également montré qu'il est possible d'obtenir des avantages cliniques en utilisant de faibles doses de Zevalin et qu'il est important de connaître le taux de plaquettes pour prévoir d'éventuels effets toxiques et ajuster la dose sans avoir à recourir à des évaluations dosimétriques pour chaque patient.
En conclusion, une différence statistiquement significative a été observée entre le taux global de réponse associé à Zevalin-90Y et celui associé au rituximab dans le traitement d'un lymphome non hodgkinien folliculaire. Cette différence est de longue durée et peut toujours être perçue 6, 9 et 12 mois après le début du traitement. Zevalin s'est également révélé cliniquement bénéfique pour les cas réfractaires à un traitement par le rituximab. Ces avantages cliniques étaient particulièrement perceptibles chez les patients présentant un lymphome non hodgkinien à lymphocytes B réfractaire et ayant déjà reçu des traitements intensifs. Des effets bénéfiques ont été également notés chez les patients lourdement atteints. La grande activité de Zevalin-90Y en fait un produit tout indiqué pour le traitement palliatif des personnes atteintes d'un lymphome folliculaire.
Études destinées à l'établissement de la posologie
Le schéma thérapeutique et les doses étudiés dans les essais thérapeutiques et recommandés dans cette présentation sont fondés sur deux études de phase I/II destinées à l'établissement de la posologie, soit les études 106-01 et 106-03. Ces études ont été conçues pour déterminer la dose maximale de Zevalin-90Y pouvant être tolérée dans des conditions permettant une biodistribution optimale.
À la lumière des données tirées de ces études, il apparaît que l'administration préalable, en perfusion, d'un anticorps non marqué spécifique de l'antigène CD20 améliore la biodistribution de Zevalin radiomarqué et entraîne une diminution du nombre de sites de liaison CD20 dans les tissus normaux. Ces données ont également montré que la dose maximale de Zevalin pouvant être tolérée est de 50 mCi, qu'il existe une corrélation fiable entre la toxicité et le taux plaquettaire de référence, et qu'il est important d'ajuster les doses de Zevalin-90Y en fonction du poids corporel des patients (la dose recommandée est de 0,4 mCi/kg de poids corporel, jusqu'à un maximum de 32 mCi). Dans les deux essais, on a mesuré les réponses à toutes les doses. C'est en se fondant sur ces études que l'on en est arrivé au schéma thérapeutique en deux étapes présenté dans la monographie du produit.
3.3.5 Innocuité clinique
Le résumé intégré concernant l'innocuité est fondé sur les données provenant de 211 patients ayant participé à quatre essais cliniques (106-04, 106-06, 106-05 et 106-03) et ayant été traités par Zevalin-90Y, à la dose recommandée (c.-à-d. perfusion préalable de 250 mg/m2 de rituximab et injection de Zevalin-90Y à raison de 0,4 mCi/kg dans le cas des patients ayant un hémogramme normal ou de 0,3 mCi/kg dans le cas des patients présentant une thrombocytopénie légère). Pour de plus amples renseignements sur ces études, voir la Section 3.3.1 Études de pharmacologie clinique.
Effets indésirables graves
Au total, 37 des 211 patients (17,5 %) ont éprouvé un ou des effets indésirables graves, soit les suivants : anémie, leucopénie, thrombocytopénie, neutropénie, neutropénie fébrile, infection urinaire, ecchymoses, thrombophlébite profonde, hématome sous-dural, cellulite, diarrhée, troubles pulmonaires, ischémie myocardique.
Effets indésirables courants
Les effets indésirables les plus fréquents pendant le traitement par Zevalin-90Y, ayant touché de 19 à 39 % des patients, étaient les suivants : fièvre, frissons, nausées, asthénie. L'analyse des données d'innocuité indique que les effets indésirables liés à Zevalin étaient essentiellement hématologiques.
Effets toxiques non hématologiques
Le schéma thérapeutique, soit l'administration de rituximab en perfusion puis l'injection d'une dose unique de Zevalin-90Y, a provoqué les réactions habituellement attendues du traitement par le rituximab seul; une comparaison de la fréquence des effets cliniques indésirables dans le groupe Zevalin-90Y et le groupe rituximab de l'essai de phase III 106-04 a révélé que seuls les nausées, les vomissements et les ecchymoses étaient plus fréquents lors d'un traitement par Zevalin-90Y. Les effets toxiques non hématologiques associés au traitement par Zevalin étaient principalement de grade 1 ou 2 et englobaient les suivants : fatigue, douleurs abdominales, étourdissements, céphalées, nausées, frissons, fièvre. Fait important, on n'a pas observé les effets toxiques, comme l' alopécie, la stomatite sévère et les nausées et vomissements persistants, associés aux chimiothérapies d'association classiques.
Toxicité hématologique
La toxicité hématologique limitait la dose, et elle donne lieu à des contre-indications et des précautions visant l'utilisation de Zevalin-90Y. La toxicité hématologique est attribuable à l'exposition de la moelle au radio-isotope; il s'agit d'un effet caractéristique de la radio-immunothérapie ainsi que de l'utilisation thérapeutique de radio-isotopes non conjugués.
Les principales manifestations de la toxicité hématologique et les séquelles cliniques connexes sont résumées ci-après :
- La toxicité hématologique se manifeste principalement par une neutropénie et une thrombocytopénie. Le délai d'obtention des nadirs quant au nombre absolu de granulocytes et au nombre de plaquettes (numération globulaire la plus basse mesurée entre les chimiothérapies) était d'environ 40 à 60 jours après le traitement par Zevalin-90Y, c'est-à-dire beaucoup plus tard que ce à quoi on pourrait s'attendre dans le cas d'un traitement myélosuppresseur. Il faut normalement environ 40 à 60 jours pour que les cellules souches se différencient en granulocytes ou en plaquettes parvenus à maturité, et le délai d'obtention des nadirs après le traitement évoque un effet sur les cellules souches.
- Le délai médian de récupération d'une neutropénie (14 jours) ou d'une thrombocytopénie de grade 4 (21 jours) après un traitement par Zevalin-90Y n'est pas beaucoup plus long que celui observé dans cette population de patients après une chimiothérapie. Un traitement par facteur de croissance hématopoïétique a été administré à 36 des 211 patients (17,1 %); 13 % des patients ont reçu du G-CSF, 18,5 % ont reçu une transfusion de globules rouges, et 22,3 %, une transfusion de plaquettes. Aucun des patients n'a dû subir une greffe de cellules souches en dehors des essais à doses croissantes de phase I.
- En raison de la toxicité possible pour les cellules souches et de ses effets potentiels sur la tolérabilité d'un autre traitement, les patients ont fait l'objet d'un suivi après une récidive pour déterminer le résultat du traitement ultérieur, notamment un traitement à hautes doses jumelé à une greffe de cellules souches. Parmi les 211 patients ayant reçu le traitement par Zevalin-90Y, 139 ont reçu une chimiothérapie ultérieure lors d'une récidive après un traitement par Zevalin. Chez 40 patients, lorsque les données relatives à la réponse au traitement étaient disponibles, 50 % ont répondu à divers types de chimiothérapie. Dix patients ont subi une greffe de moelle osseuse (9 autogreffes et 1 allogreffe); chez 6 des patients, les cellules souches ont été prélevées après le traitement par Zevalin. Dans tous les cas, le prélèvement des cellules souches a été efficace, ce qui montre que le traitement par Zevalin n'a pas altéré la capacité du patient à tolérer l'administration d'une chimiothérapie d'association ultérieure ou un traitement intensif à la suite d'une récidive.
- Une neutropénie prolongée de grade 4 est habituellement associée à un haut taux d'infections ou de neutropénie fébrile. Toutefois, dans les essais cliniques portant sur Zevalin, l'incidence globale des infections chez les 211 patients suivis à des fins de vérification de l'innocuité s'élevait à 37 %; l'infection était de grade 3 ou 4 dans 4,7 % des cas, et elle a donné lieu à une hospitalisation chez 16 (7,6 %) patients. Une septicémie neutropénique à culture négative a été signalée chez 3 (1,4 %) patients, et deux cas étaient compliqués par la présence d'un cathéter à demeure ou d'un drain biliaire. Ces taux d'infection sont plus faibles que ceux auxquels on pourrait s'attendre en présence d'une neutropénie grave. La faible incidence de la toxicité gastro-intestinale et de l'atteinte de la muqueuse intestinale observée avec Zevalin-90Y en est probablement la raison.
- Des tests statistiques ont été effectués afin de déterminer le rôle, dans la toxicité hématologique, de facteurs tels que l'atteinte de la moelle osseuse, une chimiothérapie antérieure intensive et une thrombocytopénie ou une neutropénie au départ. Parmi l'ensemble des facteurs examinés, seule une thrombocytopénie au départ était liée de façon constante et significative au nadir du nombre de plaquettes ou à la survenue d'une neutropénie ou d'une thrombocytopénie de grade 4.
- Le traitement par Zevalin-90Y a été bien toléré par les patients présentant une thrombocytopénie bénigne à la dose de 0,3 mCi/kg. L'incidence de l'infection en général, de l'infection de grade 3 et 4, de l'hospitalisation et de la mortalité liée au traitement (aucun décès dans l'étude 106-05) était semblable pour tous les patients suivis, ce qui laisse croire que l'incidence plus élevée de la toxicité hématologique ne s'est pas traduite par un plus grand nombre d'événements cliniquement significatifs.
Réactions anticorps humains anti-murins et anticorps humains anti-chimère
On a observé une faible incidence (< 2 %) des réactions anticorps humains anti-murins et anticorps humains anti-chimère. Cependant, dans les études, le titre d'anticorps a été mesuré au départ, puis 4 et 12 semaines après le traitement. Selon des données récentes, ces anticorps pourraient mettre entre quelques mois et 12 mois à apparaître, probablement en relation avec la période de déplétion des lymphocytes. Il est recommandé de recueillir des données, pendant la période post-commercialisation, sur des intervalles plus longs afin de déterminer l'incidence réelle et la durée de ces réactions. Il convient de noter que les réactions anticorps humains anti-murins et anticorps humains anti-chimère n'étaient pas associées à des problèmes cliniques significatifs.
Tumeurs secondaires
Des tumeurs secondaires sont apparues chez des patients qui avaient reçu Zevalin. Il s'agissait d'une leucémie aiguë myéloblastique chez 3 patients, d'un syndrome myélodysplasique chez 2 patients et d'un méningiome dans un cas. Les cancers secondaires sont apparus dans des délais de 8 à 34 mois après l'administration du traitement et de 4 à 13 ans après le diagnostic de lymphome. Le taux d'incidence globale des tumeurs secondaires était de 1,4 %. Ce taux est comparable à celui observé chez les patients qui ont reçu auparavant une chimiothérapie cytotoxique intensive et des agents alkylants. Il n'est donc pas un aspect préoccupant du traitement par Zevalin, mais ces événements devraient continuer de faire l'objet d'une surveillance attentive.
Mortalité
Il y avait 69 décès chez les patients qui ont participé aux essais portant sur Zevalin (N = 349). ). Parmi ces décès, 13 sont survenus pendant l'étude, et 56 ont été signalés pendant le suivi post-étude. Ces décès étaient attribuables aux causes suivantes :
- 57 étaient dus à l'évolution de la maladie;
- 2, à une septicémie neutropénique consécutive à une chimiothérapie supplémentaire;
- 5, à des tumeurs secondaires, au syndrome myélodysplasique/à la leucémie aiguë myéloblastique;
- 5, à une maladie non reliée ou préexistante.
Deux décès, liés au traitement, étaient attribuables à une hémorragie intracrânienne traumatique survenue au moment du nadir de la numération plaquettaire. Un patient recevait un traitement par Coumadin pour une thrombose veineuse profonde et prenait de l'ibuprofène de son propre chef. Il est recommandé d'exclure les patients qui prennent Coumadin, ou d'exercer une surveillance étroite au moment du nadir. Cet aspect est abordé de façon satisfaisante dans la monographie de produit.
Toxicité non hématologique en laboratoire
Les effets de Zevalin-90Y sur la fonction hépatique et la fonction rénale et sur d'autres paramètres de laboratoire ne sont pas notables. Les anomalies le plus souvent observées sont une hausse des taux de phosphatases alcalines (6 %) et de bilirubine totale (5 %). Le chercheur a estimé qu'aucune de ces anomalies de grades 3 ou 4 n'était liée au traitement par Zevalin-90Y.
Conclusion
Comparativement à la toxicité liée à la chimiothérapie, Zevalin-90Y a été associé à une faible fréquence d'effets indésirables, en particulier en ce qui a trait à la toxicité non hématologique. Les effets toxiques limitant la dose étaient hématologiques. Le délai d'obtention du nadir était plus long que celui de la chimiothérapie, mais le moment de la récupération était semblable. Dans tous les cas, cet effet était réversible et associé à un plus faible taux d'infections graves.
3.3.6 Questions à résoudre
Questions liées au traitement de longue durée
Questions devant être abordées à l'étape post-commercialisation :
- Il convient d'obtenir davantage de données pour évaluer l'effet du traitement par Zevalin sur le délai jusqu'à la progression dans le cas des lymphomes folliculaires.
- On ne dispose pas de données suffisantes pour évaluer les avantages cliniques de Zevalin chez les patients présentant un lymphome avec transformation lymphoblastique. Il faut obtenir d'autres données pour que ce médicament soit autorisé dans ce sous-groupe de patients.
- Les réactions anticorps humains anti-murins et anticorps humains anti-chimère devraient être surveillées sur des périodes plus longues à la suite du traitement, compte tenu des données selon lesquelles les anticorps apparaissent sur plusieurs mois.
- Il y a lieu d'exercer une surveillance constante des patients afin de documenter l'incidence des tumeurs secondaires.
- On ne dispose pas de données suffisantes pour évaluer l'effet de l'administration d'un médicament radiomarqué sur la fonction gonadique et hormonale. Il faudra recueillir ce type de données dans l'avenir.
Interactions médicamenteuses
La prudence s'impose dans l'utilisation d'anticoagulants et d'autres médicaments qui agissent sur la fonction plaquettaire, comme les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS).
3.4 Évaluation des avantages / risques et recommandation
3.4.1 Évaluation des avantages / risques
Avantages
Cette présentation de drogue nouvelle prioritaire renferme des données à l'appui d'un nouveau composé, Zevalin (ibritumomab tiuxétan), indiqué dans le traitement du lymphome non hodgkinien (LNH) à lymphocytes B CD20+ de bas grade ou folliculaire, récidivant ou réfractaire, y compris les patients atteints d'un lymphome non hodgkinien folliculaire réfractaire au traitement par le rituximab. La population visée est formée de patients atteints de lymphomes de bas grade ou folliculaires, qui ont connu une récidive ou qui ont été réfractaires à une chimiothérapie antérieure ou au rituximab. Ces patients, dont l'âge médian est de 60 à 65 ans, forment un groupe d'âge où les chimiothérapies de deuxième et troisième intention sont comparativement mal tolérées, ce qui a des répercussions néfastes sur leur qualité de vie. Il s'agit d'une population qui a généralement été lourdement traitée déjà et chez qui la maladie est avancée et souvent importante. Avec des progressions séquentielles, ces patients réagissent mal à d'autres traitements de chimiothérapie. Il faut donc leur trouver un traitement efficace et mieux toléré.
Le traitement à l'aide d'une dose unique de Zevalin-90Y s'est avéré bénéfique sur le plan clinique, le taux de réponse étant élevé (jusqu'à 80 % des patients) et le délai jusqu'à la progression dépassant 12 mois chez les patients répondeurs. Des taux de réponse et des durées de rémission semblables sont observées lorsque Zevalin est administré à des patients réfractaires au rituximab ou est administré à une plus faible dose à des patients atteints de thrombocytopénie légère. Le taux et la durée de réponse globaux liés à Zevalin-90Y se comparent favorablement à ceux d'autres schémas chimiothérapiques de deuxième et troisième intention , notamment le rituximab (qui a un taux de réponse d'environ 50 % et un délai jusqu'à la progression de 9 mois) et le phosphate de fludarabine (qui a un taux de réponse de 32 à 62 %).
Comme Zevalin-90Y dirige spécifiquement la radiothérapie vers les sites tumoraux, il est peu toxique pour les tissus normaux et cause peu d'effets secondaires, en particulier de toxicité non hématologique. C'est donc un traitement qui convient à ce contexte clinique et à ce groupe d'âge. De plus, le schéma Zevalin-90Y s'administre en deux consultations en clinique externe, à une semaine d'intervalle, et n'exige pas de mesures d'isolement ni de vêtements spéciaux. Il présente donc un taux favorable d'acceptabilité par les patients.
La toxicité hématologique de Zevalin-90Y se compare à celle de la chimiothérapie standard, mais son évolution est différente. Le taux d'infection grave, notamment de neutropénie fébrile, est beaucoup plus faible que prévu pendant les épisodes graves de neutropénie, probablement en raison de l'incidence plus faible d'effets toxiques gastro-intestinaux.
Bien que la toxicité de Zevalin-90Y soit surtout d'ordre hématologique, les patients présentant une altération de la fonction de la moelle osseuse ou une infiltration importante de la moelle osseuse peuvent être traités efficacement au moyen de Zevalin-90Y, à dose réduite, comme le montre l'étude chez des patients présentant une thrombocytopénie légère.
Risques
Les données issues des cinq essais cliniques ont fourni des mesures d'innocuité adéquates tirées d'études d'imagerie de la biodistribution et ont caractérisé clairement les risques de toxicité associés à Zevalin-90Y. Un rajustement adéquat et sûr de la posologie a pu être effectué chez les patients atteints de thrombocytopénie légère dans les études cliniques, et est décrit dans la monographie de produit. Les patients présentant un risque plus élevé de toxicité hématologique (p. ex. ceux dont le nombre de plaquettes est inférieur à 100 000 cellules/mm3) ont été exclus des études cliniques. Les affections associées à un risque accru de toxicité hématologique sont bien énoncées dans la monographie de produit.
La plupart des événements indésirables non hématologiques prenaient la forme de symptômes généraux de grade 1 et 2 comme l'asthénie, les nausées, la fièvre et les frissons. Leur fréquence était semblable à celle des événements associés au traitement par le rituximab. Il importe de noter que la toxicité non hématologique ne comprenait pas l'alopécie, la stomatite et les vomissements, événements couramment associés aux chimiothérapies d'association.
Les principaux risques associés à Zevalin-90Y sont essentiellement d'ordre hématologique, et comprennent une incidence élevée de neutropénie et de thrombocytopénie de grade 3 et 4. La chronologie des nadirs a été bien caractérisée : ils se développent jusqu'à 60 jours après le traitement. Les caractéristiques des patients qui sont corrélées à des risques supérieurs de manifestations de toxicité hématologique ont également été définies. Dans la plupart des cas, la toxicité hématologique est réversible, et la récupération survient en moyenne de deux à trois semaines après son apparition. Les patients devraient toutefois continuer à être suivis après le traitement jusqu'à la récupération.
On a noté que Zevalin-90Y , tout comme d'autres produits radiopharmaceutiques, peut entraîner une toxicité pour les cellules souches. S'il y a déplétion des cellules souches, elle semble réversible et ne compromet pas de façon importante les chimiothérapies subséquentes ou le prélèvement des cellules souches exigé par le traitement myéloablatif avec greffe de cellules souches. Les leucémies et les myélodysplasies sont des complications connues du traitement anticancéreux par des agents alkylants, et elles ont été signalées chez certains patients ayant reçu un traitement par Zevalin-90Y. Selon les données disponibles, l' incidence de ces complications n'est pas plus élevée que dans le cas d'autres agents anticancéreux.
Les patients à risque de myélotoxicité excessive ont été clairement identifiés, et il est recommandé de les exclure du traitement ou de réduire la dose à un niveau tolérable, comme en témoigne l'administration de 0,3 mCi/kg aux patients atteints de thrombocytopénie légère. En outre, la proposition de considérer qu'il y a contre-indication dans les cas des patients dont la réserve médullaire est altérée (y compris ceux dont le nombre de plaquettes est < 100 000/mm3), de ceux qui ont subi une autogreffe de moelle osseuse ou une greffe de cellules souches et de ceux qui ont reçu une radiothérapie externe visant au moins 25 % de la moelle active a permis de fixer des critères adéquats. Zevalin-90Y est également contre-indiqué chez les patients dont au moins 25 % de la moelle osseuse est touchée, car la moelle rouge risquerait alors d'être exposée à des doses de rayonnement excessives.
Une faible incidence (< 2 %) de formation d'anticorps humains anti-murins a été observée, et elle n'a pas de conséquences cliniques significatives. L'yttrium-90 n'émettant pas de rayonnements gamma pénétrants, l'isolement et le blindage du patient ne sont pas nécessaires. De plus, le traitement peut être administré en clinique externe et sa durée est inférieure à celle de l'immunothérapie et de la chimiothérapie classique. La qualité de vie du patient s'en trouve considérablement améliorée.
L'évaluation des avantages cliniques globaux de Zevalin dans la population étudiée repose sur l'idée que ces patients sont atteints d'une maladie en définitive incurable et que le traitement de leurs symptômes exige un traitement efficace. À l'heure actuelle, aucun traitement ne prolonge la survie. Dans ce contexte, un résultat significatif sur le plan clinique prend la forme d'une réduction importante du fardeau tumoral (illustré par les réponses objectives) et de la résolution des symptômes liés à la maladie pendant une période au cours de laquelle le patient n'a besoin d'aucun autre traitement. De plus, le risque de saignement causé par l'interaction avec Coumadin et des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) est bien documenté, et des mesures préventives adéquates ont été bien définies.
3.4.2 Recommandation
Après avoir examiné les données sur la qualité, l'innocuité et l'efficacité de ce produit, Santé Canada estime que Zevalin a un profil avantages/risques favorable au traitement du lymphome non hodgkinien à lymphocytes B CD20+ de bas grade ou folliculaire, récidivant ou réfractaire, y compris les patients atteints d'un lymphome non hodgkinien folliculaire réfractaire au traitement par le rituximab. La présentation de drogue nouvelle répond aux exigences des articles C.08.002 et C.08.005, et par conséquent, Santé Canada a émis l'Avis de conformité prévu par l'article C.08.004 du Règlement sur les aliments et drogues.
4 Étapes importantes de la présentation
Étapes importantes de la présentation: ZevalinMD
| Étape importante de la présentation | Date |
|---|---|
| Réunion préalable à la présentation: | 2001-09-25 |
| Demande de traitement prioritaire | |
| Déposée: | 2001-11-13 |
| Approuvée: | 2001-12-17 |
| Dépôt de la présentation: | 2002-02-15 |
| Examen préliminaire 1 | |
| Avis d'insuffisance émis lors de l'examen préliminaire: | 2002-04-05 |
| Réponse déposée: | 2002-05-06 |
| Lettre d'acceptation à l'issue de l'examen préliminaire: | 2002-05-10 |
| Avis de mise à jour émis: | 2002-11-12 |
| Réponse déposée: | 2003-02-07 |
| Examen 1 | |
| Évaluation de la dosimétrie des rayonnements terminée: | 2005-04-06 |
| Évaluation de la qualité terminée: | 2005-05-03 |
| Évaluation clinique terminée: | 2005-04-06 |
| Examen de l'étiquetage terminé: | 2005-05-03 |
| Délivrance de l'AC par le directeur général: | 2005-05-10 |