Sommaire des motifs de décision portant sur Erivedge

Décisions d'examen

Le sommaire des motifs de décision explique les raisons pour lesquelles un produit a reçu une autorisation de vente au Canada. Le document comprend les considérations portant sur la réglementation, l’innocuité, l’efficacité et la qualité (sur le plan de la chimie et de la fabrication).


Type de produit:

Médicament
  • Ce document est une traduction française du document anglais approuvé.

Les sommaires des motifs de décision (SMD) présentent des renseignements sur l'autorisation initiale d'un produit. Le SMD portant sur Erivedge est accessible ci-dessous.

Activité récente relative à Erivedge

Les SMD relatifs aux médicaments éligibles (tels que décrits dans la Foire aux questions : Phase II du projet de sommaires des motifs de décision [SMD]) autorisés après le 1er septembre 2012 seront mis à jour afin d'inclure des renseignements sous forme de tableau des activités postautorisation (TAPA). Le TAPA comprendra de brefs résumés d'activités telles que les présentations de demandes de nouvelles utilisations, ainsi que les décisions de Santé Canada (positives ou négatives). Les TAPA seront mis à jour régulièrement en ce qui a trait aux activités postautorisation tout au long du cycle de vie du produit.

Tableau des activités postautorisation (TAPA) portant sur Erivedge

Mise à jour: 2025-07-29

Le tableau suivant décrit les activités postautorisation menées à l'égard d'Erivedge, un produit dont l'ingrédient médicinal est vismodegib. Pour en savoir plus sur le type de renseignements présentés dans les TAPA, veuillez consulter la Foire aux questions : Phase II du projet de sommaires des motifs de décision SMD) et à la Liste des abréviations qui se trouvent dans les Tableaux des activités postautorisation (TAPA).

Pour de plus amples renseignements sur le processus de présentation de drogues, consultez la Ligne Directrice : Gestion des présentations et des demandes de drogues.

Identification numérique de drogue (DIN) :

  • DIN 02409267 - 150 mg vismodegib, gélule, voie orale

Tableau des activités postautorisation (TAPA)

Type et numéro d'activité ou de présentation Date de présentation Décision et date Sommaire des activités
PM Nº 236154 2020-02-14 Délivrance d’une LNO 2020-05-11 Présentation déposée en tant que Niveau II (90 jours) - Préavis de modification afin de mettre à jour la MP en ajoutant de nouveaux renseignements sur l'innocuité. À cause du PM, des modifications ont été effectuées aux sections suivantes de la MP: Encadré « Mises en garde et précautions importantes », Mises en gardes et précautions, et Effets indésirables. Des modifications correspondantes ont été effectuées à la partie III intitulée Renseignements pour les patients sur les médicaments. La présentation a été examinée et est considérée acceptable. Une LNO a été délivrée.
PM Nº 215754 2018-05-04 Délivrance d'une LNO
2018-07-12
Présentation déposée en tant que Niveau II (90 jours) - Préavis de modification (changements relatifs à la gestion du risque) afin de mettre à jour l'MP afin de refléter les révisions aux données de base de l'entreprise. A cause du PM, des modifications ont été effectuées aux sections suivantes de l'MP : Mises en gardes et précautions, Effets indésirables, et Posologie et administration. La présentation a été examinée et est considérée acceptable. Une LNO a été délivrée.
SPDN Nº 205749 2017-05-18 Délivrance d'un AC
2018-04-04
Présentation déposée en tant que Niveau I - Supplément afin de mettre à jour l'MP. A cause du SPDN, des modifications ont été effectuées dans la section Toxicologie de la MP. La présentation a été examinée et est considérée acceptable. Un AC été délivrée.
SPDN N° 194933 2016-05-09 Délivrance d'un AC
2017-04-21
Présentation déposée en tant que Niveau I - Supplément pour la mise à jour des renseignements cliniques sur l'innocuité dans l'MP selon une étude clinique post-approbation (STEVIE, MO25616). La présentation a fourni les résultats finaux de l'étude ouverte de phase II multicentrique à groupe unique réalisée dans le but d'évaluer l'innocuité d'Erivedge chez des patients atteints d'un carcinome basocellulaire localement avancé (CBCla) ou métastatique (CBCm) évaluables sur le plan de l'innocuité et de l'efficacité. L'étude STEVIE a démontré qu'Erivedge continue d'être efficace chez la population de patients atteints d'un CBCla ou d'un CBCm selon les principaux critères d'évaluation secondaires (taux de réponse objective et durée de la réponse). Le profil d'innocuité d'Erivedge est connu pour être tolérable et maîtrisable chez cette population de patients. Cependant, de nouveaux problèmes d'innocuité ont été identifiés dans l'étude STEVIE, lesquels ont été ajoutés à l'MP finale. Selon les données fournies dans cette présentation, le profil des bienfaits, des effets nocifs et des incertitudes d'Erivedge reste favorable s'il est employé selon les conditions d'utilisation proposées. Un AC a été délivré.
PM N° 196987 2016-07-22 Délivrance d'une LNO
2016-11-03
Présentation déposée en tant que Niveau II (90 jours) - Préavis de modification (changements relatifs à la gestion du risque) pour la mise à jour de l'MP, à savoir l'ajout de renseignements sur l'innocuité concernant la fusion prématurée des cartilages épiphysaires lorsqu'Erivedge est utilisé chez les enfants (indication non autorisée sur le marché). L'évaluation bienfaits-risques d'Erivedge, s'il est employé selon les conditions d'utilisation autorisées du marché, reste favorable. À la suite de l'examen du préavis de modification, des modifications ont été effectuées aux sections suivantes de l'MP : Contre-indications, Encadré « Mises en garde et précautions importantes », Mises en gardes et précautions, et Effets indésirables. Des modifications correspondantes ont été effectuées à la partie III de l'MP intitulée Renseignements pour le consommateur. Une fois les modifications suggérées apportées, l'examen a été considéré comme acceptable. Une LNO a été délivrée.
SPDN N° 183952 2015-04-23 Délivrance d'un AC
2016-04-06
Présentation déposée en tant que Niveau I - Supplément pour la mise à jour de l'MP, à savoir l'ajout de renseignements sur l'innocuité dérivés de deux études de pharmacologie clinique : une étude sur l'insuffisance hépatique/rénale et une étude sur les interactions médicamenteuses.

Aucun patient atteint d'insuffisance rénale n'a été inscrit dans l'étude sur l'insuffisance hépatique/rénale en raison des difficultés liées au recrutement des patients. Cependant, selon les données de la PDN initiale, les divers degrés d'insuffisance rénale ne semblent pas influer sur les paramètres pharmacocinétiques d'Erivedge.

Selon l'ensemble des données pharmacocinétiques et d'innocuité, on recommande d'utiliser Erivedge avec prudence chez les patients atteints d'insuffisance hépatique modérée, et de ne pas l'utiliser chez les patients atteints d'insuffisance hépatique grave. Ces mises en garde ont été conservées dans l'MP.

L'étude clinique d'interactions médicamenteuses GP28465, visant à évaluer l'effet de plusieurs médicaments sur les paramètres pharmacocinétiques d'Erivedge, a été examinée dans cette présentation. Aucune interaction médicament-médicament potentiellement pertinente sur le plan clinique n'a été identifiée. L'MP a été révisée afin de refléter les données.

Selon les révisions apportées à l'MP découlant de cette présentation, l'évaluation des avantages et des risques d'Erivedge, s'il est employé selon les conditions d'utilisation autorisées du marché, reste favorable. Un AC a été délivré.
SPDN 177232 2014-08-13 Délivrance d'un AC
2015-07-17
Présentation déposée en tant que Niveau I – Supplément afin de mettre à jour le profil d'efficacité et d'innocuité dans la monographie de produit (MP) en fonction du suivi à plus long terme de patients participant à l'essai pivot. À la suite de la présentation, les sections suivantes de la MP ont été mises à jour : Mises en garde et précautions, Effets indésirables, Posologie et administration, ainsi que la partie III  Renseignements pour le consommateur. Le profil avantages-risques d'Erivedge reste favorable s'il est utilisé pour l'indication pour laquelle le produit a été approuvé. La présentation a été examinée et est considérée acceptable. Un AC a été délivré.
SPDN 170463 2013-12-02 Délivrance d'un AC
2014-07-11
La présentation a été déposée dans le but de remplacer le principal système récipient-fermeture des alvéoles à des flacons pour les gélules de 150 mg. Après examen, les données présentées sont jugées acceptables pour étayer le changement d'emballage. Le nouvel emballage est jugé acceptable et n'a aucune incidence sur l'évaluation positive des avantages par rapport aux risques d'Erivedge dans les conditions d'utilisation actuellement autorisées à la mise en marché.
Avis de mise en marché d'un produit médicamenteux (DIN 02409267) Sans objet Date de la première vente :
2013-08-09
Le fabricant a informé Santé Canada de la date de la première vente conformément à la disposition C.01.014.3 du Règlement sur les aliments et drogues.
PDN Nº 154608 2012-01-24 Délivrance d'un AC
2013-07-12
Délivrance d'un Avis de conformité relatif à une Présentation de drogue nouvelle
Sommaire des motifs de décision (SMD) portant sur Erivedge

SMD émis le : 2013-08-22

L'information suivante concerne la Présentation de drogue nouvelle pour Erivedge.

Vismodegib, 150 mg, gélule, voie orale

Identification(s) numérique(s) de drogue(s):

  • 02409267

Hoffmann-La Roche Ltée.

Présentation de drogue nouvelle, numéro de contrôle : 154608

 

Le 12 juillet 2013, Santé Canada a émis, à l'intention de Hoffmann-La Roche Limited, un avis de conformité du produit pharmaceutique Erivedge.

L'autorisation de mise sur le marché s'appuie sur l'information sur la qualité (chimie et fabrication), ainsi que les études non cliniques (pharmacologie et toxicologie) et cliniques présentées (pharmacologie, innocuité et efficacité). Après avoir examiné les données reçues, Santé Canada estime que Erivedge a un profil avantages/risques favorable au traitement chez l'adulte du carcinome basocellulaire métastatique confirmé par examen histologique et du carcinome basocellulaire localement avancé ne pouvant être traité par chirurgie ou radiothérapie.

 

1 Sur quoi l'autorisation porte-t-elle?

 

Erivedge, un agent antinéoplasique, a été autorisé pour le traitement chez l'adulte du carcinome basocellulaire métastatique confirmé par examen histologique et du carcinome basocellulaire localement avancé ne pouvant être traité par chirurgie ou radiothérapie.

Erivedge est offert uniquement par l'entremise d'un programme de distribution contrôlée appelé Programme de prévention de la grossesse pour Erivedge (PPG-E). En vertu de ce programme, seuls les médecins prescripteurs et les pharmacies inscrits au programme sont autorisés respectivement à prescrire et à fournir le produit. En outre, Erivedge ne peut être remis qu'aux patients inscrits au programme et qui en remplissent toutes les conditions.

L'autorisation de commercialisation de l'indication est fondée sur les taux de réponse objective observés dans le cadre d'une étude de phase II sur groupe unique. L'avantage de survie globale ne peut pas être confirmé dans une étude sur un seul groupe. Dans l'essai pivot, la majorité des réponses cliniques sont survenues en moins de 16 semaines. Le bienfait du traitement continu doit être évalué de façon périodique, la durée optimale de traitement variant d'un patient à l'autre.

Sur le nombre total de patients ayant participé aux essais cliniques sur Erivedge qui étaient atteints d'un carcinome basocellulaire de stade avancé, environ 40 % étaient âgés de 65 ans ou plus. Même si aucune différence générale n'a été observée quant à l'innocuité et l'efficacité entre les patients âgés et les patients plus jeunes, le nombre de personnes âgées inscrites aux essais cliniques n'était pas suffisant pour permettre d'écarter la possibilité d'une efficacité moindre ou d'une toxicité accrue dans cette population de patients. Il faut donc faire preuve de prudence pendant le traitement des personnes âgées et surveiller l'apparition de réactions indésirables. Aucun ajustement posologique particulier n'est recommandé pour les personnes âgées.

L'innocuité et l'efficacité d'Erivedge n'ont pas été établies en ce qui concerne les enfants. En raison de préoccupations liées à l'innocuité, Erivedge est contre-indiqué pour les enfants et les adolescents de moins de 18 ans.

Erivedge est également contre-indiqué pour les femmes enceintes ou courant le risque de devenir enceintes, les femmes qui allaitent, les femmes qui peuvent devenir enceintes et qui ne remplissent pas les conditions du PPG-E, les hommes qui n'ont pas recours aux mesures contraceptives du PPG-E et les patients qui présentent une hypersensibilité au vismodegib ou à tout autre ingrédient de la préparation. Erivedge a été autorisé selon les conditions d'utilisation décrites dans la monographie de produit d'Erivedge, en tenant compte des risques potentiels associés à l'administration de ce produit pharmaceutique.

Erivedge (vismodegib à 150 mg) est offert sous forme de gélule. En plus de l'ingrédient médicinal, la gélule contient de la cellulose microcristalline PH10, du monohydrate de lactose, du stéarate de magnésium, du laurylsulfate de sodium, de la povidone K29/32, du glycolate d'amidon sodique et du talc. Le corps de l'enveloppe de la gélule contient de la gélatine, du dioxyde de titane et de l'oxyde de fer rouge. La coiffe de l'enveloppe de la gélule contient de la gélatine, du dioxyde de titane et de l'oxyde de fer noir. L'encre contient de la laque et de l'oxyde de fer noir.

Pour de plus amples renseignements, consultez les sections Motifs d'ordre clinique, non clinique et qualitatif (caractéristiques chimiques et fabrication).

Pour obtenir des renseignements supplémentaires, consulter également la monographie de produit de Erivedge approuvée par Santé Canada et accessible par l'intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.

 

2 Pourquoi Erivedge a-t-il été autorisé?

 

Santé Canada estime qu'Erivedge a un profil avantages-risques favorable au traitement chez l'adulte du carcinome basocellulaire métastatique (CBCm) confirmé par examen histologique et du carcinome basocellulaire localement avancé (CBCla) ne pouvant être traité par chirurgie ou radiothérapie.

Le carcinome basocellulaire (CBC) est le cancer le plus couramment diagnostiqué chez les personnes de race blanche. Bien qu'il se traite efficacement par chirurgie dans la majorité des cas, on constate dans quelques cas l'apparition d'une maladie localement avancée ou métastatique. On estime que moins de 0,1 % des patients atteints d'un CBC développent une maladie métastatique. Toutefois, la survie de ces patients est généralement très courte, entre 8 et 14 mois. À l'heure actuelle, il n'existe pas de traitement efficace autorisé à la vente au Canada contre le CBC localement avancé ou métastatique, bien que l'on utilise la chimiothérapie chez certains patients pour tenter de contrôler la maladie, en général avec un succès limité.

Erivedge s'est révélé efficace chez les adultes souffrant d'un CBCm confirmé par examen histologique ou d'un CBCla ne pouvant être traité par chirurgie ou radiothérapie. L'autorisation de commercialisation est fondée sur les taux de réponse objective (TRO) observés dans le cadre d'une étude pivotale de phase II sur groupe unique. Les patients ont reçu une dose quotidienne de 150 mg d'Erivedge (vismodegib) par voie orale jusqu'à ce que la maladie progresse ou qu'une toxicité d'un degré inacceptable apparaisse. Lors de l'analyse primaire, la durée médiane de traitement dans les cohortes de CBCm et CBCla était respectivement de 10 mois et de 9,7 mois. Le bienfait clinique pour la population visée a été montré par l'obtention d'un TRO de 30,3 % chez les patients atteints d'un CBCm et de 42,9 % chez les patients atteints d'un CBCla. Dans le cadre d'une analyse actualisée représentant 12 mois supplémentaires de suivi après l'analyse primaire (soit une durée totale minimum de suivi potentiel de 21 mois pour tous les patients), on a constaté un TRO de 33,3 % chez les patients CBCm et de 47,6 % chez les patients CBCla. Bien que le taux d'abandon soit resté élevé dans l'analyse actualisée (72,1 %), le TRO s'est maintenu chez les patients des deux cohortes. La durée de la réponse s'est également maintenue chez les patients CBCm et est passée de 7,6 à 9,5 mois chez les patients CBCla.

Les événements indésirables les plus courants ont été les spasmes musculaires (68 %), l'alopécie (64 %), la dysgueusie (51 %), la perte de poids (46 %), la fatigue (36 %), les nausées (29 %), la diminution de l'appétit (23 %) et la diarrhée (22 %). Erivedge est associé à une toxicité importante. On a signalé une incidence élevée d'événements indésirables chez les patients traités par Erivedge. Au total, 100 % des patients ont connu un événement indésirable, tous grades confondus, et 42,3 % de ces patients ont subi un événement indésirable de grade 3 à 5. On a constaté des événements indésirables graves chez 26 patients (25 %), dont sept ont entraîné la mort. D'après l'examen des données sur l'innocuité fournies dans la présentation, l'utilisation d'Erivedge entraîne des effets secondaires importants. La faible tolérance à Erivedge est mise en évidence par le taux élevé de décès, l'incidence élevée d'événements indésirables, le fort taux d'abandon et le nombre de visites non planifiées.

Compte tenu de son mécanisme d'action et des résultats des études non cliniques, le vismodegib (l'ingrédient médicinal d'Erivedge) est probablement tératogène. Par conséquent, l'exposition prénatale au vismodegib pose des risques graves en matière d'innocuité. L'âge médian des patients traités était de 62 ans dans les deux cohortes, mais environ 10 % des femmes participant à l'étude étaient susceptibles de procréer. De manière à limiter le risque sérieux de tératogénicité, on a mis en place un programme de distribution contrôlée [le Programme de prévention de la grossesse pour Erivedge(PPG-E)],qui exige l'inscription du patient, du médecin et du pharmacien. En vertu de ce programme, seuls les médecins prescripteurs et les pharmacies inscrits au programme sont autorisés respectivement à prescrire et à fournir le produit. En outre, Erivedge ne peut être remis qu'aux patients inscrits au programme et qui en remplissent toutes les conditions.

On ne sait pas si les dysfonctionnements d'organe observés dans certaines populations pourraient avoir une incidence sur les paramètres pharmacocinétiques du médicament (exposition ou élimination) et nuire à l'innocuité d'Erivedge. Erivedge n'a pas été étudié chez les patients atteints d'insuffisance hépatique ou rénale; les modifications posologiques pour la gestion des événements indésirables chez les patients atteints d'un dysfonctionnement d'organe n'ont pas été examinées non plus. Le promoteur s'est engagé à présenter les résultats d'une étude sur l'insuffisance rénale et hépatique en mars 2015.

De plus, un encadré décrivant les mises en garde et les précautions sérieuses a été ajouté dans la monographie de produit d'Erivedge, dont les mises en garde au sujet des décès embryo-fœtaux et des anomalies congénitales, ainsi que sur le fait qu'Erivedge n'a pas été étudié chez les patients atteints d'une insuffisance rénale ou hépatique. Le produit est disponible uniquement par l'intermédiaire d'un programme de distribution contrôlée (le PPG-E), et Erivedge ne devrait être administré et suivi que sous la supervision d'un médecin qualifié en matière de thérapies anticancéreuses et en toute connaissance des risques liés au traitement par Erivedge et des exigences de suivi.

Les autres problèmes d'innocuité relevés dans cette présentation ont été résolus à l'aide d'un étiquetage approprié dans la monographie de produit d'Erivedge. Une évaluation supplémentaire aura lieu une fois que les études demandées auront été présentées. La liste de ces études figure dans la partie Quelles mesures de suivi le promoteur prendra-t-il?

Hoffmann-La Roche Limitée a présenté à Santé Canada un plan de gestion des risques (PGR) relatif à Erivedge. Après examen, ce PGR a été jugé acceptable. Le PGR est destiné à décrire les problèmes d'innocuité connus ou possibles, à présenter le plan de surveillance prévu et, le cas échéant, à décrire les mesures qui seront prises pour réduire les risques liés au produit.

Globalement, les avantages thérapeutiques constatés dans l'étude pivotale sont favorables et les avantages du traitement par Erivedge semblent dépasser les risques potentiels. Les patients atteints d'un CBC de stade avancé qui ne peuvent pas être traités par chirurgie ou radiothérapie n'ont aucune option thérapeutique à leur disposition, ce qui représente un besoin médical non satisfait. Les taux de réponse observés dans l'étude pivotale (y compris les 12 mois de suivi) montrent les avantages cliniques du traitement par Erivedge dans les conditions d'emploi prévues. Le profil de toxicité importante semble gérable, et des mesures d'atténuation des risques sont en place pour une utilisation plus sûre du médicament (monographie de produit, programme de distribution contrôlée). La monographie de produit d'Erivedge présente les mises en garde et les précautions appropriées concernant les problèmes d'innocuité relevés. De plus, tous les problèmes soulevés dans l'Avis de non-conformité ont été traités de façon suffisante par le promoteur à la satisfaction de Santé Canada.

La présentation de drogue nouvelle répond aux exigences des articles C.08.002 et C.08.005.1 et, par conséquent, Santé Canada a émis l'Avis de conformité prévu par l'article C.08.004 du Règlement sur les aliments et drogues. Pour de plus amples renseignements, veuillez consulter les sections Motifs d'ordre clinique, non clinique et qualitatif (caractéristiques chimiques et fabrication).

 

3 Quelles sont les étapes qui ont mené à l'autorisation de Erivedge?

 

Une réunion préalable à la présentation s'est tenue le 24 janvier 2012 au sujet de la présentation de drogue nouvelle (PDN) relative au vismodegib en préparation. Le 19 mars 2012, Santé Canada a accordé à Hoffmann-La Roche Limitée la permission de déposer une PDN relative au vismodegib en vertu de la Ligne directrice sur les avis de conformité avec conditions (AC-C). Hoffmann-La Roche Limitée a alors proposé des conditions afin de confirmer les avantages cliniques du vismodegib, ce qui lui a permis de déposer une présentation sous le statut d'avis de conformité et non d'AC-C.

Une présentation de drogue nouvelle a été déposée auprès de Santé Canada relativement à Erivedge (vismodegib) le 4 avril 2012 (nº de contrôle 154608). Les données à l'appui de l'indication proposée sont fondées sur les résultats obtenus chez 104 patients faisant partie de l'une des deux cohortes d'une étude pivotale de phase II sur un seul groupe. Les résultats de cette étude ont démontré des bienfaits cliniques, mais les avantages ne dépassent pas les risques associés à l'utilisation du vismodegib pour l'indication proposée. Santé Canada considère que le profil d'innocuité du vismodegib n'est pas suffisamment bien caractérisé, car certains renseignements pertinents sur le plan clinique sont manquants : absence de recommandation en matière de modification posologique chez les patients atteints d'insuffisance rénale ou hépatique, motifs non précisés de l'abandon des patients dans l'étude pivotale, absence de stratégie relative à la sélection des patients compte tenu du mécanisme ciblé du médicament proposé, et manque d'information sur l'innocuité à long terme et la durabilité de la réponse.

Le 5 octobre 2012, Santé Canada a fait appel à son Comité consultatif scientifique pour obtenir des conseils sur les mesures les plus appropriées afin d'atténuer les risques de tératogénicité et sur la faisabilité d'un programme de distribution contrôlée pour empêcher l'exposition fœtale. Le Comité a alors recommandé une distribution contrôlée exigeant l'inscription du patient, du médecin et du pharmacien pour distribuer Erivedge au Canada, si sa commercialisation devait être autorisée à l'avenir.

En raison des préoccupations susmentionnées en matière d'innocuité, un Avis de non-conformité (ANC) a été émis le 23 novembre 2012.

En mars de l'année suivante, le promoteur a soumis une réponse à l'ANC. Après avoir examiné cette réponse, un Avis de conformité a été émis le 12 juillet 2013. Les données présentées dans cette réponse montrent qu'Erivedge peut offrir un bienfait clinique avec un degré de toxicité gérable. Un programme de distribution contrôlée (le Programme de prévention de la grossesse pour Erivedge) a été proposé afin d'atténuer les risques de tératogénicité et d'empêcher l'exposition fœtale. De plus, tous les problèmes soulevés dans l'Avis de non-conformité ont été résolus de façon suffisante par le promoteur à la satisfaction de Santé Canada. Le promoteur a également accepté de fournir les résultats de plusieurs études en cours ainsi que ceux des grandes études indiquées dans la section Quelles mesures de suivi le promoteur prendra-t-il?

Pour en savoir plus sur les questions d'efficacité et d'innocuité et leur résolution, veuillez consulter les sections Efficacité clinique et Innocuité clinique dans la partie Quelle est la justification scientifique sur laquelle s'est fondé Santé Canada? Le calendrier des présentations de drogue relatives à Erivedge est indiqué ci-dessous.

 

Étapes importantes de la présentation: Erivedge

Étape importante de la présentation Date
Réunion préalable à la présentation : 2012-01-24
Dépôt de la présentation : 2012-04-02
Examen préliminaire 1  
Lettre d'acceptation à l'issue de l'examen préliminaire : 2012-05-07
Examen 1  
Évaluation de la qualité terminée : 2012-11-14
Rencontre avec le Comité consultatif scientifique : 2012-10-05
Évaluation biostatistique terminée : 2012-10-23
Évaluation clinique terminée : 2012-11-22
Avis de non-conformité (ADN (lacunes sur le plan de l'innocuité et l'efficacité) émis par le directeur général. 2012-11-23
Réponse déposée : 2013-03-21
Examen préliminaire 2  
Lettre d'acceptation à l'issue de l'examen préliminaire : 2013-04-16
Examen 2  
Évaluation clinique terminée : 2013-07-10
Examen de l'étiquetage terminé : 2013-07-08
Délivrance de l'Avis de conformité par le directeur général, Direction des produits thérapeutiques : 2013-07-12

 

La décision réglementaire canadienne portant sur l'examen clinique et non clinique d'Erivedge est fondée sur une évaluation critique du dossier de données canadiennes. Les examens effectués à l'étranger par la Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis ont servi de références supplémentaires.

Pour de plus amples renseignements sur le processus de présentation de drogues, consultez le document intitulé Gestion des présentations de drogues.

 

4 Quelles mesures de suivi le promoteur prendra-t-il?

 

Les exigences en matière d'activités post-commercialisation sont décrites dans la Loi sur les aliments et drogues et le Règlement connexe.

De plus, Santé Canada a connaissance de plusieurs études en cours qui, bien qu'elles ne soient pas exigées dans le cadre de l'autorisation de mise sur le marché actuelle, devraient toutefois lui être présentées une fois qu'elles seront terminées. On pense que les résultats de ces études offriront de l'information supplémentaire aux professionnels de la santé afin de traiter les patients atteints d'un carcinome basocellulaire métastatique ou localement avancé. Conformément aux Lignes directrices de Santé Canada sur la gestion des présentations de drogue, le promoteur a accepté de soumettre les résultats des études suivantes une fois qu'elles seront terminées :

  1. Étude sur les interactions médicamenteuses chez des sujets sains volontaires afin d'évaluer l'impact des inhibiteurs de la pompe à protons (publication du rapport final : février 2015).
  2. Étude sur l'insuffisance rénale et hépatique (publication du rapport final : mars 2015).
  3. Étude sur la cancérogénicité chez la souris et le rat (publication du rapport final : octobre 2017).
  4. Mise à jour de l'étude SHH4476g sur l'efficacité (date limite de présentation des données : novembre 2013), représentant 30 mois supplémentaires de suivi après l'analyse initiale. Publication du rapport : juin 2014.
  5. Mise à jour de l'étude MO25616 sur l'innocuité dans la population d'innocuité regroupée, avec analyse intermédiaire, menée sur 500 patients avec un suivi potentiel d'un an. Publication du rapport : juin 2014.
  6. Étude sur l'innocuité (nº de protocole : MO25616). Analyse finale de l'innocuité après traitement pendant au moins un an de 800 patients. Publication du rapport final : juin 2015.
  7. Étude sur les interactions médicamenteuses in vivo avec un inhibiteur du cytochrome P450 (CYP) CYP2C9. Publication du rapport final : à confirmer.
  8. Étude sur un CYP3A4 puissant et un inhibiteur de la glycoprotéine P. Publication du rapport final : à confirmer.

Santé Canada a demandé au promoteur de contrôler et de caractériser les renseignements manquants relevés, dont l'ajustement posologique chez les personnes âgées et les patients atteints d'un dysfonctionnement d'organe ainsi que l'utilisation d'Erivedge chez les patients ayant d'autres affections concomitantes, comme la cardiotoxicité. Le promoteur devrait soumettre les engagements de pharmacovigilance post-commercialisation exigés par d'autres organismes de réglementation, toutes les données post-commercialisation disponibles qui sont pertinentes et relatives aux risques susmentionnés, ainsi que le suivi auprès de tous les patients, quelle que soit leur catégorie de risque (à savoir, hommes, femmes susceptibles de procréer, etc.) afin de déterminer les motifs de leur abandon du traitement.

En ce qui concerne le programme de distribution contrôlée connu sous le nom de Programme de prévention de la grossesse pour Erivedge (PPG-E), le promoteur devrait promouvoir activement l'éducation des médecins et des pharmaciens canadiens au sujet de la prescription et de la délivrance appropriées du vismodegib. Le promoteur devrait réaliser une enquête auprès des médecins et des pharmaciens canadiens afin d'évaluer la conformité au PPG-E, les taux de conformité aux différents éléments du programme et les obstacles à cette conformité, et il devrait suggérer des solutions. L'enquête devrait également examiner si les instructions et l'information fournies dans les documents didactiques sont claires et correctement structurées.

En outre, si le profil avantages-risques d'Erivedge devait changer au cours de son cycle de vie, et en fonction des données recueillies après sa commercialisation, de nouveaux renseignements en matière d'innocuité devraient être ajoutés dans la documentation du PPG-E.

 

6 Quels sont les autres renseignements disponibles à propos des médicaments?

 

Pour obtenir des renseignements à jour sur les produits pharmaceutiques, veuillez suivre les liens suivants :

 

7 Quelle est la justification scientifique sur laquelle s'est fondé Santé Canada?
7.1 Motifs cliniques de la décision

 

Pharmacologie clinique

Le vismodegib, l'ingrédient médicinal d'Erivedge, est inhibiteur de la voie de signalisation Hedgehog. La signalisation par cette voie, par l'entremise de la protéine transmembranaire SMO (smoothened), entraîne l'activation et la localisation nucléaire de facteurs de transcription de l'oncogène associé au gliome et l'induction de gènes cibles Hedgehog. Bon nombre de ces gènes participent à la prolifération, la survie et la différenciation cellulaires. Le vismodegib se lie à la protéine SMO et en inhibe l'activité, empêchant ainsi la transduction du signal Hedgehog résultant de mutations inactivatrices du PTCH1 ou de mutations activatrices de la SMO.

Les études de pharmacologie clinique ont permis de caractériser l'absorption, la distribution, le métabolisme et l'élimination du vismodegib. Le vismodegib se lie à l'albumine sérique et à la glycoprotéine alpha-1-acide (AAG). La liaison à l'AAG est saturable aux concentrations pertinentes sur le plan clinique. On considère que la concentration d'AAG est le facteur qui influence le plus les concentrations plasmatiques de vismodegib à l'état d'équilibre. Le taux de liaison avec les protéines plasmatiques chez les patients était supérieur à 99 %. Les deux métabolites oxydatifs du vismodegib les plus abondamment récupérés dans les fèces sont produits par les cytochromes P450 (CYP) CYP2C9 et CYP3A4/5. Le vismodegib est éliminé lentement par une combinaison de métabolisme et d'excrétion de la substance mère. Le vismodegib semble surtout métabolisé par le foie et récupéré dans les fèces (82 % de la dose administrée), 4,4 % étant récupérés dans l'urine.

Aucune objection majeure n'a été formulée quant à la méthodologie employée et aux résultats des études. Toutefois, un certain nombre de problèmes ont été relevés et doivent être résolus de façon satisfaisante. Ces préoccupations et demandes de clarification ont été prises en compte dans la réponse à l'Avis de non-conformité (R-ANC), notamment les demandes relatives aux données d'étude suivantes : étude concernant les patients atteints d'une insuffisance rénale ou hépatique de manière à étayer des recommandations d'ajustement posologique en fonction de leur affection, étude sur les interactions médicamenteuses afin d'évaluer l'impact des inhibiteurs de la pompe à protons, études sur les interactions médicamenteuses avec les inhibiteurs du CYP2C9 et du CYP3A4, ainsi que des études sur les interactions médicamenteuses avec les inhibiteurs de la glycoprotéine P. Le promoteur a accepté de soumettre les résultats de ces études dès qu'ils seront publiés.

Pour obtenir des renseignements supplémentaires, consulter la monographie de produit de Erivedge approuvée par Santé Canada et accessible par l'intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.

Efficacité Clinique

L'efficacité d'Erivedge (vismodegib) a été montrée dans le cadre d'une étude pivotale, internationale, multicentrique, ouverte, à un seul groupe et à deux cohortes. Cette étude a été menée auprès de 104 patients de plus de 18 ans atteints d'un carcinome basocellulaire (CBC) de stade avancé, dont des CBC métastatiques [CBCm, nombre de patients (n) = 33] et des CBC localement avancés (CBCla, n = 71). Le CBC métastatique était défini comme un CBC s'étant propagé au-delà du tissu cutané vers d'autres parties du corps, comme les ganglions lymphatiques, les poumons, les os ou d'autres organes internes. Les patients atteints d'un CBC localement avancé présentaient des lésions cutanées qui ne pouvaient pas être traitées par chirurgie (inopérables, récidivant au même endroit après au moins deux interventions chirurgicales, et lorsque la résection curative était jugée peu probable ou qu'une intervention chirurgicale aurait entraîné une difformité ou une morbidité substantielles) et chez qui la radiothérapie avait échoué, ne convenait pas ou était contre-indiquée. Avant l'inscription à l'étude, le diagnostic de CBC a été confirmé par examen histologique. Les patients atteints d'un syndrome de Gorlin qui présentaient au moins une lésion de CBCa et répondaient aux critères d'inclusion étaient admissibles à l'étude. Les patients étaient traités avec une dose quotidienne de 150 mg d'Erivedge (vismodegib) par voie orale jusqu'à progression de la maladie ou survenue de réactions toxiques inacceptables. Lors de l'analyse primaire, la durée médiane de traitement dans les cohortes de CBCm et CBCla était respectivement de 10 mois et de 9,7 mois.

Sur les 104 patients inscrits, 96 étaient évaluables quant au taux de réponse objective (TRO). Vingt-et-un pour cent des patients étaient atteints d'un syndrome de Gorlin. Tous les patients atteints de ce syndrome qui participaient à l'étude pivotale répondaient aux critères d'inclusion.

Le paramètre d'évaluation primaire était le TRO évalué par un centre d'examen indépendant. La réponse objective était définie comme une réponse complète ou partielle lors de deux évaluations consécutives séparées d'au moins quatre semaines. Dans la cohorte du CBCm, la réponse tumorale a été évaluée par les critères RECIST (Response Evaluation Criteria in Solid Tumors), version 1.0. Dans la cohorte du CBCla, la réponse tumorale était évaluée par examen visuel de la tumeur externe et de l'ulcération, par imagerie (le cas échéant) et par biopsie tumorale.

Tout patient était considéré comme ayant répondu au traitement si au moins un des critères suivants était satisfait et s'il ne présentait pas de progression de la maladie : (1) réduction de ≥ 30 % de la taille de la tumeur [somme du diamètre le plus long (SDL)], par rapport au début de l'étude dans les lésions cibles selon les clichés radiographiques; (2) réduction de ≥ 30 % de la SDL par rapport au début de l'étude dans la dimension visible à l'extérieur des lésions cibles; (3) disparition complète de l'ulcération dans toutes les lésions cibles.

Erivedge s'est révélé efficace chez une proportion importante de patients atteints d'un CBC de stade avancé, comme le montrent les TRO de 30,3 % observés dans la cohorte CBCm et de 42,9 % dans la cohorte CBCla. Le TRO s'est maintenu pendant une durée médiane de 7,6 mois chez les patients des deux cohortes.

Même si l'on reconnaît l'efficacité clinique d'Erivedge chez une proportion importante de patients, l'étude pivotale de phase II a toutefois révélé certaines limitations et incertitudes sérieuses. Étant donné que l'étude pivotale était une étude de phase II et qu'aucune étude de phase III de confirmation n'est prévue, l'évaluation des avantages cliniques d'Erivedge pour l'indication proposée est fondée sur une exposition limitée (33 patients dans la cohorte de CBC métastatique et 71 patients dans la cohorte de CBC localement avancé).

Compte tenu de l'absence de données historiques fiables sur le CBC de stade avancé, de la faible exposition des patients au médicament à l'étude, de la courte durée de l'exposition (9,7 mois en moyenne), du taux élevé d'abandon (51 % dans l'étude pivotale) et du fait que seuls 31,7 % des patients ont participé à la phase de suivi de la survie dans l'étude pivotale, Santé Canada a demandé des preuves supplémentaires de la durabilité de la réponse clinique. Dans sa réponse à l'ANC, le promoteur a inclus une analyse mise à jour du paramètre d'efficacité primaire, à savoir le TRO évalué par un centre d'examen indépendant, de manière à fournir des données de suivi sur 12 mois supplémentaires. Bien que le taux d'abandon soit resté élevé dans l'analyse actualisée (72,1 %), le TRO s'est maintenu chez les patients des deux cohortes. La durée de la réponse s'est également maintenue chez les patients CBCm et est passée de 7,6 à 9,5 mois chez les patients CBCla. Le promoteur a également répondu aux autres préoccupations relevées portant sur la méthodologie, notamment en ce qui concerne le risque d'erreur d'échantillonnage lié aux biopsies à l'emporte-pièce et les motifs des patients ayant décidé d'abandonner l'étude qui n'ont pas été notés dans le rapport de l'étude clinique.

Santé Canada s'inquiétait également de l'absence de stratégie de sélection des patients. Erivedge est un traitement ciblé destiné aux patients qui présentent un dérèglement du signal Hedgehog dû à une activation dépendant des ligands, à des mutations activant la protéine SMO ou bien à des mutations de perte du PTCH. Santé Canada s'inquiétait que l'efficacité clinique d'Erivedge ne soit pas la même chez les patients atteints du syndrome de Gorlin que chez les patients atteints d'un CBC sporadique. Les taux de réponse de 30 % (CBCm) et de 42,9 % (CBCla) étaient moins élevés que ceux auxquels on pourrait s'attendre avec des tumeurs présumées homogènes sur le plan moléculaire. En outre, un nombre important de patients n'ont montré qu'une réponse partielle et une progression de la maladie. Une stratégie de sélection des patients permettrait d'améliorer les taux de réponse et d'éviter d'exposer des patients pour qui le traitement ne serait pas bénéfique (à savoir des patients présentant des mutations en aval de SMO). Les préoccupations de Santé Canada concernant la nécessité d'une stratégie de sélection des patients sont étayées par l'analyse par sous-groupe effectuée par le promoteur des résultats de l'étude pivotale, qui montre un TRO de 31 % [intervalle de confiance (IC) à 95 % : 18,7 % - 45,6 %] chez les patients atteints d'un CBC sporadique, contre 66,7 % (IC à 95 % : 44,9 % - 85,4 %) chez les patients atteints du syndrome de Gorlin. Pour régler le problème d'innocuité lié à l'exposition inutile de patients pour qui le médicament n'est pas forcément bénéfique, l'indication a été modifiée de manière à indiquer que l'avantage de la poursuite du traitement doit être évalué de façon régulière et que la durée optimale du traitement varie d'un patient à l'autre.

Le Comité consultatif scientifique a recommandé l'ajout dans l'indication que le stade avancé du CBC soit confirmé par deux spécialistes (un chirurgien de la tête et du cou et un oncologue spécialisé en radiothérapie). L'indication proposée (pour le traitement chez l'adule du carcinome basocellulaire avancé) a également été jugée trop générale. Le promoteur a accepté de modifier l'indication en précisant le siège de la maladie (métastatique ou localement avancé) de manière à mieux correspondre à la population de patients de l'étude pivotale. Toutefois, on a estimé que la confirmation du diagnostic par deux spécialistes supplémentaires pourrait retarder l'accès au traitement pour certains patients. Ce problème a été résolu par une modification de l'étiquetage de manière à indiquer que le statut de la maladie doit être confirmé par examen histologique avant de prescrire le médicament pour s'assurer que seuls les patients appropriés sont exposés à Erivedge.

Pour de plus amples renseignements, consultez la monographie de produit de Erivedge approuvée par Santé Canada et accessible par l'intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.

Innocuité Clinique

Les données sur l'innocuité proviennent de 138 patients atteints d'un CBC de stade avancé et traités dans le cadre de quatre études cliniques ouvertes de phases I et II. En raison de la taille de la base de données groupée sur l'innocuité (138 patients), l'évaluation du profil d'innocuité d'Erivedge est limitée.

L'innocuité d'Erivedge (vismodegib) a été évaluée principalement dans l'étude pivotale de phase II décrite à la section Efficacité clinique. Les événements indésirables (EI) les plus courants, signalés chez 104 patients, ont été les spasmes musculaires (68 %), l'alopécie (64 %), la dysgueusie (51 %), la perte de poids (46 %), la fatigue (36 %), les nausées (29 %), la diminution de l'appétit (23 %) et la diarrhée (22 %).

Le vismodegib n'a pas été bien toléré. Santé Canada s'est inquiété du taux élevé d'abandon du traitement et du nombre de visites non planifiées; les motifs n'ont pas été indiqués dans le rapport. Santé Canada s'est également inquiété de la forte incidence d'EI dans l'étude pivotale. Au total, 100 % des patients ont connu un EI, tous grades confondus, et 42,3 % de ces patients ont subi un EI de grade 3 à 5. On a constaté des événements indésirables graves (EIG) chez 25 % des patients (26 participants), dont sept ont entraîné la mort. Les EIG signalés chez au moins deux patients traités sont les suivants : décès, insuffisance cardiaque, pneumonie, embolie pulmonaire et thrombose veineuse profonde. Les EIG suivants sont considérés comme étant liés au vismodegib : un événement de cholestase, deux événements d'embolie pulmonaire, un événement de syncope et de déshydratation et un événement d'insuffisance cardiaque et de pneumonie.

À la date limite des données cliniques, le taux de décès se montait à 15,4 % (21,2 % des patients CBCm et 12,7 % des patients CBCla) dans l'étude pivotale. Dans la cohorte de CBC métastatique, la cause de décès la plus fréquente était la progression de la maladie. Dans la cohorte de CBC localement avancé, 7 % des décès se sont produits dans les 30 jours suivant la dernière dose de vismodegib. Avec la dernière dose de vismodegib, les causes de décès comprenaient des EI (choc hypovolémique, infarctus du myocarde en phase aiguë, affection des méninges, décès de cause inconnue) et la progression de la maladie.

Le taux d'abandon du traitement dans l'étude pivotale était élevé (51 % à la date limite des données cliniques). Les motifs les plus courants d'abandon du traitement dans l'étude pivotale étaient la progression de la maladie dans la cohorte de CBCm (6 sur 14), alors que dans la cohorte de CBCla, il s'agissait d'une décision du patient (18 sur 39) ou bien d'un EI (11 sut 39). D'après le rapport, 28 % des patients ayant participé à l'étude pivotale ont subi des EI ayant entraîné l'interruption du traitement.

Pour mieux comprendre les raisons de l'abandon, le promoteur a réalisé une enquête. Les résultats de cette enquête ont été joints à la réponse à l'Avis de non-conformité (ANC). On a noté que les résultats ont été recueillis de façon rétrospective sur un nombre réduit de patients. Dans l'étude pivotale, 30 patients ont abandonné à la suite d'une décision du médecin ou du patient. La majorité de ces patients (36,7 %) ont arrêté le traitement en raison d'EI intolérables. On avait observé une réponse tumorale en cours chez neuf patients lorsqu'ils ont abandonné l'étude, et six d'entre eux ont arrêté le traitement en raison d'EI. Ces résultats semblent indiquer qu'Erivedge n'est pas bien toléré par certains patients, même ceux qui obtiennent un bienfait clinique. Compte tenu du profil de toxicité d'Erivedge et de sa faible tolérabilité, les patients pour qui le traitement n'est pas bénéfique ne devraient pas y être exposés. Le promoteur a accepté d'ajouter dans la section Indications et usage clinique de la monographie de produit d'Erivedge l'énoncé suivant : « Dans l'essai pivot, la majorité des réponses cliniques sont survenues en moins de 16 semaines. Le bienfait du traitement continu doit être évalué de façon périodique, la durée optimale de traitement variant d'un patient à l'autre. » Cette recommandation est destinée à éviter les expositions inutiles à Erivedge. Elle servira de guide aux médecins prescripteurs sur la nécessité de réévaluer le bienfait clinique et le délai normal d'apparition d'une réponse clinique.

Après examen de l'étude pivotale, Santé Canada estime que les EI suivants ne sont pas suffisamment bien caractérisés dans le rapport d'étude : déséquilibres électrolytiques (dont l'hyponatrémie), EI rénaux, EI cardiaques et EI gastro-intestinaux (dont l'obstruction intestinale). Les problèmes soulevés ont été pris en compte dans la réponse à l'ANC.

  • En tout, 5,6 % des patients de l'étude pivotale ont présenté une hyponatrémie de grade 3. Ces événements ont également été observés dans les études non cliniques, ainsi que dans d'autres études cliniques portant sur le vismodegib. Les déséquilibres électrolytiques comme l'hyponatrémie peuvent constituer des EIG avec des complications sévères. Dans sa réponse à l'ANC, le promoteur a fourni les taux d'incidence des EI liés à des anomalies électrolytiques provenant de l'analyse groupée. Ces taux étaient faibles et la majorité des cas étaient de gravité modérée. En tout, 14,5 % des patients de l'analyse groupée sur l'innocuité ont présenté une variation, par rapport aux concentrations initiales, de la valeur du magnésium mesurée en laboratoire, 13,8 %, pour ce qui est de la valeur du potassium et 32,6 %, pour ce qui est de la valeur du sodium. On a remarqué que 4,3 % des patients de cette population groupée sur l'innocuité présentaient une variation de grade 3 ou plus par rapport aux valeurs initiales. Étant donné que l'on ne peut pas écarter la possibilité d'un lien de causalité, la monographie de produit d'Erivedge a été modifiée afin d'inclure les anomalies électrolytiques dans la section Mises en garde et précautions.
  • Au total, 5,6 % des patients ont présenté une augmentation de grade 3 des taux d'azote uréique sanguin (AUS). On a observé une élévation des taux d'AUS de grade 1 chez 51,4 % des patients, et de grade 2 chez 14,3 % des patients. On a également signalé des augmentations de grades 1 et 2 des taux de créatinine chez 27,6 % et 11,5 % des patients. Le vismodegib n'est pas éliminé par les reins, mais ces variations de taux d'AUS et de créatinine dans une étude de petite taille sont préoccupantes, étant donné que l'on a observé des dommages sur les reins dans les études non cliniques (vacuolisation de l'épithélium tubulaire rénal). Étant donné qu'une proportion importante de patients traités par vismodegib ont subi des déséquilibres électrolytiques ainsi que des modifications des taux d'AUS et de créatinine, qu'on a constaté deux cas d'insuffisance rénale aiguë et que l'on a observé une toxicité rénale dans les études précliniques, il existe une forte probabilité que le vismodegib soit lié à des dommages rénaux graves. Le promoteur a accepté de présenter les résultats d'une étude sur l'insuffisance rénale dès qu'elle sera terminée. Comme on ne peut écarter à l'heure actuelle la possibilité d'un lien de causalité entre l'usage d'Erivedge et le risque d'EI rénaux, la monographie de produit d'Erivedge a été modifiée de manière à inclure une mise en garde sérieuse sur le fait qu'Erivedge n'a pas été étudié chez les patients atteints d'insuffisance rénale.
  • Lors de tests de la fonction hépatique, on a observé des modifications de grade 3 chez un patient et des événements de grades 1 et 2 chez un grand nombre de patients traités par vismodegib. Les modifications des enzymes hépatiques dans une étude de petite taille pourraient représenter un signal d'alarme de la possibilité de cas rares de dommages hépatiques graves. Le lien avec le vismodegib est suggéré par l'observation d'augmentations de l'alanine transaminase (ALT) et de l'aspartate aminotransférase (AST) dans différentes espèces dans les études non cliniques et par les constats de taux élevés d'enzymes hépatiques dans d'autres études sur le vismodegib. Il est à noter que l'efficacité et l'innocuité du vismodegib sont en cours d'évaluation chez des patients atteints d'insuffisance hépatique, mais que les résultats ne sont pas encore disponibles.L'incertitude quant aux risques de dommages hépatiques liés à l'usage d'Erivedge a été prise en compte dans l'étiquetage sous forme de mise en garde sérieuse.
  • La cardiotoxicité était également un point préoccupant. On a constaté dans l'étude pivotale des modifications du rythme cardiaque (médiane : 10,5 battements/min) et de la pression artérielle (médiane : 10 mmHg pour la pression systolique et 10 mmHg pour la pression diastolique). On ne sait pas encore si ces variations des signes vitaux sont pertinentes sur le plan clinique. Étant donné que l'on a observé des déséquilibres électrolytiques et des EIG cardiaques (fibrillation auriculaire, douleurs thoraciques d'origine cardiaque, insuffisance cardiaque globale, défaillance cardiaque, dysfonctionnement systolique du ventricule gauche, infarctus du myocarde et cardiomyopathie restrictive) chez des patients traités par vismodegib dans l'étude pivotale et l'étude à l'appui, et que l'étude sur la prolongation du QT n'a pas été concluante, le potentiel de cardiotoxicité devrait être étudié plus avant. Comme pour le moment, on ne pouvait écarter la possibilité du rôle causal du traitement par Erivedge, la monographie de produit d'Erivedge a été modifiée afin d'ajouter une section cardiovasculaire dans la partie Mises en garde et précautions. Les préoccupations concernant la méthodologie de l'étude sur l'allongement du QT ont été prises en compte de façon satisfaisante dans la monographie de produit d'Erivedge.
  • On a signalé dans diverses études sur le vismodegib des EI gastro-intestinaux, notamment des saignements gastro-intestinaux et des obstructions intestinales, chez des patients atteints de différents cancers. Un rapport d'étude sur l'innocuité a été fourni. En résumé, des événements gastro-intestinaux sont survenus très couramment chez les patients traités par vismodegib, mais la majorité des cas étaient d'une gravité de grade 1 ou 2. Les patients ayant présenté une hémorragie gastro-intestinale et une obstruction de l'intestin grêle avaient d'autres facteurs entrant en jeu; ces événements ont été jugés non liés par les chercheurs et le promoteur. Le promoteur a inclus les EI gastro-intestinaux pertinents dans la monographie de produit et a créé une section gastro-intestinale dans la partie Mises en garde et précautions de manière à ajouter les cas d'hémorragie gastro-intestinale et d'obstruction de l'intestin grêle.

Erivedge peut entraîner la mort des embryons et des fœtus ainsi que des anomalies congénitales graves lorsqu'il est administré aux femmes enceintes. Il a été montré que les inhibiteurs de la voie Hedgehog tels que le vismodegib sont embryotoxiques, fœtotoxiques et tératogènes chez plusieurs espèces animales à des niveaux d'exposition inférieurs au niveau d'exposition obtenu chez l'humain avec la dose recommandée de 150 mg/jour. Bien que généralement silencieuse chez l'adulte, la voie de signalisation Hedgehog joue un rôle important dans le développement embryonnaire, et les mutations spontanées qui influent sur son fonctionnement normal peuvent entraîner de graves anomalies congénitales, comme des anomalies touchant la ligne médiane, la dysmorphie craniofaciale et des malformations touchant les membres. Compte tenu du mécanisme d'action du vismodegib et des résultats des études non cliniques montrant sa tératogénicité, des préoccupations ont été soulevées concernant le potentiel tératogène important du vismodegib.

Santé Canada a recommandé l'ajout de plusieurs éléments au Programme de prévention de la grossesse proposé de manière à atténuer considérablement le sérieux risque de tératogénicité lié à Erivedge. Santé Canada a recommandé l'application d'un programme de distribution contrôlée nécessitant l'inscription du patient, du médecin et du pharmacien. Le promoteur a accepté de distribuer Erivedge au moyen d'un programme de distribution contrôlée désignéProgramme de prévention de la grossesse pour Erivedge (PPG-E), de manière à éviter l'exposition des fœtus. En vertu de ce programme, seuls les médecins prescripteurs et les pharmacies inscrits au programme sont autorisés respectivement à prescrire et à délivrer le produit. En outre, Erivedge ne peut être remis qu'aux patients inscrits à ce programme et qui en remplissent toutes les conditions. Santé Canada s'est beaucoup impliqué dans l'examen de ce problème et estime que le PPG-E et la documentation connexe sont adéquats pour atténuer le risque de tératogénicité.

En résumé, les données présentées dans cette présentation montrent qu'Erivedge peut offrir un bienfait clinique avec un degré de toxicité gérable. De plus, tous les problèmes soulevés dans l'Avis de non-conformité ont été résolus de façon suffisante par le promoteur à la satisfaction de Santé Canada.

Un encadré de mise en garde décrivant les mises en garde et les précautions sérieuses a été ajouté dans la monographie de produit d'Erivedge.

Pour de plus amples renseignements, consultez la monographie de produit de Erivedge approuvée par Santé Canada et accessible par l'intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.

 

 

 

7.2 Motifs non cliniques de la décision

 

Les résultats des études non cliniques ainsi que les risques pour l'être humain ont été ajoutés dans la monographie de produit d'Erivedge.

D'après les données non cliniques, il ne devrait pas y avoir d'interaction médicamenteuse avec les enzymes hépatiques. Toutefois, des études cliniques offriraient davantage d'information. Par ailleurs, le vismodegib ne semble pas être un inducteur puissant des enzymes P450. Il devrait y avoir des interactions avec les transporteurs d'efflux étant donné que le vismodegib semble être un substrat de la glycoprotéine P. Le vismodegib n'est pas un inhibiteur de la glycoprotéine P.

Les principales constatations toxicologiques sont des effets odontogènes graves, une soudure de la plaque de croissance épiphysaire, des tremblements du corps et des spasmes myocloniques, tous ces événements s'étant produits avec des niveaux d'exposition subcliniques. Les autres observations importantes sont les suivantes : alopécie, kystes folliculaires, diminution du nombre de papilles gustatives, baisse de la motilité des spermatozoïdes, dégénérescence des cellules germinales, pilomatrixome, baisse du nombre de corps jaunes, enflure de la patte liée à une inflammation granulomateuse et à une hyperkératose de la peau, ataxie, diminution des taux de plaquettes et augmentation importante du cholestérol sérique. La plupart des effets étaient réversibles, à part ceux touchant les follicules capillaires, la vacuolisation de l'épithélium tubulaire rénal, les incisives, la plaque de croissance épiphysaire, les ovaires et les testicules. Les constatations toxicologiques ont été observées à des niveaux d'exposition inférieurs au niveau thérapeutique proposé chez l'humain. Les effets tératogènes ont également été observés à des niveaux d'exposition subcliniques (20 % de l'exposition des patients) chez 30 % des fœtus nés. Les effets irréversibles constatés sont notamment des anomalies craniofaciales, génito-urinaires et squelettiques.

Le vismodegib ne s'est pas révélé génotoxique. Aucune étude sur la cancérogénicité n'a été incluse dans la présentation de la drogue. Une étude sur la cancérogénicité chez la souris et le rat est en cours et devrait prendre fin en 2017.

Pour résumer, on considère qu'Erivedge (vismodegib) est tératogène et très toxique. Compte tenu du rôle crucial de la voie de signalisation Hedgehog dans l'embryogenèse et de la nécessité d'atténuer considérablement les risques graves de tératogénicité liés à Erivedge, Santé Canada a recommandé l'application d'un programme de distribution contrôlée nécessitant l'inscription du patient, du médecin et du pharmacien. Le promoteur a accepté de distribuer Erivedge au moyen d'un programme de distribution contrôlée désignéProgramme de prévention de la grossesse pour Erivedge (PPG-E), de manière à éviter l'exposition des fœtus. En vertu de ce programme, seuls les médecins prescripteurs et les pharmacies inscrits au programme sont autorisés respectivement à prescrire et à délivrer le produit. En outre, Erivedge ne peut être remis qu'aux patients inscrits au programme et qui en remplissent toutes les conditions. Santé Canada s'est beaucoup impliqué dans l'examen de ce problème et estime que le PPG-E et la documentation connexe sont adéquats pour atténuer le risque de tératogénicité.

La monographie de produit d'Erivedge présente également les mises en garde et les précautions pertinentes concernant les problèmes d'innocuité relevés.

Pour de plus amples renseignements, consultez la monographie de produit de Erivedge approuvée par Santé Canada et accessible par l'intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.

 

 

7.3 Motifs d'ordre qualitatif

 

L'information soumise sur les caractéristiques chimiques et la fabrication d'Erivedge montre que la substance médicamenteuse et le produit pharmaceutique peuvent être fabriqués de façon à répondre systématiquement aux spécifications approuvées. Des études appropriées sur l'élaboration et la validation ont été menées, et des contrôles adéquats sont en place pour la commercialisation. Les modifications apportées au procédé de fabrication et à la formulation tout au long de l'élaboration du produit pharmaceutique ont été examinées et sont jugées acceptables. D'après les données sur la stabilité présentée, on estime que la durée de conservation proposée est acceptable. Selon le promoteur, la norme du produit pharmaceutique serait « reconnue », et ses spécifications sont conformes aux exigences actuelles de Santé Canada.

On estime que les limites proposées concernant les impuretés liées au médicament ont été raisonnablement qualifiées (à savoir qu'elles se situent à l'intérieur des limites recommandées par l'International Conference on Harmonisation et/ou qu'elles ont été qualifiées à partir d'études toxicologiques).

Tous les ingrédients non médicinaux (décrits ci-dessus) présents dans le produit pharmaceutique sont autorisés en vertu du Règlement sur les aliments et drogues.

La gélatine et le monohydrate de lactose sont d'origine animale. Des lettres d'attestation confirmant que les matières ne viennent pas de pays touchés par l'encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) ou l'encéphalopathie spongiforme transmissible (EST) ont été fournies; ces matières sont donc considérées comme étant propres à l'usage humain.