Sommaire des motifs de décision portant sur Cotellic

Décisions d'examen

Le sommaire des motifs de décision explique les raisons pour lesquelles un produit a reçu une autorisation de vente au Canada. Le document comprend les considérations portant sur la réglementation, l’innocuité, l’efficacité et la qualité (sur le plan de la chimie et de la fabrication).


Type de produit:

Médicament
  • Ce document est une traduction française du document anglais approuvé.

Les sommaires des motifs de décision (SMD) présentent des renseignements sur l'autorisation initiale d'un produit. Le SMD portant sur Cotellic est accessible ci-dessous.

Activité récente relative à Cotellic

Les SMD relatifs aux médicaments éligibles (tels que décrits dans la Foire aux questions : Phase II du projet de sommaires des motifs de décision [SMD]) autorisés après le 1er septembre 2012 seront mis à jour afin d'inclure des renseignements sous forme de tableau des activités postautorisation (TAPA). Le TAPA comprendra de brefs résumés d'activités telles que les présentations de demandes de nouvelles utilisations, ainsi que les décisions de Santé Canada (positives ou négatives). Les TAPA seront mis à jour régulièrement en ce qui a trait aux activités postautorisation tout au long du cycle de vie du produit.

Tableau des activités postautorisation (TAPA) portant sur Cotellic

Mise à jour : 2025-10-10

Le tableau suivant décrit les activités postautorisation menées à l’égard de Cotellic, un produit dont l’ingrédient médicinal est Cobimétinib. Pour en savoir plus sur le type de renseignements présentés dans les TAPA, veuillez consulter la Foire aux questions : Phase II du projet de sommaires des motifs de décision SMD) et à la Liste des abréviations qui se trouvent dans les Tableaux des activités postautorisation (TAPA).

Pour de plus amples renseignements sur le processus de présentation de drogues, consultez la Ligne Directrice : Gestion des présentations et des demandes de drogues.

Identification numérique de drogue (DIN):

  • DIN 02452340 – 20 mg cobimétinib, comprimé, voie orale

Tableau des activités postautorisation (TAPA)

Type et numéro d'activité ou de présentation Date de présentation Décision et date Sommaire des activités
SPDN Nº 265306 2022-06-21 Délivrance d’un AC 2023-03-28 Présentation déposée en tant que Niveau I – Supplément afin de mettre à jour la MP avec des données pédiatriques et pour faire passer la MP au format 2020. La présentation a été examinée et est considérée acceptable. À cause du SPDN, des modifications ont été effectuées aux sections suivantes de la MP : Mises en gardes et précautions, Effets indésirables, Pharmacologie clinique et Essais cliniques. Des modifications correspondantes ont été effectuées à la partie III intitulée Renseignements pour les patients sur les médicaments et à l’encart d’accompagnement. Un AC a été délivré.
PM Nº 209926 2017-10-05 Délivrance d'une LNO
2018-01-05
Présentation déposée en tant que Niveau II (90 jours) - Préavis de modification (changements relatifs à la gestion du risque) afin de mettre à jour l'MP en ajoutant de nouveaux renseignements sur l'innocuité. A cause du PM, des modifications ont été effectuées aux sections suivantes de l'MP : Mises en gardes et précautions, et Effets indésirables. Des modifications correspondantes ont été effectuées à la partie III de l'MP intitulée Renseignements pour les patients sur les médicaments. La présentation a été examinée et est considérée acceptable. Une LNO a été délivrée.
SPDN Nº 196612 2016-07-07 Délivrance d'un AC
2017-06-01
Présentation déposée en tant que Niveau I - Supplément afin de mettre à jour le profil d'efficacité et d'innocuité dans l'MP en fonction d'un suivi à plus long terme de patients participant à l'essai pivot et à une étude de soutien. De plus, une nouvelle étude pharmacocinétique menée auprès de sujets atteints d'insuffisance hépatique a été présentée pour étayer les recommandations posologiques chez cette population de patients. Le profil avantages-risques de Cotellic reste favorable s'il est utilisé pour l'indication pour laquelle le produit a été approuvé. Après examen de la présentation, des changements ont été apportés aux sections Mises en garde et précautions importantes, Mises en gardes et précautions, Effets indésirables, et Posologie et administration, et des modifications correspondantes ont été effectuées à la partie III de l'MP intitulée Renseignements pour le consommateur. La présentation a été examinée et est considérée acceptable. Une LNO a été délivrée.
Retrait de marché d'une drogue publié Sans objet Publié
2017-03-20
Retrait de marché d'une drogue publié présentant des renseignements importants sur la sécurité des produits à l'intention des professionnels de la santé, hôpitaux et le grand public.
PM Nº 199785 2016-10-27 Délivrance d'une LNO
2017-02-03
Présentation déposée en tant que Niveau II (90 jours) - Préavis de modification (changements relatifs à la gestion du risque) pour mettre à jour l'MP afin de refléter les révisions aux données de base de l'entreprise. A cause du PM, des modifications ont été effectuées aux sections suivantes de l'MP : Mises en gardes et précautions, Effets indésirables, et Posologie et administration. Des modifications correspondantes ont été effectuées à la partie III de l'MP intitulée Renseignements pour le consommateur. La présentation a été examinée et est considérée acceptable. Une LNO a été délivrée.
SPDN Nº 199094 2016-10-14 Délivrance d'un AC
2016-12-16
Présentation déposée en tant que Niveau I - Supplément pour apporter des changements aux étiquettes intérieure et extérieure de Cotellic. Les étiquettes ont été examinées et sont considérée acceptable. Un AC a été délivré.
PM Nº 195607 2016-05-31 Délivrance d'une LNO
2016-09-09
Présentation déposée en tant que Niveau II (120 jours) - Préavis de modification afin de mettre à jour l'MP avec des informations révisées. A cause du PM, modifications ont été effectuées à la section « Mode d'action et pharmacologie clinique » de l'MP. La présentation a été examinée et est considérée acceptable. Une LNO a été délivrée.
Avis de mise en marché d’un produit pharmaceutique (DIN 02452340) Sans objet Date de la première vente :
2016-04-06
Le fabricant a informé Santé Canada de ladate de la première vente conformément à la disposition C.01.014.3 du Règlement sur les aliments et drogues.
PDN Nº 182788 2015-03-12 Délivrance d’un AC
2016-02-22
Délivrance d’un Avis de conformité relatif à une Présentation de drogue nouvelle.
Sommaire des motifs de décision (SMD) portant sur Cotellic

SMD émis le : 2016-03-30

L'information suivante concerne la Présentation de drogue nouvelle pour Cotellic.

Cobimétinib, 20 mg de cobimétinib (sous forme de fumarate de cobimétinib), comprimé, voie orale

Identification(s) numérique(s) de drogue(s):

  • 02452340

Hoffmann-La Roche Ltd.

Présentation de drogue nouvelle, numéro de contrôle : 182788

 

Le 22 février 2016, Santé Canada a émis à l'intention de Hoffmann-La Roche limitée un avis de conformité du produit pharmaceutique Cotellic.

L'autorisation de mise sur le marché s'appuie sur l'information sur la qualité (chimie et fabrication), ainsi que les études non cliniques (pharmacologie et toxicologie) et cliniques présentées (pharmacologie, innocuité et efficacité). Après avoir examiné les données reçues, Santé Canada estime que Cotellic, en association avec le vémurafénib, a un profil avantages/risques favorable au traitement des patients atteints de mélanome métastatique ou non résécable porteurs d'une mutation BRAFV600.

 

1 Sur quoi l'autorisation porte-t-elle?

 

Cotellic, un inhibiteur de protéine kinase, a été autorisé en association avec le vémurafénib pour le traitement des patients atteints d'un mélanome non résécable ou métastatique porteurs d'une mutation BRAF V600.

Avant d'amorcer un traitement par Cotellic en association avec le vémurafénib, il faut confirmer que le mélanome est positif pour la mutation BRAF V600 à l'aide d'un test validé.

L'efficacité de Cotellic en association avec le vémurafénib est fondée sur les résultats relatifs à la survie sans progression et au taux de réponse objective. La prolongation de la survie globale n'a pas été démontrée.

Les données cliniques corroborant l'efficacité de Cotellic en association avec le vémurafénib en présence d'une mutation BRAF V600K sont limitées. On ne dispose pas de données cliniques sur les autres mutations BRAF V600 moins courantes.

Il n'existe pas de données cliniques corroborant l'efficacité de Cotellic en association avec le vémurafénib chez des patients atteints d'un mélanome malin non cutané.

L'innocuité et l'efficacité de Cotellic n'ont pas été établies chez les enfants et les adolescents.

Cotellic est contre-indiqué chez les patients qui présentent une hypersensibilité connue au cobimétinib ou à l'un des excipients. Cotellic a été autorisé selon les conditions d'utilisation décrites dans la monographie de produit de Cotellic, en tenant compte des risques potentiels associés à l'administration de ce produit pharmaceutique.

Cotellic (20 mg de cobimétinib, sous forme de fumarate de cobimétinib) se présente sous forme de comprimé. En plus de l'ingrédient médicinal, chaque comprimé contient du croscarmellose sodique, du lactose monohydraté, du stéarate de magnésium, de la cellulose microcristalline, du polyéthylène glycol 3350, de l'alcool polyvinylique, du talc et du dioxyde de titane.

Pour de plus amples renseignements, veuillez consulter les sections Motifs d'ordre clinique, non clinique et qualitatif (caractéristiques chimiques et fabrication).

Pour obtenir des renseignements supplémentaires, consultez également la monographie de produit Cotellic approuvée par Santé Canada et accessible par l'intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.

 

2 Pourquoi Cotellic a-t-il été autorisé?

 

Santé Canada estime que Cotellic, en association avec le vémurafénib, a un profil avantages/risques favorable au traitement des patients atteints d'un mélanome non résécable ou métastatique porteurs d'une mutation BRAF V600.

Cotellic (cobimétinib) est un inhibiteur de protéine kinase réversible qui inhibe la protéine kinase activée par des agents mitogènes (MAPK) et les kinases régulées par le signal extracellulaire MEK1 et MEK2. Les protéines MEK sont des régulateurs en amont de la voie ERK (extracellular signal-regulated kinase), qui favorise la prolifération cellulaire. Les mutations BRAF V600 sont dues à une activation constitutive de la voie BRAF, dont les protéines MEK1 et MEK2 font partie. Les études in vitro ont montré que le cobimétinib inhibe les protéines MEK1 et MEK2, avec des concentrations inhibitrices médianes (CI50) de 0,95 nM et 199 nM, respectivement.

Le vémurafénib, commercialisé sous le nom Zelboraf, est également un inhibiteur de kinase qui vise une autre partie de la même voie de signalisation. Il a été autorisé par Santé Canada en 2012 en tant que monothérapie pour le traitement du mélanome non résécable ou métastatique en présence d'une mutation BRAF V600. Le vémurafénib, un inhibiteur de BRAF, ralentit ou arrête la croissance des cellules de mélanome qui expriment les protéines mutées BRAF V600. L'association du cobimétinib et du vémurafénib pourrait ralentir encore davantage ou bien stopper la croissance des mélanomes à mutation BRAF V600.

En 2015, le mélanome était au septième rang des nouveaux cas de cancer en termes de répartition en pourcentage touchant les deux sexes au Canada. Environ 20 % des patients présentant un mélanome de stade précoce développent par la suite un mélanome métastatique, avec lequel la survie à long terme est inférieure à 10 %. Environ 50 % de l'ensemble des mélanomes présentent une mutation touchant la protéine BRAF, une kinase sérine/thréonine. Dans le mélanome métastatique, près de 90 % des mutations BRAF se produisent sur le codon V600.

Les traitements actuellement autorisés au Canada pour le mélanome non résécable ou métastatique en présence d'une mutation BRAF V600 comprennent notamment les chimiothérapies cytotoxiques, les traitements anticancéreux ciblés Zelboraf (vémurafénib) en monothérapie, Mekinist (tramétinib) en monothérapie, Tafinlar (dabrafénib) en monothérapie, Tafinlar plus tramétinib en traitement d'association, ainsi que l'agent immunothérapeutique Yervoy (ipilmumab). Un autre agent immunothérapeutique, Keytruda (pembrolizumab), a été autorisé pour la même indication après un traitement par ipilimumab et par un inhibiteur de BRAF ou de MEK. Les études randomisées ont montré que les monothérapies ciblant les protéines BRAF ou MEK sont supérieures aux chimiothérapies cytotoxiques, et que l'inhibition associée des protéines BRAF et MEK est supérieure à l'inhibition de BRAF seule dans le mélanome avancé en présence d'une mutation BRAF.

Cotellic (un inhibiteur de MEK), en association avec le vémurafénib (un inhibiteur de BRAF) s'est révélé efficace chez les patients atteints d'un mélanome non résécable ou métastatique porteurs d'une mutation BRAF V600. L'autorisation de mise en marché de Cotellic repose sur une étude de phase III, multicentrique, randomisée, à double insu et contrôlée par placebo, dans laquelle l'association de Cotellic et de vémurafénib a été comparée au vémurafénib associé au placebo chez des patients atteints d'un mélanome non résécable localement avancé (de stade IIIc) ou métastatique en présence d'une mutation BRAF V600 qui n'avaient jamais été traités auparavant.

On a constaté que l'association de Cotellic et de vémurafénib produisait une augmentation statistiquement significative de la survie sans progression (SSP) médiane et du taux de réponse objective (TRO) par rapport au placebo associé à du vémurafénib chez les adultes atteints d'un mélanome non résécable, localement avancé ou métastatique porteurs d'une mutation BRAF V600 qui n'avaient jamais été traités auparavant. La SSP médiane était de 9,9 mois chez les patients ayant reçu Cotellic et le vémurafénib, comparativement à 6,2 mois chez ceux ayant reçu le placebo avec le vémurafénib. Dans le groupe Cotellic plus vémurafénib, 67,6 % des patients ont présenté un TRO (réponse complète ou partielle) contre 44,8 % dans le groupe placebo plus vémurafénib. La survie globale (SG) médiane n'a été atteinte dans aucun des groupes de traitement au moment de l'analyse de la SG intermédiaire prédéfinie, et l'analyse n'a pas dépassé le seuil prédéfini de signification statistique. Les données cliniques à l'appui de l'efficacité de Cotellic en association avec le vémurafénib chez les patients porteurs d'une mutation BRAF V600K sont limitées, et l'on ne dispose pas de données cliniques pour les mutations BRAF V600 moins courantes. La durée médiane de suivi était seulement de 7,3 mois. Toutefois, dans l'étude de phase Ib, dont les résultats correspondent globalement à ceux de l'étude pivot, le suivi médian était de 12,7 mois.

Les principaux problèmes d'innocuité étaient notamment le dysfonctionnement du ventricule gauche, les hémorragies (y compris les événements majeurs), la rétinopathie séreuse et l'occlusion de la veine centrale, l'hypertension, l'hépatotoxicité, l'hypersensibilité, l'augmentation des taux sériques de créatine phosphokinase (CPK), la rhabdomyolyse, la photosensibilité et les éruptions cutanées. Les autres événements indésirables courants survenus plus fréquemment dans le groupe Cotellic plus vémurafénib étaient la diarrhée, les nausées, les vomissements, la pyrexie, la vision trouble, la déshydratation, l'hypophosphatémie, l'hyponatrémie, le carcinome basocellulaire, l'hyperglycémie, la fibrillation auriculaire, les troubles visuels et la pneumonite. Les événements indésirables étaient surveillés et pris en charge à l'aide d'une interruption du traitement, d'une réduction de la dose ou d'un arrêt du traitement. La majorité des événements indésirables étaient bénins. Les événements sévères se sont souvent améliorés ou résolus après une modification de la dose. Cependant, les groupes de patients cliniquement importants n'étaient pas inclus dans l'étude pivot, y compris ceux présentant une fraction d'éjection du ventricule gauche (FEVG) inférieure à la limite inférieure institutionnelle de la normale ou inférieure à 50 %, une insuffisance cardiaque congestive symptomatique de classe 2 ou plus selon la classification NYHA (New York Heart Association), un QTcF > 450 msec, une hypertension non contrôlée ≥ grade 2, une insuffisance hépatique importante, ainsi que les patients atteints d'une pathologie rétinienne détectée à l'examen ophtalmologique et considérée comme un facteur de risque d'un décollement de la rétine neurosensorielle, d'une occlusion veineuse de la rétine ou d'une dégénérescence maculaire néovasculaire. Des mises en garde concernant les risques de dysfonctionnement du ventricule gauche, d'hémorragie (y compris d'hémorragie majeure), de rétinopathie séreuse et d'occlusion veineuse de la rétine sont incluses dans un encadré sur les mises en garde et précautions importantes dans la monographie de produit de Cotellic. Cet encadré contient également des mises en garde indiquant que Cotellic n'a pas été étudié chez les patients atteints d'une insuffisance hépatique modérée ou sévère, que Cotellic ne devrait pas être utilisé en concomitance avec un inhibiteur puissant ou modéré du cytochrome P450 (CYP) 3A, et que Cotellic en association avec le vémurafénib devrait être prescrit et supervisé par un médecin qualifié ayant l'expérience de l'administration d'agents anticancéreux.

Hoffmann-La Roche Limited a présenté à Santé Canada un plan de gestion des risques (PGR) relatifs à Cotellic. Après examen, un PGR révisé a été demandé. Le PGR est destiné à décrire les problèmes d'innocuité connus ou possibles, à présenter le plan de surveillance prévu et, le cas échéant, à décrire les mesures qui seront mises en place pour réduire les risques liés au produit.

Santé Canada a examiné le rapport sur les produits à présentation et à consonance semblables soumis par le promoteur, et le nom proposé pour le produit pharmaceutique a été accepté.

L'efficacité de Cotellic en association avec du vémurafénib est étayée par un profil d'innocuité gérable. Des stratégies d'atténuation des risques ont été intégrées à la monographie de produit de Cotellic afin de communiquer les principaux problèmes d'innocuité observés, de fournir des directives concernant la surveillance et les analyses en laboratoire, et d'offrir des directives complètes concernant les modifications posologiques liées aux événements indésirables. Un étiquetage approprié est en place pour communiquer la possibilité d'interactions médicamenteuses cliniquement significatives avec les inhibiteurs du CYP3A et les données limitées pour établir l'utilisation sécuritaire chez les patients atteints d'insuffisance hépatique.

D'après les données examinées, l'évaluation des avantages et des risques est jugée positive. L'efficacité du produit a été démontrée et la toxicité est jugée tolérable et gérable. L'association de Cotellic et de vémurafénib représente un nouvel ajout efficace aux options thérapeutiques actuellement autorisées pour les patients atteints d'un mélanome avancé porteurs d'une mutation BRAF.

Cette présentation de drogue nouvelle répond aux exigences des articles C.08.002 et C.08.005.1; par conséquent, Santé Canada a émis l'avis de conformité prévu à l'article C.08.004 du Règlement sur les aliments et drogues. Pour de plus amples renseignements, veuillez consulter les sections Motifs de décision d'ordre clinique, non clinique et qualitatif (caractéristiques chimiques et fabrication).

 

3 Quelles sont les étapes qui ont mené à l'autorisation de Cotellic?

 

Le promoteur a déposé une demande d'évaluation prioritaire en vertu de la Politique sur l'évaluation prioritaire concernant la présentation de drogue nouvelle (PDN) relative à Cotellic. Santé Canada a effectué une évaluation afin de déterminer si les données fournies sont suffisantes pour montrer que le produit procure :

  1. un moyen de traiter, prévenir ou diagnostiquer efficacement une maladie ou une condition pour laquelle aucun médicament n'est actuellement commercialisé au Canada; ou
  2. une hausse considérable de l'efficacité ou une baisse importante du risque, de sorte que le médicament affiche un rapport global avantages/risques supérieur à celui des produits thérapeutiques, préventifs et diagnostiques actuels pour une maladie ou une condition qui ne peut être traitée adéquatement par aucun médicament commercialisé au Canada.

Les résultats sur l'efficacité issus de l'étude pivot n'ont pas montré d'amélioration significative sur le plan de l'efficacité par rapport aux traitements existants. En outre, les données sur l'innocuité présentées n'ont pas montré de diminution significative du risque par rapport aux autres options thérapeutiques existantes. Santé Canada a donc jugé que la présentation ne remplissait pas les critères de l'évaluation prioritaire, et la demande a été rejetée. La présentation a ensuite été déposée et examinée comme une PDN normale.

 

Étapes importantes de la présentation: Cotellic

Étape importante de la présentation Date
Demande de traitement prioritaire  
Déposée : 2015-01-16
Rejetée/approuvée par la Directrice, Bureau du métabolisme, de l'oncologie et des sciences de la reproduction : 2015-02-20
Dépôt de la présentation : 2015-03-12
Examen préliminaire  
Lettre d'acceptation à l'issue de l'examen préliminaire : 2015-04-29
Examen  
Évaluation biopharmaceutique terminée : 2016-01-06
Évaluation de la qualité terminée : 2016-02-19
Évaluation clinique terminée : 2016-02-20
Délivrance de l'Avis de conformité par la Directrice Générale, Direction des produits thérapeutiques : 2016-02-22

 

La décision réglementaire canadienne portant sur l'examen clinique et non clinique de Cotellic est fondée sur une évaluation critique du dossier de données canadiennes. Les examens effectués à l'étranger par la Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis ont servi de références supplémentaires.

Pour de plus amples renseignements sur le processus de présentation de drogue, consultez la Ligne directrice de l'industrie : gestion des présentations de drogues.

 

4 Quelles mesures de suivi le promoteur prendra-t-il?

 

Les exigences en matière d'activités post-commercialisation sont décrites dans la Loi sur les aliments et drogues et le Règlement connexe.

 

6 Quels sont les autres renseignements disponibles à propos des médicaments?

 

Pour obtenir des renseignements à jour sur les produits pharmaceutiques, veuillez suivre les liens suivants :

 

7 Quelle est la justification scientifique sur laquelle s'est fondé Santé Canada?
7.1 Motifs cliniques de la décision

 

Pharmacologie clinique

Le programme de pharmacologie clinique relatif à Cotellic comprend des rapports sur les études pharmacodynamiques et pharmacocinétiques menées chez les sujets humains. Les données pharmacologiques cliniques appuient l'usage de Cotellic pour l'indication proposée.

Cotellic (cobimétinib) est un inhibiteur réversible de la protéine kinase activée par des agents mitogènes (MAPK) et des kinases régulées par le signal extracellulaire MEK1 et MEK2. Les protéines MEK sont des régulateurs en amont de la voie ERK (extracellular signal-regulated kinase), qui favorise la prolifération cellulaire. Les études in vitro ont montré que le cobimétinib inhibe les protéines MEK1 et MEK2, avec des concentrations inhibitrices médianes (CI50) de 0,95 nM et 199 nM, respectivement.

Les principales voies de métabolisme du cobimétinib sont l'oxydation par les enzymes cytochromes P450 (CYP) CYP3A4 et CYP3A5, et la glucuronidation par l'enzyme UGT2B7 (UDP-Glucuronosyltransferase 2 Family, Polypeptide B7). Il existe donc des possibilités d'interactions médicamenteuses entre le cobimétinib et les modulateurs de CYP3A. L'administration concomitante de cobimétinib et d'itraconazole (un inhibiteur puissant du CYP3A) a entraîné une augmentation importante de l'exposition au cobimétinib (de 6,7 fois). Les inhibiteurs puissants et modérés du CYP3A ont un effet cliniquement significatif sur l'augmentation de l'exposition au cobimétinib, ils ne devraient pas être utilisés en concomitance avec Cotellic. Un avertissement approprié est indiqué dans un encadré sur les mises en garde et précautions importantes dans la monographie de produit de Cotellic.

Les résultats des études semblent également indiquer que les inducteurs puissants et modérés du CYP3A, comme la rifampicine et l'éfavirenz, peuvent réduire l'exposition systémique au cobimétinib de 83 % et de 72 %, respectivement. La coadministration de cobimétinib et d'inducteurs puissants ou modérés du CYP3A doit donc être évitée.

La pharmacocinétique du cobimétinib n'a pas été étudiée chez les patients atteints d'une insuffisance hépatique modérée ou sévère, c'est pourquoi aucune recommandation posologique n'a été déterminée pour Cotellic chez ces patients. Le cobimétinib étant métabolisé et éliminé par le foie, les patients atteints d'insuffisance hépatique peuvent subir une exposition accrue. Une précaution d'emploi indiquant que Cotellic n'a pas été étudié chez les patients atteints d'une insuffisance hépatique modérée ou sévère est incluse dans l'encadré de mises en garde et précautions importantes de la monographie de produit de Cotellic.

Le promoteur a présenté les résultats d'une étude sur l'effet des aliments, laquelle comparait la biodisponibilité d'un prototype de la formulation commerciale de Cotellic en comprimé suite à son administration à jeun et après un repas à teneur élevée en lipides chez des sujets sains volontaires. Il existe des différences entre les excipients présents dans le prototype de Cotellic utilisé dans cette étude et la formulation commerciale finale des comprimés. Toutefois, la formulation commerciale de Cotellic a été utilisée dans l'étude clinique pivot de phase III, dans laquelle le produit a été administré sans égard à l'alimentation, conformément aux instructions d'administration qui figurent dans la monographie de produit de Cotellic. Les résultats de l'étude sur l'effet des aliments respectent les normes de bioéquivalence, montrant que la vitesse et l'envergure de l'absorption du cobimétinib sont sensiblement les mêmes lorsque le prototype de comprimé de Cotellic est administré à jeun et après un repas à teneur élevée en lipides.

Pour obtenir des renseignements supplémentaires, consultez la monographie de produit Cotellic approuvée par Santé Canada et accessible par l'intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.

Efficacité clinique

L'efficacité clinique de Cotellic, en association avec le vémurafénib, pour le traitement des adultes atteints d'un mélanome non résécable ou métastatique porteurs d'une mutation BRAF V600 a été examinée dans le cadre d'une étude pivot de phase III, GO28141 (coBRIM), et d'une étude de phase Ib à l'appui, NO25395 (BRIM7). Les données cliniques appuyant l'efficacité de Cotellic en monothérapie se limitent à un nombre réduit de patients atteints d'un mélanome avancé traités dans le cadre d'une étude de phase I. Aucune autre étude n'est prévue sur le produit en monothérapie, et la monothérapie est déconseillée pour le traitement des patients atteints d'un mélanome avancé.

L'étude G028141 était une étude de phase III internationale, multicentrique, randomisée (1:1), à double insu et contrôlée par placebo menée auprès de patients atteints d'un mélanome non résécable localement avancé ou métastatique en présence d'une mutation BRAF V600. Les patients admissibles ont été répartis aléatoirement afin de recevoir Cotellic en association avec le vémurafénib (nombre de patients [n] = 247) ou bien le placebo en association avec le vémurafénib (n = 248). Le groupe Cotellic plus vémurafénib a reçu 60 mg de Cotellic une fois par jour du 1er au 21e jour de chaque cycle de traitement de 28 jours et 960 mg de vémurafénib deux fois par jour du 1er au 28e jour. Le groupe placebo plus vémurafénib a reçu le placebo une fois par jour du 1er au 21e jour de chaque cycle de traitement de 28 jours et 960 mg de vémurafénib deux fois par jour du 1er au 28e jour.

Globalement, les caractéristiques pathologiques des patients en début d'étude et démographiques étaient réparties de façon équilibrée entre les deux groupes de traitement. Au début de l'étude, les principales caractéristiques étaient les suivantes : 58 % des patients étaient des hommes; 93 % se sont déclarés de race blanche; l'âge médian était de 55 ans (patients entre 23 et 88 ans); 60 % présentaient un mélanome métastatique de stade M1c; 72 % présentaient un indice de performance ECOG (Eastern Cooperative Oncology Group) de 0 et 28 % un indice de 1; le taux sérique de lacticodéshydrogénase était élevé chez 45 % des patients; un traitement adjuvant antérieur avait été administré chez 10 % des patients; moins de 1 % des patients présentaient des métastases au cerveau précédemment traitées.

Le traitement a été poursuivi jusqu'à la progression de la maladie, au décès, à l'apparition d'une toxicité inacceptable ou bien au retrait du consentement (selon la première éventualité). Les patients du groupe placebo plus vémurafénib n'étaient pas autorisés à passer dans le groupe Cotellic plus vémurafénib en cas de progression de la maladie.

Le paramètre primaire d'efficacité était la survie sans progression (SSP), évaluée par le chercheur en utilisant les critères RECIST (Response Evaluation Criteria In Solid Tumors), version 1.1. Les paramètres secondaires d'efficacité étaient notamment la survie globale (SG), le taux de réponse objective (TRO) et la SSP évaluée à l'insu par un comité d'examen indépendant. L'état de santé général et la qualité de vie liée à la santé rapportés par le patient ont également été utilisés comme paramètres secondaires d'efficacité. Ce paramètre a été mesuré dans chaque groupe de traitement à l'aide du questionnaire sur la qualité de vie QLQ-C30 de l'EORTC (European Organisation for Research on the Treatment of Cancer).

En association avec le vémurafénib, Cotellic a produit une augmentation significative de la SSP (selon le chercheur), avec un rapport des risques de 0,51 (intervalle de confiance [IC] à 95 % : 0,39-0,68, p< 0,0001). La SSP (selon le chercheur) était de 9,9 mois dans le groupe Cotellic plus vémurafénib, contre 6,2 mois dans le groupe placebo plus vémurafénib. Cet effet a été confirmé par l'analyse de la SSP effectuée par le comité d'examen indépendant. Le bienfait pour la SSP (selon le chercheur) offert par Cotellic associé au vémurafénib a été observé dans les sous-groupes prédéfinis avec mutations BRAF V600 (V600E et V600K).

Le TRO (réponse complète ou partielle) était de 67,6 % chez les patients du groupe Cotellic plus vémurafénib, contre 44,8 % dans le groupe placebo plus vémurafénib. Une analyse intermédiaire prédéfinie de la SG a été effectuée lors de l'analyse primaire de la SSP. La SG médiane n'a été atteinte dans aucun des groupes de traitement, et l'analyse n'a pas dépassé le seuil prédéfini de signification statistique. Aucun changement cliniquement significatif n'a été démontré sur le plan de la qualité de vie entre les deux groupes de traitement.

L'étude NO25395 était destinée à évaluer l'innocuité, la tolérabilité, la pharmacocinétique et l'efficacité de Cotellic en association avec le vémurafénib pour le traitement des patients atteints d'un mélanome non résécable ou métastatique porteurs d'une mutation BRAF V600. Un total de 129 patients ont participé à cette étude, dont 63 étaient naïfs de traitement par inhibiteur de BRAF (naïfs d'inhibiteur de BRAF) et 66 avaient connu une progression de la maladie durant un traitement antérieur par vémurafénib. Les patients naïfs d'inhibiteur de BRAF ont obtenu un TRO de 87 %, avec un taux de réponse complète de 10 % des patients et une SSP médiane de 13,7 mois. Les patients ayant connu une progression avec le vémurafénib ont obtenu un TRO de 15 % (réponses partielles pour tous) et une SSP médiane de 2,8 mois. En tout, 66 patients de cette étude ont été traités selon la dose et le schéma recommandés, dont 39 étaient naïfs d'inhibiteur de BRAF et 27 avaient connu une progression avec le vémurafénib. Dans ce sous-groupe, les patients naïfs d'inhibiteur de BRAF ont atteint un TRO de 85 % et une SSP de 12,7 mois, tandis que ceux ayant connu une progression avec le vémurafénib ont obtenu un TRO de 26 % et une SSP de 2,8 mois.

Limites de l'efficacité

Les données cliniques à l'appui de l'efficacité de Cotellic en association avec le vémurafénib chez les patients porteurs d'une mutation BRAF V600K sont limitées, et l'on ne dispose pas de données cliniques pour les mutations BRAF V600 moins courantes. Ce manque de données est communiqué dans la section Indications et utilisation clinique de la monographie de produit de Cotellic; on considère toutefois qu'il est raisonnable d'inclure toutes les mutations BRAF V600 (V600E, V600K et autres mutations rares) dans l'indication.

Les patients présentant des lésions actives du système nerveux central étaient exclus de l'étude de phase III, et moins de 1 % des patients inscrits avaient des métastases cérébrales traitées antérieurement. Une étude sur la répartition dans les tissus menée chez le rat a montré de faibles taux de cobimétinib dans les tissus du système nerveux central protégés par la barrière hémato-encéphalique. En conséquence, une mise en garde figure dans la monographie de produit de Cotellic indiquant que le produit est déconseillé chez les patients atteints d'un mélanome à mutation BRAF V600 présentant des métastases cérébrales actives non traitées.

Aucun patient atteint d'un mélanome malin non cutané n'était inscrit dans les études cliniques. Ce type de mélanome est toutefois rare et on peut s'attendre à observer une activité biologique similaire chez ces patients.

L'efficacité de l'ajout de Cotellic chez les patients ayant connu une progression durant un traitement par vémurafénib n'a pas été établie. Les résultats d'efficacité obtenus dans l'étude de phase Ib N025395 ont montré moins de réponses et une SSP plus courte dans le sous-groupe ayant connu une progression avec le vémurafénib par rapport au groupe naïf d'inhibiteur de BRAF. En outre, de par la conception de l'étude pivot de phase III G028141, les patients ayant connu une progression durant un traitement antérieur par un inhibiteur de BRAF étaient exclus, et les patients du groupe vémurafénib plus placebo n'étaient pas autorisés à passer au groupe vémurafénib plus Cotellic lors de la progression de la maladie. Par conséquent, les données sur l'efficacité de l'étude de phase 1b ne sont pas incluses dans la monographie de produit de Cotellic.

Indication

Le promoteur a proposé l'indication suivante :

Cotellic (cobimétinib) est indiqué en association avec Zelboraf (vémurafénib) pour le traitement des patients atteints d'un mélanome non résécable ou métastatique porteurs d'une mutation BRAF V600.

Chez les patients traités par Cotellic en association avec Zelboraf, il faut confirmer que le mélanome est positif pour la mutation BRAF V600 à l'aide d'un test validé.

Santé Canada a recommandé l'indication suivante de manière à communiquer des limites supplémentaires concernant l'utilité et les situations où l'utilisation du produit n'est pas appropriée sur le plan thérapeutique.

Cotellic (cobimétinib) est indiqué en association avec le vémurafénib pour le traitement des patients atteints d'un mélanome non résécable ou métastatique porteurs d'une mutation BRAF V600.

Avant d'amorcer un traitement par Cotellic en association avec le vémurafénib, il faut confirmer que le mélanome est positif pour la mutation BRAF V600 à l'aide d'un test validé.

L'efficacité de Cotellic en association avec le vémurafénib est fondée sur les résultats relatifs à la survie sans progression et au taux de réponse objective. La prolongation de la survie globale n'a pas été démontrée.

Les données cliniques corroborant l'efficacité de Cotellic en association avec le vémurafénib en présence d'une mutation BRAF V600K sont limitées. On ne dispose pas de données cliniques sur les autres mutations BRAF V600 moins courantes.

Il n'existe pas de données cliniques corroborant l'efficacité de Cotellic en association avec le vémurafénib chez des patients atteints d'un mélanome malin non cutané.

Pour de plus amples renseignements, consultez la monographie de produit Cotellic approuvée par Santé Canada et accessible par l'intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.

Innocuité clinique

L'innocuité clinique de Cotellic, en association avec le vémurafénib, selon la dose et le schéma recommandés, repose principalement sur les données provenant de l'étude pivot de phase III GO28141 dans la population d'innocuité (n = 254). Pour les patients du groupe Cotellic et vémurafénib, la durée médiane de l'exposition à Cotellic était de 179 jours et la durée médiane de l'exposition au vémurafénib était de 183 jours. L'étude de phase Ib N025395 a fourni des données sur l'innocuité à l'appui. Les deux études sont décrites dans la partie Efficacité clinique.

Globalement, le profil d'innocuité de Cotellic en association avec le vémurafénib était tolérable et les événements indésirables (EI) étaient gérables à l'aide de modifications posologiques ou de soins de soutien. Dans l'étude GO28141, les EI les plus courants (≥ 20 %) s'étant produits plus fréquemment dans le groupe Cotellic plus vémurafénib étaient la diarrhée, les éruptions cutanées, les nausées, l'élévation des taux sanguins de créatine phosphokinase (CPK), les réactions de photosensibilité, la pyrexie, l'élévation des taux d'alanine transaminase (ALT) et d'aspartate aminotransférase (AST), ainsi que les vomissements. La diarrhée était l'EI le plus fréquent chez les patients recevant Cotellic plus vémurafénib. La majorité des EI étaient de grade 1 ou 2; les événements de grade 3 ou 4 étaient moins courants et généralement pris en charge adéquatement en suivant les directives de modification posologique. Peu de patients ont connu des EI de grade 5, et pour la plupart d'entre eux, la maladie sous-jacente était jugée comme un facteur contributif. On a relevé des événements indésirables ayant conduit à l'arrêt permanent de l'ensemble chez 10,6 % des patients recevant Cotellic plus vémurafénib, contre 7,1 % des patients ayant reçu le placebo plus vémurafénib. Des événements indésirables ont entraîné une interruption ou une réduction du traitement d'association chez 42,1 % des patients ayant reçu Cotellic plus vémurafénib, contre 32,6 % du groupe ayant reçu le placebo plus vémurafénib.

L'ajout de Cotellic au traitement par vémurafénib a atténué l'apparition de lésions cutanées secondaires, comme les carcinomes à cellules squameuses et les kératoacanthomes, qui sont des toxicités bien connues liées à l'usage des inhibiteurs de BRAF à un seul agent comme le vémurafénib. Bien que la fréquence des carcinomes à cellules squameuses et des kératoacanthomes ait diminué, l'incidence des carcinomes basocellulaires a toutefois augmenté. L'apparition d'un deuxième mélanome primaire était peu courante, mais plus fréquente que dans le groupe placebo plus vémurafénib.

On a constaté une plus grande fréquence d'événements de rétinopathie séreuse et de troubles visuels, d'élévation du taux de CPK et de réduction de la fraction d'éjection du ventricule gauche dans le groupe Cotellic plus vémurafénib que dans le groupe placebo plus vémurafénib, tous ces effets étant connus avec les inhibiteurs de MEK. L'utilisation de Cotellic peut également entraîner une rhabdomyolyse. Une occlusion veineuse de la rétine, un effet observé avec d'autres inhibiteurs de MEK et avec le vémurafénib, a été rapportée par un seul patient dans chacun des groupes de traitement.

L'incidence de photosensibilité sévère, d'éruptions cutanées et d'anomalies hépatiques dans les analyses de laboratoire (hépatotoxicité) était plus élevée dans le groupe Cotellic plus vémurafénib que dans le groupe placebo plus vémurafénib.

L'hypertension et la fibrillation auriculaire étaient également des réactions indésirables aux médicaments cliniquement significatives. La fréquence de l'allongement de l'intervalle QT était comparable dans les deux groupes de traitement, tout comme la fréquence des événements d'allongement du QTc de grade ≥ 3.

Les événements d'hémorragie (incluant des hémorragies majeures) étaient définis comme des saignements symptomatiques touchant une zone ou un organe critique; ils étaient plus fréquents dans le groupe Cotellic plus vémurafénib. Dans l'étude de phase III, 1,6 % des patients du groupe Cotellic plus vémurafénib ont connu un événement hémorragique de grade 3 à 5, contre 0,4 % dans le groupe placebo plus vémurafénib.

Des événements sévères d'hypersensibilité de grade 3 ont été rapportés chez 1,2 % des patients ayant reçu Cotellic plus vémurafénib, comparativement à pas de tels événements des patients du groupe placebo plus vémurafénib.

Par rapport aux patients de moins de 65 ans, les patients de 65 ans et plus ont connu davantage d'EI ayant conduit à l'arrêt du traitement ou à une modification posologique. On ne peut exclure la possibilité que certaines personnes âgées présentent une plus grande sensibilité.

Aucune étude complète sur le QT n'a été effectuée. Cotellic entraîne une baisse du rythme cardiaque et une augmentation de l'intervalle PR et de la durée du complexe QRS. Dans une étude ouverte de phase I, non randomisée, à doses croissantes et de prolongation portant sur l'innocuité et la pharmacocinétique, 20 patients atteints d'un cancer ont reçu 60 mg/jour de Cotellic selon des cycles de 28 jours (21 jours de traitement suivis de 7 jours sans traitement). Des mesures en série à l'électrocardiogramme (ECG) ont été réalisées au jour 21 (avant l'administration de la dose et après 1,5 h, 3 h et 6 h) du cycle 1 chez 13 de ces patients. Chacune des mesures prises le jour 21 du cycle 1 a montré une réduction statistiquement significative du rythme cardiaque par rapport à la valeur avant le traitement, avec une diminution moyenne maximale de -10,7 bpm 1,5 h après l'administration de la dose. On a également constaté des augmentations moyennes statistiquement significatives par rapport aux valeurs initiales de l'intervalle PR et de la durée du complexe QRS, lors de toutes les mesures du jour 21. L'augmentation moyenne maximale de l'intervalle PR était de 15,0 msh après l'administration de la dose, et celle de la durée du complexe QRS était de 5,8 ms 1,5 h après l'administration de la dose. En ce qui concerne l'intervalle QTcF, l'augmentation moyenne maximale était de 1,2 ms par rapport aux valeurs initiales. Compte tenu de ces constatations, la monographie de produit de Cotellic a été modifiée de manière à communiquer que la prudence est de mise chez les patients qui présentent des troubles cardiaques concomitants ou qui prennent des médicaments ayant un effet sur le rythme cardiaque ou les paramètres de l'ECG. Les intervalles cardiaques des patients devraient être évalués à l'électrocardiogramme avant d'amorcer le traitement et régulièrement au cours du traitement par Cotellic à l'état d'équilibre.

Globalement, Cotellic présente un profil d'innocuité tolérable et gérable. La monographie de produit approuvée de Cotellic présente les mises en garde et les mesures de précaution appropriées concernant les problèmes d'innocuité relevés. Des mises en garde concernant les risques de dysfonctionnement du ventricule gauche, d'hémorragie (y compris d'hémorragie majeure), de rétinopathie séreuse et d'occlusion veineuse de la rétine sont incluses dans un encadré sur les mises en garde et précautions importantes. Cet encadré contient également des mises en garde indiquant que Cotellic n'a pas été étudié chez les patients atteints d'une insuffisance hépatique modérée ou sévère, que Cotellic ne devrait pas être utilisé en concomitance avec un inhibiteur puissant ou modéré du cytochrome P450 (CYP) 3A, et que Cotellic en association avec le vémurafénib devrait être prescrit et supervisé par un médecin qualifié ayant l'expérience de l'administration d'agents anticancéreux. En vue d'atténuer les risques, la partie Surveillance et épreuves de laboratoire de la monographie de produit de Cotellic fournit des conseils concernant la surveillance des patients qui reçoivent Cotellic, tandis que la partie Posologie et administration indique des recommandations de modification posologique en cas d'utilisation de médicaments concomitants ou de réaction indésirable au médicament.

Pour de plus amples renseignements, consultez la monographie de produit Cotellic approuvée par Santé Canada et accessible par l'intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.

 

 

 

7.2 Motifs non cliniques de la décision

 

En vue de l'examen non clinique, le promoteur a présenté des études pharmacologiques non cliniques, pharmacologiques d'innocuité, pharmacocinétiques, sur la toxicologie générale et génétique, sur la toxicologie pour le développement ainsi que des études sur la phototoxicité.

Les études in vitro ont montré que le cobimétinib est un inhibiteur sélectif des kinases MEK1 et MEK2. On a constaté qu'in vitro, l'association du cobimétinib et du vémurafénib produit une inhibition synergique de la prolifération des lignées cellulaires du mélanome en présence de la mutation BRAF V600E, et in vivo, elle augmente l'inhibition de la croissance tumorale par rapport au traitement par l'un ou l'autre de ces inhibiteurs seuls.

Le cobimétinib étant métabolisé par le CYP3A, l'utilisation concomitante de Cotellic et de médicaments qui inhibent fortement ou modérément le CYP3A peut accroître l'exposition au cobimétinib. La monographie de produit de Cotellic présente les mises en garde et les précautions appropriées concernant ce problème d'innocuité. Le cobimétinib est un substrat de la pompe d'efflux glycoprotéine-P (gp-P). La monographie de produit de Cotellic indique que l'utilisation concomitante de Cotellic et de médicaments qui inhibent la gp-P peut accroître les concentrations plasmatiques de cobimétinib.

Le profil toxicologique non clinique de Cotellic a été adéquatement caractérisé dans les études non cliniques pour appuyer l'indication clinique proposée. Une dose-effet à forte pente a été constatée chez les animaux. Dans les études toxicologiques non cliniques, le cobimétinib a produit une forte toxicité systémique chez les animaux. On a constaté une mortalité chez les rats et les chiens à des expositions plasmatiques inférieures à celles observées chez l'humain. Les toxicités primaires non cliniques comprenaient une dégénérescence de plusieurs organes chez le rat et une dégénérescence gastro-intestinale chez le chien. Ces constatations étaient généralement réversibles après l'arrêt de l'administration de cobimétinib et elles sont jugées gérables sur le plan clinique. Le cobimétinib présente également un potentiel de toxicité embryofœtale et de réduction de la fertilité; par conséquent, les grossesses doivent être évitées durant un traitement par cobimétinib. Le cobimétinib ne s'est pas révélé génotoxique et a montré un faible potentiel de phototoxicité ou d'effets cardiovasculaires, neurocomportementaux ou respiratoires chez les patients. Dans une étude toxicologique non clinique, on a observé une mortalité chez de jeunes rats d'un âge équivalent à un ou deux ans chez l'humain avec des taux d'exposition inférieurs à ceux rapportés chez les adultes humains recevant la dose recommandée de 60 mg; la cause de cette mortalité n'a pas été déterminée.

Les résultats des études non cliniques ainsi que les risques pour l'être humain ont été ajoutés dans la monographie de produit de Cotellic. À la lumière de l'utilisation prévue de Cotellic, la présentation n'indique aucun problème pharmacologique ou toxicologique qui empêcherait l'autorisation du produit.

Pour de plus amples renseignements, consultez la monographie de produit Cotellic approuvée par Santé Canada et accessible par l'intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.

 

7.3 Motifs d'ordre qualitatif

 

L'information soumise sur les caractéristiques chimiques et la fabrication de Cotellic montre que la substance médicamenteuse et le produit pharmaceutique peuvent être fabriqués de façon à répondre systématiquement aux spécifications approuvées. Des études appropriées sur l'élaboration et la validation ont été menées, et des contrôles adéquats sont en place pour la commercialisation. Les modifications apportées au procédé de fabrication et à la formulation tout au long de l'élaboration du produit pharmaceutique sont jugées acceptables. D'après les données sur la stabilité présentée, la durée de conservation proposée de 24 mois entre 15 et 30 °C est jugée acceptable.

On estime que les limites proposées concernant les impuretés liées au médicament ont été raisonnablement qualifiées, c'est-à-dire qu'elles se situent dans les limites établies par l'International Council for Harmonisation (l'ICH) et/ou qu'elles sont qualifiées à partir d'études toxicologiques.

Toutes les installations participant à la production sont conformes aux bonnes pratiques de fabrication.

Tous les ingrédients non médicinaux (excipients) présents dans le produit pharmaceutique sont autorisés en vertu du Règlement sur les aliments et drogues pour un usage dans les médicaments.

Les excipients entrant dans la fabrication du produit fini ne sont d'origine ni humaine, ni animale, à l'exception du lactose monohydraté, qui provient d'un lait de vache. Le promoteur a présenté des renseignements sur l'innocuité montrant que le lactose monohydraté est adéquat et qu'il est jugé propre à la consommation humaine.