Sommaire des motifs de décision portant sur Eperzan

Décisions d'examen

Le sommaire des motifs de décision explique les raisons pour lesquelles un produit a reçu une autorisation de vente au Canada. Le document comprend les considérations portant sur la réglementation, l’innocuité, l’efficacité et la qualité (sur le plan de la chimie et de la fabrication).


Type de produit:

Médicament
  • Ce document est une traduction française du document anglais approuvé.

Les sommaires des motifs de décision (SMD) présentent des renseignements sur l'autorisation initiale d'un produit. Le SMD portant sur Eperzan est accessible ci-dessous.

Activité récente relative à Eperzan

Les SMD relatifs aux médicaments autorisés après le 1er septembre 2012 seront mis à jour afin d'inclure des renseignements sous forme de tableau des activités postautorisation (TAPA). Le TAPA comprendra de brefs résumés d'activités telles que la présentation de demandes de nouvelles utilisations, ainsi que les décisions de Santé Canada (positives ou négatives). Les TAPA seront mis à jour régulièrement en ce qui a trait aux activités postautorisation tout au long du cycle de vie du produit.

Tableau des activités postautorisation (TAPA) portant sur Eperzan

Mise à jour :

2018-05-22

Le tableau suivant décrit les activités postautorisation menées à l’égard d’Eperzan, un produit dont l’ingrédient médicinal est albiglutide. Pour en savoir plus sur le type de renseignements présentés dans les TAPA, veuillez consulter la Foire aux questions : Phase II du projet de sommaires des motifs de décision (SMD) et à la liste des abréviations qui se trouvent dans les TAPA.

Pour de plus amples renseignements sur le processus de présentation de drogues, consultez le document intitulé Gestion des présentations de drogues.

Identifications numériques de drogue (DINs) :

  • DIN 02443635 – 30 mg/0,5 mL albiglutide, poudre pour solution, injection sous-cutanée
  • DIN 02443643 – 50 mg/0,5 mL albiglutide, poudre pour solution, injection sous-cutanée

Tableau des activités postautorisation (TAPA)

Type et numéro d'activité ou de présentationDate de présentationDécision et dateSommaire des activités
DINs (02443635, 02443643 annulés (avant commercialisation)Sans objetDate de cessation :
2017-10-24
Le fabricant a avisé Santé Canada que la vente du médicament a été suspendue avant la mise sur le marché. Santé Canada a annulé les DINs conformément à l'alinéa C.01.014.6(1)a) du Règlement sur les aliments et drogues.
PM Nº 1891942015-11-02Délivrance d'une Lettre de non-opposition
2016-02-05
Présentation déposée en tant que Niveau II (90 jours) - Préavis de modification (changements modérés concernant la qualité) afin de respecter plusieurs engagements liés à la qualité après la mise sur le marché. La présentation a été examinée et est considérée acceptable. Une Lettre de non-opposition a été délivrée.
PM Nº 1870162015-08-18Délivrance d'une Lettre de non-opposition
2015-11-17
Présentation déposée en tant que Niveau II (90 jours) - Préavis de modification (changements modérés concernant la qualité) afin de respecter plusieurs engagements liés à la qualité après la mise sur le marché. La présentation a été examinée et est considérée acceptable. Une Lettre de non-opposition a été délivrée.
PDN Nº 1651452015-05-24Délivrance d'un AC
2015-07-15
Délivrance d’un Avis de conformité relatif à une Présentation de drogue nouvelle.
Sommaire des motifs de décision (SMD) portant sur Eperzan

SMD émis le : 2015-10-08

L'information suivante concerne la présentation de drogue nouvelle pour Eperzan.

Albiglutide, 30 mg/0,5 mL et 50 mg/0,5 mL, poudre pour solution, injection sous-cutanée

Identification(s) numérique(s) de drogue(s):

  • DIN 02443635 - 30 mg/0,5 mL , poudre pour solution
  • DIN 02443643 - 50 mg/0,5 mL , poudre pour solution

GlaxoSmithKline Inc.

Présentation de drogue nouvelle, numéro de contrôle : 165145

Le 15 juillet 2015, Santé Canada a émis à l'intention de GlaxoSmithKline Inc. un avis de conformité pour le produit pharmaceutique Eperzan.

L'autorisation de mise sur le marché appuie sur l'information sur la qualité (chimie et fabrication), ainsi que les études non cliniques (pharmacologie et toxicologie) et cliniques présentées (innocuité et efficacité). Après avoir examiné les données reçues, Santé Canada estime que Eperzan a un profil avantages/risques favorable en administration hebdomadaire pour le traitement du diabète de type 2 de l'adulte en complément d'un régime alimentaire et de l'exercice physique pour améliorer le contrôle glycémique.

  • en monothérapie chez les patients insuffisamment contrôlés par le régime alimentaire et l'exercice physique seuls et pour lesquels la metformine est contre-indiquée ou n'est pas tolérée.
  • en association avec l'une des options thérapeutiques suivantes chez les patients dont le contrôle glycémique est insuffisant :
    • metformine, lorsque le régime alimentaire et l'exercice physique associés à la dose maximale tolérée de metformine ne permettent pas d'obtenir un contrôle glycémique adéquat;
    • metformine et sulfonylurée, lorsque le régime alimentaire et l'exercice physique associés à cette bithérapie (metformine et sulfonylurée) ne permettent pas d'obtenir un contrôle glycémique adéquat;
    • insuline basale avec traitements antidiabétiques par voie orale, lorsque le régime alimentaire et l'exercice physique associés à l'insuline basale (avec des antidiabétiques par voie orale) ne permettent pas d'obtenir un contrôle glycémique adéquat.

L'association d'Eperzan et d'insuline prandiale (à action rapide) n'a pas été étudiée.

1 Sur quoi l'autorisation porte-t-elle?

Eperzan, un antihyperglycémiant, a été autorisé en administration hebdomadaire pour le traitement du diabète de type 2 de l'adulte en complément d'un régime alimentaire et de l'exercice physique pour améliorer le contrôle glycémique.

  • en monothérapie chez les patients insuffisamment contrôlés par le régime alimentaire et l'exercice physique seuls et pour lesquels la metformine est contre-indiquée ou n'est pas tolérée.
  • en association avec l'une des options thérapeutiques suivantes chez les patients dont le contrôle glycémique est insuffisant :
    • metformine, lorsque le régime alimentaire et l'exercice physique associés à la dose maximale tolérée de metformine ne permettent pas d'obtenir un contrôle glycémique adéquat;
    • metformine et sulfonylurée, lorsque le régime alimentaire et l'exercice physique associés à cette bithérapie (metformine et sulfonylurée) ne permettent pas d'obtenir un contrôle glycémique adéquat;
    • insuline basale avec traitements antidiabétiques par voie orale, lorsque le régime alimentaire et l'exercice physique associés à l'insuline basale (avec des antidiabétiques par voie orale) ne permettent pas d'obtenir un contrôle glycémique adéquat.

L'association d'Eperzan et d'insuline prandiale (à action rapide) n'a pas été étudiée.

Eperzan ne devrait pas être utilisé chez les patients atteints de diabète de type 1 (anciennement désigné diabète insulino-dépendant) ou qui présentent une acidocétose diabétique.

Aucune modification du dosage n'est nécessaire pour les personnes âgées. Parmi le nombre total de patients ayant reçu Eperzan dans les études cliniques de phase III, 444 (19 %) étaient âgés de 65 ans ou plus et moins de 2 % étaient âgés de 75 ans ou plus. Globalement, aucune différence n'a été observée en matière d'efficacité et d'innocuité entre les patients âgés et les plus jeunes, mais on ne peut écarter la possibilité que certaines personnes âgées présenteraient une sensibilité plus importante au produit.

L'innocuité et l'efficacité d'Eperzan n'ont pas été établies chez les enfants de moins de 18 ans. Eperzan n'est pas indiqué chez les enfants.

Eperzan est contre-indiqué chez les patients qui présentent une hypersensibilité à ce produit, à un ingrédient de la formulation ou à un composant du contenant. Eperzan est également contre-indiqué chez les patients ayant des antécédents personnels ou familiaux de carcinome médullaire de la thyroïde (CMT) et chez les patients atteints de néoplasie endocrinienne multiple de type 2 (NEm2). En outre, Eperzan est contre-indiqué pendant la grossesse et chez les femmes qui allaitent.

Eperzan a été autorisé selon les conditions d'utilisation décrites dans la monographie de produit d'Eperzan, en tenant compte des risques potentiels associés à l'administration de ce produit pharmaceutique.

Eperzan (30 mg/0,5 mL et 50 mg/0,5 mL, albiglutide) se présente sous forme de stylo auto-injectable, prérempli et à usage unique, à administrer une fois par semaine. Chaque stylo contient une poudre lyophilisée d'albiglutide et une solution transparente de dilution qui sont conservés dans des compartiments séparés. Le stylo de 30 mg contient 40,3 mg d'albiglutide lyophilisé et 0,65 mL de diluant, destinés à fournir une dose de 30 mg dans un volume de 0,5 mL après reconstitution. Le stylo de 50 mg contient 67,0 mg d'albiglutide lyophilisé et 0,65 mL de diluant destinés à fournir une dose de 50 mg dans un volume de 0,5 mL après reconstitution. En plus de l'ingrédient médicinal, l'albiglutide, Eperzan contient également les excipients suivants : phosphate monosodique monohydraté, phosphate disodique anhydre, tréhalose dihydraté, mannitol, polysorbate 80 et eau pour injection. Eperzan ne contient aucun conservateur.

Pour de plus amples renseignements, veuillez consulter les sections Motifs d'ordre clinique, non clinique et qualitatif (caractéristiques chimiques et fabrication).

Pour obtenir des renseignements supplémentaires, consulter également la monographie de produit d'Eperzan approuvée par Santé Canada et accessible par l'intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.

2 Pourquoi Eperzan a-t-il été autorisé?

Santé Canada estime qu'Eperzan a un profil avantages/risques favorable, en administration hebdomadaire, au traitement du diabète de type 2 de l'adulte en complément d'un régime alimentaire et de l'exercice physique pour améliorer le contrôle glycémique.

  • en monothérapie chez les patients insuffisamment contrôlés par le régime alimentaire et l'exercice physique seuls et pour lesquels la metformine est contre-indiquée ou n'est pas tolérée.
  • en association avec l'une des options thérapeutiques suivantes chez les patients dont le contrôle glycémique est insuffisant :
    • metformine, lorsque le régime alimentaire et l'exercice physique associés à la dose maximale tolérée de metformine ne permettent pas d'obtenir un contrôle glycémique adéquat;
    • metformine et sulfonylurée, lorsque le régime alimentaire et l'exercice physique associés à cette bithérapie (metformine et sulfonylurée) ne permettent pas d'obtenir un contrôle glycémique adéquat;
    • insuline basale avec traitements antidiabétiques par voie orale, lorsque le régime alimentaire et l'exercice physique associés à l'insuline basale (avec des antidiabétiques par voie orale) ne permettent pas d'obtenir un contrôle glycémique adéquat.

Le fardeau croissant du diabète de type 2, tant sur le plan du nombre de patients que du coût lié au traitement des complications, est un problème bien connu. Le contrôle glycémique demeure l'un des éléments fondamentaux de la prise en charge des patients atteints de diabète, ainsi que la pression artérielle, les lipides et la gestion du poids. Malgré la gamme croissante d'agents disponibles pour réduire le glucose plasmatique, de nombreux patients ne parviennent pas à contrôler adéquatement leur glycémie; l'on a pu observer un changement dans le traitement du diabète en faveur d'une approche individualisée.

Les agonistes du récepteur de peptide-1 de type glucagon (R-P1TG) se sont révélés très efficaces pour améliorer le contrôle glycémique chez les patients atteints de diabète de type 2 tout en atténuant les risques d'hypoglycémie et de prise de poids qui sont souvent associés à d'autres traitements du diabète de type 2. Il reste toutefois dans cette classe de composés des possibilités afin d'améliorer la prise en charge du diabète de type 2 tout en diminuant les risques (connus ou nouveaux) associés aux agonistes du R-P1TG.

Eperzan s'est révélé efficace pour le traitement du diabète de type 2. L'autorisation de mise sur le marché repose principalement sur six études cliniques de phase III : l'étude GLP112753 (ou Harmony 3), l'étude GLP112757 (ou Harmony 5), l'étude GLP108486 (ou Harmony 6), l'étude GLP112754 (ou Harmony 4), l'étude GLP114179 (ou Harmony 7) et l'étude GLP114130 (ou Harmony 8). Ces six études de phase III portaient sur l'utilisation d'Eperzan en monothérapie chez des patients atteints d'insuffisance rénale et en traitement d'appoint avec d'autres antidiabétiques couramment prescrits comme la metformine, le glimépiride, la pioglitazone, le liraglutide, la sitagliptine et l'insuline basale. Le paramètre primaire d'efficacité dans les six études était la variation de l'hémoglobine glyquée (HbA1c) par rapport à la valeur initiale. Le délai avant l'évaluation de ce paramètre était compris entre 26 et 104 semaines, selon l'étude. Les résultats de ces études montrent une réduction de l'HbA1c par rapport aux valeurs initiales statistiquement supérieure avec Eperzan qu'avec la sitagliptine ou le glimépiride, qui atteint également le seuil prédéfini de non-infériorité (0,3 %) par rapport à l'insuline glargine et l'insuline lispro. Toutefois, Eperzan n'a pas atteint le seuil prédéfini de non-infériorité par rapport à la pioglitazone et au liraglutide.

Le profil d'innocuité d'Eperzan s'est révélé similaire à celui d'autres agonistes du R-P1TG commercialisés au Canada. Les réactions indésirables les plus courantes survenues chez ≥10 % des patients à 104 semaines avec Eperzan et plus fréquemment qu'avec les comparateurs (y compris le placebo) étaient la diarrhée, les nausées, les réactions au point d'injection, y compris des éruptions cutanées, des érythèmes ou des démangeaisons au point d'injection, ainsi que les infections des voies respiratoires supérieures.

L'un des principaux problèmes relevés lors de l'examen de l'innocuité de la présentation d'Eperzan était le risque potentiel de cancer de la thyroïde associé à l'utilisation du produit, comme pour d'autres agonistes du R-P1TG. Des tumeurs à cellules C de la thyroïde ont été observées dans le cadre d'études chez les animaux menées avec d'autres agonistes du R-P1TG à des doses cliniquement pertinentes. Bien que l'on ne puisse pas savoir avec certitude si Eperzan provoque des tumeurs à cellules C de la thyroïde, un encadré sur les mises en garde et précautions importantes a été ajouté dans la monographie de produit d'Eperzan, où le produit est contre-indiqué chez les patients ayant des antécédents personnels ou familiaux de carcinome médullaire de la thyroïde (CMT).

Les autres problèmes d'innocuité pertinents relevés comprennent des événements cardiovasculaires (augmentation du rythme cardiaque, allongement de l'intervalle PR et fibrillation auriculaire ou flutter auriculaire), des cas de pancréatite et des événements gastro-intestinaux. En outre, l'incertitude qui entoure le profil d'innocuité cardiovasculaire d'Eperzan est encore étudiée dans le cadre de l'étude des paramètres cardiovasculaires, en cours.

GlaxoSmithKline Inc. a présenté à Santé Canada un plan de gestion des risques (PGR) relativement à Eperzan. Après examen, ce PGR a été jugé acceptable. Le PGR est destiné à décrire les problèmes d'innocuité connus ou possibles, à présenter le plan de surveillance prévu et, s'il y a lieu, à décrire les mesures qui seront prises pour réduire les risques liés au produit.

Après évaluation des marques nominatives à présentation et à consonance semblables, le nom proposé d'Eperzan a été jugé acceptable.

Globalement, les avantages thérapeutiques observés dans les études pivots de phase III sur Eperzan, en association avec d'autres médicaments contre le diabète de type 2, ont permis d'obtenir des améliorations statistiquement et cliniquement significatives du contrôle glycémique chez les patients atteints de diabète de type 2 par rapport à la sitagliptine ou au glimépiride, et ils atteignent le seuil prédéfini de non-infériorité (0,3 %) par rapport à l'insuline glargine et l'insuline lispro. Toutefois, Eperzan n'a pas atteint le seuil prédéfini de non-infériorité par rapport à la pioglitazone et au liraglutide. Chez des patients atteints de diabète de type 2 et d'une insuffisance rénale à différents stades, Eperzan s'est révélé supérieur de façon statistiquement significative à la sitagliptine pour réduire l'HbA1c. De plus, d'après les données non cliniques et les études cliniques fournies, Eperzan présente un profil d'innocuité acceptable. Les problèmes d'innocuité relevés peuvent être gérés à l'aide de l'étiquetage et d'une surveillance appropriée. La monographie de produit d'Eperzan présente les mises en garde et les précautions appropriées concernant les problèmes d'innocuité relevés.

Cette présentation de drogue nouvelle répond aux exigences des articles C.08.002 et C.08.005.1; par conséquent, Santé Canada a émis l'avis de conformité prévu à l'article C.08.004 du Règlement sur les aliments et drogues. Pour de plus amples renseignements, veuillez consulter les sections Motifs d'ordre clinique, non clinique et qualitatif (caractéristiques chimiques et fabrication).

3 Quelles sont les étapes qui ont mené à l'autorisation de Eperzan?

Une présentation de drogue nouvelle (PDN) pour Eperzan a été déposée auprès de Santé Canada le 24 mai 2013. Au cours de l'examen de la présentation d'Eperzan, une préoccupation a été soulevée concernant le profil d'innocuité cardiovasculaire du produit étant donné qu'aucune évaluation adéquate des risques et avantages n'a pu être réalisée avec les renseignements fournis. Par conséquent, un avis d'insuffisance a été délivré le 7 mai 2014 au promoteur afin de demander des données supplémentaires sur toutes les études cliniques terminées et en cours depuis le dépôt de la PDN initiale en vue d'obtenir des données plus récentes pouvant contribuer à établir une évaluation plus complète des avantages et des risques. Dans le cadre de l'avis d'insuffisance, un résumé révisé de l'analyse des événements indésirables cardiovasculaires majeurs (EICM) intégrant ces nouvelles données a été exigé. En réponse à cet AI, le promoteur a présenté des renseignements et des données supplémentaires. Tous les problèmes indiqués dans l'AI étant gérés de façon satisfaisante, Santé Canada a délivré un avis de conformité le 15 juillet 2015.

Étapes importantes de la présentation: Eperzan

Étape importante de la présentationDate
Réunion préalable à la présentation :2011-07-14
Dépôt de la présentation :2013-05-24
Examen préliminaire 1
Lettre d'acceptation à l'issue de l'examen préliminaire :2013-07-19
Examen 1
Évaluation sur place :2014-03-17 - 2014-03-21
Évaluation de la qualité terminée :2014-05-07
Évaluation clinique terminée :2014-05-07
Examen de l'étiquetage terminé :2014-05-07
Avis d'insuffisance (ADI) émis par le directeur général (indiquant les lacunes sur le plan de l'innocuité) :2014-05-07
Réponse déposée :2014-08-21
Examen préliminaire 2
Lettre d'acceptation à l'issue de l'examen préliminaire :2014-09-18
Examen 2
Évaluation de la qualité terminée :2015-03-13
Évaluation clinique terminée :2015-05-15
Examen de l'étiquetage terminé :2015-07-09
Délivrance de l'Avis de conformité par le directeur général:2015-07-15

La décision réglementaire canadienne portant sur l'examen clinique et non clinique d'Eperzan est fondée sur une évaluation critique du dossier de données canadiennes.

Pour de plus amples renseignements sur le processus de présentation de drogue, consulter la Ligne directrice de l'industrie : gestion des présentations de drogues.

4 Quelles mesures de suivi le promoteur prendra-t-il?

Les exigences en matière d'activités post-commercialisation sont décrites dans la Loi sur les aliments et drogues et le Règlement connexe.

6 Quels sont les autres renseignements disponibles à propos des médicaments?

Pour obtenir des renseignements à jour sur les produits pharmaceutiques, veuillez suivre les liens suivants :

7 Quelle est la justification scientifique sur laquelle s'est fondé Santé Canada?
7.1 Motifs cliniques de la décision

Pharmacologie clinique

Eperzan est un agoniste du récepteur du peptide-1 de type glucagon (R-P1TG). Comme le P1TG endogène, Eperzan contribue à la régulation des concentrations de glucose postprandiale, dans le sang, en stimulant la sécrétion d'insuline induite par la glucose. Ceci résulte en une augmentation de l'utilisation du glucose par les tissus. Cette sécrétion d'insuline cesse lorsque les concentrations glycémiques baissent et s'approchent de l'euglycémie, c'est pourquoi Eperzan présente un faible potentiel intrinsèque d'hypoglycémie. Eperzan freine également la sécrétion de glucagon de façon dépendante au glucose, ce qui réduit la production de glucose hépatique. En outre, Eperzan ralentit la vidange gastrique, ce qui diminue la vitesse à laquelle le glucose postprandial entre dans la circulation.

Le programme de pharmacologie clinique comprend des rapports sur les études pharmacodynamiques et pharmacocinétiques menées chez l'humain. Les résultats de ces études appuient le schéma posologique proposé de 30 ou 50 mg administrés une fois par semaine. Les données pharmacocinétiques par population issues du programme de phase III, qui comportait des sujets de race blanche, des personnes noires ou afro-américaines, asiatiques, hispaniques et non hispaniques, semblent également indiquer qu'il n'est pas nécessaire de modifier la dose en fonction de l'âge, du sexe, de la race ou l'ethnicité, du poids ou de l'état de la fonction rénale. Eperzan n'a pas été étudié chez les personnes atteintes d'insuffisance hépatique, mais il est peu probable que les voies métaboliques des protéines de cette taille aient un quelconque effet sur l'élimination de l'albiglutide (l'ingrédient médicinal d'Eperzan).

Eperzan a été associé à une augmentation du rythme cardiaque, liée à la concentration. Après un traitement à doses répétées de 50 mg, l'augmentation du rythme cardiaque était comprise entre 6,0 et 7,8 battements par minute (bpm) au cours de la période de 24 heures examinée. Eperzan a également entraîné un allongement de l'intervalle PR. Le jour 4, après une seule dose de 30 mg d'Eperzan, la différence moyenne maximale par rapport au placebo se montait à 3,9 ms [intervalle de confiance (IC) à 90 % : 1,3, 6,5] après six heures. Le jour 39, lors d'un traitement à doses répétées de 50 mg d'albiglutide, la différence moyenne maximale par rapport au placebo était de 4,5 ms (IC à 90 % : 1,2, 7,8) après trois heures. En outre, un traitement à doses répétées de 50 mg d'Eperzan a causé une diminution de l'intervalle QTc, avec une réduction maximale de -3,7 ms (IC à 90 % :  -5,9, -1,5) après 12 heures. On ignore la signification clinique d'une diminution du QTc de cette magnitude acquise et attribuable au médicament.

Les études sur les interactions médicamenteuses n'ont montré aucune interaction pharmacocinétique ou pharmacodynamique cliniquement pertinente avec différents médicaments qui sont couramment administrés en concomitance.

Eperzan peut également être administré à toute heure de la journée, même sans manger.

Pour obtenir des renseignements supplémentaires, consulter la monographie de produit d'Eperzan approuvée par Santé Canada et accessible par l'intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.

Efficacité clinique

L'efficacité d'Eperzan a été évaluée principalement dans le cadre de six études cliniques de phase III : l'étude GLP112753 (ou Harmony 3), l'étude GLP112757 (ou Harmony 5), l'étude GLP108486 (ou Harmony 6), l'étude GLP112754 (ou Harmony 4), l'étude GLP114179 (ou Harmony 7) et l'étude GLP114130 (ou Harmony 8). Remarque : ces études seront désignées ci-après par le titre indiqué entre parenthèses.

Les six études cliniques de phase III étaient destinées à évaluer l'efficacité et l'innocuité des injections sous-cutanées hebdomadaires d'Eperzan chez un large éventail de patients atteints de diabète de type 2, en monothérapie ainsi qu'en traitement d'appoint à d'autres antidiabétiques couramment prescrits tels que la metformine, le glimépiride, la pioglitazone, le liraglutide, la sitagliptine et l'insuline basale. Le paramètre primaire d'efficacité dans les six études était la variation de l'hémoglobine glyquée (HbA1c) par rapport à la valeur initiale. Le délai avant l'évaluation de ce paramètre était compris entre 26 et 104 semaines.

Les six études de phase III ont examiné l'utilisation d'Eperzan à raison de 30 et 50 mg administrés une fois par semaine, et cinq des six études autorisaient l'augmentation facultative de la dose d'Eperzan de 30 à 50 mg une fois par semaine. Dans les études permettant cette augmentation facultative, les taux de glucose ayant déclenché cette augmentation de la dose étaient les mêmes avec Eperzan et avec les comparateurs par voie orale (ceux dont la dose pouvait également être augmentée). Toutes les études comportaient quatre périodes : une période de présélection et d'examen préliminaire de deux semaines, une période d'introduction du produit et de stabilisation de quatre semaines (de quatre à huit semaines dans l'étude Harmony 6 et de six à huit semaines dans l'étude Harmony 5), une période de traitement afin d'évaluer l'efficacité et l'innocuité du produit, et une période de suivi après le traitement de huit semaines (16 semaines dans l'étude Harmony 5).

Dans chaque étude, les critères d'inclusion et d'exclusion correspondaient à une population générale d'adultes atteints de diabète de type 2. L'âge des patients était compris entre 18 et 86 ans (moyenne : 56 ans); 51 % étaient des hommes, et l'indice de masse corporelle (IMC) moyen se montait à 32 kg/m2; la population de patients comprenait des personnes de race blanche (46 %), de race noire (14 %), asiatiques (13 %) et d'origines hispaniques ou latino-américaines (26 %). La plupart des patients avaient déjà reçu un traitement par un ou plusieurs antidiabétiques par voie orale, ou bien par  l'insuline. Les études comprenaient des patients atteints du diabète de type 2 depuis plus ou moins longtemps, en nombres égaux dans les catégories de durée suivantes : moins de cinq ans, entre cinq et dix ans et plus de dix ans.

En ce qui concerne la fonction rénale, le critère d'inclusion dans chaque étude exigeait que les patients répartis aléatoirement présentent une clairance de créatinine [taux de filtration glomérulaire estimé (TFGe)] > 60 mL/min, calculée selon la formule de Cockroft et Gault (CG). Par ailleurs, l'une des études pivots (Harmony 8) portait spécialement sur des patients atteints de diabète de type 2 qui présentaient une insuffisance rénale légère, modérée ou sévère.

Les paramètres secondaires d'efficacité étaient notamment le pourcentage de patients atteignant les objectifs thérapeutiques de HbA1c < 7,0 % et < 6,5 %, la variation depuis le début du glucose plasmatique à jeun (GPJ), la variation depuis le début du poids corporel, et le délai avant un traitement de secours de l'hyperglycémie.

Traitement d'association
Étude Harmony 3 : En association à la metformine

Dans l'étude Harmony 3, l'efficacité d'Eperzan a été évaluée dans le cadre d'une étude de trois ans, randomisée, à double insu et multicentrique [nombre de patients (n) = 999]. Eperzan à 30 mg par semaine sous-cutanée (SC) (avec augmentation posologique optionnelle à 50 mg par semaine après un minimum de quatre semaines) a été comparé à la sitagliptine à raison de 100 mg par jour, au glimépiride à raison de 2 mg par jour (avec augmentation posologique optionnelle à 4 mg par jour), ou au placebo en association à un traitement de fond par la metformine à une dose ≥ 1500 mg par jour. Le paramètre primaire était la variation de l'HbA1c entre la valeur initiale et la semaine 104 comparée à celle obtenue avec le placebo.

À 104 semaines, les résultats de l'étude montrent qu'Eperzan est statistiquement supérieur au placebo, à la sitagliptine et au glimépiride sur le plan de la réduction de l'HbA1c. Les essais de supériorité par rapport à un témoin actif n'ont été réalisés qu'après la démonstration de la non-infériorité du produit. À la semaine 104, 52,6 % du groupe Eperzan et 53,8 % du groupe glimépiride avaient effectué une augmentation posologique.

À la semaine 104, les patients ayant reçu Eperzan, le placebo et la sitagliptine avaient connu une perte de poids moyenne ajustée de 1,2 kg, 1,0 kg et 0,9 kg, respectivement, par rapport à leur poids initial, tandis que les patients ayant reçu le glimépiride présentait un gain de poids moyen ajusté de 1,2 kg par rapport au début.

Cette analyse reposant sur la dernière valeur mesurée avant un traitement de secours de l'hyperglycémie, ces résultats devraient être interprétés avec prudence. En effet, il pourrait y avoir un biais à l'égard des groupes de traitement qui comptent une plus grande proportion de patients ayant utilisé un tel traitement de secours et qui présentent un délai avant un traitement de secours plus court. L'incidence des traitements de secours de l'hyperglycémie à la semaine 104 se montait à 21,2 % dans le groupe Eperzan, 45,0 % dans le groupe placebo, 30,0 % dans le groupe sitagliptine et 26,5% dans le groupe glimépiride. Sur la durée totale du traitement de 156 semaines, le délai moyen avant un traitement de secours de l'hyperglycémie était de 67,7 semaines avec le placebo. Étant donné que la probabilité de traitement de secours de l'hyperglycémie n'a pas atteint les 50 % dans les groupes Eperzan, sitagliptine et glimépiride sur la durée totale de traitement de 156 semaines, les délais médians avant un traitement de secours n'ont pas pu être évalués.

Étude Harmony 5 : En association à la metformine plus une sulfonylurée

Dans l'étude Harmony 5, l'efficacité d'Eperzan a été évaluée dans le cadre d'une étude de trois ans, randomisée, à double insu et multicentrique (N = 657). Eperzan à 30 mg par semaine SC (avec augmentation posologique optionnelle à 50 mg par semaine après un minimum de quatre semaines) a été comparé au placebo ou à la pioglitazone à 30 mg par jour (avec augmentation posologique optionnelle à 45 mg par jour), en association à un traitement de fond par metformine à une dose ≥ 1500 mg par jour plus 4 mg de glimépiride par jour. Le paramètre primaire était la variation de l'HbA1c entre la valeur initiale et la semaine 52 comparée à celle obtenue avec le placebo.

À la semaine 52, les résultats de l'étude montrent que le traitement par Eperzan entraîne une réduction statistiquement significative de l'HbA1c (-0,6 % avec Eperzan contre +0,3 % avec le placebo, p < 0,05) par rapport aux valeurs initiales. En revanche, le traitement par Eperzan n'a pas atteint le seuil de non-infériorité prédéfini (0,3 %) par rapport à la pioglitazone pour l'HbA1c (-0,6 % avec Eperzan contre -0,8 % avec la pioglitazone). Dans cette étude, Eperzan a offert une réduction de l'HbA1c moins importante que la pioglitazone, et la différence entre ces traitements étaient en faveur de cette dernière de façon statistiquement significative.

À la semaine 52, les patients ayant reçu Eperzan et le placebo avaient connu une perte de poids moyenne ajustée de 0,4 kg et 0,4 kg, respectivement, par rapport à leur poids initial, tandis que les patients ayant reçu la pioglitazone, présentaient un gain de poids moyen ajusté de 4,4 kg par rapport au début.

Cette analyse reposant sur la dernière valeur mesurée avant un traitement de secours de l'hyperglycémie, ces résultats devraient être interprétés avec prudence. En effet, il pourrait y avoir un biais à l'égard des groupes de traitement qui comptent une plus grande proportion de patients ayant utilisé un tel traitement de secours et qui présentent un délai avant un traitement de secours plus court. L'incidence des traitements de secours de l'hyperglycémie à la semaine 52 se montait à 19,0 % dans le groupe Eperzan, 16,8 % dans le groupe pioglitazone et 45,2 % dans le groupe placebo. Sur la durée totale du traitement de 156 semaines, le délai moyen avant un traitement de secours de l'hyperglycémie était de 49,6 semaines avec le placebo et de 137,7 semaines avec Eperzan. Étant donné que la probabilité de traitement de secours de l'hyperglycémie n'a pas atteint les 50 % dans le groupe pioglitazone sur la durée totale de traitement de 156 semaines, le délai médian avant un traitement de secours n'a pas pu être évalué.

Étude Harmony 6 : En association avec l'insuline glargine

Dans l'étude Harmony 6, l'efficacité d'Eperzan a été évaluée dans le cadre d'une étude de 52 semaines, randomisée, ouverte et multicentrique (N = 563). Eperzan à 30 mg SC par semaine (avec une augmentation posologique optionnelle à 50 mg par semaine après la semaine 8) a été comparé à l'insuline prandiale lispro (administrée quotidiennement au moment des repas, initiée selon les normes de soins et augmentée jusqu'à obtention de l'effet), en association à un traitement de fond par l'insuline glargine (initiée à 10 unités et augmentée à ≥ 20 unités par jour). Le paramètre primaire était la variation de l'HbA1c entre la valeur initiale et la semaine 26. À la semaine 26, la dose quotidienne moyenne d'insuline glargine était de 53 unités internationales (UI) dans le groupe Eperzan et de 51 UI dans le groupe insuline lispro. La dose quotidienne moyenne d'insuline lispro était de 31 UI à la semaine 26.

Après 26 semaines, les résultats de l'étude montrent que la différence entre les groupes de traitement sur l'HbA1c était de 0,2 % (-0,32, 0,00) entre Eperzan et l'insuline lispro et a atteint le seuil prédéfini de non-infériorité (0,3 %). Les essais de supériorité par rapport à l'insuline lispro n'ont été réalisés qu'après la démonstration de la non-infériorité du produit. À la semaine 26, le pourcentage de patients recevant Eperzan ayant effectué une augmentation posologique était 50,8 %.

À la semaine 26, le traitement par Eperzan avait provoqué une perte de poids moyenne ajustée de 0,7 kg par rapport au poids initial, comparativement à une prise de poids moyenne ajustée de 0,8 kg avec l'insuline lispro.

Cette analyse reposant sur la dernière valeur mesurée avant un traitement de secours de l'hyperglycémie, ces résultats devraient être interprétés avec prudence. En effet, il pourrait y avoir un biais à l'égard des groupes de traitement qui comptent une plus grande proportion de patients ayant utilisé un tel traitement de secours et qui présentent un délai avant un traitement de secours plus court. L'incidence des traitements de secours de l'hyperglycémie à la semaine 26 se montait à 21,6 % dans le groupe Eperzan et à 23,5 % dans le groupe insuline lispro. Étant donné que la probabilité de traitement de secours de l'hyperglycémie n'a pas atteint les 50 % dans les groupes Eperzan et insuline lispro sur la durée totale de traitement de 52 semaines, les délais médians avant un traitement de secours n'ont pas pu être évalués.

Étude Harmony 4 : Étude contrôlée contre l'insuline glargine en association avec metformine ± sulfonylurée

Dans l'étude Harmony 4, l'efficacité d'Eperzan a été évaluée dans le cadre d'une étude de trois ans, randomisée, ouverte et contrôlée contre l'insuline glargine (N = 735). Eperzan 30 mg SC par semaine (avec une augmentation posologique optionnelle à 50 mg par semaine) a été comparé à l'insuline glargine (initiée à 10 unités et augmentée chaque semaine selon les informations aux prescripteurs) en association à un traitement de fond par la metformine à raison de ≥ 1500 mg par jour (avec ou sans sulfonylurée). Le paramètre primaire était la variation de l'HbA1c entre la valeur initiale et la semaine 52. La dose journalière totale d'instauration de l'insuline glargine allait de 2 à 40 unités (dose journalière médiane de 10 unités), et de 3 à 230 unités (dose journalière médiane de 30 unités) à la semaine 52.

Après 52 semaines, les résultats de l'étude montrent que la différence entre les groupes de traitement sur l'HbA1c était de 0,1 % (-0,04, 0,27) entre Eperzan et l'insuline glargine et a atteint le seuil prédéfini de non-infériorité (0,3 %). Les essais de supériorité par rapport à l'insuline glargine n'ont été réalisés qu'après la démonstration de la non-infériorité du produit. À la semaine 48, le pourcentage de patients recevant Eperzan ayant effectué une augmentation posologique était 67,1 %.

À la semaine 52, le traitement par Eperzan avait provoqué une perte de poids moyenne ajustée de 1,1 kg par rapport au poids initial, comparativement à une prise de poids moyenne ajustée de 1,6 kg avec l'insuline glargine.

Cette analyse reposant sur la dernière valeur mesurée avant un traitement de secours de l'hyperglycémie, ces résultats devraient être interprétés avec prudence. En effet, il pourrait y avoir un biais à l'égard des groupes de traitement qui comptent une plus grande proportion de patients ayant utilisé un tel traitement de secours et qui présentent un délai avant un traitement de secours plus court. L'incidence des traitements de secours de l'hyperglycémie à la semaine 52 se montait à 22,0 % dans le groupe Eperzan et à 21,3 % dans le groupe insuline glargine. Sur la durée totale du traitement de 156 semaines, le délai moyen avant un traitement de secours de l'hyperglycémie était de 107,6 semaines avec l'albiglutide. Étant donné que la probabilité de traitement de secours de l'hyperglycémie n'a pas atteint les 50 % dans le groupe insuline glargine sur la durée totale de traitement de 156 semaines, le délai médian avant un traitement de secours n'a pas pu être évalué.

Étude Harmony 7 : Étude contrôlée contre liraglutide en association avec metformine, thiazolidinedione ou sulfonylurée (en mono- ou bi-thérapie)

Dans l'étude Harmony 7, l'efficacité d'Eperzan a été évaluée dans le cadre d'une étude de 32 semaines, randomisée, ouverte et contrôlée contre liraglutide (N = 805). Eperzan 30 mg SC par semaine (avec une augmentation posologique à 50 mg par semaine à la semaine 6) a été comparé au liraglutide à 1,8 mg par jour (avec une augmentation posologique passant de 0,6 mg à la semaine 1 à 1,2 mg entre la semaine 1 et la semaine 2) chez des patients insuffisamment contrôlés par un traitement antidiabétique oral (metformine, thiazolidinedione ou sulfonylurée, en monothérapie ou en association). Le paramètre primaire était la variation de l'HbA1c entre la valeur initiale et la semaine 32 comparée à celle obtenue avec le liraglutide.

À 32 semaines, les résultats de l'étude montrent que la différence entre les groupes de traitement sur l'HbA1c était de 0,2 % (0,08, 0,34) entre Eperzan et le liraglutide et qu'elle n'a pas atteint le seuil prédéfini de non-infériorité (0,3 %).

À la semaine 32, les patients ayant reçu Eperzan et le liraglutide avaient connu une perte de poids moyenne ajustée de 0,6 kg et 2,2 kg, respectivement, par rapport à leur poids initial.

Cette analyse reposant sur la dernière valeur mesurée avant un traitement de secours de l'hyperglycémie, ces résultats devraient être interprétés avec prudence. En effet, il pourrait y avoir un biais à l'égard des groupes de traitement qui comptent une plus grande proportion de patients ayant utilisé un tel traitement de secours et qui présentent un délai avant un traitement de secours plus court. L'incidence des traitements de secours de l'hyperglycémie à la semaine 32 se montait à 15,2 % dans le groupe Eperzan et à 8,4 % dans le groupe liraglutide. Étant donné que la probabilité de traitement de secours de l'hyperglycémie n'a pas atteint les 50 %, les délais médians avant un traitement de secours sur la durée totale de traitement de 32 semaines n'ont pas pu être évalués.

Étude Harmony 8 : Atteinte de la fonction rénale

Dans l'étude Harmony 8, l'efficacité d'Eperzan a été évaluée dans une étude contrôlée contre la sitagliptine d'une durée de 52 semaines, randomisée, à double insu, chez 486 patients ayant une insuffisance rénale légère, modérée et sévère, n'étant pas contrôlés de façon adéquate par leur actuel régime alimentaire et de l'exercice physique ou par leur autre traitement antidiabétique actuel (metformine, thiazolidinedione et sulfonylurée, en monothérapie ou en association). Eperzan 30 mg SC par semaine (avec une augmentation posologique à 50 mg par semaine si besoin dès la semaine 4) a été comparé à la sitagliptine. La posologie de la sitagliptine était établie en fonction de la fonction rénale : 100 mg par jour chez l'insuffisant rénal léger (TFGe entre 50 à 89 mL/min), 50 mg par jour chez l'insuffisant rénal modéré (TFGe entre 30 et 50 mL/min) et 25 mg par jour chez l'insuffisant rénal sévère (TFGe inférieur à 30 mg). Le paramètre primaire était la variation de l'HbA1c entre la valeur initiale et la semaine 26.

À la semaine 26, les résultats de l'étude montrent qu'Eperzan a entraîné une baisse de l'HbA1c par rapport aux valeurs initiales de -0,80 (N = 125), -0,83 (N = 98) et -1,08 (N = 19) chez les patients atteints d'une insuffisance rénale légère, modérée et sévère, respectivement. Les essais de supériorité par rapport à un témoin actif n'ont été réalisés qu'après la démonstration de la non-infériorité du produit. À la semaine 26, le pourcentage de patients recevant Eperzan ayant effectué une augmentation posologique était 34,5 %.

À la semaine 26, les patients ayant reçu Eperzan et la sitagliptine avaient connu une perte de poids moyenne ajustée de 0,8 kg et 0,2 kg, respectivement, par rapport à leur poids initial.

Cette analyse reposant sur la dernière valeur mesurée avant un traitement de secours de l'hyperglycémie, ces résultats devraient être interprétés avec prudence. En effet, il pourrait y avoir un biais à l'égard des groupes de traitement qui comptent une plus grande proportion de patients ayant utilisé un tel traitement de secours et qui présentent un délai avant un traitement de secours plus court. L'incidence des traitements de secours de l'hyperglycémie à la semaine 26 se montait à 6,1 % dans le groupe Eperzan et à 12,1 % dans le groupe sitagliptine. Étant donné que la probabilité de traitement de secours de l'hyperglycémie n'a pas atteint les 50 %, les délais médians avant un traitement de secours sur la durée totale de traitement de 52 semaines n'ont pas pu être évalués.

L'efficacité d'Eperzan a été constamment confirmée dans différents sous-groupes démographiques. Eperzan s'est révélé aussi efficace chez les hommes que les femmes ainsi que chez les personnes afro-américaines, hispaniques, asiatiques et d'autres groupes ethniques.

Autres études

Une étude de phase II sur la biodisponibilité et la comparabilité clinique (GLP114856) a confirmé que la formulation commerciale de l'albiglutide (l'ingrédient médicinal d'Eperzan) répond aux critères de bioéquivalence et présente un profil d'efficacité et d'innocuité semblable à celui de la formulation utilisées dans les études cliniques de phase III.

Conclusion sur l'efficacité

L'efficacité d'Eperzan en monothérapie et en traitement d'appoint à d'autres antidiabétiques couramment prescrits tels que la metformine, le glimépiride, la sitagliptine et l'insuline basale est étayée par les six études de phase III réalisées. On a constaté une réduction de l'HbA1c par rapport aux valeurs initiales statistiquement supérieure avec Eperzan qu'avec la sitagliptine ou le glimépiride, qui atteint également le seuil prédéfini de non-infériorité (0,3 %) par rapport à l'insuline glargine et l'insuline lispro. Toutefois, Eperzan n'a pas atteint le seuil prédéfini de non-infériorité par rapport à la pioglitazone et au liraglutide. Chez des patients atteints de diabète de type 2 et d'une insuffisance rénale à différents stades, Eperzan s'est révélé supérieur de façon statistiquement significative à la sitagliptine pour réduire l'HbA1c.

Dans l'ensemble, les avantages thérapeutiques observés dans les six études de phase III appuient l'utilisation d'Eperzan comme traitement efficace pour la maîtrise de l'hyperglycémie chez les patients atteints de diabète de type 2. L'injection sous-cutanée d'Eperzan à 30 mg une fois par semaine, avec augmentation posologique à 50 mg (si nécessaire), en monothérapie chez des patients atteints de diabète de type 2 et d'insuffisance rénale ou en association à d'autres antidiabétiques, a permis d'obtenir un contrôle glycémique adéquat. Les données sur l'efficacité fournies appuient donc l'autorisation d'Eperzan pour une utilisation conforme à l'indication approuvée.

Pour de plus amples renseignements, consulter la monographie de produit Eperzan approuvée par Santé Canada et accessible par l'intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.

Innocuité Clinique

L'innocuité clinique d'Eperzan chez les patients atteints de diabète de type 2 a été évaluée principalement dans le cadre des six études cliniques de phase III contrôlées par placebo et comparateur actif décrites ci-haut dans la section Efficacité clinique. Ces études étaient d'une durée allant de 32 semaines à trois ans.

La majorité des données sur l'innocuité analysées correspondent à des données regroupées de sept études cliniques de Phase III équivalentes à environ 7500 années-patients d'exposition totale au moment du dépôt de cette présentation.

Dans cette population regroupée pour l'étude de l'innocuité les réactions indésirables les plus courantes, survenues chez ≥ 10 % des patients ayant reçu Eperzan à la semaine 104 et de manière plus fréquente qu'avec la prise de chacun des comparateurs (y compris le placebo) étaient la diarrhée (12,9 % contre 9,2 %), les nausées (11,5 % contre 10,6 %) les réactions au point d'injection, y compris des éruptions cutanées, des érythèmes ou des démangeaisons au point d'injection (13,1 % contre 2,9%) ainsi que les infections des voies respiratoires supérieures (12,9 % contre 11,2 %). La proportion de patients ayant abandonné l'étude en raison d'un événement indésirable se montait à 7,5 % avec Eperzan et à 5,8 % avec l'ensemble des comparateurs. L'événement indésirable le plus fréquemment responsable d'un abandon du traitement par Eperzan était la réaction au point d'injection (1,5 % avec Eperzan contre 0 % avec tous les comparateurs).

D'après l'analyse des données regroupées sur l'innocuité, les événements indésirables gastro-intestinaux (en particulier les nausées et la diarrhée) étaient plus fréquents chez les patients recevant Eperzan qu'avec les autres comparateurs ou le placebo. Par conséquent, Eperzan est déconseillé chez les patients présentant une atteinte gastro-intestinale sévère préexistante, y compris en cas de gastroparésie sévère. Une mise en garde à cet effet a donc été insérée dans la monographie de produit d'Eperzan.

L'incidence d'événements indésirables graves était similaire avec Eperzan et avec tous les comparateurs (11,2 % comparativement à 10,9 %), le placebo (11,1 % comparativement à 13,7 %) et les groupes de comparateurs actifs (11,3 % comparativement à 10,2 %). Les troubles cardiaques, les infections et les infestations sont les événements indésirables graves les plus courants dans le groupe Eperzan comme dans les groupes des comparateurs. Les événements indésirables les plus graves rapportés étaient les troubles cardiaques, les infections et infestations et les néoplasmes [bénins, malins et non précisés (y compris des kystes et des polypes)].

La morbidité et la mortalité d'origine cardiovasculaire sont des complications importantes chez les patients atteints de diabète de type 2. Dans les études cliniques de phase III, l'administration du traitement par Eperzan a entraîné une augmentation du rythme cardiaque de 1 à 2 battements par minute (bpm) en moyenne par rapport au placebo.

Dans une étude complète sur l'intervalle QT effectuée chez des volontaires sains, on a observé une augmentation moyenne du rythme cardiaque (de 6 à 8 bpm) par rapport aux valeurs initiales après l'administration de doses répétées d'Eperzan à 50 mg. Dans des études menées auprès de patients atteints de diabète de type 2, les réactions indésirables de fibrillation auriculaire (1,1 %) et de flutter auriculaire (0,2 %) ont été signalées plus fréquemment chez les patients ayant reçu Eperzan qu'avec tous les comparateurs (0,6 % et 0 %, respectivement). Les augmentations du rythme cardiaque observées pourraient provoquer une aggravation des troubles cardiaques chez les patients ayant des antécédents de cardiopathie ischémique ou de tachyarythmie. Par conséquent, la prudence est de mise si l'on traite cette population de patients par Eperzan.

Les études cliniques menées chez des volontaires sains ont également montré qu'Eperzan entraîne un allongement de l'intervalle PR de 4 à 5 ms, d'après les résultats des électrocardiogrammes. Il convient donc de faire preuve de prudence lorsqu'on administre Eperzan à des patients atteints d'une cardiopathie structurelle sous-jacente, d'une anomalie préexistante du système de conduction, d'une cardiopathie ischémique ou d'une cardiomyopathie, ceux-ci pouvant présenter des risques plus élevés de subir des anomalies de la conduction cardiaque. Dans des études menées chez des patients atteints de diabète de type 2, on a observé un allongement moyen d'environ 2 ms de l'intervalle PR avec Eperzan par rapport au placebo. L'allongement de l'intervalle PR est également associé à un risque accru de fibrillation auriculaire, c'est pourquoi on recommande la prudence chez les patients ayant des antécédents de fibrillation auriculaire.

Les répercussions sur l'intervalle PR de l'administration d'Eperzan en concomitance avec d'autres médicaments allongeant cet intervalle [dont, sans s'y limiter, les anti-arythmisants, les bloqueurs des canaux calciques n'appartenant pas aux dihydropyridines, les bloqueurs des récepteurs bêta-adrénergiques, les glycosides digitaliques, les inhibiteurs de la protéase du virus de l'immunodéficience humaine (VIH) et les analogues de la somatostatine] n'ont pas été évaluées. Par conséquent, l'administration d'Eperzan en concomitance avec ces médicaments nécessite la prudence.

Le cancer médullaire de la thyroïde (CMT) présente un intérêt spécial, d'après les études non cliniques effectuées chez des animaux avec des agonistes du R-P1TG similaires, qui semblent indiquer que ces agonistes pourraient être associés à un risque accru d'hyperplasie des cellules C focale de la thyroïde et de tumeur des cellules C. On ignore toutefois la pertinence de ces constatations chez les animaux pour l'être humain. Aucune étude sur la cancérogénicité n'a été réalisée en raison des anticorps anti-médicament qui sont produits chez les rongeurs. De plus, aucune anomalie histologique liée au médicament n'a été détectée dans la thyroïde lors d'une étude de 52 semaines sur Eperzan menée chez le singe. Par conséquent, on ne peut pas confirmer si Eperzan provoque ou non des tumeurs des cellules C de la thyroïde chez l'humain, y compris le CMT. Par mesure de précaution, un encadré décrivant les mises en garde et les précautions importantes a donc été ajouté dans la monographie de produit d'Eperzan afin de souligner cette incertitude. En outre, Eperzan est contre-indiqué chez les patients ayant des antécédents personnels ou familiaux de CMT et chez les patients atteints de néoplasie endocrinienne multiple de type 2 (NEm2). Étant donné que le CMT est une maladie rare, il fera l'objet d'une surveillance post-autorisation dans le cadre du plan de gestion des risques relatif à Eperzan.

Un autre problème décelé dans des rapports post-commercialisation relatifs à d'autres agonistes du R-P1TG et également observé avec Eperzan concerne la pancréatite aiguë. Au cours du programme de développement clinique de phase III d'Eperzan, six cas probables ou avérés de pancréatite potentiellement liés à l'utilisation d'Eperzan sont survenus (soit un taux de 1,6/1000 années-personnes). Deux cas jugés comme étant des pancréatites probables liées au produit à l'étude sont survenus avec le liraglutide (taux de 7,1/1000 années-personnes), et aucun cas de pancréatite n'a été avéré avec les autres comparateurs. Étant donné que l'incertitude demeure quant à savoir si les patients ayant des antécédents familiaux de pancréatite présentent un risque accru d'en subir une, des mises en garde et précautions appropriées concernant ces préoccupations ont été ajoutées dans la monographie de produit d'Eperzan.

D'après les données regroupées sur l'innocuité, des réactions au point d'injection (généralement des éruptions cutanées, un érythème ou des démangeaisons au point d'injection) se sont produites chez 15,4 % des patients ayant reçu Eperzan, par rapport à 6.7 % incluant tous les comparateurs y compris le placebo. D'une manière générale, les réactions au point d'injection étaient d'intensité légère, et peu de patients ont eu besoin d'un traitement.

L'administration de protéines thérapeutiques, y compris des homologues recombinants de protéines humaines, peut provoquer une réponse immunitaire et entraîner la production d'anticorps anti-médicament. Ces anticorps peuvent modifier l'efficacité et l'innocuité d'un produit biothérapeutique en altérant sa pharmacocinétique, en neutralisant l'activité de la protéine ou en causant des événements indésirables de type immunologique comme des réactions d'hypersensibilité. Dans l'analyse des données regroupées sur l'innocuité (d'une durée de 32 à 104 semaines au moins) concernant Eperzan, des anticorps anti-albiglutide ont été détectés chez 116 patients sur 2098 (6 %) à tout moment au cours des études. Aucun de ces anticorps n'a neutralisé l'activité de la substance dans une épreuve in vitro, et la formation d'anticorps n'a pas entraîné de diminution de l'efficacité (d'après la mesure de l'HbA1c et du glucose plasmatique à jeun et les modifications de la pharmacocinétique de l'albiglutide). D'une manière générale, la production d'anticorps était transitoire et n'a pas persisté. Les titres d'anticorps étaient globalement faibles et similaires à ceux observés chez quelques patients (0,6 % environ) chez qui des anticorps présentant une réactivité croisée avec l'albiglutide ont été détectés avant le traitement. Conformément à l'homologie élevée de l'albiglutide avec le P1TG, la majorité des patients présentant des anticorps anti-albiglutide comptaient également des anticorps anti-P1TG; aucun d'eux n'avait d'action neutralisante. Bien que la plupart des patients ayant subi des réactions au point d'injection ne présentaient pas d'anticorps (85 % environ), ces réactions ont été rapportées plus fréquemment chez les patients qui présentaient des anticorps (41 %, N = 116) que chez les autres (14 %, N = 1927). Ces événements étaient en majorité d'intensité légère; ils se sont généralement résolus sans interruption du traitement et n'ont pas entraîné d'abandon. Les patients ayant des anticorps n'ont pas présenté de réaction au point d'injection d'intensité plus longue ou de plus longue durée que ceux qui n'en avaient pas. Autrement, le profil d'événements indésirables était globalement similaire chez les patients présentant des anticorps et chez les autres. Aucun événement indésirable grave lié à l'hypersensibilité n'a été observé chez les patients présentant des anticorps. Par conséquent, d'après les données cliniques disponibles, la formation d'anticorps anti-albiglutide ne devrait pas avoir de conséquence sur l'avantage clinique global du traitement par Eperzan.

Il est connu que les patients diabétiques présentent des risques accrus d'acquérir diverses infections courantes, dont la pneumonie. Dans l'analyse des données regroupées sur l'innocuité, l'incidence de pneumonie était plus élevée avec Eperzan qu'avec les autres comparateurs (1,8 % des patients ayant reçu Eperzan et 0,8 % avec les autres comparateurs). Compte tenu de l'incidence constamment supérieure d'événements constatée dans le groupe Eperzan, un énoncé à cet effet a été ajouté dans la monographie de produit d'Eperzan.

Le risque d'hypoglycémie est plus élevé lorsque Eperzan est utilisé en association avec des sécrétagogues de l'insuline (à savoir des sulfonylurées) ou de l'insuline. On peut réduire le risque d'hypoglycémie en diminuant la dose de sulfonylurée ou d'insuline.

Il n'existe pas de données adéquates pour étayer l'utilisation d'Eperzan pendant la grossesse. Les études menées sur des animaux ont montré une toxicité pour la reproduction. Par conséquent, Eperzan est déconseillé chez l'humain durant la grossesse.

Il n'existe pas de données adéquates pour étayer l'utilisation d'Eperzan pendant l'allaitement. On ignore si Eperzan est excrété dans le lait humain durant la lactation. Étant donné qu'Eperzan est un produit thérapeutique protéinique à base d'albumine, il est probable qu'il soit présent dans le lait humain.

Durant l'examen de la présentation de drogue nouvelle (PDN) relative à Eperzan, un avis d'insuffisance (AI) a été émis au promoteur le 7 mai 2014, car les renseignements fournis ne permettaient pas d'effectuer une analyse adéquate des risques et avantages. Afin de résoudre cette insuffisance, Santé Canada a demandé des données supplémentaires sur toutes les études cliniques terminées et en cours depuis le dépôt de la présentation initiale en vue d'effectuer une analyse plus complète des risques et avantages. Dans le cadre de l'AI, un résumé révisé de l'analyse des événements indésirables cardiovasculaires majeurs (EICM) intégrant ces nouvelles données a été exigé. En réponse à l'AI, le promoteur a fourni toutes les données supplémentaires exigées par Santé Canada. Après examen de ces renseignements complémentaires, Santé Canada les a jugés satisfaisants. Par conséquent, un avis de conformité a été émis au promoteur le 15 juillet 2015.

Conclusion sur l'innocuité

L'innocuité d'Eperzan en monothérapie et en traitement d'appoint à d'autres antidiabétiques fréquemment prescrits a été évaluée principalement dans le cadre d'une analyse sur des données regroupées sur l'innocuité provenant des études cliniques de phase III. Tous les problèmes d'innocuité, y compris les incertitudes, relevés au cours de l'examen de l'innocuité sont clairement mentionnés dans la monographie de produit autorisée d'Eperzan à l'aide de mises en garde et de précautions adéquates. L'éventualité d'une incidence accrue d'hyperplasies des cellules C focale de la thyroïde et de tumeurs des cellules  est notée dans un encadré noir de mise en garde, en plus de la contre-indication, d'Eperzan chez les patients ayant des antécédents personnels ou familiaux de CMT et chez les patients atteints de NEm2. En outre, Eperzan est contre-indiqué pendant la grossesse et chez les femmes qui allaitent. Eperzan ne devrait pas non plus être utilisé chez les patients atteints de diabète de type 1 ou pour le traitement de l'acidocétose diabétique.

Pour de plus amples renseignements, consulter la monographie de produit d'Eperzan approuvée par Santé Canada et accessible par l'intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.

7.2 Motifs non cliniques de la décision

Les études non cliniques de pharmacologie, pharmacocinétique et toxicologie ont permis de caractériser le profil non clinique de l'albiglutide, l'ingrédient médicinal d'Eperzan, de manière suffisamment détaillée pour étayer l'indication clinique proposée. À la lumière de l'utilisation prévue d'Eperzan, aucun problème pharmacologique ou toxicologique qui empêcherait l'autorisation du produit n'a été relevé dans cette présentation. Cependant, il est important de souligner qu'en raison du développement d'anticorps anti-médicament chez les rongeurs, aucune étude sur la cancérogénicité n'a été réalisée dans les études précliniques. Par conséquent, le problème d'innocuité lié aux affections malignes touchant la thyroïde, décelé dans les études chez les animaux avec d'autres agonistes du R-P1TG, fera l'objet d'une surveillance étroite par l'intermédiaire du plan de gestion des risques dans le cadre de l'évaluation continue des avantages et risques.

Grossesse et allaitement

Dans le cadre d'études sur le développement pré- et post-natal chez des souris ayant reçu de l'albiglutide pendant la gestation ou durant l'allaitement, on a observé une diminution du poids corporel chez la progéniture F1 avant le sevrage avec une dose de ≥ 1 mg/kg/jour [soit 0,63 fois l'exposition clinique d'après la surface sous la courbe (SSC)]. Cette baisse du poids corporel chez F1 s'est inversée après le sevrage, à l'exception des femelles F1 issues de mères ayant reçu un traitement périnatal (entre la fin de la gestation et 10 jours suivant la parturition) avec une dose de ≥ 5 mg/kg/jour (soit 2,2 fois l'exposition clinique d'après la SSC), sans autre effet sur le développement. L'albiglutide a été détecté  seulement à des taux infimes dans le plasma des petits. On ignore si le faible poids corporel de la progéniture est dû à un effet direct de l'albiglutide sur les petits ou indirectement à des effets sur la mère.

Pour de plus amples renseignements, consulter la monographie de produit Eperzan approuvée par Santé Canada et accessible par l'intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.

7.3 Motifs d'ordre qualitatif

Caractérisation de la substance médicamenteuse

Procédé de fabrication et contrôles en cours de la substance médicamenteuse et produit pharmaceutique

L'albiglutide, l'ingrédient médicinal d'Eperzan, est une protéine de fusion recombinante constituée de deux copies d'une séquence de 30 acides aminés de P1TG modifié (le fragment 7-36) génétiquement fusionné par séries à l'albumine humaine (Ah).

Des études de caractérisation détaillées ont été effectuées pour garantir que l'albiglutide présente systématiquement la structure caractéristique désirée. Les résultats des études de validation du procédé indiquent que les étapes de traitement permettent de contrôler adéquatement les quantités d'impuretés liées au produit et au procédé. Les impuretés qui ont été signalées et caractérisées ne dépassaient pas les limites établies.

Contrôle de la substance médicamenteuse et produit pharmaceutique

L'albiglutide est produite sur des cellules de Saccharomyces cerevisiae par la technique de l'acide désoxyribonucléique (ADN) recombinant. Le procédé de fabrication de l'albiglutide comprend une série d'étapes, dont la culture cellulaire, la récupération et la purification.

La fabrication du produit pharmaceutique, Eperzan, comprend la formulation de la substance médicamenteuse, l'albiglutide, le remplissage et la lyophilisation afin de produire un pain lyophilisé stérile, lequel est ensuite entreposé dans une cartouche à deux compartiments en verre transparent. Le compartiment avant contient l'albiglutide, tandis que le compartiment arrière est rempli de diluant (eau) pour l'injection. Le contenu des deux compartiments est séparé par un bouchon en caoutchouc de bromobutyle. Le contenu des deux compartiments est mélangé avant l'administration.

La cohérence des processus de même que le respect des exigences en matière de qualité et d'innocuité du produit sont contrôlés en cours de fabrication

Les données de validation du procédé montrent que le procédé de fabrication d'Eperzan est suivi de façon systématique et donne un produit de qualité acceptable.

Plusieurs modifications ont été apportées au procédé de fabrication d'Eperzan pendant le développement. Les données des évaluations de la qualité du produit démontrent que les versions du médicament Eperzan produites au moyen de divers procédés de fabrication sont comparables et qu'aucune incidence sur la qualité n'a été observée en raison des changements apportés aux processus.

Stabilité de la substance médicamenteuse et produit

L'identité, la qualité et la pureté du produit pharmaceutique sont attestées en employant une série d'essais sur les rejets semblable à celle utilisée pour analyser des substances pharmaceutiques.

Des copies des protocoles d'analyse et, le cas échéant, les rapports de validation ont été présentés pour toutes les méthodes qui ont servi à l'analyse du produit fini ainsi qu'aux essais de stabilité portant sur la substance pharmaceutique et le produit pharmaceutique d'Eperzan, et ils sont jugés satisfaisants.

Après examen, on a également déterminé que les résultats des analyses de lots sont conformes aux spécifications, témoignant d'une qualité constante des lots produits.

Installations et équipement

La Direction des produits biologiques et des thérapies génétiques de Santé Canada a effectué une évaluation sur place des installations de fabrication et d'analyse de la substance médicamenteuse. Une cote conforme a été accordée à l'installation, où l'on a noté certaines observations qui ont été réglées sur place.

Aucune visite des installations de fabrication et d'analyse du produit pharmaceutique n'a été jugée nécessaire.

Évaluation de l'innocuité des agents adventices

Les matières brutes de recombinaison de l'ADN ayant servi à la fabrication ont subi des tests permettant de garantir qu'elles sont exemptes d'agents adventices. Les excipients utilisés dans la formulation du produit pharmaceutique ne sont pas d'origine animale ni humaine.