Sommaire des motifs de décision portant sur Genvoya

Décisions d'examen

Le sommaire des motifs de décision explique les raisons pour lesquelles un produit a reçu une autorisation de vente au Canada. Le document comprend les considérations portant sur la réglementation, l’innocuité, l’efficacité et la qualité (sur le plan de la chimie et de la fabrication).


Type de produit:

Médicament
  • Ce document est une traduction française du document anglais approuvé.

Les sommaires des motifs de décision (SMD) présentent des renseignements sur l'autorisation initiale d'un produit. Le SMD portant sur Genvoya est accessible ci-dessous.

Activité récente relative à Genvoya

Les SMD relatifs aux médicaments autorisés après le 1er septembre 2012 seront mis à jour afin d'inclure des renseignements sous forme de tableau des activités postautorisation (TAPA). Le TAPA comprendra de brefs résumés d'activités telles que la présentation de demandes de nouvelles utilisations, ainsi que les décisions de Santé Canada (positives ou négatives). Les TAPA seront mis à jour régulièrement en ce qui a trait aux activités postautorisation tout au long du cycle de vie du produit.

Tableau des activités postautorisation (TAPA) portant sur Genvoya

Mise à jour :

2021-11-12

Le tableau suivant décrit les activités postautorisation menées à l’égard de Genvoya, un produit dont les ingrédients médicinaux sont elvitégravir, cobicistat, emtricitabine et ténofovir alafénamide, (sous forme de hémifuramate de ténofovir alafénamide). Pour en savoir plus sur le type de renseignements présentés dans les TAPA, veuillez consulter la Foire aux questions : Phase II du projet de sommaires des motifs de décision (SMD) et à la liste des abréviations qui se trouvent dans les TAPA.

Pour de plus amples renseignements sur le processus de présentation de drogues, consultez le document intitulé Gestion des présentations et des demandes de drogues.

Identification numérique de drogue (DIN) :

  • DIN 02449498 –150 mg d’elvitégravir/150 mg de cobicistat/200 mg d’emtricitabine/10 mg de ténofovir alafénamide (sous forme de 11,2 mg d’hémifuramate de ténofovir alafénamide), comprimés, voie orale

Tableau des activités postautorisation (TAPA)

Type et numéro d'activité ou de présentationDate de présentationDécision et dateSommaire des activités
SPDN Nº 2503872021-03-09Délivrance d'un AC
2021-08-09
Présentation déposée en tant que Niveau II – Supplément (innocuité) afin de mettre à jour la monographie de produit (MP) relatives aux interactions médicamenteuses avec les corticostéroïdes. La présentation a été examinée et est considérée acceptable. A cause du SPDN, des modifications ont été effectuées aux sections suivantes de la monographie de produit (MP) : Interactions médicamenteuses et la partie III intitulée Renseignements pour les patients sur les médicaments. Un AC a été délivré.
SPDN Nº 2381722020-06-23Délivrance d'un AC
2020-11-16
Présentation déposée en tant que Niveau I – Supplément afin de mettre à jour la monographie de produit (MP). Les changements font suite à la lettre d'annonce de Santé Canada le 2020-04-17, demandant des révisions de la MP en raison d'une interaction médicamenteuse avec le lomitapide. La présentation a été examinée et est considérée acceptable. A cause du SPDN, des modifications ont été effectuées aux sections suivantes de la MP : Contre-indications, Interactions médicamenteuses, et la partie III intitulée Renseignements pour les patients sur les médicaments. Un AC a été délivré.
PM Nº 2363792020-02-21Délivrance d'une LNO
2020-05-11
Présentation déposée en tant que Niveau II (90 jours) - Préavis de modification afin de mettre à jour la monographie de produit (MP) en ce qui concerne les interactions médicamenteuses avec les thiénopyridines (clopidogrel et prasugrel) ou les cations polyvalents. A cause du PM, des modifications ont été effectuées aux sections suivantes de la monographie de produit (MP) : Mises en gardes et précautions, Interactions médicamenteuses, et la partie III intitulée Renseignements pour les patients sur les médicaments de la MP. La présentation a été examinée et est considérée acceptable. Une LNO a été délivrée.
SPDN Nº 2197842018-09-04Délivrance d'un AC
2019-07-19
Présentation déposée en tant que Niveau I - Supplément to expand the use of Genvoya chez les patients adultes atteints d'une néphropathie terminale qui reçoivent une hémodialyse à long terme. À la suite de la présentation, les sections suivantes de l'MP ont été mises à jour : Mises en gardes et précautions, Effets indésirables, Posologie et administration, Mode d'action et pharmacologie clinique, et Essais cliniques. Des modifications correspondantes ont été effectuées à la partie III de l'MP intitulée Renseignements pour les patients sur les médicaments. Le profil avantages-risques de Genvoya reste favorable s'il est utilisé pour l'indication pour laquelle le produit a été approuvé. La présentation a été examinée et est considérée acceptable. Un AC a été délivré.
PM Nº 2241952019-01-29Délivrance d'une LNO
2019-05-07
Présentation déposée en tant que Niveau II (90 jours) - Préavis de modification afin de mettre à jour l'MP en ajoutant de nouveaux renseignements sur l'innocuité. A cause du PM, des modifications ont été effectuées aux sections suivantes de l'MP : Mises en gardes et précautions, et Effets indésirables. Des modifications correspondantes ont été effectuées à la partie III de l'MP intitulée Renseignements pour les patients sur les médicaments. La présentation a été examinée et est considérée acceptable. Une LNO a été délivrée.
SPDN Nº 2072512017-07-06Délivrance d'un AC
2018-06-19
Présentation déposée en tant que Niveau I – Supplément afin de réviser l'indication de manière à inclure la population pédiatrique pesant au moins 25 kg ainsi qu'à fournir des données à plus long terme (144 semaines) sur l'innocuité et l'efficacité. Sommaire de décision réglementaire publié.
PM Nº 2174482018-06-20Délivrance d'une LNO
2018-09-18
Présentation déposée en tant que Niveau II (90 jours) - Préavis de modification afin de mettre à jour l'MP en ajoutant de nouveaux renseignements sur l'innocuité. A cause du PM, des modifications ont été effectuées aux sections suivantes de l'MP : Mises en gardes et précautions, et Interactions médicamenteuses. La présentation a été examinée et est considérée acceptable. Une LNO a été délivrée.
PM Nº 2125992018-01-05Délivrance d'une LNO
2018-04-12
Présentation déposée en tant que Niveau II (90 jours) - Préavis de modification afin de mettre à jour l'MP en ajoutant de nouveaux renseignements sur l'innocuité. A cause du PM, des modifications ont été effectuées aux sections suivantes de l'MP : Contre-indications, et Interactions médicamenteuses. Des modifications correspondantes ont été effectuées à la partie III de l'MP intitulée Renseignements pour les patients sur les médicaments. La présentation a été examinée et est considérée acceptable. Une LNO a été délivrée.
SPDN Nº 1957892016-06-08Délivrance d'un AC
2017-05-25

Présentation déposée en tant que Niveau I – Supplément afin de supplémenter l'indication et de mettre à jour la monographie de produit (MP) avec les résultats des essais cliniques. L'indication soumise était le traitement du virus de l'hépatite B (VHB) chez les patients adultes co-infectés par le virus de l'immunodéficience humaine de type 1 et le VHB. L'indication proposée n'était pas acceptable au regard des données d'innocuité et d'efficacité fournies, et a été retirée.

La présentation a été examinée et est considérée acceptable. A cause du SPDN, des modifications ont été effectuées aux sections suivantes de la MP : Contre-indications, Posologie et administration, Surdosage, Mises en gardes et précautions, Effets indésirables, Interactions médicamenteuses, Pharmacologie clinique, Information pharmaceutiques, et Essais cliniques. Des modifications correspondantes ont été effectuées à la partie III de la MP intitulée Renseignements pour les patients sur les médicaments.

Le profil bénéfice/risque de Genvoya continue d'être favorable dans les conditions d'utilisation décrites dans le MP approuvé. Un AC a été délivré.

PM Nº 1982722016-09-09Délivrance d'une Lettre de non-opposition
2016-12-16
Présentation déposée en tant que Niveau II (90 jours) - Préavis de modification (changements relatifs à la gestion du risque) afin de mettre à jour la monographie de produit en ajoutant de nouveaux renseignements sur l'innocuité. A cause du PM, des modifications ont été effectuées aux sections suivantes de la monographie de produit : Mises en gardes et précautions et Interactions médicamenteuses. Des modifications correspondantes ont été effectuées à la partie III de la monographie de produit intitulée Renseignements pour les patients sur les médicaments. La présentation a été examinée et est considérée acceptable. Une Lettre de non-opposition a été délivrée.
SPDN Nº 1929512016-03-04Délivrance d'un AC
2016-10-03
Présentation déposée en tant que Niveau I - Supplément afin d'ajouter deux sites de fabrication et d'analyse pour la substance pharmaceutique du cobicistat. La voie synthétique et les spécifications de la substance pharmaceutique ne diffèrent pas de celles homologuées auparavant. Les données ont été examinées et sont considérées acceptable. Un AC a été délivré.
PM Nº 1911082016-01-06Délivrance d'une Lettre de non-opposition
2016-04-12
Présentation déposée en tant que Niveau II (90 jours) - Préavis de modification (changements relatifs à la gestion du risque) afin de mettre à jour la monographie de produit en ajoutant de nouveaux renseignements sur l'innocuité. A cause du PM, des modifications ont été effectuées aux sections suivantes de la monographie de produit : Mises en gardes et précautions et Essais cliniques. Des modifications correspondantes ont été effectuées à la partie III de la monographie de produit intitulée Renseignements pour les patients sur les médicaments. La présentation a été examinée et est considérée acceptable. Une Lettre de non-opposition a été délivrée.
Avis de mise en marché d’un produit pharmaceutique (DIN 02449498)Sans objetDate de la première vente :
2016-02-03
Le fabricant a informé Santé Canada de la date de la première vente conformément à la disposition C.01.014.3 du Règlement sur les aliments et drogues.
PDN Nº 1813992015-01-19Délivrance d’un AC
2015-11-27
Délivrance d’un Avis de conformité relatif à une Présentation de drogue nouvelle
Sommaire des motifs de décision (SMD) portant sur Genvoya

SMD émis le : 2016-01-26

L'information suivante concerne la présentation de drogue nouvelle pour Genvoya.

150 mg d'elvitégravir/150 mg de cobicistat/200 mg d'emtricitabine/10 mg de ténofovir alafénamide (sous forme de 11,2 mg d'hémifuramate de ténofovir alafénamide), comprimés, voie orale

Identification(s) numérique(s) de drogue(s):

  • 02449498

Gilead Sciences Canada Inc.

Présentation de drogue nouvelle, numéro de contrôle : 181399

Le 27 novembre 2015, Santé Canada a émis à l'intention de Gilead Sciences Canada, Inc. un avis de conformité du produit pharmaceutique Genvoya.

L'autorisation de mise sur le marché s'appuie sur l'information sur la qualité (chimie et fabrication), ainsi que les études non cliniques (pharmacologie et toxicologie) et cliniques présentées (pharmacologie, innocuité et efficacité). Après avoir examiné les données reçues, Santé Canada estime que Genvoya a un profil avantages/risques favorable à son utilisation comme traitement complet contre l'infection par le virus de l'immunodéficience humaine de type 1 (VIH-1) chez les patients adultes et pédiatriques âgés de 12 ans et plus (et pesant ≥ 35 kg) qui ne présentent aucune mutation connue associée à une résistance aux composants individuels de Genvoya.

1 Sur quoi l'autorisation porte-t-elle?

Genvoya, un agent antirétroviral, a été autorisé comme traitement complet contre l'infection par le virus de l'immunodéficience humaine de type 1 (VIH-1) chez les patients adultes et pédiatriques âgés de 12 ans et plus (et pesant ≥ 35 kg) qui ne présentent aucune mutation connue associée à une résistance aux composants individuels de Genvoya.

Aucune différence d'innocuité ou d'efficacité n'a été observée entre les patients âgés et les patients de ≥ 12 à < 65 ans.

L'innocuité et l'efficacité de Genvoya n'a pas été établie chez les enfants âgés de moins de 12 ans ou qui pèsent < 35 kg. L'innocuité et l'efficacité chez les enfants âgés de 12 à < 18 ans (et qui pèsent ≥ 35 kg) sont basées sur les données recueillies à la semaine 24 d'une étude clinique ouverte.

Genvoya est contre-indiqué chez les patients qui présentent une hypersensibilité connue à l'un des composants du produit.

L'administration concomitante des médicaments suivants (commercialisés au Canada) est contre-indiquée, car elle pourrait entraîner des événements graves et/ou mettant la vie en danger, ou une perte de réponse virologique et une résistance possible à Genvoya:

  • alfuzosine
  • carbamazépine, phénobarbital, phénytoïne
  • rifampine
  • triazolam
  • salmétérol
  • dihydroergotamine, ergonovine, ergotamine
  • millepertuis
  • lovastatine, simvastatine
  • pimozide
  • sildénafil (traitement de l'hypertension artérielle pulmonaire)

Genvoya a été autorisé selon les conditions d'utilisation décrites dans la monographie de produit de Genvoya, en tenant compte des risques potentiels associés à l'administration de ce produit pharmaceutique.

Genvoya est offert en comprimés (renfermant 150 mg d'elvitégravir, 150 mg de cobicistat, 200 mg d'emtricitabine, 10 mg de ténofovir alafénamide [sous forme de 11,2 mg d'hémifuramate de ténofovir alafénamide]). En plus des ingrédients médicinaux, chaque comprimé contient les ingrédients inactifs suivants : croscarmellose sodium, hydroxypropylcellulose, lactose monohydraté, stéarate de magnésium, cellulose microcristalline, silice et dodécyl sulfate de sodium. Les comprimés sont enrobés d'alcool polyvinylique, de dioxyde de titane, de polyéthylèneglycol, de talc, de laque d'aluminium carmin d'indigo et d'oxyde de fer jaune.

Pour de plus amples renseignements, veuillez consulter les sections Motifs d'ordre cliniques, non cliniques et qualitatif (caractéristiques chimiques et fabrication).

Pour obtenir des renseignements supplémentaires, consultez également la monographie de produit de Genvoya approuvée par Santé Canada et accessible par l'intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.

2 Pourquoi Genvoya a-t-il été autorisé?

Santé Canada considère que Genvoya a un profil avantages/risques favorable à son utilisation comme traitement complet contre l'infection par le virus de l'immunodéficience humaine de type 1 (VIH-1) chez les patients adultes et pédiatriques âgés de 12 ans et plus (et pesant ≥ 35 kg qui ne présentent aucune mutation connue associée à une résistance aux composants individuels de Genvoya.

L'infection par le virus de l'immunodéficience humaine de type 1 (VIH-1) est une maladie qui menace le pronostic vital. Les options de traitement de référence actuellement offertes au Canada comprennent la polythérapie antirétrovirale pour inhiber la réplication virale et l'abaisser sous les limites de détection, augmenter la numération lymphocytaire CD4 et freiner la progression de la maladie. Dans le cas des patients infectés par le VIH-1 n'ayant jamais reçu de traitement antirétroviral, les lignes directrices actuelles recommandent un traitement initial par deux inhibiteurs (nucléosidique et nucléotidique) de la transcriptase inverse (IN[t]TI) associé à l'un des éléments suivants : un inhibiteur non nucléosidique de la transcriptase inverse (INNTI), un inhibiteur de la protéase potentialisé ou un inhibiteur du transfert de brin de l'intégrase (ITBI). Genvoya est un traitement d'association à dose fixe contenant de l'elvitégravir (ITBI) potentialisé par le cobicistat, ainsi que de l'emtricitabine et du ténofovir alafénamide (des IN[t]TI). L'elvitégravir prévient l'intégration de l'acide désoxyribonucléique du virus dans l'ADN génomique de l'hôte, bloquant ainsi la formation du provirus et la propagation de l'infection virale. L'emtricitabine et le ténofovir alafénamide entraînent cessation de la réplication de l'ADN du virus.

Les avantages de Genvoya ont été démontrés dans des études cliniques de non-infériorité de Genvoya par rapport à Stribild ou à un traitement d'association par l'emtricitabine, le fumarate de ténofovir disoproxil et un troisième agent, qui ont été menées chez des adultes n'ayant jamais reçu de traitement antirétroviral ou présentant une suppression virologique. Le paramètre primaire d'efficacité était le pourcentage de patients présentant < 50 copies/mL d'acide ribonucléique (ARN) du VIH-1 à la semaine 48. L'activité antivirale de Genvoya s'est révélée non inférieure au comparateur actif chez différentes populations de patients (n'ayant jamais reçu de traitement antirétroviral ou présentant une suppression virologique) présentant une fonction rénale normale ou atteints d'une insuffisance rénale légère à modérée et dont l'éventail d'âges allait de 12 à 80 ans. Le pourcentage de patients traités par Genvoya qui ont atteint le paramètre primaire était de 92 % dans le groupe de patients n'ayant jamais reçu de traitement antirétroviral et de 96 % dans le groupe de patients présentant une suppression virologique.

Comparativement aux traitements par le fumarate de ténofovir disoproxil, le traitement par Genvoya a été associé à une amélioration de la densité osseuse chez les adultes, et à une amélioration du profil d'innocuité rénale chez les adultes et les adolescents présentant une fonction rénale normale ainsi que chez les adultes atteints d'une insuffisance rénale légère à modérée. Comparativement aux autres options de traitement offertes, Genvoya comporte un avantage pour les adultes présentant un risque d'effets toxiques osseux ou rénaux et pour les adolescents qui, à l'heure actuelle, n'ont pas accès à un traitement d'association à dose fixe au Canada.

Les risques associés à Genvoya sont compatibles avec ceux des autres traitements d'association antirétroviraux, notamment l'acidose lactique et l'hépatomégalie grave accompagnée de stéatose, l'exacerbation de l'hépatite postérieure au traitement, le syndrome inflammatoire de la reconstitution immunitaire et les interactions médicamenteuses. La monographie de produit de Genvoya comporte un encadré intitulé Graves mises en garde et précautions, dans lequel on énonce l'acidose lactique et l'hépatomégalie grave accompagnée de stéatose ainsi que l'exacerbation de l'hépatite postérieure au traitement comme préoccupations relatives à la santé.

Parmi les incertitudes associées à l'utilisation de Genvoya figurent le profil d'innocuité osseuse chez les adolescents et les effets à long terme sur : la densité minérale osseuse, l'augmentation des lipides sériques à jeun et la lipodystrophie.

Les risques et les incertitudes associés à l'utilisation de Genvoya peuvent être gérés au moyen de l'ajout de contre-indications, de mises en garde et de précautions appropriées dans la monographie de produit de Genvoya et du plan de gestion des risques (PGR) soumis par Gilead Sciences Canada, Inc. Après examen, ce PGR a été jugé acceptable. Le PGR est destiné à décrire les problèmes d'innocuité connus ou possibles, à présenter le plan de surveillance prévu et, le cas échéant, à décrire les mesures qui seront mises en place pour réduire les risques liés au produit.

Santé Canada a examiné le rapport sur les produits à présentation et à consonance semblables soumis par le promoteur, et le nom proposé pour le produit pharmaceutique a été accepté.

Globalement, les avantages thérapeutiques constatés dans les études pivots sont prometteurs et les avantages du traitement par Genvoya sont considérés à dépasser les risques potentiels. D'après les données non cliniques et les études cliniques, Genvoya présente un profil d'innocuité acceptable. Les problèmes d'innocuité relevés peuvent être gérés à l'aide de l'étiquetage et d'une surveillance appropriée. La monographie de produit de Genvoya présente les mises en garde et les précautions appropriées concernant les problèmes d'innocuité soulevés.

Cette présentation de drogue nouvelle répond aux exigences des articles C.08.002 et C.08.005.1; par conséquent, Santé Canada a émis l'avis de conformité prévu à l'article C.08.004 du Règlement sur les aliments et drogues. Pour de plus amples renseignements, veuillez consulter les sections Motifs d'ordre clinique, non clinique (caractéristiques chimiques et fabrication).

3 Quelles sont les étapes qui ont mené à l'autorisation de Genvoya?

Le promoteur a déposé pour Genvoya une demande de statut d'évaluation prioritaire en vertu de la Politique sur l'évaluation prioritaire pour la présentation de drogues nouvelles (PDN). Une évaluation a été effectuée pour déterminer si les données présentées sont suffisantes pour démontrer que le produit :

  1. permet de traiter, de prévenir ou de diagnostiquer une maladie ou une affection pour laquelle il n'existe actuellement aucun médicament commercialisé au Canada; ou
  2. entraîne une augmentation significative de l'efficacité et/ou une diminution significative des risques, de sorte que le profil avantage/risques global est amélioré par rapport à celui des produits thérapeutiques, préventifs et diagnostiques actuels pour une maladie ou une affection qui ne peut être traitée adéquatement par aucun médicament commercialisé au Canada.

Les résultats sur l'efficacité issus des études pivots n'ont pas montré d'amélioration significative sur le plan de l'efficacité par rapport aux traitements existants. De plus, les données sur l'innocuité fournies étaient insuffisantes pour déterminer si l'utilisation de Genvoya présente un quelconque avantage sur ce plan par rapport aux autres options thérapeutiques existantes. Le comité d'arbitrage informel a donc jugé que la présentation ne remplissait pas les critères de l'évaluation prioritaire, et la demande a été rejetée. La présentation a ensuite été déposée et examinée comme une PDN normale.

Étapes importantes de la présentation: Genvoya

Étape importante de la présentationDate
Réunions préalables à la présentation :2014-11-13
Demande de traitement prioritaire
Déposée :2014-12-09
Rejetée par Directrice, Bureau de la gastroentérologie, et des maladies infectieuses et virales :2015-01-08
Dépôt de la présentation :2015-01-19
Examen préliminaire
Lettre d'acceptation à l'issue de l'examen préliminaire :2015-02-23
Examen
Évaluation de la qualité terminée :2015-11-10
Évaluation clinique terminée :2015-11-10
Examen de l'étiquetage terminé :2015-11-24
Délivrance de l'Avis de conformité par le directeur général :2015-11-27

La décision réglementaire canadienne portant sur l'examen clinique et non clinique de Genvoya est fondée sur une évaluation critique du dossier de données canadiennes.

Pour de plus amples renseignements sur le processus de présentation de drogue, consulter la Ligne directrice de l'industrie : gestion des présentations de drogues.

4 Quelles mesures de suivi le promoteur prendra-t-il?

Les exigences en matière d'activités post-commercialisation sont décrites dans la Loi sur les aliments et drogues et le Règlement connexe.

6 Quels sont les autres renseignements disponibles à propos des médicaments?

Pour obtenir des renseignements à jour sur les produits pharmaceutiques, veuillez suivre les liens suivants :

7 Quelle est la justification scientifique sur laquelle s'est fondé Santé Canada?
7.1 Motifs cliniques de la décision

Pharmacologie clinique

Genvoya est une association à dose fixe des médicaments antiviraux elvitégravir (potentialisé par le cobicistat, un stimulant pharmacocinétique), emtricitabine et ténofovir alafénamide (TAF). L'elvitégravir est un inhibiteur du transfert de brin de l'intégrase (ITBI) du VIH-1. L'intégrase est une enzyme codée par le VIH-1 nécessaire à la réplication virale. L'emtricitabine est phosphorylée par des enzymes cellulaires et forme l'emtricitabine-triphosphate. L'emtricitabine-triphosphate inhibe la réplication du VIH. Le ténofovir alafénamide parvient avec efficacité à charger le ténofovir (TFV) dans les cellules mononuclées de sang périphérique (y compris les lymphocytes et autres cellules cibles du VIH) et dans les macrophages. Le TFV intracellulaire se transforme ensuite par phosphorylation en un métabolite pharmacologiquement actif, le ténofovir diphosphate, qui inhibe la réplication du VIH.

Les profils pharmacocinétiques de Genvoya et de ses composantes étaient bien établis chez les patients infectés par le VIH-1 et les populations particulières. Les expositions à l'elvitégravir et au TFV chez les adolescents traités par Genvoya étaient similaires aux expositions obtenues chez les adultes. L'exposition au TAF chez les adolescents était compatible avec la fourchette d'exposition associée à une activité antivirale chez les adultes, bien qu'elle ait été inférieure à l'exposition observée chez le groupe d'adultes recevant le comparateur actif. L'exposition à l'emtricitabine chez les adolescents était compatible avec les données obtenues pour les adultes. L'exposition au cobicistat chez les adolescents était inférieure à celle observée chez le groupe d'adultes recevant le comparateur actif, mais était compatible avec les données historiques et se situait dans la fourchette d'exposition associée à un robuste renforcement de l'activité pharmacologique.

Les patients dont le débit de filtration glomérulaire estimé (DFGe) selon la formule de Cockcroft-Gault était < 50 mL/min  présentaient un profil d'innocuité similaire à celui des patients dont le DFGe était ≥ 50 mL/min; par conséquent, aucun ajustement de la dose de Genvoya n'est nécessaire chez les patients atteints d'une insuffisance rénale dont le DFGe est ≥ 30 mL/min. L'insuffisance hépatique légère et modérée n'a pas affecté significativement les expositions au TAF et au TFV. 

L'analyse de la pharmacocinétique par approche de population chez les patients infectés par le VIH dans des études de phase II et de phase III sur Genvoya a montré que les covariables du poids corporel, de l'âge, du sexe, de la fonction rénale et de la race n'ont aucun effet cliniquement significatif sur les expositions au TAF.

Le ténofovir alafénamide peut causer des interactions médicamenteuses cliniquement significatives lorsqu'il est administré en concomitance avec de puissants inducteurs du métabolisme des enzymes du cytochrome P450 (CYP450), du CYP3A4 ainsi qu'avec des inhibiteurs de la glycoprotéine P et de la protéine de résistance du cancer du sein. Cette mise en garde figure dans la monographie de produit de Genvoya.

Globalement, les données pharmacologiques cliniques appuient l'usage de Genvoya pour l'indication mentionnée. 

Pour obtenir des renseignements supplémentaires, consultez la monographie de produit de Genvoya  approuvée par Santé Canada et accessible par l'intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.

Efficacité clinique

L'efficacité clinique de Genvoya a été évaluée chez des patients infectés par le VIH-1 n'ayant jamais reçu de traitement antirétroviral et chez des patients ayant reçu un traitement antirétroviral et présentant une suppression virologique. Au total, 2394 patients ont été répartis aléatoirement ou recrutés et ont reçu au moins une dose de Genvoya dans le cadre de l'une des six études cliniques présentées à l'appui de la présentation de drogue nouvelle. De ce nombre, 88 patients (3,7 %) ont arrêté le traitement par Genvoya avant la fin de l'étude, les motifs les plus courants étant les effets indésirables (1,2 %, 29 patients), la perte de vue au suivi (0,9 %, 22 patients) et le retrait du consentement (0,8 %, 19 patients).

Au total, 1032 patients n'ayant jamais reçu de traitement antirétroviral ont été recrutés, répartis aléatoirement et ont reçu au moins une dose de Genvoya dans le cadre de l'une des cinq études suivantes : 866 patients adultes dans les études pivots de phase III GS-US-292-0104 et GS-US-292-0111, 112 patients adultes dans l'étude de phase II GS-US-292-0102, 6 patients adultes atteints d'une insuffisance rénale légère à modérée dans l'étude de phase III GS-US-292-0112 et 48 patients adolescents dans l'étude de phases II/III GS-US-292-0106. Dans les deux études pivots (GS-US-292-0104 et GS-US-292-0111), les patients ont été répartis de façon aléatoire selon un ratio 1:1 dans deux groupes, soit le groupe recevant Genvoya une fois par jour et celui recevant Stribild, un comparateur actif, une fois par jour.

Dans le cadre de trois études, un total de 1362 patients adultes ayant reçu un traitement antirétroviral et présentant une suppression virologique, ont été répartis aléatoirement ou recrutés et ont reçu au moins une dose de Genvoya comme suit : 959 patients dans l'étude de phase III GS-US-292-0109, 161 patients dans l'étude de prolongation de phase II GS-US-292-0102 et 242 patients atteints d'une insuffisance rénale légère à modérée dans l'étude de phase III GS-US-292-0112. Dans l'étude de phase III GS-US-292-0109, on a évalué l'efficacité et l'innocuité du passage d'Atripla, de Truvada en association avec l'atazanavir (potentialisé par le cobicistat ou le ritonavir), ou de Stribild à Genvoya.

Les caractéristiques démographiques et initiales étaient généralement comparables entre les groupes de traitement de chacune des études. L'âge médian était de 33 à 41 ans chez les patients n'ayant jamais reçu de traitement antirétroviral ou présentant une suppression virologique. Dans l'étude GS-US-292-0112, l'âge médian des patients atteints d'une insuffisance rénale était de 54 ans dans la cohorte n'ayant jamais reçu de traitement antirétroviral et de 58 ans dans la cohorte présentant une suppression virologique. Dans ces études, on comptait 87 patients âgés de ≥ 65 ans. L'âge médian des patients adolescents dans l'étude GS-US-292-0106 était de 15 ans (fourchette : de 12 à 17 ans). Dans les études pivots, le pourcentage de femmes n'ayant jamais reçu de traitement antirétroviral et présentant une suppression virologique était de 10 à 15 %, d'environ 20 % au sein de la population atteinte d'une insuffisance rénale et de 58 % au sein de la population adolescente. Dans le cadre de ces études, la plupart des patients adultes étaient de race blanche (de 55 % à 70 % environ) et de race noire (de 20 % à 30 % environ), tandis que la majorité des patients adolescents étaient de race noire (87,5 %) et le reste, d'origine asiatique (12,5 %).

Le paramètre primaire d'efficacité chez les adultes n'ayant jamais reçu de traitement antirétroviral et présentant une suppression virologique était le pourcentage de patients présentant < 50 copies/mL d'acide ribonucléique (ARN) du VIH-1 à la semaine 48 déterminé au moyen de l'algorithme instantané de la Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis dans le groupe d'analyse complet. Selon les résultats regroupés des patients n'ayant jamais reçu de traitement antirétroviral dans les études pivots GS-US-292-0104 et GS-US-292-0111, Genvoya s'est révélé non inférieur à Stribild, et 92 % des patients traités par Genvoya ont répondu au critère d'efficacité primaire comparativement à 90 % dans le cas des patients traités par Stribild [intervalle de confiance (IC) à 95 % : -0,7, 4,7 %]. Le pourcentage de patients ayant présenté un échec virologique et les raisons de cet échec étaient comparables dans le groupe traité par Genvoya et le groupe traité par Stribild (3,6 % et 4,0 %, respectivement). Le taux d'échec virologique était d'environ 1 % dans chacun des groupes de traitement.

Le paramètre d'efficacité primaire dans les études ouvertes menées chez les patients adultes ou adolescents atteints d'une insuffisance rénale était le pourcentage de patients présentant < 50 copies/mL d'ARN du VIH-1 à la semaine 24 déterminé au moyen de l'algorithme instantané de la FDA des États-Unis dans le groupe d'analyse complet. Le pourcentage de patients présentant une suppression virologique et atteints d'une insuffisance rénale légère à modérée qui ont répondu au critère d'efficacité primaire après leur passage à Genvoya dans l'étude GS-US-292-0112 était de 95,0 %, sans égard à la valeur initiale du DFGe selon la formule Cockcroft-Gault (< 50 mL/min ou ≥ 50 mL/min). Trois patients (1,2 %) ont présenté un échec virologique. Chez les adolescents n'ayant jamais reçu de traitement antirétroviral, 21 patients sur 23 (91,3 %) ont répondu au critère d'efficacité primaire. Deux patients (8,7 %) ont présenté un échec virologique à la semaine 24; cependant ces deux patients présentaient < 50 copies/mL d'ARN du VIH-1 lors de leurs analyses ultérieures.
 
Le paramètre d'efficacité primaire chez les adultes n'ayant jamais reçu de traitement antirétroviral dans les études pivots GS-US-292-0104 et GS-US-292-0111 a été évalué pour les sous-groupes suivants : âge (< 50 ans et ≥ 50 ans), sexe, race (noire et non noire), numération lymphocytaire CD4 initiale (< 200 et ≥ 200 cellules/µL, charge virale initiale (ARN du VIH-1 ≤ 100000 et > 100000 copies/mL), région (États-Unis et à l'extérieur des États-Unis) et observance du traitement à l'étude (< 95 % et ≥ 95 %). L'analyse des sous-groupes de patients présentant une suppression virologique ne comprenait pas la charge virale initiale ou la numération lymphocytaire CD4 initiale et comprenait le paramètre d'efficacité primaire et la variation par rapport à la numération lymphocytaire CD4 initiale du traitement antérieur. Chez les patients atteints d'une insuffisance rénale et présentant une suppression virologique, l'analyse des sous-groupes ne comprenait pas la charge virale initiale ou la numération lymphocytaire CD4 initiale, et aucune analyse des sous-groupes n'a été effectuée chez les patients adolescents. Aucune différence significative n'a été observée en ce qui concerne l'efficacité de Genvoya entre les sous-groupes de l'analyse des résultats regroupés des deux études pivots menées auprès des adultes n'ayant jamais reçu de traitement antirétroviral, des patients présentant une suppression virologique ou des patients atteints d'une insuffisance rénale.
 
Les paramètres d'efficacité secondaires comprenaient le pourcentage de patients adultes présentant < 20 copies/mL d'ARN du VIH-1, le pourcentage de patients présentant < 50 copies/mL d'ARN du VIH-1, la variation par rapport au début de l'étude du nombre de copies d'ARN plasmatique du VIH-1 chez les patients n'ayant jamais reçu de traitement antirétroviral et la variation par rapport au début de l'étude de la numération lymphocytaire CD4. Parmi les patients n'ayant jamais reçu de traitement antirétroviral et ceux présentant une suppression virologique, les pourcentages de patients qui ont répondu aux critères d'efficacité secondaires étaient similaires dans le groupe traité par Genvoya et le groupe traité par un comparateur actif. 

Lors de l'analyse des résultats regroupés des patients n'ayant jamais reçu de traitement antirétroviral et présentant un échec virologique confirmé, on a observé l'apparition d'une ou de plusieurs mutations primaires de l'elvitégravir, de l'emtricitabine ou du ténofovir alafénamide associées à la résistance chez 0,7 % des patients traités par Genvoya et chez 0,8 % des patients traités par Stribild. Les mutations survenues dans le groupe traité par Genvoya étaient les mutations M184V [nombre de patients (N) = 7] et K65R (N = 1) dans la transcriptase inverse, et les mutations T66T/A/I/V (N = 2), E92Q (N = 2), Q148Q/R (N = 1) et N155H (N = 1) dans l'intégrase. Quant au groupe traité par Stribild, les mutations survenues étaient les mutations M184V/I (N = 7) et K65R (N = 2) dans la transcriptase inverse, et les mutations E92E/Q (N = 3) et Q148R (N = 2) dans l'intégrase. Tous les patients chez qui des mutations de résistance à l'elvitégravir sont apparues ont présenté des mutations de résistance à l'emtricitabine et à l'elvitégravir.

On a constaté que 4 patients du groupe traité par Genvoya (4/14, 29 %) et que 4 patients du groupe traité par Stribild (4/15, 27 %) avaient des isolats du VIH-1 à sensibilité réduite à l'elvitégravir, et que 6 patients (43 %) affichaient une sensibilité réduite à l'emtricitabine dans le groupe traité par Genvoya comparativement à 5 patients (33 %) dans le groupe traité par Stribild. Dans les deux groupes, aucun patient ne présentait une sensibilité réduite au ténofovir. On a relevé 1 patient présentant une suppression virologique chez qui une résistance à Genvoya est apparue en raison d'une mutation M184M/I. On n'a constaté ni résistance croisée à l'emtricitabine ou au ténofovir dans les isolats du VIH-1 résistants à l'elvitégravir ni résistance croisée à l'elvitégravir dans les isolats résistants à l'emtricitabine ou au ténofovir.

Pour de plus amples renseignements, consultez la monographie de produit de Genvoya approuvée par Santé Canada et accessible par l'intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.

Indication

La présentation de drogue nouvelle portant sur Genvoya a été déposée pour l'indication suivante :

Genvoya (150 mg  d'elvitégravir/150 mg de cobicistat/200 mg d'emtricitabine/10 mg de ténofovir alafénamide) est indiqué dans le traitement de l'infection par le virus de l'immunodéficience humaine de type 1 (VIH-1) chez les patients adultes et pédiatriques âgés de 12 ans et plus qui ne présentent aucune mutation connue associée à une résistance aux composants individuels de Genvoya.

Pour garantir une utilisation sûre et efficace du produit, Santé Canada a recommandé l'indication suivante :

Genvoya (150 mg d'elvitégravir/150 mg de cobicistat/200 mg d'emtricitabine/10 mg de ténofovir alafénamide) est indiqué comme traitement complet contre l'infection par le virus de l'immunodéficience humaine de type 1 (VIH-1) chez les patients adultes et pédiatriques âgés de 12 ans et plus (et pesant ≥ 35 kg) qui ne présentent aucune mutation connue associée à une résistance aux composants individuels de Genvoya.

Innocuité Clinique

L'innocuité clinique de Genvoya a été évaluée dans le traitement complet contre l'infection par le VIH-1 chez les patients adultes et pédiatriques âgés de 12 ans et plus (et pesant ≥ 35 kg). Une évaluation de l'innocuité est basée sur les données regroupées à la semaine 48 de deux études comparatives pivots de phase III, soit les études GS-US-292-0104 et GS-US-292-0111, au cours desquelles un total de 866 patients adultes n'ayant jamais reçu de traitement antirétroviral ont été traités par Genvoya une fois par jour. On a évalué les nouveaux effets indésirables de Genvoya dans l'étude clinique ouverte GS-US-292-0109 menée chez des patients présentant une suppression virologique qui étaient passés d'un traitement d'association contenant du fumarate de ténofovir disoproxil (TDF) à Genvoya (N = 959). Genvoya a également été évalué pendant 24 semaines dans le cadre de l'étude clinique ouverte GS-US-292-0112 portant sur 248 patients infectés par le VIH-1 qui soit n'avaient jamais reçu de traitement (N = 6), soit présentaient une suppression virologique (N = 242) et une insuffisance rénale légère à modérée (DFGe selon la formule de Cockcroft-Gault de 30 à 69 mL/min). L'innocuité de Genvoya chez des patients pédiatriques âgés de 12 à < 18 ans infectés par le VIH-1 n'ayant jamais reçu de traitement a été évaluée pendant 24 semaines dans l'étude clinique ouverte GS-US-292-0106. Pour de plus amples renseignements sur les études cliniques, consultez la section Efficacité clinique).

Le profil d'innocuité de Genvoya était généralement similaire chez les patients adultes infectés par le VIH-1 n'ayant jamais reçu de traitement antirétroviral, présentant une suppression virologique et atteints d'une insuffisance rénale, et chez les patients adolescents n'ayant jamais reçu de traitement antirétroviral (âgés de 12 à < 18 ans). Chez les patients adultes n'ayant jamais reçu de traitement antirétroviral, les effets indésirables les plus fréquents étaient la diarrhée, les nausées, les céphalées et les infections des voies respiratoires supérieures. Les effets indésirables de grade 2 à 4 qui ont été attribués au médicament à l'étude et qui ont été signalés chez ≥ 1 % des patients traités par Genvoya ou Stribild étaient la diarrhée, les nausées, la fatigue et les céphalées. La proportion de patients qui ont arrêté le traitement par le médicament expérimental en raison d'un effet indésirable était de 0,9 % dans le groupe traité par Genvoya et de 1,5 % dans le groupe traité par Stribild.

Au total, 7 décès ont été signalés pendant les études de phase II et de phase III. Cinq des décès sont survenus chez les patients n'ayant jamais reçu de traitement antirétroviral, soit 2 patients dans le groupe traité par Genvoya (AVC embolique et intoxication alcoolique) et 3 patients dans le groupe traité par Stribild (arrêt cardiaque, surdose de drogues à usage récréatif et d'alcool, et infarctus aigu du myocarde). Dans le groupe traité par Genvoya, deux patients présentant une suppression virologique sont décédés pendant l'étude (choc septique et adénocarcinome pulmonaire de stade IV). Aucun des décès n'est considéré comme lié au traitement à l'étude par l'investigateur.

En comparant la variation médiane en pourcentage de la densité minérale osseuse (DMO) dans la hanche et dans la colonne vertébrale ou de la créatinine sérique, du DFGe et de la protéinurie en cours de traitement, on a constaté que les effets toxiques de Genvoya sur les os et les reins étaient significativement inférieurs à ceux du Stribild.

Chez les adultes n'ayant jamais reçu de traitement antirétroviral, on a observé chez un nombre moins élevé de patients traités par Genvoya, comparativement aux patients traités par Stribild, une diminution cliniquement significative (> 3 %) de la DMO dans la hanche (17 % et 50 %, respectivement) et de la DMO dans la colonne vertébrale (26 % et 46 %, respectivement) par rapport au début de l'étude. Comme un pourcentage important de patients traités par Genvoya ont présenté une diminution cliniquement significative de la DMO par rapport au début de l'étude, il a été recommandé que le promoteur continue de surveiller les effets sur les os de Genvoya dans le cadre du plan de gestion des risques. Dans les études menées chez des patients présentant une suppression virologique, des améliorations de la DMO ont été observées chez les patients qui étaient passés d'un traitement contenant du fumarate de ténofovir disoproxil (TDF) à Genvoya. Chez les patients atteints d'une insuffisance rénale, on a observé une augmentation de la DMO dans la hanche et dans la colonne vertébrale après le passage à Genvoya. Chez les adolescents, les variations de l'écart-type (É.-T.) moyen de la DMO par rapport au début de l'étude, exprimées par le score Z de la DMO rajusté selon la taille et l'âge dans la colonne vertébrale et dans le corps entier moins la tête, étaient de -0,08 (0,391) et de -0,10 (0,256), respectivement; cependant, on a observé chez 4 patients une aggravation du score Z de la DMO à la semaine 24. À la semaine 48, 2 de ces patients ont présenté une amélioration de la DMO, les données n'étaient pas disponibles pour un patient, et le quatrième patient a présenté une aggravation plus importante du score Z. Compte tenu de l'exposition limitée et de la petite taille de l'échantillon, ces observations ont été considérées comme significatives. Une mise en garde concernant les effets de Genvoya sur la DMO chez les patients adolescents a été ajoutée à la monographie de produit de Genvoya dans les sections Mises en garde et précautions, Effets indésirables et Essais cliniques. Dans toutes les études, l'incidence des fractures était faible et répartie également parmi les groupes de traitement, et les événements n'ont pas été considérés comme liés au médicament à l'étude par l'investigateur et ne se sont pas soldés par l'arrêt permanent du traitement par les médicaments à l'étude.

Lors des études de phase III menées chez des patients adultes présentant une fonction rénale normale, on a observé que 10 % ou moins des patients avaient une protéinurie de grade 1, 2 ou 3 au début de l'étude. Dans le cas des patients atteints d'une insuffisance rénale légère à modérée, 9,5 % des patients présentant une suppression virologique avaient une protéinurie de grade 2 (bandelette réactive), et 23,1 % des patients avaient une protéinurie de grade 1 au début de l'étude. Chez les patients adolescents, < 5 % présentaient une protéinurie au début de l'étude. Dans les études menées chez des patients adultes n'ayant jamais reçu de traitement antirétroviral, des augmentations plus faibles de la créatinine sérique, et de la protéinurie (bandelette réactive) ont été observées dans le groupe traité par Genvoya comparativement au groupe traité par Stribild par rapport au début de l'étude. Par rapport au début de l'étude, on a constaté une diminution de la protéinurie et de l'albuminurie dans le groupe traité par Genvoya comparativement à une augmentation de ces marqueurs par rapport au début de l'étude chez le groupe traité par Stribild. Dans les études où les patients présentant une suppression virologique sont passés d'un traitement à base de TDF à Genvoya, la variation de la créatinine sérique et du DFGe à la semaine 48 était minime, et on a constaté une diminution de la protéinurie (bandelette réactive) et de la protéinurie tubulaire. Chez les patients présentant une insuffisance rénale, on a observé une diminution de la protéinurie, de l'albuminurie et de la protéinurie tubulaire par rapport au début de l'étude après le passage du  traitement contenant du TDF à Genvoya. Les patients atteints d'une insuffisance rénale qui sont passés à Genvoya après avoir reçu un traitement autre que celui à base de TDF ont affiché une augmentation moyenne (ET) de la créatinine sérique de 0,05 (0,28) mg/dL   cependant, on a observé des améliorations significatives de la protéinurie, de l'albuminurie et de la protéinurie tubulaire. Selon les données d'une sous-étude sur l'isohexol menée auprès de patients atteints d'insuffisance rénale qui sont passés à Genvoya, aucun changement n'a été observé dans le DFG réel (DFGr) pendant 24 semaines, quel que soit le DFGe selon la formule de Cockcroft-Gault et sans égard à l'utilisation préalable de TDF. Chez les patients adolescents, les variations initiales de la créatinine sérique et du DFGe étaient compatibles avec l'inhibition par le cobicistat de la sécrétion tubulaire de la créatinine, qui se traduit par une augmentation de la créatinine sérique et une diminution du DFGe sans affecter le DFGr. Dans l'ensemble des études, aucun cas de néphropathie tubulaire proximale, y compris le syndrome Fanconi, et aucun résultat de laboratoire compatible avec une néphropathie tubulaire subclinique associé à Genvoya n'ont été signalés.

Dans toutes les études, les effets indésirables oculaires étaient rares, répartis assez également entre les groupes de traitement et considérés par l'investigateur comme non liés aux médicaments à l'étude. Chez les patients traités par Genvoya, on n'a observé aucun effet indésirable appartenant à la classe par système et organe (SOC) des affections oculaires évoquant une uvéite postérieure. Un patient adulte a abandonné le traitement par les médicaments à l'étude en raison de trois affections oculaires, qui n'étaient pas considérées comme liées aux médicaments à l'étude par l'investigateur. Un patient adolescent a présenté une uvéite intermédiaire, qui a été jugée liée au médicament à l'étude par l'investigateur, mais elle s'est résorbée alors que le patient poursuivait le traitement sans interruption.

Environ 20 % des patients adultes de l'ensemble des études et 8 % des patients adolescents ont présenté une anomalie des paramètres de laboratoire de grade 3 ou 4. Au nombre des anomalies les plus courantes figuraient les paramètres anormaux pour la créatinine kinase, les lipoprotéines de faible densité à jeun et la lipase (chez les patients qui avaient des taux d'amylase sérique > 1.5 la limite supérieure de la normale). Dans l'ensemble des études, les patients traités par Genvoya ont présenté une augmentation des lipides sériques par rapport au début de l'étude. Dans les études pivots menées chez les patients n'ayant jamais reçu de traitement antirétroviral, ces variations étaient plus importantes chez les patients traités par Genvoya par rapport à celles observées chez les patients traités Stribild. Cette information sur l'innocuité a été ajoutée à la section Effets indésirables de la monographie de produit de Genvoya. Dans l'ensemble des études, on n'a observé aucune variation cliniquement significative des valeurs médianes des paramètres hématologiques ou biochimiques par rapport aux caractéristiques initiales.

Dans toutes les études menées chez les patients adultes, 10 patients ont présenté des résultats d'électrocardiogramme cliniquement significatifs et 29 patients ont présenté des anomalies cliniquement significatives à l'électrocardiogramme qui ont été signalées comme un effet indésirable. Tous les effets indésirables à l'électrocardiogramme étaient sans gravité et aucun ne s'est traduit par l'arrêt du médicament à l'étude. Deux effets indésirables ont été jugés liés au médicament à l'étude par l'investigateur : des extrasystoles supraventriculaires et une fibrillation auriculaire chez un patient présentant une suppression virologique qui était passé au traitement par Genvoya, et des palpitations intermittentes chez un patient atteint d'une insuffisance rénale n'ayant jamais reçu de traitement antirétroviral qui était traité par Genvoya.

Les effets indésirables signalés et les anomalies d'analyses de laboratoire associées au traitement par Genvoya n'étaient pas affectés par le sexe, l'âge, la race, la concentration d'ARN du VIH-1, la numération lymphocytaire CD4, le traitement antérieur ou la région. Les patients dont le DFGe selon la formule de Cockcroft-Gault était < 50 mL/min présentaient un profil d'innocuité similaire aux patients dont le DFGe selon la formule de Cockcroft-Gault était ≥ 50 mL/min; en conséquence, aucun ajustement de la dose de Genvoya n'est nécessaire chez les patients atteints d'une insuffisance rénale affichant un DFGe ≥ 30 mL/min.

Pour de plus amples renseignements, consultez la monographie de produit de Genvoya approuvée par Santé Canada et accessible par l'intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.

7.2 Motifs non cliniques de la décision

Le produit pharmaceutique Genvoya renferme les ingrédients médicinaux suivants : elvitégravir, cobicistat, emtricitabine et ténofovir alafénamide. Les données non cliniques sur l'elvitégravir, le cobicistat et l'emtricitabine ont été examinées dans des présentations de drogues antérieures. L'examen des données non cliniques du ténofovir alafénamide (TAF) a été effectué dans le cadre de la présentation de drogue portant sur Genvoya.

Le programme non clinique portant sur le TAF appuie l'utilisation clinique précisée pour Genvoya. L'évaluation de l'innocuité du TAF a révélé que les reins et les os étaient les principaux organes cibles. La dose sans effet nocif observé (DSENO) chez le rat était environ 13 fois supérieure à la dose clinique et la DSENO chez le chien était environ 4 fois supérieure à la dose clinique (appuie sur l'exposition de ténofovir). Cependant, dans les études cliniques, on a observé une plus faible incidence des effets sur les reins et les os chez les patients traités par Genvoya comparativement aux patients ayant reçu le comparateur actif Stribild.

En ce qui concerne les études sur les animaux, des effets sur l'électrocardiogramme associés au TAF se sont produits au cours de l'étude de 9 mois sur le chien et comprenaient l'allongement des intervalles PR à une dose environ 15 fois supérieure à la dose clinique et la réduction de la fréquence cardiaque accompagnée d'un allongement de l'intervalle QT à une dose environ 47 fois supérieure à la dose clinique (appuie sur l'exposition de ténofovir). La DSENO était environ 4 fois supérieure à la dose clinique. Cependant, aucun effet sur l'électrocardiogramme n'a été observé au cours d'une étude clinique approfondie sur les intervalles QT/QTc à une dose suprathérapeutique 5 fois supérieure à la dose thérapeutique recommandée.

Dans les études sur la reproduction et le développement, le TAF s'est révélé non tératogène. Cependant, le TAF a été associé à une diminution du poids corporel du fœtus et à un retard d'ossification chez le rat (la DSENO était environ 10 fois supérieure à l'exposition clinique) et à une augmentation significative de l'incidence des anomalies externes et viscérales mineures chez le lapin (la DSENO était environ 17 fois supérieure à la dose clinique). La monographie de produit de Genvoya indique qu'il ne faut pas administrer Genvoya aux femmes enceintes, à moins que les bienfaits potentiels l'emportent sur les risques pour le fœtus.

Pour de plus amples renseignements, consultez la monographie de produit de Genvoya approuvée par Santé Canada et accessible par l'intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.

7.3 Motifs d'ordre qualitatif

Le produit pharmaceutique Genvoya renferme les ingrédients actifs suivants : elvitégravir, cobicistat, emtricitabine et ténofovir alafénamide. L'elvitégravir, le cobicistat et l'emtricitabine sont trois ingrédients actifs qui sont utilisés dans Stribild, et la référence au produit pharmaceutique approuvé a été fournie, étant donné que les caractéristiques chimiques et la fabrication de ces ingrédients actifs demeurent les mêmes. Quant au ténofovir alafénamide, les données complètes sur les caractéristiques chimiques et la fabrication de cet ingrédient actif ont été fournies, et sont jugées acceptables.

L'information soumise sur les caractéristiques chimiques et la fabrication de Genvoya montre que les substances médicamenteuses et le produit pharmaceutique peuvent être fabriqués de façon à répondre systématiquement aux spécifications approuvées. Des études appropriées sur l'élaboration et la validation ont été menées, et des contrôles adéquats sont en place pour la commercialisation. Les modifications apportées au procédé de fabrication et à la formulation tout au long de l'élaboration du produit pharmaceutique sont jugées acceptables. D'après les données sur la stabilité présentée, on estime que la durée de conservation proposée de 24 mois est acceptable lorsque le produit est conservé à une température inférieure à 30 °C.

On estime que les limites proposées concernant les impuretés liées au médicament ont été raisonnablement qualifiées, c'est-à-dire qu'elles se situent dans les limites établies par l'International Conference on Harmonisation (ICH) et/ou qu'elles sont qualifiées à partir d'études toxicologiques.

Toutes les installations participant à la production sont conformes aux bonnes pratiques de fabrication.

Tous les ingrédients non médicinaux (décrits ci-dessus) présents dans le produit pharmaceutique sont autorisés en vertu du Règlement sur les aliments et drogues pour un usage dans les médicaments.

Le lactose monohydraté utilisé pour la fabrication des comprimés de Genvoya provient de lait de vache propre à la consommation humaine. Le lactose monohydraté est fabriqué conformément à la Note explicative concernant la réduction du risque de transmission des agents des encéphalopathies spongiformes animales par les médicaments à usage humain et vétérinaire (EMEA/410/01 Révision 2). Une lettre de confirmation provenant du fournisseur actuel a été fournie.

Le stéarate de magnésium utilisé pour la fabrication des comprimés provient exclusivement de sources végétales. Toutes les autres matières utilisées pour la fabrication du noyau des comprimés sont d'origine végétale, minérale ou synthétique. L'enrobage des comprimés ne renferme aucune matière d'origine humaine ou animale.