Sommaire des motifs de décision portant sur Zepatier
Décisions d'examen
Le sommaire des motifs de décision explique les raisons pour lesquelles un produit a reçu une autorisation de vente au Canada. Le document comprend les considérations portant sur la réglementation, l’innocuité, l’efficacité et la qualité (sur le plan de la chimie et de la fabrication).
Type de produit:
- Ce document est une traduction française du document anglais approuvé.
Les sommaires des motifs de décision (SMD) présentent des renseignements sur l'autorisation initiale d'un produit. Le SMD portant sur Zepatier est accessible ci-dessous.
Activité récente relative à Zepatier
Les SMD relatifs aux médicaments autorisés après le 1er septembre 2012 seront mis à jour afin d'inclure des renseignements sous forme de tableau des activités postautorisation (TAPA). Le TAPA comprendra de brefs résumés d'activités telles que la présentation de demandes de nouvelles utilisations, ainsi que les décisions de Santé Canada (positives ou négatives). Les TAPA seront mis à jour régulièrement en ce qui a trait aux activités postautorisation tout au long du cycle de vie du produit.
Tableau des activités postautorisation (TAPA) portant sur Zepatier
Mise à jour :
Le tableau suivant décrit les activités postautorisation menées à l'égard de Zepatier, un produit dont les ingrédients médicinaux sont elbasvir et grazoprévir. Pour en savoir plus sur le type de renseignements présentés dans les TAPA, veuillez consulter la Foire aux questions : Phase II du projet de sommaires des motifs de décision (SMD) et à la liste des abréviations qui se trouvent dans les TAPA.
Pour de plus amples renseignements sur le processus de présentation de drogues, consultez le document intitulé Gestion des présentations et des demandes de drogues.
Identification numérique de drogue (DIN):
- DIN 02451131 - 50 mg d'elbasvir et 100 mg de grazoprévir, comprimé, administration orale
Tableau des activités postautorisation (TAPA)
| Type et numéro d'activité ou de présentation | Date de présentation | Décision et date | Sommaire des activités |
|---|---|---|---|
| DIN 02451131 annulé (après commercialisation) | Sans objet | Date de cessation :2022-08-16 | Le fabricant a avisé Santé Canada que la vente du médicament a été suspendue après la mise sur le marché. Santé Canada a annulé le DIN conformément à l’alinéa C.01.014.6(1)a) du Règlement sur les aliments et drogues. |
| SPDN Nº 245140 | 2020-12-04 | Délivrance d'un AC2021-03-18 | Présentation déposée en tant que Niveau II – Supplément (innocuité) afin de mettre à jour la MP. Les changements font suite à la lettre d'annonce de Santé Canada, du 2020-10-26, demandant des modifications liées au risque de décompensation hépatique et d'insuffisance hépatique. La présentation a été examinée et est considérée acceptable. A cause du SPDN, des modifications ont été effectuées aux sections suivantes de la MP : Mises en gardes et précautions, et Effets indésirables. Des modifications correspondantes ont été effectuées à la partie III intitulée Renseignements pour les patients sur les médicaments. Un AC a été délivré. |
| Résumé de l'examen de l'innocuité | Sans objet | Publié2020-12-02 | Résumé de l’examen de l’innocuité publié pour les antiviraux à action directe contenant un inhibiteur de protéase (Évaluation des risques potentiels de décomposition hépatique et d'insuffisance hépatique). |
| PM Nº 237321 | 2020-03-19 | Délivrance d'une LNO2020-05-11 | Présentation déposée en tant que Niveau II (90 jours) - Préavis de modification afin de mettre à jour la MP en ajoutant de nouveaux renseignements sur l'innocuité. A cause du PM, des modifications ont été effectuées aux sections suivantes de la MP : Mises en gardes et précautions, et Interactions médicamenteuses. Des modifications correspondantes ont été effectuées à la partie III intitulée Renseignements pour les patients sur les médicaments. La présentation a été examinée et est considérée acceptable. Une LNO a été délivrée. |
| Résumé de l'examen de l'innocuité | Sans objet | Publié2020-04-02 | Résumé de l’examen de l’innocuité publié pour les antiviraux à action directe (Évaluation du risque d'apparition ou de récidive d'un cancer du foie appelé carcinome hépatocellulaire). |
| Résumé de l'examen de l'innocuité | Sans objet | Publié2020-02-17 | Résumé de l’examen de l’innocuité publié pour les antiviraux à action directe (Évaluation du risque d'anomalies du taux de sucre dans le sang [dysglycémie]). |
| Nouvel examen de l'innocuité | Sans objet | Débuté entre2019-12-01 | Santé Canada a débuté un examen de l’innocuité pour Zepatier lié à l'insuffisance hépatique (défaillance du foie) et décompensation hépatique (aggravation de la fonction hépatique). |
| SPDN Nº 223174 | 2018-12-20 | Délivrance d'un AC2019-06-28 | Présentation déposée en tant que Niveau I - Supplément afin d'ajouter un site de fabrication et d'essai de la substance médicamenteuse. Les données ont été examinées et sont considérées acceptables. Un AC a été délivré. |
| Nouvel examen de l'innocuité | Sans objet | Débuté entre2019-02-01 | Santé Canada a débuté un examen de l’innocuité pour Zepatier lié à la dysglycémie (anomalie de la stabilité du sucre dans le sang - peut inclure une hypoglycémie ou une hyperglycémie). |
| Nouvel examen de l'innocuité débuté par Santé Canada | Sans objet | Débuté entre2018-12-01 | Santé Canada a débuté un examen de l’innocuité pour Zepatier lié au carcinome hépatocellulaire (cancer du foie). |
| PM Nº 204225 | 2017-03-29 | Délivrance d'une LNO2017-06-29 | Présentation déposée en tant que Niveau II (90 jours) - Préavis de modification (changements relatifs à la gestion du risque) pour mettre à jour l'MP afin d'y apporter des modifications touchant. A cause du MP, des modifications ont été effectuées dans la section Interactions médicamenteuses de la MP. Des modifications correspondantes ont été effectuées à la partie III de l'MP intitulée Renseignements pour le consommateur. La présentation a été examinée et est considérée acceptable. Une LNO a été délivré. |
| SPDN Nº 202393 | 2017-03-01 | Délivrance d'une LNO2017-05-26 | Présentation déposée en tant que Niveau I - Supplément pour mettre à jour la MP concernant la réactivation de l'hépatite B chez les patients coinfectés par le virus de l'hépatite C et celui de l'hépatite B à la suite d'une demande d'étiquetage par classe de Santé Canada auprès du promoteur, en date du 2 février 2017. A cause du SPDN, des modifications ont été effectuées aux sections suivantes de l'MP : Encadré « Mises en garde et précautions importantes », et Mises en gardes et précautions. Des modifications correspondantes ont été effectuées à la partie III de l'MP intitulée Renseignements pour le consommateur. La présentation a été examinée et est considérée acceptable. Un AC a été délivrée. Le profil avantages-risques de Zepatier reste favorable s'il est utilisé pour l'indication pour laquelle le produit a été approuvé. |
| PM Nº 201181 | 2016-12-14 | Délivrance d'une Lettre de non-opposition2017-03-21 | Présentation déposée en tant que Niveau II (90 jours) - Préavis de modification (changements relatifs à la gestion du risque) afin de clarifier la section Contre-indications de la monographie de produit. A cause du PM, des modifications ont été effectuées aux sections suivantes de la monographie de produit : Contre-indications, et Interactions médicamenteuses. Des modifications correspondantes ont été effectuées à la partie III de la monographie de produit intitulée Renseignements pour les patients sur les médicaments. La présentation a été examinée et est considérée acceptable. Une Lettre de non-opposition a été délivrée. |
| Mise à jour publiée | Sans objet | Publiée2016-12-01 | Mise à jour publiée (Les antiviraux à action directe servant à traiter l'hépatite C pourraient réactiver l'hépatite B), présentant des renseignements importants en matière d'innocuité à l'intention du grand public, des professionnels de la santé, et des hôpitaux. |
| Résumé de l'examen de l'innocuité publié | Sans objet | Publiée2016-12-01 | Résumé de l'examen de l'innocuité publié pour les antiviraux à action directe, avec une évaluation du risque potentiel de réactivation du virus de l'hépatite B. |
| Nouvel examen de l'innocuité débuté par Santé Canada | Sans objet | Débuté entre2016-07-01 | Santé Canada a débuté deux examens de l'innocuité pour antiviraux à action directe indiqués dans le traitement de l'hépatite C lié à la récidive précoce potentielle du carcinome hépatocellulaire (cancer du foie) et la réactivation de l'hépatite B. |
| PM Nº 193658 | 2016-03-22 | Délivrance d'une Lettre de non-opposition2016-07-22 | Présentation déposée en tant que Niveau II (90 jours) - Préavis de modification (changements relatifs à la gestion du risque) afin de mettre à jour la monographie de produit. A cause du PM, des modifications ont été effectuées aux sections suivantes de la monographie de produit : Contre-indications (rédactionnelle), Effets indésirables, Interactions médicamenteuses, et des autres. Des modifications correspondantes ont été effectuées à la partie III de la monographie de produit intitulée Renseignements pour les patients sur les médicaments. La présentation a été examinée et est considérée acceptable. Une Lettre de non-opposition a été délivrée. |
| Avis de mise en marché d'un produit pharmaceutique Identification numérique de drogue (DIN) 02451131 | Sans objet | Date de la première vente :2016-01-25 | Le fabricant a informé Santé Canada de la date de la première vente conformément à la disposition C.01.014.3 du Règlement sur les aliments et drogues. |
| Présentation de drogue nouvelle (PDN) Nº 185866 | 2015-06-30 | Délivrance d'un Avis de conformité (AC)2016-01-19 | Délivrance d'un Avis de conformité relatif à une Présentation de drogue nouvelle. |
Sommaire des motifs de décision (SMD) portant sur Zepatier
SMD émis le : 2016-03-15
L'information suivante concerne la présentation de drogue nouvelle pour Zepatier.
Elbasvir et grazoprévir
50 mg d'elbasvir et 100 mg de grazoprévir, comprimé, voie orale
Identification(s) numérique(s) de drogue(s):
- 02451131
Merck Canada Inc.
Présentation de drogue nouvelle, numéro de contrôle : 185866
Le 19 janvier 2016, Santé Canada a émis, à l'intention de Merck Canada Inc., un avis de conformité du produit pharmaceutique Zepatier.
L'autorisation de mise sur le marché s'appuie sur l'information sur la qualité (chimie et fabrication) ainsi que sur les études non cliniques (pharmacologie et toxicologie) et cliniques présentées (pharmacologie, innocuité et efficacité). Après avoir examiné les données reçues, Santé Canada estime que Zepatier a un profil avantages/risques favorable au traitement de l'infection chronique par les génotypes 1, 3 ou 4 du virus de l'hépatite C (VHC) chez l'adulte et est administré de la façon suivante :
Sans ribavirine :
- chez les patients infectés par le génotype (GT) 1 ou 4, naïfs de traitement (NT) ou rechuteurs après un traitement par PEG-interféron alpha et ribavirine (PR) (pendant 12 semaines)
- chez les patients GT1, rechuteurs après un traitement associant un inhibiteur de la protéase (IP) et PR (pendant 12 semaines)
- chez les patients GT1b, NT et non cirrhotiques (pendant 8 semaines)
- chez les patients GT1b ayant connu un échec virologique pendant un traitement avec PR ou PR+IP (pendant 12 semaines)
Avec ribavirine :
- chez les patients GT1a ayant connu un échec virologique pendant un traitement avec PR ou PR+IP (pendant 16 semaines)
- chez les patients GT4 ayant connu un échec virologique pendant un traitement avec PR+IP (pendant 16 semaines)
Avec sofosbuvir :
- chez les patients GT3 naïfs de traitement (pendant 12 semaines).
1 Sur quoi l'autorisation porte-t-elle?
Zepatier, un agent antiviral, a été autorisé pour le traitement de l'infection chronique par les génotypes 1, 3 ou 4 du virus de l'hépatite C (VHC) chez l'adulte et est administré de la façon suivante :
Sans ribavirine :
- chez les patients infectés par le génotype (GT) 1 ou 4, naïfs de traitement (NT) ou rechuteurs après un traitement par PEG-interféron alpha et ribavirine (PR) (pendant 12 semaines)
- chez les patients GT1, rechuteurs après un traitement associant un inhibiteur de la protéase (IP) et PR (pendant 12 semaines)
- chez les patients GT1b, NT et non cirrhotiques (pendant 8 semaines)
- chez les patients GT1b ayant connu un échec virologique pendant un traitement avec PR ou PR+IP (pendant 12 semaines)
Avec ribavirine :
- chez les patients GT1a ayant connu un échec virologique pendant un traitement avec PR ou PR+IP (pendant 16 semaines)
- chez les patients GT4 ayant connu un échec virologique pendant un traitement avec PR+IP (pendant 16 semaines)
Avec sofosbuvir :
- chez les patients GT3 naïfs de traitement (pendant 12 semaines).
Le nombre de patients âgés ayant participé aux études cliniques (N = 187) était limité. Aucune différence globale quant à l'innocuité ou à l'efficacité n'a été observée chez ces patients.
L'innocuité et l'efficacité de Zepatier n'ont pas été établies chez les patients de moins de 18 ans.
Zepatier est contre-indiqué chez les patients qui présentent une hypersensibilité au produit, à un ingrédient de la formulation ou à un composant du contenant. Si Zepatier est administré avec de la ribavirine ou du sofosbuvir, les contre-indications de la ribavirine ou du sofosbuvir s'appliquent également au traitement d'association.
Zepatier est contre-indiqué chez les patients qui présentent une insuffisance hépatique modérée ou sévère. Zepatier est contre-indiqué avec les inhibiteurs des polypeptides transporteurs d'anions organiques de type 1B (OATP1B), les inducteurs puissants du cytochrome P450 3A (CYP3A) ou l'éfavirenz.
Zepatier a été autorisé selon les conditions d'utilisation décrites dans la monographie de produit de Zepatier, en tenant compte des risques potentiels associés à l'administration de ce produit pharmaceutique.
Zepatier (50 mg d'elbasvir/100 mg de grazoprévir) se présente sous forme de comprimé. En plus des deux ingrédients médicinaux, chaque comprimé contient également du dioxyde de silice colloïdal, de la copovidone, du croscarmellose sodique, de l'hypromellose, du lactose monohydraté, du stéarate de magnésium, du mannitol, de la cellulose microcristalline, du chlorure de sodium, du laurylsulfate de sodium, et de la vitamine E succinate de polyéthylèneglycol. Les comprimés sont enrobés d'une pellicule qui contient les ingrédients inactifs suivants : cire de carnauba, oxyde ferrosoferrique, hypromellose, oxyde de fer rouge, oxyde de fer jaune, lactose monohydraté, dioxyde de titane et triacétine.
Pour de plus amples renseignements, veuillez consulter les sections Motifs d'ordre clinique, non clinique et qualitatif (caractéristiques chimiques et fabrication).
Pour obtenir des renseignements supplémentaires, consulter également la monographie de produit Zepatier approuvée par Santé Canada et accessible par l'intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.
2 Pourquoi Zepatier a-t-il été autorisé?
Santé Canada estime que Zepatier a un profil avantages/risques favorable au traitement de l'infection chronique par les génotypes 1, 3 ou 4 du virus de l'hépatite C (VHC) chez l'adulte et est administré de la façon suivante :
Sans ribavirine :
- chez les patients infectés par le génotype (GT) 1 ou 4, naïfs de traitement (NT) ou rechuteurs après un traitement par PEG-interféron alpha et ribavirine (PR) (pendant 12 semaines)
- chez les patients GT1, rechuteurs après un traitement associant un inhibiteur de la protéase (IP) et PR (pendant 12 semaines)
- chez les patients GT1b, NT et non cirrhotiques (pendant 8 semaines)
- chez les patients GT1b ayant connu un échec virologique pendant un traitement avec PR ou PR+IP (pendant 12 semaines)
Avec ribavirine :
- chez les patients GT1a ayant connu un échec virologique pendant un traitement avec PR ou PR+IP (pendant 16 semaines)
- chez les patients GT4 ayant connu un échec virologique pendant un traitement avec PR+IP (pendant 16 semaines)
Avec sofosbuvir :
- chez les patients GT3 naïfs de traitement (pendant 12 semaines).
Le virus de l'hépatite C (VHC) est un problème de santé qui touche plus de 150 millions de personnes dans le monde. À ce jour, six génotypes de VHC ont été découverts. Le génotype de VHC le plus courant est le génotype (GT) 1, puis le GT3 et le GT2. Au Canada, les GT4, GT5 et GT6 représentent moins de 5 % des cas. Généralement, l'infection chronique par le virus de l'hépatite C (VHC) ne se résorbe pas d'elle-même et, sans traitement, elle évolue, dans la plupart des cas, en fibrose, en cirrhose et en maladie hépatique terminale, y compris la cirrhose décompensée et le carcinome hépatocellulaire, si la maladie n'est pas traitée.
Les options actuelles pour traiter l'infection par le VHC reposent principalement sur des schémas à base d'antiviraux à action directe (AAD), qui sont généralement très efficaces et provoquent moins de réactions indésirables que les options thérapeutiques antérieures. Il existe quelques options de traitement pour les patients infectés par le génotype 1 (GT1) et le génotype 3 (GT3). Dans le cas du GT3, l'utilisation combinée d'un ou de deux antiviraux à action directe (AAD) et de la ribavirine est nécessaire pour obtenir une réponse virologique soutenue 12 semaines après le traitement (RVS12). Bien que la prévalence de l'infection par le GT4 soit faible au Canada, une option thérapeutique est cliniquement requise pour ce génotype, en particulier chez les patients cirrhotiques ayant reçu un traitement antérieur. Des études sont nécessaires sur le traitement de l'hépatite C chronique par des AAD chez certaines populations particulièrement difficiles à traiter, comme les patients atteints d'une néphropathie chronique à un stade avancé, d'une néphropathie au stade terminal sous hémodialyse ou ceux qui reçoivent une greffe de rein. Les résultats des études sur Zepatier ont offert une nouvelle option pour le traitement des infections chroniques par le VHC, en particulier dans les populations difficiles à traiter susmentionnées.
L'innocuité et l'efficacité de Zepatier ont été évaluées dans le cadre de huit études cliniques auprès d'environ 1800 patients atteints d'une infection chronique par le VHC de GT1, GT3 ou GT4 et présentant une maladie du foie compensée (avec ou sans cirrhose). L'efficacité a été démontrée d'après le paramètre primaire, à savoir la réponse virologique soutenue lors de la visite de suivi à 12 semaines (RVS12), définie par un taux d'acide ribonucléique (ARN) de VHC inférieur à la limite inférieure de quantification (LIQ) 12 semaines après la fin du traitement de 12 semaines.
Un traitement de 12 semaines par Zepatier a permis d'obtenir une RVS12 de 95 % chez les patients atteints d'une hépatite C chronique de GT1 ou GT4 naïfs de traitement. Les patients atteints d'une hépatite C chronique de GT1 ou GT4 ayant connu un échec thérapeutique après un traitement par PEG-interféron alpha et ribavirine ont obtenu une RVS12 de 100 %. Le traitement de huit semaines par Zepatier (sans ribavirine) s'est révélé efficace chez les patients GT1b naïfs de traitement et non cirrhotiques, qui ont obtenu une RVS12 de 94 %, tandis qu'il a fallu 12 semaines de traitement chez les patients ayant connu un échec thérapeutique après un traitement par PEG-interféron alpha et ribavirine ou bien avec un inhibiteur de protéase, du PEG-interféron alpha et de la ribavirine (RVS12 de 98 %). Le traitement de 12 semaines par Zepatier et ribavirine a permis d'obtenir une RVS12 de 93 % chez les patients GT1a ayant connu un échec thérapeutique après un traitement associant un inhibiteur de protéase, du PEG-interféron alpha et de la ribavirine. Toutefois, ce schéma s'accompagnant d'un taux de rechute de 4 %, comparativement à 0 % avec le schéma de 16 semaines, on recommande un traitement de 16 semaines pour la population GT1a ayant connu un échec thérapeutique antérieur.
Chez les patients GT1a ou GT4 ayant connu un échec thérapeutique après un traitement par PEG-interféron alpha et ribavirine, y compris ceux atteints d'une cirrhose compensée, Zepatier s'est révélé efficace en association avec la ribavirine pendant 16 semaines de traitement (RVS12 globale de 95 % pour le GT1a et de 100 % pour le GT4). Des taux similaires de RVS12 ont été atteints chez les patients GT1a ou GT4 cirrhotiques ayant connu un échec thérapeutique antérieur. L'efficacité clinique de Zepatier chez les patients GT3 naïfs de traitement, avec ou sans cirrhose, a également été démontrée avec un traitement de 12 semaines en association avec du sofosbuvir (RVS12 de 92 %).
L'efficacité clinique de Zepatier était comparable chez les patients GT1 ou GT4 infectés également par le VIH-1 avec des schémas thérapeutiques similaires. En outre, l'efficacité clinique du traitement de 12 semaines par Zepatier a également été démontrée chez les patients GT1 ayant reçu un traitement antérieur qui sont atteints d'une insuffisance rénale sévère ou d'une néphropathie en stade terminal, y compris ceux qui reçoivent une hémodialyse régulière.
Dans les études sur Zepatier, le motif le plus courant des quelques échecs thérapeutiques observés était la rechute lors d'une visite de suivi, que le patient ait reçu ou non un traitement antérieur et qu'il présente ou non une cirrhose. Ces échecs étaient associés principalement aux polymorphismes de la protéine non structurale 5A (NS5A) à l'état initial du VHC aux positions 28, 30, 31, 58 et 93. Chez les patients infectés par le GT1a, la présence de variantes associées à une résistance (VAR) à la protéine NS5A à l'état initial, qui réduisent de plus de cinq fois l'activité de l'elbasvir in vitro (7 % [55/825] dans les populations où l'efficacité combinée a été évaluée) était associée à une réduction substantielle de l'efficacité clinique, en particulier chez les patients dont la charge virale initiale du VHC était élevée (RVS12 : 47 % [23/49] dans les populations où l'efficacité combinée a été évaluée). Le taux de RVS12 n'était pas touché chez les patients infectés par le GT1b et le GT4, porteurs de polymorphismes de la NS5A à l'état initial.
Zepatier était globalement bien toléré dans les diverses populations de patients et avec les différents schémas thérapeutiques, avec ou sans ribavirine. Avec les traitements par Zepatier seul, les réactions indésirables au médicament les plus fréquentes étaient la fatigue, les céphalées et les nausées. En association avec la ribavirine, et principalement chez les patients ayant reçu un traitement antérieur, les réactions indésirables les plus fréquentes étaient la fatigue, les céphalées, l'anémie et les nausées. La plupart de ces réactions indésirables étaient d'une intensité légère. On a constaté un faible taux d'événements indésirables graves ou d'arrêts du traitement chez les patients ayant reçu Zepatier, avec ou sans ribavirine.
Au début des études cliniques, on a observé des risques d'élévation des taux d'enzymes hépatiques, à savoir l'alanine aminotransférase (ALT) et l'aspartate aminotransférase (AST); ces élévations étaient constatées le plus souvent après quatre semaines de traitement. Les patients présentant une insuffisance hépatique modérée ou sévère étaient exclus des études de phase II et III. Une fois ces mesures d'atténuation de risques appliquées dans les études cliniques, on a observé des élévations d'ALT et d'AST tardives durant le traitement à des taux plus de cinq fois supérieurs à la limite supérieure normale en tant que réactions indésirables de type hépatique chez moins de 1 % de ces patients. La monographie de produit de Zepatier a été modifiée afin de mettre en avant les risques hépatiques liés à l'administration du produit dans les sections Mises en garde et précautions et Effets indésirables. De plus, l'utilisation de Zepatier est contre-indiquée chez les patients atteints d'insuffisance hépatique modérée ou sévère, et d'autres mises en garde ont été ajoutées dans la monographie de produit afin de recommander aux professionnels de la santé de surveiller attentivement la fonction hépatique avant et pendant un traitement par Zepatier.
La coadministration de Zepatier avec certains médicaments contre le virus de l'immunodéficience humaine (VIH) (comme les inhibiteurs de la protéase suivants : atazanavir, darunavir, lopinavir, saquinavir ou tipranavir) qui inhibent les polypeptides transporteurs d'anions organiques de type 1B (OATP1B) peut accroître considérablement l'exposition à Zepatier dans le sérum; par conséquent, ces médicaments sont contre-indiqués avec l'utilisation concomitante de Zepatier. De plus, l'utilisation concomitante de Zepatier avec des inducteurs puissants de l'enzyme cytochrome P450 (CYP) CYP3A, comme l'éfavirenz et l'étravirine, peut diminuer considérablement les concentrations plasmatiques de grazoprévir et d'elbasvir, ce qui peut réduire l'effet de Zepatier. L'utilisation de Zepatier est donc contre-indiquée avec l'éfavirenz et déconseillée avec l'étravirine.
Merck Canada Inc. a présenté à Santé Canada un plan de gestion des risques (PGR) relativement à Zepatier. Après examen, ce PGR a été jugé acceptable. Le PGR est destiné à décrire les problèmes d'innocuité connus ou possibles, à présenter le plan de surveillance prévu et, le cas échéant, à décrire les mesures qui seront mises en place pour réduire les risques liés au produit."
Santé Canada a examiné le rapport sur les produits à présentation et à consonance semblables soumis par le promoteur, et le nom proposé pour le produit pharmaceutique a été accepté.
De façon générale, les avantages thérapeutiques constatés dans les études pivots sont positifs et les avantages du traitement par Zepatier semblent dépasser les risques. Zepatier. D'après les données non cliniques et les études cliniques, Zepatier présente un profil d'innocuité acceptable. Les problèmes d'innocuité relevés peuvent être gérés à l'aide de l'étiquetage et d'une surveillance appropriée. La monographie de produit de Zepatier présente les mises en garde et les précautions appropriées concernant les problèmes d'innocuité soulevés.
Cette présentation de drogue nouvelle répond aux exigences des articles C.08.002 et C.08.005.1; par conséquent, Santé Canada a émis l'avis de conformité prévu à l'article C.08.004 du Règlement sur les aliments et drogues. Pour de plus amples renseignements, veuillez consulter les sections Motifs de décision d'ordre clinique, non clinique et qualitatif (caractéristiques chimiques et fabrication).
3 Quelles sont les étapes qui ont mené à l'autorisation de Zepatier?
La présentation de drogue de Zepatier a été examinée en vertu de la Politique sur l'évaluation prioritaire. On a constaté que Zepatier entraîne une augmentation importante de l'efficacité, avec un profil avantages-risques amélioré par rapport aux traitements existants contre l'hépatite C chronique de génotype 4, une affection qu'aucun médicament commercialisé au Canada ne prend en charge adéquatement. On a conclu qu'il s'agit d'une maladie grave, potentiellement mortelle, et que l'on manque d'options thérapeutiques pour les patients atteints d'une hépatite C chronique et d'une maladie rénale chronique.
Étapes importantes de la présentation: Zepatier
| Étape importante de la présentation | Date |
|---|---|
| Réunion préalable à la présentation : | 2014-07-17 |
| Demande de traitement prioritaire | |
| Déposée : | 2015-05-20 |
| Approuvée par Directeur, Bureau de la gastroentérologie et des maladies infectieuses et virales : | 2015-06-22 |
| Dépôt de la présentation : | 2015-06-30 |
| Examen préliminaire | |
| Lettre d'acceptation à l'issue de l'examen préliminaire : | 2015-07-23 |
| Examen | |
| Évaluation de la qualité terminée : | 2016-01-16 |
| Évaluation clinique terminée : | 2016-01-19 |
| Examen de l'étiquetage terminé : | 2016-01-18 |
| Délivrance de l'Avis de conformité par le directeur général : | 2016-01-19 |
Pour de plus amples renseignements sur le processus de présentation de drogues, consulter la Ligne directrice de l'industrie : gestion des présentations de drogues.
4 Quelles mesures de suivi le promoteur prendra-t-il?
Les exigences en matière d'activités post-commercialisation sont décrites dans la Loi sur les aliments et drogues et le Règlement connexe.
6 Quels sont les autres renseignements disponibles à propos des médicaments?
Pour obtenir des renseignements à jour sur les produits pharmaceutiques, veuillez suivre les liens suivants :
- Consultez MedEffet Canada pour connaître les derniers avis, mises en garde et retraits concernant les produits commercialisés.
- Voir la Base de données des avis de conformité (AC) pour accéder à la liste des dates d'autorisation de tous les médicaments ayant reçu un AC depuis 1994.
- Consultez la Base de données sur les produits pharmaceutiques (BDPP) pour obtenir la dernière monographie de produit. La BDPP contient des renseignements précis sur les médicaments dont l'utilisation a été approuvée au Canada et qui ont été déclarés (l'entreprise a déclaré à Santé Canada que le produit était commercialisé).
- Voir l'Avis de conformité avec conditions (AC-C) et les documents connexes pour les produits ayant reçu un AC en vertu de la Ligne directrice sur les avis de conformité avec conditions (AC-C), le cas échéant. En cliquant sur les liens correspondant au nom du produit (selon le cas), vous pouvez accéder à la fiche de renseignements, partie III - Renseignements pour les patients sur les médicaments, à l'avis d'admissibilité ou à la « Lettre aux professionnels de santé ».
- Consultez le Registre des brevets pour obtenir la liste des brevets déposés relativement à des ingrédients médicinaux, le cas échéant.
- Consultez le Registre des drogues innovantes pour obtenir la liste des drogues admissibles à la protection des données en vertu de l'article C.08.004.1 du Règlement sur les aliments et drogues, le cas échéant.
7 Quelle est la justification scientifique sur laquelle s'est fondé Santé Canada?
7.1 Motifs cliniques de la décision
Pharmacologie clinique
Zepatier (elbasvir/grazoprévir) associe deux agents antiviraux à action directe dotés de mécanismes d'action distincts pour lutter contre le virus de l'hépatite C (VHC) à plusieurs étapes du cycle viral.
L'elbasvir est un inhibiteur de la protéine NS5A du VHC, qui est essentielle pour la réplication de l'acide ribonucléique (ARN) du virus et l'assemblage des virions. Le mécanisme d'action de l'elbasvir a été caractérisé dans le cadre d'études en culture cellulaire sur l'activité antivirale et la résistance aux médicaments.
Le grazoprévir est un inhibiteur de la protéase NS3/4A du VHC, qui est nécessaire pour le clivage protéolytique de la polyprotéine codée du VHC (dans la forme à maturité des protéines NS3, NS4A, NS4B, NS5A et NS5B) et est essentielle pour la réplication virale. Dans une épreuve biochimique, le grazoprévir a inhibé l'activité protéolytique des protéases NS3/4A recombinantes des génotypes (GT) du VHC 1a, 1b, 3 et 4.
La pharmacologie clinique comprend des rapports sur les caractéristiques pharmacodynamiques et pharmacocinétiques de l'elbasvir et du grazoprévir. Les données pharmacologiques cliniques appuient l'usage de Zepatier pour l'indication proposée.
Des études approfondies sur le QT ont été effectuées avec l'elbasvir et le grazoprévir. L'administration d'une seule dose supra-thérapeutique de grazoprévir (1600 mg) et d'elbasvir (700 mg) n'a entraîné aucun allongement cliniquement pertinent de l'intervalle QTc.
Les doses cliniques uniquotidiennes de 50 mg d'elbasvir et de 100 mg de grazoprévir ont été établies d'après les données d'études de détermination posologique de phase I et II, et sont étayées par des analyses de la relation exposition-effet menées sur des données regroupées provenant d'études de phase I, II et III.
Zepatier est contre-indiqué chez les patients infectés par le VHC qui présentent une insuffisance hépatique modérée ou sévère, en raison de l'augmentation de l'exposition au grazoprévir que provoque cette atteinte. Dans les études de phase II et III, on a observé des augmentations tardives des enzymes du foie alanine aminotransférase (ALT) et aspartate aminotransférase (AST); on estime que ces élévations sont dues au grazoprévir.
L'elbasvir et le grazoprévir sont des substrats de l'enzyme cytochrome P450 (CYP) CYP3A et de la glycoprotéine P (gp-P). Les études sur les interactions médicamenteuses ont montré une diminution importante des concentrations d'elbasvir et de grazoprévir en présence d'inducteurs modérés et puissants du CYP3A et de la gp-P. Le grazoprévir est un substrat des polypeptides transporteurs d'anions organiques OATP1B. L'administration concomitante de Zepatier et de médicaments qui inhibent les polypeptides OATP1B (comme la rifampine et la cyclosporine) entraîne une augmentation de la concentration en grazoprévir, c'est pourquoi elle est contre-indiquée. La monographie de produit de Zepatier comprend la liste complète des médicaments dont l'utilisation concomitante est contre-indiquée ou déconseillée.
Efficacité clinique
L'efficacité clinique de Zepatier a été démontrée dans le cadre de trois études pivots de phase III (C-EDGE TN, C-EDGE CO-INFECTION et C-EDGE TE) et de cinq études à l'appui de phase II ou II/III (C-SALVAGE, C-WORTHY, C-SWIFT, C-SURFER, et C-SCAPE).
Dans toutes ces études, le paramètre primaire d'efficacité était la proportion de patients atteints d'hépatite C chronique ayant obtenu une réponse virologique soutenue 12 semaines après la fin du traitement complet à l'étude (RVS12), celle-ci étant définie par un taux d'acide ribonucléique (ARN) du virus de l'hépatite C inférieur à la limite inférieure de quantification (LIQ) 12 semaines après la fin du traitement complet à l'étude. La conception des études de phase II et III était bien acceptée sur le plan des paramètres primaires et secondaires. En ce qui concerne les génotypes (GT), la plupart des patients ayant participé aux études étaient porteurs d'une infection de GT1a ou 1b. Un nombre acceptable de patients GT3 et GT4 ont également participé à ces études.
L'étude C-EDGE TN était une étude clinique pivot de phase III, randomisée, à double insu et contrôlée par placebo destinée à évaluer l'efficacité de Zepatier, administré une fois par jour pendant 12 semaines, chez des patients naïfs de traitement infectés par le VHC de GT1, GT4 ou GT6. Les patients étaient répartis aléatoirement afin de recevoir Zepatier pendant 12 semaines (le groupe de traitement immédiat) ou le placebo pendant 12 semaines, puis une période de traitement ouvert par Zepatier pendant 12 semaines (le groupe de traitement différé). Sur l'ensemble des patients inscrits, environ 94 % étaient porteurs du GT1, 6 % du GT4 et 3 % du GT6. La majorité des patients présentaient une charge virale (ARN de VHC) > 800000 UI/mL à l'état initial et n'étaient pas atteints de fibrose hépatique à un stade avancé. Près de 23 % des patients étaient cirrhotiques (Child-Pugh A). Les valeurs médianes de l'alanine aminotransférase (ALT) et de l'aspartate aminotransférase (AST) à l'état initial étaient comparables dans les deux groupes de traitement (un peu plus élevées que la limite supérieure de la normale). La RVS12 a atteint 95 % dans le groupe de traitement immédiat (299/316; intervalle de confiance [IC] : 91,5, 96,8) dans la population d'analyse complète (AC), qui était similaire à la population évaluable selon le protocole (patients ayant parfaitement respecté les instructions de l'étude clinique énoncées dans le protocole) : RVS12 de 96 % (299/313). L'analyse des sous-groupes a révélé que la RVS12 était comparable chez les patients GT1a, mais moins élevée (92%, population AC) que chez les patients GT1b (99 %, population AC). Une RVS12 de 100 % a été atteinte par un petit nombre de patients GT4 (nombre de patients [n] = 18). En raison du faible nombre de participants porteurs du GT6, l'analyse virologique des patients GT6 n'a pas été évaluée. Le nombre de patients n'ayant pas obtenu de RVS12 était faible; il était principalement dû à des rechutes (n = 12) et concernait surtout les patients GT1a (n = 9). Les échecs virologiques durant le traitement étaient très rares (n = 1, GT1a). Une large proportion de patients cirrhotiques (97 %) et non cirrhotiques (94 %) ont obtenu une RVS12, quel que soit le génotype du VHC.
L'étude C-EDGE CO-INFECTION était une étude pivot de phase III, ouverte, à un seul groupe et multicentrique, dont les participants étaient des patients naïfs de traitement, cirrhotiques et non cirrhotiques, infectés par le VHC de GT1, GT4 ou GT6 ainsi que par le virus de l'immunodéficience humaine de type 1 (VIH-1). Tous les patients du groupe à un seul traitement ont reçu Zepatier pendant 12 semaines, avec un suivi de 24 semaines après le traitement. Les traitements par antirétroviraux autorisés dans ce protocole étaient un inhibiteur nucléosidique de la transcriptase inverse (INTI) double de base, composé de ténofovir ou d'abacavir et d'emtricitabine ou de lamivudine, et un troisième antirétroviral pouvant être du raltégravir, du dolutégravir ou de la rilpivirine. L'efficacité mesurée par la RVS12 a été comparée aux données historiques, qui établissent une RV12 de 70 %. Les inducteurs et inhibiteurs puissants ou modérés du CYP3A utilisés chez les patients atteints du VIH étaient exclus de l'étude. La plupart des participants étaient des hommes (84 %), avaient plus de 65 ans (97 %), étaient de race blanche ou afro-américaine (94 %), porteurs de génotypes non-CC pour le gène de l'interleukine-28B (IL28B) (65 %), et porteurs du génotype GT1 (86 %) [GT1a (n = 144) ou GT1b (n = 44)]. Certains patients étaient également porteurs du GT4 (n = 28) et du GT6 (n = 1). Au total, 16 % des patients présentaient une cirrhose compensée. Tous les patients se conformaient à un traitement contre le VIH et présentaient une charge virale de VIH contenue à l'aide des traitements recommandés contre le VIH. Chez les patients infectés également par le VIH, la RVS12 était de 95 % (207/218, population AC), ce qui est supérieur à la valeur d'efficacité historique de 70 %. La RVS12 dans la population évaluable selon le protocole était supérieure, mais comparable (97 %; 207/214). Les RVS12 étaient similaires quels que soient le génotype, la présence de cirrhose ou non, le sexe, l'âge, la race, les génotypes d'IL28B, la charge virale initiale (ARN de VHC) ou le traitement concomitant contre le VIH. En raison du faible nombre de patients GT6, l'analyse de ces patients n'était pas fiable.
L'étude C-EDGE TE était une étude pivot de phase III, randomisée, à groupes parallèles, multicentrique et ouverte dans laquelle Zepatier était administré une fois par jour, avec ou sans ribavirine, pendant 12 ou 16 semaines chez des patients infectés par le VHC de GT1, GT4 ou GT6, cirrhotiques ou non, et qui avaient connu un échec thérapeutique après un traitement par PEG-interféron alpha et ribavirine. Les patients étaient répartis aléatoirement dans quatre groupes de traitement : Zepatier pendant 12 semaines, Zepatier + ribavirine pendant 12 semaines, Zepatier pendant 16 semaines ou Zepatier + ribavirine pendant 16 semaines. La répartition aléatoire comprenait également une stratification en fonction de la présence d'une cirrhose et de la réponse au traitement antérieur par PEG-interféron alpha + ribavirine (rechute, réponse partielle ou aucune réponse). La majorité des participants étaient des hommes (65 %), avaient plus de 65 ans (86 %), étaient de race blanche ou afro-américaine (85 %) et étaient porteurs de génotypes non-CC du gène IL28B (79 %). La plupart des patients étaient porteurs du GT1 (89 %) (GT1a [n = 227] ou GT1b [n = 147]). Certains patients étaient également porteurs du GT4 (n = 37) et du GT6 (n = 6). Au total, 35 % des patients présentaient une cirrhose compensée. Tous les patients également infectés par le VIH se conformaient à un traitement contre cette maladie et présentaient une charge virale de VIH contenue à l'aide des traitements recommandés contre le VIH. La majorité des patients n'avaient pas répondu au traitement antérieur par PEG-interféron alpha + ribavirine (64 %, dont 43 % de réponse nulle et 21 % de réponse partielle) ou avaient connu une rechute (36 %). Seuls 5 % des patients étaient également infectés par le VIH-1. En ce qui concerne le paramètre primaire d'efficacité, le groupe ayant reçu Zepatier + ribavirine pendant 16 semaines est celui qui a obtenu la RVS12 la plus élevée : 97 % (103/106, population AC), comparativement à 92 % dans les deux autres groupes ayant reçu Zepatier sans ribavirine, et 94 % dans le groupe ayant reçu Zepatier + ribavirine pendant 12 semaines. Tous ces schémas thérapeutiques se sont révélés très efficaces et ont affiché une RVS12 supérieure à la valeur historique de 58 %. On a constaté 25 échecs thérapeutiques dans cette étude, dont 19 étaient dus à des échecs virologiques (n de rechutes = 16). Parmi eux, le groupe ayant reçu Zepatier + ribavirine pendant 16 semaines n'a présenté aucun échec virologique (RVS12 : 100 %, selon le protocole). Dans le groupe ayant reçu Zepatier pendant 16 semaines, trois patients ayant connu une rechute antérieure (un porteur chacun de GT1a, GT1b et GT6) ont également connu un échec avec ce traitement. Le taux de RVS12 était légèrement moins élevé chez les patients GT1a (95 % dans le groupe Zepatier + ribavirine pendant 16 semaines), tandis que tous les autres génotypes ont affiché un taux de 100 % dans ce groupe de traitement. Par conséquent, le schéma de 12 semaines avec Zepatier (sans ribavirine) s'est révélé très efficace chez les rechuteurs antérieurs (patients GT1a/b ou GT4 rechuteurs après un traitement par PEG-interféron alpha + ribavirine, ou patients GT1b n'ayant pas répondu au traitement antérieur). Dans la présente étude, les patients infectés par le GT1a ou le GT4 qui, auparavant, n'avaient pas répondu au traitement ont obtenu de très bons résultats avec le traitement de 16 semaines par Zepatier + ribavirine. Les données de l'étude n'appuient pas l'indication pour les patients GT6 ayant reçu un traitement antérieur par PEG-interféron alpha + ribavirine.
En plus des trois études pivots de phase III, cinq études de base de phase II ont appuyé l'utilisation de Zepatier avec ou sans ribavirine chez les patients GT1 ayant reçu un traitement antérieur par inhibiteur de protéase et PEG-interféron alpha + ribavirine (C-SALVAGE), chez les patients GT1 atteints d'une néphropathie à un stade avancé (C-SURFER), chez les patients GT3 naïfs de traitement (C-SWIFT), chez les patients GT1b naïfs de traitement et non-cirrhotiques avec un traitement de plus courte durée (C-WORTHY), ainsi qu'une étude préliminaire de phase II portant sur différents génotypes (C-SCAPE).
L'étude de phase II C-SALVAGE et l'étude pivot de phase III C-EDGE TE comprenaient toutes deux des patients ayant reçu un traitement antérieur contre le VHC. Bien que le paramètre primaire de RVS12 ait montré une haute efficacité comparable entre un traitement de 12 semaines avec Zepatier + ribavirine dans l'étude C-SALVAGE et un traitement de 16 semaines avec ribavirine dans l'étude C-EDGE TE, on a constaté deux échecs thérapeutiques dans l'étude C-SALVAGE, tandis que le groupe de 16 semaines de traitement avec Zepatier + ribavirine dans l'étude C-EDGE TE n'a présenté aucun échec. Il est donc recommandé dans la monographie de produit de Zepatier de traiter tous les patients GT1a n'ayant pas répondu à un traitement antérieur par PEG-interféron alpha + ribavirine ou inhibiteur de protéase et PEG-interféron alpha + ribavirine, ainsi que les patients GT4 n'ayant pas répondu à un traitement antérieur par PEG-interféron alpha + ribavirine par un schéma de 16 semaines de traitement par Zepatier + ribavirine. Les patients porteurs du GT4 du VHC ayant connu un échec thérapeutique après un traitement par inhibiteur de protéase et PEG-interféron alpha + ribavirine n'ont pas été examinés dans l'étude C-SALVAGE. Cette population est donc exclue de l'indication dans la monographie de produit de Zepatier. Chez les patients GT1b ayant rechuté après un traitement antérieur (PEG-interféron alpha + ribavirine ou inhibiteur de protéase et PEG-interféron alpha + ribavirine) ou n'ayant pas répondu à ce traitement, un schéma thérapeutique de 12 semaines sans ribavirine s'est révélé efficace dans les études C-EDGE TE et C-SALVAGE, c'est pourquoi il est recommandé dans la monographie de produit de Zepatier.
Dans l'étude C-SURFER, l'efficacité de Zepatier a été évaluée dans le cadre d'une étude randomisée, à groupes parallèles et contrôlée par placebo portant sur des patients infectés par le VHC de GT1 naïfs de traitement ou ayant reçu un traitement antérieur par PEG-interféron alpha + ribavirine (avec ou sans cirrhose) qui présentaient une maladie des reins chronique et qui recevaient une hémodialyse. La plupart des patients étaient atteints de diabète, d'hypertension, d'une maladie cardiovasculaire ou d'autres comorbidités. Dans cette population spéciale difficile à traiter, le traitement de 12 semaines par Zepatier sans ribavirine a permis d'obtenir une RVS12 très élevée (94 %, population AC).
Dans l'étude C-SWIFT, l'association de Zepatier et de sofosbuvir (400 mg une fois par jour) pendant 12 semaines a produit une RVS12 élevée chez les patients GT3 naïfs de traitement avec ou sans cirrhose. Les patients GT3 sans cirrhose ont obtenu une RVS12 de 100 % (14/14, selon le protocole) avec le traitement de 12 semaines, et les patients GT3 cirrhotiques ont obtenu une RVS12 de 91 % (10/11, selon le protocole) avec le traitement de 12 semaines. Le schéma associant Zepatier et le sofosbuvir offre une autre option que l'association daclatasvir et sofobuvir chez les patients qui ne tolèrent pas la ribavirine ou un traitement prolongé par le VHC avec d'autres schémas thérapeutiques.
L'étude C-WORTHY a démontré l'efficacité d'un traitement de plus courte durée (huit semaines) chez les patients GT1b naïfs de traitement et non cirrhotiques. Les patients GT1b naïfs de traitement non cirrhotiques ayant reçu Zepatier pendant huit semaines ont obtenu une RVS12 de 94 % (29/31, selon le protocole). Dans ce groupe, la RVS12 dans la population AC était similaire à la population évaluable selon le protocole. Un traitement de huit semaines est donc acceptable chez les patients GT1b naïfs de traitement non cirrhotiques, comme il est indiqué dans la monographie de produit de Zepatier.
L'étude C-SCAPE comprenait des patients naïfs de traitement et non cirrhotiques infectés par le VHC de GT2, GT4, GT5 ou GT6. Les patients ont reçu Zepatier pendant 12 semaines ou Zepatier + ribavirine pendant 12 semaines. Les patients porteurs du VHC de GT2, GT5 et GT6 n'étaient pas pertinents pour cette présentation de drogue. Les résultats montrent toutefois qu'avec ou sans ribavirine, les patients GT4 ont obtenu les mêmes résultats thérapeutiques, les deux groupes de traitement ayant atteint une RVS12 de 100 % (9/9 avec ribavirine et 7/7 sans ribavirine).
Variantes des NS3/4A ou NS5A associées à de la résistance
L'activité antivirale de Zepatier (elbasvir/grazoprévir) contre le VHC est due à l'inhibition de la protéine NS5A du VHC par l'elbasvir, et l'inhibition de la protéase NS3/4A du VHC par le grazoprévir.
Malgré la prévalence élevée des variantes de la NS3 associées à de la résistance (VAR) (par exemple [p. ex.] 46 % dans l'étude C-SALVAGE), leur présence à l'état initial n'a eu aucun effet visible sur l'efficacité des schémas posologiques de Zepatier. Un petit nombre de patients présentaient des VAR de la NS3 à l'état initial conférant des modifications mesurables de l'activité du grazoprévir (c'est-à-dire [c.-à-d.] une puissance réduite de plus de cinq fois), mais la présence de ces VAR à l'état initial n'a eu aucun effet visible sur la RVS12.
À l'inverse, l'association de VAR de la NS5A à l'état initial réduisant de plus de cinq fois l'activité de l'elbasvir et d'une charge virale élevée (définie par une valeur > 800000 UI/mL) in vitro, on a constaté un effet visible sur l'efficacité de Zepatier (RVS12) chez les patients GT1a ayant reçu un traitement antérieur.
Dans les études sur Zepatier, le motif le plus courant des quelques échecs thérapeutiques observés était la rechute lors d'une visite de suivi, que le patient ait reçu ou non un traitement antérieur et qu'il présente ou non une cirrhose. Ces échecs étaient principalement dus aux VAR de la NS5A du VHC chez ces patients; en effet, on a observé in vitro que l'activité antivirale de l'elbasvir était réduite de plus de cinq fois. La prévalence des VAR associées à la NS5 à l'état initial qui a causé une puissance réduite de plus de cinq fois de l'activité de l'elbasvir a été détectée chez 7 % (55/825) des sujets de la population infectée par le GT1 où l'efficacité combinée a été évaluée, et l'efficacité clinique semble avoir été touchée chez les patients infectés par le GT1a, avec des VAR aux positions d'acide aminé 28, 30, 31, 58 et 93, qui présentaient une charge virale (ARN du VHC) supérieure (RVS12 47 % [23/49] chez ces patients). Chez les patients GT1a naïfs de traitement ou ayant reçu un traitement antérieur, l'effet global sur la RVS12 était limité. La proportion de patients infectés par le GT1a qui n'ont pas obtenu de RVS12 en raison de VAR à la NS5 (puissance réduite de plus de cinq fois de l'activité de l'elbasvir) + charge virale (taux d'ARN du VHC) élevée, dans toutes les études combinées, était de 3 % (26/825). Les taux de RVS12 n'étaient pas touchés chez les patients GT1b et GT4 porteurs de polymorphismes de la NS5A.
On a observé l'apparition de VAR des gènes de la NS3 ou NS5A liées au traitement chez des patients en échec virologique. Ainsi, chez 50 patients ayant connu un échec thérapeutique et pour lesquels on disposait de données de séquençage (6 avec échec virologique durant le traitement et 44 avec rechute après traitement), on a détecté des substitutions liées au traitement sur la NS3 et la NS5A chez 62 % (23/37) des patients GT1a, 13 % (1/8) des patients GT1b et 40 % (2/5) des patients GT4. Parmi les patients GT3 ayant reçu Zepatier + sofosbuvir pendant 12 semaines dans l'étude C-SWIFT, un patient a connu une rechute associée à une substitution touchant la NS5A liée au traitement. Les préoccupations concernant les substitutions associées à de la résistance sont énoncées dans la monographie de produit de Zepatier.
Indication
Dans cette présentation de drogue nouvelle (PDN), l'indication proposée par le promoteur de Zepatier était la suivante : « Zepatier (elbasvir/grazoprévir) est indiqué pour le traitement de l'infection chronique par le virus de l'hépatite C (VHC) de génotype 1, 3, 4 ou 6 chez l'adulte. »
Suite à l'examen de la PDN, Santé Canada recommande l'indication suivante :
« Zepatier (elbasvir/grazoprévir) est indiqué pour le traitement de l'infection chronique par le virus de l'hépatite C (VHC) de génotype 1, 3 ou 4 chez l'adulte et est administré de la façon » suivante :
Sans ribavirine :
- chez les patients infectés par le génotype (GT) 1 ou 4, naïfs de traitement (NT) ou rechuteurs après un traitement par PEG-interféron alpha et ribavirine (PR) (pendant 12 semaines)
- chez les patients GT1, rechuteurs après un traitement associant un inhibiteur de la protéase (IP) et PR (pendant 12 semaines)
- chez les patients GT1b, NT et non cirrhotiques (pendant 8 semaines)
- chez les patients GT1b ayant connu un échec virologique pendant un traitement avec PR ou PR+IP (pendant 12 semaines)
Avec ribavirine :
- chez les patients GT1a ayant connu un échec virologique pendant un traitement avec PR ou PR+IP (pendant 16 semaines)
- chez les patients GT4 ayant connu un échec virologique pendant un traitement avec PR+IP (pendant 16 semaines)
Avec sofosbuvir :
- chez les patients GT3 naïfs de traitement (pendant 12 semaines).
Zepatier était initialement proposé comme traitement pour les patients infectés par le VHC de GT1, GT3, GT4 ou GT6. En raison du nombre très limité de patients GT6 dans les études cliniques, l'indication pour ces patients n'a pas été approuvée.
Étant donné que les patients ayant reçu un traitement antérieur par inhibiteur de protéase associé à du PEG-interféron + ribavirine n'ont été évalués que dans l'étude C-SALVAGE auprès de patients GT1, le traitement des patients ayant connu un échec thérapeutique après ce traitement se limite aux patients GT1 ayant reçu un traitement antérieur par inhibiteur de protéase associé à du PEG-interféron + ribavirine. Cependant, compte tenu des taux plus élevés de RVS12 et de l'absence d'échec virologique chez les patients ayant reçu un traitement antérieur par PEG-interféron alpha + ribavirine dans l'étude C-EDGE TE ayant reçu un traitement de 16 semaines par Zepatier + ribavirine, et étant donné que certains échecs virologiques ont été observés dans l'étude C-SALVAGE, on recommande un schéma thérapeutique de 16 semaines par Zepatier + ribavirine pour tous les patients ayant reçu un traitement antérieur (GT1 ou GT4). Les patients GT1b naïfs de traitement et non cirrhotiques peuvent suivre un traitement par Zepatier plus court (de huit semaines). Pour les patients GT1b ayant reçu un traitement antérieur par PEG-interféron alpha + ribavirine et ceux ayant reçu un inhibiteur de protéase associé à du PEG-interféron alpha + ribavirine, on recommande un traitement de 12 semaines par Zepatier (sans ribavirine). D'après l'étude C-SWIFT, on recommande un traitement de 12 semaines par Zepatier + sofosbuvir chez les patients GT3 naïfs de traitement, avec ou sans cirrhose. Après évaluation d'un groupe difficile à traiter composé de patients GT1 atteints d'une insuffisance rénale sévère et qui recevaient une hémodialyse régulière, on a recommandé un traitement de 12 semaines par Zepatier sans ribavirine; toutefois, la monographie de produit de Zepatier prévient que cela ne s'applique pas aux patients GT3 et GT4 présentant les mêmes troubles.
Pour de plus amples renseignements, consulter la monographie de produit Zepatier approuvée par Santé Canada accessible par l'intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.
Innocuité clinique
Le profil d'innocuité de Zepatier repose sur des données provenant de deux études contrôlées par placebo et de huit études cliniques de phase II et III non contrôlées menées auprès d'environ 2000 patients atteints d'une infection chronique par le VHC et d'une maladie du foie compensée (avec ou sans cirrhose) ayant reçu Zepatier avec ou sans ribavirine.Pour obtenir de plus amples renseignements sur les études de phase II et III, consulter la section Efficacité clinique.
L'administration de Zepatier seul une fois par jour pendant 12 semaines chez des patients naïfs de traitement ou de Zepatier une fois par jour associé à une dose proportionnelle au poids de ribavirine (deux fois par jour) pendant 16 semaines chez des patients ayant reçu un traitement antérieur (patients GT1a ayant reçu un traitement antérieur par PEG-interféron alpha + ribavirine, patients ayant reçu un traitement antérieur par un inhibiteur de protéase associé à du PEG-interféron alpha + ribavirine, et patients GT4 ayant reçu un traitement antérieur par PEG-interféron alpha + ribavirine) a été globalement bien tolérée. Les réactions indésirables aux médicaments (RIM) les plus courantes étaient la fatigue, les céphalées et les nausées avec le schéma sans ribavirine. Les schémas thérapeutiques avec ribavirine étaient liés à une fréquence accrue d'événements indésirables (EI) liés au médicament, à savoir l'asthénie, l'anémie, le prurit, les éruptions cutanées et la dyspnée et caetera. La tolérabilité était sensiblement la même parmi les différents facteurs de base comme l'âge, le sexe, la race ou l'origine ethnique, la présence d'une cirrhose, la présence d'une co-infection par le VHC et le VIH ou la présence d'une néphropathie chronique à un stade avancé (stade 4 ou 5). La tolérabilité était comparable entre les schémas de 16 semaines et ceux de 12 semaines.
Dans l'étude de phase III contrôlée par placebo C-EDGE TN, dans laquelle des patients naïfs de traitement ont reçu Zepatier seul ou le placebo pendant 12 semaines, les RIM liées au médicament ayant une incidence ≥ 2 % durant la période de traitement étaient comparables dans les deux groupes. Les RIM les plus courantes (d'une fréquence ≥ 10 %) chez les patients ayant reçu Zepatier pendant 12 semaines étaient la fatigue (11 %) et les céphalées (10 %). Dans le groupe placebo, 10 % des patients ont signalé de la fatigue et 9 % des céphalées. Aucun patient n'a présenté de réaction indésirable grave. On a relevé une augmentation tardive des taux d'alanine aminotransférase (ALT) et d'aspartate aminotransférase (AST) supérieure à cinq fois la limite supérieure de la normale quatre semaines après le début du traitement chez quatre patients (de grade 3 ou 4) dans le groupe Zepatier, mais aucun de ces cas n'était associé à des taux élevés de bilirubine dans le sérum. Tous ces patients étaient asymptomatiques. La fréquence d'interruption du médicament à l'étude en raison d'un événement indésirable (EI) était faible et comparable entre les deux groupes (environ 1 %); deux des quatre patients présentant une augmentation tardive de l'ALT et de l'AST ont arrêté le traitement dans le groupe Zepatier. Les augmentations du taux d'ALT et d'AST se sont résolues après l'arrêt du traitement.
L'autre étude contrôlée par placebo était C-SURFER. Elle portait sur l'utilisation de Zepatier chez les patients atteints d'une infection chronique par le VHC de GT1 et présentant une maladie chronique des reins. Les RIM les plus courantes (d'une fréquence ≥ 10 %) chez les patients ayant reçu Zepatier seul pendant 12 semaines étaient les nausées et les céphalées. Aucun des patients n'a connu d'événement indésirable grave (EIG) ou n'a arrêté le traitement en raison de RIM. D'après les résultats de cette étude, on peut recommander l'administration de Zepatier pendant 12 semaines sans ribavirine pour la population spéciale de patients atteints d'une infection chronique par le VHC de GT1 et présentant une maladie chronique des reins.
Dans l'étude pivot C-EDGE CO-INFECTION, dans laquelle des patients atteints à la fois du VHC de GT1 ou GT4 et du VIH-1 ont reçu Zepatier seul pendant 12 semaines, les RIM d'une fréquence ≥ 5 % étaient la fatigue (16/218, 7,3 %) et les céphalées (15/218, 6,9 %). Aucun EIG lié au médicament n'a été relevé, et aucun décès n'est survenu durant le traitement. L'augmentation de l'ALT et de l'AST était courante chez ces patients (65 % et 50 %), la plupart du temps d'un grade 1 ou 2. On a constaté chez deux patients une augmentation tardive des transaminases supérieure à la limite supérieure de la normale (grade 3); ces deux patients ont continué l'étude et ont atteint une RVS12.
Dans l'étude pivot C-EDGE TE, dans laquelle Zepatier étaient administré avec ou sans ribavirine pendant 12 ou 16 semaines, le schéma posologique était globalement bien toléré dans la population diversifiée de patients étudiée. Les EI les plus courants étaient la fatigue (23,1 %), les céphalées (19,8 %) et les nausées (11,0 %); leur fréquence était similaire dans tous les groupes de traitement. D'une manière générale, les profils d'EI des traitements de 12 et de 16 semaines n'ont présenté aucune différence notable. L'anémie n'a été observée que chez des patients recevant de la ribavirine; de plus, la fatigue, les nausées, l'insomnie, la dyspnée, les éruptions cutanées et le prurit étaient plus fréquents chez les patients recevant de la ribavirine que chez les autres. Les patients ayant reçu de la ribavirine pendant 16 semaines ont présenté une incidence de mauvais résultats liés à la ribavirine légèrement plus élevée que ceux qui en ont reçu pendant 12 semaines. La plupart des EI observés étaient d'une intensité légère ou modérée. Seul un patient a présenté des EIG (douleurs abdominales et accident ischémique transitoire) qui ont été jugés en lien avec Zepatier. Le médicament à l'étude a été arrêté par sept patients (1,7 %) en raison d'EI, les arrêts étant plus nombreux dans le groupe Zepatier + ribavirine pendant 16 semaines (n = 5) que dans les autres groupes de traitement. On a constaté des anomalies du taux d'hémoglobine de grade 3 ou 4 pendant le traitement chez dix patients (4,8 %) des groupes ayant reçu de la ribavirine, mais chez aucun patient dans les groupes sans ribavirine. En tout, 14 patients (6,7 %) des groupes ayant reçu de la ribavirine ont connu une augmentation totale de la ribavirine de grade 3 ou 4; la majorité des cas étaient liés à une baisse du taux d'hémoglobine. Dans l'étude, cinq patients ont connu soit une augmentation tardive des transaminases supérieure à la limite supérieure de la normale, soit un événement hépatique d'intérêt clinique. Chez ces patients, les augmentations de l'ALT et de l'AST ont été signalées comme des EI, et les chercheurs ne les ont pas jugées en lien avec le médicament.
Le traitement de 12 semaines par Zepatier + ribavirine a été globalement bien toléré dans l'étude C-SALVAGE (n = 79). La plupart des RIM liés au médicament étaient la fatigue, les céphalées, les nausées et l'asthénie. Aucun EIG, abandon ou décès lié au médicament n'a été constaté. La plupart des analyses biochimiques cliniques et hématologiques en laboratoire ont montré des valeurs demeurant dans les intervalles de référence. Aucun patient n'a présenté d'augmentation des transaminases considérée comme un événement d'intérêt clinique. Aucun patient n'a présenté d'augmentation tardive des transaminases supérieure à deux fois la limite supérieure de la normale après normalisation des valeurs au cours du traitement à l'étude. Une anémie liée au médicament a été signalée chez six patients (7,6 %). Les augmentations transitoires légères à modérées (de grade 1 ou 2) de la bilirubine totale étaient fréquentes, en particulier chez les personnes présentant une anémie.
Dans l'étude C-WORTHY, les traitements par Zepatier + ribavirine étaient globalement bien tolérés. Les EI en lien avec le médicament relevés chez plus de 5 % des patients porteurs du GT1 étaient la fatigue, les céphalées, les nausées, l'asthénie, l'insomnie, le prurit, la myalgie et les éruptions cutanées. Les EI liés au médicament dont l'incidence était considérablement plus élevée dans les groupes ayant reçu de la ribavirine étaient la fatigue, les nausées, l'anémie, l'insomnie, la toux, la dyspnée, le prurit et les éruptions cutanées. Un ou plusieurs des médicaments à l'étude ont dû être interrompus chez trois patients porteurs du GT1 en raison d'EI. L'un des trois EI ayant entraîné l'arrêt du traitement (tachycardie liée à une anémie) a été jugé en lien avec le médicament. Aucun décès lié au traitement n'a été constaté. Deux patients (0,3 %) ont présenté une augmentation tardive de l'ALT de grade 3 survenue environ huit semaines après le début du médicament à l'étude; ces élévations se sont résorbées sous quatre semaines. Le profil d'innocuité des traitements par Zepatier avec ou sans ribavirine est le même chez les patients naïfs de traitement, présentant une seule infection et non cirrhotiques, les patients naïfs de traitements, non cirrhotiques et atteints à la fois du VHC et du VIH, les patients naïfs de traitement cirrhotiques et les patients ayant obtenu une réponse nulle à un traitement antérieur par PEG-interféron alpha + ribavirine, cirrhotiques ou non cirrhotiques.
L'innocuité de Zepatier avec du sofosbuvir chez les patients naïfs de traitement présentant une infection chronique par le VHC de GT3 a été évaluée chez 143 patients (population d'innocuité dans l'étude C-SWIFT). Aucune RIM d'une fréquence ≥ 5 % n'a été relevée. Les RIM d'une fréquence comprise entre ≥ 1 % et < 5 % étaient la diarrhée (1 %), la fatigue (1 %), les nausées (2 %) et les céphalées (3 %). Aucun des patients n'a connu d'EIG et aucun sujet n'a interrompu le traitement en raison d'une réaction indésirable.
Globalement, Zepatier a été bien toléré dans les diverses populations de patients et avec les différents schémas thérapeutiques, avec ou sans ribavirine. Avec les traitements par Zepatier seul, les RIM les plus fréquentes étaient la fatigue, les céphalées et les nausées. En association avec la ribavirine, et principalement chez les patients ayant reçu un traitement antérieur, les RIM les plus fréquentes étaient la fatigue, les céphalées, l'anémie et les nausées. La plupart de ces RIM étaient d'une intensité légère. Les EIG et les arrêts de traitement étaient rares chez les patients recevant Zepatier avec ou sans ribavirine.
L'administration de Zepatier chez les patients présentant une insuffisance hépatique a été effectuée avec beaucoup de précautions, étant donné que certaines études pharmacocinétiques et d'innocuité de phase II ont montré une augmentation de l'exposition au grazoprévir associée à une augmentation tardive de l'ALT et de l'AST et une aggravation de la fonction hépatique chez les patients cirrhotiques avec un score de Child-Pugh B (insuffisance hépatique modérée ou sévère). Ces affections ont servi de critères d'exclusion dans les études de phase II et III ultérieures. Par conséquent, l'utilisation de Zepatier chez les patients atteints d'une insuffisance hépatique modérée ou sévère est contre-indiquée, et d'autres mises en garde ont été incluses pour recommander une étroite surveillance de la fonction hépatique avant et pendant l'administration de Zepatier. La monographie de produit approuvée de Zepatier présente les mises en garde et les mesures de précaution appropriées concernant les problèmes d'innocuité relevés.
Pour de plus amples renseignements, consulter la monographie de produit Zepatier approuvée par Santé Canada accessible par l'intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.
7.2 Motifs non cliniques de la décision
Zepatier contient deux ingrédients médicinaux : l'elbasvir et le grazoprévir. Le programme non clinique concernant l'elbasvir et le grazoprévir était adéquat au regard de l'indication proposée de Zepatier et des exigences réglementaires.
Les études sur l'efficacité ont montré que l'elbasvir et le grazoprévir agissent contre le VHC de génotype 1, 3 ou 4. Les variantes réduisant la sensibilité à l'un ou l'autre de ces agents ont été adéquatement identifiées et caractérisées.
Les études pharmacocinétiques sur l'elbasvir et le grazoprévir ont montré la possibilité d'interactions médicamenteuses par l'intermédiaire de l'enzyme cytochrome P450 (CYP) 3A4 et de divers transporteurs du médicament. Ces interactions ont été caractérisées plus en détail chez l'humain et sont énoncées adéquatement dans la monographie de produit de Zepatier.
Dans les études sur l'innocuité de l'elbasvir, on a constaté une phospholipidose chez le chien, mais celle-ci était réversible après l'arrêt du traitement. La marge de sécurité de cet effet était d'environ 1,6 fois la dose clinique. On ignore si la phospholipidose est cliniquement significative, c'est pourquoi cette information a été ajoutée sur la monographie de produit de Zepatier.
Dans les études sur l'innocuité du grazoprévir, des effets indésirables se sont produits dans les systèmes hépatobiliaire et gastro-intestinal. Ces effets semblent liés de façon mécanique à l'inhibition des transporteurs des acides biliaires par le grazoprévir et à son élimination par la voie biliaire. La marge de sécurité était supérieure à 80 fois l'exposition clinique. Ces effets non cliniques du grazoprévir sont indiqués dans la monographie de produit de Zepatier.
Aucune étude concernant la cancérogénicité de l'elbasvir et du grazoprévir n'a été effectuée, ce qui est jugé acceptable compte tenu de l'utilisation clinique prévue de Zepatier (moins de six mois), de la pharmacologie du grazoprévir et de l'elbasvir, des résultats négatifs des études de génotoxicité et de l'absence de constatation de néoplasme ou d'autre observation potentiellement oncogène dans les études toxicologiques non cliniques.
Pour de plus amples renseignements, consulter la monographie de produit Zepatier approuvée par Santé Canada accessible par l'intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.
7.3 Motifs d'ordre qualitatif
L'information soumise sur les caractéristiques chimiques et la fabrication de Zepatier montre que la substance médicamenteuse et le produit pharmaceutique peuvent être fabriqués de façon à répondre systématiquement aux spécifications approuvées. Des études appropriées sur l'élaboration et la validation ont été menées, et des contrôles adéquats sont en place pour la commercialisation. Les modifications apportées au procédé de fabrication et à la formulation tout au long de l'élaboration du produit pharmaceutique sont jugées acceptables. D'après les données sur la stabilité présentée, la durée de conservation proposée de 24 mois entre 15 et 30 C à l'abri de l'humidité est jugée acceptable.
On estime que les limites proposées concernant les impuretés liées au médicament ont été raisonnablement qualifiées, à savoir qu'elles respectent les limites recommandées par la Conférence internationale d'harmonisation (ICH) et/ou qu'elles ont été qualifiées à partir d'études toxicologiques.
Toutes les installations participant à la production sont conformes aux bonnes pratiques de fabrication.
Tous les ingrédients non médicinaux (décrits ci-dessus) présents dans le produit pharmaceutique sont autorisés en vertu du Règlement sur les aliments et drogues pour un usage dans les médicaments.
Le lactose monohydraté utilisé dans le produit pharmaceutique provient d'un lait recueilli chez des animaux certifiés sains selon la même méthode que le lait destiné à la consommation humaine.
Le stéarate de magnésium présent dans le produit pharmaceutique est d'origine végétale.