Sommaire des motifs de décision portant sur MDK-Nitisinone
Décisions d'examen
Le sommaire des motifs de décision explique les raisons pour lesquelles un produit a reçu une autorisation de vente au Canada. Le document comprend les considérations portant sur la réglementation, l’innocuité, l’efficacité et la qualité (sur le plan de la chimie et de la fabrication).
Type de produit:
- Ce document est une traduction française du document anglais approuvé.
Les sommaires des motifs de décision (SMD) présentent des renseignements sur l'autorisation initiale d'un produit. Le SMD portant sur MDK-Nitisinone est accessible ci-dessous.
Activité récente relative à MDK-Nitisinone
Les SMD relatifs aux médicaments autorisés après le 1er septembre 2012 seront mis à jour afin d'inclure des renseignements sous forme de tableau des activités postautorisation (TAPA). Le TAPA comprendra de brefs résumés d'activités telles que la présentation de demandes de nouvelles utilisations, ainsi que les décisions de Santé Canada (positives ou négatives). Les TAPA seront mis à jour régulièrement en ce qui a trait aux activités postautorisation tout au long du cycle de vie du produit.
Tableau des activités postautorisation (TAPA) portant sur MDK-Nitisinone
Mise à jour :
Le tableau suivant décrit les activités postautorisation menées à l'égard de MDK-Nitisinone, un produit dont l'ingrédient médicinal est nitisinone. Pour en savoir plus sur le type de renseignements présentés dans les TAPA, veuillez consulter la Foire aux questions : Phase II du projet de sommaires des motifs de décision (SMD) et à la liste des abréviations qui se trouvent dans les TAPA.
Pour de plus amples renseignements sur le processus de présentation de drogues, consultez le document intitulé Gestion des présentations de drogues.
Identifications numériques de drogues (DINs):
- DIN 02457717 - 2 mg, nitisinone, gélule, voie orale
- DIN 02457725 - 5 mg, nitisinone, gélule, voie orale
- DIN 02457733 - 10 mg, nitisinone, gélule, voie orale
- DIN 02470055 - 20 mg, nitisinone, gélule, voie orale
Tableau des activités postautorisation (TAPA)
| Type et numéro d'activité ou de présentation | Date de présentation | Décision et date | Sommaire des activités |
|---|---|---|---|
| DIN 02470055 dormant | Sans objet | 2020-06-24 |
Le fabricant a déclaré le DIN comme étant dormant, conformément aux articles C.01.014.71 et C.01.14.5(1)(a)(ii) du Règlement sur les aliments et drogues. |
| Avis de mise en marché d'un produit pharmaceutique (DIN 02470055) | Sans objet | Date de la première vente : 2019-02-01 |
Le fabricant a informé Santé Canada de la date de la première vente conformément à la disposition C.01.014.3 du Règlement sur les aliments et drogues. |
| SPDN Nº 202740 | 2017-02-09 | Délivrance d'un AC 2017-11-30 |
Présentation déposée en tant que Niveau I - Supplément pour un nouveau dosage à 20 mg. Le dosage proposé était considéré comme étant formulé proportionnellement en appliquant essentiellement le même procédé de fabrication que dans le cas des autres dosages approuvés. Par ailleurs, le promoteur a remis des données étayant une période de validité et des conditions d'entreposage après ouverture. Le profil bienfaits-préjudices-incertitudes de MDK-Nitisinone reste inchangé et est favorable. Les renseignements ont été examinés et sont considérées acceptable. Un AC a été délivré et un nouveau DIN (02470055) a été émis pour la nouvelle concentration. |
| Avis de mise en marché d'un produit pharmaceutique (DINs 02457717, 02457725 et 02457733) | Sans objet | Date de la première vente : 2016-10-20 |
Le fabricant a informé Santé Canada de la date de la première vente conformément à la disposition C.01.014.3 du Règlement sur les aliments et drogues. |
| PDN Nº 190564 | 2015-12-16 | Délivrance d'un AC 2016-09-20 |
Délivrance d'un Avis de conformité relatif à une Présentation de drogue nouvelle. |
Sommaire des motifs de décision (SMD) portant sur MDK-Nitisinone
SMD émis le : 2016-11-18
L'information suivante concerne la présentation de drogue nouvelle pour MDK-Nitisinone.
Nitisinone, 2 mg, 5 mg et 10 mg, gélules, voie orale
Identification(s) numérique(s) de drogue(s):
- DIN 02457717 - 2 mg gélule
- DIN 02457725 - 5 mg gélule
- DIN 02457733 - 10 mg gélule
MendeliKABS Inc.
Présentation de drogue nouvelle, numéro de contrôle : 190564
Le 20 septembre 2016, Santé Canada a émis à l'intention de MendeliKABS Inc. un avis de conformité du produit pharmaceutique, MDK-Nitisinone.
L'autorisation de mise sur le marché appuie sur l'information sur la qualité (chimie et fabrication), ainsi que les études non cliniques (pharmacologie et toxicologie) et cliniques présentées (pharmacologie, innocuité et efficacité). Après avoir examiné les données reçues, Santé Canada estime que MDK-Nitisinone a un profil avantages/risques favorable pour le traitement des patients atteints de tyrosinémie héréditaire de type 1 (TH-1), en association avec une restriction alimentaire en tyrosine et en phénylalanine.
1 Sur quoi l'autorisation porte-t-elle?
MDK-Nitisinone, un inhibiteur réversible de la 4-hydroxyphénylpyruvate dioxygénase, a été autorisé pour le traitement des patients atteints de tyrosinémie héréditaire de type 1 (TH-1), en association avec une restriction alimentaire en tyrosine et en phénylalanine.
Le traitement par MDK-Nitisinone devrait être instauré et supervisé par un médecin qualifié dans le traitement de la TH-1.
Aucun sujet de 65 ans ou plus n'a participé aux études cliniques sur la nitisinone.
Les études cliniques sur la nitisinone ont porté sur des patients atteints de TH-1 dont l'âge variait entre 0 an (nouveau-nés) à 21 ans.
MDK-Nitisinone est contre-indiqué chez les patients qui présentent une hypersensibilité à ce médicament, à l'un des ingrédients de sa formulation ou à l'un des composants de son contenant. Les femmes qui reçoivent MDK-Nitisinone ne devraient pas allaiter. L'utilisation de MDK-Nitisinone a été autorisée selon les conditions mentionnées dans la monographie de produit, en tenant compte des risques potentiels associés à son administration.
MDK-Nitisinone (2 mg, 5 mg et 10 mg de nitisinone) est offert sous forme de gélule. En plus de l'ingrédient médicinal, les gélules contiennent de l'amidon de maïs prégélatinisé. Les gélules contiennent de la gélatine et du dioxyde de titane. Les marques sur les gélules sont imprimées à l'encre noire, qui contient de l'oxyde de fer et de la gomme-laque.
Pour de plus amples renseignements, veuillez consulter les sections Motifs d'ordre clinique, non clinique et qualitatif (caractéristiques chimiques et fabrication).
Pour obtenir des renseignements supplémentaires, consulter également la monographie de produit MDK-Nitisinone approuvée par Santé Canada et accessible par l'intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.
2 Pourquoi MDK-Nitisinone a-t-il été autorisé?
Après avoir examiné les données reçues, Santé Canada estime que MDK-Nitisinone a un profil avantages/risques favorable pour le traitement des patients atteints de tyrosinémie héréditaire de type 1 (TH-1), en association avec une restriction alimentaire en tyrosine et en phénylalanine.
La tyrosinémie héréditaire de type 1 (TH-1) est une anomalie génétique touchant la fumarylacétoacétase, enzyme responsable de la dernière étape de la voie de dégradation de la tyrosine. Cette anomalie de l'enzyme entraîne une accumulation des métabolites intermédiaires de la voie de dégradation, notamment de maléylacétoacetate et de fumarylacétoacétate. Ces métabolites sont instables et sont rapidement convertis en succinylacétone et en succinylacétoacétate, qui sont toxiques notamment pour le foie et les reins. En outre, la succinylacétone inhibe la voie de la synthèse des porphyrines, provoquant ainsi l'accumulation de 5-aminolévulinate, un composé neurotoxique.
En l'absence de traitement, les patients atteints de TH-1 ont une durée de vie considérablement réduite. Ils sont exposés à un risque élevé de décès des suites d'une insuffisance hépatique aiguë avant d'atteindre l'âge de deux ans, ou, dans le cas de la forme chronique de la maladie, moins fréquente, de décès des suites d'une insuffisance hépatique ou d'un carcinome hépatocellulaire d'ici l'âge de 20 ans. À l'échelle mondiale, la TH-1 est une affection rare, son incidence atteignant environ 1 cas pour 100 000 naissances vivantes. L'incidence peut être plus élevée dans certaines régions, comme une région au Canada où le taux de portage est d'environ 1 pour 20 habitants et l'incidence est estimée à 1 naissance vivante sur 1 846.
Il n'existe actuellement aucun traitement de la TH-1 au Canada. Toutefois, la nitisinone, sous la forme du produit pharmaceutique Orfadin, est autorisée depuis 1994 dans le cadre du Programme d'accès spécial de Santé Canada pour les patients canadiens atteints de TH-1. La nitisinone agit en inhibant la deuxième étape de la voie de dégradation de la tyrosine, soit l'enzyme 4 hydroxyphénylpyruvate dioxygénase. Comme la nitisinone inhibe la voie de dégradation de la tyrosine en amont de la formation de maléylacétoacétate et de fumarylacétoacétate, elle permet d'éviter l'accumulation des métabolites toxiques que sont le succinylacétoacétate et la succinylacétone.
L'efficacité de MDK-Nitisinone dans le traitement des patients atteints de TH-1 a été établie après la démonstration de sa bioéquivalence avec Orfadin, un produit à base de nitisinone autorisé à l'étranger. Cette démonstration de la bioéquivalence a permis d'établir un lien entre les données probantes appuyant l'efficacité et l'innocuité de la formulation d'Orfadin et celle de MDK-Nitisinone, étayant ainsi l'autorisation de mise en marché de MDK--Nitisinone. Les données relatives à l'efficacité et à l'innocuité d'Orfadin provenaient principalement des résultats et des analyses de l'étude sur le NTBC rendus publics, ainsi que de rapports publiés d'autres essais cliniques sur la nitisinone, en particulier l'étude québécoise sur le NTBC. À ces données se sont ajoutées les données d'innocuité post-commercialisation du domaine public.
L'étude multinationale sur le NTBC a été menée par 96 investigateurs dans 87 hôpitaux répartis dans 25 pays. Il s'agit d'une étude sans insu et non contrôlée. À la suite des améliorations considérables observées sur les paramètres cliniques et biochimiques dans un groupe initial de 5 patients suédois atteints de TH-1 traités par la nitisinone, on a décidé qu'il serait contraire à l'éthique d'inclure un groupe placebo dans les études subséquentes évaluant la nitisinone dans cette maladie potentiellement mortelle.
La principale analyse de l'étude sur le NTBC portait sur 207 patients, dont l'âge variait entre 0 an (nouveau-nés) et 21,7 ans au moment de l'inscription. La durée médiane de traitement par la nitisinone était de 22,2 mois; la dose initiale de nitisinone, qui se situait entre 0,6 et 1 mg/kg/jour, a été portée à 2 mg/kg/jour chez certains patients, selon le poids et les marqueurs biochimiques et enzymatiques. Les résultats de l'étude ont été comparés à un témoin historique constitué des résultats cliniques d'une enquête internationale publiée portant sur 108 patients atteints de TH-1 dont le traitement consistait uniquement en un régime restreint en tyrosine et en phénylalanine.
Dans la population historique de patients atteints de TH-1, pour les patients ayant reçu le diagnostic à 0-2 mois (77 % de l'ensemble des patients) et ayant suivi un régime alimentaire restreint en tyrosine et en phénylalanine uniquement, 44 % sont décédés dans un délai de 6 mois, et les taux de survie à 1 an et à 2 ans étaient de 38 % et de 29 %, respectivement. En revanche, dans l'analyse principale de l'étude sur le NTBC, les taux de survie à 1 an et à 2 ans étaient de 88 % pour les patients chez qui un traitement par la nitisinone avait été mis en route avant l'âge de 2 mois. Pour les patients non traités du groupe témoin historique ayant reçu le diagnostic à un âge compris entre 2 mois et 6 mois, le taux de survie à 1 an et à 2 ans était de 74 %, comparativement à 95 % à 1 et 2 ans pour les patients chez qui un traitement par la nitisinone avait été mis en route dans cet intervalle d'âge. Pour les rares patients chez qui la maladie a été diagnostiquée après l'âge de 6 mois dans le groupe témoin historique, la survie à 1 an et à 2 ans était de 96 %, comparativement à 97 % pour les patients ayant commencé un traitement par la nitisinone après l'âge de 6 mois dans l'étude sur le NTBC.
Les résultats de l'étude sur le NTBC ont été confirmés par les résultats de l'étude québécoise sur le NTBC. Cette étude a porté sur 78 patients atteints de TH-1, dont 28 ont suivi seulement un régime alimentaire puisque la nitisinone n'était pas encore disponible, et 50 patients ont été traités prospectivement par la nitisinone. Dans le groupe non traité de l'étude québécoise, 8 patients sur 28 (29 %) sont décédés avant de recevoir une greffe hépatique, à un âge moyen de 16 mois. Aucun décès n'est survenu avant la transplantation dans le groupe traité par la nitisinone.
On a clairement constaté les bienfaits cliniques, autant dans l'étude internationale que dans l'étude québécoise sur le NTBC, lorsque les résultats des patients atteints de TH-1 traités par la nitisinone et le régime de restriction alimentaire ont été comparés aux données historiques pour les patients ayant suivi le régime alimentaire seul. En plus d'un allongement de la survie, on a constaté chez les patients traités par la nitisinone une diminution considérable de l'insuffisance hépatique (y compris des décès consécutifs à une insuffisance hépatique ou à une hémorragie importante, et de la nécessité d'une transplantation en raison d'une insuffisance hépatique), du risque de carcinome hépatocellulaire, ainsi que du risque de crises porphyriques neurologiques. Concordant avec ces résultats, le traitement par la nitisinone a produit une normalisation des anomalies biochimiques associées à la TH-1, notamment des concentrations plasmatiques et urinaires de succinylacétone et des concentrations érythrocytaires de porphobilinogène-synthétase, des concentrations urinaires d'acide 5-aminolévulinique, et des concentrations sériques d'alpha-foetoprotéine.
Aucun problème d'innocuité grave n'a été relevé en association avec la nitisinone. L'apparition de cristaux de tyrosine dans la cornée et d'opacités cornéennes avec leurs symptômes associés constitue un risque découlant de la hausse des concentrations plasmatiques de tyrosine qui sont typiquement associées au traitement par la nitisinone; toutefois, les symptômes disparaissent généralement avec une restriction en tyrosine plus stricte. En outre, des cas de thrombopénie et de neutropénie ont été observés occasionnellement, bien qu'ils aient été dépourvus de séquelles graves. Ces manifestations figurent dans la rubrique des mises en garde de la monographie de produit de MDK-Nitisinone.
Aucun nouvel effet indésirable n'a été observé au cours de la phase de surveillance de l'innocuité de la nitisinone après la mise en marché d'Orfadin aux États-Unis, en Europe et dans d'autres pays, ni au cours des plus de 20 années pendant lesquelles la nitisinone a été utilisée au Canada dans le cadre du Programme d'accès spécial.
À ce jour, l'expérience relative au traitement à long terme de la TH-1 par la nitisinone est limitée, de même que l'expérience relative au traitement d'adultes âgés, étant donné que seuls des patients âgés de 22 ans ou moins ont été recrutés dans les études cliniques. Toutefois, des données au long cours s'accumulent à mesure que se poursuit le traitement des patients atteints de TH-1 chez qui le traitement à la nitisinone a débuté dans l'enfance. Le promoteur s'est engagé à assurer une surveillance continue des patients recevant MDK-Nitisinone, après la commercialisation. On ne dispose d'aucune donnée sur l'utilisation de la nitisinone chez les patients gériatriques. Cela est mentionné dans la monographie de produit de MDK-Nitisinone.
On ne dispose pas de données valables permettant d'évaluer l'innocuité de la nitisinone chez les femmes enceintes. On peut lire dans la monographie de produit de MDK-Nitisinone que le médicament devrait être utilisé pendant la grossesse seulement si les bienfaits escomptés de la poursuite du traitement l'emportent sur les risques.
On ignore si la nitisinone est excrétée dans le lait maternel chez l'humain; toutefois, des études menées chez le rat semblent indiquer que la nitisinone est présente dans le lait des rates et provoque une toxicité oculaire et une diminution du poids corporel chez les petits qu'elles allaitent. Par conséquent, étant donné le risque d'effets indésirables chez les nourrissons, la monographie de produit de MDK-Nitisinone comporte une contre-indication recommandant aux femmes de ne pas allaiter si elles prennent MDK-Nitisinone.
Le promoteur a présenté un plan de gestion des risques (PGR) pour MDK-Nitisinone, lequel a été jugé acceptable par Santé Canada. Le PGR a pour objectifs de décrire les problèmes d'innocuité connus ou possibles, de présenter le plan de surveillance prévu et, le cas échéant, de décrire les mesures qui seront mises en place pour réduire les risques liés au produit. Les mesures de diminution des risques sont notamment la surveillance après la mise en marché, la création d'un registre de patients pancanadien afin d'évaluer l'innocuité à long terme et l'étiquetage adéquat de tous les problèmes d'innocuité relevés, y compris le manque de données dans certaines sous-populations et le risque potentiel en cas d'utilisation chez les femmes enceintes ou qui allaitent, ainsi que le risque potentiel pour le foetus et la mère en cas d'arrêt de la nitisinone durant la grossesse.
Après évaluation des marques nominatives à présentation et à consonance semblables, le nom proposé a été jugé acceptable.
Globalement, on considère que les avantages de la nitisinone pour le traitement de la tyrosinémie héréditaire de type 1, une maladie grave et souvent mortelle pour laquelle il n'existe aucun traitement autorisé au Canada, dépassent clairement les risques, malgré les incertitudes existantes. Les problèmes d'innocuité relevés peuvent être gérés à l'aide de l'étiquetage et d'une surveillance appropriée. La monographie de produit de MDK-Nitisinone comporte les mises en garde et les précautions appropriées concernant les problèmes d'innocuité relevés.
Cette présentation de drogue nouvelle répond aux exigences des articles C.08.002 et C.08.005.1; par conséquent, Santé Canada a émis l'avis de conformité prévu à l'article C.08.004 du Règlement sur les aliments et drogues. Pour de plus amples renseignements, veuillez consulter les sections Motifs de décision d'ordre clinique, non clinique et qualitatif (caractéristiques chimiques et fabrication).
3 Quelles sont les étapes qui ont mené à l'autorisation de MDK-Nitisinone?
Avant l'autorisation de mise en marché de MDK-Nitisinone, Orfadin était le seul produit de nitisinone offert dans le monde. Les gélules d'Orfadin ont été approuvées pour le traitement de la tyrosinémie héréditaire de type 1 en association avec la restriction alimentaire en tyrosine et en phénylalanine par la Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis en 2002, et par l'Agence européenne des médicaments (AEM) en 2005. Orfadin a également été homologué en Russie, au Chili, en Australie, en Israël, en Corée du Sud, au Mexique, en Ukraine et au Japon. Orfadin est aussi disponible dans d'autres pays dans le cadre de programmes d'accès spécial. C'est le cas au Canada, où Orfadin est accessible dans le cadre du Programme d'accès spécial (PAS) depuis 1994.
Le promoteur et Santé Canada se sont réunis le 4 mai 2015, avant la présentation. Le promoteur a proposé de déposer une présentation de drogue nouvelle (PDN) fondée sur la démonstration de la bioéquivalence entre MDK-Nitisinone et Orfadin, un produit autorisé à l'étranger, et d'y joindre des données relatives à l'innocuité et à l'efficacité d'Orfadin sous la forme d'examens des demandes d'homologation d'Orfadin présentées à d'autres grandes instances réglementaires, ainsi que des études publiées et des données d'innocuité post-commercialisation. Santé Canada a jugé que cette option serait acceptable pour le promoteur, compte tenu des lignes directrices existantes de Santé Canada relativement aux Présentations de drogue fondées sur les données de tierces parties et à L'utilisation d'examens étrangers par Santé Canada, et compte tenu aussi de l'utilisation de longue date d'Orfadin au Canada par l'entremise du PAS pour une maladie grave et potentiellement mortelle.
La présentation de drogue nouvelle de MDK-Nitisinone a été examinée en vertu de la Politique sur l'évaluation prioritaire. On a jugé que la PDN était conforme aux critères pour une évaluation prioritaire sur la base du fait que les renseignements fournis par le promoteur contenaient des preuves convaincantes de l'efficacité de la nitisinone pour le traitement d'une maladie grave et potentiellement mortelle pour laquelle il n'existe au Canada aucun traitement homologué.
Étapes importantes de la présentation: MDK-Nitisinone
| Étape importante de la présentation | Date |
|---|---|
| Réunion préalable à la présentation : | 2015-05-04 |
| Demande de traitement prioritaire | |
| Déposée : | 2015-09-04 |
| Approuvée par la Directrice Bureau du métabolisme, de l'oncologie et des sciences de la reproduction : | 2015-10-14 |
| Dépôt de la présentation : | 2015-12-16 |
| Examen préliminaire | |
| Avis d'insuffisance émis lors de l'examen préliminaire : | 2016-01-15 |
| Réponse déposée : | 2016-02-29 |
| Lettre d'acceptation à l'issue de l'examen préliminaire : | 2016-03-24 |
| Examen | |
| Évaluation biopharmaceutique terminée : | 2016-05-31 |
| Évaluation de la qualité terminée : | 2016-09-15 |
| Évaluation clinique terminée : | 2016-09-20 |
| Examen de l'étiquetage terminé : | 2016-09-20 |
| Délivrance de l'Avis de conformité par la Directrice Générale, Direction des produits thérapeutiques : | 2016-09-20 |
La décision des autorités réglementaires canadiennes concernant l'innocuité et l'efficacité cliniques de MDK-Nitisinone a été fondée sur un examen et une évaluation critique des rapports d'examen clinique d'Orfadin provenant de la FDA, de l'AEM et de la TGA (Therapeutic Goods Administration) de l'Australie, avec référence aux données présentées déposées par le promoteur au Canada. On a également présenté des rapports publiés sur l'essai pivot multinational portant sur la nitisinone, l'étude sur le NTBC, ainsi que sur d'autres essais cliniques ayant porté sur la nitisinone, plus particulièrement l'étude québécoise sur le NTBC, de même que des données d'innocuité post-commercialisation. Cet examen de PDN se fondait donc sur une évaluation des rapports publiés sur Orfadin et de l'expérience à l'étranger avec ce médicament depuis sa commercialisation, ainsi que sur des examens effectués par les autorités réglementaires d'autres pays, et est conforme avec les lignes directrices de Santé Canada relativement aux présentations fondées sur les données de tierces parties et l'utilisation d'examens étrangers.
La décision réglementaire canadienne sur la composante non clinique de la présentation de drogue s'appuyait également sur une analyse critique des examens non cliniques d'Orfadin faits à l'étranger par la TGA, l'EMA et la FDA.
Pour de plus amples renseignements sur le processus de présentation de drogue, consulter la Ligne directrice de l'industrie : gestion des présentations de drogues.
4 Quelles mesures de suivi le promoteur prendra-t-il?
Les exigences en matière d'activités post-commercialisation sont décrites dans la Loi sur les aliments et drogues et le Règlement connexe.
Dans le cadre de ses engagements post-commercialisation, MendelikABS Inc. a proposé de créer un registre de patients pancanadien afin d'évaluer l'innocuité à long terme de MDK-Nitisinone dans le traitement de la tyrosinémie héréditaire de type 1.
6 Quels sont les autres renseignements disponibles à propos des médicaments?
Pour obtenir des renseignements à jour sur les produits pharmaceutiques, veuillez suivre les liens suivants :
- Consultez MedEffet Canada pour connaître les derniers avis, mises en garde et retraits concernant les produits commercialisés.
- Voir la Base de données des avis de conformité (AC) pour accéder à la liste des dates d'autorisation de tous les médicaments ayant reçu un AC depuis 1994.
- Consultez la Base de données sur les produits pharmaceutiques (BDPP) pour obtenir la dernière monographie de produit. La BDPP contient des renseignements précis sur les médicaments dont l'utilisation a été approuvée au Canada.
- Voir l'Avis de conformité avec conditions (AC-C) et les documents connexes pour les produits ayant reçu un AC en vertu de la Ligne directrice sur les avis de conformité avec conditions (AC-C), le cas échéant. En cliquant sur les liens correspondant au nom du produit (selon le cas), vous pouvez accéder à la fiche de renseignements, partie III - Renseignements pour les patients sur les médicaments, à l'avis d'admissibilité, et/ou à la « Lettre aux professionnels de santé ».
- Consultez le Registre des brevets pour obtenir la liste des brevets déposés relativement à des ingrédients médicinaux, le cas échéant.
- Consultez le Registre des drogues innovantes pour obtenir la liste des drogues admissibles à la protection des données en vertu de l'article C.08.004.1 du Règlement sur les aliments et drogues, le cas échéant.
7 Quelle est la justification scientifique sur laquelle s'est fondé Santé Canada?
7.1 Motifs cliniques de la décision
Pharmacologie clinique
La nitisinone est un inhibiteur compétitif de la 4-hydroxyphényl-pyruvate dioxygénase, enzyme qui intervient en amont de la fumarylacétoacétate hydrolase (FAH) dans la voie catabolique de la tyrosine. En inhibant le catabolisme normal de la tyrosine chez les patients atteints de tyrosinémie héréditaire de type 1 (TH-1), la nitisinone empêche l'accumulation de deux intermédiaires cataboliques, le maléylacétoacétate et le fumarylacétoacétate. Chez les patients atteints de TH-1, ces intermédiaires cataboliques sont convertis en des métabolites toxiques, la succinylacétone et le succinylacétoacétate, qui sont responsables des effets toxiques observés sur le foie et les reins. En outre, la succinylacétone inhibe la voie de la synthèse des porphyrines, provoquant ainsi l'accumulation de 5-aminolévulinate (5-ALA), un composé neurotoxique.
La pharmacologie clinique comprend des rapports d'études pharmacodynamiques et pharmacocinétiques chez l'humain.
On n'a pas effectué d'études formelles portant sur les interactions médicamenteuses avec la nitisinone. Les études in vitro ont permis d'établir que la nitisinone n'inhibe pas l'activité enzymatique du cytochrome P450 (CYP), CYP3A4, CYP1A2 ou CYP2C19, mais qu'elle est un substrat de CYP3A4 et qu'elle inhibe l'activité des enzymes du CYP2C9, CYP2D6 et CYP2E1. Un ajustement posologique peut être nécessaire lorsque la nitisinone est administrée conjointement avec des médicaments qui sont des inhibiteurs ou des inducteurs de CYP3A4, et une surveillance est recommandée lorsqu'elle est administrée conjointement avec des médicaments qui sont métabolisés par les enzymes CYP2C9, CYP2D6 et CYP2E1.
On ignore si l'insuffisance rénale ou hépatique, l'origine ethnique et les polymorphismes génétiques exercent une influence sur la pharmacocinétique de MDK-Nitisinone.
Les données d'une étude de bioéquivalence randomisée, en aveugle, avec groupes parallèles et unilatérale portant sur MDK-Nitisinone (gélule de 10 mg) et Orfadin (gélule de 10 mg) (produit de référence non canadien fabriqué par Swedish Orphan Biovitrum International) ont été examinées afin d'établir un lien entre la formulation des gélules de MDK-Nitisinone et les études appuyant l'efficacité et l'innocuité d'Orfadin incluses dans cette présentation. Le plan de l'étude était conforme aux exigences stipulées dans la ligne directrice de Santé Canada intitulée Normes en matière d'études de biodisponibilité comparatives : Formes pharmaceutiques de médicaments à effets systémiques et les résultats étaient conformes aux normes de bioéquivalence précisées dans la ligne directrice de Santé Canada intitulée Normes en matière d'études de biodisponibilité comparatives : Formes pharmaceutiques de médicaments à effets systémiques. Le produit pharmaceutique MDK-Nitisinone est considéré comme étant bioéquivalent au produit pharmaceutique Orfadin. Une dispense d'études de bioéquivalence pour les concentrations de 2 mg et de 5 mg a été prise en considération sur la base de la proportionnalité des concentrations, conformément à la politique Bioéquivalence des formulations proportionnelles de Santé Canada.
Pour obtenir des renseignements supplémentaires, consulter la monographie de produit MDK-Nitisinone approuvée par Santé Canada et accessible par l'intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.
Efficacité clinique
Des preuves de l'efficacité clinique de MDK-Nitisinone pour le traitement de la TH-1 ont été apportées par la bioéquivalence de MDK-Nitisinone avec Orfadin, qui est autorisé à l'étranger, la formulation de nitisinone commercialisée dans d'autres pays pour cette indication. Les données d'efficacité présentées pour appuyer l'efficacité de la formulation d'Orfadin étaient les examens de l'étude NTBC effectués par la Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis, l'Agence européenne des médicaments (AEM) et la Therapeutic Goods Administration (TGA) de l'Australie, qui ont servi de base à l'autorisation de mise en marché d'Orfadin dans ces pays. Des rapports publiés concernant l'étude sur le NTBC, ainsi que d'autres essais cliniques effectués sur la nitisinone, plus particulièrement l'étude québécoise sur le NTBC, de même que des données d'innocuité post-commercialisation ont également été présentés. Ainsi, l'examen de la présentation de drogue reposait sur l'évaluation des publications relatives à la formulation de nitisinone d'Orfadin et des données d'expérience clinique à l'étranger avec le médicament, ainsi que sur des examens effectués par des autorités réglementaires étrangères, en conformité avec les lignes directrices de Santé Canada relatives aux présentations fondées sur les données de tierces parties (Présentations de drogue fondées sur les données de tierces parties) et les lignes directrices relatives à l'utilisation d'examens étrangers (L'utilisation d'examens étrangers par Santé Canada).
L'étude sur le NTBC a été menée par 96 investigateurs dans 87 hôpitaux répartis dans 25 pays. Il s'agit d'une étude sans insu et non contrôlée. À la suite des améliorations considérables observées sur les paramètres cliniques et biochimiques dans un groupe initial de 5 patients suédois atteints de TH-1 traités par la nitisinone, on a décidé qu'il serait contraire à l'éthique d'inclure un groupe placebo dans les études subséquentes évaluant la nitisinone dans cette maladie potentiellement mortelle.
Les examens de l'étude sur le NTBC effectués par l'AEM et la TGA ont pris en considération les résultats d'une analyse principale ayant porté sur 207 patients sur une période de 6 ans, ainsi qu'une analyse complémentaire, qui portait sur 250 patients sur une période de 7 ans, avec une dose initiale quotidienne de 1 mg/kg de poids corporel. En raison d'un chevauchement considérable, quelque 150 patients ont été pris en compte dans les deux analyses. D'après les données combinées, environ 290 patients ont été recrutés entre le début de l'analyse principale et la conclusion de l'analyse complémentaire.
Dans l'analyse principale de l'étude sur le NTBC, la durée médiane de traitement par la nitisinone était de 22,2 mois; la dose initiale de nitisinone, qui était de 0,6 à 1 mg/kg/jour, a été portée à 2 mg/kg/jour chez certains patients, selon le poids et les marqueurs biochimiques et enzymatiques. Les paramètres d'efficacité primaires étaient la survie globale, la survie sans transplantation du foie, le décès consécutif à une insuffisance hépatique, la transplantation consécutive à une insuffisance hépatique et le carcinome hépatocellulaire (CHC). Les résultats de l'étude ont été comparés à un témoin historique constitué des résultats cliniques d'une enquête internationale publiée à laquelle ont participé 108 patients atteints de TH-1 dont le traitement a consisté uniquement en un régime restreint en tyrosine et en phénylalanine.
Dans la population témoin historique des patients atteints de TH-1 ayant reçu leur diagnostic entre 0 et 2 mois et traités avec un régime restreint seulement, 44 % étaient décédés au bout de 6 mois. La survie à 1 an et à 2 ans était de 38 % et de 29 % pour les patients dont les symptômes étaient apparus avant l'âge de 2 mois, de 74 % à 1 an et à 2 ans pour ceux dont le diagnostic avait été posé entre 2 et 6 mois, et de 96 % à 1 an et à 2 ans pour les patients, moins nombreux, chez qui le diagnostic avait été posé après l'âge de 6 mois. En revanche, dans l'analyse principale de l'étude sur le NTBC, les taux de survie à 1 an et à 2 ans (qui étaient identiques) étaient de 88 %, de 95 % et de 97 %, respectivement, pour les patients chez qui un traitement par la nitisinone avait été mis en route avant l'âge de 2 mois, entre 2 et 6 mois, et après 6 mois.
Dans le groupe témoin historique, 6 patients sur 108 (6,4 %) ont reçu une transplantation de foie en raison d'une insuffisance hépatique, comparativement à 7 patients sur 207 (3,4 %) chez les sujets de l'analyse principale de l'étude sur le NTBC. Dans la cohorte historique, la survenue d'un CHC était de 18 % chez les patients de plus de 2 ans, alors que dans l'étude sur le NTBC les patients traités par la nitisinone avant l'âge de 2 ans avaient une probabilité cumulative de CHC de 1 % sur les 4 années de suivi.
Dans l'étude sur le NTBC, le traitement par la nitisinone a produit une amélioration et une normalisation rapides des concentrations urinaires de succinylacétone et de 5-ALA, ainsi que des concentrations plasmatiques de succinylacétone et de PBG-synthétase érythrocytaire.
Les résultats de l'étude sur le NTBC ont été confirmés par l'étude québécoise sur le NTBC, deuxième étude prospective en importance ayant évalué la nitisinone dans le traitement de la TH-1. Cette étude portait sur 78 patients atteints de TH-1, dont 50 ont été traités prospectivement par la nitisinone entre 1994 et 2004. Les 28 patients restants, qui avaient reçu un diagnostic de TH-1 entre 1984 et 1994 et n'ont pas été traités par la nitisinone, ont servi de groupe témoin historique. Des complications aiguës de la TH-1 ont été observées avec une fréquence élevée dans le groupe témoin historique, selon une évaluation rétrospective des dossiers médicaux. Les patients non traités ont été hospitalisés pendant 56 mois sur 784, la moitié du temps en raison de crises porphyriques neurologiques, comparativement à aucune hospitalisation due aux complications de la TH-1 chez les patients traités par la nitisinone au cours de la période d'étude (la durée moyenne de l'exposition à la nitisinone était de 9,5 années). Dans le groupe témoin historique, 8 patients sur 28 (29 %) sont décédés avant de recevoir une transplantation hépatique, à un âge moyen de 16 mois. Aucun décès n'est survenu avant la transplantation chez les patients traités par la nitisinone. Sur les 28 patients atteints de TH-1 et non traités, 20 (71 %) ont reçu une transplantation de foie, consécutive à une cirrhose ou à un cancer (13 patients), à une insuffisance hépatique aiguë (2) ou à des crises neurologiques (5 patients). En comparaison, dans le groupe des patients traités par la nitisinone, des transplantations hépatiques n'ont été effectuées que chez les sujets chez qui le traitement par la nitisinone avait été mis en route après l'âge de 30 jours (7 patients sur 26, soit 27 %). Tous ces patients présentaient des signes d'anomalies hépatiques importantes avant l'instauration du traitement par la nitisinone. Dans l'étude québécoise sur le NTBC, les anomalies biochimiques associées à la TH-1 se sont rapidement normalisées avec le traitement par la nitisinone, y compris les concentrations plasmatiques et urinaires de succinylacétone, ainsi que les concentrations plasmatiques de 5-ALA et de α-foetoprotéine.
Dans l'ensemble, la bioéquivalence de MDK-Nitisinone et Orfadin, qui est autorisé à l'étranger, combinée aux preuves substantielles de l'efficacité d'Orfadin tirées des études sur le NTBC et documentées dans les rapports d'examen d'autres organismes réglementaires et publications, ainsi qu'à l'expérience d'utilisation clinique, ont fourni suffisamment de preuves pour permettre de conclure à l'efficacité clinique de MDK-Nitisinone dans le traitement des patients atteints de TH-1.
Pour de plus amples renseignements au sujet de l'efficacité clinique de MDK-Nitisinone, consulter la monographie de produit MDK-Nitisinone approuvée par Santé Canada et accessible par l'intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.
Remarque : Les données de bioéquivalence ne sont pas toujours incluses dans la monographie de produit canadienne.
Indication
La présentation de drogue nouvelle relative à MDK-Nitisinone a été déposée pour l'indication suivante :
MDK-Nitisinone est indiqué pour le traitement de patients atteints de tyrosinémie héréditaire de type 1 (TH-1), en association avec un régime alimentaire restreint en tyrosine et en phénylalanine.
L'indication proposée était accompagnée d'un long texte traitant de l'emploi du médicament chez les personnes âgées et les enfants, qui a été examiné.
Santé Canada a recommandé ce qui suit :
MDK-Nitisinone est indiqué pour le traitement des patients atteints de tyrosinémie héréditaire de type 1 (TH-1), en association avec un régime alimentaire restreint en tyrosine et en phénylalanine.
Le traitement par MDK-Nitisinone devrait être instauré et supervisé par un médecin qualifié dans le traitement de la TH-1.
Aucun sujet de 65 ans ou plus n'a participé aux études cliniques sur la nitisinone.
Les études cliniques sur la nitisinone ont porté sur des patients atteints de TH-1 dont l'âge variait entre 0 (nouveau-nés) et 21 ans.
Innocuité clinique
Les données d'innocuité clinique de MDK-Nitisinone pour le traitement de la TH-1 se fondaient sur la démonstration d'une bioéquivalence de MDK-Nitisinone et d'Orfadin, qui est autorisé à l'étranger, permettant d'établir un lien avec les données d'innocuité d'Orfadin. Les données d'efficacité présentées pour appuyer l'efficacité de la formulation d'Orfadin étaient les examens de l'étude NTBC effectués par la Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis, l'Agence européenne des médicaments (AEM) et la Therapeutic Goods Administration (TGA) de l'Australie, qui ont servi de base à l'autorisation de mise en marché d'Orfadin dans ces pays. On a également présenté des rapports publiés concernant l'étude sur le NTBC, ainsi que d'autres essais cliniques effectués sur la nitisinone, plus particulièrement l'étude québécoise sur le NTBC, de même que des données d'innocuité post-commercialisation du domaine public. Ainsi, l'examen de la présentation de drogue reposait sur l'évaluation des publications relatives à la formulation de nitisinone d'Orfadin et des données d'expérience clinique avec le médicament, ainsi que sur des examens effectués par des autorités réglementaires étrangères, en conformité avec les lignes directrices de Santé Canada relatives aux présentations fondées sur les données de tierces parties (Présentations de drogue fondées sur les données de tierces parties) et les lignes directrices relatives à l'utilisation d'examens étrangers (L'utilisation d'examens étrangers par Santé Canada).
Aucun problème d'innocuité grave n'a été relevé en rapport avec la nitisinone chez les patients atteints de TH-1 d'après l'analyse combinée de l'étude sur le NTBC et de l'étude québécoise sur le NTBC (voir la section Efficacité clinique) ainsi que les rapports d'innocuité post-commercialisation. L'apparition de cristaux de tyrosine dans la cornée et d'opacités cornéennes, s'accompagnant de douleurs oculaires et de photophobie, est associée aux augmentations des concentrations plasmatiques de tyrosine qui surviennent lors du traitement par la nitisinone; toutefois, ces symptômes disparaissent généralement avec une restriction alimentaire stricte en tyrosine. En outre, des cas de thrombopénie et de neutropénie ont été notés occasionnellement, bien qu'aucune séquelle grave comme les saignements ou les infections n'y ait été associée. Ces manifestations sont mentionnées dans la rubrique des mises en garde de la monographie de produit de MDK-Nitisinone, et assorties d'instructions relatives à une surveillance ophtalmologique adéquate.
Avec l'allongement de la survie des enfants atteints de TH-1 observé depuis l'apparition du traitement par la nitisinone, quelques rapports publiés ont fait état d'une hausse du risque d'atteinte des fonctions cognitives chez les patients atteints de TH-1 ayant été traités par la nitisinone combinée à un régime alimentaire restrictif. On ignore si les retards notés dans le développement neurocognitif sont liés à l'exposition à la nitisinone, à la hausse des concentrations plasmatiques de tyrosine, à la baisse des concentrations de phénylalanine, aux effets de l'atteinte hépatique aiguë dans la petite enfance, ou s'ils constituent un effet inhérent de la TH-1.
Malgré le fait que la plus grande partie des données des essais cliniques provenaient de patients pédiatriques, l'étude internationale sur le NTBC portait sur des patients dont certains avaient jusqu'à 21,7 ans. L'emploi de nitisinone pour traiter des adultes atteints de TH-1 est pertinent, selon les indications, avec un réglage de la posologie selon le poids et une surveillance standard des paramètres biochimiques et cliniques.
On ne dispose d'aucune donnée concernant l'administration de nitisinone à des personnes âgées, comme il en est fait mention dans la monographie de produit de MDK-Nitisinone.
On a rapporté des cas de femmes atteintes de TH-1 et traitées par la nitisinone sont devenues enceintes et ont continué à prendre la nitisinone pendant toute la durée de la grossesse; toutefois, on ne dispose pas de données adéquates qui permettent d'évaluer l'innocuité de la nitisinone chez les femmes enceintes. Des effets toxiques sur la reproduction ont été observés chez des espèces animales à des concentrations de nitisinone comparables à celles auxquelles sont exposés les humains; en revanche, les risques pour le foetus d'une TH-1 non traitée chez la mère sont jugés substantiels. On peut lire dans la monographie de produit de MDK-Nitisinone que le médicament ne devrait être utilisé pendant la grossesse que si les bienfaits escomptés de la poursuite du traitement l'emportent sur les risques.
On ignore si la nitisinone est excrétée dans le lait maternel chez l'humain. Des études effectuées chez le rat semblent indiquer que la nitisinone est présente dans le lait des rates et provoque une toxicité oculaire et une diminution du poids corporel chez les petits qu'elles allaitent. Par conséquent, étant donné le risque d'effets indésirables chez les nourrissons, la monographie de produit de MDK-Nitisinone comporte une contre-indication recommandant aux femmes atteintes de TH-1 de ne pas allaiter si elles prennent de la nitisinone.
Globalement, malgré les incertitudes liées à la brièveté du programme de développement de la nitisinone, le profil d'innocuité de MDK-Nitisinone est considéré comme étant acceptable pour le traitement des patients atteints de TH-1. La monographie de produit approuvée de MDK-Nitisinone comporte les mises en garde et les précautions appropriées concernant les problèmes d'innocuité relevés.
Pour de plus amples renseignements, consulter la monographie de produit MDK-Nitisinone approuvée par Santé Canada et accessible par l'intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.
7.2 Motifs non cliniques de la décision
L'examen des données non cliniques par les autorités réglementaires étrangères a été approuvé par Santé Canada. La TGA a recommandé qu'Orfadin puisse être autorisé selon une perspective non clinique, malgré un certain nombre de lacunes dans le programme de développement, ce qui était en accord avec les recommandations de l'AEM et de la FDA.
Les études de pharmacodynamie primaires ont mis en évidence des effets inhibiteurs de la nitisinone sur l'activité de la 4-hydroxyphénylpyruvate dioxygénase in vitro dans des préparations de foie de rat, et in vivo chez la souris et le rat, après administration orale.
À la suite d'une administration orale répétée, les effets toxiques liés à la nitisinone sur les organes cibles chez la souris, le rat, le lapin, le chien et le singe étaient les opacités cornéennes et la kératite (rat et chien), une légère hypertrophie centrilobulaire du foie (souris et rat), une hypertrophie et une atteinte de la fonction des reins (souris), une augmentation de la démyélinisation du nerf sciatique (souris, à forte dose) et des signes cliniques de neurotoxicité et d'irritation gastro-intestinale chez le chien.
La nitisinone était dépourvue d'effets mutagènes dans les cellules bactériennes, mais était mutagène dans les cellules de mammifère in vitro (test de mutation directe des lymphomes chez la souris) et a donné des résultats légèrement positifs lors du test du micronoyau chez la souris in vivo. Un essai in vivo sur la synthèse d'acide désoxyribonucléique (ADN) dans des hépatocytes de souris, réalisé à la demande de l'AEM, n'a mis en évidence aucun signe d'altération de l'ADN in vivo. Les données montrant un risque de génotoxicité associé à la nitisinone sont donc considérées comme étant limitées.
La nitisinone n'a pas fait l'objet d'études de cancérogénicité à long terme ni d'études de toxicité chronique adéquates chez des animaux autres que les rongeurs, ce qui constitue une lacune pour un produit qui est destiné à l'administration au long cours chez l'humain.
Dans une étude menée sur des rats, l'administration de doses toxiques pour la mère de 50 mg/kg/jour (équivalant à 4 fois la dose clinique maximum, selon la surface corporelle) a entraîné une augmentation du nombre de mortinaissances ainsi qu'une diminution du nombre de naissances vivantes, du poids à la naissance et de la survie après la naissance, ainsi qu'une augmentation des anomalies du squelette.
Chez la souris et le lapin, on a observé des effets embryotoxiques (diminution du poids foetal, mortalités intra-utérines précoces et pertes post-implantation) ainsi que des anomalies foetales (anomalies du squelette chez les deux espèces; hernies ombilicales et anomalies pulmonaires chez le lapin) à des doses orales de nitisinone à partir de 5 mg/kg/jour (inférieures à la dose clinique maximale, selon la surface corporelle) lorsque le produit était administré pendant la période d'organogenèse.
Chez la souris, l'administration par voie orale aux mères de doses à partir de 5 mg/kg/jour (inférieures à la dose clinique maximum, selon la surface corporelle) pendant la période d'organogenèse et jusqu'au sevrage a été associée à une diminution de la survie et du gain de poids et à des retards du développement chez les petits. Chez le rat, l'exposition de petits jamais exposés au traitement à la nitisinone par l'intermédiaire du lait des mères ayant reçu 100 mg/kg/jour de nitisinone par voie orale (9 fois la dose clinique maximum, selon la surface corporelle) a été associée à une diminution du poids corporel et à l'apparition d'opacités cornéennes chez les petits.
À la lumière des résultats des études non cliniques de toxicité sur la reproduction, l'administration de nitisinone aux femmes qui allaitent devrait être évitée, et l'allaitement est contre-indiqué chez les femmes qui prennent de la nitisinone. L'innocuité de la nitisinone pendant la grossesse est incertaine; toutefois, les risques que représente pour le foetus une mère atteinte de TH-1 et non traitée sont considérables.
Globalement, le programme de développement préclinique de la nitisinone présentait un certain nombre de lacunes. Exception faite des tests de génotoxicité et de toxicité pour la reproduction, les études n'étaient pas conformes aux bonnes pratiques de laboratoire. Toutefois, considérant le caractère grave et potentiellement mortel de la TH-1, l'absence de traitement approuvé, les preuves d'efficacité clinique et la longue expérience d'utilisation clinique de la nitisinone à l'échelle mondiale, les limites de la base de données non clinique ne constituent pas un motif suffisant pour empêcher l'octroi d'une autorisation de mise en marché. La monographie de produit de MDK-Nitisinone comporte les mises en garde et les précautions appropriées concernant les problèmes d'innocuité relevés.
Pour de plus amples renseignements, consulter la monographie de produit MDK-Nitisinone approuvée par Santé Canada et accessible par l'intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.
7.3 Motifs d'ordre qualitatif
L'information soumise sur les caractéristiques chimiques et la fabrication de MDK-Nitisinone montre que la substance médicamenteuse et le produit pharmaceutique peuvent être fabriqués de façon à répondre systématiquement aux spécifications approuvées. Des études appropriées sur l'élaboration et la validation ont été menées, et des contrôles adéquats sont en place pour la commercialisation. Les modifications apportées au procédé de fabrication et à la formulation tout au long de l'élaboration du produit pharmaceutique sont jugées acceptables. D'après les données sur la stabilité présentée, on estime que la durée de 12 mois de conservation proposée est acceptable lorsque le produit est entreposé entre 2°C et 8°C.
On estime que les limites proposées concernant les impuretés liées au médicament ont été raisonnablement qualifiées, c'est-à-dire qu'elles se situent dans les limites établies par l'International Council for Harmonisation et/ou qu'elles sont qualifiées à partir d'études toxicologiques.
Toutes les installations participant à la production sont conformes aux bonnes pratiques de fabrication.
Tous les ingrédients non médicinaux (décrits ci-dessus) présents dans le produit pharmaceutique sont autorisés en vertu du Règlement sur les aliments et drogues pour un usage dans les médicaments.
La gélatine (excipient) est d'origine animale. Des lettres d'attestation confirmant que les matières ne viennent pas de pays touchés par l'encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) ou l'encéphalopathie spongiforme transmissible (EST) ont été fournies; ces matières sont donc considérées comme étant propres à l'usage humain.
Produits pharmaceutiques connexes
| Nom du produit | DIN | Entreprise | Ingrédient(s) actif(s) & concentration |
|---|---|---|---|
| MDK-NITISINONE | 02457733 | MENDELIKABS INC | Nitisinone 10 MG |
| MDK-NITISINONE | 02457725 | MENDELIKABS INC | Nitisinone 5 MG |
| MDK-NITISINONE | 02470055 | MENDELIKABS INC | Nitisinone 20 MG |
| MDK-NITISINONE | 02457717 | MENDELIKABS INC | Nitisinone 2 MG |