Sommaire des motifs de décision portant sur Vizimpro
Décisions d'examen
Le sommaire des motifs de décision explique les raisons pour lesquelles un produit a reçu une autorisation de vente au Canada. Le document comprend les considérations portant sur la réglementation, l’innocuité, l’efficacité et la qualité (sur le plan de la chimie et de la fabrication).
Type de produit:
- Ce document est une traduction française du document anglais approuvé.
Les sommaires des motifs de décision (SMD) présentent des renseignements sur l'autorisation initiale d'un produit. Le SMD portant sur Vizimpro est accessible ci-dessous.
Activité récente relative à Vizimpro
Les SMD relatifs aux médicaments éligibles (tels que décrits dans la Foire aux questions : Phase II du projet de sommaires des motifs de décision [SMD]) autorisés après le 1er septembre 2012 seront mis à jour afin d'inclure des renseignements sous forme de tableau des activités postautorisation (TAPA). Le TAPA comprendra de brefs résumés d'activités telles que la présentation de demandes de nouvelles utilisations, ainsi que les décisions de Santé Canada (positives ou négatives). Les TAPA seront mis à jour régulièrement en ce qui a trait aux activités postautorisation tout au long du cycle de vie du produit.
Tableau des activités postautorisation (TAPA) portant sur Vizimpro
Mise à jour : 2025-02-19
Le tableau suivant décrit les activités postautorisation menées à l'égard de Vizimpro, un produit dont l'ingrédient médicinal est dacomitinib (fourni sous forme de monohydrate de dacomitinib). Pour en savoir plus sur le type de renseignements présentés dans les TAPA, veuillez consulter la Foire aux questions : Phase II du projet de sommaires des motifs de décision (SMD) et à la Liste des abréviations qui se trouvent dans les Tableaux des activités postautorisation (TAPA).
Pour de plus amples renseignements sur le processus de présentation de drogues, consultez la Ligne Directrice : Gestion des présentations et des demandes de drogues.
Identification numérique de drogue (DIN) :
- DIN 02486024 - 15 mg dacomitinib, comprimé, voie orale
- DIN 02486032 - 30 mg dacomitinib, comprimé, voie orale
- DIN 02486040 - 45 mg dacomitinib, comprimé, voie orale
Tableau des activités postautorisation (TAPA)
| Type et numéro d'activité ou de présentation | Date de présentation | Décision et date | Sommaire des activités |
|---|---|---|---|
| DIN 02486040 annulé (après commercialisation) | Sans objet | Date de cessation 2022-06-09 | Le fabricant a avisé Santé Canada que la vente du médicament a été suspendue après la mise sur le marché. Santé Canada a annulé le DIN conformément à l’alinéa C.01.014.6(1)a) du Règlement sur les aliments et drogues. |
| DINs 02486024, 02486032 annulés (après commercialisation) | Sans objet | Date de cessation 2021-11-24 | Le fabricant a avisé Santé Canada que la vente du médicament a été suspendue après la mise sur le marché. Santé Canada a annulé les DINs conformément à l’alinéa C.01.014.6(1)a) du Règlement sur les aliments et drogues. |
| SPDN Nº 243393 | 2020-09-01 | Délivrance d’un AC 2021-07-29 | Présentation déposée en tant que Niveau I – Supplément afin de mettre à jour la MP en ajoutant de nouveaux données de l’étude A7471058. La présentation a été examinée et est considérée acceptable. À cause du SPDN, des modifications ont été effectuées aux sections suivantes de la MP: Interactions médicamenteuses et posologie et administration. Des modifications correspondantes ont été effectuées à la partie III intitulée Renseignements pour les patients sur les médicaments. Un AC a été délivré. |
| Avis de mise en marché d'un produit pharmaceutique (DINs 02486024, 02486032, 02486040) | Sans objet | Date de la première vente 2019-04-22 | Le fabricant a informé Santé Canada de la date de la première vente conformément à la disposition C.01.014.3 du Règlement sur les aliments et drogues. |
| PDN Nº 214572 | 2018-03-16 | Délivrance d'un AC 2019-02-26 | Délivrance d'un AC relatif à une Présentation de drogue nouvelle. |
Sommaire des motifs de décision (SMD) portant sur Vizimpro
SMD émis le : 2019-10-22
L'information suivante concerne la Présentation de drogue nouvelle pour Vizimpro.
Dacomitinib (fourni sous forme de monohydrate de dacomitinib)
Identification(s) numérique(s) de drogue(s):
- DIN 02486024 - 15 mg comprimé, administration par voie orale
- DIN 02486032 - 30 mg comprimé, administration par voie orale
- DIN 02486040 - 45 mg comprimé, administration par voie orale
Pfizer Canada ULC
Présentation de drogue nouvelle, numéro de contrôle : 214572
Le 26 février, 2019, Santé Canada a émis à l'intention de Pfizer Canada ULC un avis de conformité produit pharmaceutique Vizimpro.
L'autorisation de mise en marché s'appuie sur l'information portant sur la qualité (chimie et fabrication), ainsi que les études non cliniques (pharmacologie et toxicologie) et cliniques (pharmacologie, innocuité et efficacité) présentées. D'après l'évaluation des données reçues effectuée par Santé Canada, le profil avantages-effets nocifs-incertitudes de Vizimpro est considéré comme étant favorable pour le traitement de première intention des patients adultes atteints de cancer du poumon non à petites cellules (CPNPC) localement avancé ou métastatique non résécable avec présence confirmée d'une mutation de type délétion dans l'exon 19 ou d'une mutation de substitution L858R dans l'exon 21 du récepteur du facteur de croissance épidermique (EGFR).
1 Sur quoi l'autorisation porte-t-elle?
Vizimpro, un inhibiteur de la tyrosine kinase, a été autorisé pour le traitement de première intention des patients adultes atteints de cancer du poumon non à petites cellules (CPNPC) localement avancé ou métastatique non résécable avec présence confirmée d'une mutation de type délétion dans l'exon 19 ou d'une mutation de substitution L858R dans l'exon 21 du récepteur du facteur de croissance épidermique (EGFR).
Avant d'instaurer le traitement par Vizimpro, un test validé est requis pour vérifier la présence d'une mutation de l'EGFR.
Dans le cadre l'essai de phase III sur Vizimpro, 41 % des patients étaient âgés de 65 ans ou plus. Aucune différence quant à l'efficacité de Vizimpro n'a été observée entre ces patients et les patients plus jeunes. Cependant, les patients ayant ≥ 65 ans ont présenté un plus grand nombre d'effets indésirables graves (EIG; 33,0 % vs 23,3 %), d'effets indésirables (EI) de grade 3 (55,3 % vs 48,1 %) et d'abandons définitifs du traitement à cause des EI (26,6 % vs 11,3 %) que les patients ayant < 65 ans. Par conséquent, il faut surveiller étroitement les personnes âgées pour déceler tout effet toxique lié au médicament. Bien qu'il soit impossible de tirer de conclusions en raison de la petite taille de l'échantillon (28/227; 12,3 %), les analyses exploratoires de sous-groupes n'ont révélé aucun bienfait au regard des paramètres d'évaluation de l'efficacité chez les patients de plus de 75 ans traités par Vizimpro comparativement aux patients de plus de 75 ans traités par le géfitinib (médicament comparateur).
L'innocuité et l'efficacité de Vizimpro chez les enfants (< 18 ans) n'ont pas été établies. Il n'existe pas de données sur cette population de patients.
Vizimpro est contre-indiqué chez les patients qui présentent une hypersensibilité à ce médicament, y compris les ingrédients non médicinaux, ou à l'un des composants du produit.
Vizimpro a été autorisé selon les conditions d'utilisation décrites dans sa monographie de produit, en tenant compte des risques potentiels associés à l'administration du médicament.
Vizimpro (15 mg, 30 mg et 45 mg dacomitinib, fourni sous forme de monohydrate de dacomitinib) se présente sous forme de comprimé. En plus de l'ingrédient médicinal, le comprimé contient ce qui suit : monohydrate de lactose, stéarate de magnésium, cellulose microcristalline et glycolate de sodium amylacé. La pellicule d'enrobage renferme ce qui suit : bleu Opadry II® 85F30716 contenant : FD&C bleu n° 2/carmin d'indigo sur substrat d'aluminium, macrogol/PEG 3350, alcool polyvinylique - partiellement hydrolysé, talc, dioxyde de titane.
Pour de plus amples renseignements, veuillez consulter les sections Motifs d'ordre clinique, non clinique et qualitatif (caractéristiques chimiques et de fabrication).
Pour obtenir des renseignements supplémentaires, consulter également la monographie de produit de Vizimpro approuvée par Santé Canada et accessible par l'intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.
2 Pourquoi Vizimpro a-t-il été autorisé?
Santé Canada estime que Vizimpro a un profil avantages-effets nocifs-incertitudes favorable pour le traitement de première intention des patients adultes atteints de cancer du poumon non à petites cellules (CPNPC) localement avancé ou métastatique non résécable avec présence confirmée d'une mutation de type délétion dans l'exon 19 ou d'une mutation de substitution L858R dans l'exon 21 du récepteur du facteur de croissance épidermique (EGFR).
Le CPNPC associé à une mutation de l'EGFR est une affection menaçant le pronostic vital correspondant au deuxième cancer le plus répandu au Canada, tant chez les hommes que chez les femmes. On estime que 28 600 Canadiens ont reçu un diagnostic de cancer du poumon en 2017, soit 14 % de tous les nouveaux cas de cancer. Le taux de survie à cinq ans chez les hommes et les femmes est de 14 % et de 20 %, respectivement.
Le dacomitinib (ingrédient médicinal contenu dans Vizimpro) est un inhibiteur de la famille des récepteurs du facteur de croissance épidermique humain (HER) (EGFR/HER1, HER2 et HER4) qui exerce une activité clinique en présence de mutations de l'EGFR comportant des délétions dans l'exon 19 ou la substitution L858R dans l'exon 21. Le dacomitinib est un inhibiteur de tyrosine kinase (ITK) de deuxième génération qui se lie de façon sélective et irréversible aux trois récepteurs de la famille des HER, ce qui prolonge l'effet inhibiteur.
Vizimpro s'est révélé efficace dans le traitement de première intention des patients adultes atteints de CPNPC avec présence confirmée d'une mutation de type délétion dans l'exon 19 ou d'une mutation de substitution L858R dans l'exon 21 de l'EGFR. L'autorisation de mise en marché reposait principalement sur l'étude pivot 1050 (ARCHER), qui visait à montrer la supériorité de Vizimpro par rapport au géfitinib au chapitre de la prolongation de la survie sans progression (SSP) des patients atteints d'un CPNPC associé à une mutation de l'EGFR. L'étude 1050 était une étude ouverte de phase III, contrôlée par médicament actif et menée auprès de 452 patients répartis aléatoirement (selon un rapport de 1:1) pour recevoir soit Vizimpro à 45 mg par voie orale une fois par jour, soit le géfitinib à 250 mg administré par voie orale une fois par jour. La SSP, qui était le paramètre principal de l'efficacité, a été évaluée à l'aide d'un examen indépendant effectué à l'insu. Les autres paramètres d'évaluation de l'efficacité comprenaient le taux de réponse objective (TRO), la survie globale (SG) et la durée de la réponse (DR). Les résultats de l'étude 1050 ont montré que le paramètre principal a été satisfait lorsqu'on a confirmé la supériorité de Vizimpro par rapport au géfitinib pour ce qui est de la prolongation de la SSP, la SSP médiane ayant été de 14,7 mois et de 9,2 mois, respectivement (rapport des risques : 0,589; intervalle de confiance à 95 % [IC] : 0,469-0,739, valeur p < 0,0001). À l'exception de patients âgés de plus de 75 ans [aucune conclusion ne peut être tirée en raison de la petite taille de l'échantillon (28/227; 12,3 %)], les analyses de sous-groupes portant sur le paramètre principal concordaient globalement avec les résultats de l'analyse principale.
Comparativement au géfitinib, Vizimpro n'a pas amélioré le TRO (71,6 % vs 74,9 %). La SG médiane des patients recevant Vizimpro était de 34,1 mois (IC à 95 % : 29,5-37,7), alors qu'elle était de 26,8 mois (IC à 95 % : 23,7-32,1) chez les patients traités par le géfitinib. Étant donné que la séquence de test allait de la SSP, au TRO puis à la SG, les procédures de tests statistiques n'ont pas été réalisées pour la SG, car le TRO n'était pas statistiquement significatif. La durée médiane de la réponse a été plus longue chez les patients traités par Vizimpro (14,8 mois; IC à 95 % : 12,0-17,4) que chez les patients traités par le géfitinib (8,3 mois; IC à 95 % : 7,4-9,2).
Les résultats relatifs à l'innocuité obtenus dans le cadre de l'étude pivot 1050 ont indiqué que la plupart des patients des deux groupes de l'étude ont subi des effets indésirables (99,6 % vs 98,2 %). Voici les effets indésirables observés chez plus de 20 % des patients traités par Vizimpro : diarrhée, paronychie, dermatite acnéiforme, stomatite, diminution de l'appétit, sécheresse de la peau, perte de poids, alopécie et toux. La fréquence des effets indésirables graves (EIG) signalée dans les deux groupes de l'étude était comparable (Vizimpro : 27,3 % vs géfitinib : 22,3 %). Les EIG les plus fréquemment signalés chez les patients traités par Vizimpro étaient : diarrhée, maladie pulmonaire interstitielle, éruption cutanée, diminution de l'appétit.
Les effets indésirables significatifs sur le plan clinique et/ou potentiellement mortels comprenaient ceux qui suivent : diarrhée (y compris un cas mortel), toxicité cutanée grave (y compris des réactions cutanées exfoliatives) et pneumopathie interstitielle/pneumonite (y compris un cas mortel).
Pfizer Canada ULC a présenté à Santé Canada un plan de gestion des risques (PGR) relativement à Vizimpro. Après examen, ce PGR a été jugé acceptable. Le PGR est destiné à décrire les problèmes d'innocuité connus ou possibles, à présenter le plan de surveillance prévu et, le cas échéant, à décrire les mesures qui seront mises en place pour réduire les risques liés au produit.
Après évaluation des marques nominatives à présentation et à consonance semblables, le nom proposé de Vizimpro a été accepté.
Dans l'ensemble, les avantages thérapeutiques observés dans le cadre de l'étude pivot 1050 sont prometteurs. Par rapport au géfitinib, un traitement de référence en première intention dans les cas de CPNPC localement avancé ou métastatique non résécable associé à une mutation de l'EGFR, Vizimpro a permis d'augmenter la SSP de manière significative sur le plan clinique. Les risques associés à l'utilisation de Vizimpro, qui ne sont pas inattendus pour un inhibiteur de la tyrosine kinase (ITK) de l'EGFR, peuvent être pris en charge en réduisant ou en interrompant adéquatement les doses de ce médicament. Des mises en garde et précautions figurent dans la monographie de Vizimpro pour faire état des problèmes d'innocuité qui ont été soulevés. Le profil global avantages-effets nocifs-incertitudes de Vizimpro est considéré comme favorable pour l'indication recommandée.
Cette présentation de drogue nouvelle répond aux exigences des articles C.08.002 et C.08.005.1; par conséquent, Santé Canada a émis l'avis de conformité prévu à l'article C.08.004 du Règlement sur les aliments et drogues. Pour de plus amples renseignements, veuillez consulter les sections Motifs d'ordre clinique, non clinique et qualitatif (caractéristiques chimiques et de fabrication).
3 Quelles sont les étapes qui ont mené à l'autorisation de Vizimpro?
Étapes importantes de la présentation: Vizimpro
| Étape importante de la présentation | Date |
|---|---|
| Réunion préalable à la présentation : | 2017-06-20 |
| Dépôt de la présentation : | 2018-03-16 |
| Examen préliminaire | |
| Lettre d'acceptation à l'issue de l'examen préliminaire : | 2018-05-03 |
| Examen | |
| Évaluation du plan de gestion des risques terminée : | 2019-01-14 |
| Évaluation biopharmaceutique terminée : | 2019-01-24 |
| Évaluation biostatistique terminée : | 2019-02-07 |
| Évaluation de la qualité terminée : | 2019-02-20 |
| Évaluation clinique/médicale terminée : | 2019-02-21 |
| Examen de l'étiquetage terminé, comprenant l'évaluation des marques nominatives à présentation et à consonance semblables : | 2019-02-21 |
| Délivrance de l'Avis de conformité par le directeur général, Direction des produits thérapeutiques | 2019-02-26 |
La décision réglementaire canadienne portant sur l'examen clinique et non clinique de Vizimpro est fondée sur une évaluation critique du dossier soumis à Santé Canada. Les examens effectués à l'étranger par la Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis a servi de référence supplémentaire.
Pour de plus amples renseignements sur le processus de présentation de drogue, consulter la Ligne directrice de l'industrie : gestion des présentations de drogues.
4 Quelles mesures de suivi le promoteur prendra-t-il?
Les exigences en matière d'activités post-commercialisation sont décrites dans la Loi sur les aliments et drogues et le Règlement connexe.
6 Quels sont les autres renseignements disponibles à propos des médicaments?
Pour obtenir des renseignements à jour sur les produits pharmaceutiques, veuillez suivre les liens suivants :
- Consulter MedEffet Canada pour connaître les derniers avis, mises en garde et retraits concernant les produits commercialisés.
- Voir la Base de données des avis de conformité (AC) pour accéder à la liste des dates d'autorisation de tous les médicaments ayant reçu un AC depuis 1994.
- Consulter la Base de données sur les produits pharmaceutiques (BDPP) pour obtenir la dernière monographie de produit. La BDPP contient des renseignements précis sur les médicaments dont l'utilisation a été approuvée au Canada.
- Voir l'Avis de conformité avec conditions (AC-C) et les documents connexes pour les produits ayant reçu un AC en vertu de la Ligne directrice sur les avis de conformité avec conditions (AC-C), le cas échéant. En cliquant sur les liens correspondant au nom du produit (selon le cas), vous pouvez accéder la fiche de renseignements, partie III - Renseignements pour les patients sur les médicaments, l'avis d'admissibilité, et/ou la « Lettre aux professionnels de santé ».
- Consulter le Registre des brevets pour obtenir la liste des brevets déposés relativement à des ingrédients médicinaux, le cas échéant.
- Consulter le Registre des drogues innovantes pour obtenir la liste des drogues admissibles à la protection des données en vertu de l'article C.08.004.1 du Règlement sur les aliments et drogues, le cas échéant.
7 Quelle est la justification scientifique sur laquelle s'est fondé Santé Canada?
7.1 Motifs cliniques de la décision
Pharmacologie clinique
Le dacomitinib (l'ingrédient médicinal contenu dans Vizimpro) est un inhibiteur de la famille des récepteurs du facteur de croissance épidermique humain (HER) (récepteur du facteur de croissance épidermique [EGFR]/HER1, HER2 et HER4) qui exerce une activité clinique en présence de mutations de l'EGFR comportant des délétions dans l'exon 19 ou la substitution L858R dans l'exon 21. Le dacomitinib est un inhibiteur de tyrosine kinase (ITK) de deuxième génération qui se lie de façon sélective et irréversible aux trois récepteurs de la famille des HER, ce qui prolonge l'effet inhibiteur.
Les données de pharmacologie clinique comprenaient des rapports sur les études pharmacodynamiques et pharmacocinétiques menées auprès d'êtres humains.
Pharmacodynamie
Allongement de l'intervalle PR
Les effets du dacomitinib sur les paramètres de l'électrocardiogramme (ECG) ont été évalués au moyen d'ECG obtenus aux mêmes moments qui ont permis d'évaluer les variations par rapport à la situation de départ et aux valeurs pharmacocinétiques correspondantes chez 32 patients atteints de cancer du poumon non à petites cellules (CPNPC) avancé. Vizimpro, administré pendant 4 jours à une dose supérieure à la dose thérapeutique de 45 mg toutes les 12 heures, a été associé à une concentration sérique maximale (Cmax) moyenne du dacomitinib de 96,8 ng/ml, soit une valeur similaire à la Cmax moyenne à l'état d'équilibre signalée pour la dose thérapeutique de 45 mg une fois par jour administrée sans interruption jusqu'à l'atteinte de l'état d'équilibre (la Cmax moyenne variait de 79,5 à 108 ng/ml).
Le dacomitinib administré à raison de 45 mg toutes les 12 heures a entraîné un allongement de l'intervalle PR à toutes les évaluations le jour 4 du traitement, les variations allant de 2,7 millisecondes (intervalle de confiance [IC] à 90 % : de 0,5 à 4,9) à 6,6 millisecondes (IC à 90 % : de 4,5 à 8,8). Aucun effet clinique significatif n'a été observé concernant l'intervalle QTc ou le complexe QRS à l'évaluation du jour 4.
Pharmacocinétique
L'état d'équilibre du dacomitinib a été atteint dans les 14 jours suivant l'administration répétée de doses uniquotidiennes de 45 mg. Le rapport d'accumulation de la moyenne géométrique estimée (coefficient de variation %) a été de 5,7 (28 %) selon l'aire sous la courbe (ASC) concentration-temps.
Absorption
Après l'administration par voie orale d'une seule dose de 45 mg de dacomitinib en comprimé, la biodisponibilité moyenne du dacomitinib est de 80 % comparativement à l'administration intraveineuse, et la concentration plasmatique maximale est atteinte après 5 à 6 heures (min.-max. : 2-24 heures).
L'administration concomitante du dacomitinib et d'un repas riche en matières grasses augmente l'exposition au dacomitinib de 14%. Cependant, les aliments ne changent pas de façon cliniquement significative la biodisponibilité du dacomitinib. Par conséquent, le dacomitinib peut être pris avec ou sans aliments. Toutefois, il est recommandé de prendre la dose dans les mêmes conditions (soit toujours à jeun ou toujours après le même type de repas) afin d'éviter toute élévation inattendue de la concentration plasmatique du dacomitinib.
Le dacomitinib est un substrat des protéines de transport membranaire, de la glycoprotéine P (gp-P) et de la protéine de résistance du cancer du sein (BCRP). Cependant, étant donné la biodisponibilité par voie orale de 80 %, il est peu probable que l'efflux de dacomitinib ait un effet sur l'absorption du dacomitinib.
Distribution
À la suite de l'administration intraveineuse, le dacomitinib se distribue largement dans tout l'organisme, son volume moyen de distribution à l'état d'équilibre se chiffrant à 1889 L. Lors d'évaluations in vitro chez l'humain, son taux de fixation aux protéines plasmatiques est d'environ 98 % et est indépendant de la concentration du médicament.
Métabolisme
Chez l'humain, les principales voies métaboliques du dacomitinib sont l'oxydation et la conjugaison au glutathion. Après l'administration par voie orale d'une seule dose de 45 mg de dacomitinib radiomarqué, le métabolite circulant le plus abondant a été l'O-déméthyl dacomitinib. Au cours d'évaluations biochimiques in vitro, l'activité pharmacologique de ce métabolite a été comparable à celle du dacomitinib. Le dacomitinib, l'O-déméthyl dacomitinib, un conjugué cystéinique du dacomitinib et un métabolite mono-oxygéné du dacomitinib ont été les principales substances dérivées du dacomitinib qui ont été retrouvées dans les fèces. Des études in vitro ont indiqué que le cytochrome P450 (CYP) 2D6 est la principale isoenzyme CYP contribuant à la formation de l'O-déméthyl dacomitinib, tandis que la CYP3A4 contribue à la formation d'autres métabolites oxydatifs mineurs.
Élimination
La demi-vie plasmatique du dacomitinib varie de 54 à 80 heures. Chez six hommes en bonne santé ayant reçu par voie orale une dose unique de dacomitinib radiomarqué, on a récupéré 82 % (médiane) de la substance radioactive totale administrée en l'espace de 552 heures : 79 % se sont retrouvés dans les fèces, principale voie d'élimination, et 3 % se sont retrouvés dans les urines.
Interactions médicament-médicament
L'utilisation de Vizimpro est associée à un risque d'interactions médicament-médicament. La monographie de produit Vizimpro présente une liste d'interactions médicament-médicament éventuelles ou établies. La liste des médicaments énumérés se fonde sur des études d'interactions médicamenteuses ou sur d'éventuelles interactions dont on s'attend qu'elles soient intenses et graves.
Pour obtenir des renseignements supplémentaires, consulter la monographie de produit de Vizimpro approuvée par Santé Canada et accessible par l'intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.
Efficacité clinique
L'efficacité clinique du traitement par Vizimpro administré en première intention à des patients adultes atteints de CPNPC localement avancé ou métastatique avec mutations activatrices de l'EGFR a été évaluée dans le cadre d'ARCHER 1050, une étude pivot de phase III.
Étude 1050 (ARCHER 1050)
Il s'agissait d'une étude multicentrique et multinationale menée sans insu avec répartition aléatoire, qui visait à démontrer la supériorité de Vizimpro par rapport au géfitinib sur le plan de la prolongation de la survie sans progression (SSP). Le géfitinib était considéré comme un comparateur acceptable, car il constitue l'un des traitements standards au Canada en première intention contre le CPNPC avec mutations activatrices de l'EGFR.
Au total, 452 patients ont été répartis au hasard selon une proportion de 1:1 pour recevoir soit Vizimpro à 45 mg une fois par jour, soit le géfitinib à 250 mg une fois par jour jusqu'à la progression de la maladie ou à l'apparition d'effets toxiques intolérables. Les facteurs de stratification étaient la race (Japonais vs Chinois [de la Chine continentale] vs autres Asiatiques orientaux vs Asiatiques non orientaux) et la mutation de l'EGFR (délétion dans l'exon 19 ou mutation L858R dans l'exon 21). L'étude n'a pas été menée à l'insu en raison des différences sur le plan des stratégies de réduction des doses pour la prise en charge des effets indésirables.
Le paramètre d'évaluation principal de l'efficacité, soit la SSP, a fait l'objet d'une évaluation radiographique indépendante centralisée (ERIC) à l'insu réalisée à l'aide de la version 1.1. selon des critères RECIST (Response Evaluation Criteria in Solid Tumors, Critères d'évaluation de la réponse des tumeurs solides). Les autres paramètres d'évaluation de l'efficacité comprenaient le taux de réponse objective (TRO), la durée de la réponse (DR) et la survie globale (SG). Au chapitre de l'analyse du paramètre principal, une procédure de validation a été utilisée pour mettre à preuve des hypothèses dans le cadre d'une approche hiérarchique visant à contrôler le FEWR (family-wise error rate) pour les analyses du paramètre principal et des principaux paramètres secondaires du TRO et de la SG. Les tests statistiques ont été faits dans l'ordre suivant : SSP, TRO, et SG. La permutation des patients jusqu'à la progression de la maladie était interdite.
Dans le groupe traité par Vizimpro, la plupart des sujets étaient des femmes (64,3 %) et l'âge médian était de 62,0 ans; 74,9 % étaient Asiatiques, 24,7 %, Blancs et 0,4 %, Noirs. La majorité des patients n'avaient jamais fumé (64,8 %) et 28,6 % étaient des ex-fumeurs. Tous les patients présentaient un indice fonctionnel Eastern Cooperative Oncology Group (ECOG) initial de 0 (33,0 %) ou de 1 (67,0 %), 59,0 % présentaient une délétion dans l'exon 19 et 41,0 %, une mutation L858R dans l'exon 21. La maladie était de stade IV chez la plupart des patients (92,1 %) et de stade IIIB chez 7,9 % des sujets; 99,1 % des patients n'avaient reçu aucun traitement antérieur à action générale.
Résultats relatifs au paramètre d'efficacité principal
Déterminés à l'aide d'une ERIC, les résultats de l'étude 1050 ont permis d'observer une amélioration statistiquement et cliniquement significative de la SSP avec Vizimpro comparativement au géfitinib en tant que traitement de première intention des patients atteints de CPNPC localement avancé ou métastatique non résécable associé à une mutation de l'EGFR.
À la date limite de collecte des données (29 juillet 2016), 59,9 % des patients du groupe recevant Vizimpro (nombre de patients [n] = 136) et 79,6 % des patients du groupe recevant le géfitinib (n = 179) présentaient des manifestations liées à la SSP. La SSP médiane était de 14,7 mois (IC à 95 % : 11,1-16,6) dans le groupe recevant Vizimpro et de 9,2 mois (IC à 95 % : 9,1-11,0) dans le groupe recevant le géfitinib. Le rapport des risques du groupe recevant Vizimpro, comparativement à celui du groupe recevant le géfitinib, était de 0,589 (IC à 95 % : 0,469-0,799), la valeur p unilatérale (test de Mantel-Haenszel) étant < 0,0001 pour l'analyse stratifiée. Le rapport des risques établi en fonction de l'analyse non stratifiée était de 0,582 (IC à 95 % : 0,464-0,729), la valeur p unilatérale (test de Mantel-Haenszel) étant < 0,0001.
À l'exception de patients âgés de plus de 75 ans [aucune conclusion ne peut être tirée en raison de la petite taille de l'échantillon (28/227; 12,3 %)], les analyses de sous-groupes portant sur le paramètre principal concordaient globalement avec les résultats de l'analyse principale. Un énoncé de mise en garde a été ajouté à la monographie de Vizimpro pour indiquer que les analyses exploratoires n'ont révélé aucun bienfait sur le plan des paramètres de l'efficacité chez les patients âgés de plus de 75 ans traités par Vizimpro comparativement aux patients de plus de 75 ans traités par le géfitinib. En ce qui concerne le statut des patients à l'égard du tabagisme et de la mutation de l'EGFR (déterminé au moment de la répartition aléatoire à l'aide de l'évaluation approuvée par la Food and Drug Administration [FDA]), l'analyse à l'insu des sous-groupes au chapitre de la SSP réalisée à l'aide d'une ERIC favorisait généralement le groupe de traitement recevant Vizimpro, plutôt que celui recevant le géfitinib.
Pour le sous-groupe de patients non asiatiques, aucune différence cliniquement significative pour ce qui est de la SSP médiane n'a été observée entre le groupe de traitement recevant Vizimpro (9,3 mois; IC à 95 % : 5,5-12,8) et le groupe de traitement recevant le géfitinib (9,2 mois; IC à 95 % : 7,4-11,1). Bien qu'il était inférieur à 1, le rapport des risques n'était pas statistiquement significatif. Les résultats non concluants pourraient être attribuables à la petite taille des échantillons et aux grands intervalles de confiance. La proportion de patients non asiatiques qui obtenaient une réponse (complète ou partielle) au traitement était semblable dans les deux groupes de l'étude (68,4 % dans le groupe recevant Vizimpro et 67,3 % dans le groupe recevant le géfitinib). Les proportions de personnes ne répondant pas au traitement dans le sous-groupe de patients non asiatiques étaient aussi semblables dans le groupe recevant Vizimpro et (31,6 %) et celui recevant le géfitinib (32,7 %). La durée de la réponse dans le sous-groupe de patients non asiatiques était plus longue dans le groupe recevant Vizimpro (10,1 mois; IC à 95 % : 6,8-13,8) que dans le groupe recevant le géfitinib (6,6 mois; IC à 95 % : 5,2-30,4). Le rapport des risques relatif à la SSP était de 0,547 (IC à 95 % : 0,321-0,933) dans le groupe de patients non asiatiques qui répondaient au traitement et de 2,498 (IC à 95 % : 1,004-6,213) dans le groupe de patients non asiatiques qui ne répondaient pas au traitement. Globalement, ces résultats tendent encore à indiquer une efficacité accrue dans le groupe de patients non asiatiques.
Principaux paramètres secondaires de l'efficacité :
Aucune différence n'a été observée au chapitre du TRO entre les deux groupes de traitement (74,9 % pour le groupe recevant Vizimpro et 71,6 % dans le groupe recevant le géfitinib), la valeur p unilatérale étant de 0,1942. Au total, 5,3 % des réponses obtenues avec Vizimpro étaient complètes, alors que cette proportion était de 1,8 % avec le géfitinib. Étant donné que le TRO n'était pas statistiquement significatif, les procédures de tests statistiques n'ont pas été approfondies. La durée médiane de la réponse a été plus longue chez les patients traités par Vizimpro (14,8 mois; IC à 95 % : 12,0-17,4) que chez les patients traités par le géfitinib (8,3 mois; IC à 95 % : 7,4-9,2).
Stratifiée en fonction de la race et du statut mutationnel de l'EGFR, l'analyse finale de la SG réalisée au moyen d'un examen à l'insu a eu lieu à la date limite de collecte des données, qui était le 17 février 2017, soit lorsque le nombre d'événements prédéterminé a été satisfait. Au total, 220 décès (48,7 %) ont été constatés, dont 103 (45,4 %) dans le groupe recevant Vizimpro et 117 (52,0 %) dans la population en intention de traiter (ITT). Bien que les courbes de Kaplan-Meier se sont croisées deux fois, l'hypothèse relative au risque proportionnel a été maintenue. La SG médiane des patients recevant Vizimpro était de 34,1 mois (IC à 95 % : 29,5-37,7), alors qu'elle était de 26,8 mois (IC à 95 % : 23,7-32,1) chez les patients traités par le géfitinib. Le rapport des risques stratifié était de 0,760 (IC à 95 % : 0,582-0,993), la valeur p unilatérale (test de Mantel-Haenszel) étant de 0,0219. La durée médiane du suivi de la SG était de 31,1 mois dans la population en intention de traiter. Bien que la valeur p unilatérale (test de Mantel-Haenszel) du rapport des risques était inférieure à 0,05, le gain observé au chapitre de la SG n'est pas considéré comme statistiquement significatif en raison de la procédure de validation interrompue par suite de l'évaluation indépendante du TRO, ce dernier ne s'étant pas révélé statistiquement significatif. Cette valeur p est donc considérée comme nominale, et l'on ne peut prétendre à quelque signification statistique que ce soit. Les résultats au chapitre de la SG sont donc descriptifs, et les valeurs p relatives à la SG n'ont pas été incluses dans la monographie de Vizimpro.
Indication
La Présentation de drogue nouvelle relative à Vizimpro a été initialement déposée par le promoteur pour l'indication suivante :
- Vizimpro (dacomitinib) est indiqué pour le traitement de première intention des patients atteints de cancer du poumon non à petites cellules (CPNPC) localement avancé ou métastatique avec mutations activatrices du récepteur du facteur de croissance épidermique (EGFR). L'analyse finale prédéterminée de la survie globale (SG) a montré que le dacomitinib a permis d'obtenir une amélioration importante et cliniquement significative de la SG, comparativement au géfitinib.
Santé Canada a approuvé l'indication suivante :
- Vizimpro (dacomitinib) est indiqué pour le traitement de première intention des patients adultes atteints de cancer du poumon non à petites cellules (CPNPC) localement avancé ou métastatique non résécable avec présence confirmée d'une mutation de type délétion dans l'exon 19 ou d'une mutation de substitution L858R.
Pour de plus amples renseignements, consulter la monographie de produit de Vizimpro approuvée par Santé Canada et accessible par l'intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.
Innocuité clinique
L'innocuité clinique observée dans le groupe recevant Vizimpro a principalement été évaluée dans le cadre de l'étude 1050 (ARCHER 1050) décrite dans la section Efficacité clinique. Dans le cadre de l'étude 1050, 227 patients ont reçu Vizimpro à raison de 45 mg une fois par jour et 224 patients ont reçu le médicament comparateur, le géfitinib, à raison de 250 mg une fois par jour. Le paramètre de l'innocuité était le profil d'innocuité global, y compris les effets indésirables et les anomalies de laboratoire. Parmi les autres évaluations de l'innocuité, il y avait les médicaments administrés en concomitance, les signes vitaux, le poids corporel, l'indice fonctionnel ECOG, la fraction d'éjection du ventricule gauche et les résultats des ECG.
Exposition globale
La durée médiane de l'exposition au médicament dans le cadre de l'étude 1050 était de 14,5 semaines plus longue pour les patients traités par Vizimpro (66 semaines; intervalle de 0,3 à 162,7 semaines) que pour ceux traités par le géfitinib (52,1 semaines; intervalle de 0,3 à 148,3 semaines). Les patients traités par Vizimpro ont reçu un plus grand nombre de cycles de traitement que les patients traités par le géfitinib (médiane de 17,0 vs 13,0). La dose médiane était plus faible dans le groupe recevant Vizimpro que dans le groupe recevant le géfitinib (72,5 % vs 99,8 %). Les analyses de l'innocuité n'ont pas été ajustées en fonction de la plus longue durée du traitement des patients recevant Vizimpro.
Modifications du traitement
D'après la fréquence des modifications du traitement, Vizimpro s'est révélé moins tolérable que le géfitinib. La fréquence des effets indésirables nécessitant des réductions de la dose était 8 fois plus élevée dans le groupe recevant Vizimpro que dans celui recevant le géfitinib (66,1 % vs 8,0 %). Un nombre accru de patients du groupe recevant Vizimpro ont dû interrompre leur traitement en raison de la prise en charge d'effets indésirables (57,3 % vs 26,8 %). Un plus grand nombre de patients ont dû interrompre définitivement leur traitement en raison d'événements indésirables apparus en cours de traitement dans le groupe recevant Vizimpro que dans le groupe recevant le géfitinib (17,6 % vs 12,1 %). Les événements indésirables apparus en cours de traitement (≥ 1 %) ayant entraîné l'interruption du traitement par Vizimpro étaient la progression de la maladie (2,6 %), la pneumonie (2,2 %) et la dermatite acnéiforme (1,3 %).
Aperçu des effets indésirables
La majorité des patients des deux groupes de l'étude ont subi des événements indésirables apparus en cours de traitement (groupe recevant Vizimpro : 99,6 % vs groupe recevant le géfitinib : 98,2 %). Voici les systèmes, appareils ou organes pour lesquels les événements indésirables apparus en cours de traitement ont été le plus souvent observés chez les patients traités par Vizimpro : troubles gastro-intestinaux (93,4 %); troubles de la peau et du tissu sous-cutané (91,6 %); infections et infestations (79,3 %); épreuves de laboratoire (59,0 %); troubles respiratoires, thoraciques et médiastinaux (54,6 %); troubles généraux et réactions au point d'administration (52,0 %); troubles du métabolisme et de la nutrition (46,7 %); douleur musculosquelettique (37,0 %) et troubles psychiatriques (14,5 %).
Voici les événements indésirables apparus en cours de traitement ayant été signalés chez plus de 10 % des patients traités par Vizimpro : diarrhée (87,2 %), paronychie (61,7 %), dermatite acnéiforme (48,9 %), stomatite (43,6 %), perte d'appétit (30,8 %), sécheresse de la peau (27,8 %), perte de poids (25,6 %), alopécie (23,2 %), toux (21,1 %), prurit (19,8 %), élévation du taux d'alanine aminotransférase ([ALAT] 19,4 %), nausées (18,9 %), conjonctivite (18,9 %), élévation du taux d'aspartate aminotransférase ([ASAT] 18,5 %), éruptions cutanées (17,6 %), érythrodysesthésie palmoplantaire (14,5 %), douleur aux membres (13,7 %), dyspnée (13,2 %), constipation (12,8 %), asthénie (12,8 %), ulcération buccale (12,3 %), rash maculopapuleux (12,3 %), infections des voies respiratoires supérieures (12,3 %), douleur musculosquelettique (11,5 %), dermatite (11,0 %), et insomnie (10,6 %).
Effets indésirables de grade 3 ou 4
Les patients traités par Vizimpro ont subi des événements indésirables apparus en cours de traitement de grade supérieur à 3 à une fréquence accrue par rapport aux patients traités par le géfitinib (61,6 % vs 38,8 %); or, la plupart des effets indésirables subis dans les deux groupes d'étude étaient de grade 3 (51,1 % dans le groupe recevant Vizimpro et 29,9 % dans le groupe recevant le géfitinib). La majorité des événements indésirables apparus en cours de traitement de grade 3 étaient considérés comme liés au traitement (47,1 % avec Vizimpro vs 29,9 % avec le géfitinib). Les effets indésirables de grade 3 signalés chez les patients traités par Vizimpro comprenaient ceux qui suivent : dermatite acnéiforme (13,7 %), diarrhée (8,4 %), paronychie (7,5 %), éruptions cutanées (4,4 %), rash maculopapuleux (4,4 %), hypokaliémie (4,0 %), éruptions pustulaires (3,5 %), stomatite (3,5 %), perte d'appétit (3,1 %), asthénie (2,2 %), diminution de la numération lymphocytaire (2,2 %), épanchement pleural (2,2 %), perte de poids (2,2 %), élévation du taux d'ALAT (0,9 %) et anémie (0,9 %). Les événements indésirables apparus en cours de traitement de grade 3 qui suivent se sont produits plus fréquemment chez les patients recevant le géfitinib : élévation du taux d'ALAT (8,5 %), anémie (2,2 %) et élévation du taux d'ASAT (4,0 %).
Effets indésirables de grade 5
Les décès survenus dans les 28 jours suivant la dernière dose administrée ont été signalés en tant qu'événements indésirables mortels apparus en cours de traitement. Dans les deux groupes de l'étude, la plupart des décès sont survenus plus de 28 jours après l'administration de la dernière dose du médicament. L'incidence des décès dans les 28 jours suivant l'administration de la dernière dose était comparable dans les deux groupes (9,3 % dans le groupe recevant Vizimpro et 8,5 % dans le groupe recevant le géfitinib). Un moins grand nombre de décès toutes causes confondues sont survenus dans le groupe recevant Vizimpro que dans le groupe recevant le géfitinib plus de 28 jours après l'administration de la dernière dose du médicament (24,2 % vs 32,1%).
Des événements indésirables apparus en cours de traitement de grade 5 sont survenus chez 9,7 % des patients traités par Vizimpro et 8,9 % des patients recevant le géfitinib. Voici les événements indésirables apparus en cours de traitement qui ont entraîné un décès dans le groupe recevant Vizimpro : progression de la maladie, pneumonie, diarrhée, et insuffisance respiratoire.
Anomalies de laboratoire
Dans le groupe recevant Vizimpro, les effets indésirables suivants sont passés à un grade 3 : hypokaliémie (5,7 %), hypermagnésémie (3,1 %), hyponatrémie (2,6 %), élévation du taux d'ALAT (1,3 %), hypocalcémie (1,3 %), élévation du taux de phosphatase alcaline (0,9 %), hyperglycémie (0,9 %), hypomagnésémie (0,9 %), élévation du taux d'ASAT (0,4 %), élévation du taux de bilirubine (0,4 %), hypercalcémie (0,4 %).
On a signalé le passage des effets indésirables suivants à un grade 4 : hypoglycémie (0,4 %), hypokaliémie (0,9 %) et hyponatrémie (0,4 %).
Pour de plus amples renseignements, consulter la monographie de produit de Vizimpro approuvée par Santé Canada et accessible par l'intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.
7.2 Motifs non cliniques de la décision
Le dacomitinib (ingrédient médicinal contenu dans Vizimpro) est une puissante petite molécule qui exerce un effet inhibiteur hautement sélectif et irréversible sur les tyrosines kinases de la famille des HER. À l'aide d'épreuves biochimiques à base de cellules, il a été montré que le dacomitinib est une petite molécule qui exerce un effet inhibiteur hautement sélectif et irréversible sur les tyrosines kinases de la famille des HER. Le dacomitinib s'est révélé posséder des effets antitumoraux dans quatre différents modèles de xénogreffes humaines qui expriment et/ou surexpriment des membres de la famille des HER, y compris des modèles de CPNPC, de cancer de l'ovaire et de cancer du sein. Des études in vitro ont montré que le dacomitinib est principalement métabolisé par la voie du cytochrome P450 (CYP) 2D6. In vitro, le dacomitinib et le PF-05199265 (un métabolite O-déméthylé) étaient fortement liés (> 99,5 %) aux protéines plasmatiques présentes dans le sang de souris, de rats, de chiens, de lapins et d'êtres humains. De plus, des études in vitro ont montré que le dacomitinib est distribué uniformément dans le plasma et les globules rouges du sang humain.
Les effets toxiques limitant la dose de dacomitinib à administrer au rat et au chien touchaient la peau, les yeux, les intestins, les reins et le foie. Selon les données non cliniques, voici les problèmes relatifs à l'utilisation thérapeutique du dacomitinib :
- Le dacomitinib est susceptible d'être associé à des effets toxiques touchant plusieurs organes, plus particulièrement la peau, le foie, les yeux, le tractus gastro-intestinal, les organes génitaux et les reins.
- Bien qu'on ignore si le dacomitinib est tératogène chez l'être humain, étant donné son mode d'action, il risque des d'être nocif pour le fœtus en développement.
- Des interactions pharmacocinétiques médicament-médicament sont possibles avec d'autres médicaments qui modulent l'activité du CYP2D6.
Les résultats des études non cliniques ainsi que les risques potentiels chez l'humain figurent dans la monographie de Vizimpro. Vu l'utilisation prévue de Vizimpro, il n'y a aucun problème d'ordre pharmacologique ou toxicologique dans cette présentation qui fait obstacle à l'autorisation du produit.
Pour de plus amples renseignements, consulter la monographie de produit de Vizimpro approuvée par Santé Canada et accessible par l'intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.
7.3 Motifs d'ordre qualitatif
L'information soumise sur les caractéristiques chimiques et la fabrication de Vizimpro montre que la substance médicamenteuse et le médicament peuvent être fabriqués d'une façon qui répond systématiquement aux spécifications approuvées. Des études de développement et de validation appropriées ont été menées, et des contrôles adéquats sont en place pour la commercialisation. Après examen, les changements apportés au procédé de fabrication et à la formulation du produit sont jugés acceptables. À la lumière des données sur la stabilité qui ont été fournies, la durée de conservation proposée est jugée acceptable lorsque le médicament est conservé à la température de la pièce (entre 15 ºC et 30 ºC).
Les limites proposées quant aux impuretés liées au médicament sont considérées comme conformes (c.-à-d. dans les limites de l'International Conference on Harmonisation et/ou d'après les résultats des études de toxicologie).
Toutes les installations participant à la production du médicament sont conformes aux bonnes pratiques de fabrication.
Tous les ingrédients non médicinaux (décrits précédemment) présents dans le produit pharmaceutique sont autorisés en vertu du Règlement sur les aliments et drogues pour usage dans les médicaments.
Le monohydrate de lactose, un excipient présent dans le médicament, est extrait de lait provenant d'animaux sains dans les mêmes conditions que le lait recueilli à des fins de consommation humaine; son utilisation dans la fabrication de médicaments est donc acceptable, conformément au Règlement sur les aliments et drogues. Le stéarate de magnésium utilisé pour fabriquer les comprimés pelliculés de Vizimpro est d'origine végétale. Des lettres d'attestation confirmant que le matériel entrant dans la fabrication de Vizimpro ne provient pas d'un pays ou d'une région touchée par l'encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) ou l'encéphalopathie spongiforme transmissible (EST) ont été fournies pour témoigner du fait que l'utilisation de ce produit ne représente pas un danger pour l'être humain.