Sommaire des motifs de décision portant sur Tibella

Décisions d'examen

Le sommaire des motifs de décision explique les raisons pour lesquelles un produit a reçu une autorisation de vente au Canada. Le document comprend les considérations portant sur la réglementation, l’innocuité, l’efficacité et la qualité (sur le plan de la chimie et de la fabrication).


Type de produit:

Médicament
  • Ce document est une traduction française du document anglais approuvé.

Les sommaires des motifs de décision (SMD) présentent des renseignements sur l'autorisation initiale d'un produit. Le SMD portant sur Tibella est accessible ci-dessous.

Activité récente relative à Tibella

Les SMD relatifs aux éligibles (tels que décrits dans la Foire aux questions : Phase II du projet de sommaires des motifs de décision [SMD]) autorisés après le 1er septembre 2012 seront mis à jour afin d'inclure des renseignements sous forme de tableau des activités postautorisation (TAPA). Le TAPA comprendra de brefs résumés d'activités telles que les présentations de demandes de nouvelles utilisations, ainsi que les décisions de Santé Canada (positives ou négatives). Les TAPA seront mis à jour régulièrement en ce qui a trait aux activités postautorisation tout au long du cycle de vie du produit.

Le tableau suivant décrit les activités postautorisation menées à l’égard de Tibella, un produit dont l’ingrédient médicinal est tibolone. Pour en savoir plus sur le type de renseignements présentés dans les TAPA, veuillez consulter la Foire aux questions : Phase II du projet de sommaires des motifs de décision (SMD) et à la Liste des abréviations qui se trouvent dans les Tableaux des activités postautorisation (TAPA).

Pour de plus amples renseignements sur le processus de présentation de drogues, consultez la Ligne Directrice : Gestion des présentations et des demandes de drogues.

Mise à jour : 2025-03-25

Identification numérique de drogue (DIN) :

DIN 02488361 – 2.5 mg de tibolone, comprimé, voie orale

Tableau des activités postautorisation (TAPA)

Type et numéro d’activité ou de présentation

Date de présentation

Décision et date

Sommaire des activités

SPDN Nº 259517

2021-12-13

Délivrance d’un AC 2022-05-18

Présentation déposée en tant que Niveau I – Supplément pour faire passer la MP au format 2020 et pour mettre à jour l’encart d’accompagnement. La présentation a été examinée et est considérée acceptable. Un AC a été délivré.

SPDN Nº 248127

2021-01-08

Délivrance d’un AC 2021-05-28

Présentation déposée en tant que Niveau I – Supplément pour mettre à jour l’encart d’accompagnement. La présentation a été examinée et est considérée acceptable. Un AC a été délivré.

Avis de mise en marché d’un produit médicamenteux (DIN 02488361)

Sans objet

Date de la première vente 2020-07-29

Le fabricant a informé Santé Canada de la date de la première vente conformément à la disposition C.01.014.3 du Règlement sur les aliments et drogues.

PDN Nº 206099

2017-06-01

Délivrance d’un AC 2019-05-10

Délivrance d’un AC relatif à une Présentation de drogue nouvelle.

Sommaire des motifs de décision (SMD) portant sur Tibella

SMD émis le : 2020-01-07

L'information suivante concerne la Présentation de drogue nouvelle pour Tibella.

Tibolone

Identification(s) numérique(s) de drogue(s):

  • DIN 02488361 - comprimé, 2,5 mg, administration orale

Biosyent Pharma Inc.

Présentation de drogue nouvelle, numéro de contrôle : 206099

 

Le 10 mai, 2019, Santé Canada a émis à l'intention de Biosyent Pharma Inc. un avis de conformité pour le produit pharmaceutique Tibella.

L'autorisation de mise en marché s'appuie sur l'information portant sur la qualité (chimie et fabrication), ainsi que les études non cliniques (pharmacologie et toxicologie) et cliniques (pharmacologie, innocuité et efficacité) présentées. D'après l'évaluation des données reçues effectuée par Santé Canada, le profil avantages-risques de Tibella est considéré comme étant favorable pour le traitement à court terme des symptômes vasomoteurs d'un déficit œstrogénique chez les femmes ménopausées, plus d'une année après la ménopause.

1 Sur quoi l'autorisation porte-t-elle?

 

Tibella, une hormonothérapie substitutive, a été autorisé pour le traitement à court terme des symptômes vasomoteurs d'un déficit œstrogénique chez les femmes ménopausées, plus d'une année après la ménopause.

Pour toutes les femmes, la décision de prescrire Tibella devrait être fondée sur une évaluation de l'ensemble des risques individuels spécifiques à chaque patiente et, particulièrement chez les femmes de plus de 60 ans, devrait tenir compte du risque d'accident vasculaire cérébral.

Après une sélection attentive des utilisatrices, Tibella devrait être prescrit durant la plus courte période possible en tenant compte des objectifs du traitement. Le traitement avec Tibella ne doit continuer que si les bienfaits l'emportent sur les risques.

Tibella ne doit être prescrit qu'aux femmes dont l'utérus est intact, puisque le médicament possède une activité œstrogénique.

L'emploi de Tibella n'est pas pertinent auprès des enfants (≤ 18 ans). Par conséquent, l'indication d'utilisation chez les enfants n'est pas autorisée par Santé Canada.

On dispose d'une expérience limitée dans le traitement des femmes de plus de 65 ans.

Tibella est contre-indiqué dans les cas suivants :

  • dysfonctionnement ou affection hépatiques, tant et aussi longtemps que les résultats des tests de l'exploration fonctionnelle hépatique ne sont pas revenus à la normale;
  • tumeurs malignes œstrogéno-dépendantes ou progesto-dépendantes confirmées ou présumées (p. ex. cancer de l'endomètre);
  • hyperplasie de l'endomètre;
  • présence connue ou présumée, ou antécédents de cancer du sein; les essais contrôlés par placebo ont fait ressortir que Tibella augmentait le risque de récurrence du cancer du sein;
  • saignements vaginaux anormaux non diagnostiqués;
  • hyperplasie de l'endomètre non traitée;
  • grossesse ou allaitement confirmé ou présumé;
  • présence ou antécédents de maladies thromboemboliques artérielles, tels que l'angine, un accident vasculaire cérébral, un infarctus du myocarde ou une maladie coronarienne, un accident ischémique transitoire;
  • présence ou antécédents de thromboembolie veineuse confirmée, tels qu'une thrombose veineuse profonde ou une embolie pulmonaire, ou de thrombophlébite évolutive;
  • troubles thrombophiliques confirmés (p. ex. déficit en protéine C, en protéine S ou en antithrombine);
  • cécité complète ou partielle résultant d'une atteinte vasculaire ophtalmique;
  • porphyrie;
  • hypersensibilité à ce médicament ou à l'un des ingrédients de la préparation, y compris un ingrédient non médicinal, ou à l'un des composants du contenant.

Tibella a été autorisé selon les conditions d'utilisation décrites dans sa monographie de produit, en tenant compte des risques potentiels associés à l'administration du médicament.

Tibella (2,5 mg de tibolone) est présenté sous forme de comprimé. En plus de l'ingrédient médicinal, le comprimé contient les ingrédients non médicaux suivants : palmitate d'ascorbyle, lactose monohydraté, stéarate de magnésium, mannitol et amidon de pomme de terre.

Pour de plus amples renseignements, veuillez consulter les sections Motifs d'ordre clinique, non clinique et qualitatif (caractéristiques chimiques et de fabrication).

Pour obtenir des renseignements supplémentaires, consulter également la monographie de produit de Tibella approuvée par Santé Canada et accessible par l'intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.

 

2 Pourquoi Tibella a-t-il été autorisé?

 

Santé Canada est d'avis que le profil avantages-risques de Tibella est favorable pour le traitement à court terme des symptômes vasomoteurs d'un déficit œstrogénique chez les femmes ménopausées, plus d'une année après la ménopause.

Lorsque la ménopause survient (ou après le retrait des ovaires lors d'une intervention chirurgicale), le corps de la femme cesse de produire de l'œstrogène et de la progestérone, des hormones féminines. Les femmes peuvent alors présenter des symptômes tels que des bouffées de chaleur, des sueurs nocturnes, une irritation vaginale et une sécheresse vaginale. Les médicaments offerts au Canada contre le traitement des symptômes de la ménopause comprennent les œstrogènes par voie orale, les progestatifs par voie orale, les produits combinés par voie orale, les œstrogènes transdermiques, les produits combinés transdermiques et les œstrogènes par voie vaginale. De nos jours, les médecins ont le choix entre de nombreuses options de traitements s'ils jugent qu'une hormonothérapie substitutive est nécessaire pour prendre en charge les symptômes de la ménopause. Les options de traitement sont adaptées en fonction du cas clinique et des préférences de la patiente après l'évaluation complète de la patiente et la présentation des diverses options de traitement offertes.

L'œstrogénothérapie soulage les symptômes vasomoteurs et les autres symptômes hypo-œstrogéniques associés à la ménopause. Comme les œstrogènes non compensés sont reconnus accroître le risque de carcinome de l'endomètre chez les femmes ayant un utérus intact, un progestatif est ajouté, de façon séquentielle ou continue, pour réduire ce risque. Cependant, l'ajout d'un progestatif à l'œstrogénothérapie peut être associé à une augmentation du risque de divers événements indésirables graves, tels que le cancer du sein, les événements thromboemboliques et l'infarctus du myocarde, ainsi que d'effets non souhaitables, tels que les saignements vaginaux.

Tibella est une hormonothérapie substitutive sur ordonnance à base de tibolone. Après son administration par voie orale, la tibolone est rapidement métabolisée en trois composés, qui agissent tous sur le profil pharmacodynamique. Deux des métabolites (3α-hydroxy-tibolone et 3β-hydroxy-tibolone) ont une activité œstrogénique, tandis que le troisième métabolite (isomère 4Δ de la tibolone) a une activité progestogénique et androgénique.

La version générique de Tibella en comprimés de 2,5 mg est actuellement commercialisée en Europe et a été autorisée après que sa bioéquivalence avec le produit de référence européen Liviella a été démontrée. Par ailleurs, la présentation d'une drogue nouvelle (PDN) soumise pour Tibella a été déposée à Santé Canada en tant que présentation de drogue fondée sur les données de tierces parties (PFDT), pour laquelle les données probantes de l'innocuité et de l'efficacité du produit sont fondées sur les données scientifiques publiées et l'expérience du marché. L'examen de la PDN de Tibella consistait donc surtout à faire une revue complète de toute la documentation publiée sur le produit de référence européen Liviella ainsi que de l'expérience postcommercialisation rapportée en Europe. La PDN de Tibella comprenait aussi des données tirées d'une étude de bioéquivalence (Mi0001-C103) qui établissaient un lien entre les comprimés de Tibella proposés et les comprimés du produit de référence Liviella.

Le dépôt de la PDN de Tibella comprenait 22 études cliniques contrôlées par placebo et 44 études cliniques avec comparateur actif menées chez des femmes ménopausées et réalisées sur le produit de référence européen autorisé Liviella. Dans la documentation soumise, deux études ont été déterminées comme étant des études pivots dans la démonstration de la prise en charge des symptômes vasomoteurs associés à la ménopause. L'une des deux études pivots était une étude contrôlée par placebo visant à évaluer les effets des « bouffées de chaleur » et des « sueurs » dans des groupes d'environ 150 patientes après un traitement de 12 semaines à diverses doses de Tibella et avec un placebo. Les résultats de cette étude ont démontré que la dose de 2,5 mg semble être la dose optimale pour soulager les bouffées de chaleur, les sueurs et les autres plaintes liées à la ménopause. La deuxième étude pivot était une étude contrôlée active qui a comparé les effets d'un traitement de 48 semaines de 2,5 mg de Tibella avec une association continue d'estradiol/acétate de noréthisterone par groupes d'environ 220 femmes ménopausées. Les résultats de cette étude ont démontré que Tibella a soulagé les symptômes climatères (bouffées de chaleur, sueurs, sécheresse vaginale et scores accordés pour le bien-être); les effets semblent être semblables à la thérapie continue avec préparation d'hormonothérapie combinée.

De plus, conformément aux directives de la PFDT de Santé Canada, la PDN de Tibella comprenait aussi des données tirées d'une étude de bioéquivalence (Mi0001-C103) qui établissaient un lien entre les comprimés de Tibella proposés et le produit de référence Liviella. Les résultats de cette étude ont confirmé que la bioéquivalence a été démontrée entre les comprimés de Tibella proposés et les comprimés de Liviella à 2,5 mg, lorsqu'administrés à des femmes ménopausées volontaires en bonne santé à jeun.

L'examen de l'innocuité clinique de Tibella était aussi fondé sur la documentation sur les données du produit de référence européen Liviella et l'expérience postcommercialisation rapportée en Europe. De graves problèmes d'innocuité ont été cernés, y compris un risque d'accident vasculaire cérébral, de cancer du sein et, chez les femmes ayant un utérus intact, de cancer de l'endomètre. Ces problèmes d'innocuité sont décrits dans l'encadré « Mises en garde et précautions importantes » et à la section Mises en gardes et précautions de la monographie de Tibella. D'autres risques potentiels énumérés dans l'encadré « Mises en garde et précautions importantes » et à la section Mises en garde et précautions de la monographie de Tibella sont l'infarctus du myocarde et la thromboembolie veineuse (y compris l'embolie pulmonaire). Par conséquent, il est très important de tenir compte des recommandations ci-après au moment de prescrire Tibella :

  • Les œstrogènes, avec ou sans progestatif administré en concomitance, ne doivent pas être prescrits en prévention primaire ou secondaire des maladies cardiovasculaires.
  • Les œstrogènes, associés ou non à des progestatifs, doivent être prescrits à la dose efficace la plus faible possible pour l'indication approuvée.
  • Les œstrogènes, associés ou non à des progestatifs, doivent être prescrits le moins longtemps possible pour l'indication approuvée.

D'autres risques potentiels importants liés à la tibolone comprennent le cancer de l'ovaire, la dysfonction hépatique et l'augmentation de l'activité fibrinolytique dans le sang. La tibolone peut augmenter l'activité fibrinolytique dans le sang et donc accentuer l'effet des anticoagulants, tels que la warfarine.

En plus des risques mentionnés ci-dessus, la tibolone entraîne une diminution du taux de cholestérol des lipoprotéines de haute densité (HDL), ainsi que des taux de triglycérides totaux, de lipoprotéines, de cholestérol total et de cholestérol des lipoprotéines de très faible densité (C-VLDL) Les implications cliniques de ces observations demeurent toutefois inconnues. Un léger effet sur la tolérance au glucose a aussi été rapporté. Des saignements intermenstruels et/ou la microrragie ont été signalés pendant les premiers mois de traitement. L'aménorrhée a été rapportée pour 88 % des femmes utilisant 2,5 mg de tibolone après 12 mois de traitement. La tibolone augmente l'épaisseur de la paroi endométriale, telle que mesurée par échographie transvaginale.

Étant donné ses effets androgènes, la tibolone (l'ingrédient médicinal de Tibella) est une substance réglementée en vertu de l'Annexe IV de la Loi réglementant certaines drogues et autres substances.

Un plan de gestion des risques pour Tibella a été soumis à Santé Canada par BioSyent Pharma Inc. Le plan de gestion des risques sert à décrire les risques connus et potentiels pour la sécurité, à présenter le programme de surveillance et, le cas échéant, à définir les mesures qui seront mises en place afin de minimiser les risques associés au produit. Après examen, le plan a été jugé non satisfaisant. Une liste des problèmes non résolus cernés dans le plan a ensuite été envoyée au promoteur. Le promoteur révisera le plan pour pallier ces lacunes, puis le soumettra en vue d'un examen.

Les étiquettes interne et externe, le feuillet d'information et la section Renseignements pour le patient sur le médicament de la monographie de Tibella qui ont été soumis sont conformes aux exigences réglementaires en matière d'étiquetage, de clarté du langage et d'éléments de la conception.

Une évaluation des noms de produits à présentation et à consonance semblables a été réalisée, et le nom proposé « Tibella » a été accepté.

Le profil d'innocuité de Tibella est acceptable d'après les données sur la documentation soumises et l'expérience postcommercialisation rapportée en Europe. L'information figurant sur l'étiquette du produit et une surveillance adéquate permettent de gérer les problèmes d'innocuité cernés. Des mises en garde et précautions figurent dans la monographie de Tibella pour faire état des problèmes d'innocuité qui ont été soulevés.

Cette présentation de drogue nouvelle répond aux exigences des articles C.08.002 et C.08.005.1; par conséquent, Santé Canada a émis l'avis de conformité prévu à l'article C.08.004 du Règlement sur les aliments et drogues. Pour de plus amples renseignements, veuillez consulter les sections Motifs d'ordre clinique, non clinique et qualitatif (caractéristiques chimiques et de fabrication).

 

3 Quelles sont les étapes qui ont mené à l'autorisation de Tibella?

 

La tibolone (l'ingrédient médicinal de Tibella) est une nouvelle substance active au Canada. La version générique de Tibella en comprimés de 2,5 mg est actuellement commercialisée en Europe et autorisée après que sa bioéquivalence avec le produit de référence européen Liviella a été démontrée. Par conséquent, aucune étude non clinique ou clinique n'a été comprise dans la Présentation de drogue nouvelle (PDN). La PDN de Tibella a plutôt été soumise conformément à la Ligne directrice : Présentations de drogue fondées sur les données de tierces parties (Source documentaire et expérience de commercialisation). L'évaluation de la PDN de Tibella a donc été établie après l'examen de la documentation sur le produit de référence européen Liviella. Des données tirées d'une étude de bioéquivalence (Mi0001-C103) ont aussi été fournies pour faire le lien entre la préparation de comprimés proposée et les comprimés de Liviella.

Aucun problème majeur n'est ressorti de l'examen de l'étude de bioéquivalence Mi0001-C103. Une bioéquivalence a été démontrée avec succès entre le produit proposé Tibella et le produit de référence européen Liviella. Cependant, l'examen de la documentation soumise a révélé plusieurs problèmes d'innocuité, entre autres un risque de cancer de l'endomètre, de cancer du sein et d'accident vasculaire cérébral. Par conséquent, un Avis de non-conformité (ANC) a été délivré au promoteur le 19 juillet, 2018. En réponse à l'ANC, le promoteur a soumis environ 84 références documentaires traitant des problèmes d'innocuité relevés. D'après les renseignements fournis dans la réponse du promoteur à l'ANC, en plus de l'expérience clinique continue et des activités de pharmacovigilance qui ont eu lieu dans d'autres organisations ces dernières décennies, les données probantes supplémentaires soumises dans la réponse à l'ANC appuyaient un rapport risques-bienfaits positif associé à Tibella quant aux problèmes d'innocuité cernés lors de l'administration à des patientes sélectionnées avec soin. De plus, des problèmes d'innocuité sont aussi mentionnés dans la monographie de Tibella, comme mesure appropriée de réduction des risques. Un plan de gestion des risques (PGR) sera mis en place concernant la tibolone comme mesure de réduction des risques à l'appui de la pharmacovigilance. Par conséquent, le 10 mai 2019, un avis de conformité (AC) a été émis au promoteur concernant Tibella.

 

Étapes importantes de la présentation: Tibella

Étape importante de la présentation Date
Réunion préalable à la présentation : 2016-06-22
Dépôt de la présentation : 2017-06-01
Examen préliminaire 1  
Avis d'insuffisance émis lors de l'examen préliminaire : 2017-07-21
Réponse déposée : 2017-08-18
Lettre d'acceptation à l'issue de l'examen préliminaire : 2017-10-02
Examen 1  
Évaluation clinique/médicale terminée : 2018-06-20
Avis de non-conformité (ADN) émis par le directeur général, Direction des produits thérapeutiques (problèmes d'innocuité) : 2018-07-19
Réponse déposée : 2018-11-07
Examen préliminaire 2  
Lettre d'acceptation à l'issue de l'examen préliminaire : 2018-12-14
Examen 2  
Évaluation biopharmaceutique terminée : 2019-03-14
Évaluation de la qualité terminée : 2019-05-09
Évaluation clinique/médicale terminée : 2019-05-09
Examen de l'étiquetage terminé, comprenant l'évaluation des marques nominatives à présentation et à consonance semblables : 2019-05-09
Évaluation du plan de gestion des risques en cours dès : 2019-05-10
Délivrance de l'Avis de conformité par le directeur général, Direction des produits thérapeutiques : 2019-05-10

 

Pour de plus amples renseignements sur le processus de présentation de drogue, consulter la Ligne directrice de l'industrie : gestion des présentations de drogues.

 

4 Quelles mesures de suivi le promoteur prendra-t-il?

 

Les exigences en matière d'activités post-commercialisation sont décrites dans la Loi sur les aliments et drogues et le Règlement connexe.

 

6 Quels sont les autres renseignements disponibles à propos des médicaments?

 

Pour obtenir des renseignements à jour sur les produits pharmaceutiques, veuillez suivre les liens suivants :

 

7 Quelle est la justification scientifique sur laquelle s'est fondé Santé Canada?
7.1 Motifs cliniques de la décision

 

Pharmacologie clinique

La tibolone (l'ingrédient médicinal de Tibella) est une prohormone synthétique dont la structure est liée à celle de la progestine stéroïdale norethynodrel. En tant que composé parent, la tibolone n'a aucune activité pharmacologique. Dans l'organisme, elle est toutefois convertie en trois métabolites actifs : 3α-hydroxy-tibolone, 3β-hydroxy-tibolone, et un isomère Δ4. Ces trois métabolites présentent des effets différentiels. Deux de ces métabolites (3α-hydroxy-tibolone et 3β-hydroxy-tibolone) ont une activité surtout œstrogénique, tandis que le troisième métabolite (isomère Δ4 de la tibolone) a une activité progestogénique et androgénique.

À la suite d'une administration orale, la tibolone est rapidement et largement absorbée et présente des effets différentiels spécifiques aux tissus. La tibolone possède des effets œstrogéniques sur le vagin, sur les os et sur les centres de thermorégulation du cerveau (bouffées de chaleur). La tibolone inhibe l'enzyme sulfatase dans les cellules du sein, empêchant ainsi sa conversion en métabolites du 3-OH-tibolone dans ce tissu. La tibolone a des effets sur le taux d'endorphines et a une action centrale sur le système de thermorégulation. Ces deux actions peuvent expliquer les bienfaits rapportés sur l'humeur et la réduction des bouffées de chaleur et des sueurs nocturnes. Des études in vitro donnent à penser que la tibolone est assujettie au métabolisme local sélectif des tissus, l'isomère Δ4 étant principalement formé dans le tissu endométrial. Les effets dans l'endomètre sont surtout progestogéniques.

Une étude in vivo a démontré que le traitement simultané avec la tibolone influe à un degré modéré sur la pharmacocinétique du midazolam, substrat du cytochrome (CYP) P450 3A4). Les composés induisant le CYP3A4 tels que les barbituriques, la carbamazépine, les hydantoïnes et la rifampicine peuvent améliorer le métabolisme de la tibolone et donc influer sur son effet thérapeutique. Les préparations de millepertuis (Hypericum perforatum) peuvent induire le métabolisme des œstrogènes et progestatifs via le CYP3A4. Sur le plan clinique, une augmentation du métabolisme des œstrogènes et progestatifs peut entraîner une diminution de l'effet et des changements dans le profil des saignements utérins. La tibolone peut augmenter l'activité fibrinolytique dans le sang et donc accentuer l'effet des anticoagulants, tels que la warfarine. Il faut donc faire preuve de prudence lors de l'utilisation simultanée de tibolone et des anticoagulants/de la warfarine, en particulier lors de l'amorce ou de l'arrêt d'un traitement concurrent de la tibolone. Si nécessaire, la posologie de l'anticoagulant/la warfarine devrait être ajustée.

Pour obtenir des renseignements supplémentaires, consulter la monographie de produit de Tibella approuvée par Santé Canada et accessible par l'intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.

Efficacité clinique

La présentation de drogue nouvelle (PDN) soumise pour Tibella a été déposée à Santé Canada en tant que présentation de drogue fondée sur les données de tierces parties (PFDT) pour laquelle les données probantes de l'efficacité sont fondées sur les données scientifiques publiées et l'expérience postcommercialisation. L'examen de la PDN pour Tibella consistait en l'examen complet des données scientifiques publiées sur le produit de référence européen approuvé Liviella. La PDN pour Tibella comprenait aussi des données tirées de l'étude de bioéquivalence Mi0001-C103, qui établissaient un lien entre les comprimés de Tibella à 2,5 mg proposés et les comprimés du produit de référence Liviella à 2,5 mg.

Les données scientifiques publiées soumises dans le cadre de la PDN pour Tibella comprenaient 22 études cliniques randomisées contrôlées par placebo visant à évaluer tibolone (l'ingrédient médicinal de Tibella) chez les femmes ménopausées. De ce nombre, deux études ont duré 3 ans (étude LIFT; nombre de patients [n] = 4 538) ou plus (étude LIBERATE; n = 3 148), huit ont duré 2 ans, sept ont duré 1 an, et deux ont duré 6 mois. Onze études ont eu recours à un traitement en double aveugle, une à simple insu et en essai ouvert, ou non spécifié dans cinq essais cliniques randomisés contrôlés par placebo. Les populations étudiées variaient de 25 à 4 538 sujets. Le nombre total de participants dans les 22 études contrôlées par placebo était d'environ 10 471; de ce nombre, 5 116 ont reçu Tibella à des doses de 2,5 mg/jour ou 1,25 mg/jour.

La revue comprenait également 44 essais cliniques randomisés contrôlés par un agent actif pour évaluer tibolone chez les femmes ménopausées ou périménopausées. De ce nombre, deux études ont duré 3 ans (étude OPAL; n = 866 et une petite étude par Thiebaud et collègues; n = 40), six ont duré deux ans, 14 ont duré un an, et 20 ont duré six mois. Douze études ont eu recours à un traitement en double aveugle, huit à simple insu et en essai ouvert, ou non spécifié dans 22 essais cliniques randomisés contrôlés par un agent actif. Les populations étudiées variaient de 22 à 866 sujets. Le nombre total de participants dans les 44 études contrôlées par un agent actif était d'environ 6 972; de ce nombre, 2 723 ont reçu Tibella à des doses de 2,5 mg/jour ou 1,25 mg/jour.

Dans la documentation soumise, deux études ont été jugées être des études pivot visant à démontrer la prise en charge des symptômes vasomoteurs associés à la ménopause. L'une de ces études était une étude contrôlée par placebo qui a évalué les effets sur les bouffées de chaleur et les sueurs dans des groupes d'environ 150 sujets après un traitement de 12 semaines avec diverses doses de Tibella et avec un placebo. Les résultats de cette étude montrent que la dose de 2,5 mg a semblé être la dose optimale pour soulager les bouffées de chaleur, les sueurs et autres plaintes liées à la ménopause. L'autre étude était une étude contrôlée active qui a comparé les effets d'un traitement de 48 semaines de 2,5 mg de Tibella avec une association continue d'estradiol/acétate de noréthisterone par groupes d'environ 220 femmes ménopausées. Les résultats de cette étude ont démontré que Tibella a soulagé les symptômes climatères (bouffées de chaleur, sueurs, sécheresse vaginale et scores accordés pour le bien-être); les effets semblent être semblables à la thérapie continue avec préparation d'hormonothérapie combinée.

Au cours de l'examen de la PDN pour Tibella, il a été noté que l'ensemble des données cliniques soumises ne comptaient pas suffisamment de données issues d'études cliniques pivots de phase III pour appuyer l'efficacité de Tibella contre l'atrophie vulvaire et vaginale associée à la ménopause, soit le paramètre primaire (p. ex. sécheresse vaginale, irritation vulvaire, démangeaisons, dysurie, etc.). Par ailleurs, il a aussi été observé qu'un nombre limité de données avaient été soumises sur le sous-groupe de femmes de plus de 65 ans. Sachant que le risque initial de cancer, d'accident vasculaire cérébral et d'infarctus du myocarde est généralement plus élevé dans la population de personnes âgées, Santé Canada a fait part de ses inquiétudes concernant ces problèmes d'innocuité importants. Par conséquent, le 19 juillet 2018, Santé Canada a émis un Avis de non-conformité (ANC) au promoteur. En réponse à l'ANC, le promoteur a soumis environ 84 références documentaires traitant des problèmes d'innocuité relevés. Avant d'émettre l'ANC, le Bureau des sciences médicales de Santé Canada a été consulté quant au risque de cancer de l'endomètre et de cancer du sein. Un suivi auprès du Bureau des sciences médicales de Santé Canada a donc été demandé d'après les renseignements supplémentaires fournis par le promoteur dans la réponse à l'ANC. À la suite de l'évaluation de la documentation additionnelle soumise à Santé Canada, il a été conclu que, d'après les renseignements fournis dans la réponse à l'ANC ainsi que l'expérience clinique et les activités de pharmacovigilance actives observées dans d'autres organisations pendant plusieurs décennies, les données probantes accessibles appuient un rapport risques-bienfaits positif pour Tibella quant à ces inquiétudes chez les patientes sélectionnées avec soin.

Des données tirées de l'étude de bioéquivalence Mi0001-C103 ont aussi été comprises dans la PDN originale pour faire le lien entre les comprimés de Tibella proposés et les comprimés de référence de Liviella, d'après les lignes directrices de la PFDT de Santé Canada. Les données de bioéquivalence ont été examinées par la Division de l'évaluation des produits biopharmaceutiques de Santé Canada2, qui a conclu que l'étude Mi0001-C103 comprise dans cette PDN à l'appui des comprimés de Tibella à 2,5 mg proposés satisfaisait aux exigences du Règlement sur les aliments et drogues quant aux renseignements comparatifs sur la biodisponibilité.

Indication

La Présentation de drogue nouvelle relative à Tibella a été initialement déposée par le promoteur pour l'indication suivante :

  • Le traitement des symptômes d'un déficit œstrogénique chez les femmes ménopausées, plus d'une année après la ménopause;
  • La prévention de l'ostéoporose chez les femmes ménopausées présentant un risque élevé de fractures qui sont intolérantes aux autres produits médicinaux approuvés pour la prévention de l'ostéoporose ou chez lesquelles ces autres produits sont contre-indiqués.

Il faut noter que, le 22 juin 2018, le promoteur a retiré, sans préjudice, l'indication de prévention de l'ostéoporose chez les femmes ménopausées présentant un risque élevé de fractures qui sont intolérantes aux autres produits médicinaux approuvés pour la prévention de l'ostéoporose ou chez lesquelles ces autres produits sont contre-indiqués.

Pour assurer une utilisation sécuritaire et efficace du produit, Santé Canada a approuvé l'indication suivante :

ibella (tibolone) est indiqué pour :

  • Le traitement à court terme des symptômes vasomoteurs attribuables à un déficit œstrogénique chez les femmes ménopausées, plus d'une année après la ménopause.

Pour de plus amples renseignements, consulter la monographie de produit de Tibella approuvée par Santé Canada et accessible par l'intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.

Innocuité clinique

Les données cliniques permettant d'établir l'innocuité globale de Tibella consistaient en un examen complet de la documentation publiée concernant le produit de référence européen approuvé Liviella, telles que décrites à la section Efficacité clinique. Au total, dans 21 études contrôlées contre placebo (y compris l'étude LIFT), 4 079 femmes ont reçu des doses thérapeutiques (1,25 mg ou 2,5 mg) de Tibella et 3 476 femmes ont reçu le placebo. La durée du traitement dans ces études variait de 2 mois à 4,5 ans. En général, les effets indésirables sont survenus plus fréquemment de façon statistique pendant le traitement avec Tibella qu'avec le placebo. Ces effets indésirables comprenaient, entre autres, les suivants : douleur au bas de l'abdomen, pilosité excessive, pertes vaginales, épaississement de l'endomètre, sensibilité mammaire, prurit génital, candidose vaginale, hémorragie vaginale, douleur pelvienne, dysplasie cervicale, écoulements génitaux, vulvo-vaginite, gain pondéral et frottis cervical anormal.

Importants problèmes d'innocuité cernés

Pendant l'examen de la PDN pour Tibella, Santé Canada a cerné plusieurs problèmes d'innocuité importants, y compris les suivants : cancer de l'endomètre, cancer du sein et accident vasculaire cérébral.

Cancer de l'endomètre

Les données tirées des études contrôlées et randomisées sont contradictoires en ce qui concerne le cancer de l'endomètre. Cependant, toutes les études d'observation ont montré que les femmes ménopausées ayant reçu une ordonnance de Tibella dans le cadre de la pratique clinique normale présentent un plus grand risque de cancer de l'endomètre que les femmes qui ne suivent pas d'œstrogénothérapie ou de progestérothérapie séquentielle. De plus, il a été noté que le risque d'apparition de cancer augmentait avec la durée d'utilisation du produit. Cependant, il est possible que les limites qui sont souvent associées aux études d'observation aient eu une incidence sur ces résultats.

Le risque de cancer de l'endomètre touche environ 5 femmes ménopausées sur 1 000 ayant un utérus et ne prenant pas une HTS ou Tibella. L'étude randomisée et contrôlée contre placebo qui incluait des femmes n'ayant pas été dépistées pour des anomalies de l'endomètre au départ, et qui reflétait donc la pratique clinique, a identifié les risques les plus élevés de cancer de l'endomètre (étude LIFT, âge moyen 68 ans). Dans cette étude, aucun cas de cancer de l'endomètre n'a été diagnostiqué dans le groupe placebo (n = 1 773) après 2,9 ans, comparativement à quatre cas de cancer de l'endomètre dans le groupe Tibella (n = 1 746). Cela correspond à un diagnostic de 0,8 cas additionnel de cancer de l'endomètre par groupe de 1 000 femmes ayant utilisé Tibella pendant un an dans cette étude.

Cancer du sein

En ce qui concerne le risque de cancer du sein, Tibella s'est révélé accroître le risque de cancer du sein, comparativement à l'absence de traitement, chez les femmes ayant des antécédents de cancer du sein. Par conséquent, il est indiqué dans la monographie du produit, que l'utilisation de Tibella chez les femmes atteintes d'un cancer du sein confirmé, antérieur ou soupçonné, est contre-indiquée. Chez les femmes n'ayant aucun antécédent de cancer du sein, les éléments de preuve concernant le risque de cancer du sein en association avec Tibella ne sont pas concluants. L'étude Million Women Study (MWS) a identifié une augmentation significative du risque de cancer du sein en association avec l'utilisation de la dose de 2,5 mg. Ce risque est apparu quelques années après l'utilisation et a augmenté avec la durée du traitement, pour revenir au niveau initial quelques années (pas plus de cinq ans) après l'arrêt du traitement. Ces résultats n'ont pu être confirmés dans une étude ayant eu recours à la General Practice Research Database (GPRD). Un risque jusqu'à deux fois accru d'avoir un cancer du sein diagnostiqué est rapporté chez les femmes prenant une association d'œstrogènes et de progestérone depuis plus de cinq ans. Toute augmentation du risque chez les utilisatrices des traitements uniquement à base d'œstrogènes et de Tibella est considérablement plus faible que celle observée avec les utilisatrices d'une association œstroprogestative. Le niveau de risque dépend de la durée d'utilisation. Une HTS, et particulièrement un traitement associant les œstrogènes et la progestérone, augmente la densité des images mammographiques, ce qui peut nuire à la détection radiologique du cancer du sein.

Accident vasculaire cérébral

Tibella peut accroître le risque d'accident vasculaire cérébral. Dans le cadre de l'étude à double insu et randomisée LIFT (N = 4 538), menée chez des femmes de 60 à 85 ans (âge moyen de 68,3 ± 5,2 ans), un traitement de 3 ans avec Tibella à 1,25 mg/jour comparativement au placebo a été associé à une augmentation du risque absolu d'accident vasculaire cérébral de 2,3 (intervalle de confiance à 95 %, 0,4 à 4,2) par 1 000 années-personnes et à une augmentation du risque relatif de 2,19 (intervalle de confiance à 95 %, 1,14 à 4,23; p = 0,02). L'incidence du risque de base sur une période de 5 ans est estimée à 3 femmes sur 1 000 âgées de 50 à 59 ans, et à 11 femmes sur 1 000 âgées de 60 à 69 ans. Pour les femmes qui utilisent la tibolone depuis 5 ans, le nombre de cas additionnels devrait être d'environ 4 utilisatrices sur 1 000 âgées de 50 à 59 ans, et 13 utilisatrices sur 1 000 âgées de 60 à 69 ans. Dans l'étude LIFT, on a rapporté un risque significativement plus élevé d'AVC, pour la plupart ischémiques, chez les utilisatrices de tibolone; le risque a augmenté à partir de la première année du traitement. Dans des études contrôlées randomisées, on a observé un risque d'AVC environ une à trois fois plus élevé avec une HTS d'association. Chez les femmes plus jeunes, le profil de risque de la tibolone ressemble, dans une vaste mesure, à celui de l'HTS d'association classique. Chez les femmes de plus de 60 ans, environ, les risques associés à la tibolone commencent à l'emporter sur les bienfaits en raison du risque accru d'AVC.

Les problèmes d'innocuité importants liés au cancer de l'endomètre, au cancer du sein et à l'accident vasculaire cérébral sont présentés dans l'encadré « Mises en garde et précautions importantes » de la monographie de Tibella.

Autres problèmes d'innocuité importants potentiels

D'autres problèmes d'innocuité importants associés à l'utilisation de Tibella comprennent l'infarctus du myocarde, la thromboembolie veineuse et le cancer de l'ovaire.

Infarctus du myocarde

Les essais contrôlés randomisés n'ont démontré aucune preuve de protection contre l'infarctus du myocarde chez les femmes avec ou sans maladie coronarienne existante ayant reçu une HTS uniquement à base d'œstrogènes ou associant les œstrogènes et la progestérone. Dans le cadre d'une étude épidémiologique à l'aide des données de la GPRD, on n'a trouvé aucune preuve de protection contre l'infarctus du myocarde chez des femmes ménopausées ayant reçu Tibella.

Les résultats des études Heart and Estrogen/progestin Replacement Studies (HERS et HERS II) et de l'étude Women's Health Initiative (WHI) révèlent que l'emploi d'une association d'œstrogènes plus un progestatif est associé à une augmentation du risque de coronaropathie chez la femme ménopausée. Chez 10 000 femmes ayant suivi une HTS associant des œstrogènes et un progestatif pendant 1 an dans le cadre de l'étude WHI, on a relevé 7 cas de plus de coronaropathies (37 pour une HTS en association comparativement à 30 pour le placebo).

Dans le volet œstrogénothérapie seule de l'étude WHI réunissant des femmes hystérectomisées, dans une population de 10 000 femmes, et en un an, on a noté l'absence d'une différence statistiquement significative quant au taux de coronaropathies.

L'étude HERS (Heart and Estrogen/progestin Replacement Study), un essai clinique comparatif avec placebo, a été réalisée après répartition aléatoire auprès de femmes ménopausées souffrant d'une cardiopathie documentée (n = 2 763; moyenne d'âge : 66,7 ans). Dans le cadre de cette étude de prévention secondaire de la maladie coronarienne, le traitement par voie orale associant 0,625 mg/jour d'œstrogènes conjugués équins et 2,5 mg/jour d'acétate de médroxyprogestérone n'a démontré aucun bienfait sur le plan cardiovasculaire. Plus précisément, durant la période de suivi moyenne de 4,1 ans, l'association d'œstrogènes conjugués équins et d'acétate de médroxyprogestérone n'a pas réduit le taux global d'accidents coronariens chez les femmes ménopausées ayant une coronaropathie établie. On a relevé un plus grand nombre de manifestations coronariennes dans le groupe ayant reçu le traitement hormonal que dans le groupe placebo durant la première année, mais non au cours des années qui ont suivi.

Parmi le groupe de femmes ayant participé à l'enquête HERS initiale, 2 321 ont accepté de participer à une étude de prolongation ouverte, désignée HERS II. La période de suivi moyenne durant cette autre phase a été de 2,7 ans, portant la période totale de suivi à 6,8 ans. Après 6,8 ans, l'hormonothérapie n'a pas réduit le risque de manifestations cardiovasculaires chez les femmes atteintes d'une maladie coronarienne.

Le risque de maladie coronarienne est légèrement plus élevé chez les utilisatrices d'une HTS associant les œstrogènes et la progestérone après l'âge de 60 ans. Aucun élément de preuve ne suggère que le risque d'infarctus du myocarde avec Tibella est différent du risque avec d'autres HTS.

Thromboembolie veineuse

L'utilisation d'œstrogènes seuls ou d'une HTS en association (œstrogène-progestatif) est associée à un risque de 1,3 à 3 fois plus élevé de développer une thromboembolie veineuse (TEV), c'est-à-dire une thrombose veineuse profonde ou une embolie pulmonaire. L'apparition d'un tel incident est plus probable dans la première année d'utilisation de l'HTS que par la suite. Dans le cadre d'une étude épidémiologique à l'aide d'une base de données au Royaume-Uni, le risque de TEV en association avec Tibella était moins élevé que le risque associé aux HTS conventionnelles, mais seulement une faible proportion de femmes étaient des utilisatrices actuelles de Tibella et une petite augmentation du risque par rapport à la non-utilisation ne peut pas être exclue.

Chez 10 000 femmes ayant suivi une HTS associant des œstrogènes et un progestatif pendant 1 an dans le cadre de l'étude WHI, on a relevé 18 cas de plus de thromboembolies veineuses, y compris 8 cas de plus d'embolies pulmonaires. Chez 10 000 femmes ayant suivi une HTS comportant des œstrogènes seuls pendant 1 an dans le cadre de l'étude WHI, on a relevé 7 cas de plus de thromboembolies veineuses, sans observer toutefois de différence statistiquement significative pour ce qui est de la fréquence de l'embolie pulmonaire.

Les patientes qui présentent des états thrombophiliques connus ont un risque accru de TEV et une HTS ou Tibella peut ajouter à ce risque. L'HTS est donc contre-indiquée chez ces patientes.

Les facteurs de risque généralement reconnus de TEV comprennent l'utilisation des œstrogènes, l'âge avancé, une chirurgie majeure, une immobilisation prolongée, l'obésité (IMC > 30 kg/m2), la grossesse et la période post-partum, un lupus érythémateux disséminé (LED) et le cancer. Il n'y a pas de consensus sur le rôle possible des varices dans la TEV. Comme pour toutes les patientes en phase postopératoire, il faut envisager des mesures prophylactiques afin de prévenir une TEV à la suite d'une chirurgie. Si une période d'immobilisation prolongée doit survenir après une intervention chirurgicale programmée, il est recommandé de cesser temporairement la HTS ou Tibella de quatre à six semaines auparavant, si possible. Le traitement ne doit pas être repris tant que la patiente n'a pas entièrement recouvré sa mobilité.

Chez les femmes sans antécédents de TEV, mais dont des parents du premier degré ont déjà eu une thrombose à un âge jeune, on peut envisager un dépistage de la thrombophilie après les avoir bien informées de ses limites (seulement une proportion d'anomalies thrombophiliques sont identifiées par dépistage). Si une anomalie thrombophilique est constatée et sépare par thrombose des membres de la famille, ou si l'anomalie constatée est « grave » (p. ex. déficit en antithrombine, en protéine S ou en protéine C ou une combinaison d'anomalies), la HTS ou Tibella est alors contre-indiquée.

Les femmes recevant déjà un traitement anticoagulant nécessitent de soupeser attentivement les risques et les avantages d'utiliser la HTS ou Tibella.

Cancer de l'ovaire

Les preuves épidémiologiques d'une méta-analyse d'envergure suggèrent un risque légèrement plus élevé, chez les femmes qui prennent des œstrogènes seuls ou une HTS associant les œstrogènes et la progestérone, qui se manifeste dans un délai de cinq ans d'utilisation et diminue avec le temps après l'arrêt.

D'autres études, y compris l'essai WHI, suggèrent que l'utilisation d'une HTS d'association peut être associée à un risque semblable, ou légèrement plus faible.

L'étude Million Women Study a démontré que le risque relatif de cancer de l'ovaire avec l'utilisation de Tibella était semblable au risque associé à l'utilisation d'autres types de HTS.

Autres problèmes d'innocuité potentiels

Diminution des lipoprotéines de haute densité

Diminution du taux plasmatique de cholestérol des lipoprotéines de haute densité (HDL) ainsi que des taux de triglycérides totaux, de lipoprotéines (a), de cholestérol total et de cholestérol des lipoprotéines de très faible densité (C-VLDL). Le traitement avec Tibella entraîne une diminution du taux de cholestérol-HDL (de -16,7 % avec une dose de 1,25 mg à -21,8 % pour la dose de 2,5 mg après 2 ans). Il diminue également les taux de triglycérides totaux, de cholestérol total et de lipoprotéines (a) (diminutions moyennes de 38 %, de 13 % et de 36 %, respectivement), sans changer les taux de cholestérol des lipoprotéines de faible densité (C-LDL). Les implications cliniques de ces observations demeurent inconnues.

Un léger effet sur la tolérance au glucose a aussi été rapporté; toutefois, la glycémie à jeun est demeuré dans les limites de la normale durant les essais cliniques.

Saignements

Durant les premiers mois de traitement avec Tibella, des saignements intermenstruels et la microrragie peuvent survenir. Des saignements intermenstruels et/ou la microrragie ont été rapportés chez 32,6 % de femmes pendant les 3 premiers mois de traitement, et chez 11,6 % des femmes après 11 à 12 mois d'utilisation. L'aménorrhée a été rapportée pour 88 % des femmes utilisant 2,5 mg de Tibella après 12 mois de traitement. Tibella augmente l'épaisseur de la paroi endométriale, telle que mesurée par échographie transvaginale.

Conclusion

Pour toutes les femmes, la décision de prescrire Tibella devrait être fondée sur une évaluation de l'ensemble des risques individuels spécifiques à chaque patiente et, particulièrement chez les femmes de 60 ans et plus, devrait tenir compte du risque d'accident vasculaire cérébral.

Après une sélection attentive des utilisatrices, Tibella devrait être prescrit durant la plus courte période possible en tenant compte des objectifs du traitement. Revoir la nécessité de poursuivre le traitement après 6 mois, en soupesant les risques et les avantages pour l'utilisatrice individuelle à ce moment (y compris les risques de maladies cardiovasculaires, de cancer de l'endomètre et de cancer du sein). Le traitement avec Tibella ne doit continuer que si les bienfaits l'emportent sur les risques. Notez aussi que Tibella ne doit être prescrit qu'aux femmes dont l'utérus est intact, puisque le médicament possède une activité œstrogénique.

Les données tirées de la documentation soumise ont démontré que Tibella a soulagé considérablement les symptômes climatères (bouffées de chaleur, sueurs, sécheresse vaginale et scores accordés pour le bien-être); les effets semblent être semblables à la thérapie continue avec préparation d'hormonothérapie combinée. Les risques importants liés à Tibella comprennent le cancer de l'endomètre, le cancer du sein et l'accident vasculaire cérébral. D'autres risques importants comprennent l'infarctus du myocarde, la thromboembolie veineuse, le cancer de l'ovaire, la dysfonction hépatique et l'augmentation de l'activité fibrinolytique dans le sang. Ces renseignements ont été ajoutés à la monographie de Tibella, tout comme des renseignements semblables sont mentionnés pour la tibolone dans d'autres organisations, ce qui est jugé être une mesure adéquate de réduction des risques.

Pour de plus amples renseignements, consulter la monographie de produit de Tibella approuvée par Santé Canada et accessible par l'intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.

 

 

 

7.2 Motifs non cliniques de la décision

 

Pour les études non cliniques, le promoteur a soumis la Présentation de drogue nouvelle (PDN) pour Tibella en tant que présentation de drogue fondée sur les données de tierces parties (PFDT), pour laquelle les données probantes de l'efficacité sont principalement fondées sur les données scientifiques publiées et d'autres références publiques disponibles. Cette PDN comprenait environ 65 études non cliniques et références concernant la tibolone (l'ingrédient médicinal de Tibella).

Les propriétés pharmacodynamiques et pharmacocinétiques de la tibolone sont bien établies. En ce qui concerne la toxicologie, la tibolone n'a entraîné aucun signe de génotoxicité dans des essais sur les mutations génétiques, les lésions chromosomiques et les dommages à l'acide désoxyribonucléique (ADN). La tibolone n'est pas génotoxique in vivo. Le traitement avec la tibolone, comme le traitement avec d'autres hormones sexuelles dans des études sur des rongeurs, a démontré une association avec le développement d'une gamme de tumeurs dans les études de cancérogénicité par voie orale à long terme. Ces tumeurs incluaient notamment des adénomes hypophysaires, des carcinomes mammaires et des fibroadénomes, des adénomes hépatiques, le carcinome de l'utérus, des polypes et un sarcome du stroma, et des carcinomes de la vessie et des testicules. Bien qu'un effet cancérogène ait été observé, la pertinence clinique est incertaine.

Dans des études animales, l'administration de la tibolone peut entraîner des effets antifécondité et embryotoxiques, vraisemblablement en raison de ses propriétés hormonales. Les études chez l'animal ont montré que la tibolone traverse la barrière placentaire chez le lapin, et est tératogène. Chez le lapin, une gamme d'anomalies ont été observées après le traitement oral de la mère avec la tibolone (doses ≥ 0,7 mg/kg/jour), y compris l'hydrocéphalie, la fente palatine, l'hernie ombilicale, les plis de flexion et la malrotation, la microphtalmie bilatérale et une opacité oculaire. Le risque potentiel chez l'humain est inconnu. Chez le lapin, la tibolone avait un potentiel tératogène à des doses presque d'avortement. Aucun signe d'activité tératogène n'a été observé chez les souris.

Selon la monographie de Tibella, l'utilisation de Tibella est contre-indiquée pendant la grossesse et l'allaitement.

Pour de plus amples renseignements, consulter la monographie de produit de Tibella approuvée par Santé Canada et accessible par l'intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.

 

 

7.3 Motifs d'ordre qualitatif

 

L'information soumise sur les caractéristiques chimiques et la fabrication de Tibella montre que la substance médicamenteuse et le médicament peuvent être fabriqués d'une façon qui répond systématiquement aux spécifications approuvées. Des études de développement et de validation appropriées ont été menées, et des contrôles adéquats sont en place pour la commercialisation. Après examen, les changements apportés au procédé de fabrication et à la formulation du produit sont jugés acceptables. À la lumière des données sur la stabilité qui ont été fournies, la durée de conservation proposée de 24 mois est jugée acceptable lorsque le médicament est conservé à la température de la pièce (entre 15 ºC et 30 ºC).

Les limites proposées quant aux impuretés liées au médicament sont considérées comme conformes (c.-à-d. dans les limites de l'International Conference on Harmonisation et/ou d'après les résultats des études de toxicologie).

Toutes les installations participant à la production du médicament sont conformes aux bonnes pratiques de fabrication.

Tous les ingrédients non médicinaux (décrits précédemment) présents dans le produit pharmaceutique sont autorisés en vertu du Règlement sur les aliments et drogues pour usage dans les médicaments. L'excipient (le lactose) est d'origine animale. Une lettre d'attestation confirmant que le matériel entrant dans la fabrication de Tibella ne provient pas d'un pays ou d'une région touchée par l'encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) ou l'encéphalopathie spongiforme transmissible (EST) a été fournie pour témoigner du fait que l'utilisation de ce produit ne représente pas un danger pour l'être humain.