Sommaire des motifs de décision portant sur Vyndaqel

Décisions d'examen

Le sommaire des motifs de décision explique les raisons pour lesquelles un produit a reçu une autorisation de vente au Canada. Le document comprend les considérations portant sur la réglementation, l’innocuité, l’efficacité et la qualité (sur le plan de la chimie et de la fabrication).


Type de produit:

Médicament
  • Ce document est une traduction française du document anglais approuvé.

Les sommaires des motifs de décision (SMD) présentent des renseignements sur l'autorisation initiale d'un produit. Le SMD portant sur Vyndaqel est accessible ci-dessous.

Activité récente relative à Vyndaqel

Les SMD relatifs aux éligibles (tels que décrits dans la Foire aux questions : Phase II du projet de sommaires des motifs de décision [SMD]) autorisés après le 1er septembre 2012 seront mis à jour afin d'inclure des renseignements sous forme de tableau des activités postautorisation (TAPA). Le TAPA comprendra de brefs résumés d'activités telles que les présentations de demandes de nouvelles utilisations, ainsi que les décisions de Santé Canada (positives ou négatives). Les TAPA seront mis à jour régulièrement en ce qui a trait aux activités postautorisation tout au long du cycle de vie du produit.

Le tableau suivant décrit les activités postautorisation menées à l’égard de Vyndaqel, un produit dont l’ingrédient médicinal est tafamidis méglumine. Pour en savoir plus sur le type de renseignements présentés dans les TAPA, veuillez consulter la Foire aux questions : Phase II du projet de sommaires des motifs de décision (SMD) et à la Liste des abréviations qui se trouvent dans les Tableaux des activités postautorisation (TAPA).

Pour de plus amples renseignements sur le processus de présentation de drogues, consultez la Ligne Directrice : Gestion des présentations et des demandes de drogues.

Mise à jour : 2025-03-25

Identification numérique de drogue (DIN) :

DIN 02495732 – 20 mg de tafamidis méglumine, capsule, voie orale

Tableau des activités postautorisation (TAPA)

Type et numéro d’activité ou de présentation

Date de présentation

Décision et date

Sommaire des activités

SPDN Nº 277026

2023-07-07

Délivrance d’un AC 2024-01-17

Présentation déposée en tant que Niveau II – Supplément (innocuité) afin de mettre à jour la MP en ajoutant de nouveaux renseignements sur l'innocuité. La présentation a été examinée et est considérée acceptable. À cause du SPDN, des modifications ont été effectuées à la section Effets indésirables de la MP. Des modifications correspondantes ont été effectuées à la partie III intitulée Renseignements pour les patients sur les médicaments. Un AC a été délivré.

SPDN Nº 258993

2021-11-24

Délivrance d’un AC 2022-10-14

Présentation déposée en tant que Niveau I – Supplément afin de mettre à jour la MP en ajoutant de nouveaux renseignements sur l'innocuité. La présentation a été examinée et est considérée acceptable. À cause du SPDN, des modifications ont été effectuées à la section Interactions médicamenteuses de la MP. Un AC a été délivré.

SPDN Nº 255167

2021-08-27

Délivrance d’un AC 2022-02-23

Présentation déposée en tant que Niveau I – Supplément afin de mettre à jour la MP et pour faire passer la MP au format 2020. Les changements font suite à la lettre d'annonce de Santé Canada, du 29 juillet 2021, demandant des modifications liées aux posologie et administration. La présentation a été examinée et est considérée acceptable. À cause du SPDN, des modifications ont été effectuées à la section Posologie et administration de la MP. Des modifications correspondantes ont été effectuées à la partie III intitulée Renseignements pour les patients sur les médicaments. Un AC a été délivré.

Avis de mise en marché d’un produit médicamenteux (DIN 02495732)

Sans objet

Date de la première vente 2020-04-07

Le fabricant a informé Santé Canada de la date de la première vente conformément à la disposition C.01.014.3 du Règlement sur les aliments et drogues.

PDN Nº 228368

2019-06-03

Délivrance d’un AC 2020-01-20

Délivrance d’un AC relatif à une Présentation de drogue nouvelle.

Sommaire des motifs de décision (SMD) portant sur Vyndaqel

SMD émis le : 2020-05-21

L'information suivante concerne la Présentation de drogue nouvelle pour Vyndaqel.

Tafamidis méglumine

Identification(s) numérique(s) de drogue(s):

  • DIN 02495732 ‑ 20 mg, capsule, administration orale

Pfizer Canada ULC

Présentation de drogue nouvelle, numéro de contrôle : 228368

 

Le date d'établissement de l'avis de conformité (AC), 20 janvier , 2020, Santé Canada a émis à l'intention de promoteur un avis de conformité pour le produit pharmaceutique, Vyndaqel.

L'autorisation de mise en marché s'appuie sur l'information portant sur la qualité (chimie et fabrication), ainsi que les études non cliniques (pharmacologie et toxicologie) et cliniques (pharmacologie, innocuité et efficacité) présentées. D'après l'évaluation des données reçues effectuée par Santé Canada, le profil avantages‑effets nocifs-‑incertitudes de Vyndaqel est considéré comme étant favorable pour le traitement des adultes atteints d'une cardiomyopathie causée par une amyloïdose à transthyrétine, sénile ou héréditaire, afin de réduire la mortalité cardiovasculaire et les hospitalisations reliées aux manifestations cardiovasculaires.

1 Sur quoi l'autorisation porte-t-elle?

 

Vyndaqel, un stabilisateur de la transthyrétine, a été autorisé pour le traitement des adultes atteints d'une cardiomyopathie causée par une amyloïdose à transthyrétine, sénile ou héréditaire, afin de réduire la mortalité cardiovasculaire et les hospitalisations reliées aux manifestations cardiovasculaires.

Santé Canada ne dispose d'aucune donnée sur les patients de moins de 18 ans; par conséquent, Santé Canada n'a pas autorisé d'indication pour un usage pédiatrique.

L'innocuité et l'efficacité de Vyndaqel ont été démontrées dans la population gériatrique, plus de 90 % des patients de l'essai pivot étant âgés de 65 ans ou plus. Aucun ajustement de la posologie n'est nécessaire pour cette population.

Vyndaqel est contre‑indiqué chez les patients qui présentent une hypersensibilité à ce médicament ou à tout ingrédient de la formulation, y compris tout ingrédient non médicinal, ou composant du récipient.

Vyndaqel a été autorisé selon les conditions d'utilisation décrites dans sa monographie de produit, en tenant compte des risques potentiels associés à l'administration du médicament.

Vyndaqel (20 mg tafamidis méglumine) se présente sous forme de capsule. En plus de l'ingrédient médicinal, la capsule contient les ingrédients non médicamenteux suivants : hydroxyde d'ammonium à 28 %, bleu brillant FCF, carmin, gélatine, glycérine, oxyde de fer (jaune), polyéthylèneglycol 400, polysorbate 80, poly(acétate phtalate de vinyle), propylèneglycol, monooléate de sorbitane, sorbitol, et dioxyde de titane.

Pour de plus amples renseignements, veuillez consulter les sections Motifs d'ordre clinique, non clinique et qualitatif (caractéristiques chimiques et de fabrication).

Pour obtenir des renseignements supplémentaires, consulter également la monographie de produit de Vyndaqel approuvée par Santé Canada et accessible par l'intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.

 

2 Pourquoi Vyndaqel a-t-il été autorisé?

 

Santé Canada estime que Vyndaqel a un profil avantages‑effets nocifs‑incertitudes favorable pour le traitement des adultes atteints d'une cardiomyopathie causée par une amyloïdose à transthyrétine (ATTR‑CM), sénile ou héréditaire, afin de réduire la mortalité cardiovasculaire et les hospitalisations reliées aux manifestations cardiovasculaires.

L'amyloïdose de la transthyrétine (ATTR) est une maladie rare, progressive et mortelle, causée par des défauts de la transthyrétine (TTR), une protéine porteuse de la thyroxine et de la vitamine A. Cette maladie se caractérise par une déstabilisation de la protéine de transport du tétramère TTR, entraînant sa dissociation en monomères libres. Cette étape initiale et limitante de l'amyloïdogenèse entraîne un mauvais pliage des protéines qui s'agrègent en fibrilles amyloïdes TTR et se déposent dans le système nerveux, le tube digestif, les reins et le cœur.

L'amyloïdose de la transthyrétine est classée comme étant sénile ou héréditaire. Dans le cas de l'ATTR sénile, la TTR devient structurellement instable en raison de l'âge; on estime qu'environ 12 700 Canadiens sont touchés et sont principalement des hommes de plus de 65 ans. Plus de 90 % des cas d'ATTR CM sont causés par l'ATTR sénile. L'ATTR héréditaire est un trait autosomique dominant hérité, causé par plus de 120 mutations dans le gène de la TTR, et est surtout observé chez les patients de plus de 55 ans. En Amérique du Nord, l'ATTR héréditaire touche principalement les hommes afro‑caribéens porteurs d'une mutation Val122Ile, avec une prévalence estimée jusqu'à 3,3 % dans cette population et un total d'environ 500 Canadiens.

Dans l'ATTR avec cardiomyopathie (ATTR‑CM), qui implique principalement le cœur, des fibrilles amyloïdes de la TTR se déposent entre les cellules myocardiques, produisant un épaississement et un raidissement du myocarde et affectant le système de conduction et/ou les valves aortiques. Il en résulte un dysfonctionnement diastolique évoluant vers une cardiomyopathie restrictive et une insuffisance cardiaque avec préservation de la fonction ventriculaire gauche, qui peut entraîner des arythmies et/ou une sténose aortique. Les symptômes comprennent une dyspnée à l'effort, une hypotension orthostatique, une syncope et un œdème périphérique, ainsi que des signes d'insuffisance ventriculaire droite chronique, notamment une congestion ou un œdème périphérique, gastro‑intestinal et hépatique, entraînant des hospitalisations d'origine cardiovasculaire et, finalement, la mort. La survie médiane est d'environ 43 mois pour l'ATTR‑CM sénile, et de 30 mois pour l'ATTR‑CM héréditaire.

Au moment de l'autorisation, il n'y avait pas de thérapies approuvées au Canada pour l'ATTR‑CM. Les traitements sont symptomatiques, avec utilisation de diurétiques pour les symptômes d'insuffisance cardiaque, implantation de stimulateur cardiaque pour les arythmies cardiaques, et transplantation cardiaque ou transplantation cardiaque et/ou hépatique pour certains cas héréditaires. La transplantation hépatique élimine le site primaire de production de la protéine TTR défectueuse, mais elle doit être effectuée à un stade précoce pour être bénéfique, dans certains cas avant que la cardiomyopathie ne soit diagnostiquée.

Le tafamidis méglumine, généralement appelé tafamidis dans le présent sommaire des motifs de décision, est l'ingrédient médicinal de Vyndaqel. Il s'agit d'une petite molécule administrée par voie orale qui se lie sélectivement aux sites de liaison à la thyroxine de la TTR, stabilisant l'état de tétramère natif de la TTR et empêchant sa dissociation en monomères amyloïdogènes.

L'autorisation de mise sur le marché de Vyndaqel était basée sur un seul essai de phase III à double insu, contrôlé par placebo, connu sous le nom de B3461028 (aussi connu sous le nom d'ATTR‑ACT). Dans cet essai, les patients atteints de cardiomyopathie due à une ATTR héréditaire ou sénile ont été randomisés dans un rapport de 1:2:2 pour recevoir 20 mg de Vyndaqel, 80 mg de Vyndaqel ou un placebo sur une période de 30 mois. Lors de la randomisation, les patients ont été stratifiés selon le statut du gène de la TTR et la classification de la New York Heart Association (NYHA). La classification NYHA, qui va de la moins grave (classe I) à la plus grave (classe IV), permet de classer simplement l'étendue de l'insuffisance cardiaque en fonction des symptômes et des limites du patient pendant l'activité physique.

Les résultats de l'essai B3461028 ont démontré une réduction du paramètre principal d'efficacité, une combinaison hiérarchique de la mortalité toutes causes confondues et de la fréquence des hospitalisations d'origine cardiovasculaire, dans le groupe traité par Vyndaqel regroupé par rapport au groupe recevant le placebo (29,5 % contre 42,9 %, respectivement). La différence de mortalité entre les groupes était attribuable aux décès d'origine cardiovasculaire.

Des différences favorisant Vyndaqel par rapport au placebo ont également été observées pour les deux principaux paramètres secondaires : la distance parcourue pendant l'épreuve de marche pendant 6 minutes (6‑Minute Walk Test) et le score sommaire global au questionnaire sur les cardiomyopathies de Kansas City (Kansas City Cardiomyopathy Questionnaire‑Overall Summary).

Dans l'ensemble, l'efficacité était similaire entre les doses de 20 mg et 80 mg de Vyndaqel, mais l'essai n'a pas permis de faire une distinction entre les doses. Le bénéfice potentiel de la dose de 80 mg par rapport à la dose de 20 mg a été suggéré sur la base d'analyses exploratoires post‑hoc de sous-groupes. Par conséquent, la dose recommandée de Vyndaqel est de 80 mg de tafamidis méglumine (administrée sous forme de quatre capsules de 20 mg) par voie orale une fois par jour.

Le profil d'innocuité de Vyndaqel était comparable à celui du placebo et ne différait pas de manière significative selon la dose. Les événements indésirables liés au traitement les plus couramment signalés (≥ 10 %) dans les groupes recevant 80 mg et/ou 20 mg de Vyndaqel qui se sont produits à des taux supérieurs que dans le groupe traité par placebo sont les suivants: fibrillation auriculaire, insuffisance cardiaque, insuffisance cardiaque aiguë, insuffisance cardiaque congestive, asthénie, œdème périphérique, bronchite, pneumonie, chute, spasmes musculaires, douleurs aux extrémités, insomnie, hématurie, toux et hypotension. Une incidence d'hypothyroïdie a été signalée chez 6,8 %, 5,7 % et 5,6 % dans les groupes de patients recevant 80 mg, 20 mg de Vyndaqel ou le placebo, respectivement. Les événements les plus fréquemment signalés qui ont conduit à l'arrêt du traitement, quel que soit le groupe, sont l'insuffisance cardiaque, l'insuffisance cardiaque congestive et l'amyloïdose cardiaque.

De façon conséquente avec la population totale, une réduction combinée de la mortalité de toute cause et des hospitalisation d'origine cardiovasculaire a été observée pour le traitement au Vyndaqel chez les patients de classe I, II et II de la NYHA, ainsi que des réductions individuelles de la mortalité de toute cause, de la mortalité cardiovasculaire et des hospitalisations d'origine cardiovasculaire. La seule exception était une augmentation des hospitalisations d'origine cardiovasculaire chez les patients de classe III, avec 76,9% d'hospitalisations chez les patients traités au Vyndaqel comparativement à 58,7% chez les patients sur placebo. Pour les patients de classe III, la mortalité liée à un problème cardiovasculaire était de 47,4 % contre 49,2 % pour les groupes de traitement recevant Vyndaqel et le placebo, respectivement. À la lumière des bénéfices uniformes pour toutes les classes fonctionnelles de patients pour tous les résultats à l'exception des hospitalisations d'origine cardiovasculaire, il a été décidé d'inclure les patients de classe III, en plus patients de classe I et II, à l'indication de Vyndaqel. Aucun patient de classe IV n'a participé à l'étude pivot.

D'après des données animales (non cliniques), le tafamidis est associé à un risque potentiel de toxicité pour la reproduction et le développement, et est sécrété dans le lait des rates en lactation. Les données cliniques disponibles sont limitées, et un risque pour les enfants nés de femmes exposées au tafamidis pendant la grossesse ou l'allaitement ne peut être exclu. Par conséquent, Vyndaqel ne devrait pas être administré aux femmes enceintes ou allaitantes. En outre, Vyndaqel n'a pas été étudié chez les patients atteints d'une insuffisance hépatique grave, et les données sont limitées chez les patients atteints d'une insuffisance rénale grave. Ces questions ont été traitées par un étiquetage approprié dans la monographie de produit de Vyndaqel.

Pfizer Canada SRI a présenté à Santé Canada un plan de gestion des risques (PGR) relativement à Vyndaqel. Après examen, ce PGR a été jugé acceptable. Le PGR est destiné à décrire les problèmes d'innocuité connus ou possibles, à présenter le plan de surveillance prévu et, le cas échéant, à décrire les mesures qui seront mises en place pour réduire les risques liés au produit."

Les étiquettes interne et externe et la section des renseignements pour les patients sur les médicaments de la monographie de produit de Vyndaqel qui ont été présentées répondent aux exigences réglementaires relatives à l'étiquetage, à l'utilisation d'un langage clair et aux éléments de conception.

Après évaluation des marques nominatives à présentation et à consonance semblables, le nom proposé de Vyndaqel a été accepté.

Dans l'ensemble, on considère que les avantages de Vyndaqel observés dans l'essai pivot B3461028 l'emportent sur les risques potentiels. Vyndaqel a un profil d'innocuité acceptable sur la base des données non cliniques et des études cliniques. Les problèmes d'innocuité cernés peuvent être gérés par l'étiquetage et un suivi adéquat. Des mises en garde et des précautions appropriées sont en place dans la monographie de produit de Vyndaqel pour répondre aux problèmes d'innocuité cernés.

Cette présentation de drogue nouvelle répond aux exigences des articles C.08.002 et C.08.005.1; par conséquent, Santé Canada a émis l'avis de conformité prévu à l'article C.08.004 du Règlement sur les aliments et drogues. Pour de plus amples renseignements, veuillez consulter les sections Motifs d'ordre clinique, non clinique et qualitatif (caractéristiques chimiques et de fabrication).

 

3 Quelles sont les étapes qui ont mené à l'autorisation de Vyndaqel?

 

La présentation de drogue de Vyndaqel a été examinée en vertu de la Politique sur l'évaluation prioritaire. Sur la base du fait que Vyndaqel a démontré une réduction significative de l'incidence des décès et des hospitalisations liées à des problèmes cardiovasculaires chez les patients atteints de cardiomyopathie causée par une amyloïdose à transthyrétine, une maladie mortelle pour laquelle aucun médicament n'est actuellement commercialisé au Canada.

 

Étapes importantes de la présentation: Vyndaqel

Étape importante de la présentation Date
Réunion préalable à la présentation : 2019-02-27
Demande de traitement prioritaire  
Déposée : 2019-04-26
Approuvée par le directeur, Bureau des sciences médicales : 2019-05-28
Dépôt de la présentation : 2019-06-03
Examen préliminaire  
Avis d'insuffisance émis lors de l'examen préliminaire : 2019-06-28
Réponse déposée : 2019-07-12
Lettre d'acceptation à l'issue de l'examen préliminaire : 2019-07-24
Examen  
Évaluation de la qualité terminée : 2020-01-09
Évaluation clinique/médicale terminée : 2020-01-20
Évaluation biostatistique terminée : 2020-01-17
Évaluation du plan de gestion des risques terminée : 2019-12-20
Examen de l'étiquetage terminé, comprenant l'évaluation des marques nominatives à présentation et à consonance semblables : 2020-01-15
Délivrance de l'Avis de conformité par le directeur général, Direction des produits thérapeutiques 2020-01-20

 

La décision réglementaire canadienne concernant l'examen de Vyndaqel était fondée sur une évaluation critique du dossier de données soumis à Santé Canada. Les examens effectués à l'étranger par l'Agence européenne des médicaments et par la Food and Drug Administration des États-Unis ont servi de références supplémentaires.

Pour de plus amples renseignements sur le processus de présentation de drogue, consulter la Ligne directrice de l'industrie : gestion des présentations de drogues.

 

4 Quelles mesures de suivi le promoteur prendra-t-il?

 

Les exigences en matière d'activités post‑commercialisation sont décrites dans la Loi sur les aliments et drogues et le Règlement connexe.

 

6 Quels sont les autres renseignements disponibles à propos des médicaments?

 

Pour obtenir des renseignements à jour sur les produits pharmaceutiques, veuillez suivre les liens suivants :

 

7 Quelle est la justification scientifique sur laquelle s'est fondé Santé Canada?
7.1 Motifs cliniques de la décision

 

Pharmacologie clinique

Le tafamidis méglumine, généralement appelé tafamidis dans le présent sommaire des motifs de décision, est l'ingrédient médicinal de Vyndaqel. En tant que stabilisateur sélectif de la transthyrétine (TTR), le tafamidis se lie à la TTR au niveau des sites de liaison de la thyroxine, stabilisant le tétramère et ralentissant la dissociation en monomères, l'étape de limitation de la vitesse dans le processus amyloïdogène. La relation entre la concentration de tafamidis et la stabilisation du tétramère de la TTR a été caractérisée par l'utilisation d'une analyse pharmacocinétique‑pharmacodynamique de population de données regroupées provenant de 11 études cliniques. La dose de 80 mg de tafamidis méglumine devrait atteindre le pourcentage de stabilisation maximal du tétramère de la TTR.

Les principaux aspects pharmacocinétiques de l'absorption, de la distribution, du métabolisme et de l'élimination du tafamidis ont été bien caractérisés chez les patients et les volontaires en bonne santé.

À une dose unique de 400 mg, soit environ 2,2 fois la concentration plasmatique maximale à l'état d'équilibre (Cmax) à la dose recommandée de 80 mg, le tafamidis ne prolonge pas l'intervalle QT corrigé (QTc) dans une mesure cliniquement pertinente. Le tafamidis peut diminuer les concentrations sériques de thyroxine totale, sans que la thyroxine libre (T4) ou la thyréostimuline (TSH) ne soit modifiée.

La Cmax pour le tafamidis est atteinte en quatre heures. L'exposition a augmenté proportionnellement à la dose entre 15 et 30 mg, mais les augmentations étaient moins que proportionnelles de 30 à 60 mg. Le tafamidis est fortement lié aux protéines (> 99 %) dans le plasma et le volume apparent de distribution à l'état d'équilibre est de 16 l. La demi‑vie moyenne du tafamidis est d'environ 49 heures et la clairance orale apparente est de 0,228 l/h. Le degré d'accumulation du médicament à l'état d'équilibre après des doses quotidiennes répétées de tafamidis est environ 2,5 fois plus élevé que celui observé après une seule dose.

Les paramètres pharmacocinétiques à l'état stable chez les patients atteints de cardiomyopathie causée par une amyloïdose à transthyrétine (ATTR‑CM) ont montré que la clairance du tafamidis était affectée par l'âge et le poids corporel. Dans la fourchette de 57,5 à 93 kg (correspondant aux 10e et 90e percentiles des poids corporels observés), la clairance est passée de 0,85 fois à 1,14 fois par rapport au poids corporel médian. La clairance a diminué de 14,5 % chez les patients de ≥ 65 ans par rapport aux patients plus jeunes. Bien qu'il n'y ait pas de preuve explicite de l'excrétion biliaire du tafamidis chez l'homme, des données non cliniques suggèrent que le tafamidis est métabolisé par glucuronidation et excrété par la bile.

Pour les patients atteints d'insuffisance hépatique modérée (classe B de Child‑Pugh), les données pharmacocinétiques ont indiqué que l'exposition systémique a diminué d'environ 40 % et la clairance orale apparente a augmenté d'environ 68 %, par rapport aux volontaires en bonne santé. Les taux de transthyrétine sont plus faibles chez les patients atteints d'insuffisance hépatique modérée que chez les volontaires en bonne santé. L'exposition au tafamidis par rapport à la quantité de TTR serait donc suffisante pour stabiliser le tétramère de la TTR chez ces patients. L'exposition au tafamidis était similaire entre les patients atteints d'une insuffisance hépatique légère (classe A de Child‑Pugh) et les volontaires en bonne santé. La pharmacocinétique du tafamidis chez les patients atteints d'insuffisance hépatique grave (classe C de Child‑Pugh) est inconnue.

Le tafamidis n'a pas été évalué chez les patients atteints d'insuffisance rénale. Des données limitées sont disponibles chez les patients atteints d'insuffisance rénale grave (clairance de la créatinine ≤ 30 ml/min).

Le tafamidis induit le cytochrome P450 (CYP) 3A4 in vitro. Une dose de 20 mg de tafamidis n'a pas affecté la pharmacocinétique du midazolam, un substrat du CYP3A4, chez des volontaires en bonne santé. Cependant, l'effet de 80 mg de tafamidis n'a pas été étudié et pourrait diminuer l'exposition des substrats du CYP3A4 (par exemple, le midazolam, le triazolam). D'après des études in vitro, le tafamidis inhibe la protéine de résistance du cancer du sein (BCRP), à la fois au niveau systémique et dans le tractus gastro-intestinal, et peut augmenter l'exposition aux substrats de la BCRP (par exemple, le méthotrexate, la rosuvastatine, l'imatinib). Le tafamidis a le potentiel d'inhiber les transporteurs d'anions organiques (OAT) 1 et OAT3 (par exemple, les agents antirétroviraux, les diurétiques, le méthotrexate, les anti‑inflammatoires non stéroïdiens [AINS], l'olmésartan, la pravastatine) et peut donc diminuer l'exposition des substrats de ces transporteurs. Par conséquent, la prudence devrait être de mise lorsque le tafamidis est coadministré avec des substrats du CYP3A4, des substrats du BCRP, des substrats de l'OAT1 ou des substrats de l'OAT3. Un ajustement de la dose peut être nécessaire si Vyndaqel est administré en même temps que ces substrats.

Pour obtenir des renseignements supplémentaires, consulter la monographie de produit de Vyndaqel approuvée par Santé Canada et accessible par l'intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.

Efficacité clinique

L'efficacité de Vyndaqel (tafamidis méglumine) pour le traitement des patients adultes atteints de cardiomyopathie causée par une amyloïdose à transthyrétine (ATTR‑CM), sénile ou héréditaire, pour réduire la mortalité cardiovasculaire et les hospitalisations liées à des problèmes cardiovasculaires, a été basée sur les preuves d'un seul essai pivot connu sous le nom de B3461028.

L'essai B3461028 était un essai de phase III, multicentrique, international, à double insu, contrôlé par placebo et randomisé, dans lequel 441 patients atteints d'ATTR‑CM héréditaire ou sénile sauvage ont été recrutés. Les données démographiques de base et les caractéristiques de la maladie ont été équilibrées entre les différents groupes de traitement. Les patients ont été randomisés pour recevoir 20 mg de Vyndaqel, 80 mg de Vyndaqel ou un placebo (88, 176, et 177 patients, respectivement) pendant 30 mois. Les patients ont été stratifiés au départ selon le statut du gène de la TTR (sénile ou variante) et la classification de la New York Heart Association (NYHA). La classification NYHA, qui va de la moins grave (classe I) à la plus grave (classe IV), permet de classer simplement l'étendue de l'insuffisance cardiaque en fonction des symptômes et des limites du patient pendant l'activité physique.

Parmi les patients de l'ensemble du groupe traité par Vyndaqel et du groupe traité par placebo, l'âge moyen était de 74,5 et 74,1 ans  91,3 % et 88,7 % de ces patients étaient des hommes, 9,1 % et 7,3 % étaient de classe I de la NYHA (aucune limite de l'activité physique), 61,4 % et 57,1 % étaient de classe II (légère limite de l'activité physique) et 29,5 % et 35,6 % étaient de classe III (limite marquée de l'activité physique), respectivement. Dans tous les groupes, 76 % des patients présentaient une ATTR sénile et 24 % une ATTR héréditaire. Il n'y a pas eu de patients souffrant d'insuffisance hépatique grave, et peu de patients souffrant d'insuffisance rénale grave. Dans le groupe traité par Vyndaqel regroupé, la durée moyenne d'exposition était de 24 mois, avec 69 % des patients traités pendant ≥ 24 mois. Au total, 170 patients recevant Vyndaqel et 84 patients recevant le placebo étaient toujours sous traitement au 30e mois.

La dose de 80 mg/jour de Vyndaqel a été privilégiée dans la conception de l'essai en raison d'une plus grande stabilisation de la TTR observée à cette dose par rapport à la dose de 20 mg dans les études pharmacocinétiques. Le promoteur a émis l'hypothèse qu'une stabilisation plus importante de la TTR à cette dose pourrait entraîner une efficacité clinique accrue; cependant, la pertinence clinique d'une stabilisation plus importante du tétramère de la TTR en ce qui concerne l'issue cardiovasculaire n'est pas connue.

Le paramètre principal d'efficacité était une analyse de Finkelstein‑Schoenfeld de la combinaison hiérarchique de la mortalité toutes causes confondues et de la fréquence des hospitalisations liées à des problèmes cardiovasculaires. Dans les analyses exploratoires, les résultats ont été comparés par dose, par génotype de la TTR et par classification NYHA de base (les classes I et II ont été combinées).

Dans l'ensemble, la mortalité toutes causes confondues et les hospitalisations liées aux maladies cardiovasculaires étaient plus faibles dans le groupe traité par Vyndaqel que dans le groupe recevant le placebo. Le paramètre principal a montré une réduction statistiquement significative de la mortalité avec Vyndaqel après 18 mois de traitement. La mortalité toutes causes confondues était de 29,5 % dans le groupe traité par Vyndaqel et de 42,9 % dans le groupe recevant le placebo, soit une réduction de 30 % par rapport au placebo. La différence de mortalité entre les groupes était attribuable à la mortalité liée aux maladies cardiovasculaires, qui était de 20,8 % dans le groupe traité par Vyndaqel regroupé et de 33,3 % dans le groupe recevant le placebo. Ces résultats ont été pris en compte dans l'indication approuvée figurant dans la monographie de produit de Vyndaqel. Il convient de noter que des décès non liés à des problèmes cardiovasculaires ont été signalés chez 5,3 % des patients du groupe traité par Vyndaqel, contre 4,7 % dans le groupe recevant le placebo.

Les doses de 20 mg et de 80 mg de Vyndaqel semblaient toutes deux aussi efficaces; cependant, l'essai n'a pas permis d'établir une distinction entre les différentes doses. Les rapports de risque pour la mortalité toutes causes confondues étaient de 0,72 (intervalle de confiance [IC] de 95 % 0,45, 1,14) et 0,69 (IC de 95 % 0,49, 0,98) pour 20 mg et 80 mg de Vyndaqel par rapport au placebo, respectivement. Les rapports de risque relatif pour les hospitalisations liées à des problèmes cardiovasculaires étaient de 0,66 (IC de 95 % 0,51, 0,86) et 0,70 (IC de 95 % 0,57, 0,86) pour 20 mg et 80 mg de Vyndaqel par rapport au placebo, respectivement.

Les deux principaux paramètres secondaires (l'épreuve de marche pendant 6 minutes et le score sommaire global au questionnaire sur les cardiomyopathies de Kansas City) ont été atteints avec une différence significative favorisant le groupe traité par Vyndaqel regroupé par rapport au groupe recevant le placebo, observée au 6e mois et significative jusqu'au 30e mois. Les résultats ont également été comparables entre les doses sur ces principaux paramètres secondaires.

De façon conséquente avec la population totale, une réduction combinée de la mortalité de toute cause et des hospitalisation d'origine cardiovasculaire a été observée pour le traitement au Vyndaqel chez les patients de classe I, II et II de la NYHA, ainsi que des réductions individuelles de la mortalité de toute cause, de la mortalité cardiovasculaire et des hospitalisations d'origine cardiovasculaire. La seule exception était une augmentation des hospitalisations d'origine cardiovasculaire chez les patients de classe III, avec 76,9% d'hospitalisations chez les patients traités au Vyndaqel comparativement à 58,7% chez les patients sur placebo. Pour les patients de classe III, la mortalité liée à un problème cardiovasculaire était de 47,4 % contre 49,2 % pour les groupes de traitement recevant Vyndaqel et le placebo, respectivement. À la lumière des bénéfices uniformes pour toutes les classes fonctionnelles de patients pour tous les résultats à l'exception des hospitalisations d'origine cardiovasculaire, il a été décidé d'inclure les patients de classe III, en plus patients de classe I et II, à l'indication de Vyndaqel. Aucun patient de classe IV n'a participé à l'étude pivot.

Dans l'ensemble, le bénéfice potentiel des 80 mg par rapport aux 20 mg a été suggéré sur la base des analyses exploratoires post‑hoc des sous‑groupes qui ont montré une plus grande réduction du taux d'augmentation du biomarqueur cardiaque (prohormone N‑terminale du peptide natriurétique cérébral [NT‑proBNP]) dans le groupe traité par 80 mg par rapport au groupe traité par 20 mg. La dose recommandée de Vyndaqel est de 80 mg de tafamidis méglumine (administrée sous forme de quatre capsules de 20 mg) par voie orale une fois par jour.

Indication

La Présentation de drogue nouvelle relative à Vyndaqel a été initialement déposée par le promoteur pour l'indication suivante:

  • Le tafamidis est indiqué pour le traitement de l'amyloïdose de la transthyrétine chez les patients adultes atteints de cardiomyopathie sénile ou héréditaire afin de réduire la mortalité toutes causes confondues et les hospitalisations liées à des problèmes cardiovasculaires.

Pour assurer une utilisation sécuritaire et efficace du produit, Santé Canada a approuvé l'indication suivante :

  • Vyndaqel (tafamidis méglumine) est indiqué pour le traitement des adultes atteints d'une cardiomyopathie causée par une amyloïdose à transthyrétine, sénile ou héréditaire, afin de réduire la mortalité cardiovasculaire et les hospitalisations reliées aux manifestations cardiovasculaires.

L'indication approuvée a été jugée par Santé Canada comme reflétant de manière appropriée les résultats de l'essai B3461028, où la différence de mortalité entre les groupes traités par Vyndaqel et celui recevant le placebo était attribuable à la mortalité liée aux maladies cardiovasculaires.

Pour de plus amples renseignements, consulter la monographie de produit de Vyndaqel approuvée par Santé Canada et accessible par l'intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.

Innocuité clinique

La principale source de données sur l'innocuité a été l'essai pivot, B3461028, décrit précédemment dans la section Efficacité clinique. Le profil d'innocuité était comparable entre les groupes de traitement Vyndaqel et placebo, et entre les doses.

Au cours de l'essai B3461028, des événements indésirables liés au traitement ont été signalés chez 45 %, 39 % et 51 % des patients dans les groupes recevant 80 mg de Vyndaqel, 20 mg de Vyndaqel et le placebo, respectivement. Des événements indésirables graves liés au traitement ont été signalés chez 2 % des patients de chaque groupe.

Les événements indésirables émergents liés au traitement dont l'incidence est plus élevée dans les groupes de traitement avec 80 mg et 20 mg par rapport au placebo (≥ 2 fois supérieure au groupe placebo et signalés par ≥ 4 patients) comprennent respectivement la cystite (3,4 %, 2,3 % et 0 %), la sinusite (5,7 %, 5,7 % et 0,6 %), l'asthénie (10,2 %, 12,5 % et 6,2 %), les troubles de l'équilibre (8,5 %, 2,3 % et 1,1 %) et la cataracte (5,1 %, 3,4 % et 1,1 %).

Les événements indésirables liés au traitement les plus fréquemment signalés (≥ 10 %) dans les groupes traités par Vyndaqel qui sont survenus à des taux plus élevés que dans le groupe placebo sont les suivants (80 mg, 20 mg et placebo, respectivement) : fibrillation auriculaire (19,9 %, 18,2 % et 18.6 %), insuffisance cardiaque (26,1 %, 34,1 % et 33,9 %), insuffisance cardiaque aiguë (13,6 %, 4,5 % et 9,6 %), insuffisance cardiaque congestive (12,5 %, 19,3 % et 18,6 %), asthénie (10,2 %, 12,5 % et 6,2 %), œdème périphérique (17,0 %, 19,3 % et 17,5 %), bronchite (11,9 %, 10,2 % et 10,7 %), pneumonie (13,1 %, 11,4 % et 9,6 %), chute (24,4 %, 30,7 % et 23,2 %), spasmes musculaires (8,5 %, 11,4 % et 7,9 %), douleurs aux extrémités (15,3 %, 6,8 % et 11,3 %), insomnie (11,4 %, 13,6 % et 12,4 %), hématurie (5,7 %, 11,4 % et 9,6 %), toux (11,9 %, 18,2 % et 16,9 %) et hypotension (10,8 %, 13,6 % et 10,7 %).

Les événements indésirables graves liés au traitement les plus fréquemment signalés dans les groupes traités par 80 mg, 20 mg et le placebo étaient les suivants : aggravation de l'état (22,7 %, 23,9 % et 32,8 %), insuffisance cardiaque (19,3 %, 18,2 % et 22,6 %), insuffisance cardiaque congestive (11,9 %, 15,9 % et 17,5 %), insuffisance cardiaque aiguë (13,1 %, 4,5 % et 9,6 %), chute (5,1 %, 5,7 % et 2,8 %) et syncope (3,4 %, 0 %, 5,6 %).

L'incidence de la thyroxine totale < 0,8 fois la limite inférieure de la normale était plus importante dans le groupe traité par 80 mg (29,7 %) que dans le groupe traité par 20 mg (12,3 %) et celui recevant le placebo (4,5 %). Des événements indésirables d'hypothyroïdie ont été signalés chez 6,8 %, 5,7 % et 5,6 % des patients dans les groupes traités par 80 mg, 20 mg et placebo, respectivement. Une faible numération des neutrophiles (< 0,8 fois la limite inférieure de la normale) était plus fréquente avec le traitement par Vyndaqel qu'avec le placebo (1,9 % 80 mg Vyndaqel, 1,2 % 20 mg Vyndaqel, 0,6 % placebo). Des résultats élevés aux tests de la fonction hépatique étaient plus fréquents dans le groupe recevant 80 mg (3,4 %) que dans les groupes recevant 20 mg (2,3 %) et un placebo (1,1 %).

L'innocuité de Vyndaqel est en outre confirmée par les résultats de l'essai B3461045, considéré comme un essai de prolongation de 60 mois à double insu, multicentrique, de phase III, en cours (ultérieurement modifié en essai ouvert) pour évaluer l'innocuité à long terme de 20 mg ou 80 mg de Vyndaqel (ou 61 mg de tafamidis en tant qu'acide libre) chez les patients ayant terminé l'essai pivot, B3461028. L'essai B3461045 a eu un suivi médian de six mois, certains patients ayant été suivis jusqu'à 12 mois.

Dans l'essai B3461045, 88 patients ont été affectés au groupe traité par 20 mg de Vyndaqel (B3461028 : 60 étaient dans le groupe traité par 20 mg de Vyndaqel et 28 dans le groupe recevant le placebo) et 164  patients ont été affectés au groupe traité par 80  mg de Vyndaqel (B3461028  : 110  patients étaient dans le groupe traité par 80 mg de Vyndaqel et 54 dans le groupe recevant le placebo). Les raisons les plus fréquentes d'interruption de cet essai de prolongation étaient le décès (14 patients) et le retrait (10 patients).

D'après des données animales (non cliniques), le tafamidis est associé à un risque potentiel de toxicité pour la reproduction et le développement. Les données cliniques disponibles sont limitées, et un risque pour les enfants nés de femmes exposées au tafamidis pendant la grossesse ne peut être exclu. Vyndaqel ne devrait pas être utilisé pendant la grossesse et son utilisation n'est pas recommandée chez les femmes qui allaitent. Vyndaqel n'a pas été étudié chez les patients atteints d'insuffisance hépatique grave et son utilisation n'est pas recommandée chez ces patients. Aucun ajustement du dosage n'est nécessaire pour les patients souffrant d'une insuffisance hépatique légère ou modérée. Les données sont limitées chez les patients souffrant d'insuffisance rénale grave. Aucun ajustement du dosage n'est nécessaire pour les patients souffrant d'une insuffisance rénale. Vyndaqel n'est pas recommandé chez les patients ayant subi une transplantation d'organe, car son efficacité et son innocuité n'ont pas été établies dans cette population de patients. Vyndaqel n'est pas indiqué et ne devrait pas être prescrit à la population pédiatrique.

La monographie de produit approuvée de Vyndaqel présente les mises en garde et les mesures de précaution appropriées concernant les problèmes d'innocuité relevés. Il est recommandé de réduire la dose de Vyndaqel à 20 mg si le patient ne tolère pas 80 mg.

Dans l'ensemble, le profil avantages-effets nocifs-incertitudes de Vyndaqel est considéré comme favorable au traitement de l'amyloïdose de la transthyrétine chez les patients adultes atteints de cardiomyopathie sénile ou héréditaire, afin de réduire la mortalité cardiovasculaire et les hospitalisations liées à cette maladie.

Pour de plus amples renseignements, consulter la monographie de produit de Vyndaqel approuvée par Santé Canada et accessible par l'intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.

 

 

 

7.2 Motifs non cliniques de la décision

 

Des résultats clés non cliniques ont démontré que le tafamidis se lie sélectivement à deux sites de liaison à la thyroxine du tétramère, qui à son tour stabilise cinétiquement la TTR. Il est suggéré que la stabilisation de la TTR inhibe la dissociation du tétramère et la formation d'intermédiaires amyloïdogènes, l'étape limitant la vitesse de l'amyloïdogenèse de la TTR. Ainsi, le marqueur pharmacodynamique utilisé dans le programme non clinique était la stabilisation de la TTR. Le tafamidis a démontré la stabilisation de la TTR de 40 génotypes de la TTR amyloïdogènes.

Le programme pharmacologique d'innocuité a révélé que le tafamidis méglumine n'était pas susceptible de provoquer des effets indésirables biologiquement significatifs sur les systèmes cardiovasculaire, respiratoire ou nerveux central à des doses cliniques.

Le profil pharmacocinétique du tafamidis chez la souris, le rat, le chien et le lapin a démontré que le tafamidis est un composé bien perméable, avec une absorption complète et une biodisponibilité orale élevée chez le rat et le chien. Après administration orale chez le chien, la concentration plasmatique maximale a été atteinte en 2 à 5 heures selon la dose. Le tafamidis est fortement lié aux protéines (97,1 % chez la souris, 99,0 % chez le rat, 99,1 % chez le chien et 99,2 % chez l'homme) dans le plasma. Sur la base de données non cliniques, il est suggéré que le tafamidis est métabolisé par glucuronidation avec une vitesse d'élimination lente et excrété par la bile. Le tafamidis s'élimine principalement par les excréments.

En ce qui concerne la toxicologie générale et la cancérogénicité, bien qu'il n'y ait pas eu de preuve de néoplasie, le foie et les reins étaient les organes cibles de la toxicité chez les différentes espèces testées. Des effets sur le foie ont été observés à des expositions d'environ ≥ 0,7 fois l'exposition humaine à la dose de 80 mg de tafamidis méglumine (la dose recommandée de Vyndaqel). Le tafamidis méglumine n'a pas montré de signes d'activité génotoxique dans l'étude in vivo du micronoyau chez le rat à la plus forte dose testée de 100 mg/kg ainsi que lors de tests in vitro pour l'induction de dommages chromosomiques.

Des preuves de toxicité pour le développement ont été trouvées chez les rats et les lapins. Chez les lapins, la mortalité embryofœtale et une incidence accrue de malformations ont été observées à des doses environ neuf fois supérieures à l'exposition humaine à 80 mg de tafamidis méglumine. Une incidence accrue des variations du squelette fœtal a été observée à des doses approximativement équivalentes à l'exposition humaine à 80 mg de tafamidis méglumine. Chez les rats, une diminution de la survie et du poids des petits a été observée à des doses environ ≥ 3,4 fois supérieures à dose équivalente l'exposition humaine à 80 mg de tafamidis méglumine. Chez les mâles, la diminution du poids des petits était associée à un retard de la maturation sexuelle (séparation préputiale). Des déficiences ont également été observées lors d'un test de labyrinthe aquatique pour l'apprentissage et la mémoire. Chez les rates gravides, le tafamidis radiomarqué était présent dans les tissus fœtaux et sécrété dans le lait des rates allaitantes, ce qui indique un transfert vers le placenta et le lait du composé d'essai.

Compte tenu de ces préoccupations en matière d'innocuité, Vyndaqel n'est pas recommandé pendant la grossesse et l'allaitement. Une contre‑indication pendant la grossesse serait justifiée si le médicament était destiné à être utilisé chez des femmes en âge de procréer. Cependant, dans la présente présentation, Vyndaqel est indiqué pour les patients atteints d'ATTR‑CM ayant un âge moyen de 75 ans et à prédominance masculine.

Les résultats des études non cliniques ainsi que les risques potentiels pour l'homme ont été inclus dans la monographie de produit de Vyndaqel. Compte tenu de l'utilisation prévue du Vyndaqel, il n'y a pas de problèmes pharmacologiques ou toxicologiques dans cette présentation qui empêchent l'autorisation du produit.

Pour de plus amples renseignements, consulter la monographie de produit de Vyndaqel approuvée par Santé Canada et accessible par l'intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.

 

 

7.3 Motifs d'ordre qualitatif

 

L'information soumise sur les caractéristiques chimiques et la fabrication de Vyndaqel montre que la substance médicamenteuse et le produit pharmaceutique peuvent être fabriqués de façon à répondre systématiquement aux spécifications approuvées. Des études appropriées au développement et à la validation ont été menées, et des contrôles adéquats sont en place pour les procédés commerciaux. Les modifications apportées au procédé de fabrication et à la formulation effectuées tout au long du développement du produit pharmaceutique ont été examinées et jugées acceptables. D'après les données sur la stabilité soumises, la durée de conservation proposée de 24 mois est jugée acceptable lorsque le produit est entreposé à la température ambiante (entre 15ºC et 25ºC).

On estime que les limites proposées concernant les impuretés liées au médicament ont été raisonnablement qualifiées, c'est‑à‑dire qu'elles se situent dans les limites établies par l'International Council for Harmonisation [l'ICH] et/ou qu'elles sont qualifiées à partir d'études toxicologiques.

Toutes les installations participant à la production sont conformes aux bonnes pratiques de fabrication.

Tous les ingrédients non médicinaux (décrits précédemment) présents dans le produit pharmaceutique sont autorisés en vertu du Règlement sur les aliments et drogues pour usage dans les médicaments.

Deux excipients sont d'origine animale. La gélatine est utilisée dans l'enveloppe de la capsule. Des lettres d'attestation confirmant que les matériaux ne proviennent pas d'un pays ou d'une région touchés par l'encéphalopathie spongiforme bovine et l'encéphalopathie spongiforme transmissible (ESB/EST) ont été fournies pour ce produit, indiquant qu'il est considéré comme sûr pour l'utilisation humaine. L'encre pourpre opacode contient un ingrédient (carmin) qui est dérivé des insectes; toutefois, les insectes ne sont pas impliqués dans l'ESB/EST.