Sommaire des motifs de décision portant sur Braftovi
Décisions d'examen
Le sommaire des motifs de décision explique les raisons pour lesquelles un produit a reçu une autorisation de vente au Canada. Le document comprend les considérations portant sur la réglementation, l’innocuité, l’efficacité et la qualité (sur le plan de la chimie et de la fabrication).
Type de produit:
- Ce document est une traduction française du document anglais approuvé.
Les sommaires des motifs de décision (SMD) présentent des renseignements sur l'autorisation initiale d'un produit. Le SMD portant sur Braftovi est accessible ci-dessous.
Activité récente relative à Braftovi
Les SMD relatifs aux médicaments éligibles (tels que décrits dans la Foire aux questions : Phase II du projet de sommaires des motifs de décision [SMD]) autorisés après le 1er septembre 2012 seront mis à jour afin d'inclure des renseignements sous forme de tableau des activités postautorisation (TAPA). Le TAPA comprendra de brefs résumés d'activités telles que les présentations de demandes de nouvelles utilisations, ainsi que les décisions de Santé Canada (positives ou négatives). Les TAPA seront mis à jour régulièrement en ce qui a trait aux activités postautorisation tout au long du cycle de vie du produit.
Le tableau suivant décrit les activités postautorisation menées à l’égard de Braftovi, un produit dont l’ingrédient médicinal est encorafénib. Pour en savoir plus sur le type de renseignements présentés dans les TAPA, veuillez consulter la Foire aux questions : Phase II du projet de sommaires des motifs de décision (SMD) et à la Liste des abréviations qui se trouvent dans les Tableaux des activités postautorisation (TAPA).
Pour de plus amples renseignements sur le processus de présentation de drogues, consultez la Ligne Directrice : Gestion des présentations et des demandes de drogues.
Mise à jour : 2025-01-28
Identification numérique de drogue (DIN) :
DIN 02513099 – capsule de 75 mg d’encorafénib, administration orale
Tableau des activités postautorisation (TAPA)
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Type et numéro d’activité ou de présentation |
Date de présentation |
Décision et date |
Sommaire des activités |
| Nouvel examen de l’innocuité et l’efficacité | Sans objet | Débuté entre 2024-11-01 et 2024-11-30 | Santé Canada a débuté un nouvel examen de l’innocuité et de l’efficacité pour Braftovi lié aux effets indésirables cutanés (de la peau) graves (SCAR). |
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SPDN Nº 276870 |
2023-07-04 |
Délivrance d’un AC 2024-02-23 |
Présentation déposée en tant que Niveau I – Supplément pour mettre à jour la MP avec les données de l’étude ARRAY-818-103. La présentation a été examinée et est considérée acceptable. À cause du SPDN, des modifications ont été effectuées à la section Interactions médicamenteuses de la MP. Des modifications correspondantes ont été effectuées à la partie III intitulée Renseignements pour les patients sur les médicaments et à l’encart d’accompagnement. Un AC a été délivré. |
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SPDN Nº 258894 |
2021-11-19 |
Délivrance d’un AC 2022-04-08 |
Présentation déposée en tant que Niveau II – Supplément (innocuité) pour mettre à jour la MP en ajoutant de nouveaux renseignements sur l'innocuité, et la faire passer au format 2020. La présentation a été examinée et est considérée acceptable. À cause du SPDN, des modifications ont été effectuées à la section Interactions médicamenteuses de la MP. Un AC a été délivré. |
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Avis de mise en marché d’un produit médicamenteux (DIN 02513099) |
Sans objet |
Date de la première vente 2021-07-05 |
Le fabricant a informé Santé Canada de la date de la première vente conformément à la disposition C.01.014.3 du Règlement sur les aliments et drogues. |
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PDN Nº238571 |
2020-04-17 |
Délivrance d’un AC 2021-03-30 |
Présentation déposée pour une nouvelle indication. L'indication autorisée était : Braftovi (encorafénib) est indiqué, en association avec le cétuximab, pour le traitement des patients atteints d’un cancer colorectal (CCR) métastatique porteur d’une mutation V600E du gène BRAF, objectivée par une épreuve validée, après un traitement antérieur. La présentation a été examinée et est considérée acceptable. Un AC a été délivré. |
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PDN Nº 237413 |
2020-03-20 |
Délivrance d’un AC 2021-03-02 |
Délivrance d’un AC relatif à une Présentation de drogue nouvelle. |
Sommaire des motifs de décision (SMD) portant sur Braftovi
SMD émis le : 2021-06-08
L'information suivante concerne la Présentation de drogue nouvelle pour Braftovi.
Encorafénib
Identification(s) numérique(s) de drogue(s):
- DIN 02513099 – capsule de 75 mg d’encorafénib, administration orale
Pfizer Canada ULC
Présentation de drogue nouvelle, numéro de contrôle : 237413
Le 2 mars 2021, Santé Canada a émis à l’intention de Pfizer Canada ULC un avis de conformité pour le produit pharmaceutique Braftovi.
L’autorisation de mise en marché s’appuie sur l’information portant sur la qualité (chimie et fabrication), ainsi que les études non cliniques (pharmacologie et toxicologie) et cliniques (pharmacologie, innocuité et efficacité) présentées. D’après l'évaluation des données reçues effectuée par Santé Canada, le profil avantages-effets nocifs-incertitudes de Braftovi, en association avec le binimétinib, est favorable pour le traitement des patients atteints d’un mélanome non résécable ou métastatique porteur d’une mutation V600 du gène BRAF objectivée par une épreuve validée.
1 Sur quoi l'autorisation porte-t-elle?
Braftovi (encorafénib) est un inhibiteur de la protéine kinase. Il a été autorisé pour utilisation en association avec un autre inhibiteur de la protéine kinase, le binimétinib, pour le traitement des patients atteints d’un mélanome non résécable ou métastatique porteur d’une mutation V600 du gène BRAF objectivée par une épreuve validée.
Les données cliniques appuyant l’utilisation de Braftovi pour le traitement des patients porteurs d’une mutation V600 du gène BRAF sont limitées aux patients porteurs de mutations V600E ou V600K.
L’innocuité et l’efficacité de Braftovi n’ont pas été établies chez les patients pédiatriques (âgés de moins de 18 ans). Par conséquent, Santé Canada n’a pas autorisé d’indication pour une utilisation chez des patients pédiatriques.
On n’a pas observé de différence globale dans l’innocuité ou l’efficacité de Braftovi administré en association avec le binimétinib chez les patients âgés de plus de 65 ans comparativement aux patients plus jeunes.
Braftovi est contre-indiqué chez les patients qui présentent une hypersensibilité à ce médicament ou à tout autre ingrédient dans la formulation, y compris à tout ingrédient non médicinal ou à tout composant du contenant.
Braftovi a été autorisé selon les conditions d’utilisation décrites dans sa monographie de produit, en tenant compte des risques potentiels associés à l’administration du médicament.
Braftovi (75 mg d’encorafénib) se présente sous forme de capsule. En plus de l’ingrédient médicinal, la capsule contient du dioxyde de silicium colloïdal, du copovidone, du crospovidone, du tétraoxyde de trifer, de la gélatine, de l’oxyde de fer rouge, de l’oxyde de fer jaune, du stéarate de magnésium d’origine végétale, de la cellulose microcristalline, du glaçage pharmaceutique, du poloxamère 188, du propylène glycol, de l’acide succinique et du dioxyde de titane.
Pour de plus amples renseignements, veuillez consulter les sections Motifs d’ordre clinique, non clinique et qualitatif (caractéristiques chimiques et de fabrication).
Pour obtenir des renseignements supplémentaires, consulter également la monographie de produit de Braftovi approuvée par Santé Canada et accessible par l’intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.
2 Pourquoi Braftovi a-t-il été autorisé?
Santé Canada estime que Braftovi, en association avec le binimétinib, a un profil avantages-effets nocifs-incertitudes favorable pour le traitement des patients atteints d’un mélanome non résécable ou métastatique porteur d’une mutation V600 du gène BRAF objectivée par une épreuve validée.
Les données cliniques appuyant l’utilisation de Braftovi pour le traitement des patients porteurs d’une mutation V600 du gène BRAF sont limitées aux patients porteurs de mutations V600E ou V600K.
Le mélanome est la forme la plus mortelle de cancer de la peau en raison de sa propension à se métastaser dans les organes vitaux, y compris le cerveau, les poumons, le foie et d’autres organes viscéraux. L’exposition à la lumière ultraviolette, y compris les antécédents de coups de soleil graves et l’exposition au bronzage intérieur sont parmi les facteurs de risque du mélanome. Les personnes de race blanche sont plus exposées au risque de développer un mélanome que les autres populations. Selon la Société canadienne du cancer, environ 8 200 Canadiens recevront un diagnostic de mélanome en 2021. On estime que plus de 1 000 Canadiens meurent chaque année du mélanome.
Environ 50 % des patients atteints d’un mélanome métastatique ont des mutations du gène BRAF (proto-oncogène B-Raf, sérine/théonine kinase). Plus de 95 % de ces mutations sont dans l’exon 15 du gène BRAF de la mutation V600 (l’acide aminé valine à la position 600). Les mutations V600 les plus courantes sont les mutations V600E et V600K, qui représentent respectivement de 66 % à 91 % et de 7 % à 30 % de toutes les mutations V600 du gène BRAF. Ces mutations mènent à l’activation constitutive de la protéine BRAF et à la transduction du signal en aval dans la voie de signalisation intracellulaire de la protéine kinase activée par les mitogènes (MAPK) (également appelée voie de signalisation RAS/RAF/MEK/ERK), favorisant la prolifération et la survie des cellules cancéreuses. Dans une étude prospective menée auprès de 197 patients atteints d’un mélanome métastatique, les mutations du gène BRAF ont été associées à des caractéristiques de mélanome à risque élevé, y compris la région troncale de la tumeur primaire, l’âge à l’apparition des premiers symptômes, l’absence de lésions cutanées chroniques et la survie raccourcie. Les options de traitement actuelles pour les patients atteints d’un mélanome avancé présentant une mutation V600 du gène BRAF comprennent des inhibiteurs du point de contrôle immunitaire et des combinaisons d’inhibiteurs de BRAF et de MEK.
L’encorafénib, l’ingrédient médicinal dans Braftovi, est un inhibiteur de la kinase qui cible plusieurs formes de mutation de la kinase BRAF (V600E, V600D et V600K) au cours des épreuves cellulaires in vitro.
L’efficacité et l’innocuité cliniques de Braftovi en association avec le binimétinib (un inhibiteur de MEK) ont été appuyées par des données dérivées d’une étude pivot de phase III randomisée, contrôlée activement et ouverte (étude COLUMBUS), effectuée chez des patients atteints d’un mélanome non résécable ou métastatique porteur d’une mutation V600E ou V600K du gène BRAF. Les patients ont été répartis aléatoirement selon un ratio de 1:1:1 pour recevoir soit 450 mg de Braftovi une fois par jour en association avec 45 mg de binimétinib deux fois par jour (groupe traité au moyen de Combo 450), avec 300 mg de Braftovi une fois par jour (groupe traité au moyen de l’encorafénib) ou avec 960 mg de vemurafénib deux fois par jour (groupe de traitement au moyen de vemurafénib). Le traitement a continué jusqu’à la progression de la maladie ou jusqu’à ce qu’une toxicité inacceptable se produise.
Le principal paramètre d’efficacité était la survie sans progression, comme évaluée par un examen central indépendant à l’aveugle, pour les patients traités au moyen de Braftovi en association avec le binimétinib comparativement aux patients traités à l’aide du vemurafénib. On a observé une amélioration statistiquement et cliniquement importante de la survie sans progression chez les patients traités au moyen de Combo 450 comparativement aux patients traités à l’aide du vemurafénib. Les temps de survie médians sans progression étaient de 14,9 mois (intervalle de confiance à 95 % [IC] : 11,0, 18,5) chez les patients traités au moyen de Combo 450 et de 7,3 mois (IC à 95 % : 5,6, 8,2) chez les patients traités à l’aide du vemurafénib, ce qui correspondait à un rapport de risque de 0,54 (IC à 95 % : 0,41, 0,71; log-rangs stratifié à un côté p < 0,001).
Les paramètres d’efficacité secondaires, y compris le taux de réponse objective, la durée de la réponse et la survie globale, même s’ils n’ont pas été mis à l’essai au cours de la stratégie d’analyse hiérarchique précisée par le protocole, appuyaient un avantage clinique du traitement Combo 450 comparativement au traitement à l’aide du vemurafénib.
Les données d’innocuité présentées provenant de l’étude de Columbus, fondées sur une durée médiane de traitement de 51,2 semaines pour le groupe traité au moyen du Combo 450 et de 27,1 semaines pour le groupe traité à l’aide du vemurafénib, étaient conformes aux données précédemment présentées pour les patients traités avec d’autres combinaisons d’inhibiteurs de MEK et de BRAF.
Chez les patients qui ont reçu Braftovi en association avec le binimétinib, les réactions indésirables les plus courantes (observées chez au moins 20 % des patients) étaient la fatigue, les nausées, la diarrhée, les vomissements, la constipation, les douleurs abdominales, les maux de tête, les éruptions cutanées, l’hyperkératose, l’augmentation des taux de créatinine kinase sanguine, l’arthralgie, la myopathie et les troubles visuels.
Un encadré « Mises en garde et précautions importantes » a été inclus dans la monographie de produit de Braftovi afin de mettre en évidence les réactions indésirables de médication importantes suivantes déterminées comme étant provoquées par Braftovi : nouvelles tumeurs malignes cutanées primaires, hémorragies graves, uvéite, thromboembolie veineuse et prolongation de l’intervalle QT.
Pfizer Canada ULC a présenté à Santé Canada un plan de gestion des risques (PGR) relativement à Braftovi. Après examen, ce PGR a été jugé acceptable. Le PGR est destiné à décrire les problèmes d’innocuité connus ou possibles, à présenter le plan de surveillance prévu et, le cas échéant, à décrire les mesures qui seront mises en place pour réduire les risques liés au produit.
Les étiquettes interne et externe, la notice d’accompagnement et la section des renseignements pour les patients sur les médicaments de la monographie de produit de Braftovi qui ont été présentées répondent aux exigences réglementaires relatives à l’étiquetage, à l’utilisation d’un langage clair et aux éléments de conception.
Un examen de l’évaluation de la marque présentée, y compris des évaluations des attributs nominatifs à présentation et à consonance semblables, a été effectué et le nom proposé de Braftovi a été accepté.
Dans l’ensemble, le profil d’innocuité de Braftovi en association avec le binimétinib est considéré comme acceptable pour la population de patients ciblée. Les problèmes d’innocuité relevés peuvent être gérés à l’aide de l’étiquetage et d’une surveillance adéquate. La monographie de produit de Braftovi comporte des mises en garde et des précautions appropriées pour répondre aux préoccupations d’innocuité identifiées.
Cette présentation de drogue nouvelle répond aux exigences des articles C.08.002 et C.08.005.1; par conséquent, Santé Canada a émis l’avis de conformité prévu à l’article C.08.004 du Règlement sur les aliments et drogues. Pour de plus amples renseignements, veuillez consulter les sections Motifs d’ordre clinique, non clinique et qualitatif (caractéristiques chimiques et de fabrication).
3 Quelles sont les étapes qui ont mené à l'autorisation de Braftovi?
Étapes importantes de la présentation: Braftovi
| Étape importante de la présentation | Date |
|---|---|
| Dépôt de la présentation | 2020-03-20 |
| Examen préliminaire | |
| Lettre d’acceptation à l’issue de l’examen préliminaire | 2020-05-07 |
| Examen | |
| Évaluation du plan de gestion des risques terminée | 2021-01-06 |
| Évaluation biopharmaceutique terminée | 2021-01-19 |
| Examen de l’étiquetage terminé | 2021-02-08 |
| Évaluation de la qualité terminée | 2021-02-18 |
| Évaluation non clinique terminée | 2021-02-24 |
| Évaluation clinique/médicale terminée | 2021-03-01 |
| Délivrance de l’Avis de conformité par le directeur général, Direction des produits thérapeutiques | 2021-03-02 |
La décision réglementaire canadienne portant sur l’examen clinique et non clinique de Braftovi est fondée sur une évaluation critique du dossier soumis à Santé Canada. Les examens effectués à l’étranger par l’Agence européenne des médicaments (EMA) et par la Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis ont servi de références supplémentaires.
Pour de plus amples renseignements sur le processus de présentation de drogue, consulter la Ligne directrice de l’industrie : gestion des présentations de drogues et demandes.
4 Quelles mesures de suivi le promoteur prendra-t-il?
Les exigences en matière d’activités post-commercialisation sont décrites dans la Loi sur les aliments et drogues et le Règlement connexe.
6 Quels sont les autres renseignements disponibles à propos des médicaments?
Pour obtenir des renseignements à jour sur les produits pharmaceutiques, veuillez suivre les liens suivants :
- Consulter MedEffet Canada pour connaître les derniers avis, mises en garde et retraits concernant les produits commercialisés.
- Voir la Base de données des avis de conformité (AC) pour accéder à la liste des dates d’autorisation de tous les médicaments ayant reçu un AC depuis 1994.
- Consulter la Base de données sur les produits pharmaceutiques (BDPP) pour obtenir la dernière monographie de produit. La BDPP contient des renseignements précis sur les médicaments dont l’utilisation a été approuvée au Canada.
- Voir l’Avis de conformité avec conditions (AC-C) et les documents connexes pour les produits ayant reçu un AC en vertu de la Ligne directrice sur les avis de conformité avec conditions (AC-C), le cas échéant. En cliquant sur les liens correspondant au nom du produit (selon le cas), vous pouvez accéder à la fiche de renseignements, partie III – Renseignements pour les patients sur les médicaments, à l’avis d’admissibilité, et/ou à la « Lettre aux professionnels de santé ».
- Consulter le Registre des brevets pour obtenir la liste des brevets déposés relativement à des ingrédients médicinaux, le cas échéant.
- Consulter le Registre des drogues innovantes pour obtenir la liste des drogues admissibles à la protection des données en vertu de l’article C.08.004.1 du Règlement sur les aliments et drogues, le cas échéant.
7 Quelle est la justification scientifique sur laquelle s'est fondé Santé Canada?
7.1 Motifs cliniques de la décision
Pharmacologie clinique
On a étudié la pharmacocinétique de l’encorafénib, l’ingrédient médicinal de Braftovi, chez des patients en bonne santé et des patients atteints de tumeurs solides.
Après l’administration d’une dose unique d’encorafénib, l’exposition systémique (mesurée par la concentration plasmatique maximale observée [Cmax] et la surface sous la courbe de concentration en fonction du temps [SSC]) était proportionnelle à la dose sur l’intervalle posologique de 50 mg à 700 mg.
Après une dose quotidienne d’encorafénib en association au binimétinib 45 mg deux fois par jour, l’exposition systémique de l’encorafénib était moins que proportionnelle à la dose dans l’intervalle posologique de 50 mg à 800 mg. On a atteint l’état stationnaire dans les 15 jours avec une exposition de 50 % inférieure à celle du premier jour. La variabilité entre les participants (coefficient de variation en pourcentage [CV %]) de la SSC allait de 12 % à 69 %. L’apport alimentaire concomitant n’a pas d’effet pertinent du point de vue clinique sur l’exposition à l’encorafénib.
L’encorafénib est éliminé principalement par le métabolisme induit par le cytochrome P450 (CYP) 3A4. Une étude clinique spécialisée indique une exposition totale de 25 % plus élevée à l’encorafénib chez les patients atteints d’insuffisance hépatique légère comparativement aux patients ayant une fonction hépatique normale. Cela se traduit par une augmentation de 55 % de l’exposition libre à l’encorafénib. Par conséquent, une réduction de la dose initiale de Braftovi à 300 mg une fois par jour est recommandée pour les patients atteints d’insuffisance hépatique légère. Les propriétés pharmacocinétiques de l’encorafénib n’ont pas été étudiées chez les patients atteints d’insuffisance hépatique modérée ou grave.
D’après les analyses pharmacocinétiques de la population, l’âge (de 19 à 94 ans), le sexe, le poids corporel (de 42 à 168 kg) et l’insuffisance rénale légère à modérée (taux de filtration glomérulaire estimé [TFGe] de 30 à 90 ml/min/1,73 m2) n’ont aucun effet cliniquement significatif sur la pharmacocinétique de l’encorafénib. On n’a pas examiné l’effet d’une insuffisance rénale grave (TFGe < 30 ml/min/1,73 m2) sur les propriétés pharmacocinétiques de l’encorafénib.
L’encorafénib prolonge l’intervalle QT corrigé (QTc) d’une manière dépendante de la dose. D’après une analyse de la tendance centrale de QTc au cours d’une étude sur des patients adultes atteints de mélanome, la plus grande variation moyenne (intervalle de confiance à 90 % [IC]) par rapport au niveau de référence de l’intervalle QT corrigé par la formule Fridericia (ΔQTcF) est de 18 ms (14 à 22 ms) après l’administration de la dose recommandée de 450 mg d’encorafénib une fois par jour en association avec 45 mg de binimétinib deux fois par jour.
Chez les patients atteints de mélanome avancé, la dose maximale tolérée pour l’encorafénib lorsqu’elle est utilisée seule est de 300 mg une fois par jour. Lorsque l’encorafénib est utilisé en association avec le binimétinib 45 mg deux fois par jour, la dose maximale tolérée est de 450 mg une fois par jour. On n’a observé aucune interaction pharmacocinétique apparente entre l’encorafénib et le binimétinib. L’ajout de binimétinib peut réduire les toxicités de l’encorafénib en bloquant l’activation paradoxale de la voie de signalisation intracellulaire de la protéine kinase activée par les mitogènes (MAPK) induite par l’encorafénib.
Le promoteur a proposé un schéma de réduction de la dose pour Braftovi en cas de réactions indésirables (de 450 mg à 300 mg ou de 300 mg à 225 mg) qui pourraient être atteint avec une dose unique de 75 mg, ce qui a éliminé la nécessité d’une dose de 50 mg (cette dernière a été abandonnée). La dose la plus faible dans le schéma proposé (225 mg) est supérieure à la dose de 200 mg qui a été permise au cours de l’étude clinique pivot. Les analyses pharmacocinétiques de la population indiquent que la différence moyenne prévue dans les expositions à l’encorafénib (environ 12,5 %) entre les doses réduites de 225 mg et de 200 mg se situe dans la variabilité intra-patient et inter-patient observée. La modélisation de l’exposition et de la réponse ne suggère pas non plus de différences importantes dans les prédictions d’efficacité et d’innocuité entre les deux doses, avec un chevauchement important des valeurs prédites de l’IC à 95 %.
Dans l’ensemble, les données de pharmacologie clinique appuient l’utilisation prévue de l’encorafénib en association avec le binimétinib pour l’indication précisée.
Pour obtenir des renseignements supplémentaires, consulter la monographie de produit de Braftovi approuvée par Santé Canada et accessible par l’intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.
Efficacité clinique
L’efficacité clinique de Braftovi en association avec le binimétinib a été évaluée au cours d’une étude pivot de phase III randomisée, contrôlée activement et ouverte (étude COLUMBUS), effectuée chez des patients atteints d’un mélanome non résécable ou métastatique porteur d’une mutation V600E ou V600K du gène BRAF. Les patients inscrits ont été autorisés à recevoir une immunothérapie en situation adjuvante et une gamme antérieure d’immunothérapie pour une maladie non résécable localement avancée ou métastatique. L’utilisation préalable d’inhibiteurs de BRAF ou d’inhibiteurs de MEK n’était pas autorisée. Les patients ont été répartis aléatoirement (1:1:1) pour recevoir soit 450 mg de Braftovi deux fois par jour en association avec 45 mg de binimétinib une fois par jour (groupe traité au moyen de Combo 450), avec 300 mg de Braftovi une fois par jour (groupe traité au moyen de l’encorafénib) ou avec 960 mg de vemurafénib deux fois par jour (groupe de traitement au moyen de vemurafénib). Le traitement a continué jusqu’à la progression de la maladie ou jusqu’à ce qu’une toxicité inacceptable se produise.
Le principal paramètre d’efficacité était la survie sans progression, comme évaluée par un examen central indépendant à l’aveugle, pour les patients traités au moyen de Braftovi en association avec le binimétinib comparativement aux patients traités à l’aide du vemurafénib. Les autres mesures d’efficacité comprenaient la survie globale, le taux de réponse objective et la durée de la réponse, qui ont également été évalués par un examen central indépendant à l’aveugle.
L’étude a démontré une amélioration statistiquement et cliniquement importante de la survie sans progression chez les patients traités au moyen de Combo 450 comparativement aux patients traités à l’aide du vemurafénib. Les temps de survie médians sans progression étaient de 14,9 mois (intervalle de confiance à 95 % [IC] : 11,0, 18,5) chez les patients traités au moyen de Combo 450 et de 7,3 mois (IC à 95 % : 5,6, 8,2) chez les patients traités à l’aide du vemurafénib, ce qui correspondait à un rapport de risque (RR) de 0,54 (IC à 95 % : 0,41, 0,71; log-rank stratifié à un côté p < 0,001).
Le taux de réponse objective confirmé par un examen central était de 63,0 % (IC à 95 % : 55,8 %, 69,9 %) dans le groupe de traitement du Combo 450, comparativement à 40,3 % (IC à 95 % : 33,3 %, 47,6 %) dans le groupe de traitement du vemurafénib.
Les réponses étaient durables, avec une durée médiane de réponse confirmée par examen central de 16,6 mois (IC à 95 % : 12,2, 20,4) chez les patients traités au moyen de Combo 450 et de 12,3 mois (IC à 95 % : 6,9, 16,9) chez les patients traités à l’aide du vemurafénib.
Dans une analyse provisoire du paramètre de survie globale, effectuée conformément au protocole d’étude lorsqu’on a observé 232 événements dans les groupes traités au moyen du Combo 450 et du vemurafénib combinés, les données sur la survie globale ont été analysées de façon descriptive sans analyse de l’importance statistique officielle, en raison des règles d’analyse hiérarchique précisées par le protocole. On a observé une réduction estimée de 39 % du risque de décès chez les patients répartis aléatoirement dans le groupe traité au moyen du Combo 450 comparativement à ceux répartis aléatoirement dans le groupe traité à l’aide du vemurafénib (RR = 0,61; IC à 95 % : 0,47, 0,79), avec une survie globale médiane (IC à 95 %) de 33,6 mois (24,4, 39,2) et de 16,9 mois (14,0, 24,5), respectivement.
Indication
La Présentation de drogue nouvelle relative à Braftovi a été initialement déposée par le promoteur pour l’indication suivante :
Braftovi (encorafénib), en association avec le binimétinib, est indiqué pour le traitement des patients atteints d’un mélanome non résécable ou métastatique porteur d’une mutation V600 du gène BRAF.
Après examen des données présentées, Santé Canada a révisé l’indication proposée pour : i) faire référence à une analyse validée de détection des mutations V600 du gène BRAF et ii) inclure une mise en garde tenant compte de la population de patients étudiée. Par conséquent, Santé Canada a approuvé l’indication suivante :
Braftovi, en association avec le binimétinib, est indiqué pour le traitement des patients atteints d’un mélanome non résécable ou métastatique porteur d’une mutation V600 du gène BRAF objectivée par une épreuve validée.
Les données cliniques appuyant l’utilisation de Braftovi pour le traitement des patients porteurs d’une mutation V600 du gène BRAF sont limitées aux patients porteurs de mutations V600E ou V600K.
Pour de plus amples renseignements, consulter la monographie de produit de Braftovi approuvée par Santé Canada et accessible par l’intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.
Innocuité clinique
L’évaluation de l’innocuité de Braftovi en association avec le binimétinib est fondée principalement sur des données provenant de 192 patients atteints d’un mélanome non résécable ou métastatique porteur d’une mutation V600 du gène BRAF qui ont été traités avec Braftovi (450 mg une fois par jour) en association avec le binimétinib (45 mg deux fois par jour) au cours de l’étude randomisée, ouverte et contrôlée activement COLUMBUS (décrite dans la section Efficacité clinique). En fonction d’une durée médiane de traitement de 51,2 semaines, les données sur l’innocuité étaient conformes aux données précédemment présentées pour les patients traités avec d’autres combinaisons d’inhibiteurs de MEK et de BRAF.
Chez les patients qui ont reçu Braftovi en association avec le binimétinib, les réactions indésirables les plus courantes (observées chez au moins 20 % des patients) étaient la fatigue, les nausées, la diarrhée, les vomissements, la constipation, les douleurs abdominales, les maux de tête, les éruptions cutanées, l’hyperkératose, l’augmentation des taux de créatinine kinase sanguine, l’arthralgie, la myopathie et les troubles visuels.
Les toxicités importantes détectées associées à Braftovi comprennent les nouvelles tumeurs malignes cutanées primaires, les hémorragies graves, l’uvéite, la thromboembolie veineuse et la prolongation de l’intervalle QT.
Moins de patients recevant Braftovi en association avec le binimétinib (57,8 %) ont connu des événements indésirables de niveau 3/4 comparativement aux patients recevant le vemurafénib (63,4 %).
Une proportion légèrement plus élevée de patients du groupe traité à l’aide du vemurafénib (37,1 %) ont connu au moins un événement indésirable grave comparativement au groupe traité au moyen de Braftovi en association avec le binimétinib (34,4 %). Les événements indésirables graves les plus souvent signalés dans le groupe traité au moyen de Braftovi en association avec le binimétinib étaient la pyrexie, les douleurs abdominales, l’anémie, les lésions rénales aiguës, l’hémorragie cérébrale, la détérioration générale de la santé physique, la pneumonie, l’embolie pulmonaire et les vomissements.
Des réactions indésirables menant à des interruptions de dose de Braftovi se sont produites chez 30 % des patients recevant Braftovi en association avec le binimétinib. Les interruptions de dose étaient le plus souvent dues aux nausées (7 %), aux vomissements (7 %) et à la pyrexie (4 %).
Des réactions indésirables nécessitant des réductions de dose de Braftovi se sont produits chez 14 % des patients recevant Braftovi en association avec le binimétinib. Les réactions indésirables les plus courantes qui ont entraîné une réduction de la dose ont été l’arthralgie (2 %), la fatigue (2 %) et les nausées (2 %).
Les réactions indésirables ont mené à l’interruption permanente de Braftovi chez 5 % des patients recevant Braftovi en association avec le binimétinib. Les hémorragies (2 %) et les maux de tête (1 %) étaient les réactions indésirables les plus courantes qui ont résulté en l’interruption permanente de Braftovi.
Des mises en garde et des mesures de précaution appropriées, y compris des recommandations pour des modifications de la dose, sont en place dans la monographie de produit de Braftovi pour répondre aux préoccupations en matière d’innocuité. Un encadré « Mises en garde et précautions importantes » met en évidence les réactions indésirables importantes suivantes déterminées comme étant provoquées par Braftovi : nouvelles tumeurs malignes cutanées primaires, hémorragies graves, uvéite, thromboembolie veineuse et prolongation de l’intervalle QT.
Pour de plus amples renseignements, consulter la monographie de produit de Braftovi approuvée par Santé Canada et accessible par l’intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.
7.2 Motifs non cliniques de la décision
L’encorafénib est un inhibiteur de la kinase qui cible BRAF V600E, ainsi que les protéines de type sauvage BRAF et CRAF dans des essais acellulaires in vitro avec des valeurs de concentration inhibitrice de 50 % (IC50) de 0,35 nM, 0,47 nM et 0,3 nM, respectivement. Les mutations dans le gène BRAF, comme la mutation V600E du gène BRAF, peuvent résulter en des kinases BRAF activées constitutivement qui peuvent stimuler la croissance des cellules tumorales.
L’encorafénib a inhibé la croissance in vitro des lignées cellulaires tumorales exprimant les mutations V600E, V600D et V600K du gène BRAF.
In vivo, chez les souris sur lesquelles on a implanté des cellules tumorales exprimant la mutation V600E du gène BRAF, l’encorafénib a induit des régressions tumorales associées à la suppression de la voie de signalisation intracellulaire de la protéine kinase activée par les mitogènes (MAPK) (également appelée voie de signalisation RAS/RAF/MEK/ERK).
L’encorafénib (un inhibiteur de BRAF) et le binimétinib (un inhibiteur de MEK) ciblent deux protéines kinase distinctes de la voie de signalisation du RAS/RAF/MEK/ERK. Comparativement à l’un de ces deux médicaments lorsqu’il est administré seul, la combinaison de ces deux médicaments s’est traduite par une augmentation de l’activité antiproliférative in vitro à l’égard des lignées cellulaires porteuses d’une mutation du gène BRAF et par une augmentation de l’activité antitumorale dans des modèles in vivo de xénogreffe de mélanome humain porteur de la mutation V600E du gène BRAF. En outre, l’association de l’encorafénib et du binimétinib a retardé l’apparition d’une résistance chez les souris nues ayant reçu une xénogreffe de mélanome humain porteur de la mutation V600E du gène BRAF.
Dans les études de toxicité non clinique chez les rats, les résultats de toxicité comprenaient l’hyperplasie et l’hyperkératose dans la peau et dans les portions non glandulaires de l’estomac, la diminution du poids des testicules et de l’épididyme, la dégénérescence tubulaire dans les testicules et l’oligospermie dans les épididymes. Chez les singes, un résultat de toxicité notable était la rétinopathie sérique centrale.
On n’a mené aucune étude de carcinogénicité sur l’encorafénib. Dans les études de génotoxicité standard, l’encorafénib n’a pas présenté de génotoxicité.
On n’a mené aucune étude de fertilité spécialisée sur l’encorafénib. Cependant, étant donné les résultats de toxicité dans les organes reproducteurs mâles observés au cours des études toxicologiques à doses répétées chez les rats, l’encorafénib peut toucher la fertilité masculine.
Dans les études de toxicité reproductive, l’administration de l’encorafénib à des rates gestantes au cours de la période d’organogenèse a entraîné une toxicité pour la mère, une diminution des poids fœtaux et une augmentation de l’incidence des variations squelettiques totales à des doses de 20 mg/kg/jour (environ 26 fois l’exposition humaine obtenue à la dose clinique recommandée de 450 mg une fois par jour). Chez les lapines gestantes, l’administration de l’encorafénib pendant la période d’organogenèse a entraîné une toxicité maternelle, une diminution du poids corporel fœtal, une augmentation de l’incidence des variations squelettiques totales et une augmentation de la perte après implantation, y compris la perte totale de grossesse à des doses de 75 mg/kg/jour (environ 178 fois l’exposition humaine obtenue à la dose clinique recommandée de 450 mg une fois par jour). L’exposition à l’encorafénib dans le plasma fœtal des rats et des lapins atteignait respectivement 1,7 % et 0,8 % de l’exposition maternelle.
La monographie de produit de Braftovi présente les résultats des études non cliniques ainsi que les risques potentiels pour l’être humain. À la lumière de l’utilisation prévue de Braftovi, en association avec le binimétinib, la présentation n’indique aucun problème pharmacologique ou toxicologique qui empêcherait l’autorisation du produit.
Pour de plus amples renseignements, consulter la monographie de produit de Braftovi approuvée par Santé Canada et accessible par l’intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.
7.3 Motifs d'ordre qualitatif
L’information soumise sur les caractéristiques chimiques et la fabrication de Braftovi montre que la substance médicamenteuse et le produit pharmaceutique peuvent être fabriqués de façon à répondre systématiquement aux spécifications approuvées. Des études appropriées au développement et à la validation ont été menées, et des contrôles adéquats sont en place pour les procédés commerciaux. Les modifications apportées au procédé de fabrication et à la formulation effectuées tout au long du développement du produit pharmaceutique ont été examinées et jugées acceptables. D’après les données sur la stabilité soumises, la durée de conservation proposée de 36 mois est jugée acceptable lorsque le produit est entreposé à la température ambiante (entre 15 ºC et 30 ºC).
On estime que les limites proposées concernant les impuretés liées au médicament ont été raisonnablement qualifiées (c’est-à-dire qu’elles se situent dans les limites établies par l’International Council for Harmonisation of Technical Requirements for Pharmaceuticals for Human Use).
Les installations participant à la production sont conformes aux bonnes pratiques de fabrication.
Tous les ingrédients non médicinaux (décrits précédemment) présents dans le produit pharmaceutique sont autorisés en vertu du Règlement sur les aliments et drogues pour usage dans les médicaments. La gélatine utilisée dans les capsules est d’origine animale. Des renseignements satisfaisants ont été fournis pour établir que cet excipient ne pose pas un risque de contamination par des agents d’encéphalopathie spongiforme transmissible.
Produits pharmaceutiques connexes
| Nom du produit | DIN | Entreprise | Ingrédient(s) actif(s) & concentration |
|---|---|---|---|
| BRAFTOVI | 02513099 | PFIZER CANADA ULC | Encorafenib 75 MG |