Sommaire des motifs de décision portant sur Sunosi

Décisions d'examen

Le sommaire des motifs de décision explique les raisons pour lesquelles un produit a reçu une autorisation de vente au Canada. Le document comprend les considérations portant sur la réglementation, l’innocuité, l’efficacité et la qualité (sur le plan de la chimie et de la fabrication).


Type de produit:

Médicament
  • Ce document est une traduction française du document anglais approuvé.

Les sommaires des motifs de décision (SMD) présentent des renseignements sur l'autorisation initiale d'un produit. Le SMD portant sur Sunosi est accessible ci-dessous.

Activité récente relative à Sunosi

Les SMD relatifs aux médicaments éligibles (tels que décrits dans la Foire aux questions : Phase II du projet de sommaires des motifs de décision [SMD]) autorisés après le 1er septembre 2012 seront mis à jour afin d'inclure des renseignements sous forme de tableau des activités postautorisation (TAPA). Le TAPA comprendra de brefs résumés d'activités telles que les présentations de demandes de nouvelles utilisations, ainsi que les décisions de Santé Canada (positives ou négatives). Les TAPA seront mis à jour régulièrement en ce qui a trait aux activités postautorisation tout au long du cycle de vie du produit.

Le tableau suivant décrit les activités postautorisation menées à l’égard de Sunosi, un produit dont l’ingrédient médicinal est solriamfétol. Pour en savoir plus sur le type de renseignements présentés dans les TAPA, veuillez consulter la Foire aux questions : Phase II du projet de sommaires des motifs de décision (SMD) et à la Liste des abréviations qui se trouvent dans les Tableaux des activités postautorisation (TAPA).

Pour de plus amples renseignements sur le processus de présentation de drogues, consultez la Ligne Directrice : Gestion des présentations et des demandes de drogues.

Mise à jour : 2025-06-27

Identification numérique de drogue (DIN) :

  • DIN 02515814 - 75 mg, solriamfétol, comprimé, voie d’administration orale
  • DIN 02515822 -150 mg, solriamfétol, comprimé, voie d’administration orale

Tableau des activités postautorisation (TAPA)

Type et numéro d’activité ou de présentation

Date de présentation

Décision et date

Sommaire des activités

SPDN Nº 281424

2023-11-23

Délivrance d’un AC 2024-06-21

Présentation déposée en tant que Niveau II – Supplément (innocuité) pour mettre à jour la MP en ajoutant de nouveaux renseignements sur l'innocuité. La présentation a été examinée et est considérée acceptable. À cause du SPDN, des modifications ont été effectuées aux sections suivantes de la MP : Mises en gardes et précautions et Pharmacologie clinique. Des modifications correspondantes ont été effectuées à la partie III intitulée Renseignements pour les patients sur les médicaments et à l’encart d’accompagnement. Un AC a été délivré.

Avis de mise en marché d’un produit médicamenteux (DINs 02515814, 02515822)

Sans objet

Date de la première vente : 2022-11-17

Le fabricant a informé Santé Canada de la date de la première vente conformément à la disposition C.01.014.3 du Règlement sur les aliments et drogues.

PDN Nº 266452

2022-07-26

Délivrance d’un AC 2022-08-25

Présentation déposée visait le transfert de la propriété du produit pharmaceutique de Jazz Pharmaceuticals Ireland Limited à Axsome Malta Ltd. Un avis de conformité a été délivré. 

Avis de mise en marché d’un produit médicamenteux (DINs 02515814, 02515822)

Sans objet

Date de la première vente : 2021-08-03

Le fabricant a informé Santé Canada de la date de la première vente conformément à la disposition C.01.014.3 du Règlement sur les aliments et drogues.

PDN Nº 237511

2020-03-30

Délivrance d’un AC 2021-05-13

Délivrance d’un AC relatif à une Présentation de drogue nouvelle.

Sommaire des motifs de décision (SMD) portant sur Sunosi

SMD émis le : 2021-09-10

L'information suivante concerne la Présentation de drogue nouvelle pour Sunosi.

Solriamfétol (sous forme de chlorhydrate de solriamfétol)

Identification(s) numérique(s) de drogue(s):

  • DIN 02515814 - 75 mg solriamfétol, comprimé, voie d'administration orale
  • DIN 02515822 - 150 mg solriamfétol, comprimé, voie d'administration orale

Jazz Pharmaceuticals Ireland Ltd.

Présentation de drogue nouvelle, numéro de contrôle : 237511

 

Le 13 mai, 2021, Santé Canada a émis à l’intention de Jazz Pharmaceuticals Ireland Limited un avis de conformité pour le produit pharmaceutique Sunosi.

L’autorisation de mise en marché s’appuie sur l’information portant sur la qualité (chimie et fabrication), ainsi que les études non cliniques (pharmacologie et toxicologie) et cliniques (pharmacologie, innocuité et efficacité) présentées. D’après  l’évaluation des données reçues effectuée par Santé Canada, le profil avantages-effets nocifs-incertitudes de Sunosi est considéré comme étant favorable pour :

  • le traitement de la somnolence diurne excessive (SDE) avec narcolepsie chez les patients adultes.
  • le traitement de la somnolence diurne excessive avec une apnée obstructive du sommeil (AOS) chez les patients adultes.

Sunosi n’est pas indiqué pour traiter l’obstruction sous-jacente des voies respiratoires chez les patients atteints d’AOS. Avant de commencer le traitement pour une somnolence excessive avec Sunosi, un effort maximal d’une durée adéquate devrait être fait, pour traiter l’obstruction sous-jacente des voies respiratoires avec un traitement primaire pour AOS (p. ex., avec une pression positive continue des voies respiratoires). Le traitement primaire de l’AOS pour l’obstruction sous-jacente des voies respiratoires devrait être maintenu pendant le traitement avec Sunosi. Sunosi n’est pas un substitut au traitement primaire de l’AOS.

1 Sur quoi l'autorisation porte-t-elle?

Sunosi, un psychoanaleptique, a été autorisé pour :

  • le traitement de la somnolence diurne excessive (SDE) avec narcolepsie chez les patients adultes.
  • le traitement de la somnolence diurne excessive avec une apnée obstructive du sommeil (AOS) chez les patients adultes.

Sunosi n’est pas indiqué pour traiter l’obstruction sous-jacente des voies respiratoires chez les patients atteints d’AOS. Avant de commencer le traitement pour une somnolence excessive avec Sunosi, un effort maximal d’une durée adéquate devrait être fait, pour traiter l’obstruction sous-jacente des voies respiratoires avec un traitement primaire pour l’AOS (p. ex., avec une pression positive continue des voies respiratoires). Le traitement primaire de l’AOS pour l’obstruction sous-jacente des voies respiratoires devrait être maintenu pendant le traitement avec Sunosi. Sunosi n’est pas un substitut au traitement primaire de l’AOS.

Sunosi n’est pas autorisé à être utilisé chez les patients pédiatriques (< 18 ans), car aucune donnée clinique sur l’innocuité ou l’efficacité n’est disponible pour cette population.

Il existe peu de données disponibles pour les patients gériatriques (≥ 65 ans). Les médecins qui choisissent de traiter des patients gériatriques avec Sunosi devraient envisager un traitement dans le contexte d’une plus grande fréquence de la fonction rénale réduite, d’autres maladies concomitantes et de traitements médicamenteux concomitants, ce qui peut nécessiter des ajustements de dose et une surveillance supplémentaire ou plus fréquente.

Sunosi est contre-indiqué chez les patients :

  • qui sont hypersensibles à ce médicament ou à tout ingrédient de la formulation, notamment tout ingrédient non médicinal, ou composant du contenant;
  • qui reçoivent un traitement concomitant avec des inhibiteurs de la monoamine-oxydase (IMAO) ou dans les 14 jours suivant la fin du traitement avec les IMAO, en raison du risque de crise hypertensive;
  • ayant fait un infarctus du myocarde au cours de la dernière année, ayant une angine de poitrine instable, de l’hypertension non contrôlée, des arythmies cardiaques graves et d’autres problèmes cardiaques graves;
  • qui ont une insuffisance rénale terminale.

Sunosi a été autorisé selon les conditions d’utilisation décrites dans sa monographie de produit, en tenant compte des risques potentiels associés à l’administration du médicament.

Sunosi (75 mg and 150 mg solriamfétol, sous forme de chlorhydrate de solriamfétol) est presenté en tant que comprimé. En plus de l’ingrédient médicinal, le comprimé contient également les ingrédients non médicinaux suivants : hydroxypropyl cellulose et stéarate de magnésium. Le revêtement du comprimé contient de l’oxyde de fer jaune, du polyéthylène glycol (Macrogol), de l’alcool polyvinylique, du talc et du dioxyde de titane.

Pour de plus amples renseignements, veuillez consulter les sections Motifs d’ordre clinique, non clinique et qualitatif (caractéristiques chimiques et de fabrication).

Pour obtenir des renseignements supplémentaires, consulter également la monographie de produit de Sunosi approuvée par Santé Canada et accessible par l’intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.

2 Pourquoi Sunosi a-t-il été autorisé?

Santé Canada estime que Sunosi a un profil avantages-effets nocifs-incertitudes favorables pour :

  • le traitement de la somnolence diurne excessive (SDE) avec narcolepsie chez les patients adultes
  • le traitement de la somnolence diurne excessive avec une apnée obstructive du sommeil (AOS) chez les patients adultes.

Sunosi n’est pas indiqué pour traiter l’obstruction sous-jacente des voies respiratoires chez les patients atteints d’AOS. Avant de commencer le traitement pour une somnolence excessive avec Sunosi, un effort maximal devrait être fait, pendant une période adéquate, pour traiter l’obstruction sous-jacente des voies respiratoires avec un traitement primaire de l’AOS (p. ex., avec une pression positive continue des voies respiratoires). Le traitement primaire de l’AOS pour l’obstruction sous-jacente des voies respiratoires devrait être maintenu pendant le traitement avec Sunosi. Sunosi n’est pas un substitut au traitement primaire de l’AOS.

La classification internationale des troubles du sommeil, 3e édition, 2014, définit la somnolence diurne excessive (SDE) comme étant « la difficulté de maintenir l’éveil et la vigilance pendant les épisodes majeurs de réveil de la journée, le sommeil se produisant involontairement ou à des moments inappropriés presque quotidiennement pendant au moins 3 mois ». Les personnes qui souffrent de SDE sont incapables de rester éveillées, alertes et fonctionnelles de façon optimale tout au long de la journée. Les estimations de la SDE dans la population générale sont de 10 % à 25 %, mais sont fortement dépendantes des mesures utilisées pour classifier la somnolence comme SDE. Il y a de nombreuses causes de la SDE, notamment l’insuffisance de sommeil, les médicaments et diverses affections neurologiques, psychiatriques et médicales. La narcolepsie et l’AOS font partie des troubles neurologiques et médicaux qui présentent la SDE comme symptôme prédominant.

La narcolepsie est un trouble neurologique chronique et débilitant qui affecte la capacité du cerveau à contrôler les cycles sommeil-éveil, qui est caractérisé principalement par des SDE avec ou sans cataplexie. La cataplexie est la perte soudaine transitoire du tonus musculaire (allant de secondes à 3-5 minutes) due à la faiblesse ou à la paralysie, généralement en réponse à des émotions fortes comme le rire, la surprise, la colère, la peur ou l’anticipation d’une récompense. C’est une maladie rare, avec une prévalence estimée de 0,03 % à 0,056 % (3,1 à 5,6 pour 10 000 personnes) aux États-Unis. La narcolepsie survient généralement au cours de l’enfance ou de l’adolescence/jeune âge adulte et est aussi fréquente chez les hommes que chez les femmes. La somnolence diurne excessive est généralement le premier symptôme de narcolepsie à se manifester; c’est le symptôme le plus important et le plus souvent signalé et, souvent, le symptôme le plus invalidant. La cataplexie est le symptôme le plus spécifique de la maladie. La narcolepsie a un lourd fardeau clinique parce que la SDE est associée à des somnolences à des moments où une personne devrait être éveillée, ainsi qu’à de la fatigue, des troubles neurocognitifs, des changements d’humeur, un déficit d’attention et des temps de réaction lents. Toutes ces déficiences peuvent avoir une incidence sur le rendement scolaire et professionnel, les relations, la santé mentale et la qualité de vie.

Il n’y a pas de remède contre la narcolepsie, et la SDE associée à la narcolepsie est gérée par des interventions non pharmacologiques et pharmacologiques. Les interventions non pharmacologiques comprennent un horaire de sommeil nocturne régulier, des siestes diurnes planifiées et un soutien psychosocial. Au Canada, les traitements pharmacologiques qui sont indiqués pour les patients atteints de narcolepsie sont les médicaments stimulants du système nerveux central, y compris le méthylphénidate (Ritaline) et la dextroamphétamine (Dexedrine), qui sont indiqués pour traiter la narcolepsie, ou le modafinil (Alertec), qui est indiqué spécifiquement pour traiter la SDE associée à la narcolepsie. Parmi ces médicaments, le modafinil est considéré comme étant un premier choix de traitement parce qu’il est généralement bien toléré et peut avoir moins d’effets sympathomimétiques que d’autres médicaments stimulants, qui peuvent causer de l’hypertension et des événements cardiovasculaires graves (p. ex., un infarctus du myocarde, un AVC). De plus, le modafinil est considéré comme ayant moins de potentiel d’abus que les autres drogues stimulantes. La cataplexie est gérée avec d’autres médicaments comme l’oxybate de sodium (Xyrem), qui est indiqué au Canada pour le traitement de la cataplexie chez les patients atteints de narcolepsie.

L’apnée obstructive du sommeil est caractérisée par des épisodes répétitifs d’obstruction complète (apnée) ou partielle (hypopnée) des voies respiratoires supérieures qui se produisent pendant le sommeil, ce qui entraîne souvent une réduction de la saturation en oxygène du sang et finissent par de brefs réveils du sommeil. Les événements d’apnée/hypopnée de l’AOS sont causés par un mauvais tonus musculaire de la langue et/ou des muscles dilatateurs des voies respiratoires supérieures, ce qui entraîne des réveils répétés suite à une obstruction partielle ou complète des voies respiratoires supérieures pendant le sommeil et par conséquent une fragmentation du sommeil. En raison de la fragmentation du sommeil, la SDE est une plainte majeure chez de nombreux patients atteints d’AOS. Contrairement à la narcolepsie, l’AOS est un trouble lié au sommeil, relativement fréquent. Des études démographiques générales menées dans plusieurs pays indiquent que l’AOS associée à la SDE se produit chez 3 % à 7 % des hommes adultes et chez 2 % à 5 % des femmes adultes. En plus de la SDE, d’autres symptômes diurnes de l’AOS peuvent inclure de la fatigue diurne, des déficits cognitifs, une diminution de la vigilance, des altérations de la personnalité et de l’humeur, ainsi qu’une confusion matinale, du reflux gastro-œsophagien, de l’hypertension et une dysfonction sexuelle, dont certains peuvent être liés à la SDE.

Le traitement de l’AOS est principalement non pharmacologique, le but étant de réduire les événements d’apnée et d’hypopée pendant le sommeil, afin de réduire la fragmentation du sommeil. La pression positive continue sur les voies respiratoires (PPC) est considérée comme étant un premier choix de traitement pour l’AOS, mais d’autres thérapies non pharmacologiques comme les appareils oraux et la chirurgie des voies respiratoires supérieures peuvent servir de traitement pour les patients qui ne peuvent pas tolérer ou s’habituer à l’utilisation d’un dispositif de PPC. Pour les patients dont l’AOS est gérée avec succès avec la PPC ou d’autres thérapies non pharmacologiques en ce qui concerne la réduction ou la prévention des événements respiratoires pendant le sommeil, mais qui continuent d’avoir une SDE, les thérapies pharmacologiques peuvent être utilisées de façon complémentaire. Le modafinil est la seule pharmacothérapie indiquée au Canada pour le traitement des SDE chez les patients atteints d’AOS, en complément d’un traitement primaire de l’AOS (p. ex., la PPC).  

Pour les patients atteints de narcolepsie et d’AOS, la SDE diminue la qualité de vie, particulièrement lorsqu’elle est extrêmement fréquente. De plus, les deux troubles sont associés à des comorbidités semblables, y compris la comorbidité psychiatrique (dépression, anxiété), la comorbidité cardiovasculaire (taux d’hypertension plus élevé que prévu, maladies coronariennes, insuffisance cardiaque, AVC et augmentation de la mortalité), l’augmentation de l’obésité et du diabète sucré.

Sunosi contient l’ingrédient médicinal solriamfétol qui est un psychoanaleptique. Le solriamfétol a une affinité pour les transporteurs de dopamine et de norépinéphrine. Le mécanisme précis d’action par lequel le solriamfétol a son effet thérapeutique dans le traitement de la SDE n’a pas été pleinement caractérisé, mais l’effet peut être médié par son activité pour inhiber la recapture de la dopamine et de la norépinéphrine dans le cerveau.

Sunosi s’est révélé efficace pour le traitement de la SDE principalement dans deux études cliniques pivots de phase III chez des patients adultes atteints de narcolepsie (étude 14-002) ou d’AOS (étude 14-003). Les deux études ont duré 12 semaines et avaient une conception d’étude similaire (randomisée, à double insu, contrôlée par placebo, dans un groupe parallèle) qui a comparé Sunosi à 37,5 mg/jour (étude 14-003, patients atteints d’AOS seulement), 75 mg/jour, 150 mg/jour ou 300 mg/jour à un patient placebo. Les deux études comportaient les mêmes deux paramètres d’efficacité co-principales, qui étaient le changement de résultat du niveau de référence à la semaine 12 du test de maintien de l’éveil (TME) et de l’échelle de somnolence d’Epworth (ESS). Un paramètre secondaire clé dans les deux études était le pourcentage de patients qui ont évalué leur état général à la semaine 12 comme s’étant amélioré (très peu, beaucoup ou beaucoup plus) par rapport au niveau de référence à l’aide des impressions générales de changement du patient (PGI-C).

Dans les deux études, les résultats obtenus à la semaine 12 ont montré une différence de traitement statistiquement significative dans les paramètres co-principales et les paramètres secondaires clés qui favorisent Sunosi par rapport à un placebo. Ces résultats comprenaient des augmentations de la latence moyenne du sommeil au TME, des diminutions du score total dans l’ESS et des pourcentages plus élevés de patients ayant une amélioration de leur état général. Les deux études ont montré une augmentation de la latence moyenne du sommeil au TME avec Sunosi, demeurant relativement constante pendant environ 9 heures, après que la dose soit administrée dès le réveil matinal. Étant donné que la dose de 300 mg n’a pas conféré d’avantage supplémentaire par rapport à la dose de 150 mg pour l’emporter sur les effets indésirables liés à la dose, la dose maximale recommandée dans les deux populations de patients est de 150 mg/jour, avec titrage.

Les résultats d’efficacité obtenus dans les deux études pivots ont également été appuyés dans deux études complémentaires, l’étude 14-004 et l’étude 14-005. Les deux études de soutien étaient des études cliniques de phase III qui ont utilisé une conception de sevrage randomisée pour évaluer le maintien à long terme de Sunosi. Les résultats des études de soutien ont démontré que la SDE a diminué pendant le traitement ouvert avec Sunosi, comme ce qui a été observé dans les études pivots de 12 semaines fondés sur les mêmes paramètres d’efficacité. Pour les patients qui ont continué de recevoir Sunosi, il n’y a eu pratiquement aucun changement dans les paramètres d’efficacité du début à la fin de l’étude (c.-à-d., que l’effet de Sunosi sur la SDE a été maintenu). Pour les personnes randomisées à un placebo, l’effet de Sunosi sur la SDE a été partiellement perdu et les différences entre les groupes Sunosi et placebo étaient statistiquement significatives. L’interruption soudaine de Sunosi pour les patients randomisés à un placebo n’a pas donné lieu à une SDE qui était pire que le niveau de base de SDE.

L’activité pharmacologique globale du Sunosi est semblable à celle d’autres médicaments utilisés pour gérer la SDE associée à la narcolepsie (p. ex., les amphétamines, le méthylphénidate, le modafinil) ou à l’AOS (p. ex., le modafinil). Cette activité comprend des effets sympathomimétiques qui peuvent entraîner des augmentations indésirables de la pression artérielle et de la fréquence cardiaque, des effets gastro-intestinaux, des effets sur l’appétit et le poids (diminuant les deux) et des effets psychiatriques indésirables. Les effets indésirables du traitement les plus couramment signalés chez les patients atteints de narcolepsie ou d’AOS traités avec Sunosi (> 5 %) dans les études pivots de 12 semaines comprenaient des maux de tête, des nausées, une diminution de l’appétit, ainsi que de l’anxiété et de l’insomnie. Parmi les autres patients traités avec Sunosi (> 1 %), les effets indésirables du traitement les plus couramment signalés étaient des palpitations, une sensation de nervosité, un inconfort thoracique, une diarrhée, une constipation, une bouche sèche, des étourdissements, de l’hyperhidrose, de l’hypertension et une augmentation de la pression artérielle. Les données d’innocuité à long terme provenant de 172 patients atteints de narcolepsie et de 359 d’AOS traités avec Sunosi pendant > 6 mois et de 95 patients atteints de narcolepsie et 186 d’AOS traités pendant > 12 mois étaient en général conformes aux données d’innocuité provenant des études cliniques de 12 semaines.

Jazz Pharmaceuticals Ireland Ltd. a présenté à Santé Canada un plan de gestion des risques (PGR) pour Sunosi. Après examen, le PGR a été jugé acceptable. Le PGR est conçu pour décrire les problèmes d’innocuité connus et potentiels, pour présenter le plan de surveillance et, au besoin, pour décrire les mesures qui seront mises en place pour réduire au minimum les risques associés au produit.

Les étiquettes internes et externes, la notice d’accompagnement et la section des renseignements sur les médicaments pour patients de la monographie de produit de Sunosi qui ont été présentées répondent aux exigences réglementaires en matière d’étiquetage, de langage clair et d’éléments de conception.

Un examen du nom de marque soumis a été effectué. Au cours de l’examen, le promoteur a demandé que le nom de la marque soit remplacé par Sunosi afin de l’harmoniser avec les approbations internationales. Le nouveau nom de marque a été examiné, ce qui comprenait des tests pour des attributs nominatifs à présentation et à consonance semblables, le nom Sunosi a été accepté. Un examen complet des étiquettes des emballages a également été effectué. Tous les problèmes cernés ont été communiqués au promoteur et traités de façon satisfaisante par celui-ci.

Dans l’ensemble, les avantages thérapeutiques de Sunosi démontrés dans les deux études pivots et les études de soutien sont considérés comme l’emportant sur les préjudices potentiels. D’après les données non cliniques et les études cliniques, Sunosi a un profil d’innocuité acceptable, lorsqu’il est utilisé comme il est décrit dans la monographie de produit approuvée. Des mises en garde, des précautions et des recommandations de surveillance appropriées sont en place dans la monographie de produit de Sunosi pour gérer les préoccupations d’innocuité cernées.

Cette présentation de drogue nouvelle répond aux exigences des articles C.08.002 et C.08.005.1; par conséquent, Santé Canada a émis l’avis de conformité prévu à l’article C.08.004 du Règlement sur les aliments et drogues. Pour de plus amples renseignements, veuillez consulter les sections Motifs de décision d’ordre clinique, non clinique et qualitatif (caractéristiques chimiques et fabrication). 

3 Quelles sont les étapes qui ont mené à l'autorisation de Sunosi?

Une réunion a eu lieu entre Santé Canada et Jazz Pharmaceuticals Ireland Ltd. le 26 mars 2019 pour discuter du dépôt prévu de la présentation de drogue nouvelle (PDN) pour Sunosi. La PDN a été déposée auprès de Santé Canada le 30 mars 2020 et le 15 mai 2020, le promoteur a reçu un avis d’insuffisance à l’examen préliminaire. À la suite d’une réponse acceptable à l’avis d’insuffisance à l’examen préliminaire, la PDN a été acceptée aux fins d’examen le 17 juillet 2020.  L’examen était complété le 13 mai 2021, et un avis de conformité pour Sunosi a été émis à Jazz Pharmaceuticals Ireland Ltd.

Étapes importantes de la présentation: Sunosi

Étape importante de la présentation Date
Réunion préalable à la présentation 2019-03-26
Dépôt de la présentation 2020-03-30
Examen préliminaire  
Avis d'insuffisance émis lors de l'examen préliminaire
2020-05-15
Réponse déposée
2020-06-03
Lettre d'acceptation à l'issue de l'examen préliminaire
2020-07-17
Examen  
Évaluation du plan de gestion des risques terminée
2021-02-26
Évaluation biopharmaceutique terminée
2021-03-07
Évaluation de la qualité terminée
2021-05-12
Évaluation non clinique terminée
2021-05-12
Évaluation clinique/médicale terminée
2021-05-12
Évaluation biostatistique terminée
2021-03-31
Examen de l'étiquetage terminé
2021-05-12
Délivrance de l'Avis de conformité par le directeur général, Direction des produits thérapeutiques
2021-05-13

La décision réglementaire canadienne portant sur l’examen de Sunosi est fondée sur une évaluation critique du dossier soumis à Santé Canada. Les examens effectués à l’étranger par l’Agence européenne des médicaments (EMA) et par la Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis ont servi de références supplémentaires.

Pour de plus amples renseignements sur le processus de présentation de drogue, consulter la Ligne directrice de l’industrie : gestion des présentations et des demandes de drogues.

4 Quelles mesures de suivi le promoteur prendra-t-il?

Les exigences en matière d’activités post-commercialisation sont décrites dans la Loi sur les aliments et drogues et le Règlement connexe.

6 Quels sont les autres renseignements disponibles à propos des médicaments?

Pour obtenir des renseignements à jour sur les produits pharmaceutiques, veuillez suivre les liens suivants :

Consulter le Registre des drogues innovantes pour obtenir la liste des drogues admissibles à la protection des données en vertu de l’article C.08.004.1 du Règlement sur les aliments et drogues, le cas échéant.

7 Quelle est la justification scientifique sur laquelle s'est fondé Santé Canada?
7.1 Motifs cliniques de la décision

Pharmacologie clinique

Solriamfétol (l’ingrédient médicinal de Sunosi) est un dérivé de phénylalanine dans la même classe que d’autres médicaments sympathomimétiques à action centrale qui ont des activités pharmacologiques semblables (p. ex., méthylphénidate, amphétamines, modafinil). Le mécanisme d’action exact par lequel le solriamfétol augmente la latence du sommeil chez les patients atteints de somnolence diurne excessive (SDE) associée à la narcolepsie ou à l’apnée obstructive du sommeil (AOS) n’a pas été entièrement caractérisé. Étant donné que le solriamfétol est un inhibiteur sélectif de la recapture de la dopamine et de la norépinéphrine; son efficacité est considérée comme médiée par l’inhibition des transporteurs de dopamine et de norépinéphrine. En inhibant la recapture des deux neurotransmetteurs, cela améliore les signaux de dopamine et de norépinéphrine dans le système de stimulation du tronc cérébral.

L’exposition à solriamfétol et sa demi-vie ont été augmentées de façon significative avec une insuffisance rénale modérée et grave et chez les patients atteints d’insuffisance rénale terminale. Par conséquent, il y a un potentiel d’augmentations plus importantes de la pression artérielle et du rythme cardiaque chez ces patients que ce qui a été observé dans les deux études pivots, qui excluaient ces patients. Afin d’atténuer ce préjudice potentiel, des ajustements de dose et une surveillance étroite de la tension artérielle et du rythme cardiaque sont recommandés pour les patients atteints d’insuffisance rénale modérée et grave et une contre-indication a été incluse dans l’étiquetage du produit pour les patients atteints d’insuffisance rénale terminale.

L’étude principale évaluant le risque d'abus de solriamfétol a évalué des doses suprathérapeutiques uniques de Sunosi 300 mg, 600 mg et 1200 mg, par rapport à un placebo et à la phentermine 45 mg et 90 mg, chez des sujets ayant des antécédents d’abus d’alcool et de drogues ou de stimulants. En moyenne, les scores (sur une échelle analogique visuelle; EAV) maximums d’appréciation du médicament (paramètre principal) pour les trois doses de solriamfétol étaient significativement supérieurs, sur le plan statistique, aux scores obtenus avec le placebo. Ils étaient similaires à ceux pour la phentermine à 45 mg, mais inférieurs à ceux pour la phentermine à 90 mg. Concernant les trois doses de solriamfétol, les scores d’appréciation globale du médicament étaient plus faibles que les scores associés aux deux doses de phentermine. Selon une échelle interprétée comme mesurant les effets euphorisants, les deux doses de phentermine ainsi que toutes les doses de solriamfétol ont produit des effets statistiquement supérieurs comparativement au placebo. Par conséquent, il est recommandé que les patients fassent l’objet d’un examen minutieux pour un historique d’abus d’alcool ou de drogues avant de prescrire Sunosi et qu’ils soient observés pour des signes d’abus (p. ex., augmentation de doses ou comportement de recherche de drogues) pendant le traitement.

Pour de plus amples renseignements, consulter la monographie de produit de Sunosi approuvée par Santé Canada et accessible par l’intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.

Efficacité clinique

L’autorisation de mise sur le marché de Sunosi était principalement fondée sur des données probantes provenant de deux études cliniques pivots de phase III, l’étude 14-002 et l’étude 14-003. D’autres données de soutien ont également été fournies à partir des études 14-004 et 14-005.

Études pivots

L’efficacité de Sunosi pour le traitement de la SDE a été évaluée dans deux études cliniques pivots de phase III de 12 semaines, multicentriques, randomisés, à double insu et contrôlés par placebo chez des adultes diagnostiqués de narcolepsie (étude 14-002; nombre de patients [n] = 239) ou d’AOS (étude 14-003; nombre de patients n = 476). Les patients de l’étude 14-002 ont été répartis de manière randomisée sur un placebo, ou 75, 150, 300 mg/jour de Sunosi. Les patients de l’étude 14-003 ont été répartis de manière randomisée sur un placebo, ou 37,5, 75, 150, 300 mg/jour de Sunosi. Étant donné que la dose de 300 mg/jour n’a pas conféré une efficacité supplémentaire suffisante pour surpasser les effets indésirables de traitement à cette dose, les résultats finaux de l’efficacité ne sont présentés que pour des doses pouvant aller jusqu’à 150 mg/jour.

Les deux études pivots comportaient un ensemble identique de paramètres d’efficacité co-principales et de paramètres secondaires clés. Les paramètres d’efficacité co-principales ont été le changement du niveau de référence à la 12e semaine sur les éléments suivants :

  • le test de maintien de l’éveil (TME) : la latence du sommeil, qui est une mesure objective (polysomnographie) du temps de début du sommeil lorsqu’un patient reçoit l’ordre de rester éveillé le plus longtemps possible dans des conditions soporifiques pendant cinq séances d’ étude de 40 minutes (sur une période de 9 à 10 heures). La latence moyenne de sommeil de < 8 minutes mesurée par le TME est considérée anormale.
  • le score total de l’échelle de somnolence d’Epworth (ESS), qui est une mesure subjective de la perception du patient quant à sa somnolence dans des situations normales de faible activité. L’ESS est un questionnaire validé en 8 éléments par lequel les patients évaluent leur probabilité perçue de s’endormir dans les activités quotidiennes habituelles. La note totale varie de 0 à 24, les notes plus élevées reflétant une plus grande somnolence. Une note totale de l’ESS supérieure à 10 (note maximale 24) est considérée comme anormale.

Le paramètre secondaire clé d’efficacité était le pourcentage de patients qui ont évalué leur état général à la 12e semaine comme s’étant amélioré par rapport au niveau de référence de l’étude, en utilisant l’impression générale de changement du patient (PGI-C). La PGI-C est une échelle de 7 points allant de « beaucoup amélioré » à « beaucoup plus mauvais », qui est la cote du patient pour son état général par rapport au début de l’étude.

Pour les deux études, les médicaments concomitants qui pouvaient contribuer à des confusions concernant l’interprétation de l’effet du traitement ou du profil d’innocuité de Sunosi n’étaient pas permis et ont été abandonnés avant l’inscription. Ces médicaments comprenaient des médicaments couramment utilisés pour traiter la SDE (p. ex., le méthylphénidate, les amphétamines, le modafinil) et/ou la cataplexie chez les patients atteints de narcolepsie (p. ex., l’oxybate de sodium et d’autres médicaments).

Étude 14-002 sur la narcolepsie

Les patients inscrits à cette étude ont reçu un diagnostic de narcolepsie (avec ou sans cataplexie) selon les critères de la 3e édition de la Classification internationale des troubles du sommeil ou les critères de la 5e édition du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux. L’âge moyen (34 ans; groupe d’âge de 18 à 70 ans) et la répartition selon le sexe (65 % de femmes et 35 % d’hommes) étaient représentatifs d’une population de patients atteints de narcolepsie. Environ 51 % des patients avaient une cataplexie. La plupart des patients ont signalé une utilisation antérieure de psychostimulants. Au niveau de référence, la latence moyenne du sommeil au TME était de moins de 10 minutes et la note moyenne de l’ESS était d’environ 17.

L’étude comprenait 239 patients randomisés dans un ratio de 1:1:1:1 pour recevoir soit Sunosi 75, 150, ou 300 mg/jour (deux fois la dose maximale recommandée) ou un placebo une fois par jour pendant 12 semaines. Les patients randomisés à la dose de 150 mg ont reçu 75 mg une fois par jour pendant les trois premiers jours avant de passer à 150 mg/jour. L’efficacité a été évaluée par les paramètres co-principales, le changement par rapport au niveau de référence dans les TME et les ESS à la 12e semaine.

À la 12e semaine, les patients randomisés à Sunosi 150 mg/jour ont montré des améliorations statistiquement significatives sur les paramètres co-principales du TME (différence d’effet de traitement : augmentation de 7,7 minutes de latence moyenne du sommeil) et de l’ESS (différence d’effet de traitement : diminution de 3,8 points dans le résultat total), ainsi que dans la PGI-C (différence de traitement : 38,5 % de plus avec une amélioration de l’état général), comparativement au groupe placebo. Chez les patients randomisés pour recevoir la dose de 75 mg/jour, il était possible de voir une différence statistiquement significative de l’effet du traitement dans le résultat total de l’ESS, mais cela n’était pas le cas pour la moyenne du paramètre co-principale de la latence moyenne de sommeil au TME. En ce qui concerne la PGI-C à la 12e semaine, pour un plus grand pourcentage de patients traités avec Sunosi (75 mg et 150 mg) il y avait une amélioration, comparativement aux patients qui avaient reçu un placebo. On a remarqué que ces effets observés étaient liés à la dose, observés à la 1re semaine, et maintenus pendant la durée de l’étude.

Sunosi n’a eu aucun effet significatif sur les épisodes de cataplexie. Le sommeil nocturne mesuré par la polysomnographie n’a pas non plus été affecté par l’utilisation de Sunosi.

Étude 14-003 sur l’apnée du sommeil obstructif

Les patients inscrits à cette étude ont reçu un diagnostic d’AOS selon les critères de la 3e édition de la Classification internationale des troubles du sommeil. La majorité des patients ont utilisé une thérapie primaire pour l’AOS (principalement une pression positive continue de la voie aérienne [PPC]) et avaient une SDE modérée à grave à la base de référence, selon les niveaux moyens de base pour les paramètres co-principales (~ 12,5 à 13 minutes de temps de la latence moyenne de sommeil au TME; résultat total de l’ESS ~ 15). La répartition moyenne de l’âge et du sexe de la population étudiée était représentative d’une population de patients atteints de l’AOS.

Les patients ont été randomisés pour être traités avec Sunosi (37,5, 75, 150 ou 300 mg/jour) ou un placebo oral une fois par jour pendant 12 semaines. L’avantage de Sunosi a été évalué en déterminant la différence entre les résultats du ESS et les temps de traitement des TME avant et pendant le traitement.

Pour les patients atteints d’AOS, les résultats de l’étude ont indiqué des augmentations statistiquement significatives de la latence moyenne de sommeil au TME et des diminutions statistiquement significatives du résultat total de l’ESS comparativement à un placebo. Des pourcentages plus élevés de patients traités avec Sunosi (doses de 75 mg et de 150 mg, mais pas la dose de 37,5 mg) ont vu une amélioration de la PGI-C à la 12e semaine, comparativement aux patients qui ont reçu un placebo.

Dans les deux études cliniques, l’ampleur du changement par rapport au niveau de base à la 12e semaine pour les deux paramètres co‑principales était semblable à ce qui avait été observé à la 1re semaine (c.-à-d., maintenue pendant les 12 semaines de chaque étude). L’augmentation observée dans les TME signifie que la latence de sommeil avec Sunosi est demeurée relativement constante pendant environ 9 heures, après l’administration de la dose au réveil le matin.

En ce qui concerne l’analyse des risques et des avantages, on a déterminé que la dose maximale recommandée dans les deux populations de patients (narcolepsie et AOS) est de 150 mg/jour, avec titrage.

L’un des principaux problèmes liés à l’évaluation de l’efficacité était l’inclusion d’« améliorer l’éveil » dans la formulation de l’indication proposée par le promoteur. L’excès de somnolence diurne est généralement compris comme étant une incapacité à rester éveillé, alerte et à fonctionner de façon optimale tout au long de la journée, et la composante « améliorer l’éveil » de l’indication pourrait être interprétée comme une amélioration de la vigilance ou de la vivacité d’esprit ou d’être assez éveillé pour être fonctionnel de façon optimale tout au long de la journée. Les paramètres co-principales et les paramètres secondaires clés utilisés dans les études pivots n’ont pas évalué si la vigilance ou la vivacité d’esprit s’était améliorée ou si les augmentations de la latence moyenne de sommeil au TME signifiaient que les patients étaient suffisamment éveillés pour être fonctionnels de façon optimale tout au long de la journée. Le promoteur a tenu compte du libellé « améliorer l’éveil » dans l’indication afin de refléter les augmentations statistiquement significatives de la latence moyenne de sommeil au TME. Toutefois, sans une démonstration claire de la question de savoir si l’augmentation observée de la latence moyenne de sommeil au TME a entraîné une amélioration de la vigilance ou de la capacité fonctionnelle, la possibilité que cette formulation de l’indication soit mal interprétée était une préoccupation. Par conséquent, l’indication recommandée pour Sunosi est limitée au traitement de la SDE chez des patients adultes atteints de narcolepsie ou d’AOS. 

Indication

La Présentation de drogue nouvelle relative à Sunosi a été initialement déposée par le promoteur pour l’indication suivante :

  • Sunosi (solriamfétol) est indiqué pour améliorer l’éveil et réduire la somnolence diurne excessive (SDE) chez les patients adultes atteints de narcolepsie ou d’apnée obstructive du sommeil (AOS).

Pour assurer une utilisation sécuritaire et efficace du produit, Santé Canada a révisé l’indication proposée qui doit inclure des précisions sur son utilisation dans le traitement de l’AOS. Par conséquent, Santé Canada a approuvé l’indication suivante

Le Sunosi (solriamfétol) est indiqué pour :

  • le traitement de la somnolence diurne excessive (SDE) avec narcolepsie chez les patients adultes
     
  • le traitement de la somnolence diurne excessive avec une apnée obstructive du sommeil (AOS) chez les patients adultes.

Sunosi n’est pas indiqué pour traiter l’obstruction sous-jacente des voies respiratoires chez les patients atteints d’AOS. Un effort maximal devrait être fait pour traiter l’obstruction sous-jacente des voies respiratoires avec une thérapie primaire pour l’AOS (p. ex., avec une pression positive continue des voies respiratoires), pendant une période adéquate, avant de commencer le traitement avec Sunosi pour une somnolence excessive. Le traitement primaire de l’AOS pour l’obstruction sous-jacente des voies respiratoires devrait continuer pendant le traitement avec Sunosi. Sunosi n’est pas un substitut au traitement primaire de l’AOS.

Études à l’appui

Le maintien à long terme de l’effet de Sunosi dans le traitement de la SDE chez les patients adultes atteints de narcolepsie et d’AOS a été évalué dans deux études de soutien, l’étude 14-004 et l’étude 14-005. Les deux études étaient des études cliniques de phase III qui ont utilisé une conception similaire, qui a intégré une période de retrait aléatoire de 2 semaines. Après avoir été stabilisé lors d’un traitement ouvert avec Sunosi à la dose maximale tolérée qui était efficace (75 mg/jour, 150 mg/jour ou 300 mg/jour) pendant une période de temps spécifiée par le protocole, les patients ont été randomisés 1:1 pour continuer la dose stable de Sunosi ou pour passer à un placebo pendant une période de sevrage aléatoire à double insu de 2 semaines pour évaluer le maintien de l’efficacité. L’étude 14-004 a uniquement inclus les patients atteints d’AOS et a duré 6 semaines (notamment une période de retrait aléatoire de 2 semaines). L’étude 14-005 comprenait des patients atteints de narcolepsie et d’AOS qui avaient terminé d’autres études cliniques dans le programme clinique de Sunosi (principalement les études 14-002 et 14-003) et d’une durée allant de 40 semaines à 52 semaines (notamment une période de retrait aléatoire de 2 semaines), selon la commission d’études à partir de laquelle les patients y prenaient part. Les résultats des études de soutien ont démontré que la SDE a été réduite pendant le traitement ouvert avec Sunosi, comme ce qui a été observé dans les études pivots de 12 semaines fondés sur les mêmes paramètres d’efficacité. Pour les patients qui ont continué de recevoir Sunosi, il n’y a eu pratiquement aucun changement dans les paramètres d’efficacité du début à la fin de la période de retrait aléatoire de 2 semaines (c.-à-d., que l’effet de Sunosi sur la SDE a été maintenu). Pour les personnes randomisées à un placebo, l’effet de Sunosi sur la SDE était partiellement inexistant et les différences entre les groupes Sunosi et placebo étaient statistiquement significatifs. L’interruption soudaine de Sunosi pour les patients randomisés à un placebo n’a pas donné lieu à une SDE qui était pire que le niveau de base de la SDE.

Les deux études de soutien, comme les deux études pivots, ont également montré que les doses supérieures à 150 mg/jour ne conféraient pas d’efficacité supplémentaire suffisante pour compenser les effets indésirables du traitement liés à la dose. Par conséquent, la dose maximale recommandée pour le traitement des SDE chez les patients adultes atteints de narcolepsie ou d’AOS est de 150 mg/jour, avec titrage.

Analyse globale de l’efficacité

Dans l’ensemble, l’efficacité de Sunosi a été démontrée pour le traitement de la SDE chez des patients adultes atteints de narcolepsie ou d’AOS. Les études pivots (étude 14-002 et étude 14-003) ont évalué l’efficacité et l’innocuité de Sunosi et les études de soutien (étude 14-004 et étude 14-005) ont évalué le maintien de l’efficacité dans les deux populations. Collectivement, les résultats montrent que Sunosi est efficace pour le traitement de la SDE chez les patients adultes atteints de narcolepsie ou d’AOS.

Pour de plus amples renseignements, consulter la monographie de produit de Sunosi approuvée par Santé Canada et accessible par l’intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.

Innocuité clinique

Le profil d’innocuité de Sunosi pour l’indication proposée a été caractérisé principalement dans deux études cliniques pivots de phase III, l’étude 14-002 et l’étude 14-003 décrites précédemment dans la section Efficacité clinique. Des renseignements supplémentaires sur l’innocuité ont également été obtenus à partir de deux études complémentaires, l’étude 14-004 et l’étude 14-005.

Les événements indésirables les plus courants apparus en cours de traitement (EIT) signalés chez les patients atteints de narcolepsie ou d’AOS traités avec le Sunosi (> 5 %) dans les études pivots de 12 semaines comprenaient des maux de tête, des nausées, une diminution de l’appétit, de l’anxiété et de l’insomnie. Parmi les autres patients traités avec Sunosi (> 1 %), les EIT couramment signalés étaient des palpitations, une sensation de nervosité, un inconfort thoracique, une diarrhée, une constipation, une bouche sèche, des étourdissements, de l’hyperhidrose, de l’hypertension et une augmentation de la pression artérielle. Plusieurs des EIT généralement rapportés ont montré une relation avec la dose de Sunosi administrée. Les données sur l’innocuité à long terme de 172 patients atteints de narcolepsie et de 359 patients atteints d’AOS traités avec Sunosi pendant > 6 mois et 95 patients atteints de narcolepsie et 186 patients atteints d’AOS traités pendant > 2 mois étaient généralement conformes aux données sur l’innocuité des études de 12 semaines.

Parmi les autres problèmes d’innocuité notables relevés au cours de l’examen de Sunosi, il y avait les effets sympathomimétiques, l’exposition prolongée au Sunosi pour les patients atteints d’insuffisance rénale, le potentiel d’abus et le manque de données sur l’innocuité pour les femmes enceintes.

Effets sympathomimétiques

Solriamfétol (l’ingrédient médicinal de Sunosi) a sa principale activité pharmacologique chez les transporteurs de dopamine et de norépinéphrine où il agit pour inhiber la recapture et augmenter les concentrations post-synaptiques de ces neurotransmetteurs. D’autres médicaments utilisés dans le traitement des SDE associés à la narcolepsie ou à l’AOS augmentent également la disponibilité de dopamine et/ou de norépinéphrine par l’intermédiaire d’une inhibition de la recapture, une libération de neurotransmetteurs ou une combinaison de ces activités. Compte tenu de son activité pharmacologique, Sunosi a également des effets sympathomimétiques, qui peuvent mener à des augmentations de la pression artérielle et de la fréquence cardiaque, des effets gastro-intestinaux (effets sur l’appétit et le poids) liés au traitement, et qui peuvent promouvoir ou exacerber des symptômes psychiatriques.

Augmentation de la tension artérielle et de la fréquence cardiaque

Des augmentations de la pression artérielle et de la fréquence cardiaque ont été observées avec le traitement de Sunosi, avec les plus fortes augmentations principalement observées à la dose de 300 mg/jour. Les augmentations moyennes maximales de la pression artérielle (jusqu’à 2-3 mmHg de plus qu’avec un placebo) et de la fréquence cardiaque (jusqu’à 2,6 bpm de plus qu’avec un placebo) ont généralement été observées avec 37,5 mg, 75 mg ou 150 mg de Sunosi de 1 à 4 heures après la dose. L’augmentation chronique de la tension artérielle et de la fréquence cardiaque peut entraîner le risque d’événements cardiovasculaires majeurs (ECM), notamment des accidents vasculaires cérébraux, des crises cardiaques et des décès cardiovasculaires. L’ampleur de l’augmentation du risque absolu dépend de l’augmentation de la pression artérielle et du risque sous-jacent d’ECM dans la population traitée. De nombreux patients atteints de narcolepsie et d’AOS ont de multiples facteurs de risque d’ECM, notamment de l’hypertension, du diabète, de l’hyperlipidémie et un indice de masse corporelle élevé, et ces patients ont été inclus dans les études pivots. Cependant, les études pivots ont exclu les patients atteints d’une maladie cardiovasculaire importante, notamment, mais sans se limiter à : un infarctus du myocarde au cours de l’année précédente, une angine de poitrine instable, de l’hypertension non contrôlée, des arythmies cardiaques graves et d’autres maladies cardiovasculaires graves. Puisque les effets de Sunosi sur la pression artérielle et la fréquence cardiaque chez les patients atteints de troubles cardiovasculaires importants n’ont pas été évalués, une contre-indication pour les patients atteints de troubles cardiovasculaires importants a été jugée nécessaire. Avant de commencer le traitement avec Sunosi, la tension artérielle et la fréquence cardiaque devraient être évaluées et l’hypertension préexistante devrait être contrôlée. Il est également recommandé de surveiller la tension artérielle et la fréquence cardiaque pendant le titrage de la dose et périodiquement pendant le traitement.

L’utilisation concomitante de Sunosi avec d’autres médicaments qui augmentent la tension artérielle et/ou la fréquence cardiaque n’a pas été évaluée dans les études cliniques de phase III ni dans aucune étude d’interaction pharmacodynamique chez des sujets en santé. Les médicaments couramment utilisés pour le traitement de la SDE et certains médicaments utilisés pour le traitement de la cataplexie causent tous une augmentation de la pression artérielle et sont souvent prescrits pour ces populations de patients. L’utilisation de ces médicaments a été interdite dans les études cliniques de phase III. Par conséquent, l’innocuité de l’utilisation concomitante de ces médicaments avec Sunosi n’est pas connue et la prudence est recommandée pour une utilisation concomitante. L’utilisation concomitante d’inhibiteurs de la monoamine oxydase a également été interdite dans les études cliniques et, en raison du risque de crise hypertensive, l’utilisation concomitante d’inhibiteurs de la monoamine oxydase est contre-indiquée.

Effets gastro-intestinaux

Des effets indésirables gastro-intestinaux ont été signalés plus fréquemment avec l’utilisation de Sunosi comparativement au placebo dans les populations de patients atteints de narcolepsie et d’AOS. On a plus souvent mentionné des nausées et une diminution de l’appétit, tandis qu’une constipation, une diminution de poids, une diarrhée, des douleurs d’estomac et des vomissements étaient moins souvent mentionnés.

Symptômes psychiatriques

Des effets indésirables psychiatriques ont été observés dans les études cliniques de phase III avec l’utilisation de Sunosi. Les effets indésirables mentionnés comprenaient de l’anxiété, de l’insomnie et de l’irritabilité.

L’utilisation de Sunosi n’a pas été évaluée chez les patients ayant des antécédents de psychose ou de troubles bipolaires ou concomitants. Par conséquent, il faut faire preuve de prudence dans le traitement de ces patients en raison d’effets indésirables psychiatriques qui pourraient exacerber les symptômes (p. ex., des épisodes maniaques) de troubles psychiatriques préexistants.

Les patients atteints d’insuffisance rénale modérée ou grave peuvent présenter un risque plus élevé de symptômes psychiatriques en raison de la demi-vie prolongée de Sunosi.

Les patients traités avec le Sunosi devraient être soigneusement observés pour des réactions indésirables ou une exacerbation possible des symptômes psychiatriques, comme l’anxiété, l’insomnie et l’irritabilité. Ces effets indésirables ont été couramment observés pendant le début du traitement, mais ont tendance à se résoudre par un traitement continu. Si des symptômes psychiatriques se développent en association avec l’administration de Sunosi, une réduction ou une interruption de dose devrait être envisagée.

Déficience rénale

L’exposition au Sunosi et la demi-vie ont été augmentées de façon significative avec une insuffisance rénale modérée et grave et chez les patients atteints d’insuffisance rénale terminale. Par conséquent, il y a un potentiel d’augmentation plus importante de la pression artérielle et du rythme cardiaque chez ces patients que ce qui a été observé dans les deux études pivots, qui excluaient ces patients. Des ajustements de dose et une surveillance étroite de la tension artérielle et du rythme cardiaque ont été recommandés pour les patients atteints d’insuffisance rénale modérée et grave, et une contre-indication a été jugée nécessaire pour les patients atteints d’insuffisance rénale terminale.

Potentiel d’abus

Sunosi a démontré un plus grand potentiel d’abus qu’un placebo et un potentiel d’abus semblable ou supérieur à celui de phentermine 45 mg dans l’étude 14-001 (étude sur la responsabilité en matière d’abus humain), qui comprenait des sujets qui étaient des utilisateurs de drogues récréatives avec une utilisation récente de stimulants. Des résultats d’une échelle validée pour évaluer l’euphorie et d’autres effets semblables (marqueur de dépendance psychologique), utilisés dans l’étude 14-001, ont démontré que des doses uniques de Sunosi (doses suprathérapeutiques) pouvaient mener au développement de l’euphorie et d’effets semblables. Cependant, on ne sait pas si les doses thérapeutiques peuvent aussi produire ces effets chez certains patients. D’après les résultats observés dans l’étude sur la responsabilité en matière d’abus, l’étiquetage pour Sunosi comprend une recommandation d’évaluer soigneusement les patients pour un historique d’abus de drogues avant de prescrire le médicament.

Utilisation chez les femmes enceintes

Il n’existe aucune donnée sur l’utilisation de Sunosi chez les femmes enceintes, en ce qui concerne les résultats fœtaux ou maternels. Dans les études cliniques de Sunosi, l’âge moyen des patients atteints de narcolepsie était d’environ 38 ans et l’âge moyen des patients atteints d’AOS était d’environ 54 ans. Par conséquent, les patientes atteintes de narcolepsie peuvent être en âge de procréer. Les études non cliniques de développement embryofœtal ont montré que Sunosi causait une toxicité développementale, avec une incertitude quant à la relation avec la toxicité maternelle, et il y avait une tératogénicité potentielle chez au moins l’une des deux espèces évaluées. Le promoteur a établi un Registre de grossesse pour Sunosi dans le cadre des exigences post-commercialisation associées à l’approbation de Sunosi aux États-Unis (É.-U.), qui comprennent également la réalisation de deux études pour évaluer les résultats maternels, fœtaux et infantiles chez les femmes enceintes exposées à Sunosi. Le promoteur s’est engagé à inclure les patients canadiens dans le registre établi aux États-Unis (plan de gestion des risques). L’avertissement à l’intention des femmes enceintes inclus dans la monographie de produit de Sunosi résume les données non cliniques disponibles, et recommande de ne pas utiliser Sunosi chez les femmes enceintes, ou les femmes à potentiel de procréation qui n’utilisent pas de méthodes de contraception efficaces. La monographie de produit de Sunosi fournit également des renseignements sur la façon de s’inscrire au Registre de grossesse pour Sunosi.

Analyse globale de l’innocuité

Aux doses recommandées, Sunosi était généralement bien toléré chez les patients atteints de narcolepsie avec une SDE grave et chez les patients atteints d’AOS avec une SDE modérée à grave. Bon nombre des effets indésirables du traitement ont été prédits par l’activité pharmacologique de Sunosi. Dans le contexte des comorbidités connues chez les patients atteints de narcolepsie et d’AOS, les préjudices et les incertitudes identifiés associés à Sunosi nécessitent une évaluation minutieuse des patients avant la prescription, et une surveillance pendant le traitement. Ces préjudices et incertitudes sont clairement décrits dans la monographie de produit de Sunosi, accompagnés de recommandations pour atténuer et gérer ces effets. Le profil avantages-nocivités-incertitudes de Sunosi est jugé acceptable dans les conditions d’utilisation recommandées dans la monographie de produit approuvée de Sunosi.

Pour de plus amples renseignements, consulter la monographie de produit de Sunosi approuvée par Santé Canada et accessible par l’intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.

7.2 Motifs non cliniques de la décision

La composante non clinique de la présentation de drogue nouvelle de Sunosi était complète. Dans les études pharmacologiques sur l’innocuité, aucun risque important n’a été relevé à des doses thérapeutiques. Les études de toxicologie ont démontré qu’il n’y avait aucune indication de carcinogénicité chez les rats et les souris à une dose quelconque. De plus, aucun effet significatif n’a été observé dans les modèles pharmacologiques pour la neurotoxicité, notamment aucun effet sur l’apprentissage et la mémoire et aucun effet histopathologique du système nerveux central.

La principale conclusion des études non cliniques était que Sunosi causait une toxicité maternelle et développementale chez les rats et les lapins. Il n’a pas été possible de déterminer si la toxicité pour le développement était le résultat d’une toxicité maternelle ou d’un effet direct. Selon la comparaison de la dose humaine maximale recommandée (DHMR) et de la surface corporelle (mg/m2), la dose sans effet nocif observé (DSENO) chez le rat était approximativement à la DHMR. La toxicité maternelle et développementale s’est produite à > 4 fois la DHMR, et la tératogénicité potentielle (augmentation de la malformation squelettique) s’est produite à 19 fois la DHMR. D’après la comparaison de la DHMR et de la surface corporelle (mg/m2), la DSENO chez les lapins était 2 fois supérieure à la DHMR. La toxicité pour le développement chez les lapins s’est produite 5 fois plus que la DHMR, et la toxicité pour la mère et le développement s’est produit à 10 fois plus que la DHMR.

Pour de plus amples renseignements, consulter la monographie de produit de Sunosi approuvée par Santé Canada et accessible par l’intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.

7.3 Motifs d'ordre qualitatif

L’information soumise sur les caractéristiques chimiques et la fabrication de Sunosi montre que la substance médicamenteuse et le produit pharmaceutique peuvent être fabriqués de façon à répondre systématiquement aux spécifications approuvées. Des études appropriées au développement et à la validation ont été menées, et des contrôles adéquats sont en place pour les procédés commerciaux. Les modifications apportées au procédé de fabrication et à la formulation effectuées tout au long du développement du produit pharmaceutique ont été examinées et jugées acceptables. D’après les données sur la stabilité soumises, la durée de conservation proposée est jugée acceptable lorsque le produit est entreposé à la température ambiante (entre 15 °C et 30 °C).

On estime que les limites proposées concernant les impuretés liées au médicament ont été raisonnablement qualifiées, c’est-à-dire qu’elles se situent dans les limites établies par l’International Council for Harmonisation et/ou qu’elles sont qualifiées à partir d’études toxicologiques.

Toutes les installations participant à la production sont conformes aux bonnes pratiques de fabrication.

Tous les ingrédients non médicinaux (décrits précédemment) présents dans le produit pharmaceutique sont autorisés en vertu du Règlement sur les aliments et drogues pour usage dans les médicaments.