Sommaire des motifs de décision portant sur Lumakras

Décisions d'examen

Le sommaire des motifs de décision explique les raisons pour lesquelles un produit a reçu une autorisation de vente au Canada. Le document comprend les considérations portant sur la réglementation, l’innocuité, l’efficacité et la qualité (sur le plan de la chimie et de la fabrication).


Type de produit:

Médicament
  • Ce document est une traduction française du document anglais approuvé.

Les sommaires des motifs de décision (SMD) présentent des renseignements sur l'autorisation initiale d'un produit. Le SMD portant sur Lumakras est accessible ci-dessous.

Ce document est une traduction française du document anglais approuvé.

Activité récente relative à Lumakras

Les SMD relatifs aux médicaments éligibles (tels que décrits dans la Foire aux questions : Phase II du projet de sommaires des motifs de décision [SMD]) autorisés après le 1er septembre 2012 seront mis à jour afin d'inclure des renseignements sous forme de tableau des activités postautorisation (TAPA). Le TAPA comprendra de brefs résumés d'activités telles que les présentations de demandes de nouvelles utilisations, ainsi que les décisions de Santé Canada (positives ou négatives). Les TAPA seront mis à jour régulièrement en ce qui a trait aux activités postautorisation tout au long du cycle de vie du produit.

Le tableau suivant décrit les activités postautorisation menées à l’égard de Lumakras, un produit dont l’ingrédient médicinal est sotorasib. Pour en savoir plus sur le type de renseignements présentés dans les TAPA, veuillez consulter la Foire aux questions : Phase II du projet de sommaires des motifs de décision (SMD) et à la Liste des abréviations qui se trouvent dans les Tableaux des activités postautorisation (TAPA).

Pour de plus amples renseignements sur le processus de présentation de drogues, consultez la Ligne Directrice : Gestion des présentations et des demandes de drogues.

Mise à jour : 2026-02-09

Identification numérique de drogue (DIN) :

  • DIN 02520095 - 120 mg sotorasib, comprimé, administration orale
  • DIN 02552655 - 240 mg sotorasib, comprimé, administration orale

Tableau des activités postautorisation (TAPA)

Type et numéro d’activité ou de présentation

Date de présentation

Décision et date

Sommaire des activités

RPEAR-C Nº 300717

2025-08-05

Déposée 2025-10-22

Présentation déposée à la suite des engagements pris en vertu des dispositions de la Ligne directrice : Avis de conformité avec conditions (AC-C). RPEAR-C pour la période allant du 2024-11-28 au 2025-05-27. Les renseignements ont été examinés et jugés acceptables. Aucune autre mesure n’était requise.

RPEAR-C Nº 295220

2025-02-14

Déposée 2025-10-22

Présentation déposée à la suite des engagements pris en vertu des dispositions de la Ligne directrice : Avis de conformité avec conditions (AC-C). RPEAR-C pour la période allant du 2024-05-28 au 2024-11-27. Les renseignements ont été examinés et jugés acceptables. Aucune autre mesure n’était requise.

Avis de mise en marché d’un produit médicamenteux (DIN 02552655)

Sans objet

Date de la première vente 2025-10-14

Le fabricant a informé Santé Canada de la date de la première vente conformément à la disposition C.01.014.3 du Règlement sur les aliments et drogues.

RPEAR-C Nº 289734

2024-08-21

Déposée 2025-03-14

Présentation déposée à la suite des engagements pris en vertu des dispositions de la Ligne directrice : Avis de conformité avec conditions (AC-C). RPEAR-C pour la période allant du 2023-11-28 au 2024-05-27. Les renseignements ont été examinés et jugés acceptables. Aucune autre mesure n’était requise.

SPDN Nº 292305

2024-11-14

Délivrance d’un AC 2025-03-04

Présentation déposée en tant que Niveau I – Supplément pour mettre à jour les étiquettes intérieures et extérieures. La présentation a été examinée et est considérée acceptable. Un AC a été délivré.

SPDN-C Nº 274523

2023-04-19

Délivrance d’un AC en vertu de la Ligne directrice sur les AC-C 2025-01-10

Présentation déposée en tant que Niveau I – Supplément à la suite des engagements pris en vertu des dispositions de la Ligne directrice : Avis de conformité avec conditions (AC-C). Ce SPDN C a été présenté pour fournir les rapports finaux de l’étude CodeBreak 100 et de l’essai clinique randomisé multicentrique, et pour mettre à jour la MP à l’aide des données provenant de ces études. Les données ont été examinées et sont considérées acceptable. Un AC a été délivré en vertu de la Ligne directrice : Avis de conformité avec conditions (AC-C).

SPDN Nº 276210

2023-06-14

Délivrance d’un AC en vertu de la Ligne directrice sur les AC-C 2024-10-28

Présentation déposée en tant que Niveau I – Supplément pour une nouvelle concentration. La présentation a été examinée et est considérée acceptable. Un AC a été délivré en vertu de la Ligne directrice : Avis de conformité avec conditions (AC-C) et un nouveau DIN (02552655) a été émis pour la nouvelle concentration. Un Sommaire de décision réglementaire a été publié.

RPEAR-C Nº 284150

2024-02-21

Déposée 2024-08-30

Présentation déposée à la suite des engagements pris en vertu des dispositions de la Ligne directrice : Avis de conformité avec conditions (AC-C). RPEAR-C pour la période allant du 2022-11-28 au 2023-05-27. Les renseignements ont été examinés et jugés acceptables. Aucune autre mesure n’était requise.

SPDN-C Nº 276755

2023-06-29

Délivrance d’un AC en vertu de la Ligne directrice sur les AC-C 2024-08-19

Présentation déposée en tant que Niveau I – Supplément à la suite des engagements pris en vertu des dispositions de la Ligne directrice : Avis de conformité avec conditions (AC-C). Ce SPDN C a été présenté pour fournir le rapport d’étude final pour l’étude 20170543 (CodeBreak 100) et pour mettre à jour la MP à l’aide des données provenant de cette étude. Les données ont été examinées et sont considérées acceptable. Un AC a été délivré en vertu de la Ligne directrice: Avis de conformité avec conditions (AC-C).

RPEAR-C Nº 278568

2023-08-25

Déposée 2024-01-23

Présentation déposée à la suite des engagements pris en vertu des dispositions de la Ligne directrice : Avis de conformité avec conditions (AC-C). RPEAR-C pour la période allant du 2022-11-28 au 2023-05-27. Les renseignements ont été examinés et jugés acceptables. Aucune autre mesure n’était requise.

SPDN Nº 269156

2022-10-28

Délivrance d’un AC 2023-10-13

Présentation déposée en tant que Niveau I – Supplément pour mettre à jour la MP en ajoutant de nouveaux renseignements sur l'innocuité et l’efficacité. La présentation a été examinée et est considérée acceptable. À cause du SPDN, des modifications ont été effectuées aux sections suivantes de la MP : Interactions médicamenteuses, Posologie et administration et Pharmacologie clinique. Des modifications correspondantes ont été effectuées à la partie III intitulée Renseignements pour les patients sur les médicaments et à l’encart d’accompagnement. Un AC a été délivré.

RPEAR-C Nº 267072

2022-08-16

Déposée 2023-01-18

Présentation déposée à la suite des engagements pris en vertu des dispositions de la Ligne directrice : Avis de conformité avec conditions (AC-C). RPEAR-C pour la période allant du 2021-11-28 au 2022-05-27. Les renseignements ont été examinés et jugés acceptables. Aucune autre mesure n’était requise.

RPEAR-C Nº 261733

2022-02-22

Déposée 2022-08-15

Présentation déposée à la suite des engagements pris en vertu des dispositions de la Ligne directrice : Avis de conformité avec conditions (AC-C). RPEAR-C pour la période allant du 2021-05-28 au 2021-11-27. Les renseignements ont été examinés et jugés acceptables. Aucune autre mesure n’était requise.

Avis de mise en marché d’un produit médicamenteux (DIN 02520095)

Sans objet

Date de la première vente  2021-10-22

Le fabricant a informé Santé Canada de la date de la première vente conformément à la disposition C.01.014.3 du Règlement sur les aliments et drogues.

PDN Nº 248435

2021-01-14

Délivrance d’un AC en vertu de la Ligne directrice sur les AC-C 2021-09-10

Délivrance d’un AC en vertu de la Ligne directrice sur les AC-C relatif à une Présentation de drogue nouvelle.

Sommaire des motifs de décision (SMD) portant sur Lumakras

SMD émis le : 2021-12-07

L'information suivante concerne la Présentation de drogue nouvelle pour Lumakras.

Sotorasib

Identification(s) numérique(s) de drogue(s):

  • DIN 02520095 - 120 mg sotorasib, comprimé, administration orale

Amgen Canada Inc.

Présentation de drogue nouvelle, numéro de contrôle : 248435

 

Le 10 septembre 2021, Santé Canada a émis à l’intention d’Amgen Canada Inc. un avis de conformité dans le cadre de la Ligne directrice : Avis de conformité avec conditions (AC-C) pour le produit médicamenteux Lumakras. Le produit a été autorisé en vertu de la Ligne directrice sur les AC-C en raison de données cliniques prometteuses, malgré la nécessité d’effectuer un suivi pour en confirmer les avantages cliniques. Les patients devraient être avisés du fait que l’autorisation de mise en marché a été émise sous certaines conditions.

L’autorisation de mise en marché s’appuie sur l’information portant sur la qualité (chimie et fabrication), ainsi que les études non cliniques (pharmacologie et toxicologie) et cliniques (pharmacologie, innocuité et efficacité) présentées. D’après l'évaluation des données reçues effectuée par Santé Canada, le profil avantages-effets nocifs-incertitudes de Lumakras est considéré comme étant favorable pour le traitement des patients adultes atteints d’un cancer du poumon non à petites cellules (CPNPC) présentant la mutation G12C de l’homologue de l’oncogène viral du sarcome du rat de Kirsten (mutation KRAS-G12C), localement avancé (pour lequel il n’existe aucun traitement curatif) ou métastatique, qui ont déjà reçu au moins un traitement à action générale.

 

1 Sur quoi l'autorisation porte-t-elle?

 

Lumakras, un agent antinéoplasique, a été autorisé pour le traitement des patients adultes atteints d’un cancer du poumon non à petites cellules (CPNPC) présentant la mutation G12C de l’homologue de l’oncogène viral du sarcome du rat de Kirsten (mutation KRAS-G12C), localement avancé (pour lequel il n’existe aucun traitement curatif) ou métastatique, qui ont déjà reçu au moins un traitement à action générale.

L’autorisation de mise en marché avec conditions pour cette indication se fonde sur le taux de réponse objective (TRO) et la durée de la réponse. Le maintien de l’approbation de cette indication dépendra de la corroboration et de la description des bienfaits cliniques dans le cadre d’au moins une étude de confirmation.

Santé Canada n’a pas autorisé d’indication pour les patients pédiatriques (âgés de moins de 18 ans), puisqu’aucune donnée n’est disponible à Santé Canada concernant l’administration de Lumakras chez cette population.

Au cours des études cliniques, aucune différence globale n’a été observée entre les patients âgés (65 ans et plus) et les patients plus jeunes en ce qui concerne l’innocuité ou l’efficacité du produit.

Lumakras est contre-indiqué chez les patients qui présentent une hypersensibilité au médicament, à un ingrédient de la préparation, y compris à un ingrédient non médicinal, ou à un composant du contenant.

Lumakras a été autorisé selon les conditions d’utilisation décrites dans sa monographie de produit, en tenant compte des risques potentiels associés à l’administration du médicament.

Lumakras (120 mg sotorasib) se présente sous forme d’un comprimé. En plus de l’ingrédient médicinal, le comprimé contient la croscarmellose sodique, l’oxyde de fer jaune, le lactose monohydraté, le stéarate de magnésium, la cellulose microcristalline, le polyéthylène glycol, l’alcool polyvinylique, le talc et le dioxyde de titane.

Pour de plus amples renseignements, veuillez consulter les sections Motifs d’ordre clinique, non clinique et qualitatif (caractéristiques chimiques et de fabrication).

Pour obtenir des renseignements supplémentaires, consulter également la monographie de produit de Lumakras approuvée par Santé Canada et accessible par l’intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.

 

2 Pourquoi Lumakras a-t-il été autorisé?

 

Santé Canada estime que Lumakras a un profil avantages-effets nocifs-incertitudes favorable pour le traitement des patients adultes atteints d’un cancer du poumon non à petites cellules (CPNPC) présentant la mutation G12C de l’homologue de l’oncogène viral du sarcome du rat de Kirsten (mutation KRAS-G12C), localement avancé (pour lequel il n’existe aucun traitement curatif) ou métastatique, qui ont déjà reçu au moins un traitement à action générale.

Lumakras a été autorisé en vertu de la Ligne directrice sur les AC-C en raison du caractère prometteur des données cliniques et de la nécessité de poursuivre le suivi afin d’attester les avantages cliniques du produit.

Le cancer du poumon est la principale cause de décès en raison du cancer au Canada. L’Organisation mondiale de la santé sépare le cancer du poumon en deux grandes catégories : le CPNPC et le cancer du poumon à petites cellules (CPPC). Plus de 80 % de tous les cas de cancer du poumon dans le monde sont des CPNPC. Le taux de survie à cinq ans pour les patients atteints de CPNPC avancé (stades IIIB et IV) est de 5,2 %. La survie médiane des patients atteints d’un CPNPC métastatique (stades IVA et B) varie de 8 à 11 mois et le taux de survie global à cinq ans est de 6,0 %. Le CPNPC localement avancé a un pronostic variable, car il peut comprendre un groupe hétérogène de tumeurs. Même si des traitements curatifs sont disponibles, la majorité des patients vivent une rechute. La récurrence locorégionale se produit chez près de 40 % des patients et au moins 50 % des patients sont atteints de métastases distantes. Dans les cas de CPNPC localement avancé non résécable, la survie sans progression médiane varie de huit à 12 mois, le taux de survie global à cinq ans est de 15 % à 25 % et le taux de survie global à dix ans est de 7,5 % à 15 %. Les patients atteints de CPNPC avancé (sans autre mutation pilote) n’ont actuellement aucune option de traitement curatif. Pour les patients métastatiques qui ont progressé précédemment au moyen d’une immunothérapie et d’un doublet de chimiothérapies à base de platine, les options de traitement palliatif comprennent une chimiothérapie cytotoxique à agent unique, comme le docétaxel. Cependant, il y a toujours un besoin médical non comblé pour cette population de patients, car les traitements de chimiothérapie à agent unique sont de courte durée et ont une toxicité significative liée aux médicaments.

Les mutations de la famille des gènes KRAS des proto-oncogènes sont parmi les mutations les plus répandues dans l’apparition du CPNPC. On estime que 80 % des mutations du gène KRAS se produisent au codon 12. Une substitution de la glycine par la cystéine au codon 12 (G12C) entraîne l’accumulation de protéines KRAS actives liées à la guanosine triphosphate (GTP), ainsi que des signaux de prolifération et de survie dans les cellules tumorales. La mutation KRAS-G12C est présente dans environ 13 % des adénocarcinomes pulmonaires et a été détectée comme un pilote oncogène présumé dans ce type de tumeur. Le sotorasib, l’ingrédient médicinal de Lumakras, est un inhibiteur particulier et irréversible de première classe de la protéine KRAS-G12C. Le sotorasib a bloqué la signalisation de la protéine KRAS, a inhibé la croissance cellulaire, a favorisé l’apoptose et a été associé aux réponses inflammatoires antitumorales et à l’immunité. Le sotorasib est hautement sélectif pour la protéine KRAS-G12C avec des effets in vitro et in vivo non ciblés détectables limités.

L’efficacité clinique de Lumakras a été démontrée dans l’étude pivot de phase II, intitulée CodeBreaK 100. Les patients inscrits à l’étude avaient un CPNPC localement avancé ou métastatique présentant une mutation KRAS-G12C et avaient connu une progression de la maladie après avoir reçu au moins une ligne de traitement systémique antérieure. On a administré une dose orale de 960 mg à 126 patients une fois par jour, jusqu’à la progression de la maladie ou l’atteinte d’une toxicité inacceptable. Sur 123 patients dont l'efficacité a été évaluée, la durée médiane du traitement était de 5,5 mois (intervalle : 0, 12), avec 48 % des patients traités pendant au moins six mois et 29 % des patients traités pendant au moins neuf mois.

Le paramètre principal d’efficacité était le taux de réponse objective (TRO), qui a été déterminé comme étant de 37,4 % (intervalle de confiance à 95 % [IC] : 28,8, 46,6). Les taux de réponse complète et partielle étaient respectivement de 1,6 % et 35,8 %. Compte tenu des limites de comparaisons entre les essais croisés, le TRO pour Lumakras observé dans cette étude est une amélioration par rapport à la norme de soins actuelle, le docétaxel (avec les limites inférieures pour l’IC à 95 % du TRO, 28,8 %, à l’exclusion du TRO historique du docétaxel). D’après les données historiques, le docétaxel a un TRO se situant entre 6 % et 15 %. La durée médiane de réponse (DR) du sotorasib était de 8,4 mois (intervalle : 1,3, 8,4) à compter de la date limite de la collecte des données en septembre 2020. L’intervalle de confiance à 95 % de la DR médiane étaient de 6,9 et 8,4 mois. Les réponses étaient durables et considérées comme étant cliniquement significatives.

On a obtenu les données probantes de l’innocuité clinique de Lumakras auprès de la population d’innocuité globale de 357 patients atteints de n’importe quel type de tumeur solide localement avancée ou métastatique avec une mutation KRAS-G12C et qui ont reçu une dose de 960 mg une fois par jour. Au sein de l’ensemble de la population d’innocuité, 204 patients atteints d’un CPNPC localement avancé ou métastatique présentant une mutation KRAS-G12C (ci-après appelé la population atteinte du CPNPC) ont participé à l’étude pivot, l’étude CodeBreaK 100. Dans la population atteinte du CPNPC, la durée médiane de l’exposition à Lumakras était de 19,5 semaines (intervalle : de 1,0 à 74,1), avec 38,7 % des patients exposés pendant au moins six mois, 22,1 % des patients exposés pendant au moins neuf mois et 2,9 % des patients exposés pendant au moins un an.

La majorité des patients atteints d’un CPNPC et traités au moyen de Lumakras (99 %) ont déclaré un événement indésirable apparu en cours de traitement (EIT). Les événements indésirables les plus courants (signalés chez au moins 10 % des patients et répertoriés par ordre de fréquence décroissante) étaient la diarrhée, les douleurs musculosquelettiques, la fatigue, les nausées, l’hépatotoxicité, la toux, les vomissements, la constipation, la dyspnée, les douleurs abdominales, l’œdème, la diminution de l’appétit, la pneumonie, l’arthralgie et les éruptions cutanées. La gravité de la majorité de ces événements indésirables était de grade 1 ou 2. Les événements indésirables de grade 3 ou supérieur se sont produits à une fréquence d’environ 5 % à 10 % et comprenaient l’hépatotoxicité, la diarrhée, les douleurs musculosquelettiques et la pneumonie. Même si l’on n’a réalisé aucune étude particulière sur l’intervalle QT ou QT corrigé (QTc), on n’a détecté aucune prolongation signficative de l’intervalle QT au cours de l’étude pivot. Les événements indésirables graves et les événements indésirables les plus fréquemment signalés qui entraînent une interruption permanente ou un décès sont énumérés dans la section Innocuité clinique.

La pneumonapthie interstitielle et la pneumonite ainsi que l’hépatotoxicité sont considérées comme étant les principaux risques de Lumakras et sont décrites dans la section Mises en garde et précautions de la monographie de produit de Lumakras. On a observé de la pneumonapthie interstitielle et de la pneumonite grave ou potentiellement mortelle chez 1,5 % des patients de la population atteinte d’un CPNPC. La pneumonite peut être confondue par une immunothérapie ou une radiothérapie antérieure ou par la progression du CPNPC, car on ne l’a pas observée chez les patients atteints d’autres types de tumeurs solides. On a le plus souvent détecté l’hépatotoxicité comme étant une augmentation de l’aspartate aminotransférase (AST) ou de l’alanine aminotransférase (ALT), avec 3 % des cas d’hépatotoxicité déclarés comme étant graves. La majorité des augmentations de l’AST et de l’ALT étaient asymptomatiques, n’étaient pas graves, et n’ont pas conduit à une insuffisance hépatique. L’incidence observée des augmentations de l’AST et de l’ALT était environ deux fois plus fréquente dans les tumeurs d’un CPNPC que dans les autres tumeurs solides (20 % et environ 10 %, respectivement). L’incidence, les types et la gravité d’autres événements indésirables étaient habituellement semblables entre les tumeurs du CPNPC et d’autres types de tumeurs.

Dans l’ensemble, compte tenu des données disponibles sur l’efficacité et l’innocuité dans le contexte du traitement d’une maladie mortelle, le profil avantages-effets nocifs-incertitudes de Lumakras a été jugé acceptable.

Amgen Canada Inc. a présenté à Santé Canada un plan de gestion des risques (PGR) relativement à Lumakras. Après examen, ce PGR a été jugé acceptable. Le PGR est destiné à décrire les problèmes d’innocuité connus ou possibles, à présenter le plan de surveillance prévu et, le cas échéant, à décrire les mesures qui seront mises en place pour réduire les risques liés au produit.

Les étiquettes interne et externe, la notice d’accompagnement et la section des renseignements pour les patients sur les médicaments de la monographie de produit de Lumakras qui ont été présentées répondent aux exigences réglementaires relatives à l’étiquetage, à l’utilisation d’un langage clair et aux éléments de conception.

Un examen de l’évaluation de la marque nominative présentée, y compris des évaluations des attributs nominatifs à présentation et à consonance semblables, a été effectué et le nom proposé de Lumakras a été accepté.

D’après les données non cliniques et les études cliniques, Lumakras présente un profil d’innocuité acceptable. Les problèmes d’innocuité relevés peuvent être gérés à l’aide de l’étiquetage et d’une surveillance adéquate. La monographie de produit de Lumakras comporte des mises en garde et des précautions appropriées pour répondre aux préoccupations d’innocuité identifiées. Tel qu’il est indiqué dans le cadre de la Ligne directrice sur les AC-C, l’innocuité de l’utilisation de Lumakras sera surveillée de façon continue. Une évaluation supplémentaire aura lieu une fois que les études demandées auront été présentées.

Cette présentation de drogue nouvelle répond aux exigences des articles C.08.002 et C.08.005.1; par conséquent, Santé Canada a émis l’avis de conformité prévu à l’article C.08.004 du Règlement sur les aliments et drogues. Pour de plus amples renseignements, veuillez consulter les sections Motifs de décision d’ordre clinique, non clinique et qualitatif (caractéristiques chimiques et de fabrication).

 

3 Quelles sont les étapes qui ont mené à l'autorisation de Lumakras?

 

Le promoteur a déposé une demande d’une prise en considération préalable conformément à la Ligne directrice : Avis de conformité avec conditions pour l’examen de la présentation de drogue nouvelle (PDN) pour Lumakras. On a effectué une évaluation qui a permis de déterminer que des données probantes prometteuses sur l’efficacité clinique avaient été fournies pour l’utilisation de Lumakras pour l’indication prévue. Par conséquent, la PDN a satisfait aux critères d’acceptation aux fins d’examen pour cette voie.

L’examen subséquent a mené à la décision de délivrer l’autorisation de commercialisation du promoteur conformément à la Ligne directrice sur les AC‑C, en reconnaissance des données probantes prometteuses, mais non confirmées de l’efficacité clinique dans la présentation. Conformément aux dispositions de la Ligne directrice sur les AC‑C, le promoteur a accepté de fournir des renseignements supplémentaires pour confirmer l’avantage clinique.

La présentation de drogue nouvelle (PDN) pour Lumakras a été examinée dans le cadre du Projet Orbis, un partenariat international conçu pour permettre aux patientes atteintes de cancer d’accéder plus rapidement à des traitements anticancéreux prometteurs. La présentation de Lumakras a été classée comme une présentation de type A dans le cadre du Projet Orbis. Cela permet d’avoir une collaboration maximale entre la Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis et les partenaires du Projet Orbis par la communication des examens, des échanges de demandes de clarification et la participation à des discussions multi-pays. La décision réglementaire canadienne concernant l’examen de Lumakras a été prise de manière indépendante et s’est fondée sur une évaluation critique de l’ensemble des données soumises à Santé Canada. L’examen multidisciplinaire étranger effectué par la FDA des États-Unis a été utilisé comme référence supplémentaire.

 

Étapes importantes de la présentation: Lumakras

Étape importante de la présentation Date
Réunion préalable à la présentation 2020-11-19
Demande de traitement prioritaire déposée 2020-11-19
Demande d'étude anticipée en vertu de la Ligne directrice sur les Avis de conformité avec conditions (AC-C) acceptée 2020-12-21
Dépôt de la présentation de drogue nouvelle 2021-01-14
Examen préliminaire  
Avis d'insuffisance émis lors de l'examen préliminaire 2021-01-26
Réponse déposée à l'Avis d'insuffisance émis lors de l'examen préliminaire 2021-02-08
Lettre d'acceptation à l'issue de l'examen préliminaire 2021-02-10
Examen  
Évaluation clinique/médicale terminée 2021-06-18
Évaluation biostatistique terminée 2021-05-07
Évaluation du plan de gestion des risques terminée 2021-05-16
Évaluation non clinique terminée 2021-06-23
Évaluation de la qualité terminée 2021-08-16
Examen de l'étiquetage terminé 2021-08-17
Délivrance de l'Avis d'admissibilité à un Avis de conformité avec conditions (AA-AC-C) 2021-08-18
Examen de la réponse de l'AA-AC-C :  
Réponse déposée (Lettre d'engagement) 2021-08-27
Évaluation clinique/médicale terminée 2021-09-08
Délivrance de l'Avis de conformité (AC) par le directeur général, Direction des produits thérapeutiques dans le cadre de la Ligne directrice sur les Avis de conformité avec conditions (AC-C) 2021-09-10

 

Pour de plus amples renseignements sur le processus de présentation de drogue, consulter la Ligne directrice de l’industrie : gestion des présentations et des demandes de drogues.

 

4 Quelles mesures de suivi le promoteur prendra-t-il?

 

Les exigences en matière d’activités post-commercialisation sont décrites dans la Loi sur les aliments et drogues et le Règlement connexe.

Les exigences en matière d’activités post-commercialisation sont décrites dans la Loi sur les aliments et drogues et son Règlement, et dans la Ligne directrice sur les avis de conformité avec conditions (AC-C). En outre, le promoteur a accepté de fournir les éléments suivants :

Études de confirmation

Le promoteur s’est engagé à présenter le rapport final pour la phase II de l’étude CodeBreaK 100 à titre de supplément à une présentation de drogue nouvelle - Confirmation (SPDN-C). Ce SPDN-C devrait contenir des données sur les 126 patients inscrits à l’étude qui sont atteints d’un cancer du poumon non à petites cellules (CPNPC) présentant une mutation dans la protéine Kirsten rat sarcoma viral (KRAS) entraînant une substitution de la glycine à la cystéine dans le codon 12 (ci-après appelée mutation KRAS-G12C). Le rapport final devrait vérifier et décrire les avantages cliniques du sotorasib et caractériser davantage la durée de la réponse chez les patients ayant obtenu une réponse complète ou partielle au sotorasib. Tous les patients qui répondent doivent être suivis pendant au moins deux ans à compter du début de la réponse ou jusqu’à la progression de la maladie, selon la première de ces deux dates.

Le promoteur a accepté de présenter le rapport final, sous forme de SPDN-C, de la sous-étude de CodeBreaK 100 sur l’optimisation de la dose randomisée. L’étude devrait caractériser davantage les événements indésirables graves, y compris la toxicité gastro-intestinale, et comparer l’innocuité et l’efficacité du sotorasib 960 mg par jour par rapport à une dose quotidienne plus faible chez les patients atteints d’un CPNPC avancé localement ou métastatique présentant une mutation KRAS-G12C qui ont reçu au moins une thérapie systémique antérieure.

Le promoteur doit également présenter le rapport final de l’étude multicentrique randomisée CodeBreaK 200 en tant que SPDN-C. Les données présentées devraient comprendre les résultats finaux concernant la survie sans progression qui vérifient et décrivent l’avantage clinique du sotorasib chez les patients atteints de CPNPC localement avancé ou métastatique ayant des antécédents de traitement systémique pour une maladie avancée et dont les tumeurs abritent des mutations KRAS-G12C.

Études supplémentaires

Le promoteur a accepté de présenter le rapport final d’une étude sur l’interaction médicamenteuse clinique qui évaluera l’effet de l’administration concomitante de sotorasib sur l’exposition systémique des substrats transporteurs de la protéine de résistance au cancer du sein.

Le promoteur doit également présenter le rapport final d’une étude clinique sur l’insuffisance hépatique à titre de présentation supplémentaire de drogue nouvelle (SPDN). Les résultats de cette étude détermineront une dose sûre et appropriée de sotorasib pour les patients atteints d’une insuffisance hépatique modérée à grave.

Études de surveillance de l’innocuité postcommercialisation

Les rapports périodiques d’évaluation des avantages et des risques - Confirmation (RPEAR-C) ou des rapports périodiques de pharmacovigilance - Confirmation (RPPV-C) seront présentés annuellement à Santé Canada jusqu’à ce que l’ensemble des conditions relatives aux autorisations de commercialisation aux termes de la ligne directrice sur les AC-C soient retirées. Le RPEAR-C et le RPPV-C devraient se conformer aux lignes directrices de l’International Council for Harmonisation (ICH) et renfermer des données cumulatives sur tous les événements indésirables pertinents non enregistrés entre la date de commercialisation et celle du rapport.

Le promoteur doit également se conformer aux exigences en matière de rapport sur des questions particulières préoccupantes énoncées dans la Ligne directrice sur les AC-C, y compris la déclaration de tous les événements indésirables graves liés au médicament survenant au Canada et de tous les événements indésirables graves et inattendus liés au médicament survenant à l’extérieur du Canada, conformément au Règlement sur les aliments et drogues (C.01.017) et aux lignes directrices.

 

6 Quels sont les autres renseignements disponibles à propos des médicaments?

 

Pour obtenir des renseignements à jour sur les produits médicamenteux, veuillez suivre les liens suivants :

 

7 Quelle est la justification scientifique sur laquelle s'est fondé Santé Canada?
7.1 Motifs cliniques de la décision

 

Pharmacologie clinique

Le sotorasib, l’ingrédient médicinal de Lumakras, est un inhibiteur oral, puissant et hautement sélectif d’une protéine KRAS (Kirsten rat sarcoma virus; virus du sarcome du rat de Kirsten) contenant une mutation ponctuelle dans le codon 12 qui entraîne une substitution de la glycine à la cystéine (KRAS-G12C), une forme mutante-oncogène, limitée aux tumeurs, de l’enzyme guanosine triphosphate hydrolase (GTPase) RAS (rat sarcoma virus; virus du sarcome du rat), KRAS. La protéine KRAS-G12C mutée est présente dans environ 13 % des adénocarcinomes pulmonaires et a été détectée comme un pilote oncogène présumé dans ce type de tumeur. Le sotorasib forme un lien covalent irréversible avec la cystéine unique de la protéine KRAS-G12C, verrouillant la protéine dans un état inactif qui empêche la signalisation en aval sans affecter le gène KRAS de type sauvage.

La pharmacocinétique du sotorasib a été caractérisée chez des patients atteints de tumeurs solides présentant une mutation de KRAS-G12C, y compris le CPNPC, et chez des participants en bonne santé. Le temps médian pour atteindre la concentration plasmatique maximale était d’une heure après l’administration d’une dose unique ou d’une dose multiple de sotorasib. À l’état stationnaire, le volume moyen de distribution du sotorasib était de 211 L. Le sotorasib est métabolisé principalement par la conjugaison du glutathion et du métabolisme oxydatif. La demi-vie moyenne terminale d’élimination plasmatique (± écart-type) est de 5 ± 2 heures. La clairance orale moyenne (Cl/F) (coefficient de variation [CV %]) était de 12,7 L/heure (75 %) après une dose orale unique de 960 mg de sotorasib et augmentait à 26,2 L/heure (76 %) au huitième jour à la suite d’une administration à doses multiples. Après une dose unique de sotorasib radiomarquée, environ 74 % (53 % de dose inchangée) de la dose a été récupérée dans les excréments et 6 % (1 % de dose inchangée) a été récupérée dans l’urine.

On a évalué la pharmacocinétique du sotorasib chez les patients atteints d’un CPNPC au cours de l’étude pivot de phase I/II, intitulée CodeBreak 100 (décrite dans la section Efficacité clinique. Le sotorasib a présenté une pharmacocinétique non linéaire dépendante du temps sur la gamme de doses allant de 180 mg à 960 mg, administrée une fois par jour. Les niveaux d’exposition systémique observés étaient semblables dans l’ensemble des doses à l’état stationnaire, mesurés par la surface sous la courbe de concentration plasmatique en fonction du temps de 0 à 24 heures après l’administration (SSC0-24h) et la concentration plasmatique maximale (Cmax). On a attribué les similitudes dans les niveaux d’exposition systémique à la faible solubilité du sotorasib. On a atteint l’état stationnaire en 22 jours et on n’a observé aucune accumulation avec une dose multiple.

Les données globales sur l’innocuité, la tolérabilité et l’efficacité chez les patients atteints d’un CPNPC et les résultats de la modélisation de l’exposition-réponse indiquent que le schéma posologique proposé de 960 mg de sotorasib une fois par jour est acceptable. Toutefois, une optimisation supplémentaire du schéma posologique est prévue dans le cadre des engagements post-commercialisation pris par le promoteur. On a observé une efficacité similaire lorsque des doses quotidiennes plus faibles (de 180 mg à 720 mg une fois par jour) ont été administrées aux patients, même si le nombre de patients ayant reçu des doses plus faibles n’a pas été jugé suffisant pour tirer des conclusions à partir des données. De plus, on a observé des expositions semblables à l’état stationnaire dans les schémas posologiques allant de 180 mg à 960 mg, probablement en raison d’une mauvaise solubilité. On n’a relevé aucune tendance importante de la modélisation de l’exposition-réponse pour les paramètres d’efficacité ou d’innocuité, à l’exception d’une fréquence légèrement plus élevée de toxicités gastro-intestinales de grade 3 ou plus élevée. Toutefois, le modèle exposition-innocuité a été confondu par une aggravation de l’état de la maladie au niveau de référence (tel que déterminé par le score ECOG [Eastern Cooperative Oncology Group; Groupe d'oncologie coopérative de l'Est] et la taille de la tumeur au niveau de référence). À la lumière de ces observations, on a demandé une étude randomisée d’optimisation de la dose pour déterminer si une dose quotidienne plus faible de sotorasib peut fournir une efficacité similaire et réduire le fardeau lié au comprimé pour les patients.

On n’a relevé aucune différence cliniquement significative dans la pharmacocinétique du sotorasib en fonction de l’âge, du sexe, de la race, du poids corporel, des lignes de traitement antérieures ou de l’état de rendement d’ECOG.

D’après le profil d’excrétion et les résultats de l’analyse pharmacocinétique de la population pour le sotorasib, l’ajustement de la dose n’est pas recommandé pour les patients atteints d’insuffisance rénale légère à modérée. À titre d’engagements post-commercialisation, le promoteur devrait effectuer une étude sur l’insuffisance hépatique chez les sujets atteints d’insuffisance hépatique modérée à grave.

On doit éviter la coadministration de Lumakras avec des agents réducteurs d’acide (inhibiteurs de la pompe à protons ou antagonistes des récepteurs H2) et de puissants inducteurs du CYP3A4. Lorsqu’ils ont été coadministrés dans le cadre d’études cliniques, on a observé des changements dans les niveaux d’exposition de Lumakras ou du médicament coadministré, ce qui peut réduire l’efficacité de Lumakras. Lumakras est également un inducteur modéré du CYP3A4. Il faut donc éviter la coadministration de Lumakras avec les substrats du CYP3A4, car cela réduit la concentration de substrats du CYP3A4 et peut entraîner une défaillance thérapeutique de ces substrats. De plus, la coadministration de Lumakras et d’un substrat de P-glycoprotéine (P-gp) a entraîné une augmentation des substrats de P-gp et devrait être évitée, car les changements dans la concentration des substrats de P-gp ayant un indice thérapeutique étroit peuvent entraîner une augmentation des événements indésirables.

Pour obtenir des renseignements supplémentaires, consulter la monographie de produit de Lumakras approuvée par Santé Canada et accessible par l’intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.

Efficacité clinique

On a fourni principalement des données probantes sur l’efficacité clinique de Lumakras au moyen des résultats de l’étude pivot de phase II, CodeBreaK 100. Les patients inscrits à l’étude avaient un CPNPC localement avancé ou métastatique présentant une mutation KRAS-G12C et avaient connu une progression de la maladie après avoir reçu au moins une ligne de traitement systémique antérieure. Sur les 126 patients initialement inscrits à l’étude, 123 patients avaient au moins une lésion mesurable au niveau de référence selon les critères RECIST (Response Evaluation Criteria in Solid Tumors, Critères d’évaluation de la réponse des tumeurs solides) version 1.1, évalués par un examen central indépendant à l’aveugle (ECIA). On a administré une dose orale de 960 mg à ces 123 patients une fois par jour, jusqu’à la progression de la maladie ou l’atteinte d’une toxicité inacceptable. La durée médiane du traitement était de 5,5 mois (intervalle : 0, 12), avec 48 % des patients traités pendant au moins six mois et 29 % des patients traités pendant au moins neuf mois.

Selon les critères RECIST version 1.1, le paramètre principal d’efficacité était le taux de réponse objective (TRO) et il a été évalué au moyen d’un ECIA. On a déterminé que le TRO était de 37,4 % (intervalle de confiance à 95 % [IC] : 28,8, 46,6). Les taux de réponse complète et partielle étaient respectivement de 1,6 % et 35,8 %. Compte tenu des limites de comparaisons entre les essais, le TRO pour Lumakras observé dans cette étude (y compris les limites inférieures pour l’IC à 95 %) est une amélioration par rapport à la norme de soins actuelle, le docétaxel. D’après les données historiques, le docétaxel a un TRO se situant entre 6 % et 15 %. La durée médiane de réponse (DR) du sotorasib a été confirmée par l’ECIA comme étant de 8,4 mois (intervalle : 1,3, 8,4) à compter de la date limite de la collecte des données en septembre 2020. Les limites inférieures pour l’IC à 95 % de la DR étaient de 6,9 et 8,4 mois. Les réponses étaient durables et considérées comme étant cliniquement significatives.

Le TRO était habituellement cohérent dans plusieurs sous-groupes préspécifiés. Les sous-groupes évalués étaient l’âge (moins de 65 ans ou plus de 65 ans), le sexe, le nombre de lignes de traitement antérieures, l’état de l’ECOG (0-1), les types de traitements antérieurs, l’immunothérapie et la chimiothérapie séquentielles antérieures par rapport à l’immunothérapie et la chimiothérapie combinées, et la biopsie tissulaire par rapport à un échantillon de sang.

Les données de l’étude n’ont pas permis de déterminer les différences dans l’efficacité du sotorasib entre les patients atteints d’un CPNPC localement avancé et d’un CPNPC métastatique, puisque seulement quatre patients sur 123 étaient atteints d’un CPNPC localement avancé. Cependant, ces patients représentent une population qui a un besoin médical non comblé. Par conséquent, l’efficacité de Lumakras chez les patients atteints d’un CPNPC localement avancé a été extrapolée à partir de l’ensemble de la population en fonction des similarités dans la biologie de la maladie et les options de traitement clinique. On n’a observé aucune métastase distante chez la majorité des patients atteints d’un CPNPC localement avancé traités au moyen de Lumakras. Étant donné que cette sous-population est à risque élevé de progression de la maladie vers le stade IV, l’absence de métastases distantes est considérée comme une donnée probante prometteuse de l’efficacité de Lumakras.

Indication

Lindication proposée par le promoteur

Lindication approuvée par Santé Canada

Lumakras (sotorasib) est indiqué pour le traitement de patients atteints d’un cancer du poumon non à petites cellules (CPNPC) présentant la mutation G12C de l’homologue de l’oncogène viral du sarcome du rat de Kirsten (mutation KRAS-G12C), localement avancé ou métastatique, qui ont déjà reçu un traitement.

Lumakras (sotorasib) est indiqué pour le traitement des patients adultes atteints d’un cancer du poumon non à petites cellules (CPNPC) présentant la mutation G12C de l’homologue de l’oncogène viral du sarcome du rat de Kirsten (mutation KRAS-G12C), localement avancé (pour lequel il n’existe aucun traitement curatif) ou métastatique, qui ont déjà reçu au moins un traitement à action générale.

Pour de plus amples renseignements, consulter la monographie de produit de Lumakras approuvée par Santé Canada et accessible par l’intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.

Innocuité clinique

On a déterminé les données probantes de l’innocuité clinique de Lumakras en fonction des données recueillies auprès de la population d’innocuité globale de 357 patients atteints de n’importe quel type de tumeur solide localement avancée ou métastatique avec une mutation KRAS-G12C et qui ont reçu une dose de 960 mg une fois par jour. Au sein de l’ensemble de la population d’innocuité, 204 patients atteints d’un CPNPC localement avancé ou métastatique (ci-après appelé la population atteinte du CPNPC) ont participé à l’étude pivot, l’étude CodeBreaK 100 (décrite dans la section Efficacité clinique). Dans la population atteinte du CPNPC, la durée médiane de l’exposition à Lumakras était de 19,5 semaines (intervalle : de 1,0 à 74,1), avec 38,7 % des patients exposés pendant au moins six mois, 22,1 % des patients exposés pendant au moins neuf mois et 2,9 % des patients exposés pendant au moins un an.

La majorité des patients atteints d’un CPNPC et traités au moyen de Lumakras (99 %) ont déclaré un événement indésirable apparu en cours de traitement (EIT). Les événements indésirables les plus courants (signalés chez au moins 10 % des patients et répertoriés par ordre de fréquence décroissante) étaient la diarrhée, les douleurs musculosquelettiques, la fatigue, les nausées, l’hépatotoxicité, la toux, les vomissements, la constipation, la dyspnée, les douleurs abdominales, l’œdème, la diminution de l’appétit, la pneumonie, l’arthralgie et les éruptions cutanées. La gravité de la majorité de ces événements indésirables était de grade 1 ou 2. Les événements indésirables de grade 3 ou supérieur se sont produits à une fréquence d’environ 5 % à 10 % et comprenaient l’hépatotoxicité, la diarrhée, les douleurs musculosquelettiques et la pneumonie. Même si l’on n’a réalisé aucune étude particulière sur l’intervalle QT ou QT corrigé (QTc), on n’a détecté aucune prolongation significative de l’intervalle QT au cours de l’étude pivot.

Les événements indésirables graves les plus fréquemment signalés étaient la pneumonie (8 %), les douleurs musculosquelettiques (5 %), l’hépatotoxicité (3 %) et la diarrhée (2 %). Les décès dus à des événements indésirables se sont produits chez 16 % des patients et étaient principalement associés à la progression de la maladie ou à des complications. Des cas mortels de pneumonie liée au traitement se sont produits chez 0,5 % des 204 patients de la population atteinte d’un CPNPC.

L’interruption permanente en raison d’événements indésirables s’est produite chez 9 % des patients, ce qui indique un profil de tolérabilité favorable. Les événements indésirables les plus courants entraînant l’interruption étaient l’hépatotoxicité (4 %), la pneumonite (1 %), l’augmentation de la phosphatase alcaline dans le sang (1 %), la pneumonie (0,5 %), la dyspnée (0,5 %) et les vomissements (0,5 %). Les événements indésirables les plus courants du médicament entraînant une interruption ou une réduction de la dose étaient l’hépatotoxicité (11 %), la diarrhée (9 %), les douleurs musculosquelettiques (4 %), l’augmentation de la phosphatase alcaline dans le sang (3,4 %), les nausées (3 %) et la pneumonie (3 %).

La pneumopathie interstitielle et la pneumonite ainsi que l’hépatotoxicité sont considérées comme étant les principaux risques de Lumakras et sont décrites dans la section Mises en garde et précautions de la monographie de produit de Lumakras. On a observé de la pneumopathie interstitielle et la pneumonite grave ou potentiellement mortelle chez 1,5 % des patients de la population atteinte d’un CPNPC. La pneumonite peut être confondue par une immunothérapie ou une radiothérapie antérieure ou par la progression du CPNPC, car on ne l’a pas observée chez les patients atteints d’autres types de tumeurs solides. On a le plus souvent détecté l’hépatotoxicité comme étant une augmentation de l’aspartate aminotransférase (AST) ou de l’alanine aminotransférase (ALT), avec 3 % des cas d’hépatotoxicité déclarés comme étant graves. La majorité des augmentations de l’AST et de l’ALT étaient asymptomatiques, n’étaient pas graves, et n’ont pas conduit à une insuffisance hépatique. L’incidence observée des augmentations de l’AST et de l’ALT était environ deux fois plus fréquente dans les tumeurs d’un CPNPC que dans les autres tumeurs solides (20 % et environ 10 %, respectivement). L’incidence, les types et la gravité d’autres événements indésirables étaient habituellement semblables entre les tumeurs du CPNPC et d’autres types de tumeurs.

Dans l’ensemble, compte tenu des données disponibles dans le contexte du traitement d’une maladie mortelle, le profil de toxicité de Lumakras a été jugé favorable.

Pour de plus amples renseignements, consulter la monographie de produit de Lumakras approuvée par Santé Canada et accessible par l’intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.

 

 

 

7.2 Motifs non cliniques de la décision

 

Le sotorasib est un inhibiteur spécifique et irréversible de la protéine KRAS-G12C, une forme oncogène mutée de la protéine KRAS exprimée exclusivement dans les tumeurs. Le sotorasib est hautement sélectif pour la protéine KRAS-G12C avec des effets in vitro et in vivo non ciblés détectables limités.

On a effectué des études toxicologiques générales chez des rats et des chiens, chacune d’une durée de trois mois. Des signes de toxicité rénale ont été observés chez les rats, y compris une dégénérescence/nécrose tubulaire minime à importante révélée à l’examen histologique, de même qu’une augmentation du poids des reins, du taux d’azote uréique, du taux de créatinine et de biomarqueurs urinaires de lésions tubulaires rénales. Ces événements indésirables étaient présents à des doses de 60 mg/kg ou plus, ce qui représente environ 0,4 fois l’exposition humaine à la dose clinique de 960 mg, selon l’exposition mesurée par la surface sous la courbe (SSC) de concentration plasmatique en fonction du temps. Le fait qu’une biotransformation plus importante s’effectue par la voie de la cystéine-S-conjuguée β-lyase dans les reins chez les rats, comparativement aux observations chez les humains, suggère que les rats sont plus vulnérables à une néphrotoxicité attribuable à la formation hypothétique de métabolites contenant du soufre. Au cours des essais cliniques au sotorasib, on n’a pas observé de néphrotoxicité. Chez les chiens, des résultats induits par le sotorasib ont été détectés dans le foie, la glande pituitaire et la glande thyroïdienne à des doses de 200 mg/kg ou plus, ce qui représente environ 0,35 fois l’exposition humaine à la dose clinique de 960 mg fondée sur la SSC. Même si les taux d’hormones thyroïdiennes n’ont pas été mesurés chez les chiens, ces résultats peuvent être dus à une réponse adaptative à l’induction de l’enzyme hépatocellulaire et à la réduction subséquente des niveaux d’hormones thyroïdiennes (hypothyroïdie secondaire).

Le sotorasib n’a pas eu d’effet mutagène in vitro au cours de l’épreuve de mutagénicité bactérienne (test d’Ames) et il n’a pas eu d’effet génotoxique in vivo au cours du test des micronoyaux et du test des comètes. Aucune étude de cancérogénicité n’a été effectuée avec le sotorasib.

On a effectué des études de toxicologie embryofœtale chez les rats et les lapins. Les principales constatations associées au sotorasib administré par voie orale étaient la diminution du gain de poids maternel, la diminution du gain de poids absolu et la réduction du poids fœtal à des expositions cliniquement pertinentes. On n’a observé aucun effet sur la survie ou le développement embryofœtal chez les rats à des doses allant jusqu’à 540 mg/kg. On a observé une réduction statistiquement importante dans le nombre de métacarpiens ossifiés chez les lapins.

Ni la fécondité ni les études sur le développement précoce embryonnaire n’ont été effectuées au moyen du sotorasib. Cependant, on n’a observé aucun événement indésirable sur les organes reproducteurs féminins ou masculins dans les études toxicologiques générales effectuées chez les rats et les chiens.

Les résultats des études non cliniques ainsi que les risques potentiels pour les humains ont été inclus dans la monographie de produit de Lumakras. Compte tenu de l’utilisation prévue de Lumakras, il n’existe aucun problème pharmacologique ou toxicologique dans cette présentation qui empêche l’autorisation du produit.

Pour de plus amples renseignements, consulter la monographie de produit de Lumakras approuvée par Santé Canada et accessible par l’intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.

 

 

7.3 Motifs d'ordre qualitatif

 

L’information soumise sur les caractéristiques chimiques et la fabrication de Lumakras montre que la substance médicamenteuse et le produit médicamenteux peuvent être fabriqués de façon à répondre systématiquement aux spécifications approuvées. Des études appropriées au développement et à la validation ont été menées, et des contrôles adéquats sont en place pour les procédés commerciaux. Les modifications apportées au procédé de fabrication et à la formulation effectuées tout au long du développement du produit médicamenteux ont été examinées et jugées acceptables. D’après les données sur la stabilité soumises, la durée de conservation proposée de 24 mois est jugée acceptable lorsque le produit est entreposé à la température ambiante (entre 15 ºC et 30 ºC).

On estime que les limites proposées concernant les impuretés liées au médicament ont été raisonnablement qualifiées, c’est-à-dire qu’elles se situent dans les limites établies par l’International Council for Harmonisation (l’ICH) et/ou qu’elles sont qualifiées à partir d’études toxicologiques.

Toutes les installations participant à la production sont conformes aux bonnes pratiques de fabrication.

Aucun des ingrédients non médicinaux (excipients, décrits précédemment) présents dans le produit médicamenteux n’est interdit par le Règlement sur les aliments et drogues.

Le lactose monohydraté est la seule matière première d’origine animale utilisée dans la fabrication des comprimés de Lumakras. On a fourni une certification pour confirmer que le lactose monohydraté est obtenu à partir de lait bovin propre à la consommation humaine. Il n’est pas considéré comme étant un risque d’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) et d’encéphalopathie spongiforme transmissible (EST).