Sommaire des motifs de décision portant sur Truqap
Décisions d'examen
Le sommaire des motifs de décision explique les raisons pour lesquelles un produit a reçu une autorisation de vente au Canada. Le document comprend les considérations portant sur la réglementation, l’innocuité, l’efficacité et la qualité (sur le plan de la chimie et de la fabrication).
Type de produit:
- Ce document est une traduction française du document anglais approuvé.
Sommaire des motifs de décision (SMD)
Les sommaires des motifs de décision (SMD) présentent des renseignements sur l'autorisation initiale d'un produit. Le SMD portant sur Truqap est accessible ci-dessous.
Activité récente relative à Truqap
Les SMD relatifs aux médicaments éligibles (tels que décrits dans la Foire aux questions : Phase II du projet de sommaires des motifs de décision [SMD]) autorisés après le 1er septembre 2012 seront mis à jour afin d'inclure des renseignements sous forme de tableau des activités postautorisation (TAPA). Le TAPA comprendra de brefs résumés d'activités telles que les présentations de demandes de nouvelles utilisations, ainsi que les décisions de Santé Canada (positives ou négatives). Les TAPA seront mis à jour régulièrement en ce qui a trait aux activités postautorisation tout au long du cycle de vie du produit.
Le tableau suivant décrit les activités postautorisation menées à l’égard de Truqap, un produit dont l’ingrédient médicinal est le capivasertib. Pour en savoir plus sur le type de renseignements présentés dans les TAPA, veuillez consulter la Foire aux questions : Phase II du projet de sommaires des motifs de décision (SMD) et à la Liste des abréviations qui se trouvent dans les Tableaux des activités postautorisation (TAPA).
Pour de plus amples renseignements sur le processus de présentation de drogues, consultez la Ligne Directrice : Gestion des présentations et des demandes de drogues.
Mise à jour : 2025-06-20
Identification numérique de drogue (DIN) :
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DIN 02544733 – 160 mg capivasertib, comprimé, administration orale
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DIN 02544741 – 200 mg capivasertib, comprimé, administration orale
Tableau des activités postautorisation (TAPA)
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Type et numéro d’activité ou de présentation |
Date de présentation |
Décision et date |
Sommaire des activités |
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| SPDN Nº 289562 | 2024-08-14 | Délivrance d’un AC 2025-01-03 | Présentation déposée en tant que Niveau II – Supplément (innocuité) pour mettre à jour la MP en ajoutant de nouveaux renseignements sur l'innocuité. La présentation a été examinée et est considérée acceptable. À cause du SPDN, des modifications ont été effectuées aux sections suivantes de la MP : Encadré « Mises en garde et précautions importantes », Mises en gardes et précautions et Posologie et administration. Des modifications correspondantes ont été effectuées à la partie III intitulée Renseignements pour les patients sur les médicaments et à l’encart d’accompagnement. Un AC a été délivré. |
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Avis de mise en marché d’un produit médicamenteux (DIN 02544733) |
Sans objet |
Date de la première vente : 2024-04-16 |
Le fabricant a informé Santé Canada de la date de la première vente conformément à la disposition C.01.014.3 du Règlement sur les aliments et drogues. |
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Avis de mise en marché d’un produit médicamenteux (DIN 02544741) |
Sans objet |
Date de la première vente : 2024-04-01 |
Le fabricant a informé Santé Canada de la date de la première vente conformément à la disposition C.01.014.3 du Règlement sur les aliments et drogues. |
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PDN Nº 274859 |
2023-04-28 |
Délivrance d’un AC 2024-01-26 |
Délivrance d’un AC relatif à une Présentation de drogue nouvelle. |
Sommaire des motifs de décision (SMD) portant sur Truqap
SMD émis le : 2024-10-11
L'information suivante concerne la Présentation de drogue nouvelle pour Truqap.
Capivasertib
Identification numérique de drogue (DIN) :
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DIN 02544733 – 160 mg capivasertib, comprimé, administration orale
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DIN 02544741 – 200 mg capivasertib, comprimé, administration orale
AstraZeneca Canada Inc.
Présentation de drogue nouvelle, numéro de contrôle : 274859
Type de présentation : Présentation de drogue nouvelle (Nouvelle substance active)
Domaine thérapeutique (Classification anatomique, thérapeutique, chimique [Anatomical
Therapeutic Chemical], deuxième niveau) : L01 Agents antinéoplasiques
Date de présentation : 2023-04-28
Date d’autorisation : 2024-01-26
Le 26 janvier 2024, Santé Canada a émis à l'intention d’AstraZeneca Canada Inc. un Avis de conformité pour le produit médicamenteux Truqap.
L'autorisation de mise en marché s'appuie sur l'information portant sur la qualité (chimie et fabrication), ainsi que les études non cliniques (pharmacologie et toxicologie) et cliniques (pharmacologie, innocuité et efficacité) présentées. D'après l'évaluation des données reçues effectuée par Santé Canada, le profil avantages-effets nocifs-incertitudes de Truqap, en association avec le fulvestrant, est considéré comme étant favorable pour le traitement des femmes adultes atteintes d’un cancer du sein localement avancé ou métastatique à récepteurs hormonaux positifs et à récepteur 2 du facteur de croissance épidermique humain (HER2) négatif présentant une ou plusieurs altérations dans les gènes phosphatidylinositol-4,5-bisphosphate 3-kinase sous-unité catalytique alpha (PIK3CA) / AKT serine/thréonine kinase 1 (AKT1) / analogues de la phosphatase et du tensine (PTEN) (les altérations PIK3CA/AKT1/PTEN), après la progression de la maladie pendant au moins une hormonothérapie dans le cas d’un cancer métastatique, ou une récidive pendant le traitement adjuvant ou dans les 12 mois suivant la fin de ce traitement.
1 Sur quoi l'autorisation porte-t-elle?
Truqap, un agent antinéoplasique, a été autorisé, en association avec le fulvestrant, pour le traitement des femmes adultes atteintes d’un cancer du sein localement avancé ou métastatique à récepteurs hormonaux positifs et à récepteur 2 du facteur de croissance épidermique humain (HER2) négatif présentant une ou plusieurs altérations dans les gènes phosphatidylinositol-4,5-bisphosphate 3-kinase sous-unité catalytique alpha (PIK3CA) / AKT serine/thréonine kinase 1 (AKT1) / analogues de la phosphatase et du tensine (PTEN) (les altérations PIK3CA/AKT1/PTEN), après la progression de la maladie pendant au moins une hormonothérapie dans le cas d’un cancer métastatique, ou une récidive pendant le traitement adjuvant ou dans les 12 mois suivant la fin de ce traitement.
L’usage de Truqap n’est pas autorisé dans la population pédiatrique (< 18 ans), car aucune donnée d’innocuité et d’efficacité n’est disponible dans cette population.
Sur les 355 participants traités avec Truqap, 115 (32,4 %) étaient âgés de 65 ans ou plus. Aucune différence d’efficacité cliniquement significative a été observée entre les participants de 65 ans ou plus et ceux de moins de 65 ans. Les analyses d’innocuité indiquent une incidence plus élevée de réactions indésirables graves chez les personnes âgées de plus de 65 ans que chez les participants plus jeunes.
Truqap (160 mg et 200 mg capivasertib) se présente sous forme d’un comprimé. En plus de l'ingrédient médicinal, le comprimé contient l’hydrogénophosphate de calcium, le copovidone, le croscarmellose sodique, l’hypromellose, l’oxyde de fer noir (E172), l’oxyde de fer rouge (E172), l’oxyde de fer jaune (E172), le macrogol 3350, le stéarate de magnésium, le cellulose microcristalline, le polydextrose, l’eau purifiée, le dioxyde de titane, et les triglycérides (à chaîne moyenne).
L'utilisation de Truqap est contre-indiquée chez les participants qui présentent une hypersensibilité au capivasertib, à l’un des ingrédients de la préparation, y compris à l’un des ingrédients non médicinaux, ou à l’un des composants de son contenant.
Le produit médicamenteux a été autorisé selon les conditions d'utilisation décrites dans sa monographie de produit, en tenant compte des risques potentiels associés à son administration. La monographie de produit de Truqap est accessible par l'intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.
Pour de plus amples renseignements sur la justification de la décision de Santé Canada, veuillez consulter les sections Motifs d'ordre clinique, non clinique et qualitatif (caractéristiques chimiques et de fabrication).
2 Pourquoi Truqap a-t-il été autorisé?
Santé Canada estime que Truqap a un profil avantages-effets nocifs-incertitudes favorable, en association avec le fulvestrant, pour le traitement des femmes adultes atteintes d’un cancer du sein localement avancé ou métastatique à récepteurs hormonaux positifs et à récepteur 2 du facteur de croissance épidermique humain (HER2) négatif présentant une ou plusieurs altérations dans les gènes phosphatidylinositol-4,5-bisphosphate 3-kinase sous-unité catalytique alpha (PIK3CA) / AKT serine/thréonine kinase 1 (AKT1) / analogues de la phosphatase et du tensine (PTEN) (les altérations PIK3CA/AKT1/PTEN), après la progression de la maladie pendant au moins une hormonothérapie dans le cas d’un cancer métastatique, ou une récidive pendant le traitement adjuvant ou dans les 12 mois suivant la fin de ce traitement.
Le cancer du sein est le deuxième cancer le plus fréquent au Canada et la principale cause de mortalité par cancer dans le monde. Chez les femmes adultes, le cancer du sein est le cancer le plus souvent signalé, avec environ 27 400 femmes adultes diagnostiquées au Canada en 2020. Alors que le cancer du sein chez les hommes est rare, représentant 1 % de tous les cancers du sein, les hommes atteints de cancer du sein sont souvent diagnostiqués tardivement et ont une mortalité élevée.
Le cancer du sein avancé comprend à la fois des maladies localement avancées (inopérable) et métastatiques. Les taux de survie associés au cancer du sein se sont considérablement améliorés au cours des dernières décennies. Cependant, une fois métastatique, le cancer du sein représente toujours une maladie incurable et le cancer du sein à un stade avancé reste la principale cause de décès par cancer chez les femmes adultes dans le monde entier. Les options de traitement sont palliatives et le développement d’une résistance au traitement est fréquent. Malgré cela, le paysage des traitements du cancer du sein métastatique a connu de profondes avancées pour tous les sous-types du cancer du sein, ce qui a entraîné une prolongation progressive de la survie sans progression (SSP) et, dans certains cas, de la survie globale (SG). Pour les cancers du sein métastatiques, la survie médiane actuelle est signalée à environ 3 ans, avec un taux de survie de 5 ans de 25 %.
Le cancer du sein est une maladie hétérogène, phénotypiquement diverse, composée de plusieurs sous-types biologiques qui ont un comportement et une réponse distincts à la thérapie. Les cancers du sein à récepteur hormonal (HR) positif ou à récepteur d’œstrogène (ER) positif, à récepteur 2 du facteur de croissance épidermique humain (HER2) négatif représentent 70 % de tous les cas. La voie de signalisation à ER est complexe et hautement intégrée à d’autres voies de signalisation pour maintenir la croissance et la fonction des cellules, une caractéristique qui est exploitée dans les cellules de cancer du sein séropositives pour favoriser la prolifération et obtenir un avantage de survie.
Des changements adaptatifs ou acquis dans les cellules cancéreuses du sein peuvent causer une altération de la sensibilité à l’œstrogène, de sorte que seuls de très faibles niveaux d’hormones sont nécessaires pour permettre la croissance, ou donner lieu à une croissance cellulaire indépendante de la liaison du ligand. Le blocage thérapeutique de la signalisation à ER, soit en réduisant les niveaux d’œstrogène par le traitement, soit en bloquant la liaison des œstrogènes, empêche la croissance des cellules du cancer du sein à ER positif. Toutefois, ce blocage peut être surmonté par divers mécanismes. L’un de ces mécanismes comprend la généralisation d’autres voies de signalisation, et le rôle de la voie PI3K/AKT/mTOR dans ce contexte a été largement étudié.
Pour les participants atteints d’un cancer du sein positif, l’endocrinothérapie est un pilier du traitement depuis les années 1970. Plus récemment, le développement des inhibiteurs sélectifs de la kinase 4 et 6 dépendant de la cycline (CDK4/6), comme ribociclib, palbociclib et abémaciclib, a été une avancée majeure dans le traitement de ce sous-type de cancer du sein dans le milieu métastatique. Toutefois, comme pour la seule thérapie endocrinienne, un sous-ensemble de ces cancers présente une résistance frontale à la combinaison d’inhibiteurs de CDK, et la résistance acquise est inévitable. Avec l’incorporation étendue des inhibiteurs de CDK dans la pratique clinique et leur approbation dans les milieux de première ligne et de résistance endocrinienne, le séquençage optimal des inhibiteurs de CDK ainsi que la gestion de novo et la résistance acquise aux régimes d’inhibiteurs de CDK sont apparus comme des défis cliniques clés.
Capivasertib (l’ingrédient médicamenteux de Truqap) est un inhibiteur de petite molécule de l’activité kinase des trois isoformes de sérine/thréonine kinase AKT (AKT1, AKT2 et AKT3), qui est altéré dans environ 7 % des cas de cancer du sein HR positifs. Il représente donc une cible thérapeutique potentielle qui peut être exploitée en combinaison avec la thérapie endocrinienne ou la chimiothérapie.
L’étude pivot de phase III CAPItello-291 a inscrit des femmes adultes préménopause et postménopause et des hommes avec un cancer du sein avancé à HR positif, à HER2 négatif, qui ont eu une progression de la maladie après un traitement inhibiteur de l’aromatase. Les deux paramètres principaux de l’étude étaient la SSP d’une population globale et la SSP d’une population altérée (défini comme les participants atteints d’une tumeur du sein qui présentent une altération admissible des gènes PIK3CA/AKT1/PTEN). Au total, 708 participants ont été randomisés pour recevoir soit Truqap (400 mg deux fois par jour, 4 jours de traitement suivis de 3 jours de repos) et fulvestrant (500 mg), soit placebo et fulvestrant. Les participants ont reçu un traitement jusqu’à la progression de la maladie radiographique, une toxicité inacceptable ou le décès. Des évaluations de la tumeur ont été effectuées toutes les 8 semaines pendant les 18 premiers mois et toutes les 12 semaines par la suite.
Il n’y a pas de différences significatives dans la démographie des participants entre le groupe Truqap et le groupe placebo dans la population globale ou dans la population avec des tumeurs altérées par PIK3CA/AKT1/PTEN. Dans l’ensemble, 40,8 % des participants (nombre de participants [n] = 289) avaient des tumeurs avec altération des gènes par PIK3CA/AKT1/PTEN. Parmi les participants atteints de tumeurs non altérées (n = 419; 59,2 %), 44,2 % avaient confirmé des tumeurs non altérées et 15 % avaient un état tumoral « inconnu » en raison surtout d’une défaillance préanalytique.
À la date limite pour la collecte de données (CD) pour l’analyse finale de la SSP, la durée médiane de l’exposition à Truqap plus fulvestrant dans la population globale était de 5,29 mois, 52,4 % des participants ayant terminé 6 mois ou plus de traitement et 27,0 % ayant terminé 12 mois de traitement ou plus. À la CD1, la durée médiane du suivi de la SSP dans le groupe Truqap-plus-fulvestrant était de 13,0 mois dans la population globale et de 16,4 mois dans la population avec des tumeurs altérées par PIK3CA/AKT1/PTEN.
Les deux paramètres principaux de l’étude pivot ont été atteints, avec une amélioration statistiquement significative de la SSP évaluée par les chercheurs pour Truqap plus fulvestrant par rapport au fulvestrant plus placebo (le groupe témoin) dans la population globale et dans la population avec des tumeurs altérées par PIK3CA/AKT1/PTEN. Dans la population globale, on a observé une réduction de 40 % du risque de progression de la maladie ou de décès en faveur du traitement Truqap-plus-fulvestrant (rapport des risques [RR] : 0,60; intervalle de confiance de 95 % [IC] : 0,51, 0,71; p < 0,001). La SSP médiane a été prolongée de 3,6 mois dans le groupe Truqap-plus-fulvestrant (7,2 mois), par rapport au groupe placebo-plus-fulvestrant (3,6 mois). Des résultats semblables ont été signalés pour la population avec des tumeurs altérées par PIK3CA/AKT1/PTEN, avec une réduction de risque estimée de 50 % de la progression de la maladie ou du décès (RR : 0,50; IC à 95 % : 0,38, 0,65; p < 0,001). La SSP médiane a été prolongée de 4,2 mois dans le groupe Truqap-plus-fulvestrant (7,3 mois), par rapport au groupe placebo-plus-fulvestrant (3,1 mois). L’évaluation par un examen central indépendant à l’insu a corroboré cette conclusion, avec une SSP médiane dans le groupe Truqap-plus-fulvestrant de 7.3 mois et une SSP médiane dans le groupe placebo-plus-fulvestrant de 3,3 mois (RR 0,51; IC à 95 % 0,38, 0,68; p < 0,001). L’ampleur de cet avantage est jugée cliniquement significative pour cette population de participants.
Chez les participants dont les tumeurs n’avaient pas d’altérations par PIK3CA/AKT1/PTEN ou dont l’état d’altération était « inconnu/sans résultat », on a observé une réduction de 30 % du risque de progression en faveur de Truqap plus fulvestrant (RR : 0,70; IC de 95 % : 0,56, 0,88). La SSP médiane était de 7,2 mois dans le groupe Truqap-plus-fulvestrant, comparativement à 3,7 mois dans le groupe placebo-plus-fulvestrant. Chez les participants dont les tumeurs avaient un état d’altération « inconnu/sans résultat », on a signalé une réduction de 48 % du risque de progression en faveur de Truqap plus fulvestrant (RR : 0,52; IC à 95 % : 0,32, 0,83). La SSP médiane était de 10,0 mois dans le groupe Truqap-plus-fulvestrant, comparativement à 1,9 mois dans le groupe placebo-plus-fulvestrant.
L’avantage de la SSP pour les deux paramètres principaux était constant dans toutes les analyses de sensibilité et à l’appui préalablement planifiées, ce qui témoigne de la solidité des résultats. Les rapports des risques estimés pour les sous-groupes prédéfinis favorisaient généralement le traitement Truqap-plus-fulvestrant. Dans la population de participants atteints de tumeurs altérées par PIK3CA/AKT1/PTEN, l’efficacité a été observée indépendamment des facteurs de stratification aléatoire, y compris les cotes de rendement de référence du Eastern Cooperative Oncology Group (ECOG), les métastases viscérales, l’état des HR, le nombre de sites métastatiques, les lésions osseuses seulement et, et surtout, un traitement préalable d’inhibiteur CDK4/6.
Le profil d’innocuité de Truqap a été caractérisé principalement par l’étude pivot CAPItello-291, qui comprenait 705 participants (355 qui ont reçu Truqap plus fulvestrant et 350 qui ont reçu le placebo plus fulvestrant). Les données provenant des cohortes avec et sans tumeurs altérées par AKT1/PTEN/PIK3CA ont été combinées pour une évaluation de l’innocuité plus robuste. Le profil d’innocuité était généralement similaire pour les deux populations.
Comme on pouvait s’y attendre lors de l’ajout d’un agent ciblé à l’endocrinothérapie, on a observé une toxicité accrue dans le groupe Truqap-plus-fulvestrant par rapport au groupe placebo-plus-fulvestrant. Les proportions de participants qui ont déclaré des événements indésirables, des événements indésirables menant à l’arrêt et à l’ajustement ou l’interruption de dose, des événements indésirables nécessitant une thérapie supplémentaire, des réactions indésirables, des réactions indésirables sévères et des réactions indésirables graves étaient toutes plus élevées dans le groupe Truqap-plus-fulvestrant. Presque tous les participants du groupe Truqap-plus-fulvestrant (96,6 %, comparativement à 82,3 % dans le groupe placebo-plus-fulvestrant) ont connu au moins un événement indésirable.
Le pourcentage de participants ayant des événements indésirables considérés par le chercheur comme potentiellement liés à Truqap ou au placebo était plus élevé dans le groupe Truqap-plus-fulvestrant (88,2 %) que dans le groupe placebo-plus-fulvestrant (37,7 %). Les réactions indésirables les plus fréquemment signalées dans le groupe Truqap-plus-fulvestrant comprennent la diarrhée (67,3 % par rapport à 13,1 %), des réactions cutanées (46,5 % par rapport à 10,9 %), les nausées (27,3 % par rapport à 10,6 %), la fatigue (22 % par rapport à 13,4 %), la stomatite (16,3 % par rapport à 3,1 %), les vomissements (15,8 % par rapport à 2,6 %), l’hyperglycémie (16,9 % par rapport à 4,0 %), la diminution de l’appétit (10,7 % par rapport à 2,3 %), la dysgueusie (5,6 % par rapport à 0,9 %), la pyrexie (5,6 % par rapport à 0,3 %), les céphalées (5,4 % par rapport à 3,1 %), la sécheresse buccale (4,2 % par rapport à 1,4 %), l’anémie (3,9 % par rapport à 2,0 %), une hausse de la créatininémie (2,5 % par rapport à 0 %), la dyspepsie (2,5 % par rapport à 1,1 %), l’hypokaliémie (2,3 % par rapport à 0 %) et l’infection des voies urinaires (2 % par rapport à 0,6 %).
Il y a eu 87 décès dans le groupe Truqap-plus-fulvestrant (24,5 %) et 108 décès dans le groupe placebo-plus-fulvestrant (30,6 %). Quatre participants du groupe Truqap-plus-fulvestrant sont morts pendant le traitement de causes autres que la maladie sous-jacente : un participant de l’infarctus aigu du myocarde, un participant de l’hémorragie cérébrale, un participant de la pneumonie par aspiration et un participant de la septicémie. Bien que tous les cas aient été évalués par le chercheur comme n’ayant aucun lien de cause à effet avec le traitement à l’étude, on croit que l’association avec Truqap ne peut être exclue dans 3 des 4 décès rapportés (ceux attribués à l’infarctus du myocarde, à la pneumonie par aspiration et à la septicémie). Un participant du groupe placebo-plus-fulvestrant est décédé par la maladie à coronavirus 2019 (COVID-19).
Bien que les événements indésirables et les réactions indésirables se soient produits à une plus grande fréquence dans le groupe Truqap-plus-fulvestrant que dans le groupe placebo-plus-fulvestrant, la plupart étaient gérables à l’aide de médicaments concomitants ou de modifications de dose.
Sur la base du mécanisme d’action de Truqap, les événements indésirables présentant un intérêt particulier (EIIP) étaient l’hyperglycémie, les réactions cutanées, la diarrhée, la pneumonite, la stomatite, les infections des voies urinaires et la prolongation de l’intervalle QT corrigé (QTc). Ces événements sont compatibles avec l’expérience antérieure des études de dosage et correspondent à la toxicité rapportée pour l’inhibiteur de PIK3CA, l’alpelisib. L’hyperglycémie, les réactions indésirables cutanées et la diarrhée sont indiquées dans les mises en garde et précautions importantes comprises de la monographie de produit de Truqap. Des recommandations concernant la surveillance et la prise en charge de ces réactions sont aussi formulées.
Les données non cliniques suggèrent un risque de prolongement de l’intervalle QTc, qui a été considéré comme une EIIP dans la présente étude. Cependant, aucune augmentation notable de l’intervalle QTc moyen ou médian n’a été observée dans l’étude pivot (CAPItello-291). Trois événements indésirables de prolongement de l’intervalle QTc (deux événements de catégorie 1 et un événement de catégorie 3) ont été signalés dans le groupe Truqap-plus-fulvestrant. Aucun cas de mort subite ou de torsade de pointes n’a été signalé.
Dans l’ensemble, Truqap combiné au fulvestrant a montré une toxicité accrue par rapport au fulvestrant seul. Toutes les catégories d’événements indésirables, d’événements indésirables liés au traitement, d’événements indésirables de gravité supérieure à la catégorie 3 et de modifications de dose ont été signalées à des taux plus élevés dans le groupe Truqap-plus-fulvestrant. Toutefois, les événements indésirables étaient généralement réversibles avec la gestion clinique standard, la réduction de la dose de Truqap, l’interruption du traitement ou l’interruption. Les constatations d’innocuité susmentionnées, ainsi que la surveillance et la gestion clinique appropriées étaient représentées dans diverses sections de la monographie de produit de Truqap approuvée.
AstraZeneca Canada Inc. a présenté à Santé Canada un plan de gestion des risques (PGR) relativement à Truqap. Le PGR est conçu de manière à décrire les problèmes d'innocuité connus et potentiels, à présenter le plan de surveillance prévu et, au besoin, à décrire les mesures qui seront mises en place pour réduire les risques associés au produit. Après examen, le PGR a été jugé acceptable.
Les étiquettes interne et externe, la notice d'accompagnement et la section des renseignements pour les participants sur les médicaments de la monographie de produit de Truqap qui ont été présentées ont répondu aux exigences réglementaires relatives à l'étiquetage, à l'utilisation d'un langage clair et aux éléments de conception.
Le promoteur a soumis une évaluation de la marque nominative qui comprenait des évaluations des attributs nominatifs à présentation et à consonance semblables. Après examen, le nom proposé de Truqap a été accepté.
D'après les données non cliniques et les études cliniques, Truqap présente un profil d'innocuité acceptable. Les problèmes d'innocuité relevés peuvent être gérés à l'aide de l'étiquetage et une surveillance adéquate. La monographie de produit de Truqap comporte des mises en garde et des précautions appropriées pour répondre aux préoccupations d'innocuité identifiées.
Cette Présentation de drogue nouvelle répond aux exigences des articles C.08.002 et C.08.005.1; par conséquent, Santé Canada a émis l'Avis de conformité prévu à l'article C.08.004 du Règlement sur les aliments et drogues. Pour de plus amples renseignements, veuillez consulter les sections Motifs de décision d'ordre clinique, non clinique et qualitatif (caractéristiques chimiques et fabrication).
3 Quelles sont les étapes qui ont mené à l'autorisation de Truqap?
La Présentation de drogue nouvelle (PDN) de Truqap a été examinée dans le cadre du projet Orbis, une initiative du Centre d'excellence en oncologie de la Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis. Ce projet est un partenariat international conçu pour donner aux participants atteints d'un cancer un accès plus rapide à des traitements.
Santé Canada, la FDA, et l’Institut suisse des produits thérapeutiques (Swissmedic) ont collaboré à l’examen de la PDN de Truqap en tant que partenaires du projet Orbis de type A. Un examen de type A permet une collaboration maximale entre les organismes de réglementation pendant la phase d'évaluation. Les organismes de réglementation participant en tant que partenaires du projet Orbis de type B étaient le Medicines and Healthcare products Regulatory Agency (MHRA) du Royaume-Uni, le Department of the Ministry of Health de l’État d’Israël (IMOH), le Health Sciences Authority (HSA) de Singapour, et la Therapeutic Goods Administration (TGA) de l’Australie.
L'examen de la PDN de Truqap était fondé sur une évaluation critique du dossier de données présenté à Santé Canada. Les examens complétés par la FDA étaient utilisées pour les éléments non cliniques et cliniques, selon plusieurs méthodes décrites dans l'ébauche de la ligne directrice : L'utilisation d'examens étrangers par Santé Canada. La méthode 3 a été utilisée dans l’examen de l’élément de la qualité de la PDN. La décision réglementaire canadienne sur la PDN de Truqap a été prise de manière indépendante sur la base de l'examen canadien.
Pour de plus amples renseignements sur le processus de présentation de drogue, consulter la Ligne directrice : gestion des présentations et des demandes de drogues.
Étapes importantes de la présentation : Truqap
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Étape importante de la présentation |
Date |
|---|---|
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Réunion préalable à la présentation |
2023-02-21 |
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Dépôt de la Présentation de drogue nouvelle |
2023-04-28 |
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Examen préliminaire |
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Avis d'insuffisance émis lors de l'examen préliminaire |
2023-05-31 |
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Réponse d'Avis d'insuffisance émis lors de l'examen préliminaire déposée |
2023-06-02 |
|
Lettre d'acceptation à l'issue de l'examen préliminaire émise |
2023-06-05 |
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Examen |
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Évaluation du plan de gestion des risques terminée |
2023-10-31 |
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Évaluation de la qualité terminée |
2023-11-22 |
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Évaluation non clinique terminée |
2024-01-18 |
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Évaluation clinique/médicale terminée |
2024-01-23 |
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Examen de l'étiquetage terminé |
2024-01-23 |
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Délivrance de l'Avis de conformité par la directrice générale, Direction des produits pharmaceutiques |
2024-01-26 |
4 Quelles mesures de suivi le promoteur prendra-t-il?
Les exigences en matière d'activités post-commercialisation sont décrites dans la Loi sur les aliments et drogues et le Règlement sur les aliments et drogues.
5 Quelles activités postautorisation ont été menées à l'égard de Truqap?
Les Sommaires des motifs de décision (SMD) relatifs aux médicaments éligibles (tels que décrits dans la Foire aux questions : Phase II du projet de sommaires des motifs de décision [SMD]) autorisés après le 1er septembre 2012 incluront des renseignements sur les activités postautorisation sous forme de tableau. Le tableau des activités postautorisation (TAPA) comprendra de brefs résumés d'activités telles que les présentations de demandes de nouvelles utilisations, ainsi que les décisions de Santé Canada (positives ou négatives). Le TAPA continuera d'être actualisé durant tout le cycle de vie du produit.
Le TAPA relatif à Truqap est accessible ci-dessus.
Pour consulter les derniers avis, mises en garde et retraits concernant des produits commercialisés, consultez MedEffet Canada.
6 Quels sont les autres renseignements disponibles à propos des médicaments?
Pour obtenir des renseignements à jour sur les produits médicamenteux, veuillez suivre les liens suivants :
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Consulter MedEffet Canada pour connaître les derniers avis, mises en garde et retraits concernant les produits commercialisés.
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Voir la Base de données des Avis de conformité (AC) pour accéder à la liste des dates d'autorisation de tous les médicaments ayant reçu un AC depuis 1994.
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Consulter la Base de données sur les produits pharmaceutiques (BDPP) pour obtenir la dernière monographie de produit. La BDPP contient des renseignements précis sur les médicaments dont l'utilisation a été approuvée au Canada.
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Voir les documents relatifs à l'Avis de conformité avec conditions (AC-C) pour les produits ayant reçu un AC en vertu de la Ligne directrice : Avis de conformité avec conditions (AC-C), le cas échéant. En cliquant sur les liens correspondant au nom du produit (selon le cas), vous pouvez accéder à la fiche de renseignements, partie III - Renseignements pour les participants sur les médicaments, à l'avis d'admissibilité, et/ou à la « Lettre aux professionnels de santé ».
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Consulter le Registre des brevets pour obtenir la liste des brevets déposés relativement à des ingrédients médicinaux, le cas échéant.
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Consulter le Registre des drogues innovantes pour obtenir la liste des drogues admissibles à la protection des données en vertu de l'article C.08.004.1 du Règlement sur les aliments et drogues, le cas échéant.
7 Quelle est la justification scientifique sur laquelle s'est fondé Santé Canada?
7.1 Motifs cliniques de la décision
Comme indiqué dans la section Quelles sont les étapes qui ont mené à l'autorisation de Truqap?, l'examen de l'élément clinique de la Présentation de drogue nouvelle (PDN) de Truqap a été effectué par Santé Canada dans le cadre d'un partenariat international avec la Food and Drug Administration des États-Unis, en tant que présentation de projet Orbis de type A. L'examen de l'élément clinique de la PDN de Truqap a été effectué selon plusieurs méthodes décrites dans l'ébauche de la ligne directrice : L'utilisation d'examens étrangers par Santé Canada.
Pharmacologie clinique
Capivasertib, l’ingrédient médicamenteux de Truqap, est un inhibiteur de l’activité kinase des trois isoformes de sérine/thréonine kinase AKT (AKT1, AKT2 et AKT3). Dans les tumeurs, l’activation de l’AKT est le résultat de l’activation en amont par d’autres voies de signalisation, des altérations génétiques dans l’AKT1, la phosphatase et l’homologue de la tensine (PTEN) et la sous-unité catalytique de la phosphatidylinositol 3-kinase (PIK3CA).
La pharmacocinétique de capivastertib a été caractérisée chez des sujets sains et chez des participants atteints de tumeurs solides. Si l’on suit le schéma posologique recommandé (400 mg deux fois par jour, 4 jours de traitement et 3 jours de pause), on prévoit que les niveaux d’équilibre seront atteints tous les troisième et quatrième jours de dose par semaine, à partir de la semaine 2. Pendant les jours de pause, la concentration plasmatique de capivasertib est faible (environ 0,5 % à 15 % de la concentration maximale [Cmax] à l’état stationnaire). L’exposition systémique de capivasertib, mesurée par la surface sous la courbe de concentration dans le temps plasmatique (SSC) et la Cmax, a augmenté approximativement proportionnellement à la dose sur la plage de doses de 80 mg à 800 mg.
Chez les humains, le capivasertib a atteint la Cmax environ 1 à 2 heures après l’administration (temps médian : 1,74 heure), et la biodisponibilité absolue moyenne était de 29 %. Aucune différence cliniquement significative dans l’exposition à capivasertib n’a été observée après la coadministration avec les aliments.
Après l’administration intraveineuse de capvasertib à des sujets sains, le volume moyen de distribution était de 205 L (coefficient de variation [CV] de 16 %). Après l’administration orale de capivasertib aux participants, le volume de distribution à l’état stationnaire était de 322 L (CV de 111 %). La liaison des protéines plasmatiques de capivasertib était de 78 %, avec une préférence pour l’albumine par rapport à la glycoprotéine alpha 1-acide (AGP), et le rapport plasma-sang était de 0,71.
Les données d’expériences de phénotypage in vitro indiquent que capivasertib est principalement métabolisé par les enzymes du cytochrome P450 (CYP) 3A4 et de l’uridine 5′-diphospho-glucuronosyltransférase (UGT) 2B7. Le principal métabolite identifié dans le plasma humain (représentant 83 % du matériel circulant) et l’urine était le métabolite de l’éther glucuronide AZ14102143 (M2). Capivasertib a montré des interactions médicamenteuses avec des inhibiteurs forts ou modérés du CYP3A4 (itraconazole, érythromycine, verapamil) et des inducteurs (enzalutamide, rifampicine et efavirenz). Aucune interaction cliniquement significative n’a été prédite entre capivasertib et les inhibiteurs UGT2B7. Capivasertib est un substrat pour la glycoprotéine-P (gp-P) et, dans une moindre mesure, le transporteur de cations organiques (OCT) 2. Capivasertib a montré le potentiel d’inhiber les transporteurs de médicaments OCT2, protéine d’extrusion de multiples médicaments et toxines (MATE) 1, MATE2K, le polypeptide de transport d’anion organique (OATP) 1B1, OATP1B3, OAT3 et la protéine de résistance au cancer du sein (BCRP). L’effet de l’inhibition de gp-P sur l’exposition de capivasertib n’a pas été évalué.
Chez les participants, la demi-vie effective de capivasertib après plusieurs doses était de 8,3 heures. La clairance orale à l’état stationnaire était de 50 L/h (37 % CV). Après une administration orale à dose unique de 400 mg de capivasertib, la récupération totale moyenne de la dose radioactive était de 45 % dans l’urine et de 50 % dans les matières fécales. La clairance rénale était de 21 % de la clairance totale.
Le risque de prolongation de l’intervalle QT en association avec le traitement à capivasertib a été évalué chez 180 participants présentant des tumeurs malignes solides avancées à des doses allant de 80 mg à 800 mg de capivasertib. Le modèle projette une relation linéaire entre la concentration de capivasertib et l’augmentation de l’intervalle QT corrigée à l’aide de la formule de Fridericia (QTcF). À des expositions proches de celles prévues chez les participants à la dose thérapeutique, la prolongation prévue de QTcF était de 3,87 ms (intervalle de confiance [IC] de 90 % : 2,77, 4,97). On ne s’attend pas à ce que capivasertib entraîne une prolongation de l’intervalle QT cliniquement pertinente associée à des effets proarythmiques (c.-à-d., > 20 ms) à la dose recommandée. Toutefois, dans l’étude pivot CAPItello-291, on a signalé une prolongation de l’intervalle QT chez 11 participants traités avec capivasertib plus fulvestrant (3,1 %), alors qu’aucun cas n’a été signalé dans le groupe témoin.
Les paramètres pharmacocinétiques de capivasertib ont été analysés dans une analyse pharmacocinétique de la population à l’aide de données rassemblées dans des études de phase I/II et III. Pour un participant de 66 kg et âgé de 57 ans suivant une posologie de 400 mg deux fois par jour (4 jours de traitement, 3 jours de pause), l’exposition mesurée par la surface sous la courbe concentration-temps plasmatique du médicament à l’état d’équilibre, sur une période de 12 heures (SSC12h, ss) était de 7 280 µg·h/L et la Cmax à l’état stationnaire était de 1 380 µg/L. D’après les données, la clairance de capivasertib devrait augmenter avec le poids corporel et diminuer avec l’âge.
À la suite d’un examen critique du dossier pharmacologique clinique, aucun problème d’innocuité n’a été décelé qui empêcherait l’approbation de Truqap.
Pour obtenir des renseignements supplémentaires, consulter la monographie de produit de Truqap approuvée par Santé Canada et accessible par l'intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.
Efficacité clinique
Les résultats de l’étude de phase III CAPItello-291 ont fourni des preuves à l’appui de l’efficacité clinique de Truqap en combinaison avec le fulvestrant. Cette étude a inscrit des femmes adultes préménopause et postménopause et des hommes avec un cancer du sein avancé à HR positif, à HER2 négatif, qui ont eu une progression de la maladie après un traitement inhibiteur de l’aromatase. L’inscription était ouverte à tous les participants admissibles, peu importe l’état PIK3CA/AKT1/PTEN de leur tumeur. Cependant, la collecte de tissus tumoraux adéquats avant la randomisation était nécessaire pour l’analyse centrale après la randomisation du statut de mutation par PIK3CA/AKT1/PTEN. Les participants devraient avoir déjà reçu un traitement avec un régime contenant un inhibiteur de l’aromatase (AI) et avoir :
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des signes radiologiques de la récurrence ou de la progression du cancer du sein pendant ou dans les 12 mois suivant la fin du traitement avec un AI; ou
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des signes radiologiques de la progression pendant qu’il était sur l’AI préalable administré comme ligne de traitement pour le cancer du sein localement avancé ou métastatique.
Les participants ont été exclus de l’étude si :
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ils avaient plus de deux lignes de thérapie endocrinienne ou plus d’une ligne de chimiothérapie pour des maladies localement avancées ou métastatiques inopérables;
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ils ont subi un traitement antérieur avec un inhibiteur AKT, PI3K, mTOR, fulvestrant, et/ou d’autres dégradants de récepteurs sélectifs d’œstrogènes; ou
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le fardeau de la maladie a rendu le participant inadmissible à l’endocrinothérapie (p. ex., une maladie viscérale symptomatique potentiellement mortelle à court terme, ou des anomalies cliniquement significatives du métabolisme du glucose telles que définies par l’un des éléments suivants : les participants atteints de diabète sucré de type 1 ou de diabète sucré de type 2 nécessitant un traitement à l’insuline ou l’hémoglobine A1C de niveau ≥ 8,0 %).
Les deux paramètres principaux de l’étude étaient la survie sans progression (SSP) dans une population globale, et la SSP dans la population de participants atteints d’une tumeur du sein présentant une altération admissible dans les gènes PIK3CA/AKT1/PTEN. Les principaux paramètres secondaires étaient la survie globale (SG) et le taux de réponse objective (TRO) dans la population globale et la population avec des tumeurs altérées par PIK3CA/AKT1/PTEN.
Au total, 708 participants ont été randomisés pour recevoir soit Truqap (400 mg deux fois par jour) et fulvestrant (500 mg), soit placebo et fulvestrant. La randomisation a été stratifiée selon les métastases hépatiques, l’utilisation antérieure d’inhibiteurs de la kinase dépendante des cyclines (CDK) 4/6 et l’emplacement géographique. Les participants ont reçu un traitement jusqu’à la progression de la maladie radiographique ou à une toxicité inacceptable. Des évaluations de la tumeur ont été effectuées toutes les 8 semaines (± 7 jours) pendant les 18 premiers mois et toutes les 12 semaines (± 7 jours) par la suite.
Il n’y a pas de différences significatives dans la démographie des participants entre le groupe Truqap et le groupe placebo dans la population globale de l’étude et dans la population de l’étude avec des tumeurs altérées par PIK3CA/AKT1/PTEN. L’âge médian des participants atteints de tumeurs altérées par PIK3CA/AKT1/PTEN était de 59,3 ans (intervalle : 34 à 90 ans), 99,3 % des participants étaient des femmes adultes, 52,5 % étaient blancs et 28,7 % étaient asiatiques. La plupart des participants (81,3 %) étaient à la postménopause. La majorité des participants (99,3 %) avaient une maladie métastatique et 71,3 % avaient reçu un traitement antérieur avec un inhibiteur de CDK4/6. Comme prévu, la plupart des participants (62,6 %) avaient reçu une ligne de traitement antérieure pour des maladies avancées. L’utilisation d’une chimiothérapie antérieure a été signalée pour 18,2 % des participants. Les participants étaient globalement représentatifs de la population générale, à l’exception de la race ou de l’origine ethnique, car les participants blancs et asiatiques étaient surreprésentés par rapport à la population canadienne de participants atteints de cancer du sein. De même, les participants inscrits à l’étude pivot avaient un âge médian plus jeune (58 ans) que ceux déclarés dans la population canadienne au moment du diagnostic initial du cancer du sein (âge médian 63 ans). Dans l’ensemble, 40,8 % des participants (nombre de participants [n] = 289) avaient des tumeurs altérées par PIK3CA/AKT1/PTEN. Parmi les participants atteints de tumeurs non altérées (n = 419; 59,2 %), 44,2 % avaient confirmé des tumeurs non altérées et 15,0 % avaient un état tumoral « inconnu » en raison surtout d’une défaillance préanalytique.
Les données démographiques et les caractéristiques de la maladie de base, y compris l’état rendement du Eastern Cooperative Oncology Group (ECOG), le fardeau de la tumeur et la thérapie antinéoplastique antérieure, ont été généralement équilibrées entre les groupes étudiés. Dans l’ensemble de la population, on a observé de petites différences dans le nombre de femmes adultes à la préménopause ou à la périménopause entre les deux groupes (21,6 % dans le groupe Truqap-plus-fulvestrant par rapport à 18,1 % dans le groupe placebo-plus-fulvestrant) et dans la proportion de participants diabétiques (6 % dans le groupe Truqap-plus-fulvestrant par rapport à 9 % dans le groupe placebo-fulvestrant).
À la date limite pour la collecte de données (CD) pour l’analyse finale de la SSP, la durée médiane de l’exposition à Truqap plus fulvestrant dans la population globale était de 5,29 mois, 52,4 % des participants ayant terminé 6 mois ou plus de traitement et 27,0 % ayant terminé 12 mois de traitement ou plus. À la CD1, la durée médiane du suivi de la SSP dans le groupe Truqap-plus-fulvestrant était de 13,0 mois dans la population globale et de 16,4 mois dans la population avec des tumeurs altérées par PIK3CA/AKT1/PTEN.
Les deux paramètres principaux de l’étude pivot ont été atteints, avec une amélioration statistiquement significative de la SSP évaluée par les chercheurs pour Truqap plus fulvestrant par rapport au fulvestrant plus placebo (le groupe témoin) dans la population globale et dans la population avec des tumeurs altérées par PIK3CA/AKT1/PTEN. Dans la population globale, on a observé une réduction de 40 % du risque de progression de la maladie ou de décès en faveur du traitement Truqap-plus-fulvestrant (rapport des risques [RR] : 0,60; intervalle de confiance de 95 % [IC] : 0,51, 0,71; p < 0,001). La SSP médiane a été prolongée de 3,6 mois dans le groupe Truqap-plus-fulvestrant (7,2 mois), par rapport au groupe placebo-plus-fulvestrant (3,6 mois). Des résultats semblables ont été signalés pour la population avec des tumeurs altérées par PIK3CA/AKT1/PTEN, avec une réduction de risque estimée de 50 % de la progression de la maladie ou du décès (RR : 0,50; IC à 95 % : 0,38, 0,65; p < 0,001). La SSP médiane a été prolongée de 4,2 mois dans le groupe Truqap-plus-fulvestrant (7,3 mois), par rapport au groupe placebo-plus-fulvestrant (3,1 mois). L’évaluation par un examen central indépendant à l’insu a corroboré cette conclusion, avec une réduction estimée de 49 % du risque de progression de la maladie ou de décès (RR : 0,51; IC à 95 % : 0,38, 0,68; p < 0,001). La SSP médiane dans le groupe Truqap-plus-fulvestrant et le groupe placebo-plus-fulvestrant était de 7,3 mois et 3,3 mois, respectivement. L’ampleur de cet avantage est jugée cliniquement significative pour cette population de participants.
Parmi les participants dont les tumeurs n’avaient pas d’altérations par PIK3CA/AKT1/PTEN ou dont l’état d’altération était « inconnu/sans résultat », on a observé une réduction de 30 % du risque de progression ou de décès en faveur de Truqap plus fulvestrant (RR : 0,70; IC de 95 % : 0,56, 0,88). La SSP médiane était de 7,2 mois dans le groupe Truqap-plus-fulvestrant, comparativement à 3,7 mois dans le groupe placebo-plus-fulvestrant. Chez les participants dont les tumeurs avaient un état d’altération « inconnu/sans résultat », on a signalé une réduction de 48 % du risque de progression ou de décès en faveur de Truqap plus fulvestrant (RR : 0,52; IC à 95 % : 0,32, 0,83). La SSP médiane était de 10,0 mois dans le groupe Truqap-plus-fulvestrant, comparativement à 1,9 mois dans le groupe placebo-plus-fulvestrant.
Les données provenant d’analyses exploratoires dans la population de participants atteints de tumeurs non altérées ont confirmé l’efficacité de Truqap plus fulvestrant, mais en raison de leur nature exploratoire, ne peuvent être considérées comme cliniquement significatives. D’après les observations de cette étude, l’efficacité dans l’ensemble de la population devrait être déterminée par la population de participants atteints de tumeurs altérées par PIK3CA/AKT1/PTEN. Les données ne sont pas jugées suffisantes pour démontrer clairement une amélioration substantielle de l’efficacité clinique à l’appui d’une autorisation de Truqap dans la population de participants dont les tumeurs ne présentent pas d’altérations des gènes par PIK3CA/AKT1/PTEN, compte tenu de la toxicité associée à l’ajout de Truqap à fulvestrant.
L’avantage de la SSP pour les deux paramètres principaux était constant dans toutes les analyses de sensibilité et d’appui préplanifiées, ce qui témoigne de la solidité des résultats. Les rapports des risques estimés pour les sous-groupes prédéfinis favorisaient généralement le traitement Truqap-plus-fulvestrant. Dans la population de participants atteints de tumeurs altérées par PIK3CA/AKT1/PTEN, l’efficacité a été observée indépendamment des facteurs de stratification aléatoire, y compris les cotes de rendement de référence du ECOG, les métastases viscérales, l’état des HR, le nombre de sites métastatiques, les lésions osseuses seulement et, et surtout, un traitement préalable avec un inhibiteur de CDK4/6.
Les rapports des risques ont croisé 1 dans un petit nombre de sous-groupes. Cela crée de l’incertitude quant aux différences véritables entre les groupes et a été attribué à leur petite taille d’échantillon.
En raison de la rareté du cancer du sein chez les hommes, le recrutement dans les études cliniques est difficile. Même si les hommes étaient admissibles à s’inscrire à l’étude pivot, seuls sept hommes étaient inclus : trois hommes dans la population globale qui ont reçu Truqap plus fulvestrant (deux d’entre eux avaient des tumeurs altérées PIK3CA/AKT1/PTEN), et quatre hommes qui ont reçu le placebo plus fulvestrant. L’autorisation de Truqap pour le traitement des hommes avec des tumeurs altérées par PIK3CA/AKT1/PTEN est entravée par de multiples facteurs. Dans l’étude pivot, on a observé des temps de SSP courts chez les trois participants masculins qui ont reçu Truqap comparativement à ceux qui ont reçu le placebo-plus-fulvestrant. En général, les données disponibles sur l’innocuité et l’efficacité de fulvestrant chez les hommes sont limitées. La question de savoir si la pathogenèse, la biologie et la génétique du cancer du sein chez les hommes diffèrent du cancer du sein chez les femmes, en particulier dans le cas d’un cancer du sein sensible au système endocrinien, reste incertaine. Bien que des pratiques courantes de traitement du cancer du sein chez les femmes soient appliquées à la gestion du cancer du sein chez les hommes, la communauté médicale reconnaît le cancer du sein chez les hommes comme une maladie distincte caractérisée par des caractéristiques moléculaires et clinicopathologiques variées.
Un certain nombre d’agents ont été approuvés dans des indications similaires pour le traitement du cancer du sein avancé à HR positif, à HER2 négatif chez les hommes, avec extrapolation des résultats des participantes (femmes) des études cliniques. La justification d’un mécanisme similaire de maladie pour le cancer du sein avancé à HR positif, à HER2 négatif entre les hommes et les femmes, est généralement jugée raisonnable, surtout compte tenu des lignes directrices et des recommandations actuelles pour le traitement des hommes avec les mêmes stratégies générales utilisées chez les femmes. Cependant, le temps de SSP chez les trois participants masculins traités avec Truqap en combinaison avec fulvestrant dans l’étude pivot était très court (moyenne de 2,1 mois) comparativement à celui des quatre participants recevant le placebo plus fulvestrant (moyenne de 12,9 mois). Les données sont limitées par la petite taille de l’échantillon et, par conséquent, insuffisantes pour tirer des conclusions définitives. Cette constatation, combinée aux incertitudes concernant les différences biologiques dans le cancer du sein sensible au système endocrinien entre les hommes et les femmes, crée une incertitude considérable quant à l’efficacité de Truqap en combinaison avec le fulvestrant chez les hommes. Bien qu’aucune différence d’innocuité ne soit prévue entre les hommes et les femmes, le profil risque-avantage de Truqap combiné à fulvestrant chez les mâles a finalement été considéré comme défavorable en raison de la toxicité accrue connue de Truqap par rapport à fulvestrant et des incertitudes entourant l’efficacité de cette combinaison thérapeutique chez les mâles. Pour ces raisons, Santé Canada a limité l’indication aux femmes, comme indiqué ci-dessous.
Indication
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L'indication proposée par le promoteur |
L'indication approuvée par Santé Canada |
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Truqap (comprimés de capivasertib) est indiqué, en association avec le fulvestrant, pour le traitement des femmes adultes atteintes d’un cancer du sein localement avancé ou métastatique à récepteurs hormonaux positifs et à récepteur 2 du facteur de croissance épidermique humain (HER2) négatif (défini comme immunohistochimie [IHC] 0 ou 1+, ou IHC 2+/hybridation in situ [ISH]-négatif) après une récidive ou une progression au cours d’une hormonothérapie. |
Truqap (comprimés de capivasertib) en association avec le fulvestrant, est indiqué pour le traitement des femmes adultes atteintes d’un cancer du sein localement avancé ou métastatique à récepteurs hormonaux positifs et à récepteur 2 du facteur de croissance épidermique humain (HER2) négatif présentant une ou plusieurs altérations dans les gènes phosphatidylinositol-4,5-bisphosphate 3-kinase sous-unité catalytique alpha (PIK3CA) / AKT serine/thréonine kinase 1 (AKT1) / analogues de la phosphatase et du tensine (PTEN) (les altérations PIK3CA/AKT1/PTEN), après la progression de la maladie pendant au moins une hormonothérapie dans le cas d’un cancer métastatique, ou une récidive pendant le traitement adjuvant ou dans les 12 mois suivant la fin de ce traitement. |
Pour de plus amples renseignements, consulter la monographie de produit de Truqap approuvée par Santé Canada et accessible par l'intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.
Innocuité clinique
Le profil d’innocuité de Truqap a été caractérisé principalement dans l’étude pivot CAPItello-291, qui comprenait 705 participants (355 qui ont reçu Truqap plus fulvestrant et 350 qui ont reçu le placebo plus fulvestrant). Les données provenant des participants dont les tumeurs ont subi des altérations par AKT1/PTEN/PIK3CA et des participants atteints de tumeurs non altérées ont été combinées pour une évaluation plus robuste de l’innocuité. Le profil d’innocuité était généralement similaire pour les deux populations. Cent soixante-cinq autres participants ont été exposés à la monothérapie Truqap et 75 participants ont été exposés à Truqap plus fulvestrant dans les essais de phase I et II FTIH (D3610C00001), l’étude japonaise sur l’innocuité et la pharmacocinétique (D3610C00004), et l’étude sur la formulation et les aliments (D3610C00007). Les données sur l’innocuité provenant des études non pivots n’ont pas été mises en commun en raison des différentes populations étudiées et des différents régimes utilisés (agent unique et combinaison avec fulvestrant).
Dans l’étude pivot, la durée médiane du traitement était de 5,4 mois dans le groupe Truqap-plus-fulvestrant et de 3,6 mois dans le groupe placebo-plus-fulvestrant. Au moment de l’analyse de l’innocuité, 186 participants du groupe Truqap-plus-fulvestrant (52,4 %) et 136 participants du groupe placebo-plus-fulvestrant (38,9 %) avaient terminé 6 mois ou plus de traitement. Quatre-vingt-seize participants du groupe Truqap-plus-fulvestrant (27,0 %) et 61 participants du groupe placebo-plus-fulvestrant (17,4 %) avaient terminé 12 mois ou plus de traitement.
Les proportions de participants qui ont déclaré des événements indésirables, des événements indésirables menant à l’arrêt et à l’ajustement ou l’interruption de dose, des événements indésirables nécessitant une thérapie supplémentaire, des réactions indésirables, des réactions indésirables sévères et des réactions indésirables graves étaient plus élevées dans le groupe Truqap-plus-fulvestrant que dans le groupe placebo-plus-fulvestrant. Cela est conforme à l’augmentation de la toxicité attendue lors de l’ajout d’un agent ciblé à l’endocrinothérapie. Presque tous les participants du groupe Truqap-plus-fulvestrant (96,6 %, comparativement à 82,3 % dans le groupe placebo-plus-fulvestrant) ont connu au moins un événement indésirable. Le profil d’innocuité était généralement similaire dans la population avec des tumeurs altérées par AKT1/PTEN/PIK3CA et dans l’ensemble de la population.
Le pourcentage de participants ayant des événements indésirables considérés par le chercheur comme potentiellement liés à Truqap ou au placebo était plus élevé dans le groupe Truqap-plus-fulvestrant (88,2 %) que dans le groupe placebo-plus-fulvestrant (37,7 %). Les réactions indésirables les plus fréquemment signalées dans le groupe Truqap-plus-fulvestrant (déclarées à une fréquence de 2 % ou plus, et pour lesquelles la fréquence était au moins 2 % supérieure à celle du groupe placebo-plus-fulvestrant) comprennent la diarrhée (67,3 % par rapport à 13,1 %), des réactions cutanées (46,5 % par rapport à 10,9 %), les nausées (27,3 % par rapport à 10,6 %), la fatigue (22 % par rapport à 13,4 %), la stomatite (16,3 % par rapport à 3,1 %), les vomissements (15,8 % par rapport à 2,6 %), l’hyperglycémie (16,9 % par rapport à 4,0 %), la diminution de l’appétit (10,7 % par rapport à 2,3 %), la dysgueusie (5,6 % par rapport à 0,9 %), la pyrexie (5,6 % par rapport à 0,3 %), les céphalées (5,4 % par rapport à 3,1 %), la sécheresse buccale (4,2 % par rapport à 1,4 %), l’anémie (3,9 % par rapport à 2,0 %), une hausse de la créatininémie (2,5 % par rapport à 0 %), la dyspepsie (2,5 % par rapport à 1,1 %), l’hypokaliémie (2,3 % par rapport à 0 %) et l’infection des voies urinaires (2 % par rapport à 0,6 %).
Les réactions indésirables graves (grade 3 ou 4) ont été plus souvent rapportées dans le groupe Truqap-plus-fulvestrant (30,7 %) que dans le groupe placebo-plus-fulvestrant (5,4 %). Les réactions indésirables cutanées (16,9 %), la diarrhée (9,3 %) et l’hyperglycémie (2,3 %) étaient les réactions indésirables de grade 3 ou plus (déclarées à une fréquence de 2 % ou plus dans le groupe Truqap-plus-fulvestrant, avec une fréquence plus élevée dans le groupe Truqap-plus-fulvestrant).
Les événements indésirables graves ont également été signalés plus fréquemment dans le groupe Truqap-plus-fulvestrant (16,1 %) que dans le groupe placebo-plus-fulvestrant (8 %) et ont été évalués par le chercheur comme étant probablement liés au traitement chez 6,2 % et 1,1 % des participants, respectivement. Les événements indésirables graves considérés par le chercheur comme potentiellement liés à Truqap et rapportés chez plus d’un participant dans le groupe Truqap-plus-fulvestrant étaient la diarrhée (6 participants, 1,7 %), la réaction indésirable cutanée (12 participants, 3,4 %), les lésions rénales aiguës, l’hyperglycémie, fatigue et les vomissements (chacun chez 3 participants, 0,8 %).
Il y a eu 87 décès dans le groupe Truqap-plus-fulvestrant (24,5 %) et 108 décès dans le groupe placebo-plus-fulvestrant (30,6 %). Quatre participants du groupe Truqap-plus-fulvestrant sont morts pendant le traitement de causes autres que la maladie sous-jacente : un participant de l’infarctus aigu du myocarde, un participant de l’hémorragie cérébrale, un participant de la pneumonie par aspiration et un participant de la septicémie. Bien que tous les cas aient été évalués par le chercheur comme n’ayant aucun lien de cause à effet avec le traitement à l’étude, on croit que l’association avec Truqap ne peut être exclue dans 3 des 4 décès rapportés (ceux attribués à l’infarctus du myocarde, à la pneumonie par aspiration et à la septicémie). Un participant du groupe placebo-plus-fulvestrant est décédé par la maladie à coronavirus 2019 (COVID-19).
Même si l’incidence des événements indésirables et des réactions indésirables était plus élevée dans le groupe Truqap plus fulvestrant que dans le groupe placebo-plus-fulvestrant, la plupart des événements indésirables et des réactions étaient gérables à l’aide de médicaments concomitants ou de modifications de dose. Les événements indésirables menant à des interruptions de dose (38,9 %) et à des réductions de dose (19,7 %) étaient plus fréquents chez les participants traités avec Truqap plus fulvestrant. Des événements indésirables menant à l’interruption se sont produits chez 13 % des participants traités avec Truqap. Les événements indésirables les plus fréquemment signalés qui ont conduit à la modification ou à l’arrêt de la dose dans le groupe Truqap plus fulvestrant étaient la diarrhée, les éruptions cutanées, les vomissements, les nausées, l’hyperglycémie et la pyrexie.
Sur la base du mécanisme d’action de Truqap, les événements indésirables présentant un intérêt particulier (EIIP) étaient l’hyperglycémie, les réactions cutanées, la diarrhée, l’hypersensibilité, la pneumonite, la stomatite, les infections des voies urinaires et la prolongation de l’intervalle QT corrigé (QTc). Ces événements sont compatibles avec l’expérience antérieure des études de dosage et correspondent à la toxicité rapportée pour l’inhibiteur de PIK3CA, l’alpelisib. L’hyperglycémie, les réactions indésirables cutanées et la diarrhée sont indiquées dans les mises en garde et précautions importantes comprises de la monographie de produit de Truqap et des recommandations concernant la surveillance et la prise en charge de ces réactions sont aussi formulées.
Les données non cliniques suggèrent un risque de prolongement de l’intervalle QTc, qui a été considéré comme une EIIP dans la présente étude. Cependant, aucune augmentation notable de l’intervalle QTc moyen ou médian n’a été observée dans l’étude pivot (CAPItello-291). Trois événements indésirables de prolongement de l’intervalle QTc (deux événements de grade 1 et un événement de grade 3) ont été signalés dans le groupe Truqap-plus-fulvestrant. Aucun cas de mort subite ou de torsade de pointes n’a été signalé.
Dans l’ensemble, Truqap combiné au fulvestrant a montré une toxicité accrue par rapport au fulvestrant seul. Toutes les catégories d’événements indésirables, d’événements indésirables liés au traitement, d’événements indésirables de gravité supérieure à la grade 3 et de modifications de dose ont été signalées à des taux plus élevés dans le groupe Truqap-plus-fulvestrant. Toutefois, les événements indésirables étaient généralement réversibles avec la gestion clinique standard, la réduction de la dose de Truqap, l’interruption du traitement ou l’interruption. Les constatations d’innocuité susmentionnées, la surveillance clinique et la gestion appropriées ont été mises à jour dans diverses sections de la Monographie de produit Truqap approuvée.
Pour de plus amples renseignements, consulter la monographie de produit de Truqap approuvée par Santé Canada et accessible par l'intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.
7.2 Motifs non cliniques de la décision
Comme indiqué dans la section Quelles sont les étapes qui ont mené à l'autorisation de Truqap?, l'examen de l'élément clinique de la Présentation de drogue nouvelle (PDN) de Truqap a été effectué par Santé Canada dans le cadre d'un partenariat international avec la Food and Drug Administration des États-Unis, en tant que présentation de projet Orbis de type A. Les examens à l’étranger ont été effectués selon plusieurs méthodes décrites dans l'ébauche de la ligne directrice : L'utilisation d'examens étrangers par Santé Canada.
Capivastertib (l’ingrédient médicamenteux de Truqap) est un inhibiteur des trois isoformes de la famille sérine/thréonine kinase AKT humaine (AKT1, AKT2 et AKT3) et montre la sélectivité de ces trois isoformes par rapport à d’autres kinases comme p70S6K, protéine kinase A (PKA) et protéine kinase associée à Rho (ROCK). Le traitement par capivasertib a réduit la croissance des cellules in vitro et a montré une activité antitumorale dépendante de la dose dans les modèles de xénogreffe du cancer humain. L’efficacité du traitement au capivasertib a également été observée dans les modèles animaux avec et sans altération par PIK3CA/AKT1/PTEN.
Le profil pharmacologique d’innocuité de capivasertib a été évalué dans un certain nombre de modèles in vitro et in vivo. Les principales cibles identifiées étaient les systèmes cardiovasculaire et rénal, et l’évaluation pharmacodynamique secondaire a montré la sélectivité de capivasertib par rapport aux cibles primaires.
Dans les études de toxicité à doses répétées d’une durée allant jusqu’à 6 mois chez le rat et d’une durée allant jusqu’à 9 mois chez le chien, capivasertib a été rapidement absorbé et largement distribué. Les accumulations les plus importantes de médicaments étiquetés de façon radioactive ont été observées dans les tissus et les liquides excréteurs, le foie, la bile et les reins présentant les niveaux les plus élevés. Lorsqu’il était administré à des rats, le capivasertib inchangé était le principal composant circulant, représentant environ 63 % de l’exposition totale mesurée par la surface sous la courbe de concentration (SSC) et le médicament était principalement excrété dans les excréments (90 %). L’évaluation toxicologique de capivasertib a été effectuée chez des souris, des rats et des chiens. L’administration orale répétée de capivasertib a entraîné une augmentation temporaire des niveaux de glucose et d’insuline plasmatique à des expositions cliniquement pertinentes, accompagnée de changements histopathologiques du foie, du pancréas, de la thyroïde, des glandes surrénales et d’effets sur le système hématopoïétique. Conformément aux études d’innocuité, les fonctions rénales et cardiaques ont été affectées chez les rats et les chiens, respectivement. Des changements dégénératifs ont été observés dans les organes reproducteurs mâles de toutes les espèces non cliniques étudiées; ces changements n’ont pas été entièrement réversibles chez les rats et les chiens dans les 28 jours suivant la fin du traitement.
Aucun effet n’a été observé sur le rendement ou la fertilité de l’accouplement chez les rats mâles après 10 semaines d’administration de capivasertib à des doses allant jusqu’à 100 mg/kg/jour (correspondant à une exposition d’environ 1,4 fois l’exposition prévue chez l’homme à la dose recommandée de 400 mg deux fois par jour, selon la SSC totale). Les effets sur la fertilité féminine n’ont pas été évalués, bien qu’une diminution réversible du poids des organes reproducteurs femelles (utérus et ovaires) ait été observée chez les rats. Dans une étude sur le développement embryo-fœtal, l’administration orale de capivasertib à des rats gravides et allaitants a causé une toxicité maternelle et des dommages fœtaux, y compris la mortalité embryo-fœtale, une réduction du poids fœtal et une variation viscérale mineure à des expositions maternelles environ 0,8 fois l’exposition humaine prévue à la dose clinique recommandée, selon la SSC totale. Lorsque capivasertib a été administré à des rats gravides à 150 mg/kg/jour (environ 0,8 fois l’exposition humaine prévue à la dose recommandée) pendant la gestation et au cours de la lactation précoce, on a observé une réduction du poids des litières et des petits. L’exposition à capivasertib a été confirmée chez les petits allaités, ce qui peut indiquer le potentiel d’excrétion de capivasertib dans le lait humain.
Aucune étude de la carcinogénicité n’a été effectuée avec capivasertib. Capivasertib était génotoxique in vivo dans un test de micronucleus de la moelle osseuse de rat, principalement par un mode d’action aneugénique. Capivasertib n’était pas mutagène in vitro dans l’essai de mutation bactérienne (test d’Ames) et n’était pas génotoxique dans l’essai de mutation génique du lymphome de la souris.
La monographie de produit de Truqap présente les résultats des études non cliniques ainsi que les risques potentiels pour l'être humain. À la lumière de l'utilisation prévue de Truqap, la présentation n'indique aucun problème pharmacologique ou toxicologique qui empêcherait l'autorisation du produit.
Pour de plus amples renseignements, consulter la monographie de produit de Truqap approuvée par Santé Canada et accessible par l'intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.
7.3 Motifs d'ordre qualitatif
Comme indiqué dans la section Quelles sont les étapes qui ont mené à l'autorisation de Truqap?, l'examen de l'élément clinique de la Présentation de drogue nouvelle (PDN) de Truqap a été effectué par Santé Canada dans le cadre d'un partenariat international avec la Food and Drug Administration des États-Unis, en tant que présentation de projet Orbis de type A. Les examens à l’étranger ont été effectués selon la méthode 3 décrite dans l'ébauche de la ligne directrice : L'utilisation d'examens étrangers par Santé Canada.
L'information soumise sur les caractéristiques chimiques et la fabrication de Truqap montre que la substance médicamenteuse et le produit médicamenteux peuvent être fabriqués de façon à répondre systématiquement aux spécifications approuvées. Des études appropriées au développement et à la validation ont été menées, et des contrôles adéquats sont en place pour les procédés commerciaux. Les modifications apportées au procédé de fabrication et à la formulation effectuées tout au long du développement du produit médicamenteux ont été examinées et jugées acceptables. D'après les données sur la stabilité soumises, la durée de conservation proposée de 36 mois est jugée acceptable lorsque le produit est entreposé à la température ambiante (entre 15 ºC et 30 ºC).
On estime que les limites proposées concernant les impuretés liées au médicament ont été suffisamment qualifiées, c'est-à-dire qu'elles se situent dans les limites établies par l'International Council for Harmonisation of Technical Requirements for Pharmaceuticals for Human Use et/ou qu'elles sont qualifiées à partir d'études toxicologiques.
Une évaluation du risque de présence potentielle d’impuretés nitrosamines a été effectuée conformément aux exigences énoncées dans les Lignes directrices de Santé Canada sur les Impuretés de nitrosamine dans les médicaments. Aucun risque n’a été identifié quant à la formation ou à l’introduction de nitrosamines pendant les processus de fabrication de substances médicamenteuses et de produits médicamenteux. Par conséquent, aucun essai de confirmation n’est requis.
Toutes les installations participant à la production sont conformes aux bonnes pratiques de fabrication.
Aucun des ingrédients non médicinaux (excipients, décrits précédemment) présents dans le produit médicamenteux n'est interdit par le Règlement sur les aliments et drogues.
Aucun excipient d'origine humaine ou animale n'est utilisé pour la fabrication du produit médicamenteux.
Produits pharmaceutiques connexes
| Nom du produit | DIN | Entreprise | Ingrédient(s) actif(s) & concentration |
|---|---|---|---|
| TRUQAP | 02544733 | ASTRAZENECA CANADA INC | Capivasertib 160 MG |
| TRUQAP | 02544741 | ASTRAZENECA CANADA INC | Capivasertib 200 MG |