Sommaire des motifs de décision portant sur Ixchiq

Décisions d'examen

Le sommaire des motifs de décision explique les raisons pour lesquelles un produit a reçu une autorisation de vente au Canada. Le document comprend les considérations portant sur la réglementation, l’innocuité, l’efficacité et la qualité (sur le plan de la chimie et de la fabrication).


Type de produit:

Médicament
  • Ce document est une traduction française du document anglais approuvé.
Sommaire des motifs de décision (SMD)

Les sommaires des motifs de décision (SMD) présentent des renseignements sur l'autorisation initiale d'un produit. Le SMD portant sur Ixchiq est accessible ci-dessous.

Activité récente relative à Ixchiq

Les SMD relatifs aux médicaments éligibles (tels que décrits dans la Foire aux questions : Phase II du projet de sommaires des motifs de décision [SMD]) autorisés après le 1er septembre 2012 seront mis à jour afin d'inclure des renseignements sous forme de tableau des activités postautorisation (TAPA). Le TAPA comprendra de brefs résumés d'activités telles que les présentations de demandes de nouvelles utilisations, ainsi que les décisions de Santé Canada (positives ou négatives). Les TAPA seront mis à jour régulièrement en ce qui a trait aux activités postautorisation tout au long du cycle de vie du produit. À l'heure actuelle, aucun TAPA n'est disponible pour Ixchiq. Lorsqu'un TAPA sera disponible pour Ixchiq, il sera incorporé dans ce SMD.

Sommaire des motifs de décision (SMD) portant sur Ixchiq

SMD émis le : 2024-11-12

L'information suivante concerne la Présentation de drogue nouvelle pour Ixchiq.

Virus du Chikungunya, vivant-atténué

Identification numérique de drogue (DIN) : 02548984 - 3.0 log10 50% de dose infectieuse en culture tissulaire (DICT50)/0,5 ml virus du Chikungunya, vivant-atténué, poudre pour solution, injection intramusculaire

Présentation de drogue nouvelle, numéro de contrôle : 275762

Type de présentation : Présentation de drogue nouvelle (Nouvelle substance active)

Domaine thérapeutique (Classification anatomique, thérapeutique, chimique [Anatomical

Therapeutic Chemical], deuxième niveau) : J07 Vaccins

Date de présentation : 2023-05-29

Date d’autorisation : 2024-06-20

Le 20 juin 2024, Santé Canada a émis à l'intention de Valneva Austria GmbH un Avis de conformité pour le vaccin Ixchiq.

L'autorisation de mise en marché s'appuie sur l'information portant sur la qualité (chimie et fabrication), ainsi que les études non cliniques (pharmacologie et toxicologie) et cliniques (pharmacologie, innocuité et efficacité) présentées. D'après l'évaluation des données reçues effectuée par Santé Canada, le profil avantages-risques d’Ixchiq est considéré comme étant favorable pour l’immunisation active des personnes âgées de 18 ans et plus pour la prévention de la maladie causée par le virus du chikungunya (CHIKV), sous forme d’immunisation à dose unique.

1 Sur quoi l'autorisation porte-t-elle?

Ixchiq, un vaccin à virus vivant atténué, a été autorisé pour la prévention de la maladie causée par le virus du chikungunya (CHIKV), sous forme d’immunisation à dose unique.

L’innocuité et l’immunogénicité du vaccin Ixchiq n’ont pas encore été établies chez les personnes âgées de moins de 18 ans. Par conséquent, l’indication d’utilisation dans la population pédiatrique n’est pas autorisée par Santé Canada.

Ixchiq n'a pas été autorisé dans la population pédiatrique (moins de 18 ans), car son profil d'innocuité et d'efficacité n'ayant pas été établi pour cette population.

Les études cliniques du vaccin Ixchiq incluent les personnes âgées de 65 ans et plus et les données cliniques contribuent à l’évaluation de l’innocuité et l’immunogénicité dans cette population.

Ixchiq (3.0 log10 50% de dose infectieuse en culture tissulaire (DICT50)/0,5 ml virus du Chikungunya, vivant-atténué) se présente sous forme de poudre pour solution pour injection intramusculaire. En plus de l'ingrédient médicinal, la poudre contient du D-sorbitol, de la L-méthionine, du chlorure de magnésium, du phosphate de potassium, de l’albumine humaine recombinante, du saccharose et du citrate trisodique dihydraté.

L’utilisation d’Ixchiq est contre-indiquée chez les personnes ayant des antécédents d’immunodéficience ainsi que chez les patients présentant une hypersensibilité à ce vaccin ou à l’un des ingrédients de la formulation ou des composants du contenant. Ixchiq est également contre-indiqué pendant la grossesse. Chez les femmes en âge de procréer, il est conseillé d’éviter toute grossesse pendant un mois suivant la vaccination

Le produit médicamenteux a été autorisé selon les conditions d'utilisation décrites dans sa monographie de produit, en tenant compte des risques potentiels associés à son administration. La monographie de produit d’Ixchiq est accessible par l'intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.

Pour de plus amples renseignements sur la justification de la décision de Santé Canada, veuillez consulter les sections Motifs d'ordre clinique, non clinique et qualitatif (caractéristiques chimiques et de fabrication).

2 Pourquoi Ixchiq a-t-il été autorisé?

Santé Canada estime que Ixchiq a un profil avantages-risques favorable pour l’immunisation active des personnes âgées de 18 ans et plus pour la prévention de la maladie causée par le virus du chikungunya (CHIKV), sous forme d’immunisation à dose unique.

Le chikungunya, maladie virale transmise par les moustiques, est causé par le CHIKV. Ses signes et ses symptômes sont le plus souvent caractérisés par l’apparition soudaine d’une fièvre élevée, d’une myalgie, d’une arthralgie, d’une lymphopénie prononcée et d’une thrombocytopénie modérée, qui commencent habituellement de trois à sept jours après avoir été piqué par un moustique infecté du genre Aedes. Ces changements se résorbent habituellement dans les sept à 10 jours, mais jusqu’à 40 % des patients peuvent éprouver une arthralgie débilitante et d’autres symptômes pendant des mois, voire des années.

Le virus du chikungunya a été détecté dans plus de 100 pays d’Asie, d’Afrique, d’Europe et des Amériques. Le chikungunya n’est pas endémique au Canada et on le contracte au cours de voyages internationaux vers les zones à risque.

Le CHIKV est un virus enveloppé d’acide ribonucléique (ARN) avec un génome formé d’un ARN à simple brin à sens positif contenant deux cadres de lecture ouverts qui encodent quatre protéines non structurales (nsP1 à nsP4) et six protéines structurales. Ixchiq est une souche vivante atténuée du CHIKV (CHIKV Δ5nsP3) dérivée de la souche infectieuse parente du CHIKV de type sauvage (souche de La Réunion LR2006‑OPY1) par génétique inversée, ce qui entraîne une suppression de 61 acides aminés dans la partie C‑terminale de la protéine 3 (nsP3) réplicase non structurelle. On suppose que le CHIKV vivant atténué (Δ5nsP3) peut avoir un risque réduit de causer la maladie du CHIKV en raison d’une réplication virale atténuée chez les humains, mais il peut provoquer des réponses immunitaires suffisantes propres au CHIKV pour amorcer le système immunitaire afin de prévenir cette maladie.

À l’heure actuelle, il n’existe aucun traitement antiviral ou préventif particulier (p. ex. vaccins ou anticorps monoclonaux) disponible pour gérer ou prévenir la maladie du chikungunya chez les Canadiens qui se rendent dans des pays à risque élevé. Le traitement de la maladie du chikungunya est un traitement de soutien. Le soulagement de la douleur est la norme et la seule option de traitement efficace pour la prise en charge de la maladie.

L’efficacité clinique d’Ixchiq a été appuyée par des données provenant de trois études cliniques prospectives à double insu : l’étude pivot de phase III VLA1553‑301 (contrôlée par placebo), l’étude de phase III VLA1553‑302 (cohérence d’un lot à l’autre) et l’étude de phase I VLA1553‑101 (détermination de la dose). Ces études ont été conçues pour évaluer l’immunogénicité et l’innocuité d’Ixchiq chez des adultes en santé sans infection au CHIKV connue ou soupçonnée.

L’étude pivot a comparé l’administration par voie intramusculaire d’Ixchiq (1 x 104 DICT50/dose) à 3 093 participants ou d’un placebo à 1 035 participants en santé. On a évalué l’efficacité clinique à l’aide de la réponse sérologique comme paramètre d’efficacité de l’immunogénicité de substitution, défini comme étant l’obtention d’un titre d’anticorps neutralisant propre au CHIKV dans une réduction de 50 % du test de neutralisation de la réduction des microplaques (μPRNT50) de 150 ou plus. Le principal paramètre d’immunogénicité était le taux de réponse sérologique 28 jours après la vaccination, le taux de réponse sérologique de 70 % dans le groupe traité au moyen d’Ixchiq était le seuil de non‑acceptation. L’étude a démontré que le taux de réponse sérologique au 28e jour après la vaccination était de 98,9 % (intervalle de confiance [IC] à 95 % : 96,7, 99,8) dans le groupe traité au moyen d’Ixchiq et de 0 % (IC à 95 % : 0, 3,8) dans le groupe traité à l’aide d’un placebo. Les moyennes géométriques des titres (MGT) pour les anticorps neutralisants propres au CHIKV au cours du μPRNT50 a atteint un sommet de 3 361,6 (IC à 95 % : 2 993,8, 3 774,5) le 29e jour après la vaccination, puis a chuté d’environ 80 % à 752,1 (IC à 95 % : 665,9, 849,5) au 180e jour après la vaccination.

Ixchiq a été considéré comme étant sans danger chez les femmes qui ne sont pas enceintes âgées de 18 ans et plus, d’après l’évaluation des données générées par l’étude pivot. Les données comprenaient des réactions locales et systémiques sollicitées après la vaccination au cours des 10 premiers jours, des événements indésirables (EI) non sollicités au cours des 28 premiers jours et dans les 6 premiers mois, des EI présentant un intérêt particulier (c’est‑à‑dire la maladie apparenté au chikungunya) au cours des 30 premiers jours et des événements indésirables graves (EIG), y compris les décès et les retraits, au cours des six premiers mois.

Dans l’ensemble, dans l’étude pivot, 50,2 % des patients traités au moyen d’Ixchiq ont eu au moins une réaction indésirable (RI) systémique sollicitée, comparativement à 26,9 % des patients recevant un placebo. Dans le groupe traité au moyen d’Ixchiq, 15,0 % des receveurs ont connu au moins une RI au site d’injection par rapport à 11,1 % des patients qui ont reçu un placebo. La plupart des réactions sollicitées au site se sont résorbées dans un délai d’un à cinq jours. Parmi les personnes ayant eu une réaction grave, 2,1 % ont été traitées au moyen d’Ixchiq comparativement à 0,1 % par les personnes ayant reçu un placebo. La majorité était due à la fièvre. Dans l’ensemble, 21,8 % des participants ayant reçu Ixchiq ont déclaré au moins un EI non sollicité, comparativement à 13,3 % chez ceux recevant un placebo. La plupart des EI non sollicités jusqu’à 28 jours après la vaccination ont été classés comme étant légers ou modérés. Dix‑huit participants (0,6 %) du groupe traité au moyen d’Ixchiq et six participants (0,6 %) du groupe traité à l’aide d’un placebo ont eu au moins un EI non sollicité grave. Les EI non sollicités étaient plus souvent considérés comme étant liés à la vaccination dans le groupe traité au moyen d’Ixchiq (9,2 %) que dans le groupe traité à l’aide d’un placebo (3,7 %) et la différence entre les deux groupes est considérée comme étant importante.

On a surveillé les participants pour des symptômes correspondant à l’infection au chikungunya de type sauvage. On a défini les RI de type chikungunya comme étant de la fièvre (38 °C ou plus) et l’un ou plusieurs des symptômes suivants : arthralgie ou arthrite, myalgie, maux de tête, mal de dos, éruption cutanée, lymphadénopathie ou certains symptômes neurologiques, cardiaques ou oculaires qui sont apparus dans les 30 jours suivant la vaccination. Les RI graves de type chikungunya comprenaient des symptômes qui empêchaient l’accomplissement des activités quotidiennes ou qui nécessitaient une intervention médicale. Parmi les participants, 361 personnes (11,7 %) du groupe traité au moyen d’Ixchiq ont signalé des RI de type chikungunya, dont 48 (1,6 %) qui ont signalé des RI graves de ce type. Six participants (0,6 %) du groupe traité à l’aide d’un placebo ont signalé des réactions indésirables de type chikungunya, dont aucune n’était grave.

Vingt‑deux participants ayant reçu Ixchiq avaient des réactions indésirables prolongées de type chikungunya pendant plus de 14 jours (durée médiane de 33 jours, intervalle de 15 jours à au moins six mois). Sept participants ont signalé une arthralgie prolongée (pendant plus de 14 jours) (cinq de ces participants ont eu une arthralgie pendant plus de 28 jours). Treize participants ont signalé une fatigue prolongée, une myalgie ou des maux de tête (pendant plus de 14 jours) (dont neuf qui ont présenté des symptômes pendant plus de 28 jours).

La proportion de participants qui ont déclaré au moins un EIG en six mois était de 1,5 % dans le groupe traité au moyen d’Ixchiq et de 0,8 % dans le groupe traité à l’aide d’un placebo. Dans l’ensemble, deux EIG (0,1 %) nécessitant une hospitalisation étaient considérés comme étant liés à Ixchiq : un cas de myalgie et un cas d’hyponatrémie hypovolémique et de fibrillation auriculaire. On a observé un rétablissement complet des deux événements. Il n’y a eu aucun EIG signalé dans le groupe traité à l’aide d’un placebo.

Valneva Austria GmbH a présenté à Santé Canada un plan de gestion des risques (PGR) relativement à Ixchiq. Le PGR est conçu de manière à décrire les problèmes d'innocuité connus et potentiels, à présenter le plan de surveillance prévu et, au besoin, à décrire les mesures qui seront mises en place pour réduire les risques associés au produit. Après examen, le PGR a été jugé acceptable. 

Les étiquettes interne et externe, la notice d'accompagnement et la section des renseignements pour les patients sur les médicaments de la monographie de produit d’Ixchiq qui ont été présentées ont répondu aux exigences réglementaires relatives à l'étiquetage, à l'utilisation d'un langage clair et aux éléments de conception.

Le promoteur a soumis une évaluation de la marque nominative qui comprenait des évaluations des attributs nominatifs à présentation et à consonance semblables. Après examen, le nom proposé d’Ixchiq a été accepté. Après examen, le nom proposé Ixchiq a été accepté. Au cours de l’examen de la marque de commerce proposée, Ixchiq, on a déterminé qu’il y a un risque accru de confusion avec Ixiaro (vaccin contre l’encéphalite japonaise), compte tenu des nombreuses similitudes orthographiques et phonétiques et des caractéristiques de profil du produit qui se chevauchent. Afin de surveiller le risque de confusion de marque entre Ixchiq et Ixiaro, le promoteur est invité à inclure un examen cumulatif de tous les cas suggérant une confusion de marque en raison « d’erreurs de médication et autres erreurs et problèmes d’utilisation de produits » impliquant Ixchiq dans le Rapport périodique de pharmacovigilance. L’examen devrait également inclure les cas sans conséquences cliniques, comme les plaintes, les rapports de préoccupation et les quasi‑accidents.

D’après les données sur l’immunogénicité et l’innocuité actuellement disponibles, le profil avantages‑risques d’Ixchiq administré en dose unique à des femmes non enceintes âgées de 18 ans ou plus est jugé favorable. Les problèmes d'innocuité relevés peuvent être gérés à l'aide de l'étiquetage et une surveillance adéquate. La monographie de produit d’Ixchiq comporte des mises en garde et des précautions appropriées pour répondre aux préoccupations d'innocuité identifiées.

Cette Présentation de drogue nouvelle répond aux exigences des articles C.08.002 et C.08.005.1; par conséquent, Santé Canada a émis l'Avis de conformité prévu à l'article C.08.004 du Règlement sur les aliments et drogues. Pour de plus amples renseignements, veuillez consulter les sections Motifs de décision d'ordre clinique, non clinique et qualitatif (caractéristiques chimiques et fabrication). 

3 Quelles sont les étapes qui ont mené à l'autorisation d’Ixchiq?

L’examen des éléments qualité et cliniques de la Présentation de drogue nouvelle (PDN) pour Ixchiq était fondé sur une évaluation critique du dossier de données présenté à Santé Canada. Les examens et la correspondance effectués par la Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis ont été utilisés comme références ajoutées, conformément à la méthode 3 décrite dans l'ébauche de la ligne directrice : L'utilisation d'examens étrangers par Santé Canada. La décision réglementaire canadienne sur la PDN de Ixchiq a été prise de manière indépendante sur la base de l'examen canadien. 

Pour de plus amples renseignements sur le processus de présentation de drogue, consulter la Ligne directrice : gestion des présentations et des demandes de drogues.

Étapes importantes de la présentation : Ixchiq

Étape importante de la présentation

Date

Réunion préalable à la présentation

2023-01-19

Dépôt de la Présentation de drogue nouvelle

2023-05-29

Examen préliminaire

Avis d'insuffisance émis lors de l'examen préliminaire

2023-07-06

Réponse d'Avis d'insuffisance émis lors de l'examen préliminaire déposée

2023-08-02

Lettre d'acceptation à l'issue de l'examen préliminaire émise

2023-08-25

Examen

Évaluation de la qualité terminée

2024-06-17

Évaluation non clinique terminée

2024-06-18

Évaluation biostatistique terminée

2024-06-18

Évaluation du plan de gestion des risques terminée 

2024-06-19

Examen de l'étiquetage terminé

2024-06-19

Évaluation clinique/médicale terminée

2024-06-20

Délivrance de l'Avis de conformité par la directrice générale, Direction des médicaments biologiques et radiopharmaceutiques

2024-06-20

4 Quelles mesures de suivi le promoteur prendra-t-il?

Dans le cadre de l'autorisation de mise en marché d’Ixchiq, le promoteur s'est engagé à mener plusieurs activités post-commercialisation à la demande de Santé Canada. Outre les exigences décrites dans la Loi sur les aliments et drogues et le Règlement sur les aliments et drogues, les engagements comprennent les suivants (sans s'y limiter) :

  • Présenter une section distincte sur la transmission verticale potentielle du virus contenu dans le vaccin dans le cadre de l’examen de l’innocuité pendant la grossesse du Rapport périodique de pharmacovigilance (RPPV).

  • Surveiller le risque de confusion de marque entre Ixchiq et Ixiaro (vaccin contre l’encéphalite japonaise) en raison du risque accru de confusion causée par les nombreuses similitudes orthographiques et phonétiques, et les caractéristiques de profil du produit qui se chevauchent. Le promoteur est invité à inclure un examen cumulatif de tous les cas suggérant une confusion de marque en raison « d’erreurs de médication et autres erreurs et problèmes d’utilisation de produits » impliquant Ixchiq dans le RPPV. L’examen devrait également inclure les cas sans conséquences cliniques, comme les plaintes, les rapports de préoccupation et les quasi‑accidents.

5 Quelles activités postautorisation ont été menées à l'égard d’Ixchiq?

Les Sommaires des motifs de décision (SMD) relatifs aux médicaments éligibles (tels que décrits dans la Foire aux questions : Phase II du projet de sommaires des motifs de décision [SMD]) autorisés après le 1er septembre 2012 incluront des renseignements sur les activités postautorisation sous forme de tableau. Le tableau des activités postautorisation (TAPA) comprendra de brefs résumés d'activités telles que les présentations de demandes de nouvelles utilisations, ainsi que les décisions de Santé Canada (positives ou négatives). Le TAPA continuera d'être actualisé durant tout le cycle de vie du produit.

À l'heure actuelle, aucun TAPA n'est disponible pour Ixchiq. Lorsque le TAPA sera disponible, il sera incorporé dans ce SMD.

Pour consulter les derniers avis, mises en garde et retraits concernant des produits commercialisés, consultez MedEffet Canada.

6 Quels sont les autres renseignements disponibles à propos des médicaments?

Pour obtenir des renseignements à jour sur les produits médicamenteux, veuillez suivre les liens suivants :

7 Quelle est la justification scientifique sur laquelle s'est fondé Santé Canada?

Consultez la section Quelles sont les étapes qui ont mené à l'autorisation d’Ixchiq? pour plus de renseignements sur le processus d'examen de cette présentation.

7.1 Motifs cliniques de la décision

Pharmacologie clinique

On a déterminé le mécanisme exact par lequel Ixchiq exerce la protection. Cependant, Ixchiq produit des réponses immunitaires particulières contre le virus du chikungunya (CHIKV).

On n’a pas effectué d’études de pharmacologie clinique puisqu’elles ne sont habituellement pas requises pour les vaccins. La pharmacodynamique d’Ixchiq a été évaluée dans le cadre de l'analyse de l'immunogénicité décrite à la section Efficacité clinique.

Pour obtenir des renseignements supplémentaires, consulter la monographie de produit d’Ixchiq approuvée par Santé Canada et accessible par l'intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.

Efficacité clinique

On a évalué l’efficacité clinique d’Ixchiq au cours de trois études cliniques prospectives à double insu. La première était l’étude pivot de phase III VLA1553‑301. Cette étude multicentrique et contrôlée par placebo a été effectuée auprès de 4 128 participants, dont 3 093 qui ont reçu Ixchiq (1 x 10doses infectieuses de culture tissulaire à 50 % [DICT50]) et 1 035 qui ont reçu de la saline tamponnée de phosphate comme placebo. La deuxième étude était l’étude de soutien de phase III VLA1553‑302, une étude de cohérence d’un lot à l’autre effectuée auprès de 409 participants qui ont reçu Ixchiq (1 x 104 DICT50). La troisième était l’étude de détermination de la dose de phase I VLA1553‑101 effectuée auprès de 120 participants. Le vaccin contre le CHIKV utilisé dans l’étude de phase I était une formulation liquide tandis que celui utilisé dans les deux études de phase III était une formulation lyophilisée. Les trois études ont été effectuées aux États‑Unis et ont été conçues dans le but d’évaluer l’immunogénicité et l’innocuité d’Ixchiq après administration par voie intramusculaire chez des adultes en santé sans infection au CHIKV connue ou soupçonnée.

L’étude pivot VLA1553‑301 a fait participer des hommes (45,3 % des participants) et des femmes (54,7 % des participantes) adultes en santé sans infection au CHIKV connue ou soupçonnée, peu susceptibles d’être exposés au CHIKV au cours de l’étude. Les participants atteints de maladies chroniques ou d’affections qui étaient stables et bien maîtrisées pendant les six derniers mois ont pu participer aux études cliniques. Les participants immunodéprimés n’étaient pas admissibles. Voici la répartition des origines ethniques des participants : 80,4 % étaient des Blancs, 13,9 % étaient des Noirs ou des Afro‑Américains, 1,7 % étaient des Asiatiques américains, 0,8 % étaient des Amérindiens ou des Autochtones d’Alaska, 0,4 % étaient des Autochtones d’Hawaï ou des insulaires du Pacifique et 2,8 % étaient d’une autre ethnicité. L’âge moyen des participants était de 45,0 ans (intervalle : de 18 à 94 ans), avec un total de 463 participants sur 4 115 (11,3 %) identifiés comme étant des participants âgés (65 ans ou plus). Les caractéristiques démographiques des groupes traités au moyen d’Ixchiq et d’un placebo étaient semblables.

Immunogénicité

En raison de la difficulté d’évaluer l’efficacité du vaccin pour la prévention de la maladie sporadique du CHIKV, on a évalué l’efficacité clinique au cours de l’étude pivot (étude VLA1553‑301) à l’aide d’un paramètre d’immunogénicité de substitution après la vaccination. D’après les données d’une étude non clinique (étude VAC1816‑02, discutée dans la section Études non cliniques) effectuée chez des primates non humains, l’établissement d’un titre d’anticorps neutralisant propre au CHIKV selon une réduction de 50 % du test de neutralisation de la réduction des microplaques (μPRNT50) de 150 ou plus était considéré comme prédisant un avantage clinique. Par conséquent, la réponse sérologique, définie comme étant l’obtention d’un titre d’anticorps neutralisant le virus selon un μPRNT50 de 150 ou plus, a été utilisée comme paramètre d’immunogénicité de substitution de l’efficacité. Dans l’étude pivot, le principal paramètre d’immunogénicité était le taux de réponse sérologique 28 jours après la vaccination, avec un taux de réponse sérologique de 70 % dans le groupe traité au moyen d’Ixchiq comme seuil de non‑acceptation. Les résultats de l’étude ont démontré que le taux de réponse sérologique au 28e jour après la vaccination était de 98,9 % (intervalle de confiance [IC] à 95 % : 96,7, 99,8) dans le groupe traité au moyen d’Ixchiq et de 0 % (IC à 95 % : 0, 3,8) dans le groupe traité à l’aide d’un placebo. Les moyennes géométriques des titres (MGT) pour les anticorps neutralisants propres au CHIKV au cours du μPRNT50 a atteint un sommet de 3 361,6 (IC à 95 % : 2 993,8, 3 774,5) le 29e jour après la vaccination, puis a chuté d’environ 80 % à 752,1 (IC à 95 % : 665,9, 849,5) au 180e jour.

Dans l’étude de soutien de phase I VLA1553‑101, le niveau de la MGT pour les anticorps neutralisants propres au CHIKV dans le μPRNT50 du 29e jour au 365e jour suivant la vaccination initiale au premier jour était semblable dans les trois groupes de traitement, ce qui indique que la réponse immunitaire pour les anticorps neutralisants propres au CHIKV semble atteindre un plateau lorsqu’on utilise la dose la plus faible d’Ixchiq (3,2 x 10DICT50).

Virémie

Au cours de l’étude de soutien VLA1553‑101, on a étudié la virémie à l’aide d’échantillons de plasma analysés aux jours 0, 3, 7 et 14 après la vaccination initiale (jour 0) dans trois groupes de traitement au moyen d’Ixchiq (3,2 x 103 DICT50, 3,2 x 104 DICT50, 2 x 105 DICT50) et après une nouvelle dose de vaccin dans tous les groupes d’étude ayant reçu la dose la plus élevée (3,2 x 105 DICT50) au 180e jour ou au 365e jour. La quantité de virus injecté était trop faible pour être détectée le jour 0 après la vaccination. Les titres viraux plasmatiques qui ont suivi la vaccination initiale dans tous les groupes d’étude ont été les plus élevés au troisième jour. Ils ont ensuite chuté d’environ 85 % au septième jour et sont devenus indétectables au quatorzième jour. Les titres viraux plasmatiques ont augmenté avec la dose vaccinale. Les titres de l’acide ribonucléique viral moyens (ARN) se situent à 73 601,2 équivalents de copie de génome (GCE)/ml, à 89 353,7 GCE/ml et à 229 224,1 GCE/ml le troisième jour, avec une dose accrue dans les trois groupes de traitement, respectivement. Cependant, il n’y a eu aucune virémie détectable dans aucun des groupes étudiés après l’administration de la nouvelle dose du vaccin Ixchiq à la dose la plus élevée (3,2 x 105 DICT50) au 180e jour ou au 365e jour suivant la vaccination initiale.

Indication

La Présentation de drogue nouvelle relative à Ixchiq a été initialement déposée par le promoteur pour l'indication proposée suivante, que Santé Canada a ensuite approuvée :

Ixchiq (vaccin à virus vivant atténué contre le chikungunya) poudre pour solution pour injection intramusculaire est un vaccin contenant le virus vivant atténué de chikungunya, destiné à l’immunisation active des personnes âgées de 18 ans et plus pour la prévention de la maladie causée par le virus du chikungunya (CHIKV), sous forme d’immunisation à dose unique.

Pour de plus amples renseignements, consulter la monographie de produit d’Ixchiq approuvée par Santé Canada et accessible par l'intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.

Innocuité clinique

On a évalué l’innocuité clinique d’Ixchiq à l’aide de données provenant de 4 115 participants (population d’innocuité) de l’étude pivot de phase III VLA1553‑301. Au total, 3 082 adultes en santé ont reçu au moins une dose d’Ixchiq et 1 033 adultes en santé ont reçu un placebo. Dans l’ensemble, 3 644 des 4 115 participants (88,6 %) ont fait l’objet de suivis pour des raisons d’innocuité pendant au moins six mois suivant l’administration d’une seule dose de vaccin.

Dans l’étude, on a signalé des réactions indésirables (RI) systémiques et aux sites d’injection dans les 10 jours suivant la vaccination. Dans l’ensemble, 1 547 des 3 082 personnes (50,2 %) ayant reçu Ixchiq ont eu au moins une RI systémique sollicitée comparativement à 278 des 1 033 personnes (26,9 %) ayant reçu un placebo. Les RI systémiques les plus courantes étaient les maux de tête (31,6 % dans le groupe traité au moyen d’Ixchiq par rapport à 14,7 % dans le groupe traité à l’aide d’un placebo), la fatigue (28,5 % par rapport à 12,7 %), la myalgie (23,9 % par rapport à 7,4 %) et l’arthralgie (17,2 % par rapport à 4,9 %). Dans l’ensemble, 463 des 3 082 personnes (15,0 %) ayant reçu Ixchiq ont eu au moins une RI au site d’injection comparativement à 115 des 1 033 personnes (11,1 %) ayant reçu un placebo. Le taux de RI au site d’injection le plus courant était la sensibilité (10,6 % par rapport à 8,1 %). La plupart des RI au site d’injection se sont résorbées dans un délai d’un à cinq jours. La plupart des RI systémiques (plus de 95 %) étaient d’intensité légère à modérée et se sont résorbées en deux à cinq jours (durée médiane de deux jours). Dans l’ensemble, 64 des 3 082 personnes (2,1 %) ayant reçu Ixchiq ont éprouvé des RI sollicitées causées par la fièvre qui ont été classées comme étant graves par la majorité des participants (nombre total [n] = 44). Un seul des 1 033 patients ayant reçu un placebo (0,1 %) a présenté une RI sollicitée et l’a jugée comme étant grave.

Les événements indésirables (EI) non sollicités ont fait l’objet d’une surveillance dans les 6 mois suivant la vaccination. Jusqu’à 28 jours après la vaccination, 21,8 % des 3 082 participants ayant reçu Ixchiq ont déclaré au moins un EI non sollicité, comparativement à 13,3 % des 1 033 participants qui ont reçu un placebo. La plupart des EI non sollicités ont été classés comme étant légers ou modérés. Dix‑huit participants (0,6 %) du groupe traité au moyen d’Ixchiq et six participants (0,6 %) du groupe traité à l’aide d’un placebo ont eu au moins un EI non sollicité classé comme étant grave. Les EI non sollicités étaient plus souvent considérés comme étant liés à la vaccination dans le groupe traité au moyen d’Ixchiq (9,2 % des participants) que dans le groupe traité à l’aide d’un placebo (3,7 % des participants) et la différence entre les deux groupes est considérée comme étant importante.

On a surveillé les participants pour des symptômes correspondant à l’infection au chikungunya de type sauvage. On a défini les RI de type chikungunya comme étant de la fièvre (38 °C ou plus) et l’un ou plusieurs des symptômes suivants : arthralgie ou arthrite, myalgie, maux de tête, mal de dos, éruption cutanée, lymphadénopathie ou certains symptômes neurologiques, cardiaques ou oculaires qui sont apparus dans les 30 jours suivant la vaccination. Les RI graves de type chikungunya comprenaient des symptômes qui empêchaient l’accomplissement des activités quotidiennes ou qui nécessitaient une intervention médicale. Parmi les participants, 361 des 3 082 personnes (11,7 %) du groupe traité au moyen d’Ixchiq ont signalé des RI de type chikungunya, dont 48 (1,6 %) qui ont signalé des RI graves de ce type. Six des 1 033 participants (0,6 %) du groupe traité à l’aide d’un placebo ont signalé des RI de type chikungunya, dont aucune n’était grave. Le délai d’apparition médian des RI de type chikungunya chez les personnes ayant reçu Ixchiq était de trois jours (intervalle : 0 à 10 jours) après la vaccination. La durée du délai d’apparition médiane des RI de type chikungunya chez les personnes ayant reçu Ixchiq était de quatre jours (intervalle : d’un jour à une durée d’au moins six mois).

Vingt‑deux participants ayant reçu Ixchiq avaient des RI prolongées de type chikungunya de plus de 14 jours (durée médiane de 33 jours, intervalle : de 15 jours à une durée d’au moins six mois) et 15 participants ayant reçu Ixchiq avaient des RI de ce type pendant plus de 28 jours (durée médiane de 94 jours, intervalle : de 29 jours à une durée d’au moins six mois). Treize participants ont signalé une fatigue prolongée, une myalgie ou des maux de tête (pendant plus de 14 jours) (dont neuf qui ont présenté des symptômes pendant plus de 28 jours). Sept participants ont signalé une arthralgie prolongée (pendant plus de 14 jours) (cinq d’entre eux ont eu une arthralgie pendant plus de 28 jours).

La proportion de participants qui ont déclaré au moins un événement indésirable grave (EIG) dans les six mois suivants l’administration était de 1,5 % (46 participants sur 3 082) dans le groupe traité au moyen d’Ixchiq et de 0,8 % (huit participants sur 1 033) dans le groupe traité à l’aide d’un placebo. Dans l’ensemble, deux EIG (0,1 %) qui ont nécessité une hospitalisation étaient considérés comme étant liés à Ixchiq : un cas de myalgie et un cas d’hyponatrémie hypovolémique et de fibrillation auriculaire. On a observé un rétablissement complet des deux événements. Il n’y a eu aucun EIG signalé dans le groupe traité à l’aide d’un placebo.

Trois participants sont décédés pendant l’étude pivot en raison d’événements indépendants des procédures de l’étude (coronaropathie, maladie à coronavirus 2019 [COVID‑19] et lésions cérébrales anoxiques). Aucun des décès n’a été considéré comme étant lié à Ixchiq. Environ 0,1 % des participants qui ont reçu Ixchiq par rapport à 0,2 % des participants du groupe traité à l’aide d’un placebo ont abandonné leur participation à l’étude en raison des EI.

Des données de laboratoire ont été recueillies au septième jour, au 28e jour, au 84e jour et au 180e jour après la vaccination dans le sous‑ensemble de l’immunogénicité. La plupart des paramètres d’hématologie, de chimie et de coagulation étaient habituellement bien équilibrés entre le groupe traité au moyen d’Ixchiq et celui traité à l’aide d’un placebo. Une exception a été le nombre anormal de globules blancs, plus particulièrement les leucocytes (tous les types de globules blancs), les neutrophiles et les lymphocytes, que l’on a observé plus fréquemment chez les personnes qui ont reçu Ixchiq que chez les personnes qui ont reçu un placebo. Dans l’ensemble, les changements dans les résultats des analyses cliniques en laboratoire sont considérés comme étant prévus et conformes à une réponse physiologique normale à un vaccin antiviral vivant atténué.

La monographie de produit approuvée d’Ixchiq présente les mises en garde et les mesures de précaution appropriées concernant les problèmes d'innocuité relevés. Pour de plus amples renseignements, consulter la monographie de produit d’Ixchiq approuvée par Santé Canada et accessible par l'intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.

7.2 Motifs non cliniques de la décision

Les primates non-humains susceptibles d’être infectés par le CHIKV sont le plus souvent utilisés comme modèle animal dans les études sur la maladie du CHIKV et les candidats au vaccin contre le CHIKV. Une étude effectuée chez des primates non humains (étude PHY1802‑02) a comparé Ixchiq et sa souche de CHIKV de type sauvage apparentée (TS) à la suite de la même dose administrée par voie intramusculaire (3,2 x 10DICT50). L’administration par voie intramusculaire de la souche du CHIKV de TS à ce niveau de dose devrait être en mesure de causer une maladie grave du CHIKV et même des conséquences mortelles chez les humains. L’étude a démontré que les animaux inoculés par le CHIKV (n = 4) avaient une charge virale plasmatique très élevée [pic de titre moyen géométrique de 1,3 x 109 GCE/ml], mais n’avaient qu’une fièvre légère à modérée du jour 1 au jour 6 après l’exposition et une lymphopénie de courte durée. La fièvre a atteint son maximum le jour 1 ou le jour 2 après l’exposition. La gravité de la fièvre et de la lymphopénie chez les animaux traités au moyen d’Ixchiq était disproportionnellement élevée, compte tenu du niveau extrêmement faible de virémie chez ces animaux.

Une étude pharmacologique sur les primates non humains (étude VAC1816‑02) a examiné les effets protecteurs des sérums humains regroupés provenant des participants vaccinés au moyen d’Ixchiq au cours de l’étude clinique de phase I VLA1553‑101 contre l’infection au CHIKV provoquée par une dose (1,5 x 104 DICT50) de la souche de TS du CHIKV LR2006‑OPY1 administrée par voie sous‑cutanée. La provocation virale de cette étude a entraîné des niveaux élevés de virémie accompagnés d’une fièvre légère et de lymphopénie chez les animaux témoins. On a déterminé le titre de l’anticorps neutralisant propre au CHIKV dans la sang des animaux par une méthode de test de neutralisation de la réduction des microplaques (μPRNT). Les résultats de l’étude suggèrent qu’un titre d’anticorps neutralisant propre au CHIKV chez l’humain, à une réduction de 50 % du titre de neutralisation de la réduction des microplaques (μPRNT50) de 150 dans le plasma de primates non humains assurait une protection complète dans un modèle de la maladie du chikungunya bénigne chez les primates non humains auxquels on a inoculé le CHIKV de TS.

On n’a pas effectué d’études sur le potentiel cancérogène, génotoxique ou mutagène puisqu’elles ne sont habituellement pas requises pour les vaccins. On a évalué deux études de toxicité. Il s’agissait notamment d’une étude de toxicité à dose répétée de deux semaines effectuée chez les lapins (étude 505078) et d’une étude développementale prénatale et postnatale effectuée chez les rates Sprague‑Dawley (étude 490901). On n’a soulevé aucune question importante en matière d’innocuité au cours de ces études, à une exception près. Dans l’étude 490901, le taux de pertes post‑implantatoires dans la phase de mise bas chez les rates traitées au moyen d’une dose intramusculaire d’Ixchiq (1,9 x 104 DICT50) 15 jours avant l’accouplement, puis au sixième jour de la gestation était statistiquement plus élevé que chez les animaux témoins recevant un placebo. Les taux de pertes post‑implantatoires chez les animaux traités au moyen d’Ixchiq se situaient dans l’intervalle historique du paramètre obtenu dans l’installation d’essai. Toutefois, contrairement aux humains, les rats et les lapins ne sont pas sensibles à l’infection au CHIVK et, par conséquent, il faut faire preuve de prudence dans l’interprétation de ces résultats.

La monographie de produit d’Ixchiq présente les résultats des études non cliniques ainsi que les risques potentiels pour l'être humain. À la lumière de l'utilisation prévue d’Ixchiq, la présentation n'indique aucun problème pharmacologique ou toxicologique qui empêcherait l'autorisation du produit. Pour de plus amples renseignements, consulter la monographie de produit d’Ixchiq approuvée par Santé Canada et accessible par l'intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.

7.3 Motifs d'ordre qualitatif

Caractérisation de la substance médicamenteuse

La substance médicamenteuse d’Ixchiq (virus vivant atténué du chikungunya [CHIKV]) est produite par l’infection des cellules Vero par le CHIKV vivant atténué qui a une délétion dans le gène (Δ5nsP3) de la protéine 3 non structurale (nsPS3), ce qui entraîne une réduction de la réplication du virus in vivo.

Des études de caractérisation détaillées ont été effectuées pour garantir que l'ingrédient médicinal présente systématiquement la structure caractéristique et l'activité biologique désirée. Ces études ont été effectuées sur la substance médicamenteuse à divers stades de l’élaboration, de la toxicologie aux lots de confirmation, pour surveiller la teneur et l’intégrité des particules, la formation d’agrégats et la pureté tout au long du processus de fabrication. Les résultats de ces études ont démontré la capacité des procédés de fabrication à générer une substance médicamenteuse de qualité uniforme.

On a effectué la comparabilité des lots de substances médicamenteuses produits à différents sites à l’aide de procédés différents et on a démontré des caractéristiques physicochimiques et d’immunoréactivités comparables.

Les résultats des études de validation du procédé indiquent que les méthodes utilisées permettent de contrôler adéquatement les quantités d'impuretés liées au produit et au procédé. Les impuretés qui ont été signalées et caractérisées ne dépassaient pas les limites établies.

Procédé de fabrication de la substance médicamenteuse et du produit médicamenteux et contrôles du processus

La fabrication est basée sur un système de banque de cellules maîtresses et à une banque de cellules de travail, où les banques de cellules maîtresses et de cellules de travail ont été soigneusement caractérisées et testées pour les contaminants adventices et les virus endogènes, conformément aux lignes directrices de l'International Council for Harmonisation of Technical Requirements for Pharmaceuticals for Human Use (ICH). Les résultats des études de caractérisation génétique ont également montré la stabilité de ces banques de cellules.

La substance médicamenteuse d’Ixchiq est produite par l’infection des cellules Vero par le CHIKV vivant atténué qui a une délétion dans le gène (Δ5nsP3) nsPS3, ce qui entraîne une réduction de la réplication du virus in vivo. Le processus de fabrication des substances médicamenteuses est divisé en plusieurs étapes, dont la culture cellulaire et l’amplification virale, la récolte et la purification virales, suivies par la formulation, la filtration, le remplissage et la congélation de la substance médicamenteuse.

Le produit médicamenteux Ixchiq est une poudre lyophilisée stérile et sans agent de conservation contenant au moins 3,0 log10 de la DICT50 du CHIKV vivant atténué par dose humaine de 0,5 ml. Avant l’injection par voie intramusculaire, le produit médicamenteux est reconstitué directement dans le flacon à l’aide d’un diluant d’eau stérile fourni dans une seringue préremplie.

Le procédé de fabrication du produit médicamenteux consiste en la décongélation de la substance médicamenteuse, la formulation aseptique du produit médicamenteux en mélangeant la substance médicamenteuse avec la solution tampon et la filtration stérile de la solution finale en vrac, le remplissage aseptique des flacons avec la solution finale en vrac, suivi de la lyophilisation, de l’inspection visuelle, de l’étiquetage et de l’emballage. L’objectif de la formulation du produit médicamenteux pour la concentration de virus (5,1 log10 de la DICT50/ml) est légèrement plus élevé que la caractéristique de la mise en circulation du produit médicamenteux (de 3,6 à 4,6 log10 de la DICT50/0,5 ml ou de 3,9 à 4,9 log10 de la DICT50/ml), afin de tenir compte de la perte d’activité virale au cours de la fabrication. De plus, une caractéristique de puissance inférieure (au moins 3,0 log10 de la DICT50/0,5 ml) est mise en œuvre pour la surveillance de la stabilité du produit médicamenteux, en raison d’une diminution de puissance pendant l’entreposage à une température allant de 2 °C à 8 °C. Les caractéristiques de puissance sont jugées appropriées et sont étayées par les attributs de qualité des lots cliniques ainsi que par la variabilité analytique et du processus.

Le diluant servant à reconstituer le produit médicamenteux lyophilisé est de l’eau stérile pour injection dans des seringues préremplies. La fabrication et le contrôle du diluant sont conformes à toutes les exigences réglementaires. La caractéristique de mise en circulation pour le volume extractible, ainsi que le contrôle en cours de fabrication des volumes de remplissage et d’expulsion, assurent la livraison uniforme d’une seule dose humaine.

Les matières utilisées dans la fabrication de la substance médicamenteuse, le produit médicamenteux, et du diluant (dont les matières d'origine biologique) sont jugées appropriées et/ou conformes aux normes s'appliquant à l'usage prévu. Le procédé de fabrication est considéré comme dûment contrôlé à l'intérieur des limites justifiées.

Aucun des ingrédients non médicinaux (excipients) dans le produit médicamenteux n'est interdit d’utilisation dans les produits médicamenteux par le Règlement sur les aliments et drogues. La compatibilité du virus vivant atténué du chikungunya avec les excipients est étayée par les données de stabilité fournies.

Contrôle de la substance médicamenteuse et du produit médicamenteux

La substance médicamenteuse et le produit médicamenteux sont testés au moyen de normes de référence acceptables pour que l'on puisse vérifier s'ils respectent les spécifications approuvées. Les procédures d'analyse sont validées et conformes aux lignes directrices de l’ICH).

Une évaluation des risques liés à la présence potentielle d’impuretés nitrosamines a été effectuée conformément aux exigences énoncées dans la Ligne directrice sur les impuretés de nitrosamine dans les médicaments de Santé Canada. Les risques liés à la présence potentielle d’impuretés de nitrosamine dans la substance médicamenteuse ou le produit médicamenteux sont considérés comme négligeables ou ont été traités adéquatement (p. ex., avec des limites admissibles et une stratégie de contrôle appropriée).

Conformément au programme de contrôle et d'évaluation de Santé Canada avant l'autorisation de mise en circulation d'un lot, des lots de produit final fabriqués consécutivement ont été testés à l'aide d'un sous-ensemble de méthodes de mise en circulation. Le processus d'analyse a confirmé que les méthodes utilisées à l'interne sont acceptables pour l'usage prévu et qu'elles appuient la recommandation d'examen de la qualité.

Ixchiq est une drogue visée à l'annexe D (produits biologiques) et est donc assujettie au Programme d'autorisation de mise en circulation des lots de Santé Canada avant d'être vendue conformément à la Ligne directrice à l'intention des promoteurs : Programme d'Autorisation de Mise en Circulation des Lots de Drogues Visées à l'Annexe D (Produits Biologiques)

Stabilité de la substance médicamenteuse et du produit médicamenteux

Sur la base des données sur la stabilité présentées, la durée de conservation et les conditions d'entreposage proposées pour la substance médicamenteuse et le produit médicamenteux ont été adéquatement étayées et jugées satisfaisantes. La durée de conservation proposée de 24 mois entre 2 °C à 8 °C pour Ixchiq est considérée comme acceptable. 

La compatibilité du produit médicamenteux avec le système récipient-fermeture a été établie au moyen de tests officinaux et d'études de stabilité. Le système récipient-fermeture satisfait à tous les critères d'acceptation des tests de validation.

Les composantes proposées pour l'emballage sont considérées comme acceptables.

Installations et équipement

L'aménagement, le fonctionnement et les mécanismes de contrôle des installations et de l'équipement servant à la production sont jugés acceptables pour les activités et les produits fabriqués.

Santé Canada a effectué des évaluations sur place des installations de fabrication et d'analyse d’Ixchiq.

Tous les installations participant à la production sont conformes aux bonnes pratiques de fabrication.

Évaluation de l'innocuité des agents adventifs

Les études de clairance virale n’ont pas été effectuées en raison de la nature du vaccin. Un contrôle adéquat est assuré par la mise en œuvre d’un programme complet d’essais d’innocuité virale et par l’évaluation de la clairance virale pendant la fabrication de routine. Les agents adventifs viraux et microbiens sont adéquatement contrôlés par des contrôles et des caractéristiques pour les matières de départ, les matières premières et les réactifs, ainsi que par des contrôles et des caractéristiques en cours de fabrication appropriés pour la substance médicamenteuse et le produit médicamenteux. Les matières d’origine biologique sont obtenues et analysées de manière adéquate. Collectivement, les mesures prises pour assurer l’absence d’organismes étrangers dans le vaccin final sont jugées satisfaisantes.