Sommaire des motifs de décision portant sur Imdelltra

Décisions d'examen

Le sommaire des motifs de décision explique les raisons pour lesquelles un produit a reçu une autorisation de vente au Canada. Le document comprend les considérations portant sur la réglementation, l’innocuité, l’efficacité et la qualité (sur le plan de la chimie et de la fabrication).


Type de produit:

Médicament
  • Ce document est une traduction française du document anglais approuvé.

Contact : Bureau des affaires réglementaires, Direction des médicaments biologiques et radiopharmaceutiques

Sommaire des motifs de décision (SMD)

Les sommaires des motifs de décision (SMD) présentent des renseignements sur l’autorisation initiale d’un produit. Le SMD portant sur Imdelltra est accessible ci-dessous.

Activité récente relative à Imdelltra

Les SMD relatifs aux éligibles (tels que décrits dans la Foire aux questions : Phase II du projet de sommaires des motifs de décision [SMD]) autorisés après le 1er septembre 2012 seront mis à jour afin d'inclure des renseignements sous forme de tableau des activités postautorisation (TAPA). Le TAPA comprendra de brefs résumés d'activités telles que les présentations de demandes de nouvelles utilisations, ainsi que les décisions de Santé Canada (positives ou négatives). Les TAPA seront mis à jour régulièrement en ce qui a trait aux activités postautorisation tout au long du cycle de vie du produit.

Le tableau suivant décrit les activités postautorisation menées à l’égard de Imdelltra, un produit dont l’ingrédient médicinal est tarlatamab. Pour en savoir plus sur le type de renseignements présentés dans les TAPA, veuillez consulter la Foire aux questions : Phase II du projet de sommaires des motifs de décision (SMD) et à la Liste des abréviations qui se trouvent dans les Tableaux des activités postautorisation (TAPA).

Pour de plus amples renseignements sur le processus de présentation de drogues, consultez la Ligne Directrice : Gestion des présentations et des demandes de drogues.

Mise à jour : 2026-02-02

Identification numérique de drogue (DIN) :

  • DIN 02551551 – 1 mg/flacon tarlatamab, poudre pour solution, administration intraveineuse
  • DIN 02551578 – 10 mg/flacon tarlatamab, poudre pour solution, administration intraveineuse

Tableau des activités postautorisation (TAPA)

Type et numéro d’activité ou de présentation

Date de présentation

Décision et date

Sommaire des activités

RPEAR-C Nº 300512

2025-07-31

Déposée 2025-10-01

Présentation déposée à la suite des engagements pris en vertu des dispositions de la Ligne directrice : Avis de conformité avec conditions (AC-C). RPEAR-C pour la période allant du 2024-11-16 au 2025-05-15. Les renseignements ont été examinés et jugés acceptables. Aucune autre mesure n’était requise.

RPEAR-C Nº 295061

2025-02-07

Déposée 2025-07-30

Présentation déposée à la suite des engagements pris en vertu des dispositions de la Ligne directrice : Avis de conformité avec conditions (AC-C). RPEAR-C pour la période allant du 2024-05-16 au 2024-11-15. Les renseignements ont été examinés et jugés acceptables. Aucune autre mesure n’était requise.

Avis de mise en marché d’un produit médicamenteux (DINs 02551551 et 02551578)

Sans objet

Date de la première vente 2024-11-28

Le fabricant a informé Santé Canada de la date de la première vente conformément à la disposition C.01.014.3 du Règlement sur les aliments et drogues.

PDN Nº 281963

2023-12-11

Délivrance d’un AC en vertu de la Ligne directrice sur les AC-C 2024-09-11

Délivrance d’un AC en vertu de la Ligne directrice : Avis de conformité avec conditions (AC-C) relatif à une Présentation de drogue nouvelle. Un Sommaire des motifs de décision et un Sommaire de décision réglementaire ont été publiés.

Sommaire des motifs de décision (SMD) portant sur Imdelltra

SMD émis le : 2025-02-11

L’information suivante concerne la Présentation de drogue nouvelle pour Imdelltra.

Tarlatamab

Identification numérique de drogue (DIN) :

  • DIN 02551551 – 1 mg/flacon tarlatamab, poudre pour solution, administration intraveineuse

  • DIN 02551578 – 10 mg/flacon tarlatamab, poudre pour solution, administration intraveineuse

Amgen Canada Inc.

Présentation de drogue nouvelle, numéro de contrôle : 281963

Type de présentation : Présentation de drogue nouvelle (Nouvelle substance active) - Avis de conformité avec conditions

Domaine thérapeutique (Classification anatomique, thérapeutique, chimique [Anatomical Therapeutic Chemical], deuxième niveau) : L01 Agents antinéoplasiques

Date de présentation : 2023-12-11

Date d’autorisation : 2024-09-11

Le 11 septembre 2024, Santé Canada a émis à l’intention d’Amgen Canada Inc. un Avis de conformité dans le cadre de la Ligne directrice : Avis de conformité avec conditions (AC-C) pour le produit médicamenteux Imdelltra. Le produit a été autorisé en vertu de la Ligne directrice sur les AC-C en raison de données cliniques prometteuses et de la nécessité d’effectuer un suivi pour en confirmer les avantages cliniques. Les patients devraient être avisés du fait que l’autorisation de mise en marché a été émise sous certaines conditions.

L’autorisation de mise en marché s’appuie sur l’information portant sur la qualité (chimie et fabrication), ainsi que les études non cliniques (pharmacologie et toxicologie) et cliniques (pharmacologie, innocuité et efficacité) présentées. D’après l’évaluation des données reçues effectuée par Santé Canada, le profil avantages-risques d’Imdelltra est considéré comme étant favorable pour le traitement des adultes atteints d’un cancer du poumon à petites cellules (CPPC) de stade étendu ayant progressé pendant ou après au moins deux traitements antérieurs, y compris une chimiothérapie à base de sels de platine.

1 Sur quoi l’autorisation porte-t-elle?

Imdelltra, un agent antinéoplasique, a été autorisé pour le traitement des adultes atteints d’un cancer du poumon à petites cellules (CPPC) de stade étendu ayant progressé pendant ou après au moins deux traitements antérieurs, y compris une chimiothérapie à base de sels de platine.

L’autorisation de mise en marché avec conditions pour cette indication se fonde sur le taux de réponse objective (TRO) et la durée de la réponse. Une prolongation de la survie n’a pas encore été établie.

Santé Canada ne dispose d’aucune donnée sur l’efficacité et l’innocuité d’Imdelltra chez les enfants (âgés de moins de 18 ans). Par conséquent, Santé Canada n’a pas autorisé l’utilisation pédiatrique.

Parmi les 187 patients atteints de CPPC qui ont reçu Imdelltra à la dose recommandée de 10 mg, 54,0 % étaient âgés de 65 ans ou plus, et 11,8 % étaient âgés de 75 ans ou plus. Les données des études cliniques ne semblent pas indiquer que l’utilisation chez les personnes âgées est associée à des différences sur le plan de l’innocuité. Cependant, le nombre de patients âgés de 65 ans ou plus qui ont participé aux études cliniques n’était pas suffisant pour déterminer si la réponse de ceux-ci est différente de celle des patients plus jeunes.

Imdelltra (1 mg/flacon et 10 mg/flacon tarlatamab) se présente sous forme d’une poudre pour solution. En plus de l’ingrédient médicinal, la poudre contient l’acide L-glutamique, le polysorbate 80, l’hydroxyde de sodium, et le saccharose. La poudre doit être reconstituée avec de l’eau stérile pour injection. L’agent stabilisant de solution intraveineuse est fourni avec Imdelltra, pour être utilisé pour enduire le sac intraveineux (IV) avant l’ajout d’Imdelltra reconstitué. L’agent stabilisant de solution intraveineuse contient l’acide citrique monohydraté, le chlorhydrate de lysine, le polysorbate 80, l’hydroxyde de sodium, et l’eau pour injection. L’agent stabilisant de solution intraveineuse est utilisé pour empêcher l’adsorption d’Imdelltra sur les sacs et les tubes IV, et ne doit pas être utilisé pour la reconstitution d’Imdelltra.

L’utilisation d’Imdelltra est contre-indiquée chez les patients qui ont une hypersensibilité au médicament, à un ingrédient de la préparation, y compris à un ingrédient non médicinal, ou à un composant du contenant.

Le produit médicamenteux a été autorisé selon les conditions d’utilisation décrites dans sa monographie de produit, en tenant compte des risques potentiels associés à son administration. La monographie de produit d’Imdelltra est accessible par l’intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.

Pour de plus amples renseignements sur la justification de la décision de Santé Canada, veuillez consulter les sections Motifs d’ordre clinique, non clinique et qualitatif (caractéristiques chimiques et de fabrication).

2 Pourquoi Imdelltra a-t-il été autorisé?

Santé Canada estime qu’Imdelltra a un profil avantages-risques pour le traitement des adultes atteints d’un cancer du poumon à petites cellules (CPPC) de stade étendu ayant progressé pendant ou après au moins deux traitements antérieurs, y compris une chimiothérapie à base de sels de platine.

Imdelltra a été autorisé en vertu de la Ligne directrice : Avis de conformité avec conditions (AC-C) en raison du caractère prometteur des données cliniques et de la nécessité de poursuivre le suivi afin d’attester les avantages cliniques du produit.

L’autorisation de mise en marché avec conditions pour cette indication se fonde sur le taux de réponse objective (TRO) et la durée de la réponse. Une prolongation de la survie n’a pas encore été établie.

Le cancer du poumon est le cancer le plus souvent diagnostiqué au Canada, le cancer du poumon à petites cellules (CPPC) représentant environ 15 % de tous les nouveaux cas. Le CPPC à un stade étendu, défini comme une maladie qui s’étend en dehors du poumon où elle a commencé, est incurable avec un taux de survie global à 5 ans de moins de 5 %. Plus de deux tiers des patients atteints de CPPC présentent une maladie à un stade étendu lors du diagnostic.

L’option de traitement préférée pour les patients nouvellement diagnostiqués avec un CPPC de stade étendu (CPPC-SE) est une chimiothérapie à base de platine en combinaison avec un inhibiteur du ligand de mort programmée 1 (PD-L1). Cependant, la rechute de la maladie survient chez presque tous les patients. Les options de traitement ultérieures peuvent dépendre de la réponse à la chimiothérapie à base de platine et peuvent inclure une nouvelle chimiothérapie à base de platine, du topotécan ou du lurbinectédine. Au moment où la Présentation de drogue nouvelle pour Imdelltra a été déposée, il n’y avait aucun traitement autorisé au Canada pour le CPPC-SE récidivant ou réfractaire après deux lignes de traitement précédentes.

Tarlatamab, l’ingrédient médicinal dans Imdelltra, est un activateur bispécifique des lymphocytes T. Il se lie au ligand delta-like 3 (DLL3), qui est exprimé à la surface des cellules du CPPC (ainsi que d’autres cellules), et au groupe de différenciation 3 (CD3), qui est exprimé à la surface des cellules T. Lors de l’engagement simultané des cellules cibles exprimant DLL3 et des lymphocytes T exprimant CD3, le tarlatamab induit l’activation des lymphocytes T, la production de cytokines inflammatoires et la lyse des cellules exprimant DLL3, y compris les cellules du CPPC.

L’efficacité clinique d’Imdelltra a été démontrée grâce aux données de l’étude pivot de phase II DeLLphi-301 (20200491), qui avait une conception à groupe unique, ouverte. Cette étude a été réalisée chez des patients adultes atteints de CPPC-SE qui ont progressé après avoir reçu une chimiothérapie à base de platine et au moins un autre traitement. Au total, 99 patients dans cette étude ont reçu des perfusions intraveineuses de 1 mg d’Imdelltra le jour 1, suivies de 10 mg les jours 8 et 15, et de 10 mg toutes les 2 semaines jusqu’à la progression de la maladie ou une toxicité intolérable.

Tous les patients ont reçu une chimiothérapie à base de platine préalable, et 73,7 % avaient déjà été traités avec un inhibiteur de PD-L1. La plupart des patients (98 %) étaient atteints d’une maladie métastatique au point de référence. Le statut de sensibilité au platine, défini par le délai de progression de la maladie après une chimiothérapie à base de platine en première ligne, était connu pour 69 (70 %) patients. Vingt-sept (27 %) patients présentaient un CPPC résistant au platine, c’est-à-dire que la progression de la maladie s’est produite moins de 90 jours après la fin de la chimiothérapie à base de platine de première ligne. Quarante-deux patients (42 %) avaient une maladie sensible au platine, c’est-à-dire que la progression de la maladie s’est produite 90 jours ou plus après la fin de la chimiothérapie à base de platine de première ligne.

Le principal paramètre d’efficacité était le taux de réponse objective (TRO), évalué par un examen central indépendant à l’insu selon la version 1,1 des lignes directrices des Critères d’évaluation de la réponse des tumeurs solides (Response Evaluation Criteria in Solid Tumours; RECIST). Le TRO rapporté était de 40,4 % (intervalle de confiance [IC] à 95 % : 30,7 %, 50,7 %). La durée médiane de la réponse n’a pas été atteinte (IC à 95 % : 5,9 mois, non estimable [NE]) après un temps de suivi médian de 8,3 mois. Le TRO était constant dans la plupart des sous-groupes de patients, y compris un TRO de 51,9 % chez les patients résistants au platine qui ont historiquement des taux de réponse très faibles.

L’innocuité clinique d’Imdelltra a été évaluée chez 187 patients atteints de CPPC-SE récidivant ou réfractaire à partir de l’étude pivot (DeLLphi-301) et de l’étude à l’appui de la première administration chez l’humain (DeLLphi-300). Ces patients ont été traités avec Imdelltra selon le schéma posologique recommandé.

Presque tous les patients ont signalé des événements indésirables apparus en cours de traitements (EIT). Les événements indésirables les plus fréquents (signalés chez au moins 20 % des patients) étaient le syndrome de libération de cytokines (SLC), la fatigue, la fièvre, la dysgueusie, la perte d’appétit, les douleurs musculo-squelettiques, la constipation, l’anémie et les nausées. Des événements indésirables graves ont été signalés chez 55,6 % des patients, et des événements indésirables sévères (de grade 3 ou 4) ont été signalés chez 63,1 % des patients. Une interruption de la dose en raison d’événements indésirables a été signalée chez 30,5 % des patients, et 6,8 % des patients ont arrêté définitivement le traitement en raison d’événements indésirables. Des événements indésirables graves mortels se sont produits chez 3,7 % des patients, et comprenaient la pneumonie, l’aspiration, l’insuffisance respiratoire, l’infarctus du myocarde, l’embolie pulmonaire et l’acidose respiratoire.

Les préoccupations les plus importantes en matière d’innocuité observées avec Imdelltra étaient le SLC et le syndrome de neurotoxicité associé aux cellules immunitaires effectrices (ICANS). Le syndrome de libération de cytokine a été signalé chez 55,1 % des patients et l’ICANS a été signalé chez 3,7 % des patients. La plupart des événements étaient de faible gravité. Aucun événement fatal de SLC ou d’ICANS ne s’est produit. Deux patients ont interrompu leur traitement par Imdelltra en raison du SLC, et aucun patient n’a interrompu son traitement en raison de l’ICANS.

Les risques du SLC et de l’ICANS sont mis en évidence dans un encadré « Mises en garde et précautions importantes » de la monographie de produit d’Imdelltra. En raison de ces risques, les patients devraient être hospitalisés et surveillés pendant 24 heures et demeurer à proximité immédiate d’un hôpital pendant 48 heures à partir des deux premières doses d’Imdelltra. Des stratégies supplémentaires d’atténuation des risques et de gestion sont fournies dans la monographie de produit, y compris l’augmentation progressive de la dose, la médication concomitante, l’interruption de la dose, l’arrêt de la dose et les recommandations pour les soins de soutien.

Les autres problèmes d’innocuité avec le traitement par Imdelltra comprennent l’hépatotoxicité, les infections, le syndrome de lyse tumorale et la cytopénie.

Amgen Canada Inc. a présenté à Santé Canada un plan de gestion des risques (PGR) relativement à Imdelltra. Le PGR est conçu de manière à décrire les problèmes d’innocuité connus et potentiels, à présenter le plan de surveillance prévu et, au besoin, à décrire les mesures qui seront mises en place pour réduire les risques associés au produit. Au moment de la délivrance de l’Avis de conformité, aucun problème associé au plan de gestion des risques ne faisait obstacle à l’autorisation d’Imdelltra.

Les étiquettes interne et externe, la notice d’accompagnement et la section des renseignements pour les patients sur les médicaments de la monographie de produit d’Imdelltra qui ont été présentées ont répondu aux exigences réglementaires relatives à l’étiquetage, à l’utilisation d’un langage clair et aux éléments de conception.

Le promoteur a soumis une évaluation de la marque nominative qui comprenait des évaluations des attributs nominatifs à présentation et à consonance semblables. Après examen, le nom proposé d’Imdelltra a été accepté.

D’après les données non cliniques et les études cliniques, Imdelltra présente un profil d’innocuité acceptable. Les problèmes d’innocuité relevés peuvent être gérés à l’aide de l’étiquetage et une surveillance adéquate. La monographie de produit d’Imdelltra comporte des mises en garde et des précautions appropriées pour répondre aux préoccupations d’innocuité identifiées. Tel qu’il est indiqué dans le cadre de la Ligne directrice sur les AC-C, l’innocuité de l’utilisation d’Imdelltra sera surveillée de façon continue. Une évaluation supplémentaire aura lieu une fois que les études demandées auront été présentées.

Cette Présentation de drogue nouvelle répond aux exigences des articles C.08.002 et C.08.005.1; par conséquent, Santé Canada a émis l’Avis de conformité prévu à l’article C.08.004 du Règlement sur les aliments et drogues. Pour de plus amples renseignements, veuillez consulter les sections Motifs de décision d’ordre clinique, non clinique et qualitatif (caractéristiques chimiques et fabrication).

3 Quelles sont les étapes qui ont mené à l’autorisation d’Imdelltra?

Le promoteur a déposé une demande de prise en considération préalable en vertu de la Ligne directrice : Avis de conformité avec conditions (AC-C) concernant le Présentation de drogue nouvelle (PDN) relative à Imdelltra. Après l’évaluation des renseignements présentés, Santé Canada a déterminé que les critères d’admissibilité étaient respectés pour que la PDN soit déposée et examinée en vertu de la politique sur l’AC-C. La demande a présenté des preuves prometteuses selon lesquelles Imdelltra pourrait améliorer considérablement l’efficacité, de façon que le profil complet avantages-risques est amélioré par rapport à celui des thérapies actuelles pour une maladie grave, mettant la vie en danger ou sévèrement débilitante qui n’est pas traité adéquatement par un médicament mis sur le marché au Canada.

Un examen ultérieur est à l’origine de la décision d’accorder l’autorisation de mise en marché du promoteur en vertu de la Ligne directrice sur les AC-C, en reconnaissance du caractère prometteur, mais non confirmé des preuves de l’efficacité cliniques fournies dans la présentation. Conformément aux dispositions définies dans la Ligne directrice sur les AC-C, le promoteur a accepté de fournir des renseignements supplémentaires afin de confirmer les avantages cliniques du produit (décrites dans la section Quelles mesures de suivi le promoteur prendra-t-il?).

La Présentation de drogue nouvelle (PDN) d’Imdelltra a été examinée dans le cadre du projet Orbis, une initiative du Centre d’excellence en oncologie de la Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis. Ce projet est un partenariat international conçu pour donner aux patients atteints d’un cancer un accès plus rapide à des traitements.

La PDN d’Imdelltra a été classée comme une présentation de projet Orbis de type B. Pour cette PDN, Santé Canada a collaboré avec la FDA, la Health Sciences Authority (HSA) de Singapour, la Medicines and Healthcare products Regulatory Agency  (MHRA) du Royaume-Uni, la National Health Surveillance Agency (ANVISA) du Brésil, et le Ministry of Health d’Israël. Le Pharmaceuticals and Medical Devices Agency (PMDA) du Japon a participé en tant qu’observateur. Ce type de présentation du Projet Orbis fait référence aux demandes de marketing présentées aux partenaires du Projet Orbis plus de 30 jours après le dépôt auprès de la FDA et permet aux partenaires du Projet Orbis de recevoir des rapports d’examen de la FDA, d’échanger ou de recevoir des demandes de clarification, et d’observer et de participer à certaines réunions multipays. Les examens étrangers ont été utilisés comme références ajoutées, conformément à la méthode 3 pour les éléments cliniques et non cliniques, et conformément à la méthode 2 pour l’élément de la qualité, tel que décrit dans l’ébauche de la ligne directrice : L’utilisation d’examens étrangers par Santé Canada. La décision réglementaire canadienne sur la PDN d’Imdelltra a été prise de manière indépendante sur la base d’une évaluation critique de la trousse de données soumise à Santé Canada.

Pour de plus amples renseignements sur le processus de présentation de drogue, consulter la Ligne directrice : gestion des présentations et des demandes de drogues.

Étapes importantes de la présentation : Imdelltra

Étape importante de la présentation

Date

Réunion préalable à la présentation

2023-09-11

Demande de prise en considération préalable en vertu de la Ligne directrice sur les Avis de conformité avec conditions acceptée

2023-11-17

Dépôt de la Présentation de drogue nouvelle

2023-12-11

Examen préliminaire

Lettre d’acceptation à l’issue de l’examen préliminaire émise

2024-01-10

Examen

Évaluation du plan de gestion des risques terminée 

2024-06-27

Évaluation de la qualité terminée

2024-07-12

Évaluation non clinique terminée

2024-07-23

Évaluation clinique/médicale terminée

2024-07-23

Évaluation biostatistique terminée

2024-07-23

Examen de l’étiquetage terminé

2024-07-26

Délivrance de l’Avis d’admissibilité à un Avis de conformité avec conditions

2024-07-26

Examen de la réponse de l’Avis d’admissibilité à un Avis de conformité avec conditions

Réponse déposée (Lettre d’engagement)

2024-08-09

Évaluation clinique/médicale terminée

2024-08-30

Évaluation non clinique terminée

2024-09-06

Délivrance de l’Avis de conformité par la directrice générale, Direction des médicaments biologiques et radiopharmaceutiques dans le cadre de la Ligne directrice sur les Avis de conformité avec conditions

2024-09-11

4 Quelles mesures de suivi le promoteur prendra-t-il?

Les exigences en matière d’activités post-commercialisation sont décrites dans la Loi sur les aliments et drogues et le Règlement sur les aliments et drogues et dans la Ligne directrice : Avis de conformité avec conditions (AC-C). Notamment, le promoteur a accepté de fournir les éléments suivants :

  • Le rapport complet de l’étude clinique randomisée, ouverte et de phase III DeLLphi-304, dans laquelle le tarlatamab est comparé à l’approche thérapeutique standard chez des sujets atteints d’un cancer du poumon à petites cellules récidivant après une chimiothérapie de première ligne à base de platine.

  • Les rapports d’étape sur l’avancement de l’essai de confirmation en cours, sur une base annuelle. Les présentations de rapports de progrès seront interrompues une fois que les conditions seront levées et qu’un Avis de conformité complet sera émis.

5 Quelles activités postautorisation ont été menées à l’égard d’Imdelltra?

Les Sommaires des motifs de décision (SMD) relatifs aux médicaments éligibles (tels que décrits dans la Foire aux questions : Phase II du projet de sommaires des motifs de décision [SMD]) autorisés après le 1er septembre 2012 incluront des renseignements sur les activités postautorisation sous forme de tableau. Le tableau des activités postautorisation (TAPA) comprendra de brefs résumés d’activités telles que les présentations de demandes de nouvelles utilisations, ainsi que les décisions de Santé Canada (positives ou négatives). Le TAPA continuera d’être actualisé durant tout le cycle de vie du produit.

Le TAPA relatif à Imdelltra est accessible ci-dessus.

Pour consulter les derniers avis, mises en garde et retraits concernant des produits commercialisés, consultez MedEffet Canada.

6 Quels sont les autres renseignements disponibles à propos des médicaments?

Pour obtenir des renseignements à jour sur les produits médicamenteux, veuillez suivre les liens suivants :

7 Quelle est la justification scientifique sur laquelle s’est fondé Santé Canada?

Consultez la section Quelles sont les étapes qui ont mené à l’autorisation d’Imdelltra? pour obtenir de plus amples renseignements sur la façon de procéder à l’examen de cette présentation.

7.1 Motifs cliniques de la décision

Pharmacologie clinique

 

Tarlatamab, l’ingrédient médicinal dans Imdelltra, est un activateur de lymphocytes T bispécifique dirigé contre le ligand delta-like 3 (DLL3) et la protéine du groupe de différenciation 3 (CD3) qui se lie au DLL3 exprimé à la surface des cellules, y compris les cellules tumorales, et à CD3 exprimé à la surface des lymphocytes T. Tarlatamab déclenche l’activation des lymphocytes T, la production de cytokines inflammatoires, et la lyse des cellules exprimant le DLL3.

Dans les études non cliniques, le tarlatamab a montré une activité antitumorale dans des modèles de souris du cancer du poumon à petites cellules.

D’après une analyse pharmacocinétique de population utilisant des données groupées de 420 patients, l’exposition au tarlatamab augmentait de manière proportionnelle à la dose toutes les 2 semaines dans la plage de doses évaluée de 1 mg à 100 mg (10 fois la dose approuvée recommandée la plus élevée). Les expositions à l’état d’équilibre approximatif de tarlatamab dans le sérum ont été atteintes au Cycle 2, jour 15. La pharmacocinétique du tarlatamab peut être décrite avec un modèle de disposition à deux compartiments avec élimination de premier ordre. Les résultats de l’analyse pharmacocinétique de la population ont appuyé la dose proposée de 1 mg le jour 1, suivie de 10 mg les jours 8, 15 et toutes les 2 semaines par la suite. Aucune différence cliniquement pertinente dans l’exposition au tarlatamab n’a été identifiée selon les caractéristiques des patients, y compris l’âge, le poids corporel, le sexe, la race, une insuffisance rénale légère ou modérée, ou une insuffisance hépatique légère. Les effets d’une insuffisance rénale sévère et d’une insuffisance hépatique modérée ou sévère sur la pharmacocinétique du tarlatamab sont inconnus en raison de données limitées.

La réponse pharmacodynamique après une seule perfusion de tarlatamab a été caractérisée par une élévation transitoire des cytokines. Une élévation transitoire des cytokines sériques interleukine (IL)-2, IL-6, IL-8, IL-10 et interféron gamma (IFN-γ) a été observée à des doses de 0,3 mg de tarlatamab et plus. L’élévation maximale des cytokines a généralement été observé 24 heures après la première dose de tarlatamab à 1 mg le jour 1 du cycle 1, et les concentrations sont généralement revenues aux niveaux de référence avant la prochaine perfusion le jour 8 du cycle 1.

Les analyses des relations exposition-réponse pour les mesures d’efficacité ont confirmé que les expositions associées au schéma posologique proposé de 10 mg toutes les 2 semaines (Q2W) maximisent l’efficacité du tarlatamab. Les analyses des relations exposition-réponse pour les événements indésirables n’ont pas identifié de préoccupations majeures en matière d’innocuité pour la posologie proposée. Cependant, une relation positive dose-réponse a été identifiée entre l’exposition au tarlatamab et la neutropénie ou la toxicité neurologique, y compris le syndrome de neurotoxicité associé aux cellules immunitaires effectrices (ICANS). De plus, on a observé un risque plus élevé de neutropénie de tout grade ou de toxicité neurologique, y compris l’ICANS, à des expositions plus élevées. Aucun impact cliniquement pertinent n’a été observé sur l’intervalle QT corrigé (QTc).

Pour obtenir des renseignements supplémentaires, consulter la monographie de produit d’Imdelltra approuvée par Santé Canada et accessible par l’intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.

Efficacité clinique

L’efficacité d’Imdelltra a été soutenu par l’étude pivot de phase II DeLLphi-301 (20200491). Cette étude à groupe unique et ouverte a été menée chez des patients adultes atteints d’un cancer du poumon à petites cellules à un stade étendu (CPPC-SE) qui ont progressé après avoir reçu une chimiothérapie à base de platine et au moins un autre traitement préalable. Au total, 99 patients ont reçu des perfusions intraveineuses de 1 mg d’Imdelltra le jour 1, suivies de 10 mg les jours 8 et 15, et de 10 mg toutes les 2 semaines jusqu’à la progression de la maladie ou une toxicité intolérable.

La population étudiée a reçu une médiane de 2 traitements antérieurs. Tous les patients ont reçu une chimiothérapie à base de platine préalable et 73,7 % avaient déjà été traités avec un inhibiteur du ligand de mort programmée-1 (PD-L1). La plupart des patients (98 %) étaient atteints d’une maladie métastatique au point de référence. Le statut de sensibilité au platine, défini par le délai de progression après une chimiothérapie à base de platine en première ligne, était connu pour 69 (70 %) patients. Vingt-sept (27 %) patients présentaient un CPPC résistant au platine, c’est-à-dire que la progression de la maladie s’est produite moins de 90 jours après la fin de la chimiothérapie à base de platine de première ligne. Quarante-deux patients (42 %) avaient une maladie sensible au platine, c’est-à-dire que la progression de la maladie s’est produite 90 jours ou plus après la fin de la chimiothérapie à base de platine de première ligne.

Le paramètre principal d’efficacité était le taux de réponse objective (TRO), évalué par un examen central indépendant à l’insu selon la version 1,1 des lignes directrices des Critères d’évaluation de la réponse des tumeurs solides (Response Evaluation Criteria in Solid Tumours; RECIST). Le TRO rapporté était de 40,4 % (intervalle de confiance [IC] à 95 % : 30,7 %, 50,7 %). La durée médiane de la réponse n’a pas été atteinte (IC à 95 % : 5,9 mois, non estimable [NE]) après un temps de suivi médian de 8,3 mois. Le TRO était constant dans la plupart des sous-groupes de patients, y compris un TRO de 51,9 % chez les patients résistants au platine, qui ont historiquement des taux de réponse très faibles.

Indication

En réponse à la demande de Santé Canada, le promoteur a révisé l’indication proposée afin de refléter plus précisément la population de patients étudiée dans l’essai pivot. Les indications proposées par le promoteur et approuvées par Santé Canada sont indiquées ci-dessous.

L’indication proposée par le promoteur

L’indication approuvée par Santé Canada

Imdelltra est indiqué pour le traitement des adultes atteints d’un cancer avancé du poumon à petites cellules (CPPC) présentant une progression de la maladie après au moins deux lignes thérapeutiques antérieures.

Imdelltra est indiqué pour le traitement des adultes atteints d’un cancer du poumon à petites cellules (CPPC) de stade étendu ayant progressé pendant ou après au moins deux traitements antérieurs, y compris une chimiothérapie à base de sels de platine.

Pour de plus amples renseignements, consulter la monographie de produit d’Imdelltra approuvée par Santé Canada et accessible par l’intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.

Innocuité clinique

L’innocuité clinique d’Imdelltra a été évaluée chez 187 patients atteints de CPPC-SE récidivant ou réfractaire à partir de l’étude pivot DeLLphi-301 et de l’étude à l’appui de la première administration chez l’humain DeLLphi-300. Ces patients ont été traités avec Imdelltra selon le schéma posologique recommandé.

Presque tous les patients ont signalé des événements indésirables apparus en cours de traitements (EIT). Les événements indésirables les plus courants (signalés chez 20 % des patients ou plus) étaient le syndrome de libération de cytokines (SLC), la fatigue, la fièvre, la dysgueusie, la perte d’appétit, les douleurs musculo-squelettiques, la constipation, l’anémie et les nausées. Des événements indésirables graves ont été signalés chez 55,6 % des patients, et des événements indésirables sévères (de grade 3 ou 4) ont été signalés chez 63,1 % des patients. Une interruption de la dose en raison d’événements indésirables a été signalée chez 30,5 % des patients, et 6,8 % des patients ont arrêté définitivement le traitement en raison d’événements indésirables. Des événements indésirables mortels, y compris la pneumonie, l’aspiration, l’insuffisance respiratoire, l’infarctus du myocarde, l’embolie pulmonaire et l’acidose respiratoire, sont survenus chez 3,7 % des patients.

Les préoccupations les plus importantes en matière d’innocuité observées avec Imdelltra étaient le SLC et l’ICANS. Le syndrome de libération de cytokine a été signalé chez 55,1 % des patients et l’ICANS a été signalé chez 3,7 % des patients. La plupart des événements étaient de faible gravité. Aucun événement fatal de SLC ou d’ICANS ne s’est produit. Deux patients ont interrompu leur traitement par Imdelltra en raison du SLC, et aucun patient n’a interrompu son traitement en raison de l’ICANS.

Les risques du SLC et de l’ICANS sont mis en évidence dans un encadré « Mises en garde et précautions importantes » de la monographie de produit d’Imdelltra. En raison de ces risques, les patients devraient être hospitalisés et surveillés pendant 24 heures et devraient demeurer à proximité d’un hôpital pendant 48 heures à partir des deux premières doses d’Imdelltra. Des stratégies supplémentaires d’atténuation des risques et de gestion sont fournies dans la monographie de produit, y compris l’augmentation progressive de la dose, la médication concomitante, l’interruption de la dose, l’arrêt de la dose et les recommandations pour les soins de soutien.

Les autres problèmes d’innocuité avec le traitement par Imdelltra comprennent l’hépatotoxicité, les infections, le syndrome de lyse tumorale et la cytopénie.

Pour de plus amples renseignements, consulter la monographie de produit d’Imdelltra approuvée par Santé Canada et accessible par l’intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.

7.2 Motifs non cliniques de la décision

Les données de diverses études non cliniques ont été incluses dans la présentation, qui a évalué le mécanisme d’action, la pharmacodynamique, la pharmacologie, et la toxicologie du tarlatamab dans de nombreux systèmes modèles.

Le singe cynomolgus a été choisi comme espèce pour l’analyse toxicologique. Le groupe de différenciation 3 (CD3) et le ligand delta-like 3 (DLL3) chez les singes sont similaires à leurs homologues humains; par conséquent, le tarlatamab se lie à la fois au CD3 et au DLL3 humains et de singe. Cependant, comme DLL3 est exprimé à l’intérieur des cellules et tissus normales, la pertinence pharmacologique de cette espèce pour les patients atteints de cancer est inconnue.

Les études de toxicologie chez les singes cynomolgus ont évalué l’innocuité de l’administration intraveineuse (la voie d’administration prévue) du tarlatamab. Les réductions des populations de lymphocytes observées à des doses supérieures ou égales à 1 000 mcg/kg étaient réversibles pendant la période de récupération. Les études de toxicité à doses répétées comprenaient une étude de 10 jours au cours de laquelle des doses de 100 mcg/kg et plus ont été administrées, qu’une étude d’un mois et une étude de trois mois au cours de laquelle des doses jusqu’à 4 500 mcg/kg ont été administrées. Des changements dans les populations de lymphocytes ont été observés, ce qui était corrélé avec des diminutions des niveaux totaux de cellules T CD3, CD4 et CD8. Des diminutions du nombre des neutrophiles ont été observées à la dose la plus élevée (4 500 mcg/kg) dans l’étude d’un mois. Des réductions ont été détectées dans les globules rouges, l’hémoglobine et l’hématocrite lors de l’étude de 10 jours (à des doses de 100 mcg/kg et plus) qui n’ont pas été déclarées dans les études à plus long terme. Cette observation a été considérée par le promoteur comme étant liée à la procédure. Il n’y a eu aucun décès non planifié à la dose maximale utilisée dans ces études (4 500 mcg/kg), ce qui est environ 9 fois plus élevé que la dose clinique administrée aux patients.

Des infiltrats de cellules mononucléaires minimes à modérés ont été observés dans les glandes pituitaires des singes à des doses de 50 mcg/kg et plus, et des infiltrats similaires ou des infiltrats mixtes de cellules ont été observés dans plusieurs tissus. Dans l’étude de 10 jours, des augmentations de la protéine C-réactive, de la protéine chimiokine monocytaire-1 (MCP-1) et de l’interféron gamma (IFN-γ) ont été rapportées à des doses de 100 mcg/kg et plus, suggérant une réponse inflammatoire au tarlatamab. Dans l’étude d’un mois, des augmentations de la fréquence cardiaque ont été observées à certains moments. Aucune observation de ce genre n’a été notée lors de l’étude de trois mois.

Une étude toxicologique d’un mois a également été réalisée chez des souris, en utilisant un substitut murin de tarlatamab qui différait uniquement dans le domaine de liaison au CD3. Des diminutions des neutrophiles et des lymphocytes ont été notées à des doses de 500 mcg/kg et plus élevées.

Bien que le tarlatamab démontre une réactivité croisée avec le DLL3 murin, il ne reconnaît pas le CD3 murin. L’activité du tarlatamab a donc été évaluée dans des modèles de xénogreffes orthotopiques et de xénogreffes dérivées de patients atteints d’un cancer du poumon à petites cellules (CPPC) chez des souris immunodéprimées, complétées par des cellules immunitaires humaines (soit des cellules mononucléaires du sang périphérique [CMSP] soit des lymphocytes T) avant l’administration du tarlatamab. Des modèles orthotopiques de CPPC ont été utilisés pour évaluer les injections intrapéritonéales hebdomadaires de tarlatamab (à des doses de 0,1 mg/kg ou plus), et les résultats ont indiqué que la croissance tumorale était prévenue. De plus, l’ablation de la croissance tumorale a été démontrée dans les modèles de CPPC traités avec le tarlatamab, par rapport à ceux traités avec un anticorps bispécifique de contrôle isotopique. Ces résultats suggèrent que le tarlatamab active les lymphocytes T en se liant aux cellules exprimant le DLL3, ce qui entraîne la lyse des cellules exprimant le DLL3.

Une étude du développement embryofœtal a été réalisée chez des souris en utilisant le substitut murin de tarlatamab pendant la période de l’organogenèse, au cours de laquelle l’anticorps substitut a été administré à des souris gestantes aux jours de gestation 6 et 13. Aucune toxicité maternelle et aucune anomalie fœtale n’ont été observées. Cependant, le substitut murin de tarlatamab a été détecté dans le sérum fœtal à des concentrations 30 fois plus élevées que celles mesurées dans le sérum maternel, ce qui suggère que le tarlatamab peut traverser le placenta. Étant donné que le DLL3 est normalement exprimé à l’intérieur des cellules et que plusieurs études génétiques murines (inhibition et perte de fonction) dans la littérature ont signalé des perturbations du développement, l’absence d’observations anormales n’est pas surprenante.

Comme le mécanisme d’action du tarlatamab comprend l’activation des lymphocytes T, la libération de cytokines et l’induction de l’inflammation, il existe un risque que le tarlatamab ait des effets néfastes sur la grossesse. Le potentiel de préjudice fœtal est inclus dans la monographie de produit d’Imdelltra. De plus, une mise en garde est incluse pour les femmes en âge de procréer afin qu’elles utilisent une contraception pendant le traitement et pendant les 2 mois suivant la dernière dose d’Imdelltra. Le risque d’exposition au tarlatamab par le lait maternel est inconnu. Cependant, étant donné que les anticorps maternels immunoglobuline G sont présents dans le lait maternel, les patientes traitées avec Imdelltra sont également avisées de ne pas allaiter leur nourrisson pendant le traitement et pendant les 2 mois suivant la dernière dose.

La monographie de produit d’Imdelltra présente les résultats des études non cliniques ainsi que les risques potentiels pour l’être humain. À la lumière de l’utilisation prévue d’Imdelltra, la présentation n’indique aucun problème pharmacologique ou toxicologique qui empêcherait l’autorisation du produit.

Pour de plus amples renseignements, consulter la monographie de produit d’Imdelltra approuvée par Santé Canada et accessible par l’intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.

7.3 Motifs d’ordre qualitatif

Caractérisation de la substance médicamenteuse

La substance médicamenteuse, tarlatamab, est un molécule activateur bispécifique des lymphocytes T. Il est composé de deux domaines de liaison de fragments variables à chaîne unique (scFv) : l’un spécifique du ligand delta-like 3 (DLL3) et l’autre spécifique du corécepteur T-cellulaire du groupe de différenciation 3 (CD3). Ces derniers sont fusionnés à un groupement pour extension de demi-vie du fragment à chaîne unique cristallisée (scFc HLE). Le scFc peut se lier au récepteur Fc néonatal (FcRn), prolongeant ainsi la demi-vie sérique du tarlatamab. La liaison bispécifique de tarlatamab aux lymphocytes T et aux cellules tumorales positives pour le DLL3 induit une cytotoxicité médiée par les lymphocytes T des cellules cancéreuses exprimant le DLL3.

Les caractéristiques biochimiques, biophysiques et biologiques du tarlatamab ont été évaluées dans des études détaillées qui ont permis une caractérisation complète de ses propriétés structurelles et fonctionnelles et ont permis d’évaluer les attributs de qualité critiques.

Procédé de fabrication de la substance médicamenteuse et du produit médicamenteux et contrôles du processus

Tarlatamab, la substance médicamenteuse, est fabriquée à l’aide de la technologie de l’acide désoxyribonucléique (ADN) recombinant dans des cellules ovariennes de hamster chinois (CHO). Une culture de cellules exprimant le tarlatamab est initiée à partir d’une seule fiole de la banque de cellules de travail et transférée dans des récipients de plus en plus grands au fur et à mesure de son expansion pour atteindre l’échelle commerciale. Tarlatamab est récolté à partir du liquide de culture cellulaire et purifié grâce à un processus en aval comprenant plusieurs étapes de chromatographie entrecoupées d’étapes d’inactivation virale et de filtration. La substance médicamenteuse est remplie dans des poches en éthylène-acétate de vinyle (EVA), congelée, puis entreposée à -30 °C ± 10 °C.

Le processus de fabrication du produit médicamenteux et les paramètres de processus pour les présentations de 1 mg/fiole et de 10 mg/fiole sont essentiellement les mêmes, à l’exception des différences dans l’étape de formulation, des objectifs de poids de remplissage, et des cycles de lyophilisation. Pendant la fabrication de la présentation de 1 mg/fiole, la substance médicamenteuse est diluée à une concentration cible après décongélation. Le processus de fabrication pour la présentation de 10 mg/fiole ne comprend pas d’étape de dilution de substance médicamenteuse. Les deux solutions résultantes subissent ensuite la formulation, la filtration de réduction de la charge biochimique, une étape de rétention en cours de processus pour le produit médicamenteux formulé filtré, la filtration stérile, le remplissage aseptique, le bouchage partiel, la lyophilisation, le capsulage, l’inspection, et l’entreposage à une température allant de 2 °C à 8 °C.

Les processus de fabrication ont été validés en utilisant des lots de substance médicamenteuse et de produit médicamenteux fabriqués consécutivement. Chaque lot de substance médicamenteuse a été initié à partir d’une fiole différente de la banque de cellules de travail. Les paramètres du processus, les contrôles en cours de processus, ainsi que les spécifications de libération et de stabilité ont été évalués, et les résultats indiquent que les méthodes de travail permettent de manière constante d’obtenir une substance médicamenteuse et un produit médicamenteux présentant les attributs de qualité requis. Les résultats d’études de validation supplémentaires pour les façons de procéder de fabrication de la substance médicamenteuse et du produit médicamenteux ont également fourni des données probantes que ces façons de procéder peuvent maintenir la qualité de la substance médicamenteuse et du produit médicamenteux pendant la fabrication et le transport.

Un stabilisateur de solution intraveineuse (SSI) est fourni avec Imdelltra pour enduire la poche de perfusion intraveineuse avant l’ajout d’Imdelltra reconstitué, afin de prévenir l’adsorption d’Imdelltra aux poches et aux tubulures de perfusion intraveineuse. Le processus de fabrication du SSI comprend les étapes suivantes : formulation, filtration pour réduire la charge microbienne, maintien en cours de processus du SSI filtré formulé, filtration stérile, remplissage, bouchage, capsulage, inspection et entreposage à une température de 2 °C à 8 °C. Plusieurs études de validation ont été réalisées, démontrant que les processus établis maintiennent la qualité du SSI pendant la fabrication.

Aucun des ingrédients non médicinaux (excipients) dans le produit médicamenteux n’est interdit d’utilisation dans les produits médicamenteux par le Règlement sur les aliments et drogues. Les données sur la stabilité présentées à l’appui de la formulation commerciale proposée attestent la compatibilité du tarlatamab avec les excipients.

Contrôle de la substance médicamenteuse et du produit médicamenteux

Imdelltra est une drogue visée à l’annexe D (produits biologiques) et est donc assujettie au Programme d’autorisation de mise en circulation des lots de Santé Canada avant d’être vendue conformément à la Ligne directrice à l’intention des promoteurs : Programme d’Autorisation de Mise en Circulation des Lots de Drogues Visées à l’Annexe D (Produits Biologiques).

On a mis en place une stratégie de contrôle appropriée, y compris des contrôles en cours de fabrication et des paramètres du processus, le contrôle des matières premières, des agents adventifs et de la contamination microbienne, ainsi que des spécifications, afin d’assurer une production constante de substance médicamenteuse et de produit médicamenteux Imdelltra de haute qualité.

Les procédures d’analyse utilisées pour les essais de libération et de stabilité ont été validées conformément aux lignes directrices de l’International Council for Harmonisation of Technical Requirements for Pharmaceuticals for Human Use (ICH). Les méthodes officinales ont été vérifiées dans les conditions d’utilisation et le résultat était satisfaisant.

Les spécifications de mise en circulation et de stabilité étaient conformes aux lignes directrices de l’ICH, et ont été établies en fonction des connaissances sur le produit et le processus, ainsi que des analyses statistiques des données sur la libération et la stabilité. Les spécifications établies sont considérées comme adéquates pour garantir l’identité, la pureté, la puissance et l’innocuité du produit Imdelltra.

Un système de normes de référence à deux niveaux est en place. Les normes de référence ont été bien caractérisées, et un programme approprié a été établi pour qualifier les futures matières de référence primaires et de travail.

Une évaluation des risques liés aux impuretés élémentaires a été réalisée. Le risque d’impuretés élémentaires dans le produit médicamenteux Imdelltra est faible et conforme au seuil défini dans les lignes directrices de l’ICH. Aucun contrôle supplémentaire n’est requis.

Une évaluation des risques liés à la présence potentielle d’impuretés nitrosamines a été effectuée conformément aux exigences énoncées dans la Ligne directrice sur les impuretés de nitrosamine dans les médicaments de Santé Canada. Les risques liés à la présence potentielle d’impuretés de nitrosamine dans la substance médicamenteuse ou le produit médicamenteux sont considérés comme négligeables ou ont été traités adéquatement (p. ex., avec des limites admissibles et une stratégie de contrôle appropriée).

Stabilité de la substance médicamenteuse et du produit médicamenteux

Sur la base des données sur la stabilité présentées, la durée de conservation et les conditions d’entreposage proposées pour la substance médicamenteuse et le produit médicamenteux ont été adéquatement étayées et jugées satisfaisantes. Imdelltra et les flacons contenant l’agent stabilisant de solution intraveineuse doivent être entreposés dans l’emballage original entre 2 °C et 8 °C et protégé de la lumière jusqu’au temps de l’usage. Ils ne doivent pas être congelés. Le sac à perfusion prepare d’Imdelltra est stable pour 8 heures à partir du moment de reconstitution entre 20 °C et 25 °C, ou pour 7 jours à partir du moment de reconstitution entre 2 °C et 8 °C.

Installations et équipement

Aucune évaluation sur place n’a été recommandée ou réalisée, en se basant sur les résultats concluants des inspections précédentes des sites de fabrication de substances médicamenteuses et de produits médicamenteux effectuées par la Food and Drug Administration des États-Unis. Dans l’ensemble, les installations sont considérées comme convenables pour la fabrication de la substance médicamenteuse et du produit médicamenteux Imdelltra.

Évaluation de l’innocuité des agents adventifs

Des mesures de contrôle adéquates sont intégrées dans les processus de fabrication de la substance médicamenteuse et du produit médicamenteux afin de prévenir la contamination et de maintenir le contrôle microbien.

Les matériaux utilisés dans les processus de fabrication respectent les exigences officinales et les spécifications internes.

Les banques de cellules maîtresses et de travail ont été établies selon les lignes directrices de l’ICH. Les résultats des études de qualification indiquent que les matières de départ étaient exemptes d’agents pathogènes microbiens et viraux et qu’elles répondaient à tous les critères d’acceptation de l’identité, de la pureté de la culture et de la stabilité génétique. Les banques cellulaires sont adaptées à la production de la substance médicamenteuse. Les tests en cours de traitement sont effectués pour surveiller la présence de charge biologique, de mycoplasmes et de virus. Les étapes du processus de purification conçues pour désactiver et supprimer tout contaminant viral potentiel provenant du processus de culture cellulaire sont adéquatement validées.

Les matières premières biologiques utilisées au cours de la fabrication proviennent de sources présentant un risque minimal ou nul d’encéphalopathie spongiforme transmissible (EST) ou d’autres pathogènes humains.