Sommaire des motifs de décision portant sur Fabhalta
Décisions d'examen
Le sommaire des motifs de décision explique les raisons pour lesquelles un produit a reçu une autorisation de vente au Canada. Le document comprend les considérations portant sur la réglementation, l’innocuité, l’efficacité et la qualité (sur le plan de la chimie et de la fabrication).
Type de produit:
- Ce document est une traduction française du document anglais approuvé.
Sommaire des motifs de décision (SMD)
Les sommaires des motifs de décision (SMD) présentent des renseignements sur l'autorisation initiale d'un produit. Le SMD portant sur Fabhalta est accessible ci-dessous.
Activité récente relative à Fabhalta
Les SMD relatifs aux médicaments éligibles (tels que décrits dans la Foire aux questions : Phase II du projet de sommaires des motifs de décision [SMD]) autorisés après le 1er septembre 2012 seront mis à jour afin d'inclure des renseignements sous forme de tableau des activités postautorisation (TAPA). Le TAPA comprendra de brefs résumés d'activités telles que les présentations de demandes de nouvelles utilisations, ainsi que les décisions de Santé Canada (positives ou négatives). Les TAPA seront mis à jour régulièrement en ce qui a trait aux activités postautorisation tout au long du cycle de vie du produit. À l'heure actuelle, aucun TAPA n'est disponible pour Fabhalta. Lorsqu'un TAPA sera disponible pour Fabhalta, il sera incorporé dans ce SMD.
Sommaire des motifs de décision (SMD) portant sur Fabhalta
SMD émis le : 2025-04-02
L'information suivante concerne la Présentation de drogue nouvelle pour Fabhalta.
Chlorhydrate d'iptacopan
Identification numérique de drogue (DIN) : 02554313 – 200 mg iptacopan, capsule, administration par voie orale
Novartis Pharmaceuticals Canada Inc.
Présentation de drogue nouvelle, numéro de contrôle : 283206
Type de présentation : Présentation de drogue nouvelle (Nouvelle substance active)
Domaine thérapeutique (Classification anatomique, thérapeutique, chimique [Anatomical Therapeutic Chemical], deuxième niveau) : L04 Immunosuppresseurs
Date de présentation : 2024-01-29
Date d’autorisation : 2025-01-06
Le 6 janvier 2025, Santé Canada a émis à l'intention de Novartis Pharmaceuticals Canada Inc. un Avis de conformité pour le produit médicamenteux Fabhalta.
L'autorisation de mise en marché de Fabhalta s'appuie sur l'information portant sur la qualité (chimie et fabrication), ainsi que les études non cliniques (pharmacologie et toxicologie) et cliniques (pharmacologie, innocuité et efficacité) présentées. D'après l'évaluation des données reçues effectuée par Santé Canada, le profil avantages-effets nocifs-incertitudes de Fabhalta est considéré comme étant favorable lorsqu'indiqué comme monothérapie pour le traitement des patients adultes atteints d’hémoglobinurie paroxystique nocturne (HPN) qui présentent une anémie hémolytique.
1 Sur quoi l'autorisation porte-t-elle?
Fabhalta, un inhibiteur du complément, a été autorisé comme monothérapie pour le traitement des patients adultes atteints d’hémoglobinurie paroxystique nocturne (HPN) qui présentent une anémie hémolytique.
Fabhalta n'a pas été autorisé chez les enfants (moins de 18 ans), son profil d'innocuité et d'efficacité n'ayant pas été établi pour cette population.
Fabhalta peut être administré à des patients âgés de 65 ans et plus. Les données tirées des études cliniques laissent entendre que l’utilisation du produit au sein de la population gériatrique n’est associée à aucune différence en matière d’innocuité ou d’efficacité.
Fabhalta (200 mg iptacopan) se présente sous la forme d’une capsule. En plus de l'ingrédient médicinal, chaque capsule contient : gélatine, oxyde de fer rouge, dioxyde de titane, oxyde de fer jaune, oxyde de fer noir, solution concentrée d’ammoniac, hydroxyde de potassium, propylène glycol, et gomme laque.
L'utilisation de Fabhalta est contre-indiquée chez les patients qui présentent une hypersensibilité au produit ou à l’un des ingrédients entrant dans la composition de ce médicament. Fabhalta est aussi contre-indiquée chez les patients non vaccinés contre Neisseria meningitidis et Streptococcus pneumoniae, à moins que le risque associé au report du traitement par Fabhalta ne dépasse le risque de contracter une infection causée par ces bactéries encapsulées. Le traitement par Fabhalta ne doit pas être initié chez les patients présentant une infection grave non résolue causée par des bactéries encapsulées, dont Streptococcus pneumoniae, Neisseria meningitidis ou Haemophilus influenzæ de type b.
Le produit médicamenteux a été autorisé selon les conditions d'utilisation décrites dans sa monographie de produit, en tenant compte des risques potentiels associés à son administration. La monographie de produit de Fabhalta est accessible par l'intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.
Pour de plus amples renseignements sur la justification de la décision de Santé Canada, veuillez consulter les sections Motifs d'ordre clinique, non clinique et qualitatif (caractéristiques chimiques et de fabrication).
2 Pourquoi Fabhalta a-t-il été autorisé?
Santé Canada estime que Fabhalta a un profil avantages-effets nocifs-incertitudes favorable à l’utilisation en monothérapie pour le traitement des patients adultes atteints d’hémoglobinurie paroxystique nocturne (HPN) qui présentent une anémie hémolytique.
L’hémoglobinurie paroxystique nocturne est un trouble acquis rare des cellules souches hématopoïétiques clonales qui entraîne une hémolyse médiée par le complément. On estime que l’incidence de l’HPN est de 1 à 1,5 cas par million de personnes dans le monde et touche environ 90 Canadiens. Les manifestations caractéristiques de l’HPN sont l’hémolyse intravasculaire, la thrombophilie et l’insuffisance médullaire. Les autres signes et symptômes de l’HPN se présentent de manière hétérogène et comprennent la fatigue, la dyspnée, les douleurs abdominales, l’hémoglobinurie et la dystonie des muscles lisses. Les complications potentiellement mortelles de l’HPN comprennent une insuffisance rénale chronique, une hypertension pulmonaire, ainsi que des événements thromboemboliques veineux ou artériels. Si la maladie n’est pas traitée, le taux de survie après 10 ans est d’environ de 50 % à 75 %. La principale cause de décès chez les patients atteints d’HPN est la thromboembolie.
Au Canada, la norme de soins actuelle et le traitement de première intention pour l’HPN hémolytique sont l’inhibition du complément terminal au moyen de l’éculizumab ou du ravulizumab, qui sont tous deux des inhibiteurs du composant 5 du complément (C5). Ces anticorps monoclonaux sont administrés par perfusion intraveineuse toutes les deux à huit semaines et on a démontré qu’ils réduisent considérablement l’hémolyse intravasculaire (HIV). Cependant, leur utilisation entraîne le dépôt de fragments de C3 sur les globules rouges, ce qui peut entraîner une hémolyse extravasculaire par destruction de ces globules rouges clivés par le système réticulo‑endothélial. Le paysage thérapeutique actuel de l’HPN évolue rapidement avec l’autorisation du pegcétacoplan, un inhibiteur du C3, et du danicopan, un inhibiteur du facteur D du complément, pour le traitement de l’HPN au Canada en 2022 et en 2024, respectivement.
L’iptacopan (Fabhalta) est un inhibiteur sélectif administré par voie orale du facteur B du complément. La liaison de l’iptacopan au facteur B du complément entraîne l’inhibition de la voie alterne du complément, le clivage de la composante C3 du complément, ce qui empêche la formation subséquente du complexe d’attaque membranaire (CAM). En présence d’HPN, l’HIV est médiée par le CAM, tandis que l’hémolyse extravasculaire (HEV) dépend de l’opsonisation médiée par un fragment de C3. L’iptacopan agit en proximal dans la voie alterne de la cascade du complément pour maîtriser à la fois l’HEV médiée par le fragment de C3 et l’HIV médiée par le CAM.
Fabhalta s’est avéré efficace chez les patients adultes atteints d’HPN. L’autorisation de commercialisation était fondée principalement sur les résultats de l’étude pivot de phase III APPLY‑PNH, une étude multicentrique, randomisée, ouverte, contrôlée par comparateur actif et à groupes parallèles qui a recruté des patients adultes atteints de l’HPN présentant une anémie résiduelle (c’est‑à‑dire un taux d’hémoglobine [Hb] de 10 g/dl [100 g/l] ou moins) malgré un traitement antérieur par un anti‑C5 pendant au moins six mois avant la répartition aléatoire. On a réparti aléatoirement quatre‑vingt‑dix‑sept patients selon un rapport de 8:5 soit pour passer à une dose de 200 mg de Fabhalta pris par voie orale deux fois par jour (BID; nombre total [n] = 62), soit pour conserver leur traitement par un anti‑C5 actuel (n = 35). En outre, l’étude de phase III multicentrique, à seul groupe et ouverte APPOINT‑PNH effectuée chez des patients adultes atteints d’HPN et qui n’ont jamais eu de traitement inhibiteur du complément (traitement par anticorps anti‑C5) a fourni des données de soutient. Les patients adultes ayant un diagnostic confirmé d’HPN, un taux d’Hb de 10 g/dl (100 g/l) ou moins et un taux de lactate déshydrogénase (LDH) dépassant de plus de 1,5 fois la limite supérieure à la normale pouvaient participer. Un total de 40 patients ont été inscrits pour recevoir 200 mg de Fabhalta par voie orale deux fois par jour.
L’évaluation de l’efficacité effectuée pour l’étude APPLY‑PNH était fondée sur deux paramètres principaux visant à démontrer la supériorité du passage à Fabhalta par rapport à la poursuite du traitement par anti‑C5. Les critères d’évaluation comprenaient l’obtention d’une réponse hématologique après 24 semaines de traitement, sans avoir recours à des transfusions de globules rouges (GR) et ont été évalués comme suit : 1) la proportion de patients obtenant une augmentation soutenue des taux d’hémoglobine de 2 g/dl (20 g/l) ou plus par rapport au niveau de référence (amélioration du taux d’hémoglobine) et 2) la proportion de patients obtenant des taux d’hémoglobine soutenus de 12 g/dl (120 g/l) ou plus. Pour l’étude de soutien APPOINT‑PNH, le paramètre principal était la proportion de patients atteignant une augmentation soutenue du taux d’hémoglobine de 2 g/dl (20 g/l) ou plus par rapport au niveau de référence sans nécessité de transfusions de GR après 24 semaines.
On a atteint les paramètres principaux de l’étude APPLY‑PNH. Après 24 semaines, les patients adultes atteints de HPN présentant une anémie résiduelle traités au moyen de Fabhalta en monothérapie à une dose de 200 mg deux fois par jour ont démontré une supériorité statistiquement importante par rapport à ceux traités à l’aide d’un traitement par un anti‑C5 sans nécessité de transfusion de globules rouges. Les résultats ont indiqué une différence importante dans le taux de réponse de 80,2 % (intervalle de confiance [IC] à 95 % : 71,2, 87,6; p < 0,0001) pour le nombre de patients atteignant une amélioration du taux d’hémoglobine comme indiquée par une augmentation soutenue des taux d’hémoglobine de 2 g/dl (20 g/l) ou plus par rapport au niveau de référence. De plus, on a démontré une différence importante dans le taux de réponse de 67 % (IC à 95 % : 56,4, 76,9; p < 0,0001) pour le nombre de patients atteignant une augmentation soutenue du taux d’hémoglobine de 12 g/dl (120 g/l). On a également démontré la supériorité pour les principaux paramètres secondaires de l’évitement de transfusions et le changement par rapport au niveau de référence pour l’hémoglobine, le nombre absolu de réticulocytes et les scores de fatigue signalés par les patients.
Les résultats d’efficacité de l’étude de phase III de soutien clé APPOINT‑PNH étaient généralement cohérents avec ceux de l’étude pivot. Dans l’étude APPOINT‑PNH, la proportion marginale de patients ayant connu une augmentation soutenue des taux d’hémoglobine d’au moins 2 g/dl (20 g/l) par rapport au niveau de référence en l’absence de transfusions de GR était de 92,2 % (IC à 95 % : 82,5, 100,0) après une période de traitement contrôlée de 24 semaines.
On a principalement évalué l’innocuité de Fabhalta pour le traitement des patients adultes atteints d’HPN au cours de l’étude pivot APPLY‑PNH. On a obtenu des renseignements supplémentaires sur l’innocuité à partir de données regroupées de deux études de phase III (c’est‑à‑dire les études APPLY‑PNH et APPOINT‑PNH) et de deux études de phase II chez des patients atteints d’HPN. L’analyse de l’innocuité pour la période de traitement à répartition aléatoire (PTRA) de l’étude APPLY‑PNH a inclus tous les patients ayant reçu au moins une dose du traitement à l’étude; les 62 patients du groupe traité au moyen de Fabhalta ont été inclus. La durée médiane d’exposition était de 169 jours pour le groupe traité au moyen de Fabhalta, pour un total de 28,58 années‑patient. Dans les études regroupées sur l’HPN, 170 patients ont reçu 200 mg de Fabhalta deux fois par jour pour un total de 185,1 années de traitement‑patient et pour une durée médiane d’exposition de 10,6 mois.
Au cours de la PTRA de l’étude APPLY‑PNH, les événements indésirables apparus en cours de traitement (EIT) les plus courants dans le groupe traité au moyen de Fabhalta étaient les maux de tête (16,1 %), la diarrhée (14,5 %), la nasopharyngite (11,3 %) et les nausées (9,7 %). Les réactions indésirables les plus courantes (survenant chez 3 % ou plus des patients) comme évaluées par le chercheur dans le groupe traité au moyen de Fabhalta étaient les maux de tête (6,5 %), l’arthralgie (4,8 %), les nausées (4,8 %), la diarrhée (3,2 %), les bouffées de chaleur (3,2 %) et la thrombocytopénie (3,2 %). Sur les 62 patients dans le groupe traité au moyen de Fabhalta, six (9,7 %) ont eu des événements indésirables graves pendant la PTRA, dont un seul était soupçonné d’être lié au médicament à l’étude. Il n’y a eu aucun décès au cours de la PTRA et aucun EIT n’a entraîné d’interruption ou d’arrêt de dose.
En raison de son mécanisme d’action, les principales considérations en matière d’innocuité pour Fabhalta incluent le risque d’hémolyse et d’infections causées par des bactéries encapsulées. Dans l’ensemble des études regroupées sur l’HPN, neuf patients (5,3 %) sur 170 du groupe traité au moyen de Fabhalta ont présenté un ou plusieurs événements de percée d’hémolyse, d’hémolyse ou d’hémolyse extravasculaire. Aucun de ces événements n’a entraîné d’interruption ou d’arrêt de Fabhalta et la plupart n’ont nécessité aucune intervention. Tous les événements d’hémolyse survenus chez les patients traités au moyen de Fabhalta étaient d’une gravité légère ou modérée, sauf un qui était grave et sérieux. Au total, il y a eu sept patients sur 170 dans les études regroupées sur l’HPN qui ont eu des infections causées par des bactéries encapsulées. Des infections graves sont survenues chez trois patients atteints de HPN traités au moyen de Fabhalta (deux cas de pneumonie bactérienne et un cas d’infection urinaire à Pseudomonas aeruginosa). Il n’y avait aucun schéma ou type d’infection signalé plus fréquemment. Toutes les infections ont été traitées avec succès et se sont résorbées alors que les patients poursuivaient le traitement au moyen de Fabhalta.
Novartis Pharmaceuticals Canada Inc. a présenté à Santé Canada un plan de gestion des risques (PGR) relativement à Fabhalta. Le PGR est conçu de manière à décrire les problèmes d'innocuité connus et potentiels, à présenter le plan de surveillance prévu et, au besoin, à décrire les mesures qui seront mises en place pour réduire les risques associés au produit. Après examen, le PGR a été jugé acceptable.
En raison de son mécanisme d’action, l’utilisation de Fabhalta peut prédisposer les patients à des infections graves causées par des bactéries encapsulées, comme Streptococcus pneumoniae et Neisseria meningitidis. Afin de réduire au minimum ce risque, Fabhalta ne sera disponible que dans le cadre d’un programme de distribution contrôlée (PDC) en vertu duquel les prescripteurs doivent inscrire les patients et confirmer la vaccination contre les bactéries encapsulées et le traitement avec un antibiotique prophylactique, le cas échéant. Les prescripteurs doivent également conseiller les patients sur le risque d’infection grave et leur fournir une carte d’innocuité du patient et un guide du patient ou aidant. On a inclus dans un encadré « Mises en garde et précautions importantes » de la monographie de produit de Fabhalta le risque d’infections graves causées par des bactéries encapsulées.
Les étiquettes interne et externe, la notice d'accompagnement, et la section des renseignements pour les patients sur les médicaments de la monographie de produit de Fabhalta qui ont été présentées ont répondu aux exigences réglementaires relatives à l'étiquetage, à l'utilisation d'un langage clair et aux éléments de conception.
Le promoteur a soumis une évaluation de la marque nominative qui comprenait des évaluations des attributs nominatifs à présentation et à consonance semblables. Après examen, le nom proposé de Fabhalta a été accepté.
Dans l'ensemble, les avantages thérapeutiques du traitement avec Fabhalta constatés dans l'étude pivot et l’étude de soutien sont favorables et l'emportent sur les risques potentiels. D'après les données non cliniques et les études cliniques, Fabhalta présente un profil d'innocuité acceptable. Les problèmes d'innocuité relevés peuvent être gérés à l'aide de l'étiquetage et la surveillance ainsi qu’au moyen de l’utilisation d’un programme de distribution contrôlé. La monographie de produit de Fabhalta comporte des mises en garde et des précautions appropriées pour répondre aux préoccupations d'innocuité identifiées.
Cette Présentation de drogue nouvelle répond aux exigences des articles C.08.002 et C.08.005.1; par conséquent, Santé Canada a émis l'Avis de conformité prévu à l'article C.08.004 du Règlement sur les aliments et drogues. Pour de plus amples renseignements, veuillez consulter les sections Motifs de décision d'ordre clinique, non clinique et qualitatif (caractéristiques chimiques et fabrication).
3 Quelles sont les étapes qui ont mené à l'autorisation de Fabhalta?
L’examen de la Présentation de drogue nouvelle (PDN) pour Fabhalta était fondé sur une évaluation critique du dossier de données présenté à Santé Canada. Les examens effectués par la Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis ont été utilisés comme références ajoutées pour l’examen des éléments non clinique et clinique, conformément à la méthode 3 décrite dans l'ébauche de la ligne directrice : L'utilisation d'examens étrangers par Santé Canada. La décision réglementaire canadienne sur la PDN de Fabhalta a été prise de manière indépendante sur la base de l'examen canadien.
Pour de plus amples renseignements sur le processus de présentation de drogue, consulter la Ligne directrice : gestion des présentations et des demandes de drogues.
Étapes importantes de la présentation : Fabhalta
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Étape importante de la présentation |
Date |
|---|---|
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Réunion préalable à la présentation |
2023-09-13 |
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Dépôt de la Présentation de drogue nouvelle |
2024-01-29 |
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Examen préliminaire |
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Avis d'insuffisance émis lors de l'examen préliminaire |
2024-02-22 |
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Réponse d'Avis d'insuffisance émis lors de l'examen préliminaire déposée |
2024-02-28 |
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Lettre d'acceptation à l'issue de l'examen préliminaire émise |
2024-03-14 |
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Examen |
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Examen de l'étiquetage terminé |
2024-12-17 |
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Évaluation du plan de gestion des risques terminée |
2024-12-31 |
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Évaluation biopharmaceutique terminée |
2025-01-02 |
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Évaluation de la qualité terminée |
2025-01-02 |
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Évaluation non clinique terminée |
2025-01-02 |
|
Évaluation clinique/médicale terminée |
2025-01-02 |
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Délivrance de l'Avis de conformité par la directrice générale, Direction des produits pharmaceutiques |
2025-01-06 |
4 Quelles mesures de suivi le promoteur prendra-t-il?
Les exigences en matière d'activités post-commercialisation sont décrites dans la Loi sur les aliments et drogues et le Règlement sur les aliments et drogues.
5 Quelles activités postautorisation ont été menées à l'égard de Fabhalta?
Les Sommaires des motifs de décision (SMD) relatifs aux médicaments éligibles (tels que décrits dans la Foire aux questions : Phase II du projet de sommaires des motifs de décision [SMD]) autorisés après le 1er septembre 2012 incluront des renseignements sur les activités postautorisation sous forme de tableau. Le tableau des activités postautorisation (TAPA) comprendra de brefs résumés d'activités telles que les présentations de demandes de nouvelles utilisations, ainsi que les décisions de Santé Canada (positives ou négatives). Le TAPA continuera d'être actualisé durant tout le cycle de vie du produit.
À l'heure actuelle, aucun TAPA n'est disponible pour Fabhalta. Lorsque le TAPA sera disponible, il sera incorporé dans ce SMD.
Pour consulter les derniers avis, mises en garde et retraits concernant des produits commercialisés, consultez MedEffet Canada.
6 Quels sont les autres renseignements disponibles à propos des médicaments?
Pour obtenir des renseignements à jour sur les produits médicamenteux, veuillez suivre les liens suivants :
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Consulter MedEffet Canada pour connaître les derniers avis, mises en garde et retraits concernant les produits commercialisés.
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Voir la Base de données des Avis de conformité (AC) pour accéder à la liste des dates d'autorisation de tous les médicaments ayant reçu un AC depuis 1994.
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Consulter la Base de données sur les produits pharmaceutiques (BDPP) pour obtenir la dernière monographie de produit. La BDPP contient des renseignements précis sur les médicaments dont l'utilisation a été approuvée au Canada.
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Voir les documents relatifs à l'Avis de conformité avec conditions (AC-C) pour les produits ayant reçu un AC en vertu de la Ligne directrice : Avis de conformité avec conditions (AC-C), le cas échéant. En cliquant sur les liens correspondant au nom du produit (selon le cas), vous pouvez accéder à la fiche de renseignements, partie III - Renseignements pour les patients sur les médicaments, à l'avis d'admissibilité, et/ou à la « Lettre aux professionnels de santé ».
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Consulter le Registre des brevets pour obtenir la liste des brevets déposés relativement à des ingrédients médicinaux, le cas échéant.
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Consulter le Registre des drogues innovantes pour obtenir la liste des drogues admissibles à la protection des données en vertu de l'article C.08.004.1 du Règlement sur les aliments et drogues, le cas échéant.
7 Quelle est la justification scientifique sur laquelle s'est fondé Santé Canada?
Consultez la section Quelles sont les étapes qui ont mené à l’autorisation de Fabhalta? pour plus de renseignements sur le processus d’examen de cette présentation.
7.1 Motifs cliniques de la décision
Pharmacologie clinique
L’iptacopan se lie au facteur B du complément et inhibe la voie alterne du complément. Cette action inhibe le clivage de la composante 3 du complément (C3), ce qui empêche la formation subséquente du complexe d’attaque membranaire (CAM).
Dans l'hémoglobinurie paroxystique nocturne (HPN), l'hémolyse intravasculaire (HIV) est médiée par le CAM. En cas d'inhibition terminale du complément, une hémolyse extravasculaire (EVH) apparaît et est déclenchée par l'opsonisation du fragment C3. L’iptacopan agit en proximal dans la voie alterne de la cascade du complément pour maîtriser à la fois l’HEV médiée par le fragment de C3 et l’HIV médiée par le CAM.
On a principalement caractérisé le profil pharmacocinétique et pharmacodynamique clinique de l’iptacopan chez des volontaires en santé et des patients atteints d’HPN. Les résultats des études pharmacocinétiques ont indiqué que l’iptacopan était rapidement absorbé après administration par voie orale, l’état d’équilibre étant atteint en environ cinq jours après l’administration d’une dose de 200 mg deux fois par jour (BID). L’apport alimentaire n’a eu aucun effet cliniquement significatif sur la pharmacocinétique de l’iptacopan. Fabhalta peut être pris avec ou sans nourriture.
L’iptacopan a démontré une liaison dépendante de la concentration aux protéines plasmatiques en raison de sa haute affinité et de sa liaison saturable à la cible du facteur B dans la circulation systémique. Par conséquent, à des doses orales comprises entre 25 mg et 200 mg deux fois par jour, l’exposition systémique à l’iptacopan était globalement inférieure à la proportion de la dose. Cependant, les doses orales de 100 mg et 200 mg étaient approximativement proportionnelles à la dose.
Les résultats des données des analyses de l’exposition‑pharmacodynamiques et de l’exposition‑innocuité provenant des études cliniques ont appuyé le schéma posologique recommandé de 200 mg deux fois par jour chez les patients atteints d’HPN.
L’iptacopan est principalement éliminé par le métabolisme hépatique. Dans une étude clinique spécialisée, l’exposition à l’iptacopan non lié (surface sous la courbe de concentration plasmatique en fonction du temps de 0 à l’infini [SSCinf]) a augmenté de 3,7 fois dans le groupe de patients atteints d’une insuffisance hépatique grave par rapport au groupe ayant une fonction hépatique normale. Fabhalta n’est pas recommandé chez les patients présentant une insuffisance hépatique grave.
L’excrétion rénale n’est pas une voie d’élimination importante pour l’iptacopan. Selon l’analyse pharmacocinétique de la population, une insuffisance rénale légère à modérée n’avait aucun effet cliniquement pertinent sur la pharmacocinétique de l’iptacopan. Jusqu’à ce que suffisamment de données soient disponibles, aucune recommandation de dose ne peut être donnée aux patients atteints d’une insuffisance rénale grave ou à ceux sous dialyse.
L’iptacopan est un substrat du cytochrome P450 (CYP) 2C8. L’utilisation concomitante d’inducteurs du CYP2C8 ou d’inhibiteurs puissants du CYP2C8 peut entraîner des changements cliniquement pertinents dans l’exposition à l’iptacopan. Des données in vitro ont montré que l'iptacopan a un potentiel d'induction du CYP3A4 et peut diminuer l'exposition des substrats sensibles du CYP3A4.
Au cours d’une étude clinique sur l’intervalle QT réalisée chez des volontaires en bonne santé, des doses supra‑thérapeutiques uniques d’iptacopan allant jusqu’à 1 200 mg (produisant une concentration plus de quatre fois supérieure à la concentration de pointe obtenue avec la dose de 200 mg deux fois par jour) n’ont eu aucun effet sur la repolarisation cardiaque ou l’intervalle QT.
Dans l’ensemble, l’examen des études de pharmacologie clinique n’a pas permis de déterminer les problèmes qui empêcheraient l’approbation de Fabhalta pour la population de patients visés. Les principales conclusions en matière de pharmacologie clinique, les risques pertinents et les incertitudes sont traités correctement dans la monographie de produit de Fabhalta approuvée par Santé Canada et accessible par l'intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.
Efficacité clinique
On a évalué l’efficacité clinique de Fabhalta pour le traitement des patients adultes atteints d’HPN au cours de l’étude pivot de phase III APPLY‑PNH et de l’étude de soutien clé de phase III APPOINT‑PNH.
L’étude APPLY‑PNH était une étude multicentrique, randomisée, ouverte, contrôlée par comparateur actif et à groupes parallèles, conçue pour évaluer l’efficacité et l’innocuité de Fabhalta chez les patients adultes atteints d’HPN présentant une anémie résiduelle (c’est‑à‑dire un taux d’hémoglobine [Hb] de 10 g/dl [100 g/l] ou moins) malgré un traitement antérieur au moyen d’une dose stable d’un traitement par un anti‑composant 5 du complément (C5) pendant au moins six mois avant la répartition aléatoire. On a réparti aléatoirement quatre‑vingt‑dix‑sept patients selon un rapport de 8:5 soit pour passer à une dose de 200 mg de Fabhalta pris par voie orale deux fois par jour (BID; nombre total [n] = 62), soit pour conserver leur traitement par un anti‑C5 actuel (nombre total [n] = 35; l’éculizumab – n = 23 ou le ravulizumab n = 12) tout au long de la période de traitement à répartition aléatoire de 24 semaines. La répartition aléatoire a été stratifiée en fonction du traitement par anti‑C5 antérieur et des antécédents de transfusions au cours des six derniers mois. À la suite de la période de traitement à répartition aléatoire de 24 semaines, tous les patients étaient admissibles à s’inscrire à une période de prolongation de traitement de 24 semaines et à recevoir une monothérapie au moyen de Fabhalta. Par la suite, les patients étaient admissibles à participer à une étude de prolongation à long terme distincte.
Les patients devaient être vaccinés contre Neisseria meningitidis et on leur a recommandé de se faire vacciner contre Streptococcus pneumoniae et Haemophilus influenzae de type B. Si le patient n’a pas été vacciné auparavant ou si une dose de rappel était nécessaire, la vaccination a été administrée au moins deux semaines avant la première dose. Si le traitement au moyen de Fabhalta a été initié avant qu’une période de deux semaines se soit passée après la vaccination, une prophylaxie antibactérienne a été administrée. Au total, on a vacciné 97 %, 86 % et 89 % des patients du groupe traité au moyen de Fabhalta contre Streptococcus pneumoniae, Neisseria meningitidis et Haemophilus influenzae de type B, respectivement, soit avant, soit pendant le traitement au moyen de Fabhalta. Tous les patients du groupe au moyen de Fabhalta ont été vaccinés contre le méningocoque des groupes A, C, W 135 et Y.
Les données démographiques et les caractéristiques initiales de la maladie étaient généralement bien équilibrées entre les groupes de traitement. L’âge moyen des patients inscrits était de 51,0 ans et la plupart des patients étaient des femmes (69,1 %). La majorité des patients avaient des niveaux de lactate déshydrogénase (LDH) au niveau de référence qui étaient inférieurs ou égaux à 1,5 fois la limite supérieure de la normale, ce qui est attendu chez les patients recevant une dose stable de traitement par anti‑C5 depuis au moins six mois. Cependant, plus de la moitié des patients inscrits avaient reçu des transfusions au cours des six derniers mois précédant la répartition aléatoire et la concentration moyenne absolue de réticulocytes s’élevait à 192,27 x 109/l. Le temps moyen sous traitement par anti‑C5 précédent était de 3,8 et 4,2 ans pour les groupes au moyen de Fabhalta et par anti‑C5, respectivement. La taille moyenne des clones d’érythrocytes HPN (types II + III) au niveau de référence était de 64,6 % pour Fabhalta et de 57,4 % pour le groupe traité par anti‑C5.
L’évaluation de l’efficacité effectuée était fondée sur deux paramètres principaux visant à démontrer la supériorité du passage à Fabhalta par rapport à la poursuite du traitement par anti‑C5. Les critères d’évaluation comprenaient l’obtention d’une réponse hématologique après 24 semaines de traitement, sans avoir recours à des transfusions de GR et ont été évalués comme suit : 1) la proportion de patients obtenant une augmentation soutenue des taux d’hémoglobine de 2 g/dl (20 g/l) ou plus par rapport au niveau de référence (amélioration du taux d’hémoglobine) et 2) la proportion de patients obtenant des taux d’hémoglobine soutenus de 12 g/dl (120 g/l) ou plus.
L’étude a atteint ses deux paramètres principaux. Après 24 semaines, les patients adultes atteints de HPN présentant une anémie résiduelle traités au moyen de Fabhalta en monothérapie à une dose de 200 mg deux fois par jour ont démontré une supériorité statistiquement importante par rapport à ceux traités à l’aide d’un traitement par un anti‑C5 sans nécessité de transfusion de globules rouges. Les résultats ont indiqué une différence importante dans le taux de réponse de 80,2 % (82,3 % dans le groupe traité au moyen de Fabhalta par rapport à 2 % dans le groupe traité par anti‑C5; intervalle de confiance [IC] à 95 % : 71,2, 87,6; p < 0,0001) pour le nombre de patients atteignant une amélioration du taux d’hémoglobine indiquée par une augmentation soutenue des taux d’hémoglobine de 2 g/dl (20 g/l) ou plus par rapport au niveau de référence. De plus, on a démontré une différence importante dans le taux de réponse de 67 % (68,8 % dans le groupe traité au moyen de Fabhalta par rapport à 1,8 % dans le groupe traité par anti‑C5; IC à 95 % : 56,4, 76,9; p < 0,0001) pour le nombre de patients atteignant une augmentation soutenue du taux d’hémoglobine de 12 g/dl (120 g/l).
Fabhalta a également démontré une supériorité statistiquement importante par rapport au traitement par anti‑C5 pour les principaux paramètres secondaires suivants : une différence de 68,9 % dans le nombre de patients qui évitent les transfusions entre le 14e jour et le 168e jour; une différence moyenne ajustée de +3,66 g/dl (+36,66 g/l) dans le taux d’hémoglobine par rapport au niveau de référence entre le 126e jour et le 168e jour; une différence moyenne ajustée de -116,15 x 109/l dans le décompte absolu des réticulocytes varient par rapport au niveau de référence dans le décompte absolu des réticulocytes entre le 126e jour et le 168e jour; une différence moyenne ajustée de +8,29 points de changement dans le score de l’évaluation de la fatigue d’après l’évaluation fonctionnelle de traitement pour maladie chronique (Fatigue-FACIT) par rapport au niveau de référence entre le 126e jour et le 168e jour; et un taux ajusté annualisé de percée d’hémolyse clinique avec un rapport de taux de 0,10.
L’étude APPOINT‑PNH était une étude pivot de phase III multicentrique, à un seul groupe et ouverte chez des patients adultes atteints d’HPN n’ayant jamais reçu de traitement inhibiteur du complément (traitement par anticorps anti‑C5). Un total de 40 patients ont été inscrits pour recevoir 200 mg de Fabhalta par voie orale deux fois par jour pendant la période de traitement de base ouverte de 24 semaines. Par la suite, les patients étaient admissibles à s’inscrire à une période de prolongation du traitement de 24 semaines au cours de laquelle ils ont continué de recevoir Fabhalta, suivie d’une étude de prolongation à long terme distincte. Les patients adultes ayant un diagnostic confirmé d’HPN, un taux d’Hb de 10 g/dl (100 g/l) ou moins et un taux de LDH dépassant de plus de 1,5 fois la limite supérieure à la normale pouvaient participer.
L’âge moyen des patients inscrits était de 42,1 ans et la plupart des patients étaient des femmes (57,5 %). Le taux moyen de LDH au niveau de référence était de 1 698,8 U/l et le dénombrement moyen absolu des réticulocytes était de 154,33 x 109/l, tous deux étant des marqueurs d’hémolyse.
Le paramètre principal de l’étude était la proportion de patients atteignant une augmentation soutenue du taux d’hémoglobine de 2 g/dl (20 g/l) ou plus par rapport au niveau de référence sans nécessité de transfusions de GR après 24 semaines. Ce paramètre a été atteint, car le traitement au moyen de Fabhalta a entraîné un taux de réponse de 92,2 % (IC à 95 % : 82,5; 100,0). La limite inférieure de l’IC bilatéral à 95 % était de 82,5 %, ce qui dépassait le seuil prédéfini de 15 % selon un facteur cinq fois supérieur.
Pour les paramètres secondaires clés, le taux de réponse des patients atteignant un taux d’hémoglobine de 12 g/dl (120 g/l) ou plus sans avoir besoin de transfusion de GR après 24 semaines était de 62,8 % (IC à 95 % : 47,5; 77,5). Le traitement au moyen de Fabhalta a entraîné un taux d’évitement de transfusions de 97,6 % (IC à 95 % : 92,5, 100,0) entre le 14e et le 168e jour. La modification moyenne ajustée par rapport au niveau de référence du taux d’hémoglobine, du dénombrement absolu des réticulocytes, des taux de LDH et des scores de Fatigue‑FACIT était également cohérente avec le paramètre principal et l’appuyait.
Dans l’ensemble, les résultats d’efficacité de l’étude pivot APPLY‑PNH et de l’étude de soutien APPOINT‑PNH démontrent adéquatement la capacité de Fabhalta à apporter des bienfaits aux patients adultes atteints d’HPN et d’anémie hémolytique.
Indication
La Présentation de drogue nouvelle relative à Fabhalta a été initialement déposée par le promoteur pour l'indication proposée suivante :
Fabhalta (gélules d’iptacopan) est indiqué pour le traitement des patients adultes atteints d’hémoglobinurie paroxystique nocturne (HPN).
Après examen, l’indication proposée a été révisée pour tenir compte de la population de patients participant à l’étude clinique. Par conséquent, Santé Canada a approuvé l'indication suivante :
Fabhalta (gélules d’iptacopan) est indiqué en monothérapie pour le traitement des patients adultes atteints d’hémoglobinurie paroxystique nocturne (HPN) qui présentent une anémie hémolytique.
Pour de plus amples renseignements, consulter la monographie de produit de Fabhalta approuvée par Santé Canada et accessible par l'intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.
Innocuité clinique
On a principalement évalué l’innocuité clinique de Fabhalta pour le traitement des patients adultes atteints d’HPN au cours de l’étude pivot de phase III APPLY‑PNH. On a obtenu des données supplémentaires sur l’innocuité, y compris des données regroupées provenant de l’étude pivot et des études de soutien qui incluent une étude de phase III (l’étude APPOINT‑PNH) et deux études de phase II effectuées chez des patients atteints d’HPN.
L’ensemble d’analyse de l’innocuité pour la période de traitement à répartition aléatoire de l’étude APPLY‑PNH a inclus tous les patients ayant reçu au moins une dose du traitement à l’étude; on a inclus les 62 patients du groupe traité au moyen de Fabhalta. La durée médiane d’exposition était de 169 jours (intervalle : de 141 à 171 jours) pour le groupe traité au moyen de Fabhalta pour un total de 28,58 années‑patient.
Dans l’ensemble, la proportion de patients ayant eu des événements indésirables apparus en cours de traitement (EIT) pendant la période de traitement à répartition aléatoire de l’étude APPLY‑PNH était comparable entre les groupes de traitement au moyen de Fabhalta et par anti‑C5 (Fabhalta : 51 patients sur 62, 82,3 %; anti‑C5 : 28 patients sur 35, 80,0 %). Les EIT les plus fréquemment signalés dans le groupe traité au moyen de Fabhalta pendant la période de traitement à répartition aléatoire étaient les maux de tête (10 patients sur 62, 16,1 %), la diarrhée (neuf patients sur 62, 14,5 %), la nasopharyngite (sept patients sur 62, 11,3 %) et les nausées (six patients sur 62, 9,7 %). Les événements indésirables (EI) les plus fréquemment signalés (chez 3 % ou plus des patients) et soupçonnés d’être liés au traitement au moyen de Fabhalta selon l’évaluation du chercheur étaient les maux de tête (6,5 %), l’arthralgie (4,8 %), les nausées (4,8 %), la thrombocytopénie (3,2 %), la diarrhée (3,2 %) et les bouffées de chaleur (3,2 %).
Dans l’étude APPLY‑PNH, les EI graves survenus chez les patients traités au moyen de Fabhalta étaient une anémie, une pyélonéphrite et une dysfonction du nœud sinusal avec un accident ischémique transitoire, signalés chez un patient chacun. Dans l’ensemble, six patients sur 62 (9,7 %) du groupe de traitement au moyen de Fabhalta ont connu des événements indésirables graves (EIG) pendant la période de traitement à répartition aléatoire. Les EI graves survenus chez les patients traités au moyen de Fabhalta étaient la dysfonction du nœud sinusal et l’accident ischémique transitoire, la maladie à coronavirus 2019 (COVID‑19), la pyélonéphrite et l’infection urinaire, l’augmentation du taux sanguin de la créatine phosphokinase, le carcinome basocellulaire et le syndrome myélodysplasique. On a soupçonné qu’un EIG survenu dans le groupe Fabhalta (augmentation du taux sanguin de la créatine phosphokinase) d’être lié à Fabhalta. Aucun des EIG ne s’est révélé mortel. Il n’y a eu aucun décès au cours de la période de traitement à répartition aléatoire (PTRA) et aucun EIT n’a entraîné d’interruption ou d’arrêt de dose.
Dans les études regroupées sur l’HPN, 170 patients ont reçu 200 mg de Fabhalta deux fois par jour pour un total de 185,1 années de traitement‑patient et la durée médiane d’exposition était de 10,6 mois (intervalle : de 0,9 à 51,9 mois). La durée moyenne de l’exposition à une dose de 200 mg de Fabhalta deux fois par jour était de 13,1 mois (ET = 9,71 mois). La proportion de patients dans les études regroupées sur l’HPN qui ont eu une durée d’exposition de 12 mois ou plus et de 24 mois ou plus était de 33,5 % (57 patients sur 170) et de 10,6 % (18 patients sur 170), respectivement.
Dans l’ensemble des études regroupées sur l’HPN, les événements indésirables les plus fréquents étaient la COVID‑19 (40 patients sur 170, 23,5 %), les maux de tête (29 patients sur 170, 17,1 %), la diarrhée (19 patients sur 170, 11,2 %) et la nasopharyngite (15 patients sur 170, 8,8 %). Les autres EI signalés par au moins 5 % des patients étaient les nausées, la fièvre, les douleurs abdominales, l’arthralgie, les vomissements et la thrombocytopénie. Les EIT observés dans les données regroupées étaient habituellement cohérents avec ceux signalés au cours de la période de traitement à répartition aléatoire de l’étude APPLY‑PNH et la période de traitement de base de l’étude APPOINT‑PNH.
Trois patients du bassin des patients atteints d’HPN sont décédés. Les trois patients avaient des antécédents médicaux et des facteurs de confusion pour l’événement ayant mené au décès. Il n’y a eu aucun décès au cours de la période de traitement à répartition aléatoire de l’étude APPLY‑PNH ou pendant la période de traitement de base de l’étude APPOINT‑PNH.
On a indiqué les événements indésirables d’intérêt particulier en fonction du mécanisme d’action de l’iptacopan, des effets de classe associés à l’inhibition du complément et des données non cliniques et cliniques disponibles. Les principaux risques de Fabhalta incluent une percée d’hémolyse grave ou une hémolyse après l’arrêt du traitement et des infections causées par des bactéries encapsulées.
Dans l’ensemble des études regroupées sur la PNH, on n’a signalé aucun événement indésirable d’hémolyse après l’arrêt du traitement. Les trois patients qui ont interrompu le traitement au moyen de Fabhalta sont passés au traitement à l’aide de l’éculizumab. Il y a eu des baisses de 2 g/dl (20 g/l) ou plus des taux d’hémoglobine, mais elles ont toutes été gérées cliniquement. Dans l’ensemble des études regroupées sur l’HPN, neuf patients (5,3 %) sur 170 ont présenté un ou plusieurs événements de percée d’hémolyse, d’hémolyse ou d’hémolyse extravasculaire. Aucun des événements d’hémolyse n’a entraîné d’interruption ou d’arrêt de Fabhalta. La plupart des événements d’hémolyse n’ont nécessité aucune intervention, à l’exception de deux patients qui ont reçu des transfusions de globules rouges et d’un patient qui a reçu un traitement pour une crise douloureuse. Tous les événements d’hémolyse dans le groupe traité au moyen de Fabhalta étaient légers ou modérés, sauf un événement qui était grave et sérieux. On a signalé l’événement grave de percée d’hémolyse dans le groupe traité au moyen de Fabhalta au cours de la période de prolongation de l’étude APPOINT‑PNH en association avec l’infection à la COVID-19 et les agglutinines froides. On ne soupçonnait pas l’événement d’être lié à Fabhalta. Le patient a reçu des transfusions de globules rouges et la percée d’hémolyse s’est résolue alors qu’il poursuivait le traitement au moyen d’iptacopan.
Au total, il y a eu sept patients sur 170 dans les études regroupées sur l’HPN qui ont eu des infections causées par des bactéries encapsulées. On a observé des infections graves chez trois patients atteints d’HPN traités au moyen de Fabhalta (deux cas de pneumonie bactérienne et une infection urinaire à Pseudomonas aeruginosa). Les patients restants ayant des infections causées par des bactéries encapsulées dans le groupe de patients atteints d’HPN ont eu des infections sans gravité (infection cutanée à staphylocoque, bronchite par l’hémophilus, érysipèle, furoncle et otite de l’oreille moyenne), chacune observée chez un seul patient. Il n’y avait aucun schéma ou type d’infection signalé plus fréquemment. Tous les patients atteints d’infections causées par des bactéries encapsulées, ou susceptibles de l’être, ont été vaccinés conformément au protocole. Tous ont été traités avec succès et les infections ont été résolues alors qu’ils poursuivaient le traitement au moyen de Fabhalta.
Afin de réduire au minimum ce risque d’infections graves causées par des bactéries encapsulées, Fabhalta ne sera disponible que dans le cadre d’un programme de distribution contrôlée en vertu duquel les prescripteurs doivent inscrire les patients et confirmer la vaccination contre les bactéries encapsulées et le traitement avec un antibiotique prophylactique, le cas échéant. Les prescripteurs doivent également conseiller les patients sur le risque d’infection grave et leur fournir une carte d’innocuité du patient et un guide du patient ou aidant. On a inclus dans un encadré « Mises en garde et précautions importantes » de la monographie de produit de Fabhalta le risque d’infections graves causées par des bactéries encapsulées.
Dans l’ensemble, le profil d’innocuité de Fabhalta est acceptable pour le traitement des patients adultes atteints d’HPN qui ont une anémie hémolytique. Les problèmes d’innocuité détectés peuvent être gérés par des mesures de réduction au minimum des risques, y compris un programme de distribution contrôlé, l’étiquetage et la pharmacovigilance post‑commercialisation. Pour de plus amples renseignements, consulter la monographie de produit de Fabhalta approuvée par Santé Canada et accessible par l'intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.
7.2 Motifs non cliniques de la décision
L’iptacopan est un inhibiteur sélectif du facteur B du complément. La liaison de l’iptacopan au facteur B du complément entraîne l’inhibition de la voie alterne du complément, le clivage de la composante C3 du complément, ce qui empêche la formation subséquente du complexe d’attaque membranaire.
On a évalué l’iptacopan dans des études de pharmacologie, d’innocuité, de toxicité à doses répétées, de génotoxicité, de carcinogénicité, de toxicité pour la reproduction et de phototoxicité. Les caractéristiques pharmacocinétiques de l’iptacopan chez les espèces animales testées ont appuyé leur utilisation pour l’évaluation toxicologique.
Des études de toxicité à doses répétées effectuées chez des rats et des chiens ont indiqué la thyroïde, les organes reproducteurs masculins et le système cardiovasculaire comme étant les principales cibles de toxicité pour l’iptacopan.
L’iptacopan n’est pas mutagène, génotoxique ou cancérigène. Dans les études sur la fertilité des rats et les premiers stades embryonnaires, l’iptacopan n’a eu aucun effet lorsqu’il a été administré aux mâles, mais a augmenté les pertes préimplantation et post‑implantatoires lorsqu’il a été administré aux femelles. L’iptacopan n’a pas démontré de toxicité embryofœtale ou de tératogénicité lorsqu’il a été administré à des rates et des lapines gestantes pendant l’organogenèse, ni d’effets indésirables sur le développement prénatal et postnatal des descendants de rates traitées par iptacopan.
L'iptacopan absorbe la lumière dans la gamme des ultraviolets B et A et a induit des réactions cutanées transitoires et minimes à l'irradiation chez les souris. Cela suggère que l'iptacopan peut avoir un faible potentiel de phototoxicité.
La monographie de produit de Fabhalta présente les résultats des études non cliniques ainsi que les risques potentiels pour l'être humain. À la lumière de l'utilisation prévue de Fabhalta, la présentation n'indique aucun problème pharmacologique ou toxicologique qui empêcherait l'autorisation du produit.
Pour de plus amples renseignements, consulter la monographie de produit de Fabhalta approuvée par Santé Canada et accessible par l'intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.
7.3 Motifs d'ordre qualitatif
L’information soumise sur la qualité (les caractéristiques chimiques et la fabrication) de Fabhalta montre que la substance médicamenteuse et le produit médicamenteux peuvent être fabriqués de façon à répondre systématiquement aux spécifications approuvées. Des études de développement pharmaceutique et d’appui appropriées ont été menées et une stratégie de contrôle adéquate est en place pour les procédés commerciaux. Les modifications apportées au procédé de fabrication et à la formulation (le cas échéant) effectuées tout au long du développement du produit médicamenteux ont été examinées et jugées acceptables. D'après les données sur la stabilité soumises, la durée de conservation proposée de 36 mois est jugée acceptable lorsque le produit est entreposé à une température inférieure à 30 ºC.
Les limites d’impuretés proposées liées aux médicaments ont été suffisamment qualifiées (p. ex., elles se situent dans les limites établies par l'International Council for Harmonisation of Technical Requirements for Pharmaceuticals for Human Use (l'ICH) et/ou qu'elles sont qualifiées à partir d'études toxicologiques, selon le cas.
Une évaluation des risques liés à la présence potentielle d’impuretés nitrosamines a été effectuée conformément aux exigences énoncées dans la Ligne directrice sur les impuretés de nitrosamine dans les médicaments de Santé Canada. Les risques liés à la présence potentielle d’impuretés de nitrosamine dans la substance médicamenteuse ou le produit médicamenteux sont considérés comme négligeables ou ont été traités adéquatement (p. ex., avec des limites admissibles et une stratégie de contrôle appropriée).
Toutes les installations participant à la production sont conformes aux bonnes pratiques de fabrication.
Aucun des ingrédients non médicinaux (excipients) dans le produit médicamenteux n'est interdit d’utilisation dans les produits médicamenteux par le Règlement sur les aliments et drogues.
Un excipient présent dans l'enveloppe de la gélule, gélatine, est d'origine animale. Des lettres d'attestation confirmant que les matériaux ne proviennent pas de pays touchés par l'encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) ou l'encéphalopathie spongiforme transmissible (EST) ont été fournies pour ce produit médicamenteux, indiquant qu'il est considéré comme propre à l'usage humain.
Produits pharmaceutiques connexes
| Nom du produit | DIN | Entreprise | Ingrédient(s) actif(s) & concentration |
|---|---|---|---|
| FABHALTA | 02554313 | NOVARTIS PHARMACEUTICALS CANADA INC | Iptacopan (Chlorhydrate d'iptacopan) 200 MG |