Sommaire des motifs de décision portant sur Amivas-Artesunate
Décisions d'examen
Le sommaire des motifs de décision explique les raisons pour lesquelles un produit a reçu une autorisation de vente au Canada. Le document comprend les considérations portant sur la réglementation, l’innocuité, l’efficacité et la qualité (sur le plan de la chimie et de la fabrication).
Type de produit:
- Ce document est une traduction française du document anglais approuvé.
Sommaire des motifs de décision (SMD)
Les sommaires des motifs de décision (SMD) présentent des renseignements sur l’autorisation initiale d’un produit. Le SMD portant sur Amivas-Artesunate est accessible ci-dessous.
Activité récente relative à Amivas-Artesunate
Les SMD relatifs aux médicaments éligibles (tels que décrits dans la Foire aux questions : Phase II du projet de sommaires des motifs de décision [SMD]) autorisés après le 1er septembre 2012 seront mis à jour afin d’inclure des renseignements sous forme de tableau des activités postautorisation (TAPA). Le TAPA comprendra de brefs résumés d’activités telles que les présentations de demandes de nouvelles utilisations, ainsi que les décisions de Santé Canada (positives ou négatives). Les TAPA seront mis à jour régulièrement en ce qui a trait aux activités postautorisation tout au long du cycle de vie du produit. À l’heure actuelle, aucun TAPA n’est disponible pour Amivas-Artesunate. Lorsqu’un TAPA sera disponible pour Amivas-Artesunate, il sera incorporé dans ce SMD.
Sommaire des motifs de décision (SMD) portant sur Amivas-Artesunate
SMD émis le : 2025-10-10
L’information suivante concerne la Présentation de drogue nouvelle pour Amivas-Artesunate.
Artésunate
Identification numérique de drogue (DIN) : 02559056
Amivas Ireland Ltd.
Présentation de drogue nouvelle, numéro de contrôle : 285622
Type de présentation : Présentation de drogue nouvelle (Nouvelle substance active) - Évaluation prioritaire
Domaine thérapeutique (Classification anatomique, thérapeutique, chimique [Anatomical Therapeutic Chemical], deuxième niveau) : P01 Antiprotozoaires
Date de présentation : 2024-04-03
Date d’autorisation : 2025-07-04
Le 4 juillet 2025, Santé Canada a émis à l’intention d’Amivas Ireland Ltd. un Avis de conformité pour le produit médicamenteux Amivas-Artesunate.
L’autorisation de mise en marché d’Amivas-Artesunate s’appuie sur l’information portant sur la qualité (chimie et fabrication), ainsi que les études non cliniques (pharmacologie et toxicologie) et cliniques (pharmacologie, innocuité et efficacité) présentées. D’après l’évaluation des données reçues effectuée par Santé Canada, le profil avantages‑effets nocifs‑incertitudes d’Amivas‑Artesunate est considéré comme étant favorable pour le traitement initial du paludisme sévère chez les patients adultes et pédiatriques.
1 Sur quoi l’autorisation porte-t-elle?
Amivas‑Artesunate, un agent antipaludique, a été autorisé pour le traitement initial du paludisme sévère chez les patients adultes et pédiatriques.
Le traitement initial du paludisme sévère au moyen d’Amivas‑Artesunate devrait toujours être suivi d’un traitement complet à l’aide d’une thérapie antipaludique par voie orale appropriée. De plus, Amivas‑Artesunate ne devrait être administré qu’après consultation avec un médecin ayant de l’expérience dans la gestion du paludisme.
L’artésunate ne traite pas les formes hépatiques hypnozoïtiques de Plasmodium et ne préviendra donc pas les rechutes de paludisme dues à Plasmodium vivax ou Plasmodium ovale. Un traitement concomitant avec un agent antipaludique comme un médicament à base de 8‑aminoquinoléine est nécessaire pour le traitement du paludisme sévère dû à Plasmodium vivax ou Plasmodium ovale.
D’après les données présentées à Santé Canada, on a établi l’innocuité et l’efficacité d’Amivas‑Artesunate chez les patients pédiatriques âgés de plus de six mois. En conséquence, Santé Canada a autorisé l’utilisation d’Amivas‑Artesunate dans ce groupe d’âge. Cependant, aucune donnée clinique n’est disponible pour les patients pédiatriques âgés de moins de six mois. La modélisation et les simulations pharmacocinétiques suggèrent qu’après l’administration d’une dose intraveineuse de 2,4 mg/kg d’Amivas‑Artesunate, les niveaux plasmatiques de dihydroartémisinine sont susceptibles d’être plus élevés chez les nourrissons âgés de moins de six mois par rapport aux nourrissons et enfants plus âgés.
Les données disponibles sur l’usage d’Amivas‑Artesunate chez les patients âgés de plus de 65 ans sont limitées.
Amivas‑Artesunate (110 mg d’artésunate) est fourni sous forme de poudre pour solution, chaque fiole contenant 110 mg d’artésunate. En plus de l’ingrédient médicinal, l’artésunate, la poudre contient également les ingrédients non médicinaux suivants : de l’acide phosphorique concentré, du phosphate disodique dihydraté, du phosphate monosodique monohydraté, de l’hydroxyde de sodium et de l’eau pour injection. Avant l’administration, Amivas‑Artesunate doit être reconstitué à l’aide du diluant de phosphate de sodium fourni. La solution résultante est ensuite administrée sous forme de bolus lent sur une période d’une à deux minutes. Parce que l’artésunate est instable dans les solutions aqueuses, la solution reconstituée doit être utilisée dans l’heure et demie suivant la préparation.
L’utilisation d’Amivas‑Artesunate est contre‑indiquée chez les patients qui sont hypersensibles à ce médicament, à tout autre agent antipaludique à base d’artémisinine, à tout ingrédient de la formulation ou composant du contenant.
Le produit médicamenteux a été autorisé selon les conditions d’utilisation décrites dans sa monographie de produit, en tenant compte des risques associés à son administration. La monographie de produit d’Amivas-Artesunate est accessible par l’intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.
Pour de plus amples renseignements sur la justification de la décision de Santé Canada, veuillez consulter les sections Motifs d’ordre clinique, non clinique et qualitatif (caractéristiques chimiques et de fabrication).
2 Pourquoi Amivas-Artesunate a-t-il été autorisé?
Santé Canada estime qu’Amivas‑Artesunate a un profil avantages‑effets nocifs‑incertitudes favorable pour le traitement initial du paludisme sévère chez les patients adultes et pédiatriques.
Le traitement initial du paludisme sévère au moyen d’Amivas‑Artesunate devrait toujours être suivi d’un traitement complet à l’aide d’une thérapie antipaludique par voie orale appropriée. De plus, Amivas‑Artesunate ne devrait être administré qu’après consultation avec un médecin ayant de l’expérience dans la gestion du paludisme.
Amivas‑Artesunate ne traite pas les formes hépatiques hypnozoïtiques de Plasmodium et ne préviendra donc pas les rechutes de paludisme dues à Plasmodium vivax ou Plasmodium ovale. Un traitement concomitant avec un agent antipaludique comme un médicament à base de 8‑aminoquinoléine est nécessaire pour le traitement du paludisme sévère dû à Plasmodium vivax ou à Plasmodium ovale.
Le paludisme est une maladie potentiellement mortelle causée par des parasites Plasmodium, qui sont transmis aux humains par les piqûres de moustiques anophèles femelles infectés. Il existe cinq espèces de Plasmodium qui peuvent infecter les humains : Plasmodium falciparum, Plasmodium vivax, Plasmodium ovale, Plasmodium malariae, et Plasmodium knowlesi. Lorsqu’une personne est infectée, les symptômes apparaissent habituellement dans les 10 à 15 jours, bien que cela puisse varier en fonction de l’espèce et de la réponse immunitaire de la personne. Les symptômes peuvent inclure des maux de tête, de la fièvre, des frissons, de la fatigue, des nausées et des vomissements, et dans les cas graves, des convulsions, de la confusion, des difficultés respiratoires et une défaillance d’organes. Le paludisme à Plasmodium falciparum peut être mortel si le traitement est retardé de plus de 24 heures après l’apparition des symptômes cliniques. Le taux de mortalité dû au paludisme sévère non traité (en particulier le paludisme cérébral) est près de 100 %. La plupart des cas de paludisme sévère sont causés par Plasmodium falciparum. Cependant, dans de rares cas, il est également possible que Plasmodium vivax et Plasmodium knowlesi entraînent un paludisme sévère. Au Canada, il y a en moyenne environ 100 déclarations de paludisme sévère chaque année, habituellement chez des personnes qui ont récemment voyagé dans des zones où le paludisme est endémique.
Amivas‑Artesunate est un agent antipaludique autorisé pour le traitement initial du paludisme sévère chez les patients adultes et pédiatriques. L’artésunate, l’ingrédient actif dans Amivas‑Artesunate, est rapidement métabolisé en un métabolite actif, le dihydroartésunate (DHA). L’artésunate et le DHA, comme d’autres artémisinines, contiennent un pont endoperoxyde qui est activé par le fer héminique. L’interaction avec le fer héminique entraîne le clivage du pont endoperoxyde, ce qui génère des radicaux libres. Ces radicaux libres provoquent un stress oxydatif, perturbant la synthèse des protéines et des acides nucléiques, et nuisent finalement à la croissance et à la survie des parasites.
L’artésunate et le DHA sont tous deux efficaces contre les formes asexuées des espèces de Plasmodium et éliminent habituellement les parasites en 48 à 72 heures. Des études in vitro démontrent que les concentrations inhibitrices à 50 % sont globalement similaires chez Plasmodium falciparum et d’autres espèces de paludisme humain, y compris Plasmodium vivax, Plasmodium ovale, Plasmodium malariae et Plasmodium knowlesi.
Amivas‑Artesunate s’est avéré efficace pour le traitement initial du paludisme sévère chez les adultes et les enfants. L’autorisation de mise en marché était fondée sur deux études pivots de phase III multicentriques et ouverte, l’essai de l’artésunate et de la quinine contre le paludisme en Asie du Sud‑Est (l’essai SEAQUAMAT) et l’essai de l’artésunate et de la quinine contre le paludisme (malaria) en Afrique (l’essai AQUAMAT). Les deux études ont évalué l’efficacité de l’artésunate par voie intraveineuse par rapport à la quinine par voie intraveineuse, qui était la norme de soins au moment où les études SEAQUAMAT et AQUAMAT ont été réalisées. Cependant, chaque étude était axée sur un groupe d’âge différent. L’étude SEAQUAMAT a principalement recruté des adultes, ayant un âge moyen de 28 ans, tandis que l’étude AQUAMAT était axée sur des enfants âgés de moins de 15 ans, dont l’âge moyen était de 3 ans.
Dans les deux études pivots, les conceptions des études cliniques étaient similaires. Les patients ont été répartis aléatoirement selon un ratio de 1:1 pour recevoir soit Amivas‑Artesunate, soit de la quinine. Amivas‑Artesunate a été administré par voie intraveineuse à une dose de 2,4 mg/kg au moment de l’admission à l’hôpital (0 heure), suivi de doses supplémentaires après 12 heures, après 24 heures, puis une fois par jour jusqu’à ce que le patient puisse prendre des médicaments par voie orale de manière fiable. La quinine a été administrée par voie intraveineuse à une dose initiale de 20 mg/kg sur une période de quatre heures, suivie d’une dose de 10 mg/kg trois fois par jour sur une période de deux à huit heures.
Le paramètre principal dans les deux études était la mortalité à l’hôpital toutes causes confondues dans la population en intention de traiter jusqu’au moment de l’obtention du congé pour une durée maximale d’une semaine.
L’étude SEAQUAMAT a été interrompue prématurément en raison de données probantes sur le bénéfice, avec environ deux tiers des patients prévus recrutés au moment de l’arrêt. Dans cette étude, le traitement au moyen d’Amivas‑Artesunate par voie intraveineuse a réduit la mortalité chez les patients atteints de paludisme sévère de plus d’un tiers par rapport au traitement à l’aide de la quinine par voie intraveineuse. Le taux de mortalité chez les adultes du groupe traité au moyen d’Amivas‑Artesunate était de 14,7 % (107 patients sur 730), par rapport à 22,4 % (164 patients sur 731) dans le groupe traité à l’aide de la quinine; cela représente ainsi une réduction ajustée au site des risques de mortalité de 40 % (p = 0,0002). Les avantages d’Amivas‑Artesunate étaient les plus évidents après les 48 premières heures suivant le début du traitement.
Dans l’étude AQUAMAT, le traitement au moyen d’Amivas‑Artesunate administré par voie intraveineuse a réduit la mortalité globale des enfants ayant reçu un diagnostic de paludisme sévère. Le taux de mortalité des patients pédiatriques du groupe traité au moyen d’Amivas‑Artesunate était de 8,5 % (230 patients sur 2 712), par rapport à 10,9 % (297 patients sur 2 713) dans le groupe traité à l’aide de la quinine.
Dans l’étude SEAQUAMAT, les événements indésirables apparus en cours de traitements (EIT) les plus fréquemment signalés dans le groupe traité au moyen d’Amivas‑Artesunate, par rapport au groupe traité à l’aide de la quinine, étaient la dialyse (8,2 % par rapport à 6,6 %) et la fièvre bilieuse hémoglobinurique (6,7 % par rapport à 4,5 %). Dans l’étude AQUAMAT, les EIT les plus couramment signalés étaient l’anémie aiguë (5,7 % par rapport à 4,6 %), le coma (5,1 % par rapport à 3,5 %), les convulsions (10,1 % par rapport à 8,3 %) et l’hypoglycémie (2,8 % par rapport à 1,8 %).
Dans les deux études, l’incidence des séquelles neurologiques ne différait pas de manière significative entre les groupes à des moments différents au cours des études respectives. Dans l’étude SEAQUAMAT, à la sortie de l’étude, l’incidence globale de toute séquelle neurologique persistante à l’obtention du congé de l’hôpital était de 1 % (24 patients sur 706) dans le groupe traité au moyen d’Amivas‑Artesunate et de 0,3 % (23 patients sur 737) dans le groupe traité à l’aide de la quinine. Au 28e jour de l’étude AQUAMAT, l’incidence globale de toute séquelle neurologique persistante chez les survivants du paludisme cérébral évalués était de 2,4 % dans le groupe traité au moyen d’Amivas‑Artesunate et de 2,3 % dans le groupe traité à l’aide de la quinine.
On a également signalé des réactions indésirables après la mise sur le marché selon une étude rétrospective des données, l’étude R‑CDC‑060, réalisée aux États‑Unis chez des patients traités au moyen d’Amivas‑Artesunate pour un paludisme sévère à la suite d’un voyage à l’étranger. Les événements suivant la mise sur le marché associés à Amivas‑Artesunate administré par voie intraveineuse comprenaient l’hémolyse retardée post‑artésunate (PADH), la pancréatite et l’anémie hémolytique auto‑immune. L’hémolyse retardée post‑artésunate a été définie comme étant une diminution d’au moins 10 % des niveaux d’hémoglobine par rapport au niveau de référence, survenant jusqu’à un mois après le traitement. Dans certains cas, l’anémie hémolytique résultante était suffisamment grave pour nécessiter des transfusions sanguines. La section Mises en garde et précautions de la monographie de produit d’Amivas‑Artesunate suggère de surveiller l’apparition de la PADH après le traitement. De plus, on a également traité des réactions d’hypersensibilité, y compris l’anaphylaxie, dans la section Mises en garde et précautions de la monographie de produit d’Amivas‑Artesunate.
In vitro, dans des études animales, les artémisinines ont démontré qu’elles inhibent directement les cellules précurseurs érythroïdes humaines et elles suppriment l’activité de la moelle osseuse, en particulier la production de globules rouges. Les données non cliniques et cliniques suggèrent que le traitement intraveineux au moyen d’Amivas‑Artesunate est souvent associé à une réticulocytopénie réversible. La numération des réticulocytes revient habituellement à la normale après l’arrêt du traitement.
Amivas Ireland Ltd. a présenté à Santé Canada un plan de gestion des risques (PGR) relativement à Amivas-Artesunate. Le PGR est conçu de manière à décrire les problèmes d’innocuité connus et potentiels, à présenter le plan de surveillance prévu et, au besoin, à décrire les mesures qui seront mises en place pour réduire les risques associés au produit. Après examen, le PGR a été jugé acceptable.
Les étiquettes interne et externe, la notice d’accompagnement et la section des renseignements pour les patients sur les médicaments de la monographie de produit d’Amivas-Artesunate qui ont été présentées ont répondu aux exigences réglementaires relatives à l’étiquetage, à l’utilisation d’un langage clair et aux éléments de conception.
Le promoteur a soumis une évaluation de la marque nominative qui comprenait des évaluations des attributs nominatifs à présentation et à consonance semblables. Après examen, le nom proposé d’Amivas-Artesunate a été accepté.
Dans l’ensemble, les avantages thérapeutiques du traitement au moyen d’Amivas‑Artesunate observés dans les deux études pivots sont considérés comme l’emportant sur les risques. Amivas‑Artesunate a démontré avoir un profil avantages‑risques‑incertitudes favorable selon les études non cliniques et cliniques. Les problèmes d’innocuité relevés peuvent être gérés à l’aide de l’étiquetage et d’une surveillance. Des mises en garde et des précautions appropriées sont en place dans la monographie de produit d’Amivas‑Artesunate pour répondre aux préoccupations en matière d’innocuité.
Cette Présentation de drogue nouvelle répond aux exigences des articles C.08.002 et C.08.005.1; par conséquent, Santé Canada a émis l’Avis de conformité prévu à l’article C.08.004 du Règlement sur les aliments et drogues. Pour de plus amples renseignements, veuillez consulter les sections Motifs de décision d’ordre clinique, non clinique et qualitatif (caractéristiques chimiques et fabrication).
3 Quelles sont les étapes qui ont mené à l’autorisation d’Amivas-Artesunate?
La Présentation de drogue nouvelle d’Amivas-Artesunate a fait l’objet d’un processus d’examen accéléré en vertu de la Politique sur l’évaluation prioritaire des présentations de drogues. Le promoteur a présenté des preuves substantielles de l’efficacité clinique pour démontrer qu’Amivas-Artesunate constitue un traitement efficace d’une maladie grave, potentiellement mortelle ou sévèrement débilitante qui n’est pas adéquatement traités par un médicament mis sur le marché au Canada.
L’examen de la Présentation de drogue nouvelle (PDN) pour Amivas-Artesunate est fondé sur une évaluation critique du dossier de données présenté à Santé Canada. Conformément à l’ébauche de la ligne directrice : L’utilisation d’examens étrangers par Santé Canada, les rapports d’examen effectués par l’Agence européenne des médicaments (EMA) et la Food and Drug Administration des États-Unis (FDA) ont été utilisés comme références supplémentaires pour l’examen des volets liés à la qualité, aux données non cliniques et cliniques, conformément à la Méthode 3. La décision réglementaire canadienne concernant la PDN pour Amivas-Artesunate a été prise de manière indépendante, sur la base de l’examen canadien.
Pour de plus amples renseignements sur le processus de présentation de drogue, consulter la Ligne directrice : gestion des présentations et des demandes de drogues.
Étapes importantes de la présentation : Amivas-Artesunate
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Étape importante de la présentation |
Date |
|---|---|
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Demande de traitement prioritaire déposée |
2024-01-29 |
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Demande de traitement prioritaire approuvée |
2024-02-26 |
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Dépôt de la Présentation de drogue nouvelle |
2024-04-03 |
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Examen préliminaire |
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Avis d’insuffisance émis lors de l’examen préliminaire |
2024-05-06 |
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Réponse d’Avis d’insuffisance émis lors de l’examen préliminaire déposée |
2024-08-09 |
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Lettre d’acceptation à l’issue de l’examen préliminaire émise |
2024-09-06 |
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Examen |
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Deux demandes ont été accordées pour interrompre l’examen (extensions pour répondre aux demandes de clarification) |
121 jours au total |
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Évaluation biostatistique terminée |
2025-02-11 |
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Évaluation non clinique terminée |
2025-04-28 |
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Évaluation du plan de gestion des risques terminée |
2025-06-16 |
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Évaluation de la qualité terminée |
2025-07-02 |
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Évaluation clinique/médicale terminée |
2025-07-02 |
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Examen de l’étiquetage terminé |
2025-07-02 |
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Délivrance de l’Avis de conformité par le directeur la directrice générale, Direction des produits pharmaceutiques |
2025-07-04 |
4 Quelles mesures de suivi le promoteur prendra-t-il?
Les exigences en matière d’activités post-commercialisation sont décrites dans la Loi sur les aliments et drogues et le Règlement sur les aliments et drogues.
5 Quelles activités postautorisation ont été menées à l’égard d’Amivas-Artesunate?
Les Sommaires des motifs de décision (SMD) relatifs aux médicaments éligibles (tels que décrits dans la Foire aux questions : Phase II du projet de sommaires des motifs de décision [SMD]) autorisés après le 1er septembre 2012 incluront des renseignements sur les activités postautorisation sous forme de tableau. Le tableau des activités postautorisation (TAPA) comprendra de brefs résumés d’activités telles que les présentations de demandes de nouvelles utilisations, ainsi que les décisions de Santé Canada (positives ou négatives). Le TAPA continuera d’être actualisé durant tout le cycle de vie du produit.
À l’heure actuelle, aucun TAPA n’est disponible pour Amivas-Artesunate. Lorsque le TAPA sera disponible, il sera incorporé dans ce SMD.
Pour consulter les derniers avis, mises en garde et retraits concernant des produits commercialisés, consultez MedEffet Canada.
6 Quels sont les autres renseignements disponibles à propos des médicaments?
Pour obtenir des renseignements à jour sur les produits médicamenteux, veuillez suivre les liens suivants :
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Consulter MedEffet Canada pour connaître les derniers avis, mises en garde et retraits concernant les produits commercialisés.
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Voir la Base de données des Avis de conformité (AC) pour accéder à la liste des dates d’autorisation de tous les médicaments ayant reçu un AC depuis 1994.
-
Consulter la Base de données sur les produits pharmaceutiques (BDPP) pour obtenir la dernière monographie de produit. La BDPP contient des renseignements précis sur les médicaments dont l’utilisation a été approuvée au Canada.
-
Voir les documents relatifs à l’Avis de conformité avec conditions (AC-C) pour les produits ayant reçu un AC en vertu de la Ligne directrice : Avis de conformité avec conditions (AC-C), le cas échéant. En cliquant sur les liens correspondant au nom du produit (selon le cas), vous pouvez accéder à la fiche de renseignements, partie III - Renseignements pour les patients sur les médicaments, à l’avis d’admissibilité, et/ou à la « Lettre aux professionnels de santé ».
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Consulter le Registre des brevets pour obtenir la liste des brevets déposés relativement à des ingrédients médicinaux, le cas échéant.
-
Consulter le Registre des drogues innovantes pour obtenir la liste des drogues admissibles à la protection des données en vertu de l’article C.08.004.1 du Règlement sur les aliments et drogues, le cas échéant.
7 Quelle est la justification scientifique sur laquelle s’est fondé Santé Canada?
Consultez la section Quelles sont les étapes qui ont mené à l’autorisation d’Amivas-Artesunate? pour plus de renseignements sur le processus d’examen de cette présentation.
7.1 Motifs cliniques de la décision
Pharmacologie clinique
On ne comprend pas clairement le mécanisme précis par lequel l’artésunate, l’ingrédient médicinal dans Amivas‑Artesunate, agit contre les espèces de Plasmodium. Cependant, des études suggèrent que le mode d’action de l’artésunate est probablement multifactoriel. Un élément clé de l’activité antipaludique de l’artésunate est son pont endoperoxyde, une structure chimique essentielle à son activité antiplasmodiale. À l’intérieur des globules rouges infectés, le parasite digère l’hémoglobine, libérant de l’hème, une molécule contenant du fer. Le fer héminique interagit avec le pont endoperoxyde, déclenchant son clivage, ce qui génère des radicaux libres. Ces radicaux libres provoquent un stress oxydatif au sein des globules rouges infectés, entraînant des dommages aux protéines, aux lipides et des modifications de la structure cellulaire, ce qui nuit au fonctionnement du parasite et inhibe sa croissance, entraînant sa mort.
Bien que l’on n’ait réalisé aucune étude officielle sur l’intervalle QT au moyen d’Amivas‑Artesunate, on a inclus des électrogrammes dans deux études de phase I de détermination de la dose. Dans ces études, des volontaires en bonne santé ont reçu des doses uniques allant jusqu’à 8 mg/kg et n’ont présenté aucune donnée probante de prolongation de l’intervalle QT.
De même, bien que l’on n’ait réalisé aucune étude d’interaction médicamenteuse, plus particulièrement avec Amivas‑Artesunate, sa voie métabolique est bien caractérisée. À la suite de l’administration intraveineuse, l’artésunate est rapidement converti en dihydroartémisinine (DHA), principalement par des estérases et l’enzyme cytochrome P450 (CYP) 2A6. La dihydroartémisinine est ensuite métabolisée en conjugués glucuronides inactifs par les enzymes uridine 5’‑diphospho‑glucuronosyltransférase (UGT) 1A9 et 2B7. Étant donné que le DHA est un substrat des enzymes glucuronosyltransférases UGT1A9 et UGT2B7, la co‑administration d’Amivas‑Artesunate avec des inhibiteurs puissants des enzymes UGT (par exemple, axitinib, vandétanib, imatinib, diclofénac) peut augmenter les expositions plasmatiques au DHA. Par conséquent, la co‑administration de ces médicaments devrait être évitée. Inversement, la co‑administration d’Amivas‑Artesunate avec des inducteurs de l’enzyme UGT (par exemple, névirapine, ritonavir, rifampicine, carbamazépine, phénytoïne) peut réduire les niveaux de DHA, diminuant potentiellement l’efficacité du médicament. Par conséquent, la co‑administration de ces médicaments devrait également être évitée.
Des données limitées provenant d’études in vitro et d’études publiées sur l’artésunate oral et le DHA par voie orale ont indiqué que le DHA pourrait induire le CYP3A et inhiber le CYP1A2. Il est conseillé de faire preuve de prudence au cours de la co‑administration d’Amivas‑Artesunate avec des substrats du CYP3A4 ou du CYP1A2 ayant des fenêtres thérapeutiques étroites.
Pour obtenir des renseignements supplémentaires, consulter la monographie de produit d’Amivas-Artesunate approuvée par Santé Canada et accessible par l’intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.
Efficacité clinique
On a évalué l’efficacité clinique d’Amivas‑Artesunate au cours de deux études pivots de phase III multicentriques, randomisées, ouvertes et contrôlées par un comparateur actif : l’essai de l’artésunate et de la quinine contre le paludisme en Asie du Sud‑Est (essai SEAQUAMAT) et l’essai de l’artésunate et de la quinine contre le paludisme en Afrique (l’essai AQUAMAT). Les deux études ont évalué l’efficacité d’Amivas‑Artesunate par voie intraveineuse par rapport à la quinine par voie intraveineuse, qui était la norme de soins au moment où les études SEAQUAMAT et AQUAMAT ont été réalisées. Cependant, chaque étude était axée sur un groupe d’âge différent. L’étude SEAQUAMAT a principalement recruté des adultes, ayant un âge moyen de 28 ans. En revanche, l’étude AQUAMAT était axée sur des enfants âgés de moins de 15 ans, dont l’âge moyen était de 3 ans.
Dans l’étude SEAQUAMAT, on a réparti aléatoirement un total de 1 461 patients, y compris 1 259 patients adultes et 202 patients pédiatriques âgés de moins de 15 ans. Dans l’étude AQUAMAT, on a réparti aléatoirement 5 425 patients pédiatriques âgés de moins de 15 ans. Les critères d’inclusion pour les deux études exigeaient un test antigénique sanguin positif avec écouvillon pour la protéine riche en histidine 2 de Plasmodium falciparum et un diagnostic clinique de paludisme sévère établi par le médecin traitant. On a également prélevé et entreposé un frottis de sang périphérique pour un dénombrement quantitatif ultérieur des parasites.
Dans les deux études pivots, les conceptions des études cliniques étaient similaires. Les patients ont été répartis aléatoirement selon un ratio de 1:1 pour recevoir soit Amivas‑Artesunate, soit de la quinine. Amivas‑Artesunate a été administré par voie intraveineuse à une dose de 2,4 mg/kg au moment de l’admission à l’hôpital (0 heure), suivi de doses supplémentaires après 12 heures, après 24 heures, puis une fois par jour jusqu’à ce que le patient puisse prendre des médicaments par voie orale de manière fiable. La quinine a été administrée par voie intraveineuse à une dose initiale de 20 mg/kg sur une période de quatre heures, suivie d’une dose de 10 mg/kg trois fois par jour sur une période de deux à huit heures.
Le paramètre principal dans les deux études était la mortalité à l’hôpital toutes causes confondues dans la population en intention de traiter jusqu’au moment de l’obtention du congé pour une durée maximale d’une semaine.
Dans l’étude SEAQUAMAT, parmi les 1 461 patients inscrits, 730 patients ont été répartis aléatoirement dans le groupe traité au moyen d’Amivas‑‑Artesunate et 731 l’ont été dans le groupe traité à l’aide de la quinine. Parmi les participants, 202 étaient des enfants âgés de moins de 15 ans, y compris 89 enfants âgés de moins de six ans. Le diagnostic définitif de paludisme sévère a été établi rétrospectivement, sur la base des données cliniques recueillies au moment de l’admission. Ce ne sont pas tous les patients qui ont reçu une confirmation rétrospective de maladie grave. Dans le groupe traité au moyen d’Amivas‑Artesunate, 509 patients (70 %) avaient une maladie grave par rapport à 541 patients (74 %) dans le groupe traité à l’aide de la quinine.
Dans l’étude SEAQUAMAT, le traitement au moyen d’Amivas‑Artesunate par voie intraveineuse a réduit la mortalité chez les patients atteints de paludisme sévère de plus d’un tiers par rapport au traitement à l’aide de la quinine par voie intraveineuse. Le taux de mortalité chez les adultes du groupe traité au moyen d’Amivas‑Artesunate était de 14,7 % (107 patients sur 730), par rapport à 22,4 % (164 patients sur 731) dans le groupe traité à l’aide de la quinine, dans l’analyse de la population en intention de traité. Cela correspond à un rapport de cotes pour la mortalité avec l’artésunate par rapport à la quinine de 0,60 (intervalle de confiance [IC] à 95 % : de 0,45 à 0,78; p = 0,0002). Dans la sous‑population atteinte de paludisme sévère, le taux de mortalité était de 19,8 % dans le groupe traité au moyen d’Amivas‑Artesunate par rapport à 28,1 % dans le groupe traité à l’aide de la quinine. L’estimation du rapport de cotes correspondant était de 0,64 (IC à 95 % : de 0,48 à 0,87; p = 0,003), soutenant davantage l’avantage quant à la survie d’Amivas‑Artesunate dans ce groupe à haut risque.
Dans l’étude AQUAMAT, le taux de mortalité des patients dans le groupe traité au moyen d’Amivas‑Artesunate était de 8,5 % (230 patients sur 2 712), par rapport à 10,9 % (297 patients sur 2 713) dans le groupe traité à l’aide de la quinine. Cela correspond à une réduction de la mortalité avec un rapport de cotes pour la mortalité de 0,75 (IC à 95 % : de 0,63 à 0,90; p = 0,0022). Dans la sous‑population atteinte de paludisme sévère, le taux de mortalité était de 9,9 % (226 patients sur 2 280) dans le groupe de traitement au moyen d’Amivas‑Artesunate par rapport à 12,4 % (291 patients sur 2 338) dans le groupe traité à l’aide de la quinine. Cela correspond à une réduction de la mortalité avec un rapport de cotes pour la mortalité de 0,77 (IC à 95 % : de 0,64 à 0,93; p = 0,0055).
Dans l’ensemble, le paramètre principal de réduction de la mortalité a été atteint à la fois dans la population en intention de traiter et chez les patients atteints de paludisme sévère confirmé dans les études SEAQUAMAT et AQUAMAT. La réduction démontrée de la mortalité était à la fois statistiquement significative et cliniquement pertinente. En fonction des renseignements examinés, Amivas‑Artesunate présente un profil d’efficacité acceptable en tenant compte de la population visée.
Indication
La Présentation de drogue nouvelle pour Amivas-Artesunate a été déposée par le promoteur pour l’indication proposée suivante :
L’artésunate est indiqué chez les adultes et les enfants pour le traitement initial du paludisme sévère.
Santé Canada a approuvé l’indication suivante :
Amivas‑Artesunate est indiqué pour le traitement initial du paludisme sévère chez les patients adultes et pédiatriques.
Pour de plus amples renseignements, consulter la monographie de produit d’Amivas-Artesunate approuvée par Santé Canada et accessible par l’intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.
Innocuité clinique
On a principalement évalué l’innocuité clinique d’Amivas‑Artesunate pour le traitement initial du paludisme sévère chez les patients adultes et pédiatriques au cours de deux études pivots de phase III multicentriques, randomisées, ouvertes et contrôlées par un comparateur actif : l’essai de l’artésunate et de la quinine contre le paludisme en Asie du Sud‑Est (l’essai SEAQUAMAT) et l’essai de l’artésunate et de la quinine contre le paludisme en Afrique (l’essai AQUAMAT). On a également présenté des données supplémentaires sur l’innocuité provenant d’une étude rétrospective, l’étude R‑CDC‑060, réalisée aux États‑Unis chez des patients traités au moyen d’Amivas‑Artesunate en raison d’un paludisme sévère à la suite d’un voyage à l’international. L’étude SEAQUAMAT a recruté un total de 1 461 patients, l’étude AQUAMAT a recruté 5 435 patients et l’étude R‑CDC‑060 a évalué rétrospectivement 102 patients.
Dans l’étude SEAQUAMAT, les événements indésirables apparus en cours de traitements (EIT) les plus fréquemment signalés dans le groupe traité au moyen d’Amivas‑Artesunate, par rapport au groupe traité à l’aide de la quinine, étaient la dialyse (8,2 % par rapport à 6,6 %) et la fièvre bilieuse hémoglobinurique (6,7 % par rapport à 4,5 %). Dans l’étude AQUAMAT, les EIT les plus couramment signalés étaient l’anémie aiguë (5,7 % par rapport à 4,6 %), le coma (5,1 % par rapport à 3,5 %), les convulsions (10,1 % par rapport à 8,3 %) et l’hypoglycémie (2,8 % par rapport à 1,8 %).
Dans l’étude SEAQUAMAT, à la sortie de l’étude, l’incidence globale de toute séquelle neurologique persistante à l’obtention du congé de l’hôpital était de 1 % (24 patients sur 706) dans le groupe traité au moyen d’Amivas‑Artesunate et de 0,3 % (23 patients sur 737) dans le groupe traité à l’aide de la quinine. Au 28e jour de l’étude AQUAMAT, l’incidence globale de toute séquelle neurologique persistante chez les survivants du paludisme cérébral évalués était de 2,4 % dans le groupe traité au moyen d’Amivas‑Artesunate et de 2,3 % dans le groupe traité à l’aide de la quinine.
Dans l’étude R‑CDC‑060, les EIT les plus fréquemment signalés étaient l’anémie (65 %), l’élévation des taux de transaminases (27 %), l’élévation des taux d’aspartate aminotransférase (22 %) et l’hyperbilirubinémie (14 %). Les événements indésirables hématologiques indiqués dans la monographie de produit d’Amivas‑Artesunate comprenaient une diminution de la numération des réticulocytes, une hémolyse retardée post‑artésunate, une thrombocytopénie, une anémie, une neutropénie, une lymphopénie et une leucocytose. Les réactions indésirables suivant la mise sur le marché comprenaient l’hémolyse retardée post‑artésunate (PADH), ainsi que la pancréatite et l’anémie hémolytique auto-immune. L’hémolyse retardée post‑artésunate a été définie comme étant une diminution de 10 % de l’hémoglobine survenant dans le mois suivant l’administration par voie intraveineuse d’Amivas‑Artesunate. Dans certains cas, l’anémie hémolytique après le traitement a été suffisamment grave pour nécessiter une transfusion sanguine. La section Mises en garde et précautions de la monographie de produit d’Amivas‑Artesunate contient une recommandation pour la surveillance hebdomadaire de la formule sanguine complète. Si les niveaux d’hémoglobine diminuent, des analyses hématologiques supplémentaires sont conseillées pour évaluer la PADH et déterminer le besoin potentiel d’une transfusion sanguine.
Pour de plus amples renseignements, consulter la monographie de produit d’Amivas-Artesunate approuvée par Santé Canada et accessible par l’intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.
7.2 Motifs non cliniques de la décision
On a réalisé des études pharmacocinétiques non cliniques pour Amivas‑Artesunate chez des rats, des chiens et des singes, à la suite d’une administration par voie intraveineuse unique ou répétée.
Dans les espèces non cliniques testées, l’artésunate, l’ingrédient médicinal dans Amivas‑Artesunate, a été rapidement converti en dihydroartésunate (DHA) après l’administration par voie intraveineuse. Dans une étude de bilan de masse effectuée chez le rat avec de l’artésunate radiomarqué, la radioactivité dans le plasma et le sang a atteint son maximum cinq minutes après l’administration par voie intraveineuse. Un deuxième pic, plus petit, s’est produit trois à quatre heures après l’administration, suggérant une circulation entéro‑hépatique. L’artésunate inchangé et le DHA ont été rapidement éliminés du sang et du plasma. Cependant, les métabolites demeuraient détectables. Les tissus ayant la plus forte exposition à l’artésunate et à ses métabolites chez les rats comprenaient l’intestin grêle (exposition la plus élevée d’environ 68 %), la rate, le gros intestin, les reins, les glandes surrénales, le foie, la bile, la moelle osseuse et la vessie. Une exposition a également été détectée dans le cerveau (environ 1 %), indiquant que la barrière hématoencéphalique a été franchie. L’exposition a diminué dans tous les tissus au cours d’une période de 192 heures, tandis que les concentrations dans la rate demeuraient similaires à celles observées une heure après l’administration de la dose.
Le dihydroartésunate est principalement métabolisé par les enzymes uridine 5’‑diphospho‑glucuronosyltransférase (UGT) 1A9 et 2B7 par le biais du métabolisme de phase II pour former le DHA‑glucuronide. La monographie de produit d’Amivas‑Artesunate comprend une mention concernant les réactions potentielles médicamenteuses avec les inducteurs et inhibiteurs de l’UGT.
Des études d’interaction in vitro du cytochrome P450 (CYP) ont démontré une inhibition modérée de CYP1A2 et 2C19. In vitro, la dihydroartémisinine n’a pas inhibé de manière substantielle le CYP2C9, le CYP2D6 ou le CYP3A4 et n’a pas induit le CYP1A, le CYP2B6 ou le CYP3A. Dans une étude d’interaction médicamenteuse effectuée chez des singes rhésus, on a observé de petits changements significatifs dans les marqueurs du CYP3A4 (légère inhibition), du CYP2D6 (induction) et du CYP2C9 (légère inhibition) à la suite de l’administration par voie intraveineuse de l’artésunate. Une étude publiée dans laquelle des adultes en bonne santé ont reçu de l’artésunate et du DHA par voie orale a révélé que le DHA inhibait le CYP1A2 et le CYP2D6, et induisait le CYP3A, tandis que l’artésunate induisait le CYP3A à l’un des points de temps testés. Bien que les données probantes soient mitigées et que la pertinence clinique fondée sur l’exposition soit incertaine, la monographie de produit d’Amivas‑Artesunate tient compte de l’incertitude concernant les interactions avec le CYP, ce qui est considéré comme étant acceptable en ce moment.
L’artésunate et le DHA ont démontré une inhibition faible à modérée des peptides transporteurs d’anions organiques 1B1 (OATP1B1), du transporteur d’anions organiques 3 (OAT3) et du transporteur de cations organiques 1 (OCT1) et n’ont pas inhibé de manière substantielle l’OATP1B3, l’OAT1, l’OCT2 et les protéines d’extrusion de multiples médicaments et toxines (MATE) MATE1 et MATE2K. L’artésunate et le DHA n’avaient aucune interaction ou des interactions modérées avec la protéine 1 de multirésistance médicamenteuse (glycoprotéine P) et la protéine de résistance au cancer du sein, en plus d’inhiber la pompe d’exportation des sels biliaires de manière non spécifique. La pertinence physiologique est considérée comme étant faible en raison de la liaison aux protéines.
Des études de toxicité à dose unique et à doses répétées de l’artésunate, administré par voie intraveineuse, ont été réalisées chez des rats, des chiens et des singes. Les résultats prédominants chez les espèces non cliniques étaient des toxicités hématologiques, y compris l’anémie, la réticulocytopénie, la leucopénie et la neutropénie. On a observé des toxicités hématologiques similaires dans des études cliniques et elles sont documentées dans la monographie de produit d’Amivas‑Artesunate.
Des études de reproduction animale effectuées sur plusieurs espèces ont démontré un préjudice fœtal résultant de l’administration par voie orale et intraveineuse de l’artésunate. L’administration orale de l’artésunate à des rates, des lapines et des guenons gestantes à 0,4 à 1,6 fois la dose clinique fondée sur la surface du corps a entraîné une embryotoxicité, y compris la perte embryofoetale et post‑implantation, une augmentation des résorptions, une diminution du poids fœtal, une augmentation de l’incidence des malformations squelettiques (os courbés, racourcis, mal formées et non complètement ossifiées), des malformations cardiovasculaires (y compris les anomalies septales ventriculaires, les artères sous‑clavières droites rétro‑œsophagiennes) et les variations de la forme du foie. On a également observé des malformations cérébrales, y compris des ventricules cérébraux gravement dilatés et des zones manquantes (protubérance) chez les lapins. Les toxicités embryofœtales non cliniques ont été indiquées dans la monographie de produit d’Amivas‑Artesunate et les avertissements proposés pour l’usage pendant la grossesse sont fondés sur les données animales.
On n’a effectué aucune étude de toxicité juvénile au moyen de l’artésunate seulement. Il s’agit d’une lacune dans la trousse non clinique compte tenu de l’indication pédiatrique et le manque de données a été indiqué dans la monographie de produit d’Amivas‑Artesunate. Cependant, il existe des données cliniques dans la population pédiatrique. De plus, une étude de toxicité effectuée chez le rat juvénile d’un produit combiné de chloroproguanil, de dapsone et d’artésunate (0,235 mg/kg/jour d’artésunate) n’a été associée à aucun événement indésirable lorsqu’il a été administré du quatrième jour postnatal au 31e jour (par voie orale).
Pour de plus amples renseignements, consulter la monographie de produit d’Amivas-Artesunate approuvée par Santé Canada et accessible par l’intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.
7.3 Motifs d’ordre qualitatif
L’information soumise sur la qualité (les caractéristiques chimiques et la fabrication) d’Amivas-Artesunate montre que la substance médicamenteuse et le produit médicamenteux peuvent être fabriqués de façon à répondre systématiquement aux spécifications approuvées. Des études de développement pharmaceutique et d’appui appropriées ont été menées et une stratégie de contrôle adéquate est en place pour les procédés commerciaux. Les modifications apportées au procédé de fabrication et à la formulation (le cas échéant) effectuées tout au long du développement du produit médicamenteux ont été examinées et jugées acceptables. D’après les données sur la stabilité présentées, la durée de conservation proposée de 24 mois est jugée acceptable lorsque le produit est entreposé à la température ambiante (température allant de 15 ºC à 30 ºC) et protégé de la lumière. La solution reconstituée doit être utilisée dans l’heure et demie suivant la préparation.
Les limites d’impuretés proposées liées aux médicaments ont été suffisamment qualifiées (p. ex., elles se situent dans les limites établies par l’International Council for Harmonisation of Technical Requirements for Pharmaceuticals for Human Use et/ou qu’elles sont qualifiées à partir d’études toxicologiques, selon le cas).
Une évaluation des risques liés à la présence potentielle d’impuretés nitrosamines a été effectuée conformément aux exigences énoncées dans la Ligne directrice sur les impuretés de nitrosamine dans les médicaments de Santé Canada. Les risques liés à la présence potentielle d’impuretés de nitrosamine dans la substance médicamenteuse ou le produit médicamenteux sont considérés comme négligeables ou ont été traités adéquatement (p. ex., avec des limites admissibles et une stratégie de contrôle appropriée).
Toutes les installations participant à la production sont conformes aux bonnes pratiques de fabrication.
Aucun des ingrédients non médicinaux (excipients) dans le produit médicamenteux n’est interdit d’utilisation dans les produits médicamenteux par le Règlement sur les aliments et drogues.
Les excipients utilisés dans la formulation du produit médicamenteux ne sont pas d’origine animale ni humaine.
Produits pharmaceutiques connexes
| Nom du produit | DIN | Entreprise | Ingrédient(s) actif(s) & concentration |
|---|---|---|---|
| AMIVAS-ARTESUNATE | 02559056 | AMIVAS IRELAND LTD. | Artésunate 110 MG / Fiole |