Sommaire des motifs de décision portant sur Loqtorzi

Décisions d'examen

Le sommaire des motifs de décision explique les raisons pour lesquelles un produit a reçu une autorisation de vente au Canada. Le document comprend les considérations portant sur la réglementation, l’innocuité, l’efficacité et la qualité (sur le plan de la chimie et de la fabrication).


Type de produit:

Médicament
  • Ce document est une traduction française du document anglais approuvé.
Sommaire des motifs de décision (SMD)

Les sommaires des motifs de décision (SMD) présentent des renseignements sur l’autorisation initiale d’un produit. Le SMD portant sur Loqtorzi est accessible ci-dessous.

Activité récente relative à Loqtorzi

Les SMD relatifs aux médicaments éligibles (tels que décrits dans la Foire aux questions : Phase II du projet de sommaires des motifs de décision [SMD]) autorisés après le 1er septembre 2012 seront mis à jour afin d’inclure des renseignements sous forme de tableau des activités postautorisation (TAPA). Le TAPA comprendra de brefs résumés d’activités telles que les présentations de demandes de nouvelles utilisations, ainsi que les décisions de Santé Canada (positives ou négatives). Les TAPA seront mis à jour régulièrement en ce qui a trait aux activités postautorisation tout au long du cycle de vie du produit. À l’heure actuelle, aucun TAPA n’est disponible pour Loqtorzi. Lorsqu’un TAPA sera disponible pour Loqtorzi, il sera incorporé dans ce SMD.

Sommaire des motifs de décision (SMD) portant sur Loqtorzi

SMD émis le : 2025-12-08

L’information suivante concerne la Présentation de drogue nouvelle pour Loqtorzi.

Toripalimab

Identification numérique de drogue (DIN) : 02562219 - 40 mg/ml, solution, voie d’administration intraveineuse

Apotex Inc.

Présentation de drogue nouvelle, numéro de contrôle : 290985

Type de présentation : Présentation de drogue nouvelle (Nouvelle substance active)

Domaine thérapeutique (Classification anatomique, thérapeutique, chimique [Anatomical Therapeutic Chemical], deuxième niveau) : L01 Agents antinéoplasiques

Date de présentation : 2024-11-01

Date d’autorisation : 2025-10-17

Le 17 octobre 2025, Santé Canada a émis à l’intention d’Apotex Inc. un Avis de conformité pour le produit médicamenteux Loqtorzi.

L’autorisation de mise en marché de Loqtorzi s’appuie sur l’information portant sur la qualité (chimie et fabrication), ainsi que les études non cliniques (pharmacologie et toxicologie) et cliniques (pharmacologie, innocuité et efficacité) présentées. D’après l’évaluation des données reçues effectuée par Santé Canada, le profil avantages‑risques de Loqtorzi est considéré comme étant favorable pour les indications suivantes :

  • en association avec le cisplatine et la gemcitabine, pour le traitement de première intention des adultes atteints d’un carcinome du nasopharynx métastatique ou récidivant, localement avancé;

  • en monothérapie, pour le traitement des adultes atteints d’un carcinome du nasopharynx récurrent non résécable ou métastatique avec progression de la maladie pendant ou après une chimiothérapie à base de platine.

1 Sur quoi l’autorisation porte-t-elle?

Loqtorzi est un agent antinéoplasique. Il a été autorisé pour les indications suivantes :

  • en association avec le cisplatine et la gemcitabine, pour le traitement de première intention des adultes atteints d’un carcinome du nasopharynx métastatique ou récidivant, localement avancé;

  • en monothérapie, pour le traitement des adultes atteints d’un carcinome du nasopharynx récurrent non résécable ou métastatique avec progression de la maladie pendant ou après une chimiothérapie à base de platine.

Loqtorzi n’est pas autorisé à être utilisé chez les patients pédiatriques (âgés de moins de 18 ans), car Santé Canada ne dispose d’aucune donnée pour cette population.

Les études cliniques sur Loqtorzi n’incluaient pas des nombres suffisants de patients âgés (65 ans et plus) atteints d’un carcinome du nasopharynx pour déterminer s’ils répondent différemment des patients plus jeunes (ceux âgés de moins de 65 ans). On n’a observé aucune différence globale en matière d’innocuité entre les patients âgés et les patients plus jeunes, et aucun ajustement de dose n’est nécessaire dans la population de patients âgés.

Loqtorzi (toripalimab 40 mg/ml) est présenté sous forme de solution. En plus de l’ingrédient médicinal, la solution contient de l’acide citrique monohydraté, du mannitol, du polysorbate 80, du chlorure de sodium, du citrate de sodium et de l’eau pour perfusion.

L’utilisation de Loqtorzi est contre-indiquée chez les patients hypersensibles à ce médicament ou à tout ingrédient de la formulation, notamment tout ingrédient non médicinal ou composant du contenant.

Le produit médicamenteux a été autorisé selon les conditions d’utilisation décrites dans sa monographie de produit, en tenant compte des risques associés à son administration. La monographie de produit de Loqtorzi est accessible par l’intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.

Pour de plus amples renseignements sur la justification de la décision de Santé Canada, veuillez consulter les sections Motifs d’ordre clinique, non clinique et qualitatif (caractéristiques chimiques et de fabrication).

2 Pourquoi Loqtorzi a-t-il été autorisé?

Santé Canada estime que Loqtorzi a un profil avantages‑risques favorable pour les indications suivantes :

  • en association avec le cisplatine et la gemcitabine, pour le traitement de première intention des adultes atteints d’un carcinome du nasopharynx métastatique ou récidivant, localement avancé;

  • en monothérapie, pour le traitement des adultes atteints d’un carcinome du nasopharynx récurrent non résécable ou métastatique avec progression de la maladie pendant ou après une chimiothérapie à base de platine.

Le carcinome du nasopharynx est une tumeur maligne provenant de l’épithélium du nasopharynx. On pense que le développement du carcinome du nasopharynx est dû à l’infection par le virus d’Epstein‑Barr, à la susceptibilité génétique et à des facteurs environnementaux. Son incidence varie considérablement selon la région géographique. La majorité des cas se produisent dans le sud de la Chine, en Asie du Sud‑Est et en Afrique du Nord. Bien que la maladie soit rare en Amérique du Nord, on constate sa présence à des taux plus élevés parmi les personnes d’ascendance sud est‑asiatique et chez les populations inuites.

Le carcinome du nasopharynx est habituellement traité par radiothérapie et chimiothérapie. Les patients atteints d’une maladie précoce ou localisée ont habituellement un résultat positif (taux de survie sur cinq ans atteignant jusqu’à 90 %). Cependant, la plupart des patients sont diagnostiqués avec une maladie avancée et leur taux de survie sur cinq ans est d’environ 50 %. Pour les patients atteints d’un carcinome du nasopharynx récurrent ou métastatique, les doublets à base de platine (le plus souvent le cisplatine et la gemcitabine) constituent la norme de soins de première ligne. Les patients dont la maladie progresse pendant ou après des régimes à base de platine ont des options de traitement limitées et représentent une population de patients ayant des besoins médicaux non satisfaits.

Le toripalimab, l’ingrédient médicinal dans Loqtorzi, est un anticorps monoclonal humanisé de l’immunoglobuline G4 (IgG4) kappa qui se lie au récepteur de la mort programmée 1 (PD‑1) et bloque son interaction avec le ligand de la mort programmée 1 (PD‑L1) et le PD‑L2, libérant ainsi l’inhibition médiée par la voie PD‑1 de la réponse immunitaire, y compris la réponse immunitaire antitumorale.

Les études cliniques JUPITER‑02 et POLARIS‑02 (cohorte 3) ont fourni les données probantes qui ont soutenu l’autorisation de commercialisation de Loqtorzi.

L’étude JUPITER‑02 était une étude de phase III multicentrique, randomisée, à double insu et contrôlée par placebo qui a inclus 289 patients atteints d’un carcinome du nasopharynx métastatique ou récurrent, localement avancé, qui n’avaient pas reçu de traitement systémique pour une maladie métastatique ou récurrente. Les patients ont été répartis aléatoirement (rapport de 1:1) pour recevoir l'un des deux schémas thérapeutiques suivants : 1) 240 mg de Loqtorzi par voie intraveineuse toutes les trois semaines en combinaison avec 80 mg/m2 de cisplatine le premier jour et 1 000 mg/m2 de gemcitabine les premier et huitième jours de chaque cycle de 21 jours pendant une période pouvant atteindre jusqu’à six cycles, suivis de 240 mg de Loqtorzi toutes les trois semaines (146 patients), ou 2) un placebo en combinaison avec le cisplatine et la gemcitabine pendant une période pouvant atteindre jusqu’à six cycles, suivis d’un placebo une fois toutes les trois semaines (143 patients). Le traitement s’est poursuivi jusqu’à la progression de la maladie, l’apparition d’une toxicité inacceptable ou pendant une durée maximale de 24 mois. Le paramètre principal d’efficacité de l’étude était la survie sans progression, évaluée par un comité d’examen indépendant à l’insu (CEII) conformément aux Critères d’évaluation de la réponse dans les tumeurs solides (RECIST; version 1.1). Le traitement au moyen de Loqtorzi en combinaison avec le cisplatine et la gemcitabine a entraîné une amélioration cliniquement importante et statistiquement significative de la survie sans progression évaluée par le CEII par rapport au placebo en combinaison avec le cisplatine et la gemcitabine (rapport des risques [RR] = 0,52; intervalle de confiance [IC] à 95 % : de 0,359 à 0,740; p = 0,003). La survie médiane sans progression était de 11,7 mois (IC à 95 % : de 11,04 à non estimable) dans le groupe traité au moyen de Loqtorzi et de 8,0 mois (IC à 95 % : de 6,97 à 9,53) dans le groupe traité à l’aide d’un placebo.

La cohorte 3 de l’étude POLARIS‑02, une étude de phase II à un seul groupe, ouverte et à cohortes multiples, a évalué la monothérapie au moyen de Loqtorzi chez des patients atteints d’un carcinome du nasopharynx récurrent ou métastatique ayant progressé après une chimiothérapie à base de platine. La cohorte 3 comportait 190 patients ayant reçu un traitement systémique préalable, avec une moyenne de deux régimes antérieurs (intervalle : d’un à 13). Parmi ceux‑ci, 172 patients avaient reçu préalablement au moins un régime de chimiothérapie à base de platine et constituaient l’ensemble d’analyse de l’efficacité. Les patients ont été traités au moyen de 3 mg/kg de Loqtorzi par voie intraveineuse toutes les deux semaines jusqu’à la progression de la maladie ou l’apparition d’une toxicité inacceptable. Les principales mesures des résultats d’efficacité étaient le taux de réponse objective et la durée de la réponse confirmés, évalués par un CEII au moyen des critères RECIST, version 1.1. Le traitement au moyen de Loqtorzi a entraîné un taux de réponse objective de 20,9 % (IC à 95 % : de 15,1 % à 27,8 %) comme évalué par le CEII. Il y a 2,3 % des patients qui ont obtenu des réponses complètes, tandis que 18,6 % des patients ont obtenu des réponses partielles. La durée médiane de la réponse était de 14,9 mois, indiquant une activité antitumorale durable dans cette population fortement prétraitée. Bien que la conception à un seul groupe limite toute interprétation comparative, l’ampleur et la durabilité de la réponse observées sont considérées comme étant cliniquement significatives compte tenu du manque de traitements efficaces dans les cas de carcinome du nasopharynx qui a progressé après une chimiothérapie à base de platine.

Le profil d’innocuité de Loqtorzi en combinaison avec le cisplatine et la gemcitabine était conforme au profil d’innocuité connu et prévu pour un anticorps monoclonal anti‑PD‑1 ainsi qu’aux profils d’innocuité du cisplatine et de la gemcitabine. Parmi les 146 patients ayant reçu Loqtorzi en combinaison avec le cisplatine et la gemcitabine au cours de l’étude JUPITER‑02, les réactions indésirables les plus fréquemment signalées (celles survenant chez au moins 20 % des patients) étaient les nausées, les vomissements, la diminution de l’appétit, la constipation, l’hypothyroïdie, les éruptions cutanées, la pyrexie, la diarrhée, une neuropathie périphérique, la toux, les douleurs musculo‑squelettiques, l’infection des voies respiratoires supérieures, l’insomnie, les étourdissements et le malaise. On a signalé des réactions indésirables graves chez 43,2 % des patients du groupe traité au moyen de Loqtorzi et chez 43,4 % des patients du groupe traité à l’aide d’un placebo. Dans le groupe traité au moyen de Loqtorzi, on a signalé trois réactions indésirables mortelles (2,1 %) : une causée par une épistaxis, une causée par une hémorragie intracrânienne associée à une thrombocytopénie et à une coagulopathie immunitaires, et une causée par une pneumonie.

Les données d’innocuité provenant de 190 patients de la cohorte 3 de l’étude POLARIS‑02 et d’une population groupée de 851 patients dans l’ensemble des 12 études cliniques ont démontré que le profil d’innocuité de Loqtorzi utilisé en tant que monothérapie était cohérent avec celui observé au cours de l’étude JUPITER‑02 et avec le profil d’innocuité établi de la classe des inhibiteurs de PD‑1. On n’a soulevé aucune nouvelle préoccupation ou préoccupation inattendue au sujet de l’innocuité.

Les réactions indésirables liées au système immunitaire et les réactions liées à la perfusion sont les principales préoccupations en matière d’innocuité associées à l’utilisation de Loqtorzi, comme observé avec d’autres anticorps bloquant le PD‑1. Par conséquent, un encadré « Mises en garde et précautions importantes » dans la monographie de produit de Loqtorzi souligne que ce médicament peut provoquer des réactions indésirables immunitaires graves et mortelles, qui peuvent survenir dans n’importe quel système ou tissu organique, y compris celles qui suivent : la pneumonite, la colite, l’hépatite, la myocardite, la pancréatite, la myosite, les endocrinopathies, la néphrite avec dysfonction rénale, les réactions indésirables dermatologiques et le rejet de greffe d’organe solide. D’autres mises en garde indiquent que Loqtorzi peut provoquer des réactions graves ou potentiellement mortelles liées à la perfusion, y compris une hypersensibilité et une anaphylaxie, et que des complications mortelles et d’autres complications graves peuvent survenir chez les patients qui subissent une transplantation de cellules souches hématopoïétiques allogéniques avant ou après avoir été traités au moyen d’un anticorps bloquant le PD‑1 et le PD‑L1. Les modifications de traitement recommandées pour gérer les réactions indésirables à médiation immunitaire et les réactions liées à la perfusion sont énumérées dans la monographie de produit de Loqtorzi.

Apotex Inc. a présenté à Santé Canada un plan de gestion des risques (PGR) relativement à Loqtorzi. Le PGR est conçu de manière à décrire les problèmes d’innocuité connus et potentiels, à présenter le plan de surveillance prévu et, au besoin, à décrire les mesures qui seront mises en place pour réduire les risques associés au produit. Après examen, le PGR a été jugé acceptable.

Les étiquettes interne et externe, la notice d’accompagnement et la section des renseignements pour les patients sur les médicaments de la monographie de produit de Loqtorzi qui ont été présentées ont répondu aux exigences réglementaires relatives à l’étiquetage, à l’utilisation d’un langage clair et aux éléments de conception.

Le promoteur a soumis une évaluation de la marque nominative qui comprenait des évaluations des attributs nominatifs à présentation et à consonance semblables. Après examen, le nom proposé de Loqtorzi a été accepté.

Dans l’ensemble, les données non cliniques et cliniques examinées soutiennent l’utilisation de Loqtorzi en combinaison avec le cisplatine et la gemcitabine comme traitement de première ligne pour les adultes atteints d’un carcinome du nasopharynx métastatique ou récurrent et localement avancé, et l’utilisation de Loqtorzi en tant que monothérapie pour le traitement des adultes atteints d’un carcinome du nasopharynx récurrent non résécable ou métastatique avec progression de la maladie pendant ou après une chimiothérapie à base de platine. Le profil d’innocuité de Loqtorzi (en combinaison avec le cisplatine et la gemcitabine ou en tant que monothérapie) est jugé acceptable pour les populations de patients visées. Les problèmes d’innocuité relevés peuvent être gérés à l’aide de l’étiquetage et de la surveillance. La monographie de produit de Loqtorzi comporte des mises en garde et des précautions appropriées pour répondre aux préoccupations d’innocuité identifiées.

Cette Présentation de drogue nouvelle répond aux exigences des articles C.08.002 et C.08.005.1; par conséquent, Santé Canada a émis l’Avis de conformité prévu à l’article C.08.004 du Règlement sur les aliments et drogues. Pour de plus amples renseignements, veuillez consulter les sections Motifs de décision d’ordre clinique, non clinique et qualitatif (caractéristiques chimiques et fabrication).

3 Quelles sont les étapes qui ont mené à l’autorisation de Loqtorzi?

L’examen des éléments non cliniques et cliniques de la Présentation de drogue nouvelle (PDN) pour Loqtorzi était fondé sur une évaluation critique du dossier de données présentée à Santé Canada. En outre, l’examen effectué par la Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis a été utilisé comme référence supplémentaire, conformément à la méthode 3 décrite dans l’ébauche de la ligne directrice : L’utilisation d’examens étrangers par Santé Canada. En ce qui a trait à la composante de la qualité du dossier de données présenté, Santé Canada a effectué une évaluation critique de l’examen effectué à l’étranger réalisé par la FDA conformément à la méthode 1 du document d’orientation susmentionné.

La décision réglementaire canadienne sur la PDN de Loqtorzi a été prise de manière indépendante sur la base de l’examen canadien.

Pour de plus amples renseignements sur le processus de présentation de drogue, consulter la Ligne directrice : gestion des présentations et des demandes de drogues.

Étapes importantes de la présentation : Loqtorzi

Étape importante de la présentation

Date

Dépôt de la Présentation de drogue nouvelle

2024-11-01

Examen préliminaire

Lettre d’acceptation à l’issue de l’examen préliminaire émise

2024-12-23

Examen

Évaluation de la qualité terminée

2025-09-19

Évaluation du plan de gestion des risques terminée 

2025-09-24

Évaluation biostatistique terminée

2025-10-14

Évaluation non clinique terminée

2025-10-15

Évaluation clinique/médicale terminée

2025-10-15

Examen de l’étiquetage terminé

2025-10-16

Délivrance de l’Avis de conformité par la directrice générale, Direction des médicaments biologiques et radiopharmaceutiques

2025-10-17

4 Quelles mesures de suivi le promoteur prendra-t-il?

Les exigences en matière d’activités post-commercialisation sont décrites dans la Loi sur les aliments et drogues et le Règlement sur les aliments et drogues.

5 Quelles activités postautorisation ont été menées à l’égard de Loqtorzi?

Les Sommaires des motifs de décision (SMD) relatifs aux médicaments éligibles (tels que décrits dans la Foire aux questions : Phase II du projet de sommaires des motifs de décision [SMD]) autorisés après le 1er septembre 2012 incluront des renseignements sur les activités postautorisation sous forme de tableau. Le tableau des activités postautorisation (TAPA) comprendra de brefs résumés d’activités telles que les présentations de demandes de nouvelles utilisations, ainsi que les décisions de Santé Canada (positives ou négatives). Le TAPA continuera d’être actualisé durant tout le cycle de vie du produit.

À l’heure actuelle, aucun TAPA n’est disponible pour Loqtorzi. Lorsque le TAPA sera disponible, il sera incorporé dans ce SMD.

Pour consulter les derniers avis, mises en garde et retraits concernant des produits commercialisés, consultez MedEffet Canada.

6 Quels sont les autres renseignements disponibles à propos des médicaments?

Pour obtenir des renseignements à jour sur les produits médicamenteux, veuillez suivre les liens suivants :

7 Quelle est la justification scientifique sur laquelle s’est fondé Santé Canada?

Consultez la section Quelles sont les étapes qui ont mené à l’autorisation de Loqtorzi? pour plus de renseignements sur le processus d’examen de cette présentation.

7.1 Motifs cliniques de la décision

Pharmacologie clinique

Les données de pharmacologie clinique soutiennent l’utilisation de Loqtorzi (toripalimab) pour les indications spécifiées.

Des études pharmacocinétiques de la population ont démontré que la pharmacocinétique du toripalimab était bien décrite par un modèle à deux compartiments avec une perfusion intraveineuse d’ordre zéro et une clairance variable en fonction du temps.

La coadministration du toripalimab et de la chimiothérapie n’a pas affecté le profil pharmacocinétique du toripalimab. La posologie fondée sur le poids du toripalimab (3 mg/kg toutes les deux semaines) a entraîné une exposition au médicament similaire à celle du schéma posologique fixe (240 mg toutes les trois semaines).

Le poids corporel, la clairance de l’albumine, du lactate déshydrogénase et de la créatinine, le sexe et la présence des anticorps anti‑médicament (AAM) n’ont pas eu d’incidence cliniquement significative sur l’exposition au toripalimab. On a observé une exposition plus élevée au toripalimab chez les patients blancs et d’autres patients non asiatiques par rapport aux patients asiatiques. Cependant, ces différences raciales n’ont pas entraîné de différences en matière d’efficacité ou d’innocuité du toripalimab.

L’analyse pharmacocinétique populationnelle a indiqué que les patients qui ont développé des AAM ou des anticorps neutralisants contre le toripalimab avaient une exposition au toripalimab légèrement inférieure par rapport à ceux qui se sont révélés négatifs. L’incidence des AAM ou des anticorps neutralisants sur l’efficacité et l’innocuité de Loqtorzi est inconnue en raison de la faible incidence de ces anticorps. Dans l’étude JUPITER‑02, on a détecté des anticorps anti‑médicament (AAM) apparus en cours de traitements chez 3,4 % des 146 patients évaluables atteints d’un carcinome du nasopharynx ayant reçu 240 mg de Loqtorzi toutes les trois semaines, en combinaison avec la gemcitabine et le cisplatine, pendant une durée médiane de 15,1 mois. Parmi les 190 patients évaluables atteints d’un carcinome du nasopharynx de la cohorte 3 de l’étude POLARIS‑02 qui ont reçu 3 mg/kg de Loqtorzi toutes les deux semaines pendant une durée médiane de 3,3 mois, 3,7 % des patients ont développé des AAM apparus en cours de traitement et 1,6 % ont développé des anticorps neutralisants.

Une légère insuffisance rénale ou hépatique n’a pas eu d’incidence importante sur l’efficacité et l’innocuité de Loqtorzi. Seul un petit nombre de patients présentant une insuffisance rénale ou hépatique modérée à grave a été inclus dans les études. Par conséquent, on ne peut tirer aucune conclusion sur l’existence de différences dans la pharmacocinétique, l’innocuité et l’efficacité de Loqtorzi chez ces patients.

Pour obtenir des renseignements supplémentaires, consulter la monographie de produit de Loqtorzi approuvée par Santé Canada et accessible par l’intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.

Efficacité clinique

Les données probantes de l’efficacité de Loqtorzi en combinaison avec le cisplatine et la gemcitabine pour le traitement de première ligne des adultes atteints d’un carcinome du nasopharynx métastatique ou récurrent, localement avancé, proviennent de l’étude JUPITER‑02, une étude de phase III multicentrique, randomisée, à double insu et contrôlée par placebo.

De plus, les données probantes de l’efficacité de Loqtorzi en tant que monothérapie pour le traitement des adultes atteints d’un carcinome du nasopharynx récurrent, non résécable ou métastatique, avec progression de la maladie pendant ou après une chimiothérapie à base de platine, proviennent de la cohorte 3 de l’étude POLARIS‑02, une étude de phase II multicentrique, ouverte, à un seul groupe et à cohortes multiples.

Étude JUPITER‑02

L’étude JUPITER‑02 a inclus 289 patients atteints d’un carcinome du nasopharynx métastatique ou récurrent, localement avancé, qui n’avaient pas reçu de traitement systémique pour une maladie métastatique ou récurrente. L’âge médian des patients était de 48 ans (tranche d’âge : de 19 à 72 ans), 4,8 % des patients étaient âgés de 65 ans ou plus et 83 % des patients étaient des hommes. Tous les patients étaient asiatiques, car l’étude a recruté des patients provenant de régions où le carcinome du nasopharynx est endémique : la Chine, Taïwan et Singapour. Le promoteur a fourni une analyse acceptable soutenant l’applicabilité des résultats de l’étude JUPITER‑02 à une population de patients nord‑américaine. De plus, les résultats d’une analyse pharmacocinétique de population (voir la section Pharmacologie clinique) ont indiqué que la race ne devrait pas avoir d’incidence sur l’efficacité ou l’innocuité de Loqtorzi.

Les patients avaient un indice de performance ECOG (Eastern Cooperative Oncology Group) de 0 (57 %) ou de 1 (43 %). Au moment de leur entrée dans l’étude, quatre‑vingt‑six pour cent des patients présentaient une maladie métastatique. La majorité des patients (98 %) présentaient le sous‑type non kératinisant du carcinome du nasopharynx, 1 % des patients présentaient un carcinome épidermoïde kératinisant et 1 % des patients ne présentaient pas de sous‑type identifié.

Les patients ont été répartis aléatoirement (rapport de 1:1) pour recevoir l'un des deux schémas thérapeutiques suivants : 1) 240 mg de Loqtorzi par voie intraveineuse toutes les trois semaines en combinaison avec 80 mg/m2 de cisplatine le premier jour et 1 000 mg/m2 de gemcitabine les premier et huitième jours de chaque cycle de 21 jours pendant une période pouvant atteindre jusqu’à six cycles, suivis de 240 mg de Loqtorzi toutes les trois semaines (146 patients), ou 2) un placebo en combinaison avec le cisplatine et la gemcitabine pendant une période pouvant atteindre jusqu’à six cycles, suivis d’un placebo une fois toutes les trois semaines (143 patients). Le traitement s’est poursuivi jusqu’à la progression de la maladie, l’apparition d’une toxicité inacceptable ou pendant une durée maximale de 24 mois. Le paramètre principal d’efficacité était la survie sans progression, évaluée par un comité d’examen indépendant à l’insu (CEII) conformément aux Critères d’évaluation de la réponse dans les tumeurs solides (RECIST; version 1.1). Les résultats supplémentaires d’efficacité comprenaient le taux de réponse objective et la survie globale évalués par le CEII.

L’analyse provisoire préspécifiée a démontré que le traitement au moyen de Loqtorzi en combinaison avec le cisplatine et la gemcitabine a entraîné une amélioration cliniquement importante et statistiquement significative de la survie sans progression évaluée par le CEII par rapport au placebo en combinaison avec le cisplatine et la gemcitabine (rapport des risques [RR] = 0,52; intervalle de confiance [IC] à 95 % : de 0,359 à 0,740; p = 0,003). La survie médiane sans progression était de 11,7 mois (IC à 95 % : de 11,04 à non estimable) dans le groupe traité au moyen de Loqtorzi et de 8,0 mois (IC à 95 % : de 6,97 à 9,53) dans le groupe traité à l’aide d’un placebo.

L’analyse finale du paramètre secondaire de la survie globale a démontré une amélioration statistiquement importante de la survie pour le groupe traité au moyen de Loqtorzi par rapport au groupe traité à l’aide d’un placebo (RR = 0,63; IC à 95 % : de 0,45 de 0,89; p = 0,0083). On n’a pas atteint la survie globale médiane dans le groupe traité au moyen de Loqtorzi, tandis qu’elle était de 33,7 mois dans le groupe traité à l’aide d’un placebo. Un pourcentage plus élevé de patients dans le groupe traité au moyen de Loqtorzi (77,4 %) a obtenu une réponse objective par rapport au groupe traité à l’aide d’un placebo (66,4 %). Dans le groupe traité au moyen de Loqtorzi, 19,2 % des patients ont obtenu des réponses complètes par rapport à 11,2 % dans le groupe traité à l’aide d’un placebo. Il y a 58,2 % et 55,2 % des patients du groupe traité au moyen de Loqtorzi et du groupe traité à l’aide d’un placebo qui ont obtenu des réponses partielles, respectivement. On a observé une durée médiane de réponse plus longue dans le groupe traité au moyen de Loqtorzi (10 mois) que dans le groupe traité à l’aide d’un placebo (5,7 mois).

Cohorte 3 de l’étude POLARIS-02

La cohorte 3 de l’étude POLARIS‑02 a évalué la monothérapie au moyen de Loqtorzi chez des patients atteints d’un carcinome du nasopharynx récurrent ou métastatique ayant progressé après une chimiothérapie à base de platine. L’étude a été réalisée dans plusieurs centres médicaux en Chine.

La cohorte 3 comportait 190 patients ayant reçu un traitement systémique antérieur, avec une moyenne de deux régimes antérieurs (intervalle : d’un à 13). Parmi ceux‑ci, 172 patients avaient reçu préalablement au moins un régime de chimiothérapie à base de platine et constituaient l’ensemble d’analyse de l’efficacité. L’âge médian des patients était de 45 ans (tranche d’âge : de 22 à 68 ans), 4,1 % des patients étaient âgés de 65 ans ou plus et 83 % des patients étaient des hommes. Tous les patients étaient asiatiques. Les patients avaient un indice de performance ECOG (Eastern Cooperative Oncology Group) de 0 (37 %) ou de 1 (63 %). Quatre‑vingt‑dix‑neuf pour cent des patients présentaient une maladie métastatique, 95 % avaient un carcinome du nasopharynx non kératinisant, 2,9 % avaient un carcinome épidermoïde kératinisant et 1,7 % ne présentaient pas de sous‑type identifié.

Les patients ont reçu 3 mg/kg de Loqtorzi par voie intraveineuse toutes les deux semaines jusqu’à la progression de la maladie ou l’apparition d’une toxicité inacceptable. Les principales mesures des résultats d’efficacité étaient le taux de réponse objective et la durée de la réponse confirmés, évalués par un CEII au moyen des critères RECIST, version 1.1.

Le traitement au moyen de Loqtorzi a entraîné un taux de réponse objective de 20,9 % (IC à 95 % : de 15,1 % à 27,8 %) comme évalué par le CEII. Il y a 2,3 % des patients qui ont obtenu des réponses complètes, tandis que 18,6 % des patients ont obtenu des réponses partielles. La durée médiane de la réponse était de 14,9 mois, indiquant une activité antitumorale durable dans cette population fortement prétraitée. On a observé des réponses dans les sous‑groupes de patients évalués, y compris ceux ayant des tumeurs négatives pour le ligand de mort programmée 1 (PD‑L1) et des niveaux de référence variables d’acide désoxyribonucléique du virus Epstein‑Barr. On n’a observé aucune relation claire entre les biomarqueurs mentionnés ci‑dessus et la réponse au traitement. Bien que la conception à un seul groupe limite toute interprétation comparative, l’ampleur et la durabilité de la réponse observées sont considérées comme étant cliniquement significatives compte tenu du manque de traitements efficaces dans les cas de carcinome du nasopharynx qui a progressé après une chimiothérapie à base de platine.

Indication

La Présentation de drogue nouvelle relative à Loqtorzi a été initialement déposée par le promoteur pour l’indication proposée suivante, que Santé Canada a ensuite approuvée :

Loqtorzi (toripalimab pour injection) est indiqué :

  • en association avec le cisplatine et la gemcitabine, pour le traitement de première intention des adultes atteints d’un carcinome du nasopharynx métastatique ou récidivant, localement avancé;

  • en monothérapie, pour le traitement des adultes atteints d’un carcinome du nasopharynx récurrent non résécable ou métastatique avec progression de la maladie pendant ou après une chimiothérapie à base de platine.

Pour de plus amples renseignements, consulter la monographie de produit de Loqtorzi approuvée par Santé Canada et accessible par l’intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.

Innocuité clinique

Au cours de l’étude clinique JUPITER‑02 (décrite dans la section Efficacité clinique), on a évalué le profil d’innocuité de la dose de 240 mg de Loqtorzi administrée par voie intraveineuse toutes les trois semaines en combinaison avec le cisplatine et la gemcitabine chez 146 patients.

On a caractérisé le profil d’innocuité de la dose de 3 mg/kg de Loqtorzi administrée par voie intraveineuse toutes les deux semaines en tant que monothérapie en fonction de données provenant de 190 patients de la cohorte 3 de l’étude POLARIS‑02 (décrit dans la section Efficacité clinique) et d’une population groupée de 851 patients provenant de 12 études cliniques.

Loqtorzi en combinaison avec le cisplatine et la gemcitabine

Parmi les 146 patients ayant reçu Loqtorzi en combinaison avec le cisplatine et la gemcitabine au cours de l’étude JUPITER‑02, l’exposition médiane à Loqtorzi était de 15,1 mois. Soixante‑treize pour cent des patients ont été exposés à Loqtorzi pendant six mois ou plus et 54 % des patients y ont été exposés pendant un an ou plus.

Les réactions indésirables les plus couramment signalées (survenant chez au moins 20 % des patients) étaient les nausées (71 %), les vomissements (68 %), la diminution de l’appétit (55 %), la constipation (39 %), l’hypothyroïdie (38 %), l’éruption cutanée (36 %), la pyrexie (32 %), la diarrhée (31 %), la neuropathie périphérique (30 %), la toux (26 %), les douleurs musculo‑squelettiques (25 %), l’infection des voies respiratoires supérieures (23 %), l’insomnie (23 %), les étourdissements (21 %) et le malaise (21 %).

On a signalé des réactions indésirables graves chez 43,2 % des patients du groupe traité au moyen de Loqtorzi et chez 43,4 % des patients du groupe traité à l’aide d’un placebo. Dans le groupe traité au moyen de Loqtorzi, on a signalé trois réactions indésirables mortelles (2,1 %) : une causée par une épistaxis, une causée par une hémorragie intracrânienne associée à une thrombocytopénie et à une coagulopathie immunitaires, et une causée par une pneumonie. Il y a 12 % des patients qui ont eu des réactions indésirables entraînant une interruption permanente de Loqtorzi. Cinquante pour cent des patients ont éprouvé des réactions indésirables entraînant des interruptions de dose.

Des réactions indésirables à médiation immunitaire se sont produites avec Loqtorzi, comme prévu pour cette classe de produit. Les réactions indésirables à médiation immunitaire recensées dans l’étude sont conformes au profil d’innocuité connu des anticorps monoclonaux qui ciblent soit le PD‑1, soit le PD‑L1. Il existe une possibilité que Loqtorzi cause des réactions graves ou potentiellement mortelles liées à la perfusion, comme observé avec d’autres produits anti‑PD‑1 perfusés.

Loqtorzi en tant que monothérapie

Le profil d’innocuité de Loqtorzi en tant que monothérapie observé dans l’étude POLARIS‑02 était cohérent avec celui observé dans l’étude JUPITER‑02 et avec le profil d’innocuité établi pour la classe des inhibiteurs de PD‑1. Parmi les 190 patients de la cohorte 3, 33 % ont été exposés à Loqtorzi pendant au moins six mois et 21 % y ont été exposés pendant plus d’un an. Les événements indésirables liés au traitement les plus fréquemment signalés (survenant chez au moins 20 % des patients) étaient l’hypothyroïdie (27,4 %), la fatigue (22,1 %) et la toux (20 %), dont la majorité était de grade 1 ou 2. Des événements indésirables à médiation immunitaire se sont produits chez 24 % des patients. L’hypothyroïdie était l’événement indésirable à médiation immunitaire le plus fréquemment signalé. Des événements indésirables apparus en cours de traitements mortels, peu importe la cause, se sont produits chez 4,7 % des patients. Des événements indésirables apparus en cours de traitements entraînant l’arrêt permanent de Loqtorzi se sont produits chez 9 % des patients. Des interruptions de dose attribuables à une réaction indésirable sont survenues chez 23 des patients.

On a inclus les principaux renseignements sur l’innocuité provenant d’une population groupée de 851 patients ayant reçu une monothérapie au moyen de Loqtorzi à une dose de 3 mg/kg toutes les deux semaines dans le cadre de 12 essais cliniques dans la monographie de produit de Loqtorzi. Parmi les 851 patients, il y avait 193 cas de carcinome du nasopharynx et 658 patients présentant d’autres types de tumeurs. Les réactions indésirables les plus fréquemment signalées (survenant chez au moins 20 % des patients) étaient la fatigue (22 %), l’hypothyroïdie (20 %) et les douleurs musculo‑squelettiques (20 %). Le profil d’innocuité de Loqtorzi observé dans cette population groupée est conforme à celui de la classe des inhibiteurs de PD‑1. Il n’y a pas eu de nouveaux signaux liés à l’innocuité ni de signaux inattendus.

Les principales préoccupations en matière d’innocuité associées à l’utilisation de Loqtorzi sont les réactions indésirables d’origine immunitaire et les réactions liées à la perfusion. On a inclus un encadré « Mises en garde et précautions importantes » dans la monographie de produit de Loqtorzi afin de mettre en évidence le fait que Loqtorzi peut provoquer des réactions graves ou mortelles d’origine immunitaire, qui peuvent se produire dans tous les systèmes et tissus organiques, des réactions indésirables graves ou potentiellement mortelles, y compris des réactions d’hypersensibilité et de l’anaphylaxie, et d’autres complications graves ou mortelles peuvent survenir chez les patients qui ont reçu une transplantation de cellules souches hématopoïétiques allogéniques avant ou après avoir été traités au moyen d’un anticorps bloquant le PD‑1 et le PD‑L1. Les modifications de traitement recommandées pour gérer les réactions indésirables à médiation immunitaire et les réactions liées à la perfusion sont énumérées dans la monographie de produit de Loqtorzi.

Pour de plus amples renseignements, consulter la monographie de produit de Loqtorzi approuvée par Santé Canada et accessible par l’intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.

7.2 Motifs non cliniques de la décision

Le toripalimab, l’ingrédient médicinal dans Loqtorzi, est un anticorps monoclonal humanisé de l’immunoglobuline G4 (IgG4) kappa dirigé contre le récepteur de la mort cellulaire programmée 1 (PD‑1). La liaison du toripalimab au PD‑1 bloque l’interaction du PD‑1 avec ses ligands, le ligand de mort programmé 1 (PD‑L1) et le PD‑L2, libérant ainsi l’inhibition médiée par la voie PD-1 de la réponse immunitaire, y compris la réponse immunitaire antitumorale.

Les études non cliniques présentées sur le toripalimab ont caractérisé son affinité de liaison, sa réactivité croisée entre espèces et sa cinétique de liaison in vitro. On n’a observé aucune liaison non ciblée ni réactivité croisée propre aux tissus avec le toripalimab dans les tissus de singes cynomolgus ou d’humains. L’anticorps ne se lie pas au PD‑1 des souris ou des rats.

Le toripalimab a le potentiel d’améliorer les réponses de rappel des lymphocytes T aux antigènes, comme le démontrent d’autres anticorps monoclonaux autorisés qui ciblent le PD‑1 ou le PD‑L1. Il n’a pas induit de cytotoxicité cellulaire dépendante des anticorps ni de cytotoxicité dépendante du complément. On a démontré l’effet pharmacologique souhaité in vivo au moyen de modèles murins de cancer syngéniques et de xénogreffes dans lesquels le toripalimab a ralenti la croissance tumorale.

Des études de toxicité à doses répétées sur le toripalimab effectuées chez des singes cynomolgus n’ont pas recensé d’événements indésirables importants à des doses allant jusqu’à 100 mg/kg administrées par perfusion intraveineuse une fois par semaine pendant 26 semaines ou toutes les deux semaines pendant quatre semaines. Selon ces résultats, la dose de 100 mg/kg est considérée comme étant la dose sans effet nocif observé (DSENO) chez les singes cynomolgus.

Les études de toxicité à doses répétées ont également évalué les paramètres de pharmacologie de l’innocuité et ont démontré qu’il n’y avait aucun événement indésirable sur les systèmes cardiovasculaire, respiratoire ou nerveux central.

Au cours des études de toxicité à doses répétées de quatre ou 26 semaines, on n’a observé aucun événement indésirable au niveau des organes reproducteurs des singes cynomolgus mâles et femelles. Les études de toxicité reproductive et développementale réalisées au moyen du toripalimab n’ont pas été jugées nécessaires compte tenu du rôle établi de la voie PD‑1/PD‑L1 dans la tolérance immunitaire de la mère au tissu fœtal. Des études antérieures sur les animaux ont démontré que l’inhibition de la voie PD‑1/PD‑L1 peut entraîner un risque accru de rejet immunitaire du fœtus en développement, ce qui peut entraîner la mort fœtale. L’immunoglobuline G4 est également connue pour traverser la barrière placentaire. Par conséquent, le toripalimab a le potentiel de traverser le placenta pendant la grossesse et de causer des dommages au fœtus. Donc, la monographie de produit de Loqtorzi précise que l’utilisation de Loqtorzi n’est pas recommandée pendant la grossesse et chez les femmes en âge de procréer qui n’utilisent pas de moyen de contraception efficace.

La monographie de produit de Loqtorzi présente les résultats des études non cliniques ainsi que les risques potentiels pour l’être humain. À la lumière de l’utilisation prévue de Loqtorzi, la présentation n’indique aucun problème pharmacologique ou toxicologique qui empêcherait l’autorisation du produit.

Pour de plus amples renseignements, consulter la monographie de produit de Loqtorzi approuvée par Santé Canada et accessible par l’intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.

7.3 Motifs d’ordre qualitatif

Caractérisation de la substance médicamenteuse

Le toripalimab est un anticorps monoclonal humanisé recombinant de l’immunoglobuline G4 (IgG4) kappa. Il se lie au récepteur de la mort programmée 1 (PD‑1) et bloque son interaction avec le ligand de la mort programmée 1 (PD‑L1) et le PD‑L2, libérant ainsi l’inhibition médiée par la voie PD‑1 de la réponse immunitaire, y compris la réponse immunitaire antitumorale.

L’anticorps est composé de deux chaînes lourdes identiques et de deux chaînes légères identiques reliées par des liaisons disulfures. Chaque chaîne légère contient 219 acides aminés et chaque chaîne lourde a 452 acides aminés. La masse moléculaire approximative du toripalimab est de 147 kDa.

Des études de caractérisation détaillées ont été effectuées pour garantir que le toripalimab présente systématiquement la structure caractéristique et l’activité biologique souhaitées.

Les résultats des études de validation du procédé indiquent que les étapes de traitement permettent de contrôler adéquatement les quantités d’impuretés liées au produit et au procédé. Les impuretés signalées et caractérisées se situent dans les limites établies. Une évaluation des risques liés à la présence d’impuretés de nitrosamines a été effectuée conformément aux exigences énoncées dans la Ligne directrice sur les impuretés de nitrosamine dans les médicaments de Santé Canada. Le risque de formation ou d’introduction de nitrosamines au cours du processus de fabrication est considéré comme négligeable ou faible; par conséquent, aucun essai de confirmation n’est requis.

Procédé de fabrication de la substance médicamenteuse et du produit médicamenteux et contrôles du processus

Le toripalimab est fabriqué à l’aide d’une lignée cellulaire d’ovaires de hamster chinois génétiquement modifiée pour exprimer la protéine. Le procédé de culture cellulaire débute par la décongélation d’une fiole de la banque de cellules de travail. Les cellules sont élargies au moyen d’une série d’étapes et ensuite transférées dans un bioréacteur de production qui utilise un procédé par lots nourris. La récolte en vrac est préparée par filtration en profondeur avant le traitement en aval. Le processus de purification de la protéine sécrétée est typique des anticorps monoclonaux et consiste en des étapes de chromatographie, d’inactivation virale et de filtration. Par la suite, la substance médicamenteuse en vrac est formulée, filtrée, versée dans des sacs et entreposée à une température inférieure ou égale à -40 °C.

Le procédé de fabrication du produit médicamenteux comprend la décongélation de la substance médicamenteuse, le mélange, la filtration de réduction de la charge biologique, la filtration stérile et le remplissage aseptique des fioles en verre. Les fioles remplies sont bouchées, serties, inspectées visuellement, étiquetées et emballées. Le produit médicamenteux final est entreposé à une température allant de 2 °C à 8 °C. Aucun des ingrédients non médicinaux (excipients) contenus dans Loqtorzi n’est interdit d’utilisation dans les produits médicamenteux par le Règlement sur les aliments et drogues. La compatibilité du toripalimab avec les excipients est corroborée par les données de stabilité fournies.

Le promoteur a adéquatement indiqué les paramètres essentiels et principaux du procédé ainsi que les contrôles en cours de processus fondés sur l’élaboration du procédé, la caractérisation du procédé et l’expérience de fabrication antérieure. Les données de validation du procédé démontrent que la méthode de travail de fabrication produit de manière cohérente du toripalimab et Loqtorzi de qualité acceptable.

Contrôle de la substance médicamenteuse et du produit médicamenteux

Les spécifications de mise en circulation et de stabilité pour la substance médicamenteuse et le produit médicamenteux sont établies et justifiées de manière appropriée. Les procédures d’analyse utilisées pour les essais de mise en circulation et de stabilité de la substance médicamenteuse et du produit médicamenteux ont été validées de manière appropriée. De plus, les étalons de référence principaux et de travail ont été adéquatement qualifiés. Le protocole pour la qualification de nouveaux étalons de référence et de travail est acceptable.

Loqtorzi est une drogue visée à l’annexe D (produits biologiques) et est donc assujettie au Programme d’autorisation de mise en circulation des lots de Santé Canada avant d’être vendue conformément à la Ligne directrice à l’intention des promoteurs : Programme d’Autorisation de Mise en Circulation des Lots de Drogues Visées à l’Annexe D (Produits Biologiques).

Stabilité de la substance médicamenteuse et du produit médicamenteux

Sur la base des données sur la stabilité présentées, la durée de conservation et les conditions d’entreposage proposées pour la substance médicamenteuse et le produit médicamenteux ont été adéquatement étayées et jugées satisfaisantes.

La durée de conservation de 36 mois pour le produit médicamenteux, lorsqu’il est conservé à une température comprise entre 2 °C et 8 °C, est considérée comme acceptable.

La compatibilité du produit médicamenteux avec le système récipient-fermeture a été démontrée au moyen d’études sur la stabilité et d’études sur les substances extractibles et lixiviables.

Installations et équipement

Sur la base des informations fournies, une évaluation sur place du site de fabrication de la substance médicamenteuse et du produit pharmaceutique n’a pas été jugée nécessaire.

L’aménagement, le fonctionnement et les mécanismes de contrôle des installations et de l’équipement servant à la production sont jugés acceptables pour les activités et les produits fabriqués. Le site de fabrication est conforme aux bonnes pratiques de fabrication.

Évaluation de l’innocuité des agents adventifs

Le procédé de fabrication de la substance médicamenteuse fait appel à des mesures de contrôle adéquates afin de prévenir les contaminations et de maintenir un contrôle microbien.

Les banques de cellules maîtresses, les banques de cellules de travail et les banques de cellules de fin de production font l’objet d’analyses approfondies visant à détecter les agents adventifs (bactéries, champignons, mycoplasmes et virus). Le processus de culture cellulaire comprend des tests en cours de processus pour détecter la présence de charge biologique, d’endotoxines, de mycoplasmes et de virus. Des études d’élimination virale à échelle réduite démontrent que le processus de purification en aval est capable d’inactiver ou d’éliminer des virus modèles présentant diverses caractéristiques physico-chimiques.

Aucune matière première d’origine humaine ou animale n’a été utilisée au cours de la préparation de la banque de cellules, de la fabrication de la substance médicamenteuse et du produit médicamenteux. Les matières d’origine animale utilisées au cours du développement de la lignée cellulaire sont obtenues et analysées de manière adéquate. Par conséquent, le risque de contamination du produit médicamenteux par les agents de l’encéphalopathie spongiforme bovine et de l’encéphalopathie spongiforme transmissible est considéré comme étant négligeable.

Les excipients utilisés dans la formulation du produit médicamenteux ne sont pas d’origine animale ni humaine.