Sommaire de décision réglementaire portant sur Nuvaxovid

Décisions d'examen

Le sommaire de décision réglementaire explique la décision de Santé Canada face au produit pour lequel une autorisation de mise en marché est demandée. Le sommaire de décision réglementaire comporte le but de la présentation et le motif de la décision.


Type de produit:

Médicament

Ingrédient(s) médicinal(aux):

vaccin contre la covid-19 (protéine recombinante, adjuvé)

Classe thérapeutique :

Vaccins, à usage humain

Type de présentation :

Présentation de drogue nouvelle [COVID]

Numéro de contrôle :

255370
Quel était l'objet de la présentation?

L’objectif de cette présentation est de demander l’autorisation de Nuvaxovid pour l’immunisation active en vue de prévenir la maladie à coronavirus 2019 (COVID-19) causée par le coronavirus du syndrome respiratoire aigu sévère 2 (SRAS-CoV-2) chez les personnes âgées de 18 ans et plus.

Après l’évaluation de l’ensemble des données, Santé Canada a autorisé l’indication demandée pour Nuvaxovid.

Pourquoi la décision a-t-elle été rendue?

La COVID-19 est une infection humaine grave et potentiellement mortelle ou mettant la vie en danger. La vaccination est un moyen important de se protéger contre la maladie et aide à enrayer la pandémie; la disponibilité de vaccins sûrs et efficaces réduira la propagation et la gravité de la COVID-19 et réduira ses conséquences sociales et économiques.

Pour appuyer l’autorisation de Nuvaxovid, des données sur l’efficacité, l’immunogénicité et l’innocuité provenant de six essais cliniques en cours (c’est-à-dire 2019nCoV-101 [parties 1 et 2], 2019nCoV-501, 2019nCoV-301, 2019nCoV-302 et ICMR/SII-COVOVAX) effectués en Australie, en Afrique du Sud, au Royaume-Uni, aux États-Unis, au Mexique et en Inde ont été fournies.

Des six essais en cours, l’essai 2019nCoV-301 et l’essai 2019nCoV-302 ont été considérés comme les essais pivots supportant l’efficacité de Nuvaxovid. Ces deux essais sont des essais de phase 3 multicentriques, randomisés, à l’insu de l’observateur et contrôlés par placebo. Au cours de l’essai 2019nCoV-301 un total de 29 949 participants âgés de 18 ans et plus se trouvant aux États-Unis et au Mexique ont été répartis aléatoirement selon un ratio de 2:1 pour recevoir soit deux injections intramusculaires (IM) de Nuvaxovid, soit un placebo, à 21 jours d’intervalle; l’essai 2019nCoV-302 a réparti aléatoirement 15 187 participants âgés de 18 à 84 ans se trouvant au Royaume-Uni selon un ratio de 1:1 pour recevoir soit deux injections intramusculaires de Nuvaxovid, soit un placebo, à 21 jours d’intervalle. Les participants ayant une comorbidité sous-jacente cliniquement stable ont été inclus dans les deux études, tout comme les participants ayant une infection au virus de l’immunodéficience humaine (VIH) bien contrôlée. Les deux études excluaient les participants qui étaient immunodéprimés de manière importante, les femmes enceintes ou les participants qui avaient des antécédents de COVID-19 diagnostiquée en laboratoire.

Le principal paramètre d’efficacité pour les deux études était l’efficacité du vaccin (EV) par rapport à l’apparition des symptômes (c’est-à-dire légers, modérés ou graves) de la COVID-19 confirmée par un test PCR avec une apparition des symptômes au moins sept jours après l’administration de la deuxième dose chez les participants séronégatifs pour l’infection par le SRAS-CoV-2 avant le début de la vacination.

Lanalyse d’efficacité primaire pour l’étude 2019nCoV-301 comprenait 25 452 participants qui ont reçu soit Nuvaxovid (n = 17 312), soit un placebo (n = 8 140). Les caractéristiques démographiques et de référence étaient similaires entre les groupes. Chez les participants qui ont reçu Nuvaxovid, l’âge médian était de 47 ans (intervalle : de 18 à 95 ans); 88 % (n = 15 264) étaient âgés de 18 à 64 ans et 12 % (n = 2 048) étaient âgés de 65 ans et plus. De plus, 48 % étaient des femmes. L’EV de Nuvaxovid pour prévenir l’apparition des symptômes de la COVID-19, dans les sept jours suivant la deuxième dose, était de 90,4 % (intervalle de confiance [IC] à 95 % : 82,9, 94,6), ce qui satisfait au critère préétabli de succès. Aucun cas de COVID-19 modérée ou grave n’a été signalé dans le groupe ayant reçu le vaccin comparativement à 10 cas modérés et à quatre cas graves de COVID-19 dans le groupe ayant reçu le placebo.

L’analyse d’efficacité primaire pour l’étude 2019nCoV-302 comprenait 14 039 participants qui ont reçu soit Nuvaxovid (n = 7 020), soit un placebo (n = 7 019). Les caractéristiques démographiques et de référence étaient similaires entre les groupes. Chez les participants qui ont reçu Nuvaxovid, l’âge médian était de 56 ans (intervalle : de 18 à 84 ans); 72 % (n = 5 067) étaient âgés de 18 à 64 ans et 28 % (n = 1 953) étaient âgés de 65 à 84 ans. De plus, 49 % étaient des femmes. L’EV de Nuvaxovid pour prévenir l’apparition des symptômes de la COVID-19, dans les sept jours suivant la deuxième dose, était de 89,7 % (IC à 95 % : 80,2, 94,6), ce qui satisfait au critère préétabli de succèes. Neuf cas de COVID-19 modérée et aucun cas de COVID-19 grave ont été signalés chez les 7 020 participants ayant reçu Nuvaxovid comparativement à 63 cas modérés et à cinq cas graves de COVID-19 signalés chez les 7 019 participants ayant reçu le placebo.

Il faut noter que les données sur l’efficacité provenant des deux essais pivots ont été recueillies lorsque le variant Alpha était la principale souche du virus en circulation et avant l’émergence des variants Delta et Omicron. Novavax doit fournir des données sur la protection contre les variants préoccupants actuels et émergents, lorsque ces données seront disponibles.

L’analyse des données d’innocuité comprenait les données regroupées des essais 2019nCoV-301, 2019nCoV-302 et 2019nCoV-501. La durée médiane du suivi était de 70 jours après la deuxième dose; il y a eu 32 993 participants (66 %) qui ont été suivis plus de deux mois. Au moment de la vaccination, l’âge médian des participants qui ont reçu Nuvaxovid était de 48 ans (intervalle de 18 à 95 ans); 84,1 % des participants avaient entre 18 et 64 ans et 15,9 % avaient ≥ 65 ans.

La fréquence et la gravité des réactions locales et systémiques sollicitées ont été recueilliesdans les sept jours suivant chaque dose de NUVAXOVID ou de placebo. Les participants ont recueilli les événements de réactogénicité dans un journal. . Parmi les données regroupées sur la réactogénicité, qui comprennent les participants de plus de 18 ans qui ont reçu au moins une dose de Nuvaxovid (n = 21 395) ou d’un placebo (n = 12 197), les réactions indésirables les plus fréquentes étaient la sensibilité au point d’injection (68 %), la douleur au point d’injection (56 %), la fatigue (45 %), la myalgie (44 %), les maux de tête (41 %), le malaise (35 %), l’arthralgie (20 %) et les nausées ou les vomissements (11 %). Les réactions indésirables étaient habituellement de gravité légère à modérée avec une durée médiane de ≤ 2 jours pour les événements locaux et de ≤ 1 jour pour les événements systémiques après la vaccination. Comparativement à la première dose, les réactions indésirables locales et systémiques ont été signalées plus fréquemment après la deuxième dose.

Au cours des études, les participants ont fait l’objet d’une surveillance pour détecter les événements indésirables non sollicités après l’administration de la première dose jusqu’au 28e jour après l’administration de la deuxième dose (49 jours). Les événements indésirables graves (EIG) dans les deux groupes de traitement étaient rares et les taux d’incidence des EIG étaient semblables chez les participants ayant reçu Nuvaxovid ou un placebo. Un taux d’incidence légèrement plus élevé pour les EIG a été observé chez les participants ≥ 65 ans. Il n’y avait pas d’autres déséquilibre notables entre les différent traitements pour des catégories particulières d’événements indésirables graves ou d’événements indésirables d’intérêt. On n’a signalé aucun décès lié au vaccin au cours des études cliniques principales et de soutien.

Deux cas de myocardite chez deux adolescents peu après l’administration de la deuxième dose du vaccin ont été observés. Ces cas furent légers et accompagnés d’une résolution complète et sans séquelles. À l’heure actuelle, les renseignements disponibles ne suffisent pas à établir une relation de cause à effet avec le vaccin.

Dans l’ensemble, la fréquence des événements indésirables sans gravité non sollicités était plus élevée dans le groupe ayant reçu Nuvaxovid que dans le groupe ayant reçu un placebo. Les événements comprenaient ceux qui suivent : fatigue, douleur au site d’injection, pyrexie et de myalgie survenant au-delà de 7 jours suivant l’injection, ce qui explique en grande partie les différences entre les groupes de traitement. De plus, on a signalé un déséquilibre au niveau des frissons et des douleurs dans les extrémités. Les frissons se sont produits chez 0,55 % (n = 166) des participants qui ont reçu Nuvaxovid et chez 0,11 % (n = 21) des participants qui ont reçu un placebo. La douleur dans les extrémités est survenue chez 1,36 % des participants (n = 410) qui ont reçu Nuvaxovid et chez 0,36 % des participants (n = 72) qui ont reçu un placebo. Il n’y a pas eu d’autres déséquilibres notables entre les groupes de traitement concernant les événements indésirables sans gravité non sollicités qui suggéreraient une relation de cause à effet avec Nuvaxovid.

Dans l’ensemble, Nuvaxovid est un vaccin sûr avec une réactogénicité locale et systémique associée à la réponse immunitaire du vaccin.

Le plan de gestion des risques (PGR) est conçu pour décrire les problèmes d’innocuité connus et potentiels, pour présenter le plan de surveillance et, au besoin, pour décrire les mesures qui seront mises en place pour réduire au minimum les risques associés au produit. Après examen par la Direction des produits de santé commercialisés (DPSC), le PGR a été jugé acceptable et a permis de déterminer des activités de surveillance appropriées (pharmacovigilance) et des mesures de réduction des risques en fonction du profil d’innocuité du produit. Cela comprenait la présentation des renseignements dans la monographie de produit et l’identification des populations pour lesquelles plus de données sont nécessaires. Le PGR sera mis à jour pour tenir compte des renseignements supplémentaires en matière d’innocuité au fur et à mesure qu’ils sont recueillis. En plus des exigences réglementaires relatives à la surveillance post-commercialisation et à la déclaration prioritaire des événements indésirables après l’immunisation, des rapports sommaires mensuels sur l’innocuité portant sur le vaccin seront fournis à Santé Canada. Les résultats liés à l’innocuité et à l’efficacité provenant des études en cours et prévues seront présentés à mesure qu’ils seront disponibles.

À l’heure actuelle, parmi les limites importantes des données, il y a le manque de renseignement sur l’innocuité et l’efficacité à long terme du vaccin, la durée de la protection, la protection contre les variants actuels et émergents est inconnue, et le manque de données ou la présence de données limitées sur les populations particulières (p. ex., les personnes qui sont immunodéprimées de manière importante, les femmes enceintes, les personnes qui avaient des antécédents de COVID-19 ou les personnes qui ont des complications graves). Ces limites sont considérées comme adéquatement gérées à l’aide de l’étiquetage, des modalités associées à l’autorisation et du PGR. Il est à noter que, en ce qui concerne l’innocuité et l’efficacité, les participants aux études pivots font l’objet d’un suivi pouvant aller jusqu’à 12 ou 24 mois.

La fabrication du vaccin Novavax COVID 19 (NUVAXOVID) consiste en la production de la protéine de spicule recombinante du SRAS CoV 2 (rS) de la souche originale qui est combinée dans une formulation avec l’adjuvant Matrix-M. Des données ont été présentées pour démontrer que le vaccin est fabriqué conformément aux bonnes pratiques de fabrication (BPF) dans tous les établissements qui approvisionnent le Canada et que des contrôles au cours de la fabrication, des paramètres du procédé et de contrôle de la qualité ont été établis pour surveiller la qualité du produit tout au long de la fabrication. Les caractéristiques employées pour évaluer les principaux attributs de la qualité et l’uniformité de la production ont été jugées acceptables. Ces renseignements, ainsi que les modalités imposées à l’autorisation, appuient l’autorisation. 

Selon l’ensemble des renseignements, le profil avantages-risques de Nuvaxovid pour l’immunisation active en vue de prévenir la COVID-19 causée par le SRAS-CoV-2 chez les personnes âgées de 18 ans et plus est considéré comme étant favorable. L’efficacité du vaccin a été établie et le vaccin est bien toléré par les participants des études. Nuvaxovid est donc recommandé pour l’autorisation en vertu du titre 8 du Règlement sur les aliments et drogues.

Décision rendue

Approuvé; un avis de conformité conformément au Règlement sur les aliments et drogues a été délivré.