Sommaire de décision réglementaire portant sur Keytruda
Décisions d'examen
Le sommaire de décision réglementaire explique la décision de Santé Canada face au produit pour lequel une autorisation de mise en marché est demandée. Le sommaire de décision réglementaire comporte le but de la présentation et le motif de la décision.
Type de produit:
Ingrédient(s) médicinal(aux):
Classe thérapeutique :
Type de présentation :
Numéro de contrôle :
Quel était l'objet de la présentation?
Le cancer du col de l’utérus représente 1,3 % des cancers chez les femmes et 1,1 % des décès causés par le cancer chez les femmes au Canada. En 2021, on a estimé qu’environ 1 450 nouveaux cas de cancer du col de l’utérus seraient diagnostiqués au Canada, avec 380 décès. Le taux de survie à cinq ans était estimé à 74 %. La forme la plus courante de cancer du col de l’utérus est le carcinome épidermoïde (80 %) et le reste est principalement l’adénocarcinome (20 %). La principale grande cause du cancer du col de l’utérus est une infection chronique au virus du papillome humain (VPH). À terme, la vaccination contre le VPH devrait permettre de diminuer le nombre de cas de ce type de cancer. Cependant, il reste une population plus restreinte ayant un pronostic sombre malgré l’application de soins aux normes actuelles; chaque année, environ 360 femmes au Canada présentent un cancer du col de l’utérus persistant malgré une hystérectomie totale élargie et la chimioradiothérapie (c.-à-d., stade IB2-IVA), un cancer du col de l’utérus récidivant ou métastatique. De ces cancers, 16 % présentent des métastases lors du diagnostic initial, donnant lieu à un mauvais pronostic avec un taux de survie à cinq ans de 17,6 %. La survie médiane avec une maladie distale au stade métastatique et aucun traitement systémique est de 7 mois.
Par conséquent, le fabricant a présenté une demande d’examen prioritaire pour Keytruda (fondée sur l’étude Keynote 826), demandant une autorisation pour le traitement de patientes adultes atteintes d’un cancer du col de l’utérus persistant, récidivant ou métastatique, en association avec la chimiothérapie avec ou sans le bévacizumab. Le fabricant demande l’autorisation pour cette indication, quelle que soit l’expression du biomarqueur PD-L1.
Pourquoi la décision a-t-elle été rendue?
L’efficacité et l’innocuité du pembrolizumab (Keytruda) en association avec le paclitaxel et le cisplatine ou le paclitaxel et le carboplatine (avec ou sans bévacizumab) ont été étudiées dans le cadre de Keynote 826 (KN826). KN-826 est un essai multicentrique à répartition aléatoire, à double insu et comparatif contre placébo auquel ont participé 617 patientes atteintes d’un cancer du col de l’utérus persistant, récidivant ou métastatique de première intention qui n’avait pas été traité par chimiothérapie, sauf lorsqu’utilisée simultanément comme un agent de radiosensibilisation.
Les mesures du paramètre primaire d’efficacité étaient la survie globale (SG) et la survie sans progression (SSP), telles qu’évaluées par l’investigateur selon les critères RECIST v1.1. Les mesures du paramètre secondaire d’efficacité étaient le taux de réponse objective (TRO) et la durée de la réponse (DR), selon les critères RECIST v 1.1, tel qu’évalué par l’investigateur. Le temps médian du suivi était de 17,2 mois (intervalle de 0,3 à 29,4 mois). En ce qui a trait à la SG, on a observé une baisse du risque de décès de 36 % dans le groupe pembrolizumab (PD-L1 > 1 %) comparativement au groupe placébo. Quant à la SSP, le risque de progression de la maladie a diminué de 38 % dans le groupe pembrolizumab (PD-L1 > 1 %) comparativement au groupe placébo.
Il n’y a pas eu une baisse apparente du risque de décès chez les patientes traitées avec le pembrolizumab dont la tumeur avait une faible expression du biomarqueur PD-L1 ou exprimant maintenant le biomarqueur PD-L1 (< 1 %). Voilà pourquoi il a été décidé de limiter l’utilisation du pembrolizumab pour les patientes adultes dont la tumeur exprime un certain niveau de PD-L1 (> 1 %).
Sur le plan de l’innocuité, l’ajout d’une immunothérapie supplémentaire à la chimiothérapie avec ou sans le bévacizumab ajoute considérablement à la toxicité; des événements indésirables mortels se sont produits chez 4,6 % des patientes recevant Keytruda en association avec la chimiothérapie avec ou sans le bévacizumab. Les événements indésirables les plus fréquents liés au traitement (signalés chez au moins 20 % des patientes) étaient des nausées, de l’anémie, de la fatigue, des vomissements, des diarrhées, une neutropénie, une neuropathie périphérique, une neuropathie sensorielle périphérique et une alopécie. Parmi les événements indésirables graves survenus chez au moins 3 % des patientes, mentionnons la neutropénie fébrile (6,8 %), une infection des voies urinaires (5,2 %), de l’anémie (4,6 %), une insuffisance rénale aiguë (3,3 %) et la septicémie (3,3 %). Keytruda a été abandonné en raison d’événements indésirables chez 15 % des patientes.
Malgré la toxicité accrue de Keytruda en association avec la chimiothérapie avec ou sans le bévacizumab, l’évaluation globale des avantages et des risques est favorable dans le cas de patientes dont le cancer du col de l’utérus exprime le biomarqueur PD-L1 (note combinée positive [NCP] ≥ 1), mais elle est défavorable dans celui des patientes ayant des tumeurs qui n’expriment pas le biomarqueur PD-L1 (NCP < 1). L’indication recommandée et les mentions connexes sur l’efficacité et l’innocuité sur l’étiquette ont été ajustées en conséquence dans la monographie de produit).
Décision rendue
Approuvé; un avis de conformité a été délivré aux terms du Règlement sur les aliments et drogues.