Sommaire de décision réglementaire portant sur Rukobia
Décisions d'examen
Le sommaire de décision réglementaire explique la décision de Santé Canada face au produit pour lequel une autorisation de mise en marché est demandée. Le sommaire de décision réglementaire comporte le but de la présentation et le motif de la décision.
Type de produit:
Ingrédient(s) médicinal(aux):
Classe thérapeutique :
Type de présentation :
Numéro de contrôle :
Quel était l'objet de la présentation?
Le but de cette présentation de drogue nouvelle (PDN) – nouvelle substance active (NSA) était de demander l’autorisation de mise en marché pour Rukobia (comprimés à libération prolongée de fostemsavir) pour le traitement de l’infection causée par le virus de l’immunodéficience humaine de type 1 (VIH-1) chez les adultes ayant déjà reçu de multiples traitements. Après l’évaluation des données reçues, l’indication pour le traitement de l’infection causée par le VIH-1 chez les adultes ayant déjà reçu de multiples traitements et qui présentent par ailleurs une infection multirésistante aux médicaments et pour lesquels il est impossible d’élaborer un traitement antiviral suppressif en raison d’une résistance, d’une intolérance ou de considérations liées à l’innocuité, a été autorisée.
Cette PDN a été déposée et autorisée en vertu de la Politique sur l’évaluation prioritaire.
Pourquoi la décision a-t-elle été rendue?
L’indication autorisée pour Rukobia est appuyée par des données d’innocuité et d’efficacité recueillies pendant 96 semaines et provenant de l’essai BRIGHTE, un essai clinique international de phase 3, partiellement randomisé, à double insu et contrôlé par placebo. Cet essai a été effectué auprès de 371 patients exposés à de nombreux traitements et présentant une résistance à de multiples catégories d’antirétroviraux contre le VIH-1. Tous les patients devaient avoir au début de l’étude une charge virale de 400 copies/ml ou plus et pas plus de 2 catégories de médicaments antirétroviraux restantes en raison de la résistance, de l’intolérance, de la contre-indication ou d’autres préoccupations en matière d’innocuité. Les patients étaient inscrits soit dans une cohorte répartie aléatoirement, soit dans une cohorte qui n’était pas répartie aléatoirement. Au sein de la cohorte répartie aléatoirement (n = 272), les patients avaient un, mais pas plus de deux, agent(s) antirétroviral(aux) pleinement actif(s) et disponible(s) au moment du dépistage qui pouvait être combiné dans le cadre d’un schéma thérapeutique de fond efficace. Les patients répartis aléatoirement ont reçu à leur insu soit 600 mg de Rukobia deux fois par jour (n = 203), soit un placebo (n = 69) en plus de leur schéma posologique insuffisant actuel pour une durée de huit jours de monothérapie fonctionnelle. Au-delà du huitième jour, les patients répartis aléatoirement ont reçu de manière ouverte 600 mg de Rukobia deux fois par jour, jumelé à un traitement de fond optimisé (TFO) sélectionné par le chercheur. Cette cohorte a fourni les principales données probantes de l’efficacité de Rukobia. Dans la cohorte qui n’a pas été répartie aléatoirement (n = 99), les patients n’avaient pas d’agents antirétroviraux entièrement actifs et approuvés disponibles au moment du dépistage. Les patients qui n’ont pas été répartis aléatoirement ont été traités dès le premier jour de manière ouverte avec 600 mg de Rukobia deux fois par jour, jumelés à un TFO.
Dans la cohorte répartie aléatoirement, les caractéristiques de base étaient bien équilibrées entre le groupe traité avec Rukobia et le groupe ayant reçu le placebo. L’analyse du paramètre d’efficacité primaire pour la cohorte répartie aléatoirement, fondée sur la diminution moyenne ajustée de l’ARN du VIH-1 du premier au huitième jour, a démontré la supériorité de Rukobia par rapport au placebo (diminution moyenne ajustée de 0,79 par rapport à 0,17 log10 copie/ml, respectivement; p < 0,0001, population exposée de l’intention de traiter [E-IT]). Au huitième jour, 65 % des patients (131 sur 203) et 46 % des patients (93 sur 203) qui ont reçu Rukobia ont eu une réduction de la charge virale par rapport au niveau de référence de > 0,5 log10 copie/ml et > 1 log10 copies/ml, respectivement, comparativement à 19 % des patients (13 sur 69) et à 10 % des patients (7 sur 69), respectivement, dans le groupe ayant reçu le placebo. De plus, une réduction de l’ARN viral à un niveau de < 40 copies/ml a été obtenue chez 53 %, 54 % et 60 % des patients traités avec Rukobia à la 24e, 48e et 96e semaines, respectivement (E-IT, algorithme de capture instantanée). La proportion de patients ayant < 200 copies/ml d’ARN du VIH-1 était de 68 %, 69 % et 64 % à la 24e, à la 48e et à la 96e semaine, respectivement. Finalement, la proportion de patients ayant < 400 copies/ml d’ARN du VIH-1 était de 75 %, 70 % et 64 %, respectivement (E-IT, algorithme de capture instantanée).
Dans la cohorte qui n’a pas été répartie aléatoirement, une réduction de l’ARN viral à un niveau de < 40 copies/ml a été obtenue chez 37 % des patients à la 24e semaine, 38 % à la 48e semaine et 37 % à la 96e semaine. À chacun de ces moments, la proportion de patients ayant < 200 copies/ml d’ARN du VIH-1 était de 42 %, 43 % et 39 % et la proportion de patients ayant < 400 copies/ml d’ARN du VIH-1 était de 44 %, 44 % et 40 %, respectivement (E-IT, algorithme de capture instantanée).
Au cours de l’essai clinique BRIGHTE, un total de 370 patients (271 patients répartis aléatoirement et 99 patients qui n’ont pas été répartis aléatoirement) ont reçu au moins une dose de 600 mg de Rukobia deux fois par jour et ce médicament a été généralement bien toléré. Dans l’ensemble, la plupart (81 %) des réactions indésirables signalées pour Rukobia étaient de gravité légère ou modérée. La proportion de patients qui ont interrompu le traitement au Rukobia en raison d’un événement indésirable était de 7 % au moment de l’analyse de la 96e semaine (5% des patients répartis aléatoirement et 12% des patients qui n’ont pas été répartis aléatoirement). Les événements indésirables les plus courants entraînant l’interruption étaient liés aux infections (3 % des patients recevant Rukobia). Des réactions sérieuses au médicament se sont produites chez 3 % des patients et comprenaient trois cas graves du syndrome inflammatoire de reconstitution immune. Les réactions indésirables (tous les grades) signalées chez ≥ 2 % des patients dans l’analyse de la 96e semaine comprenaient les nausées (9 %), la diarrhée (5 %), la fatigue, les maux de tête, les éruptions cutanées (3 % dans chaque groupe), la douleur abdominale, les vomissements, la dyspepsie, le syndrome inflammatoire de reconstitution immune, la somnolence et les étourdissements (2 % dans chaque groupe).
La prolongation de l’intervalle QTc, l’augmentation de l’incidence des élévations de la transaminase hépatique chez les patients co-infectés par l’hépatite B et/ou C et le syndrome inflammatoire de reconstitution immune (SIRI) font partie des risques associés à l’administration de Rukobia. Ces risques sont contrôlables au moyen de l’inclusion de mises en garde appropriées et de précautions nécessaires dans la monographie de produit de Rukobia, ainsi que par le biais du plan de gestion des risques (PGR).
Selon l’examen des données probantes ci-dessus, on considère que le profil avantages-effets nocifs-incertitudes de Rukobia est favorable pour le traitement de l’infection causée par le VIH-1 chez les adultes ayant déjà reçu de multiples traitements et qui présentent une infection multirésistante aux médicaments et pour lesquels il est par ailleurs impossible d’élaborer un traitement antiviral suppressif en raison d’une résistance, d’une intolérance ou de considérations liées à d’innocuité.
Décision rendue
Autorisé; un avis de conformité a été délivré conformément au Règlement sur les aliments et drogues.
Produits pharmaceutiques connexes
| Nom du produit | DIN | Entreprise | Ingrédient(s) actif(s) & concentration |
|---|---|---|---|
| RUKOBIA | 02520869 | VIIV HEALTHCARE ULC | Fostemsavir (Fostemsavir Trométhamine) 600 MG |