Sommaire de décision réglementaire portant sur Jardiance
Décisions d'examen
Le sommaire de décision réglementaire explique la décision de Santé Canada face au produit pour lequel une autorisation de mise en marché est demandée. Le sommaire de décision réglementaire comporte le but de la présentation et le motif de la décision.
Type de produit:
Ingrédient(s) médicinal(aux):
Classe thérapeutique :
Type de présentation :
Numéro de contrôle :
Quel était l'objet de la présentation?
Au moment de la présentation, Jardiance était indiqué chez les adultes atteints de diabète de type 2 (DT2) comme traitement d’appoint à un régime alimentaire et à l’exercice pour améliorer l’équilibre glycémique avec ou sans metformine, et en appoint au traitement standard visant à réduire les décès d’origine cardiovasculaire. Jardiance était également indiqué chez les adultes en appoint au traitement standard de l’insuffisance cardiaque avec fraction d’éjection réduite – fraction d’éjection du ventricule gauche (FEVG) ≤ 40 %. Ce supplément à une présentation de drogue nouvelle visait à élargir l’indication concernant l’insuffisance cardiaque afin d’inclure aussi les patients adultes atteints d’insuffisance cardiaque avec fraction d’éjection préservée (FEVG > 40 %).
Pourquoi la décision a-t-elle été rendue?
L’étude pivot citée dans le supplément, à savoir l’étude EMPEROR-Preserved, a évalué l’efficacité et l’innocuité de l’empagliflozine à 10 milligrammes (mg) administrée en appoint au traitement standard des patients adultes atteints d’insuffisance cardiaque chronique avec fraction d’éjection préservée (FEVG > 40 %). Il s’agissait d’un essai multinational de phase 3 à répartition aléatoire mené à double insu, contrôlé par placebo et dépendant du nombre d’événements, dont la période d’exposition médiane a été de 23 mois.
Au total, 5988 patients ont été répartis aléatoirement dans un groupe recevant l’empagliflozine (2997) ou un placebo (2991). L’âge moyen était de 72 ans : 45 % des participants étaient des femmes, 76 % étaient de race blanche et 14 % étaient asiatiques. La FEVG moyenne était de 54 % (FEVG < 50 %, 33 %; FEVG de 50 % à < 60 %, 34 %; FEVG ≥ 60 %, 33 %); 81,5 % des patients présentaient une insuffisance de classe II selon la classification de la New York Heart Association, 18,1 % présentaient une insuffisance de classe III, 0,3 % présentaient une insuffisance de classe IV, et 49 % présentaient un DT2. Le débit de filtration glomérulaire estimé (DFGe) était en moyenne de 60,6 millilitres (ml)/minute (min)/1,73 mètre carré (m2); 50,1 % des participants présentaient un DFGe ≥ 60 ml/min/1,73 m2, 49,9 % des participants présentaient un DFGe < 60 ml/min/1,73 m2 et 5,2 % des participants présentaient un DFGe < 30 ml/min/1,73 m2. L’insuffisance cardiaque était principalement d’origine ischémique (35,4 %), d’origine hypertensive (36,5 %), d’origine idiopathique (9,2 %) ou due à une valvulopathie (5,9 %). Au début de l’étude, 86 % des participants étaient traités avec un bêtabloquant, 81 % étaient traités avec un inhibiteur de l’enzyme de conversion de l’angiotensine, un antagoniste des récepteurs de l’angiotensine II ou un inhibiteur des récepteurs de l’angiotensine et de la néprilysine, 38 % étaient traités avec un antagoniste des récepteurs des minéralocorticoïdes et 86 % étaient traités avec un diurétique.
Le paramètre d’évaluation principal, soit l’incidence d’un décès d’origine cardiovasculaire ou de la première hospitalisation pour insuffisance cardiaque, a été observé chez une plus faible proportion de patients dans le groupe empagliflozine (415 patients; 13,8 %) que dans le groupe placebo (511 patients; 17,1 %), et le rapport des risques instantanés était de 0,79 (intervalle de confiance [IC] à 95 % : 0,69, 0,90, p = 0,0003). La séparation des courbes de l’incidence cumulative estimée dans les groupes empagliflozine et placebo a été observée deux mois après la répartition aléatoire et a perduré tout au long de l’essai. Cet effet est attribué à une diminution de l’incidence de la première hospitalisation pour insuffisance cardiaque, soit 8,6 % dans le groupe empagliflozine et 11,8 % dans le groupe placebo, alors que l’incidence des décès d’origine cardiovasculaire en tant que premier événement était semblable, soit 5,2 % et 5,3 %, respectivement. L’effet bénéfique de l’empagliflozine sur le paramètre d’évaluation principal était généralement constant dans l’ensemble des sous-groupes prédéterminés : les valeurs d’interaction p étaient > 0,05 dans tous les sous-groupes analysés (par exemple avec ou sans DT2, FEVG, âge < 70 ans ou plus, hommes/femmes, indice de masse corporelle, DFGe < 60 ou plus).
Le traitement par l’empagliflozine au cours de l’essai n’a révélé aucun nouveau signal d’innocuité et concordait globalement avec le profil d’innocuité connu chez les participants atteints de DT2 ou d’insuffisance cardiaque avec fraction d’éjection réduite. Une proportion similaire de participants ont présenté des effets indésirables, des effets indésirables menant à un arrêt prématuré du traitement et des effets indésirables menant à la mort entre les groupes de traitement. Les effets indésirables graves ont été moins souvent signalés dans le groupe empagliflozine (47,9 %) que dans le groupe placebo (51,6 %). En ce qui concerne les effets indésirables spécifiques et d’intérêt particulier, l’insuffisance rénale aiguë, l’acidocétose, les épisodes d’hypoglycémie, les fractures osseuses, les tumeurs malignes des voies urinaires et les lésions hépatiques se sont produits à des fréquences similaires ou inférieures dans le groupe empagliflozine par rapport au groupe placebo. Un plus grand nombre de participants du groupe empagliflozine ont présenté une infection des voies urinaires (7,9 % vs 6,1 %), une infection génitale (2,2 % vs 0,7 %), une déplétion volémique (11,9 % vs 9,6 %) et une hypotension (7,7 % vs 6,3 %) comparé au groupe placebo. Il s’agit d’effets indésirables connus de l’empagliflozine qui ont rarement mené à l’arrêt du traitement. Le profil des événements indésirables entre sous-groupes établis selon les caractéristiques démographiques, certaines caractéristiques initiales ou la prise concomitante d’un inhibiteur du système rénine-angiotensine-aldostérone ou d’un diurétique concordaient généralement avec le profil global des effets indésirables dans l’essai.
Dans l’ensemble, l’évaluation avantages-risques de Jardiance a été jugée favorable à son utilisation en appoint au traitement standard de l’insuffisance cardiaque chronique avec fraction d’éjection préservée. En plus de l’indication approuvée à l’égard de l’insuffisance cardiaque chronique avec fraction d’éjection réduite, Jardiance peut être utilisé pour le traitement de l’insuffisance cardiaque chronique, quelle que soit la FEVG. La délivrance d’un avis de conformité en application de l’article C.08.004 du Règlement sur les aliments et drogues a été recommandée.
Décision rendue
Autorisé; un avis de conformité a été délivré conformément au Règlement sur les aliments et drogues.