Sommaire des motifs de décision portant sur Banzel ™

Décisions d'examen

Le sommaire des motifs de décision explique les raisons pour lesquelles un produit a reçu une autorisation de vente au Canada. Le document comprend les considérations portant sur la réglementation, l’innocuité, l’efficacité et la qualité (sur le plan de la chimie et de la fabrication).


Type de produit:

Médicament
  • Ce document est une traduction française du document anglais approuvé.
BanzelMC

Rufinamide, 100 mg, 200 mg, 400 mg, Comprimé, Orale

Eisai Ltd.

No de contrôle de la présentation : 139913

Émis le : 2011-10-12

Avant-propos

Le Sommaire des motifs de décision (SMD) de Santé Canada expose les motifs d'ordre scientifique et réglementaire sur lesquels reposent les décisions de Santé Canada concernant la réglementation des médicaments et des instruments médicaux. Les SMD sont rédigés en langage technique à l'intention des personnes et groupes intéressés aux décisions de Santé Canada portant sur un produit donné et sont le reflet des observations consignées dans les rapports d'évaluation. À ce titre, les SMD servent à compléter et non à répéter l'information contenue dans la monographie de produit.

Nous invitons les lecteurs à consulter le « Guide du lecteur sur le Sommaire des motifs de décision - Médicaments au sujet de l'interprétation des termes et des acronymes utilisés ici. Ils trouveront également dans ce guide un aperçu du processus d'examen des présentations de drogue dans le feuillet intitulé « Comment les médicaments sont examinés au Canada », qui décrit les facteurs pris en considération par Santé Canada au cours du processus d'examen et d'autorisation d'une présentation de drogue. Les lecteurs devraient aussi consulter le document intitulé « Initiative du sommaire des motifs de décision - Foire aux questions ».

Le SMD correspond à l'information dont disposent les autorités de réglementation de Santé Canada au moment de prendre une décision. Les présentations subséquentes examinées à d'autres fins ne sont pas incluses dans la Phase I de la stratégie de mise en oeuvre des SMD. Pour obtenir de l'information à jour sur un produit en particulier, les lecteurs sont priés de consulter la monographie la plus récente de ce produit. Santé Canada fournit également l'information au sujet mises en garde diffusées après la commercialisation ou d'avis émis à la suite d'effets indésirables (EI).

Pour de plus amples renseignements sur un produit en particulier, les lecteurs peuvent également se rendre sur les sites Web des organismes de réglementation d'autres pays. L'information reçue à l'appui d'une présentation de drogue au Canada peut cependant ne pas être identique à celle reçue par d'autres gouvernements.

Autres politiques et lignes directrices

Les lecteurs sont invités à consulter le site Web de Santé Canada, où ils trouveront d'autres politiques et lignes directrices au sujet des médicaments, notamment le document intitulé «Gestion des présentations de drogues ».

1 Information sur le produit et la présentation

Marque nominative :

BanzelMC

Fabricant/promoteur :

Eisai Ltd.

Ingrédient médicinal :

Rufinamide

Dénomination commune internationale :

Rufinamide

Concentration :

100 mg, 200 mg, 400 mg

Forme posologique :

Comprimé

Voie d'administration :

Orale

Identification numérique de drogue (DIN) :

  • 02369613 - 100 mg
  • 02369621 - 200 mg
  • 02369648 - 400 mg

Classe pharmaco-thérapeutique (classe ATC) :

Antiépileptique

Ingrédients non médicinaux :

Noyau des comprimés : silice sublimée, fécule de maïs, croscarmellose sodique, hypromellose, lactose monohydraté, stéarate de magnésium, cellulose microcristalline et sulfate sodique de lauryle
Pellicule : hypromellose, oxyde de fer rouge, polyéthylèneglycol, talc et dioxyde de titane

Type et numéro de présentation :

Présentation de drogue nouvelle, numéro de contrôle : 139913

Date de la présentation :

2010-07-06

Date de l'autorisation :

2011-06-22
2 Avis de décision

Le 22 juin 2011, Santé Canada a émis B l'intention de Eisai Limited un avis de conformité du produit pharmaceutique Banzel.

Banzel contient l'ingrédient médicinal rufinamide, qui est un agent antiépileptique.

Banzel est indiqué dans le traitement d'appoint de crises liées au Syndrome de Lennox-Gastaut (SLG) chez les enfants de 4 ans ou plus et chez les adultes. Banzel n'est pas indiqué pour le traitement de tout autre type de troubles convulsifs.

Le(s) mécanisme(s) d'action exact(s) par lequel rufinamide exerce son effet antiépileptique chez les humains n'est pas connu. Les résultats des études in vitro laissent suggérer que rufinamide prolongerait l'état inactif des canaux sodiques de la membrane cellulaire.

L'autorisation de mise en marché s'appuie sur des données issues d'études de contrôle de la qualité et d'études non cliniques et cliniques. L'efficacité de Banzel en tant que traitement d'appoint pour les crises liées au SLG s'appuie sur des données issues d'une étude randomisée, multicentrique, contrôlée par placebo, à double insu et à groupes parallèles. L'étude comptait en tout 138 hommes et femmes (âgés de 4 à 37 ans) qui ont été diagnostiqués avec des crises insuffisamment maîtrisées liées au SLG (ce qui comprend des crises atypiques d'absence ou des effondrements épileptiques) et qui étaient traités avec 1 à 3 doses stables d'antiépileptiques concomitantes. Comparé au placebo, on a observé chez les patients traités par Banzel une amélioration considérable dans le nombre total de crises, d'effondrements épileptiques et dans la sévérité des crises. Dans l'ensemble, Banzel a été bien toléré.

Banzel (100 mg, 200 mg et 400 mg, rufinamide) est offert en comprimés. Pour les enfants et les adultes de moins de 30 kg, le traitement doit être amorcé avec une posologie quotidienne de 200 mg dont l'administration se fait en deux doses divisées également. Pour les adultes et les enfants de 30 kg ou plus, le traitement devrait être amorcé avec une posologie quotidienne de 400 mg dont l'administration se fait en deux doses divisées également. Pour les deux groupes, selon la réponse clinique et la tolérabilité, la dose devrait être augmentée de 5 mg/kg/jour toutes les deux semaines. L'augmentation de la posologie devrait être arrêtée lorsque les crises sont maîtrisées de manière satisfaisante. La dose maximale recommandée et les recommandations concernant la posologie sont décrites dans la monographie de produit.

Banzel est contre-indiqué chez les patients avec le syndrome du QT court familial, avec des antécédents familiaux du syndrome du QT court, la présence ou des antécédents d'un raccourcissement de l'intervalle QT et des patients qui sont hypersensibles au rufinamide, aux dérivés de triazol ou à tout excipient. Banzel devrait être administré dans les conditions décrites dans la monographie de produit, compte tenu des risques potentiels associés à l'administration de ce produit pharmaceutique. Les conditions détaillées relatives au Banzel sont décrites dans la monographie de produit.

Conformément à son examen des données portant sur la qualité, l'innocuité et l'efficacité du produit, Santé Canada juge que le rapport entre les avantages et les risques de Banzel est favorable au traitement d'appoint des crises liées au SLG chez les enfants âgés de 4 ans et plus et les adultes.

3 Motifs d'ordre scientifique et réglementaire

3.1 Motifs d'ordre qualitatif

3.1.1 Substance médicamenteuse (ingrédient médicinal)
Renseignements généraux

Rufinamide, l'ingrédient médicinal de Banzel, est un médicament antiépileptique. Le(s) mécanisme(s) d'action exact(s) par lequel rufinamide exerce son effet antiépileptique chez les humains n'est pas connu. Les résultats des études in vitro laissent suggérer que rufinamide prolongerait l'état inactif des canaux sodiques de la membrane cellulaire.

Procédé de fabrication et contrôles en cours de fabrication

Rufinamide est fabriqué par une synthèse en plusieurs étapes. Chaque étape du procédé de fabrication est considérée comme contrôlée à l'intérieur de limites acceptables :

  • Le promoteur a fourni de l'information sur la qualité et les contrôles pour toutes les matières qui entrent dans la fabrication de la substance médicamenteuse.
  • Les spécifications de la substance médicamenteuse sont jugées satisfaisantes.
  • Les étapes de traitement ont été évaluées et des intervalles appropriés ont été établis relativement aux paramètres des procédés.
Caractérisation

Des études de caractérisation détaillées ont été effectuées pour garantir que rufinamide présente systématiquement la structure caractéristique et l'activité biologique désirées.

Les impuretés découlant de la fabrication et/ou de l'entreposage ont été signalées et caractérisées. Les limites proposées ont été jugées raisonnablement qualifiées [c'est-à-dire (c.-à-d.) qu'elles se situent à l'intérieur des limites recommandées par l'International Conference on Harmonisation (ICH) et/ou qu'elles ont été qualifiées à partir d'études toxicologiques]. Le contrôle des impuretés dans la substance médicamenteuse est donc jugé acceptable.

Contrôle de la substance médicamenteuse

Des copies des méthodes d'analyse et, s'il y a lieu, les rapports de validation ont été présentés et sont jugés satisfaisants pour toutes les méthodes qui ont servi à l'analyse du produit fini ainsi qu'aux essais de stabilité portant sur rufinamide.

Après examen, on a déterminé que les résultats des analyses de lots sont tous conformes aux spécifications et témoignent d'une qualité constante des lots produits.

L'emballage de la substance médicamenteuse est jugé acceptable.

Stabilité

À la lumière des données sur la stabilité présentées, fondées sur des essais accélérés, de longue durée et en temps réel, la période de contre-essai et la durée de conservation proposées pour la substance médicamenteuse étaient bien étayées et sont jugées satisfaisantes.

3.1.2 Produit pharmaceutique
Description et composition

Les comprimés Banzel sont recouverts d'une pellicule, de couleur rose et de forme ovaloïde dont la face est légèrement convexe et contiennent 100 mg, 200 mg ou 400 mg de rufinamide. Chaque comprimé est marqué sur ses deux côtés. On peut trouver sur un côté du comprimé un symbole semblable à un « E » arrondi. Du même côté, les comprimés de 100 mg, 200 mg et 400 mg comportent une gravure représentant 261, 262 et 263 respectivement. Les doses de 100 mg et de 200 mg sont offertes en flacons de 30 comprimés et en bandes alvéolées thermoformées contenant chacune 10 comprimés, alors que les doses de 400 mg sont offertes dans des flacons de 120 comprimés et en bandes alvéolées thermoformées contenant chacune 10 comprimés.

Les ingrédients non médicinaux du noyau du comprimé sont les suivants : silice sublimée, fécule de maïs, croscarmellose sodique, hypromellose, lactose monohydraté, stéarate de magnésium, cellulose microcristalline et sulfate sodique de lauryle. La pellicule contient les ingrédients suivants : hypromellose, oxyde de fer rouge, polyéthylèneglycol, talc et dioxyde de titane.

Tous les ingrédients non médicinaux (excipients) présents dans le produit pharmaceutique sont autorisés par le Règlement sur les aliments et drogues. Les données sur la stabilité présentées à l'appui de la formulation commerciale proposée attestent la compatibilité de rufinamide avec les excipients.

Élaboration du produit pharmaceutique

Les modifications apportées au procédé de fabrication et à la formulation tout au long de l'élaboration du produit pharmaceutique ont été examinées et sont jugées acceptables.

Procédé de fabrication et contrôles en cours de fabrication

La méthode de fabrication est jugée acceptable, et le procédé est considéré comme dûment contrôlé à l'intérieur de limites justifiées.

Contrôle du produit pharmaceutique

Banzel a été soumis à des tests visant à en vérifier l'identité, l'apparence, l'uniformité de contenu, l'activité, la dissolution, les concentrations des impuretés liées aux médicaments et des impuretés microbiologiques; les résultats étaient conformes aux critères d'acceptation. Les spécifications des tests et les méthodes d'analyse sont jugées acceptables; la durée de conservation ainsi que les limites de libération des produits de dégradation, pris séparément ou globalement, se situent à l'intérieur de limites acceptables. Le processus de validation est jugé complet.

Les résultats des analyses finales de lots ont été examinés et sont jugés conformes aux spécifications du produit pharmaceutique.

Stabilité

À la lumière des données sur la stabilité présentées, fondées sur des essais accélérés, de longue durée et en temps réel, la durée de conservation proposée pour Banzel de 36 mois à une température de 15-30 oC est considérée comme acceptable lorsque le produit est conservé dans le récipient prévu à cet effet.

La compatibilité du produit pharmaceutique avec le système récipient-fermeture a été établie au moyen d'études de stabilité. Le système récipient-fermeture satisfait à tous les critères d'acceptation des tests de validation.

3.1.3 Installations et équipement

L'aménagement, le fonctionnement et les mécanismes de contrôle des installations et de l'équipement servant à la production de Banzel sont jugés acceptables pour les activités et les produits fabriqués.

Toutes les installations de fabrication proposées sont conformes aux exigences du titre 2 du Règlement sur les aliments et drogues.

3.1.4 Évaluation de l'innocuité des agents adventices

Le lactose monohydraté présent dans la production de Banzel est d'origine animale (vaches) qui n'est pas sensible à l'encéphalopathie spongiforme transmissible (EST). Un certificat signé par rapport au lactose monohydraté a été fourni pour attester que le lait utilisé dans la production de cet excipient provient d'animaux en santé de la même manière que le lait destiné à la consommation humaine.

Le stéarate de magnésium utilisé dans la fabrication de Banzel est strictement d'origine végétale.

3.1.5 Conclusion

L'information soumise sur les caractéristiques chimiques et la fabrication de Banzel montre que la substance médicamenteuse et le produit pharmaceutique peuvent être fabriqués de façon à répondre systématiquement aux spécifications approuvées. Des études appropriées sur l'élaboration et la validation ont été menées, et des contrôles adéquats sont en place pour la commercialisation.

3.2 Motifs non cliniques de la décision

3.2.1 Pharmacodynamique
Pharmacodynamique primaire
  • Les études in vitro sur les neurones des rats et des souris ont démontré que rufinamide limite la fréquence des décharges de potentiels d'actions dépendant du sodium en interagissant avec l'état inactif du canal sodique ainsi qu'en ralentissant la conversion du canal vers l'état actif, diminuant ainsi la fréquence des potentiels d'actions. Ceci indique qu'une activité anticonvulsivante est engendrée par l'inhibition directe des canaux sodiques et diffère des autres médicaments anticonvulsivants.
  • Rufinamide n'a pas interagi de manière significative avec les autres systèmes de neurotransmission, y compris l'acide gamma-aminobutyrique (GABA), la benzodiazépine, les sites de liaison monoaminergiques et cholinergiques, le N-méthyl D-aspartate (NMDA) et les autres sites de liaison d'acide aminé excitateur. Une interaction faible s'est manifestée aux sites récepteurs β-adrénergiques lors de concentrations élevées.
  • Rufinamide a été particulièrement efficace dans les modèles généralisés de crises tonico-cloniques provoquées par un test électrochoc maximal (TEM) chez les souris et les rats, et a été relativement moins efficace dans les modèles de crises provoquées chimiquement chez le rat.
  • Rufinamide a eu une durée d'action relativement longue conformément à sa pharmacocinétique.
  • Une activité anticonvulsivante additive a été observée chez les autres médicaments anticonvulsivants durant le TEM, sans activité antagoniste ou de potentialisation observée.
  • Aucune tolérance à l'activité anticonvulsivante durant le TEM ne s'est déclarée après 5 jours de posologie avec rufinamide.
  • L'indice protecteur et le coefficient d'innocuité de rufinamide étaient comparables ou supérieurs à ceux des autres médicaments antiépileptiques testés.
  • Dans l'ensemble, rufinamide possédait un profil d'activité anticonvulstivante qui différait quelque peu des médicaments comparateurs, mais qui ressemblait le plus à l'acide phénobarbital et valproïque.
  • Une diminution de la fréquence des crises a été observée chez les singes rhésus épileptiques atteints des crises d'épilepsie partielles chroniques récurrentes après avoir reçu le traitement de rufinamide à 30-50 mg/kg quotidiennement pendant 15 jours.
Pharmacodynamique secondaire
  • Rufinamide a semblé améliorer la fonction cognitive aux doses anticonvulsivantes et avait un effet analgésique sur la douleur neuropathique qui concordait avec celui d'autres médicaments anticonvulsivants.
Pharmacologie d'innocuité
  • Des études portant sur le système nerveux central (SNC) ont cerné des effets plus ou moins mineurs sur le comportement, l'activité locomotrice, la coordination motrice et le temps de sommeil d'origine médicamenteuse chez les souris. Chez les singes, des symptômes légers de dépression du SNC ont été observés après avoir été soumis à une dose élevée de rufinamide. Ces effets étaient transitoires.
  • Lors d'une épreuve faite sur le gène humain apparenté au gène éther-à-go-go (hERG), l'inhibition des courants de queue provoqués par le hERG était 35,9 % avec
    100 μmol/L de rufinamide et de 31,6 % avec le véhicule de diméthylsulfoxide de 1 %. Le témoin positif montrait une inhibition du courant de hERG significative de 87,1 %.
  • Aucun incident ne s'est déclaré en utilisant des doses par voie intraveineuse (IV) allant jusqu'à 10 mg/kg lors d'une étude cardiovasculaire menée sur un chien. Dans le cadre de cette étude, l'importance de la baisse du rythme cardiaque observée chez les chiens traités avec rufinamide n'était pas aussi prononcée que la baisse du rythme cardiaque observée chez les contrôles à qui l'on donnait le polyéthylèneglycol 400 de 30 % dans un véhicule salin.
  • Lors d'une évaluation respiratoire des chiens, une augmentation légère du volume courant s'est déclarée après la dose IV la plus élevée de 10 mg/kg et a duré approximativement 30 minutes.
  • Lors d'une étude rénale menée chez les rats femelles à qui l'on a donné des doses uniques de rufinamide par voie orale allant jusqu'à 300 mg/kg, le seul effet statistiquement significatif a été une augmentation de l'excrétion potassique d'urine 6 heures suivant l'administration de la dose de 300 mg/kg. Rufinamide n'a eu aucun effet sur le taux d'électrolytes plasmatiques 6 heures après l'administration.
  • Lors d'une évaluation des effets potentiels sur le taux de glucose sanguin chez les rats mâles, une augmentation transitoire du glucose sanguin après une dose unique de 100 mg/kg de rufinamide n'a pas été jugée de portée toxicologique étant donné que les effets avaient peu d'importance (6 %) et que des effets sur le glucose sanguin n'ont pas été observés dans de nombreuses études toxicologiques.
3.2.2 Pharmacocinétique
Absorption

L'ampleur de l'absorption variait dans l'espèce-cobaye et diminuait généralement en proportion dans les doses très élevées. L'augmentation moins que proportionnelle à la dose dans l'exposition systémique ne présentait aucune différence prononcée entre les différents sexes. Il n'y avait aucune accumulation significative après des doses répétées. L'exposition systémique chez les chiens jeunes et adultes était similaire pour la même dose de rufinamide.

Distribution

Rufinamide radiomarqué a été dispersé dans tout le corps des rats, et il n'y avait aucune trace d'une affinité particulière ou persistante envers des organes et des tissus spécifiques. Un transfert de rufinamide et/ou de ses métabolites chez le compartiment embryofœtal allant de marqué à modéré et réversible a été observé chez les rats et les lapins respectivement. Rufinamide radiomarqué était distinctement absorbé dans les glandes mammaires, ce qui indique que rufinamide et/ou ses métabolites pourrait être éliminé dans le lait.

La liaison de rufinamide avec les protéines sériques chez toutes les espèces était basse (23-25 %).

Métabolisme

Rufinamide a été largement métabolisé chez toutes les espèces. Le métabolite principal était le dérivé d'acide carboxylique formé par l'hydrolyse du groupe carboxylamide, qui est probablement catalysé par les enzymes carboxyestérases. Le métabolisme oxydatif était mineur et semblait plus prononcé chez les rongeurs que chez les chiens ou les primates.

Rufinamide a faiblement produit des enzymes de métabolisation des substances médicamenteuses dans le foie des rats et des souris d'une manière qualitativement semblable à la carbamazépine ou au phénobarbital. L'effet était réversible chez les souris. Rufinamide n'a montré aucune capacité significative de bloquer l'activité des enzymes cytochromes P450 (CYP) humains pertinents, n'a pas semblé agir comme substrat de la glycoprotéine-P (PgP), et était un inhibiteur potentiellement faible de transport de digoxine in vitro. Dans leur ensemble, ces études ne prévoient pas d'interactions médicamenteuses significatives associées à rufinamide.

Excrétion

L'excrétion des métabolites de rufinamide se faisait par l'urine et les selles avec très peu de rufinamide inchangé excrété dans l'urine.

3.2.3 Toxicologie
Toxicité à dose unique

Rufinamide a une faible toxicité aiguë sans mortalité chez les souris et les rats lors de doses administrées par voie orale allant jusqu'à 5000 mg/kg et jusqu'à 2000 mg/kg chez les chiens. Les signes cliniques pour les doses élevées étaient généralement reliés au SNC et comprennent l'hypoactivité, l'ataxie, une respiration irrégulière, l'hypertonie musculaire, l'horripilation et l'hypothermie chez les rongeurs et un tremblement léger chez les chiens.

Toxicité à doses multiples

Des altérations histopathologiques liées au traitement étaient présentes dans le foie des rats et des souris, ainsi que dans l'hypophyse, la thyroïde et les reins des rats. Une augmentation du poids du foie et une hypertrophie centrolobulaire hépatocellulaire reliées à l'induction d'enzymes étaient présentes lors de doses de ≥ 200 mg/kg chez les souris et de ≥ 60 mg/kg chez les rats. Les altérations histopathologiques du foie chez les souris (y compris l'hypertrophie hépatocellulaire et la nécrose monocellulaire) étaient accompagnées d'une élévation des activités d'alanine aminotransférase (ALT), d'aspartate aminotransférase (AST) et phosphatase alcaline (PA); une augmentation des enzymes sériques était absente chez les rats. L'induction d'enzymes hépatiques était manifesté chez les rats, démontrée par une augmentation de l'activité uridine diphosphate glucuronosyltransférase (UDPGT) thyroxine (T4) hépatique, des activités totales du cytochrome P450 et de l'aminopyrine N-déméthylase. Les résultats retrouvés dans le foie des souris et des rats, ainsi que les résultats retrouvés dans l'hypophyse et la thyroïde représentent un phénomène bien reconnu chez les rongeurs qui n'est pas jugé pertinent lors de l'évaluation du risque chez l'humain.

Le résultat principal des études sur les chiens pour une durée de 3 mois ou plus consistait en une toxicité/cholestase hépatobiliaire aux concentrations des doses de rufinamide aussi bas que 5 mg/kg et à des expositions bien en deçà de celles des humains à des doses thérapeutiques. L'activité de PA et d'ALT était souvent, mais pas toujours, augmentée chez les chiens avec des résultats microscopiques. Les effets hépatobiliaires de gravité réduite perduraient dans des périodes de rétablissement de 4 semaines.

Lors de l'étude de 13 semaines portant sur les singes, les doses de rufinamide à 300 mg/kg/jour provoquaient des baisses statistiquement significatives de l'intervalle QT aux jours 28 et 86 qui étaient possiblement reliées au traitement, mais d'importance toxicologique improbable étant donné la faiblesse de la modification (9 et 12 msec respectivement).

Lors de l'étude de 13 semaines portant sur les singes, rufinamide a provoqué la formation de cholélithes et l'inflammation connexe de l'épithélium de la vésicule biliaire à 100-300 mg/kg, ainsi qu'une augmentation des activités d'ALT, d'AST et de PA à 60-300 mg/kg. Lors de l'étude de 26/52 semaines sur les singes, une augmentation du poids du foie et une hypertrophie hépatocellulaire ont été observées à 60 et 200 mg/kg, et des cholélithes ont été observés à 200 mg/kg. Les expositions à ces doses étaient comparables ou supérieures à la dose maximale recommandée chez l'humain (DMRH). L'exposition à la dose sans effet observé (DSEO) (20 et 35 mg/kg) était inférieure à celle de la DMRH. Les cholélithes étaient partiellement réversibles après une période de rétablissement de 4 semaines et étaient composés principalement d'un conjugué insoluble du métabolite de rufinamide hydroxylé à la cystéine probablement formé par la dégradation enzymatique du glutathion correspondant et par la précipitation dans la bile. Le promoteur a déclaré que le conjugué du métabolite hydroxylé à la crystéine ne se forme pas chez les humains et que par conséquent la formation de cholélithes pouvait ne pas être pertinente à l'innocuité pour les humains.

Cancérogénicité

Lors de l'étude de cancérogénicité chez les souris :

  • Des augmentations légères des adénomes et des carcinomes hépatocellulaires chez les deux sexes à la dose élevée (400 mg/kg) étaient accompagnées d'une hypertrophie hépatocellulaire et d'une élévation des taux d'enzymes sériques hépatiques. Les effets tumorigènes observés dans le foie des souris peuvent être considérés, d'une manière raisonnable, comme représentant un phénomène adaptatif particulier aux rongeurs par rapport à l'induction d'enzymes microsomiques et ne représentent pas un risque significatif pour l'innocuité chez les humains.
  • Des accroissements de l'incidence d'ostéomes se sont manifestés à toutes les doses (40, 120 et 400 mg/kg). Le promoteur a suggéré que l'induction des tumeurs et des effets non néoplasiques dans les os des souris (hyperostose) étaient causés par le métabolisme de fluorure libérant rufinamide, ce qui provoque l'activation rétrovirale dans les cellules osseuses et par conséquent, l'accroissement d'ostéomes provoqué par rufinamide chez les souris n'était pas pertinent pour l'innocuité chez les humains étant donné qu'un métabolisme semblable libérant le fluorure n'a pas été observé chez les humains. Toutefois, la pertinence possible d'ostéomes provoqués par rufinamide ne peut pas être éliminée avec certitude par rapport à l'estimation des risques/de l'innocuité pour les humains.

Lors de l'étude de cancérogénicité chez les rats :

  • Un accroissement de l'incidence des adénomes folliculaires de la thyroïde est apparu à 60 et 200 mg/kg.
  • Les résultats non néoplasiques reliés au traitement dans le foie ont compris une hypertrophie hépatocellulaire centrilobulaire (60 et 200 mg/kg) et des macrophages hépatiques pigmentés, une apoptose et une mégalocytose (200 mg/kg seulement chez les femelles).
  • Le mécanisme sous-jacent de l'apparition de lésions proliférantes de la thyroïde causée par des agents qui produisent l'induction de l'activité de l'enzyme de métabolisation du médicament est bien établi pour les rats mâles. Il existe des preuves substantielles selon lesquelles les humains sont moins sensibles que les rongeurs aux effets tumorigènes suite au dérèglement de l'état thyroïdien de longue durée.
Mutagénicité

Rufinamide n'était pas mutagène lors des essais in vitro de mutation inverse bactérienne (Ames) et des essais in vitro de mutation des cellules de mammifères. Rufinamide n'était pas clastogène lors des essais in vitro sur des cellules ovariennes de hamster chinois par rapport aux aberrations chromosomiques et lors de l'étude in vivo sur les micronoyaux de la moelle osseuse des rats, et n'a pas augmenté les échanges de chromatides sœurs chez les rats, ni la fréquence d'anomalies nucléaires dans les cellules de moelle osseuse des cochons de seigle.

Toxicité pour l'appareil reproducteur et le développement

Une série complète d'études sur la toxicité pour l'appareil reproducteur et le développement chez les rats et les lapins ont démontré une toxicité embryofœtale, y compris une augmentation de la perte avant et après implantation, une augmentation des anomalies et des variations de structure et un taux de mortalité prématurée des petits à des expositions systémiques inférieures à celles de la dose maximale recommandée chez l'humain (DMRH). Par conséquent, rufinamide ne devrait pas être administré aux femmes enceintes ni à celles qui ont l'intention de le devenir.

Les résultats chez les animaux juvéniles étaient, de façon générale, semblables à ceux chez les adultes et comprenaient les effets hépatobiliaires chez les jeunes chiens.

3.2.4 Résumé et conclusion

Dans l'ensemble, les études non cliniques soumises à l'appui de cette présentation ont été jugées acceptables. Rufinamide a été généralement bien toléré dans les études à doses multiples dont le système hépatobiliaire était une cible commune. Les effets différaient chez chaque espèce étant donné les variations dans les voies métaboliques. Les résultats de toxicité ont été considérés dans la plupart des cas comme non pertinents aux humains, étant donné qu'il s'agissait de phénomènes particuliers aux espèces testées. Toutefois, rufinamide a produit des effets sur le développement lorsqu'administré par voie orale à des animaux en gestation aux doses cliniques appropriées. Par conséquent, les femmes enceintes ou celles ayant l'intention de le devenir ne devraient pas utiliser Banzel. Les mises en garde et mesures préventives inscrites dans la monographie de produit traitent adéquatement de tous les problèmes d'innocuité. Dans l'ensemble, on ne peut conclure, d'après cette présentation, à l'existence d'un problème pharmacologique ou toxicologique qui empêcherait l'autorisation du produit pour l'indication proposée.

3.3 Motifs cliniques de la décision

3.3.1 Pharmacodynamique

La modélisation pharmacocinétique/pharmacodynamique de la population a démontré, dans le cadre de l'étude Lennox-Gastaut, la diminution de la fréquence totale des crises et des crises tonico-cloniques, l'amélioration de l'évaluation globale de la gravité et du taux de réduction de la fréquence des crises par > 50 % dépendaient des concentrations de rufinamide.

Une étude chez des volontaires en bonne santé a évalué les effets d'une dose unique de 800 mg rufinamide sur les potentiels acoustiquement évoqués (PAE). Les résultats ont révélé une augmentation statistiquement significative de l'amplitude N100 avec rufinamide comparé au placebo. Comme l'onde N100 reflète probablement les processus attentionnels et d'orientation précoce, la croissance de l'onde N100 laisse suggérer une intensification de la concentration attentionnelle sur les stimuli ciblés.

3.3.2 Pharmacocinétique
Absorption

Les concentrations plasmatiques maximales de rufinamide ont été déclarées approximativement 6 heures suivant l'administration par voie orale. La consommation d'aliments augmentait le taux d'absorption de rufinamide. Les niveaux d'exposition au médicament [surface sous la courbe (SSC)] et les valeurs de concentration plasmatique maximale du médicament (Cmax) ont été augmentés de 34 % et de 56 % respectivement. La biodisponibilité de ce médicament était inversement proportionnelle à la dose.

Distribution

Chez les humains, approximativement 34 % de rufinamide est liée aux protéines sériques.

Le volume de distribution apparent dépend de la dose et varie selon la surface corporelle. Le volume de distribution apparent se situait à approximativement 50 L à 3200 mg/jour.

Métabolisme

Rufinamide est fortement métabolisé par l'hydrolyse de son groupe carboxyde vers un métabolite pharmacologiquement inactif (dérivé d'acide carboxylique) qui est principalement éliminé par les reins.

Les données in vivo indiquent que rufinamide ne bloque pas les enzymes cytochromes P450 : 1A2; 2A6, 2C9; 2D6; 3A4/5; ou 4A9/11-2.

Excrétion

L'excrétion rénale constitue d'approximativement 85 % de la dose de rufinamide avec 66 % du médicament éliminé sous forme de dérivé d'acide carboxylique et < 2 % du médicament reste inchangé. La demi-vie dans le plasma se situait à environ 6-10 heures chez les sujets en santé et chez les épileptiques.

3.3.3 Efficacité clinique

L'innocuité et l'efficacité de Banzel ont été évaluées en tant que traitement adjuvant lors d'une seule étude multicentrique, à double insu, randomisée, et contrôlée avec placebo de 16 semaines chez des patients atteints du syndrome de Lennox-Gastaut (SLG) qui n'étaient pas contrôlés adéquatement. Après une période de référence de 4 semaines, les patients admissibles ont été randomisés dans un groupe placebo ou un groupe Banzel. Les patients sont ensuite passés par une période de réglage de la posologie de 2 semaines pendant lesquelles chaque patient a été réglé jusqu'à sa dose maximale tolérée (maximum de 45 mg/kg/jour, 3200 mg/jour chez les adultes de ≥ 70 kg), suivie par une période d'entretien de 10 semaines durant lesquelles chaque patient a reçu sa dose maximale tolérée telle qu'établie pendant la période de réglage de la posologie. Il y avait 74 patients dans le groupe Banzel et 64 patients dans le groupe placebo (138 patients au total). L'âge des patients variait entre 4 et 37 ans, et plus de 70 % des patients avaient < 17 ans.

Les trois paramètres co-primaires étaient :

  • le changement du pourcentage médian dans la fréquence totale des crises par 28 jours;
  • le changement du pourcentage médian dans la fréquence des crises toniques et atoniques (chutes par dérobement des jambes) par 28 jours;
  • la gravité des crises selon l'évaluation globale effectuée par le parent/tuteur de la condition du patient.

L'évaluation globale effectuée par le parent/tuteur consistait d'une évaluation en 7 points faite à la fin de la phase à double insu. Les scores allaient de +3 : gravité des crises grandement améliorée, à -3 : gravité des crises grandement empirée. Zéro (0) représentait une absence de changement.

Les trois paramètres co-primaires du groupe Banzel ont été améliorés de façon significative à la fois statistiquement et cliniquement comparés à ceux dans le groupe placebo.

3.3.4 Innocuité clinique

L'innocuité de Banzel a été fondée principalement sur l'étude pivotale décrite à la section 3.3.3 Efficacité clinique. L'évaluation de l'innocuité comprenait des données des 138 patients ayant reçu au moins une dose de l'un des traitements. Les effets néfastes pour Banzel étaient semblables à ceux des autres médicaments antiépileptiques [par exemple (p.ex.), étourdissements, somnolence, diplopie, vision trouble]. Les autres effets comprenaient des éruptions cutanées (7 % dans le groupe Banzel, 2 % dans le groupe placebo); un nystagmus (4 %), une ataxie (5 %) et un état de mal épileptique (4 %), tous dans le groupe Banzel par rapport à aucun dans le groupe placebo. La somnolence a été déclarée chez 24 % des patients traités avec Banzel par rapport à 13 % des patients ayant reçu le placebo. Deux des cas du groupe Banzel ont été jugés graves. Il n'y a eu aucun cas grave dans le groupe placebo. Des vomissements ont été déclarés chez 22 % des patients traités avec Banzel par rapport à 6 % des patients ayant reçu le placebo.

Aucune mort n'est survenue durant l'étude. Approximativement 86 % et 92 % des patients des groupes Banzel et placebo respectivement ont complété l'étude. La cessation de traitement en raison d'un manque d'efficacité était de 5 % chez le groupe Banzel contre 1,5 % chez le groupe placebo. Six patients du groupe Banzel ont cessé le traitement en raison d'effets indésirables (EI) par rapport à aucun dans le groupe placebo. La dose quotidienne au début des effets qui ont mené à la cessation du traitement était de 100 et 400 et 1400 mg chacune chez un patient, et de 800 mg chez 3 patients. Certains des EI qui ont mené au retrait des patients étaient la somnolence, des éruptions cutanées et des vomissements chacun chez 2 patients. Un cas grave d'éruptions cutanées est survenu chez un patient âgé de 12 ans et de sexe masculin ayant reçu Banzel.

Innocuité à long terme

Lors d'une étude d'observation ouverte de 36 mois, 124 patients (groupe d'âge : 4 à 37 ans) atteints du SLG ont été traités avec Banzel; 71,8 % se situaient entre 4 et 16 ans. La dose quotidienne médiane de Banzel pendant le traitement était de 1800 mg/jour allant de 103 à 4865 mg/jour. La durée d'exposition médiane au Banzel était de 432 jours (étendue : 10-1149 jours). Trente-quatre pour cent des patients ont complété l'étude. Les quatre EI les plus communs observés durant le traitement au Banzel dans le cadre de cette étude étaient les vomissements (31 %), la pyrexie (26 %), une infection des voies respiratoires supérieures (22 %) et la somnolence (21 %). Dix-sept patients (dont 16 étaient pédiatriques) ont vécu des effets indésirables graves (EIG); par exemple, éruptions cutanées, oesophagite, état de mal épileptique, vomissements et léthargie. Approximativement 41 % (ou 49 patients) ont cessé l'étude en raison d'un manque d'efficacité et approximativement 10 % (12 patients) en raison d'EI. Trois patients ont éprouvé un état de mal épileptique (tous graves) et aucun d'entre eux n'avait d'antécédents de cet effet. Des douze patients qui se sont retirés en raison d'EI, une éruption cutanée a été déclarée chez 4 de ces patients. Tous ces cas étaient jugés peu ou modérément graves, sauf un.

Questions d'intérêt liées à l'innocuité

Raccourcissement de l'intervalle QTc

Des études cardiaques officielles utilisant un électrocardiogramme ont démontré un raccourcissement de l'intervalle QT (le moyen étant d'approximativement 20 msec pour des doses > 2400 mg deux fois par jour) dans le traitement au Banzel. Lors d'une étude contrôlée avec placebo de l'intervalle QT, un pourcentage supérieur de sujets traités avec Banzel (46 % à 2400 mg, 46 % à 3200 mg et 65 % à 4800 mg par jour) a eu un raccourcissement de plus de 20 msec au moment d'atteindre la concentration plasmatique maximale (Tmax) comparée au placebo (5-10 %).

Des diminutions de l'intervalle QT inférieures à 300 msec n'ont pas été observées lors des études officielles sur l'intervalle QT utilisant des doses allant jusqu'à 7200 mg/jour.

Le degré de raccourcissement de l'intervalle QT provoqué par Banzel ne possède aucun risque clinique connu. Le syndrome du QT court familial est associé à un risque accru de mort subite et d'arythmies ventriculaires, particulièrement la fibrillation ventriculaire. On croit que de tels effets avec ce syndrome apparaissent surtout quand l'intervalle QT corrigé descend au dessous de 300 msec.

Banzel est contre-indiqué chez les patients avec le syndrome du QT court familial, avec des antécédents familiaux du syndrome du QT court, la présence ou des antécédents d'un raccourcissement de l'intervalle QT. En plus de la contre-indication, un énoncé de mise en garde a été ajouté à la monographie de produit concernant les effets de Banzel sur le raccourcissement de l'intervalle QT.

État de mal épileptique

Lors de l'étude pivotale sur le SLG décrite dans la section 3.3.3 Efficacité clinique, 3 patients du groupe Banzel (4 %) ont subi un état de mal épileptique par rapport à aucun patient dans le groupe placebo. Dans toutes les études à double insu (diverses indications concernant l'épilepsie), 11 patients traités avec Banzel (1 %), y compris 4 patients pédiatriques ont subi un état de mal épileptique par rapport à aucun patient dans le groupe placebo. Depuis la date de mise en marché internationale de rufinamide jusqu'au 29 juillet 2011, sept rapports post-commercialisation d'état de mal épileptique pendant le traitement au Banzel ont été reçus. Un énoncé de mise en garde a été ajouté à la monographie de produit pour avertir les prescripteurs du lien possible entre Banzel et l'état de mal épileptique.

Effets indésirables liés au foie

En comptant toutes les études cliniques contrôlées (indications liées à l'épilepsie et sur le SLG), il y a eu en tout 26 EI liés au foie chez 1240 patients traités avec Banzel comparé à 10 cas chez 635 patients traités avec le placebo. Dans 10 des 26 cas, les patients ont commencé l'étude avec des enzymes hépatiques normaux, puis ces valeurs ont augmenté après le traitement au Banzel (sans tendance claire par rapport aux doses). Dans 5 des 10 cas, il y avait soit un lien temporel entre le traitement au Banzel et l'élévation des enzymes hépatiques, soit une cessation positive après l'interruption du traitement au Banzel.

Les données postérieures à la mise en marché ont montré 8 déclarations spontanées d'effets indésirables liés au foie (5 d'entre eux étaient considérés comme « graves »), y compris l'hépatite, une élévation du taux d'enzymes hépatiques et un cas d'insuffisance hépatique. Trois des cas se sont produits chez des patients pédiatriques. Dans l'un des cas, un patient âgé de 9 ans et de sexe masculin atteint du SLG recevait rufinamide (450-600 mg/jour) depuis environ deux mois lorsqu'il a été hospitalisé suite à des vomissements persistants (4-5 jours) et une hypovolémie. Le patient a été victime à la fois d'une insuffisance rénale et hépatique. L'insuffisance rénale a été causée par une infection, et a été traitée avec un antibiotique; l'insuffisance hépatique a été résolue (pendant l'hospitalisation) par le retrait de tout agent antiépileptique. Dans l'exposé de cas, il n'est pas clair si une reprise du traitement a été tentée.

Rufinamide est métabolisé dans le foie indépendamment de toute famille d'enzymes CYP  P450. Il est difficile de déterminer avec certitude si rufinamide est associé à des lésions hépatiques. De plus, il n'y a aucune lésion hépatique ni aucun signal d'hépatotoxicité dans les données sur les animaux. Toutefois, en raison d'une quantité de cas signalés d'effets indésirables liés au foie dans les essais cliniques, on a demandé au promoteur de fournir des rapports semestriels sur les effets indésirables liés au foie à Santé Canada, en plus de la surveillance usuelle.

Éruptions cutanées et hypersensibilité

Le promoteur a déclaré que la majorité des médicaments antiépileptiques sont associés aux éruptions cutanées ou à d'autres troubles cutanés d'une réaction à médiation immunitaire, et certains médicaments sont aussi associés au « syndrome d'hypersensibilité au médicament antiépileptique ». Le syndrome grave d'hypersensibilité au médicament antiépileptique s'est déclaré en combinaison avec le traitement au rufinamide. Même si les signes et les symptômes de ces réactions différaient, les patients présentaient habituellement, de la fièvre et des éruptions cutanées en association avec d'autres atteintes des systèmes organiques.

Lors de l'étude pivotale sur le SLG, 2 % des patients traités avec le placebo et 7 % de ceux ayant reçu le traitement au Banzel ont présenté des « éruptions cutanées ». Cette différence de 3,5 entre le traitement au placebo et au médicament est significative. Lorsqu'on considère toutes les études cliniques à double insu et contrôlées de Banzel, les « éruptions cutanées » ont aussi été déclarées chez 4 % des patients pédiatriques traités avec Banzel (placebo : 2 %). Chez l'un des patients, on a rapporté des éruptions cutanées, de l'urticaire, de l'œdème facial, des éosinophiles élevés, de la fièvre, un état de stupeur et une hépatite grave après presque 4 semaines de traitement au rufinamide. Les symptômes ont été résolus 11 jours après cessation du traitement avec rufinamide. Les éruptions cutanées étaient présentes dans 4 autres cas ainsi qu'avec l'un des symptômes suivants : fièvre, élévation du taux d'enzymes hépatiques, hématurie et lymphadénopathie. Un énoncé de mise en garde est fourni dans la monographie de produit concernant les effets indésirables liés aux éruptions cutanées dans le contexte du syndrome d'hypersensibilité pluriorganique.

3.4 Évaluation des avantages / risques et recommandation

3.4.1 Évaluation des avantages/risques

Le syndrome de Lennox-Gastaut (SLG) est l'une des épilepsies infantiles les plus dévastatrices, avec certains patients faisant des milliers de crises par mois. De nombreux enfants ne survivent pas jusqu'à l'adolescence ou l'âge adulte. L'incidence du SLG est approximativement 0,5-2 par 10000. Les patients sont difficiles à recruter, à diagnostiquer et à soutenir jusqu'à l'achèvement puis au suivi de l'étude. En raison de ces restrictions, une seule étude sur l'innocuité et l'efficacité a été menée avec Banzel chez des patients atteints du SLG. Lors de cette étude pivotale, Banzel a montré des améliorations statistiquement et cliniquement significatives par rapport au placebo.

Banzel est disponible en Europe depuis janvier 2007 et aux États-Unis depuis novembre 2008. Il n'y a eu aucun signal d'innocuité après la mise en marché jusqu'à présent. Les patients atteints du SLG sont inévitablement surveillés de près par leur médecin responsable, en raison de la nature grave de la maladie et du fait que les patients prennent habituellement 2-3 médicaments en plus qui possèdent leur propre spectre d'effets parfois nocifs, et qui ont donc besoin d'être surveillés.

Pour l'instant, le taux d'avantages/inconvénients pour Banzel (rufinamide) est favorable lorsque prescrit selon les conditions d'utilisation recommandées dans la monographie de produit.

Une monographie de produit mutuellement acceptable a été établie en accord avec le promoteur. Le promoteur a respecté tous les engagements post-commercialisation du plan de gestion des risques exigés par Santé Canada.

3.4.2 Recommandation

Après avoir examiné les données sur la qualité, l'innocuité et l'efficacité de ce produit, Santé Canada estime que Banzel a un profil avantages/risques favorable au traitement d'appoint des crises associées au syndrome de Lennox-Gastaut (SLG) chez les enfants de 4 ans ou plus et chez les adultes. Banzel n'est pas indiqué pour le traitement de tout autre type de trouble épileptique. La présentation de drogue nouvelle répond aux exigences des articles C.08.002 et C.08.005.1 et, par conséquent, Santé Canada a émis l'avis de conformité prévu par l'article C.08.004 du Règlement sur les aliments et drogues.

4 Étapes importantes de la présentation

Étapes importantes de la présentation: BanzelMC

Étape importante de la présentationDate
Réunion préalable à la présentation :2010-02-02
Dépôt de la présentation :2010-07-06
Examen préliminaire :
Lettre d'acceptation à l'issue de l'examen préliminaire :2010-08-25
Examen
Évaluation biopharmaceutique terminée :2011-06-08
Évaluation de la qualité terminée :2011-06-14
Évaluation clinique terminée :2011-06-15
Examen de l'étiquetage terminé :2011-06-20
Délivrance de l'avis de conformité par le directeur général :2011-06-22