Sommaire des motifs de décision portant sur Byetta ™
Décisions d'examen
Le sommaire des motifs de décision explique les raisons pour lesquelles un produit a reçu une autorisation de vente au Canada. Le document comprend les considérations portant sur la réglementation, l’innocuité, l’efficacité et la qualité (sur le plan de la chimie et de la fabrication).
Type de produit:
- Ce document est une traduction française du document anglais approuvé.
ByettaMC
Exénatide, 250 µg/mL, Solution
Eli Lilly Canada Inc.
No de contrôle de la présentation : 128932
Émis le : 2011-05-27
Avant-propos
Le Sommaire des motifs de décision (SMD) de Santé Canada expose les motifs d'ordre scientifique et réglementaire sur lesquels reposent les décisions de Santé Canada concernant la réglementation des médicaments et des instruments médicaux. Les SMD sont rédigés en langage technique à l'intention des personnes et groupes intéressés aux décisions de Santé Canada portant sur un produit donné et sont le reflet des observations consignées dans les rapports d'évaluation. À ce titre, les SMD servent à compléter et non à répéter l'information contenue dans la monographie de produit.
Nous invitons les lecteurs à consulter le « Guide du lecteur sur le Sommaire des motifs de décision - Médicaments au sujet de l'interprétation des termes et des acronymes utilisés ici. Ils trouveront également dans ce guide un aperçu du processus d'examen des présentations de drogue dans le feuillet intitulé « Comment les médicaments sont examinés au Canada », qui décrit les facteurs pris en considération par Santé Canada au cours du processus d'examen et d'autorisation d'une présentation de drogue. Les lecteurs devraient aussi consulter le document intitulé « Initiative du sommaire des motifs de décision - Foire aux questions ».
Le SMD correspond à l'information dont disposent les autorités de réglementation de Santé Canada au moment de prendre une décision. Les présentations subséquentes examinées à d'autres fins ne sont pas incluses dans la Phase I de la stratégie de mise en oeuvre des SMD. Pour obtenir de l'information à jour sur un produit en particulier, les lecteurs sont priés de consulter la monographie la plus récente de ce produit. Santé Canada fournit également l'information au sujet mises en garde diffusées après la commercialisation ou d'avis émis à la suite d'effets indésirables (EI).
Pour de plus amples renseignements sur un produit en particulier, les lecteurs peuvent également se rendre sur les sites Web des organismes de réglementation d'autres pays. L'information reçue à l'appui d'une présentation de drogue au Canada peut cependant ne pas être identique à celle reçue par d'autres gouvernements.
Autres politiques et lignes directrices
Les lecteurs sont invités à consulter le site Web de Santé Canada, où ils trouveront d'autres politiques et lignes directrices au sujet des médicaments, notamment le document intitulé «Gestion des présentations de drogues ».
1 Information sur le produit et la présentation
Marque nominative :
Fabricant/promoteur :
Ingrédient médicinal :
Dénomination commune internationale :
Concentration :
Forme posologique :
Voie d'administration :
Identification numérique de drogue (DIN) :
- 02361809 - 1,2 mL stylo prérempli
- 02361817 - 2,4 mL stylo prérempli
Classe pharmaco-thérapeutique (classe ATC) :
Ingrédients non médicinaux :
Type et numéro de présentation :
Date de la présentation :
Date de l'autorisation :
BYETTAMC est une marque de commerce déposée d'Amylin Pharmaceuticals Inc., et elle est utilisée avec l'autorisation d'Eli Lilly Canada Inc.
2 Avis de décision
Le 13 janvier 2011, Santé Canada a émis à l'intention d'Eli Lilly Canada Inc. un avis de conformité du produit pharmaceutique Byetta.
Byetta contient l'ingrédient médicinal exénatide, qui est un agent antihyperglycémique.
Byetta est indiqué, en combinaison avec la metformine et/ou une sulfonylurée dans l'amélioration du contrôle glycémique chez les patients atteints du diabète de type 2, quand les doses maximales tolérées de ces thérapies orales, en plus de la diète et de l'exercice, n'offrent pas un contrôle glycémique adéquat. Après sa libération dans la circulation à partir des intestins, Byetta améliore le contrôle glycémique en augmentant la sécrétion d'insuline qui dépend du glucose et en montrant d'autres actions de régulation du glucose.
L'autorisation de commercialisation s'appuie sur l'information sur la chimie et la fabrication, les études non cliniques et cliniques présentées. Au cours de trois études pivotales randomisées contrôlées à double insu d'une durée de 30 semaines, on a évalué l'efficacité et l'innocuité de Byetta chez des patients atteints du diabète de type 2 et qui avaient un indice de masse corporelle de 27 à 45 kg/m2, inclusivement, dont le contrôle glycémique était inadéquat avec des doses maximales efficaces de metformine seulement, de sulfonylurée seulement ou de metformine en combinaison avec une sulfonylurée. Au total, 1 447 patients ont été randomisés en vue de recevoir un traitement. Dans les trois études, l'ajout de Byetta au régime de metformine, d'une sulfonylurée, ou des deux, a occasionné des réductions significatives du point de vue statistique de l'hémoglobine A1c (HbA1c) à la semaine 30 à partir de la valeur de référence de HbA1c chez les patients qui recevaient un placebo ajouté à la metformine, et/ou une sulfonylurée.
Byetta (250 µg/mL, exénatide) est offert sous forme de solution pour injection sous-cutanée. Byetta peut être administré à tout moment durant la période de 60 minutes avant les repas du matin et du soir (ou avant les deux principaux repas de la journée, à au moins 6 heures d'intervalle). Byetta ne doit pas être administré après un repas. Le traitement à Byetta doit commencer à 5 µg par dose deux fois par jour (BID) chez les patients atteints du diabète de type 2 qui reçoivent déjà de la metformine, une sulfonylurée, ou une combinaison de metformine et d'une sulfonylurée. D'après la réponse clinique, la dose de Byetta peut augmenter à 10 µg BID après un mois de thérapie afin d'améliorer davantage le contrôle de la glycémie, selon la tolérance. La dose maximale est de 10 µg BID. Si aucune amélioration du contrôle de la glycémie n'est observée après trois ou quatre mois, il faut envisager d'autres thérapies.Les recommandations concernant la posologie sont énoncées dans la monographie de produit.
Byetta est contre-indiqué chez les patients qui présentent une hypersensibilité connue à ce produit ou à l'une ou l'autre de ses composantes. Byetta ne doit pas être utilisé chez les patients atteints d'insuffisance rénale terminale ou d'insuffisance rénale grave (excrétion de créatinine de moins de 30 mL/min), y compris les patients qui subissent une dialyse. Byetta est aussi contre-indiqué chez les patients atteints d'acidocétose diabétique, qui sont en coma ou précoma diabétique ou qui présentent un diabète de type 1. Byetta devrait être administré selon les conditions décrites dans la monographie de produit, en tenant compte des risques potentiels associés à l'administration de ce produit pharmaceutique. Les conditions détaillées relatives à l'usage de Byetta sont décrites dans la monographie de produit.
Conformément à son examen des données portant sur la qualité, l'innocuité et l'efficacité du produit, Santé Canada juge que le rapport entre les avantages et les risques de Byetta en combinaison avec la metformine et/ou une sulfonylurée est favorable à l'amélioration du contrôle glycémique chez les patients atteints du diabète de type 2, quand les doses maximales tolérées de ces thérapies orales, en plus de la diète et de l'exercice, n'offrent pas un contrôle glycémique adéquat.
3 Motifs d'ordre scientifique et réglementaire
La présentation de drogue nouvelle (PDN) initiale de Byetta (exénatide) a été déposée en mars 2006 et portait le numéro de contrôle 105018. Un Avis d'insuffisance (ADI) a été émis le 10 octobre 2006. Une réponse à l'ADI a été produite, et, le 26 février 2007, un ADI-retrait a été émis. Un ADI-retrait a été émis pour la PDN initiale de Byetta parce que la réponse à l'ADI ne comprenait pas une étude approfondie de l'allongement de l'intervalle QT chez les humains conformément aux lignes directrices de l'International Conférence on Harmonisation (ICH E14) et n'incluait pas assez de données pour permettre à Santé Canada d'évaluer le risque d'allongement de l'intervalle QT lié à l'exénatide. Par la suite, le promoteur a consulté Santé Canada afin de créer un protocole en vue d'une étude approfondie de l'intervalle QT ([GWCI]).
La présentation de Byetta a été redéposée (numéro de contrôle 128932) en avril 2009. Le 18 mars 2010, un Avis de non-conformité (ADN) a été émis pour la PDN, surtout en ce qui concerne l'interprétation de l'étude de l'intervalle QT ([GWCI]) et les recommandations relatives à l'étiquetage subséquent en ce qui concerne les résultats de cette étude. D'autres changements de la monographie de produit n'étaient pas non plus traités de façon adéquate, et ces enjeux supplémentaires faisaient partie de l'ADN à titre d'autres préoccupations. En réponse à l'ADN, d'autres renseignements ont été fournis pour la monographie de produit, ce qui a occasionné l'émission d'un Avis de conformité (AC) le 13 janvier 2011. Un calendrier de ces événements figure à la section 4 Étapes importantes de la présentation. Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez consulter la section 3.3.4 Innocuité clinique.
3.1 Motifs d'ordre qualitatif
3.1.1 Substance médicamenteuse (ingrédient médicinal)
Renseignements généraux
Exénatide est composé d'un peptide amide de 39 acides aminés. Exénatide, l'ingrédient médicinal de Byetta, est un agent anti-hyperglycémique et un agoniste des récepteurs du « glucagon-like peptide-1 » (GLP-1). Les incrétines telles que le GLP-1 augmentent la sécrétion d'insuline qui dépend du glucose et montrent d'autres actions de régulation du glucose après leur libération dans la circulation à partir des intestins.
Procédé de fabrication et contrôles en cours de fabrication
La substance médicamenteuse est un dérivé synthétique. Le procédé de fabrication est considéré comme dûment contrôlé à l'intérieur de limites justifiées.
Caractérisation
La structure de l'exénatide a été adéquatement élucidée, et les spectres représentatifs ont été fournis. Les propriétés physiques et chimiques ont été décrites et sont jugées satisfaisantes.
Les impuretés et produits de dégradation découlant de la fabrication et/ou de l'entreposage ont été signalés et caractérisés. Ces produits ont été jugés conformes aux limites établies par l'International Conférence on Harmonisation et/ou ont été qualifiés au moyen d'analyse des lots ou des études toxicologiques; ils sont donc considérés comme acceptables.
Contrôle de la substance médicamenteuse
Des copies des méthodes d'analyse et, s'il y a lieu, les rapports de validation ont été présentés et sont jugés satisfaisants pour toutes les méthodes qui ont servi à l'analyse du produit fini ainsi qu'aux essais de stabilité portant sur l'exénatide.
L'emballage du produit médicamenteux est jugé acceptable.
Stabilité
À la lumière des données présentées sur la stabilité, fondées sur des essais accélérés et en temps réel, la période de contre-essai et la durée de conservation proposées pour la substance médicamenteuse étaient bien étayées et sont jugées satisfaisantes.
3.1.2 Produit pharmaceutique
Description et composition
Byetta est une solution claire, incolore, stérile et préservée pour injection sous-cutanée offerte dans une cartouche de verre assemblée dans un stylo à injection (stylo). Chaque millilitre de solution contient 250 µg d'exénatide, en plus des ingrédients non médicinaux suivants : m-crésol; mannitol; acide acétique glacial; acétate de sodium trihydrate; et eau pour injection.
Les présentations suivantes du stylo prérempli Byetta sont disponibles :
- 1,2 mL stylo prérempli, 5 µg par dose; et
- 2,4 mL stylo prérempli, 10 µg par dose.
Chaque stylo prérempli comporte 60 doses, ce qui permet 30 jours d'administration deux fois par jour. Les aiguilles à stylo ne sont pas incluses, et il faut se les procurer séparément. Chaque stylo prérempli est emballé dans une boîte.
Tous les ingrédients non médicinaux (excipients) présents dans le produit pharmaceutique sont autorisés par le Règlement sur les aliments et drogues. Les données sur la stabilité présentées à l'appui de la formulation commerciale proposée attestent la compatibilité de l'exénatide avec les excipients.
Élaboration du produit pharmaceutique
Les modifications apportées au procédé de fabrication et à la formulation tout au long de l'élaboration du produit pharmaceutique ont été examinées et sont jugées acceptables.
Procédé de fabrication et contrôles en cours de fabrication
La méthode de fabrication est jugée acceptable, et le procédé est considéré comme dûment contrôlé à l'intérieur de limites justifiées.
Contrôle du produit pharmaceutique
Byetta a été soumis à des tests visant à en vérifier l'identité, l'activité, l'apparence, le pH, les matières particulaires, l'osmolalité, les taux d'endotoxines bactériennes, la stérilité, les concentrations des produits de dégradation des solvants résiduels et des impuretés liées aux médicaments; les résultats étaient conformes aux critères d'acceptation. Les spécifications des tests et les méthodes d'analyse sont jugées acceptables; la durée de conservation ainsi que les limites de libération des produits de dégradation, pris séparément ou globalement, se situent à l'intérieur de limites.
Les résultats des analyses finales de lots ont été examinés et sont jugés conformes aux spécifications du produit pharmaceutique. Le processus de validation est jugé complet.
Stabilité
À la lumière des données présentées sur la stabilité, fondées sur des essais accélérés, en temps réel et à long terme, la durée de conservation proposée de 36 mois est jugée acceptable si le produit est emballé dans le conteneur approuvé et entreposé à une température de 2 à 8 °C et protégé de la lumière. Le produit pharmaceutique peut être entreposé entre 2 et 25 °C pendant la période d'utilisation de 30 jours par le patient.
La compatibilité du produit pharmaceutique avec le système récipient-fermeture a été établie au moyen de tests de contrôle de la qualité et d'études de stabilité.
3.1.3 Installations et équipement
L'aménagement, le fonctionnement et les mécanismes de contrôle des installations et de l'équipement servant à la production de Byetta sont jugés acceptables pour les activités et les produits fabriqués.
3.1.4 Évaluation de l'innocuité des agents adventices
Non applicable. Les excipients utilisés dans la formulation du produit pharmaceutique ne sont pas d'origine animale ni humaine.
3.1.5 Conclusion
L'information soumise sur les caractéristiques chimiques et la fabrication de Byetta montre que la substance médicamenteuse et le produit pharmaceutique peuvent être fabriqués de façon à répondre systématiquement aux spécifications approuvées. Des études appropriées sur l'élaboration et la validation ont été menées, et des contrôles adéquats sont en place pour la commercialisation.
3.2 Motifs non cliniques de la décision
3.2.1 Pharmacodynamique
Des études de pharmacologie non clinique ont montré qu'exénatide se lie aux récepteurs du GLP-1 et les active, ce qui réduit les taux de glucose et d'hémoglobine glycosylée chez les modèles animaux diabétiques. De plus, exénatide agit en supprimant la consommation d'aliments, la sécrétion de glucagon et ralentit la vidange gastrique.
Dans l'ensemble, les études pharmacologiques ont offert une preuve adéquate afin que l'on s'attende à ce qu'exénatide soit utile dans le traitement du diabète de type 2. Aucun problème lié à l'innocuité n'a été cerné dans ces études.
3.2.2 Pharmacocinétique
Une série d'études pharmacocinétiques a été menée chez les souris, les rats, les singes et les lapins à la suite d'administrations sous-cutanées et intraveineuses uniques et multiples. En règle générale, les concentrations plasmatiques maximales (valeurs Cmax) et les paramètres d'exposition au médicament [surface sous la courbe (SSC)] étaient proportionnels à la dose et augmentaient de façon linéaire. Le temps d'atteinte de la concentration maximale allait de 0,25 heure à 1,75 heure. Le potentiel qu'exénatide traverse la barrière placentaire a été évalué chez les souris, les rats et les lapins, et on a déterminé qu'elle est transportée à un faible degré; le ratio de transmission du fœtus à la mère s'élevait à 0,025.
Comme il fallait s'y attendre pour un peptide, le principal organe d'excrétion était le rein. Exénatide était métabolisé en petits fragments par les peptidases. Les échantillons d'urine d'animaux traités n'ont révélé aucune quantité importante de médicaments mère, ce qui laisse supposer que la dégradation pourrait avoir lieu dans les tubes urinifères après la filtration. La clairance d'exénatide ne changeait pas chez les animaux chez qui on avait induit une lésion du foie, mais la clairance connaissait une baisse importante chez les animaux qui avaient subi une ligature des reins.
Aucune étude n'a été menée pour évaluer l'interaction médicamenteuse. Cependant, étant donné qu'exénatide ralentit la vidange gastrique, il risque d'avoir une incidence sur l'absorption de médicaments oraux administrés en même temps.
3.2.3 Toxicologie
Toxicité à dose unique
La toxicité à dose unique a été évaluée chez les souris, les rats et les singes au moyen des voies d'administration intraveineuse (IV) et sous-cutanée (SC). Aucune létalité ou toxicité grave n'a été observée avec l'utilisation de doses élevées (supérieures à 3,0 mg/kg).
Toxicité à doses multiples
Des études de toxicité à doses multiples ont été menées chez les souris (28, 91 et 180 jours), les rats (28 et 91 jours) et les singes (5, 28, 91 et 273 jours) au moyen de la voie d'administration SC. Les effets liés au traitement observés comprennent une baisse du gain de poids corporel et une réduction de la consommation de nourriture chez les rats et les singes, mais pas chez les souris. Aucune toxicité importante n'a été cernée chez l'une ou l'autre des espèces utilisées. Cependant, on a observé les constatations pathologiques suivantes :
- incidence élevée de foyers basophiles dans les glandes salivaires parotides de souris traitées avec exénatide (doses supérieures ou égales à 6 µg/kg/jour); et
- hypercelluloarité focale des cellules des îlots pancréatiques dans le pancréas des singes traités avec des doses élevées (150 µg/kg/jour) de façon chronique.
Génotoxicité
Exénatide n'a montré aucun potentiel génotoxique dans une batterie de tests de génotoxicité in vivo et in vitro.
Cancérogénicité
On a évalué le potentiel cancérogène d'exénatide chez les souris et les rats au moyen de l'essai biologique de deux années. Il n'y avait aucun signe d'activité cancérogène chez les souris. Chez les rats femelles traités à l'exénatide, on a observé une tendance positive pour l'incidence accrue d'adénomes thyroïdiens à cellules-C, mais les résultats n'étaient pas statistiquement significatifs comparativement aux contrôles. Les doses administrées aux rats ont produit des expositions systémiques qui correspondaient à 5, 22 et 130 fois l'exposition humaine, d'après une comparaison de la SSC à la dose quotidienne de 20 µg recommandée chez les humains.
Toxicité pour l'appareil reproducteur et le développement
Dans les études sur la fertilité, exénatide n'a causé aucun effet indésirable chez les souris mâles et femelles exposées à exénatide à des taux 3, 21 et 447 fois supérieurs à l'exposition humaine (mâles) et 3, 23 et 390 fois supérieurs à l'exposition humaine (femelles), d'après la SSC à la dose thérapeutique. Par conséquent, la dose sans effet nocif observé (DSENO) pour l'accouplement et la fertilité est considérée comme 760 µg/kg/jour (390-447 fois l'exposition clinique).
Dans une étude de la toxicité pour le développement chez les souris, l'administration d'exénatide à des femelles enceintes à des doses de 6, 68, 460 et 760 µg/kg/jour n'a entraîné aucun effet tératogène. La DSENO maternelle était considérée inférieure à 6 µg/kg/jour en raison de la consommation de nourriture réduite à toutes les doses. La DSENO pour les effets sur le développement était considérée comme 6 µg/kg/jour (3 fois supérieure à l'exposition humaine à une dose thérapeutique de 20 µg/jour) d'après une baisse du poids corporel du fœtus liée à la dose de 68 µg/kg/jour et plus.
Les lapines enceintes semblaient très sensibles aux effets nutritifs d'exénatide, ce qui causait une grave dépression de la consommation d'aliments et réduisait par conséquent le gain de poids corporel. Par conséquent, la toxicité maternelle semblait responsable des effets embryotoxiques qui se sont manifestés sans effet tératogène. La DSENO de la toxicité pour le développement chez les lapins s'élevait à 2 µg/kg/jour (12 fois supérieure à l'exposition humaine).
Tolérance locale
La tolérance locale a été évaluée dans le cadre des études pivotales de toxicité à doses multiples menées chez les souris, les rats et les singes. Des changements microscopiques de gravité minimale à modérée ont été observés, mais on les a attribués à l'administration parentérale et non à l'exénatide.
Études d'antigénicité
Exénatide a montré de faibles propriétés antigéniques, causant la formation d'anticorps chez les singes, mais pas chez les rongeurs. Les anticorps ne semblaient pas être des anticorps neutralisants. Exénatide n'a pas eu d'incidence sur la réponse d'anticorps à des antigènes connus.
3.2.4 Résumé et conclusion
Les études non cliniques de cette présentation de drogue sont considérées acceptables. Les études pharmacologiques ont offert une preuve adéquate afin que l'on s'attende à ce que Byetta (exénatide) soit utile dans le traitement du diabète de type 2. La base de données sur la toxicologie a été jugée convenable pour évaluer le profil d'innocuité de Byetta. Dans l'ensemble, d'après les études non cliniques, il n'existe aucune préoccupation majeure quant à l'innocuité qui laisserait prédire des effets indésirables inattendus chez les patients traités avec Byetta à la dose thérapeutique recommandée. Par conséquent, du point de vue des études non cliniques, on recommande l'approbation de Byetta.
3.3 Motifs cliniques de la décision
3.3.1 Pharmacodynamique
Les études pharmacodynamiques (PD) ont montré de façon constante qu'exénatide, à une dose de 0,05 μg/kg ou plus, faisait baisser les concentrations plasmatiques du glucose à jeun et postprandial chez les patients atteints du diabète de type 2. De plus, exénatide a fait baisser les concentrations plasmatiques de glucose en fonction de la dose. On a montré que les doses allant de 0,05 à 0,2 μg/kg étaient optimales pour le contrôle glycémique. Les doses de 0,02 μg/kg ou moins ne réduisaient pas efficacement les concentrations plasmatiques du glucose, alors que les doses de 0,3 μg/kg ou plus étaient mal tolérées. Si l'on considère que les poids corporels moyens de ces études allaient de 74 à 97 kg, on a déterminé qu'un dosage établi de 10 µg permettait d'atteindre le meilleur équilibre entre l'efficacité et la tolérabilité.
Exénatide médie ses effets sur les concentrations plasmatiques de glucose au moyen de multiples mécanismes d'action. Exénatide administré par intraveineuse aux concentrations de l'état stationnaire rétablissait la libération d'insuline de la première phase et augmentait celle de la deuxième phase chez les patients atteints du diabète de type 2, comparativement aux patients du groupe placebo. Dans certaines études, on a montré qu'exénatide améliorait la sécrétion d'insuline qui dépend du glucose.
Une étude PD menée auprès d'hommes sains semblait appuyer la capacité d'exénatide d'augmenter la sécrétion d'insuline dans le plasma dans des conditions euglycémiques, mais non hypoglycémiques. Dans une étude PD menée auprès de patients atteints du diabète de type 2, exénatide a produit une baisse de concentrations plasmatiques de glucose dans des conditions de jeûne avec une augmentation concomitante des taux d'insuline en fonction de la dose. Une conclusion semblable a aussi été signalée chez les hommes sains euglycémiques dans des conditions de jeûne. Cependant, quand le médicament est administré avant un repas, à des concentrations relativement faibles de glucose chez les sujets atteints du diabète de type 2, exénatide réduisait de façon marquée le glucose postprandial sans modifier les profils de l'insuline plasmatique. Dans ces conditions, chez les sujets sains, exénatide n'avait soit aucun effet soit une baisse de la sécrétion d'insuline malgré une suppression marquée des concentrations plasmatiques du glucose, ce qui montre que l'effet de sécrétion d'insuline d'exénatide dépend du glucose. Quand exénatide a été administré après un repas, la sécrétion d'insuline était améliorée en raison de l'augmentation physiologique du glucose dans le sang après le repas. Cela pourrait aider à exercer un meilleur contrôle glycémique, mais il est possible d'induire une hypoglycémie, car de faibles valeurs glycémiques ont été observées chez ces sujets sains. Quand exénatide est administré suivant les recommandations, dans l'heure qui précède un repas, il semble que des mécanismes d'action indépendants de l'insuline tels que le ralentissement de la vidange gastrique et une réduction de la sécrétion de glucagon pourraient être les facteurs prédominants du contrôle glycémique, avec une contribution mineure de l'action de l'insuline.
Le glucagon est sécrété par les cellules alpha du pancréas en réponse à de faibles concentrations plasmatiques de sucre. Il provoque la conversion par le foie du glycogène stocké en glucose et fait monter les concentrations de glucose dans le sang. On a montré qu'exénatide supprimait les concentrations plasmatiques de glucagon dans des conditions hyperglycémiques chez les personnes atteintes du diabète de type 2. L'effet était habituellement modeste et ne dépendait pas de la dose, mais il a été observé de façon relativement uniforme d'une étude à l'autre.
Le taux retardé de la vidange gastrique est un autre mécanisme d'action observé. Étant donné que l'acétaminophène est surtout absorbé à partir de l'intestin grêle, on l'a utilisé comme médicament oral représentatif dans un certain nombre d'études PD cliniques. Exénatide faisait baisser de façon significative, d'après la dose, les concentrations plasmatiques d'acétaminophène par rapport au placebo. Dans une étude distincte dans laquelle on a eu recours à la scintigraphie, 10 μg d'exénatide administrés par voie sous-cutanée deux fois par jour permettaient de retarder la vidange gastrique d'un repas d'essai solide ou liquide. Le retard de la vidange gastrique pourrait ne représenter qu'une très faible association d'exénatide avec une baisse de l'appétit; cependant, la suppression de l'appétit était habituellement très faible, n'était pas uniforme et pourrait très bien être attribuable aux effets indésirables gastro-intestinaux d'exénatide.
3.3.2 Pharmacocinétique
Absorption
Exénatide est absorbé rapidement après son administration sous-cutanée à des patients atteints du diabète de type 2, atteignant des concentrations plasmatiques de pointe médiane après environ 2,1 heures. L'exposition à l'exénatide (paramètres de la SSC) augmentait proportionnellement entre la gamme de doses thérapeutiques allant de 5 µg à 10 µg. Le taux et l'étendue de l'absorption d'exénatide après l'administration sous-cutanée dans le bras ou la cuisse étaient essentiellement les mêmes qu'après l'administration sous-cutanée dans l'abdomen.
Distribution
Le volume de distribution apparent moyen s'élevait à 28,3 L après l'administration sous-cutanée d'une dose unique d'exénatide. Le volume de distribution reflète une distribution relativement élargie dans les tissus. Les données d'une étude ex vivo réalisée au moyen d'un système de perfusion placentale chez les humains montrent que l'on juge faible la possibilité qu'exénatide traverse la barrière placentaire. Cela appuie la conclusion selon laquelle l'exénatide utilisé pendant la grossesse devrait avoir comme résultat une exposition directe minimale au peptide par le fœtus.
Métabolisme
Des études in vitro effectuées au moyen de préparations de membranes du rein ont montré le potentiel qu'exénatide soit dégradé dans le rein. En présence de préparations de membranes à partir du rein de la souris, du lapin, du singe et de l'humain, exénatide était complètement dégradé après environ 40 minutes.
Excrétion
Le rein était la principale voie d'excrétion. Conformément à la contribution majeure de la clairance rénale d'exénatide, la demi-vie moyenne d'exénatide augmentait avec des degrés supérieurs d'insuffisance rénale. Les réductions pertinentes du point de vue clinique de l'excrétion d'exénatide ont été observées à des valeurs d'excrétion de créatinine inférieures à 30 mL/min.
Populations particulières
Des analyses pharmacocinétiques de la population suggèrent que l'âge, le sexe, la race et le degré d'obésité ne semblent pas avoir d'incidence sur les propriétés pharmacocinétiques d'exénatide.
Chez les sujets ayant une insuffisance rénale légère à modérée (clairance de créatinine de 30 à 80 mL/min), la clairance d'exénatide était réduite comparativement aux sujets dont la fonction rénale était normale (réduction de 13 % pour l'insuffisance rénale légère et de 36 % pour l'insuffisance rénale modérée). Chez les sujets atteints d'une maladie rénale au stade final et qui reçoivent une dialyse (clairance de créatinine de moins de 30 L/h), la clairance d'exénatide était grandement réduite et l'exposition à l'exénatide a été observée comme 3,37 fois supérieure dans ce groupe comparativement au groupe sain. Aucun ajustement de la dose n'est nécessaire chez les patients atteints d'une insuffisance rénale légère (excrétion de créatine de 50 à 80 mL/min); cependant, il faut faire preuve de précautions quand on commence à administrer Byetta ou qu'on en augmente graduellement les doses de 5 µg à 10 µg chez les patients atteints d'insuffisance rénale modérée (clairance de créatinine de 30 à 50 mL/min). Byetta ne doit pas être utilisé chez les patients atteints d'insuffisance rénale terminale ou d'insuffisance rénale grave (clairance de créatinine de moins de 30 mL/min), y compris les patients qui subissent une dialyse.
Aucune étude pharmacocinétique n'a été menée auprès de sujets qui ont reçu un diagnostic d'insuffisance hépatique aiguë ou chronique. On ne prévoit pas que l'insuffisance hépatique affecte les concentrations sanguines d'exénatide, car exénatide est excrété principalement par le rein.
3.3.3 Efficacité clinique
L'utilisation de Byetta en combinaison avec la metformine, avec une sulfonylurée et avec à la fois la metformine et une sulfonylurée dans l'amélioration du contrôle glycémique chez les patients atteints du diabète de type 2 était principalement étayée par trois études pivotales de 30 semaines, randomisées, à double insu, contrôlées et à trois bras parallèles menées dans de multiples centres : il s'agit des études 112, 113 et 115, respectivement, avec des prolongations à long terme non contrôlées et ouvertes dans de multiples centres.
Au total, 1 447 (patients retenus au début de l'essai clinique = 1 446) patients ont été randomisés dans les trois études pivotales. Après une période placebo de quatre semaines pour commencer, les patients ont été répartis de façon aléatoire afin de recevoir Byetta 5 µg BID, Byetta 10 µg BID ou un placebo BID avant le repas du matin et du soir, en plus de leur agent oral anti-hyperglycémique actuel (metformine et/ou sulfonylurée). Tous les patients affectés au groupe Byetta ont commencé une période d'initiation du traitement avec une dose de 5 µg BID durant quatre semaines. Après quatre semaines, ces patients ont continué de recevoir Byetta 5 µg BID ou on a augmenté leur dose à 10 µg BID durant 26 semaines. Les patients affectés au groupe placebo ont reçu un placebo BID tout au long de l'étude. Le paramètre d'efficacité primaire de chacune des études de 30 semaines était le changement moyen de la HbA1c après 30 semaines par rapport à la valeur de départ. On a aussi évalué plusieurs paramètres d'efficacité secondaires, y compris les changements de la HbA1c à d'autres moments, les concentrations plasmatiques de glucose à jeun et le poids corporel. Dans les études à long terme, on a évalué les effets à long terme de Byetta administré par voie sous-cutanée à une dose de 10 µg BID en ce qui concerne l'efficacité et l'innocuité pendant 82 semaines. Cependant, les conclusions fondées sur la période d'étude à long terme sont limitées en raison des restrictions liées à la conception de l'étude (ouverte sans placebo ou bras de traitement actif aux fins de comparaison). Plusieurs études non pivotales ont aussi été présentées en vue d'offrir un soutien supplémentaire.
Utilisation en combinaison avec la metformine
L'étude 112 [nombre de patients (n)=336] a montré d'importantes réductions moyennes de la HbA1c à la semaine 30 dans le bras de traitement Byetta, avec des changements par rapport à la valeur de référence de 0 % pour le groupe placebo, de -0,46 % pour le groupe Byetta 5 µg et de -0,86 % pour le groupe Byetta 10 µg.
À la semaine 30, les personnes qui ont achevé l'étude 112 (n=225) ont été recrutées dans l'étude à long terme (étude 112E) et ont reçu de façon ouverte Byetta 5 µg BID durant quatre semaines, et ensuite Byetta 10 µg BID durant jusqu'à 82 semaines. Dans l'étude à long terme, la cohorte I était composée de 150 patients qui avaient déjà reçu un traitement actif, et la cohorte II était composée de 75 patients qui avaient reçu le placebo. Dans la cohorte I, 124 patients ont achevé la semaine 52 et 79 patients ont achevé la semaine 82. Dans la cohorte II, 60 patients ont achevé la semaine 52 et 39 patients ont achevé la semaine 82. Dans la cohorte I, les réductions moyennes de la HbA1c par rapport à la valeur de référence initiale étaient apparentes à la semaine 30 (-0,7 %) et elles étaient maintenues jusqu'à la semaine 52 (-1,0 %) et la semaine 82 (-1,3 %). Dans la cohorte II, les réductions moyennes de la HbA1c par rapport à la valeur de référence de l'étude à long terme [c'est à-dire (c.-à-d.) semaine 30 de l'étude 112] jusqu'à la semaine 52 et la semaine 82 étaient de -1,2 % et -1,3 %, respectivement. Dans la cohorte I, des réductions moyennes du poids corporel ont été observées par rapport à la valeur de référence initiale jusqu'à la semaine 52 (-3,9 kg), la semaine 82 (-5,4 kg) et à toutes les visites intermédiaires. Dans la cohorte II, des réductions moyennes du poids corporel ont aussi été observées par rapport à la valeur de référence de l'étude à long terme jusqu'à la semaine 52 (-3,0 kg), la semaine 82 (-3,3 kg) et à toutes les visites intermédiaires.
Utilisation en combinaison avec une sulfonylurée
L'étude 113 (n=377) a montré des réductions moyennes importantes de la HbA1c à la semaine 30 dans les bras de traitement Byetta, avec des changements par rapport à la valeur de référence de -0,5 % pour le groupe Byetta 5 μg et de -0,9 % pour le groupe Byetta 10 μg, comparativement à une augmentation de 0,1 % pour le groupe placebo. Entre 75 et 80 % des patients de chacun des trois bras de traitement utilisaient du glibenclamide (glyburide) ou du glipizide comme sulfonylurée concomitante durant l'étude. Le glyburide et le glipizide sont approuvés au Canada, mais le glipizide n'est pas mis en marché au Canada.
La prolongation de l'étude 113 (étude 113E) comportait 223 patients exposés à Byetta 10 µg BID. La cohorte I était composée de 159 patients qui avaient déjà reçu un traitement actif, et la cohorte II était composée de 64 patients qui avaient déjà reçu le placebo. Parmi les 223 patients, il se trouvait 127 (79,9 %) patients de la cohorte I et 20 (31,3 %) patients de la cohorte II exposés à Byetta pendant 54 semaines ou plus, et 61 (38,4 %) patients de la cohorte I et 0 (zéro) patient de la cohorte II exposés à Byetta durant 82 semaines ou plus (y compris la durée de l'exposition à Byetta dans l'étude 113).
Dans la cohorte I, les réductions moyennes de la HbA1c par rapport à la valeur de référence initiale étaient apparentes à la semaine 30 (-0,7 %) et elles étaient maintenues jusqu'à la semaine 52 (-1,2 %) et la semaine 82 (-1,5 %). Dans la cohorte II, les réductions moyennes de la HbA1c par rapport à la valeur de référence de l'étude à long terme (c.-à-d. semaine 30 de l'étude 113) jusqu'à la semaine 52 et la semaine 82 étaient de -1,2 % et -1,3 %, respectivement. Dans la cohorte I, des réductions moyennes du poids corporel ont été observées par rapport à la valeur de référence initiale jusqu'à la semaine 52 (-2,9 kg), la semaine 82 (-4,3 kg) et à toutes les visites intermédiaires. Dans la cohorte II, des réductions moyennes importantes du poids corporel ont aussi été observées par rapport à la valeur de référence de l'étude à long terme jusqu'à la semaine 52 (-1,7 kg), la semaine 82 (-3,9 kg) et à toutes les visites intermédiaires.
Utilisation en combinaison avec la metformine et une sulfonylurée
L'étude 115 (n=733) a montré des réductions moyennes importantes de la HbA1c à la semaine 30 dans les bras de traitement Byetta, avec des changements par rapport à la valeur de référence de -0,66 % pour le groupe Byetta 5 μg BID et de -0,88 % pour le groupe Byetta 10 μg BID, comparativement à une augmentation de 0,12 % pour le groupe placebo.
La prolongation de l'étude 115 (étude 115E) ouverte comportait 526 patients exposés à Byetta 10 µg BID. La cohorte I était composée de 359 patients qui avaient déjà été traités avec Byetta, et la cohorte II était composée de 167 patients qui avaient déjà reçu le placebo. Parmi les 526 patients, il y avait 293 (81,6 %) patients de la cohorte I et 69 (41,3 %) patients de la cohorte II exposés à Byetta pendant 54 semaines ou plus, et 161 (44,8 %) patients de la cohorte I et 0 (zéro) patient de la cohorte II exposé à Byetta durant 82 semaines ou plus (y compris la durée de l'exposition à Byetta dans l'étude 115). Dans la cohorte I, les réductions moyennes de la HbA1c par rapport à la valeur de référence initiale étaient apparentes à la semaine 30 (-0,8 %) et elles étaient maintenues jusqu'à la semaine 52 (-1,0 %) et la semaine 82 (-1,0 %). Dans la cohorte II, les réductions moyennes de la HbA1c par rapport à la valeur de référence de l'étude à long terme (c.-à-d. semaine 30 de l'étude 115) jusqu'à la semaine 52 et la semaine 82 étaient de -1,3 % et -1,2 %, respectivement. Dans la cohorte I, des réductions moyennes du poids corporel ont été observées par rapport à la valeur de référence initiale jusqu'à la semaine 52 (-2,9 kg), la semaine 82 (-4,2 kg) et à toutes les visites intermédiaires. Dans la cohorte II, des réductions moyennes du poids corporel ont aussi été observées par rapport à la valeur de référence de l'étude à long terme jusqu'à la semaine 52 (-2,1 kg), la semaine 82 (-3,1 kg) et à toutes les visites intermédiaires.
3.3.4 Innocuité clinique
L'innocuité clinique de Byetta chez les patients atteints du diabète de type 2 a surtout été évaluée dans les trois études pivotales de 30 semaines, en plus de leurs études à long terme (décrites à la section 3.3.3 Efficacité clinique).
La nausée était l'événement indésirable le plus courant survenu durant le traitement dans les trois études : l'étude 112 (placebo 23,0 %, Byetta 5 µg 36,4 % et Byetta 10 µg 45,1 %), l'étude 113 (placebo 7,3 %, Byetta 5 µg 39,2 % et Byetta 10 µg 51,2 %) et l'étude 115 (placebo 20,6 %, Byetta 5 µg 39,2 % et Byetta 10 µg 48,5 %). On a aussi observé que la nausée était le principal événement indésirable dans les études à long terme : étude 112E (cohorte I 44 % et cohorte II 56 %), étude 113E (cohorte I 39 % et cohorte II 56 %) et étude 115E (cohorte I 39 % et cohorte II 58 %).
L'hypoglycémie était le deuxième événement indésirable le plus courant dans les bras de traitement Byetta comparativement au bras placebo dans les deux études pivotales où l'on a utilisé Byetta en combinaison avec une sulfonylurée prise seule, ou en combinaison avec la sulfonylurée et metformine (études 113 et 115, respectivement). L'incidence de l'hypoglycémie dans l'étude 113 était la suivante : placebo 3,3 %; Byetta 5 µg 14,4 %; Byetta 10 µg 35,7 %. L'incidence de l'hypoglycémie dans l'étude 115 était la suivante : placebo 12,6 %; Byetta 5 µg 19,2 %; Byetta 10 µg 27,8 %. L'étude 112, dans laquelle on utilisait Byetta en combinaison avec la metformine, n'a pas montré d'incidence accrue d'hypoglycémie comparativement au placebo. La monographie de produit comporte une recommandation selon laquelle une baisse de la dose de la sulfonylurée pour réduire le risque d'hypoglycémie peut être considérée. La majorité des cas d'hypoglycémie étaient considérés comme d'intensité légère ou modérée.
Les autres événements indésirables courants comprenaient, sans toutefois s'y limiter, les vomissements, la diarrhée, l'agitation, les étourdissements, les céphalées et la dyspepsie. Les réactions indésirables étaient habituellement d'intensité légère ou modérée. Dans toutes les études à long terme, il n'y avait aucune tendance apparente quant aux événements indésirables en ce qui concerne les événements cardiovasculaires, les pancréatites, les néoplasmes ou les insuffisances rénales.
À la semaine 30, 43,2 %, 40,8 % et 48,5 % des patients traités avec Byetta dans les études 112, 113 et 115, respectivement, avaient des anticorps antiexénatide attribuables au traitement. Les répercussions de la présence de ces anticorps sur l'efficacité de Byetta n'ont pas été établies.
Événements cardiovasculaires
Des préoccupations en matière d'innocuité ont été soulevées par les résultats d'une étude contrôlée avec placebo (GWCI) dans laquelle on a évalué les effets électrophysiologiques d'une dose unique de 10 µg d'exénatide sur l'électrocardiogramme à 12 dérivations chez 62 volontaires sains (étude approfondie de l'intervalle QT). Les résultats ont montré qu'une dose sous-cutanée unique de 10 µg était associée à des augmentations importantes statistiquement significatif du rythme cardiaque et de l'intervalle PR entre 1 et 10 heures après l'administration de la dose, et à une prolongation statistiquement significatif de l'intervalle QTc entre 1 et 3 heures après l'administration de la dose.
L'augmentation maximale du rythme cardiaque moyen s'élevait à 10,21 battements par minute deux heures après l'administration de la dose. L'incidence des sujets qui présentaient des augmentations du rythme cardiaque supérieures à 90 battements par minute était de 4,8 % pour exénatide par rapport à 1,6 % pour le placebo. Dans des essais contrôlés avec placebo, à long terme et intégrés, l'incidence des événements de tachyarythmie survenus durant le traitement (y compris les tachyarythmies supraventriculaire et ventriculaire) s'élevait à 0,6 % pour exénatide par rapport à 0,5 % pour le placebo.
L'augmentation maximale de l'intervalle PR moyen s'est produite une heure après l'administration de la dose, et elle s'élevait à 7,13 millisecondes (ms). L'incidence des sujets qui ont présentés des intervalles PR supérieurs à 200 ms (c.-à-d. blocage cardiaque au premier degré) qui s'empiraient ou semblaient le faire durant le traitement s'élevait à 19 % pour le groupe exénatide par rapport à 11 % pour le groupe placebo. Des cas de blocage cardiaque aux deuxième et troisième degrés et de mort cardiaque subite ont été signalés après la mise en marché de l'exénatide.
L'intervalle QTc montrait une augmentation maximale moyenne de 6,34 [intervalle de confiance (IC) de 90 % 4,12, 8,56] ms (QTcP) deux heures après l'administration d'exénatide. La prolongation de l'intervalle QTc dans cette étude a montré une corrélation positive avec la concentration d'exénatide et une corrélation négative avec la concentration de glucose. Dans des études intégrées de l'efficacité et de l'innocuité à long terme, l'incidence des événements survenus durant le traitement pour la Standardized MedDRA Query QT prolongation/torsade de pointes s'élevait à 0,6 % pour l'exénatide par rapport à 0 % pour le placebo. Des événements de fibrillation ventriculaire, d'arrêt cardiaque et de mort cardiaque subite après la mise en marché ont été observés.
Le promoteur a accepté d'envoyer les résultats d'une autre étude de l'intervalle QT dans laquelle on utilisait à la fois des doses thérapeutiques et suprathérapeutiques. On attend les résultats de l'étude vers la fin de 2011. De plus, une adjudication des arythmies liées aux principaux événements cardiovasculaires indésirables et à l'insuffisance cardiaque avec des approches conformes aux lignes directrices de la Food and Drug Administration (FDA) aux Etats-Unis sera effectuée dans l'étude EXSCEL réalisée avec Bydureon. Bydureon, la formulation d'exénatide à utilisation une fois par semaine est actuellement étudiée aux États-Unis et en Europe.
Pancréatite
Un examen des études cliniques, de l'expérience des données d'effets adverses spontanés menée après la mise en marché et de la littérature scientifique publiée jusqu'au 31 août 2008 a été envoyé. Même si quelques cas de pancréatite ont été observés dans le programme d'élaboration clinique de l'exénatide, les données ne laissaient pas supposer qu'il existait une différence dans les taux d'incidence attribuables à l'exposition de cette condition entre les cohortes qui ont reçu Byetta comparativement aux groupes contrôles qui ont reçu un placebo ou de l'insuline; cependant, ces données sont limitées par l'exposition et n'ont pas la puissance statistique nécessaire pour fin d'analyse de l'innocuité. Dans cet examen, le taux d'incidence (par 1 000 années-personnes d'exposition) des événements de pancréatite s'élevait à 2,3 pour Byetta, 2,7 pour le placebo et 2,5 pour l'insuline.
Les données ultérieures à la mise en marché offrent une exposition plus grande à l'exénatide que les données des essais cliniques, mais elles sont limitées par une collecte de renseignements faible et incomplète. Les cas provenaient surtout de périodes de mise en marché d'environ trois années et une année aux États-Unis et dans l'Union européenne, respectivement (les deux en date d'août 2008). Dans l'ensemble, on a compté 251 événements de pancréatite (79 aiguës, 8 nécrosantes, 1 hémorragique, 4 chroniques et 2 récurrentes). Six de ces cas étaient fatals (dont 3 ont été classés comme des diagnostics de pancréatite définitifs). De plus, 52 cas ont été cernés en ce qui concerne une anomalie liée aux enzymes du pancréas. D'après les données cumulatives ultérieures à la mise en marché en date du 31 août 2008, on suppose qu'il existe un lien entre exénatide et la pancréatite.
Étant donné que la pancréatite aiguë peut mettre la vie en danger, la monographie de produit comprend une mise en garde au sujet du lien possible entre la pancréatite et Byetta, une liste des symptômes courants de la pancréatite, des recommandations à l'intention des prescripteurs afin qu'ils envisagent d'autres thérapies contre le diabète chez les patients qui ont déjà fait une pancréatite ou qui présentent d'autres facteurs de risque quant à la pancréatite et une recommandation relative à l'arrêt rapide de l'administration de Byetta en cas de pancréatite soupçonnée. Le promoteur a aussi proposé d'autres mesures ultérieures à la mise en marché afin de surveiller cette préoccupation en matière d'innocuité, y compris la collecte de renseignements sur l'incidence de la pancréatite dans une étude en cours à long terme sur les résultats cardiovasculaires après la mise en marché (EXSCEL) réalisée avec Bydureon, la formulation d'exénatide à utiliser une fois par semaine.
Néoplasmes
Chez les rats femelles qui ont reçu de l'exénatide par voie sous-cutanée à une exposition systémique 130 fois supérieure à l'exposition humaine (d'après la dose maximale recommandée de 20 µg/jour) durant deux années, on a constaté une augmentation numérique apparente des adénomes thyroïdiens bénins à cellules-C. L'incidence n'était pas statistiquement significative quand on l'ajustait en fonction de la survie. Il n'y a eu aucune réponse tumorigène chez les rats mâles. Il n'y avait aucun signe de tumeur dans une étude de la cancérogénicité d'une durée de 104 semaines menée chez des souris à qui l'on a administré exénatide par voie sous-cutanée à des expositions systémiques allant jusqu'à 95 fois l'exposition humaine.
On a montré que d'autres agonistes des récepteurs du GLP-1 [Victoza (liraglutide) et Bydureon (la formulation d'exénatide à utiliser une fois par semaine)] causent des tumeurs thyroïdiennes à cellules-C (adénomes et/ou carcinomes) à des expositions pertinentes du point de vue clinique chez les rats et les souris. On n'a pas encore déterminé la pertinence de ces résultats pour les humains. Jusqu'à ce que d'autres données à long terme chez les humains soient disponibles, Byetta ne doit pas être utilisé chez les patients qui ont des antécédents personnels ou familiaux de carcinome médullaire de la thyroïde ou chez les patients atteints du syndrome d'adénomatose pluriendocrinienne de type 2 (MEN 2).
Afin d'étudier la relation entre le traitement à l'exénatide et la possibilité de développer des néoplasmes, le promoteur a effectué un examen cumulatif des données tirées des essais cliniques réalisés jusqu'au 30 septembre 2007. À cette date, 4 365 sujets avaient participé à des études cliniques à long terme contrôlées et non contrôlées terminées commanditées par des entreprises. Au total, 2 796 sujets (âge moyen de 55,9 ans) ont reçu exénatide. Parmi les 1 569 autres sujets, 911 ont reçu un placebo et 658 ont reçu de l'insuline en comparaison. Parmi les 2 796 sujets traités à l'exénatide, 37 sujets (17 femmes et 20 hommes) ont signalé des cas de néoplasmes malins. Cinq sujets traités à l'exénatide ont subi des événements indésirables survenus pendant le traitement identifiés selon les termes privilégiés par la MedDRA : néoplasme thyroïdien (n=3), kyste thyroïdien (n=1) et néoplasme bénin de la glande thyroïde (n=1). Le promoteur indique qu'aucun de ces cas ne laissait supposer qu'il existe une relation de cause à effet avec exénatide et que le taux de néoplasmes dans les essais cliniques avait baissé depuis la première intégration de la base de données sur l'innocuité de l'exénatide en 2003.
Après avoir exclu les conditions sous-jacentes et les événements de cancer de la peau (cancers basocellulaire et spinocellulaire) à des fins de comparaison avec les taux d'incidence annuels chez la population générale aux États-Unis, les taux d'incidence attribuables à l'exposition pour les 25 autres cas de néoplasme malin pour 25 hommes (n=14) et femmes (n=11) traités à l'exénatide dans les essais cliniques s'élevaient à 861,6 et 875,2 par 100 000 sujets par année, respectivement. Ces taux d'incidence obtenus dans les essais cliniques ressemblent aux taux d'incidence de base des hommes et des femmes d'âge comparable chez la population générale aux États-Unis (965,1 et 819,0 par 100 000 sujets par année, respectivement). Le promoteur a conclu que « pris ensemble, ni l'essai clinique ni les signalements spontanés de néoplasme
s ne semblent offrir d'indication de lien avec exénatide ».
En date du 30 novembre 2009, durant les essais cliniques, aucun événement de carcinome médullaire de la thyroïde n'a été signalé chez les utilisateurs de Byetta. De plus, il n'y a eu aucun signalement après la mise en marché de cancer médullaire de la thyroïde chez les utilisateurs de Byetta depuis sa mise en marché aux États-Unis en 2005, même s'il faut considérer ces données à la lumière du signalement insuffisant connu des événements indésirables spontanés après la mise en marché.
Le promoteur a aussi effectué une analyse de détection des signes dans la base de données des réclamations aux États-Unis après la mise en marché auprès de plus de 29 000 patients qui utilisaient Byetta comparativement à un nombre semblable de patients jumelés qui utilisaient la metformine ou le glyburide entre le 1er juin 2005 et le 30 juin 2008. Les résultats de cette étude n'ont montré aucune différence dans les risques de néoplasme thyroïdien (bénin ou malin) chez les patients qui commençaient le traitement à Byetta. Cependant, dans le cadre de cet examen, le promoteur a ensuite informé Santé Canada que les résultats ne sont pas fiables en raison de problèmes méthodologiques liés à l'outil d'évaluation (i3 Aperio) utilisé dans l'étude. Par conséquent, le promoteur a proposé de mener une étude épidémiologique afin d'examiner le risque possible de néoplasmes thyroïdiens chez les humains, mais ces résultats ne sont pas attendus avant 2013. Le promoteur a aussi proposé d'autres mesures ultérieures à la mise en marché afin de surveiller cette possible préoccupation en matière d'innocuité, y compris la collecte de renseignements sur l'incidence de tumeurs thyroïdiennes et d'autres malignités, y compris le cancer du pancréas, dans une étude en cours à long terme sur les résultats cardiovasculaires après la mise en marché (EXSCEL) réalisée avec Bydureon (la formulation d'exénatide à utiliser une fois par semaine).
Jusqu'à ce que d'autres données à long terme chez les humains soient disponibles, une mise en garde a été incluse dans la monographie de produit afin d'indiquer que l'on a montré que d'autres agonistes des récepteurs du GLP-1 causent des tumeurs thyroïdiennes à cellules-C (adénomes et/ou carcinomes) à des expositions pertinentes du point de vue clinique chez les rats et les souris, mais que l'on n'a pas encore déterminé la pertinence de ces résultats pour les humains. À ce titre, Byetta ne doit pas être utilisé chez les patients qui ont des antécédents personnels ou familiaux de carcinome médullaire de la thyroïde ou chez les patients atteints du syndrome d'adénomatose pluriendocrinienne de type 2.
Insuffisance rénale aiguë
Le 2 novembre 2009, dans le cadre de cet examen, la FDA aux États-Unis a diffusé des renseignements à l'intention des professionnels de la santé en ce qui concerne une fonction rénale perturbée chez les patients qui utilisent Byetta signalée après la mise en marché. Dans sa diffusion, la FDA aux États-Unis a indiqué que certains cas, mais non chacun d'entre eux, se sont manifestés chez des patients qui avaient une maladie rénale sous-jacente ou chez des patients qui présentaient au moins un facteur de risque quant au développement d'une fonction rénale perturbée (y compris une baisse du volume liée à une diarrhée et/ou des vomissements, des conditions médicales concomitantes et des médications concomitantes).
De plus, le promoteur indique que bien que les sujets atteints d'insuffisance rénale terminale (clairance de créatinine de moins de 30 mL/min) n'aient pas fait l'objet d'une étude, des réductions pertinentes du point de vue clinique quant à l'excrétion d'exénatide, accompagnées d'une intensité accrue des effets indésirables gastro-intestinaux, comme la nausée et les vomissements, ont été observées chez des sujets atteints d'une maladie rénale au stade ultime (ceux qui subissent une hémodialyse). Chez les patients atteints d'insuffisance rénale terminale qui subissent une dialyse, la clairance d'exénatide moyenne était réduite à 0,9 L/h, comparativement à 9,1 L/h chez les sujets sains. De plus, parmi les sujets des essais contrôlés à long terme, une proportion importante (entre 30 et 60 %) a développé des anticorps antiexénatide. Le promoteur indique que, dans les analyses de la population, on prédisait que les sujets positifs pour les anticorps, en moyenne, présenteraient une clairance moyenne de l'exénatide correspondant à la moitié de la valeur observée chez les sujets négatifs pour les anticorps. Le promoteur attribue cette situation comme probablement attribuable au fait que le principal complexe anticorps-exénatide ne peut pas être éliminé par la filtration rénale. Il est donc préoccupant que des patients atteints d'insuffisance rénale terminale puissent développer des anticorps antiexénatide, et même des expositions encore plus élevées à l'exénatide liées à une réduction accrue de la clairance d'exénatide. En conséquence, Byetta est contre-indiqué chez les patients atteints d'insuffisance rénale terminale ou d'insuffisance rénale grave, et des mises en garde et recommandations appropriées figurent dans la monographie de produit.
Le promoteur a aussi proposé d'autres mesures ultérieures à la mise en marché afin de surveiller cette préoccupation en matière d'innocuité, y compris la collecte de renseignements sur l'incidence d'insuffisance rénale dans une étude en cours à long terme sur les résultats cardiovasculaires après la mise en marché (EXSCEL) réalisée avec Bydureon, la formulation d'exénatide à utiliser une fois par semaine.
3.4 Évaluation des avantages / risques et recommandation
3.4.1 Évaluation des avantages/risques
On considère que l'évaluation générale des avantages/risques de Byetta 5 ou 10 µg BID en combinaison avec la metformine et/ou une sulfonylurée appuie l'approbation, d'après l'amélioration significative des points de vue clinique et statistique de la HbA1c après 30 semaines en fonction de la dose chez les patients atteints du diabète de type 2, comme le montrent les études cliniques décrites à la section 3.3.4 Efficacité clinique. Les tendances vers une efficacité continue ont été démontrées dans les études ouvertes à long terme jusqu'à 52 semaines supplémentaires. Cet avantage démontré est équilibré contre les effets indésirables courants en fonction de la dose que représentent la nausée, les vomissements et l'hypoglycémie.
La nausée et les vomissements peuvent affecter de façon importante la qualité de vie d'un patient. On prévoit toutefois que la nausée et les vomissements associés à l'utilisation de Byetta devraient s'améliorer avec le temps, et qu'il est possible de les atténuer partiellement en augmentant graduellement la dose de Byetta. L'éducation appropriée des patients quant à la nature courante, mais habituellement autorégulée des effets indésirables gastro-intestinaux, devrait être essentielle pour aider à assurer l'adhérence au dosage de Byetta et le meilleur résultat possible en ce qui a trait au contrôle glycémique.
Il existe une augmentation notable du risque d'hypoglycémie quand une sulfonylurée est utilisée en combinaison avec Byetta. L'hypoglycémie, en plus d'être inconfortable pour le patient, si elle est grave et n'est pas traitée immédiatement, peut mettre la vie en danger. De plus, les patients à risque pour l'hypoglycémie sont aussi à risque de se faire du mal ou à d'autres personnes si elles subissent un épisode pendant qu'elles conduisent un véhicule motorisé ou opèrent une autre machinerie. Par conséquent, le produit nécessite un étiquetage clair et approprié à l'intention du prescripteur et du consommateur quant au risque important d'hypoglycémie et aux précautions appropriées à prendre pour aider à éviter l'hypoglycémie, comme une réduction de la dose de la sulfonylurée, le cas échéant. L'incidence de l'hypoglycémie n'augmentait pas quand Byetta était utilisé en combinaison avec la metformine.
Dans l'ensemble, les études pivotales ont montré que Byetta était bien toléré et associé à un profil d'innocuité convenable. Des préoccupations en matière d'innocuité ont été cernées d'après l'examen des données sur l'électrophysiologie cardiaque (voir la section 3.3.4 Innocuité clinique); cependant, on ne considère pas que ces préoccupations l'emportent sur les avantages de Byetta. Les restrictions relatives à la gestion des risques liés à ces préoccupations en matière de l'innocuité ont été intégrées à la monographie de produit. Les autres préoccupations relatives à l'innocuité déjà mentionnées (c.-à-d. hypoglycémie, pancréatite, cancer thyroïdien et insuffisance rénale) sont aussi traitées de façon adéquate dans la monographie de produit.
Un plan de gestion des risques a été envoyé par le promoteur et la Direction des produits de santé commercialisés (DPSC) a examiné le plan et les mesures ultérieures à la mise en marché proposées. Santé Canada a présenté plusieurs mesures qui devraient permettre de gérer efficacement les risques associés à l'utilisation proposée de Byetta au Canada.
Dans l'ensemble, l'évaluation des avantages/risques est favorable pour l'utilisation de Byetta dans l'indication approuvée.
3.4.2 Recommandation
Conformément à son examen des données portant sur la qualité, l'innocuité et l'efficacité du produit, Santé Canada juge que le rapport entre les avantages et les risques de Byetta en combinaison avec la metformine et/ou une sulfonylurée est favorable à l'amélioration du contrôle glycémique chez les patients atteints du diabète de type 2, quand les doses maximales tolérées de ces thérapies orales, en plus de la diète et de l'exercice, n'offrent pas un contrôle glycémique adéquat. La présentation de drogue novelle répond aux exigences des articles C.08.002 et C.08.005.1 et, par conséquent, Santé Canada a émis l'Avis de conformité prévu par l'article C.08.004 du Règlement sur les aliments et drogues.
4 Étapes importantes de la présentation
Étapes importantes de la présentation: ByettaMC
| Étape importante de la présentation | Date |
|---|---|
| Réunion préalable à la présentation : | 2005-08-23 |
| Numéro de contrôle : 105018 | |
| Dépôt de la présentation : | 2006-03-30 |
| Examen préliminaire | |
| Avis d'insuffisance émis lors de l'examen préliminaire : | 2006-05-17 |
| Réponse déposée : | 2006-06-26 |
| Lettre d'acceptation à l'issue de l'examen préliminaire : | 2006-07-24 |
| Examen | |
| Évaluation clinique terminée : | 2006-09-28 |
| Avis d'insuffisance émis par le directeur général (lacunes sur le plan de l'innocuité) : | 2006-10-10 |
| Réponse déposée : | 2007-01-22 |
| Évaluation biostatistique terminée : | 2007-02-05 |
| Avis d'insuffisance retrait émis par le directeur général (lacunes sur le plan de l'innocuité) : | 2007-02-26 |
| Numéro de contrôle : 128932 | |
| Dépôt de la présentation : | 2006-03-30 |
| Examen préliminaire | |
| Lettre d'acceptation à l'issue de l'examen préliminaire : | 2009-05-22 |
| Examen 1 | |
| Évaluation de la qualité terminée : | 2010-03-04 |
| Évaluation clinique terminée : | 2010-03-15 |
| Avis de non-conformité émis par le directeur général (lacunes sur le plan de l'innocuité) : | 2010-03-18 |
| Réponse déposée : | 2010-06-30 |
| Examen préliminaire | |
| Lettre d'acceptation à l'issue de l'examen préliminaire : | 2010-08-16 |
| Examen 2 | |
| Évaluation de la pharmacovigilance terminée : | 2010-12-17 |
| Évaluation de la qualité terminée : | 2011-01-11 |
| Évaluation clinique terminée : | 2011-01-12 |
| Évaluation biostatistique terminée : | 2010-11-23 |
| Examen de l'étiquetage terminé : | 2011-01-11 |
| Délivrance de l'avis de conformité par le directeur général : | 2011-01-13 |
Produits pharmaceutiques connexes
| Nom du produit | DIN | Entreprise | Ingrédient(s) actif(s) & concentration |
|---|---|---|---|
| BYETTA | 02361809 | ASTRAZENECA CANADA INC | Exénatide 5 MCG / Actionnement |
| BYETTA | 02361817 | ASTRAZENECA CANADA INC | Exénatide 10 MCG / Actionnement |