Sommaire des motifs de décision portant sur Incivek ™
Décisions d'examen
Le sommaire des motifs de décision explique les raisons pour lesquelles un produit a reçu une autorisation de vente au Canada. Le document comprend les considérations portant sur la réglementation, l’innocuité, l’efficacité et la qualité (sur le plan de la chimie et de la fabrication).
Type de produit:
- Ce document est une traduction française du document anglais approuvé.
IncivekMC
Télaprévir, 375 mg, Comprimés, Orale
Vertex Pharmaceuticals Canada Inc.orporated
No de contrôle de la présentation : 142482
Émis le : 2012-03-23
Avant-propos
Le Sommaire des motifs de décision (SMD) de Santé Canada expose les motifs d'ordre scientifique et réglementaire sur lesquels reposent les décisions de Santé Canada concernant la réglementation des médicaments et des instruments médicaux. Les SMD sont rédigés en langage technique à l'intention des personnes et groupes intéressés aux décisions de Santé Canada portant sur un produit donné et sont le reflet des observations consignées dans les rapports d'évaluation. À ce titre, les SMD servent à compléter et non à répéter l'information contenue dans la monographie de produit.
Nous invitons les lecteurs à consulter le « Guide du lecteur sur le Sommaire des motifs de décision - Médicaments au sujet de l'interprétation des termes et des acronymes utilisés ici. Ils trouveront également dans ce guide un aperçu du processus d'examen des présentations de drogue dans le feuillet intitulé « Comment les médicaments sont examinés au Canada », qui décrit les facteurs pris en considération par Santé Canada au cours du processus d'examen et d'autorisation d'une présentation de drogue. Les lecteurs devraient aussi consulter le document intitulé « Initiative du sommaire des motifs de décision - Foire aux questions ».
Le SMD correspond à l'information dont disposent les autorités de réglementation de Santé Canada au moment de prendre une décision. Les présentations subséquentes examinées à d'autres fins ne sont pas incluses dans la Phase I de la stratégie de mise en oeuvre des SMD. Pour obtenir de l'information à jour sur un produit en particulier, les lecteurs sont priés de consulter la monographie la plus récente de ce produit. Santé Canada fournit également l'information au sujet mises en garde diffusées après la commercialisation ou d'avis émis à la suite d'effets indésirables (EI).
Pour de plus amples renseignements sur un produit en particulier, les lecteurs peuvent également se rendre sur les sites Web des organismes de réglementation d'autres pays. L'information reçue à l'appui d'une présentation de drogue au Canada peut cependant ne pas être identique à celle reçue par d'autres gouvernements.
Autres politiques et lignes directrices
Les lecteurs sont invités à consulter le site Web de Santé Canada, où ils trouveront d'autres politiques et lignes directrices au sujet des médicaments, notamment le document intitulé «Gestion des présentations de drogues ».
1 Information sur le produit et la présentation
Marque nominative :
Fabricant/promoteur :
Ingrédient médicinal :
Dénomination commune internationale :
Concentration :
Forme posologique :
Voie d'administration :
Identification numérique de drogue (DIN) :
- 02371553
Classe pharmaco-thérapeutique (classe ATC) :
Ingrédients non médicinaux :
Type et numéro de présentation :
Date de la présentation :
Date de l'autorisation :
2 Avis de décision
Le 16 août 2011, Santé Canada a émis à l'intention de Vertex Pharmaceuticals (Canada) Incorporated un avis de conformité du produit pharmaceutique Incivek.
Incivek contient l'ingrédient médicinal télaprévir, un agent antiviral. Incivek est un inhibiteur de protéase conçu spécifiquement pour le virus de l'hépatite C.
Incivek, en association avec le peginterféron (Peg-IFN) alpha et la ribavirine (RBV) est indiqué dans le traitement de l'hépatite C chronique de génotype 1 présentant une maladie hépatique compensée, y compris la cirrhose chez les patients n'ayant jamais reçu de traitement ou chez les patients ayant des antécédents de traitements basés sur l'interféron. Cela comprend des sujets ayant connu des réponses nulles, des réponses partielles ou des rechutes.
L'autorisation de mise en marché s'appuie sur des données issues d'études de contrôle de la qualité et d'études non cliniques et cliniques. L'innocuité et l'efficacité d'Incivek ont été principalement fondées sur les analyses d'études de phases 2 et 3 menées avec Incivek en association avec Peg-IFN alpha/RBV chez des patients n'ayant jamais reçu de traitement ou des patients ayant des antécédents de traitement (réponses nulles, réponses partielles, rechutes). La réponse virologique soutenue (RVS : 24 semaines après la dernière dose prévue) a été évaluée pour tous les patients qui ont reçu au moins une dose du traitement dans le cadre de chaque étude. Les résultats de ces études, surtout celles de phase 3, ont montré qu'Incivek, lorsqu'utilisé pendant 12 semaines en association avec un traitement de 24 ou 48 semaines avec Peg-IFN alpha/RBV, a produit des taux de réponse virologique soutenue supérieurs comparés aux 48 semaines de traitement avec Peg-IFN alpha/RBV seulement. De plus, ce résultat a été obtenu sans égard au fait que les patients n'aient jamais reçu de traitement ou qu'ils aient des antécédents de traitement au Peg-IFN alpha/RBV, y compris ceux ayant connu des réponses nulles, des réponses partielles ou des rechutes.
Incivek (375 mg, télaprévir) est offert sous forme de comprimés. La dose recommandée d'Incivek est de 750 mg (deux comprimés de 375 mg) administrée par voie orale trois fois par jour (avec écart de 7-9 heures) avec de la nourriture. La dose quotidienne totale est de six comprimés (2250 mg). La consultation de la monographie de produit d'Incivek est fortement recommandée pour obtenir plus de lignes directrices sur la posologie avant d'entreprendre un traitement. Incivek ne doit pas être administré en tant que monothérapie, mais seulement en association avec Peg-IFN alpha/RBV. La monographie de produit du Peg-IFN alpha et de la RBV doit être consultée avant d'amorcer le traitement avec Incivek.
Incivek, en association avec Peg-IFN alpha/RBV, est contre-indiqué dans les conditions suivantes :
- hypersensibilité au télaprévir ou à l'un des ingrédients de sa formulation ou des composants du récipient;
- les femmes enceintes ou les hommes dont la partenaire est enceinte;
- lorsque combiné avec des médicaments dont l'élimination dépend fortement du cytochrome P450 (CYP) 3A et pour lesquels des concentrations plasmiques élevées sont associées à des effets indésirables graves ou mettant la vie du patient en danger (indice thérapeutique faible). Incivek est également contre-indiqué lorsque combiné avec des médicaments qui provoquent fortement le CYP3A et peuvent par conséquent mener à une exposition réduite et à une perte de l'efficacité d'Incivek.
Les contre-indications du Peg-IFN alpha/RBV s'appliquent également à la polythérapie avec Incivek. Consultez aussi l'information posologique du Peg-IFN/RBV.
Incivek devrait être administré selon les conditions décrites dans la monographie de produit, en tenant compte des risques potentiels associés à l'administration de ce produit pharmaceutique. Les conditions détaillées relatives à l'usage d'Incivek sont décrites dans la monographie de produit.
Incivek a été évalué dans le cadre de la Politique sur le traitement prioritaire, car il semblait y avoir des preuves substantielles concernant l'efficacité clinique offerte par le médicament de sorte que le médicament affiche un rapport global avantages/risques supérieur à celui des produits thérapeutiques actuels.
3 Motifs d'ordre scientifique et réglementaire
3.1 Motifs d'ordre qualitatif
3.1.1 Substance médicamenteuse (ingrédient médicinal)
Renseignements généraux
Incivek contient l'ingrédient médicinal télaprévir, un agent antiviral à action directe contre le virus de l'hépatite C (VHC). Incivek est un inhibiteur spécifique de la protéase NS3-4A du VHC, laquelle joue un rôle essentiel dans la réplication virale.
Procédé de fabrication et contrôles en cours de fabrication
Le télaprévir est fabriqué par une synthèse en plusieurs étapes. Chaque étape du procédé de fabrication est considérée comme contrôlée à l'intérieur de limites acceptables :
- Le promoteur a fourni des renseignements sur la qualité et les contrôles pour toutes les matières qui entrent dans la fabrication de la substance médicamenteuse;
- Les spécifications de la substance médicamenteuse sont jugées satisfaisantes. Les valeurs limites quant aux impuretés sont conformes aux exigences de l'International Conference on Harmonisation (l'ICH); et
- Les étapes de traitement ont été évaluées et des intervalles appropriés ont été établis relativement aux paramètres des procédés.
Caractérisation
La structure du télaprévir a été adéquatement élucidée, et les spectres représentatifs ont été fournis. Les propriétés physiques et chimiques ont été décrites et sont jugées satisfaisantes.
Les impuretés et produits de dégradation découlant de la fabrication et/ou de l'entreposage ont été signalés et caractérisés. Ces produits étaient conformes aux limites établies par l'ICH et/ou ont été qualifiés au moyen d'analyses de lots ou d'études toxicologiques; ils sont donc considérés comme acceptables.
Contrôle de la substance médicamenteuse
Des copies des méthodes d'analyse et, le cas échéant, les rapports de validation ont été présentés et sont jugés satisfaisants pour toutes les méthodes qui ont servi à l'analyse du produit fini ainsi qu'aux essais de stabilité portant sur le télaprévir.
Après examen, on a déterminé que les résultats des analyses de lots sont tous conformes aux spécifications et témoignent d'une qualité constante des lots produits.
L'emballage de la substance médicamenteuse est jugé acceptable.
Stabilité
À la lumière des données sur la stabilité présentées, fondées sur des essais accélérés, de longue durée et en temps réel, la période de contre-essai proposée, la durée de conservation et les conditions d'entreposage de la substance médicamenteuse étaient bien étayées et sont jugées satisfaisantes.
3.1.2 Produit pharmaceutique
Description et composition
Le télaprévir est l'ingrédient médicinal d'Incivek. Le médicament est présenté en comprimés enrobés par film mauves ayant la forme d'une capsule pour une administration par voie orale. Chaque comprimé porte l'inscription en creux « V 375 » sur un côté.
Chaque comprimé d'Incivek contient 375 mg de télaprévir et les ingrédients suivants : dioxyde de silicium colloïdal; croscarmellose sodique; colorant rouge D&C nº 40; phosphate de calcium dibasique (anhydre); colorant bleu FD&C nº 2; succinate d'acétate d'hypromellose; cellulose microcristalline; polyéthylèneglycol; alcool polyvinylique; laurylsulfate de sodium; stéarylfumarate de sodium; talc; et dioxyde de titane.
Les comprimés d'Incivek sont conditionnés dans les formats suivants : emballage pour 28 jours ou flacon d'hôpital pour 28 jours.
- L'emballage pour 28 jours contient quatre boîtes hebdomadaires de sept plaquettes alvéolées (six comprimés par plaquette); ou
- Le flacon d'hôpital pour 28 jours contient 168 comprimés.
Tous les ingrédients non médicinaux (excipients) présents dans le produit pharmaceutique sont autorisés par le Règlement sur les aliments et drogues pour un usage dans les médicaments. Les données sur la stabilité présentées à l'appui de la formulation commerciale proposée attestent la compatibilité du télaprévir avec les excipients.
Élaboration du produit pharmaceutique
Les modifications apportées au procédé de fabrication et à la formulation tout au long de l'élaboration du produit pharmaceutique ont été examinées et sont jugées acceptables.
Procédé de fabrication et contrôles en cours de fabrication
La méthode de fabrication est jugée acceptable, et le procédé est considéré comme dûment contrôlé à l'intérieur des limites justifiées.
Contrôle du produit pharmaceutique
Incivek a été soumis à des tests visant à en vérifier l'identité, l'aspect, l'uniformité de contenu, le dosage, la dissolution, la teneur en humidité et les concentrations des produits de dégradation et des impuretés liées aux médicaments; les résultats étaient conformes aux critères d'acceptation. Les spécifications des tests et les méthodes d'analyse sont jugées acceptables; la durée de conservation ainsi que les limites de libération des produits de dégradation, pris séparément ou globalement, se situent à l'intérieur des limites acceptables.
Le processus de validation est jugé complet. Les résultats des analyses finales de lots ont été examinés et sont jugés conformes aux spécifications du produit pharmaceutique.
Stabilité
À la lumière des données sur la stabilité présentées, fondées sur des essais accélérés, de longue durée et en temps réel, la durée de conservation proposée de 24 mois pour Incivek à une température de 25 °C est considérée comme acceptable.
La compatibilité du produit pharmaceutique avec le système récipient-fermeture a été établie au moyen d'études de stabilité. Le système récipient-fermeture satisfait à tous les critères d'acceptation des tests de validation.
3.1.3 Installations et équipement
L'aménagement, le fonctionnement et les mécanismes de contrôle des installations et de l'équipement servant à la production d'Incivek sont jugés acceptables pour les activités et les produits fabriqués.
Toutes les installations sont conformes aux bonnes pratiques de fabrication.
3.1.4 Évaluation de l'innocuité des agents adventices
Sans objet. Les excipients utilisés dans la formulation du produit pharmaceutique ne sont pas d'origine animale ni humaine.
3.1.5 Conclusion
L'information soumise sur les caractéristiques chimiques et la fabrication d'Incivek montre que la substance médicamenteuse et le produit pharmaceutique peuvent être fabriqués de façon à répondre systématiquement aux spécifications approuvées. Des études appropriées sur l'élaboration et la validation ont été menées, et des contrôles adéquats sont en place pour la commercialisation.
3.2 Motifs non cliniques de la décision
3.2.1 Pharmacodynamique
Le télaprévir est un inhibiteur puissant des protéases NS3-4A du VHC dérivées des patients infectés par l'hépatite C de génotype 1. L'interaction entre le télaprévir et la protéase NS3-4A du VHC se déroule en deux étapes : formation d'un complexe faible ayant une constante d'inhibition (Ki) de 44 nM; puis formation d'un complexe fortement lié d'un Ki de 7 à 10 nM. L'association de télaprévir et d'interféron (IFN)-alpha, tout comme la combinaison de télaprévir et de ribavirine (RBV), semblent avoir des effets additifs, ce qui semble indiquer que ces combinaisons pourraient produire un effet antiviral beaucoup plus fort que l'administration de télaprévir seul. Le télaprévir n'a présenté aucun effet sur l'activité antivirale de la protéase du virus de l'immunodéficience humaine 1 (VIH-1), ni sur l'activité antivirale de l'hépatite B.
Innocuité pharmacologique
On a réalisé une série d'études pharmacologiques afin d'évaluer les effets du télaprévir sur les organes vitaux. Les études pharmacologiques in vivo ont montré que le risque d'effets sur le système nerveux central (SNC), le système respiratoire et le système cardiovasculaire est faible. Quant aux études in vitro menées sur le télaprévir, elles ont montré qu'il a un effet inhibiteur sur le courant de queue du gène humain apparenté au gène éther-à-go-go (hERG) de façon dépendante à la concentration, avec une inhibition de 10 à 15 % du courant de queue du hERG aux concentrations plasmatiques obtenues avec la dose humaine recommandée. Bien que le télaprévir n'ait pas affecté les paramètres cardiovasculaires des chiens testés, l'inhibition du courant de queue du hERG constatée aux concentrations liées à la dose humaine semble indiquer qu'il faudrait effectuer des études approfondies sur des sujets humains volontaires sains pour vérifier l'innocuité cardiaque du médicament.
3.2.2 Pharmacocinétique
Absorption
Après son administration, le télaprévir était généralement absorbé rapidement, les pics de concentration plasmatique moyenne étant atteints en l'espace de 0,5 à 2 heures. La biodisponibilité absolue du télaprévir était d'environ 33 % chez les rats mâles, 52 % chez les rats femelles et de moins de 22 % chez les lapins. Chez le chien, la biodisponibilité apparente à jeun était comprise entre 43 % et 67 %. En présence d'aliments, on a observé une multiplication par 1,5 à 4 de l'exposition chez les chiens, la biodisponibilité étant comprise entre 70 % et 95 %. L'administration de doses répétées a entraîné une exposition systémique deux fois moins importante chez les souris gravides et 1,5 à 2,5 fois moins importante chez les rats, tandis que l'on a constaté une multiplication par 1,5 de l'exposition chez les chiens. Aucune différence n'a été constatée entre mâles et femelles relativement à l'exposition des souris et des chiens, mais l'exposition des rats femelles était nettement supérieure à celle des rats mâles, jusqu'à deux fois plus élevée.
Distribution
Le télaprévir possède des propriétés modérées de liaison avec les protéines plasmatiques et il se distribue largement dans les tissus, principalement dans le tractus gastrointestinal, le foie, le pancréas et les reins. Après administration de doses répétées chez les rats et les chiens, le télaprévir était principalement distribué dans le foie.
On a également constaté que le télaprévir était éliminé dans le lait des rates en lactation.
Métabolisme
Le télaprévir est métabolisé par des réactions d'oxydation, de réduction et d'hydrolyse qui produisent de nombreux métabolites et isomères. Le télaprévir est métabolisé principalement par l'isozyme 3A4 du cytochrome P450 (CYP) (substrat du CYP3A4), et c'est un inhibiteur du CYP3A4. Le télaprévir est également un substrat de la glycoprotéine P (gp-P), qui fonctionne comme pompe d'efflux. D'après le profil des métabolites effectué dans les échantillons de plasma de rats et de chiens, les principaux métabolites circulants sont le VRT-127394 (épimère de télaprévir), l'acide pyrazinoïque (PZA) et un isomère M3 (produit de la réduction désigné VRT-0922061).
Élimination
Le télaprévir est éliminé principalement dans les selles.
3.2.3 Toxicologie
Toxicité à dose unique
Les études de toxicité à dose unique effectuées chez des rats et des souris à des doses allant jusqu'à 1000 mg/kg semblent indiquer que la préparation de télaprévir sous forme de dispersion séchée par pulvérisation présente un faible potentiel de toxicité aiguë par voie orale. Ainsi, dans les conditions d'étude utilisées, on n'a observé aucune mort prématurée, aucun signe clinique, aucun changement du poids corporel ni aucune lésion macroscopique dans les autopsies suite à l'administration de télaprévir.
Toxicité à dose répétée
Les préparations de dispersion séchées par pulvérisation de télaprévir ont été évaluées dans le cadre d'études de toxicité portant sur l'administration de doses répétées pendant une durée allant jusqu'à six et neuf mois chez des rats et des chiens, respectivement, à des doses allant de 1 à 1000 mg/kg/jour chez les rats et de 15 à 500 mg/kg/jour chez les chiens. Ces évaluations ont révélé des toxicités (décrites ci-dessous) qui ont empêché la détermination de la dose sans effet nocif observé (DSENO). Ainsi, chez le rat, on a établi que les organes cibles de la toxicité du télaprévir sont principalement la moelle osseuse et le système hématopoïétique (avec des modifications au niveau de la rate), le foie et l'appareil reproducteur masculin. Chez le chien, les études ont déterminé que la toxicité du télaprévir touche les mêmes organes cibles (sauf l'appareil reproducteur masculin) ainsi que le système vasculaire. Les résultats semblent réversibles dans les trois mois qui suivent l'arrêt du traitement à l'exception des effets sur le foie chez les rats, des changements de poids des organes (rate et testicules) chez les rats et du taux élevé de cholestérol et de la myélofibrose dans la moelle osseuse du sternum chez les chiens.
Génotoxicité
Dans les conditions d'étude utilisées, l'épreuve sur la mutagénèse bactérienne, l'analyse in vitro des aberrations chromosomiques dans les cellules de mammifères et le test in vivo du microyau chez la souris n'ont révélé aucun signe de génotoxicité liée au télaprévir.
Cancérogénicité
Étant donné que la durée proposée de traitement est de 12 semaines et que l'on n'a observé aucun effet génotoxique, le pouvoir cancérogène du télaprévir n'a pas été analysé.
Toxicité pour la reproduction et le développement
Le télaprévir (préparation de dispersion séchée par pulvérisation) a été évalué dans le cadre d'une étude sur la fertilité et le développement embryonnaire précoce réalisée chez des rats, au cours de laquelle les mâles recevaient des doses allant jusqu'à 300 mg/kg/jour et les femelles recevaient des doses allant jusqu'à 500 mg/kg/jour. La dose sans effet nocif observé (DSENO) sur la toxicité testiculaire dégénérative a été établie à des expositions de 0,17 fois les expositions chez l'humain à la dose clinique recommandée. Des effets potentiels sur les spermatozoïdes [par exemple (p. ex.), pourcentage réduit de spermatozoïdes mobiles et nombre accru de spermatozoïdes non mobiles] ont été observés dans les études de fertilité chez le rat à des expositions de 0,30 fois les expositions chez l'humain à la dose clinique recommandée. Les autres effets observés sur la fertilité comprenaient des augmentations mineures du pourcentage de perte préimplantatoire, du pourcentage de rates portant des embryons non viables et du pourcentage de produits de la conception non viables par portée. Ces effets sont vraisemblablement associés à une toxicité testiculaire chez les rats mâles; toutefois, la contribution des femelles ne peut pas être écartée.
La préparation de dispersion séchée par pulvérisation de télaprévir a également été évaluée dans le cadre d'études portant sur le développement embryofoetal chez des souris gravides à des doses atteignant 1000 mg/kg/jour et chez des rates gravides à des doses atteignant 500 mg/kg/jour. Aucune anomalie macroscopique externe des tissus mous ou du squelette des foetus (malformations ou variations) n'a été considérée comme étant liée au télaprévir.
La préparation de dispersion séchée par pulvérisation de télaprévir a été administrée à des rats femelles dans le cadre d'une étude sur le développement prénatal et postnatal à des doses atteignant 500 mg/kg/jour. Le télaprévir n'a eu aucun effet apparent sur les paramètres de parturition naturelle, sur les paramètres liés aux césariennes ni sur les petits de la première génération. On a toutefois noté des diminutions du poids des petits au cours de la lactation.
Tolérance locale
Dans les conditions expérimentales utilisées, les études ont montré que le télaprévir était non irritant tant au niveau cutané qu'oculaire. Le métabolite M11 du télaprévir, le VRT-841125, était doté d'un potentiel sensibilisant cutané positif et a montré qu'un métabolite du télaprévir peut agir comme un antigène lors d'une réaction d'hypersensibilité retardée.
3.2.4 Résumé et conclusion
Les études pharmacologiques d'innocuité semblent indiquer que le télaprévir présente de faibles risques d'effets sur le système nerveux central, le système respiratoire et le système cardiovasculaire. Les études in vitro menées sur le télaprévir ont montré qu'il a un effet inhibiteur sur le courant de queue du gène hERG de façon dépendante à la concentration, avec une inhibition de 10 à 15 % aux concentrations plasmatiques obtenues avec la dose humaine recommandée.
D'une manière générale, les études non cliniques ont révélé que les organes cibles de la toxicité sont principalement la moelle osseuse et le système hématopoïétique (avec des modifications au niveau de la rate), le foie et l'appareil reproducteur masculin. Dans les conditions expérimentales utilisées, le télaprévir ne semble pas endommager l'acide désoxyribonucléique (ADN) dans la batterie d'épreuves standard sur la mutagénèse, en présence comme en l'absence d'activation métabolique. Les études sur la toxicité pour la reproduction menées chez les rats ont révélé des résultats macroscopiques et histologiques dans les testicules. De plus, il semble que la toxicité pour la reproduction chez les mâles soit pré- et post-implantatoire, mais on ne peut écarter la possibilité que la toxicité pour l'appareil reproducteur des femelles contribue également à ces résultats.
Les études non cliniques de cette présentation de drogue sont considérées acceptables. Le programme non clinique de pharmacologie et de toxicologie pour Incivek (télaprévir) a montré que le composé est relativement sûr pour les humains. Les études non cliniques n'ont révélé aucun problème qui empêche l'approbation de ce médicament pour l'indication proposée.
3.3 Motifs cliniques de la décision
3.3.1 Pharmacodynamique
On a réalisé une étude de l'intervalle QT/QTc chez des sujets sains volontaires afin d'évaluer les effets du télaprévir sur ces intervalles et son innocuité cardiaque. On a administré une dose d'Incivek de 750 mg toutes les huit heures (q8h) du 1er au 4e jour, suivie d'une seule dose de 750 mg le matin du 5e jour, ainsi qu'une dose d'Incivek de 1875 mg q8h du 1er au 4e jour, suivie d'une seule dose de 1875 mg le matin du 5e jour. La dose de 1875 mg administrée chez les sujets sains était très proche des concentrations plasmatiques de la population de patients-cibles recevant la dose de 750 mg (en association avec du Peg-IFN-alpha/RBV). D'après la correction optimale du rythme cardiaque non linéaire et spécifique à la population de l'étude, la dose de 1875 mg q8h était associée à un allongement statistiquement significatif de l'intervalle QTc entre une heure et six heures au 5e jour, avec une différence maximale moyenne de 8,0 ms par rapport au placebo cinq heures après l'administration de la dose. L'ampleur maximale de l'allongement du QTc obtenue avec la dose de 1875 mg de télaprévir était comparable à celle observée avec le témoin positif, à savoir la dose de 400 mg de moxifloxacine, qui a produit un effet maximal moyen de 9,6 ms six heures après administration. De plus, on a constaté un allongement statistiquement significatif du QRS entre 1 heure et 24 heures, avec une différence maximale moyenne par rapport au placebo de 2,6 ms six heures après administration. On a également constaté un allongement statistiquement significatif du QRS entre quatre et six heures, avec une différence maximale moyenne par rapport au placebo de 5 ms six heures après administration. Avec la dose de 1875 mg q8h, les fréquences cardiaques calculées à partir de la fréquence respiratoire n'ont accusé d'augmentation importante à aucun moment après l'administration, l'effet maximal (7,9 battements par minute) ayant été observé huit heures après administration. Les résultats des électrocardiogrammes effectués dans une étude de phase 2 et une étude de phase 3 ont présenté des observations similaires concernant l'allongement du QTc lié au traitement avec télaprévir.
3.3.2 Pharmacocinétique
Absorption
Suite à l'administration d'une seule dose d'Incivek, les concentrations plasmatiques maximales ont généralement été atteintes quatre à cinq heures après administration. Les études in vitro menées sur des cellules humaines Caco-2 ont indiqué que le télaprévir est un substrat de la P-gp. L'exposition au télaprévir est plus élevée en association avec du Peg-IFN-alpha/RBV qu'après l'administration d'Incivek seul.
Lors d'une étude sur les aliments menée chez des sujets volontaires sains, on a constaté que la teneur en lipides du repas influe fortement sur l'exposition au télaprévir. Par rapport à l'administration suite à un repas normal (contenant 21 grammes de lipides), on a observé une réduction de l'exposition au télaprévir de 19 %, 42 % et 73 % lorsqu'il était administré avec des repas ayant des teneurs en lipides successivement réduites (à savoir 9 grammes de lipides, 3,6 grammes de lipides et à jeun). Similairement, on a constaté une augmentation de l'exposition au télaprévir de 36 % lorsqu'il était administré avec un repas à forte teneur en lipides (56 grammes de lipides) par rapport au repas normal. La concentration maximale de télaprévir suivait également cette tendance en fonction de la teneur en lipides des repas. D'après cette étude, Incivek doit être pris avec de la nourriture de manière à obtenir l'exposition optimale au télaprévir.
Distribution
Le télaprévir se lie aux protéines plasmatiques humaines à un degré d'environ 59 à 76 %. Il se lie principalement à l'alpha-1 glycoprotéine acide et à l'albumine, cette liaison étant dépendante de la concentration, à savoir qu'elle diminue si les concentrations de télaprévir augmentent. Après administration orale, le volume de distribution apparent habituel était estimé à 252 litres, avec une variabilité entre les patients de 72 %.
Métabolisme
Le télaprévir est fortement métabolisé dans le foie, notamment par hydrolyse, oxydation et réduction. Plusieurs métabolites ont été détectés dans les selles, le plasma et l'urine, mais l'on n'a observé aucun nouveau métabolite humain unique autre que ceux mentionnés pour les espèces non cliniques. Après l'administration de doses orales répétées, le R-diastéréomère du télaprévir, l'acide pyrazinoïque et un métabolite qui a subi une réduction au niveau du lien a-kétoamide du télaprévir (inactif) se sont révélés les métabolites prédominants du télaprévir.
Des études in vitro utilisant des isoformes du CYP humain recombinant ont indiqué que le CYP3A4 est le principal isoforme responsable du métabolisme du télaprévir. Toutefois, le métabolisme qui n'est pas induit par le CYP joue vraisemblablement un rôle après l'administration de plusieurs doses de télaprévir.
Élimination
Incivek est éliminé principalement dans les selles. Après l'administration d'une seule dose orale d'Incivek radiomarqué, le taux médian de récupération de la dose radioactive administrée était d'environ 82 % dans les selles, de 9 % dans l'air expiré et de 1 % dans l'urine.
Évaluation biopharmaceutique
On a effectué une étude de la biodisponibilité chez des sujets volontaires sains afin de mesurer la bioéquivalence entre un comprimé de télaprévir non enrobé (utilisé dans le cadre des études cliniques de phase III) et le comprimé de télaprévir pelliculé devant être mis sur le marché. Les résultats de cette étude montrent que le comprimé non enrobé (clinique) de 375 mg de télaprévir présente une absorption de taux et d'importance similaires au comprimé pelliculé de 375 mg administré avec de la nourriture. Par conséquent, les données comparatives sont jugées acceptables.
3.3.3 Efficacité clinique
L'efficacité d'Incivek a été évaluée principalement dans le cadre de trois études de phase III chez des sujets atteints d'une hépatite C chronique de génotype 1. Parmi ces deux études, deux ont été menées chez des sujets n'ayant jamais été traités auparavant et la troisième chez des sujets ayant déjà été traités (rechutes, réponse partielle au traitement et absence de réponse). Les sujets participant à ces études étaient atteints d'une hépatopathie compensée, avaient des taux d'acide ribonucléique (ARN) du VHC décelables et une histopathologie du foie conforme à celle d'une hépatite C chronique. Pour évaluer l'efficacité d'Incivek, on a mesuré les taux plasmatiques d'ARN du VHC par titrage du VHC à l'aide de l'appareil COBASMD TaqManMD (version 2.0). L'analyse présentait une limite inférieure de quantification de 25 UI/mL. Dans les trois études, le principal critère d'évaluation des résultats était une réponse virologique soutenue (RVS), soit un taux d'ARN du VHC indécelable 24 semaines après la fin du traitement; ce résultat étant considéré comme une guérison sur le plan virologique. La limite inférieure de détection était de 10 UI/mL. La RVS était déterminée lorsque le taux d'ARN du VHC était indécelable.
Patients n'ayant pas été traités auparavant
La première étude de phase III, ci-après désignée « Advance », était une étude à double insu, à répartition aléatoire, contrôlée par placebo et avec groupes parallèles menée chez des sujets n'ayant pas reçu de traitement contre l'hépatite auparavant (y compris par IFN ou Peg-IFN en monothérapie). Cette étude visait à déterminer si l'administration d'Incivek avec du Peg-IFN-alpha/RBV a une efficacité supérieure au traitement par Peg- IFN-alpha/RBV seul. L'étude cherchait également à déterminer s'il est possible d'obtenir une meilleure tolérance en réduisant la durée de traitement par Incivek à huit semaines au lieu des 12 semaines proposées, sans pour autant compromettre l'efficacité du traitement.
L'étude était conçue comme suit : administration d'Incivek pendant huit semaines (schéma T8/PR) ou pendant 12 semaines (schéma T12/PR), en association avec l'administration de Peg-IFN-alpha/RBV pendant 24 ou 48 semaines. La durée de l'administration de Peg-IFN-alpha était choisie au moyen d'un traitement axé sur la réponse en fonction de la présence ou de l'absence de réponse virologique rapide prolongée (RVRp). Les sujets qui présentaient des taux d'ARN du VHC indécelables à la 4e ou à la 12e semaine, c'est-à-dire (c.-à-d.) une RVRp (RVRp+), ont reçu pendant 24 semaines le traitement par Peg-IFN-alpha/RBV. Les patients qui ne présentaient pas de taux d'ARN du VHC indécelables à la 4e ou à la 12e semaine, c'est-à-dire pas de RVRp (RVRp-), ont reçu pendant 48 semaines le traitement par Peg-IFN-alpha/RBV. Le groupe témoin (Pbo/PR48) a reçu un placebo pendant les 12 premières semaines et du Peg-IFN-alpha/RBV pendant 48 semaines.
Les résultats de l'étude Advance ont montré une amélioration importante des taux de RVS dans les deux groupes de traitement par Incivek (T12/PR = 74,7 % et T8/PR = 68,7 %) par rapport au groupe de traitement (Pbo/PR48 = 43,8 %). De plus, les taux de rechute étaient moins élevés dans les deux groupes de traitement par Incivek que dans le groupe placebo, tout comme les taux d'échec virologique pendant le traitement. Les sujets ayant reçu Incivek dans les deux groupes ont obtenu des taux de RVRp similaires, bien supérieurs à ceux du groupe placebo. Cependant, les sujets qui présentaient une RVRp+ ont affiché des taux de RVS supérieurs dans le groupe placebo par rapport aux groupes Incivek, ce qui semble indiquer qu'Incivek n'a pas amélioré l'efficacité du traitement parmi les patients présentant une RVRp+. En ce qui concerne les sujets qui n'ont pas atteint une RVRp (c.-à-d., RVRp-), ils ont également obtenu des taux de RVS supérieurs dans les groupes Incivek par rapport au groupe placebo.
Les résultats d'étude montrent que le traitement T12/PR présente une efficacité thérapeutique favorable, nommément des taux de RVS supérieurs, des taux de rechute réduits et des taux d'échec virologique pendant le traitement inférieurs, par rapport au traitement T8/PR. Les taux de RVRp étaient comparables, mais les taux de RVRp à RVS étaient supérieurs avec le traitement T12/PR. Pour conclure, les résultats de l'étude Advance montrent que l'administration d'Incivek en association avec du Peg-IFnalpha/RBV est plus efficace que le traitement par Peg-IFN-alpha/RBV seul (placebo + Peg-IFN-alpha/RBV) pour traiter les patients atteints d'hépatite C chronique qui n'ont pas été traités auparavant. De plus, le schéma de traitement par Incivek sur 12 semaines s'est révélé plus favorable que celui sur huit semaines.
On a également réalisé une deuxième étude de phase III, ci-après désignée « Illuminate ». Cette étude ouverte à répartition aléatoire, contrôlée par un comparateur actif, portait aussi sur des patients n'ayant jamais été traités auparavant. Elle a été conçue comme étude secondaire afin de déterminer la non-infériorité du traitement par Peg-IFNalpha/RBV sur 24 semaines par rapport au traitement sur 48 semaines chez les patients RVRp+. On a administré Incivek aux sujets pendant 12 semaines en association avec du Peg-IFN/RBV (T12/PR). À la 20e semaine, on a réparti aléatoirement les sujets RVRp+ afin d'effectuer un traitement sur 24 ou 48 semaines. Les sujets n'ayant pas atteint une RVRp (c.-à-d., RVRp-) ont reçu un traitement par Peg-IFN/RBV sur 48 semaines au total.
Dans l'étude Illuminate, on a constaté des taux de RVS de 92 % chez les sujets du groupe T12/PR24/eRVR+ et de 87,5 % dans le groupe T12/PR48/eRVR+; ce qui montre que le schéma T12/PR24 n'est pas inférieur au T12/PR48 chez les patients RVRp+. De plus, les taux de rechute étaient plus faibles chez les sujets RVRp+ aléatoirement mis dans le groupe T12/PR48 par rapport aux autres groupes de traitement. Bien que le nombre de sujets atteints de cirrhose était limité, les patients RVRp+ cirrhotiques ayant reçu le schéma T12/PR48 ont obtenu des taux de RVS beaucoup plus élevés (91,7 %) que les patients RVRp+ cirrhotiques du schéma plus court T12/PR24 (taux de RVS : 66,7 %). Ces résultats laissent penser que le dosage plus long de Peg-IFN-alpha/RBV (à savoir, sur 48 semaines) pourrait être bénéfique pour les patients RVRp+ atteints de cirrhose. En conclusion, les résultats d'efficacité de l'étude Illuminate confirment les résultats observés dans l'étude Advance. En outre, l'étude Illuminate a également montré la non-infériorité globale de l'efficacité du traitement chez les sujets RVRp+ atteints d'hépatite C de génotype 1 ayant reçu le schéma T12/PR24 par rapport au schéma posologique de Peg-IFN-alpha/RBV sur 48 semaines (T12/PR48). Enfin, on a également constaté que le traitement par Peg-IFN-alpha/RBV sur 48 semaines présente un intérêt clinique pour les patients RVRp+ cirrhotiques par rapport au traitement sur 24 semaines.
Patients en échec thérapeutique
La troisième étude de phase III, ci-après désignée « Realize », était une étude à double insu, à répartition aléatoire et contrôlée par placebo, menée chez des sujets répartis en trois groupes, dont les traitements antérieurs ne leur ont pas permis d'atteindre une RVS, que ce soit avec du Peg-IFN-alpha-2a/RBV ou du Peg-IFN-alpha-2b/RBV. Cette étude cherchait à montrer la supériorité du traitement par Incivek combiné au Peg-IFNalpha/RBV par rapport au placebo et au traitement par Peg-IFN-alpha/RBV seul, afin d'obtenir une RVS chez les patients ayant connu des rechutes, ayant partiellement répondu au traitement ou n'ayant pas du tout répondu au traitement auparavant. Cette étude visait également à déterminer si le début retardé (DS) du traitement par Incivek offrait un avantage sur le plan de l'efficacité en réduisant l'émergence de variantes résistantes à Incivek et ainsi le nombre d'échecs virologiques durant le traitement.
Les participants recrutés étaient des patients ayant fait une rechute (sujets dont le taux d'ARN du VHC était indécelable à la fin du traitement par un schéma à base de Peg-IFN, mais qui était décelable dans les 24 semaines de la période de suivi) et des patients n'ayant pas répondu au traitement (sujets dont les taux d'ARN du VHC n'étaient pas indécelables pendant le traitement ou à la fin d'un traitement antérieur d'au moins 12 semaines). La population de patients n'ayant pas répondu au traitement comprenait deux sous-groupes : patients ayant déjà eu une réponse partielle (réduction supérieure ou égale à 2 log10 du taux d'ARN du VHC à la 12e semaine, mais sans avoir obtenu un taux d'ARN du VHC indécelable à la fin du traitement par l'association Peg-IFN-alpha/RBV) et patients n'ayant pas répondu du tout au traitement antérieur (réduction inférieure à 2 log10 du taux d'ARN du VHC à la 12e semaine du traitement antérieur par l'association Peg-IFN-alpha/RBV).
Les patients ont été répartis aléatoirement selon un rapport 2:2:1 dans l'un des trois groupes de traitement. Dans deux de ces groupes, les sujets ont reçu Incivek pendant 12 semaines en association avec Peg-IFN-alpha/RBV pendant 48 semaines, mais un groupe a commencé les deux traitements simultanément (T12/PR48) tandis que l'autre a commencé l'administration d'Incivek quatre semaines plus tard (T12-DS/PR48) afin d'examiner l'incidence de ce délai sur les rechutes et la résistance. Le troisième groupe a quant à lui reçu un placebo pendant 16 semaines en association avec du Peg-IFNalpha/RBV pendant 48 semaines (Pbo16/PR48).
La proportion de patients obtenant une RVS était beaucoup plus élevée dans les deux groupes de traitement par Incivek par rapport au placebo. En ce qui concerne la population de sujets ayant rechuté, les taux de RVS dans les groupes de traitement par Incivek étaient respectivement de 83,4 % et de 87,9 %, par rapport à 23,5 % pour le groupe placebo. En ce qui concerne la population de sujets n'ayant pas répondu au traitement auparavant, les taux de RVS dans les groupes de traitement par Incivek étaient respectivement de 41,3 % et de 41,5 %, par rapport à 9,4 % pour le groupe placebo. Les taux virologiques soutenus étaient également plus élevés dans chacun des sous-groupes n'ayant pas répondu au traitement : aucune réponse et réponse partielle au traitement. En ce qui concerne la population de sujets ayant rechuté, les taux de RVS dans les groupes de traitement par Incivek étaient respectivement de 29,2 % et de 33,3 %, par rapport à 5,4 % pour le groupe placebo. En ce qui concerne la population de sujets ayant répondu partiellement à un traitement antérieur, les taux de RVS dans les groupes de traitement par Incivek étaient respectivement de 59,2 % et de 54,2 %, par rapport à 14,8 % pour le groupe placebo. Pour conclure, Incivek a atteint son objectif principal : il a montré une efficacité supérieure en association avec du Peg-IFN-alpha/RBV par rapport au traitement par Peg-IFN-alpha/RBV seul (traitement standard) chez les patients atteints d'hépatite C chronique de génotype 1 pour qui le traitement par Peg-IFN-alpha/RBV avait échoué auparavant. De plus, le début retardé du traitement par Incivek n'a pas apporté d'avantage clinique supplémentaire par rapport au début simultané du traitement par Incivek et Peg-IFN-alpha/RBV.
Il est intéressant de souligner que l'étude clinique Realize n'a pas évalué le traitement axé sur la réponse au sein de la population en échec thérapeutique. Toutefois, les données des études de phase II indiquent que la population en échec thérapeutique n'était pas uniforme. Les sujets ayant connu des rechutes et ceux n'ayant pas répondu aux traitements antérieurs sont relativement distincts, et la population ayant connu des rechutes semble avoir davantage de points communs avec la population n'ayant jamais été traitée qu'avec la population n'ayant pas répondu aux traitements antérieurs (en particulier les patients n'ayant présenté aucune réponse), d'après la rapidité de la réponse antivirale et les taux de RVS. Le principal avantage du traitement axé sur la réponse est une durée réduite de traitement, passant de 48 semaines à 24 semaines, ce qui améliorerait probablement le profil d'innocuité en raison d'une exposition réduite au Peg-IFN-alpha/RBV.
3.3.4 Innocuité clinique
Le profil d'innocuité global d'Incivek était fondé principalement sur les trois études de phase III décrites à la section 3.3.3, Efficacité clinique, en plus des données secondaires sur l'innocuité provenant de deux études de phase II.
Chez les sujets ayant reçu Incivek en association avec du Peg-IFN-alpha/RBV, les événements indésirables les plus courants étaient les suivants : fatigue, prurit, nausée, affection pseudogrippale, éruptions cutanées, anémie, insomnie, diarrhée et pyrexie. Chez les sujets ayant reçu Incivek en association avec du Peg-IFN-alpha/RBV, les effets indésirables les plus courants étaient les suivants : prurit; éruptions cutanées; nausées; anémie; diarrhée; vomissements; hémorroïdes; et proctalgie (c.-à-d. douleur dans la région anale ou rectale). Des effets indésirables graves du médicament sont survenus chez 3,9 % des sujets ayant reçu le traitement T12/PR, contre 0,7 % dans le groupe Pbo/PR. Les événements indésirables graves les plus courants ont été l'anémie et les éruptions cutanées. En tout, le traitement de l'étude a dû être abandonné chez 10,4 % des sujets en raison d'effets indésirables graves, les plus fréquents ayant été les éruptions cutanées, l'anémie, le prurit, les nausées et les vomissements.
Dans les données regroupées sur l'innocuité provenant des études de phase II et III, on a constaté neuf décès en tout. Parmi ces décès, cinq se sont produits chez des patients répartis aléatoirement dans le groupe de traitement par Incivek et quatre chez des sujets ayant reçu du Peg-IFN-alpha/RBV seul. Aucun décès dans le groupe de traitement par Incivek ne s'est produit lors de l'administration de ce médicament. Il est à noter qu'un décès, dû à une tumeur maligne du poumon, a été diagnostiqué 96 jours après administration de la dernière dose d'Incivek, et le chercheur du site a jugé qu'il pouvait être lié à Incivek. Toutefois, ce patient avait des antécédents de tabagisme à raison de 15 à 20 cigarettes par jour pendant plus de 40 ans.
Les effets indésirables graves ano-rectaux (hémorroïdes, gêne anorectale, prurit anal et sensation de brûlure rectale) ont été signalés plus fréquemment dans le groupe T12/PR que dans le groupe Pbo/PR (26,2 % contre 5,4 %). Les événements ano-rectaux graves, les événements de catégorie 3 ou plus et les événements conduisant à l'arrêt du traitement ont été peu fréquents (moins de 1 %) dans le groupe T12/PR et inexistants dans le groupe Pbo/PR.
Problèmes d'innocuité particuliers
Allongement de l'intervalle QT, QRS et PR
Chez les sujets volontaires sains ayant reçu de l'Incivek à raison de 1875 mg toutes les huit heures, on a constaté des effets modestes d'allongement des intervalles QTc, QRS et PR. À cette dose, l'exposition était comparable à celle des patients atteints d'hépatite C ayant reçu une dose de 750 mg toutes les huit heures en association avec du Peg-IFN-alpha/RBV. On recommande toutefois de faire preuve de prudence lorsqu'on prescrit Incivek en même temps que des médicaments qui induisent un allongement de l'intervalle QT et qui sont des substrats de CYP3A (comme l'érythromycine, le kétoconazole, l'halopéridol, le tacrolimus et le salmétérol). Incivek peut accroître les concentrations du médicament coadministré, ce qui peut augmenter les risques d'événements indésirables cardiaques de ce médicament. Si la coadministration de médicaments de ce genre avec Incivek est jugée strictement nécessaire, il faudra envisager une surveillance clinique, y compris des évaluations par électrocardiogramme. De plus, il faudra envisager de surveiller et de rectifier les perturbations électrolytiques (hypokaliémie, hypomagnésiémie et hypocalcémie) avant le début du traitement par Incivek et pendant.
L'utilisation d'Incivek doit être évitée chez les patients ayant un intervalle QT long congénital ou qui présentent des antécédents familiaux de QT long congénital ou de mort subite. Si le traitement par Incivek est jugé cliniquement nécessaire chez ces patients, il faudra envisager d'effectuer une surveillance, y compris des évaluations par ECG. Incivek doit être administré avec prudence chez les patients qui présentent des antécédents d'allongement du QT acquis, des antécédents d'arythmie (en particulier d'arythmie ventriculaire ou de fibrillation auriculaire), des antécédents d'insuffisance cardiaque avec réduction de la fraction d'éjection du ventricule gauche, une ischémie ou un infarctus du myocarde, une cardiomyopathie, des troubles du système de conduction ou qui ont besoin de prendre des médicaments qui allongent l'intervalle QT sans participation du CYP3A4 avec télaprévir (comme la méthadone).
Syncope
On a observé que l'administration d'Incivek était associée à une incidence accrue de syncopes. Dans les données regroupées sur l'innocuité issues des études de phase II et III contrôlées par placebo, le nombre de syncopes, de syncopes d'origine vaso-vagale et de pertes de connaissance était trois fois plus élevé chez les patients ayant reçu 750 mg d'Incivek toutes les huit heures qu'avec le placebo. Il reste possible que l'allongement du QT ou de l'intervalle PR ou bien l'accélération du rythme cardiaque aient été liés à ces syncopes. En l'absence de données d'ECG supplémentaires, il est difficile d'évaluer si les effets électrocardiographiques ont contribué à ces événements, mais l'on ne peut pas écarter cette possibilité. D'autres événements indésirables électrocardiographiques se sont produits avec des doses plus élevées d'Incivek par rapport au placebo : flutter auriculaire ou cardiaque et bloc de branche.
Anémie
Dans les études de phase II et III, on a constaté que le traitement par Peg-IFN-alpha/RBV causait une réduction des concentrations d'hémoglobine, entraînant aussi une anémie. La fréquence observée d'effets indésirables d'anémie durant un traitement par Incivek était plus élevée dans le groupe T12/PR (31,8 %) que dans le groupe Pbo/PR (14,8 %). La gravité des événements d'anémie était également supérieure dans le groupe T12/PR par rapport au groupe Pbo/PR. On a constaté des événements d'anémie de catégorie 3 ou supérieure chez 4,9 % des patients du groupe T12/PR contre 0,8 % dans le groupe Pbo/PR. Des événements d'anémie graves ont été signalés chez 1,6 % des sujets du groupe T12/PR, contre moins de 1 % dans le groupe Pbo/PR. En outre, on a signalé des événements d'anémie ayant entraîné l'arrêt permanent du médicament étudié seul et de tous les médicaments étudiés respectivement chez 2,7 % et moins de 1 % des patients du groupe T12/PR, contre moins de 1 % des patients dans chaque groupe de médicament chez les patients du groupe Pbo/PR.
Éruptions cutanées
Globalement, l'incidence et la gravité des éruptions cutanées étaient plus élevées lorsqu'Incivek était administré avec du Peg-IFN-alpha/RBV. Durant la phase de traitement par Incivek, des événements indésirables d'éruptions cutanées (de toutes les catégories) ont été signalés chez 48,7 % des patients sous traitement par Incivek associé au Peg-IFN-alpha/RBV, contre 28 % des sujets ayant reçu du Peg-IFN-alpha/RBV seul. Plus de 90 % des éruptions cutanées étaient légères à modérées, en général de type pruritique ou eczémateux et touchant moins de 30 % de la surface corporelle. L'apparition des éruptions cutanées s'est produite le plus souvent durant les quatre premières semaines suivant le début du traitement par Incivek, mais pas exclusivement. On a généralement constaté une amélioration des éruptions à la fin ou après l'arrêt du traitement par Incivek, mais elles ont parfois pris plus de temps à disparaître complètement.
En raison de l'incidence des éruptions cutanées graves, le promoteur a créé un panel d'évaluation dermatologique pour étudier ces cas. Le panel d'évaluation dermatologique a examiné 221 cas en tout et a constaté un certain nombre de réactions cutanées graves, dont des éruptions médicamenteuses avec éosinophilie et symptômes systémiques (syndrome DRESS) et des syndromes de Stevens-Johnson (SSJ). On a signalé des événements de DRESS et SSJ dans le programme de développement clinique chez moins de 1 % des sujets ayant reçu Incivek associé au Peg-IFN-alpha/RBV, mais chez aucun des sujets ayant reçu du Peg-IFN-alpha/RBV seul. Aucun décès n'a été observé, ni aucun cas de nécrolyse épidermique toxique; toutefois, toutes les réactions cutanées graves ont nécessité une hospitalisation afin d'être résolues.
On a observé une incidence d'événements indésirables de prurit plus élevée chez les patients traités par Incivek par rapport aux sujets ayant reçu le placebo (51,5 % et 26,4 %, respectivement). L'arrêt du traitement par Incivek ou du placebo en raison d'un prurit était peu fréquent dans les deux groupes, mais plus fréquent dans le groupe T12/PR que dans le groupe Pbo/PR (1 % contre 0,1 %). L'incidence de prurit était supérieure durant les quatre premières semaines de traitement, et elle est restée plus élevée parmi les patients recevant l'Incivek. Après la 12e semaine, l'incidence de prurit était similaire entre les différents groupes.
Insuffisance hépatique
Incivek n'est pas recommandé pour les patients qui présentent une insuffisance hépatique modérée ou grave (classe B ou C de Child-Pugh, score ≥ 7) ou une hépatopathie décompensée. Cependant, aucun ajustement de la dose n'est nécessaire pour les patients atteints d'une insuffisance hépatique légère (classe A de Child-Pugh, score 5-6).
Grossesse
La ribavirine est un tératogène connu. Par conséquent, le traitement par Incivek associé au Peg-IFN-alpha/RBV ne doit pas être commencé avant d'avoir obtenu un test de grossesse négatif immédiatement avant le début du traitement. Les patientes et les partenaires féminines des patients sous traitement doivent prendre d'extrêmes précautions pour éviter toute grossesse. Les patientes susceptibles de procréer ainsi que leur partenaire masculin et les patients ainsi que leurs partenaires féminines susceptibles de procréer doivent utiliser deux méthodes contraceptives efficaces durant le traitement et pendant six mois après la fin du traitement. Les patientes doivent effectuer des tests de grossesse tous les mois durant le traitement. Les contraceptifs hormonaux peuvent ne pas être fiables durant le traitement par Incivek. Par conséquent, durant cette période et pendant deux mois suivant le traitement, les patientes susceptibles de procréer doivent utiliser deux méthodes contraceptives non hormonales.
3.4 Évaluation des avantages / risques et recommandation
3.4.1 Évaluation des avantages et des risques
La présentation d'Incivek a été évaluée dans le cadre de la Politique sur le traitement prioritaire, car on a constaté des preuves substantielles de son efficacité clinique accrue en association avec la norme actuelle de soins (Peg-IFN-alpha/RBV), de façon à ce que le rapport global entre les avantages et les risques soit supérieur à celui des thérapies actuelles.
On a observé dans des études de phase II et III que le traitement par Incivek pendant 12 semaines en association avec du Peg-IFN-alpha/RBV est statistiquement supérieur au traitement par Peg-IFN-alpha/RBV seul. Ces études incluaient des patients n'ayant jamais reçu de traitement et d'autres ayant été traités par Peg-IFN-alpha/RBV, y compris certains ayant connu des rechutes, des réponses partielles et des réponses nulles.
Le traitement par Incivek présente certains risques, notamment des éruptions cutanées et, dans certains cas, des réactions cutanées graves nécessitant une hospitalisation afin d'être résolues. Ces réactions cutanées graves se sont produites chez moins de 1 % des patients traités par Incivek durant les études cliniques, et chez aucun patient traité par Peg-IFN-alpha/RBV seul. En outre, un plus grand nombre de patients traités par Incivek ont présenté une anémie (également plus grave) que les patients traités par Peg-IFN-alpha/RBV seul. Les patients sous Incivek ont également connu davantage d'effets indésirables ano-rectaux.
Parmi les patients traités par Incivek, les autres risques observés sont l'allongement des intervalles QT, QRS et PR, une incidence accrue d'hypokaliémie et une incidence accrue de syncopes. On a également noté qu'Incivek est un inhibiteur et un substrat du CYP3A4, ainsi qu'un inhibiteur et un substrat de la P-gp.
On a constaté qu'Incivek est bénéfique pour le traitement de l'hépatite C chronique de génotype 1 chez les patients adultes atteints d'une hépatopathie compensée, y compris une cirrhose, en association avec un traitement par Peg-IFN-alpha/RBV. De plus, les études cliniques réalisées ont montré qu'Incivek est bien toléré et associé à un profil d'innocuité gérable. Au vu du profil d'innocuité et d'efficacité, les avantages d'Incivek en association avec un traitement par Peg-IFN-alpha/RBV semblent dépasser les risques. Des restrictions concernant la prise en charge des risques associés aux préoccupations indiquées en matière d'innocuité ont été ajoutées à la monographie d'Incivek.
3.4.2 Recommandation
D'après son examen des données portant sur la qualité, l'innocuité et l'efficacité du produit, Santé Canada juge que le rapport entre les avantages et les risques d'Incivek est favorable au traitement des patients adultes atteints d'une hépatite C chronique de génotype 1 avec hépatopathie compensée, y compris une cirrhose, qui n'ont jamais été traités ou qui ont reçu auparavant un traitement par interféron uniquement, y compris des patients ayant connu des rechutes, des réponses partielles et des réponses nulles. Cette présentation de drogue nouvelle répond aux exigences des articles C.08.002 et C.08.005.1; par conséquent, Santé Canada a émis l'avis de conformité prévu à l'article C.08.004 du Règlement sur les aliments et drogues.
4 Étapes importantes de la présentation
Étapes importantes de la présentation: IncivekMC
| Étape importante de la présentation | Date |
|---|---|
| Réunion préalable à la présentation : | 2010-10-13 |
| Demande de traitement prioritaire | |
| Dépôt : | 2010-12-09 |
| Approbation émise par le Bureau de gastroentérologie et des maladies infectieuses et virales : | 2010-01-13 |
| Dépôt de la présentation : | 2011-01-14 |
| Examen préliminaire | |
| Lettre d'acceptation à l'issue de l'examen préliminaire : | 2011-02-18 |
| Examen | |
| Évaluation biopharmaceutique terminée : | 2011-07-04 |
| Évaluation de la qualité terminée : | 2011-08-02 |
| Évaluation clinique terminée : | 2011-08-10 |
| Examen de l'étiquetage terminé : | 2011-08-10 |
| Avis de conformité émis par le directeur général : | 2011-08-16 |