Sommaire des motifs de décision portant sur Lyrica

Décisions d'examen

Le sommaire des motifs de décision explique les raisons pour lesquelles un produit a reçu une autorisation de vente au Canada. Le document comprend les considérations portant sur la réglementation, l’innocuité, l’efficacité et la qualité (sur le plan de la chimie et de la fabrication).


Type de produit:

Médicament
  • Ce document est une traduction française du document anglais approuvé.
Lyrica

Prégabaline; 25, 50, 75, 100, 150, 200, 225, 300 mg, Capsule, Orale

Pfizer Canada Inc.

No de contrôle de la présentation : 088400

Émis le : 2007-10-30

Direction générale des produits de santé et des aliments

Notre mission est d'aider les Canadiennes et les
Canadiens à maintenir et à améliorer leur état de santé.
Santé Canada

Le mandat de la DGPSA est d'adopter une approche intégrée à la gestion des risques et des avantages pour la santé liés aux produits de santé et aux aliments:

  • en réduisant les facteurs de risque pour la santé des Canadiens et Canadiennes tout en maximisant la protection offerte par le système réglementaire des produits de la santé et des aliments ; et
  • en favorisant des conditions qui permettent aux Canadiens et Canadiennes de faire des choix sains ainsi qu'en leur donnant des renseignements afin qu'ils ou qu'elles puissent prendre des décisions éclairées en ce qui a trait à leur santé.

Direction générale des produits de santé et des aliments

Also available in English under the following title: Summary Basis of Decision (SBD) LYRICA* Pregabalin; 25, 50, 75, 100, 150, 200, 225, 300 mg capsules; Pfizer Canada Inc. Control No. 088400

Avant-propos

Le Sommaire des motifs de décision (SMD) de Santé Canada expose les motifs d'ordre scientifique et réglementaire sur lesquels reposent les décisions de Santé Canada concernant la réglementation des médicaments et des instruments médicaux. Les SMD sont rédigés en langage technique à l'intention des personnes et groupes intéressés aux décisions de Santé Canada portant sur un produit donné et sont le reflet des observations consignées dans les rapports d'évaluation. À ce titre, les SMD servent à compléter et non à répéter l'information contenue dans la monographie de produit.

Nous invitons les lecteurs à consulter le « Guide du lecteur sur le Sommaire des motifs de décision - Médicaments au sujet de l'interprétation des termes et des acronymes utilisés ici. Ils trouveront également dans ce guide un aperçu du processus d'examen des présentations de drogue dans le feuillet intitulé « Comment les médicaments sont examinés au Canada », qui décrit les facteurs pris en considération par Santé Canada au cours du processus d'examen et d'autorisation d'une présentation de drogue. Les lecteurs devraient aussi consulter le document intitulé « Initiative du sommaire des motifs de décision - Foire aux questions ».

Le SMD correspond à l'information dont disposent les autorités de réglementation de Santé Canada au moment de prendre une décision. Les présentations subséquentes examinées à d'autres fins ne sont pas incluses dans la Phase I de la stratégie de mise en oeuvre des SMD. Pour obtenir de l'information à jour sur un produit en particulier, les lecteurs sont priés de consulter la monographie la plus récente de ce produit. Santé Canada fournit également l'information au sujet mises en garde diffusées après la commercialisation ou d'avis émis à la suite d'effets indésirables (EI).

Pour de plus amples renseignements sur un produit en particulier, les lecteurs peuvent également se rendre sur les sites Web des organismes de réglementation d'autres pays. L'information reçue à l'appui d'une présentation de drogue au Canada peut cependant ne pas être identique à celle reçue par d'autres gouvernements.

Autres politiques et lignes directrices

Les lecteurs sont invités à consulter le site Web de Santé Canada, où ils trouveront d'autres politiques et lignes directrices au sujet des médicaments, notamment le document intitulé «Gestion des présentations de drogues ».

1 Information sur le produit et la présentation

Marque nominative :

Lyrica

Fabricant/promoteur :

Pfizer Canada Inc.

Ingrédient médicinal :

Acide (S)-3-(aminométhyl)-5-méthylhexanoïque

Dénomination commune internationale :

Prégabaline

Concentration :

25, 50, 75, 100, 150, 200, 225, 300 mg

Forme posologique :

Capsule

Voie d'administration :

Orale

Identification numérique de drogue (DIN) :

  • 02268418
  • 02268426
  • 02268434
  • 02268442
  • 02268450
  • 02268469
  • 02268477
  • 02268485

Classe pharmaco-thérapeutique (classe ATC) :

Analgésique

Ingrédients non médicinaux :

Lactose monohydraté, amidon de maïs, talc, gélatine et dioxyde de titane. L'enveloppe orange des capsules contient de l'oxyde ferrique rouge, tandis que l'enveloppe blanche renferme du laurylsufate de sodium et du dioxyde de silice colloïdal. Les capsules sont marquées à l'encre noire (gomme laque, oxyde ferrique noir, propylèneglycol, hydroxyde de potassium et eau).

Type et numéro de présentation :

Présentation de drogue nouvelle, no de contrôle 088400

Date de la présentation :

2003-12-01

Date de l'autorisation :

2005-06-03

* MC C.P. Pharmaceuticals International C.V.
Pfizer Canada Inc., titulaire de licence

2 Avis de décision

Le 3 juin 2005, Santé Canada a émis un avis de conformité à Pfizer Canada Inc. pour le produit thérapeutique Lyrica. Lyrica contient l'ingrédient médicinal appelé prégabaline, qui est un analgésique indiqué pour le traitement de la douleur neuropathique associée à la neuropathie diabétique périphérique et à la neuralgie postherpétique. Lyrica (prégabaline) se lie avec une grande affinité à la protéine alpha2-delta des tissus cérébraux et possède une activité analgésique, antiépileptique et anxiolytique.

L'autorisation de commercialisation s'appuyait sur des données provenant d'études précliniques et cliniques de qualité adéquate. Dans les essais cliniques contrôlés sur la neuropathie diabétique et la neuralgie postherpétique, Lyrica réduisait beaucoup plus efficacement qu'un placebo les scores de la douleur, les troubles du sommeil et améliorait les impressions générales de changement des patients. Des données relatives à plus de 8 600 patients traités au moyen de Lyrica montrent que ce produit peut être administré de façon sécuritaire selon les conditions décrites dans la monographie de produit.

Lyrica (25, 50, 75, 100, 150, 200, 225, 300 mg de prégabaline) se présente sous forme de capsule pour usage oral. Des instructions posologiques sont fournies par le médecin et des lignes directrices sont incluses dans la monographie de produit.

Lyrica est contre-indiqué pour les patients qui sont hypersensibles à la prégabaline, à tout autre ingrédient dans la formulation ou à un constituant du contenant. Les conditions détaillées relatives à l'usage de Lyrica sont décrites dans la monographie de produit.

Conformément à son examen des données portant sur la qualité, l'innocuité et l'efficacité, Santé Canada juge que le rapport entre les avantages et les risques de Lyrica est favorable pour le traitement de la douleur neuropathique associée à la neuropathie diabétique périphérique et à la neuralgie postherpétique.

3 Motifs d'ordre scientifique et réglementaire

3.1 Motifs d'ordre qualitatif

3.1.1 Substance médicamenteuse (Ingrédient médicinal)

Procédé de fabrication et contrôles en cours de fabrication

La substance médicamenteuse, la prégabaline, est un dérivé synthétique. Les matières utilisées dans la fabrication de la prégabaline sont jugées appropriées et conformes aux normes s'appliquant à l'usage prévu. Le procédé de fabrication est considéré comme faisant l'objet d'un contrôle approprié à l'intérieur de limites justifiées.

Caractérisation

La structure de la prégabaline est considérée comme bien expliquée, et des tests ont été mis en place pour assurer la pureté chirale. On n'a pas noté d'interconversion des isomères lors des tests de stabilité effectués sur des échantillons soumis au préalable à un stress.

Des impuretés et des produits de dégradation résultant de la fabrication et/ou de l'entreposage ont été signalés et caractérisés, mais ils ne dépassaient pas les limites établies par la Conférence internationale sur l'harmonisation des exigences techniques relatives à l'homologation des produits pharmaceutiques à usage humain (ICH), et ont donc été jugés acceptables.

Contrôle de la substance médicamenteuse

Des rapports de validation ont été soumis à l'appui de toutes les méthodes qui ont servi à l'analyse de la substance médicamenteuse demi-finie et finie, et pour justifier les spécifications de la substance médicamenteuse.

Les résultats des analyses de lots ont été examinés et jugés acceptables en fonction des spécifications de la substance médicamenteuse.

Stabilité

À la lumière des données sur la stabilité fondées sur des essais accélérés et en temps réel, la durée de conservation ainsi que les conditions d'entreposage et d'expédition prévues pour la prégabaline ont été jugées bien étayées et ont été acceptées.

3.1.2 Produit pharmaceutique

Description et composition

Chaque capsule de Lyrica contient 25, 50, 75, 100, 150, 200, 225 ou 300 mg de prégabaline, de lactose, de l'amidon de maïs et du talc. L'enveloppe des capsules se compose de gélatine et de dioxyde de titane; l'enveloppe orange des capsules contient de plus de l'oxyde ferrique rouge et l'enveloppe blanche des capsules, du laurylsulfate de sodium et du dioxyde de silice colloïdal. Ce dernier constituant est un auxiliaire de fabrication, qui peut être absent du produit. Chaque capsule est marquée à l'encre noire, laquelle contient de la gomme laque, de l'oxyde ferrique noir, du propylèneglycol, de l'hydroxyde de potassium et de l'eau.

Les capsules sont offertes dans des plaquettes alvéolées composées d'aluminium et de polychlorure de vinyle (PVC) ou dans des flacons de polyéthylène haute densité (PEHD) dotés d'un système de fermeture à l'épreuve des enfants.

Élaboration du produit pharmaceutique

Les changements apportés au procédé de fabrication et à la formulation tout au long de l'élaboration ont été examinés et jugés acceptables.

Procédé de fabrication et contrôles en cours de fabrication

Le procédé de fabrication est considéré comme bien contrôlé à l'intérieur de limites justifiées.

Contrôle du produit pharmaceutique

Lyrica a été soumis à des tests visant à en vérifier l'identité, la pureté, l'uniformité de contenu, la dissolution et la présence éventuelle de produits de dégradation, de moisissures et d'impuretés.

Des impuretés et des produits de dégradation résultant de la fabrication et/ou de l'entreposage ont été signalés et caractérisés, mais ils ne dépassaient pas les limites établies par l'ICH et/ou ils ont été qualifiés par des études de toxicologie; ils ont donc été jugés acceptables.

Des rapports de validation ont été soumis à l'appui de toutes les méthodes qui ont servi à l'analyse du produit pharmaceutique demi-fini et fini, et pour justifier les spécifications du produit pharmaceutique.

Les résultats des analyses de lots ont été examinés et jugés acceptables en fonction des spécifications du produit pharmaceutique.

Stabilité

À la lumière des données sur la stabilité fondées sur des essais accélérés et en temps réel, la durée de conservation proposée de 36 mois est jugée acceptable lorsque le produit (conditionné dans des plaquettes alvéolées composées de PVC et d'aluminium ou dans des flacons de PEHD) est entreposé à une température de 15 à 30 °C.

3.1.3 Installations et équipement

L'aménagement, le fonctionnement et les mécanismes de contrôle des locaux et de l'équipement sont conformes aux bonnes pratiques de fabrication (BPF) et sont jugés acceptables pour les activités et les produits fabriqués.

3.1.4 Évaluation de l'innocuité des agents adventices

Un certificat de conformité de la Direction européenne de la qualité du médicament a été déposé pour attester que la gélatine répond aux critères de la Pharmacopée européenne (PE) s'appliquant aux produits susceptibles de transmettre l'agent responsable des encéphalopathies spongiformes animales.

3.1.5 Conclusion

Cette présentation de drogue nouvelle est conforme aux exigences énoncées à l'article C.08.002 du Règlement sur les aliments et drogues en ce qui concerne l'information sur la qualité (chimie et fabrication).

L'information soumise sur les caractéristiques chimiques et la fabrication de Lyrica montre que la substance médicamenteuse et le produit pharmaceutique peuvent être fabriqués de façon à répondre systématiquement aux spécifications convenues. Des études appropriées sur l'élaboration et la validation ont été menées, et des contrôles adéquats sont en place pour la commercialisation.

3.2 Motifs non cliniques de la décision

3.2.1 Pharmacodynamique

Dans une série d'épreuves sur le système nerveux central, la prégabaline a affiché de bons résultats par rapport à d'autres médicaments agissant également au niveau central. On n'a relevé aucun problème ni signal mettant en cause l'innocuité du produit. La prégabaline a inhibé la motilité intestinale à une exposition quatre fois supérieure à l'exposition clinique maximale.

3.2.2 Pharmacocinétique

Le comportement in vivo de la prégabaline semble être semblable chez toutes les espèces étudiées (souris, rat, singe). On a observé une biodisponibilité élevée, un métabolisme limité et une élimination principalement rénale. La prégabaline était bien absorbée et était largement distribuée dans les tissus organiques, le volume de distribution étant à peu près égal au volume total d'eau dans le corps. Les concentrations élevées relevées dans le pancréas des rongeurs pourraient être dues à des interactions avec l'aminotransférase des acides aminés à chaîne ramifiée, inexistante chez le singe ou l'humain. La distribution vers l'oeil ne soulève pas de crainte particulière concernant le ciblage ou une éventuelle accumulation.

On n'a pas observé de liaison marquée de la prégabaline aux protéines plasmatiques chez le rat, le singe ou l'humain. La prégabaline traverse aussi bien la barrière hémato-encéphalique que la barrière placentaire, et elle est également sécrétée dans le lait des rates en lactation. Les études sur le métabolisme in vitro effectuées à partir du cytosol, des microsomes et des hépatocytes ont montré que la prégabaline n'est pas métabolisée de façon marquée. De plus, dans les études in vitro d'inhibition métabolique sur des microsomes humains, la prégabaline n'a inhibé aucune des isoenzymes principales du cytochrome P450 (CYP450) qui métabolisent les xénobiotiques chez l'humain.

3.2.3 Toxicologie

Études à dose unique

Les études de toxicité aiguë n'ont fait ressortir aucun risque particulier.

Études à doses multiples

Les études à doses multiples effectuées chez le rat (durée de 4 à 52 semaines, avec doses élevées de prégabaline) ont mené aux observations suivantes : hypoactivité, coloration des urines, dermatose de la queue, atrophie du pancréas et de la prostate, divers changements dans les testicules/épididymes et hypocellularité de la moelle osseuse. Les taux d'érythrocytes ont augmenté, parallèlement à une diminution du nombre de réticulocytes, de mégakarocytes et de plaquettes. Aucun effet n'a été observé sur les lymphocytes. La concentration sans effet observé (CSEO) était de 50 mg/kg/jour par voie orale (PO), soit l'équivalent de 1,5 fois l'exposition clinique maximale. Dans les études d'une durée allant jusqu'à 69 semaines, les signes cliniques relevés chez le singe étaient rares, soit principalement des lésions à la queue (dermatose et érosions) et des pertes nasales. On n'a pas relevé de changements uniformes au niveau sanguin. Chez le singe, la CSEO était de 10 mg/kg/jour PO, soit l'équivalent de l'exposition clinique maximale. Les lésions à la queue, même si elles ne concernent pas directement l'humain, soulèvent des inquiétudes en raison de leur sévérité et de la faible concentration à laquelle elles se sont produites. L'origine la plus évidente de ce phénomène serait la réduction de flux sanguin aux extrémités, mais l'on n'a pas confirmé cette hypothèse. Les lésions cutanées chez le singe observées dans l'étude de longue durée ont, de façon générale, disparu avant la fin de l'étude.

Études de génotoxicité

La prégabaline s'est avérée non génotoxique dans le cadre d'une batterie de tests standard faisant appel à des enzymes métaboliques provenant aussi bien de la souris que du rat. Ces résultats donnent à penser que, chez ces deux espèces, il n'y avait pas de métabolites ou d'intermédiaires génotoxiques, et que la cancérogénicité murine observée n'était pas d'origine génotoxique.

Études de cancérogénicité

Le potentiel cancérogène de la prégabaline a été évalué dans des études de toxicologie chez le rat et la souris d'une durée de deux ans. Les résultats n'ont mis en évidence aucune activité cancérogène chez le rat. Toutefois, chez des souris de deux souches différentes, des signes d'activité cancérogène ont été mis au jour, en l'occurrence par la hausse importante de cas d'hémangiosarcome dans différents sièges anatomiques. D'autres études chez la souris ont montré que l'apparition initiale de l'hémangiosarcome survenait peu de temps après le début de l'exposition (dans la première année d'exposition); dans la deuxième année d'exposition, il semble que le taux de survenue des tumeurs s'accélère, si l'on en juge par le taux élevé de cas chez les souris ayant subi une exposition continue.

Le promoteur a mené de nombreuses autres études sur la prégabaline pour élucider le mécanisme d'action qui pourrait être à la source des tumeurs malignes observées chez la souris, mais aucune de ces études n'a fourni de conclusion claire quant au possible mode d'action du médicament à ce niveau. Il est à noter que la prégabaline n'a pas d'activité génotoxique; on présume donc que son mode d'action cancérogène est de nature épigénétique. En résumé, en raison des constatations faites chez la souris quant à une éventuelle cancérogénicité, le potentiel cancérogène de la prégabaline chez l'humain demeure préoccupant. Toutefois, étant donné que l'activité cancérogène de la prégabaline n'a été mise en lumière que chez une espèce (la souris) et ce, à des niveaux d'exposition systémique élevés (établis d'après une comparaison des taux sanguins de certains paramètres pharmacocinétiques avec ceux de l'humain), et non chez une deuxième espèce (le rat), le risque de cancérogénicité posé par la prégabaline chez l'humain est considéré comme étant faible.

Toxicité pour l'appareil reproducteur et le développement

On a mené des études pour évaluer la toxicité pour l'appareil reproducteur et la toxicité prénatale et postnatale de la prégabaline chez le rat; des études sur le développement embryo-foetal ont également été effectuées chez la souris, le rat et le lapin. Ces études étaient conformes aux bonnes pratiques de laboratoire (BPL).

D'après les résultats des tests effectués, la prégabaline a un effet néfaste sur la fertilité des rats mâles : elle entraîne une réduction du nombre de spermatozoïdes et de leur motilité, ainsi qu'une augmentation des anomalies morphologiques des spermatozoïdes. Ces effets n'ont été observés qu'à des doses élevées, soit supérieures ou égales à 20 fois l'équivalent de la dose humaine, la concentration des doses étant proportionnelle à la surface corporelle (mg/m2). L'exposition à la prégabaline n'a pas eu d'effet sur la fertilité des rats femelles.

Il est important de noter qu'à des doses élevées, on a observé un excès de mortalité embryo-foetale. Chez le rat, on a également relevé des effets sur le développement lorsque la prégabaline était administrée durant l'organogenèse aux rates gravides. Ces effets ont été caractérisés comme une ossification accrue, et ils sont survenus à des doses relativement élevées, soit environ huit fois supérieures à la dose équivalente chez l'humain. On n'a pas relevé de malformations importantes. Par conséquent, la prégabaline n'est pas considérée comme tératogène.

3.2.4 Résumé et conclusion

La prégabaline s'est révélée efficace dans la réduction des comportements liés à la douleur dans des modèles animaux de neuropathie diabétique, de lésions nerveuses périphériques ou d'atteinte chimiothérapeutique, et dans des modèles de douleur de nature musculosquelettique.

Les études non cliniques soulèvent des craintes sur le plan de l'innocuité en raison d'un taux accru d'hémangiosarcome chez la souris. Cette constatation a été faite pour la souris mais non pour le rat. Chez ce dernier, on a observé des effets sur le développement (ossification accrue) dans le cas des mâles comme des femelles. Une description complète de ces résultats, ainsi qu'une mise en garde selon laquelle Lyrica ne devrait pas être administré à des femmes enceintes, figurent dans la monographie de produit.

3.3 Motifs cliniques de la décision

3.3.1 Pharmacodynamique

Lyrica (prégabaline) est un analogue/dérivé du neurotransmetteur inhibiteur GABA, mais il ne se lie pas aux récepteurs GABAa et GABAb, ni aux récepteurs des benzodiazépines; il n'a pas non plus d'effet inhibiteur sur le captage ou sur la dégradation du GABA. Bien que le mécanisme d'action ne soit pas encore établi, il semble que la prégabaline intervient dans la synthèse du GABA et réduit la libération calcium-dépendante de plusieurs autres neurotransmetteurs, y compris le glutamate, la noradrénaline et la substance P.

La prégabaline se lie avec une grande affinité à la protéine alpha2-delta (une sous-unité des canaux calciques) du tissu cérébral. La réduction de la libération de plusieurs neurotransmetteurs in vitro évoque la possibilité d'une activité de blocage des canaux calciques par Lyrica. Cependant, contrairement aux bloqueurs des canaux calciques vasculaires, la prégabaline n'a aucun effet sur la tension artérielle systémique ni sur la fonction cardiaque.

3.3.2 Pharmacocinétique

On a mené des études cliniques pour déterminer l'absorption, la distribution, le métabolisme et l'élimination de la prégabaline chez l'humain, pour évaluer les effets des différentes doses sur les paramètres pharmacocinétiques et pour explorer les effets de facteurs intrinsèques et extrinsèques sur les paramètres pharmacocinétiques. Dans chaque étude, on a également recueilli des données permettant d'évaluer l'innocuité et la tolérabilité de la prégabaline. Le programme de pharmacologie clinique qui a permis de définir la pharmacocinétique clinique de la prégabaline consistait en 21 études de phase I. Toutes les études étaient conformes aux bonnes pratiques cliniques et respectaient les lignes directrices appliquées par les É.-U., l'UE et le Japon en matière de développement pharmacologique.

Après l'administration d'une dose par voie orale, on a observé sur le plan de la pharmacologie clinique une absorption quasi complète et un métabolisme négligeable de la prégabaline. Étant donné que la prégabaline n'était que faiblement métabolisée, l'excrétion urinaire du médicament sous forme inchangée était la principale voie d'élimination. La pharmacocinétique de la prégabaline était linéaire; l'exposition au médicament augmentait avec la dose. Après l'administration de doses répétées, les concentrations plasmatiques de prégabaline ont atteint l'état d'équilibre en 24 à 48 heures. Le taux d'accumulation de la prégabaline se situait entre 1,62 et 1,76 lorsque le schéma posologique était q 8 h, et ce taux était de 1,40 pour un schéma q 12 h. Le volume de distribution de la prégabaline était semblable au volume total d'eau dans le corps. Les résultats montrent que la prégabaline pénètre dans les érythrocytes et qu'elle ne se lie pas de façon appréciable aux protéines plasmatiques. Étant donné que la prégabaline n'est que faiblement métabolisée, qu'elle n'inhibe pas les isoenzymes CYP450 et qu'elle ne se lie pas aux protéines plasmatiques, il est peu probable qu'elle interagisse avec d'autres médicaments en raison de son métabolisme.

Lorsque la même dose quotidienne totale (600 mg/jour) était administrée q 8 h et q 12 h, l'exposition moyenne au médicament (ASC) et la concentration maximale à l'état d'équilibre (Cmax) étaient semblables. En outre, étant donné que le médicament n'était pas administré suivant un schéma posologique égal, à toutes les 8 heures, mais suivant un schéma inégal d'administration TID (c.-à-d. intervalles plus courts entre les doses prises durant la journée et intervalle plus long entre la dose du soir et celle du matin), la différence entre les valeurs à l'état d'équilibre de la Cmax  et la Cmin pour les schémas posologiques q 8 h et q 12 h était d'autant plus réduite. Par conséquent, on considère que l'exposition à la prégabaline est comparable, que la dose quotidienne totale soit divisée en deux ou en trois doses.

Populations spéciales

Insuffisance rénale - Il faut ajuster la dose pour les patients atteints d'insuffisance rénale. Étant donné que presque toute la prégabaline absorbée au niveau systémique est excrétée sous forme inchangée par les reins, la clairance de la prégabaline est directement proportionnelle à la clairance de la créatinine. À la lumière des études menées chez des sujets atteints d'insuffisance rénale, on recommande d'ajuster la dose selon l'état de la fonction rénale.

Insuffisance hépatique - Il n'est pas nécessaire d'ajuster la dose chez les patients atteints d'insuffisance hépatique. Étant donné que la prégabaline n'est pas métabolisée de façon appréciable par le foie, la clairance de la prégabaline ne devrait pas être diminuée en présence d'une insuffisance hépatique.

Race - Les paramètres pharmacocinétiques de la prégabaline observés chez les sujets japonais étaient semblables à ceux des sujets américains. Selon les résultats, la relation entre la dose quotidienne et l'exposition à la prégabaline était également semblable chez les sujets de race blanche et ceux de race noire, et chez les sujets hispaniques.

Sexe - La relation entre la dose quotidienne et l'exposition à la prégabaline était semblable chez les deux sexes.

Âge - Il pourrait être nécessaire de réduire la dose de prégabaline chez les patients présentant une diminution de la fonction rénale due à l'âge. Les résultats observés chez des sujets âgés (> 65 ans) en bonne santé indiquent une hausse de la demi-vie de la prégabaline et de l'exposition, qui concorde avec les changements de la fonction rénale associés à l'âge. Chez les femmes préménopausées et postménopausées, la relation entre la dose quotidienne et l'exposition à la prégabaline était semblable.

Interactions médicamenteuses

On n'a pas observé de changements importants dans les paramètres pharmacocinétiques de la prégabaline lorsqu'elle était administrée en concomitance avec l'acide valproïque, la carbamazépine, la lamotrigine, la phénytoïne, la gabapentine, le lorazépam, l'oxycodone ou l'éthanol. D'autres analyses pharmacocinétiques de population ont également montré que la carbamazépine, la lamotrigine, le phénobarbital, la phénytoïne, le topiramate, la tiagabine, l'acide valproïque, les traitements hypoglycémiques oraux, l'insuline ou les diurétiques n'avaient pas d'effets importants sur la pharmacocinétique de la prégabaline.

Selon les études de pharmacologie clinique sur les interactions médicamenteuses, la prégabaline ne modifie pas de façon considérable la pharmacocinétique de l'acide valproïque, de la carbamazépine, de la lamotrigine, de la phénytoïne, de la gabapentine, du lorazépam, de l'oxycodone, de l'éthanol ou des contraceptifs oraux (noréthindrone ou éthinyloestradiol). Les analyses pharmacocinétiques de population ont également révélé que la prégabaline, administrée en concomitance, ne modifiait pas de façon appréciable les paramètres pharmacocinétiques de la carbamazépine, de la lamotrigine, du phénobarbital, de la phénytoïne, du topiramate et de l'acide valproïque.

Dans l'ensemble, l'administration de doses de prégabaline avec de l'oxycodone, de l'éthanol ou du lorazépam, que ces médicaments soient administrés séparément ou en concomitance, n'a pas eu d'effet cliniquement important sur la fonction respiratoire. La prégabaline semble potentialiser les effets indésirables de l'oxycodone, de l'éthanol et du lorazépam sur la fonction cognitive et la motricité globale, ou s'ajouter à ces effets.

Innocuité

Au cours des études de phase I, des doses de prégabaline de 75 à 900 mg/jour ont généralement été bien tolérées par les sujets en bonne santé. À la lumière de ces résultats, on a jugé bon, pour les études ultérieures, d'utiliser des doses allant jusqu'à 600 mg/jour. Les effets indésirables les plus souvent signalés dans les études de pharmacologie clinique étaient les suivants : étourdissements, somnolence, céphalées, stupeur, anomalie de la pensée, asthénie, nausées, euphorie, amblyopie, anomalie de la démarche, constipation, sécheresse de la bouche, incoordination et infection. Les anomalies des résultats des épreuves de laboratoire étaient généralement sporadiques, transitoires et considérées comme non reliées à l'administration de prégabaline. Dans l'ensemble, aucune anomalie pouvant avoir des répercussions cliniques importantes n'a été observée à l'électrocardiogramme (ECG). On n'a pas signalé de changement important sur le plan clinique dans la tension artérielle ni la fréquence cardiaque.

3.3.3 Efficacité clinique

Les données cliniques ont été obtenues dans le cadre d'essais contrôlés de courte durée et d'essais ouverts de longue durée qui visaient à évaluer l'innocuité et l'efficacité de la prégabaline chez des patients atteints de neuropathie diabétique périphérique (NDP) ou de névralgies post-zostériennes (NPZ).

  • Cinq essais randomisés, contrôlés avec placebo et à double insu, regroupant des sujets atteints de NDP, comprenaient des périodes d'augmentation de la dose de 0 à 2 semaines, suivies de périodes à dose fixe de 4 à 11 semaines.
  • Quatre essais contrôlés avec placebo, à double insu, portant sur des sujets souffrant de NPZ, comportaient des périodes d'augmentation de la dose de 0 à 1 semaine, suivies de périodes à dose fixe de 5 à 12 semaines.

Les études menées chez ces deux groupes de patients reposaient sur les mêmes critères principaux d'inscription, plan d'étude, méthodologie et paramètres d'innocuité et d'efficacité. Un seul point les différenciait : les patients souffrant de NPZ avaient la permission d'utiliser différents analgésiques en même temps que le médicament à l'étude, tandis que les patients atteints de NDP ne pouvaient utiliser que des analgésiques ordinaires et simples (en vente libre).

Au total, dans l'essai sur la NDP et l'essai sur les NPZ, 979 et 852 patients, respectivement, ont reçu différentes doses de prégabaline. Dans les essais menés chez les patients atteints de NDP, on comptait au total 319 patients âgés (> 65 ans), dont 73 avaient > 75 ans. De même, les essais chez les patients souffrant de NPZ comprenaient 661 patients âgés, dont 379 (57 %) avaient > 75 ans.

Le paramètre primaire d'efficacité était le score moyen attribué à la douleur à la fin de l'essai, soit la moyenne des sept derniers scores inscrits quotidiennement par le patient pendant qu'il recevait le médicament à l'étude. Les patients se servaient d'un journal quotidien pour consigner l'intensité de leur douleur, sur une échelle de 11 points, où 0 désigne l'absence de douleur et 10, la pire douleur possible. Les mesures supplémentaires et les paramètres secondaires d'efficacité étaient les suivants : scores attribués à la douleur calculés chaque semaine, taux de réponse (% de patients présentant une réduction du score moyen de douleur soit de > 30 % ou de > 50 % à la fin de l'essai par rapport aux valeurs de départ), intensité de la douleur actuelle, perturbations du sommeil dues à la douleur, impression globale du patient à propos de l'évolution de son état (échelles PGIC et CGIC) et questionnaire sur la qualité de vie.

L'efficacité de la prégabaline a été établie pour les patients atteints de NDP et pour les patients souffrant de NPZ dans les essais cliniques contrôlés.

  • Dans les essais portant sur la NDP, les résultats obtenus pour le paramètre primaire d'efficacité dans la plupart des groupes traités par la prégabaline se sont révélés significativement supérieurs à ceux obtenus par le placebo. On a relevé deux exceptions, soit les groupes traités par la prégabaline à des doses à 75 et de 150 mg/jour. Les données sur l'efficacité semblent favoriser un schéma posologique de trois doses par jour (TID), avec une dose efficace minimale, ou du moins une dose initiale, de 150 mg/jour. Les doses allant de 150 à 600 mg/jour (BID [deux fois par jour] ou TID) semblaient avoir la même efficacité, tandis que la dose de 75 mg/jour s'est révélée une dose sous-thérapeutique. Les mesures supplémentaires et paramètres secondaires d'efficacité, comme les perturbations du sommeil dues à la douleur et les scores PGIC et CGIC, étaient pour la plupart positifs et appuyaient les résultats obtenus pour le paramètre primaire.

  • Dans les essais portant sur les NPZ, la réduction de la douleur obtenue grâce au traitement par la prégabaline augmentait avec la dose. Peu importe le schéma posologique, c'est-à-dire BID ou TID, les doses de prégabaline allant de 150 à 600 mg/jour semblaient avoir la même efficacité, la dose de 150 mg/jour étant la dose efficace minimale, ou du moins la dose initiale. La dose de 75 mg/jour de prégabaline s'est révélée sous-thérapeutique. À quelques exceptions près, les résultats positifs obtenus pour les mesures supplémentaires et les paramètres secondaires d'efficacité, comme le taux de réponse, les perturbations du sommeil dues à la douleur, les scores TGIC et CGIC et l'amélioration des mesures de la qualité de vie, appuyaient tous les résultats obtenus pour le paramètre primaire d'efficacité.

Dans les études portant sur la NDP et les NPZ, la dose efficace minimale semble être 150 mg/jour, administrée soit BID ou TID (la dose de 75 mg/jour de prégabaline s'étant révélée une dose sous-thérapeutique). La marge thérapeutique définie à l'issue des essais va de 150 à 600 mg/jour, les meilleurs résultats combinés d'innocuité et d'efficacité ayant été obtenus à la dose cible de 300 mg/jour. Alors que la dose de 300 mg/jour semble présenter le meilleur profil efficacité/effets secondaires, la dose de 600 mg/jour de prégabaline est associée à des taux supérieurs d'effets indésirables et à un taux supérieur d'abandons de l'étude. Les doses situées entre 300 et 600 mg/jour ou > 600 mg/jour n'ont pas été étudiées. Les doses supérieures à 300 mg/jour devraient être réservées aux patients qui peuvent tolérer facilement 300 mg/jour mais dont la douleur n'est pas bien soulagée à cette dose.

3.3.4 Innocuité clinique

L'innocuité clinique de la prégabaline a été étudiée dans des essais contrôlés de courte durée (cinq sur la NDP et quatre sur les NPZ) et dans des essais ouverts de longue durée. On a également évalué les données tirées des mises à jour périodiques des rapports sur l'innocuité.

Essais contrôlés

Les essais contrôlés sont décrits à la section 3.3.3 Efficacité clinique. L'innocuité a été évaluée par les moyens suivants : signalement des effets indésirables; examens physiques, neurologiques et sensoriels périphériques; examen du champ et de l'acuité visuels; ophtalmoscopie après dilatation des pupilles; ECG et épreuves de laboratoire.

Effets indésirables les plus courants - Globalement, le profil et la fréquence des effets indésirables (EI) étaient semblables chez les patients atteints de NDP et chez ceux souffrant de NPZ; les différences relevées par rapport au placebo commençaient à apparaître à l'extrémité inférieure de la marge thérapeutique (150 mg/jour de prégabaline). Bien que, dans les deux cas, il s'agisse principalement de populations âgées, surtout en ce qui concerne les patients atteints de NDP, on a signalé des taux beaucoup plus élevés d'étourdissements (23 % pour la prégabaline contre 7 % pour le placebo), de somnolence (14 % pour la prégabaline contre 4 % pour le placebo), d'oedème périphérique (10,4 % pour la prégabaline contre 2,9 % pour le placebo), de gain pondéral (4,2 % pour la prégabaline contre 0,4 % pour le placebo) et d'amblyopie (4,4 % pour la prégabaline contre 2,0 % pour le placebo) chez les patients traités par la prégabaline.

Effets indésirables graves - Dans l'ensemble, 2,5 % des patients des groupes placebo ont subi des EI graves, par rapport à 3,6 % dans les groupes prégabaline. Les EI graves les plus fréquents de l'étude comprenaient les suivants : douleur thoracique, blessures accidentelles, pneumonie, insuffisance cardiaque congestive et infarctus du myocarde. Cette tendance s'est maintenue dans les essais de longue durée correspondants. Malgré quelques différences subtiles, la comparaison entre les essais sur la NDP et ceux portant sur les NPZ n'a révélé aucune tendance particulière dans le profil ou la survenue des différents EI graves qui pourrait être attribuée à une population de patients précise. On a signalé un taux légèrement supérieur d'oedème périphérique dans les groupes prégabaline des essais sur les NPZ, d'où un plus grand nombre d'abandons dans ces essais.

Abandons - Les abandons étaient pour la plupart liés à la dose et sont survenus à des taux semblables (25 à 30 %) dans les groupes prégabaline et placebo. Toutefois, 11 % des patients dans les groupes prégabaline ont abandonné l'étude en raison d'EI (contre 5 % dans les groupes placebo), tandis que ce phénomène était inversé dans les cas d'abandon en raison d'un manque d'efficacité (4 % pour la prégabaline contre 8 % pour le placebo). Les étourdissements étaient la cause la plus fréquente menant à l'abandon dans les essais sur les NPZ (4,1 % pour la prégabaline contre 0,8 % pour le placebo). Un oedème périphérique menant à l'abandon de l'étude a été signalé chez 3,2 % des patients atteints de NPZ traités à la dose de 600 mg/jour, comparativement à 0,3 % des patients ayant reçu le placebo. De même, peu importe la dose de prégabaline, les patients souffrant d'insuffisance rénale ont subi plus d'EI et ont dû abandonner l'étude plus fréquemment. Une mise en garde à l'intention des patients atteints d'insuffisance rénale figure dans la monographie de produit.

Décès - En  février 2003, la base de données intégrée sur l'innocuité clinique recensait cinq décès dans les groupes prégabaline (5/1 556, 0,32 %)  comparativement à un décès dans les groupes placebo (1/1 764, 0,13 %) participant aux essais cliniques contrôlés. Les patients âgés souffrant de NPZ affichaient le taux le plus élevé de décès, soit 1,7 %.

Essais de longue durée

Études portant sur la NDP - Le profil global d'innocuité observé dans les essais de longue durée (1 164 patients) était semblable au profil révélé par les études cliniques contrôlées, à l'exception du gain pondéral, qui semblait augmenter avec la durée de l'exposition et le nombre de doses. Dans l'ensemble, une hausse du poids corporel d'au moins 7 % a été enregistrée chez 21,5 % des patients dans les essais contrôlés et non contrôlés combinés sur la neuropathie diabétique périphérique (NDP). Les EI les plus fréquents, comme l'oedème périphérique, les blessures accidentelles, la somnolence et les étourdissements, affichaient un taux > 8 %. Le gain de poids a été signalé parmi les effets indésirables chez 8,2 % des patients dans les essais non contrôlés sur la NDP. Environ 13 % des patients participant aux études de longue durée ont abandonné en raison d'EI (p. ex. effets liés au système nerveux, notamment étourdissements et somnolence) mais l'oedème périphérique était l'EI individuel ayant mené à l'abandon de l'étude le plus fréquent, à un taux de 1,3 %.

Études portant sur les NPZ - Dans les études sur les NPZ (735 patients) de longue durée, des cas de gain pondéral dans la population souffrant de NPZ ont été signalés plus fréquemment que dans les études contrôlées. Les EI les plus fréquents étaient les suivants : somnolence, étourdissements, blessures accidentelles et oedème périphérique (tous > 8 %), la plupart étant considérés comme « reliés » au traitement par la prégabaline. Près de 20 % des patients ont abandonné l'étude en raison d'EI qui étaient pour la plupart associés au système nerveux. De nouveau, l'oedème périphérique était l'effet qui menait le plus fréquemment à l'abandon (2,9 %).

Comparativement aux études contrôlées, le taux de gain pondéral a augmenté avec la durée de l'exposition à la prégabaline, et ce phénomène a été observé pour différentes doses de prégabaline, le gain pondéral augmentant en même temps que la dose. Dans l'ensemble, une hausse du poids corporel d'au moins 7 % a été enregistrée chez 15,6 % des patients dans les essais contrôlés et non contrôlés combinés sur les algies post-zostériennes (APZ). Dans certains essais, le gain pondéral était l'un des EI les plus souvent signalés, atteignant ou dépassant 13 %. Le gain de poids a été signalé parmi les effets indésirables chez 7,5 % des patients dans les essais non contrôlés sur les APZ. En moyenne, dans les essais sur les NPZ, 7,5 % des patients (contre 0,3 % dans le groupe placebo) présentaient un gain pondéral. Dans bien des cas, le gain pondéral était considéré comme « relié » au traitement par la prégabaline.

Mises à jour périodiques des rapports sur l'innocuité

Les premières mises à jour périodiques des rapports sur l'innocuité portaient sur la période de déclaration allant du 7 juillet 2004 au 6 janvier 2005; on estime que les essais cliniques et la surveillance postcommercialisation représentaient 464 et 15 000 patients, respectivement. Les patients étaient âgés de 28 à 83 ans.

Essais cliniques - Six cas d'EI ont été signalés. À noter tout particulièrement : un cas de « syndrome de sevrage de drogue » et un cas de thrombose à la jambe. Dans les deux cas, à la lumière des données disponibles, le rôle de la prégabaline ne pouvait être écarté.

Exposition postcommercialisation - Les EI les plus fréquents étaient les étourdissements, les nausées, la fatigue, et les céphalées. Le profil des EI associé à la prégabaline d'après l'ensemble des données postcommercialisation était semblable au profil établi à partir des essais cliniques : oedème (patients avec ou sans antécédents, âgés de 17 à 74 ans), somnolence et EI liés à la vision (diplopie et amblyopie, acuité visuelle réduite et troubles de l'accommodation). Les EI clairement associés au traitement par la prégabaline, comme l'oedème périphérique, le gain pondéral, les EI liés à la vision, les étourdissements et la somnolence, sont indiqués dans la section MISES EN GARDE ET PRÉCAUTIONS de la monographie de produit.

3.3.5 Questions additionnelles

Au moment de recommander la délivrance d'un AC pour la prégabaline, la Division du système nerveux central a exigé une lettre de la part du promoteur dans laquelle il s'engagerait à fournir des mises à jour périodiques des rapports sur l'innocuité tous les six mois pendant trois ans; l'objet de ces mises à jour serait de surveiller tout spécialement les risques associés au potentiel tumorigène de la prégabaline, les effets indésirables liés à la vision, l'oedème périphérique, les étourdissements/la somnolence, les événements liés au suicide et le gain pondéral.

3.4 Évaluation des avantages / risques et recommandation

3.4.1 Évaluation des avantages / risques

Au Canada, il n'existe actuellement aucun médicament autorisé pour le traitement soit de la neuropathie diabétique périphérique (NDP) soit des névralgies post-zostériennes (NPZ).

  • La NDP peut apparaître soudainement et causer des douleurs nocturnes modérées ou graves, qui vont en s'intensifiant. Lorsque ce type de neuropathie persiste pendant plus de 12 mois, il se peut qu'elle ne disparaisse pas spontanément et qu'elle dure de nombreuses années. La NDP est difficile à traiter avec de simples analgésiques et nuit à la qualité de vie du patient.

  • Les NPZ peuvent être sévères, constantes et très difficiles à prendre en charge. Les patients signalent fréquemment des perturbations du sommeil dues à la douleur. Le taux de NPZ chroniques est > 50 % chez les patients atteints de zona âgés de plus de 60 ans, et il passe à > 80 % chez les patients de plus de 80 ans.

Selon la littérature publiée jusqu'à présent et l'avis des experts, Lyrica est suffisamment efficace et fournit un soulagement de la douleur acceptable tant chez les patients atteints de NDP que chez ceux souffrant de NPZ. À l'heure actuelle, les craintes soulevées quant à l'innocuité de la prégabaline chez ces patients peuvent être gérées par des mesures d'étiquetage. Comme on l'a déjà demandé, le promoteur devrait fournir, à intervalles réguliers, des mises à jour et des rapports concernant les questions d'innocuité soulevées dans le présent document et l'examen de base. À la suite de l'examen de ces données, des mises en garde appropriées devraient être ajoutées à la monographie de produit et/ou des mesures d'action devraient être prises, au besoin.

À l'heure actuelle, à la lumière des résultats combinés des études d'innocuité et d'efficacité décrits dans cette PDN, et vu qu'il n'existe pas au Canada de médicament autorisé pour la prise en charge soit de la NDP soit des NPZ, l'évaluateur juge que les avantages du traitement par la prégabaline chez les patients atteints de NDP ou de NPZ l'emportent sur les risques.

3.4.2 Recommandation

Après avoir examiné les données sur la qualité, l'innocuité et l'efficacité de ce produit, Santé Canada estime que Lyrica a un profil avantages/risques favorable au traitement de la douleur neuropathique associée à la NDP et aux NPZ. La présentation de drogue nouvelle répond aux exigences des articles C.08.002 et C.08.005.1. Par conséquent, Santé Canada a accordé l'Avis de conformité prévu par l'article C.08.004 du Règlement sur les aliments et drogues.

4 Étapes importantes de la présentation

Étapes importantes de la présentation: Lyrica

Étape importante de la présentationDate
Réunion préalable à la présentation (réunion préalable à l'examen):2004-07-30
Dépôt de la présentation:2003-12-01
Examen préliminaire 1
Lettre d'acceptation à l'issue de l'examen préliminaire:2004-01-14
Examen 1
Évaluation de la qualité terminée:2004-10-19
Évaluation clinique terminée:2005-05-31
Examen de l'étiquetage terminé:2005-06-02
Délivrance de l'AC par le directeur général:2005-06-03