Sommaire des motifs de décision portant sur Zaxine

Décisions d'examen

Le sommaire des motifs de décision explique les raisons pour lesquelles un produit a reçu une autorisation de vente au Canada. Le document comprend les considérations portant sur la réglementation, l’innocuité, l’efficacité et la qualité (sur le plan de la chimie et de la fabrication).


Type de produit:

Médicament
  • Ce document est une traduction française du document anglais approuvé.
Sommaire des motifs de décision (SMD)

Les sommaires des motifs de décision (SMD) présentent des renseignements sur l'autorisation initiale d'un produit. Le SMD portant sur Zaxine est accessible ci-dessous

Activité récente relative à Zaxine

Les SMD relatifs aux médicaments éligibles (tels que décrits dans la Foire aux questions : Phase II du projet de sommaires des motifs de décision [SMD]) autorisés après le 1er septembre 2012 seront mis à jour afin d'inclure des renseignements sous forme de tableau des activités postautorisation (TAPA). Le TAPA comprendra de brefs résumés d'activités telles que les présentations de demandes de nouvelles utilisations, ainsi que les décisions de Santé Canada (positives ou négatives). Les TAPA seront mis à jour régulièrement en ce qui a trait aux activités postautorisation tout au long du cycle de vie du produit.

Tableau des activités postautorisation (TAPA) portant sur Zaxine

Mise à jour :  2026-02-23

Le tableau suivant décrit les activités postautorisation menées à l'égard de Zaxine, un produit dont l'ingrédient médicinal est rifaximine. Pour en savoir plus sur le type de renseignements présentés dans les TAPA, veuillez consulter la Foire aux questions : Phase II du projet de sommaires des motifs de décision (SMD) et à la Liste des abréviations qui se trouvent dans les Tableaux des activités postautorisation (TAPA).

Pour de plus amples renseignements sur le processus de présentation de drogues, consultez la Ligne Directrice : Gestion des présentations et des demandes de drogues.

Identification numérique de drogue (DIN) :

  • DIN 02410702 - 550 mg rifaximine, comprimé, administration orale

Tableau des activités postautorisation (TAPA)

Type et numéro d’activité ou de présentation

Date de présentation

Décision et date

Sommaire des activités

SPDN Nº 275623

2023-06-06

Délivrance d’un AC 2023-12-22

Présentation déposée en tant que Niveau II – Supplément (innocuité) afin de mettre à jour la MP en ajoutant de nouveaux renseignements sur l'innocuité. La présentation a été examinée et est considérée acceptable. À cause du SPDN, des modifications ont été effectuées aux sections suivantes de la MP : Mises en gardes et précautions et Effets indésirables. Des modifications correspondantes ont été effectuées à la partie III intitulée Renseignements pour les patients sur les médicaments et à l’encart d’accompagnement. Un AC a été délivré.

SPDN No 250527

2021-03-12

Délivrance d’un AC 2021-07-14

Présentation déposée en tant que Niveau I – Supplément afin de supprimer l’encart d’accompagnement. Le promoteur a annulé la présentation sur le plan administratif.

PM No 216973

2018-08-24

Délivrance d’une LNO 2019-02-12

Présentation déposée en tant que Niveau II (120 jours) - Préavis de modification afin de mettre à jour la MP. Les changements font suite aux lettres d'annonce de Santé Canada, du 2017-10-19 et 2018-06-11, demandant des modifications liées aux stratégies de lutte contre le développement de la résistance aux médicaments antimicrobiens délivrés sur ordonnance. A cause du PM, des modifications ont été effectuées aux sections suivantes de la MP : Indications et utilisation clinique, et Mises en gardes et précautions. Des modifications correspondantes ont été effectuées à la partie III intitulée Renseignements pour le consommateur. La présentation a été examinée et est considérée acceptable. Une LNO a été délivrée.

SPDN No 209230

2017-10-05

Délivrance d’un AC 2018-12-03

Présentation déposée en tant que Niveau I – Supplément pour une nouvelle indication. L'indication autorisée était : le traitement du syndrome du côlon irritable avec diarrhée (IBS-D) chez les adultes. La présentation a été examinée et est considérée acceptable. Un AC a été délivré.

Avis de mise en marché d’un produit médicamenteux (DIN 02410702)

Sans objet

Date de la première vente  2013/11/07

Le fabricant a informé Santé Canada de la date de la première vente conformément à la disposition C.01.014.3 du Règlement sur les aliments et drogues.

PDN  Nº 161256

2013/01/14

Délivrance d’un AC  2013/08/13

Délivrance d’un Avis de conformité relatif à une Présentation de drogue nouvelle

 
Sommaire des motifs de décision (SMD) portant sur Zaxine

AnchorSMD émis le : 2013-10-31

L'information suivante concerne la Présentation de drogue nouvelle pour Zaxine.

Rifaximine, 550 mg, Comprimés , voie orale

Identification(s) numérique(s) de drogue(s):

  • 02410702

Salix Pharmaceuticals Inc.

Présentation de drogue nouvelle, numéro de contrôle : 161256

 

Le 13 août 2013, Santé Canada a émis à l'intention de Salix Pharmaceuticals Inc. un avis de conformité pour le produit pharmaceutique Zaxine.

L'autorisation de mise sur le marché s'appuie sur l'information sur la qualité (chimie et fabrication), ainsi que les études non cliniques (pharmacologie et toxicologie) et cliniques présentées (pharmacologie, innocuité et efficacité). Après avoir examiné les données reçues, Santé Canada estime que Zaxine a un profil avantages/risques favorable à l'indication de réduction du risque de récidive de l'encéphalopathie hépatique (EH) chez les patients âgés de 18 ans et plus.

1 Sur quoi l'autorisation porte-t-elle?

Zaxine, un agent antibactérien, a été autorisé pour réduire les risques de récidive de l'encéphalopathie hépatique (EH) chez les patients âgés de 18 ans et plus. La dose recommandée de Zaxine est un comprimé de 550 mg par voie orale deux fois par jour sans prise alimentaire.

Dans les essais portant sur Zaxine contre l'EH, 91 % des patients prenaient du lactulose de façon concomitante. Il n'a pas été possible d'évaluer les différences d'effet thérapeutique chez les patients ne prenant pas de lactulose.

Zaxine n'a pas été étudié chez les patients qui présentent un score MELD (Model for End-Stage Liver Disease) supérieur à 25, et seuls 8,6 % des patients de l'essai contrôlé affichaient un score MELD supérieur à 19.

Aucune étude destinée à déterminer la dose chez les personnes âgées n'a été réalisée. Dans l'essai contrôlé portant sur Zaxine, 19,4 % des sujets étaient âgés de 65 ans ou plus, et 2,3 % étaient âgés de 75 ans ou plus. Globalement, aucune différence n'a été observée en matière d'innocuité ou d'efficacité entre ces sujets et les patients plus jeunes. De plus, dans le cadre d'une autre expérience clinique présentée, aucune différence n'a été relevée entre la réponse obtenue chez les patients âgés et chez les plus jeunes. Toutefois, on ne peut écarter la possibilité d'une plus grande sensibilité chez certaines personnes âgées.

L'innocuité et l'efficacité de Zaxine pour la prévention de la récidive de l'encéphalopathie hépatique (EH) n'ont pas été étudiées chez les enfants et les adolescents de moins de 18 ans.

Zaxine est contre-indiqué chez les patients qui présentent une hypersensibilité à la rifaximine, à un agent antimicrobien à base de rifamycine ou à tout ingrédient de Zaxine.

Zaxine a été autorisé selon les conditions d'utilisation décrites dans la monographie de produit de Zaxine, en tenant compte des risques potentiels associés à l'administration de ce produit pharmaceutique.

Zaxine (500 mg de rifaximine) est offert sous forme de comprimé. En plus de l'ingrédient médicinal, chaque comprimé contient du dioxyde de silice colloïdal, du distéarate de glycéryl, de la cellulose microcristalline, du polyéthylèneglycol, de l'alcool polyvinylique, de l'oxyde de fer rouge, du glycolate d'amidon sodique, du talc et du dioxyde de titane.

Pour de plus amples renseignements, veuillez consulter les sections Motifs d'ordre clinique, non clinique et qualitatif (chimie et fabrication).

Pour obtenir des renseignements supplémentaires, consulter la monographie de produit Zaxine approuvée par Santé Canada et accessible par l'intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.

2 Pourquoi Zaxine a-t-il été autorisé?

Santé Canada estime que Zaxine a un profil avantages/risques favorable à la réduction du risque de récidive de l'encéphalopathie hépatique (EH) chez les patients âgés de 18 ans et plus.

L'encéphalopathie hépatique est un syndrome neuropsychiatrique grave, complexe et épisodique qui est souvent associé aux maladies du foie de stade avancé.

Le traitement définitif de l'EH récurrente est la greffe de foie. En attendant la greffe, la prévention et le traitement de base de l'EH consistent à assurer des soins de soutien en identifiant et en traitant les facteurs déclencheurs, et en réduisant les produits azotés provenant des intestins à l'aide de lactulose ou d'antibiotiques.

Les antibiotiques semblent avoir un effet indirect : ils inhibent la décomposition de l'urée en désaminant les bactéries intestinales, ce qui réduit la production d'ammoniac et d'autres neurotoxines potentielles.

Dans cette Présentation de drogue nouvelle (PDN), Zaxine (rifaximine) s'est révélé efficace pour réduire les risques de récidive de l'encéphalopathie hépatique chez les patients âgés de 18 ans et plus, d'après deux études de phase III, RFHE3001 (étude pivot de six mois à double insu et contrôlée par placebo) et RFHE3002 (étude de prolongation ouverte d'une durée allant jusqu'à deux ans). Les analyses d'efficacité et d'innocuité de ces deux études ont étayé de façon adéquate l'utilisation de la rifaximine pour la prévention des récidives d'EH. Cependant, 91 % des participants à ces études prenaient de façon concomitante du lactulose, et il n'a pas été possible d'évaluer les différences d'effet thérapeutique avec les patients qui ne prenaient pas de lactulose. De plus, on dispose de données limitées sur l'utilisation du produit chez les patients atteints d'une insuffisance hépatique grave (classe C de Child-Pugh) et on ne dispose d'aucune donnée sur les patients présentant un score MELD supérieur à 25.

Dans les deux études cliniques, les événements indésirables les plus courants étaient les suivants : anémie, ascites, œdème périphérique, pyrexie, spasmes musculaires, arthralgie, étourdissements, dépression, dyspnée, prurit et éruption cutanée, tous ces événements ayant été observés avec une incidence ≥ 5 % et à une fréquence plus élevée que dans le groupe placebo.

Dans l'étude RFHE3001, les événements indésirables présentant un intérêt particulier et observés en plus grande proportion chez les sujets recevant de la rifaximine par rapport au placebo étaient notamment les maladies dues à la bactérie Clostridium difficile (C. difficile) (MCD).

On a constaté que la rifaximine présentait une faible absorption systémique chez les sujets sains, mais une absorption considérablement accrue chez les patients atteints d'une insuffisance de la fonction hépatique. De plus, il peut y avoir une exposition systémique accrue à la rifaximine dans les pathologies où la fonction de barrière intestinale ou la motilité intestinale sont diminuées.

Salix Pharmaceuticals a présenté à Santé Canada un plan de gestion des risques (PGR) relativement à Zaxine. Après examen, ce PGR a été jugé acceptable. Le PGR est destiné à décrire les problèmes d'innocuité connus ou possibles, à présenter le plan de surveillance prévu et, le cas échéant, à décrire les mesures qui seront prises pour réduire les risques liés au produit.

Globalement, les avantages thérapeutiques constatés dans les études de phase III étaient positifs et les avantages du traitement par Zaxine semblent dépasser les risques. D'après les données non cliniques et les études cliniques, Zaxine présente un profil d'innocuité acceptable. Les risques sont gérés au moyen d'un étiquetage approprié qui informe le médecin des problèmes d'innocuité potentiels observés chez les patients correspondant à l'indication avec le traitement par Zaxine, en plus d'un PGR acceptable. La monographie de produit de Zaxine présente les mises en garde et les précautions appropriées concernant les problèmes d'innocuité relevés.

Cette présentation de drogue nouvelle répond aux exigences des articles C.08.002 et C.08.005.1; par conséquent, Santé Canada a émis l'avis de conformité prévu à l'article C.08.004 du Règlement sur les aliments et drogues. Pour de plus amples renseignements, veuillez consulter les sections Motifs d'ordre clinique, non clinique et qualitatif (chimie et fabrication).

3 Quelles sont les étapes qui ont mené à l'autorisation de Zaxine?

La présentation de drogue de Zaxine a été examinée en vertu de la Politique sur l'évaluation prioritaire. Zaxine répond à un besoin médical non satisfait, à savoir disposer d'un traitement supplémentaire de l'EH qui soit efficace, sûr et bien toléré.

Zaxine est un dérivé de la rifamycine. C'est une substance active nouvelle dans sa classe thérapeutique. À l'heure actuelle, la rifaximine est accessible au Canada dans le cadre du Programme d'accès spécial. Suite à une réunion préalable à la soumission d'une présentation de drogue nouvelle (PDN) tenue avec Salix Pharmaceuticals Inc. le 4 octobre 2012, le promoteur a déposé une demande d'examen prioritaire concernant la rifaximine (à cette époque, le nom du produit pharmaceutique était Xifaxan) sous le numéro de contrôle 159822. Cette demande d'examen prioritaire a été approuvée le 5 décembre 2012.

Rifaximine est disponible sur les marchés régis par d'autres organismes de réglementation pour plusieurs indications, notamment la prévention de la récidive d'EH. La dose de 550 mg de rifaximine par voie orale deux fois par jour a été autorisée par la Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis pour la réduction du risque de récidive de l'encéphalopathie hépatique chez les patients de 18 ans et plus. La rifaximine a également été approuvée par la Therapeutic Goods Administration Australienne pour la prévention de la récidive de l'encéphalopathie hépatique en cas d'échec ou de contre-indication des autres traitements. L'indication d'EH a bénéficié d'un examen prioritaire de ces deux organismes de réglementation. Une demande a été déposée auprès de l'Agence européenne des médicaments (EMA) en septembre 2011 pour l'indication d'EH, laquelle a été approuvée en décembre 2012.

 

Étapes importantes de la présentation: Zaxine

Étape importante de la présentation Date
Réunion préalable à la présentation : 2012-10-04
Demande de traitement prioritaire  
Déposée : 2012-11-01
Approuvée par le Directeur : 2012-12-05
Dépôt de la présentation : 2013-01-14
Examen préliminaire  
Lettre d'acceptation à l'issue de l'examen préliminaire : 2013-02-14
Examen  
Évaluation de la qualité terminée : 2013-07-03
Évaluation clinique terminée : 2013-08-12
Examen de l'étiquetage terminé : 2013-08-07
Délivrance de l'Avis de conformité par le directeur général : 2013-08-13

 

La décision réglementaire canadienne portant sur l'examen clinique de Zaxine est fondée sur une évaluation critique du dossier de données canadiennes. Les examens effectués à l'étranger par la Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis et par le Therapeutics Goods Directorate (TGA) de l'Australie ont servi de références supplémentaires.

Pour de plus amples renseignements sur le processus de présentation de drogue, consulter la Ligne directrice de l'industrie : gestion des présentations de drogues.

4 Quelles mesures de suivi le promoteur prendra-t-il?

Les exigences en matière d'activités post-commercialisation sont décrites dans la Loi sur les aliments et drogues et le Règlement connexe.

6 Quels sont les autres renseignements disponibles à propos des médicaments?

Pour obtenir des renseignements à jour sur les produits pharmaceutiques, veuillez suivre les liens suivants :

7 Quelle est la justification scientifique sur laquelle s'est fondé Santé Canada?
7.1 Motifs cliniques de la décision

 

Pharmacologie clinique

La rifaximine, l'ingrédient médicinal de Zaxine, est un antibiotique oral non systémique à large spectre qui agit sur les bactéries du tractus gastro-intestinal en se liant à la sous-unité bêta de l'ARN polymérase bactérienne ADN-dépendante, ce qui entraîne l'inhibition de la synthèse de l'ARN bactérien. La rifaximine présente un large spectre antimicrobien contre de nombreuses bactéries à gram positif et négatif, aérobies et anaérobies, notamment les types qui produisent de l'ammoniac. La rifaximine peut inhiber la division des bactéries qui désaminent l'urée, ce qui réduit la production d'ammoniac et d'autres composés dont le rôle est jugé important dans la pathogenèse de l'encéphalopathie hépatique.

Suite à l'administration de 550 mg de Zaxine deux fois par jour à des patients ayant des antécédents d'EH, l'exposition systémique à la rifaximine était d'autant plus élevée que le degré d'insuffisance hépatique était important. La surface sous la courbe (SSC)tau était d'environ 10, 13 et 20 fois plus élevée chez les patients atteints d'insuffisance hépatique légère (classe A de Child-Pugh), modérée (classe B de Child-Pugh) et grave (classe C de Child-Pugh), respectivement, que celle des sujets sains. L'exposition systémique maximale à la rifaximine a été observée chez les patients atteints d'une insuffisance hépatique grave.

La rifaximine est un substrat et un faible inducteur de CYP3A4 in vitro. Aucun effet significatif sur le plan statistique n'a été observé sur la pharmacocinétique des substrats de CYP3A4 chez les sujets sains; toutefois, les effets de la rifaximine sur les substrats de CYP3A4 n'a pas été évaluée chez les patients atteints d'insuffisance hépatique. Le médicament pourrait avoir un effet sur la pharmacocinétique des substrats de CYP3A4 concomitants (comme la warfarine, les antiépileptiques ou les antiarythmiques) chez les sujets ayant une insuffisance hépatique qui présentent un taux systémique élevé de rifaximine.

D'après une étude in vitro, larifaximine serait un substrat et un faible inhibiteur de la glycoprotéine P (P-gp). Les médicaments concomitants qui inhibent la P-gp pourraient accroître considérablement l'exposition systémique à la rifaximine. Le potentiel de provoquer une augmentation plus importante chez les sujets atteints d'insuffisance hépatique n'a pas été évaluée.

La rifaximine est éliminée pratiquement exclusivement dans les fèces. La rifaximine qui est absorbée de façon systémique est métabolisée au moyen de processus hépatiques (CYP3A4) et intestinaux.

Pour obtenir des renseignements supplémentaires, consulter la monographie de produit Zaxine approuvée par Santé Canada et accessible par l'intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.

Efficacité Clinique

Dans le cadre de cette Présentation de drogue nouvelle (PDN), on a évalué l'efficacité de Zaxine pour la prévention de la récidive de l'encéphalopathie hépatique (EH) chez l'adulte à l'aide de deux études de phase III : RFHE3001 et RFHE3002.

L'étude RFHE3001 était une étude de phase III multicentrique, randomisée, à double insu et contrôlée par placebo d'une durée de six mois, durant laquelle on a évalué l'efficacité de Zaxine chez les patients adultes en rémission après une EH liée à une cirrhose du foie chronique. En tout, 299 patients ont été randomisés en groupes de taille égale afin de recevoir deux fois par jour soit 550 mg de Zaxine, soit un placebo, pendant une durée allant jusqu'à six mois. Durant l'étude, 140 patients ont reçu Zaxine et 159 ont reçu le placebo.

Le paramètre primaire de cette étude correspondait au délai avant l'apparition du premier épisode d'EH, défini comme une détérioration marquée et significative sur le plan statistique de la fonction neurologique. Les épisodes d'EH ont été mesurés à l'aide du score de Conn (évaluation de l'état mental) et du niveau d'astérixis (mesure des symptômes neuromoteurs). Les épisodes d'EH correspondaient à une augmentation du score de Conn se traduisant par une note ≥ 2 [c'est-à-dire (c.-à-d.) une note de 0 ou 1 passant à une note ≥ 2] ou à une augmentation du score de Conn et du niveau d'astérixis d'un échelon chacun pour les patients qui affichaient un score de Conn de 0 au début de l'étude. Cette évaluation a été effectuée lors de la présélection/au début de l'étude, aux mois 1 et 3, puis tous les trois mois par la suite jusqu'à la fin du traitement, lors des éventuelles visites non planifiées et lors de la visite de suivi. Les essais ont été réalisés au même endroit (c.-à-d., l'environnement de l'étude) par le personnel de l'étude formé à l'évaluation des patients.

Le score de Conn et le niveau d'astérixis se définissent comme suit :

Score de Conn

  • Échelon 0 = aucun trouble de la personnalité ou du comportement détecté.
  • Échelon 1 = manque d'attention minime, euphorie ou anxiété, capacité de concentration réduite, difficultés à faire des additions ou des soustractions.
  • Échelon 2 = léthargie, désorientation temporelle, changement de la personnalité manifeste, comportement inapproprié.
  • Échelon 3 = somnolence à semi-stupeur, réponse aux stimuli; confusion; désorientation globale, comportements étranges.
  • Échelon 4 = coma, impossible d'effectuer le test de l'état mental.

Niveau d'astérixis

L'astérixis a été évalué en demandant au patient de tenir les deux bras tendus, les poignets en flexion dorsale et les doigts ouverts pendant au moins 30 secondes, conformément à la pratique d'usage.

L'astérixis a été mesuré selon une échelle de cinq niveaux ci-dessous :

  • Échelon 0 = pas de tremblement.
  • Échelon 1 = tremblements rares.
  • Échelon 2 = tremblements occasionnels, irréguliers.
  • Échelon 3 = tremblements fréquents.
  • Échelon 4 = tremblements presque continuels.

Lorsque les patients présentaient un épisode d'EH, ils étaient retirés de l'étude RFHE3001.

Les résultats de l'étude RFHE3001 ont démontré que, durant la période de traitement de six mois, 31 patients sur 140 (22 %) du groupe traité par Zaxine ont connu un épisode d'EH, contre 73 patients sur 159 (46 %) dans le groupe ayant reçu le placebo. Zaxine a réduit considérablement le risque d'épisode d'EH, de 58 % (p < 0,0001) par rapport au placebo.

L'étude RFHE3001 a également examiné comme paramètre secondaire essentiel le délai avant la première hospitalisation due à l'EH. On a observé des hospitalisations liées à l'encéphalopathie hépatique (reliées directement à l'EH ou bien compliquées par l'EH) chez 19 patients sur 140 (14 %) dans le groupe Zaxine et chez 36 patients sur 150 (23 %) dans le groupe placebo. Ainsi, Zaxine a réduit considérablement le risque d'hospitalisation liée à l'EH : 50 % de diminution (p < 0,0129) pendant la période de traitement de six mois.

Après avoir participé avec succès à l'étude RFHE3001, les patients ont ensuite eu la possibilité de participer à l'étude de prolongation ouverte, RFHE3002. L'étude RFHE3002 était une étude de prolongation ouverte de phase III, multicentrique qui a permis d'évaluer l'innocuité à long terme de la dose de 550 mg de Zaxine deux fois par jour jusqu'à 24 mois. En tout, 322 patients en rémission après une EH étaient admissibles à cette étude, avec des scores de Conn de 0, 1 ou 2. Les patients inscrits étaient soit des sujets ayant participé avec succès à une étude antérieure sur l'EH (RFHE3001), soit de nouveaux patients ayant eu au moins un épisode vérifiable d'EH dans les 12 mois précédant la sélection. Les patients n'étaient pas obligés d'arrêter l'étude s'ils connaissaient un épisode d'EH.

Le paramètre primaire de l'étude RFHE3002 était le même que celui de l'étude RFHE3001, sauf pour l'épisode d'EH que l'on a défini comme une augmentation du score de Conn se traduisant par une note ≥ 3 pour les patients ayant un score de Conn de 2 en début d'étude.

Les résultats de l'étude à long terme RFHE3002 soutiennent ceux obtenus dans l'étude RFHE3001. D'après les données de l'étude RFHE3002, le traitement par Zaxine pendant une durée pouvant aller jusqu'à 24 mois n'entraîne aucune diminution de l'effet en ce qui concerne la protection contre les épisodes d'EH et la réduction du fardeau d'hospitalisation. Les délais avant le premier épisode d'EH observés montrent le maintien de la rémission chez les nouveaux patients prenant Zaxine dans l'étude RFHE3002 (y compris les patients qui avaient reçu le placebo dans l'étude RFHE3001) et les patients qui poursuivent le traitement par Zaxine dans l'étude RFHE3002 (c.-à-d. qui prenaient déjà Zaxine dans l'étude RFHE3001).

Il faut souligner que 91 % des patients participant aux deux études cliniques prenaient du lactulose de façon concomitante. Les patients prenant du lactulose de façon concomitante étant très nombreux, il n'a pas été possible d'évaluer les différences d'effet thérapeutique avec les patients qui ne prenaient pas de lactulose.

Zaxine n'a pas été étudié chez les patients qui présentent un score MELD (Model for End-Stage Liver Disease) supérieur à 25, et seuls 8,6 % des patients de l'essai contrôlé affichaient un score MELD supérieur à 19. Cette information figure dans la section Indication de la monographie de produit.

Lors du dépôt initial de la présentation, le promoteur avait proposé l'indication suivante : Zaxine (rifaximine) est indiqué pour la prévention de la récidive de l'encéphalopathie hépatique (EH) chez les patients âgés de 18 ans et plus.

Après examen des données soumises, l'indication approuvée par Santé Canada est la suivante : Zaxine (rifaximine) est indiqué pour la réduction du risque de récidive de l'encéphalopathie hépatique (EH) chez les patients âgés de 18 ans et plus.

En conclusion, le promoteur a fourni des données cliniques adéquates pour étayer la dose proposée dans la population visée. Toutefois, en ce qui concerne les sous-populations, on dispose de données limitées sur les patients atteints d'une insuffisance hépatique grave (classe C de Child-Pugh) et on ne dispose d'aucune donnée sur les patients présentant un score MELD > 25. Il n'existe également aucune donnée sur l'utilisation du produit chez les patients de moins de 18 ans.

Pour de plus amples renseignements, consulter la monographie de produit Zaxine approuvée par Santé Canada et accessible par l'intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.

Innocuité Clinique

L'évaluation de l'innocuité clinique de Zaxine chez les patients en rémission après une encéphalopathie hépatique (EH) est fondée principalement sur les données issues de deux études cliniques, RFHE3001 et RFHE3002, décrites ci-dessus dans la section Efficacité clinique.

Dans l'étude RFHE3001, les événements indésirables dus au traitement (EIDT) les plus courants étaient les suivants : nausées, ascites, œdème périphérique, étourdissements, spasmes musculaires, prurit, dépression, douleurs abdominales supérieures, dyspnée, éruption cutanée, anémie, pyrexie et arthralgie. Ces EIDT ont été observés dans au moins 5 % des cas et à une fréquence plus élevée que dans le groupe placebo.

Dans l'étude RFHE3002, les EIDT les plus courants, observés chez 10 % du nombre total de patients, étaient notamment les suivants : encéphalopathie hépatique (30 %), infection urinaire (23 %), nausées (21 %), œdème périphérique (20 %), anémie (16 %), ascites (16 %), douleurs abdominales (14 %), insuffisance rénale aiguë (14 %), hypokaliémie (14 %), vomissements (14 %), dyspnée (13 %), diarrhée (12 %), constipation (12 %), fatigue (12 %), spasmes musculaires (12 %), dépression (12 %), insomnie (11 %), cellulite (10 %), pneumonie (10 %) et étourdissements (10 %).

Dans les deux études cliniques, les EIDT liés en rapport avec le médicament survenu dans ≥ 1 % des cas sont les suivants : nausées, diarrhée, étourdissements, douleurs abdominales, flatulence et vomissements.  Les EIDT gastro-intestinaux sont notamment les suivants : diarrhée (2,3 %), nausées (2,6 %), distension abdominale (1 %), douleurs abdominales supérieures (1 %), douleurs abdominales (1,5 %), flatulence (1,3 %), vomissements (1,3 %) et constipation (0,5 %). L'EIDT gastro-intestinal le plus sérieux avec l'utilisation de Zaxine est la maladie associée à la bactérie Clostridium difficile (MCD), qui peut se produire plus de deux mois après l'administration de rifaximine.

À ce jour, les effets indésirables signalés après la commercialisation du produit (effets déclarés sur une base volontaire par une population de taille indéterminée et dont la relation de cause à effet n'a pas été établie) sont des colites liées à la bactérie C. difficile et des réactions d'hypersensibilité notamment des dermatites exfoliatives, des éruptions cutanées, des œdèmes de Quincke (gonflement du visage et de la langue, et difficulté à avaler), de l'urticaire, des bouffées vasomotrices, des prurits et des chocs anaphylactiques.

Pour de plus amples renseignements, consulter la monographie de produit Zaxine approuvée par Santé Canada et accessible par l'intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.

7.2 Motifs non cliniques de la décision

La rifaximine est actuellement disponible sur des marchés régis par d'autres organismes de réglementation avec comme indication la prévention de la récidive de l'encéphalopathie hépatique chez l'adulte. L'étude non clinique est fondée en grande partie sur les examens étrangers soumis, en plus de l'évaluation approfondie de toutes les études non cliniques nouvellement présentées.

Dans l'ensemble de données toxicologiques, une étude de deux ans menée chez le rat a révélé une augmentation des schwannomes malins dans le cœur des mâles ayant reçu de la rifaximine alpha à raison de 150 à 250 mg/kg/jour, (l'équivalent de 1,3 à 2,2 fois la dose recommandée chez l'humain, d'après une comparaison de la surface corporelle relative). Ce résultat n'a pas été observé chez les femelles. Toutefois, compte tenu de cette observation, on ne peut écarter la possibilité d'un effet cancérogène du traitement par Zaxine.

Dans le cadre d'une étude sur le développement embryofœtal chez les animaux, on a constaté des malformations fœtales. Chez le rat, on a observé un retard léger et transitoire de l'ossification ne perturbant pas le développement normal des petits avec la dose de 300 mg/kg/jour de rifaximine (soit 2,6 fois la dose clinique pour l'encéphalopathie hépatique, ajustée en fonction de la surface corporelle). Chez le lapin, on a constaté après l'administration orale de rifaximine durant la gestation une incidence accrue de variations squelettiques (à des doses similaires à la dose clinique). La pertinence clinique de ces résultats est inconnue. Toutefois, compte tenu de cette observation, on ne peut écarter la possibilité d'un effet tératogène du traitement par Zaxine.

Zaxine contient de la rifaximine sous la forme polymorphique alpha. L'absorption orale de cette forme est limitée, mais une fois qu'elle est absorbée, la rifaximine peut subir un métabolisme important.

Chez le chien, après administration de 2,4 mg/kg de rifaximine marquée au 14C par intraveineuse (IV), la majorité de la dose a été retrouvée dans les fèces (83 à 93 %), et seulement 0,45 % dans l'urine, ce qui suggère que la radioactivité fécale de la dose par IV est probablement éliminée initialement dans la bile.

Les études pharmacocinétiques in vitro menées sur diverses lignées cellulaires ont montré des différences de vitesse dans le métabolisme de la rifaximine ainsi que des différences majeures dans les métabolites en résultant. Le principal métabolite humain (25-désacétyl-rifaximine) n'a pas été détecté chez le rat et s'est révélé être un métabolite mineur chez le lapin et le chien.

Les études in vitro réalisées sur des hépatocytes humains ont montré que la rifaximine est métabolisée par les CYP3A4. On a également trouvé de multiples voies de métabolisation de la rifaximine, dont la désacétylation, la déméthylation, la mono-oxydation et la désaturation. Le métabolite principal observé était la 25-désacétyl-rifaximine. La rifaximine n'inhibe pas les isozymes de cytochrome P450 1A2, 2A6, 2B6, 2C9, 2C19, 2D6, 2E1 et CYP3A4 aux concentrations allant jusqu'à 200 ng/mL.

Pour de plus amples renseignements, consulter la monographie de produit Zaxine approuvée par Santé Canada et accessible par l'intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.

7.3 Motifs d'ordre qualitatif

L'information soumise sur les caractéristiques chimiques et la fabrication de Zaxine montre que la substance médicamenteuse et le produit pharmaceutique peuvent être fabriqués de façon à répondre systématiquement aux spécifications approuvées. Des études appropriées sur l'élaboration et la validation ont été menées, et des contrôles adéquats sont en place pour la commercialisation. Les modifications apportées au procédé de fabrication et à la formulation tout au long de l'élaboration du produit pharmaceutique ont été examinées et sont jugées acceptables. D'après les données sur la stabilité présentée, on estime que la durée de conservation proposée de 36 mois est acceptable.

On estime que les limites proposées concernant les impuretés liées au médicament ont été raisonnablement qualifiées (à savoir qu'elles se situent à l'intérieur des limites recommandées par l'International Conference on Harmonisation (l'ICH) et/ou qu'elles ont été qualifiées à partir d'études toxicologiques).

Toutes les installations participant à la production sont conformes aux bonnes pratiques de fabrication.

Tous les ingrédients non médicinaux (décrits ci-dessus) présents dans le produit pharmaceutique sont autorisés par le Règlement sur les aliments et drogues. Aucun des excipients utilisés dans la fabrication de comprimés du produit pharmaceutique n'est d'origine humaine ou animale.