Sommaire des motifs de décision portant sur Giotrif

Décisions d'examen

Le sommaire des motifs de décision explique les raisons pour lesquelles un produit a reçu une autorisation de vente au Canada. Le document comprend les considérations portant sur la réglementation, l’innocuité, l’efficacité et la qualité (sur le plan de la chimie et de la fabrication).


Type de produit:

Médicament
  • Ce document est une traduction française du document anglais approuvé.

Les sommaires des motifs de décision (SMD) présentent des renseignements sur l'autorisation initiale d'un produit. Le SMD portant sur Giotrif est accessible ci-dessous.

Activité récente relative à Giotrif

Les SMD relatifs aux médicaments autorisés après le 1er septembre 2012 seront mis à jour afin d'inclure des renseignements sous forme de tableau des activités postautorisation (TAPA). Le TAPA comprendra de brefs résumés d'activités telles que la présentation de demandes de nouvelles utilisations, ainsi que les décisions de Santé Canada (positives ou négatives). Les TAPA seront mis à jour régulièrement en ce qui a trait aux activités postautorisation tout au long du cycle de vie du produit.

Tableau des activités postautorisation (TAPA) portant sur Giotrif

Mise à jour :

2021-11-02

Le tableau suivant décrit les activités postautorisation menées à l'égard de Giotrif, un produit dont l'ingrédient médicinal est afatinib (sous forme de dimaléate d'afatinib). Pour en savoir plus sur le type de renseignements présentés dans les TAPA, veuillez consulter la Foire aux questions : Phase II du projet de sommaires des motifs de décision (SMD) et à la liste des abréviations qui se trouvent dans les TAPA.

Pour de plus amples renseignements sur le processus de présentation de drogues, consultez le document intitulé Gestion des présentations et des demandes de drogues.

Identification numérique de drogue (DIN) :

  • DIN 02415666 - 20 mg afatinib sous forme de dimaléate d'afatinib, comprimé, orale
  • DIN 02415674 - 30 mg afatinib sous forme de dimaléate d'afatinib, comprimé, orale
  • DIN 02415682 - 40 mg afatinib sous forme de dimaléate d'afatinib, comprimé, orale

Tableau des activités postautorisation (TAPA)

Type et numéro d'activité ou de présentationDate de présentationDécision et dateSommaire des activités
PM Nº 2257312019-03-14Délivrance d'une LNO
2019-06-07
Présentation déposée en tant que Niveau II (90 jours) - Préavis de modification afin de mettre à jour l'MP en ajoutant de nouveaux renseignements sur l'innocuité. A cause du PM, des modifications ont été effectuées aux sections suivantes de l'MP : Encadré « Mises en garde et précautions importantes », Mises en gardes et précautions, et Effets indésirables. Des modifications correspondantes ont été effectuées à la partie III de l'MP intitulée Renseignements pour les patients sur les médicaments. La présentation a été examinée et est considérée acceptable. Une LNO a été délivrée.
SPDN Nº 2097852017-09-29Délivrance d'un AC
2018-09-20
Présentation déposée en tant que Niveau I - Supplément pour étendre l'indication afin d'inclure trois nouvelles mutations rares du récepteur du facteur de croissance épidermique (RFCE) dans l'indication et la section Essais cliniques de la monographie de produit : les mutations de l'exon 21 L861Q, de l'exon 18 G719X, et de l'exon 20 S768I. Après examen, l'information a été ajoutée à la section Essais cliniques uniquement et un AC a été délivré.
PM Nº 2048162017-04-18Délivrance d'une LNO
2017-07-14
Présentation déposée en tant que Niveau II (90 jours) - Préavis de modification afin de mettre à jour l'MP. A cause du PM, des modifications ont été effectuées dans la section Mode d'action et pharmacologie clinique de la MP. Des modifications correspondantes ont été effectuées à la partie III de l'MP intitulée Renseignements pour les patients sur les médicaments. La présentation a été examinée et est considérée acceptable. Une LNO a été délivrée.
SPDN Nº 1966312016-07-14Délivrance d'un AC
2017-06-22
Présentation déposée en tant que Niveau I - Supplément afin de mettre à jour le profil d'efficacité et d'innocuité dans l'MP. À la suite de la présentation, les sections suivantes de l'MP ont été mises à jour : Effets indésirables, et Posologie et administration. Des modifications correspondantes ont été effectuées à la partie III de l'MP intitulée Renseignements pour les patients sur les médicaments. Le profil avantages-risques de Giotrif reste favorable s'il est utilisé pour l'indication pour laquelle le produit a été approuvé. Un AC a été délivré.
SPDN N° 1876562015-09-14Délivrance d'un AC
2016-08-25
Sommaire de décision réglementaire publié.
PM Nº 1743482104-05-06Délivrance d'une Lettre de non-opposition :
2014-08-05
Présentation déposée au titre de la catégorie Niveau II (90 jours) - Préavis de modification (changements concernant l'innocuité) afin de modifier la monographie de produit pour y inclure de nouvelles données sur l'innocuité montrant que Giotrif ne devrait pas être associé à la vinorelbine chez les patients atteints de cancer du sein métastatique surexprimant HER 2. De plus, deux révisions mineures ont été proposées à la section Posologie et administration et dans la partie III. Après examen de cette présentation, une Lettre de non-opposition a été délivrée. 
Avis de mise en marché d'un produit pharmaceutique (DIN 02415666, 02415674, 02415682)Sans objetDate de la première vente :
2014-01-17
Le fabricant a informé Santé Canada de la date de la première vente conformément à la disposition C.01.014.3 du Règlement sur les aliments et drogues.
PDN Nº 1587302012-09-19Délivrance d'un AC
2011-11-01
Délivrance d'un Avis de conformité relatif à une Présentation de drogue nouvelle.
Sommaire des motifs de décision (SMD) portant sur Giotrif

SMD émis le : 2014-05-12

L'information suivante concerne la présentation de drogue nouvelle pour Giotrif.

Afatinib (sous forme de dimaléate d'afatinib), 20, 30 et 40 mg, Comprimés , voie orale

Identification(s) numérique(s) de drogue(s):

  • DIN 02415666 - comprimé de 20 mg
  • DIN 02415674 - comprimé de 30 mg
  • DIN 02415682 - comprimé de 40 mg

Boehringer Ingelheim Canada Ltée.

Présentation de drogue nouvelle, numéro de contrôle : 158730

Le 1 novembre 2013, Santé Canada a émis à l'intention de Boehringer Ingelheim (Canada) ltée un avis de conformité du produit pharmaceutique Giotrif.

L'autorisation de mise sur le marché appuie sur l'information sur la qualité (chimie et fabrication), ainsi que les études non cliniques (pharmacologie et toxicologie) et cliniques présentées (innocuité et efficacité). Après avoir examiné les données reçues, Santé Canada estime que Giotrif a un profil avantages/risques favorable comme monothérapie chez les patients présentant un adénocarcinome du poumon métastatique (y compris un épanchement pleural diagnostiqué à la cytologie) porteurs de mutation(s) activatrice(s) du récepteur du facteur de croissance épidermique (RFCE) et n'ayant jamais reçu d'inhibiteur de la tyrosine-kinase de RFCE.

1 Sur quoi l'autorisation porte-t-elle?

Giotrif, un inhibiteur de la protéine kinase, a été autorisé comme monothérapie chez les patients présentant un adénocarcinome du poumon métastatique (y compris un épanchement pleural diagnostiqué à la cytologie) porteurs de mutation(s) activatrice(s) du récepteur du facteur de croissance épidermique (RFCE) et n'ayant jamais reçu d'inhibiteur de la tyrosine-kinase de RFCE.

  • Une analyse validée est requise pour déterminer le statut de mutation du gène RFCE.
  • L'efficacité clinique est fondée sur la survie sans progression et la réponse objective. Aucun bienfait sur la survie globale n'a été démontré. L'innocuité et l'efficacité de Giotrif n'ont pas été établies chez les patients dont la tumeur est porteuse d'autres mutations de RFCE qu'une délétion de l'exon 19 (DEL 19) et que la mutation ponctuelle L858R de l'exon 21 (voir la section Essais cliniques de la monographie de produit).
  • Une surveillance étroite et une prise en charge proactive de la diarrhée sont essentielles à la réussite du traitement par Giotrif (voir la section Mises en garde et précautions de la monographie de produit).

Giotrif est contre-indiqué chez les patients qui présentent une hypersensibilité connue à l'afatinib ou à l'un des ingrédients du produit. Giotrif a été autorisé selon les conditions d'utilisation décrites dans la monographie de produit de Giotrif, en tenant compte des risques potentiels associés à l'administration de ce produit pharmaceutique.

Giotrif (20, 30 ou 40 mg d'afatinib, sous forme de dimaléate d'afatinib) est offert sous forme de comprimés pelliculés. En plus de l'ingrédient médicinal, chaque comprimé pelliculé contient de la silice colloïdale anhydre, de la crospovidone, du lactose monohydraté, du stéarate de magnésium et de la cellulose microcristalline.

Pour de plus amples renseignements, veuillez consulter les sections Motifs d'ordre clinique, non clinique et qualitatif (caractéristiques chimiques et fabrication).

Pour obtenir des renseignements supplémentaires, consulter également la monographie de produit Giotrif approuvée par Santé Canada et accessible par l'intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.

2 Pourquoi Giotrif a-t-il été autorisé?

Santé Canada estime que Giotrif a un profil avantages/risques favorable comme monothérapie chez les patients présentant un adénocarcinome du poumon métastatique (y compris un épanchement pleural diagnostiqué à la cytologie) porteurs de mutation(s) activatrice(s) du récepteur du facteur de croissance épidermique (RFCE) et n'ayant jamais reçu d'inhibiteur de la tyrosine-kinase de l' RFCE.

L'adénocarcinome du poumon métastatique (y compris l'épanchement pleural malin) est une maladie grave mettant en jeu le pronostic vital et qui présente un faible taux de survie à cinq ans. Il existe un besoin médical non satisfait d'options thérapeutiques permettant d'améliorer le pronostic clinique des patients, notamment la survie et la qualité de vie.

Dans l'étude pivotale LUX-Lung 3, on a constaté avec Giotrif une amélioration significative de la survie sans progression (SSP) par rapport à la chimiothérapie par l'association cisplatine-pemetrexed chez les patients atteints d'un adénocarcinome du poumon métastatique (y compris l'épanchement pleural diagnostiqué à la cytologie) et qui n'ont jamais reçu d'inhibiteur de la tyrosine-kinase (ITK) de RFCE. La SSP médiane était de 11,1 mois dans le groupe Giotrif (n = 230) contre 6,9 mois dans le groupe de chimiothérapie (n = 115), soit un taux de risque (TR) de 0,58 [intervalle de confiance (IC) à 95 % : 0,43, 0,78; p = 0,0004]. On a constaté un taux de réponse objective plus élevé dans le groupe Giotrif (56,1 %) que dans le groupe de chimiothérapie (22,6 %). On considère que l'importance de contrôle tumoral est significative sur le plan clinique. Les résultats d'efficacité de l'étude LUX-Lung 2 appuient les données sur la réponse tumorale de l'étude pivotale.

Dans l'étude pivotale LUX-Lung 3, 37 patients présentaient des sous-types inhabituels du gène RFCE (10 sous-types moléculaires différents avec une répartition inégale dans les deux groupes de l'étude). Parmi les 26 patients ayant reçu Giotrif, neuf ont atteint une réponse partielle (n = 4) ou une maladie stable prolongée (n = 45), avec une SSP prolongée de plus de six mois, bien que l'activité de Giotrif semble moins élevée chez les personnes présentant la mutation T790M (une seule réponse thérapeutique chez 11 patients). Ce degré de réponse tumorale pourrait être cliniquement significatif, compte tenu du nombre limité d'options thérapeutiques pour ces patients et de la rareté de la maladie [diverses mutations de RFCE peu fréquentes représentent environ 10 % des mutations de RFCE du cancer du poumon non à petites cellules (CPNPC)]. Cette sous-population de patients n'est donc pas explicitement exclue de l'indication autorisée. Toutefois, la monographie de produit (MP) de Giotrif mentionne clairement que l'innocuité et l'efficacité du produit n'ont pas été établies chez les patients porteurs de mutations peu fréquentes du gène RFCE, et que les données sont moins nombreuses sur les patients présentant des tumeurs avec la mutation T790M.

Giotrif est lié à plusieurs problèmes d'innocuité. Les événements indésirables (EI) cliniquement significatifs (d'après leur fréquence, leur intensité et leur gravité) signalés chez les patients ayant reçu Giotrif sont notamment les suivants : diarrhée, qui peut entraîner une insuffisance rénale aiguë et un déséquilibre électrolytique important; toxicité cutanée importante; pneumopathie interstitielle ou événements de ce type, dont certains ayant entraîné la mort; et hépatotoxicité avec des événements peu fréquents d'insuffisance hépatique ayant entraîné la mort. Avec un ajustement posologique prédéfini en fonction de l'intensité des EI et une gestion proactive des EI, il semble que les EI dus à Giotrif sont globalement gérables. Les décès dus à Giotrif dans l'étude pivotale étaient peu fréquents.

Globalement, le profil avantages/risques clinique de Giotrif observé dans l'étude pivotale et les études à l'appui est jugé positif pour les patients atteints d'adénocarcinome du poumon métastatique qui n'ont jamais reçu d'ITK de RFCE et qui sont porteurs de mutations courantes activant RFCE. Toutefois, on dispose de données limitées pour appuyer l'utilisation de Giotrif avec d'autres mutations moins fréquentes, en particulier les mutations T790M de novo, ce qui est énoncé adéquatement dans la monographie de produit (MP) de Giotrif. D'après les données non cliniques et les études cliniques, Giotrif présente un profil d'innocuité acceptable. Les problèmes d'innocuité relevés peuvent être gérés à l'aide de l'étiquetage. La MP de Giotrif présente les mises en garde et les précautions appropriées concernant les problèmes d'innocuité relevés. Un plan de gestion des risques (PGR) présenté pour Giotrif a été jugé acceptable. Ce PGR décrit les problèmes d'innocuité connus ou possibles, présente le plan de surveillance prévu et précise les mesures qui seront mises en place pour réduire les risques liés à l'utilisation autorisée de Giotrif.

Les preuves cliniques fournies dans la présentation ne sont pas suffisantes pour étayer l'utilisation de Giotrif chez les patients qui ont connu un échec thérapeutique avec un ITK d'RFCE ou l'utilisation d'une dose de 50 mg, que ce soit en dose de départ ou avec augmentation progressive. Ces usages ne sont pas inclus dans la MP approuvée (voir les détails à la question 7 : Quelle est la justification scientifique sur laquelle s'est fondé Santé Canada?).

Cette présentation de drogue nouvelle répond aux exigences des articles C.08.002 et C.08.005.1; par conséquent, Santé Canada a émis l'avis de conformité prévu à l'article C.08.004 du Règlement sur les aliments et drogues. Pour de plus amples renseignements, veuillez consulter les sections Motifs d'ordre clinique, non clinique et qualitatif (caractéristiques chimiques et fabrication).

3 Quelles sont les étapes qui ont mené à l'autorisation de Giotrif?

Le 8 novembre 2012, la présentation de drogue pour Giotrif a reçu un avis d'insuffisance lors de l'examen préliminaire à cause d'un manque d'étude de cas pour toutes les études, tel que mentionné dans la section C.08.005.1. Le promoteur a répondu à cet avis d'insuffisance, en plus de répondre à d'autres demandes de clarification; le 7 janvier 2013, la présentation a été acceptée pour fins d'examen en tant que présentation de drogue nouvelle.

Étapes importantes de la présentation: Giotrif

Étape importante de la présentationDate
Réunion préalable à la présentation :2012-07-19
Dépôt de la présentation :2012-09-19
Examen préliminaire
Avis d'insuffisance émis lors de l'examen préliminaire :2012-11-08
Réponse déposée :2012-11-23
Lettre d'acceptation à l'issue de l'examen préliminaire :2013-01-07
Examen
Évaluation sur place :2013-06-17 - 2013-06-20
Évaluation biopharmaceutique terminée :2013-07-26
Évaluation de la qualité terminée :2013-09-30
Évaluation clinique terminée :2013-11-03
Examen de l'étiquetage terminé :2013-11-03
Délivrance de l'Avis de conformité (AC) par le directeur général2013-11-01

La décision réglementaire canadienne portant sur l'examen clinique et non clinique de Giotrif est fondée sur une évaluation critique du dossier de données canadiennes. Les rapports d'examen de la Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis et de l'Agence européenne des médicaments (EMA) ont servi de références supplémentaires, en plus des questions de 120 jours de l'EMA et de la réponse du promoteur.

Pour de plus amples renseignements sur le processus de présentation de drogue, consulter la Ligne directrice de l'industrie : gestion des présentations de drogues.

4 Quelles mesures de suivi le promoteur prendra-t-il?

Les exigences en matière d'activités post-commercialisation sont décrites dans la Loi sur les aliments et drogues et le règlement connexe.

6 Quels sont les autres renseignements disponibles à propos des médicaments?

Pour obtenir des renseignements à jour sur les produits pharmaceutiques, veuillez suivre les liens suivants :

7 Quelle est la justification scientifique sur laquelle s'est fondé Santé Canada?
7.1 Motifs cliniques de la décision

Pharmacologie clinique

L'adénocarcinome du poumon métastatique est une maladie incurable et potentiellement mortelle avec un faible taux de survie à long terme.

L'afatinib (marque nominative : Giotrif) est un inhibiteur irréversible du récepteur du facteur de croissance épidermique humain (ErbB1), HER 2 (ErbB2) et HER 4.

Le programme de pharmacologie clinique comprend des études pharmacodynamiques et pharmacocinétiques menées chez l'humain.

On a constaté que Giotrif avait des caractéristiques pharmacocinétiques non linéaires. On a observé des augmentations plus que proportionnelles de l'exposition avec des doses croissantes de produit dans la gamme de doses cliniques. L'afatinib était principalement éliminé par excrétion biliaire/fécale, ce qui est conforme aux études in vitro, lesquelles ont montré l'absence d'interaction avec les enzymes CYP450.

Les patients présentant une insuffisance rénale modérée peuvent subir une toxicité accrue en raison d'une exposition systémique supérieure à l'afatinib à la dose recommandée de 40 mg une fois par jour. À l'inverse, l'administration d'afatinib avec des aliments réduit considérablement l'exposition à la substance. Les effets de l'insuffisance rénale et hépatique grave sur les paramètres pharmacocinétiques de l'afatinib n'ont par été étudiés. Ce manque de données est indiqué dans la MP.

Ensemble, les données cliniques et pharmacologiques appuient l'utilisation de Giotrif pour traiter les patients atteints d'adénocarcinome du poumon métastatique qui n'ont jamais reçu d'ITK de RFCE et qui sont porteurs de mutations activatrices de RFCE. On a envisagé la définition de populations spéciales chez qui l'exposition est considérablement modifiée ou pour qui l'exclusion est appropriée, ce qui figure dans la monographie de produit.

Pour obtenir des renseignements supplémentaires, consulter la monographie de produit Giotrif approuvée par Santé Canada et accessible par l'intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.

Efficacité clinique

L'efficacité clinique de Giotrif a été évaluée principalement dans le cadre de quatre études : LUX-Lung 3 (pivotale); LUX-Lung 2; LUX-Lung 1; et LUX-Lung 5.

Les études LUX-Lung 3 et LUX-Lung 2 portaient sur des patients atteints d'un adénocarcinome avec mutation de RFCE n'ayant jamais reçu d'ITK de RFCE. Les études LUX-Lung 1 et LUX-Lung 5, quant à elles, portaient sur des patients ayant déjà reçu des ITK de RFCE.

L'étude pivotale LUX-Lung 3 était une étude ouverte de phase III internationale, randomisée et multicentrique destinée à comparer l'efficacité et l'innocuité de Giotrif en monothérapie avec la chimiothérapie standard par l'association cisplatine-pemetrexed chez des patients atteints d'un adénocarcinome du poumon localement avancé (stade IIIB) ou métastatique (stade IV) porteurs de mutations activatrices de RFCE. Au total, 345 patients ont été répartis aléatoirement (2:1) afin de recevoir une dose quotidienne de 40 mg de Giotrif jusqu'à la progression de la maladie ou l'intolérance au médicament, ou bien jusqu'à six cycles de chimiothérapie standard par cisplatine-pemetrexed. L'étude a été menée en traitement de première intention, c'est-à-dire que les patients ne devaient avoir reçu aucune chimiothérapie systémique contre une maladie avancée ni aucun ITK de RFCE à tout stade de la maladie. Le paramètre primaire de l'étude était la survie sans progression (SSP), et les principaux paramètres secondaires étaient le taux de réponse objective (TRO) et la survie globale (SG).

Parmi les patients randomisés, 65 % étaient des femmes, l'âge moyen était de 61 ans, 26 % étaient de race blanche et 72 % étaient Asiatiques. L'indice fonctionnel ECOG initial était de 0 (39 %) ou de 1 (61 %). La majorité des patients (89 %) présentaient les deux mutations courantes de RFCE (del19 et L858R) et 11 % avaient d'autres mutations moins fréquentes. Les patients présentant des métastases cérébrales évolutives [c'est-à-dire (c.-à-d.), stables depuis moins de quatre semaines et/ou symptomatiques et/ou nécessitant un traitement par un anticonvulsivant ou des stéroïdes et/ou maladie leptoméningée] ont été exclus de l'étude.

Les résultats de l'étude LUX-Lung 3 ont montré une amélioration statistiquement significative de la SSP (paramètre primaire d'évaluation de l'efficacité) dans le groupe de traitement par Giotrif comparativement à ceux du groupe témoin sous chimiothérapie. La SSP médiane était de 11,1 mois avec Giotrif contre 6,9 mois avec la chimiothérapie. On a constaté un taux de réponse objective plus élevé dans le groupe Giotrif (56,1 %) que dans le groupe de chimiothérapie (22,6 %). On considère que l'importance du bienfait sur la SSP est cliniquement significative.

D'après une analyse actualisée de la SG après la mort de 175 patients, la SG était de 28,1 mois dans le groupe Giotrif et de 28,2 mois dans le groupe de chimiothérapie. Ces résultats ne montrent aucun bienfait notable ni effet néfaste apparent sur la SG avec Giotrif par rapport au groupe témoin avec chimiothérapie. En raison de la conception de l'étude, les résultats relatifs à la SG peuvent manquer de puissance statistique et être faussés par l'utilisation non contrôlée de traitements antinéoplasiques après la progression de la maladie, comme des ITK de RFCE et des agents chimiothérapeutiques. L'absence de bienfait sur la SG est citée clairement dans la monographie de produit de Giotrif afin d'informer les prescripteurs de cette limite des données sur l'efficacité appuyant l'indication autorisée et l'usage clinique.

Au total, quatre patients remplissaient les critères prédéfinis (avec une toxicité minimale liée au traitement après le premier cycle de traitement) pour une augmentation progressive de 40 à 50 mg. Ce nombre de patients est jugé insuffisant pour évaluer l'efficacité du traitement avec augmentation des doses. Compte tenu du risque de toxicité accrue avec un dosage plus fort de Giotrif, ce traitement avec augmentation progressive des doses n'est pas inclus dans la MP de Giotrif.

Dans une analyse des sous-groupes prédéfinis en fonction des sous-types de mutation de RFCE (mutations courantes et peu fréquentes), on a observé que la SSP et la SG étaient plus favorables avec le traitement par chimiothérapie chez les patients dont la tumeur était porteuse de mutations de RFCE peu fréquentes [taux de risque (TR) : 1,9 pour la SSP et 3 pour la SG]. Ce sous-groupe comportait peu de sujets [nombre de patients (n) = 37] et était hétérogène sur le plan génétique (10 sous-types moléculaires différents distribués de manière inégale dans les deux groupes de l'étude), ce qui limite la valeur et l'interprétation des analyses regroupées pour le sous-groupe au complet. Par conséquent, on a évalué l'efficacité clinique de Giotrif pour chaque sous-type de mutation dans ce sous-groupe. Parmi les 26 patients ayant reçu Giotrif, 4 ont atteint une réponse partielle supérieure à six mois, bien que l'activité antitumorale de Giotrif semble plus limitée chez les porteurs de la mutation T790M (une seule réponse sur 11 patients au total). Ce degré de réponse tumorale chez les personnes porteuses de mutations peu fréquentes pourrait être cliniquement significatif, compte tenu du nombre limité d'options thérapeutiques pour ces patients et la rareté de la maladie [les mutations d'RFCE peu fréquentes représentent environ 10 % des mutations d'RFCE du cancer du poumon non à petites cellules (CPNPC)]. Par conséquent, Santé Canada recommande de ne pas exclure explicitement cette sous-population dans l'indication autorisée. La MP de Giotrif mentionne clairement que l'innocuité et l'efficacité du produit n'ont pas été établies chez les patients porteurs de mutations peu fréquentes du gène RFCE, et que les données sont moins nombreuses sur les patients présentant des tumeurs avec la mutation T790M. Elle indique également les réponses tumorales objectives en fonction des mutations.

L'étude LUX-Lung 2 était une étude ouverte de phase II à un seul groupe portant sur l'efficacité et l'innocuité de Giotrif en monothérapie chez les patients atteints d'adénocarcinome du poumon métastatique qui n'ont jamais reçu d'ITK de RFCE et qui sont porteurs de mutations activatrices de RFCE.

Au total, 129 patients ont été recrutés pour l'étude LUX-Lung 2 dans l'une des quatre cohortes principales définies selon la dose de départ de Giotrif (40 ou 50 mg par jour) et intention de traitement [première intention : n = 61 ou deuxième intention (c'est-à-dire, après l'échec d'une chimiothérapie antérieure) : n = 68].

Le paramètre primaire d'évaluation de l'efficacité était le taux de réponse objective (TRO). Les résultats de cette étude montrent que Giotrif a une activité antitumorale en première ou en deuxième intention chez les patients porteurs de mutations de RFCE. Les données de l'étude indiquent que la dose de départ de 40 mg de Giotrif entraîne une réponse globale comparable et une meilleure tolérabilité par rapport à la dose de départ de 50 mg de Giotrif pour le traitement prolongé par Giotrif chez des patients n'ayant jamais reçu d'ITK de RFCE. Les résultats d'efficacité de l'étude LUX-Lung 2 appuient les données sur la réponse tumorale de l'étude pivotale.

L'étude LUX-Lung 1 était un essai de phase IIb/III international, multicentrique, randomisé et à double insu comparant l'efficacité et l'innocuité de Giotrif (50 mg) associé aux meilleurs soins de soutien (MSS) à celles du placebo plus MSS chez des patients atteints d'adénocarcinome du poumon métastatique ayant connu un échec thérapeutique avec des ITK de RFCE réversibles tels que l'erlotinib et le géfitinib. Au total, 585 patients ont été répartis aléatoirement pour recevoir Giotrif ou bien un placebo. Il n'était pas nécessaire que le statut mutationnel de RFCE soit confirmé avant d'entamer le traitement à l'étude. Tous les patients avaient suivi au moins 12 semaines de traitement antérieur avec un ITK de RFCE réversible et une chimiothérapie systémique.

Cette étude a révélé une survie similaire entre les groupes de traitement, avec une SG médiane de 12 mois avec le placebo et de 10,8 mois avec Giotrif (TR : 1,08; IC à 95 % : 0,86, 1,35). Le paramètre primaire prédéfini de l'étude n'a pas été atteint, mais on a toutefois analysé les paramètres secondaires. D'après une évaluation indépendante, la SSP médiane était de 3,3 mois dans le groupe Giotrif contre 1,1 mois dans le groupe placebo (TR : 0,38, p < 0,0001). Ce TR est jugé prometteur, mais on considère que l'amélioration de la SSP d'une ampleur absolue de deux à trois mois est modeste. La meilleure réponse tumorale observée était majoritairement une stabilisation de la maladie, contrairement au TRO élevé observé chez les patients n'ayant jamais reçu de d'ITK de RFCE dans l'étude pivotale LUX-Lung 3.

L'étude LUX-Lung 5 était un essai de phase III randomisé portant sur Giotrif administré avec du paclitaxel chaque semaine par rapport à une chimiothérapie choisie par le chercheur suivant l'administration de Giotrif en monothérapie chez les patients atteints d'adénocarcinome du poumon métastatique ayant connu un échec thérapeutique antérieur avec erlotinib ou géfitinib. Seul le rapport intermédiaire de l'étude LUX-Lung 5 a été présenté. Celui-ci contient des données sur la partie A de l'étude, dans laquelle tous les patients ont reçu Giotrif en monothérapie (dose de départ de 50 mg). Les participants devaient avoir reçu au moins une ligne de chimiothérapie pour traiter une maladie avancée ainsi que du géfitinib ou de l'erlotinib pendant au moins 12 semaines. Les patients ayant reçu de l'erlotinib ou du géfitinib sans chimiothérapie ont été autorisés par la suite à participer à l'étude, à condition que le statut mutationnel de RFCE du patient soit connu.

Le paramètre primaire était la SSP fondée sur l'évaluation du chercheur. Au total, 1154 patients ont participé à l'étude et ont reçu Giotrif. Lors de l'analyse intermédiaire, 872 événements de SSP se sont produits (76 %). La SSP médiane était de 3,3 mois. La SSP médiane était plus longue chez les patients porteurs de mutations de RFCE (4,2 mois) que chez ceux qui n'en présentaient pas (2,6 mois).

Globalement, le bienfait clinique de Giotrif chez les patients n'ayant jamais reçu de d'ITK de RFCE est jugé significatif, d'après les résultats de SSP et de TRO dans l'étude pivotale LUX-Lung 3 et l'étude à l'appui LUX-Lung 2. On ignore le bienfait clinique de Giotrif chez les patients ayant connu un échec thérapeutique avec un traitement antérieur par un ITK de RFCE (patients traités par un ITK de RFCE). En effet, l'étude LUX-Lung 1 n'a pas atteint son paramètre primaire d'efficacité, à savoir qu'elle n'a montré aucune amélioration significative de la SG dans le groupe Giotrif par rapport au groupe placebo. Le degré de contrôle tumoral (d'après la SSP et le TRO) dans cette étude, dans le contexte d'une analyse négative de l'efficacité primaire, n'est pas considéré comme une preuve de bienfait clinique. L'utilisation de Giotrif n'a pas été autorisée chez les patients atteints d'adénocarcinome du poumon métastatique ayant reçu de l'ITK de RFCE qui présentent des ITK de RFCE activateurs. Ce fait est reflété dans l'indication figurant dans la MP approuvée.

Pour de plus amples renseignements, consulter la monographie de produit Giotrif approuvée par Santé Canada et accessible par l'intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.

Innocuité Clinique

Le profil d'innocuité générale de Giotrif repose sur les résultats de quatre études principales [LUX-Lung 3 (pivotale), LUX-Lung 2, LUX-Lung 1 et LUX-Lung 5], ainsi que les résultats sur l'innocuité regroupés à partir de différentes cohortes, p. ex., les patients ayant reçu 40 mg de Giotrif en monothérapie, 50 mg en monothérapie, 40 ou 50 mg en monothérapie et Giotrif à n'importe quelle dose, en monothérapie ou en association.

L'analyse des événements indésirables (EI) dans l'étude pivotale repose principalement sur les EI dus au traitement (c'est-à-dire les événements ayant débuté entre le début de la drogue à l'étude et 28 jours suivant l'arrêt du traitement).

Pratiquement tous les patients de l'étude pivotale LUX-Lung 3 (décrite dans la section Efficacité clinique) ont connu au moins un EI durant l'étude. On a constaté avec Giotrif un profil d'EI différent de celui du groupe témoin avec chimiothérapie. Les EI les plus courants de tout grade selon les CTCAE (Common Terminology Criteria for Adverse Events) dans le groupe Giotrif étaient les suivants : diarrhée (96,1 % des patients); éruptions cutanées/acné (90 %)1; stomatite (73,4 %)1; et atteinte des ongles (61,6 %)1. Ces EI étaient également les événements de grade 3 selon les CTCAE les plus fréquents (éruptions cutanées1 : 16,2 %, diarrhée : 14,8 %; atteinte des ongles1 : 11,8 %; et stomatite1 : 8,3 %). Dans le groupe de traitement par chimiothérapie, les EI les plus fréquents étaient les nausées (67,6 % des patients), une diminution de l'appétit (55 %) et la fatigue1 (49,5 %). Les EI de grade 3 selon les CTCAE les plus courants dans ce groupe témoin étaient la neutropénie (16,2 % des patients), la fatigue (12,6 %) et la leucopénie (8,1 %).

On a constaté des EI graves chez 28,8 % des patients du groupe de traitement par Giotrif contre 22,5 % du groupe avec chimiothérapie. Les EI graves les plus fréquents chez les patients ayant reçu Giotrif étaient les suivants : diarrhée; vomissements; dyspnée; fatigue; déshydratation; pneumonie; et stomatite. Parmi les événements indésirables liés à Giotrif ayant entraîné la mort, on compte un événement de chacun des suivants : dyspnée; syndrome de détresse respiratoire aiguë (SDRA) (apparenté à la pneumopathie interstitielle); sepsie et mort (autre que les cas ci-dessus).

Un mécanisme prédéfini d'ajustement posologique de Giotrif en fonction de la gravité des EI (grade CTCAE) a été mis en œuvre dans l'étude pivotale. Les réductions posologiques en raison d'EI ont été appliquées chez 57,2 % des patients ayant reçu Giotrif contre 16,2 % des patients ayant reçu une chimiothérapie. Les EI très courants (> 10 %) ayant entraîné une diminution de la dose chez les patients recevant Giotrif étaient les suivants : diarrhée, éruptions cutanées/acné, périonyxis et stomatite. Le traitement de l'étude a été arrêté de façon permanente chez 14 % des patients du groupe Giotrif et 15,3 % dans le groupe avec chimiothérapie. Les EI courants ayant causé l'arrêt du traitement par Giotrif étaient la diarrhée, la dyspnée et la pneumopathie interstitielle. Le mécanisme d'ajustement posologique du traitement par Giotrif, en plus d'autres stratégies d'atténuation des risques (comme un traitement proactif de la diarrhée), semble avoir géré efficacement les EI sévères ou graves. En effet, la diminution des doses de Giotrif était liée à une fréquence réduite d'événements indésirables courants, p. ex., après une réduction de la première dose, la fréquence des diarrhées était passée de 96 % à 52 %. La durée médiane de traitement à des doses réduites (30 mg : 140 jours; 20 mg : 277 jours) était plus longue qu'avec la dose de départ de 40 mg (85 jours), ce qui indique que de nombreux patients ont toléré Giotrif à des doses réduites et que cette diminution des doses leur a été bénéfique en poursuivant le traitement plus longtemps à des doses inférieures.

L'afatinib inhibe la protéine HER2, or on sait que l'inhibition de cette protéine peut causer un dysfonctionnement du ventricule gauche. Dans l'essai pivotal, la surveillance systématique de la fraction d'éjection du ventricule gauche (FEVG) n'était pas obligatoire chez les patients recevant une chimiothérapie, et seuls 14 % ont subi une évaluation de la FEVG pendant le traitement, contre 91 % des patients ayant reçu Giotrif. Avec une durée totale moyenne de traitement de 11 mois, 31 % des patients ayant reçu Giotrif présentaient une diminution de la FEVG > 10 % à la valeur initiale, tandis que l'on observe une telle diminution chez 13 % des patients ayant reçu l'association pemetrexed-cisplatine, avec une durée totale moyenne de traitement de 2,8 mois. Giotrif n'a pas été étudié chez les patients présentant une FEVG anormale ou ayant des antécédents cardiaques importants. Chez les patients qui présentent des facteurs de risque cardiaques ou des affections qui touchent la fonction du ventricule gauche, il convient d'envisager une évaluation de la FEVG au début de l'étude et durant le traitement par Giotrif.

Dans l'étude à l'appui LUX-Lung 2 (décrite dans la section Efficacité clinique), le profil d'innocuité de Giotrif avec une dose de départ de 40 mg par jour correspond globalement à celui observé dans l'étude pivotale. Toutefois, les EI sévères et graves semblent plus fréquents dans la cohorte avec 50 mg que dans la cohorte avec 40 mg. Les événements indésirables de grade 3 selon les CTCAE ont été constatés chez 42,3 % des patients du groupe avec la dose de départ de 40 mg et chez 58,6 % dans le groupe avec la dose de départ de 50 mg. On a constaté des événements indésirables de grade 5 chez 9,3 % de l'ensemble des patients, dont 6,7 % du groupe avec la dose de départ de 40 mg et 10,1 % du groupe avec 50 mg. Ces observations soulèvent un problème d'innocuité lié au traitement avec augmentation progressive de la dose dans l'étude pivotale (décrite dans la section Efficacité clinique). Compte tenu du nombre limité de preuves appuyant l'augmentation progressive des doses de Giotrif de 40 à 50 mg et de ce problème d'innocuité, ce type de traitement n'est pas inclus dans la MP de Giotrif.

Dans l'étude LUX-Lung 1, on a constaté une augmentation significative des EI et EI graves (décrite dans la section Efficacité clinique) dans le groupe Giotrif par rapport au groupe placebo. On a observé des événements indésirables jugés dus au médicament à l'étude chez 95,4 % des patients du groupe Giotrif et 37,9 % du groupe placebo. On a observé des événements indésirables de grade 3 selon les CTCAE chez 56,7 % des patients du groupe Giotrif et 24,6 % du groupe placebo. Le médicament à l'étude a été arrêté de façon permanente en raison d'EI chez 17,9 % des patients du groupe Giotrif et 6,2 % du groupe placebo. On a constaté des EI graves dus au médicament chez 39 patients (10 %) du groupe Giotrif et un patient (0,5 %) du groupe placebo. Un plus grand nombre de patients (78,9 %) du groupe placebo ont reçu un autre traitement anticancéreux que celui de l'étude après progression de la maladie, contre 67,6 % du groupe Giotrif.

Pratiquement tous les patients (99 %) ont connu au moins un EI dû au traitement dans l'étude LUX-Lung 5 (décrite dans la section Efficacité clinique). Les EI les plus fréquents étaient la diarrhée (85,2 %), les éruptions cutanées (69,5 %) et la stomatite (50,8 %). Les EI ont atteint un grade maximal de 3 selon les CTCAE chez 39,9 % des patients, de 4 chez 5,2 % des patients et de 5 chez 15,9 % des patients. Les EI dus à Giotrif ayant entraîné l'abandon de l'étude ont touché 11,7 % des patients, la diarrhée et les éruptions cutanées étant les plus fréquents. On a observé des EI graves chez 38,9 % des patients, dont 10,4 % avec d'autres EI graves connexes. On a jugé que les EI ayant conduit à la mort étaient dus au médicament chez 11 patients (1 %).

Dans les essais cliniques, on a signalé un plus grand nombre d'événements indésirables de grade ≥ 3 selon les CTCAE chez les patients ≥ 65 ans que chez les patients plus jeunes.

Globalement, la monothérapie par Giotrif était liée à des risques importants d'événements indésirables, dont certains étaient graves, voire mortels. Toutefois, avec un ajustement posologique prédéfini en fonction de l'intensité des EI, une gestion proactive des EI et une sélection appropriée des patients (en particulier pour la diarrhée), il semble que les EI dus à Giotrif sont globalement gérables. Les décès dus à Giotrif dans l'étude pivotale étaient peu fréquents.

La bonne gestion des EI est essentielle pour la réussite du traitement par Giotrif (pour maintenir un profil avantages/risques acceptable). Les mesures suivantes sont celles entreprises par Santé Canada pour améliorer la communication et l'atténuation des risques relatifs à la toxicité de Giotrif :

  1. La MP proposée fournie par le promoteur a été modifiée conformément aux recommandations de Santé Canada afin d'améliorer la communication des risques importants relevés dans les essais cliniques, y compris avec la création d'un encadré sur les mises en garde et les précautions sérieuses concernant la diarrhée, la toxicité grave pour la peau, la pneumopathie interstitielle et l'hépatotoxicité.
  2. La MP approuvée contient une mise en garde explicite concernant l'utilisation de Giotrif dans le sous-groupe de patients pouvant présenter des risques particuliers d'EI sévères ou graves dus à Giotrif, y compris les personnes ayant subi des troubles gastro-intestinaux récents, celles présentant une insuffisance rénale ou hépatique grave et celles qui développent des signes ou symptômes cardiaques durant le traitement par Giotrif.
  3. Les recommandations concernant la gestion des risques, d'après le protocole de l'étude pivotale, sont renforcées dans la MP, en particulier concernant la diarrhée. On a constaté des cas de diarrhée dus à Giotrif chez pratiquement tous les patients, et c'était la cause principale d'EI sévères, d'EI graves et d'EI ayant entraîné une diminution de la dose dus à Giotrif. Une surveillance étroite et une prise en charge proactive de la diarrhée sont essentielles à la réussite du traitement par Giotrif. Ainsi, dans les essais cliniques, les cas de diarrhée ont été gérés au moyen d'un traitement antidiarrhéique proactif et d'une diminution de la dose en fonction de la sévérité de l'événement. Dans les essais cliniques, les patients ont joué un rôle important dans la prise en charge de la diarrhée. En effet, ce sont eux qui devaient reconnaître les signes de la diarrhée, entamer un traitement antidiarrhéique (médicaments, hydratation, ajustement posologique des antidiarrhéiques en fonction du protocole) et signaler aux chercheurs leurs signes et symptômes.
  4. Conformément à la recommandation de Santé Canada, la MP proposée a été modifiée de façon à mieux communiquer les risques et les recommandations d'atténuation des risques pour la diarrhée due au traitement. Les changements principaux sont les suivants :
    1. ajout de la mention « une surveillance étroite et une prise en charge proactive de la diarrhée sont essentielles à la réussite du traitement par Giotrif » dans la section Indications et usage clinique;
    2. ajout d'une description détaillée du protocole de gestion de la diarrhée employé dans l'étude pivotale dans la section Mises en garde et précautions;
    3. ajout de la recommandation « les prescripteurs devraient s'assurer que les patients sont bien informés du risque de diarrhée et en mesure de prendre en charge cet effet indésirable de manière proactive » et « les patients doivent avoir les coordonnées d'un médecin expérimenté dans le traitement du cancer et le consulter pour la prise en charge de la diarrhée »; et
    4. une modification du tableau présentant les recommandations d'ajustement posologique de Giotrif conformément à celles de l'étude pivotale.
  5. Le promoteur a présenté un plan de gestion des risques (PGR), lequel a été examiné par Santé Canada. Ce PGR décrit les problèmes d'innocuité connus ou possibles, présente le plan de surveillance prévu et précise les mesures qui seront mises en place pour réduire les risques liés à Giotrif dans les conditions d'utilisation autorisées. Un schéma de distribution de la drogue entrepris par le promoteur sera évalué par Santé Canada en annexe du PGR. Santé Canada estime que ce schéma pourrait offrir un bienfait supplémentaire pour la prise en charge de la diarrhée et des autres risques liés à Giotrif.

Pour de plus amples renseignements, consulter la monographie de produit Giotrif approuvée par Santé Canada et accessible par l'intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.

7.2 Motifs non cliniques de la décision

L'afatinib se lie de manière covalente aux domaines kinase de RFCE (ErbB1), de HER2 (ErbB2) et de HER4 (ErbB4), et il inhibe irréversiblement l'autophosphorylation de la tyrosine-kinase, ce qui entraîne une régulation à la baisse de la signalisation par les membres de la famille ErbB. L'afatinib a réduit la taille des tumeurs dans des xénogreffes humaines chez la souris exprimant RFCE ou HER-2. L'afatinib n'est ni un substrat, ni un inhibiteur de la famille enzymatique des cytochromes P450. Chez des porcs ayant reçu de l'afatinib à une concentration en dose unique de 20 mg/kg, on a constaté une baisse de 17 % de la contractilité du ventricule gauche.

Avec une formulation non clinique d'afatinib, on a constaté une biodisponibilité orale modérée d'environ 45 % chez le rat et de 11 % chez le pourceau miniature. D'après les études d'autoradiographie quantitatives du corps entier menées chez le rat, l'afatinib se distribue dans la plupart des tissus. Après administration répétée, les niveaux minimums d'afatinib ont augmenté avec le temps dans le sang, le plasma et les tissus. Les facteurs d'accumulation étaient compris entre 6,7 (cerveau) et 23,8 (peau). Après une seule dose orale, l'exposition du système nerveux central était faible, mais on a constaté une accumulation dans le cerveau après administration répétée d'afatinib.

Les études in vitro ont montré que l'afatinib n'est pas un substrat significatif des cytochromes (CYP) 450, ni un inhibiteur ou un inducteur des enzymes CYP 450. Par conséquent, on estime qu'il est peu probable que Giotrif provoque des interactions médicamenteuses avec des drogues qui sont des substrats ou des modulateurs de l'activité des CYP 450.

L'afatinib est à la fois un substrat et un inhibiteur de la glycoprotéine P (P-gp) et de la protéine de résistance au cancer du sein (BCRP). La probabilité d'interactions médicamenteuses est importante lorsque l'afatinib est administré avec d'autres médicaments qui sont des substrats de la P-gp ou de la BCRP ou qui altèrent la fonction de ces protéines. Ces interactions pourraient causer une toxicité accrue ou avoir une incidence sur l'efficacité clinique de l'afatinib ou du médicament concomitant.

L'afatinib se lie de façon covalente aux protéines plasmatiques et à l'hémoglobine. Cette caractéristique peut représenter un facteur de risque de réaction indésirable idiosyncratique d'origine immunologique.

Dans les études sur les doses répétées par voie orale, les principaux organes ciblés par la toxicité étaient la peau, le tractus gastro-intestinal et les reins. On a observé une atrophie épithéliale des voies respiratoires supérieures, de la prostate, des vésicules séminales, de l'utérus, du vagin et de la cornée. Chez les animaux, l'exposition systémique totale (surface sous la courbe, ou SSC) à la dose sans effet nocif observé (DSENO) était constamment inférieure à celle observée chez les patients.

Aucune étude à long terme n'a été menée chez les animaux pour évaluer le potentiel cancérogène de l'afatinib. Une réponse minime à l'afatinib a été observée dans une seule souche test d'un essai du pouvoir mutagène (Ames). Toutefois, aucun potentiel mutagène ou génotoxique n'a pu être mis en évidence dans les autres études in vitro et in vivo.

Dans les études sur le développement embryofœtal chez les animaux, les effets notables comprenaient des altérations squelettiques consistant en des ossifications incomplètes et/ou en l'absence d'ossification de certains éléments, des avortements, un poids fœtal réduit, ainsi que des variations principalement viscérales et dermiques. Les expositions générales totales (SSC) dans ces études étaient inférieures à l'exposition attendue chez l'humain, tant chez le rat (0,4 fois) que chez le lapin (0,22 fois). On doit recommander aux femmes aptes à procréer d'éviter de tomber enceinte pendant qu'elles reçoivent un traitement par Giotrif.

Dans des études menées chez la rate, l'afatinib radiomarqué était excrété dans le lait des mères après l'administration d'une seule dose orale pendant la lactation. Les concentrations moyennes dans le lait 1 heure et 6 heures après l'administration étaient environ 80 et 150 fois plus élevées que les concentrations respectives dans le plasma. On déconseille l'allaitement pendant le traitement par Giotrif et pendant au moins deux semaines après la dernière dose.

D'après les études non cliniques, l'afatinib peut avoir des effets phototoxiques. De plus, chez le rat, il s'est accumulé dans la rétine et la peau. On doit recommander aux patients d'éviter de s'exposer au soleil. Cette mise en garde est indiquée dans la monographie du produit de Giotrif.

Les programme non cliniques de pharmacologie et de toxicologie sur l'afatinib appuient l'indication recommandée de Giotrif chez les patients atteints d'adénocarcinome du poumon métastatique n'ayant jamais reçu d'ITK de RFCE et porteurs de mutations activatrices de RFCE. La monographie de produit de Giotrif contient les résultats des études non cliniques ainsi que les risques pour l'être humain. À la lumière de l'utilisation prévue de Giotrif, cette présentation n'indique aucun problème non clinique qui empêcherait l'autorisation du produit.

Pour de plus amples renseignements, consulter la monographie de produit de Giotrif approuvée par Santé Canada et accessible par l'intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.

Pour de plus amples renseignements, consulter la monographie de produit Giotrif approuvée par Santé Canada et accessible par l'intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.

7.3 Motifs d'ordre qualitatif

L'information soumise sur les caractéristiques chimiques et la fabrication de Giotrif montre que la substance médicamenteuse et le produit pharmaceutique peuvent être fabriqués de façon à répondre systématiquement aux spécifications approuvées. Des études appropriées sur l'élaboration et la validation ont été menées, et des contrôles adéquats sont en place pour la commercialisation. Les modifications apportées au procédé de fabrication et à la formulation tout au long de l'élaboration du produit pharmaceutique ont été examinées et sont jugées acceptables. D'après les données sur la stabilité présentée, on estime que la durée de conservation proposée de 36 mois est acceptable.

On estime que les limites proposées concernant les impuretés liées au médicament ont été raisonnablement qualifiées à partir d'études toxicologiques.

Toutes les installations participant à la production sont conformes aux bonnes pratiques de fabrication.

Tous les ingrédients non médicinaux (décrits ci-dessus) présents dans le produit pharmaceutique sont autorisés par le Règlement sur les aliments et drogues.

Le lactose monohydraté est la seule matière d'origine animale utilisée dans la fabrication des comprimés pelliculés de Giotrif. Le fabricant du lactose monohydraté a fourni par écrit une garantie que le lactose est produit à partir de lait issu d'animaux sains dans les mêmes conditions que le lait destiné à la consommation humaine.

1 Comprend des termes communs similaires du Medical Dictionary for Regulatory Activities (MedDRA).