Sommaire des motifs de décision portant sur Daybue
Décisions d'examen
Le sommaire des motifs de décision explique les raisons pour lesquelles un produit a reçu une autorisation de vente au Canada. Le document comprend les considérations portant sur la réglementation, l’innocuité, l’efficacité et la qualité (sur le plan de la chimie et de la fabrication).
Type de produit:
- Ce document est une traduction française du document anglais approuvé.
Sommaire des motifs de décision (SMD)
Les sommaires des motifs de décision (SMD) présentent des renseignements sur l’autorisation initiale d’un produit. Le SMD portant sur Daybue est accessible ci-dessous.
Activité récente relative à Daybue
Les SMD relatifs aux médicaments éligibles (tels que décrits dans la Foire aux questions : Phase II du projet de sommaires des motifs de décision [SMD]) autorisés après le 1er septembre 2012 seront mis à jour afin d’inclure des renseignements sous forme de tableau des activités postautorisation (TAPA). Le TAPA comprendra de brefs résumés d’activités telles que les présentations de demandes de nouvelles utilisations, ainsi que les décisions de Santé Canada (positives ou négatives). Les TAPA seront mis à jour régulièrement en ce qui a trait aux activités postautorisation tout au long du cycle de vie du produit. À l'heure actuelle, aucun TAPA n'est disponible pour Daybue. Lorsqu'un TAPA sera disponible pour Daybue, il sera incorporé dans ce SMD.
Sommaire des motifs de décision (SMD) portant sur Daybue
SMD émis le : 2025-02-21
L’information suivante concerne la Présentation de drogue nouvelle pour Daybue.
Trofinétide
Identification numérique de drogue (DIN) : DIN 02552523 – 200 mg/ml trofinétide, solution, administration orale ou gastrique
Acadia Pharmaceuticals Inc.
Présentation de drogue nouvelle, numéro de contrôle : 285051
Type de présentation : Présentation de drogue nouvelle (Nouvelle substance active) - Évaluation prioritaire
Domaine thérapeutique (Classification anatomique, thérapeutique, chimique [Anatomical Therapeutic Chemical], deuxième niveau) : N07 Autres médicaments en relation avec le système nerveux
Date de présentation : 2024-03-15
Date d’autorisation : 2024-10-11
Le 11 octobre 2024, Santé Canada a émis à l’intention d’Acadia Pharmaceuticals Inc. un Avis de conformité pour le produit médicamenteux Daybue.
L’autorisation de mise en marché de Daybue s’appuie sur l’information portant sur la qualité (chimie et fabrication), ainsi que les études non cliniques (pharmacologie et toxicologie) et cliniques (pharmacologie, innocuité et efficacité) présentées. D’après l’évaluation des données reçues effectuée par Santé Canada, le profil avantages-effets nocifs-incertitudes de Daybue est considéré comme étant favorable pour le traitement du syndrome de Rett chez les adultes et les enfants de 2 ans et plus pesant au moins 9 kilos.
1 Sur quoi l’autorisation porte-t-elle?
Daybue, un analogue du tripeptide N-terminal du facteur de croissance 1 analogue à l’insuline, a été autorisé pour le traitement du syndrome de Rett chez les adultes et les enfants de 2 ans et plus pesant au moins 9 kilos.
On dispose de peu de données sur Daybue pour les patients âgés de plus de 20 ans ou de moins de 5 ans, les patients de sexe masculin atteints du syndrome de Rett, les personnes sans mutation pathogène dans le gène de la protéine 2 qui se lie au méthyle-CpG (MECP2), ou les personnes ayant reçu un diagnostic de syndrome de Rett atypique/variant. Les personnes atteintes du syndrome de Rett avec un intervalle QT corrigé (QTc) sous-jacent > 450 ms étaient exclues des études cliniques sur Daybue.
Santé Canada n’a pas autorisé d’indication pour l’utilisation chez les patients pédiatriques âgés de moins de deux ans ou pesant moins de 9 kg, car aucune donnée n’est disponible pour ces groupes de patients pédiatriques.
Les études cliniques de Daybue n’incluaient pas de patients âgés de 65 ans et plus, ce qui fait qu’il est impossible de déterminer s’ils répondent différemment des patients plus jeunes. Chez les patients gériatriques, la fonction rénale devrait être évaluée avant d’effectuer un traitement au moyen de Daybue afin de déterminer le dosage approprié.
Daybue (200 mg/ml trofinétide) se présente sous forme d’une solution. En plus de l’ingrédient médicinal, la solution contient le rouge FD&C n° 40, le maltitol, le méthylparabène sodique, le propylparabène sodique, l’eau purifiée, la saveur de fraise et le sucralose.
L’utilisation de Daybue est contre-indiquée chez les patients qui présentent une hypersensibilité au produit, à un ingrédient de la formulation, y compris à un ingrédient non médicinal, ou à un composant du contenant.
Le produit médicamenteux a été autorisé selon les conditions d’utilisation décrites dans sa monographie de produit, en tenant compte des risques potentiels associés à son administration. La monographie de produit de Daybue est accessible par l’intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.
Pour de plus amples renseignements sur la justification de la décision de Santé Canada, veuillez consulter les sections Motifs d’ordre clinique, non clinique et qualitatif (caractéristiques chimiques et de fabrication).
2 Pourquoi Daybue a-t-il été autorisé?
Santé Canada estime que Daybue a un profil avantages-effets nocifs-incertitudes favorable pour le traitement du syndrome de Rett chez les adultes et les enfants de 2 ans et plus pesant au moins 9 kilos.
On dispose de peu de données sur Daybue pour les patients âgés de plus de 20 ans ou de moins de 5 ans, les patients de sexe masculin atteints du syndrome de Rett, les personnes sans mutation pathogène dans le gène de la protéine 2 qui se lie au méthyle-CpG (MECP2), ou les personnes ayant reçu un diagnostic de syndrome de Rett atypique/variant. Les personnes atteintes du syndrome de Rett avec un intervalle QT corrigé (QTc) sous-jacent > 450 ms étaient exclues des études cliniques sur Daybue.
Le syndrome de Rett (RTT) est un trouble neurodéveloppemental grave et progressif lié au chromosome X qui touche principalement les femmes. Il se produit chez environ une fille née vivante sur 10 000 à 15 000. Le syndrome de Rett progresse habituellement en quatre étapes caractéristiques : stagnation du développement, régression rapide, période de plateau et détérioration motrice. Il se caractérise par un ensemble élargi de symptômes principaux, y compris la perte des capacités de communication verbale accompagnées de compétences non verbales limitées, la perte des fonctions motrices fines et globales (y compris l’utilisation intentionnelle des mains), les problèmes de comportement, les convulsions, les stéréotypies des mains et les problèmes gastro‑intestinaux.
Les patients atteints du syndrome de Rett présentent aussi fréquemment des comorbidités multisystémiques, qui évoluent tout au long de leur vie. Ces symptômes peuvent inclure des convulsions, une scoliose (de type neuromusculaire), des troubles gastro‑intestinaux (constipation, reflux gastro‑œsophagien, difficultés de mastication et de déglutition), des troubles du sommeil, des troubles comportementaux, des troubles moteurs, de l’apraxie, des troubles visuels et des retards de croissance.
Les manifestations autonomes contribuent également au phénotype clinique du syndrome de Rett. Ces anomalies comprennent des anomalies de la fonction cardiaque (c’est‑à‑dire un intervalle QT prolongé), des anomalies de la fonction respiratoire (modèles de respiration irréguliers pendant l’éveil [respiration rapide, apnée et déglutition d’air]) et une mauvaise circulation périphérique. Les problèmes cardiorespiratoires sont la cause la plus fréquente de décès chez les patients atteints du syndrome de Rett et 26 % de ces décès sont soudains et inattendus. Les personnes atteintes du RTT ont un taux de mortalité annuel de 1 % à 2 %, mais plus de 70 % des patients atteints du syndrome de Rett classique survivent jusqu’à l’âge de 50 ans. La supervision longitudinale est nécessaire chez les patients atteints de ce syndrome, car les limitations physiques, comportementales et cognitives nécessitent des soins et une assistance pour tous les aspects de la vie quotidienne tout au long de leur vie.
Au moment de la Présentation de drogue nouvelle, il n’y avait aucun traitement approuvé au Canada pour traiter les symptômes principaux du syndrome de Rett. Tous les traitements actuels (c’est‑à‑dire les médicaments pour traiter l’épilepsie, la constipation, etc.) constituent des soins de soutien et ils sont utilisés pour gérer les symptômes individuels et les comorbidités.
Le trofinétide, l’ingrédient médicinal dans Daybue, est une nouvelle entité moléculaire. Il s’agit de l’analogue synthétique du tripeptide N‑terminal du facteur de croissance 1 analogue à l’insuline (IGF‑1) survenant naturellement, la glycine‑proline‑glutamate (GPE). Il a été élaboré sous forme d’une solution de 200 mg/ml pour administration par voie orale, par l’intermédiaire d’une sonde de gastrostomie ou par le port gastrique d’une sonde de gastrojéjunostomie. Le mécanisme par lequel le trofinétide exerce des effets thérapeutiques chez les patients atteints du syndrome de Rett est inconnu.
Cent quatre‑vingt‑sept patientes atteintes du syndrome de Rett ont participé à l’étude pivot (l’étude ACP‑2566‑003), toutes ayant une mutation documentée du gène MECP2 et étant âgées de cinq à 20 ans. Les patientes ont été réparties aléatoirement selon un ratio de 1:1 pour recevoir soit un placebo (94 patientes), soit Daybue (93 patientes) et elles ont été évaluées pendant 12 semaines.
On a évalué deux paramètres co‑principaux : une échelle d’évaluation de 45 éléments pour le score sur le Questionnaire sur le comportement du syndrome de Rett (Rett Syndrome Behaviour Questionnaire; RSBQ) remplie par l’aidant, et le score d’Amélioration de l’impression globale clinique (Clinical Global Impression‑Improvement; CGI-I) évalué par le clinicien selon l’échelle de Likert en sept points. En ce qui concerne chaque critère d’évaluation, on a observé des améliorations statistiquement importantes. On a observé une amélioration du score total du RSBQ pour la période allant du niveau de référence à la 12e semaine au moyen de la différence de la moyenne des moindres carrés (MMC) du modèle à effet mixte pour des mesures répétées de -3,1 (p = 0,0175; ampleur de l’effet de la valeur d de Cohen de 0,37). Cela se traduit par une variation moyenne de -5,1 points du score total du RSBQ dans le groupe traité au moyen de Daybue, comparativement à une variation de -1,7 point dans le groupe traité à l’aide d’un placebo. Le score CGI‑I à la 12e semaine a révélé une différence entre les groupes de traitement de -0,3 point (intervalle de confiance [IC] à 95 % : -0,5, -0,1; p = 0,0030; ampleur de l’effet de la valeur d de Cohen de 0,47), ce qui met en évidence un score CGI‑I moyen de 3,5 dans le groupe traité au moyen de Daybue par rapport à un score de 3,8 dans le groupe traité à l’aide d’un placebo.
Le RSBQ est un instrument bien validé conçu pour détecter les signes et symptômes principaux du syndrome de Rett et pour distinguer les personnes atteintes de ce syndrome des autres femmes présentant d’autres causes de déficience intellectuelle grave à profonde. Le CGI‑I est un outil bien établi utilisé pour les troubles neurodéveloppementaux et une échelle de points propre au syndrome de Rett a été élaborée pour l’évaluation de l’amélioration ou de l’aggravation de l’état des patients atteints de ce syndrome. L’amélioration observée dans les résultats de ces deux mesures fournissait des données probantes d’un changement clinique significatif chez des patients en particulier. Au niveau du groupe, l’importance clinique de l’amplitude du changement dans les paramètres co‑principaux était modeste. Cependant, certaines personnes répondaient aux critères de « répondant » et ont eu des plus grands avantages. Si une personne n’a ressenti aucun avantage après 52 semaines de traitement au moyen de Daybue, Santé Canada recommande l’arrêt du traitement, car il n’y a aucun avantage supplémentaire démontré chez les non‑répondants après un an de traitement.
Dans cette présentation, on a inclus les données d’innocuité provenant de 18 études cliniques sur Daybue. Les données d’innocuité les plus pertinentes proviennent de l’étude pivot (l’étude ACP‑2566‑003), des études de prolongation ouvertes (les études ACP‑2566‑004 et ACP‑2566‑005) et d’une étude ouverte effectuées chez des patients âgés de deux à quatre ans atteints du syndrome de Rett (l’étude ACP‑2566‑009). Ces quatre études ont toutes utilisé la formulation commerciale proposée de Daybue dans la population clinique d’intérêt.
Dans l’étude pivot, les taux d’événements indésirables étaient plus élevés dans le groupe traité au moyen de Daybue que dans le groupe traité à l’aide d’un placebo. Les événements indésirables les plus fréquemment signalés étaient la diarrhée (80,6 % par rapport à 19,1 %), les vomissements (26,9 % par rapport à 9,6 %), la perte de poids (12,9 % par rapport à 4,7 %), les convulsions (8,6 % par rapport à 5,3 %), la pyrexie (8,6 % par rapport à 4,3 %) et la diminution de l’appétit (5,4 % par rapport à 2,1 %). Les événements indésirables ont souvent entraîné une modification de la dose (chez 34 % des patients traités au moyen de Daybue et chez 6 % des patients traités à l’aide d’un placebo). La proportion de participants qui ont abandonné le traitement était plus élevée que prévu (24,7 % des participants traités au moyen de Daybue, 9,6 % des participants traités à l’aide d’un placebo) et dans la majorité des cas, cet abandon était lié à un événement indésirable (17,2 % dans le groupe traité au moyen de Daybue, 2,1 % traité à l’aide d’un placebo). Au cours de l’étude pivot, 50,5 % des participants ont utilisé un médicament anticonvulsivant de manière concomitante (lopéramide), tout comme 57,9 % des participants de l’étude pivot et des études de prolongation à long terme ouvertes connexes.
Trois participants (3,2 %) de chaque groupe traité au moyen de Daybue et à l’aide d’un placebo de l’étude pivot ont signalé des événements indésirables graves (EIG) et les taux de ces événements ont augmenté dans les études de prolongations ouvertes. Il y a 19 participants (12,3 %) de l’étude ACP‑2566‑004, 23 participants (29,9 %) de l’étude ACP‑2566‑005 et quatre participants (26,7 %) de l’étude ACP‑2566‑009 qui ont signalé des événements indésirables graves. On a signalé quatre décès (arrêt cardiaque, aspiration et vomissements, mort subite inexpliquée chez les épileptiques et hémorragie d’ulcère gastrique, chacun s’étant produit chez un participant), tous dans l’étude de prolongation à long terme ouverte ACP‑2566‑005. Les autres EIG les plus fréquemment signalés dans les études de prolongation à long terme étaient les convulsions, les vomissements, la pneumonie, les infections urinaires et l’insuffisance respiratoire aiguë.
Comme le médicament est destiné à une utilisation continuelle à vie, la question de la tolérabilité est particulièrement pertinente. On a inclus les considérations et les recommandations posologiques dans la monographie de produit de Daybue afin d’atténuer le risque d’événements indésirables. Ces mesures comprennent une augmentation progressive de la dose, une réduction temporaire à 50 % de la dose recommandée en cas de réactions indésirables intolérables et des ajustements de dose en cas d’insuffisance rénale. Les professionnels de la santé sont invités à envisager l’arrêt de Daybue si un patient ne ressent pas d’effets bénéfiques après 12 mois de traitement en raison d’une évaluation défavorable des avantages, effets nocifs, et incertitudes. Les événements indésirables d’intérêt particulier, y compris la prolongation de l’intervalle QT corrigé (QTc), la diarrhée et les vomissements, sont décrits dans la section « Mises en garde et précautions » de la monographie de produit de Daybue.
Il existe des incertitudes persistantes concernant l’utilisation de Daybue au sein d’une population élargie atteinte du syndrome de Rett. Le programme de développement clinique n’a pas permis d’établir l’efficacité et l’innocuité chez les personnes atteintes du syndrome de Rett atypique/variant, chez les hommes atteints de ce syndrome et chez les personnes présentant des mutations moins courantes (c’est‑à‑dire des mutations des gènes CDLK5, FOXG1). De plus, il existe peu de données sur l’efficacité et l’innocuité de Daybue chez les patientes atteintes du syndrome de Rett âgées de moins de cinq ans ou de plus de 20 ans.
Les professionnels de la santé devraient savoir que les personnes atteintes du syndrome de Rett et présentant une prolongation de l’intervalle QTc (intervalle QTc supérieur à 450 ms) ont été exclues des études cliniques effectuées avec Daybue. Étant donné que les patients atteints du syndrome de Rett présentent un risque de base plus élevé de développer une prolongation de l’intervalle QTc, il est recommandé de surveiller étroitement leur état cardiaque (y compris les intervalles QTc) et les perturbations électrolytiques (hypokaliémie, hypocalcémie, hypomagnésémie) afin de prévenir les événements cardiaques indésirables, y compris les torsades de pointes. Santé Canada a souligné ces incertitudes dans la sous‑section Limites d’utilisation de la section Indications, dans la section « Mises en garde et précautions » et dans la section Essais cliniques de la monographie de produit.
Bien que les données sur l’efficacité et l’innocuité fassent défaut pour les sous‑populations plus rares atteintes du syndrome de Rett, on considère que le postulat d’une physiopathologie sous‑jacente similaire combiné à l’étiquetage des risques et à une pharmacovigilance appropriée sont suffisants pour maintenir une évaluation favorable des avantages, effets nocifs, et incertitudes.
Acadia Pharmaceuticals Inc. a présenté à Santé Canada un plan de gestion des risques (PGR) relativement à Daybue. Le PGR est conçu de manière à décrire les problèmes d’innocuité connus et potentiels, à présenter le plan de surveillance prévu et, au besoin, à décrire les mesures qui seront mises en place pour réduire les risques associés au produit. Après examen, le PGR a été jugé acceptable.
Les étiquettes interne et externe, la notice d’accompagnement et la section des renseignements pour les patients sur les médicaments de la monographie de produit de Daybue qui ont été présentées ont répondu aux exigences réglementaires relatives à l’étiquetage, à l’utilisation d’un langage clair et aux éléments de conception.
Le promoteur a soumis une évaluation de la marque nominative qui comprenait des évaluations des attributs nominatifs à présentation et à consonance semblables. Après examen, le nom proposé de Daybue a été accepté.
D’après les données non cliniques et les études cliniques, Daybue présente un profil d’innocuité acceptable. Les problèmes d’innocuité relevés peuvent être gérés à l’aide de l’étiquetage et une surveillance adéquate. La monographie de produit de Daybue comporte des mises en garde et des précautions appropriées pour répondre aux préoccupations d’innocuité identifiées.
Cette Présentation de drogue nouvelle répond aux exigences des articles C.08.002 et C.08.005.1; par conséquent, Santé Canada a émis l’Avis de conformité prévu à l’article C.08.004 du Règlement sur les aliments et drogues. Pour de plus amples renseignements, veuillez consulter les sections Motifs de décision d’ordre clinique, non clinique et qualitatif (caractéristiques chimiques et fabrication).
3 Quelles sont les étapes qui ont mené à l’autorisation de Daybue?
La Présentation de drogue nouvelle de Daybue a fait l’objet d’un processus d’examen accéléré en vertu de la Politique sur l’évaluation prioritaire des présentations de drogues. Le promoteur a présenté des preuves substantielles de l’efficacité clinique pour démontrer que Daybue offre un traitement efficace d’une maladie grave, mettant la vie en danger ou sévèrement débilitante pour laquelle aucun médicament n’est actuellement mis sur le marché au Canada. Après l’évaluation des renseignements présentés, Santé Canada a déterminé que les critères d’admissibilité étaient respectés pour que cette PDN soit évaluée de manière prioritaire.
L’examen des éléments de la qualité, non cliniques, cliniques de la PDN pour Daybue était fondé sur une évaluation critique du dossier de données présenté à Santé Canada. Les examens effectués par la Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis ont été utilisés comme référence(s) ajoutée(s), conformément à la méthode 3 décrite dans l’ébauche de la ligne directrice : L’utilisation d’examens étrangers par Santé Canada. La décision réglementaire canadienne sur la PDN de Daybue a été prise de manière indépendante sur la base de l’examen canadien.
Pour de plus amples renseignements sur le processus de présentation de drogue, consulter la Ligne directrice : gestion des présentations et des demandes de drogues.
Étapes importantes de la présentation : Daybue
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Étape importante de la présentation |
Date |
|---|---|
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Réunion préalable à la présentation |
2023-11-09 |
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Demande de traitement prioritaire déposée |
2024-02-09 |
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Demande de traitement prioritaire approuvée |
2024-03-07 |
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Dépôt de la Présentation de drogue nouvelle |
2024-03-15 |
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Examen préliminaire |
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Lettre d’acceptation à l’issue de l’examen préliminaire émise |
2024-04-19 |
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Examen |
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Évaluation biopharmaceutique terminée |
2024-08-15 |
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Évaluation du plan de gestion des risques terminée |
2024-09-26 |
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Évaluation non clinique terminée |
2024-10-01 |
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Évaluation de la qualité terminée |
2024-10-07 |
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Évaluation biostatistique terminée |
2024-10-08 |
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Évaluation clinique/médicale terminée |
2024-10-09 |
|
Examen de l’étiquetage terminé |
2024-10-09 |
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Délivrance de l’Avis de conformité par la directrice générale, Direction des produits pharmaceutiques |
2024-10-11 |
4 Quelles mesures de suivi le promoteur prendra-t-il?
Les exigences en matière d’activités post-commercialisation sont décrites dans la Loi sur les aliments et drogues et le Règlement sur les aliments et drogues.
5 Quelles activités postautorisation ont été menées à l’égard de Daybue?
Les Sommaires des motifs de décision (SMD) relatifs aux médicaments éligibles (tels que décrits dans la Foire aux questions : Phase II du projet de sommaires des motifs de décision [SMD]) autorisés après le 1er septembre 2012 incluront des renseignements sur les activités postautorisation sous forme de tableau. Le tableau des activités postautorisation (TAPA) comprendra de brefs résumés d’activités telles que les présentations de demandes de nouvelles utilisations, ainsi que les décisions de Santé Canada (positives ou négatives). Le TAPA continuera d’être actualisé durant tout le cycle de vie du produit.
À l'heure actuelle, aucun TAPA n'est disponible pour Daybue. Lorsque le TAPA sera disponible, il sera incorporé dans ce SMD.
Pour consulter les derniers avis, mises en garde et retraits concernant des produits commercialisés, consultez MedEffet Canada.
6 Quels sont les autres renseignements disponibles à propos des médicaments?
Pour obtenir des renseignements à jour sur les produits médicamenteux, veuillez suivre les liens suivants :
-
Consulter MedEffet Canada pour connaître les derniers avis, mises en garde et retraits concernant les produits commercialisés.
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Voir la Base de données des Avis de conformité (AC) pour accéder à la liste des dates d’autorisation de tous les médicaments ayant reçu un AC depuis 1994.
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Consulter la Base de données sur les produits pharmaceutiques (BDPP) pour obtenir la dernière monographie de produit. La BDPP contient des renseignements précis sur les médicaments dont l’utilisation a été approuvée au Canada.
-
Voir les documents relatifs à l’Avis de conformité avec conditions (AC-C) pour les produits ayant reçu un AC en vertu de la Ligne directrice : Avis de conformité avec conditions (AC-C), le cas échéant. En cliquant sur les liens correspondant au nom du produit (selon le cas), vous pouvez accéder à la fiche de renseignements, partie III - Renseignements pour les patients sur les médicaments, à l’avis d’admissibilité, et/ou à la « Lettre aux professionnels de santé ».
-
Consulter le Registre des brevets pour obtenir la liste des brevets déposés relativement à des ingrédients médicinaux, le cas échéant.
-
Consulter le Registre des drogues innovantes pour obtenir la liste des drogues admissibles à la protection des données en vertu de l’article C.08.004.1 du Règlement sur les aliments et drogues, le cas échéant.
7 Quelle est la justification scientifique sur laquelle s’est fondé Santé Canada?
Consultez la section Quelles sont les étapes qui ont mené à l’autorisation de Daybue? pour plus de renseignements sur le processus d’examen de cette présentation.
7.1 Motifs cliniques de la décision
Pharmacologie clinique
Le trofinétide, l’ingrédient médicinal dans Daybue, est un analogue synthétique du tripeptide N‑terminal du facteur de croissance 1 analogue à l’insuline. Le mécanisme par lequel le trofinétide exerce des effets thérapeutiques chez les patients atteints du syndrome de Rett est inconnu.
Le trofinétide présente une cinétique linéaire sans effet dépendant du temps ou de la dose sur les paramètres pharmacocinétiques. L’exposition systémique au trofinétide était proportionnelle à la dose dans l’intervalle de doses étudié. On a observé une accumulation minime ou nulle après une administration deux fois par jour.
Le trofinétide est rapidement absorbé après administration par voie orale, avec un délai avant d’atteindre la concentration maximale du médicament (Tmax) de deux à trois heures. Les résultats de l’étude de bilan de masse démontrent qu’au moins 84 % de la dose administrée a été absorbée après l’administration par voie orale de 12 g de trofinétide. Chez les adultes en bonne santé, le volume apparent de distribution du trofinétide était d’environ 80 l. Le trofinétide est principalement excrété inchangé dans l’urine (environ 80 % de la dose), avec une excrétion minime dans les selles (15,3 %). La demi‑vie d’élimination efficace du trofinétide administré par voie orale chez les participants en bonne santé est d’environ 1,5 heure. Cela est suivi d’une phase d’élimination relativement lente ayant une demi‑vie de 30 heures. D’après une analyse pharmacocinétique de la population, la clairance systémique et la biodisponibilité orale du trofinétide (CL/F) est estimée à 11,8 l/h à l’état d’équilibre.
Au cours d’une étude ouverte de phase I, on a étudié l’effet d’une insuffisance rénale modérée sur la pharmacocinétique du trofinétide. On a administré une dose unique de 6 g de trofinétide aux participants présentant une insuffisance rénale modérée (définie comme étant un taux de filtration glomérulaire estimé [TFGe] de 30 à < 59 ml/min/1,73 m2) et on les a comparés à des participants en bonne santé qui ont reçu une dose unique de 12 g de trofinétide. L’exposition systémique normalisée de la dose de trofinétide était environ deux fois plus élevée chez les participants présentant une insuffisance rénale modérée par rapport aux participants en bonne santé. Le temps d’élimination et le taux d’élimination maximale du trofinétide dans l’urine étaient plus lents et plus faibles chez les participants présentant une insuffisance rénale modérée par rapport aux participants en bonne santé. Le modèle pharmacocinétique physiologique a appuyé cette constatation, démontrant que l’on prévoit qu’une exposition élevée au trofinétide entraînera une insuffisance rénale croissante. D’après les résultats de l’étude de phase I et les analyses pharmacocinétiques, on recommande une réduction de 50 % de la dose de trofinétide pour les patients présentant une insuffisance rénale modérée. On devrait envisager une réduction supplémentaire (de 20 % à 30 % en plus de la réduction de 50 %) pour les patients atteints d’une insuffisance rénale modérée. On devrait envisager une réduction de la dose de 20 % à 30 % pour les personnes atteintes d’une insuffisance rénale légère (TFGe de 60 à 70 ml/min/1,73 m2). Le trofinétide n’est pas recommandé chez les patients atteints d’une insuffisance rénale grave ou d’une insuffisance rénale au stade terminal.
On n’a pas étudié les propriétés pharmacocinétiques du trofinétide chez les patients atteints d’insuffisance hépatique. Cependant, on ne s’attend pas à ce que l’insuffisance hépatique ait un effet cliniquement significatif sur l’exposition au trofinétide.
On a réalisé une étude spécialisée sur l’intervalle QT au moyen de doses uniques de 12 g, de 18 g ou de 24 g de trofinétide chez des adultes en bonne santé. Cette étude n’a pas fourni de données probantes sur la prolongation de l’intervalle QT. Cependant, on n’a pas atteint des expositions suprathérapeutiques. L’intervalle de confiance bilatéral supérieur à 90 % pour la variation par rapport au niveau de référence de l’intervalle QT corrigé (formule de Fridericia; QTcF) (∆QTcF) et la variation corrigée à l’aide d’un placebo par rapport au niveau de référence de l’intervalle QTcF (∆∆QTcF) étaient inférieurs à 10 ms (le seuil de préoccupation pour la repolarisation cardiaque).
On n’a réalisé aucune étude sur les interactions entre les médicaments.
Le trofinétide était habituellement sûr et bien toléré dans toutes les études évaluées dans le cadre de l’ensemble de pharmacologie clinique.
Pour obtenir des renseignements supplémentaires, consulter la monographie de produit de Daybue approuvée par Santé Canada et accessible par l’intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.
Efficacité clinique
On a présenté les données de six études cliniques pour soutenir l’efficacité clinique de Daybue pour le traitement du syndrome de Rett. Ces études comprennent une étude pivot (l’étude ACP‑2566‑003), deux études de prolongation ouverte (les études ACP‑2566‑004 [40 semaines] et ACP‑2566‑005 [32 mois]), deux études de soutien de phase II (les études Neu‑2566‑RETT‑001 et Neu‑2566‑RETT‑002) et une étude ouverte effectuée chez des patients âgés de deux à quatre ans atteints du syndrome de Rett (l’étude ACP‑2566‑009). Elles visaient à soutenir l’extrapolation de l’efficacité aux patients plus jeunes atteints du syndrome de Rett.
On a effectué l’étude pivot (l’étude ACP‑2566‑003) auprès de 187 patientes atteintes du syndrome de Rett âgées de cinq à 20 ans. Il s’agissait d’une étude randomisée, à double insu et contrôlée par placebo. Les patientes devaient présenter une mutation documentée causant la maladie dans le gène de la protéine 2 qui se lie au méthyle‑CpG (le gène MECP2), un score de 10 à 36 sur l’Échelle de gravité clinique du syndrome de Rett (Rett Syndrome Clinical Severity Scale; RTT-CSS) et un score de 4 ou plus sur l’échelle d’impression clinique globale de sévérité (Clinical Global Impression of Severity; CGI‑S). Les patientes ont été réparties aléatoirement en fonction de leur âge et de la gravité au niveau de référence en fonction du Questionnaire sur le comportement du syndrome de Rett (Rett Syndrome Behaviour Questionnaire; RSBQ), puis réparties aléatoirement selon un ratio de 1:1 pour recevoir soit un placebo (94 patientes), soit Daybue (93 patientes) et elles ont été évaluées pendant 12 semaines.
On a évalué deux paramètres co‑principaux : une échelle d’évaluation de 45 éléments pour le score RSBQ remplie par l’aidant, et le score d’Amélioration de l’impression globale clinique (Clinical Global Impression‑Improvement; CGI-I) évalué par le clinicien selon l’échelle de Likert en sept points. En ce qui concerne chaque critère d’évaluation, on a observé des améliorations statistiquement importantes. On a observé une amélioration dans le score total du RSBQ pour la période allant du niveau de référence à la 12e semaine au moyen de la différence de la moyenne des moindres carrés (MMC) du modèle à effet mixte pour des mesures répétées de -3,1 (p = 0,0175; ampleur de l’effet de la valeur d de Cohen de 0,37). Cela se traduit par une variation moyenne de -5,1 points du score total du RSBQ dans le groupe traité au moyen de Daybue, comparativement à une variation de -1,7 point dans le groupe traité à l’aide d’un placebo. Le score CGI‑I à la 12e semaine a révélé une différence entre les groupes de traitement de -0,3 point (intervalle de confiance [IC] à 95 % : -0,5, -0,1; p = 0,0030; ampleur de l’effet de la valeur d de Cohen de 0,47), ce qui met en évidence un score CGI‑I moyen de 3,5 dans le groupe traité au moyen de Daybue par rapport à un score de 3,8 dans le groupe traité à l’aide d’un placebo. Les résultats des analyses de sensibilité visant à tenir compte des données manquantes et les événements intercurrents ont confirmé l’analyse principale. Cependant, les taux élevés d’abandon du traitement par les patients ont violé la supposition de données manquantes de façon aléatoire qui forme la base de l’approche du modèle à effet mixte pour des mesures répétées et la levée de l’insu due à l’événement indésirable de diarrhée a introduit un biais supplémentaire.
Les améliorations moyennes sur les échelles RSBQ et CGI‑I ont respecté les critères de signification statistique. Cependant, l’ampleur de l’effet de la valeur d de Cohen, qui servait d’indicateur d’amélioration clinique, était inférieure à la définition de l’ampleur de l’effet de la valeur moyenne (d = 0,5) pour les deux paramètres principaux (0,37 pour le RSBQ et 0,47 pour le CGI‑I). On n’a publié aucune différence minimale cliniquement importante (DMCI) pour l’échelle RSBQ. Cependant, l’écart‑type (ET) utilisé par le promoteur pour estimer la DMCI au moyen des méthodes fondées sur la distribution était de 0,4, tandis que l’écart‑type suggéré dans la littérature scientifique était de 0,5. Douze semaines après le début de l’étude de prolongation ouverte de 32 mois ACP‑2566‑005 (correspondant à une durée de traitement de 52 semaines dans le groupe traité à l’aide d’un placebo [36 patients] et de 64 semaines dans le groupe traité au moyen de Daybue [41 patients]), de 20,5 % à 23,5 % des patients ont répondu aux critères de « répondant » avec un score CGI‑I de 1 (« très grande amélioration ») ou de 2 (« grande amélioration »).
Le RSBQ est un instrument bien validé conçu pour détecter les signes et symptômes principaux du syndrome de Rett et pour distinguer les personnes atteintes du syndrome de Rett des autres femmes présentant d’autres causes de déficience intellectuelle grave à profonde. Le CGI‑I est un outil bien établi utilisé pour les troubles neurodéveloppementaux et une échelle de points propre au syndrome de Rett a été élaborée pour l’évaluation de l’amélioration ou de l’aggravation de l’état des patients atteints de ce syndrome. L’amélioration observée dans les résultats de ces deux mesures fournissait des données probantes d’un changement clinique significatif chez des patients en particulier. Au niveau du groupe, l’importance clinique de l’amplitude du changement dans les paramètres co‑principaux était modeste. Cependant, certaines personnes répondaient aux critères de « répondant » et ont eu des plus grands avantages. Si une personne n’a ressenti aucun avantage après 52 semaines de traitement au moyen de Daybue, Santé Canada recommande l’arrêt du traitement, car il n’y a aucun avantage supplémentaire démontré chez les non‑répondants après un an de traitement.
Indication
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L’indication proposée par le promoteur |
L’indication approuvée par Santé Canada |
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Pour le traitement du syndrome de Rett (RTT) chez les adultes et les enfants de 2 ans et plus. |
Daybue (solution orale de trofinétide) est indiqué pour le traitement du syndrome de Rett chez les adultes et les enfants de 2 ans et plus pesant au moins 9 kilos. |
Comme le syndrome de Rett touche principalement les femmes et que l’étude pivot a été effectuée spécifiquement chez des patientes âgées de cinq à 20 ans, Santé Canada a ajouté des limitations d’usage pour accompagner l’indication approuvée de Daybue. Il existe des données limitées sur Daybue pour les patientes âgées de plus de 20 ans ou de moins de cinq ans, les patients mâles atteints du syndrome de Rett, les personnes ne présentant pas de mutation du gène MECP2 ou les personnes qui ont reçu un diagnostic de syndrome de Rett atypique/variant. Les personnes atteintes du syndrome de Rett présentant un intervalle QT corrigé (QTc) supérieur à 450 ms ont été exclues des études cliniques sur Daybue.
Pour de plus amples renseignements, consulter la monographie de produit de Daybue approuvée par Santé Canada et accessible par l’intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.
Innocuité clinique
On a inclus les données d’innocuité provenant de 18 études cliniques sur Daybue dans cette présentation, réalisées auprès de populations cliniques atteintes du syndrome de Rett et d’autres problèmes de santé, ainsi que chez des patients présentant une insuffisance rénale. Au total, au cours du programme de développement clinique, 675 personnes ont été exposées à Daybue, dont 260 personnes atteintes du syndrome de Rett.
Bien que l’on ait fourni des données groupées sur l’innocuité, on a utilisé différentes formulations de Daybue dans certains groupes. Par conséquent, pour les études incluses dans ces groupes, on a évalué l’innocuité clinique individuellement dans chaque étude. Les données d’innocuité les plus pertinentes proviennent de l’étude pivot (l’étude ACP‑2566‑003), des études de prolongation ouvertes (les études ACP‑2566‑004 et ACP‑2566‑005) et d’une étude ouverte effectuées chez des patients âgés de deux à quatre ans atteints du syndrome de Rett (l’étude ACP‑2566‑009). Ces quatre études ont toutes utilisé la formulation commerciale proposée de Daybue dans la population clinique d’intérêt.
Dans l’étude pivot, les taux d’événements indésirables étaient plus élevés dans le groupe traité au moyen de Daybue que dans le groupe traité à l’aide d’un placebo. Les événements indésirables les plus fréquemment signalés étaient la diarrhée (80,6 % par rapport à 19,1 %), les vomissements (26,9 % par rapport à 9,6 %), la perte de poids (12,9 % par rapport à 4,7 %), les convulsions (8,6 % par rapport à 5,3 %), la pyrexie (8,6 % par rapport à 4,3 %) et la diminution de l’appétit (5,4 % par rapport à 2,1 %). Les événements indésirables ont souvent entraîné une modification de la dose (chez 34 % des patients traités au moyen de Daybue et chez 6 % des patients traités à l’aide d’un placebo). La proportion de participants qui ont abandonné le traitement était plus élevée que prévu (24,7 % des participants traités au moyen de Daybue, 9,6 % des participants traités à l’aide d’un placebo) et dans la majorité des cas, cet abandon était lié à un événement indésirable (17,2 % dans le groupe traité au moyen de Daybue, 2,1 % traité à l’aide d’un placebo). Au cours de l’étude pivot, 50,5 % des participants ont utilisé un médicament anticonvulsivant concomitant (lopéramide), et par 57,9 % des participants de l’étude pivot et des études de prolongation à long terme ouvertes connexes.
Trois participants (3,2 %) de chaque groupe traité au moyen de Daybue et à l’aide d’un placebo de l’étude pivot ont signalé des événements indésirables graves (EIG) et les taux de ces événements ont augmenté dans les études de prolongations ouvertes. Il y a 19 participants (12,3 %) de l’étude ACP‑2566‑004, 23 participants (29,9 %) de l’étude ACP‑2566‑005 et quatre participants (26,7 %) de l’étude ACP‑2566‑009 qui ont signalé des événements indésirables graves. On a signalé quatre décès (arrêt cardiaque, aspiration et vomissements, mort subite inexpliquée chez les épileptiques et hémorragie d’ulcère gastrique, chacun s’étant produit chez un participant), tous dans l’étude de prolongation à long terme ouverte ACP‑2566‑005. Les autres EIG les plus fréquemment signalés dans les études de prolongation à long terme étaient les convulsions, les vomissements, la pneumonie, les infections urinaires et l’insuffisance respiratoire aiguë.
Comme le médicament est destiné à une utilisation continuelle à vie, la question de la tolérabilité est particulièrement pertinente. On a inclus les considérations et les recommandations posologiques dans la monographie de produit de Daybue afin d’atténuer le risque d’événements indésirables. Ces mesures comprennent une augmentation progressive de la dose, une réduction temporaire à 50 % de la dose recommandée en cas de réactions indésirables intolérables et des ajustements de dose en cas d’insuffisance rénale. Les professionnels de la santé sont invités à envisager l’arrêt de Daybue si un patient ne ressent pas d’effets bénéfiques après 12 mois de traitement en raison d’une évaluation défavorable des avantages, effets nocifs, et incertitudes. Les événements indésirables d’intérêt particulier, y compris la prolongation de l’intervalle QT corrigé (QTc), la diarrhée et les vomissements, sont décrits dans la section « Mises en garde et précautions » de la monographie de produit de Daybue.
Il existe des incertitudes persistantes concernant l’utilisation de Daybue au sein d’une population élargie atteinte du syndrome de Rett. Toutes les participantes participant aux six études cliniques chez les patientes atteintes du syndrome de Rett étaient des femmes présentant une mutation documentée du gène MECP2 causant la maladie et un diagnostic de syndrome de Rett classique selon les critères de 2010 (Neul et coll., 2010). Le programme de développement clinique n’a pas permis d’établir l’efficacité et l’innocuité chez les personnes atteintes du syndrome de Rett atypique/variant, chez les hommes atteints de ce syndrome et chez les personnes présentant des mutations moins courantes (c’est‑à‑dire des mutations des gènes CDLK5, FOXG1). De plus, il existe peu de données sur l’efficacité et l’innocuité de Daybue chez les patientes atteintes du syndrome de Rett âgées de moins de cinq ans ou de plus de 20 ans. Bien que l’étude de phase I Neu‑2566‑RETT‑001 ait fait participer des femmes âgées de 16 à 45 ans, on n’a pas utilisé la formulation commercialisée et les doses étaient beaucoup plus faibles (35 mg/kg et 70 mg/kg) que celles de l’étude pivot, dans laquelle on a utilisé la dose recommandée de Daybue. Au cours de l’étude ACP‑2566‑009, on a évalué un petit nombre de participants plus jeunes (âgés de deux à quatre ans) et ayant un poids plus faible (de 9 à 12 kg) afin d’établir les bases de l’extrapolation de l’utilisation de Daybue chez les patients atteints du syndrome de Rett âgés de deux ans et plus. Cependant, cette étude était ouverte et n’était pas conçue pour évaluer l’efficacité.
Les professionnels de la santé devraient savoir que les personnes atteintes du syndrome de Rett et présentant une prolongation de l’intervalle QTc (intervalle QTc supérieur à 450 ms) ont été exclus des études cliniques effectuées avec Daybue. Étant donné que les patients atteints du syndrome de Rett présentent un risque de base plus élevé de développer une prolongation de l’intervalle QTc, il est recommandé de surveiller étroitement leur état cardiaque (y compris les intervalles QTc) et les perturbations électrolytiques (hypokaliémie, hypocalcémie, hypomagnésémie) afin de prévenir les événements cardiaques indésirables, y compris les torsades de pointes. Santé Canada a souligné ces incertitudes dans la sous‑section Limites d’utilisation de la section Indications, dans la section « Mises en garde et précautions » et dans la section Essais cliniques de la monographie de produit.
Bien que les données sur l’efficacité et l’innocuité fassent défaut pour les sous‑populations plus rares atteintes du syndrome de Rett, on considère que le postulat d’une physiopathologie sous‑jacente similaire combiné à l’étiquetage des risques et à une pharmacovigilance appropriée sont suffisants pour maintenir une évaluation favorable des avantages, effets nocifs, et incertitudes.
Pour de plus amples renseignements, consulter la monographie de produit de Daybue approuvée par Santé Canada et accessible par l’intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.
7.2 Motifs non cliniques de la décision
Dans les études pharmacocinétiques non cliniques, le trofinétide a été rapidement absorbé et distribué dans tout le corps, avec une distribution limitée dans le système nerveux central. Il n’a pas subi de transformation métabolique et a été excrété presque entièrement intact dans l’urine et les selles. Le trofinétide est un substrat du polypeptide de transport des anions organiques (OATP) 1B1 situé dans l’intervalle thérapeutique et il peut également inhiber l’enzyme cytochrome P450 (CYP) 3A4 et la glycoprotéine P dans l’intestin en raison de sa concentration intestinale élevée anticipée.
Chez les chiennes, le trofinétide n’a pas été associé à des résultats indésirables ante‑ ou post‑mortem à la suite d’une administration par voie orale pendant une période allant jusqu’à 39 semaines à des doses de 50, 300 et 1 000 mg/kg/jour. On a observé une incidence et une fréquence accrues de manifestations relatives à l’excrétion fécale (selles non moulées, diarrhée aqueuse ou mucoïde) avec la dose de 1 000 mg/kg/jour seulement. Cependant, elles n’ont pas été considérées comme indésirables puisqu’il n’y avait aucune répercussion sur la santé, le comportement ou la viabilité des animaux, et tous les effets sur les selles se sont résorbés à l’arrêt du traitement. On a établi la dose sans effet nocif observé (DSENO) de façon prudente à 300 mg/kg/jour en fonction d’une différence dans les poids utérins, probablement attribuable à la variabilité biologique du cycle œstral, mais elle n’est pas considérée comme indésirable. À la dose la plus élevée de 1 000 mg/kg/jour, l’exposition plasmatique obtenue était inférieure à celle observée chez l’humain à la dose maximale recommandée chez l’humain (DMRH). Chez les rats, des doses allant jusqu’à 2 100 mg/kg/jour n’ont entraîné aucun effet indésirable; l’exposition plasmatique était environ la moitié de celle observée chez les humains à la DMRH.
On n’a observé aucun effet indésirable sur la fertilité ou la fonction reproductrice après l’administration par voie orale du trofinétide (doses de 0, 300, 900 ou 2 000 mg/kg/jour) à des rats mâles et femelles avant et tout au long de l’accouplement et jusqu’au septième jour de gestation (JG) chez les femelles. On n’a observé aucun effet sur le développement embryofœtal chez les rates gravides à des doses semblables du JG7 au 20e jour de la lactation. À la dose la plus élevée évaluée (2 000 mg/kg/jour), l’exposition plasmatique (mesurée par la surface sous la courbe de concentration en fonction du temps [SSC]) était semblable à celle observée chez les humains à la DMRH.
Des lapines gravides ont été traitées au moyen de trofinétide (dose de 0, 150, 300 ou 600 mg/kg/jour) pendant la période d’organogenèse. Bien que l’on ait observé aucun effet indésirable sur le développement embryofœtal, on a signalé une toxicité maternelle à des doses ≥ 300 mg/kg/jour avec des cas d’avortement et de réduction grave du gain pondéral maternel. Par conséquent, bien que la DSENO pour la toxicité développementale ait été la dose la plus élevée de 600 mg/kg/jour, la DSENO maternelle a été établie à 150 mg/kg/jour, pour laquelle l’exposition plasmatique a été nettement inférieure à celle observée chez les humains à la DMRH.
Les rates traitées avec une dose allant jusqu’à 2 000 mg/kg/jour tout au long de la gestation et la lactation n’ont pas montré d’effets indésirables sur le développement prénatal et postnatal. À la dose la plus élevée évaluée, l’exposition plasmatique (SSC) était semblable à celle observée chez les humains à la DMRH.
Pour évaluer la toxicité juvénile, le trofinétide a été administré par voie orale à des rats juvéniles âgés de deux à 28 semaines. On n’a observé aucun effet indésirable sur la croissance ou sur la fonction neurocomportementale à des doses de 0, 300, 600 ou 2 000 mg/kg/jour. Les signes cliniques liés à la substance à l’essai étaient les fèces molles, l’augmentation du gain pondéral et une consommation alimentaire accrue. Les expositions plasmatiques à la dose la plus élevée évaluée étaient semblables à celles observées chez les humains à la DMRH. On n’a observé aucun effet indésirable lorsqu’on a évalué ces rates juvéniles pour la maturation sexuelle ou la fonction reproductrice après 10 semaines.
Le trofinétide ne s’est pas révélé génotoxique dans les analyses spécialisées de génotoxicité in vitro et in vivo.
On n’a pas réalisé d’études pour évaluer le potentiel cancérogène du trofinétide.
La monographie de produit de Daybue présente les résultats des études non cliniques ainsi que les risques potentiels pour l’être humain. À la lumière de l’utilisation prévue de Daybue, la présentation n’indique aucun problème pharmacologique ou toxicologique qui empêcherait l’autorisation du produit.
Pour de plus amples renseignements, consulter la monographie de produit de Daybue approuvée par Santé Canada et accessible par l’intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.
7.3 Motifs d’ordre qualitatif
L’information soumise sur la qualité (les caractéristiques chimiques et la fabrication) de Daybue montre que la substance médicamenteuse et le produit médicamenteux peuvent être fabriqués de façon à répondre systématiquement aux spécifications approuvées. Des études de développement pharmaceutique et d’appui appropriées ont été menées et une stratégie de contrôle adéquate est en place pour les procédés commerciaux. Les modifications apportées au procédé de fabrication et à la formulation (le cas échéant) effectuées tout au long du développement du produit médicamenteux ont été examinées et jugées acceptables. D’après les données sur la stabilité soumises, la durée de conservation proposée de 24 mois est jugée acceptable lorsque le produit est entreposé entre 2° C et 8° C. Toute solution buvable de Daybue non utilisée doit être jetée 14 jours après l’ouverture initiale de la bouteille.
Les limites d’impuretés proposées liées aux médicaments ont été suffisamment qualifiées (p. ex., elles se situent dans les limites établies par l’International Council for Harmonisation of Technical Requirements for Pharmaceuticals for Human Use (l’ICH) et/ou qu’elles sont qualifiées à partir d’études toxicologiques, selon le cas).
Une évaluation des risques liés à la présence potentielle d’impuretés nitrosamines a été effectuée conformément aux exigences énoncées dans la Ligne directrice sur les impuretés de nitrosamine dans les médicaments de Santé Canada. Les risques liés à la présence potentielle d’impuretés de nitrosamine dans la substance médicamenteuse ou le produit médicamenteux sont considérés comme négligeables ou ont été traités adéquatement (p. ex., avec des limites admissibles et une stratégie de contrôle appropriée).
Toutes les installations participant à la production sont conformes aux bonnes pratiques de fabrication.
Aucun des ingrédients non médicinaux (excipients) dans le produit médicamenteux n’est interdit d’utilisation dans les produits médicamenteux par le Règlement sur les aliments et drogues.
Aucun excipient d’origine humaine ou animale n’est utilisé pour la fabrication du produit médicamenteux.