Sommaire des motifs de décision portant sur Qalsody

Décisions d'examen

Le sommaire des motifs de décision explique les raisons pour lesquelles un produit a reçu une autorisation de vente au Canada. Le document comprend les considérations portant sur la réglementation, l’innocuité, l’efficacité et la qualité (sur le plan de la chimie et de la fabrication).


Type de produit:

Médicament
  • Ce document est une traduction française du document anglais approuvé.
Sommaire des motifs de décision (SMD)

Les sommaires des motifs de décision (SMD) présentent des renseignements sur l’autorisation initiale d’un produit. Le SMD portant sur Qalsody est accessible ci-dessous.

Activité récente relative à Qalsody

Les SMD relatifs aux médicaments éligibles (tels que décrits dans la Foire aux questions : Phase II du projet de sommaires des motifs de décision [SMD]) autorisés après le 1er septembre 2012 seront mis à jour afin d’inclure des renseignements sous forme de tableau des activités postautorisation (TAPA). Le TAPA comprendra de brefs résumés d’activités telles que les présentations de demandes de nouvelles utilisations, ainsi que les décisions de Santé Canada (positives ou négatives). Les TAPA seront mis à jour régulièrement en ce qui a trait aux activités postautorisation tout au long du cycle de vie du produit. À l’heure actuelle, aucun TAPA n’est disponible pour Qalsody. Lorsqu’un TAPA sera disponible pour Qalsody, il sera incorporé dans ce SMD.

Sommaire des motifs de décision (SMD) portant sur Qalsody

SMD émis le : 2025-05-08

L’information suivante concerne la Présentation de drogue nouvelle pour Qalsody.

Tofersen

Identification numérique de drogue (DIN) :

DIN 02555735 –100 mg tofersen/15 ml, solution, administration intrathécale

Biogen Canada Inc.

Présentation de drogue nouvelle, numéro de contrôle : 283158

Type de présentation : Présentation de drogue nouvelle (Nouvelle substance active) - Avis de conformité avec conditions

Domaine thérapeutique (Classification anatomique, thérapeutique, chimique [Anatomical Therapeutic Chemical], deuxième niveau) : Autres médicaments en relation avec le système nerveux

Date de présentation : 2024-01-26

Date d’autorisation : 2025-02-28

Le 28 février 2025, Santé Canada a émis à l’intention de Biogen Canada Inc. un Avis de conformité dans le cadre de la Ligne directrice : Avis de conformité avec conditions (AC-C) pour le produit médicamenteux Qalsody. Le produit a été autorisé en vertu de la Ligne directrice sur les AC-C en raison de données cliniques prometteuses et de la nécessité d’effectuer un suivi pour en confirmer les avantages cliniques. Les patients devraient être avisés du fait que l’autorisation de mise en marché a été émise sous certaines conditions.

L’autorisation de mise en marché de Qalsody s’appuie sur l’information portant sur la qualité (chimie et fabrication), ainsi que les études non cliniques (pharmacologie et toxicologie) et cliniques (pharmacologie, innocuité et efficacité) présentées. D’après l’évaluation des données reçues effectuée par Santé Canada, le profil avantages-effets nocifs-incertitudes de Qalsody est considéré comme étant favorable pour le traitement des adultes atteints de sclérose latérale amyotrophique (SLA) associée à une mutation du gène de la superoxyde dismutase 1 (SOD1).

1 Sur quoi l’autorisation porte-t-elle?

Qalsody, un médicament pour le système nerveux, a été autorisé pour le traitement des adultes atteints de sclérose latérale amyotrophique (SLA) associée à une mutation du gène de la superoxyde dismutase 1 (SOD1).

Santé Canada ne dispose d’aucune donnée pour la population pédiatrique. Par conséquent, Santé Canada n’a pas autorisé d’indication pour usage pédiatrique (personnes âgées de moins de 18 ans).

L’expérience concernant l’utilisation de Qalsody chez la population gériatrique (personnes âgées de 65 ans et plus) est limitée. Les données provenant des études cliniques suggèrent que l’utilisation dans la population gériatrique ne soit pas associée à des différences au niveau de l’innocuité ou de l’efficacité. Par contre, on ne peut éliminer le fait que certaines personnes plus âgées présentent une sensibilité accrue.

Qalsody (100 mg tofersen/15 ml) se présente sous forme de solution. En plus de l’ingrédient médicinal, la solution contient du chlorure de calcium dihydraté, du chlorure de magnésium hexahydraté, du chlorure de potassium, du chlorure de sodium, du phosphate de sodium dibasique anhydre, du phosphate de sodium monobasique dihydraté et de l’eau pour injection.

L’utilisation de Qalsody est contre-indiquée chez les patients qui présentent une hypersensibilité au produit, à un ingrédient de la formulation, y compris à un ingrédient non médicinal, ou à un composant du contenant.

Le produit médicamenteux a été autorisé selon les conditions d’utilisation décrites dans sa monographie de produit, en tenant compte des risques potentiels associés à son administration. La monographie de produit de Qalsody est accessible par l’intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.

Pour de plus amples renseignements sur la justification de la décision de Santé Canada, veuillez consulter les sections Motifs d’ordre clinique, non clinique et qualitatif (caractéristiques chimiques et de fabrication).

2 Pourquoi Qalsody a-t-il été autorisé?

Santé Canada estime que Qalsody a un profil avantages-effets nocifs-incertitudes favorable pour le traitement des adultes atteints de sclérose latérale amyotrophique (SLA) associée à une mutation du gène de la superoxyde dismutase 1 (SOD1).

Qalsody a été autorisé en vertu de la Ligne directrice : Avis de conformité avec conditions (AC-C) en raison du caractère prometteur des données cliniques et de la nécessité de poursuivre le suivi afin d’attester les avantages cliniques du produit.

La sclérose latérale amyotrophique est une maladie à progression rapide, invalidante et mortelle causée par la dégénérescence des neurones moteurs dans le cortex, le tronc cérébral et la moelle épinière. Elle entraîne une faiblesse progressive et le décès par insuffisance respiratoire dans les trois à cinq ans suivant l’apparition des symptômes. Lorsque les axones sont en dégénérescence, la chaîne légère des neurofilaments (NfL) s’infiltre dans le liquide céphalorachidien et le sang. La diminution des niveaux de NfL est considérée comme étant un indicateur du ralentissement de la neurodégénérescence; elle peut être un indicateur pronostique de la progression de la maladie et fournir des données probantes de l’effet du traitement. La sclérose latérale amyotrophique due aux mutations du gène SOD1 (SLA‑SOD1) est un sous‑ensemble génétique de la SLA dans lequel l’accumulation de la protéine toxique SOD1 entraîne la perte de neurones moteurs et par conséquent la perte de force, la perte de fonctions motrices et le décès. Ce sous‑ensemble représente de 1 % à 2 % des cas de SLA (environ 80 personnes au Canada en 2025) et il comporte de nombreux types de mutations très variables.

Le tofersen, l’ingrédient médicinal de Qalsody, est un oligonucléotide antisens conçu pour cibler la pathologie de la SLA‑SOD1 en se liant à l’acide ribonucléique messager SOD1 et en dégradant celui‑ci, réduisant ainsi la synthèse de la protéine toxique SOD1. Cela entraîne une réduction de la neurodégénérescence, mesurée par le biomarqueur de la NfL (dans le plasma et le liquide céphalorachidien), qui est hypothétiquement censé stabiliser ou retarder la progression de la maladie.

Les données d’innocuité et d’efficacité clinique de Qalsody pour le traitement de la SLA‑SOD1 proviennent de la partie C de l’étude 101, une étude de phase III de 28 semaines à double insu et contrôlée par placebo, conçue pour évaluer la possibilité que Qalsody jumelé à la norme de soins était supérieur au placebo jumelé à la norme de soins seulement. L’étude a recruté 108 patients présentant une mutation confirmée du gène SOD1, dont 72 qui ont été répartis aléatoirement dans le groupe traité au moyen de Qalsody et 36 dans le groupe traité à l’aide d’un placebo. Les patients ont reçu trois doses de charge de 100 mg de Qalsody ou un placebo administrées sous forme de bolus intrathécal toutes les deux semaines, suivies d’une dose de 100 mg ou un placebo administrée sous forme de bolus intrathécal toutes les quatre semaines. À la suite de l’achèvement de la partie C de l’étude 101, les patients pouvaient participer à l’étude 102, une étude de prolongation ouverte, composée des patients des parties A et B de l’étude 101 (95 patients de la partie C et 44 patients des parties A et B de l’étude 101). L’objectif principal de l’étude 102 était d’évaluer l’innocuité à long terme de Qalsody. À la 52e semaine, on a intégré les données de la partie C de l’étude 101 aux études 101 et 102 pour la population en intention de traiter, afin de comparer l’efficacité chez les patients répartis aléatoirement pour recevoir Qalsody (groupe de départ précoce) avec l’efficacité chez les patients répartis aléatoirement pour recevoir un placebo (groupe de départ différé) au cours de la partie C de l’étude 101. L’évaluation de l’efficacité était exploratoire et on n’a effectué aucune analyse statistique officielle pour l’analyse intégrée de l’efficacité.

La partie C de l’étude 101 n’a pas atteint la signification statistique concernant le paramètre d’efficacité principal du changement par rapport au niveau de référence à la 28e semaine pour le score sur l’échelle d’évaluation fonctionnelle de la SLA révisée (ALSFRS‑R) chez les personnes ayant une progression rapide, un sous‑groupe en intention de traiter modifié défini par la mutation du gène SOD1 et la pente de l’ALSFRS‑R avant la répartition aléatoire. Cependant, les résultats ont démontré une différence sans importance sur le plan statistique de 1,2 point en faveur de Qalsody (n = 39) par rapport au placebo (n = 21) (p = 0,97). De plus, on a observé des tendances cohérentes en faveur de Qalsody à la 28e semaine dans les réductions des taux de protéine SOD1 dans le liquide céphalorachidien (une mesure indirecte de l’engagement cible dans les cas de SLA‑SOD1) et dans la NfL plasmatique (un biomarqueur de la dégénérescence neuronale).

Les analyses d’efficacité appuyant l’avantage de Qalsody sont fondées sur les niveaux de NfL plasmatiques, un paramètre de remplacement qui n’a pas encore été validé pour la prédiction de l’avantage clinique, mais qui a été accepté comme étant un biomarqueur de neurodégénérescence. Cependant, l’évaluation de la NfL plasmatique comprend des données probantes mécanistes et la plausibilité biologique de l’effet de Qalsody fondé sur sa pharmacologie et la pathophysiologie de la SLA‑SOD1. La relation entre les réductions des taux de la protéine SOD1 dans le liquide céphalorachidien induites par Qalsody et du taux de NfL plasmatique, ainsi que les changements différés dans le déclin fonctionnel du score sur l’ALSFRS‑R, suggère également un ralentissement ou une stabilisation de la neurodégénérescence. Par conséquent, on considère que les réductions du NfL plasmatique sont raisonnablement susceptibles de prédire un avantage clinique chez les patients atteints de SLA‑SOD1.

Après la levée de l’insu des résultats de la partie C de l’étude 101, on a réalisé à la 52e semaine des analyses exploratoires ponctuelles pour les données intégrées de l’étude 101 et de l’étude 102, en effectuant des ajustements pour le taux de NfL plasmatique au niveau de référence comme covariant et en redéfinissant les sous-groupes alternatifs à progression plus rapide en fonction du NfL initial médian. Ces résultats ont démontré une plus grande différence de traitement en faveur d’une instauration plus rapide du traitement au moyen de Qalsody. L’effet du traitement au moyen de Qalsody sur la NfL était également le plus apparent dans les cas de maladie à progression plus rapide, définie par des taux de NfL plus élevés au niveau de référence. Bien qu’aucun des résultats n’ait pu être analysé pour obtenir une signification statistique en raison de l’incapacité à atteindre une signification concernant le paramètre d’efficacité principal, des données à plus long terme suggèrent un effet du traitement au moyen de Qalsody, accompagné de différences numériques en faveur du début précoce (par rapport au placebo/Qalsody à démarrage retardé) dans les mesures de la fonction, des résultats cliniques et des biomarqueurs dans l’analyse intégrée de l’étude 101, partie C, et de l’étude 102 à la semaine 52.

La base de données sur l’innocuité pour Qalsody comprenait les 108 patients de la partie C de l’étude 101 et la base de données intégrée de 147 patients traités au moyen de 100 mg de Qalsody au cours de l’étude 101 ou de l’étude 102. Dans l’étude 101, des événements indésirables connus pour être associés aux ponctions lombaires (maux de tête, douleur interventionnelle et syndrome post‑ponction lombaire) sont survenus chez la plupart des patients et de manière égale entre les groupes de traitement. Les réactions indésirables sans gravité courantes à un médicament signalées à une plus grande incidence chez les patients traités au moyen de Qalsody par rapport à ceux traités à l’aide d’un placebo comprenaient la douleur (douleur au dos, douleur aux extrémités) (42 % par rapport à 22 %), la fatigue (17 % par rapport à 6 %), l’arthralgie (14 % par rapport à 6 %), la myalgie (14 % par rapport à 6 %), l’augmentation du nombre de globules blancs dans le liquide céphalorachidien (14 % par rapport à 0 %), l’augmentation des protéines dans le liquide céphalorachidien (8 % par rapport à 3 %), les maux de tête (8 % par rapport à 0 %), la raideur musculo‑squelettique (6 % par rapport à 0 %), la névralgie (6 % par rapport à 0 %), la pyrexie (4 % par rapport à 3 %), la myélite (2 % par rapport à 0 %), la méningite aseptique (1 % par rapport à 0 %) et la radiculite (1 % par rapport à 0 %).

La principale préoccupation en matière d’innocuité associée à Qalsody concerne les graves réactions indésirables neuroinflammatoires à un médicament de myélite (quatre patients sur 147), de radiculite (deux patients sur 147), de papilledémie/d’augmentation de la pression intracrânienne (quatre patients sur 147) et de méningite chimique (deux patients sur 147), pour un total de 12 événements chez 10 des 147 patients. Ces réactions sont considérées comme étant gérables au moyen d’une norme de soins de diagnostic et de traitement. Les symptômes des réactions neuroinflammatoires graves variaient, se résolvant entre deux et 854 jours après leur apparition et ayant une durée moyenne de 159 jours. À part la papilledémie, les réactions indésirables neuroinflammatoires à un médicament étaient corrélées avec des résultats non cliniques, n’étaient signalées que chez les patients traités au moyen de Qalsody, survenaient avec une incidence plus élevée que prévu, partageaient des résultats similaires avec l’administration par voie intrathécale d’autres oligonucléotides antisens et étaient associées à une augmentation du nombre de globules blancs dans le liquide céphalorachidien ainsi qu’à une augmentation des protéines dans le liquide céphalorachidien. D’autres effets potentiels de classe des oligonucléotides antisens comprennent les risques de néphrotoxicité, de thrombocytopénie et d’anomalies de coagulation, risques qui ne peuvent être exclus.

Dans l’ensemble, les données sur l’efficacité clinique sont considérées comme étant prometteuses plutôt que substantielles. L’essai clinique pivot n’a pas démontré de manière adéquate l’avantage de Qalsody pour le traitement de la SLA‑SOD1 étant donné que le paramètre principal n’a pas atteint de signification statistique. Cependant, les données ont démontré une tendance favorable, suggérant un avantage potentiel du traitement au moyen de Qalsody, ce qui pourrait entraîner un ralentissement de la maladie.

Biogen Canada Inc.a présenté à Santé Canada un plan de gestion des risques (PGR) relativement à Qalsody. Le PGR est conçu de manière à décrire les problèmes d’innocuité connus et potentiels, à présenter le plan de surveillance prévu et, au besoin, à décrire les mesures qui seront mises en place pour réduire les risques associés au produit. Au moment de la délivrance de l’Avis de conformité, aucun problème associé au plan de gestion des risques ne faisait obstacle à l’autorisation de Qalsody.

Les étiquettes interne et externe, la notice d’accompagnement et la section des renseignements pour les patients sur les médicaments de la monographie de produit de Qalsody qui ont été présentées ont répondu aux exigences réglementaires relatives à l’étiquetage, à l’utilisation d’un langage clair et aux éléments de conception.

Le promoteur a soumis une évaluation de la marque nominative qui comprenait des évaluations des attributs nominatifs à présentation et à consonance semblables. Après examen, le nom proposé de Qalsody a été accepté.

On a émis un avis d’admissibilité – avis de conformité avec conditions (AA‑AC‑C) en raison d’une évaluation des avantages‑risques favorable de Qalsody, accompagnée de données probantes prometteuses d’efficacité clinique, malgré ses limitations, et d’un profil d’innocuité acceptable pour une maladie grave, potentiellement mortelle et gravement débilitante. Les problèmes d'innocuité relevés peuvent être gérés à l'aide de l'étiquetage et la surveillance. Des avertissements et des précautions appropriés sont présents dans la monographie de produit de Qalsody. D’autres données probantes sont nécessaires pour vérifier l’avantage clinique et pour caractériser davantage le profil avantages‑effets nocifs‑incertitudes de Qalsody. Comme il est indiqué dans le cadre de la Ligne directrice sur les AC‑C, l’innocuité de l’utilisation de Qalsody sera surveillée de façon continue. On effectuera une évaluation supplémentaire lorsqu’on aura présenté les études demandées.

Cette Présentation de drogue nouvelle répond aux exigences des articles C.08.002 et C.08.005.1; par conséquent, Santé Canada a émis l’Avis de conformité prévu à l’article C.08.004 du Règlement sur les aliments et drogues. Pour de plus amples renseignements, veuillez consulter les sections Motifs de décision d’ordre clinique, non clinique et qualitatif (caractéristiques chimiques et fabrication).

3 Quelles sont les étapes qui ont mené à l’autorisation de Qalsody?

Le promoteur a déposé une demande AC-C : de prise en considération préalable en vertu de la Ligne directrice : Avis de conformité avec conditions (AC-C) concernant la Présentation de drogue nouvelle (PDN) pour Qalsody. Une évaluation a été réalisée afin de déterminer si la présentation fournissait des preuves d’efficacité cliniques prometteuses établissant que le médicament a le pouvoir d’offrir un traitement, une prévention ou un diagnostic efficace d’une maladie ou affection grave, mettant la vie en danger ou sévèrement débilitante pour laquelle aucun médicament n’est actuellement mis sur le marché au Canada ou une augmentation significative de l’efficacité et/ou une diminution significative du risque de sorte que le profil complet avantages-risques est amélioré par rapport à celui des thérapies actuelles, des agents préventifs ou diagnostics pour une maladie ou affection qui ne sont pas traités adéquatement par un médicament mis sur le marché au Canada.

Les résultats sur l’efficacité issus des études pivots n’ont pas montré des preuves prometteuses d’amélioration significative sur le plan de l’efficacité par rapport aux traitements existants. De plus, les données sur l’innocuité fournies étaient insuffisantes pour déterminer si l’utilisation de Qalsody présente un quelconque avantage sur ce plan par rapport aux autres options thérapeutiques existantes. Le comité d’arbitrage informel a donc jugé que la présentation ne remplissait pas les critères pour être prise en considération en vertu de la Ligne Directrice : Avis de conformité avec conditions, et la demande a été rejetée. La présentation a ensuite été déposée et examinée comme une PDN normale.

L’examen de la Présentation de drogue nouvelle (PDN) pour Qalsody était fondé sur une évaluation critique du dossier de données présenté à Santé Canada. Conformément à la méthode 3 décrite dans l’ébauche de la ligne directrice : L’utilisation d’examens étrangers par Santé Canada, les examens effectués par la Food and Drug Administration des États-Unis (FDA) ont été utilisés comme référence ajoutée pour l’examen de l’élément non-clinique, tandis que les examens effectués par l’Agence européenne des médicaments (EMA) ont été utilisés comme référence ajoutée pour l’examen de l’élément qualité et la FDA et l’EMA ont été utilisés comme références ajoutées pour l’examen de l’élément clinique. La décision réglementaire canadienne sur la PDN de Qalsody a été prise de manière indépendante sur la base de l’examen canadien.

Pour de plus amples renseignements sur le processus de présentation de drogue, consulter la Ligne directrice : gestion des présentations et des demandes de drogues.

Étapes importantes de la présentation : Qalsody

Étape importante de la présentation

Date

Réunion préalable à la présentation

2021-12-02

2022-05-19

Dépôt de la Présentation de drogue nouvelle

2024-01-26

Examen préliminaire

Lettre d’acceptation à l’issue de l’examen préliminaire émise

2024-03-18

Examen

Évaluation biostatistique terminée

2024-11-01

Évaluation non clinique terminée

2024-12-03

Évaluation du plan de gestion des risques terminée 

2024-12-18

Évaluation de la qualité terminée

2025-01-06

Examen de l’étiquetage terminé

2025-01-07

Évaluation clinique/médicale terminée

2025-01-08

Examen de la réponse de l’Avis d’admissibilité à un Avis de conformité avec conditions

Réponse déposée (Lettre d’engagement)

2025-01-30

Examen de l’étiquetage terminé

2025-02-26

Évaluation clinique/médicale terminée

2025-02-27

Délivrance de l’Avis de conformité par la directrice générale, Direction des produits pharmaceutiques dans le cadre de la Ligne directrice sur les Avis de conformité avec conditions

2025-02-28

4 Quelles mesures de suivi le promoteur prendra-t-il?

Les exigences en matière d’activités post-commercialisation sont décrites dans la Loi sur les aliments et drogues et le Règlement sur les aliments et drogues et dans la Ligne directrice : Avis de conformité avec conditions (AC-C). Notamment, le promoteur a accepté de réaliser les études de confirmation 102 et 303, de présenter des déclarations des progrès des essais de confirmation et d’effectuer (et d’offrir) une surveillance de l’innocuité post‑commercialisation, y compris une réévaluation du profil avantages‑risques du médicament annuellement.

Études de confirmation

Étude 102 (étude 233AS102)

Pour examiner davantage l’efficacité et l’innocuité à long terme de Qalsody pour le traitement de la SLA‑SOD1, il faut présenter la déclaration finale de l’étude clinique pour la prolongation à long terme de l’étude 102 et le résumé des analyses intégrées de l’étude 101 (étude 233AS101) et de l’étude 102.

Étude 303 (étude 233AS303)

Une étude de phase III randomisée et contrôlée par placebo avec une prolongation d’essai d’antécédents naturels longitudinaux et une prolongation ouverte pour évaluer Qalsody amorcé chez des adultes présymptomatiques ayant une mutation confirmée du gène SOD1.

5 Quelles activités postautorisation ont été menées à l’égard de Qalsody?

Les Sommaires des motifs de décision (SMD) relatifs aux médicaments éligibles (tels que décrits dans la Foire aux questions : Phase II du projet de sommaires des motifs de décision [SMD]) autorisés après le 1er septembre 2012 incluront des renseignements sur les activités postautorisation sous forme de tableau. Le tableau des activités postautorisation (TAPA) comprendra de brefs résumés d’activités telles que les présentations de demandes de nouvelles utilisations, ainsi que les décisions de Santé Canada (positives ou négatives). Le TAPA continuera d’être actualisé durant tout le cycle de vie du produit.

À l’heure actuelle, aucun TAPA n’est disponible pour Qalsody. Lorsque le TAPA sera disponible, il sera incorporé dans ce SMD.

Pour consulter les derniers avis, mises en garde et retraits concernant des produits commercialisés, consultez MedEffet Canada.

6 Quels sont les autres renseignements disponibles à propos des médicaments?

Pour obtenir des renseignements à jour sur les produits médicamenteux, veuillez suivre les liens suivants :

7 Quelle est la justification scientifique sur laquelle s’est fondé Santé Canada?

Consultez la section Quelles sont les étapes qui ont mené à l’autorisation de Qalsody? pour plus de renseignements sur le processus d’examen de cette présentation.

7.1 Motifs cliniques de la décision

Pharmacologie clinique

Le gène humain de la superoxyde dismutase 1 (SOD1) code une enzyme dimérique abondante, la superoxyde dismutase à cuivre‑zinc (Cu/ZnSOD ou SOD1), qui catalyse la transmutation de la superoxyde en oxygène et en peroxyde d’hydrogène. Chez les patients atteints de sclérose latérale amyotrophique‑SOD1 (SLA‑SOD1), les mutations du gène SOD1 entraînent une accumulation d’une forme toxique de la protéine SOD1, entraînant des lésions axonales et une neurodégénérescence. Le tofersen (l’ingrédient médicinal dans Qalsody) est un oligonucléotide antisens complémentaire d’une partie de la région 3’ non traduite (3’UTR) de l’acide ribonucléique messager (ARNm) du gène humain SOD1 et se lie à l’ARNm par appariement de bases Watson‑Crick (hybridation). Cette hybridation du tofersen à l’ARNm apparenté entraîne une dégradation médiée par la RNase‑H de l’ARNm du gène SOD1, ce qui réduit la quantité de la synthèse de la protéine SOD1.

Au cours d’une étude in vitro, on a découvert que le tofersen se lie à 98 % aux protéines plasmatiques dans le plasma humain. On a découvert que le tofersen n’inhibait pas la pompe d’exportation des sels biliaires (BSEP), la multirésistance médicamenteuse 1 (MDR1), la protéine d’extrusion de multiples médicaments et toxines (MATE) 1, la MATE2‑K, le transporteur d’anion organique (OAT) 1, l’OAT3, le polypeptide du transporteur d’anion organique (OATP)1B1, l’OATP1B3, le transporteur de cation organique (OCT) 1 ou l’OCT2. Cependant, on a détecté un effet d’inhibition de 37 % sur la protéine de résistance au cancer du sein (BCRP), ce qui devrait avoir des effets cliniques limités. Le tofersen n’est pas un substrat pour aucun des transporteurs mentionnés ci‑dessus. Le tofersen n’est pas considéré comme étant un inhibiteur du cytochrome P450 (CYP)1A2, du CYP2B6, du CYP2C8, du CYP2C9, du CYP2C19, du CYP2D6, du CYP2E1 ou du CYP3A4 ni comme étant un inducteur du CYP1A2, du CYP2B6 et du CYP3A4/5.

Une étude clinique de phase I a évalué la distribution du tofersen après l’administration par voie intrathécale chez des participants en santé. Au moyen du tofersen radiomarqué, l’étude a démontré la capacité du médicament à être distribuer de la colonne lombaire vers le cerveau malgré le faible nombre de participants inclus et des variabilités observées dans les résultats.

Une deuxième étude clinique de phase I/II effectuée chez des participants adultes atteints de SLA‑SOD1 a démontré que l’administration par voie intrathécale de 100 mg de tofersen était associée à une diminution par rapport au niveau de référence et ce, jusqu’au 85e jour (cinq doses administrées) du taux de protéine SOD1 total dans le liquide céphalorachidien et de la chaîne lourde de neurofilaments phosphorylés ainsi que de la chaîne légère de neurofilaments (NfL) plasmatiques par rapport au placebo. Tous les paramètres d’efficacité étaient de nature exploratoire et certains d’entre eux ont démontré une tendance à l’amélioration chez les participants traités par 100 mg de tofersen par rapport au placebo. Cependant, la plupart de ces effets étaient causés par les participants atteints d’une maladie à progression rapide. Plusieurs limites étaient associées à ce sous‑groupe, notamment la détermination ponctuelle des critères pour les progresseurs rapides et le nombre limité de progresseurs rapides dans chaque groupe. Le profil d’innocuité observé dans cette étude de phase I était conforme à la voie d’administration intrathécale. Dans l’ensemble, tous les participants ont éprouvé un événement indésirable, les plus courants étant la douleur interventionnelle, les maux de tête, le syndrome post‑ponction lombaire et les chutes.

La pharmacocinétique à dose unique et à doses multiples du tofersen, administré par injection intrathécale, a été caractérisée dans le plasma et le liquide céphalorachidien de patients adultes atteints de SLA‑SOD1 et dans les tissus à l’autopsie de patients décédés ayant participé à l’essai clinique. Suite à l’administration d’une dose unique de 100 mg, la concentration maximale (Cmax) était de 1,414 mg/l (coefficient de variation [CV] de 79,5 %), le temps médian jusqu’à la concentration maximale (Tmax) était de trois heures et la surface sous la courbe de concentration sur 24 heures (SSC0-24) était de 13,663 mg•h/l (CV de 58,1 %). En fonction des estimations pharmacocinétiques de la population, le volume central de distribution était de 56,6 l et la clairance du médicament (CM) était de 8,32 l/h.

On n’a pas étudié les propriétés pharmacocinétiques du tofersen chez les patients atteints d’insuffisance hépatique. Le tofersen ne devrait pas être métabolisé par les enzymes hépatiques. On n’a pas étudié les propriétés pharmacocinétiques du tofersen chez les patients atteints d’insuffisance rénale.

On a évalué la réponse immunogénétique au tofersen chez 166 patients chez lesquels on a prélevé des échantillons de plasma après le niveau de référence pour détecter les anticorps anti‑médicaments (AAM). Dans l’ensemble, 97 patients traités au moyen du tofersen (58,4 %) ont eu des AAM apparus en cours de traitements, dont 14 patients qui ont eu une réaction transitoire aux AAM et 83 patients qui ont eu une réaction persistante aux AAM. Bien que les données soient limitées, on n’a observé aucun effet discernable des AAM sur l’efficacité ou l’innocuité (incidence des événements indésirables, y compris l’hypersensibilité, la réaction anaphylactique et l’angiœdème). L’examen médical des cas particuliers d’événements neurologiques graves n’a également démontré aucune association avec le statut d’AAM. La présence d’AAM semblait diminuer la clairance plasmatique de 32 %. On a évalué l’incidence des AAM, mais on n’a pas déterminé qu’ils sont une covariable importante pour les modèles pharmacocinétiques/pharmacodynamiques de la protéine SOD1 ou de la NfL.

Selon un examen intégré de toutes les données d’innocuité cardiaques et liées à l’intervalle QT, d’un rapport d’analyse de l’intervalle QT corrigé (QTc) en fonction de la concentration et d’un rapport non clinique sur le gène ether-à-go-go humain, on a conclu que le tofersen ne devrait pas prolonger l’intervalle QT corrigé selon la formule de Fridericia (QTcF).

Pour obtenir des renseignements supplémentaires, consulter la monographie de produit de Qalsody approuvée par Santé Canada et accessible par l’intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.

Efficacité clinique

On a évalué l’efficacité de Qalsody contre la SLA‑SCL90 au cours de la partie C de l’étude 101, une étude clinique de phase III à double insu et contrôlée par placebo de 28 semaines, conçue pour évaluer si Qalsody était supérieur au placebo. Au total, on a réparti aléatoirement 108 patients atteints de SLA‑SOD1 (rapport de 2:1) entre une dose de 100 mg de Qalsody (nombre de patients [n] = 72) ou un placebo (n = 36), jumelé à la norme de soins. Soixante patients étaient dans le sous‑groupe à progression plus rapide en intention de traiter modifiée (ITm), défini par la mutation du gène SOD1 et la pente de l’échelle ALS Functional Rating Scale‑Revised (ALSFRS‑R) avant la répartition aléatoire. Le dosage consistait en trois doses de charge de 100 mg de Qalsody administrées par bolus intrathécal toutes les deux semaines, suivies de doses de 100 mg administrées par bolus intrathécal toutes les quatre semaines. L’âge moyen était de 49,8 ans (tranche d’âge : de 23 à 78 ans); les patients étaient des Blancs (64 %), des Asiatiques (8,3 %) ou dont l’ethnicité n’a pas été déclarée (25,9 %) et il y avait légèrement plus d’hommes (57 %), ce qui était similaire dans les groupes de traitement et les populations.

À la suite de l’achèvement de la partie C de l’étude 101, 139 patients des parties A, B et C de l’étude 101 (95 patients de la partie C de l’étude 101 et 44 patients des parties A et B des études de phase I et II de détermination de la dose) ont intégré l’étude 102, une étude de prolongation ouverte dont l’objectif principal est d’évaluer l’innocuité à long terme d’une dose de 100 mg de Qalsody. Les patients des parties A et B de l’étude 101 ont reçu un placebo ou une dose de 20 à 100 mg de Qalsody au cours de l’étude 101, puis ont eu une période d’élimination du médicament de 16 semaines ou plus avant de recevoir Qalsody à différentes doses au cours de l’étude 102. Les patients de la partie C de l’étude 101 ont reçu un dosage continu. On a conçu les études pour évaluer le passage de l’étude 101 à l’étude 102. À la 52e semaine, on a intégré les données de la partie C de l’étude 101 aux études 101 et 102 pour la population en intention de traiter (IT), afin de comparer l’efficacité chez les patients répartis aléatoirement pour recevoir Qalsody (groupe de départ précoce) avec l’efficacité chez les patients répartis aléatoirement pour recevoir un placebo (groupe de départ différé) au cours de la partie C de l’étude 101. L’évaluation de l’efficacité était exploratoire et on n’a effectué aucune analyse statistique officielle pour l’analyse intégrée de l’efficacité. Au début de l’étude 102, l’âge moyen des participants était de 50,5 ans (tranche d’âge : de 24 à 74 ans) et 59 % d’entre eux étaient des hommes.

La partie C de l’étude 101 n’a pas atteint l’importance statistique concernant le paramètre d’efficacité principal du changement par rapport au niveau de référence à la 28e semaine sur le score ALSFRS‑R dans le sous‑groupe en ITm à progression plus rapide. Cependant, les résultats ont démontré une différence sans importance sur le plan statistique de 1,2 point en faveur de Qalsody (n = 39) par rapport au placebo (n = 21) (p = 0,97). De plus, on a observé des tendances cohérentes en faveur de Qalsody à la 28e semaine dans les réductions des taux de protéine SOD1 dans le liquide céphalorachidien (une mesure indirecte de l’engagement cible dans la SLA‑SOD1) et dans la NfL plasmatique (un biomarqueur de la dégénérescence neuronale). L’effet de Qalsody sur la protéine SOD1 devrait prévenir la dégénérescence des neurones moteurs, entraînant une réduction de la NfL dans le liquide céphalorachidien et le sang, ce qui devrait stabiliser ou retarder la progression de la maladie. Les analyses d’efficacité appuyant l’avantage de Qalsody sont fondées sur les niveaux de NfL plasmatiques, un paramètre de remplacement qui n’a pas encore été validé pour la prédiction de l’avantage clinique, mais qui a été accepté comme étant un biomarqueur de neurodégénérescence. L’évaluation de la NfL plasmatique comprend des données probantes mécanistes et la plausibilité biologique de l’effet de Qalsody fondé sur sa pharmacologie et la pathophysiologie de la SLA‑SOD1. La relation entre les réductions des taux de la protéine SOD1 dans le liquide céphalorachidien induites par Qalsody et le taux de NfL plasmatique, ainsi que les changements différés dans le déclin fonctionnel du score sur l’ALSFRS‑R, suggère également un ralentissement ou une stabilisation de la neurodégénérescence. Par conséquent, la NfL on considère que les réductions du NfL plasmatique sont raisonnablement susceptibles de prédire l’avantage clinique de Qalsody chez les patients atteints de SLA‑SOD1.

Après la levée de l’insu des résultats de la partie C de l’étude 101, on a réalisé à la 52e semaine des analyses exploratoires ponctuelles pour les données intégrées de l’étude 101 et de l’étude 102, en ajustant pour le taux de NfL plasmatique au niveau de comme covariant et en redéfinissant les sous-groupes alternatifs à progression plus rapide en fonction du NfL initial médian. Ces résultats ont démontré une plus grande différence de traitement en faveur d’une instauration plus rapide du traitement au moyen de Qalsody. L’effet du traitement au moyen de Qalsody sur la NfL était également le plus apparent dans les cas de maladie à progression plus rapide, définie par des taux de NfL plus élevés au niveau de référence. Bien qu’aucun des résultats n’ait pu être analysé pour obtenir une signification statistique en raison de l’incapacité à atteindre une signification concernant le paramètre d’efficacité principal, des données à plus long terme suggèrent un effet du traitement au moyen de Qalsody, accompagné de différences numériques en faveur du début précoce (par rapport au placebo/Qalsody à démarrage retardé) dans les mesures de la fonction, des résultats cliniques et des biomarqueurs dans l’analyse intégrée de l’étude 101, partie C, et de l’étude 102 à la semaine 52.

Dans l’ensemble, les données sur l’efficacité clinique sont considérées comme étant prometteuses plutôt que substantielles. L’essai clinique pivot n’a pas démontré de manière adéquate l’avantage de Qalsody pour le traitement de la SLA‑SOD1 étant donné que le paramètre principal n’a pas atteint de signification statistique. Cependant, les données ont démontré une tendance favorable, suggérant un avantage potentiel du traitement au moyen de Qalsody, ce qui pourrait entraîner un ralentissement de la maladie.

Indication

La Présentation de drogue nouvelle relative à Qalsody a été initialement déposée par le promoteur pour l’indication proposée suivante :

Le traitement de sclérose latérale amyotrophique (SLA) associée à une mutation du gène de la superoxyde dismutase 1 (SOD1).

Pour favoriser une utilisation sécuritaire et efficace du produit, Santé Canada a approuvé l’indication suivante :

Le traitement des adultes atteints de sclérose latérale amyotrophique (SLA) associée à une mutation du gène de la superoxyde dismutase 1 (SOD1).

Pour de plus amples renseignements, consulter la monographie de produit de Qalsody approuvée par Santé Canada et accessible par l’intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.

Innocuité clinique

La base de données sur l’innocuité pour Qalsody comprenait 108 patients de la partie C de l’étude 101, une étude randomisée et contrôlée par placebo et la base de données intégrée de 147 patients traités au moyen de 100 mg de Qalsody au cours de l’étude 101 et de l’étude 102 (voir la section Efficacité clinique). Dans l’étude 101, des événements indésirables connus pour être associés aux ponctions lombaires (maux de tête, douleur interventionnelle et syndrome post‑ponction lombaire) sont survenus chez la plupart des patients et de manière égale entre les groupes de traitement. Les réactions indésirables sans gravité courantes à un médicament signalées à une plus grande incidence chez les patients traités au moyen de Qalsody par rapport à ceux traités à l’aide d’un placebo comprenaient la douleur (douleur au dos, douleur aux extrémités) (42 % par rapport à 22 %), la fatigue (17 % par rapport à 6 %), l’arthralgie (14 % par rapport à 6 %), la myalgie (14 % par rapport à 6 %), l’augmentation du nombre de globules blancs dans le liquide céphalorachidien (14 % par rapport à 0 %), l’augmentation du taux de protéines dans le liquide céphalorachidien (8 % par rapport à 3 %), la raideur musculo‑squelettique (6 % par rapport à 0 %), la névralgie (6 % par rapport à 0 %), la pyrexie (4 % par rapport à 3 %), la myélite (2 % par rapport à 0 %), la méningite aseptique (1 % par rapport à 0 %) et la radiculite (1 % par rapport à 0 %).

La principale préoccupation en matière d’innocuité associée à Qalsody concerne les graves réactions indésirables neuroinflammatoires à un médicament de myélite (quatre patients sur 147), de radiculite (deux patients sur 147), de papilledémie/d’augmentation de la pression intracrânienne (quatre patients sur 147) et de méningite aseptique ou chimique (deux patients sur 147), pour un total de 12 événements chez 10 des 147 patients. Ces réactions sont considérées comme étant gérables au moyen d’une norme de soins de diagnostic et de traitement. Les symptômes variaient, se résolvant entre deux et 854 jours après leur apparition et ayant une durée moyenne de 159 jours. À part la papilledémie, les réactions indésirables neuroinflammatoires à un médicament étaient corrélées avec des résultats non cliniques non indésirables, n’étaient signalées que chez les patients traités au moyen de Qalsody, survenaient avec une incidence plus élevée que prévu, partageaient des résultats similaires avec l’administration intrathécale d’autres oligonucléotides antisens et étaient associées à une augmentation du nombre de globules blancs dans le liquide céphalorachidien ainsi qu’à une augmentation des protéines. D’autres effets potentiels de classe des oligonucléotides antisens comprennent les risques de néphrotoxicité, de thrombocytopénie et d’anomalies de coagulation, risques qui ne peuvent être exclus.

La monographie de produit approuvée de Qalsody présente les mises en garde et les mesures de précaution appropriées concernant les problèmes d’innocuité relevés.

On a émis un avis d’admissibilité – avis de conformité avec conditions (AA‑AC‑C) en raison d’une évaluation des avantages‑risques favorable de Qalsody, accompagnée de données probantes prometteuses d’efficacité clinique, malgré ses limitations, et d’un profil d’innocuité acceptable pour une maladie grave, potentiellement mortelle et gravement débilitante. D’autres données probantes sont nécessaires pour vérifier l’avantage clinique et pour caractériser davantage le profil avantages‑effets nocifs‑incertitudes de Qalsody.

Les conditions présentées dans l’AA‑AC‑C comprenaient la présentation d’une lettre d’engagement, dans laquelle le promoteur s’engage à enquêter davantage sur l’innocuité et l’efficacité à long terme de Qalsody au moyen de l’étude de confirmation 102 et à réaliser l’étude de confirmation 303, un essai de phase III randomisé et contrôlé par placebo comportant une période d’observation longitudinale et une période de prolongation ouverte dans le but d’évaluer Qalsody débuté chez des adultes cliniquement présymptomatiques présentant une mutation confirmée du gène SOD1. L’objectif principal de l’étude 303 est de déterminer si l’instauration d’un traitement au moyen de Qalsody chez des porteurs présymptomatiques de mutations du gène SOD1 à progression rapide peut arrêter ou retarder les manifestations cliniques de la SLA dans les 24 mois suivant une augmentation des niveaux de NfL plasmatiques. De plus, le promoteur s’engage à présenter des rapports d’avancement des études de confirmation et à effectuer une surveillance de l’innocuité post‑commercialisation, y compris un résumé du profil avantages‑risques du médicament annuellement.

Pour de plus amples renseignements, consulter la monographie de produit de Qalsody approuvée par Santé Canada et accessible par l’intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.

7.2 Motifs non cliniques de la décision

Qalsody a habituellement été bien toléré chez les souris et les singes, et a entraîné une diminution des niveaux de protéine SOD1 chez les singes. Suite au traitement des rats transgéniques au moyen de Qalsody, la réduction des niveaux de protéine SOD1 n’était pas aussi importante que la réduction des niveaux d’acide ribonucléique messager SOD1 observée au cours de l’examen pharmacodynamique et avec le temps, cette réduction n’a pas persisté. Ces résultats non cliniques pourraient entraîner une réduction de l’efficacité clinique par rapport à ce qui a été cerné au cours de l’examen pharmacodynamique. De plus, il n’y a pas eu de prolongation du délai entre l’apparition de la maladie et le décès chez les souris transgéniques à la suite du traitement au moyen de Qalsody, ce qui suggère que, bien que Qalsody puisse retarder l’apparition de la maladie, il n’a pas affecté sa progression lorsque le processus s’est enclenché.

La monographie de produit de Qalsody présente les résultats des études non cliniques ainsi que les risques potentiels pour l’être humain. À la lumière de l’utilisation prévue de Qalsody, la présentation n’indique aucun problème pharmacologique ou toxicologique qui empêcherait l’autorisation du produit.

Pour de plus amples renseignements, consulter la monographie de produit de Qalsody approuvée par Santé Canada et accessible par l’intermédiaire de la Base de données sur les produits pharmaceutiques.

7.3 Motifs d’ordre qualitatif

L’information soumise sur la qualité (les caractéristiques chimiques et la fabrication) de Qalsody montre que la substance médicamenteuse et le produit médicamenteux peuvent être fabriqués de façon à répondre systématiquement aux spécifications approuvées. Des études de développement pharmaceutique et d’appui appropriées ont été menées et une stratégie de contrôle adéquate est en place pour les procédés commerciaux. Les modifications apportées au procédé de fabrication et à la formulation (le cas échéant) effectuées tout au long du développement du produit médicamenteux ont été examinées et jugées acceptables. D’après les données sur la stabilité soumises, la durée de conservation proposée de 42 mois est jugée acceptable lorsque le produit est entreposé à 5 ºC ± 3 ºC et protégé de la lumière. Lorsque le médicament est aspiré dans la seringue, il a une période d’utilisation de quatre heures lorsqu’il est entreposé à la température ambiante (de 15 °C à 30 °C). Des consignes supplémentaires et des instructions spéciales de manipulation sont incluses dans la monographie de produit de Qalsody.

Les limites d’impuretés proposées liées aux médicaments ont été suffisamment qualifiées (p. ex., elles se situent dans les limites établies par l’International Council for Harmonisation of Technical Requirements for Pharmaceuticals for Human Use (l’ICH) et/ou qu’elles sont qualifiées à partir d’études toxicologiques, selon le cas.

Une évaluation des risques liés à la présence potentielle d’impuretés nitrosamines a été effectuée conformément aux exigences énoncées dans la Ligne directrice sur les impuretés de nitrosamine dans les médicaments de Santé Canada. Les risques liés à la présence potentielle d’impuretés de nitrosamine dans la substance médicamenteuse ou le produit médicamenteux sont considérés comme négligeables ou ont été traités adéquatement (p. ex., avec des limites admissibles et une stratégie de contrôle appropriée).

Toutes les installations participant à la production sont conformes aux bonnes pratiques de fabrication.

Aucun des ingrédients non médicinaux (excipients) dans le produit médicamenteux n’est interdit d’utilisation dans les produits médicamenteux par le Règlement sur les aliments et drogues.

Aucun excipient d’origine humaine ou animale n’est utilisé pour la fabrication du produit médicamenteux.